Thèse de doctorat en cotutelle entre l Université Paris 8 (France) et l Université Aristote (Grèce) Thèse de doctorat présentée par Ilias MADEMLIS

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1 UNIVERSITÉ PARIS 8 VINCENNES- SAINT-DENIS Département des Sciences de l Education UNIVERSITÉ ARISTOTE DE THESSALONIQUE Département des Sciences de l Éducation préscolaire Thèse de doctorat en cotutelle entre l Université Paris 8 (France) et l Université Aristote (Grèce) Thèse de doctorat présentée par Ilias MADEMLIS FÊTES NATIONALES SCOLAIRES ET IDENTITÉ NATIONALE EN GRÈCE CONTEMPORAINE L attitude des professeurs par rapport aux fêtes nationales à l école comme moyen de construire l identité nationale grecque Sous la direction de Mme Dan FERRAND-BECHMANN, professeur de l Université Paris 8, et de M. Alexandros DAGKAS, professeur associé de l Université Aristote Membre du jury Dan FERRAND-BECHMANN, professeur (Université Paris 8, France) Alexandros DAGKAS, maître de conférences [professeur associé] (Université Aristote, Grèce) Bruno PÉQUIGNOT, professeur (Paris 3 - Sorbonne Nouvelle, France) Stavros KAMAROUDIS, maître de conférences [professeur assistant] (Université de Macédoine de l West, Grèce) PARIS juillet 2010

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3 UNIVERSITÉ PARIS 8 VINCENNES- SAINT-DENIS Département des Sciences de l Education UNIVERSITÉ ARISTOTE DE THESSALONIQUE Département des Sciences de l Éducation préscolaire Thèse de doctorat en cotutelle entre l Université Paris 8 (France) et l Université Aristote (Grèce) Thèse de doctorat présentée par Ilias MADEMLIS FÊTES NATIONALES SCOLAIRES ET IDENTITÉ NATIONALE EN GRÈCE CONTEMPORAINE L attitude des professeurs par rapport aux fêtes nationales à l école comme moyen de construire l identité nationale grecque Sous la direction de Mme Dan FERRAND-BECHMANN, professeur de l Université Paris 8, et de M. Alexandros DAGKAS, professeur associé de l Université Aristote Membre du jury Dan FERRAND-BECHMANN, professeur (Université Paris 8, France) Alexandros DAGKAS, maître de conférences [professeur associé] (Université Aristote, Grèce) Bruno PÉQUIGNOT, professeur (Paris 3 - Sorbonne Nouvelle, France) Stavros KAMAROUDIS, maître de conférences [professeur assistant] (Université de Macédoine de l West, Grèce) PARIS juillet

4 Table des matières Préface..6 Introduction..13 Problèmes et limites...34 Première partie A. Théorie et état de la question Aperçu théorique 1. Le rôle de l Etat et du système éducatif à la formation de l identité nationale Le rôle de fêtes nationales à la formation de l identité nationale Les fêtes à l école grecque Le rôle des enseignants à la formation de l identité nationale...68 B. Les concepts utilisés 1. Identité nationale 1.1. La définition «en sciences humaines» de l identité Les catégories de réferents identitaires psuchosociologiques d un acteur social Le sentiment d appartenance Définition de l identité nationale Identification et désidentification Visée pratique de l identité nationale La diffusion de l identité nationale Identité nationale : une «identité latente» Ce que n est pas l identité nationale Le contenu de l identité nationale Nation et religion

5 2. Attitude 2.1. Définition de l attitude Approches typologiques des attitudes Critères spéciaux des attitudes Fonctions des attitudes L expression des attitudes : Rôle et statut Attitude et personnalité Attitude et opinion Attitudes collectives Le système Valeur - Attitude Le changements des attitudes La rigidité des attitudes Les recherches sur les attitudes Conditions et limites de la prévision des attitudes Limites à la prévision Résumé des deux concepts C : La formation historique de l identité nationale grecque et les fêtes nationales scolaires L identité pré-nationale grecque Lumières occidentales et Lumières néohelléniques Les débats internes idéologiques et politiques en Grèce du XVIIIe et XIXe siècle L expression politique de la doctrine hellénochrétienne - Grande Idée Mythes, Légendes et «Traditions inventées» Résume concernant la formation de la doctrine hellénochrétienne D. Formulation des hypothèses Hypothèses

6 Deuxième partie 1. Le but et l orientation de l enquête Cadre disciplinaire Description de la situation du Lycée en Grèce contemporaine concernant la préparation et la réalisation des fêtes nationales à l école Méthodologie Questionnaire Caractéristiques techniques de notre analyse Protocole de questionnement Troisième partie Analyse des données, résultats de l enquête, synthèse et interprétation des résultats 1. Programmes Détaillés d Etudes et fêtes nationales scolaires Analyse thématiques des entretiens Tableaux synoptiques des deux catégories principales Synthèse et interprétation des résultats Quatrième partie 1. Les élèves et les fêtes nationales scolaires Conclusions Bibliographie.323 Index des auteurs Index thématiques Annexes Annexe I. 346 Annexe II 356 Annexe III..358 Annexe IV

