Des cartes et des terminaux. 25 ans de paiements électroniques en Belgique

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1 25 ans de paiements électroniques en Belgique

2 Des cartes 25 ans de paiements électroniques en Belgique et des terminaux

3 4 5 TABLE DES MATIERES Avant-propos Introduction. La Belgique, pionnière des technologies de paiement Texte principal Une histoire d hommes, de défis et de succès Une carte, de multiples possibilités Quand la collaboration fait la force Une mentalité de pointe La sécurité, une obsession payante Des solutions pour particuliers et entreprises Encadrés International. La Belgique dans le peloton de tête mondial Technologie. Cinq secondes pour mobiliser tout le secteur financier Produit. La Belgique, pays à forte densité d innovation Société. Le paiement électronique vu par le consommateur belge Interview Une ingéniosité au service du confort et de la sécurité et avant. Les prémices de l ère électronique Texte principal De la pièce métallique aux premiers distributeurs de billets Les siècles passent, la monnaie s allège Le chèque : nouvelle alternative aux espèces Le compte en banque devient incontournable Une nécessité d automatisation Expériences isolées des premiers distributeurs de billets Premiers résultats de la collaboration interbancaire Encadrés Produit. Le chèque, un siècle et puis s en va Technologie. Bankomat feu vert pour la distribution automatique de billets International. S.W.I.F.T. l automatisation des télex Société. Le numéro de compte Interview La Belgique, un cas atypique

4 Les premiers réseaux de guichets automatiques Vers une infrastructure unique Texte principal Mise au point de deux systèmes concurrents Efforts de construction d un réseau national Les discussions se poursuivent à trois La course à l innovation Un succès commercial encourageant En phase avec les besoins de la vie moderne Petites et grandes banques rejoignent le système Encadrés Produit. Les guichets automatiques, une histoire de partenariats International. Les retraits aux guichets automatiques, même en vacances Technologie. Une chambre de compensation de plus en plus sollicitée Société. Postomat, le troisième réseau Texte principal Compatibilité et fusion des réseaux Mister Cash et Bancontact Extension rapide des réseaux Une lourde facture pour les banques Une compatibilité bienvenue Le congrès de Vienne La fusion prend forme Le réseau unique se construit Encadrés Produit. Naissance de la gamme de terminaux C-ZAM Technologie. De Baxnet à Banknet un réseau toujours plus performant Société. Banksys, un service crucial pour l économie belge International. BEST une décennie de connexions bilatérales Interview Une dynamique interbancaire pragmatique 74 Interview La coopétition bancaire belge Le développement des paiements par carte La carte de crédit entre dans les mœurs Texte principal Adoption des transactions électroniques dans les points de vente Un élan national Une technologie inédite Les sociétés pétrolières aux avant-gardes Premiers paiements par carte dans les stations Shell La carte carburant emboîte le pas La grande distribution intéressée à son tour Quand la concurrence freine le développement technologique Désaccords et compatibilité Encadrés Technologie. La Belgique on line dès la fin des années 70 Produit. Le terminal du self-service pétrolier International. Bancontact et les réseaux européens Société. Des négociations serrées sous fond d insécurité Texte principal D une carte élitiste à un mode de paiement quotidien Du délai de paiement au crédit L Europe lance la carte Eurocard Apparition des cartes de crédit grand public La carte de crédit à 800 francs Recherche de synergies entre Visa et Eurocard Encadrés Société. L eurochèque ouvre la voie aux cartes de crédit Produit. Le sabot résiste à l ère électronique International. EMV la nouvelle norme sécuritaire pour les cartes de paiement Technologie. Le crédit se décline en plusieurs formules Interview Les Belges peu enthousiastes face au revolving credit 62 Interview Un benchmark mondial

5 La Belgique lance le premier porte-monnaie électronique multi-sectoriel Texte principal La carte à puce, un petit produit qui deviendra grand Une réponse au besoin de sécurisation des transactions Une première mondiale Toute la chaîne de paiement est concernée Naissance de Proton Une promotion finement orchestrée Un saut de puce au-delà du monde bancaire Une adoption lente Encadrés Produit. Proton révolutionne la conception des terminaux Technologie. La carte à puce, petite merveille technologique International. La technologie Proton traverse les frontières Société. La carte d identité sociale L euro devient une réalité quotidienne Texte principal La Belgique : une transition exemplaire Une devise chargée d histoire Une orchestration nationale Une révolution silencieuse jusqu en 1999 Premières manifestations de l euro Un effort de communication concerté Janvier 2002 : les guichets automatiques distribuent des euros Encadrés Technologie. L euro, apparition en deux temps Produit. Le C-ZAM/SMASH, résolument tourné vers l avenir Société. Une réussite longuement préparée International. Des paiements internationaux moins chers Interview La Belgique, le bon élève européen 96 Interview Proton : unique à plus d un égard 2003 et après. A l aube des paiements de demain L essor du commerce électronique Texte principal Internet réinvente le paiement à distance Réelle croissance du virtuel Un monde bancaire initialement dépassé Les débuts de la sécurité sur Internet La réaction des banques belges La réponse 3D secure Guichets automatiques à domicile Un logiciel bancaire unique pour entreprises Encadrés Produit. Le C-ZAM/PC ouvre les portes de l Internet sécurisé Technologie. Les paiements belges en toute sécurité International. La Belgique rattrape son retard en matière d ecommerce Société. Isabel, la plate-forme bancaire au service des entreprises Interview Une valeur sûre pour les entreprises belges de toutes tailles Texte principal Des solutions plus mobiles et tournées vers l international L internationalisation des flux financiers Un espace unique de paiement européen De nouvelles niches mobiles sur les marchés nationaux Des solutions portables et légères Des relations axées sur le long terme Intégrer de nouveaux arrivants Encadrés International. SiNSYS, première joint-venture entre opérateurs européens Produit. C-ZAM/XENTA, le prêt-à-porter du terminal Technologie. Mobile banxafe, le terminal de poche Société. Les frais cachés de l argent liquide Interview A chaque niche de marché son application Postface Annexes

