Composition des flux de capitaux internationaux et crises bancaires : Le cas des pays en développement Version Préliminaire 1 Nabila Boukef Jlassi 2

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1 Composition des flux de capitaux internationaux et crises bancaires : Le cas des pays en développement Version Préliminaire 1 Nabila Boukef Jlassi 2 Résumé : Au cours de la dernière décennie, les flux de capitaux internationaux ont connu une croissance considérable. Une succession de crises bancaires a accompagné cette ouverture financière. L idée qu il pourrait exister un lien entre ces deux événements a relancé le débat sur le bien-fondé de la mobilité internationale des capitaux. En effet, bien que l objectif principal de l intégration financière soit la promotion du développement financier et de la croissance économique des pays, elle peut également les exposer aux risques de crises bancaires. La nature des flux de capitaux échangés a été identifiée dans la littérature comme l un des facteurs qui peuvent déstabiliser un secteur bancaire suite à l ouverture financière. Le présent article propose une évaluation empirique de l impact des différentes natures des flux de capitaux étrangers, en termes d engagements envers l étranger et d avoirs à l étranger, sur la probabilité de déclenchement d une crise bancaire et ce à partir d un modèle Logit en panel sur une période de 26 ans et pour un échantillon de 58 pays en développement. Nos principaux résultats appuient l idée que le risque qui émane de l ouverture financière est lié principalement aux engagements envers l étranger et plus précisément aux flux d emprunts étrangers. Les flux d IDE et d investissements de portefeuille par contre présentent un filet de sécurité pour les pays ayant choisi de libéraliser leurs secteurs financiers, en diminuant la probabilité des crises bancaires. En outre, les avoirs à l étranger n ont pas d effet sur la probabilité de déclenchement des crises bancaires systémiques. Classification JEL: E44, G33, F1, F21, F34 Mots clé: Flux de capitaux ; Crises bancaires ; Pays en développement. The composition of international capital flows and banking crisis: The case of developing countries Abstract: During the past decade, international capital flows have grown considerably. A series of banking crises around the world accompanied this financial openness. The idea that there might be a link between these two events has revived the debate on the merits of international capital mobility. Indeed, although the main objective of financial integration is improving the level of development and economic growth of countries, it can also expose countries to the risk of banking crises. Among the factors that may destabilize the banking sector after the financial opening, special attention was paid to the nature of capital flows exchanged. This article proposes an empirical assessment of the role of different type of foreign capital flows on the probability of occurrence of a banking crisis. We separate the measures of capital flows on terms of liabilities and assets. We use a Logit model in a panel data framework over 26 years and for a sample of 58 developing countries. Our main results support the idea that the risk emanating from financial openness is related mainly to foreign liabilities and specifically to the flow of foreign loans. On the contrary, FDI flows act as a safety net for countries that have chosen to liberalize their financial sector, reducing the likelihood of banking crises in developing countries. In addition, foreign assets have no effect on the probability of occurrence of systemic banking crises JEL Classifications: E44, G33, F1, F21, F34 Keywords: Capital flows; Banking crises; Developing countries 1 Ce papier est issu d un travail de recherche sous la direction du Professeur Jean-Paul POLLIN que je remercie pour son aide considérable et ses conseils précieux. 2 Laboratoire d Economie d Orléans (LEO), Université d Orléans, Faculté de Droit, d Economie et de Gestion. E.mail : 1