7 Préface Actuellement, nous vivons dans une époque de transition dans laquelle les idéologies traditionnelles, les corporations et les structures du monde d après-guerre sont remises en cause. De nouveaux besoins et de nouvelles valeurs se manifestent ; l optimisme, le pessimisme et le sentiment de peur coexistent et la communauté mondiale est confrontée à une série de nouveaux problèmes et défis. La mondialisation, tant économique que culturelle, qui est caractérisée par le mouvement libre des capitaux, des marchandises et la diffusion des valeurs du monde occidental, par la diffusion rapide des informations et des connaissances, par le mouvement des populations des pays pauvres vers les pays riches, par les guerres et conflits qui ont lieu partout dans le monde actuel, par la xénophobie et les formes divers du racisme, tout cela montrent la confusion qui règne actuellement. La coexistence des populations différentes en termes de religion, de langues, d us et coutumes et généralement de modes de vie, crée une nouvelle réalité complexe, intéressante mais déstabilisante aussi, dont les résultats ne sont encore ni clairs ni même visibles, et pour cette raison un grand nombre de débats se focalisent actuellement sur les sociétés multiculturelles, interculturelles et autres notions apparentées. Mais, comment pouvons-nous construire une société ouverte sans inégalités, discriminations et injustices? Quels sont les institutions et les moyens que nous pouvons utiliser? L éducation est sans aucun doute un des principaux paramètres car elle détermine notre mentalité, nos attitudes et nos comportements. Pour cette raison, il est nécessaire de développer l éducation démocratique et tolérante qui cultivera la raison comme principale valeur régulatrice de son fonctionnement, qui rejettera le dogmatisme, l autorité, l arbitraire, l illogisme de la propagande et toutes les formes d intolérance et qui met en avant l amour pour la vérité, l envie ouverte pour le monde, l objectivité, la curiosité intellectuelle, la timidité, la pensée critique, l autocritique, l imaginaire, la rationalisation, la conversation, le respect, l acceptation et la coexistence pacifique entre les hommes, les races, les religions et les civilisations et la familiarité des élèves avec les hauts faits, moraux, intellectuels, les manifestations religieuses et les productions culturelles de l esprit humain qui se sont accumulés depuis les siècles

8 Mais tous les efforts pour la mise en œuvre d une éducation démocratique et d une nouvelle école, doivent prendre en compte la vérité historique, sociale, économique et politique. En effet, le système éducatif est une partie indissociable d une structure sociale donnée et par laquelle il est influencé. En conséquence il fonctionne, à un degré important, comme un mécanisme de diffusion et de reproduction d une culture dominante. Bien que le système éducatif reconnaisse les idéaux de Liberté, d objectivité, d indépendance de pensée et autres, en fait, dans la pratique il exalte et il catéchise chez les élèves la culture dominante et le maintien d un ordre politique et social particulier. Bien sûre, l éducation démocratique et tolérante ne se limite pas seulement aux établissements d enseignement, elle devient responsable de toute la société. Le rétablissement du bon sens dans toutes les formes de l activité humaine renforce la liberté et le pluralisme de la Pensée et de l Expression. Elle nous donne des critères objectifs qui nous permettent de contrôler, jauger et choisir les idées, les valeurs, les théories, les arguments, les traditions, les structures sociales et notre manière de vivre et elle pose, aussi, comme objectif, parallèlement à l identification des citoyens avec l État-nation et avec une culture nationale, leur identification à des universaux et l action des mêmes citoyens comme membres de la communauté universelle. Pour les raisons énoncées ci-dessus et dans la mesure où l auteur de cette étude a cherché à contribuer au dialogue scientifique et parallèlement à la construction d une société démocratique et tolérante, il a décidé d étudier le rôle de l école publique dans la formation de l identité nationale. Il est vrai qu une grande nombreuse approche possible s offrait à lui au début pour étudier le sujet en question, mais une série de rencontres avec des spécialistes du sujet l ont convaincu de l aborder par le biais des fêtes nationales scolaires. Ces fêtes nationales scolaires n ont par ailleurs pas retenu l attention des chercheurs en Grèce : on n y trouve, concernant la formation de l identité nationale, que de rares références et encore sontelles «confidentielles» et indirectes. Plus précisément, l auteur de cet ouvrage a décidé à travailler avec des professeurs de Lettres, c est-à-dire avec la population qui organise et réalise les fêtes mentionnées. Son but est de déterminer le contenu de l identité nationale que les professeurs cherchent à développer par les fêtes concrètes. Les motivations personnelles de l auteur de cette étude sont nombreuses et elles font partie intégrante tant de la sphère de ses préoccupations scientifiques que de celle de ses - 7 -

