Eva DELACROIX (1) Maître de Conférences, Dauphine Recherche en Management (DRM - UMR 7088 CNRS)

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "Eva DELACROIX (1) Maître de Conférences, Dauphine Recherche en Management (DRM - UMR 7088 CNRS)"

Transcription

1 LA SUPERSTITION : DÉFINITION ET MESURE Eva DELACROIX (1) Maître de Conférences, Dauphine Recherche en Management (DRM - UMR 7088 CNRS) Valérie GUILLARD (2) Maître de Conférences, Dauphine Recherche en Management (DRM - UMR 7088 CNRS) Résumé Cet article présente le développement et la validation d une échelle multidimensionnelle de la superstition (EMS). La superstition y est appréhendée comme une variable stable de la personnalité qui comprend trois dimensions distinctes : l adhésion à des croyances superstitieuses populaires, le pessimisme superstitieux et les rituels de pensée magique propres à chaque individu. Au terme de trois études qualitatives exploratoires et de trois collectes de données (n= 889), nous en proposons une mesure fiable et valide dont les effets sur certaines situations de consommation ont été démontrés. Mots clés : Superstition - Pensée magique - Pessimisme superstitieux - Échelle de mesure - Comportement du consommateur. SUPERSTITION : DEFINITION AND MEASURE Abstract This article documents the development and validation of a multidimensional superstition scale (MSS). Superstition is conceptualized as a three dimension personality trait: belief in culturally shared superstitions, superstitious pessimism and magical thinking rituals. We carried out three exploratory studies and three quantitative data collections (n=889) in order to propose a reliable and valid scale whose effects on several consumption contexts have been demonstrated. Key w or ds : Superstition - Magical thinking - Measurement scale - Consumer behavior. (1) Courriel : (2) Courriel : 29

2 A D E T E M INTRODUCTION Vous jouez toujours les mêmes chiffres au loto? Vous êtes réticent à l idée de prendre un vol Paris- New York un 11 septembre? Vous faites partie des centaines de milliers de français qui jouent à des jeux de hasard un vendredi 13? Ou encore, vous regardez toujours les matchs de foot selon un même rituel pour que ça porte chance à votre équipe? Si vous avez répondu positivement à l une de ces questions, vous êtes sans doute quelqu un de superstitieux. Les comportements superstitieux influencent les comportements des consommateurs. On sait, par exemple, que les consommateurs taïwanais n hésitent pas à acheter plus cher des produits dont le prix comporte un 8, chiffre porte bonheur dans la culture asiatique (Simmons, Schindler, 2003 ; Ang, 1997). On sait également que les consommateurs superstitieux sont réticents à l idée d acheter des produits génétiquement modifiés et sont en général suspicieux à l égard des nouvelles technologies (Dickerson, Gentry, 1983 ; Mowen, Carlson, 2003). Des recherches montrent qu en cas de problème avec un achat, les superstitieux sont d autant plus insatisfaits que le produit possédait des caractéristiques de bon augure (Kramer, Block, 2008). Le rouge étant la couleur de la chance à Taiwan, les consommateurs sont plus insatisfaits d un riz de mauvaise qualité vendu dans un packaging rouge que d un riz de mauvaise qualité vendu dans un packaging vert. Tout se passe comme si le caractère porte-bonheur du packaging rouge avait contribué à élever le niveau des attentes. Malgré ces quelques recherches, on peut déplorer la rareté des travaux sur la superstition dans le champ du marketing, alors que cette variable influence un grand nombre de secteurs d activités. D après Kramer et Block (2008), on estime qu aux États-Unis, entre 800 et 900 millions de dollars sont perdus chaque vendredi 13 en raison d un nombre élevé de personnes qui refusent de sortir de chez elles ce jour là. Le 7 juillet 2007 (7/7/2007), le nombre de mariages célébrés aux États-Unis a été multiplié par plus de 3 par rapport à un samedi habituel de juillet. Les Jeux Olympiques de Pékin ont été lancés un 8 août 2008 à 8h00 du matin. Il est donc fondamental de connaître les ressorts psychologiques et les manifestations de la superstition pour construire des offres conformes aux superstitions locales. Une étude réalisée en 2009 par TNS auprès d un échantillon représentatif de 4234 individus en France montre que 58% des gens déclarent ne pas être superstitieux. À côté de cette majorité de sceptiques, on trouve 41% de superstitieux. Ce résultat amène deux commentaires. Le premier est que les superstitieux déclarés représentent tout de même une part non négligeable de la population et que ce résultat justifie à lui seul qu on s intéresse à ces individus. Le deuxième commentaire est lié aux limites de la mesure. Dans nos propres investigations auprès d individus, nous avons constaté que de nombreuses personnes se disent non superstitieuses alors qu elles ont en réalité au moins une pratique superstitieuse (un objet porte-bonheur, un rituel comme de ne pas marcher sur les lignes du trottoir ). Un examen plus attentif de l étude TNS Sofres suggère aussi que les mesures habituelles de la superstition (Jahoda, 1969 ; Mowen, Carlson, 2003) ne sont pas adaptées à la société française. Les échelles existantes mesurent la superstition comme l adhésion à des croyances collectives telles que «le vendredi 13 porte malheur», «croiser un chat noir porte malheur», «passer sous une échelle porte malheur» ou encore «briser un miroir porte malheur». Si le nombre de paraskevidekatriaphobiques (3) est très important aux États-Unis, c est un jour comme les autres pour 77% de la population française. De même, croiser un chat noir laisse 90% des répondants indifférents et être treize à table en laisse 82% indifférents. Les pratiques superstitieuses des 41% de français qui se déclaraient superstitieux en 2009 ne semblent pas relever des croyances populaires traditionnelles. Dès lors, une réflexion quant à la nature du construit et à sa mesure s est imposée à nous. Par ailleurs, il est évident que selon leur culture, les consommateurs ont des expériences superstitieuses bien différentes (Scheibe, Sarbin, 1965 ; Carlson, Mowen et Fang, 2009). Ceci limite d autant la portée des résultats des recherches sur ce construit au périmètre culturel dans lequel elles ont été conduites (Carlson, Mowen et Fang, 2009). Aucune recherche en marketing en France n ayant été menée sur le sujet, il nous a paru pertinent de nous y intéresser. En bref, les mesures de la superstition existantes ne sont pas satisfaisantes car elles sont culturellement ancrées (le plus souvent aux États-Unis) et car elles se proposent d identifier les consommateurs (3) Les phobiques du vendredi

3 La superstition : définition et mesure Eva Delacroix, Valérie Guillard superstitieux via l adhésion à des croyances populaires (Jahoda, 1969 ; Wiseman, Watt, 2004). Plus récemment, Carlson et al. (2009) ont tenté de mesurer le trait de superstition au travers d un réseau nomologique incluant antécédents et conséquences. Ces mêmes auteurs soulignent que le trait de superstition a différentes composantes qu il serait utile de connaître afin de voir les conséquences de chacune d elles sur le comportement du consommateur. Ces auteurs appellent donc à poursuivre les investigations sur ce déterminant personnel tant au niveau de sa conceptualisation et de sa mesure que de son impact. Comprendre les éléments constitutifs du trait de superstition dans un contexte français, le définir, le mesurer et voir son impact sur le comportement du consommateur sont les objectifs de cet article. Dans un premier temps, nous contribuerons à améliorer la définition de la superstition en distinguant ses différentes manifestations. Dans un second temps, nous proposerons et validerons une mesure de la superstition. Les procédures de validation seront l occasion de montrer l influence du trait de superstition dans des situations de consommation et de montrer les liens entre la superstition et d autres variables de la personnalité. LA SUPERSTITION ET LA PENSÉE MAGIQUE La superstition consiste à attribuer des effets porte-bonheur ou porte-malheur à des actes, événements, paroles, pensées ou objets, en ignorant les réels mécanismes de cause à effet. Il s agit donc de la perception erronée qu il existe un lien de causalité entre deux événements pourtant indépendants (par exemple, porter son médaillon porte-bonheur et réussir son examen de permis de conduire). Cette perception erronée porte un nom : la pensée magique (4). Pour Skinner (1948) et Wagner et Morris (1987), cette causalité erronée est acquise par conditionnement. La superstition naît d un lien accidentel entre un comportement et une réponse qui joue le rôle de renforcement (l obtention d une récompense ou l évitement d une punition). Par exemple, un étudiant constatera que le jour où il a oublié son stylo porte-bonheur, il a raté son examen. Ce lien accidentel le conduira à croire que son stylo l aide à réussir ses examens et à chaque examen réussi «grâce à son stylo», sa superstition sera renforcée. Pour Keinan (2002), la superstition joue un rôle cognitif en apportant des explications à des événements pour l heure inexplicables. Certaines superstitions encore actives aujourd hui sont nées de ce type de processus. Par exemple, les gens du Moyen-Âge croyaient que les corbeaux présageaient une mort prochaine alors que c est l odeur de la mort qui attire ces oiseaux et explique leur présence dans les circonstances funestes. De nombreuses superstitions populaires sont ainsi nées de l ignorance d explications plus rationnelles. Enfin, pour d autres auteurs (e.g. Malinowski, 1948 ; Vyse, 1997), les croyances superstitieuses donnent aux individus l illusion d exercer un contrôle sur leur environnement. La superstition se manifeste donc davantage dans les situations à fort enjeu et caractérisées par un degré élevé d incertitude et un faible niveau de contrôle (les compétitions sportives, les jeux d argent, la santé, etc.). La superstition permet alors de réduire l anxiété caractéristique de ces situations en donnant l illusion d agir sur leur issue. Les pensées magiques peuvent être très personnelles ou avoir un support social plus large et reposer sur un ensemble de représentations collectives (Malinowski, 1948). Certaines pratiques superstitieuses ont alors une signification socialement partagée et perdurent même si l origine, ancestrale, est totalement méconnue. Ce sont les croyances populaires avec leur cortège de trèfles à quatre feuilles, pattes de lapin, coccinelles, hululements de chouette, fers à cheval ou ciseaux en croix par exemple. Dès lors, on peut distinguer au moins deux formes de superstitions qui sont, d une part, les rituels idiosyncrasiques propres à chaque individu et à son histoire (avant de monter dans un avion, untel devra toucher trois fois la calandre de l appareil de la main droite puis se passer la main gauche dans les cheveux) et, d autre part, les croyances populaires ancrées culturellement et trouvant leur origine dans l inconscient collectif. Aucune des mesures existantes de la superstition ne permet de capter ces deux manifestations. L échelle de Jahoda (1969) ne s intéresse qu aux croyances collectives et la récente échelle de Carlson, Mowen et Fang (2009) ne permet (4) La pensée magique s oppose à la pensée mystique dont la matière première est la croyance en un destin ou en une force supérieure qui guiderait nos vies d Humains. Dans cet article, nous limitons la superstition aux croyances magiques, ce qui nous permet de la distinguer de la religion, de l astrologie ou autres formes de mysticisme. 31

4 A D E T E M pas de distinguer ces deux facettes de la superstition. LA SUPERSTITION MODERNE, UNE SEMI-CROYANCE Pensées superstitieuses et rationnelles agissent en tandem et conduisent à la notion de semi-croyance caractéristique de la superstition occidentale du 20 ème et 21 ème siècle. D après Campbell (1996), la superstition moderne diffère de la superstition primitive (5) par le fait que les superstitieux affirment ne pas croire vraiment aux conséquences positives de leurs rituels mais sont réticents à l idée d affirmer ne pas y croire. À des objections de nature rationnelle, le superstitieux ne cherche pas à répondre par la raison. Il répond le plus souvent que «ça ne coûte rien d essayer», qu «on ne sait jamais», que «c est une recette très ancienne, on dit bien qu elle est absurde, mais». Bref, tout se passe comme si les capacités d objection du superstitieux étaient en berne. Ainsi, on ne peut pas dire que le superstitieux moderne croit réellement en l existence des liens de causalité évoqués ci-dessus. On ne peut pas dire non plus qu il n y croie pas du tout. Cette ambivalence entre retrait et adhésion constitue ce que Campbell (1996) appelle la semi-croyance et permet de comprendre en quoi la superstition se distingue de la religion qui trouve ses fondements dans la foi ou de l astrologie à qui les adeptes prêtent le statut de science. La notion de semi-croyance implique qu il est préférable de mesurer la superstition au travers d items relatifs aux comportements (pratiques de rituels superstitieux) plutôt qu au travers d items de croyances auxquels les superstitieux ont du mal à répondre puisqu ils ne peuvent admettre ni y croire, ni ne pas y croire. TOUS SUPERSTITIEUX? Contrairement à l apparence rationnelle d une société moderne dominée par la science et la technologie, la superstition prospère comme un remède à l incertitude. Pour autant, sommes-nous tous superstitieux? L expérience superstitieuse a pour origine la pensée magique, une forme de pensée caractéristique de l enfance (Piaget, 1947) et qui se traduit par la toute puissance de la pensée. Le jeune enfant n a pas encore pris conscience de la différence entre lui et le reste du monde. Ceci le conduit à une confusion entre sa conscience interne et la réalité externe et l amène à attribuer aux associations mentales le pouvoir de causer des effets matériels. La pensée magique perdure dans certaines circonstances chez la plupart des adultes, même chez ceux dotés d une grande intelligence scientifique (Boy et Michelat, 1986). Pensée magique et pensée rationnelle coexistent chez l homme de telle sorte que la superstition serait dans la nature de l homme. Si presque tout le monde a recours à la pensée magique, tout le monde ne le fait pas à la même fréquence. Développée à l extrême, la pensée magique peut conduire aux désordres mentaux (Fishbein, 1930 ; Eckblad et Chapman, 1983 ; Epstein, 1991 ; Epstein et Meier, 1989), à l instar des personnes souffrant de TOC (troubles obsessionnels compulsifs). Dans cette forme pathologique de pensée magique (de par sa fréquence et la perte de liberté qu elle entraîne), les individus sont prisonniers de leurs croyances selon lesquelles certains rituels (se laver les mains par exemple) leur permettent d éviter un évènement nocif (la contamination ou la maladie). À l autre extrême, ne jamais utiliser la pensée magique peut aussi révéler un désordre mental. D après Peter Brugger, chef du département de neuropsychologie à l Université de Zurich (6), l absence de pensée magique révèle l inaptitude à expérimenter du plaisir et peut mener à la dépression. Brugger affirme aussi que la pensée magique accroît la créativité et diminue l anxiété inhérente aux situations incontrôlables. Entre ces deux extrêmes, on trouve des gens plus ou moins superstitieux. Quelques recherches se sont intéressées aux différences individuelles face à la superstition. Carlson et al. (2009) ont ainsi montré que les superstitieux ont un faible besoin d apprentissage. Keinan (1994) montre qu en situation de stress, les personnes intolérantes à l ambiguïté, utilisent davantage de pensée magique que les personnes tolérantes à l ambiguïté. Jahoda (1969) montre que la superstition est positivement corrélée au neuroticisme et que les personnes au locus de contrôle interne sont moins superstitieuses que les externes qui ont tendance à croire que les événe- (5) La superstition primitive qualifie les individus qui, par ignorance, croyaient en l existence d un lien entre deux phénomènes qui n avaient rien à voir. (6) Cité dans Psychology Today, March/April

