Encyclopédie de la. Nutrition. Clinique Féline. Pascale Pibot Vincent Biourge Denise Elliott

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1 Fermez cette fenêtre pour retourner sur IVIS Encyclopédie de la Nutrition Clinique Féline Pascale Pibot Vincent Biourge Denise Elliott DMV, Responsable des Éditions Scientifiques, Communication, Groupe Royal Canin DMV, PhD, Dipl. ACVN, Dipl. ECVCN Directeur Scientifique Nutrition-Santé pour le Centre de Recherche Royal Canin BVSc (Hons) PhD, Dipl. ACVIM, Dipl. ACVN Directrice Scientifique Royal Canin aux États-Unis Ce livre est reproduit sur le site d'ivis avec l'autorisation de Royal Canin. IVIS remercie Royal Canin pour son soutien.

2 Nicolas GIRARD DMV Eric SERVET MEng, Centre de Recherche Royal Canin, Aimargues, France Nutrition et santé bucco-dentaire chez le chat 1 - Le comportement alimentaire du chat Les affections bucco-dentaires les plus fréquentes Prévention des affections bucco-dentaires Conclusion Fausses idées à propos des affections bucco-dentaires chez le chat Références Informations nutritionnelles Royal Canin ABRÉVIATIONS UTILISÉES DANS CE CHAPITRE ATM : articulation temporo-mandibulaire I : incisive C : canine FORL (feline oral resorptive lesion) : lésion de résorption odontoclastique féline M : molaire PM : prémolaire PRN : plaque reduction nutrient RD : résorption dentaire (type 1 ou 2) 357

3 Nutrition et santé bucco-dentaire chez le chat Nicolas GIRARD DMV Nicolas Girard est diplômé de l École Nationale Vétérinaire de Toulouse depuis Après avoir pratiqué la médecine vétérinaire généraliste pour petits animaux pendant une douzaine d années, Nicolas exerce maintenant exclusivement en Dentisterie vétérinaire et en otorhino-laryngologie dans le Sud-Est de la France. En France, Nicolas Girard est en charge de la consultation de Dentisterie à l École vétérinaire d Alfort. Il est également responsable du comité scientifique du Bureau du Groupe d Étude et de Recherche en Odonto-Stomatologie Vétérinaire (GEROS), dépendant de l Association Française des Vétérinaires pour Animaux de Compagnie (AFVAC). Nicolas est également membre de l European Veterinary Dental Society (EVDS). Eric SERVET MEng Eric Servet est diplômé d une école d ingénieur française (ENITIAA), spécialisée dans les ingrédients et les technologies alimentaires. De 1999 à 2001, il travaille d abord sur le développement pilote et la formulation des produits dans des industries laitières. Il passe ensuite un an aux Etats-Unis chez Royal Canin USA où il s occupe de la stabilité et de l appétence des produits. Depuis 2002, il occupe le poste d ingénieur de recherche au sein du Centre de Recherche et Développement de Royal Canin (Aimargues, France). Ses principaux domaines de recherches chez le chien et le chat sont : l hygiène dentaire, la nutrition des cartilages articulaires et l obésité. L influence des dents sur la santé générale de l animal est essentielle et se manifeste au travers de fonctions multiples : chasse, préhension et section des aliments, défense, compétitivité. Peu d études épidémiologiques précises décrivent la santé bucco-dentaire des félins dans sa globalité. Les données relatives au chien sont la plupart du temps extrapolées à l espèce féline alors que la pathologie bucco-dentaire du chat, dans sa diversité, présente des spécificités qu il est important pour un vétérinaire de connaître. Les maladies parodontales sont des affections bucco-dentaires fréquentes chez le chat mais trop souvent sous-évaluées par le vétérinaire et du même coup traitées trop superficiellement. Les progrès récents de la dentisterie vétérinaire féline offrent des éléments nouveaux pour son évaluation et son diagnostic ainsi que des outils de prévention plus performants. L ensemble de ces informations doivent être au centre du pacte de soins qui unit le vétérinaire au propriétaire de chat afin de diminuer le plus possible douleurs et infections associées. 358

4 1 - Le comportement alimentaire du chat Particularités anatomiques et physiologiques Les chats sont des carnivores vrais et leur dentition est la même que celle des principaux Félidés (Figure 1). Quatre types de dents sont présents [les incisives (I), les canines (C), les prémolaires (PM) et les molaires (M)] mais le chat se distingue du chien et des autres carnivores par l absence des dents broyeuses, les molaires maxillaires (Figures 1 et 2). Dans les différentes séquences du comportement alimentaire, le rôle des dents se résume à la capture et à la dilacération de petites proies grâce à des groupes de dents différenciés. - Les incisives ont une forme leur permettant de couper, d évider et de cisailler. - Les canines sont profilées de manière à transpercer et tenir une proie. - Les prémolaires servent surtout à transporter l aliment et à le sectionner en petits morceaux. FIGURE 1 - VUE DE PROFIL DE LA DENTITION D UN CHAT ADULTE Les quatre dents coupantes les plus larges en arrière des mâchoires supérieures et inférieures sont appelées les carnassières (PM4 maxillaire et M1 mandibulaire). Formule dentaire du chat adulte (par demi-mâchoire): I 3/3 ; C 1/1 ; PM 3/2 ; M 1/1 Soit 30 dents présentes dans la cavité buccale du chat adulte. 1 - Le comportement alimentaire du chat La cavité buccale des félins est capable de s ouvrir largement afin de favoriser l engagement des canines autour de leur proie tout en facilitant l action puissante des carnassières. Une fois la proie sectionnée en plusieurs morceaux, elle est avalée. (Wiggs et Lobprise, 1997). FIGURE 2 - VUE DE FACE DE L OCCLUSION DENTAIRE CHEZ LE CHAT Les mouvements des mâchoires sont limités au seul plan sagittal (pas de mouvement transverse «masticatoire»). Cette spécialisation extrême des mâchoires et des articulations temporo-mandibulaires (ATM) chez le félin garantit une grande efficacité au regard des forces mises en jeu pendant la section ou la capture des proies (Orsini et Hennet, 1992). Chez le chat domestique, les pressions appliquées sont de l ordre de 23 kg au contact des canines et 28 kg au niveau des carnassières (Buckland, 1975). L intégrité articulaire est maintenue par des ligaments latéraux puissants surplombés d une musculature masticatoire efficace. Le sectionnement par les carnassières est la plupart du temps doublé d un effort de torsion et de translation au niveau des ATM. La symphyse fibreuse unissant les deux branches de la mandibule permet des mouvements distincts de la mâchoire droite ou gauche suivant les besoins et le côté utilisé par le chat (Harvey et Emily, 1993). Des techniques variées de préhension buccale Dans la nature, le régime alimentaire des chats sauvages est composé majoritairement de petits rongeurs, de lapins, d oiseaux et de quelques lézards. Lorsqu il a attrapé une proie, le chat, en plusieurs séquences, la coupe et l avale en petit morceaux. Même si la domestication modifie partiellement leur comportement alimentaire, les chats domestiques conservent la capacité de retourner à la vie sauvage car l instinct de chasse est toujours présent, dissocié de la fonction d alimentation : seulement 13 % des proies guettées sont réellement attrapées (Kays et DeWan, 2004). Une étude a montré que, même nourris de façon appropriée, des chats de maison ayant un accès à un jardin continuent de chasser et de manger leurs proies même si la proportion de celles-ci dans la ration totale est nettement inférieure à celle observée pour les chats vivant toujours à l extérieur (66 g /jour vs 294 g /jour) (Liberg, 1984). La cavité buccale refermée, les incisives de la mâchoire inférieure viennent buter directement en arrière des incisives maxillaires. La canine inférieure vient se positionner entre la canine supérieure et la troisième incisive maxillaire. 359

