«Le plan de stabilisation Pinay- Rueff, 1958», in Revue d Histoire moderne et contemporaine, Paris, Belin, 2001, 4 ème trimestre, n 48, p

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1 Chélini Michel-Pierre, Université d Artois, Pr. Histoire économique contemporaine «Le plan de stabilisation Pinay- Rueff, 1958», in Revue d Histoire moderne et contemporaine, Paris, Belin, 2001, 4 ème trimestre, n 48, p Au printemps 1958, la IVème République affronte une crise politique dont elle ne se relèvera pas. Les troubles du 13 mai et des jours suivants à Alger déterminent les responsables des principaux partis à proposer la présidence du Conseil au général De Gaulle, malgré son opposition déclarée aux institutions de Celui-ci forme un gouvernement d union nationale début juin et se consacre à une tâche de stabilisation aux effets durables. Ce cabinet bénéficie de très larges pouvoirs pour une durée de 7 mois, c est à dire jusqu à fin décembre 1958 et opère principalement dans trois directions : une nouvelle Constitution, une politique algérienne plus pragmatique et la stabilisation économique et financière. Les deux premiers aspects sont généralement bien connus et plusieurs études et colloques ont aidé à leur inventaire, le troisième a été partiellement défriché, notamment par un travail de doctorat 1 et un colloque 2 Le ministre des Finances étant alors Antoine Pinay et le responsable de la commission d experts étant Jacques Rueff, l ensemble des mesures prises a été généralement appelé plan Pinay- Rueff. L objet de cet article est de retracer l histoire de ce plan de stabilisation 3. Trois aspects peuvent être successivement abordés, celui de l origine, celui de la structure et celui de l impact du plan. Qui doit-on désigner comme inspirateur principal? Est-ce son contenu ou ses effets qui ont suscité de fortes réticences autour de sa préparation? Peut-on évaluer son efficacité? I. Un plan Pinay ou un plan Rueff? A. Une situation initiale contrastée. L année 1958 devait marquer une étape pour l économie française. Sur le plan monétaire, l Union Européenne des Paiements, établie en 1950, allait disparaître et les monnaies européennes, devenant convertibles, seraient librement traitées sur les marchés des changes. Dans le domaine commercial, deux ensembles poussaient la France à réduire encore ses droits de douane, l Organisation Européenne de Coopération Economique, l OECE issue du plan Marshall, pour l espace euro-atlantique, et la nouvelle Communauté Economique Européenne pour les six signataires du Traité de Rome. Sur le plan conjoncturel intérieur (voir tableau statistique en annexe), des quatre variables classiques de l équilibre, la France affiche bien une croissance convenable et le plein emploi, mais la hausse des prix, retardée par diverses dispositions en , enregistre une flambée en 1958 (+15%), tandis que la balance des paiements est déséquilibrée. Par ailleurs, le déficit budgétaire, chronique depuis 1931, n est toujours pas comblé. 1 Paule Arnaud-Ameller, Les mesures économiques et financières de décembre 1958, Paris, Colin, Institut Charles De Gaulle, 1958 : la faillite ou le miracle, Colloque tenu en 1985, Paris, Economica 3 J. Lacouture, De Gaulle, Le politique, , Paris, Seuil, 1985, chapitre 30 1

2 Ainsi, la France n est pas complètement prête pour ces échéances importantes. Le changement de régime contribue à dramatiser pour les contemporains un bilan que le recul du temps permet d évaluer avec plus d équité. La Vème République naissante promulgue d abord une nouvelle Constitution, mais son fondateur souhaite définir un cadre économique conjoncturel pacifié. Il convient à la fois d accompagner la stabilisation politique d une croissance qui donne éclat et moyens au régime et d éviter que les dysfonctionnements économiques n entravent la marche du politique comme en La IVème République et ses derniers gouvernements de 1957 et 1958 arrivaient-ils démunis face à ces échéances? Les dossiers étaient largement avancés et ont facilité le travail du gouvernement De Gaulle, mais l hypothèque politique et la crise algérienne rendaient cependant laborieuses un certain nombre de décisions. La nouvelle donne politique et constitutionnelle modifiait bien les conditions du pouvoir. L exécutif sortait brusquement renforcé de la crise de mai 1958, la priorité de la question algérienne entraînait une dramatisation de tous les dossiers en cours, tandis que la personnalité politique du général De Gaulle conférait à l ensemble une dynamique indiscutable. L impression générale de l opinion publique spécialisée (haute administration, milieux d affaires) est alors partagée : d un côté, les réussites accumulées dans la modernisation depuis 1944 n échappent à personne, de l autre la France apparaît comme menacée de déclin économique si elle ne persiste pas dans son attitude modernisatrice. La crise budgétaire qui rebondit à partir de 1956, alors qu elle semblait en voie de résorption définitive depuis 1948, accrédite ce point de vue inquiet. Les échéances du Marché Commun avec le début du désarmement douanier au 1er janvier 1959 pourraient-elles être tenues? Le Fonds de Stabilisation des Changes, géré par la Banque de France, ne disposait au 1er juin de 200 millions de dollars, l équivalent d un mois d importations. Une impression diffuse cependant semblait réconcilier ces deux optiques apparemment opposées : la France approchait d une situation très favorable et équilibrée; seul semblait manquer le cadre politique stable qui l eût consolidée. Avec le recul du temps, 1958 n apparaît pas comme une césure ou un tournant économique significatifs, avec un avant et un après. Le PIB enregistre une croissance annuelle de +4,6% par an de 1950 à Les gains de productivité et de niveau de vie sont même parmi les meilleurs de l OECE. Sur le plan conjoncturel, l action de Bourgès-Maunoury et de Félix Gaillard, malgré ses insuffisances, a néanmoins préparé le terrain à la stabilisation mise en œuvre au second semestre La crise du 13 mai 1958 conduit les principaux dirigeants politiques à proposer la présidence du Conseil au général De Gaulle. Le 1er juin, était investi un gouvernement De Gaulle d Union Nationale où figuraient tous les partis à l exception du PCF et des courants d extrême droite; il bénéficiait, à la condition expresse de respecter les principes de la démocratie, des pleins pouvoirs constituants et du pouvoir temporaire de légiférer par ordonnance pour sept mois. En arrivant aux affaires le général De Gaulle, qui dirige le dernier gouvernement légal de la IVème République, a en esprit les trois affaires qui menacent la France, l Algérie, la réforme de l Etat et la situation financière. Après la ratification populaire de la nouvelle Constitution le 28 septembre, il s engage dans la solution à moyen terme du dossier algérien, toile de fond de toute la vie politique française jusqu au printemps Le renforcement de l exécutif va permettre ainsi de résoudre les déséquilibres extérieurs qui minorent la crédibilité internationale de la France. 2