6 10 11 Avant-propos 25 années de cartes de paiement et de distributeurs automatiques, 15 années de Banksys : deux anniversaires que les banques belges et leur filiale spécialisée, Banksys, ne pouvaient laisser passer inaperçus. A cette occasion, il n est pas illégitime de se pencher sur le passé, sur ce qui a été réalisé et sur les résultats obtenus. Une telle réflexion suscite en moi deux sentiments, faits d admiration et de fierté. Admiration, car si l on se penche sur les 25 dernières années, on est surpris de voir à quelle vitesse et de quelle manière les habitudes de paiement des particuliers se sont modifiées. A la fin des années 70, outre le virement bien ancré dans les moeurs, c est le paiement en liquide ou par chèque qui règne en maître, le plus souvent au travers d un eurochèque garanti. Quelque 25 ans plus tard, le chèque a pratiquement disparu et la Belgique est en passe de devenir un pays où cet instrument de paiement n a plus cours. Du point de vue du nombre d opérations, l argent liquide demeure le moyen de paiement le plus fréquent mais, d année en année, on évolue vers une société où celui-ci a de moins en moins sa place. Il subsiste donc toujours un énorme potentiel pour le paiement électronique. Le virement est resté l instrument de paiement non liquide le plus utilisé, de sa forme purement manuelle à sa forme entièrement électronique. Au cours des 25 dernières années, la percée du paiement par carte et des automates a été décisive. Chaque Belge dispose aujourd hui d une carte de débit lui permettant certes de retirer de l argent liquide,

7 12 13 en Belgique comme à l étranger, mais surtout d effectuer de très nombreux paiements lors de l achat de biens et services. La carte et le service Bancontact/Mister Cash, au travers desquels seront vraisemblablement effectués quelque 600 millions de paiements en Belgique d ici la fin 2004, sont devenus un équipement de base très populaire et, de surcroît, crucial dans notre pays : notre économie et notre société ne sont plus concevables sans la carte de débit. En outre, le porte-monnaie électronique, sous la marque Proton, lancé au milieu des années 90, a acquis une place, certes modeste, mais non négligeable pour certaines applications. Comme pratiquement partout en Europe occidentale, la carte de crédit a également revendiqué sa place, principalement à partir des années 90, surtout au sein de la population plus aisée et, en particulier, pour les paiements moins courants. S appuyant sur une tradition de collaboration déjà très bien développée dans les années 70 en matière de normalisation technique et de traitement opérationnel des paiements, les banques belges ont décidé, à la fin des années 70, d équiper le pays de moyens de paiement nouveaux et prometteurs. Ceci s est fait par le biais d une collaboration technique et opérationnelle fructueuse, fondée sur le respect d une autonomie commerciale totale de chaque banque. Ces nouvelles formes de paiement se basent sur l utilisation de la technologie de la carte. La carte à piste magnétique dans une première phase et, progressivement depuis la deuxième moitié des années 90, la carte à puce. Dans les années 80, les banques belges ont en outre eu la sagesse de concentrer les efforts en la matière, dans un premier temps sur deux sociétés distinctes, Mister Cash et Bancontact, et, dès 1989, sur une seule entreprise, Banksys. Celle-ci fut constituée afin de mieux valoriser les effets d échelle et d employer plus efficacement les compétences de chacun au bénéfice de leurs clients, titulaires de cartes et commerçants. Un sentiment de fierté au regard des réalisations obtenues est sans aucun doute justifié. Peu de pays ont réussi à développer avec une telle qualité le paiement par cartes. La mise en place d un système de paiement au moyen d une carte de débit, dès l origine en ligne et en temps réel, a initialement constitué une entreprise risquée qui, depuis lors, a prouvé toute sa fiabilité. De ce point de vue, de même qu en matière de disponibilité, de sécurité, de convivialité et de rentabilité, notre pays fait certainement partie du peloton de tête mondial. S agissant de la tarification du service pour les titulaires de cartes et les commerçants, la Belgique fait généralement partie des pays les meilleurs marché au monde ; c est ce qui ressort régulièrement de comparaisons internationales. Forte du soutien inconditionnel de ses actionnaires/clients et, partant, de pratiquement toutes les banques belges de détail, Banksys a joué un rôle clé dans cette évolution et continuera à le faire dans les années à venir. C est pourquoi il convient de saluer la motivation et les compétences dont font preuve les très nombreux collaborateurs de Bancontact/Mister Cash et de Banksys, agissant en étroite collaboration avec les banques belges, sans lesquelles rien de tout cela n aurait été possible. A cet égard, je tiens à souligner en particulier le rôle crucial et énergique joué durant de nombreuses années, et jusqu à son décès en 1998, par Guy Alloin, administrateur délégué de Bancontact et, ensuite, de Banksys. Par ailleurs, les banques belges ont également permis que Banksys, outre sa mission principale de processeur d opérations par cartes, déploie en parallèle une activité, reconnue internationalement, en matière d innovation technologique de pointe. Et cela pour ce qui est du développement et de la diffusion de nouvelles technologies en matière de paiement, plus particulièrement en termes de terminaux, de schémas et protocoles de traitement, et de solutions de sécurité. La technologie de la carte Proton, à présent utilisée dans de très nombreux pays, a au demeurant été développée au sein de Banksys au cours des années 90. Il s agissait là d une véritable prouesse technique. On ne saurait sous-estimer la valeur ajoutée que cette activité technologique complémentaire apporte à maints égards. Il faut aussi souligner que les banques belges ont investi des sommes considérables, et cela pendant des années, sans en tirer aucun bénéfice à court terme. Ce n est que dans les années 90 que Banksys a pu commencer à réaliser un résultat positif.