5 1 - Le comportement alimentaire du chat FIGURE 4 - DIFFÉRENTS MODES DE PRÉHENSION BUCCALE IDENTIFIÉS CHEZ LE CHAT Mode supra-lingual Le premier contact avec la croquette se fait avec la face supérieure de la langue. Mode sub-lingual Le premier contact avec la croquette se fait avec la face inférieure de la langue. Mode labial Le premier contact avec la croquette se fait avec les babines. Mode «pelleteuse» Le premier contact avec la croquette se fait avec les incisives. Figure 3 - Analyse vidéo du mode de préhension buccale du chat Persan. Analyse réalisée en partenariat entre Royal Canin, l École Nationale des Arts et Métiers d Angers (ENSAM) et l Ecole des Mines d Alès (EMA) L appétence des aliments industriels fait l objet d études attentives et approfondies afin de toujours améliorer la qualité des produits proposés. Lorsqu il s agit d aliments secs en croquettes, différentes tailles, formes, textures et densités sont proposées aux chats pour évaluer leur réaction. L analyse filmée du comportement alimentaire de différentes races de chats domestiques (Figure 3) a permis de caractériser la préhension du chat en général mais aussi d identifier plusieurs modes de préhension des croquettes chez le chat (Figure 4): - mode supra-lingual: le chat utilise la partie supérieure de la langue - mode labial: le chat utilise les lèvres et les babines. - mode «pelleteuse»: le chat prend la croquette avec les incisives - mode sub-lingual: le chat utilise la partie inférieure de la langue Le mode de préhension des croquettes varie en fonction des races observées. Une certaine adaptabilité du comportement de préhension et de mastication est notée suivant la forme et la taille de la croquette distribuée (études internes Royal Canin non publiées, 2002). L observation de chats brachycéphales (ex: Persans) met en évidence une difficulté de préhension des croquettes rondes de taille standards, notamment avec les incisives. Dans 80 % des cas, pour attraper une croquette standard, le Persan se sert de sa langue (60 % des prises en mode sublingual (Figure 5) et 20 % en mode supra-lingual). Il ne se sert de ses babines que dans 20 % des cas et le mode «pelleteuse» n est pas observé. Mode de préhension lingual inférieur FIGURE 5 - COMPARAISON DE LA CONFORMATION DES MÂCHOIRES ENTRE UN CHAT BRACHYCÉPHALE (PERSAN) ET UN CHAT MÉSOCÉPHALE Source: Centre de Recherche Royal Canin, 2002 Chat Persan Mâchoire supérieure Chat Européen Mâchoire supérieure 2,60 cm 2,75 cm 2,95 cm 2,50 cm 3,45 cm 3,12 cm 3,50 cm 2,89 cm Mâchoire inférieure Mâchoire inférieure Les empreintes buccales mettent en évidence une implantation des dents plus serrée dans les mâchoires du Persan. Dans cette race, un mode de préhension particulier est observé (sub-lingual ). 360

6 - Les chats dolichocéphales (ex : Siamois) utilisent volontiers leurs incisives (Figure 6): le mode de préhension «en pelleteuse» est observé dans 30 % des cas. Il est d autant plus efficace que la gamelle est remplie de croquettes. La préhension tend à évoluer vers le mode supra-lingual lorsque le plat se vide (pour plus d adhésion langue-croquette). Face à une croquette standard, le siamois utilise dans 70 % des cas un mode supra-lingual. - Les chats mésocéphaliques (ex: Maine Coon) utilisent les modes de préhension supra-lingual et labial quasiment à parité au début du repas (respectivement dans 57 et 42 % des cas) (Figure 7). Ce rapport peut évoluer en faveur du mode lingual au cours du repas ou en présence de croquettes plus petites (83 % lingual vs 17 % labial). L influence des particularités anatomiques liées à la race se manifeste également dans la suite du comportement alimentaire. En effet, après avoir saisi une croquette standard, les chats Persans ne croquent que dans 10 % des cas environ, alors que le «taux de croquage» est de 90 % chez le Maine Coon et le Siamois (études internes Royal Canin non publiées, 2002). Ainsi, la préhension et ses différents modes différent sensiblement d une race à l autre et plus précisément d une biométrie maxillo-faciale à l autre. Rythme d alimentation chez le chat domestique Le chat domestique conserve pour habitude le fractionnement important de son régime alimentaire journalier. Confronté à différents types d aliments secs, la fréquence et la durée moyenne des repas varient suivant la race du chat et l aliment proposé (études internes Royal Canin, 2006). En moyenne, un chat à qui l on propose des croquettes en libre-service fait une dizaine de repas par jour. Chaque repas dure en moyenne 2 minutes et permet la consommation d environ 6 g d aliment. Sur l ensemble du nycthémère, le chat consacre donc en moyenne 20 min à manger et ingère 50 à 60 g de croquettes par jour (Tableau 1). La consommation alimentaire nocturne représente 30 % du total de l aliment ingéré. Pendant la nuit, les repas sont en général plus importants et plus longs. Il a été observé que la race influence fortement le rythme d alimentation (Figure 8) et les quantités ingérés à chaque repas. L incidence des variations biométriques maxillo-faciales sur le mode d alimentation du chat domestique est donc évidente. Les différences significatives observées en fonction des morphologies faciales étudiées soulignent un mode de préhension ainsi qu un rythme d alimentation et une quantité d aliment ingéré variés. La faible adaptabilité de ses mouvements masticatoires (cf. supra) lui impose une modification des séquences naturelles de préhension et d ingestion en fonction de la proie capturée ou de l aliment distribué. TABLEAU 1 - PROFIL DE CONSOMMATION ALIMENTAIRE CHEZ LE CHAT NOURRI AVEC UN ALIMENT SEC AD LIBITUM (Données obtenues chez 16 chats consommant à volonté et à tour de rôle l un des quatre aliments proposés - études internes Royal Canin, 2006) Aliment 1 Aliment 2 Aliment 3 Aliment 4 Moyenne Nombre de repas/24 h 9,5 8,4 10,0 10,1 9,5 Taille du repas (g) 6,7 6,7 5,6 5,3 6,1 Consommation totale/24 h (g) 57,1 53,1 53,7 52,8 54,2 Durée moyenne d un repas (min sec ) Temps total de consommation/24 h (min sec ) Vitesse de consommation (g/mn) 4,1 3,3 2,9 2,7 3,2 Figure 6 - Préhension alimentaire classique chez le Siamois. L analyse séquentielle de 4800 séances de préhension indique que chez le Siamois, la prise alimentaire se fait à l aide des incisives dans 30 % des cas. L angle d ouverture des mâchoires est très large. Figure 7 - Préhension alimentaire classique chez le Maine Coon. L analyse séquentielle de 7200 séances de préhension indique que chez le Maine Coon, la prise alimentaire se répartir à peu près équitablement entre le mode supra-lingual et labial. Source: Centre de Recherche Royal Canin, 2002 Source: Centre de Recherche Royal Canin, Le comportement alimentaire du chat 361