2 I. Introduction La vague récente de globalisation financière qu a vécu le monde ces dernières décennies a été marqué par un mouvement important de flux de capitaux internationaux entre les pays. Ces capitaux sont principalement sous forme de prêts, d investissements directs étrangers (IDE) et d investissements de portefeuille. Les pays qui ont opté pour la libéralisation de leur secteur financier avaient pour objectif de profiter des effets escomptés d une telle politique. En effet, en levant les restrictions sur les mouvements de capitaux internationaux entrants et sortants, la libéralisation financière améliore le partage du risque, l efficacité d une allocation internationale des capitaux et la promotion du développement financier et de la croissance économique. Toutefois, l évolution des crises bancaires allant de pair avec les mouvements de capitaux internationaux a remis en cause l efficacité de la politique de globalisation financière. Reinhart et Rogoff (2008) mènent une étude exhaustive qui porte sur les déterminants des crises bancaires. Les auteurs présentent l évolution historique de la mobilité des capitaux et des crises bancaires pour un large échantillon de pays et sur la période Ils trouvent que, depuis le début du 19ème siècle, il y a une forte corrélation entre la mobilité des capitaux et la fréquence des crises bancaires (graphique 1). Ces mêmes données montrent aussi que pendant les périodes au cours desquelles la mobilité des capitaux a été freinée, par exemple après la Seconde Guerre mondiale et jusqu aux années 1970, il y a eu une diminution remarquable des crises bancaires. Graphique 1: Mobilité des capitaux et Incidence sur les crises bancaires: Part des pays en crise bancaire. Somme sur 3ans. (Echelle de droite) Indice de mobilité de capitaux Mobilité des capitaux. (Echelle de gauche) Part des pays en crise bancaire. Somme sur trois ans (%) Note : L échelle de droite de la figure indique la moyenne mobile sur trois ans de la part des pays en proie à une crise bancaire. Sur l échelle de gauche, les auteurs ont reporté l indice de mobilité internationale des capitaux conformément à la présentation d Obstfeld et Taylor qui mesure la mobilité des capitaux defacto à partir des flux réels. Source: Bordo et al. (2001), Caprio et al. (2005), Kaminsky et Reinhart (1999), Obstfeld et Taylor (2004) et Reinhart et Rogoff (2008). 2

3 La globalisation financière peut donc présenter un risque pour la stabilité du secteur bancaire. Néanmoins, l effet négatif d une telle politique diffère selon la nature et la composition des flux de capitaux échangés. Les mouvements de capitaux spéculatifs comme les emprunts sont considérés comme étant dominés par les différences de taux d'intérêt et par les prévisions de taux de change qui peuvent fluctuer conduisant rapidement à la volatilité de ces capitaux. Par contre, les investissements directs étrangers (IDE) sont déterminés, à long terme, par des caractéristiques économiques fondamentales plus stables. Ils représentent donc des flux de capitaux moins risqués et sont plutôt à l abri d un mouvement de retrait massif en cas de détérioration de la situation économique du pays hôte. D où la conclusion admise par Prasad (2003): «ce n est pas seulement le montant global des entrées de capitaux mais aussi leurs natures qui déterminent au final ce que la mondialisation financière apporte à un pays». L objectif de ce papier est d étudier empiriquement la relation entre la globalisation financière et le déclenchement des crises bancaires dans les pays en développement. Notre analyse empirique vise à expliquer cette relation. Contrairement aux travaux empiriques antérieurs, nous évaluons la libéralisation financière sur la base des mesures de stocks bruts de capitaux en avoirs à l étranger et en engagement envers l étranger rapporté au PIB pris séparément. Notre objectif est de prendre en compte l aspect bidirectionnel de la globalisation financière et de montrer si l effet de la globalisation financière sur la probabilité de déclenchement des crises bancaires s explique par l entrée des capitaux étrangers ou par la sortie des capitaux domestiques. Nous nous intéressons aussi à la nature des flux de capitaux en termes d avoirs à l étranger et d engagements envers l étranger afin d identifier la nature des flux de capitaux qui représentent le plus de risque sur la stabilité du secteur bancaire. A l aide des estimations réalisées en Logit binaire et sur des