9 expériences personnelles. Précisément, les motivations personnelles de la démarche sur ce sujet précis sont en rapport avec son métier, avec son long séjour à l étranger, avec sa région natale, avec ses préoccupations scientifiques et à cause de sa volonté de contribuer au dialogue scientifique et finalement à la construction d une société démocratique et tolérante sans dogmatisme, sans intolérance et sans autorité. En ce qui concerne l aspecte scientifique de ses motivations, le choix des professeurs et des fêtes nationales scolaires n est pas dû au hasard. Les enseignants, ce sont eux qui organisent et réalisent dans l espace de l école les fêtes nationales et par conséquent ils sont une catégorie très particulière car elle contribue, par le biais du processus éducatif, a un certain degré, à la formation de la culture générale des élèves et de leur identité nationale. Le choix des professeurs de Lettres s est aussi imposé compte tenu du fait également que les professeurs de lettres travaillent avec les enfants disposant d une maturité intellectuelle suffisante pour comprendre des notions comme celles de nation, de patrie, d étranger. Premièrement, selon l idée avancée par J. Piaget et A.M. Weil, un enfant à partir de dix ou onze ans peut appréhender les notions de nation, de patrie et d étranger. À cet âge, l enfant découvre qu en dehors des ses propres valeurs, de celles de sa famille et de sa ville, il existe aussi une collectivité plus large. «À partir de cet âge, le pays devient une réalité et correspond pour l enfant à une idée de patrie» 1. Cette recherche revêt un intérêt scientifique supplémentaire dans la mesure où n a été faite aucune recherche scientifique concernant l attitude des professeurs par rapport aux fêtes nationales et en particulier dans l espace de l école. Les recherches scientifiques en Grèce se focalisent, en ce qui concerne le rôle de l école dans la formation de l identité nationale des élèves, surtout sur les rôles des manuels scolaires, des Programmes Détaillés des Études et non sur le rôle des fêtes mentionnées. Toutefois, l auteur de ce travail pense que ces fêtes scolaires fonctionnent comme un mécanisme idéologique indirect et souterrain qui contribue à largement à la formation de l identité des élèves. Alors que la communauté scientifique grecque discute et réforme les divers domaines du système éducatif grec, elle ne s occupe pas des fêtes nationales scolaires, et ne se soucie aucunement d examiner scientifiquement l impact idéologique de ces manifestations scolaires. L absence, également, de célébrations correspondantes dans les pays européens nous impose l obligation d étudier cette particularité de notre système éducatif. 1 Piaget, J. et Weil, A.M., «Le développement chez l enfant, de l idée de patrie et des relations avec l étranger», Bulletin International des Sciences Sociales, No 2-4, Paris, Unesco 3, 1951, p

10 Enfin, la recherche concrète constitue la suite de travaux antérieurs. Précisément, l auteur de cet ouvrage a pu montrer, dans une des ces études antérieures publiées, que les manuels d histoire reproduisaient l historiographie officielle grecque, et contribuaient, symboliquement et indirectement, à l intériorisation de préjugés nationalistes et des attitudes discriminatoires envers les étrangers et les minorités religieuses. Dans le même ordre d idées et dans la même logique il veut poursuivre la tâche entreprise pour son DEA 2. Par conséquent, cette recherche s inscrit dans une autre série de recherches scientifiques concernant l école grecque et qui se réalisent en Grèce depuis 30 ans, selon toujours les nouvelles données qui ont amené l intégration de la Grèce à la communauté européenne, la mondialisation et l immigration. En ce qui concerne l aspect personnel des ses motivations, en effet, en tant qu enseignant dans le système éducatif grec depuis douze ans, l auteur de cet ouvrage est appelé, quotidiennement, à dispenser la connaissance officielle et une instruction civique dans l école publique. Il contribue donc, directement et indirectement, à la formation de l identité nationale et de la culture générale de ses élèves. En raison également de son séjour en France et de son contact professionnel avec les communautés grecques, il s est trouvé confronté aux questions qui concernent l évolution historique de la nation grecque et à la formation de l identité nationale néohellénique et à leurs enjeux idéologiques. Cette question de l identité nationale s est présentée souvent au cours de nos recherches. Par conséquent, de ce contact fréquent avec le sujet est naît son intérêt pour lui. Une autre motivation personnelle notable aussi tient à ses racines en Grèce du Nord. À Thessalonique, capitale de la région, coexistent depuis des siècles un grand nombre de communautés différentes telles que les Grecs orthodoxes, Grecs Juifs, Musulmans, Grecs réfugiés à la suite de la catastrophe d Asie Mineure, Arméniens. Par conséquent, sa région natale est le lieu d un grand débat sur l identité nationale grecque, ses caractéristiques et sa coexistence avec les autres identités. En Grèce du Nord, également, le problème de la dénomination officielle de la FYROM 3 influence considérablement les débats idéologiques internes car le pays en question a des frontières communes avec la Grèce du Nord : ainsi les Grecs du Nord manifestent-ils une sensibilité accrue au problème. Nous n oublions pas que le parti politique LAOS, que 2 Mademlis, I., Manuels scolaires et attitudes de discrimination en Grèce contemporaine, 132 p., Mémoire DEA : Science Politiques : Paris 8 : Infra, p