8 14 15 Il y a donc, en cet automne 2004, suffisamment de raisons de célébrer ce double anniversaire par le biais d une série d initiatives, centrées autour d un symposium, de colloques thématiques et d une exposition. Tout ceci sans autosatisfaction ni fausse modestie. Un ouvrage de référence historique, offrant une synthèse de cette passionnante évolution du contexte bancaire belge, était tout à fait indiqué. Je souhaite à cet effet adresser mes plus sincères remerciements aux journalistes Christophe Van Overstraeten et Marie Bryon, qui ont assuré la rédaction de cet excellent texte. Je tiens également à remercier les nombreux collaborateurs des banques belges et de Banksys, ainsi que les administrateurs, anciens et actuels, de Banksys et des autres organisations interbancaires qui ont bien volontiers accepté de faire part de leurs souvenirs aux rédacteurs de l ouvrage. Une telle synthèse est d évidence incomplète, mais je crois ne pas me tromper en indiquant que quiconque lira cette histoire des cartes et des terminaux en Belgique au cours des 25 dernières années, partagera avec plaisir mon sentiment d admiration et de fierté. Jean Colaut Président du Conseil d administration de Banksys

9 17 Introduction La Belgique, pionnière des technologies de paiement Une histoire d hommes, de défis et de succès Solidement ancrée dans les habitudes du consommateur belge, la carte bancaire synthétise à elle seule les spécificités de notre système de paiement électronique. Fruit d une collaboration interbancaire pragmatique, elle offre un nombre impressionnant de fonctions, pour un coût parmi les plus avantageux au monde. Notre pays se démarque aussi par son niveau de sécurité très élevé, non seulement au niveau des paiements par carte, mais aussi au niveau de la gestion bancaire à distance dont profitent entreprises, commerces et particuliers. Un savoir-faire soutenu depuis 25 ans par quelques acteurs économiques incontournables, dotés d une vision à long terme et disposés à investir les fonds nécessaires.

10 18 19 Une carte, de multiples possibilités Retrait d argent à un distributeur automatique, accès au self banking, réception d extraits de compte, règlement d un plein de carburant dans une station-service, petit achat à un automate, rechargement d une carte de téléphone prépayée, usage du porte-monnaie électronique Les fonctions qu offre la carte bancaire sont multiples en Belgique. Si cette gamme étendue de produits et services informatisés n étonne plus, elle place toutefois notre pays parmi les plus avancés en matière de cartes de débit. Sur ce marché, en effet, les Belges bénéficient d une technologie de haut niveau, qui leur est proposée pour un tarif des plus faibles au monde, avec lequel seuls les Pays-Bas rivalisent. Situé entre 30 et 40 euros par an selon les banques, ce montant couvre toutes les opérations liées aux cartes de débit, y compris la tenue du compte. Il contribue au taux de pénétration élevé que connaissent les cartes de type Bancontact/ Mister Cash dans notre pays. Ces cartes sont aujourd hui au nombre de dix millions et leur utilisation ne cesse d augmenter, passant de 379 millions d opérations (retraits d argent et paiements aux terminaux points de vente) en 2000, à plus de 620 millions en En 2003 toujours, le nombre total de transactions effectuées par cartes bancaires (débit, crédit, Proton et cartes d entreprises) atteint près de 900 millions. Quand la collaboration fait la force Le succès de la carte de débit en Belgique doit beaucoup à la stratégie suivie par les principales institutions financières nationales, et ce depuis les débuts de l automatisation des procédures bancaires. Bien que leur secteur soit soumis à rude concurrence, les décideurs des banques belges ont très tôt compris que la mise en commun de certaines ressources leur permettrait d aller plus loin dans le développement de nouvelles technologies. Leur vision fera évoluer le système belge vers un espace de paiement unique, au sein duquel les normes sont établies et respectées par l ensemble des intervenants. Ceci afin d obtenir des procédures et équipements uniformes, facteur indispensable à une adoption massive ainsi qu à la génération d économies d échelle pour l ensemble des acteurs. INTERNATIONAL La Belgique dans le peloton de tête mondial De nombreuses études mentionnent les avancées de la Belgique dans le domaine des transactions électroniques. Nos systèmes de paiement présentent des différences notables par rapport à ceux déployés ailleurs. Ainsi, l usage de la carte de débit est bien plus développé dans notre pays qu aux Etats-Unis, par exemple. Cette caractéristique est gage d une plus grande sécurité des paiements, et traduit une culture belge encore réticente au crédit. D autre part, les chèques ont virtuellement disparu de la circulation en Belgique (3,8% du nombre total de transactions). Aux Etats-Unis et en France, ils représentent encore une fraction importante des paiements (respectivement 53,5% et 35,4%), ce qui génère une plus grande lourdeur administrative et des frais de traitement supplémentaires. De plus, les Américains et les Français ne bénéficient pas des facilités et des gains d efficacité liés notamment au numéro de compte uniforme ou au formulaire de virement standardisé. En matière d habitudes de paiement électronique, ce sont les pays scandinaves qui présentent l avancée la plus importante puisque, par exemple, il est déjà possible d y payer une boisson à un automate par GSM. Par ailleurs, le cas particulier de la Norvège montre que le potentiel des paiements par carte est encore énorme en Belgique. Ainsi, les Norvégiens réalisent un volume de transactions similaire à celui de notre pays, pour une population deux fois moins importante Utilisation des outils de paiement (non cash) Comparaison internationale pour 2002 (en % du nombre total d opérations) Pays Virements Chèques Cartes de débit, Porte-monnaie Domiciliations et assimilés et assimilés cartes de crédit, électronique (Direct Debits) cartes privatives Belgique 46,9 1,7 34,6 7,0 9,8 Allemagne 45,0 1,2 16,6 0,3 36,9 France 18,7 34,2 30,6 0,1 16,3 Pays-Bas 37,0 neg 32,8 2,6 27,6 Royaume-Uni 17,7 21,0 41,2 0 20,1 Etats-Unis 5,0 49,8 41,7 0 3,4 Zone euro 30,1 13,8 29,6 0,7 26,7 (Source : Blue Book 04/2004 & Red Book 03/2004)