données de panel qui portent sur un échantillon de 58 pays en développement sur la période , nous montrons que l augmentation du mouvement des capitaux internationaux agis positivement sur la probabilité de déclenchement des crises bancaires dans notre échantillon de pays. Nous mettons en évidence également que l effet de la globalisation financière émane principalement de l entrée des capitaux étrangers et que la sortie des capitaux domestiques n a aucun effet sur les crises bancaires. Pour finir nous montrons que l effet de l entrée des capitaux étrangers dépend de la nature de ces derniers. Ce sont les flux de dettes externes qui augmentent la probabilité de déclenchement des crises bancaires contrairement aux IDE et aux investissements de portefeuille qui ont tendance à diminuer le risque de crises bancaires dans notre échantillon d étude. Le reste du papier est structuré comme suit. La deuxième section fait l objet d une revue de la littérature qui porte sur la relation entre la globalisation financière et les crises bancaires. La méthodologie économétrique empruntée et les variables discutées sont définis dans la troisième section. Une quatrième section sera dédiée à la présentation et l interprétation de nos principaux résultats. Enfin, nos conclusions feront l objet de la cinquième section. II. Revue de la littérature Suite à la succession des crises bancaires dans le monde ces dernières décennies, une vaste littérature théorique et empirique a vu le jour dans le but d identifier les déterminants de ces crises bancaires. L expansion des crédits non performants est un des principaux facteurs de déclenchement des crises bancaires identifiés dans la littérature. La croissance de ces crédits risqués s explique principalement par le problème d aléa moral qui caractérise le secteur bancaire. Cependant, il a été démontré que l augmentation de la fragilité des banques s explique en partie par une prise de risque excessive de la part de ces dernières induite principalement par la mise en place d une assurance dépôt. 3

4 En effet, l assurance dépôt, dont le principal objectif est de prévenir la panique bancaire et d instaurer une relation de confiance entre la banque et les déposants, peut accentuer le problème d aléa moral pour deux raisons : - Premièrement, l'assurance-dépôts incite les banques assurées à prendre davantage de risques. Ces dernières peuvent profiter des bénéfices et déplacer les pertes éventuelles au gouvernement. Les banques, ayant cette garantie, dirigent les fonds vers les projets les plus rentables mais aussi les plus risqués. - Deuxièmement, l'assurance-dépôts réduit l incitation des déposants et des actionnaires à surveiller leurs banques. Ceci augmente les incitations perverses des banques à prendre des risques excessifs. À l occasion d un choc macroéconomique, et en présence d un niveau élevé de prêts non performants suite à une prise de risque excessive, les banques font face à des problèmes de solvabilité entrainant ainsi leur fragilité. De leur côté, et face à une situation d incertitude, les clients (déposants) mal informés sur le niveau du risque pris par leurs banques et ayant reçu un signal négatif concernant la santé de ces dernières vont courir aux guichets pour retirer leurs dépôts tant que c est possible («premier arrivé, premier servi»). Ainsi une telle panique bancaire ou des problèmes de solvabilité importants peuvent être à l origine d une importante instabilité du secteur bancaire. La globalisation financière, en assurant plus de fonds disponibles aux secteurs bancaires, aggrave l exposition des banques au risque d insolvabilité et de crises bancaires. En effet, l entrée massive de flux de capitaux peut être à l origine d un boom de crédit. Ceci est plus probable dans un pays caractérisé par un faible cadre institutionnel et une règlementation laxiste. De même, dans un cadre d asymétrie d information, les investisseurs ne savent pas si les capitaux entrant vont servir à financer les opportunités d'investissement rentables ou pas. Dans ce cas, ce n est pas vraiment le montant des crédits accordés qui présente un risque mais la qualité des projets financés par le secteur bancaire. Suite à l accumulation d importantes pertes associées aux