3 B. Un plan Pinay. Pour stabiliser les comptes, qui choisir aux Finances? De Gaulle consulte plusieurs avis et François Bloch- Lainé 4 directeur du Trésor de 1947 à 1953, en refusant le poste pour lui-même suggère le nom d Antoine Pinay comme synonyme de confiance. Médiocrement satisfait par la recommandation d une personnalité politique plus libérale et partiellement rivale 5, De Gaulle accepte néanmoins pour rassurer l opinion économique et financière. Si son cabinet est dirigé par Georges Pompidou à Matignon, une équipe efficace (Antoine Dupont- Fauville, Jean Aubry et Jean Méo) emmenée par Roger Goetze 6 autre inspecteur des Finances, ancien directeur du Budget, supervise discrètement les projets de la rue de Rivoli. Antoine Pinay et son directeur de cabinet André Yrissou sont convaincus de la nécessité d équilibrer le budget et de prendre les mesures d urgence. Pour le moyen terme et pour l opinion financière, ils décident de lancer d abord un emprunt, comme en mai 1952, avec des caractéristiques analogues pour faciliter l identification. Grand emprunt de politique financière 7 il constitue un moyen de se procurer des ressources de trésorerie tout en testant sa popularité économique. De Gaulle avait choisi cette voie en automne 1944, il l accepte de nouveau en Un projet d emprunt avait été préparé par Pierre Pflimlin, le ministre des Finances précédent en mars 1958; portant 5% d intérêt, à capital garanti sur le cours du dollar, durée 15 ans, baptisé emprunt de la stabilisation, il fut reporté par la crise gouvernementale. Antoine Pinay dispose donc d un canevas qu il va aménager. L or n est pas un placement financièrement avantageux puisque, de 1949 à 1958, le cours du Napoléon a reculé de -18% (passant de F à F en moyenne annuelle calculée par l INSEE), alors que le dollar a progressé de +10% et les prix intérieurs courants de +51%. Le cabinet du ministère des Finances en est conscient. Le 4 juin 1958, le Napoléon cote F, niveau toujours inférieur à 1949, mais l or conserve une image sociale forte comme une référence financière ultime. A. Pinay se décide à assimiler les conditions du nouvel emprunt à celles de 1952 pour renforcer l image de continuité financière comme pour accélérer sa préparation technique. L ordonnance et le décret de lancement sont promulgués le 11 juin, moins de deux semaines après l investiture du gouvernement. Ses caractéristiques sont attirantes pour l épargnant : il est porteur d intérêt à 3,5% (soit F par an pour F souscrits) pour un long amortissement de 54 ans. Les titres du 3,5% 1958 sont exonérés de l impôt sur le revenu et sur les droits de succession. Il est indexé sur l or et non sur la hausse des prix : la référence est la moyenne des cours de la pièce d or 20 F dite Napoléon, sur le marché libre de l or à Paris pendant les 100 dernières séances de Bourse précédant la reprise du titre; le cours de référence du Napoléon est celui du 1er semestre 1958, F (inférieur de 10% aux F de 1952). Le remboursement est prévu par tirage au sort jusqu en 1970, libre au delà. Le lancement au 17 juin est accompagné par un discours du ministre et du général De Gaulle. A. Pinay développe les thèmes de la défense du franc, de la mise en activité des richesses thésaurisées au service de la nation et de son équipement, le général De Gaulle attend un succès triomphal, première étape du redressement. La publicité est centrée sur le thème l emprunt 3,5%, de l or qui rapporte. La presse offre un éventail intéressant d opinions : La Vie Française (27 juin) titre à l enseigne de la confiance, The Economist (21 juin) plaisante sur l Opération Napoléon, L Humanité (16 juin) se scandalise d Un cadeau royal pour les capitalistes, Le Monde (16 juin) résume les deux objectifs de l emprunt, Aux urnes du Trésor. 4 F. Bloch Lainé l a raconté plusieurs fois, Profession fonctionnaire, 1976, p Il faut tenir compte de la rivalité entre Indépendants et RPF- UNR 6 N. Carré de Malberg, Entretiens avec Roger Goetze, , Paris, CHEFF, Résultats détaillés, in : Archives Economiques et Financières, AEF B

4 L emprunt rapporte 325 milliards de francs courants, dont 295 milliards en moyens de paiements (90%). On peut comparer cette somme avec les recettes budgétaires totales, dont elle représente environ 6% ou avec le déficit de 1958, dont elle pourrait combler la moitié. Par rapport à l emprunt Pinay de 1952 (430 milliards), la collecte est plus modeste et par rapport à l emprunt Ramadier de 1956 (320 milliards) le résultat est identique. En francs constants 1993, cela représente 26 milliards pour l emprunt de 1958, 135 milliards pour 1944, 41 milliards pour 1952, 110 milliards pour Le Fonds de Stabilisation des Changes récupère 150 tonnes d or pendant la durée de l emprunt, soit environ 80 milliards de F - 1/4 des souscriptions - et la Banque de France considère presque l emprunt comme une amnistie pour capitaux expatriés. On compte en métropole un peu plus de souscripteurs pour une souscription moyenne de F, soit environ 6% des ménages; le Trésor a calculé qu il était rentable surtout pour les particuliers souscrivant entre et 5 millions de F. Par la suite, le cours de la «rente Pinay» progresse lentement au cours des années 1960, atteignant, sur base 100 en 1958, l indice 192 en L absence de droits de succession joue beaucoup plus que son indexation sur l or et en septembre- octobre 1973, les Finances procèdent à son remboursement anticipé. En été 1958, l emprunt semble avoir rempli son rôle d amorce pour la stabilisation. Il n est pas isolé puisqu il s accompagne d autres mesures d urgence comme, le 18 juillet, le report au 18 décembre de la tranche de libération des échanges convenue avec l OECE. Pour couper court à toute rumeur de dévaluation pendant la souscription de l emprunt Pinay, l ordonnance du 24 juillet légalise la dévaluation de fait de 1957, baptisée opération 20% par le