Point de conjoncture

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1 Point de conjoncture Avril 2012 ACTIVITE DANS L INDUSTRIE En mars, le climat des affaires s accroît légèrement après sept mois consécutifs de baisse : l indicateur correspondant augmente de 3 points mais demeure, cependant, inférieur de 4 points à sa moyenne de longue période. Les industriels considèrent que l activité de ces derniers mois a nettement reculé. La production s est donc repliée au profit du déstockage. En effet, la production de l industrie manufacturière a nettement diminué en février (-1,2 % en un mois après -0,1 % en janvier). La stabilisation de la production dans l ensemble de l industrie (+0,3 % en février) est le seul fait de la consommation de gaz et d électricité liée à la vague de froid de février. Les carnets de commandes, bien qu ils se soient un peu regarnis, restent jugés comme étant peu étoffés. En janvier, le chiffre d affaires dans l ensemble de l industrie s est légèrement accru de 0,6 % (après -1,7 % en décembre). Les perspectives générales d activité s améliorent pour les mois à venir mais ne parvient pas à retrouver son niveau moyen de longue période. Indicateur du climat des affaires Derniers chiffres INSEE - 23/03/

2 ACTIVITE DANS LE COMMERCE En mars, le climat des affaires s accroît dans le commerce : l indicateur correspondant augmente de 4 points mais se situe à 6 points en dessous de sa moyenne. Les commerçants sont toujours très nombreux à estimer que les ventes au cours de ces derniers mois se sont repliées. Toutefois, on observe un retournement de tendance dans le commerce de détail hors autos et motos (le chiffre d affaires s accroît de 1 % en janvier contre -1 % en décembre) et dans le commerce de gros hors autos et motos (le chiffre d affaires s accroît de 0,2 % en janvier contre -1 % en décembre). A contrario, la baisse du chiffre d affaires dans le commerce et la réparation d autos et de motos s accélère (-2,3 % en janvier après -0,2 % en décembre). Au cours des mois à venir, les chefs d entreprise sont un peu moins nombreux à anticiper un repli des ventes. Par ailleurs, les stocks demeurant supérieurs à leurs niveaux moyens, les intentions de commandes auprès de leurs fournisseurs sont toujours mal orientées. Enquête mensuelle dans le commerce Derniers chiffres INSEE - 23/03/2012 ACTIVITE DANS LES SERVICES En mars, le climat des affaires est s amélioré : l indicateur correspondant augmente de 2 points mais reste inférieur de 7 points à sa moyenne de longue période. Les chefs d entreprises considèrent que l activité au cours de ces derniers mois a été plutôt bien orientée quoique inférieure à la moyenne. En effet, le chiffre d affaires réalisé dans le secteur du soutien aux entreprises a augmenté de 1,1 % en janvier (après +0,3 % en décembre). Celui réalisé dans les services aux ménages est stable (+0,2 % en janvier après +0,1 % en décembre). Pour les mois à venir, les entrepreneurs sont plus réservés sur l évolution de la demande : le solde correspondant se situe 13 points en dessous de sa moyenne de longue période. Par conséquent, si les perspectives générales d activité pour les prochains mois se redressent, elles demeurent inférieures à leur moyenne de longue période. Enquête mensuelle dans les services Derniers chiffres INSEE - 23/03/

3 ANALYSE DE LA CGPME 2012, une année peu dynamique Au quatrième trimestre, le PIB a progressé de 0,4 % portant la croissance pour l année 2011 à 1,7 %. Toutefois, ces bons résultats ne perdureraient pas en 2012 : la croissance prévue pour l ensemble de l année s établirait à 0,5 %. En effet, les chefs d entreprise ne seraient pas incités à investir et à produire du fait du recul de la consommation lui-même lié aux anticipations de hausse du chômage. Déficit budgétaire en légère baisse Au 29 février, le déficit budgétaire atteint 24,2 milliards soit une baisse de 3,8 milliards d euros par rapport à la même date en Fin février, les dépenses se sont élevées à 63,6 milliards d euros contre 57 milliards d euros un an auparavant. De même, les recettes du budget général se sont accrues sur un an : elles s établissent à 45,4 milliards d euros contre 40,2 milliards d euros à fin février 2011 sous l effet, notamment, de la hausse des recettes perçues au titre de l impôt sur le revenu (+14,72 % sur un an). Dette publique en hausse La dette publique au sens de Maastricht s établit à 1 717,3 milliards d euros à la fin du quatrième trimestre, soit une hausse de 24,8 milliards d euros par rapport au trimestre précédent. Elle atteint, ainsi, 85,8 % du PIB. Cette évolution est notamment le fait de la croissance de l endettement des administrations de sécurité sociale (+ 6,3 milliards d euros en un trimestre) en lien avec la hausse du chômage. D après les dernières données disponibles, la dette française est détenue à 65,4 % par les nonrésidents. Recul du déficit public Le déficit public pour 2011 s établit à 103,1 milliards d euros, soit 5,2 % du PIB, contre 7,1 % du PIB en La baisse du déficit est due non seulement à la modération des dépenses (qui s élèvent à 55,9 % du PIB contre 56,6 % en 2010) mais aussi de la hausse des recettes, qui passent de 49,5 % à 50,7 % du PIB. En effet, le taux de prélèvements obligatoires augmente de 1,3 point en 2011 à 43,8 % du PIB, sous l effet de la hausse des impôts (+7,8 %). Creusement du déficit extérieur En février, le déficit du commerce extérieur s accroît de 14,4 % en un mois : il atteint 6,398 milliards d euros. L augmentation du déficit provient de la croissance des importations (+2,8 % soit 43,553 milliards d euros) du fait de la hausse des achats énergétiques liés à la vague de froid et à l inflation. L accroissement des exportations est plus faible (+1 % soit 37,155 milliards d euros). Nouvelle hausse des prix en mars En mars, l Indice des Prix à la Consommation (IPC) est en hausse de 0,8 % (après +0,4 % en février). Cet accroissement provient de l augmentation des prix des produits frais (+5,5 %), du textile (+11,7 %) et des produits pétroliers (+1,9 %). Sur un an, les prix augmentent de 2,3 %. Le cours du pétrole Brent atteint 124,5 dollars le baril soit une hausse de 5,3 % sur un mois