investissements risqués, les banques font face à des problèmes de solvabilité. Les investisseurs étrangers perdent alors confiance. Ils procèdent au retrait de leurs capitaux. Ceci aggrave encore plus la situation des banques domestiques et augmente le risque de déclenchement des crises bancaires. Plusieurs travaux appuient cette relation entre la globalisation financière et les crises bancaires dans le monde : Kaminsky et Reinhart (1999) montrent que, parmi les 26 cas des crises bancaires qu ils ont étudiées, 18 ont eu lieu 5 ans après la libéralisation du marché financier. De même, Kaminsky (2008) montre qu un niveau élevé d intégration financière augmente le risque de l arrêt soudain des flux de capitaux, même en absence de déséquilibre macroéconomique avéré dans le pays domestique. Cette relation peut s expliquer par les effets néfastes d une déréglementation des mouvements de capitaux suite à la libéralisation financière. Une telle levée des restrictions entraine une libre entrée et sortie des capitaux sans contrôle ni entrave. Reinhart et Reinhart (2008) trouvent qu une entrée massive des flux de capitaux internationaux suite à la globalisation financière est associée à une probabilité élevée des crises bancaires aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement. De même, Mendoza et Terrones (2008) montrent que les crises financière dans les pays en développement sont associées à des booms de crédits et que ces derniers ont souvent lieu suite à une entrée massive des flux de capitaux. Parmi les crises vécues partout dans le monde, la crise asiatique de 1997 a été marquée par un niveau élevé d endettement en devise. Suite à la libéralisation financière, beaucoup d institutions financières ont contracté des emprunts en devise qui les ont exposés au risque de dépréciation de la monnaie nationale. Suite à une telle dépréciation monétaire, un bon nombre d institutions financières sont devenues insolvables, déclenchant ainsi une crise 4

5 financière dévastatrice touchant la totalité de la région. Le cas des crises asiatiques montre bien l effet négatif que peut avoir les flux de capitaux internationaux. En effet pendant la période précédant la crise, la zone a vécu une longue période de prospérité économique exceptionnelle que les économistes appelaient le «miracle asiatique». Ceci n a pas permis aux pays de la région d échapper à une importante crise financière. Les problèmes commencent à apparaître dans ces pays aussi bien sur le plan macroéconomique que microéconomique à partir de 1990 (appréciation du taux de change, expansion rapide du crédit). Le premier facteur qui était à l origine de déclenchement de cette crise est donc un afflux massif des capitaux internationaux vers ces pays. On trouve aussi, dans la littérature qui porte sur la relation entre la globalisation financière et les crises bancaires, plusieurs travaux qui ont mis en lumière l effet de la nature des flux des capitaux échangés. Prasad et al. (2003) affirment que la nature des flux de capitaux échangés a des conséquences non négligeables sur les résultats escomptés de la globalisation financière. En effet, pour certains pays les échanges en termes d IDE ont été prédominants contrairement à d autres pays qui ont reçu plus de financement sous forme d emprunts et d investissements de portefeuille. De même, Rogoff (2002) trouve que les flux de capitaux présentent un danger et qu il faut envisager de les contrôler. Néanmoins, selon l auteur, le risque ne provient ni de l IDE, qui reste de loin le type de financement extérieur le plus stable et qui va de pair avec des transferts de compétences de gestion et de technologie, ni des investissements de portefeuille qui sont les plus aptes à assurer un meilleur partage de risque. Ce sont plutôt les flux de prêts étrangers qui peuvent être une source de risque suite à la globalisation financière. Prasad et al. (2006) trouvent les mêmes résultats dans le cadre d une étude qui porte sur le niveau de volatilité des différents types de flux de capitaux en pourcentage du PIB sur une période allant de 1985 à Ils montrent que dans tous les pays de l échantillon étudié (71 pays développés et en développement), la volatilité des flux de dettes est plus élevée que celle des flux