5 La superstition : définition et mesure Eva Delacroix, Valérie Guillard ments sont dus au hasard ou à des causes incontrôlables autrement que par la pensée. Ces recherches, bien qu encore peu nombreuses, nous amènent à considérer la superstition comme un trait de personnalité à l instar de Mowen et Carlson (2003). En résumé, la littérature nous a montré que la superstition peut se manifester de façon personnelle ou relever de croyances populaires. La superstition se caractérise par un raisonnement que l on appelle pensée magique et qui touche tout le monde à des degrés divers. Ceci nous amènera à concevoir la superstition comme une variable individuelle stable de la personnalité. À la différence de la religion ou de l astrologie, la superstition n est pas une vraie croyance : elle est une ambivalence entre croyance et non-croyance. Ceci implique qu une bonne mesure de la superstition doit porter sur des pratiques et non pas sur des croyances. Concrètement, cela signifie par exemple que la formulation «j évite d être 13 à table» doit être préférée à la formulation «être 13 à table porte malheur». ÉTUDE 1 : DEVELOPPEMENT D UN INSTRUMENT DE MESURE Pour développer l échelle de superstition, nous nous sommes appuyés sur la théorie classique des scores (Spearman, 1907 ; Gulliksen, 1950 ; Magnussen, 1967 ; Churchill, 1979). Définition du domaine du construit et choix des items de l échelle Dans le but d améliorer notre compréhension des mécanismes de la superstition et d obtenir un panorama des pratiques superstitieuses en France nous avons conduit trois types d études exploratoires complémentaires. Dans un premier temps, nous avons demandé à 52 étudiants de premier cycle de décrire par écrit leurs pratiques destinées à attirer la chance ou éloigner la malchance, et d expliquer en quelles circonstances ces pratiques étaient utilisées. L objectif de cette première méthode était de recueillir un grand nombre de pratiques superstitieuses pour délimiter le contour de la superstition et en connaître les modalités. Pour pallier la non représentativité du premier échantillon et tenter de comprendre les mécanismes psychologiques en jeu, nous avons mené dix entretiens semi-directifs individuels d une durée approximative d une heure avec cinq hommes et cinq femmes d origine française et identifiés comme étant superstitieux par leur entourage. Enfin, parallèlement à ces entretiens individuels, une analyse de 111 posts repérés sur auféminin.com, doctissimo.com et skyrock.fr a été réalisée. Une analyse thématique a été menée sur ce corpus (Paillé et Mucchielli, 2005). Celle-ci a permis de repérer les expériences superstitieuses des individus en les répartissant dans des catégories conceptuelles issues de la littérature, à l exception d une catégorie nouvelle qui a émergé au cours de ces entretiens (les thèmes illustrés de verbatims et de posts figurent en annexe 1). Comme attendu par la littérature, les expériences superstitieuses peuvent se manifester soit par l adhésion à des croyances superstitieuses populaires («J ai pour principe d éviter les problèmes et de ne pas mettre un chapeau sur le lit, ouvrir un parapluie dans la maison, passer sous une échelle et plein d autres choses comme ça. Ça ne coûte rien de le faire et moi ça me rassure»), soit par des rituels idiosyncrasiques de pensée magique («Lorsque je regarde un match de foot de l OL, je mets un Teeshirt spécial qui porte chance, et tant qu on gagne, je ne le lave pas pour que ça continue de nous faire gagner»). La troisième catégorie qui a émergé de nos études exploratoires est celle du pessimisme superstitieux à savoir le fait de croire qu être trop optimiste quant à l issue des événements peut attirer le malheur («J ai bien réussi mon examen, mais je dis à tout le monde que j ai raté parce que j ai l impression que si je dis que j ai réussi, j aurai finalement une mauvaise note»). Le pessimisme superstitieux n a jamais fait l objet d une intégration dans le concept de superstition, alors même qu il en relève de façon évidente. Cette forme de pensée magique qui consiste à penser qu imaginer une issue négative aux événements permet de s en prémunir est particulièrement pertinente pour améliorer la compréhension du construit de superstition. En définitive, à l issue de la lecture de la littérature et de nos études exploratoires, nous proposons de définir le trait de superstition comme une variable stable de la personnalité qui consiste à penser, sans nécessairement y croire réellement, que certains événements, paroles, pensées, objets ou actes sont susceptibles de porter chance ou d attirer la malchance. Les superstitions peuvent se manifester sous trois formes qui sont 1) l adhésion à des croyances superstitieuses culturellement partagées ; 33

6 A D E T E M 2) la pratique de rituels idiosyncrasiques de pensée magique et 3) le recours au pessimisme superstitieux qui consiste à imaginer le pire pour éviter qu il n advienne. Le matériau qualitatif fut un formidable réservoir d items dans lequel nous avons puisé pour rédiger une liste de 45 items. Ces items ont été formulés pour mesurer la pratique superstitieuse et non pas la croyance : il est difficile pour le superstitieux de déclarer croire en sa superstition, de même qu il lui est difficile de dire ne pas y croire. Une première série d enquêtes auprès de deux échantillons d étudiants (n=119) et d adultes (n=215) (Guillard, Delacroix, 2009) nous l a confirmé. Ces premières études nous ont conduits à réduire la liste initiale d items en les formulant à un niveau d abstraction supérieur. En effet, pour pallier l hétérogénéité des croyances et des pratiques superstitieuses constatée lors de ces premières collectes de données et aboutir à des items discriminants, des reformulations nous ont paru indispensables. Concrètement, cela signifie que plutôt que d avoir plusieurs items spécifiques («j évite d ouvrir un parapluie dans une pièce fermée», «j évite de passer sous une échelle», «j évite d être treize à table») ne recueillant chacun que peu de variance dans les réponses (due à une écrasante majorité de réponses «pas du tout d accord»), nous avons privilégié des formules plus générales telles que «si je peux, j évite de faire certaines choses de peur que ça me porte la poisse (passer sous une échelle, ouvrir un parapluie dans une pièce fermée, être treize à table par exemple)». Enfin, avant d administrer les items à grande échelle, nous les avons prétestés auprès de quinze chercheurs en marketing, ce qui nous a conduit là encore à en reformuler certains. Épuration de l échelle multidimensionnelle de superstition (EMS) Une première collecte de données a été effectuée auprès d un échantillon de 197 étudiants en sciences de gestion. Nous avons opté pour un format de réponse de type Likert en sept échelons suivant ainsi les recommandations de Cox (1980). Une analyse factorielle exploratoire de type ACP a été réalisée et trois facteurs dont la valeur propre est supérieure à l unité ont été extraits. La structure factorielle explique 61% de la variance. Les facteurs obtenus correspondent aux dimensions attendues, à savoir 1) l adhésion à des superstitions partagées culturellement ; 2) la pratique de rituels superstitieux idiosyncrasiques et 3) le pessimisme superstitieux. À l exception d un item mal représenté sur la structure factorielle (l item «Lorsque l occasion se présente, il m arrive de faire des choses connues pour porter chance (lancer du riz sur les mariés, croiser les doigts par exemple)»), les contributions des items aux facteurs sont satisfaisantes (tableau 1). Certains items ont des communalités médiocres. Néanmoins, à ce stade de la recherche et compte tenu de la nonreprésentativité de l échantillon, nous avons préféré ne pas prendre de solution drastique et conserver tous les items. Une seconde collecte de données a été réalisée dans le but de s assurer de la structure factorielle en trois dimensions auprès d un échantillon davantage représentatif. Les items de superstition ont été administrés en ligne à un panel de 300 internautes respectant les quotas de la population française sur des critères d âge, de sexe et de CSP. Le questionnaire comprenait également des items visant à mettre en évidence la validité de l échelle. Une analyse factorielle sur les données obtenues a permis d extraire à nouveau trois dimensions dont la valeur propre était supérieure à l unité et expliquant 66% de la variance. L item «si c est possible, j évite certains chiffres, dates, lieux etc. qui me portent malheur» a été écarté du fait d une mauvaise qualité de représentation (inférieure à 0,5) qui s explique principalement par le mélange des genres entre les chiffres, les dates et les lieux porte-malheur. Il faut noter que cet item avait déjà une faible communalité lors de la première collecte de données sur des étudiants. Tous les autres items ont été conservés, malgré une saturation sur 2 dimensions pour l item «Si je peux, j évite de faire certaines choses de peur que ça me porte la poisse (passer sous une échelle, ouvrir un parapluie dans une pièce fermée, être treize à table par exemple)» qui nous parait pourtant important pour une mesure complète du construit. Une analyse factorielle de type ACP a été à nouveau réalisée sur les 14 items restants. La matrice des types indique que toutes les contributions sont désormais satisfaisantes (>0,5) et que les dimensions «croyances superstitieuses populaires» (CSP), «pessimisme superstitieux» (PS) et «rituels superstitieux idiosyncrasiques (RSI)» expliquent respectivement 45%, 12% et 9% de la variance. La structure factorielle est présentée dans 34

7 La superstition : définition et mesure Eva Delacroix, Valérie Guillard Tableau 1 Matrice des types de l échelle multidimensionnelle de la superstition (échantillon 1, n=197) Si c est possible, j évite certains chiffres, dates, lieux, etc qui me portent malheur Si je peux, j évite de faire certaines choses de peur que ça me porte la poisse (passer sous une échelle, ouvrir un parapluie dans une pièce fermée, être treize à table par exemple) Quand je suis dans des situations qui sont censées porter malheur (croiser un chat noir, briser un miroir, voir un corbeau noir, entendre le cri d une chouette) ça me perturbe J ai des porte-bonheur (un jour, une date, un objet, un chiffre, etc) Lorsqu un évènement est important pour moi, je ne peux pas m empêcher de faire des petits gestes connus pour attirer la chance ou repousser la malchance (croiser les doigts, toucher du bois ou ma tête par exemple). Quand je vois des porte-bonheur (trèfles à quatre feuilles, coccinelles, une étoile filante, un Saint Christophe par exemple), je me dis que ça va me porter chance Parfois je me lance des défis pour savoir si la chance est avec moi (par exemple, je lance une boulette de papier et si elle atteint la corbeille, je me dis que je vais avoir de la chance) Il arrive que je me lance des paris pour voir si la chance est avec moi Je cherche souvent des signes quand j ai envie d être rassuré(e) sur ce qui va m arriver (par exemple, si je croise au moins trois voitures rouges en me rendant au travail, je me dis que ça va être une bonne journée) J ai mes petites formules magiques pour me porter chance (par exemple, il faut que j arrive à toucher la rampe du premier étage avant d entendre le clac de la porte d entrée qui se referme) Lorsque l occasion se présente, il m arrive de faire des choses connues pour porter chance (lancer du riz sur les mariés, croiser les doigts par exemple) J évite de me réjouir d une bonne nouvelle avant d être complètement sur(e) qu elle se réalisera Quand je sens que les choses pourraient se dérouler comme je l espère, j éviter de crier victoire trop vite de peur qu elles ne se réalisent pas Je pense qu il vaut mieux être prudent et ne pas dire les choses avant qu elles arrivent, ça peut porter malheur J évite de fêter un évènement avant qu il ne se réalise (par exemple un anniversaire, une naissance, la réussite d un examen), on ne sait jamais ce qui peut arriver % de variance expliquée Alpha de Cronbach CSP (7) 0,797 0,791 0,709 0,672 0,610 0,591 0, ,82 RSI 0,865 0,850 0,766 0,610 0, ,82 PD 0,885 0,847 0,821 0, ,83 Qualité 0,62 0,68 0,61 0,46 0,45 0,58 0,76 0,66 0,65 0,55 0,46 0,72 0,74 0,76 0,5 (7) CSP=Croyances Superstitieuses Populaires ; RSI=Rituels Superstitieux Idiosyncrasiques ; PS=Pessimisme Superstitieux. 35