11 l on peut presque ranger l aile conservatrice extrême du spectre politique du pays, met en avant avec insistance cette question ce qui lui a valu un pourcentage de 8,26% aux dernières élections parlementaires à la ville de Thessalonique contre 5,63% pour le reste du pays. 4 D autre part, en Grèce du Nord le problème de la minorité de confession musulmane (environ % origine turque, 35 % Pomaques et 15% Roms ) qui vit en Thrace (région grecque du Nord voisine de la Turquie) 5 se pose en permanence avec une grande acuité, d autant plus que la Turquie a toujours tendance «à jeter de l huile sur le feu». Alors que les conventions internationales reconnaissent cette minorité religieuse comme citoyens Grecs musulmans à part entière, la Turquie parle de minorité ethnique et plus précisément de minorité turque, autrement dit d une enclave en territoire grec. Cette position, ressentie comme provocatrice, perturbe les relations des Grecs du Nord en particulier avec ces populations, car ils vivent le problème directement et quotidiennement. Pour les deux raisons précédentes, les conclusions finales de notre recherche revêtent un caractère particulier car la population de la recherche est constituée par des professeurs qui vivent en Grèce du Nord. Il suit de là que les deux problèmes mentionnés plus haut (celui de la dénomination de la FYROM et celui de la minorité musulmane) reviennent beaucoup plus fréquemment dans cette région, lors de conversations politiques et idéologiques, que dans les autres régions grecques. Il y a sans doute lieu de penser que nos conclusions finales auraient pris un autre tour si nous avions réalisé nos entretiens avec professeurs originaires d autres régions que la Grèce du Nord. Ici, l auteur de cette étude faire une mention particulière concernant le choix de la France pour la réalisation de cette thèse. Tout d abord, une raison personnelle il y a poussé : dès ses années d adolescence, dans son imaginaire, la France était un pays identifié aux grandes valeurs universelles. La révolution française en 1789 avec le slogan Egalité, Liberté, Fraternité, les grands philosophes des Lumières, Mai , Paris comme une ville de la Culture et de l Esprit qui a joué et qui joue actuellement un rôle majeur dans les affaires idéologiques et artistiques de l Europe et du monde, sont autant de raisons qui ont engendré chez lui le désir de poursuivre des études et de mener des recherches universitaires et spirituelles «dans la ville des Lumières». En même temps, il a choisi la France, car c est un pays avec une longue tradition dans les études du troisième cycle et de niveau élevé en matière de recherche scientifique. Parallèlement, la France a vu naître un des deux modèles 4 Ministère de l Intérieur de la Grèce [Ressource électronique]. Disponible sur : 5 Ministère des affaires étrangères de la Grèce [Ressource électronique]. Disponible sur :

12 de nation et par conséquent elle joue un rôle majeur dans les débats idéologiques internes sur la nation et les concepts connexes. Certains exemples caractéristiques qui témoignent les grands et continus débats et conflits concernant l identité nationale française et tous les sujets parentés se référent ensuit. 6 Au moment de clore cette préface, son auteur voudrait s excuser auprès des enfants allogènes pour l utilisation du terme «étranger». Il s est senti gêné d avoir à utiliser ce mot «étranger» pour désigner ses élèves, en fait «ses enfants» avec qui il passe la moitié de ses journées, mais malheureusement il se devait d adapter sa phraséologie à la phraséologie en vigueur dans la société grecque. Chacun l aura compris, il ne ressent pas les enfants des autres nationalités comme «étrangers». S ils sont aujourd hui une partie de son travail, ils sont surtout une partie très particulière de sa vie. 6 Infra, pp

13 Remerciements Nombreux ont été ceux grâce à l aide et à la collaboration desquels ce travail a pu être réalisé. Toutefois, parmi eux je voudrais distinguer tout particulièrement deux personnes qui ont joué un rôle majeur dans l exécution de cette recherche. Tout d abord, je voudrais saluer Mme Dan Ferrand-Bechmann mon Professeur à l université Paris VIII en France et la remercier chaleureusement pour son aide et son soutien. Depuis cinq ans, elle n est pas seulement la directrice de ma thèse, mais surtout un bon guide généreux, patient, aux remarques pertinentes qui m ont permis d atteindre mon but initial : la construction d un travail scientifiquement complet. Merci beaucoup du fond de mon cœur. D autre part, je tiens aussi à faire part de toute ma reconnaissance, de mes plus vifs remerciements et adresser une pensée amicalement dévouée à M. Alexandros Dagkas, mon Professeur à l Université Aristote de Thessalonique en Grèce, qui a accepté tout de suite le processus de cotutelle de ma thèse et qui m a conseillé et qui me conseille encore sur une série de questions importantes touchant à ma progression scientifique et à mon cursus professionnel. Je n aurais garde d oublier M. le Professeur Bruno Péquignot à qui je sais gré de l honneur qu il m a fait d accepter d être membre du jury de ma soutenance de thèse. Quant à M. le Professeur Stavros Kamaroudis qui m a lui aussi fait l honneur de participer au jury de ma thèse et pour les discussions portant sur le matériau primaire, qu il veuille bien trouver ici l expression de ma reconnaissance. Mes remerciements vont également M. J.L. Satre qui s est chargé de la correction linguistique du texte ainsi qu aux professeurs de Lettres qui ont participé volontairement et avec patience et amabilité à la réalisation des entretiens. Enfin, je voudrais remercier ma femme Litsa Koutidou qui m a encouragé durant de la réalisation de ma recherche et qui, en plus d être la mère de nos deux enfants, a été et continue d être d un soutien et d un secours inappréciables