7 2 - Les affections bucco-dentaires les plus fréquentes Durée moyenne d un repas (sec) FIGURE 8 - INFLUENCE DE LA RACE SUR LA DURÉE MOYENNE DES REPAS CHEZ LES CHATS NOURRIS AVEC UN ALIMENT SEC Bengal (7) Européen (30) Maine Coon (9) Persan (8) Sacré de Birmanie (6) Siamois (8) Lorsque les chats ont à leur disposition un aliment sec standard, les chats font une douzaine de repas étalés sur le nycthémère. La durée moyenne de chaque repas est de 2 minutes ( ), toutes races confondues. Cette moyenne est cependant deux fois plus importante chez les chats Persans que dans les autres races étudiées : 3 27 chez les Persans, au lieu de 1 49 dans les autres races (données Royal Canin non publiées, 2005). Les chats domestiques ont cependant conservé les grandes lignes de leur comportement alimentaire sauvage. Leur comportement alimentaire fait toujours l objet de nombreuses recherches afin d évaluer le plus précisément possible l impact des aliments industriels distribués sur la santé bucco-dentaire des chats. 2 - Les affections bucco-dentaires les plus fréquentes Prévalence des affections bucco-dentaires félines dans les populations sauvages et domestiques Qu ils soient domestiques ou sauvages, le régime alimentaire des chats est dicté par leur environnement. À cet égard, le mode d alimentation industriel est souvent incriminé comme un facteur aggravant des affections buccodentaires. L analyse des affections bucco-dentaires d une population de chats sauvages fournit l opportunité d étudier le lien potentiel entre un régime alimentaire bien défini et les différentes affections relevées. Quatre chats ont été introduits en 1949 sur l Isle de Marion, une île de l'océan Indien, et la population féline s y est rapidement développée. Le régime alimentaire de ces chats est composé à 96 % d oiseaux marins associé à l ingestion de quelques cailloux. L analyse post mortem d une collection de 300 crânes issus de cette population féline a permis d étudier la santé bucco-dentaire des chats. Malgré un âge moyen du groupe estimé à 2-3 ans, la prévalence de la maladie parodontale, sous une forme modérée à sévère, est de 48 %. Si la lecture des résultats tient compte des dents absentes (perte probablement due à la maladie parodontale), la prévalence de cette dernière atteint 61,8 % des chats et 14,8 % des dents observées. La prévalence des traumatismes dentaires et des résorptions dentaires est également élevée, statistiquement associée à celle de la maladie parodontale. En revanche, dans cette étude, seulement 9 % des chats présentent du tartre, essentiellement sur les carnassières maxillaires. Le régime alimentaire très spécifique de cette population de chats sauvages explique sans doute la fréquence élevée des lésions parodontales et la faible prévalence du tartre dentaire observés sur une colonie aussi jeune. Lorsque les chats dilacèrent les carcasses d oiseaux marins, les sections d os acérés sont probablement responsables de traumatismes gingivaux, supposés dans ce cas favoriser le développement d inflammations parodontales plus sévères (Verstraete et coll, 1996). Dans une étude Australienne, l analyse des affections bucco-dentaires au travers de critères cliniques et radiographiques de 29 chats sauvages et 20 chats domestiques (Clarke et Cameron, 1998) établit que la prévalence de la maladie parodontale n est pas significativement différente chez les chats nourris avec des aliments industriels et chez les chats dont l alimentation repose essentiellement sur la prédation de petites proies. Un mode alimentaire basé sur la chasse ne constitue pas une protection naturelle des affections bucco-dentaires pour le chat sauvage. Un examen vétérinaire portant sur chats domestiques (Lund et coll, 1998), a montré que les affections bucco-dentaires viennent en première place des différentes affections observées. Le tartre est présent chez 24 % des chats et 13 % d entre eux souffrent d une forme de gingivite. Une analyse plus fine réalisée par des vétérinaires ayant un intérêt pour la dentisterie confirme une forte prévalence des affections bucco-dentaires : dans la population étudiée, soit 753 chats, 73 % pré- 362

8 sentent une gingivite, du tartre dentaire est présent chez 67 % d entre eux, des dents manquent chez 28 % des chats, 25 % présentent des résorptions dentaires, 19 % une parodontite sévère, 12 % une stomatite et 11 % des fractures dentaires (Verhaerte et Van Wetter, 2004). Lorsque l on s intéresse à la clientèle féline d un vétérinaire spécialisé en dentisterie, la prévalence de la maladie parodontale est évaluée à 32 % des individus. Sur 152 chats soignés, gingivite et dents manquantes sont notées pour 59 % d entre eux, des résorptions dentaires sont présentes chez 57 % des chats, des fractures dentaires chez 23 % des chats et on compte 2,6 % de cas de stomatite. La prévalence du tartre dentaire est estimée à 90 % (Crossley, 1991). L analyse post mortem de 81 chats décédés sans relation avec une pathologie bucco-dentaire avérée, met en évidence, par un examen clinique et radiographique, la forte prévalence de la maladie parodontale. Cinquante deux pour cent des chats de plus de 4 ans présentent déjà une forme d inflammation du parodonte. Plus de 40 % des animaux de plus de 9 ans présentent une forme sévère de la maladie. Seulement moins de 3 % des animaux de plus de 15 ans ne présentent aucune forme de lésions apparentées à la maladie parodontale (Gengler et coll,1995). 2 - Les affections bucco-dentaires les plus fréquentes À la lecture des études présentées ci-dessus, force est de constater la forte prévalence de la maladie parodontale chez le chat. Pour autant on ne peut pas observer de différences majeures entre les populations de chats sauvages ou domestiques, ni d influence apparente du régime alimentaire industriel. La présence d affections bucco-dentaires n est donc pas l apanage des chats domestiques et n est pas obligatoirement associée à la distribution d un aliment industriel. Ces informations sont malheureusement toujours sous évaluées de nos jours. Elles mettent pourtant en lumière le fait que la forte prévalence des inflammations buccales chez le chat est la première cause de maladie infectieuse dans cette espèce. L impact clinique s avère bien plus important qu il n y paraît. Il est notamment évident pour les groupes de chats sauvages pour qui la santé en général est liée à la compétition inter espèces et conditionne la survie même des individus. Dans le cas des chats domestiques, la douleur résultant des affections bucco-dentaires est habituellement sous-estimée. Une fois traités, ces animaux montrent en effet des modifications importantes de leur comportement. Certains propriétaires qualifient de "renaissance" ce retour à la situation normale. Maladie parodontale La maladie parodontale représente l affection la plus fréquente chez le chat. C est une maladie inflammatoire buccale associée au développement de la plaque dentaire. La maladie parodontale ne représente pas une maladie en soi mais plutôt l ensemble des inflammations du parodonte, aux caractéristiques cliniques variées: chroniques ou agressives, localisées ou généralisées. Tous les stades sont possibles: de la maladie parodontale débutante, à la maladie modérée ou sévère. La progression de la maladie parodontale est fonction des contraintes mécaniques qui s opposent au développement de la plaque dentaire mais aussi de la réponse immunitaire locale de chaque individu. Dans les populations de chats sauvages, les inflammations buccales peuvent mettre en danger la santé, voire la survie même des individus. L incidence de la maladie parodontale sur la santé générale du chat est très largement sous évaluée. Elle est source de douleurs chroniques bien souvent méconnues du propriétaire et d infections bactériennes également chroniques dont les effets sur les reins, les poumons ou le cœur commencent à être mieux évalués. La maladie parodontale est l affection la plus fréquente chez le chat avec une prévalence évaluée à hauteur de 30 à 70 % des individus suivant les études et les critères d évaluation retenus. Yves Lanceau - Bengale 363

9 2 - Les affections bucco-dentaires les plus fréquentes 1. Os de la mâchoire 2. Ligament parodontal 3. Gencive 4. Sulcus gingival 5. Cément 6. Dentine 7. Pulpe 8. Émail FIGURE 9 - COMPOSITION DU PARODONTE > Description et fonctions du parodonte Le parodonte est le tissu qui assure le soutien des dents dans la cavité buccale. Il constitue le lien entre la dent, la structure osseuse des mâchoires et la muqueuse orale. Son développement est associé à l éruption de la dent et il disparaît avec l exfoliation de la dent. Le tissu parodontal garantit l intégrité des structures dentaires et protège efficacement les structures anatomiques sous-jacentes des agressions se produisant dans l environnement oral. Le parodonte est composé de la gencive, du ligament parodontal, du cément et de l os alvéolaire. (Figure 9). L os alvéolaire constitue une partie différenciée de l os des mâchoires. Il assure le positionnement des racines dentaires au niveau de dépressions nommées «alvéoles dentaires». Le ligament parodontal est composé de fibres de collagène qui relient la surface de la racine dentaire (cément) à l os alvéolaire. Tel un amortisseur hydraulique, le ligament parodontal amortit les pressions transmises sur l os alvéolaire au cours de la préhension et de la section des aliments. Ces fibres spécialisées assurent au tissu osseux sous-jacent une meilleure résistance aux pressions exercées, et font naître un message douloureux lorsque sa résistance mécanique atteint ses limites. Le cément recouvre la racine dentaire. Sa structure est semblable à celle de l os, mais ne contient ni lacunes ni canaux. La gencive recouvre l os alvéolaire sous-jacent et enserre la base de la couronne dentaire. La gencive est composée d un épithélium squameux et kératinisé, différent de la muqueuse alvéolaire, lâche, fortement vascularisée et non kératinisée. Elle comporte deux parties. - La gencive libre se situe au niveau de la couronne dentaire. Elle délimite un espace contre la couronne dentaire, appelé sulcus gingival, dont la profondeur physiologique est inférieure à 0,5 mm chez le chat. Le point faible de la jonction dent/gencive se situe toujours au niveau du sulcus gingival. L espace délimité est en effet relativement fermé et se trouve prédisposé à accumuler la plaque dentaire et divers débris alimentaires. Comme sa nature histologique le rend plus sensible au processus inflammatoire, le sulcus gingival représente une porte d entrée pour l infection parodontale. Par conséquent, il doit focaliser toute l attention des programmes de traitement et de prévention de la maladie parodontale. - La gencive attachée à la dent et à l os alvéolaire constitue une barrière essentielle contre les agressions bactériennes. La marge coronaire de la gencive est plaquée contre le renflement de la base de la couronne dentaire et amplifie cet effet protecteur. Gencive saine 364