8 A D E T E M Tableau 2 Matrice des types de l échelle multidimensionnelle de la superstition (échantillon 2, n=300) Quand je vois des porte-bonheur (trèfles à quatre feuilles, coccinelles, une étoile filante, un Saint Christophe par exemple), je me dis que ça va me porter chance J ai des porte-bonheur (un jour, une date, un objet, un chiffre, etc) Lorsqu un évènement est important pour moi, je ne peux pas m empêcher de faire des petits gestes connus pour attirer la chance ou repousser la malchance (croiser les doigts, toucher du bois ou ma tête par exemple). Quand je suis dans des situations qui sont censées porter malheur (croiser un chat noir, briser un miroir, voir un corbeau noir, entendre le cri d une chouette) ça me perturbe Lorsque l occasion se présente, il m arrive de faire des choses connues pour porter chance (lancer du riz sur les mariés, croiser les doigts par exemple) Si je peux, j évite de faire certaines choses de peur que ça me porte la poisse (passer sous une échelle, ouvrir un parapluie dans une pièce fermée, être treize à table par exemple) J évite de me réjouir d une bonne nouvelle avant d être complètement sur(e) qu elle se réalisera Je pense qu il vaut mieux être prudent et ne pas dire les choses avant qu elles arrivent, ça peut porter malheur Quand je sens que les choses pourraient se dérouler comme je l espère, j éviter de crier victoire trop vite de peur qu elles ne se réalisent pas J évite de fêter un évènement avant qu il ne se réalise (par exemple un anniversaire, une naissance, la réussite d un examen), on ne jamais ce qui peut arriver Parfois je me lance des défis pour savoir si la chance est avec moi (par exemple, je lance une boulette de papier et si elle atteint la corbeille, je me dis que je vais avoir de la chance) Je cherche souvent des signes quand j ai envie d être rassuré(e) sur ce qui va m arriver (par exemple, si je croise au moins trois voitures rouges en me rendant au travail, je me dis que ça va être une bonne journée) Il arrive que je me lance des paris pour voir si la chance est avec moi J ai mes petites formules magiques pour me porter chance (par exemple, il faut que j arrive à toucher la rampe du premier étage avant d entendre le clac de la porte d entrée qui se referme) % de variance expliquée Alpha de Cronbach CSP (8) 0,806 0,804 0,780 0,694 0,658 0, ,87 PD 0,362 0,902 0,816 0,774 0, ,84 RSI 0,924 0,759 0,755 0, ,83 Qualité 0,73 0,55 0,7 0,57 0,61 0,58 0,74 0,77 0,71 0,56 0,73 0,7 0,68 0,61 (8) CSP=Croyances Superstitieuses Populaires ; RSI=Rituels Superstitieux Idiosyncrasiques ; PS=Pessimisme Superstitieux 36

9 La superstition : définition et mesure Eva Delacroix, Valérie Guillard le tableau 2. La cohérence interne de chacune des dimensions est satisfaisante avec des alphas de Cronbach supérieurs à 0,8. Confirmation de l échelle multidimensionnelle de superstition (EMS) Afin de confirmer la structure factorielle obtenue sur les deux premiers échantillons, une troisième collecte a été effectuée auprès d un nouvel échantillon de 392 individus représentatifs de la population française sur des critères d âge, de sexe et de CSP. Le questionnaire était administré en ligne. Il comprenait, en plus de l échelle multidimensionnelle de superstition (EMS), des items destinés à mesurer la validité de celle-ci. Une analyse en composantes principales a été effectuée sur les 14 items de l échelle de superstition et la structure factorielle a pu être répliquée. Les trois facteurs obtenus expliquent 68% de la variance et tous les items sont correctement représentés sur la structure factorielle. Les alphas de Cronbach calculés pour chaque dimension indiquent que celles-ci forment des dimensions homogènes. La structure factorielle obtenue est présentée dans le tableau 3. Les corrélations obtenues entre les 3 dimensions de la superstition sont élevées (elles varient entre 0,3 et 0,6). Ces corrélations élevées laissent penser à la présence d un construit d ordre supérieur : le trait général de superstition. Elles s expliquent par le fait que les trois manifestations de la superstition relèvent toutes du même type de raisonnement, la pensée magique. Toutefois, afin de vérifier la supériorité d une approche multidimensionnelle versus une approche unidimensionnelle, nous avons comparé sous AMOS un modèle unidimensionnel de la superstition avec notre modèle en trois dimensions. Les modèles testés sont représentés dans les figures 1A et 1B. Les paramètres du modèle ont été estimés par la méthode du maximum de vraisemblance. L analyse indique que les données sont mieux représentées par un modèle en trois dimensions que par un modèle unidimensionnel. Les paramètres estimés des modèles retenu et concurrent sont présentés dans le tableau 4. Ces résultats confirment à la fois la présence d une variable latente commune aux trois dimensions (le construit général de superstition) et la pertinence d une approche multidimensionnelle de ce construit. L échelle définitive comprend 14 items et est présentée, avec ses caractéristiques, dans les tableaux 5 et 6. On constate une bonne stabilité de la structure factorielle et des scores obtenus entre les trois échantillons de la recherche. ÉTUDE 2 : VALIDATION DE L ÉCHELLE MULTIDIMENSIONNELLE DE SUPERSTITION (EMS) L examen de la validité de l échelle permet de montrer que celle-ci mesure bien le construit étudié et que l échelle se comporte comme elle le devrait au regard d hypothèses issues de la littérature. Nous examinerons dans un premier temps la validité de construit de l échelle de superstition. Dans un second temps, nous étudierons sa validité nomologique. Examen de la validité de construit de l EMS Pour tester la validité de construit de l EMS, nous avons réalisé trois types de tests : le test de la stabilité du construit au sein d une population (fiabilité test-retest), le test de sa validité convergente par rapport à des échelles alternatives et le test de sa validité convergente et discriminante avec la méthode préconisée par Fornell et Larcker (1981) reposant sur les équations structurelles. Étude de la stabilité du construit de superstition : fiabilité test-retest Pour montrer que l échelle de superstition mesure un trait stable de la personnalité, nous l avons testée sur un échantillon d étudiants à deux semaines d intervalle (N=83 sur un échantillon initial de 132 lors du test ; 57% de femmes ; âge moyen : 24 ans). Nous nous sommes assurés que les répondants étaient les mêmes entre les deux collectes en leur demandant leurs dates de naissance, chiffres et couleurs préférés. Le coefficient de corrélation entre le test et le retest est très satisfaisant (r = 0,93). Ceci montre bien que nous capturons ici un déterminant stable de la personnalité. 37

10 A D E T E M Tableau 3 Matrice des types de l échelle multidimensionnelle de la superstition (échantillon 3, n=392) Quand je vois des porte-bonheur (trèfles à quatre feuilles, coccinelles, une étoile filante, un Saint Christophe par exemple), je me dis que ça va me porter chance J ai des porte-bonheur (un jour, une date, un objet, un chiffre, etc) Lorsqu un évènement est important pour moi, je ne peux pas m empêcher de faire des petits gestes connus pour attirer la chance ou repousser la malchance (croiser les doigts, toucher du bois ou ma tête par exemple). Quand je suis dans des situations qui sont censées porter malheur (croiser un chat noir, briser un miroir, voir un corbeau noir, entendre le cri d une chouette) ça me perturbe Lorsque l occasion se présente, il m arrive de faire des choses connues pour porter chance (lancer du riz sur les mariés, croiser les doigts par exemple) Si je peux, j évite de faire certaines choses de peur que ça me porte la poisse (passer sous une échelle, ouvrir un parapluie dans une pièce fermée, être treize à table par exemple) J évite de me réjouir d une bonne nouvelle avant d être complètement sur(e) qu elle se réalisera Je pense qu il vaut mieux être prudent et ne pas dire les choses avant qu elles arrivent, ça peut porter malheur Quand je sens que les choses pourraient se dérouler comme je l espère, j éviter de crier victoire trop vite de peur qu elles ne se réalisent pas J évite de fêter un évènement avant qu il ne se réalise (par exemple un anniversaire, une naissance, la réussite d un examen), on ne jamais ce qui peut arriver Parfois je me lance des défis pour savoir si la chance est avec moi (par exemple, je lance une boulette de papier et si elle atteint la corbeille, je me dis que je vais avoir de la chance) Je cherche souvent des signes quand j ai envie d être rassuré(e) sur ce qui va m arriver (par exemple, si je croise au moins trois voitures rouges en me rendant au travail, je me dis que ça va être une bonne journée) Il arrive que je me lance des paris pour voir si la chance est avec moi J ai mes petites formules magiques pour me porter chance (par exemple, il faut que j arrive à toucher la rampe du premier étage avant d entendre le clac de la porte d entrée qui se referme) % de variance expliquée Alpha de Cronbach CSP (9) 0,833 0,754 0,869 0,740 0,742 0,743 47% 0,822 PD 0,896 0,883 0,875 0,641 13% 0,856 RSI 0,880 0,791 0,818 0,810 8% 0,866 Qualité de représentation 0,729 0,569 0,691 0,606 0,615 0,609 0,755 0,792 0,785 0,525 0,725 0,749 0,695 0,706 (9) CSP=Croyances Superstitieuses Populaires ; RSI=Rituels Superstitieux Idiosyncrasiques ; PS=Pessimisme Superstitieux 38

11 La superstition : définition et mesure Eva Delacroix, Valérie Guillard Figure1A Échelle de superstition (approche multidimensionnelle) Voir porte-bonheur e1 Croyances superstitieuses populaires Avoir porte-bonheur Petits gestes chance Situation malheur e2 e3 e4 Choses porte-chance Choses porte-poisse e5 e6 Pessimisme superstitieux Évite réjouir avant Pas dire avant Évite crier victoire e7 e8 e9 Évite fêter avant e11 Lance des défis e12 Rituels superstitieux idiosyncrasiques Cherche des signes Lance des paris e13 e14 Formules magiques e15 Étude de la validité convergente de l EMS Pour tester la validité convergente de l échelle, nous avons traduit deux échelles existantes de superstition. L échelle de Jahoda (1969) mesure l adhésion à des croyances superstitieuses populaires. Elle comprend trois items qui forment une unique dimension expliquant 70% de la variance (alpha = 0,78). L échelle de Carlson et al. (2009) est une mesure générale de la superstition en sept items. Une ACP confirme que ces items forment une unique dimension expliquant 68% de la variance (alpha = 0,91). Les items des deux échelles utilisées pour tester la validité convergente de l échelle de superstition sont disponibles en annexe 2. L analyse des corrélations partielles entre les scores obtenus sur chacune des dimensions de l échelle de superstition et les scores obtenus aux échelles de Jahoda (1969), et Carlson et al. (2009) donne des résultats satisfaisants. Comme attendu, l échelle de Jahoda (1969) est fortement corrélée à la dimension «croyances superstitieuses populaires» de notre échelle de superstition (r=0,527 ; p<0,001). En revanche, 39

12 A D E T E M Figure1B Échelle de superstition (approche unidimensionnelle) Voir porte-bonheur e1 Avoir porte-bonheur e2 Petits gestes chance e3 Situation malheur e4 Choses porte-chance Choses porte-poisse e5 e6 Trait de superstition Évite réjouir avant e7 Pas dire avant e8 Évite crier victoire e9 Évite fêter avant e11 Lance des défis e12 Cherche des signes e13 Lance des paris e14 Formules magiques e15 l échelle de Jahoda n est que modérément voire pas du tout corrélée aux autres dimensions de notre échelle (r=0,151 ; p<0,05 pour la dimension «pessimisme superstitieux» et r=-0,023 ; ns pour la dimension «rituels superstitieux idiosyncrasiques»). L échelle de Carlson et al. (2009) est quant à elle corrélée significativement aux trois dimensions de l échelle (les coefficients de corrélation partielle sont respectivement de 0,549, 0,144 et 0,380 ; p<0,05). On constate que l échelle de Carlson et al. (2009) est davantage corrélée aux dimensions «croyances superstitieuses populaires» et «rituels idiosyncrasiques». Ceci parait cohérent au regard des items qui forment cette échelle. Ces résultats d analyse de validité convergente sont satisfaisants car ils permettent de montrer que l échelle multidimensionnelle de superstition (EMS) est corrélée positivement et significativement à des mesures alternatives. 40

13 La superstition : définition et mesure Eva Delacroix, Valérie Guillard Tableau 4 Indices d ajustement du modèle multidimensionnel et unidimensionnel Indices Seuil d ajustement Valeurs dans le modèle multidimensionnel Valeurs dans le modèle unidimensionnel Chi Deux/degrés de liberté GFI AGFI RMSEA CFI TLI Entre 1 et 5 > 0,9 > 0,9 < 0,08 > 0,95 > 0,95 3,59 0,903 0,898 0,08 0,928 0,911 7,89 0,598 0,570 0,178 0,591 0,643 Tableau 5 Échelle multidimensionnelle de la superstition (EMS) Quand je vois des porte-bonheur (trèfles à quatre feuilles, coccinelles, une étoile filante, un Saint Christophe par exemple), je me dis que ça va me porter chance J ai des porte-bonheur (un jour, une date, un objet, un chiffre, etc) Lorsqu un évènement est important pour moi, je ne peux pas m empêcher de faire des petits gestes connus pour attirer la chance ou repousser la malchance (croiser les doigts, toucher du bois ou ma tête par exemple). Quand je suis dans des situations qui sont censées porter malheur (croiser un chat noir, briser un miroir, voir un corbeau noir, entendre le cri d une chouette) ça me perturbe Lorsque l occasion se présente, il m arrive de faire des choses connues pour porter chance (lancer du riz sur les mariés, croiser les doigts par exemple) Si je peux, j évite de faire certaines choses de peur que ça me porte la poisse (passer sous une échelle, ouvrir un parapluie dans une pièce fermée, être treize à table par exemple) J évite de me réjouir d une bonne nouvelle avant d être complètement sur(e) qu elle se réalisera Je pense qu il vaut mieux être prudent et ne pas dire les choses avant qu elles arrivent, ça peut porter malheur Quand je sens que les choses pourraient se dérouler comme je l espère, j éviter de crier victoire trop vite de peur qu elles ne se réalisent pas J évite de fêter un évènement avant qu il ne se réalise (par exemple un anniversaire, une naissance, la réussite d un examen), on ne jamais ce qui peut arriver Parfois je me lance des défis pour savoir si la chance est avec moi (par exemple, je lance une boulette de papier et si elle atteint la corbeille, je me dis que je vais avoir de la chance) Je cherche souvent des signes quand j ai envie d être rassuré(e) sur ce qui va m arriver (par exemple, si je croise au moins trois voitures rouges en me rendant au travail, je me dis que ça va être une bonne journée) Il arrive que je me lance des paris pour voir si la chance est avec moi J ai mes petites formules magiques pour me porter chance (par exemple, il faut que j arrive à toucher la rampe du premier étage avant d entendre le clac de la porte d entrée qui se referme) Croyances superstitieuses populaires Pessimisme superstitieux Rituels superstitieux idiosyncrasiques 41