11 20 21 Estimation de l utilisation des outils de paiement en Belgique Nombre Part relative en 2002 d opérations (en millions) (en %) Virements et assimilés 511,8 674, ,9 Chèques et assimilés 193,8 86,9 29 1,7 Domiciliations 73,2 117, ,8 Cartes de débit, cartes de crédit 119,3 342, ,6 et cartes privatives Monnaie électronique - 28, TOTAL 898, , ,0 (source : ABB, Blue Book 04/2004 & Red Book 03/2004) Le consommateur belge peut choisir entre une panoplie d outils de paiement. La sécurité, une obsession payante Dès le début, nos ingénieurs accordent une attention particulière à la protection des données transférées. Du premier distributeur de billets avec carte perforée au dernier terminal mobile de paiement, la sécurité constitue une condition sine qua non au développement de nouvelles technologies. Anticipant généralement les standards à venir, les systèmes de paiement électronique belges ont toujours utilisé des technologies de pointe en matière de sécurité. TECHNOLOGIE L association d un code secret à la lecture de carte ; la vérification du solde du compte bancaire de l acheteur en temps réel ; la mise en place du service Card Stop au niveau national, destiné à faire bloquer immédiatement sa carte en cas de perte ou de vol ; le développement de la signature électronique grâce à une carte à puce munie d un système de cryptage efficace Voilà quelques-unes des applications qui permettent à la Belgique d enregistrer l un des taux de fraude les plus faibles au monde. Dans un tel contexte de relations tantôt rivales, tantôt alliées, le concours de tiers s est avéré précieux. En stimulant les banques de façon plus ou moins active selon les époques et les initiatives, des institutions telles que la Banque nationale de Belgique (BNB) et l Association belge des Banques (ABB) ont facilité, voire initié ces projets déterminants pour le bon déroulement des flux de paiement. Une mentalité de pointe Ce dynamisme communautaire a maintes fois conféré à notre système financier une réputation de pionnier. Car derrière chaque concept technologique nouveau, il s est trouvé chez nous des hommes prêts à collaborer pour se lancer dans le projet. L histoire du paiement informatique belge est émaillée d exemples de ces idées avant-gardistes défendues par une équipe d entrepreneurs et d ingénieurs compétents. Ainsi, c est en Belgique qu est effectué le premier paiement électronique aux pompes à essence. L événement remonte à plus de 20 ans et, aujourd hui encore, de nombreux pays n offrent toujours pas la possibilité à leurs automobilistes de régler leur plein par carte directement à la pompe (station entièrement automatisée), 24 heures sur 24. Moins spectaculaires pour la population, l introduction de la structure uniforme du numéro de compte et l instauration du formulaire de virement unique, au début des années 70, constituent toutefois une véritable révolution pour la sphère financière belge. Cette normalisation donnera lieu, en 1974, à la création du Centre d Echange d opérations et de Compensation (CEC). Cinq secondes pour mobiliser tout le secteur financier A force de faire le geste, le consommateur belge ne s interroge même plus sur la technologie qui se cache derrière le paiement par carte Bancontact/Mister Cash. De l introduction de celle-ci dans le terminal à l autorisation de la transaction, cinq secondes à peine s écoulent. Le temps qu il faut pour assurer une sécurité optimale : La carte est insérée par le client dans le terminal, après quoi le commerçant introduit le montant de la transaction. Le client introduit son code secret via le clavier, ce qui engendre la connexion entre le terminal du point de vente et l ordinateur central du gestionnaire de réseau. Immédiatement, ce dernier vérifie la validité de la carte (opération qui assure au commerçant que la carte n est ni bloquée, ni volée) et le code secret associé (ce qui permet d identifier l auteur du paiement). Une liaison est alors établie entre l ordinateur central et la banque du client, afin de consulter le solde disponible. En cas d autorisation de la transaction, un signal est envoyé au terminal du point de vente pour permettre au paiement d être effectué.

12 22 23 Des solutions pour particuliers et entreprises Forte de ses atouts technologiques et humains, la Belgique s est hissée dans le peloton de tête des applications d ebanking. Isabel, interface de gestion dédiée aux entreprises, témoigne de la connaissance belge en la matière. Ce système électronique multibancaire, premier du genre en Europe, offre aux sociétés de toutes tailles et de tous Une carte, de multiples possibilités secteurs une solution pour effectuer l ensemble de leurs opérations sur compte (consultations de soldes, ordres de paiement ) au départ d un ordinateur. Les entreprises qui adhèrent à Isabel bénéficient du STP (Straight Through Processing), autrement dit le traitement entièrement automatique des informations, depuis l ordre de transaction jusqu à la régularisation des comptes bancaires concernés par l opération. PRODUIT La Belgique, pays à forte densité d innovation Depuis 25 ans, notre pays se distingue par une capacité d innovation impressionnante dans le domaine des technologies de paiement. Nos ingénieurs ont notamment été dans le peloton de tête pour les avancées suivantes : Le retrait d argent par carte bancaire à un distributeur automatique de billets interbancaire, avec vérification on line du solde. Le paiement électronique à une station d essence via un terminal de paiement extérieur (Payment Terminal Outdoor). La vérification on line (immédiate) des données relatives au compte du porteur de carte. Le module de sécurité DEP (Data Encryption Peripheral). Installé sur un serveur ou un ordinateur, ce périphérique intègre différents dispositifs de sécurité performants. L algorithme de cryptage Rijndael, inventé par deux Belges, Vincent Rijmen (KUL) et Joan Daemen (ex-banksys). L algorithme fait désormais partie des standards de sécurisation des transactions en ligne. Il a notamment été choisi par le gouvernement américain. L instauration de TRASEC (TRAnsaction SECurity), système de sécurisation des communications électroniques entre les entreprises et leurs banques, basé sur l usage d une carte à puce et d une signature électronique. La création d Isabel, plate-forme interbancaire unique également destinée aux entrepreneurs belges en complète l offre de services. Le système STEPS (Standard European Payment System), logiciel gérant toutes les fonctions relatives aux paiements électroniques et aux retraits d argent, et qui fut adopté par plusieurs pays européens. Le porte-monnaie électronique rechargeable, baptisé Proton en Belgique. La carte SIS, carte de sécurité sociale électronique.