14 Introduction Dans le contexte international actuel, avec la mondialisation 7 économique et culturelle et après la chute des régimes d Europe de l Est, nous constatons, en Europe et ailleurs, un certain nombre de changements économiques, politiques et sociaux. Un des changements les plus marquants est le phénomène des migrations de populations, en provenance, surtout, des pays pauvres (Europe de l Est, Asie et Afrique). L homogénéité culturelle des pays occidentaux et européens se lézarde et laisse place à un nouvel état de fait dans lequel communautés locales, doctrines religieuses différentes et minorités ethniques coexistent. Dans les interactions de notre vie quotidienne, nous sommes appelés à trouver un accord avec des personnes toujours plus «étrangères», aux origines socioculturelles toujours plus diverses, sur des problèmes toujours plus complexes. L humanité est entrée dans une ère de civilisation multiculturelle (la coexistence de facto de différentes cultures ethniques et religieuses au sein d un même ensemble géographique ou national, par exemple) et la cohabitation culturelle devient une question fondamentale du XIXe siècle. Mais les problèmes de cette coexistence sont nombreux. Le nationalisme, le racisme, la xénophobie, le fanatisme religieux et la discrimination envers les «étrangers» qui n appartiennent pas à notre «famille», envers tous ceux qui se situent à la limite de notre civilisation, en particulier envers les travailleurs immigrés, risquent de se renforcer plus que jamais. Le débat sur «la pureté nationale et le danger de son altération», contre les politiques d intégration garde tout son importance, car il s agit de la cohésion et de la paix sociale. Les épurations ethniques dans l ancienne Yougoslavie en état de guerre civile, au cours des années 1990, la question de la Tchétchénie, du Rwanda, du Burundi, du Pakistan, la montée des partis nationalistes en Europe France, Autriche, Pays-Bas, Allemagne et la volonté de toutes les Églises chrétiennes officielles d intervenir dans la rédaction de la Constitution européenne en sont des preuves indéniables. Depuis les attentats du World Trade Center le 11 septembre 2001, le vieil antagonisme croisés / musulmans est ressuscité sous une nouvelle forme, celle du grand Satan occidental / peuple musulman. La violence religieuse prend des formes très différentes comme les bombes des «martyrs» en Israël, les attentats en Californie et dans l Illinois en 1999, les attaques contre les ambassades américaines en 1998, les bombes contre des cliniques d IVG en Alabama et en Géorgie en 1997, la destruction tragique du Fédéral 7 Infra, éclaircissement conceptuel de la notion Mondialisation, pp

15 Building à Oklahoma City en 1993, les bombes déposées par les activistes islamistes dans le métro de Paris, les bombes déposées par les nationalistes catholiques irlandais aux bus en Angleterre, les attaques islamiques des bateaux de croisière sur le Nil en Egypte, le conflit entre hindous et musulmans en Inde, entre chiites et sunnites en Irak et au Pakistan, entre protestants et catholiques en Irlande du Nord, les massacres des villages par le Front islamique en Algérie, l attaque dans trois gares de la capitale espagnole Madrid avec 198 morts et blessés en 2004, etc. En même temps, la question de la Turquie relative à l intégration de ce pays dans la Communauté européenne pose le problème de la coexistence pacifique avec un pays rattaché à l Islam dans une communauté traditionnellement judéochrétienne. Toutes les nouvelles situations, cette nouvelle donne que nous venons de décrire, ont eu un retentissement sur la société grecque qui envisage ces défis récents (mondialisation de l économie, déplacement de populations, mélange de cultures) avec suspicion. Cette suspicion augmente au même rythme qu un phénomène entièrement nouveau pour la réalité grecque depuis 20 ans : celui de l immigration. Plus précisément, la Grèce, pays qui exportait de la main d œuvre pendant les deux tiers du XXe siècle, s est transformée en pays «importateur». La Grèce fut traditionnellement un pays d émigration, jusque vers À partir de cette date, elle s est transformée radicalement en pays d immigration. L immigration d étrangers a été surtout sensible depuis la fin des années 1980, atteignant un maximum vers Depuis lors, quoique ralentie, l immigration d étrangers continue, avant tout depuis les pays de l Europe de l Est (Albanie), ainsi qu au départ des pays d Afrique et surtout d Asie. Depuis 1976 jusqu en 2000, soit en 25 ans, pas moins de immigrants sont venus habiter la Grèce, ce qui est considérable, correspondant pour la France à l arrivée de plus de sept millions de personnes. Il est à noter que ces migrants ne sont pas tous étrangers. Une importante partie d entre eux sont des Grecs rapatriés anciennement émigrés à l étranger (notamment en Allemagne), et revenus au pays après le premier choc pétrolier ( ), et surtout plusieurs centaines de milliers de Grecs pontiques qui habitaient de longue date en URSS, surtout en Géorgie, et qui ont décidé de se réinstaller en Grèce durant les années Leur qualité de descendance grecque leur a facilité l acquisition formelle de la nationalité grecque. La première vague d étrangers date du début des années Elle était surtout composée d Asiatiques (Philippins et Pakistanais occupés dans marine marchande grecque florissante) ou de Sri Lankais, mais également d Éthiopiens, de Soudanais et Égyptiens. À