d IDE, des investissements de portefeuille ou la somme des deux à la fois. Hausmann et Fernandez-Arias (2000) comparent l effet de la nature des flux de capitaux à l effet «cholestérol» : Il y a les flux bénéfiques au développement (principalement les IDE) et les flux qui présentent un risque pour la stabilité financière (tel que les emprunts). Plus récemment, Joyce(2010) mène une étude sur l effet de l'intégration financière sur la durée et les coûts de sortie des crises bancaires systémiques dans 20 pays émergents au cours des années L auteur montre que la nature des flux de capitaux échangés joue un rôle très important sur la stabilité du secteur bancaire des pays. Il trouve qu une augmentation des investissements directs étrangers dans un pays a tendance à diminuer le nombre et la durée des crises, tandis que les engagements en emprunts étrangers ont l'effet inverse. De même, selon Calvo et al.(2008), l arrêt soudain des flux de capitaux, considéré comme le point de départ des crises bancaires, est plus probable dans les pays qui s appuient d avantage sur les financements bancaires à court terme ou sur les investissements de portefeuille que sur les investissements directs étrangers. Enfin, Milesi-Ferretti et Tille (2010) et Caballero(2010) trouvent que les investissements directs étrangers, de par leur nature de long terme, sont peu vulnérables aux problèmes de liquidité. Les flux bancaires par contre, sont plus sensibles aux chocs: les problèmes de déséquilibre de maturité («Maturity Mismatch») caractérisant les banques exposent ces dernières à un risque de panique bancaire («bank runs»). Quant aux investissements de portefeuille, ils représentent un cas intermédiaire : Bien qu ils soient plus instables que les IDE, ils n ont pas d implication aussi systémique que la fuite de la liquidité bancaire. Le graphique 2 montre le lien entre le nombre de crises bancaires et la part de la somme des IDE et des investissements de portefeuille entrants dans le total des engagements envers l étranger pour44 pays en développement sur la période allant de 1984 à On remarque 5

6 que le nombre de crises bancaires dans les pays en développement baisse avec l augmentation de la part des IDE et des investissements de portefeuille par rapport aux engagements totaux. Ceci confirme donc l effet bénéfique que peut avoir ces types de flux de capitaux sur la stabilité du secteur bancaire dans les pays en développement. Graphique 2: La part des IDE et des investissements de portefeuille dans les engagements étrangers et nombre de crises bancaires Nombre de pays en crise ,7 0,6 0,5 0,4 0,3 0,2 0,1 0 (IDEeng+IPLeng)/TotalEngagement Source : auteur, à partir de la base de données Lane et Milesi-Ferretti (2009) et Laeven et Valencia(2010) Dans la littérature portant sur la stabilité du secteur bancaire, l accent a été mis sur l effet des engagements envers l étranger (entrée de capitaux) ou sur la mesure net des flux de capitaux. Peu de travaux se sont intéressés à l étude de l effet de la sortie des flux capitaux domestiques (avoirs à l étranger). Toutefois, le «sudden stop» et le reflux des capitaux internationaux, identifiés dans la littérature comme des facteurs de déclenchement des crises bancaires, peuvent être le résultat d une décision prise par les investisseurs étrangers de retirer leurs fonds des pays hôtes ou d une décision prise par les investisseurs domestiques qui choisissent d investir à l étranger. Une mesure des flux de capitaux nette ne peut donc expliquer l effet que peut avoir la globalisation financière qui induit un mouvement important des capitaux «à double sens». L idée de prendre en compte les mesures brutes des stocks entrants de capitaux étrangers et des stocks sortants de capitaux domestiques serait donc intéressante pour évaluer l effet potentiel que peut avoir le mouvement bidirectionnel des capitaux internationaux sur le déclenchement des crises bancaires. Certes, les pays en développement sont plus importateurs qu exportateurs de capitaux. Ceci s explique par leurs besoins en financements étrangers. Néanmoins, cette tendance va progressivement changer. En effet, ces pays diminuent leurs engagements envers l étranger et augmentent l exportation des capitaux vers le reste du monde (Graphique3). 6