14 A D E T E M Tableau 6 Moyennes et écart-types de l échelle multidimensionnelle de superstition Score global Score croyances populaires Score pessimisme superstitieux Score rituels idiosyncrasiques Collecte 2 (n=300) Moyenne / écart-type 3,31 / 1,35 3,15 / 1,66 4,33 / 1, 68 2,53 / 1,53 Collecte 3 (n=392) Moyenne / écart-type 3,35 / 1,43 3,18 / 1,69 4,5 / 1,85 2,45 / 1,57 Tableau 7 Indicateurs de validité convergente et discrimante de l échelle EMS via les équations structurelles (N=692) Échelle multidimensionnelle de la superstition Pvc Carré des corrélations entre facteurs Rhô de Joreskog Croyances superstitieuses populaires 0,561 0,314 0,884 Rituels superstitieux idiosyncrasiques 0,627 0,393 0,869 Pessimisme superstitieux 0,620 0,384 0,867 Étude de la validité convergente et discriminante de l échelle multidimensionnelle de superstition (EMS) par la méthode de Fornell et Larcker (1981) L approche de Fornell et Larcker (1981) compare le pourcentage de variance qu une variable latente (la dimension «croyances superstitieuses populaires») partage avec ses items au pourcentage de variance qu elle partage avec d autres variables latentes (la dimension «pessimisme superstitieux» par exemple). Lorsque la variable latente (pvc) partage plus de 50% de sa variance avec ses items de mesure, on conclut à la validité convergente de la mesure. Lorsque le pourcentage de variance commune entre les trois variables latentes est inférieur au pourcentage de variance commune entre la variable latente et ses mesures (pvc), on conclut à la validité discriminante de la mesure. Le tableau 7 donne les coefficients de validité convergente et discriminante pour les deux principaux échantillons de notre recherche (n= 300 et n=392). pour les trois dimensions de l échelle. Ceci témoigne d une bonne validité convergente. Par ailleurs, la variance partagée entre chacune des dimensions et leurs mesures est toujours supérieure à la variance partagée avec les autres facteurs. Ceci reflète une bonne validité discriminante et confirme à nouveau la pertinence d une mesure en trois dimensions de la superstition. Examen de la validité nomologique de l échelle multidimensionnelle de la superstition L objectif des tests de validité nomologique est de vérifier que l échelle se comporte bien «comme elle le devrait» au regard de la théorie. Pour ce faire, nous avons testé deux groupes d hypothèses : des hypothèses relatives aux manifestations de la superstition dans des contextes variés et spécifiques à chacune des dimensions de l échelle et des hypothèses relatives aux liens entre superstition et trois variables de la personnalité. Sur les deux collectes, les coefficients de fiabilité de Fornell et Larcker (1981) sont supérieurs à 0,5 42

15 La superstition : définition et mesure Eva Delacroix, Valérie Guillard Test de la validité nomologique : les conséquences de la superstition Le questionnaire administré aux 300 panélistes comprenait 12 situations (10) issues de nos entretiens qualitatifs et décrivant des contextes dans lesquels la superstition avait eu un impact. Ces situations sont présentées dans l annexe 3. Un premier test de validité nomologique de l échelle de superstition a été de vérifier que les individus identifiés comme superstitieux grâce à notre échelle donnaient davantage de réponses superstitieuses aux différentes situations que les individus non superstitieux. Quatre groupes ont été créés sur la base des quartiles de la distribution du score global de superstition obtenu sur l ensemble des items de l échelle. Par ailleurs, pour chacune des 12 situations proposées, un recodage a été effectué de telle sorte que lorsque la réponse donnée était la réponse superstitieuse, la variable était codée 1. La variable était codée zéro dans le cas contraire. Le nombre de réponses superstitieuses (sur 12) était obtenu en sommant les réponses ainsi recodées. Le nombre moyen de réponses superstitieuses était de 5,26 sur 12. Une analyse de variance (ANOVA) a ensuite montré que le nombre de réponses superstitieuses était bien plus élevé chez les individus identifiés comme étant superstitieux (6,5 réponses superstitieuses) que chez les non superstitieux (3,5 réponses superstitieuses ; F(3, 317) = 26,738 ; p<0,0001). Une analyse plus détaillée, scénario par scénario, permet en outre de montrer la pertinence d une approche multidimensionnelle par rapport à une approche unidimensionnelle de la superstition. Nous nous attendions à ce que la dimension «croyances superstitieuses populaires» soit davantage corrélée avec le fait de bien aimer fêter Halloween, de bien aimer lire son horoscope, de jouer aux jeux de hasard et d éviter de se marier un vendredi 13. L analyse des corrélations partielles confirme que seule cette dimension est corrélée significativement à la fête d Halloween (0,14 ; p<0,05), à la lecture de l horoscope (r=0,3 ; p<0,001) et à la pratique des jeux de hasard (r=0,17 ; p<0,005). Par ailleurs, 13% des personnes ayant un score élevé sur la dimension «croyances superstitieuses populaires» éviteraient de se marier un vendredi 13 contre seulement 2,7% des personnes ayant un faible score sur cette dimension (Khi2(3) = 7,976 ; p<0,05). Les autres dimensions de la superstition n influencent pas la décision de se marier un vendredi 13. Pour la dimension «pessimisme superstitieux», nous nous attendions à un lien avec la réticence à acheter des vêtements pour bébé avant la naissance de celui-ci et le fait de refuser de se faire prendre en photo en tenue de mariage avant la date de celui-ci. 45,3% des personnes ayant un score élevé sur cette dimension (dernier quartile de l échelle) n achèteraient pas un vêtement pour leur futur bébé au début de la grossesse, contre 27,5% de ceux ayant un faible score de pessimisme superstitieux (premier quartile de l échelle) (khi2(18) = 28,848 ; p<0,05). Les différences observées ne sont pas significatives pour les autres dimensions de l échelle. Le fait d éviter de se faire photographier en tenue de mariage avant la date de celui-ci implique quant à lui les dimensions «pessimisme superstitieux» et «croyances superstitieuses populaires». Ceci n est pas surprenant puisque, d une part, la tradition populaire veut que le marié ne voit pas sa femme en robe de mariée avant le mariage et que, d autre part, faire ses photos de mariage avant celui-ci revient d une certaine façon à se réjouir «trop vite» et dans la logique du pessimiste superstitieux, pourrait porter malheur. On constate donc que 66% des personnes ayant un score élevé sur la dimension des «croyances superstitieuses populaires» contre 25% des personnes ayant un faible score sur ce même facteur refuseraient de se faire photographier avant leur mariage (khi2(3) = 25,849 ; p<0,001). On constate aussi que 73% des personnes ayant un score élevé de pessimisme superstitieux (contre 31% de ceux qui ont un faible score de pessimisme superstitieux) refuseraient également cette possibilité de faire les photos du mariage avant celui-ci (khi2(3) = 31,054 ; p<0,001). Comme attendu, les résultats sont plus mitigés pour la troisième dimension relative aux rituels idiosyncrasiques de superstition et n atteignent pas le seuil de significativité de 5% (khi2(3) = 7,105 ; p>0,05). (10) L un des scénarios décrivait le choix de la date du 11 septembre pour effectuer un trajet Paris New York en avion. Seules 9 personnes sur les 300 personnes interrogées ont déclaré vouloir éviter à tout prix cette date. Les effectifs obtenus étant trop faibles, nous ne traiterons pas ce scénario. Il semblerait que le 11 septembre ne soit pas considéré comme une date porte-malheur dans l inconscient populaire. 43

16 A D E T E M Enfin, en ce qui concerne la dimension «rituels superstitieux idiosyncrasiques» de l échelle de superstition, nous nous attendions à ce qu elle soit liée au fait d adopter un rituel lors d un match de football (le port d une couleur porte-bonheur par exemple). Comme attendu, les personnes ayant un score élevé sur cette dimension des rituels superstitieux sont plus nombreuses à porter la couleur porte-bonheur de l équipe que les personnes ayant un faible score (32% contre 20% ; khi2(3) = 7,9 ; p<0,05). Il faut toutefois noter que la dimension «croyances superstitieuses populaires» influence également les comportements dans cette situation : 21% des personnes ayant un score élevé sur cette dimension choisiraient la couleur verte (couleur porte chance dans notre scénario) contre 15% des personnes ayant un score faible (khi2(3) = 9,93 ; p<0,05). Par contre, la dimension «pessimisme superstitieux» n influence nullement l adoption d un tel comportement (khi2(3) = 5,190 ; ns). Nous nous attendions aussi à ce que la dimension rituels idiosyncrasiques soit la plus fortement liée à des items relatifs à la santé. En effet, la littérature sur la pensée magique montre que celle-ci influence des domaines touchant à la santé (Gosselin et al., 2003) ou les nouvelles technologies (Mowen, Carlson, 2003). Les corrélations partielles montrent en effet que la dimension «rituels idiosyncrasiques» est modérément mais significativement corrélée à certains items liés à la santé et, notamment, à la crainte des ondes (r=0,138 ; p<0,05), à la nécessité de porter une oreillette en téléphonant (r=0,143 ; p<0,05) et au refus du médicament générique (r=0,221 ; p<0,001). Les autres dimensions ne sont pas significativement corrélées à ces items. Enfin, nos résultats montrent que les personnes ayant un score élevé sur la dimension «rituels superstitieux idiosyncrasiques» seraient 18% (contre 8% chez les personnes ayant un score faible sur ce facteur) à hésiter à faire un test de dépistage de peur que le simple fait de faire le test n attire la maladie (khi2(2) = 8,281 ; p<0,05). Un tel schéma de pensée se retrouve pour les autres dimensions de l échelle de superstition, mais les différences observées n atteignent pas le seuil de significativité (respectivement, khi2(6) = 12,297 ; p>0,05 pour les croyances superstitieuses et khi2(6) = 11,331 ; p>0,05 pour le pessimisme superstitieux). Pour conclure, on peut dire que le fait que les personnes identifiées comme superstitieuses grâce à notre échelle aient donné un plus grand nombre de réponses superstitieuses que les personnes identifiées comme non superstitieuses est un bon indice de la validité nomologique de la mesure. Par ailleurs, cette analyse montre aussi la pertinence d une échelle multidimensionnelle puisque, selon les contextes, c est l une ou l autre des dimensions de la superstition qui est en jeu. Ces résultats d analyse de validité nomologique donnent une bonne indication des secteurs d activité concernés par la superstition : les activités économiques autour d événements majeurs de la vie (naissance, mariage), la santé, le sport, les pratiques parallèles (astrologie, Halloween) et le secteur des jeux de hasard. Nous constatons que les points communs entre ces secteurs (auxquels il faut ajouter le transport aérien) sont le risque, l incertitude et l importance des enjeux, ce qui est cohérent avec la littérature (Malinowski, 1948 ; Vyse, 1997). Test de la validité nomologique : liens entre la superstition et des variables de la personnalité La littérature sur la superstition nous a permis de tester les hypothèses suivantes. La superstition serait positivement corrélée au fait de croire que les événements de la vie ne sont pas contrôlables (locus de contrôle externe). La superstition serait une réponse à l incertitude et concernerait donc particulièrement les gens ayant une forte intolérance à l incertitude. Enfin, la superstition est une manifestation d anxiété et devrait donc être positivement liée au neuroticisme. Des mesures de locus de contrôle (Rotter, 1966), d intolérance à l incertitude (Dugas, Freeston et Ladouceur, 1997) et de neuroticisme (Plaisant et al., 2009) ont été collectées lors de notre troisième collecte de données (n=392). Des versions françaises de ces échelles étaient disponibles et les résultats montrent que les structures factorielles de ces différentes échelles sont respectées. Les items de ces échelles sont disponibles dans l annexe 2. Nous avons donc calculé pour chacune d entre elles un score global que nous avons corrélé avec le score global de notre échelle de superstition et avec les scores obtenus sur chacune des dimensions de l EMS. Toutes les corrélations obtenues sont significatives. L intolérance à l incertitude et la superstition sont positivement liées (r=0,557 ; p<0,001). Ce résultat confirme les théories selon lesquelles la superstition est une réponse à l incertitude (Vyse, 1997). Par ailleurs, le locus de contrôle externe est, lui aussi, fortement corrélé à la superstition (r=0,571 ; p<0,001). À nouveau, ce résultat confirme la théorie 44