gouvernement Bourgès-Maunoury et établit le cours officiel du dollar à 420 FF. Le relèvement des traitements fonctionnaires est reporté sans date, le prix du blé progresse bien moins que ne le demandait l Association Générale des Producteurs de Blé, un train fiscal de 50 milliards est promulgué le 31 juillet (contributions extraordinaires sur les sociétés, hausse du prix de l essence, taxes sur contribuables aisés). Si l on se place en novembre- décembre 1958, sans tenir compte du plan qui va suivre, la rue de Rivoli peut présenter un bilan très honorable. Par un travail patient et discret d économies, le déficit budgétaire, que les bureaux spécialisés des Finances évaluaient à ou milliards de francs (il s agit d anciens francs), est stabilisé à 690 milliards, comme en 1956 et 1957, la balance commerciale, déficitaire depuis le 2ème trimestre 1956, redevient excédentaire au 4ème trimestre Les prix de détail n évoluent plus à la hausse. Mais le général De Gaulle souhaite un ensemble de plus vaste ampleur. C. Un plan Rueff? La spéculation à la baisse du franc se poursuit de manière sourde jusqu en décembre 1958, ce qui signifie qu une partie de la crise monétaire n est pas résolue. La liquidation de l Union Européenne des Paiements, l UEP, au 31 décembre va laisser une dette de millions d unités de compte, alors que les conditions financières de l Accord Monétaire Européen, l AME, chargé de lui succéder, seront plus strictes. Le dernier emprunt en date auprès du FMI en janvier 1958 était assorti de recommandations d experts limitant le déficit budgétaire à 600 millions de F. Par ailleurs, le général De Gaulle veut un plan en bonne et due forme qui marque le début de son gouvernement avec éclat dans le domaine économique. Deux optiques partagent alors le monde des spécialistes et des politiques : un courant s oppose à toute dévaluation et à la réduction de la dépense collective, proposant de faire jouer la fiscalité, l encadrement du crédit, la planification, le contrôle des prix; c est le cas d Albin Chalandon à l UNR, de Guy Mollet à la SFIO. Un second courant, plus libéral, souhaite ouvrir les frontières pour renforcer les tendances concurrentielles et agir sur la demande intérieure par la fiscalité et le crédit. Jacques Rueff, inspecteur des Finances, déjà expert auprès du cabinet Poincaré en et auteur régulier de plans de stabilisation, émerge du second courant. 4

5 Le 10 juin, dix jours après l investiture du gouvernement De Gaulle, il adresse au ministre des Finances une note, Eléments pour un programme de rénovation économique et financière 8 qui propose un plan de mesures libérales pour résoudre ce qui est à ses yeux le mal français, l inflation. Deux séries de remèdes doivent s épauler : sur le plan financier, il convient de limiter les emprunts du Trésor au marché financier en cessant les recours à la Banque de France et d interdire à la Banque de France de financer des crédits à moyen terme pour les entreprises selon les dispositions de mars 1944 destinées à la Reconstruction. Sur le plan commercial et macro-économique, il convient de limiter au minimum les barrières, contingentements et protectionnismes divers, depuis les taxes douanières jusqu aux professions protégées et autres corporatismes. Il conclut sur l appel à la restauration d une monnaie française. Il semble que Roger Goetze ait pris l initiative de donner des prolongements à ce texte. En effet, Antoine Pinay, quoique libéral aussi, se méfiait de ces projets. Selon Goetze 9, les colères du général De Gaulle deviennent régulières entre le 15 août et le 15 septembre : Quand donc le ministre des Finances va-t-il me proposer le projet de budget et les réformes qui doivent y être associées?. C est le cabinet de Matignon qui contribue à convaincre Antoine Pinay de recevoir Jacques Rueff à plusieurs reprises et de créer un comité d experts destiné à préparer un programme d ensemble, plus vaste qu un emprunt assorti de mesures d économies. Le 30 septembre, deux jours après le référendum qui accordait des pouvoirs spéciaux au gouvernement, Antoine Pinay accepte la formation de ce Comité. Celui-ci devant rester secret, l opinion publique n apprit son existence qu à la veille de sa dissolution, tandis que Jacques Rueff n était que son coordinateur pour le ministre des Finances. Les membres du Comité, comme en 1926, représentent la haute fonction publique ou les affaires. Ils sont huit. Dans le monde de l entreprise, on relève la présence de Jean Guyot, gérant de la banque Lazard, ami de J. Rueff, véritable chef de cabinet officieux du Comité, M. Lorain, président de la Société Générale, M. Alexandre, président du conseil des Experts- Comptables, ami d A. Pinay, C.J. Gignoux, économiste, ancien dirigeant de la CGPF (Confédération Générale du Patronat Français) dans les années 30-40, organisme patronal ancêtre du CNPF, Raoul de Vitry, président de Péchiney. Dans la fonction publique figurent C. Brasart, conseiller d Etat où il préside la section des Finances, Jean Saltes, sous-gouverneur de la Banque de France et Jean- Marcel Jeanneney, professeur de sciences économiques, futur ministre du général De Gaulle. Le Comité fait figure de Conseil Economique et Social en consultation et ses membres, choisis par Jacques Rueff, témoignent d options économiques majoritairement libérales. Le Comité se réunit du 30 septembre au 8 décembre à peu près tous les deux jours, dans un climat étrange, semi- clandestin (J. Guyot), qui ne parvient pas à dissiper le scepticisme de certains membres (C.J. Gignoux). Jacques Rueff préside de fait. Directeur du Trésor et sousgouverneur de la Banque de France avant-guerre, écarté de la fonction publique par les lois antisémites de Vichy, il occupe des postes de diplomatie financière depuis 1945 (Réparations alliées, puis CECA). Il s affirme libéral anti-keynésien. Il fait parler les invités, un peu comme un expert étranger mandaté par le FMI, puis dévoile quelques projets devant eux pour sonder leurs réactions, généralement réticentes (J. M. Jeanneney). La plupart des personnes sont hostiles à la dévaluation. 8 Les œuvres complètes de Jacques Rueff ont été publiées en quatre volumes chez Plon. Combats pour l ordre financier, Paris, La note du 10 juin y figure page 153 et suivantes 9 Institut Charles De Gaulle, 1958 : la faillite ou le miracle, Colloque tenu en 1985, Paris, Economica, p