13 24 25 SOCIETE Le paiement électronique vu par le consommateur belge Dans le cadre de son quinzième anniversaire, Banksys a fait réaliser en juillet 2004 un sondage d opinion à grande échelle. L objectif était d analyser la perception qu ont les Belges du paiement électronique, et d évaluer leurs attentes vis-à-vis de ce mode de paiement. L enquête, réalisée avec l aide scientifique de la Vrije Universiteit Brussel (VUB), a été effectuée par la société d étude de marché Ipsos. Celle-ci a interrogé pas moins de personnes âgées de 15 ans et plus. Les résultats indiquent clairement que l utilisation des cartes de paiement est fort répandue. Quelque 98% des Belges connaissent la carte Bancontact/Mister Cash et 86% d entre eux l utilisent effectivement. Dans le cas de Proton, ces chiffres sont respectivement de 89% et 31%. La fonction Proton est la plus communément utilisée chez les personnes de 15 à 35 ans. L on pourrait même dire qu après toutes ces années, la carte Bancontact/Mister Cash est devenue quasiment indispensable pour le consommateur belge. Ainsi, 71% des personnes interrogées déclarent ne pas pouvoir se passer de carte de débit pendant plus d une semaine. Pour 20% d entre elles, cette carte est même une nécessité quotidienne. En outre, il est remarquable de noter que s il était possible de payer partout par carte, un tiers des participants à l étude cesserait de recourir à l argent liquide. Interrogés sur les caractéristiques principales qu ils attendent d un moyen de paiement, les Belges songent avant tout à la sécurité (54%), au côté pratique (50%) et à la fiabilité (39%). Même les personnes qui n utilisent pas Bancontact/Mister Cash et Proton reconnaissent que ceux-ci satisfont à ces points. Du côté des inconvénients, les personnes interrogées soulignent que les moyens de paiement électronique sont insuffisamment anonymes et permettent un moindre contrôle des dépenses. Ces outils de paiement leur apparaissent en outre trop chers. Quant aux paiements par carte effectués par les particuliers, leur traitement dépend en grande partie de Banksys, société issue du regroupement des consortiums bancaires Mister Cash et Bancontact. Pour assurer une communication sans faille entre les différents éléments de la chaîne de paiement (terminaux aux points de vente, dans les stations d essence, ordinateur central, agences bancaires ), Banksys a mis en place son propre réseau de télécommunication. Constituée de lignes louées auprès de Belgacom, l infrastructure est dite redondante, ce qui a pour conséquence d éviter la rupture de communication en cas de panne. Situation assez unique au monde, la société associe deux types d activités : le traitement des paiements électroniques, activité de base, et le développement de Evolution du nombre de cartes de paiement en circulation Nombre de cartes de paiement (en milliers) Cartes de garantie eurochèque* Cartes Bancontact/Mister Cash Cartes de crédit Cartes avec la fonction Proton ** Cartes avec la fonction Maestro (source : calculs ABB sur données Banksys, Europay Belgium, Visa Belgium) * la garantie eurochèque a été supprimée au 31/12/2001. En vue de cette suppression, les cartes de garantie ont été progressivement retirées de la circulation au cours de l année ** dont 2,1 millions activées Le dernier modèle de la gamme PTO (Payment Terminal Outdoor) pour stations-service symbolise la capacité d innovation du secteur bancaire belge. Le nombre de cartes de paiement en circulation en Belgique ne cesse de croître. technologies de paiement (terminaux, technologies de cartes, protocoles et solutions de sécurité), activité complémentaire d innovation. La combinaison de l expertise dans ces deux matières correspond à une vision end-to-end qui reflète la volonté de maîtriser tous les aspects d un paiement électronique, d un bout à l autre. Tout cela n aurait pas été possible sans le soutien des banques qui, pendant des années, ont investi sans bénéfices des dizaines de millions d euros (il est difficile d obtenir un chiffre précis a posteriori) dans le développement de solutions et de technologies de paiement de haut niveau. Cette expertise a permis à Banksys de jouer un rôle avant-gardiste dans maints domaines technologiques. Résultat de 25 années d efforts, la réussite du système de paiement électronique belge s exprime aujourd hui à chaque transaction par carte.