4 Ménages En mars, le moral des ménages est s amélioré : l indicateur correspondant s accroît de 5 points mais il demeure inférieur de 13 points à sa moyenne de longue période. Les ménages sont un peu moins nombreux à estimer que le chômage pourrait s accroître au cours des mois à venir : le solde d opinion diminue de 6 points mais se situe à 23 points au-dessus de sa moyenne de longue période. Toutefois, le nombre de personnes au chômage est toujours élevé : fin février, 4,279 millions de personnes se sont inscrites à Pôle emploi en catégorie A, B, C soit une hausse de 0,5 % sur un mois et de 5,8 % sur un an. De même, à cette période 2,868 millions de personnes ont été comptabilisées en catégorie A, c'est-à-dire celle rassemblant les personnes n ayant aucun emploi soit une hausse de 0,2 % en un mois et de 6,2 % sur un an. Le faible dynamisme de l activité économique laisse présager de nouvelles hausses du chômage au cours des prochains mois. En outre, un tel contexte conjugué au repli du pouvoir d achat (-0,3 % au premier semestre 2012 contre +0,3 % au deuxième semestre 2011) alimentera l épargne de précaution des ménages. Les ménages sont donc plus prudents en matière de consommation. Seuls les événements exceptionnels telle que la vague de froid en février et la flambée des prix du pétrole ont une incidence sur leurs dépenses. En effet, les dépenses de consommation en biens se sont accrues de 3 % en février du seul fait de la hausse de la consommation d énergie (+9 %). Les autres postes de dépenses étant en baisse (-3,2 % concernant la consommation de biens fabriqués). Sur l ensemble du premier trimestre 2012, les dépenses des ménages en produits manufacturés reculeraient de 0,4 % (après une hausse de 0,5 % au cours du dernier trimestre 2011). De même, la consommation totale serait peu dynamique au cours des six premiers mois de l année 2012 (+0,2 % au premier trimestre puis stabilité de la consommation au deuxième trimestre). Parallèlement, le taux d épargne des ménages a progressé en 2011, à 16,8 % soit son niveau le plus haut depuis Entreprises En mars, le climat des affaires profite de l accalmie conjoncturelle : l indicateur correspondant s accroît de 4 points mais demeure inférieur de 5 points à son niveau moyen de longue période. Les difficultés sont toujours très présentes dans le quotidien des entreprises. En 2011, le taux de marge s est établi à 29,1 % soit son niveau le plus bas depuis L inflation et le faible dynamisme économique laissent augurer une stagnation du taux de marge à ce niveau. De même, en janvier, le nombre de défaillances cumulées sur douze mois atteint unités légales soit une légère augmentation par rapport au mois précédent (+0,7 %). Par ailleurs, 68 % des PME déclarent rencontrer au moins un obstacle dans leur démarche d accès au financement. L obstacle le plus fréquent, cité par 44 % des PME, demeure le financement à des frais plus élevés ou à des montants plus faibles que souhaités. En tout état de causes, les encours de crédit aux entreprises ont baissé de 0,4 % en février (contre +0,3 % en janvier), atteignant, ainsi, 814,2 milliards d euros. Alors que la progression des encours de crédit destiné à l investissement ralentit en février (+0,3 % après +0,8 % en janvier soit 552,2 milliards

5 d euros), les encours de crédit de trésorerie diminuent nettement (-1,5 % en février contre +0,1 % en janvier soit 184,6 milliards d euros). Par conséquent, l INSEE prévoit une baisse de 0,4 % de l investissement des entreprises du fait de l environnement économique instable et du resserrement des conditions de crédit. CONCLUSION L accalmie de ce début de printemps ne doit pas fausser notre jugement. Certes la France a évité de peu la récession, mais cette performance est surtout due à des effets d aubaine ponctuels : la consommation a été stimulée par la chute des températures en février ; l investissement des entreprises relève davantage du rattrapage et moins de la volonté de produire ; la flambée des cours du pétrole venant contrebalancer ces contributions positives. Ainsi, l activité durant l année 2012 risque d être peu dynamique, voire médiocre, marquée par les à-coups de la conjoncture internationale et autres facteurs exogènes : les conditions d une reprise forte et vigoureuse ne sont pas réunies pour le moment. La crise et ses mutations que nous traversons depuis 2008, ont révélé les nombreuses faiblesses de notre modèle économique, parmi lesquelles on peut citer la compétitivité et l état des finances publiques. Si l on peut se réjouir de la baisse du déficit public, il ne faut pas oublier que la dette ne cesse de s accroître et avec elle, les intérêts qui lui sont liés. De même, l augmentation du déficit du commerce extérieur est un autre poids indéniable pour notre économie. Afin de sortir du cercle vicieux de l attentisme dans lequel notre économie est entrée peu de consommation donc peu de production amenant plus de chômage et n incitant pas les ménages à consommer mais à épargner par précaution il est urgent de travailler sur nos faiblesses et de recentrer notre modèle sur les seules entités productrices de richesse : les entreprises. Dans le cas contraire, les prochaines crises risqueront d être d autant plus dévastatrices que nos marges de manœuvre sont limitées

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