17 La superstition : définition et mesure Eva Delacroix, Valérie Guillard selon laquelle la superstition apparaît dans les situations à fort enjeu que l on pense ne pas pouvoir influencer par des actions qui permettraient d augmenter les chances d une issue positive (Jahoda, 1969). Enfin, la superstition est une manifestation d anxiété (Jahoda, 1969) qui se traduit naturellement par des scores élevés de neuroticisme (r=0,355 ; p<0,001). DISCUSSION, LIMITES ET VOIES DE RECHERCHE Notre mesure de la superstition présente des qualités psychométriques satisfaisantes. Nos analyses montrent que l échelle présente 1) une structure en trois dimensions quel que soit l échantillon ; 2) des scores stables dans le temps au sein d une même population (test-retest) ; 3) une bonne cohérence interne (alpha de Cronbach et Rhô de Joreskog satisfaisants). L échelle a également montré une bonne validité convergente et discriminante. Enfin, notre échelle présente une validité nomologique satisfaisante puisqu une grande majorité des hypothèses testées issues de la littérature a été validée. La dimension «croyances superstitieuses populaires» est liée à des pratiques culturellement partagées telles que certains rites autour du mariage, ou encore la pratique de l astrologie et de la fête d Halloween. La dimension «pessimisme superstitieux» est liée au fait de ne pas acheter de vêtements de bébé avant la naissance de celui-ci. Enfin, la dimension «rituels idiosyncrasiques» influence différents domaines tels que le sport ou la santé. Par ailleurs, nous avons montré que la superstition était corrélée au locus de contrôle externe, à l intolérance à l incertitude et au neuroticisme. D un point de vue théorique, cet article contribue à enrichir les travaux qui se sont intéressés à la superstition du consommateur (Kramer, Block, 2008 ; Mowen, Carlson, 2003 ; Carlson et al., 2009). Ces travaux souffraient en effet d un manque de définition du construit et, par voie de conséquence, d un manque d une mesure fiable qui embrassait l ensemble des manifestations de la superstition (Carlson et al. 2009). Une des dimensions identifiées, le pessimisme superstitieux, constitue une réelle contribution dans la mesure où il n avait jamais été intégré au construit de superstition. Nous avons relevé dans la littérature en psychologie un concept proche : le pessimisme défensif (Gosselin et al., 2003 ; Sanna, 1996). D après ce construit, le pessimisme sert différentes fonctions : une fonction motivationnelle (J imagine le pire pour trouver la force d agir et de me prémunir grâce à mes actes d une situation défavorable), une fonction émotionnelle (J imagine le pire pour mieux m y préparer en cas d échec) et une fonction magique (J imagine le pire car mes inquiétudes permettent de repousser le malheur). Une étude plus approfondie des liens entre pessimisme défensif et pessimisme superstitieux parait prometteuse pour améliorer la compréhension des deux construits. D un point de vue méthodologique, cette recherche et les différentes collectes de données effectuées ont permis de bien comprendre que le développement d un instrument de mesure valide ne pouvait se faire qu à la condition d avoir un degré d abstraction suffisamment large pour englober toutes les superstitions locales et souvent loufoques. Nous avons trouvé une solution qui palliait ce problème en ayant recours à des énoncés plus généraux (par exemple, «j ai des objets porte-bonheur (chiffres, dates, objets matériels )» ce qui remet en cause le contenu des échelles existantes (Jahoda, 1969) circonscrites, certes à une culture (États-Unis), mais surtout à un échantillon particulier. D un point de vue managérial, cet article fournit au marketeur et aux entreprises un outil fiable et valide du trait de superstition. Ces dernières pourront l administrer à leurs clients afin de ne pas organiser des évènements contraires à leurs superstitions. On peut donner ici l exemple de l entreprise DPAM (Du Pareil Au Même) qui cherchait un outil, assis sur une base conceptuelle solide, pour sélectionner des clientes qui seraient susceptibles de pratiquer le Baby Shower (11) et celles qui rechigneraient à le faire. Nous avons vu que le trait de superstition (du moins la dimension pessimisme superstitieux) pouvait expliquer ce refus puisque les client(e)s qui le manifestent n achèteraient probablement pas de vêtements de bébé avant la naissance. L instrument (11) L un des scénarios décrivait le choix de la date du 11 septembre pour effectuer un trajet Paris New York en avion. Seules 9 personnes sur les 300 personnes interrogées ont déclaré vouloir éviter à tout prix cette date. Les effectifs obtenus étant trop faibles, nous ne traiterons pas ce scénario. Il semblerait que le 11 septembre ne soit pas considéré comme une date porte-malheur dans l inconscient populaire. 45

18 A D E T E M développé et les résultats de cette recherche devraient intéresser des entreprises appartenant à différents secteurs d activité tels que le transport, les jeux, la santé, ceux qui gravitent autour d événements majeurs de la vie (mariage, naissance) et, d une façon générale, les secteurs d activité pour lesquels le risque est élevé, l incertitude est forte et le contrôle sur l issue est faible. À ce titre, on peut noter qu une voie de recherche prometteuse concerne les secteurs de l assurance, des placements financiers et des pompes funèbres. En dépit du soin apporté à chacune des phases de la recherche, il n en demeure pas moins que certaines limites méritent d être soulignées. Une première limite vient de nos échantillons. Le premier échantillon est constitué d étudiants, ce qui est une limite évidente, surtout pour un construit tel que la superstition. Il faut toutefois préciser que sur les deux échantillons d adultes, l âge n avait aucune influence sur la superstition, ce qui atténue quelque peu cette limite. Par ailleurs, les deux échantillons d adultes étaient représentatifs sur la base de l âge, du sexe et de la CSP. Les répondants provenaient également de différentes régions françaises. Nous n avons néanmoins pas d indication sur leurs origines culturelles et religieuses. Il est bien entendu évident que ces aspects influencent les réponses. Dans une prochaine étape, nous souhaiterions valider la mesure sur des échantillons plus larges, plus représentatifs tant au niveau national qu international. Une seconde limite provient de la démarche de validation de l échelle. Même si nous pensons que suffisamment d éléments permettent de conclure à la validité de l échelle multidimensionnelle de superstition, des analyses complémentaires auraient pu être menées. D une part, il aurait été intéressant de tester la validité convergente de la dimension «pessimisme superstitieux» avec une mesure alternative. D autre part, des tests corrélationnels de validité discriminante auraient permis de compléter l analyse. Avec ces éléments, nous aurions pu proposer une matrice MTMM (Campbell, Fiske, 1959), qui reste une référence des analyses de validité de construit. Une troisième limite est liée au caractère incomplet du profil psychologique des superstitieux. Nous avons testé les liens entre superstition et trois variables de la personnalité qui sont le locus de contrôle externe, l intolérance à l égard de l incertitude et le neuroticisme. Une voie de recherche prometteuse serait de compléter ces analyses avec d autres variables de la personnalité telles que l intolérance à l ambiguïté, le besoin de contrôle, le mysticisme et le besoin de croire. Dès lors que nous disposons d une mesure fiable et valide de la superstition, nous pouvons envisager de développer et tester un modèle général de superstition du consommateur. Ce projet constitue une voie de recherche majeure puisque, au-delà du trait de superstition, il convient d étudier les effets des caractéristiques superstitieuses des situations (par exemple la présence d un trèfle à 4 feuilles sur un packaging) et de leurs interactions avec le trait de superstition sur plusieurs variables dépendantes : 1) la préférence pour l option qui respecte la superstition ; 2) le degré de satisfaction du produit ou du service ; 3) l intensité éventuelle du regret. En effet, d après la recherche de Kramer et Block (2008), le choix pour une option porte-bonheur contribuerait à élever le niveau des attentes et à accroître en conséquence l insatisfaction en cas d échec. La recherche de Kramer et Block ayant porté sur un échantillon de taiwanais nous semble devoir faire l objet d une réplication dans un contexte culturel occidental. Par ailleurs, s interroger sur les caractéristiques individuelles (trait de superstition) et situationnelles (degré d incertitude, de risque et de contrôle) qui favorisent l apparition d un tel phénomène nous semble constituer un prolongement majeur de notre recherche. Au-delà du niveau de satisfaction, les liens entre superstition et anticipation du niveau de regret méritent d être explorés. Comme le soulignent Kahneman et Miller (1986), le respect des superstitions sert un objectif émotionnel. Certaines personnes respectent les superstitions, non pas par croyance, mais parce qu elles anticipent que le regret éprouvé en cas d échec sera moins élevé que si elles n avaient pas respecté la superstition en jeu. Ainsi, le choix d une option porte-bonheur (par exemple jouer ses chiffres porte-bonheur au loto) entraîne, en cas d échec, une insatisfaction plus élevée mais un regret moins intense. Le test d un modèle général de superstition en marketing nous semble prometteur. 46

19 La superstition : définition et mesure Eva Delacroix, Valérie Guillard CONCLUSION Cette recherche a permis de clarifier le construit de superstition, de le définir et de le préciser en montrant qu il comprend trois facettes corrélées mais distinctes qui sont l adhésion à des croyances superstitieuses populaires, le pessimisme superstitieux et la pratique de rituels superstitieux idiosyncrasiques. Grâce à notre outil de mesure, il est désormais possible de distinguer les individus sur la base de ces trois facettes de la superstition. L intérêt d un construit et de sa mesure réside dans l usage qui peut en être fait par les praticiens du marketing. Si notre échelle comprenant 14 items peut paraître relativement longue pour remplir un tel objectif, il convient d en préciser les deux principaux atouts : 1) utilisée dans son ensemble, elle permet une compréhension plus fine des différentes manifestations de superstition et 2) chacune des dimensions peut être utilisée de façon isolée selon les objectifs recherchés par le praticien. Ainsi, le caractère opérationnel de l échelle est avéré puisque aucune des dimensions ne comporte plus de 6 items. Notre recherche a également permis de montrer l intérêt de l échelle de la superstition en marketing puisque chacune des facettes de la superstition influence des décisions de consommation dans différents secteurs d activité. Les résultats de cette recherche, et ses prolongements, devraient pouvoir permettre aux praticiens du marketing de construire des offres qui respectent les formes modernes de superstition. Cela concerne bien sûr le choix des caractéristiques des produits (par exemple la présence d un écusson ou d un nom porte-bonheur), mais aussi et surtout les opérations commerciales et publicitaires. Au-delà des fêtes d Halloween ou de l opportunité de lancer la mode des «baby showers», n y a-t-il pas de la place pour des opérations commerciales à des dates porte-bonheur (à l instar du 07/07/2007 ou du 08/08/2008)? Certains secteurs non marchands sont aussi concernés par la superstition. C est le cas du secteur de la santé. Nous avons montré que 18% des superstitieux n iraient pas faire de test de dépistage de crainte d attirer ainsi la maladie. Ce résultat mérite d être pris en compte dans les campagnes de prévention. Les messages de prévention s appuyant sur des arguments rationnels risquent fort de ne pas convaincre cette partie non négligeable de la population, voire même encourager à ne pas faire les tests de dépistage si le message est trop anxiogène. 47

20 A D E T E M ANNEXE 1 THÈMES EXTRAITS DU MATÉRIAU QUALITATIF ILLUSTRÉS PAR DES VERBATIMS Thèmes Superstitions populaires Pessimisme superstitieux Rituels superstitieux idiosyncrasiques Verbatims «je sais bien que passer sous une échelle ou un échafaudage, ce n est pas ça qui va faire que je vais avoir de la chance ou non mais je ne le fais pas, je la contourne, bon mais là c est peut être parce que j ai peur que ça me tombe sur la tête mais et même si c était le cas, et bien, j y verrais de toute façon un signe de mauvais augure. C est comme les coccinelles, quand il y en a une qui se pose sur mon bras, et bien, j aime bien, ça me fait quelque chose, c est dur à expliquer mais j aime bien. Autre exemple, pour mes fiançailles, on devait être 13 à table, j avais invité que ma famille proche et bien, j ai invité la mère de mon beau-frère parce que je l aime bien mais en plus ça faisait 14, ça tombait mieux» «moi le chat noir, ça ne me fait rien, par contre j ai horreur quand quelqu un ouvre son parapluie dans la maison, ça me gêne, je n aime pas. C est comme quand l année dernière, j ai laissé tomber le miroir de la salle de bain alors que je lui donnait un coup de chiffon, ça m a rendu «toute chose» et dès qu il m arrivait un truc négatif, parce exemple, je m étais faite une entorse, et bien je pensais à l épisode du miroir» «pour le mariage de ma cousine, j étais mal à l aise pour elle parce que personne, à la sortie de l église, n a jeté de riz, un oubli je ne sais pas ou alors la personne n y a pas pensé moi j y aurais tout de suite et malgré moi vu un signe, si j avais été à sa place, cela m aurait complètement gâché ma soirée» «pour mon voyage en Inde, j avais posé une option sur mes billets d avion, et un jour, en me promenant, j avais vu dans une librairie qu ils faisaient 20% de remise sur les guides touristiques. C était l occasion d acheter celui sur l Inde parce que je n en avais pas mais je ne l ai pas fait, je me disais, ça va me porter la poisse de l acheter avant, il suffit que je l achète pour que je n y aille pas» «je suis enceinte de 5 mois, j attends des jumeaux donc il faudrait vraiment que je commence à m équiper. Mais je ne peux pas, je vais attendre les tous derniers jours de la grossesse pour acheter quoi que ce soit. J ai trop peur que ça attire le malheur» «quand je fais des enchères sur Ebay, et si c est un objet que je convoite vraiment, je n en parle à personne. J ai l impression que si je dis à tout le monde que je suis sur un bon plan, et bien ça va m empêcher de remporter l enchère au bout du compte. Alors je ne dis rien, même pas à mon mari» «tous les matins, je précède ou succède mon boulanger au bureau de tabac pour acheter le journal, et bien, quand j ai des trucs importants, c est ridicule, mais souvent, je me dis, si je suis là avant lui, ça sera une bonne journée, sinon, et en plus, je ne pars pas plus tôt, je ne force pas les choses, en fait, quand c est positif, je crois que j y crois mais quand ça ne l est pas, j essaie d oublier, c est comme l horoscope, je suis persuadé que si on peut le lire, on le fait, quand c est bien, ça me met du baume au cœur et quand c est moche, je zappe» «quand je regarde un match de foot de l OL, je mets un T-shirt spécial qui porte chance et tant qu on gagne, je ne le lave pas pour que ça continue de nous faire gagner» «comme j ai super peur de l avion, il me faut tout un rituel avant. D abord, je fais des petites prières. Bon, je ne crois pas en Dieu, donc c est pas un truc religieux. Mais c est vraiment pour mettre toutes les chances de mon côté. Ensuite, avant de partir, je dois faire 3 bonnes actions autour de moi pour que le Destin me protège. Et en général, sur le chemin qui mène à l aéroport, je cherche des signes du genre si je croise 3 voitures rouges, c est que tout ira bien» 48