14 26 27 INTERVIEW Une ingéniosité au service du confort et de la sécurité Administrateur délégué de Banksys depuis janvier 2003, Dirk Syx a passé de nombreuses années à la Kredietbank, où il a notamment été en charge des systèmes de paiement. Il porte un regard éclairé sur le savoir-faire belge en la matière. En quoi la Belgique est-elle à l origine d innovations remarquables dans le domaine du paiement électronique? Dirk Syx : «La Belgique fut le tout premier pays à instaurer un système de paiement par carte de débit avec vérification en temps réel des données du porteur de carte. En outre, la vision de nos ingénieurs a permis de mettre sur pied une infrastructure efficace et appréciée des commerçants et des consommateurs. Songeons au paie- ment automatique aux stations d essence, 24 heures sur 24. Ce service a véritablement constitué le moteur du développement des paiements par carte en Belgique. D autre part, c est au sein de Banksys qu a été développée la technologie de la carte Proton, qui peut être utilisée pour de multiples applications.» La sécurité a toujours été au centre des préoccupations des ingénieurs belges. Quel est aujourd hui le degré de sécurité de notre réseau? Dirk Syx : «Les statistiques révèlent que le réseau de paiement électronique belge est parmi les plus sûrs au monde. Dans le cas de Bancontact/Mister Cash et de Proton, le taux de fraude est inférieur à 0,001%. En outre, le service Card Stop nous permet de réagir rapidement afin de bloquer toute carte volée ou perdue. Enfin, notre pays est parmi les plus avancés en Europe en ce qui concerne les préparatifs pour la norme EMV. Celle-ci devrait fortement diminuer certaines formes de fraude par carte, comme la contrefaçon. Elle implique l adaptation de l ensemble des terminaux et des cartes de crédit, ce qui devrait être largement accompli en Belgique dès la fin 2004.»

15 et avant < > Les prémices de l ère électronique De la pièce métallique aux premiers distributeurs de billets 01 Si pendant longtemps la monnaie fiduciaire constitue le mode de paiement privilégié, le vingtième siècle voit la montée en force de la monnaie scripturale. Dès la fin des années 60, les chèques, puis les virements, connaissent une popularité croissante. Cette évolution, qui va de pair avec une explosion du nombre de comptes bancaires, amène très tôt les banques à automatiser un grand nombre de procédures. La collaboration interbancaire exemplaire qui se développe lors de l élaboration de systèmes informatisés communs pose les jalons de la success story belge.

16 30 31 Monnaie scripturale Monnaie fiduciaire millions d euros ,4% > 45,6% > 45,6% > 54,4% > Les siècles passent, la monnaie s allège Depuis toujours, les activités de commerce requièrent l utilisation d un moyen d échange. Le troc, peu commode, cède rapidement la place à des moyens de paiement plus faciles à utiliser. C est en réponse à cette difficulté qu apparaît la monnaie au cours de l Antiquité. La monnaie prendra plusieurs formes au cours de l Histoire. Le premier instrument d échange que l on puisse réellement appeler mon- Ancienne pièce de monnaie naie est constitué de pièces de métal précieux. Lourde et peu maniable en grande quantité, 42,6% > 57,4% > 31,7% > 68,3% > 16,4% > 83,6% > Depuis le milieu des années 60, la part de la monnaie scripturale dans la masse monétaire totale augmente sans cesse. 1 Source : L évolution de la lettre de change, 14 e 17 e siècles (Raymond De Roover) (Source : ABB) la monnaie métallique ne conserve pas son exclusivité très longtemps. Ainsi la lettre de change joue un rôle moteur dans le développement du commerce international dès le 14 e siècle 1. Par après se développe, au cours du Moyen Age, la monnaie fiduciaire, principalement sous la forme de billets de papier imprimé. Le fonctionnement d un système basé sur ce type de monnaie repose sur la confiance que l utilisateur accorde au billet imprimé puisque, à la différence d une pièce métallique d or ou d argent, le billet ne possède pas de valeur intrinsèque. Le chèque : nouvelle alternative aux espèces Au début du vingtième siècle, une nouvelle alternative à la monnaie métallique prend de l essor. L introduction du chèque amène un niveau de sécurité et de convivialité supplémentaire. Pour la première fois, en effet, il n est plus nécessaire de disposer sur soi d un montant prédéfini pour pouvoir effectuer une transaction. Le chèque n est toutefois pas utilisé par le grand public à ses débuts, puisqu il est d abord réservé à certaines professions, notamment libérales. Le cours de l Histoire s accélère dans les années 60, marquées par une croissance économique sans précédent. Jusqu alors, les banquiers avaient eu tendance à concentrer leurs services sur les entreprises et sur certaines professions spécifiques. Mais la conjoncture économique entraîne de profondes modifications dans le secteur bancaire belge et dans les habitudes de paiement des particuliers. L accroissement des revenus de la population active renforce son pouvoir d achat et sa capacité à économiser. La nécessité de disposer de moyens plus commodes de dépenser l argent gagné et de conserver le reste de façon sûre se fait sentir avec une intensité croissante. Progressivement, la combinaison de ces facteurs entraîne une multiplication des comptes en banque et l élargissement des services bancaires à l ensemble de la population. Une véritable bataille commerciale s ensuit pour encourager chaque Belge à ouvrir un compte à vue. Le compte en banque devient incontournable Parallèlement aux conséquences de la conjoncture économique favorable, les banques elles-mêmes stimulent l utilisation des services bancaires par les particuliers. PRODUIT Le chèque : un siècle et puis s en va Apparu au début du vingtième siècle, le chèque est le véritable précurseur de la carte bancaire. Dans un premier temps, son usage est réservé à certains métiers, comme les professions libérales, les industriels et les commerçants. Ce n est qu à partir des années 60, suite à la popularité croissante des comptes bancaires, que son usage est activement promu auprès du grand public. Les banques présentent alors le chèque comme la première alternative aux paiements en espèces. Les avantages mis en avant à l époque portent surtout sur le besoin de disposer de moins d argent liquide sur soi, sur la sécurité accrue qui en résulte pour les commerçants et les consommateurs, et sur la possibilité d effectuer des achats sans passer au préalable par sa banque. Autant d arguments qui, par après, seront également utilisés dans la promotion des paiements par carte. Suite à la tarification des paiements par chèque au début des années 90, puis à la suppression de la garantie sur les eurochèques en 2002, l usage de ce moyen de paiement a fortement diminué. En 2004, les paiements par chèque ne représentent plus que 1% des transactions. D ici 2007, le chèque devrait disparaître de la circulation, à l exception des chèques pour entreprises.