6 Quoique disposant de représentants en son sein - mais non choisis par eux - le ministère des Finances, le CNPF et la Banque de France, avec son gouverneur Wilfrid Baumgarnter 10 regardent ce Comité sans sympathie. Les auditions concernent les principaux directeurs des Finances (Budget, Trésor et Impôts), de nombreux responsables de directions dans les ministères économiques ou techniques, ou d instances économiques et financières nationales, le Plan, la Banque de France, la Caisse des Dépôts (François Bloch- Lainé), la Sécurité Sociale. Un des aspects intéressants et novateurs du plan Rueff est l utilisation désormais familière aux cercles du pouvoir, de la palette la plus large de statistiques financières, bancaires et macroéconomiques - Comptabilité Nationale, PNB. Comment enrayer définitivement l inflation? Nous savons aujourd hui que les années 1952 à 1967 sont des années de détente des prix au niveau des marchés mondiaux; en France, ils progressent en moyenne de +3% par an, soit trois fois moins que la moyenne annuelle séculaire ( ) avec ses +15% en 12 mois est une exception. «M. Pinay est arrivé pour la récolte» comme le souligne Jacques Le Bourva, professeur d économie à l Université de Rennes 11 ; il souligne «l exemple assez rare en France d une manœuvre d ensemble aux suites satisfaisantes» même si «la controverse s est engagée sur un terrain doctrinal douteux». Les facteurs qui menacent la stabilité du franc à moyen terme, sont plus complexes que le déficit budgétaire ou la crise de confiance : la poussée de l investissement et de la consommation avec réduction corrélative de l épargne, l affaiblissement momentané des ressources agricoles, une progression des salaires supérieure à celle de la productivité, la hausse mondiale des matières premières de 1956 renforcent les tensions à la hausse; si de gros efforts de freinage ont été accomplis certaines forces économiques ont joué spontanément dans le même sens». Les personnes interrogées conviennent qu il s agit d un beau projet mais estiment qu il dépasse les capacités d un Comité ou d un gouvernement. Les discussions budgétaires approchant, après un premier mois de travail, Jacques Rueff rédige un texte de pages qu il communique ou soumet en présence de tous les membres du Comité, dans la première quinzaine de novembre, à Georges Pompidou (le 7) assisté de Roger Goetze, puis à Antoine Pinay (le 12), et enfin au général De Gaulle (le 18). Après discussion dans les sphères gouvernementales, le texte est définitivement rédigé pour le 8 décembre, signé par ses huit rédacteurs et communiqué le 9 au président René Coty, qui l accepte. Les membres du Comité ne sont pas unanimes sur la totalité du texte; l un d entre eux écrit une lettre séparée à Jacques Rueff mentionnant les risques de crise sociale grave (syndicats de paysans et de salariés) qu il peut susciter. II. Un plan stabilisateur, ouvert et décisif. A. Une architecture vigoureuse, des réactions plutôt négatives. Le contenu, libéral et gestionnaire, compte des aspects hardis dont l application risque d être grinçante. Sur le moment, le plan apparaît hétérodoxe. À partir d un problème jugé central - l inflation- on peut distinguer trois groupes de solutions dans le texte : - 1. des solutions budgétaires : le budget courant des dépenses à caractère définitif doit être équilibré, par limitation des dépenses et par augmentation des recettes; pour la partie investissements publics, le Comité propose de distinguer le logement social financé par l Etat sur un budget extraordinaire et le logement privé financé par l épargne. 10 O. Feiertag, Wilfrid Baumgartner, les Finances de l Etat et l économie de la nation, , Paris, CHEFF, Imprimerie Nationale, à paraître [2008]. 11 J. Le Bourva, «La théorie de l inflation, le rapport des experts et l opération de décembre 1958», Revue Economique, septembre 1959, p

7 - 2. Des solutions monétaires : pour obtenir une monnaie respectable, il faut réviser le taux de change, diminuer les mécanismes d indexation inflationnistes, définir un franc lourd et convertible Des solutions commerciales et extérieures : accélérer l ouverture du marché français sur l extérieur, OECE et CEE. Ce plan est indiscutablement intéressant, même si ses conséquences sur la progression du niveau de vie paysan et salarié sont immédiatement perceptibles. Dans la typologie des plans de stabilisation 12, destinés à rétablir un équilibre à moyen terme, on peut le ranger dans la catégorie des plans complexes et fondateurs, centrés sur le budget et les changes, comme le plan Poincaré de 1926; on peut le distinguer des plans conjoncturels centrés sur les prix comme le plan Pinay de 1952 et des plans conjoncturels centrés sur les salaires (et la monnaie) comme le plan Barre de Par rapport à ses écrits des années 30-40, ou même à ce qui était connu de ses positions en juin 1958, l évolution de Jacques Rueff est perceptible. Les propositions figurant dans la note du 10 juin ont été considérablement approfondies et surtout des choix monétaires, qui n apparaissaient pas en juin, sont désormais en bonne place en novembre. Le nouveau franc qui restera dans la mémoire collective comme le trait le plus marquant du plan Pinay- Rueff est une idée du mois d octobre, à la paternité discutée. Le taux de la dévaluation, proposé par le Comité, compte tenu de la hausse des prix était de -13 à -15%. W. Baumgartner, gouverneur de la Banque de France, lança -17,5%, à la fois pour dynamiser les exportations au moment de l ouverture commerciale et pour fixer un rapport simple du franc à l or (200 mg d or à 900/1 000ème ou 180 mg d or fin) et au dollar (35 $ l once). Le dollar passait de 420 FF à 493 FF. On aurait pu choisir aussi le dollar à 500 F, mais la dévaluation apparaissait alors trop creusée, -19,4%. La création d un nouveau franc posait quelques problèmes : en divisant le franc par 1/100, soit 4,93 FF au lieu de 493 FF, on retrouvait quasiment le taux de change de 1914, 5,15 FF pour un dollar et celui de 1,00 DM ou d 1 franc suisse pour un franc français. Diviser par 1/1 000 eût signifié le dollar à 49 centimes et le mark à 10 centimes, ce qui était peut être un peu audacieux! Le nom de la nouvelle monnaie reste franc, temporairement dissociée en anciens francs et en nouveaux francs (1 NF = 100 AF), parfois en francs lourds (1 franc lourd = 1 NF = 100 AF). Dans l entourage de Roger Goetze, il avait été question de deux autres mots, la livre et le gallia. Pour la livre, terme séculaire, il y avait un embarras de taille : c était la monnaie britannique