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1 Dr F Desroys du Roure, mars 2011

2 Marqueurs tumoraux Notion de valeurs usuelles : Le PSA varie en fonction de l âge, le CA125 est significativement plus bas après la ménopause, En pratique, inapplicable aux MT Notion de valeur seuil : Distinction des sujets sains et des sujets malades Compromis entre la spécificité et la sensibilité (PSA seuil à 3 ou 4 ng/ml selon les études) Mais variabilité analytique, défaut standardisation, (CA125 : seuil courant 35kU/l, en fait 18 à 53 ku/l selon la technique utilisée) Notion de cinétique : Dépasse la notion de valeur seuil (le patient devient son propre témoin) Permet le calcul d un certain nombre de paramètres utiles pour le suivi : (½ vie, Nadir, Temps de doublement,..)

3 DEPISTAGE Le dépistage de masse par le dosage des MT est injustifié Le dépistage des populations à risque par dosage de MT peut être précieux dans: Les formes héréditaires de cancer médullaire de la thyroïde (Calcitonine) L hépatocarcinome chez les cirrhotiques (AFP) Les choriocarcinomes chez les patients atteints d une maladie trophoblastique (hcg) Le cancer de la prostate (PSA) (recommandations AFU, dépistage individuel)

4 DIAGNOSTIC Pour la plupart des cancers, le diagnostic est posé sans le concours des MT Quelques marqueurs ont un intérêt diagnostic reconnu: AFP dans les hépatomes malins et les tumeurs testiculaires à différenciation vitelline PSA et cancer de la prostate (avec le TR, la vélocité du PSA, ) Sérotonine et tumeurs carcinoïdes Catécholamines et neuroblastomes Immunoglobuline monoclonale et myélome L élévation d un MT peut suffire à poser le diagnostic : de cancer médullaire de la thyroïde en présence d un nodule thyroïdien (Calcitonine) de cancer testiculaire chez l homme ou de choriocarcinome chez la femme (hcg) d hépatocarcinome chez un patient cirrhotique (AFP >400 ng/ml)

5 SUIVI : Pronostic La concentration initiale d un MT peut constituer un facteur pronostic fiable : PSA dans le cancer de la prostate (>100 ng/ml prédictif de métastases osseuses) AFP et carcinome hépatocellulaire, CA 15-3 et sein, IM et myélome Cette concentration de base peut orienter le choix thérapeutique : AFP, hcg et LDH dans les tumeurs germinales non séminomateuses de stade avancé LDH dans les lymphomes

6 SUIVI : sous traitement Seules règles écrites (WGTM, 1990): Une augmentation de plus de 25% = signe de progression Une diminution de plus de 50% = signe de rémission partielle Très insuffisantes, privilégier l analyse cinétique : T ½ Type de décroissance (1 ou 2 composantes) Nadir Délai d obtention du Nadir Recommandations pour les cinétiques : Respecter le calendrier Effectuer le suivi dans le même laboratoire, avec la même technique

7 Marqueurs tumoraux Cinétique des MT tracée en coordonnées semi-logarithmiques Syndrome de lyse tumorale = Augmentation transitoire du marqueur en phase initiale d un traitement systémique due au relargage du marqueur lié à la lyse tumorale (effet pointe). À différencier d une progression tumorale sous traitement. Décroissance initiale = Elle est exponentielle et caractérisée par le temps de demi-vie (T1/2), lié à la sensibilité tumorale. Seconde composante de décroissance = Elle correspond à un ralentissement de la vitesse de décroissance du marqueur liée à une libération résiduelle du marqueur de nature tumorale, physiologique ou nécrotique (liée à une sensibilité clonale) Concentration minimale = C est un indicateur de maladie résiduelle (Nadir) Élévation non spécifique = Augmentation transitoire de marqueur. Récidive biologique = Élévation exponentielle de marqueur. Le calcul du temps de doublement peut apporter des informations utiles.

8 SUIVI : sous traitement Localisation MT Traitement Critères pronostiques Prostate PSA Prostatectomie Nadir (<0,1 ng/ml) à 3 mois Radiothérapie Nadir(0,5 ng/ml) à 6 mois Hormonothérapie Nadir (1 à 4 ng/ml) à 3 et 6 mois Testicule (TGNSM) AFP T1/2 (5j), type de et nadir (10 ng/ml) Chimiothérapie T1/2 (7j), type de et nadir (10 ng/ml) hcg T1/2 (2j), type de et nadir (<LD) Chimiothérapie T1/2 (3j), type de et nadir (<LD) Colon, rectum ACE Nadir (5 ng/ml) à 6 semaines Foie AFP T1/2 (5j), type de et nadir (10 ng/ml) Chimiothérapie T1/2 (7j), type de et nadir (10 ng/ml) Thyroïde (CMT) CT Nadir (<LD) ACE Nadir (5 ng/ml) Thyroïde (CDT) Tg +Radioth. Nadir (<LD) (2 à 3 mois) Ovaire (TE) CA 125 Chimiothérapie T1/2 (14j), type de et nadir (14 U/ml) Placenta hcg Curetage + Chimio Nadir à 8 semaines (5U/l) Sein M- CA 15-3 Nadir (30 UI/ml)

9 SUIVI : après traitement (récidives, métastases): L étude cinétique est supérieure à l analyse d une valeur isolée: la récidive biologique est définie par l élévation exponentielle du marqueur sur 3 dosages consécutifs, même inférieur au seuil. La vitesse d apparition des signes cliniques est corrélée au temps de doublement. PSA lors d une ré-élévation si TD court (oriente vers une probable métastase) si TD long (probable récidive locale), pour le CA 125 c est l inverse (TD + long pour métastases) Le dosage des MT est reconnu comme élément fondamental de surveillance : Quand le bénéfice du diagnostic précoce de récidive et du traitement des métastases est prouvé (hcg : testicule, choriocarcinome) Quand le dosage des MT est plus performant et/ou moins coûteux que tout autre examen (PSA et prostate, Thyroglobuline et CDT, calcitonine et CMT, IM et myélome) Pour le reste : intérêt controversé (manque de preuve, bénéfices en terme de survie?, de qualité de vie?)

10 Nouveaux marqueurs (biomarqueurs moléculaires) : Stratification à visée pronostique ou thérapeutique KRAS et CCR : Ac anti EGFR : cetuximab (Erbitux ), panitumumab (Vectibix ) EGFR et K bronchique non à PC : inhibiteurs de Tyrosine kinase : Erlotinib (Tarceva ), Gefitinib (Iressa ) HER2 (Her2/neu, erbb-2) et K sein : trastuzumab (Herceptine ) Intérêt association MT et imagerie médicale (Scanner,IRM, TEP-FDG)

11 Merci pour votre attention

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