4720.5560.46 (septembre 2009) 30 %

4720.5560.46 (septembre 2009) 30 % 4720.5560.46 (septembre 2009) 30 % Prévenir le jeu excessif chez les adolescents C est toujours gagnant! Pourquoi ce dépliant? [ ] Le rôle des parents est déterminant dans la prévention du jeu excessif

Plus en détail

MODULE 5 Rôle de l équipe soignante dans l information du patient

MODULE 5 Rôle de l équipe soignante dans l information du patient MODULE 5 Rôle de l équipe soignante dans l information du patient Catherine Tourette-Turgis Maître de conférences en sciences de l éducation Responsable du master en éducation thérapeutique à l université

Plus en détail

9.11 Les jeux de hasard et d argent

9.11 Les jeux de hasard et d argent 9.11 Les jeux de hasard et d argent Maud Pousset, Marie-Line Tovar 288 Les jeux de hasard et d argent (JHA) constituent une activité ancienne et répandue, mais longtemps interdite. Leur offre s est étoffée,

Plus en détail

«Ne laissons pas le psoriasis s installer entre nous» Psoriasis : état des lieux des connaissances et représentations des Français

«Ne laissons pas le psoriasis s installer entre nous» Psoriasis : état des lieux des connaissances et représentations des Français «Ne laissons pas le psoriasis s installer entre nous» Psoriasis : état des lieux des connaissances et représentations des Français Résultats de l étude Enquête Ipsos - Juillet 011 Etude élaborée dans le

Plus en détail

Relation entre deux variables : estimation de la corrélation linéaire

Relation entre deux variables : estimation de la corrélation linéaire CHAPITRE 3 Relation entre deux variables : estimation de la corrélation linéaire Parmi les analyses statistiques descriptives, l une d entre elles est particulièrement utilisée pour mettre en évidence

Plus en détail

L analyse d entretiens de recherche qualitatifs

L analyse d entretiens de recherche qualitatifs L analyse d entretiens de recherche qualitatifs Annie Gendron, M.Ps. Candidate au doctorat en psychologie, UQTR Natacha Brunelle, Ph.D. Professeure au département de psychoéducation, UQTR 19 mars 2010

Plus en détail

Profils COMPÉTENCE D IDENTITÉ PERSONNELLE ET CULTURELLE POSITIVE ÉBAUCHE. ébauche ébauche ébauche ébauche ébauche ébauche

Profils COMPÉTENCE D IDENTITÉ PERSONNELLE ET CULTURELLE POSITIVE ÉBAUCHE. ébauche ébauche ébauche ébauche ébauche ébauche Profils COMPÉTENCE D IDENTITÉ PERSONNELLE ET CULTURELLE POSITIVE ÉBAUCHE ébauche ébauche ébauche ébauche ébauche ébauche Profils COMPÉTENCE D IDENTITÉ PERSONNELLE ET CULTURELLE POSITIVE APERÇU Pour avoir

Plus en détail

Critères de Choix d une Echelle de Qualité De Vie. Etudes cliniques dans l autisme. Introduction

Critères de Choix d une Echelle de Qualité De Vie. Etudes cliniques dans l autisme. Introduction Critères de Choix d une Echelle de Qualité De Vie Etudes cliniques dans l autisme Marie-Christine Picot Congrès Epsylon 5 avril 2013 Introduction Mesurer la Qualité de Vie liée à la Santé : Evaluer les

Plus en détail

Item 169 : Évaluation thérapeutique et niveau de preuve

Item 169 : Évaluation thérapeutique et niveau de preuve Item 169 : Évaluation thérapeutique et niveau de preuve COFER, Collège Français des Enseignants en Rhumatologie Date de création du document 2010-2011 Table des matières ENC :...3 SPECIFIQUE :...3 I Différentes

Plus en détail

Enquête APM sur le Gouvernement d entreprise dans les PME-PMI : quelques résultats et commentaires

Enquête APM sur le Gouvernement d entreprise dans les PME-PMI : quelques résultats et commentaires Enquête APM sur le Gouvernement d entreprise dans les PME-PMI : quelques résultats et commentaires Pierre-Yves GOMEZ Professeur EMLYON Directeur de l Institut Français de Gouvernement des Entreprises (IFGE)

Plus en détail

d évaluation Objectifs Processus d élaboration

d évaluation Objectifs Processus d élaboration Présentation du Programme pancanadien d évaluation Le Programme pancanadien d évaluation (PPCE) représente le plus récent engagement du Conseil des ministres de l Éducation du Canada (CMEC) pour renseigner

Plus en détail

Chap 5 : Renforcer l efficacité relationnelle

Chap 5 : Renforcer l efficacité relationnelle Chap 5 : Renforcer l efficacité relationnelle I. Communiquer avec efficacité A. Intégrer les processus d influence sociale 1. La personnalité Les métaprogrammes sont les traits de personnalité qui, gravés

Plus en détail

Etude exploratoire sur les attitudes envers l ambush marketing.

Etude exploratoire sur les attitudes envers l ambush marketing. Session 11-48 Etude exploratoire sur les attitudes envers l ambush marketing. Corinne Berneman Anthony Carfantan ESC Saint-Etienne 51-53 Cours Fauriel, BP 29 42009 Saint-Etienne, Cedex 2 corinne_berneman@esc-saint-etienne.fr

Plus en détail

Table des matières. PREMIÈRE PARTIE Étapes initiales des études marketing 7

Table des matières. PREMIÈRE PARTIE Étapes initiales des études marketing 7 Table des matières Préface Public 1 Structure de l ouvrage 1 Caractéristiques de l ouvrage 3 Contenu 3 Pédagogie 4 Remarques sur l adaptation française 4 Ressources numériques 5 Biographie 6 PREMIÈRE PARTIE

Plus en détail

Enquête commandée par le Jeune Théâtre National Réalisée par l institut de sondages ISL Analyse réalisée en collaboration avec le CESTA (EHESS-CNRS)

Enquête commandée par le Jeune Théâtre National Réalisée par l institut de sondages ISL Analyse réalisée en collaboration avec le CESTA (EHESS-CNRS) Analyse de l enquête sur le devenir professionnel des artistes issus des écoles supérieures d art dramatique signataires de la plateforme de l enseignement supérieur pour la formation du comédien Enquête

Plus en détail

ETUDES MARKETING ET OPINION CROSS-

ETUDES MARKETING ET OPINION CROSS- Novembre 2013 PROJET M1 COLLECTIF ETUDES MARKETING ET OPINION CROSS- CULTURELLES EXEMPLE D UNE ETUDE CROSS-CULTURELLE SUR LE THE RESUME DU MEMOIRE TROPHEE SYNTEC 2013 Catégorie : Master 1 collectif Participantes

Plus en détail

L intolérance à l incertitude et le trouble d anxiété généralisée

L intolérance à l incertitude et le trouble d anxiété généralisée 1 L intolérance à l incertitude et le trouble d anxiété généralisée Dans notre compréhension actuelle du trouble d anxiété généralisée (TAG), nous estimons que l intolérance à l incertitude joue un rôle

Plus en détail

JE NE SUIS PAS PSYCHOTIQUE!

JE NE SUIS PAS PSYCHOTIQUE! rétablissement et psychose / Fiche 1 JE NE SUIS PAS PSYCHOTIQUE! JJérôme s énerve : «Je ne suis pas psychotique! Vous ne dites que des conneries! Je suis moi, Jérôme, et je ne vois pas le monde comme vous,

Plus en détail

LA MÉTHODE D ENQUÊTE. Section Méthodologie LES CARACTÉRISTIQUES DE L ÉCHANTILLON SÉLECTIONNÉ

LA MÉTHODE D ENQUÊTE. Section Méthodologie LES CARACTÉRISTIQUES DE L ÉCHANTILLON SÉLECTIONNÉ Section Méthodologie Cette section provient intégralement du rapport Sécurité ou insécurité routière dans la culture populaire Enquête sur la tolérance à l insécurité routière détenteurs de permis de conduire

Plus en détail

Etude relative aux rapports des présidents sur les procédures de contrôle interne et de gestion des risques pour l exercice 2011

Etude relative aux rapports des présidents sur les procédures de contrôle interne et de gestion des risques pour l exercice 2011 Etude relative aux rapports des présidents sur les procédures de contrôle interne et de gestion des risques pour l exercice 2011 SOMMAIRE Synthèse et Conclusion... 1 Introduction... 4 1. La description

Plus en détail

Entretien du professeur Dartigues, directeur de l unité Inserm U897 de l Université de Bordeaux

Entretien du professeur Dartigues, directeur de l unité Inserm U897 de l Université de Bordeaux Entretien du professeur Dartigues, directeur de l unité Inserm U897 de l Université de Bordeaux - Que pensez vous du débat suscité par l article paru dans Sciences et Avenir sur l association entre benzodiazépines

Plus en détail

I. L étude Usages & Attitudes

I. L étude Usages & Attitudes I. L étude Usages & Attitudes 1. Historique En 1997, entreprise leader de la distribution de boissons sur le marché hors domicile, France Boissons souhaite réaliser un état des lieux de son secteur d activité

Plus en détail

SOMMAIRE. AVRIL 2013 TECHNOLOGIE ÉTUDE POINTS DE VUE BDC Recherche et intelligence de marché de BDC TABLE DES MATIÈRES

SOMMAIRE. AVRIL 2013 TECHNOLOGIE ÉTUDE POINTS DE VUE BDC Recherche et intelligence de marché de BDC TABLE DES MATIÈRES AVRIL 2013 TECHNOLOGIE ÉTUDE POINTS DE VUE BDC Recherche et intelligence de marché de BDC TABLE DES MATIÈRES Faits saillants du sondage 2 Contexte et méthode de sondage 3 Profil des répondants 3 Investissements

Plus en détail

Le Data Mining au service du Scoring ou notation statistique des emprunteurs!

Le Data Mining au service du Scoring ou notation statistique des emprunteurs! France Le Data Mining au service du Scoring ou notation statistique des emprunteurs! Comme le rappelle la CNIL dans sa délibération n 88-083 du 5 Juillet 1988 portant adoption d une recommandation relative

Plus en détail

Le bootstrap expliqué par l exemple

Le bootstrap expliqué par l exemple Le bootstrap expliqué par l exemple 1 Le bootstrap expliqué par l exemple 1. Les concepts du bootstrap 2. Des variantes adaptées au contexte 3. Comparaison des différentes méthodes 4. Les cas sensibles

Plus en détail

Rédiger et administrer un questionnaire

Rédiger et administrer un questionnaire Rédiger et administrer un questionnaire Ce document constitue une adaptation, en traduction libre, de deux brochures distinctes : l une produite par l American Statistical Association (Designing a Questionnaire),

Plus en détail

SONDAGE SUR LA CULTURE FINANCIERE D UNE POPULATION D INTERNAUTES MAROCAINS

SONDAGE SUR LA CULTURE FINANCIERE D UNE POPULATION D INTERNAUTES MAROCAINS SONDAGE SUR LA CULTURE FINANCIERE D UNE POPULATION D INTERNAUTES MAROCAINS Service Education des Epargnants &Habilitation des Intervenants Sondage sur la culture financière d une population d internautes

Plus en détail

Impact d un déménagement de service sur la satisfaction relative au soins

Impact d un déménagement de service sur la satisfaction relative au soins Impact d un déménagement de service sur la satisfaction relative au soins MONTPELLIER JOURNEES DE MEDECINE PERINATALE 19 OCTOBRE 2012 Bénédicte Belgacem SANTE PUBLIQUE CHU Clermont-Fd PEPRADE La satisfaction

Plus en détail

L utilisation de l approche systémique dans la prévention et le traitement du jeu compulsif

L utilisation de l approche systémique dans la prévention et le traitement du jeu compulsif L utilisation de l approche systémique dans la prévention et le traitement du jeu compulsif Isabelle Cyr, B.sc. Psychologie. B.sc. Service social. T.s. Thérapeute Josée Dostie, B.A. Psychologie. Thérapeute

Plus en détail

Les pratiques de simulation de crise: enquête auprès de quarante-trois grands établissements financiers

Les pratiques de simulation de crise: enquête auprès de quarante-trois grands établissements financiers Ingo Fender (+41 61) 280 9458 ingo.fender@bis.org Michael S. Gibson (+1 202) 452 2495 michael.s.gibson@frb.gov Les pratiques de simulation de crise: enquête auprès de quarante-trois grands établissements

Plus en détail

5 clés pour plus de confiance en soi

5 clés pour plus de confiance en soi ASSOCIATION JEUNESSE ET ENTREPRISES Club SEINE-ET- MARNE 5 clés pour plus de confiance en soi Extrait du guide : «Vie Explosive, Devenez l acteur de votre vie» de Charles Hutin Contact : Monsieur Jackie

Plus en détail

2. Mise en œuvre de la réglementation sur la tacite reconduction

2. Mise en œuvre de la réglementation sur la tacite reconduction 2. Mise en œuvre de la réglementation sur la tacite reconduction À la suite des auditions et des réponses écrites au questionnaire, il s avère qu en pratique, la loi «Chatel» suscite peu de difficultés

Plus en détail

RAPPORT SYNTHÈSE. En santé après 50 ans. Évaluation des effets du programme Les médicaments :

RAPPORT SYNTHÈSE. En santé après 50 ans. Évaluation des effets du programme Les médicaments : S A N T É P U B L I Q U E RAPPORT SYNTHÈSE Évaluation des effets du programme Les médicaments : Oui Non Mais! En santé après 50 ans Depuis janvier 1997, la Direction de santé publique s est associée à

Plus en détail

Transcription Webémission Questionner pour favoriser l amélioration de l apprentissage

Transcription Webémission Questionner pour favoriser l amélioration de l apprentissage Transcription Webémission Questionner pour favoriser l amélioration de l apprentissage 00 : 00 ANIMATEUR : Bienvenue à cette série de quatre vidéos portant sur l évaluation du rendement. Depuis de nombreuses

Plus en détail

C R É D I T A G R I C O L E A S S U R A N C E S. Des attitudes des Européens face aux risques

C R É D I T A G R I C O L E A S S U R A N C E S. Des attitudes des Européens face aux risques C R É D I T A G R I C O L E A S S U R A N C E S Observatoire Ipsos-LogicaBusiness Consulting/Crédit Agricole Assurances Des attitudes des Européens face aux risques Fiche technique Ensemble : 7245 répondants

Plus en détail

2) Les déterminants de la motivation des arbitres et entraîneurs:

2) Les déterminants de la motivation des arbitres et entraîneurs: Motivation et performance sportive : une caractéristique commune des arbitres et entraîneurs de haut niveau Support théorique : Jean Pierre Famose EPS N 35 Arbitre et entraîneur deux acteurs du sport moderne

Plus en détail

Publicité: Le retour en grâce?