16 partir des années 1990, une deuxième vague d immigrants bien plus importante s est formée, constituée surtout des immigrés originaires des anciens pays de l Est, en particulier des Albanais, des Polonais, et des ressortissants de l ensemble des pays pontiques (régions entourant la Mer Noire). 8 Bien que les statistiques officielles concernant les immigrés soient sujettes à caution, nous n avons guère d autre choix que de nous pencher sur le dernier recensement officiel de la population effectué en 2001 en Grèce pour donner une idée du phénomène. Ce recensement fait état de la présence de étrangers, c est-à-dire 7% de la population totale. Parmi eux, viennent des pays hors de la Communauté européenne, de la Communauté européenne ; les restants sont des Chypriotes. L absence de ce type de données dans les recensements précédents ne nous permet malheureusement pas de procéder à des recoupements ni à des comparaisons. Toutefois, selon une estimation de l Institut de la Politique de l Immigration (IMEPO), il semble que le nombre d immigrés présents aujourd hui en Grèce ait été multiplié par cinq par rapport aux chiffres de Une nouvelle estimation de l IMEPO, datée de , pose que les immigrants issus des pays hors de la Communauté européenne étaient presque , c est-à-dire environ 8% de la population totale. Si l on y ajoute aussi les Grecs rapatriés dont le nombre avoisine les , ainsi que les personnes en provenance des pays de la Communauté européenne, l ensemble des immigrants en Grèce se monterait-il à Ainsi des pays de la Communauté européenne de plus de 10 millions d habitants en 2008, c est la Grèce qui a la plus grande proportion d immigrés (presque12% de l ensemble de la population), l Espagne occupant la deuxième place (11%) et l Allemagne la troisième (8,9%). 11 Selon le même recensement officiel de la population (2001), plus de la moitié des étrangers en Grèce sont Albanais (52%), suivis par les Européens de l Est et des Balkans (22%), les Asiatiques (14%), les Arabes et Africains (12%) 12 : une proportion de 85% d entre eux a un emploi. Les métiers du bâtiment occupent 23% de cette population (surtout des Albanais) ; une proportion de 20% (originaires d Asie pour la plupart) est ouvriers et 8 Πνζνηηθή Γηάζηαζε θαη Χαξαθηεξηζηηθά ηεο Μεηαλάζηεπζεο (Dimension quantitative et caractéristiques de l immigration) [Ressource électronique] : Institut de la Politique de l Immigration, 2004, [réf. du 1 er novembre 2008]. Grèce. Disponible sur : pdf 9 Ibidem. 10 Infra, Annexe I (Tableau I), p Population of foreign citizens in the EU27 in 2008 (Population des citoyens étrangers en CE27 en 2008) [Ressource électronique] : Eurostat 2009 [réf. du 1 Janvier 2010] : France. Disponible sur : 12 Infra, Annexe I (Tableau II), p