7 Graphique 3: Evolution des avoirs et des engagements étrangers dans 53 pays en développement entre 1984 et 2007 (en % du PIB) 1,8 1,6 1,4 1,2 1 0,8 Eng.Etrangers/PIB Avoirs Etrangers/ PIB 0,6 0,4 0, Source : auteur, à partir de la base de données Lane et Milesi-Ferretti (2009) Ce changement de tendance est plus prononcé dans le cas des flux des emprunts étrangers. On remarque dans le graphique 4 que la baisse globale du niveau d entrée des flux de capitaux dans les pays en développement émane principalement d une diminution du recours de ces derniers à l endettement auprès des pays étrangers. Les flux entrants sous forme d investissements de portefeuille et d IDE ont, par contre, gardé la même tendance et continuent à croître. Aujourd hui, ce sont donc les investissements directs étrangers qui prédominent les engagements extérieurs des pays en développement. Ceci s explique par le recours des pays en développement à plus de contrôle sur les entrées de capitaux suite aux épisodes des crises bancaires qu ils ont traversé. On remarque par contre que les avoirs à l étranger sont de plus en plus prédominés par les prêts accordés à l étranger suivis des IDE. Plusieurs travaux ont identifié les facteurs qui expliquent l exportation des capitaux domestique et la décision d investissement à l étranger. On en cite Powell et Ratha (2002). Les auteurs ont identifié trois principaux déterminants de la décision d investissement à l étranger des pays en développement : - Le climat d investissement : Il s agit des facteurs pouvant agir sur le niveau du risque et de rendement de l investissement dans les pays d origines. Parmi ces facteurs: un ralentissement de la croissance économique pouvant diminuer le rendement attendu, un important déficit budgétaire qui peut augmenter les charges fiscales futures Tous ces facteurs peuvent encourager les sorties de capitaux. Le droit de propriété et le risque d expropriation représentent aussi d autres facteurs pouvant augmenter la perception du risque d investissement sur le marché domestique. En effet, les pays qui ont généralement un niveau élevé de corruption, un faible droit de propriété et une faible application des lois, doivent s attendre à un niveau plus élevé de sortie de capitaux. 7

8 Graphique 4 : Evolution de la nature des flux de capitaux échangés en terme d'avoirs et d'engagements étrangers 1,5 Engagements envers l'étranger 1 0,5 IDE(Eng)/PIB Dettes(Eng)/PIB IPL (Eng)/PIB Avoirs à l'étranger 0,3 0,25 0,2 0,15 0,1 0, IDE(Avoirs)/PIB Dettes(Avoirs)/PIB IPL (Avoirs)/PIB Source : auteur, à partir de la base de données Lane et Milesi-Ferretti (2009) - Discrimination entre les capitaux étrangers et domestiques : Le deuxième facteur pouvant encourager l exportation des capitaux par les pays en développement vers le reste du monde présenté par Powell et Ratha (2002) consiste en la discrimination et le favoritisme entre investisseurs domestiques et étrangers. En effet, les investisseurs étrangers, contrairement aux investisseurs domestiques, bénéficient d un traitement préférentiel qui consiste entre autres aux allègements fiscaux, à l accès préférentiel aux terres de premier ordre et aux projets d investissement les plus rentables Certes, ces conditions peuvent encourager les non-résidents à investir au pays, mais elles peuvent aussi pousser les résidents à investir à l étranger. - Niveau de richesse et d intégration financière : Selon Powell et Ratha (2002), toutes choses égales par ailleurs, une augmentation du niveau du PIB par tête dans un pays de plus en plus intégré, avec moins de restrictions sur les mouvements de capitaux se traduit aussi bien par une forte entrée que par une forte sortie des capitaux. De même, Schneider (2003) identifie trois principaux facteurs expliquant la sortie des capitaux domestiques: le climat d investissement, le risque d asymétrie d information et l instabilité politique et économique. L auteur montre aussi que la sortie des capitaux peut engendrer une perte du bien être principalement dans les pays avec un besoin de financement élevé. 8