Publicité: Le retour en grâce? Publicité: Le retour en grâce? Pour la première fois depuis 2004, les Français, qui font preuve de maturité, sont moins critiques à l'égard de la publicité. Mais ils en attendent beaucoup. Septembre 2012

Plus en détail

QUESTIONNAIRE SUR LA PERCEPTION DE LA MALADIE (IPQ-R) (Moss-Morris et coll. 2002, v.f. : Nebal Al Anbar, Roland Dardennes & Kelley Kaye 2005)

QUESTIONNAIRE SUR LA PERCEPTION DE LA MALADIE (IPQ-R) (Moss-Morris et coll. 2002, v.f. : Nebal Al Anbar, Roland Dardennes & Kelley Kaye 2005) QUESTIONNAIRE SUR LA PERCEPTION DE LA MALADIE (IPQ-R) (Moss-Morris et coll. 2002, v.f. : Nebal Al Anbar, Roland Dardennes & Kelley Kaye 2005) Nom : Date : VOTRE VISION DE LA MALADIE DE VOTRE ENFANT Ci-dessous

Plus en détail

Réussir sa vie ce n est pas toujours réussir dans la vie.

Réussir sa vie ce n est pas toujours réussir dans la vie. Réussir sa vie 1. Réussir sa vie ce n est pas toujours réussir dans la vie. 2. Pour certaines personnes avoir une fonction importante, un poste à responsabilités, c est le signe de la réussite. 3. Pour

Plus en détail

UFR de Sciences Economiques Année 2008-2009 TESTS PARAMÉTRIQUES

UFR de Sciences Economiques Année 2008-2009 TESTS PARAMÉTRIQUES Université Paris 13 Cours de Statistiques et Econométrie I UFR de Sciences Economiques Année 2008-2009 Licence de Sciences Economiques L3 Premier semestre TESTS PARAMÉTRIQUES Remarque: les exercices 2,

Plus en détail

Les jeunes et les métiers de l industrie

Les jeunes et les métiers de l industrie Novembre 2013 Institut Lilly N 111442 Contacts : Damien Philippot / Esteban Pratviel 01 45 84 14 44 jerome.fourquet@ifop.com Sommaire 1 - La méthodologie 2 - Les résultats de l étude A - B - C - D - Le

Plus en détail

Les jeunes et l'argent Vague 2

Les jeunes et l'argent Vague 2 Les jeunes et l'argent Vague 2 Etude publiée pour Axa Banque Mars 2015 Sommaire 1 4 L argent, un univers d évocation ambivalent pour les jeunes 7 Des jeunes qui affichent un certain optimisme pour l avenir

Plus en détail

Affirmation de soi, confiance en soi, estime de soi

Affirmation de soi, confiance en soi, estime de soi Affirmation de soi, confiance en soi, estime de soi Estime de soi MOI Affirmation de soi AUTRES Confiance en soi ACTION Contexte Règles fondamentales de la communication 1) On ne peut pas décider, par

Plus en détail

QU EST-CE QUI VOUS MÈNE: LA TÊTE OU LE COEUR?

QU EST-CE QUI VOUS MÈNE: LA TÊTE OU LE COEUR? QU EST-CE QUI VOUS MÈNE: LA TÊTE OU LE COEUR? Source: DUMONT, Nicole. Femmes d aujourd hui, Vol. 1 No. 8., janvier 1996. On dit de certaines personnes qu elles n ont pas de tête ou qu elles n ont pas de

Plus en détail

Points méthodologiques Adapter les méthodes statistiques aux Big Data

Points méthodologiques Adapter les méthodes statistiques aux Big Data Points méthodologiques Adapter les méthodes statistiques aux Big Data I. Répétition de tests et inflation du risque alpha II. Significativité ou taille de l effet? 2012-12-03 Biomédecine quantitative 36

Plus en détail

Atelier Cognisud. Contribution à PIRSTEC pour un appel d offre ANR

Atelier Cognisud. Contribution à PIRSTEC pour un appel d offre ANR Atelier Cognisud Contribution à PIRSTEC pour un appel d offre ANR Ces notes sont une contribution à la réflexion dans le cadre de PIRSTEC, faite par le réseau Cognisud suite à un atelier organisé le Jeudi

Plus en détail

Articulation entre mesures sociales du casino et lieux d aide spécialisés lors des mesures de limitation et d exclusion Lisiane SCHÜRMANN

Articulation entre mesures sociales du casino et lieux d aide spécialisés lors des mesures de limitation et d exclusion Lisiane SCHÜRMANN Articulation entre mesures sociales du casino et lieux d aide spécialisés lors des mesures de limitation et d exclusion Lisiane SCHÜRMANN Neuchâtel, 17.01.2014 Introduction Vote populaire de 1993 sur les

Plus en détail

Enquête qualité séjours été 2010 Eléments d'analyse et pistes de développement

Enquête qualité séjours été 2010 Eléments d'analyse et pistes de développement Enquête qualité séjours été 2010 Eléments d'analyse et pistes de développement Introduction A l'issue des séjours d été, Wakanga a lancé une enquête qualité à destination des familles. Cette enquête avait

Plus en détail

PREPAVOGT-ESSCA (Management - Finance)

PREPAVOGT-ESSCA (Management - Finance) partenaire de Créateurs d avenirs PREPAVOGT Yaoundé, le 28 mars 2015 B.P. : 765 Yaoundé Tél. : 22 01 63 72 / 96 16 46 86 E-mail. : prepavogt@yahoo.fr www.prepavogt.org PREPAVOGT-ESSCA (Management - Finance)

Plus en détail

1. Les tests passés lors de la Journée Défense et Citoyenneté (JDC)

1. Les tests passés lors de la Journée Défense et Citoyenneté (JDC) LES JEUNES FACE A L ECRIT UN NOUVEAU DISPOSITIF D EVALUATION MASSIVE DE LEURS PERFORMANCES EN LECTURE Thierry Rocher* * DEPP, thierry.rocher@education.gouv.fr Mots-clés : illettrisme, test automatisé,

Plus en détail

Le banquier idéal des Français et des Américains

Le banquier idéal des Français et des Américains pour Le banquier idéal des Français et des Américains Février 2011 1 La méthodologie 2 2 Note méthodologique Etude réalisée pour : Groupama Banque Echantillons : France : Echantillon de 1000 personnes,

Plus en détail

Les Français et l économie Les journées de l économie 2014. Patrick Haas 13 novembre 2014

Les Français et l économie Les journées de l économie 2014. Patrick Haas 13 novembre 2014 Les Français et l économie Les journées de l économie 2014 Patrick Haas 13 novembre 2014 Rappel de la méthodologie Échantillon Mode de recueil Dates de terrain 959 individus âgés de 18 ans et plus Interviews

Plus en détail

Une pseudo-science : 1. Pourquoi l astrologie n est pas une science reconnue?

Une pseudo-science : 1. Pourquoi l astrologie n est pas une science reconnue? Une pseudo-science : 1 Pourquoi l astrologie n est pas une science reconnue? Les revendications des astrologues sont rejetées par la communauté scientifique. Néanmoins, l astrologie est populaire. Même

Plus en détail

Fiche de synthèse sur la PNL (Programmation Neurolinguistique)

Fiche de synthèse sur la PNL (Programmation Neurolinguistique) 1 Fiche de synthèse sur la PNL (Programmation Neurolinguistique) La programmation neurolinguistique (PNL) fournit des outils de développement personnel et d amélioration de l efficacité relationnelle dans

Plus en détail

Exploitation et analyse des données appliquées aux techniques d enquête par sondage. Introduction.

Exploitation et analyse des données appliquées aux techniques d enquête par sondage. Introduction. Exploitation et analyse des données appliquées aux techniques d enquête par sondage. Introduction. Etudes et traitements statistiques des données : le cas illustratif de la démarche par sondage INTRODUCTION

Plus en détail

Tableau 1 : Structure du tableau des données individuelles. INDIV B i1 1 i2 2 i3 2 i4 1 i5 2 i6 2 i7 1 i8 1

Tableau 1 : Structure du tableau des données individuelles. INDIV B i1 1 i2 2 i3 2 i4 1 i5 2 i6 2 i7 1 i8 1 UN GROUPE D INDIVIDUS Un groupe d individus décrit par une variable qualitative binaire DÉCRIT PAR UNE VARIABLE QUALITATIVE BINAIRE ANALYSER UN SOUS-GROUPE COMPARER UN SOUS-GROUPE À UNE RÉFÉRENCE Mots-clés

Plus en détail

Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS)

Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS) dmt Risques psychosociaux : out ils d é va lua t ion FRPS 13 CATÉGORIE ATTEINTE À LA SANTÉ PHYSIQUE ET MENTALE Hospital Anxiety and Depression Scale (HADS) LANGEVIN V.*, FRANÇOIS M.**, BOINI S.***, RIOU

Plus en détail

Erreurs les plus classiques en Bourse. TradMaker.com - 2013 Tous droits réservés Tel: 01 79 97 46 16 - CS@TRADMAKER.COM

Erreurs les plus classiques en Bourse. TradMaker.com - 2013 Tous droits réservés Tel: 01 79 97 46 16 - CS@TRADMAKER.COM 20 Erreurs les plus classiques en Bourse TradMaker.com - 2013 Tous droits réservés Tel: 01 79 97 46 16 - CS@TRADMAKER.COM De ne jours, la Bourse est à la portée de tous, le volume d échange et le nombre

Plus en détail

Le rapport des femmes à la beauté

Le rapport des femmes à la beauté 1 Le rapport des femmes à la beauté Etude CSA pour Madame Figaro Rapport d étude octobre 2014 Julie GAILLOT, Directrice de clientèle julie.gaillot@csa.eu / 01 57 00 59 06 Marek KUBISTA Chargé d études

Plus en détail

4. Résultats et discussion

4. Résultats et discussion 17 4. Résultats et discussion La signification statistique des gains et des pertes bruts annualisés pondérés de superficie forestière et du changement net de superficie forestière a été testée pour les

Plus en détail

I. Une nouvelle loi anti-discrimination

I. Une nouvelle loi anti-discrimination Extrait du Bulletin de Liaison Le Défi n 17, LHFB, Juillet 2004 Discriminations et assurances ; les apports de la Loi du 25 février 2003 et le rôle du Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre

Plus en détail

Aurélie Merle Professeur associé, Grenoble École de Management Chercheur associé au CEROG et à Coactis (EA 41 61) aurelie.merle@iae-aix.

Aurélie Merle Professeur associé, Grenoble École de Management Chercheur associé au CEROG et à Coactis (EA 41 61) aurelie.merle@iae-aix. LA VALEUR PERCUE DE LA CUSTOMISATION DE MASSE : PROPOSITION ET TEST D UN MODELE CONCEPTUEL INTEGRATEUR Aurélie Merle Professeur associé, Grenoble École de Management Chercheur associé au CEROG et à Coactis

Plus en détail

LE RÔLE DE LA STATISTIQUE DANS UN PROCESSUS DE PRISE DE DÉCISION

LE RÔLE DE LA STATISTIQUE DANS UN PROCESSUS DE PRISE DE DÉCISION LE RÔLE DE LA STATISTIQUE DANS UN PROCESSUS DE PRISE DE DÉCISION Sylvie Gervais Service des enseignements généraux École de technologie supérieure (sylvie.gervais@etsmtl.ca) Le laboratoire des condensateurs

Plus en détail

Origines possibles et solutions

Origines possibles et solutions Ne plus avoir peur de vieillir «Prends soin de ton corps comme si tu allais vivre éternellement, Prends soin de ton âme comme si tu allais mourir demain.» Introduction Ce petit document est la résultante

Plus en détail

Sommaire. Rentabilité du retour d une franchise de baseball de la Ligue majeure de baseball à Montréal (les «Expos»)

Sommaire. Rentabilité du retour d une franchise de baseball de la Ligue majeure de baseball à Montréal (les «Expos») Sommaire Rentabilité du retour d une franchise de baseball de la Ligue majeure de baseball à Montréal (les «Expos») Novembre 2013 Table des matières 1. CONTEXTE ET OBJECTIFS... 3 2. MÉTHODES DE RECHERCHE...