10 Environ 100 milliards de bactéries sont déversées chaque jour dans la salive: la cavité buccale n est donc jamais stérile. Il existe toujours une inflammation minime, résiduelle, en regard des muqueuses et des divers épithéliums oraux. La définition d un parodonte «sain» relève donc d une appréciation clinique. Les critères d évaluation du parodonte sain chez le chat sont: absence de mise en évidence visuelle d une inflammation et profondeur du sulcus gingival inférieure à 0,5 mm. > Pathogénie de la maladie parodontale Le développement de la plaque dentaire au contact de toutes les surfaces dentaires est un processus naturel, résultant de l interface entre la dent et la salive. Les sites anatomiques prédisposés au dépôt de plaque dentaire sont: la limite entre la couronne dentaire et les marges de la gencive ainsi que les contacts inter-dentaires. L adhésion et la prolifération de bactéries à la surface de l émail dentaire ne sont pas possibles en tant que tel. La colonisation progressive des surfaces dentaires par les bactéries se fait par une succession d étapes facilitant progressivement l adhésion et la multiplication des bactéries: - adhésion physique d un film organique à la surface des dents - colonisation secondaire par quelques bactéries spécifiques ou pionnières - prolifération bactérienne à partir du film organique colonisé. L adhésion à la surface dentaire de bactéries pionnières n est possible que suite au développement d un film organique (pellicule acquise) formé pour l essentiel à partir de composants salivaires (glycoprotéines, polypeptides, glucides). Après quelques heures de développement du film, des bactéries spécifiques (Streptococcus sanguis, Actynomyces viscosus) arrivent à coloniser la pellicule acquise pour progressivement saturer l ensemble de sa surface (>6 millions/mm2), formant alors un véritable biofilm : la plaque dentaire (Figure 10). De nouvelles appositions bactériennes, faisant intervenir des phénomènes de co-agrégation et de co-adhésion, permettent d établir 90 % de la biomasse de la plaque dentaire en 24 heures. Figure 10 - Plaque dentaire supragingivale sur dents et gencives saines. Des phénomènes de co-agrégation et de co-adhésion bactérienne permettent d installer 90 % de la biomasse de la plaque dentaire en 24 heures (révélation de la plaque dentaire obtenue par coloration vitale de type éosine). 2 - Les affections bucco-dentaires les plus fréquentes À l origine, la plaque est constituée essentiellement de bactéries aérobies Gram+ mais cette population évolue rapidement. Avec l augmentation de la population bactérienne, la tension en oxygène de l air diminue: elle passe de % dans la bouche à 1-2 % au fond du sulcus gingival. Ces nouvelles conditions environnementales, associées à des sources de nutriments variées (alimentation, produit de dégradation bactérienne, dégradation épithéliale), conduisent au développement d une flore bactérienne anaérobie. Avec la progression du processus inflammatoire, la proportion de bactéries Gram- (Porphyromonas sp, Prevotella sp, Peptostreptococcus sp), de Fusobactérium, et de spirochètes augmentent. Le rôle pathogène de ces bactéries agressives est beaucoup plus marqué et s exerce par l intermédiaire de diverses enzymes, toxines, et produits de dégradation (Haake et coll, 2002). En résumé, la plaque dentaire est un biofilm se formant à la surface dentaire. Elle est composée d une communauté d espèces bactériennes enchâssées à l intérieur d une matrice extracellulaire de polymères produits par l hôte et les bactéries elles-mêmes (Marsh, 2004). La modification de sa composition est synonyme d une progression de l inflammation parodontale. Son interrelation avec les mécanismes de défenses immunitaires du chat conditionne en quelque sorte l importance de l inflammation parodontale. Le tartre n est que la forme minéralisée, fossile, de la plaque dentaire, conséquence de l activité catalytique de certaines bactéries. Il se dépose à la fois au-dessus et sous la gencive (Figure 11). Si le tartre ne contient plus de bactéries pathogènes, son caractère poreux favorise en revanche l accumulation nouvelle de plaque dentaire. Il n est donc pas à l origine de l inflammation du parodonte mais en est un des facteurs aggravants. Figure 11 - Dépôt de tartre dentaire chez le chat. Accumulation de tartre sur 100 % de la PM4 maxillaire associée à une récession gingivale vestibulaire et exposition de la furcation dentaire 365

11 2 - Les affections bucco-dentaires les plus fréquentes Figure 12 - Gingivite généralisée. Œdème marqué de la gencive de la canine à la carnassière; saignement spontané en regard de PM3. L accumulation de plaque dentaire au niveau du sulcus gingival conduit à une inflammation des marges de la gencive (Figure 12). À ce stade, des soins professionnels, couplés avec une éviction prolongée de la plaque dentaire, assurent une rémission complète des lésions. Sans traitement, la plaque dentaire continue à s accumuler et l inflammation progresse. Les conditions environnementales de la cavité orale deviennent plus favorables à une population bactérienne anaérobie qui contient de plus en plus de Gram. La gingivite, stade inflammatoire réversible, peut se stabiliser ou évoluer vers la parodontite. La progression du processus inflammatoire conduit inexorablement à l effondrement des tissus de «connexion» à la surface dentaire. La plaque dentaire colonise alors la racine dentaire plus en profondeur. L épithélium de jonction, constituant la limite inférieur du sulcus gingival, migre en région apicale pour cicatriser en zone «non inflammatoire»: une poche parodontale s est alors crée. La parodontite (Figure 13) est le stade irréversible de la maladie parodontale. Les lésions occasionnées sont définitives et le principal objectif du traitement est d arrêter leur progression. La cause principale de l évolution de la maladie parodontale réside dans la perturbation de l équilibre établi entre la flore bactérienne pathogène de la plaque dentaire et la réponse immunitaire de l hôte. > Description de la maladie parodontale chez le chat En premier lieu, il faut souligner le peu de publications ayant traité de la maladie parodontale du chat, contrairement au chien où cette maladie est bien documentée. En second lieu, remarquons que l expression de la maladie parodontale du chat est en général décrite sur le modèle du chien ou de l homme sans prendre garde aux particularités éventuelles du chat en la matière. - Une étude clinique radiographique et histologique a permis de décrire les grandes lignes de l évolution de la maladie parodontale sur 15 chats (Reichart et coll, 1984). Une perte d attache est apparue sur 25% des prémolaires et molaires, essentiellement localisée en regard de leur face buccale. Une gingivite marquée à sévère est relevée sur 56% des prémolaires et des molaires (en face buccale) et 25% des canines et des incisives (en face buccale). Après analyse radiographique, une perte d os alvéolaire apparaît significative pour 77% des prémolaires et molaires. La perte d os est également notée dans 82% des cas pour les incisives et les canines (en face buccale) et 75% en face orale. La distribution générale des lésions relevées chez les chats (gingivite, perte d os alvéolaire, résorption inflammatoire) est plus marquée en regard des prémolaires et des molaires. Cependant, étant donné le fort pourcentage de perte d os relevée sur les canines et les incisives, ainsi que du pourcentage important d absence d incisives, il semble apparent que ces dents montrent également une forte susceptibilité aux affections parodontales (Reichart et coll, 1984). Soixante-douze pour cent des chats présentés pour soins dentaires dans un service spécialisé de dentisterie vétérinaire de l Université de Davis (Californie, USA) présentent une forme de parodontite après analyse d un bilan radiographique dentaire. Les résultats de cette étude confirment que la perte FIGURE 13 - PARODONTITE SÉVÈRE ET LOCALISÉE DE LA PM4 MAXILLAIRE GAUCHE 13A - Gingivite sévère en face mésiale et vestibulaire 13B - Récession gingivale sévère en face mésiale et palatine 13C - Alvéolyse horizontale sévère 366