9 Cerra et al. (2005) trouvent qu une sortie de capitaux domestique est fortement corrélée avec le niveau d endettement extérieur. En effet, suite à une entrée importante de flux de dettes, les investisseurs domestiques craignent le déclenchement d une crise de la dette et préfèrent placer leurs fonds à l étranger. La relation entre l endettement extérieur et la sortie des capitaux domestiques peut aussi s expliquer par la crainte d une dévaluation du taux de change et d une détérioration des conditions macroéconomique affectant ainsi le rendement des actifs domestique. Un lien de causalité inverse relie aussi la sortie des capitaux domestiques à la variation de la dette externe puisque la sortie des capitaux domestiques elle-même crée un besoin plus important de financement extérieur. L exportation des capitaux vers les pays étrangers de la part des particuliers, des entreprises ou des Etats présentent certains avantages pour les pays concernés tels qu une diversification du risque, une optimisation de leurs portefeuilles, Cependant, l acquisition des avoirs à l étranger par les investisseurs domestiques des pays en développement présente certains risques. En effet, contrairement aux pays développés, la sortie de capitaux des pays en développement (l ensemble des placements des résidents à l étranger) est plus dommageable. Ces économies sont généralement caractérisées par un besoin de financement important. Elles ont donc besoin de retenir leurs épargnes domestiques pour financer leurs investissements. Toutefois suite à une sortie des capitaux domestiques, les investissements vont être financés par des capitaux étrangers plus coûteux pour les pays hôtes. Dans ce cas, les pays sont soumis à une croissance très forte de leurs dettes externes pour satisfaire leurs besoins de financement, mais aussi à une sortie de capitaux domestiques qui contribue à augmenter encore plus cette dette externe. Une telle augmentation de la dette externe va accroître l exposition des pays aux risques émanant des entrées de capitaux internationaux. Notons aussi que, même si l investissement à l étranger ne représente pas un handicap en luimême, il peut être interprété comme un signal de méfiance des investisseurs nationaux vis-àvis de la politique d investissement de leurs pays d origine: l explosion des avoirs à l étranger peut être la conséquence d un recul de la préférence locale des investisseurs domestiques (fuite vers la qualité), qui sont à la recherche de meilleures opportunités d investissements. Ceci peut être dû à un faible développement des institutions financières du pays d origine, un faible développement du cadre institutionnel caractérisé par un niveau élevé de corruption, une mauvaise application des contrats, une opacité du marché Un tel signal négatif perçu par les investisseurs étrangers peut les décourager à investir dans ces pays. Les avoirs à l étranger peuvent aussi augmenter le risque de crise par le canal de la contagion. Les pays en développement ont enregistré une hausse considérable des avoirs à l étranger. Ces flux d avoirs à l étranger peuvent exposer ces pays au risque de contagion émanant des pays hôtes. En effet, les investisseurs des pays en développement choisissent d investir à l étranger dans un objectif de diversification mais aussi de fuite vers la qualité. Ceci s explique par un cadre économique local sujet à des asymétries d'information. Toutefois, si le pays de destination se trouve exposé à des chocs macroéconomiques et à un risque de crise, les pays d origine se trouvent ainsi exposés aux risques extérieurs par le canal de contagion. Nous procédons dans ce papier à l étude de la relation entre la globalisation financière et probabilité de déclenchement des crises bancaires. De ce fait, nous allons utiliser différent mesures de la libéralisation financière. Ceci nous permet de tester l effet de la direction des flux de capitaux internationaux en termes d avoirs à l étranger (sortie des capitaux domestiques) et d engagements envers l étranger (entrée des capitaux étrangers) pris séparément. Nous allons par la suite désagréger ces deux dernières mesures de la libéralisation financière (avoirs et engagements) par nature de flux de capitaux à savoir : IDE, investissements de portefeuille et dettes. Ceci nous permet de tester l effet des mouvements de capitaux sur la probabilité de déclenchement des crises bancaires par nature de flux de capitaux entrants et sortants. 9