17 32 33 TECHNOLOGIE Bankomat feu vert pour la distribution automatique de billets Suite au réseau Paymatic installé par la Générale de Banque en 1968, le premier réseau de distributeurs de billets lancé conjointement par deux banques la Banque de Bruxelles et la Krediet Bank fait son apparition en Les appareils Bankomat sont alors placés à 42 endroits stratégiques du pays. Les emplacements choisis se trouvent principalement dans les agences bancaires à forte fréquentation et dans les grandes entreprises. L appareil est révolutionnaire pour l époque. Conçu pour distribuer des billets de BEF (24,79 EUR), son usage préfigure déjà celui des ATM modernes. L utilisateur reçoit une carte perforée qu il doit introduire dans une fente horizontale. Une porte s ouvre alors, révélant deux rangées de touches. La rangée supérieure permet de sélectionner le nombre de billets requis, pour un montant maximal de BEF (123,95 EUR). Quant à la rangée inférieure, elle sert à introduire un code personnel ; l appareil effectuant lui-même le contrôle du code. Les billets sont distribués un par un, et leur sortie est annoncée par une petite lumière verte. La petite histoire veut que le Bankomat était défectueux lors d une de ses premières présentations à la presse. Ce jour-là, un technicien se serait mis derrière l appareil pour faire passer manuellement les billets par la fente Par après, le Bankomat s est montré extrêmement fiable tout au long de sa durée de service. Son utilisation prend fin avec l apparition des premiers guichets automatiques. Ainsi, l augmentation du nombre de transactions s accompagne de la construction d un réseau d agences de proximité. Celles-ci, judicieusement réparties sur le territoire, permettent aux particuliers de se rendre dans une agence peu éloignée de leur domicile. Entre 1960 et 1970, le nombre d agences bancaires augmente ainsi de 72%. Les entreprises aussi contribuent à l accroissement du taux de bancarisation, en incitant notamment leur personnel à accepter le paiement de leur salaire sur un compte à vue. Auparavant, le paiement des salaires avait lieu de façon hebdomadaire par la remise d une enveloppe de main à main. Mais la préparation de ces enveloppes est une tâche fastidieuse, qui nécessite un transfert de fonds important depuis la banque jusqu à l entreprise. De plus, ces transferts ne sont pas dénués de risques. Si la modernisation du paiement des salaires est certes profitable à l employeur, elle n est pas nécessairement du goût de tous. Ainsi, la petite histoire relate les réticences de salariés qui voyaient dans la suppression de l enveloppe hebdomadaire, l apparition d un contrôle conjugal additionnel Au même moment, la promotion d une série de facilités bancaires telles que les domiciliations ou les ordres permanents renforce encore la popularité des comptes, d autant qu elles sont mises à la disposition du public de façon entièrement gratuite. Les efforts des banques ne restent pas sans résultats et font rapidement du compte en banque du particulier un outil financier incontournable. Des opérations qui étaient jusque-là exceptionnelles, acquièrent un caractère quotidien.

18 34 35 Le retrait d argent à des distributeurs de billets s inscrira progressivement dans les habitudes du consommateur belge. Une nécessité d automatisation A la fin des années 60, le recours à des moyens de paiement tels que les chèques et les virements est devenu un réflexe pour des tranches croissantes de la population. Pour les commerçants, le chèque constitue une option beaucoup plus attrayante depuis qu il est assorti d une carte de garantie bancaire (internationale via la carte eurochèque ou domestique via la carte des organismes publics de crédit), par laquelle l institution émettrice du chèque garantit son paiement jusqu à BEF (173,53 EUR). Face à l augmentation sans précédent du volume d opérations bancaires à traiter, le besoin d automatisation se ressent de façon de plus en plus pressante. Les coûts liés au traitement manuel de l argent et au transport de fonds ne cessent de croître, et la croissance du nombre de comptes en banque entraîne une augmentation exponentielle du personnel bancaire. Au sein des institutions financières, l automatisation se concrétise par un usage de plus en plus étendu des outils informatiques, alors en plein développement. Ceux-ci apportent une solution face aux masses de papier à traiter, et contribuent à limiter la croissance des frais de personnel auxquels sont acculées les banques. Expériences isolées des premiers distributeurs de billets L automatisation bancaire est rapidement visible pour la population. En 1968, la Générale de Banque installe ses premiers distributeurs de billets automatiques INTERNATIONAL S.W.I.F.T. : l automatisation des télex Jusqu en 1973, la communication transfrontalière entre banques s opère uniquement par le biais du télex. Cette technologie, outre une sécurité lacunaire, nécessite un traitement manuel des messages. Or, vu le nombre croissant de messages interbancaires, certaines banques se retrouvent rapidement avec des volumes importants de télex à traiter par jour. La création de S.W.I.F.T. (Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication) en 1973 vise à remédier à ce problème. L objectif des 239 banques fondatrices consiste à relier toutes les institutions financières du monde par voie électronique. Depuis sa mise en oeuvre, une grande diversité de transactions interbancaires s effectue de manière fiable et automatisée et en quelques minutes seulement. Les institutions membres recourent pour ce faire à un certain nombre de normes et de procédures standardisées, parmi lesquelles le Bank Identification Code (ou code BIC). Aujourd hui, quelque institutions financières dans 200 pays font appel aux services de messagerie électronique de S.W.I.F.T., et la société établie en Belgique traite près de deux milliards de messages par an. Paymatic. Quelques mois plus tard, la Banque de Bruxelles et la Krediet Bank entament la création du réseau Bankomat. A l origine, ces appareils ont pour unique fonction de distribuer des billets de BEF (24,79 EUR) au moyen d une carte perforée et d un code d identification. Un autre pas important est franchi en 1973, lorsque la Banque de Bruxelles, la Générale de Banque et la Krediet Bank signent un accord. Celui-ci a pour but l exploitation d un réseau commun de distributeurs placés dans certaines entreprises et mises au service du personnel. Ce réseau comporte 23 appareils Bankomat et 3 appareils Paymatic. Avec le déploiement de cette structure à l échelle nationale, les premières expériences isolées laissent rapidement la place à une approche globale de la question. Premiers résultats de la collaboration interbancaire Entre-temps, il apparaît aussi que l automatisation ne peut s opérer spontanément sans certaines mesures d uniformisation. Ainsi, plusieurs initiatives importantes sont mises en œuvre au niveau structurel entre 1971 et 1974, parmi lesquelles l attribution de codes d identification par banque, l uniformisation de la structure des numéros de compte et des formulaires de chèques, et l introduction des virements à communication structurée. Le cheque truncation, ou nonéchange de chèques, marque un autre pas en avant dans la coopération interbancaire. A partir de 1972, la banque du commerçant