12 FIGURE 14 - PERTE D OS HORIZONTALE GÉNÉRALISÉE LORS DE MALADIE PARODONTALE CHEZ LE CHAT EN REGARD DE LA CARNASSIÈRE MANDIBULAIRE DROITE. Parodontite sévère Perte d os horizontale sévère généralisée 2 - Les affections bucco-dentaires les plus fréquentes d os horizontale généralisée (Figure 14) est la forme la plus commune de perte d os chez le chat (38 %). Au total, seulement 28 % des chats présentent une hauteur d os alvéolaire normale (Lommer et Verstraete, 2001). Une étude clinique et radiographique portant sur l examen bucco-dentaire d une population de 109 chats en bonne santé nourris avec des aliments secs confirme ces résultats. Le pourcentage de gingivite modérée à sévère associée à la présence d un saignement au sondage parodontal est de 13 %. La moyenne des pertes d attache parodontale relevée est de 0,49 mm (c=1,28) avec des valeurs moyennes plus élevées sur les canines: 1,2 mm sur la canine supérieure et 0,8 mm sur la canine inférieure. Une perte d attache supérieure ou égale à 2 mm s observe sur 3,4 % des examens en face vestibulaire, 3 % en face distale, 2,3 % en face mésiale et 2,2 % en partie linguale. Une récession gingivale (Figure 15) est observée sur 10 % des dents. L absence de dent est plus fréquente sur les deuxièmes prémolaires maxillaires et sur les incisives (respectivement 21,1 % et 11,4 %). Une furcation dentaire (Figure 16) est observée sur 18 % des dents pluri-radiculées et en moyenne sur 2 dents par chat examiné. L analyse radiographique montre une forte prévalence de perte d os en regard des arcades dentaires: 21 % des dents maxillaires et 42 % des dents mandibulaires. Une perte d os horizontale et/ou verticale est relevée respectivement pour 52 % et 14 % des dents mandibulaires. L analyse simplifiée des prémolaires et des molaires souligne l importance du processus inflammatoire: la perte d os est observée sur 66,5 % des dents (Girard et coll, 2008). Figure 15 - Récession gingivale sévère autour d une canine chez le chat. Récession gingivale marquée et perte d os alvéolaire associée aux canines maxillaires et mandibulaires La maladie parodontale chez le chat se caractérise par une faible proportion de poche parodontale (Figure 17), une forte prévalence d ostéolyse sous sa forme horizontale, une forte proportion de récession gingivale et l apparition précoce de furcation dentaire. FIGURE 16 - FURCATION DENTAIRE CHEZ LE CHAT AU NIVEAU DE LA PM3 MAXILLAIRE DROITE Saignement profus suite au sondage parodontal de la furcation dentaire Perte d os verticale 367

13 2 - Les affections bucco-dentaires les plus fréquentes Récession marquée et gingivite sévère FIGURE 17 - POCHE PARODONTALE CHEZ LE CHAT Insertion de la sonde parodontale > Facteurs prédisposants De nombreux facteurs influent sur l évolution de la maladie parodontale : - accumulation excessive de plaque dentaire au niveau de la jonction entre la dent et la gencive (absence d hygiène buccale, alimentation peu fibreuse) - inflammation favorisée par une probable insuffisance du système immunitaire local ou en présence d affections systémiques telle que le diabète sucré, l insuffisance thyroïdienne, hépatique ou rénale - effet famille et/ou génétique souvent évoqué mais jamais objectivé - conformation faciale, malocclusion, traumatisme d occlusion. Résorptions dentaires > Définition Evaluation de la profondeur de la poche parodontale : 13 mm Perte d os alvéolaire horizontale sévère Les résorptions dentaires sont des lésions pour lesquelles on observe une perte progressive de substance dentaire (Figure 18). Chez le chat, elles sont communément appelées lésions de résorptions odontoclastiques félines ou FORLs, car le processus de résorption est sous le contrôle de cellules odontoclastiques multi-nuclées (odontoclastes) (Gautier et coll, 2001). Ces lésions affectent l intérieur et/ou l extérieur de la dent et leur diagnostic clinique et radiographique est souvent délicat. Des résorptions dentaires sont également observées chez l homme et le chien. Elles sont en général la conséquence d une inflammation parodontale ou de contraintes mécaniques en regard du ligament parodontal (traitement orthodontique, traumatisme dentaire). FIGURE 18 - LÉSION DE RÉSORPTION ODONTOCLASTIQUE FÉLINE Les résorptions odontoclastiques félines démarrent au niveau du cément radiculaire et se développent au travers de la dentine et/ou de la couronne dentaire. L os alvéolaire et le ligament parodontal adjacent se trouvent aussi inclus localement dans le processus de résorption. Le canal dentaire n est atteint qu en fin de processus, signant alors une lésion de résorption interne. 368

14 > Prévalence Une forte prévalence de résorptions dentaires est relevée dans diverses populations félines et notamment chez le chat domestique. Suivant les populations étudiées et/ou la méthodologie utilisée, les résultats observés s échelonnent entre 28 et 67 % (Coles, 1990; Van Messum et coll, 1992). Une telle variation est fonction du choix de la population étudiée (service dentaire spécialisé, service dentaire généraliste, population saine) ou des modalités diagnostiques utilisées (examen clinique +/- examen radiographique). Deux études associant à la fois un examen clinique et radiographique sur des populations félines saines ont mis en évidence une prévalence moyenne de 30 % (Ingham et coll, 2002a; Girard et coll, 2008). > Pathogénie Les résorptions dentaires félines sont pour la plupart des lésions dentaires externes. Le tissu dentaire résorbé est progressivement remplacé par un tissu cémentaire ou osseux néoformé. Les résorptions odontoclastiques félines sont initiées au niveau du cément radiculaire et se développent ensuite au travers de la dentine et/ou de la couronne dentaire. L os alvéolaire et le ligament parodontal adjacent se trouvent aussi inclus localement dans le processus de résorption. 2 - Les affections bucco-dentaires les plus fréquentes Le canal dentaire n est atteint qu en fin de processus, signant alors une lésion de résorption interne. Il y a rarement d inflammation de la pulpe dentaire sauf en fin d évolution où un état dégénératif a été décrit. L émail de la couronne dentaire peut se résorber au cours du temps, mais plus fréquemment, il subit une fracture par absence de support dentinaire sous-jacent, de sorte qu une cavité dentaire apparaît alors cliniquement (Okuda et Harvey, 1992). Les résorptions dentaires apparaissent principalement sur la partie buccale des couronnes dentaires. Soixante dix pour cent des résorptions dentaires relevées sont associées à un phénomène inflammatoire et 30 % montrent des signes de réparation. (Reichart et coll, 1984). > Étiologies des résorptions dentaires Les résorptions dentaires externes peuvent avoir une ou plusieurs origines. En dentisterie humaine, l affection peut être associée: - à un processus inflammatoire chronique adjacent à la présence d un kyste, d une tumeur bénigne ou maligne, ou - à la conséquence d un traumatisme dentaire (mécanique/occlusal) ou d un déplacement dentaire orthodontique. Suivant qu un processus inflammatoire est présent ou non, la qualification des lésions est différente. Les résorptions de surface, ankylose dento-alvéolaire et lésions de remplacement sont considérées comme des conséquences de traumatismes dentaires et qualifiées de non inflammatoires. Par opposition, les résorptions apicales et la parodontite péri-radiculaire sont la conséquence des lésions occasionnées à la pulpe dentaire et sont qualifiées de résorptions inflammatoires (résorptions inflammatoires radiculaires). Les résorptions dentaires du collet sont souvent confondues avec les résorptions inflammatoires radiculaires. Elles sont considérées comme inflammatoires car elles sont associées à des dommages inflammatoires de l attache épithéliale (lors de maladie parodontale par exemple) (Andreasen, 1985; Trope et coll, 2002). L étiologie précise des résorptions dentaires félines demeure inconnue et fait toujours l objet de discussions et de recherches. Le rôle suspecté des contraintes mécaniques masticatoires et de l inflammation chronique liée à la maladie parodontale est souligné aux travers de différentes études histologiques (Gorrel et Larsson, 2002; Roux et coll, 2005), radiographiques (DuPont et DeBowes, 2002) ainsi que dans une étude clinique (Girard et coll, 2008). La responsabilité d un apport excessif en vitamine D dans l alimentation (Reiter et coll, 2005) est proposée comme co-facteur mais cette hypothèse est toujours discutée. Le rôle exact des structures histologiques dentaires spécifiques à l espèce féline (vasodentine, ostéodentine) n est toujours pas élucidé. Leurs interactions éventuelles dans un processus de régulation calcique associés aux résorptions dentaires ont été proposées (Okuda et Harvey, 1992). 369