Aucun des membres du cabinet n osa le proposer au général De Gaulle. Le Gallia eût mieux convenu, mais sonnait curieusement, soit un peu archéologique (Gaulois) soit un peu régalien (De Gaulle) et on y renonça. La SEITA l utilisa plus tard pour l une de ses cigarettes. On ne dira cependant pas le franc De Gaulle comme il y avait eu le franc Poincaré, à la fois parce que le chef du gouvernement avait couvert de son autorité une décision dont le détail technique lui échappait et parce que le fait majeur était moins la dévaluation que la conversion en nouveaux francs, terme qui resta en usage dans l opinion pendant les années 60. La Direction Générale des Prix fut chargée de calculer l incidence des mesures budgétaires, de la dévaluation et de l ouverture commerciale sur le niveau des prix. Elle évaluait le chiffre entre +6 et +7% pour une dévaluation de -17 à -18%. La hausse fut effectivement de +6,5%. Du 18 novembre, date de présentation au général De Gaulle, au 28 décembre, date de parution des premières ordonnances au Journal Officiel, de nombreuses péripéties accompagnent la traduction du texte en dispositions légales. Le détail des controverses nous est bien connu par le Colloque de 1985 où les acteurs, Roger Goetze en tête, ont précisé avec 12 F. Teulon, dir, Dictionnaire d histoire, économie, finance, géographie, Paris, PUF, 1997, «Stabilisation (plans de)». 7

8 scrupule leurs rôles respectifs et les moments les plus dramatiques. Les opposants au projet sont rapidement nombreux, au moins à partir de la mi-décembre quand la presse commence à diffuser son contenu. Antoine Pinay 13 lui-même déclare à la réunion du 18 novembre à Matignon ses fortes réticences; le 24 décembre, il menace clairement de présenter sa démission et demande des atténuations fiscales et monétaires au dispositif; A. Pinay de 1952 incarnant l homme d Etat qui n augmente pas les impôts et qui ne dévalue pas, celui de 1958 peut difficilement présenter l image contraire. Comment justifier selon son propos toutes ces taxes! Vétéran de , il refuse par exemple d endosser la suppression de la retraite du combattant! Les autres ministres de ce gouvernement de coalition ne sont pas plus enthousiastes : Michel Debré et Maurice Couve de Murville sont les seuls à l appuyer nettement; l UNR n est pas convaincue, les CNIP suivent les réticences de leur chef, le MRP est réservé, les radicaux ne sont pas favorables, la SFIO est hostile. La Banque de France et le CNPF maintiennent leur opposition, le Conseil Economique et Social fait savoir la sienne (16-17 décembre). Dans les états-majors politiques, la gauche critique la compression du pouvoir d achat salarié, la droite la faible efficacité anti-inflationniste. Albin Chalandon, secrétaire général de l UNR fait savoir son opposition. Raymond Aron est un des rares chroniqueurs connus à défendre la validité du plan. Tout dépend du chef de gouvernement, qui dispose désormais de larges pouvoirs. Le général De Gaulle se convainc progressivement de la solidité du plan : Roger Goetze en affirme les chances de succès, Jacques Rueff garantit sa cohérence interne 14, tandis que Georges Pompidou ou François Bloch- Lainé attestent de ses qualités politiques et économiques. J adopte le projet des experts Du point de vue technique, je m en remets dans l ensemble aux spécialistes Mais c est ce que le projet a de cohérent et d ardent, en même temps que d audacieux et d ambitieux, qui emporte mon jugement» 15. La phase la plus dramatique intervient entre le 24 et le 27 décembre, alors que toutes les échéances se conjuguent : vote du budget, fin des pleins pouvoirs gouvernementaux, première étape de l ouverture douanière à la CEE. Aux élections législatives des novembre, l UNR obtient 36% des sièges, presque 200 députés. Depuis le 21 décembre, le général De Gaulle a été élu chef de l Etat par les grands électeurs. Il sera intronisé à l Elysée le 8 janvier Le 24 décembre 1958, veille de Noël, Antoine Pinay menace de démissionner; Roger Goetze, avec tout le cabinet de Matignon, s emploie à l en dissuader. Le vendredi 26 décembre, de 15 heures à minuit passé, un conseil interministériel puis un conseil de cabinet débattent pied à pied du projet budgétaire, préparé dans les temps par la Direction du Budget, et le plan Rueff, mais ne tranchent pas puisque ce n est pas un conseil des ministres. L opinion financière n est pas en reste, des fuites laissant entendre qu il y aurait dévaluation et on peut évaluer à 10 milliards de francs les pertes de change du franc pendant cette journée. Le conseil des ministres du 27 décembre faillit ne jamais avoir lieu. Les mesures d austérité effraient les quatre ministres SFIO du gouvernement qui proposent leur démission. De Gaulle leur enjoint instamment de venir, pour achever de remettre la République en place et d attendre le 8 janvier 1959, date d expiration de la période constitutionnelle transitoire, pour prendre une décision définitive de retrait. L ombre de l Algérie plane sur tous les débats. Antoine Pinay songe aussi à partir. Les MRP sont réservés. De Gaulle ouvre alors le conseil des ministres en annonçant que si le budget préparé par les Finances et A. Pinay et le plan 13 Voir les Mémoires d Antoine Pinay : A. Pinay, Un Français comme les autres, Entretiens avec A. Veil, Paris, Belfond, 1984, p Jacques Rueff : «J accepte que l opinion que vous aurez de moi à l avenir dépende entièrement du résultat obtenu», Combats pour l ordre financier, Opus cité, p De Gaulle, Mémoires d espoir, Paris, Plon, 1971, p 152 8