17 techniciens ; les Arabes et Africains, qui constituent 13% de cette population active, sont vendeurs et commerçants. On compte également une proportion de 13% de femmes de ménage issues des Balkans et de l Europe de l Est. 13 Un autre phénomène, compréhensible mais néanmoins remarquable est que seule la Grèce, de tous les pays de la Communauté européenne, compte avec un seul pays d origine (l Albanie), plus de 50% de l ensemble des immigrants. Enfin, nous devons noter que la plus grande concentration d immigrants se trouve dans la municipalité d Athènes ( , soit 17% de la population totale), contre immigrants (7% de la population totale) dans la municipalité de Thessalonique. À Serrès (une des villes sur lesquelles porte notre recherche) la proportion est très faible, à peine 3%. L immigration clandestine, selon l IMEPO 14, compte au minimum, personnes qui vivent surtout dans le Centre d Athènes dans des conditions misérables. Bien sûr, l entrée des immigrants en Grèce n a pas été sans conséquences sur l école grecque. L homogénéité traditionnelle de la population «écolière» a été affectée par l arrivée des élèves étrangers. Alors que, voilà une décennie, ils n étaient que et représentaient seulement 0,6% de l ensemble de la population écolière, en on dénombrait élèves allochtones - étrangers et pour l année scolaire ils constituaient 6,8% ( ) de l ensemble de la population écolière. Avec 66% les petits albanais arrivent en tête des élèves étrangers, 10,58% proviennent de Bulgarie et 4,8% de Roumanie. 15 À Athènes et à Thessalonique, les deux plus grandes villes grecques, se concentre le plus fort taux d immigrants et par conséquent la plus grande proportion d élèves étrangers. Dans les établissements secondaires d Athènes (collège, lycée) on trouve 10,5% des élèves étrangers, c est-à-dire, en données chiffrées que sur un total de des élèves, sont étrangers. D autre part, toujours à Athènes, 80,2% des élèves étrangers sont d origine albanaise. Cette proportion est plus faible à Thessalonique où enfants sur scolarisés sont étrangers soit 6,7% du total. Les régions rurales sont aussi concernées par le phénomène mais dans une proportion beaucoup moins importante. Il convient en outre de signaler que dans certains arrondissements des grandes villes grecques et surtout d Athènes, 13 Dimension quantitative et caractéristiques de l immigration [Ressource électronique], op. cit. 14 Δθηίκεζε ηνπ Όγθνπ ηωλ Αιινδαπώλ πνπ Γηακέλνπλ Παξάλνκα ζηελ Διιάδα (Estimation de l ensemble des immigrants sans papiers en Grèce) [Ressource électronique] : Institut de la Politique de l Immigration 2008 [réf. du 20 octobre 2009]. Grèce. Disponible sur : 15 Infra, Annexe I (Tableau III), p

18 les écoles accueillent une proportion plus élevée d élèves étrangers (70% d élèves étrangers). 16 En Grèce, le Ministère de l Éducation et des Cultes, afin de mieux intégrer les élèves étrangers dans l école et dans la société grecque a créé les classes - accueil et les classes des séminaires (L. 2413/1996) dans lesquelles les instituteurs et les professeurs du Collège enseignent essentiellement la langue grecque aux élèves étrangers. Actuellement, il existe 322 classes accueil en fonctionnement sur l ensemble du territoire grec mais elles voient chaque année leur nombre d élèves diminuer. Dans le paysage éducatif grec, on trouve également une nouvelle institution : l École interculturelle. Actuellement existent 26 Écoles interculturelles dans lesquelles l ensemble des élèves est étranger et le programme scolaire comprend exclusivement des cours adaptés à ce public très ciblé. 17 Cette situation nouvelle l arrivée d étrangers en nombre a influencé idéologiquement et politiquement la société grecque. Alors que la société grecque était traditionnellement «fermée», on constate, actuellement, en raison de ce nouvel ordre des choses, un recul idéologique et un retour au conservatisme, malgré l appartenance de la Grèce à l Union européenne, la démocratisation de l État et l évolution économique. Dans un court laps de temps, l afflux de travailleurs immigrés venus des pays de l Est, surtout d Albanie, mais d autres pays aussi Pakistan, Philippines ainsi que les changements et les reclassements causés par la suppression de la protection sociale ont engendré un sentiment d insécurité et des manifestations de xénophobie. Bien qu institutionnellement il y ait une protection complète des droits des minorités et le droit à la liberté d expression, on constate néanmoins un décalage entre le cadre institutionnel et la mentalité de la société. Quotidiennement nous sommes les témoins de pratiques illégales et de corruption, de comportements extrêmes comme des livres qui sont brûlés par des «superpatriotes», d inégalités aux dépens des minorités religieuses, des homosexuels surtout à l armée, de propos injurieux à l égard des faibles, incapables de se défendre par eux-mêmes. Ceci passe aussi par des émissions télévisées qui, grâce à une large audience, manipulent la peur, la souffrance et le malheur, dans un but commercial. 16 Infra, Annexe I (Tableau IV), p Μεηαλάζηεπζε ζηελ Διιάδα θαη Δθπαίδεπζε (Immigration en Grèce et éducation) [Ressource électronique] : Institut de la Politique de l Immigration, 2004 [réf. du 15 octobre 2008]. Grèce. Disponible sur : pp