15 2 - Les affections bucco-dentaires les plus fréquentes FIGURE 19 - RÉSORPTION DENTAIRE DE TYPE 1 AU NIVEAU DE LA M1 MANDIBULAIRE Gingivite sévère en partie distale Radiographie intra-orale : FORL de type 1 Les recommandations vétérinaires actuelles proposent de différencier les résorptions dentaires selon les résultats de l évaluation radiographique: - résorption dentaire de type 1 (RD Type 1): observation d un espace ligamentaire parodontal physiologique (lamina dura) et radio densité de la racine dentaire affectée similaire à celle des racines dentaires saines adjacentes (Figure 19) - résorption dentaire de type 2 (RD Type 2): disparition de la lamina dura à l examen radiographique et radio densité de la racine dentaire affectée similaire à celle de l os alvéolaire adjacent (remodelage osseux) (Figure 20). L étude combinée de la localisation des résorptions dentaires en fonction de leur type radiographique révèle des différences significatives (Girard et coll, sous presse). Chez les chats de maisons, on observe une prévalence plus importante des lésions de type 1 en regard de la carnassière inférieure, et de type 2 en regard des PM3. Pour les chats de races, une différence significative est relevée pour les incisives (RD Type 2) et la carnassière inférieure (RD Type 1). La distribution des résorptions dentaires n est pas uniforme dans la bouche du chat suivant le type de lésion radiographiquement observée. Ces informations corroborent l hypothèse selon laquelle différentes étiologies sont à l origine des résorptions dentaires félines. L analyse des résorptions dentaires dans une population de chats soignés au service de dentisterie de l Université de Davis (Californie, USA) montre une association significative entre la résorption dentaire et la présence d une perte d os alvéolaire localisée verticale sévère (Lommer et Verstraete, 2001). FIGURE 20 - RÉSORPTION DENTAIRE DE TYPE 2 AU NIVEAU DE LA PM3 DE LA MANDIBULE GAUCHE Gingivite débutante FORL type 2 370

16 La prévalence élevée de résorptions dentaires dans la population féline de chats sauvages de l Isle de Marion (cf. supra) nourrie quasi-exclusivement avec des oiseaux marins, minore le rôle supposé par certains de l alimentation industrielle dans l apparition des ces lésions dentaires. L auteur y voit plutôt une conséquence des pathologies inflammatoires buccales félines telles que la maladie parodontale ou la stomatite féline (Verstraete et coll, 1996). Une analyse statistique approfondie entre la répartition des résorptions dentaires et 14 critères cliniques et radiographiques associés à la maladie parodontale souligne une forte association (Girard et coll, 2008). La prévalence globale des résorptions dentaires peut être significativement corrélée à 6 des paramètres parodontaux étudiés, ainsi qu avec l âge. Les résorptions de types 1 et 2 apparaissent comme deux phénomènes différents sans aucun critère d association. Les RD Type 1 sont significativement associées avec 8 des variables parodontales étudiées et donc très fortement associée à la maladie parodontale. Les RD Type 2 sont corrélées avec seulement 2 des paramètres parodontaux étudiés et se trouvent donc faiblement associés à la maladie parodontale. L âge apparaît comme un facteur fortement associé à la présence de RD Type 2 et faiblement à des RD Type 1. L ensemble de ces observations fait supposer que les RD Type 1 sont moins sensibles au facteur âge au regard de leur lien supposé avec l évolution de la maladie parodontale. 2 - Les affections bucco-dentaires les plus fréquentes Stomatites Les stomatites félines représentent l ensemble des affections buccales caractérisées par une inflammation marquée des muqueuses orales (Figure 21). Leur prévalence est a priori faible, même si pour l instant peu d études statistiques ont été publiées sur le sujet (2,6 % selon Crossley, 1991; 12 % selon Verhaert et Van Wetter, 2004). Des études sur d importantes populations humaines montrent une prévalence de 5 à 15 % des formes agressives des inflammations parodontales, supposément associées à une prédilection ethnique (Wolf et coll, 2005). L analyse des affections dentaires d une population de 109 chats a mis en évidence 5,5 % de cas de stomatite (3,7 % de bucco-stomatite, 1,8 % de stomatite caudale) et 12,8 % de parodontite agressive (Girard et coll, 2008). La totalité de ces affections inflammatoires agressives sont apparues sur des chats de races et aucune sur des chats de maison. L impact réel de l effet race est pour l instant l objet d évaluations au regard d un effet famille probable. Les stomatites sont connues et redoutées car elles sont généralement synonymes d un véritable challenge thérapeutique. Ces affections sont si douloureuses qu elles compromettent l appétit voir la survie des animaux atteints. Le désarroi du thérapeute est par ailleurs amplifié par les nombreuses incertitudes liées à l étiologie de ces affections. La gestion clinique des stomatites félines demande une grande rigueur diagnostique et thérapeutique. Les études récentes confortent le rôle du Calicivirus dans le développement des stomatites caudales (Addie et coll, 2003). Un examen clinique le plus descriptif possible est nécessaire pour progresser dans l analyse étiologique des stomatites félines. Cependant peu d études publiées utilisent une terminologie appropriée afin d évaluer correctement tel type de médicament, tel type d examen complémentaire ou telle étiologie virale. Les années à venir apporteront probablement des informations plus précises quant à l intérêt thérapeutique de certaines molécules, sur le rôle de certains virus (FCV, HV1, FIV, FeLV...) et de meilleures connaissances histopathologiques (immuno-histologiques surtout) sur cette affection. Figure 21 - Lésions de stomatite chez un chat.bucco-stomatite jugale 371