9 Rueff n étaient pas acceptés, il quittait ses fonctions! Moins d une demi-heure après, tout était adopté Comme le gouvernement dispose des pleins pouvoirs, le vote parlementaire n est pas indispensable et le Journal Officiel du dimanche 28 décembre publie une cinquantaine d ordonnances, de notifications et d avis à caractère financier. Lois et décrets budgétaires des 30 décembre et 2 janvier, ordonnance instituant un nouveau franc, notification du changement de parité adressée au FMI, avis 662 à 665 de l Office des Changes relatifs à la convertibilité externe du franc et avis concernant la libération des échanges (29 décembre). À partir de là, Antoine Pinay applique loyalement le plan Rueff, que l on appellera ainsi le plan Pinay- Rueff. Le général De Gaulle, suivi par Antoine Pinay, annonce le dimanche soir même, à vingt heures, devant la radio et la télévision, les mesures qui sont prévues : J ai décidé de remettre nos affaires en ordre réellement et profondément Notre pays va se trouver à l épreuve (mais) le rétablissement visé est tel qu il peut nous payer de tout Sans cet effort et ces sacrifices, nous resterions un pays à la traîne, oscillant perpétuellement entre le drame et la médiocrité. Saisis par le verbe gaullien, les termes désagréables de dévaluation, d impôts supplémentaires, de concurrence extérieure deviennent ainsi des défis collectifs. L opinion nationale et internationale est indiscutablement étonnée : la fermeture de la Bourse de Paris les décembre laissait présager une opération monétaire, non un plan aussi dense. La presse, en cette période hivernale, est plus déconcertée qu enthousiaste. Le 1er janvier, De Gaulle, appuyé par Dupont- Fauville pour les questions techniques, reçoit les directeurs de tous les grands journaux. Avec près de quarante ans de recul, l autorité avec laquelle tout cela a été conduit laisse une impression encore forte à l observateur extérieur. Dans le détail, personne ne relève vraiment que De Gaulle, officiellement hostile à l Europe politique, accepte, en les dépassant, les objectifs de la CEE. Dans la presse, les réactions sont inégales. Peu de choses avaient filtré des travaux de la rue de Rivoli et du Comité Rueff. Quelques articles autour des novembre évoquaient les rumeurs de dévaluation et les démentis d Antoine Pinay. À l approche de la fin de l année et des traditionnels projets budgétaires, les articles réapparaissent, mais jusqu au 26 décembre inclus, la question de la dévaluation est posée et décortiquée, sans réponse définitive. Depuis 1952, chaque échéance politique ou économique s accompagne de rumeurs de dévaluation, la surévaluation du franc français étant de notoriété publique dans les milieux spécialisés. Après l annonce du plan Pinay- Rueff, la presse internationale est impressionnée pendant les jours qui suivent l annonce, puis cesse de s y intéresser. La presse nationale commence plutôt par souligner l importance de la réforme et sa cohérence. Après quelques jours d étonnement et d expectative, se développent des opinions plutôt défavorables. En janvier 1959, Raymond Aron classe les critiques en trois catégories : 1) le plan est socialement injuste, 2) il est libéral et déflationniste, 3) il n est pas certain d obtenir des succès, notamment parce que la politique algérienne n est pas modifiée. La première critique est unanime, les deux secondes viennent tantôt de la gauche tantôt de la droite, pour des raisons différentes. «La France paiera» écrit Gilbert Mathieu dans Le Monde, «Derrière le rempart de la monnaie, une relance économique difficile», note L Express du 4 juin Raymond Aron dans Le Figaro et René Sédillot dans La Vie Française, un des principaux journaux financiers, sont un peu isolés dans leur plaidoyer positif. Les organisations syndicales ou associatives ne se manifestent pas, sauf les associations d anciens combattants, qui protestent les janvier 1959 contre la suppression de la retraite, mesure plus symbolique que véritablement coûteuse. Tous s opposent mais décident, comme la FNSEA, de prendre contact avec le gouvernement avant de passer à l action. Le patronat n est pas très favorable. Jean-Marcel Jeanneney, ministre de l industrie dans le 9

10 nouveau gouvernement Debré, raconte 16 qu il reçoit continuellement en 1959 des représentants des patrons qui annoncent la faillite de leur secteur. Sur l ensemble de l année 1959, les banques, le CNPF, les professions libérales et les commerçants semblent hésitants ou favorables, les ouvriers, les agriculteurs et les PME sont mécontents. Les agriculteurs pourraient protester. La suppression de leur régime fiscal particulier et favorable, et la désindexation des prix 17 les touchent sensiblement; l ouverture vers la CEE peut les inquiéter. En 1960 éclateront d ailleurs des manifestations, pour des raisons plus complexes. Il faut compter cependant avec l opinion favorable dont bénéficie le général De Gaulle auprès de la FNSEA et le poids moderniste de la JAC au sein du monde rural. B. Une mise en œuvre programmée. Une fois lancé, le plan doit être appliqué. À partir du 8 janvier 1959, le véritable ministre de l Economie semble être le Premier ministre lui-même, Michel Debré, soutenu par le ministre de l Industrie Jean- Marcel Jeanneney. Antoine Pinay, comme son successeur W. Baumgartner (janvier 1960) se cantonne dans la fonction de gardien de l équilibre budgétaire pour la réussite du plan Rueff. De surcroît, la SFIO quitte le gouvernement, désormais composé d UNR, de CNIP, de MRP et de radicaux, mais le parti socialiste ne passe pas dans une opposition ouverte. Les principales mesures demandent un délai de réalisation inégal et se conditionnent les unes les autres. L arrière-plan politique de la guerre d Algérie avec la perspective d un vide politique sans alternative crédible de la droite à la gauche, l accumulation du capital depuis les années 50, les dispositions modérées de la politique salariale, la pression discrète des organismes internationaux (OECE, UEP-AME, CEE, FMI) représentent autant de contreforts positifs qui contraignent au succès. Prenons l exemple de la politique salariale. De Gaulle avait reçu les syndicats de salariés les 9-10 juin 1958, quelques jours seulement après son investiture, au retour de son voyage en Algérie. Le Comité Rueff avait recommandé la fin de toute indexation, c est- à- dire de la répercussion salariale systématique de toute hausse des prix. L article 79 de la loi de Finances (ordonnance portant loi de Finances) du 31 décembre abrogea toute indexation, sauf celle du SMIG et l interdit à l avenir. La hausse des prix pour 1959 étant estimée à +6 ou +7% (avec des hausses de +10 à +15% pour les tarifs publics) et le rapport du Comité n ayant évoqué que la préservation minimale du SMIG. Il fut décidé de programmer hors plan Rueff, hors budget et même hors publication d ordonnance puisque les salaires étaient librement négociés entre employeurs et employés depuis février 1950, une recommandation appuyée du gouvernement en faveur d une hausse maximale de +3% pour les salaires, à commencer par les traitements de la fonction publique. Le SMIG serait augmenté exceptionnellement de +4% au 1er mars. Si les syndicats de salariés restent officiellement calmes, des turbulences sociales accompagnent l année Quelques reculs symboliques n entament pas l essentiel du dispositif. J. M. Jeanneney attribue cela au souci de ne pas gêner le gouvernement dans la solution de la question algérienne, R. Goetze souligne la capacité de persuasion du Premier ministre, qui avait complètement intériorisé les objectifs du plan. On peut ajouter l affaiblissement momentané de la CGT depuis la modestie des résultats du Non au référendum de septembre 58. La gestion de la politique commerciale n est pas en reste. En janvier 1959, les droits de douane en vigueur entre la France et la CEE sont diminués de -10%, plusieurs plafonds de 16 Institut Charles De Gaulle, 1958 : la faillite ou le miracle, Colloque 1985, Paris, Economica, p L indexation concernait aussi certains prix agricoles depuis , notamment le sucre, le blé et le lait dont les prix à la production tenaient compte des hausses de coûts salariaux. Depuis le début des années 50, la plupart des grands produits agricoles sont subventionnés. 10