19 Un symptôme caractéristique de ce recul idéologique de la société grecque est la volonté de l Église orthodoxe grecque de jouer un rôle principal dans les affaires publiques de la Grèce et l écho positif que trouve cette volonté dans la société. Une série d événements, mentionnés chronologiquement plus bas, nous le prouve. Plus précisément, au début des années 90, le nationalisme a connu dans la société grecque un développement important. Les signes de cette progression abondent. La communauté européenne, à cause du démantèlement de la Yougoslavie, reconnaît l Ancienne République yougoslave de Macédoine (ARYM ou FYROM en anglais) sous le nom officiel de Macédoine. Mais l Église de Grèce, soutenue par la plupart des partis grecs excepté certains groupes de la Gauche extraparlementaire a organisé deux manifestations de masse à Thessalonique (14 février 1992) et à Athènes (10 décembre 1992), contre la désignation du FYROM sous l appellation «Macédoine». 18 Plus tard, en juin 2000, le problème des «cartes d identité» s est posé, le gouvernement ayant décidé de supprimer la mention de la confession sur la carte d identité nationale. L Église Orthodoxe de Grèce et une grande partie de la société ont organisé deux grandes manifestations Thessalonique (14 juin 2000) et Athènes (21 juin 2000) et fait des pétitions pour exiger un referendum sur le sujet. Les signataires grecs ont ainsi soutenu, indirectement, la possibilité pour l Église d intervenir dans la vie politique. Ce problème a suscité de nouveau des questions qui concernent le rôle de l Orthodoxie dans la continuité de la nation grecque et de la construction de l État moderne grec, de la tradition religieuse orthodoxe et de la tolérance religieuse, de la «qualité de la démocratie» dans notre société, de la «nouvelle identité européenne» et du danger de l altération de l identité nationale et religieuse des Grecs d aujourd hui. 19 Simultanément, l Église de Grèce revendique et joue un rôle de grande ampleur dans la vie de la société grecque et dans les affaires politiques. Cette importance transparaît d abord dans la dénomination «Ministère de l Éducation et des Cultes» qui rend parfaitement compte de la non-séparation de l Église et de l État ; d autre part, la distinction fondamentale entre la connaissance scientifique et la foi est abolie par l enseignement exclusif à l École publique du dogme chrétien orthodoxe. En outre, cette religion majoritaire, aux bases historiques solides, semble jouir, par rapport aux autres confessions, des faveurs du régime qui pénalise de surcroît le prosélytisme. Enfin, le serment religieux obligatoire et omniprésent dans toutes les attributions de charges ou remise de diplômes, ainsi que les 18 Tous les journaux grecs le 15 ème février et le 11 ème décembre Tous les journaux grecs le 15 ème juin et le 22 ème juin

20 interventions quotidiennes de l Église dans la vie publique prouvent l étendue de son influence. Enfin, nous nous devons de mentionner qu en Grèce il n y a pas de séparation institutionnelle entre l État et l Église et par conséquent l Église Orthodoxe grecque constitue une institution étatique et de ce fait une force organisationnelle et idéologique. Précisément, l article 3 de la constitution grecque fait référence aux rapports entre l Église et l État en soulignant que : «La religion dominante en Grèce est celle de l Église Orthodoxe Orientale du Christ. L Église Orthodoxe de Grèce, reconnaissant pour Chef Notre Seigneur Jésus- Christ, est indissolublement unie, quant au dogme, à la Grande Église de Constantinople et à toute autre Église chrétienne du même dogme, observant immuablement, comme celles-ci, les saints canons apostoliques et synodiques ainsi que les saintes traditions» 20. Mais bien que les deux premiers paragraphes de l article 13 de la même constitution déclarent que : «1. La liberté de la conscience religieuse est inviolable. La jouissance des libertés publiques et des droits civiques ne dépend pas des convictions religieuses de chacun. 2. Toute connue est libre, et les pratiques de son culte s exercent sans entrave sous la protection des lois. Il n est pas permis que l exercice du culte porte atteinte à l ordre public ou aux bonnes mœurs. Le prosélytisme est interdit» 21, pourtant, pour une série de raisons historiques, développées plus bas dans notre travail, le poids de l Église est considérable dans les questions idéologiques de la société grecque. Les trois références ci-dessus concernant l Église orthodoxe grecque témoignent du rôle déterminant qu elle joue dans la société actuelle en Grèce. Dans le cadre des évolutions historiques concrètes, l Église Orthodoxe de Grèce trouve les conditions idéales pour être présentée comme la gardienne spirituelle de la nation grecque car dans l imaginaire grec actuel, l idée demeure très vivante que le Patriarcat a contribué à la continuité de la nation grecque et qu il a présidé à la préparation et à l éclatement de la révolution d Indépendance. Pour cette raison l Église Orthodoxe de Grèce ne se limite pas à son rôle en tant qu une institution spirituelle mais elle revendique un rôle déterminant dans les affaires politiques et surtout dans les directions idéologiques de la société grecque. Malgré des ouvertures idéologiques sporadiques, l Église orthodoxe de Grèce se défie des nouvelles idées. Les références récurrentes de l ex Archevêque d Athènes pour le retour «à la tradition et aux 20 Constitution de la Grèce [Ressource électronique] : République Hellénique - Ambassade de Grèce [réf. du 15 juin 2009]. Grèce. Disponible sur: 21 Ibidem

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