17 3 - Prévention des affections bucco-dentaires Figure 22 - Illustration de l efficacité du brossage dentaire chez un chat Conclusion Les affections bucco-dentaires félines sont variées et, dans une grande majorité, elles incluent une composante inflammatoire. Si la prévalence de la maladie parodontale n est pas vraiment différente de celle observée dans d autres espèces, le chat se caractérise par des formes relativement agressives : extension inflammatoire en regard des muqueuses orales (stomatites) et résorptions dentaires qui, lorsqu elles sont associées avec une parodontite chronique, peuvent rendre plus délicat le diagnostic clinique. Le système immunitaire local est souvent perçu comme un des facteurs clefs des inflammations buccales agressives. 3 - Prévention des affections bucco-dentaires Cas de parodontite agressive ulcéro-proliférative chez un jeune chat Sphinx de 8 mois (photographie et radiographie) Contrôle post opératoire après 18 mois au cours desquels ont été réalisés des soins professionnels sous anesthésie générale 3 fois par an et un brossage dentaire 2 fois par jour. Le traitement conventionnel des inflammations du parodonte comprend trois étapes: - thérapie initiale: expliquer les mesures d hygiènes appropriées - contrôler les facteurs de risques : diabète sucré, insuffisance thyroïdienne, FeLV, FIV... - éliminer la plaque et le tartre par détartrage et surfaçage radiculaire et/ou débridement sous gingival. Le succès du traitement repose ensuite sur la phase de maintien: il faut aider le propriétaire à maintenir une hygiène buccale optimale chez son chat et contrôler les résultats tous les 6 mois (Houle et Grenier, 2003). Conséquences générales des affections bucco-dentaires Agir sur les inflammations parodontales apparaît comme un objectif majeur de la santé générale du chat à long terme. La douleur et l infection sont en effet toujours associées à l évolution des affections inflammatoires de la cavité buccale du chat. Chez le chien, des études prospectives sur les conséquences systémiques de la maladie parodontale ont mis en évidence une association significative entre l évolution de la maladie parodontale et l importance des lésions histologiques inflammatoires relevées dans les reins, le foie et les valvules mitrales et tricuspides du cœur (DeBowes et coll, 1996; Pavlica et Petelin, 2003). Ces études suggèrent une dissémination sanguine de molécules inflammatoires produites à cause de la maladie parodontale (cytokines, IL-1, IL-6, IL-8, TNF ) (Pavlica, 2002). L action à distance des bactéries parodontales pathogènes au travers d une bactériémie chronique est fortement suggérée mais non encore avérée (Tou et coll, 2005; Boutoille et coll, 2006). Chez le chat, les résultats manquent pour préciser l impact général de la maladie parodontale, même si la pathogénie est «relativement» similaire chez le chien et chez le chat. Cependant, la faible longévité observée chez les chats sauvages de l Isle de Marion (4 à 5 ans) suggère le rôle négatif de l évolution de cette maladie: elle pourrait empêcher l individu de rester compétitif au sein de son groupe et diminuer ainsi ses chances de survie (Verstraete et coll, 1996). Contrôle de la plaque dentaire Désorganiser le biofilm que constitue la plaque dentaire constitue le défi majeur dans la lutte contre les inflammations parodontales (Barbieri, 2000). La plaque dentaire se développe en quelques heures et atteint une phase de maturité en 48 heures (Perry et Schmidt, 2002). Il est donc essentiel d agir quotidiennement le plus efficacement possible. Les bactéries pathogènes se développent au sein d une communauté bactérienne et se trouvent enchâssées dans une trame glycoprotéique organisée autour de canaux et de lacunes qui limitent les capacités de défense de l hôte ainsi que l efficacité de nombreux médicaments. En revanche, une action mécanique bien ciblée peut perturber l équilibre physique de la plaque dentaire. Chez le chien, l absence de contrôle mécanique sur le développement de la plaque dentaire est synonyme d apparition de gingivite en 7 à 21 jours (Tromp et coll, 1986a). En revanche, un contrôle journalier de la plaque conduit à la résolution de la gingivite, soulignant ainsi son caractère réversible (Tromp et coll, 1986b). 372

18 La plaque dentaire n a pas que des effets négatifs. Certains voient en elle un agent protecteur contre la dessiccation ainsi qu une barrière de défense contre la colonisation par des bactéries exogènes beaucoup plus pathogènes. L objectif recherché actuellement est donc de contrôler le mieux possible la plaque dentaire, sans espérer la supprimer totalement (Marsh, 2004). Le brossage dentaire Le brossage dentaire apparaît comme la clef de la prévention et du traitement des gingivites et des maladies parodontales (Brandtzaeg, 1964) (Figure 22). Une étude réalisée chez le chat a montré, sur une semaine, une réduction d accumulation de 95 % du tartre sur les dents brossées une fois par jour ou deux fois par semaine (Richardson, 1965). Une étude de 2 ans (Ingham et coll, 2002b) met cependant en lumière une faible efficacité du brossage dentaire chez le chat, synonyme probablement de la grande difficulté technique rencontrée à réaliser ce brossage au quotidien. Dans cette étude, le brossage réduit la gingivite sur la face buccale des dents mais ne montre pas de différence significative. Plus récemment, une étude terrain de 6 mois réalisée avec 88 propriétaires de chats a comparé l efficacité du brossage dentaire avec la distribution d un aliment spécialisé. À la fin de l étude, l observance du brossage dentaire est de seulement 40 % (Theyse, 2003). Rôle mécanique de l aliment distribué Le comportement alimentaire des chats domestiques fait l objet de nombreuses recherches chez les fabricants d aliments secs pour chats et chiens. La taille, la forme et la texture des croquettes sont éprouvées régulièrement afin de les adapter aux différentes conformations faciales des chats et les encourager à utiliser leurs dents de manière physiologique. Les industriels ont particulièrement travaillé la texture des aliments afin d améliorer le contrôle de la plaque dentaire (Figure 23). Figure 23 - Mesure de la résistance d une d une croquette à la pression. Le texturomètre est utile pour mesurer la résistance de la croquette à la force des mâchoires et des dents du chat. Des modules interchangeables miment la forme et la dimension des dents des chats en fonction de leur âge et de leur race. Laboratoire Royal Canin 3 - Prévention des affections bucco-dentaires > Influence de la texture de l aliment La texture, notamment le caractère fibreux, apparaît comme l élément physique le plus intéressant pour réduire le développement de la plaque dentaire. De nombreuses études décrivent le rôle négatif d un aliment humide sur le développement de la maladie parodontale chez le chien. (Egelberg, 1965; Harvey et coll, 1996). Même si les études sont moins nombreuses chez le chat, l ensemble des résultats disponibles confirment le rôle essentiel de la texture de l aliment sur l évolution de la plaque dentaire. - Chez le chaton, les aliments humides sont incriminés comme favorisant l apparition de tartre, de gingivite, la récession dentaire et la mauvaise haleine (Studer et Stapley, 1973). - Une réduction significative de la plaque dentaire est observée après 2 semaines d étude entre deux groupes de chats nourris avec un aliment sec au lieu d un aliment humide (Boyce, 1992). - Chez le Tigre, il a été montré qu ajouter un complément fibreux 2 fois par semaine à la ration aide à réduire le développement de la plaque dentaire et les inflammations parodontales associées (Haberstroh, 1984). - La distribution quotidienne d une lamelle à mâcher à 15 chats, en complément d un aliment sec, permet d obtenir une réduction significative du dépôt de plaque dentaire (-20 %) et de tartre (-39 %) en regard des prémolaires, des molaires et des canines. La gingivite associée apparaît de moindre valeur lorsque la lamelle est distribuée, même si ces données ne présentent pas de valeur statistique (Gorrel et coll, 1998). - Dans une étude similaire, 24 chats sont nourris avec un aliment sec plus une friandise à mâcher 1 fois par jour pendant 4 semaines. La réduction du tartre est significative (-64 %) par rapport au groupe de chat nourris exclusivement avec l aliment sec. Une différence significative est aussi observée pour la réduction de plaque dentaire (-15 %) et de l index gingival moyen (-11 %) (Ingham et coll, 2002a). > Influence de la taille et de la forme de l aliment Le rôle de la forme et de la texture d une croquette distribuée ad libitum chez le chat ont été étudiées conjointement. Une réduction significative de 41 % de l accumulation de la plaque est observée sur 373