11 quantités échangées de pays à pays sont relevés. Alors que Benelux, Italie ou RFA avaient atteint ce stade dès 1954 et que le gouvernement Pflimlin avait annoncé en mai 1958 que la France ne pourrait tenir cet engagement et revenait à hauteur de 40%, 90% des échanges entre la France et l OECE sont libérés, c est- à- dire dispensés de licences, autorisations ou contingentements. Le directeur des Relations Economiques Extérieures, Bernard Clappier dût passer trois jours pleins à Matignon pour établir la liste de libération 18. Les échanges entre la France et la zone dollar étaient libérés à hauteur de 11% en juin 1957, contre 68 à 86% pour Italie, RFA, Benelux. Sur le plan budgétaire, le déficit courant est maintenu à 600 milliards d AF, soit 6 milliards de NF, en partie grâce à l inflexibilité d Antoine Pinay. Ce chiffre n apparaît pas dans le tableau statistique joint qui concerne le seul budget ordinaire. En fait, sont touchées d un côté des exonérations (bénéfices agricoles, entreprises publiques), des indexations et des subventions, de l autre les dépenses des interventions publiques (titre IV). La plupart des taux fiscaux restent inchangés pour éviter une flambée de mécontentement et la croissance économique permet une augmentation mécanique du rendement fiscal de 200 milliards d AF. Sur le plan monétaire, le franc redevient convertible avec les autres monnaies européennes. La Grande- Bretagne, la RFA et le Benelux s y étaient engagés; ils totalisaient 55% des quotas de l UEP, ce qui les autorisait à demander sa dissolution par notification au secrétariat général de l OECE, sous condition de l entrée en fonctionnement de l Accord Monétaire Européen. Si depuis 1955, le solde des compensations à l intérieur de l UEP s effectuait pour les trois quarts en dollars, les comptes des non-résidents, ceux des entreprises britanniques en France par exemple, restaient partiellement intransférables. Au 21 janvier 1959, les mouvements de capitaux et de devises sont totalement libres. Onze pays d Europe, dont la France libèrent ainsi leur monnaie des contraintes de l inconvertibilité en janvier Le rétablissement de la convertibilité dans le cadre du système de Bretton Woods engage une conséquence de prestige, la redéfinition officielle du franc par rapport à l or; ce n est pas l étalon- or de type , mais plutôt l étalon devise- or de Gênes (1922). L équivalence- or du franc de décembre 1958 est de 1,8 mg d or à 900/1 000è, 179 fois moins que le franc germinal, mais celle de janvier 1960 est de 180 mg, soit 56% de celui de Germinal. Le DM cote désormais 1,17 FF (le franc vaut 0,85 DM) et le franc suisse 1,10 FF. Les changes multiples, inaugurés en janvier 1948, disparaissent aussi. La France dépose au FMI la nouvelle parité d un dollar pour 493,706 FF, qu elle s engage à défendre dans une bande de + ou -1% selon les accords de Bretton Woods, soit entre 490 et 497,4 FF pour le dollar. Pierre-Paul Schweitzer, directeur du Trésor, se rend le 27 décembre à Washington pour cette opération. Le FMI constate avec satisfaction l amélioration de la situation économique européenne et l effort de coopération du continent. Un nouveau franc, symbole d une nouvelle époque, doit être mis en place en Sur deux questions, J. Rueff n eut pas satisfaction. Pour le problème des corporatismes intérieurs, il estimait qu il fallait faire un autre plan ou un autre Comité. Ce fut en 1959 le Comité Armand- Rueff, dont le célèbre Rapport devînt plus une référence morale qu opératoire. Pour la politique monétaire de la Banque de France qu il voulait restrictive, il ne fut pas écouté. L ensemble de ces mesures coïncide avec le réaménagement de la coopération européenne. L UEP se dissout, remplacée par un discret AME (Accord Monétaire Européen), tandis que la 18 Institut Charles De Gaulle, 1958 : la faillite ou le miracle, Colloque 1985, Paris, Economica, p

12 CEE semble concurrencée par les Sept de l AELE 19. Au moment du plan Rueff, se place presque exactement l opération Unicorn en Grande- Bretagne 20 (Unic Convertibility Return). Officiellement le groupe Unicorn et le groupe Rueff n étaient pas informés de leurs travaux respectifs. Sur le plan commercial, il fut annoncé le 15 décembre au conseil de l OECE qu il y aurait d un côté la CEE, de l autre l AELE. Sur le plan monétaire, France et Grande-Bretagne parvinrent à une certaine simultanéité. W. Baumgartner, le 10 décembre, fit savoir à la Banque d Angleterre que la France allait rétablir la convertibilité de sa devise. À l occasion de plusieurs rencontres au sommet à Paris, à la mi-décembre, notamment les conseils respectifs de l OECE et de l Alliance Atlantique, eut lieu le 17 décembre un dîner entre les trois ministres des Finances, français, allemand, britannique, qui permit de rapprocher les points de vue. La France avait obtenu de plusieurs partenaires de l UEP finissante 400 millions de dollars de prêts, destinés à étouffer toute spéculation consécutive au rétablissement de la convertibilité du franc. Pour Macmillan, il fallait éviter que la Grande-Bretagne ne se retrouve isolée. Les convertibilités sont rétablies presque simultanément avec la dissolution de l UEP. L Europe du Plan Marshall prenait fin. Londres semblait plutôt avoir conduit le mouvement de convertibilité monétaire et Paris le mouvement d association commerciale et douanière autour du pôle CEE. L idée d une conversion monétaire interne s impose dans les dernières semaines de 1958, mais ne peut entrer en application avant un an, le temps que les différentes dispositions techniques soient au point 21. L opération