19 36 37 SOCIETE Le numéro de compte La standardisation des numéros de compte en banque est certainement l un des points forts de la collaboration interbancaire en Belgique. C est en 1971 qu est introduite la structure uniforme du numéro de compte à l échelle nationale. Aujourd hui encore, le système est connu sous le nom de 3-7-2, par référence aux trois groupes de chiffres composant chaque numéro de compte belge. Les trois premiers chiffres identifient la banque du bénéficiaire et permettent l acheminement automatique de chaque versement vers le bon organisme financier. La deuxième séquence de chiffres, non normalisée, peut être utilisée par les banques pour identifier le client, le produit ou l agence. Enfin, les deux derniers numéros servent à des fins de contrôle. L adoption de cette structure unique pour les numéros de compte facilitera bon nombre d évolutions ultérieures dans le traitement des transactions électroniques, y compris le phone banking et l Internet banking. L un des atouts majeurs du système est sa fiabilité. Lorsque l on introduit un numéro de compte, un algorithme relativement simple appelé check digit 97 permet de vérifier qu aucune erreur ne se glisse dans la succession de chiffres : les deux derniers chiffres égalent le reste de la division des dix premiers chiffres par 97. Cette sécurité est notamment à la base du succès des opérations de self-banking. Une popularité également attribuable au formulaire de virement unique. Introduit peu après le numéro de compte uniforme, le virement est de loin le mode de paiement le plus utilisé en Belgique. archive elle-même la plupart des chèques encaissés et n échange que les données informatiques correspondantes avec les autres banques. Ce mouvement de standardisation est rendu possible grâce à un esprit de collaboration interbancaire particulièrement intense et fructueux, notamment sous l égide du Centre Interbancaire de Recherche en Informatique (CIRI). Ce dernier regroupe des représentants des trois principales banques du pays, ainsi que des associations bancaires. Par ailleurs, dans le cas de la structure uniforme du numéro de compte, les associations bancaires jouent un véritable rôle de surveillance afin de garantir à toutes les banques grandes et petites un traitement équivalent, et de stimuler ainsi son acceptation rapide par l ensemble du secteur. La création du réseau international de transmission et de traitement de messages interbancaires S.W.I.F.T. en 1973 marque un grand pas de plus vers une efficacité accrue du traitement des opérations bancaires. Enfin, la mise sur pied du Centre d Echange d opérations et de Compensation (CEC), un an plus tard, est également essentielle pour la suite de l Histoire. Pour la première fois en effet, l ensemble des opérations de paiement entre banques belges est canalisé de façon automatique. L année 1974 marque ainsi la fin de l échange d opérations sur papier au sein de la chambre de compensation traditionnelle, puisque seuls certains types de chèques y sont encore échangés. Les bases sont ainsi fondées pour la grande aventure des paiements électroniques.

20 38 39 INTERVIEW La Belgique, un cas atypique Jozef Van den Nieuwenhof, directeur du département Organisation et Informatique bancaire à l Association belge des Banques, a suivi de près les évolutions en matière de paiements. Comment expliquer l avancée soudaine de la Belgique en matière de paiements électroniques? Jozef Van den Nieuwenhof : «Une loi de 1965 imposait qu un numéro de compte bancaire soit associé à chaque transaction financière. Deux ans plus tard, un arrêté-loi obligeait les commerçants à accepter le chèque comme mode de paiement. Le virement et le chèque se sont alors trouvés subitement favorisés. Face à l augmentation colossale des documents papier à traiter Les Belges continueront-ils à tenir à la monnaie fiduciaire? Jozef Van den Nieuwenhof : «L avenir seul le dira, mais je pense que les paiements en espèces sont voués à disparaître. L argent liquide génère en effet un ensemble de frais liés, par exemple, à son transport, souvent sous escorte, ou à son comptage. Et ceci sans parler des frais de Justice qu entraînent les vols, les attaques et la falsification des billets. A l inverse, la monnaie électronique est plus rapide à Comment peut-on caractériser les habi- confiscation des biens qui l accompagnait. manuellement, les banques ont commencé manipuler, son traitement est moins coûteux tudes bancaires des Belges? L intérêt des Belges pour l argent liquide, à automatiser les procédures de manière et elle offre un niveau de sécurité incompa- Jozef Van den Nieuwenhof : toujours bien vivant aujourd hui, semble extrêmement efficace, ce qui a permis une rable. Face à un tel contraste, je crois que les «La Belgique s est toujours démarquée par paradoxal face à notre avance incontestable percée des outils informatiques dans le sec- utilisateurs n auront pas de mal à faire un sa fidélité à la monnaie fiduciaire et à en matière d électronisation des paiements. teur bancaire. En dix années, la Belgique a choix.» l épargne à domicile. L on attribue souvent Cette étrangeté fait de la Belgique un cas pu combler son retard et passer en tête du cette caractéristique à la succession d occu- plutôt atypique.» peloton européen en matière d automatisa- pants étrangers en Belgique et au risque de tion des paiements.»

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