19 3 - Prévention des affections bucco-dentaires FIGURE 24 - INFLUENCE DE L ERGONOMIE ET DE LA TEXTURE DE LA CROQUETTE SUR LE BROSSAGE MÉCANIQUE DES DENTS Valeur indicative mesurée (Force Newton) au Centre de Recherche Royal Canin (2002) Chaton Mâchoires peu puissantes, dents de lait : petites croquettes friables (force 15/20). Chat adulte Mâchoires puissantes, dents saines : croquettes fermes et cassantes (force 55/65). Chat âgé Mâchoires affaiblies, dents sensibles : croquettes tendres et friables (force 25/30) FIGURE 25 - ACTION DES SELS DE POLYPHOSPHATE SUR LE CALCIUM SALIVAIRE Sans phosphate de sodium Avec polyphosphate de sodium Calcium disponible Newtons Très friable Friable Peu friable Dur Très dur Newtons Très friable Friable Peu friable Dur Très dur Newtons Très friable Friable Peu friable Dur Très dur Grâce à sa texture particulière, la croquette encourage une pénétration plus importante de la dent dans la croquette et renforce ainsi l efficacité du brossage mécanique. des chats nourris avec des croquettes plus grosses, de forme rectangulaire et proposant une texture avec un index de pénétration plus élevé (+ 25 %) par rapport à des petites croquettes triangulaires (Figure 24). Cette diminution de plaque dentaire est expliquée par l action mécanique plus complète des croquettes de grande taille. Lorsque le broyage est encouragé et que la texture de la croquette permet à la dent de s enfoncer plus profondément à l intérieur de la croquette avant sa rupture, le temps de friction dentaire est plus important et l efficacité du broyage est améliorée (Servet et coll, 2003). Rôle de la composition de l aliment distribué L aliment peut aussi servir de véhicules à certains ingrédients qui, une fois libérés dans la cavité buccale de l animal lors de la mastication, peuvent agir contre l accumulation de plaque et/ou du tartre dentaire, et ainsi participer à la prévention de la maladie parodontale. > Intérêt des sels de polyphosphates L efficacité de certains sels de polyphosphates (Figure 25) pour freiner le développement du tartre dentaire est actuellement bien reconnue et validée cliniquement. Les cations Ca 2+ présents dans la salive sont en effet responsables de la calcification de la plaque dentaire et de sa transformation en tartre. Si des polyphosphates ayant la capacité de chélater les cations polyvalents (ex: Ca 2+, Mg 2+ ) sont libérés dans la cavité buccale, ils fixent naturellement le calcium salivaire sous forme ionique, et limitent son intégration dans la matrice du tartre dentaire. Le calcium est ensuite libéré normalement dans le tube digestif afin d être absorbé en fonction des besoins de l organisme. Une réduction significative de l accumulation de tartre (- 32 %) est observée chez des chats nourris avec un aliment enrobé avec un chélateur de calcium, par rapport à un groupe témoin nourri avec les mêmes croquettes mais sans ajout de sels de polyphosphates (Servet et coll, 2003; 2006) (Figure 26). > Intérêt des huiles essentielles L utilisation d huiles essentielles (thymol, eucalyptol, menthol, mythyl salicylate) a également fait l objet d évaluations cliniques à long terme en dentisterie humaine. Une réduction de la plaque dentaire (- 20 à 35 %) ainsi qu une diminution significative de la gingivite associée (- 25 à 35 %) a pu être obtenue en utilisant des solutions buccales de rinçage contenant des huiles essentielles (Perry et Schmidt, 2002). L intérêt pour ce type de substances a conduit progressivement à leur incorporation dans l alimentation industrielle. Cependant aucune étude d efficacité spécifique n est pour l instant publiée. Calcium piégé Les ions calcium chélatés deviennent indisponibles pour la formation du tartre. > Autres agents actifs contre la plaque dentaire Dans le domaine de la santé bucco-dentaire, la recherche actuelle s oriente vers le développement de nouveaux composants actifs contre le développement de la plaque dentaire. Chez le chat, l effet inhibiteur sur le développement de la plaque dentaire d un ingrédient issu de la recherche en cosmétique humaine (appelé PRN pour Plaque Reduction Nutrient) 374

20 a pu être mis en évidence grâce à une étude comparative standardisée. Son inclusion dans un aliment sec de référence (possédant déjà des propriétés mécaniques intéressantes grâce à une texture particulière) conduit à une réduction significative de l accumulation de plaque dentaire (Servet et coll, 2006). Après 1 mois, une réduction de 12 % de la plaque dentaire (Figure 27) est observée sur l ensemble des dents testées (C, P3 et P4 maxillaires ; P3, P4 et M1 mandibulaires). Une analyse plus détaillée aux marges de la gencive révèle une réduction de plaque de 22 % sur l ensemble des dents testées (Figure 28) et de 36 % en ne tenant compte que des dents suivantes: les prémolaires maxillaires P3-P4 et M1 mandibulaire. L effet chimique est donc ici validé sur l ensemble de la denture du chat. Cette étude met de plus en avant la plus grande efficacité relevée en regard des dents cibles de l aliment: le triptyque P4, P3 maxillaire et M1 mandibulaire. Le développement de nouveaux agents anti-plaque passe probablement par la découverte de molécules actives non seulement sur l intégrité cellulaire des bactéries, mais aussi sur l interface physique entre la plaque dentaire et la dent, afin de favoriser son éventuel détachement. Indice de tartre de Warrell & Gorrick FIGURE 26 - RÉDUCTION DE L'ACCUMULATION DE TARTRE (Royal Canin, 2005) 5,0 4,5 4,0 3,5 3,0 2,5 2,0 1,5 A 1,0 0,5 0,0 sans polyphosphates 4, % 3,0 Indice global de dépôt de tartre avant et après 2 mois de distribution d'un aliment sec enrichi en polyphosphates B avec polyphosphates FIGURE 27 - RÉDUCTION GLOBALE DE L'ACCUMULATION DE PLAQUE (Royal Canin, 2005) Indice de plaque de Logan & Boyce (modifié) ,1 A sans polyphosphates -12 % 8,9 B avec polyphosphates Indice global d'accumulation de plaque dentaire avant et après 1 mois de distribution d'un aliment enrichi avec un agent anti-plaque (PRN) Conclusion A En additionnant les effets taille/texture et l effet composition de l aliment distribué quotidiennement, il est aujourd hui possible de promettre une réduction significative du dépôt de plaque dentaire chez le chat de l ordre de 30 % et de tartre de l ordre de 50 %. Compte tenu des efforts masticatoires très spécifiques du chat, l action due aux propriétés physiques de l aliment est plus marquée en regard des carnassières. Cependant l ajout de composants anti-plaque permet d obtenir aussi un effet dans la partie rostrale de la cavité buccale (canines et incisives). Conclusion L'importance de la prévalence des inflammations buccales chez le chat est largement sous-estimée. Pourtant, l impact clinique s avère bien plus important qu il n y paraît : c'est la première cause de maladie infectieuse dans cette espèce. Contrairement à ce qui est souvent supposé, la maladie parodontale féline se distingue nettement de celle du chien : les modes d'expression sont beaucoup plus variés. Les études les plus récentes sur l évaluation des effets secondaires systémiques des inflammations parodontales éclairent d'un jour nouveau l'intérêt porté aux affections bucco-dentaires. Il ne s'agit plus de simplement lutter contre la mauvaise haleine de l'animal. L'objectif est beaucoup plus ambitieux et devient médical : ce sont la santé et donc l espérance de vie du chat qui sont concernées. Un traitement approprié réduit les douleurs chroniques et les infections associées aux affections buccodentaires. Les propriétaires sont souvent étonnés des résultats positifs obtenus chez leur chat grâce à des soins appropriés. Les douleurs dentaires sont en effet bien souvent à l'origine de modifications importantes du comportement. Après traitement, les chats sont généralement plus actifs, mangent mieux et leur état général s'en trouve globalement amélioré. C'est sur la prévention du développement de la plaque dentaire qu'il faut porter toute notre attention. Dans cette perspective, le rôle potentiel de l aliment comme support efficace de l hygiène bucco-dentaire est de nos jours admis. Ce rôle est particulièrement intéressant à exploiter chez le chat au vu de la grande difficulté rencontrée à effectuer un brossage dentaire quotidien et leur faible attirance pour les objets à mâcher. L'efficacité de cette approche sera sans doute encore améliorée dans le futur grâce à un travail à la fois sur la présentation physique des aliments et sur la recherche de nouveaux agents anti-plaque. Indice de plaque de Logan & Boyce (modifié) FIGURE 28 - RÉDUCTION GINGIVALE DE L'ACCUMULATION DE PLAQUE (Royal Canin, 2005) ,0 A sans polyphosphates -22 % 3,9 Indice gingival de plaque dentaire avant et après 1 mois de distribution d'un aliment enrichi avec un agent anti-plaque (PRN) B avec polyphosphates 375

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