est très bien organisée doit effacer le souvenir des échanges de billets de 1945 et L ordonnance n du 27 décembre 1958 institue une nouvelle unité monétaire, sur la base de 1 NF = 100 AF et le décret du 18 novembre 1959 (n ) fixe la date au 1er janvier Pour le FMI, une notification suffit. La nouvelle unité monétaire, le franc, temporairement appelée nouveau franc, est divisée en 100 centimes. Elle circule en métropole, dans les trois départements d Outre- Mer (Guadeloupe, Guyane, Martinique) et en Algérie- Sahara 22 jusqu en juillet 1962 pour cette dernière. La conversion en nouveaux francs allait surtout devoir être psychologique. D un seul coup, l ouvrier moyen allait toucher 500 NF à la fin du mois au lieu de AF, le salarié moyen 610 NF au lieu de AF, mais le kg de pain rétrogradait de 60,4 AF à 0,6 F ou le kg de beefsteak de AF à 10,64 NF. Sur le plan comptable, les difficultés ont été mineures, même si la Banque de France ne fournit pas assez vite les nouveaux signes. Pour faciliter la transition culturelle, la Monnaie reprit des anciens modèles et la Semeuse est une gravure de 1897, œuvre du sculpteur Oscar Roty 23 ; toutefois, si les comptes s effectuent en nouveaux francs, les conversations et une bonne part des transactions s expriment longtemps en anciens francs. La plupart des individus comptent en AF jusqu à AF (20 NF). Un sondage de la fin des années 70 montrait que la majorité de la population continuait à compter mentalement en anciens francs. Au 1er janvier 19 Association Européenne de Libre Echange, moins intégrée, plus contractuelle et uniquement commerciale, lancée par la Grande-Bretagne en 1958 et comptant notamment la Scandinavie, la Suisse et l Autriche. La plupart de ses membres rejoignent la CEE entre 1972 et P. M. Pitman, «Le programme de réforme financière français et le rétablissement de la convertibilité en Europe occidentale», in Du franc Poincaré à l ECU, Paris, CHEFF, Imprimerie Nationale, 1993, p Archives Economiques et Financières, AEF, B L Algérie formait un territoire composé de trois préfectures, Alger, Oran et Constantine; les territoires du Sud saharien constituaient un espace distinct, que les négociations d Evian ont fini par rattacher à la nouvelle Algérie 23 Intéressant musée Oscar Roty à Jargeau (Loiret) 12

13 1963, l appellation nouveau franc s efface définitivement devant l expression franc, actuellement encore en usage. III. Un bilan satisfaisant. Le plan Pinay- Rueff fut un des plus auscultés dans les quatre ou cinq années qui suivirent. La France parvenait progressivement à l âge statistique, disposant de séries en quantité et en qualité croissantes, et le ministère multipliait dès lors dans les réunions internes ou devant la presse les évaluations chiffrées. La première Vème République, qui réaffirme l importance du plan et de la maîtrise politique de la croissance, déploie volontiers ces mesures objectives de ses succès économiques. Le souci constant d atteindre les grands équilibres et de rompre avec les déficits de la IVème République conduit le gouvernement et les Finances à surveiller les indices avec la plus grande attention. La décision prise par Valéry Giscard d Estaing, de réaliser en septembre 1963, cinq ans après l opération Pinay- Rueff, un plan de stabilisation est à la fois l occasion de recadrer certains dérapages conjoncturels et de réaffirmer les objectifs de croissance maîtrisée; la France doit être aussi exemplaire sur le plan économique. À une génération de distance, les indicateurs du début des années 60 apparaissent très favorables. Il est cependant difficile de démêler ce qui revient aux facteurs directement économiques de croissance [combinaison du travail et du capital] et ce qui est imputable au plan lui-même. Par ailleurs, le plan Rueff est tout sauf interventionniste ; libéral dans l optique, il cherche à rétablir les équilibres du marché, pas à corriger des structures. Il faut donc le juger sur ses résultats conjoncturels. Constatons d abord à partir des statistiques. De 1954 à 1965, les résultats de la France sont brillants. Le PIB s accroît de +5,1% par an, les prix progressent de +4,4% par an, le budget courant devient excédentaire à partir de 1959 (à l exception des années ). On pourrait nuancer le tableau : si la progression annuelle rapide de la masse monétaire (+12,6%) n appelle pas de commentaire particulier, il faut signaler le maintien d un déficit discret des charges de Trésorerie, allant de 2 à 10% des dépenses et stoppé après 1963, ainsi qu une augmentation rapide des salaires (+9,7% en francs courants, soit +5,0% en francs constants ou salaire réel ). Si les dépenses budgétaires reculent de 23,1% du PIB en 1954 à 20,2% en 1965, la masse salariale progresse dans le même temps de 43,5% à 46,9% du PIB, accumulant des pressions sur les coûts. La forte croissance des années 60 permet exceptionnellement de faire cohabiter une hausse des prix modérée et une hausse des salaires élevée. L endettement public reste stable, autour de 90 milliards de francs, ce qui diminue très nettement son rapport au PIB, 32% en 1958, 16% en La couverture des importations par les exportations approche des 100%, chiffre atteint et dépassé à partir de L insertion dans les cadres ouverts de l OECE- OCDE et de la CEE a été réussie sans à-coups. En 1960, la France dirigeait 10% de ses exportations vers les Six et encore 30% vers la zone franc, en 1970, les chiffres sont respectivement de 50 et 10% Si l on considère la balance des paiements, déjà positive en , elle s installe dans l excédent dès 1959, car les revenus des services et les échanges de capitaux équilibrent les transactions commerciales extérieures. Sur le plan monétaire, la France, endettée auprès du FMI en 1958 pour un quart de la totalité de l aide fournie par le FMI à ses membres, rembourse toute sa dette (900 millions de dollars) en 1959 et devient créancière en 1961 (de 1,1 milliard de dollars) au point que le FMI juge cette monnaie assez solide pour la prêter à des pays tiers. Les réserves monétaires de la France augmentent fortement, sa dette internationale se réduit aux seuls débits à long terme des années En trois ans, le franc encore fragile des années 50 est devenu le franc solide des années 60. Toutes ces performances étaient largement en gestation sous la IVème République. Que peut-on imputer au plan de 1958? Le plan Rueff lui-même s insère à la charnière de deux 13

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