Plus en détail

GUIDE METHODOLOGIQUE POUR REALISER UNE THESE QUALITATIVE. I. La démarche pas à pas. Lire la bibliographie : thèses, articles

GUIDE METHODOLOGIQUE POUR REALISER UNE THESE QUALITATIVE. I. La démarche pas à pas. Lire la bibliographie : thèses, articles GUIDE METHODOLOGIQUE POUR REALISER UNE THESE QUALITATIVE I. La démarche pas à pas Date Démarche Trouver un sujet qui vous intéresse Lire la bibliographie : thèses, articles Participer au séminaire «thèse»

Plus en détail

Le travail de groupe dans lʼenseignement de lʼhistoire

Le travail de groupe dans lʼenseignement de lʼhistoire Le travail de groupe dans lʼenseignement de lʼhistoire 1. Ce que disent les plans d études vaudois Dans la partie consacrée aux finalités de l école vaudoise, le Plan d Etudes Vaudois (PEV) note à propos

Plus en détail

Diabète : le Canada à l heure de la remise en question Le point de vue du public

Diabète : le Canada à l heure de la remise en question Le point de vue du public Diabète : le Canada à l heure de la remise en question Le point de vue du public ENQUÊTE NATIONALE SUR LA POPULATION CANADIENNE Document destiné à l Association canadienne du diabète Préparé par Environics

Plus en détail

Luxembourg Gambling Survey 2010. Enquête sur la pratique des jeux de hasard auprès des élèves des écoles secondaires luxembourgeoises

Luxembourg Gambling Survey 2010. Enquête sur la pratique des jeux de hasard auprès des élèves des écoles secondaires luxembourgeoises LXGS 2010 Luxembourg Gambling Survey 2010 Enquête sur la pratique des jeux de hasard auprès des élèves des écoles secondaires luxembourgeoises Katia Duscherer & Carlos Paulos CePT Centre de Prévention

Plus en détail

Introduction 1. Bibliographie 317 Remerciements 323 Index 325. 2011 Pearson Education France Investisseurs de légende Glen Arnold

Introduction 1. Bibliographie 317 Remerciements 323 Index 325. 2011 Pearson Education France Investisseurs de légende Glen Arnold S o m m a i r e Introduction 1 1. Benjamin Graham 7 2. Philip Fisher 53 3. Warren Buffett et Charles Munger 81 4. John Templeton 133 5. George Soros 169 6. Peter Lynch 221 7. John Neff 255 8. Anthony Bolton

Plus en détail

CONSEILS POUR LA REDACTION DU RAPPORT DE RECHERCHE. Information importante : Ces conseils ne sont pas exhaustifs!

CONSEILS POUR LA REDACTION DU RAPPORT DE RECHERCHE. Information importante : Ces conseils ne sont pas exhaustifs! CONSEILS POUR LA REDACTION DU RAPPORT DE RECHERCHE Information importante : Ces conseils ne sont pas exhaustifs! Conseils généraux : Entre 25 et 60 pages (hormis références, annexes, résumé) Format d un

Plus en détail

Principe d un test statistique

Principe d un test statistique Biostatistiques Principe d un test statistique Professeur Jean-Luc BOSSON PCEM2 - Année universitaire 2012/2013 Faculté de Médecine de Grenoble (UJF) - Tous droits réservés. Objectifs pédagogiques Comprendre

Plus en détail

Les Français et les nuisances sonores. Ifop pour Ministère de l Ecologie, du Développement Durable et de l Energie

Les Français et les nuisances sonores. Ifop pour Ministère de l Ecologie, du Développement Durable et de l Energie Les Français et les nuisances sonores Ifop pour Ministère de l Ecologie, du Développement Durable et de l Energie RB/MCP N 112427 Contacts Ifop : Romain Bendavid / Marion Chasles-Parot Département Opinion

Plus en détail

POURQUOI RESSENTONS-NOUS DES ÉMOTIONS?

POURQUOI RESSENTONS-NOUS DES ÉMOTIONS? POURQUOI RESSENTONS-NOUS DES ÉMOTIONS? Pourquoi vivons-nous des émotions? Voilà une excellente question! Avez-vous pensé: «Les émotions nous rendent humains» ou : «Elles nous permettent de sentir ce qui

Plus en détail

LE PHÉNOMÈNE DU POKER : ÉTAT DE LA SITUATION ET RÉFLEXION CRITIQUE

LE PHÉNOMÈNE DU POKER : ÉTAT DE LA SITUATION ET RÉFLEXION CRITIQUE LE PHÉNOMÈNE DU POKER : ÉTAT DE LA SITUATION ET RÉFLEXION CRITIQUE Magali Dufour, Ph.D. Faculté de médecine et des sciences de la Santé Natacha Brunelle, Ph.D. Université du Québec à Trois-Rivières Sévrine

Plus en détail

Écoutez ce qui se dit sur l épargne-retraite au Canada

Écoutez ce qui se dit sur l épargne-retraite au Canada MARS 2014 ÉCHEC ET MAT! LES RÉGIMES D ÉPARGNE EN MILIEU DE TRAVAIL : UNE SOLUTION GAGNANTE POUR LES CANADIENS EN VUE DE LA RETRAITE Notre 6 e sondage annuel Indice canadien de report de la retraite montre

Plus en détail

Il y a trois types principaux d analyse des résultats : l analyse descriptive, l analyse explicative et l analyse compréhensive.

Il y a trois types principaux d analyse des résultats : l analyse descriptive, l analyse explicative et l analyse compréhensive. L ANALYSE ET L INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS Une fois les résultats d une investigation recueillis, on doit les mettre en perspective en les reliant au problème étudié et à l hypothèse formulée au départ:

Plus en détail

CRÉER UN COURS EN LIGNE

CRÉER UN COURS EN LIGNE Anne DELABY CRÉER UN COURS EN LIGNE Deuxième édition, 2006, 2008 ISBN : 978-2-212-54153-3 2 Que recouvre le concept d interactivité? Dans une perspective de cours en ligne, une activité interactive est

Plus en détail

L acceptation de l homosexualité et de l adoption par les couples homosexuels à six mois de l élection présidentielle de 2012

L acceptation de l homosexualité et de l adoption par les couples homosexuels à six mois de l élection présidentielle de 2012 L acceptation de l homosexualité et de l adoption par les couples homosexuels à six mois de l élection présidentielle de 2012 Léa Morabito, Centre d Etudes Européennes, Sciences Po Paris. Manon Réguer-Petit,

Plus en détail

Brock. Rapport supérieur

Brock. Rapport supérieur Simplification du processus de demande d aide financière dans les établissementss : Étude de cas à l Université Brock Rapport préparé par Higher Education Strategy Associates et Canadian Education Project

Plus en détail

APPROCHE MENTALE DES CONCOURS (Nicolas DOMBROWSKI, 2009)

APPROCHE MENTALE DES CONCOURS (Nicolas DOMBROWSKI, 2009) APPROCHE MENTALE DES CONCOURS (Nicolas DOMBROWSKI, 2009) Les concours peuvent être considérés comme des compétitions mettant en concurrence des candidats issus de tout le territoire national. On peut les

Plus en détail

Biostatistiques Biologie- Vétérinaire FUNDP Eric Depiereux, Benoît DeHertogh, Grégoire Vincke

Biostatistiques Biologie- Vétérinaire FUNDP Eric Depiereux, Benoît DeHertogh, Grégoire Vincke www.fundp.ac.be/biostats Module 140 140 ANOVA A UN CRITERE DE CLASSIFICATION FIXE...2 140.1 UTILITE...2 140.2 COMPARAISON DE VARIANCES...2 140.2.1 Calcul de la variance...2 140.2.2 Distributions de référence...3

Plus en détail

Annexe 3. Le concept : exemple d une situation d apprentissage.

Annexe 3. Le concept : exemple d une situation d apprentissage. Annexe 3. Le concept : exemple d une situation d apprentissage. Le concept choisi ici comme exemple est une figure arbitrairement définie, appelée «WEZ», reprise d une expérience de Smoke cité dans un

Plus en détail

Définitions Approches managériales Approches psychologiques

Définitions Approches managériales Approches psychologiques Séminaire [CID] : Créativité, Innovation, Décision Partie B : DECISION Définitions Approches managériales Approches psychologiques www.evoreg.eu M2i : Management International de l Innovation Emmanuel

Plus en détail

Comment partager sans se sur-exposer?

Comment partager sans se sur-exposer? Comment partager sans se sur-exposer? Conférence de presse Mercredi 12 décembre 2012 Méthodologie de l enquête 1 Echantillon Mode de recueil Dates de terrain 1554 individus âgés de 13 ans et plus Interrogation

Plus en détail

Etude sur la formation professionnelle des personnes handicapées

Etude sur la formation professionnelle des personnes handicapées Etude sur la formation professionnelle des personnes handicapées Rappel méthodologique Contexte & objectifs 1 2 Semaine pour l emploi des personnes handicapées : après avoir longtemps centré le regard

Plus en détail

RAPPORT SUR LA CONFIANCE DES INVESTISSEURS DE PLACEMENTS MONDIAUX SUN LIFE

RAPPORT SUR LA CONFIANCE DES INVESTISSEURS DE PLACEMENTS MONDIAUX SUN LIFE 2 0 1 5 RAPPORT SUR LA CONFIANCE DES INVESTISSEURS DE PLACEMENTS MONDIAUX SUN LIFE 2 Le premier rapport sur la confiance des investisseurs (fondé sur un sondage mené auprès de 1 502 Canadiens ayant au

Plus en détail

NOTORIETE DE L ECONOMIE SOCIALE SOLIDAIRE ET ATTENTES DE LA JEUNESSE

NOTORIETE DE L ECONOMIE SOCIALE SOLIDAIRE ET ATTENTES DE LA JEUNESSE NOTORIETE DE L ECONOMIE SOCIALE SOLIDAIRE ET ATTENTES DE LA JEUNESSE - Note de synthèse de l'institut CSA - N 1100760 Juin 2011 2, rue de Choiseul CS 70215 75086 Paris cedex 02 Tél. (33) 01 44 94 59 11

Plus en détail

L ouverture des marchés de l électricité et du gaz naturel pour les clients résidentiels

L ouverture des marchés de l électricité et du gaz naturel pour les clients résidentiels L ouverture des marchés de l électricité et du gaz naturel pour les clients résidentiels Baromètre annuel vague Septembre 2011 Baromètre annuel vague - 1 - PRESENTATION DE L ETUDE Baromètre annuel vague

Plus en détail

Retenir les meilleurs talents

Retenir les meilleurs talents Adecco Finance Focus Retenir les meilleurs talents Lundi matin, 9 h Vous vous réjouissez de commencer une nouvelle semaine de travail productif. Vous êtes en pleine forme. Alors que vous entamez votre

Plus en détail

«La mesure du contrat psychologique dans un contexte de travail francophone»

«La mesure du contrat psychologique dans un contexte de travail francophone» Article «La mesure du contrat psychologique dans un contexte de travail francophone» Sylvie Guerrero Relations industrielles / Industrial Relations, vol. 60, n 1, 2005, p. 112-144. Pour citer cet article,

Plus en détail

EVALUATION DE LA QUALITE DES SONDAGES EN LIGNE : CAS D UN SONDAGE D OPINION AU BURKINA FASO

EVALUATION DE LA QUALITE DES SONDAGES EN LIGNE : CAS D UN SONDAGE D OPINION AU BURKINA FASO EVALUATION DE LA QUALITE DES SONDAGES EN LIGNE : CAS D UN SONDAGE D OPINION AU BURKINA FASO Auteur Baguinébié Bazongo 1 Ingénieur Statisticien Economiste Chef de l Unité de recherche à l Institut national

Plus en détail

Etude quantitative sur la perception des Français des évolutions de l assurance maladie

Etude quantitative sur la perception des Français des évolutions de l assurance maladie Mieux comprendre l opinion pour agir Etude quantitative sur la perception des Français des évolutions de l assurance maladie Octobre 2008 Institut Viavoice Contact : Arnaud ZEGIERMAN LD : 01 40 54 13 71

Plus en détail

Feuille d exercices 2 : Espaces probabilisés

Feuille d exercices 2 : Espaces probabilisés Feuille d exercices 2 : Espaces probabilisés Cours de Licence 2 Année 07/08 1 Espaces de probabilité Exercice 1.1 (Une inégalité). Montrer que P (A B) min(p (A), P (B)) Exercice 1.2 (Alphabet). On a un

Plus en détail

APPRENDRE LA CHIMIE EN ZEP

APPRENDRE LA CHIMIE EN ZEP Résumé du rapport de recherche destiné au Centre Alain Savary, INRP APPRENDRE LA CHIMIE EN ZEP Martine Méheut, Olivier Prézeau INRP, Centre Alain Savary Apprendre la chimie en ZEP Résumé 1 Dans une perspective

Plus en détail

L enfant sensible. Un enfant trop sensible vit des sentiments d impuissance et. d échec. La pire attitude que son parent peut adopter avec lui est

L enfant sensible. Un enfant trop sensible vit des sentiments d impuissance et. d échec. La pire attitude que son parent peut adopter avec lui est L enfant sensible Qu est-ce que la sensibilité? Un enfant trop sensible vit des sentiments d impuissance et d échec. La pire attitude que son parent peut adopter avec lui est de le surprotéger car il se

Plus en détail

Projet SINF2275 «Data mining and decision making» Projet classification et credit scoring

Projet SINF2275 «Data mining and decision making» Projet classification et credit scoring Projet SINF2275 «Data mining and decision making» Projet classification et credit scoring Année académique 2006-2007 Professeurs : Marco Saerens Adresse : Université catholique de Louvain Information Systems

Plus en détail

Les Français et le pouvoir d achat

Les Français et le pouvoir d achat Contacts CSA Pôle Opinion Corporate : Jérôme Sainte-Marie, Directeur général adjoint Yves-Marie Cann, Directeur d études Les Français et le pouvoir d achat Sondage CSA pour Cofidis Septembre 2012 Sommaire

Plus en détail

NOTORIETE DE L ECONOMIE SOCIALE SOLIDAIRE ET ATTENTES DE LA JEUNESSE

NOTORIETE DE L ECONOMIE SOCIALE SOLIDAIRE ET ATTENTES DE LA JEUNESSE NOTORIETE DE L ECONOMIE SOCIALE SOLIDAIRE ET ATTENTES DE LA JEUNESSE - Note de synthèse de l'institut CSA - N 1100760 Juin 2011 2, rue de Choiseul CS 70215 75086 Paris cedex 02 Tél. (33) 01 44 94 59 11

Plus en détail