10 Notons que les études ayant traité la relation entre le mouvement des flux de capitaux internationaux échangés suite à la libéralisation financière et le déclenchement des crises bancaires ont utilisé des mesures de flux net ou juste des mesures d engagements étrangers (entrée des capitaux étrangers). Nous utilisons dans ce papier des mesures de stocks bruts des capitaux internationaux en termes d avoirs et d engagements extérieurs et par nature des capitaux internationaux. En effet, une mesure des flux bruts de capitaux nous permet de capturer l effet de la nature bidirectionnel de la globalisation financière. Toutefois, ces flux ont tendance à être très volatils et sont sujettes à des erreurs de mesure. Pour pallier ces problèmes et avoir une mesure qui prend en compte l aspect bidirectionnel de la globalisation financière, il est donc préférable d'utiliser une mesure des stocks bruts de capitaux. III. Données et méthodologies Sur la base des arguments énoncés ci-dessus, l objectif de notre étude est de tester les trois hypothèses suivantes : Hypothèse 1 : La probabilité que survienne une crise bancaire systémique augmente avec la libéralisation financière. Hypothèse 2 : La probabilité que survienne une crise bancaire systémique dépend de la «direction» des flux de capitaux internationaux. Hypothèse 3 : La probabilité que survienne une crise bancaire systémique diminue avec la maturité des flux de capitaux. Les travaux empiriques qui se sont penchés sur l étude des facteurs de déclenchement des crises bancaires ont le plus souvent utilisé des modèles à variables qualitatives pour mesurer la crise. En effet, vu le manque de données quant aux mesures quantitatives exactes des crises bancaires, les bases de données disponibles décrivent plutôt la période de déclenchement des crises bancaires et sa durée. Les modèles à variables qualitatives, Logit et Probit, ont été les plus utilisés dans ce domaine de recherche. Nous utilisons dans ce travail un modèle Logit sur des données de panel : La variable binaire ; considérée comme la variable endogène dépend de la réalisation d une variable latente non observée y., 1 > 0 CB ; =, 0,une variable non observée qui dépend linéairement d un certain nombre, de variables explicatives : = + +, -., + + / 0, + 1,, Avec 1, = 2 + 3, Où CB ; : Variable qui est égale à 1 si le pays i a connu une crise bancaire systémique au cours de l année t et 0 sinon. X, : Vecteur de variables de contrôle couramment utilisées dans la littérature empirique traitant de la problématique des crises bancaires. LF, : Variables de mesure de la libéralisation financière. 2 : Effet spécifique individuel et 3, :terme d érreur. 10

11 Par conséquent, la probabilité qu un pays i connaît une crise bancaire systémique au cours de l année t : P(CB, = 1) > 0) =.A +, -., + + / 0, B = Où F est la fonction de répartition logistique. CDE ( F G HI J,K L F M N J,K ),LCDE ( F G HI J,K L F M N J,K ) Toutefois, nos résultats doivent être interprétés avec précaution et ce pour deux raisons : La première c est que la caractéristique même de notre variable endogène (CB) fait que nous devons retenir un modèle Logit à effets aléatoires. En effet, l utilisation d un modèle à effets fixes engendre l élimination de notre échantillon de tous les pays n ayant pas connu une crise bancaire sur la période considérée. Dans le cas de notre échantillon, cela implique la perte d une quantité importante d informations. C est la raison pour laquelle l estimation du modèle à effets aléatoires est préférable. Néanmoins, l utilisation d un modèle à effets aléatoires repose sur l hypothèse que les effets spécifiques 2 ne sont pas corrélés avec les variables explicatives. En outre, il peut y avoir un problème d endogénéité et plus particulièrement un biais de simultanéité du fait que certains pays ont vécu des épisodes de crises qui s étale sur plusieurs années. De ce fait, pour éviter les problèmes de simultanéité, toutes les variables explicatives sont utilisées avec un retard d un an 3. La présente étude porte sur 58 pays en développement durant la période allant de 1984 à Le choix de la période d étude dépend de la disponibilité des données, et principalement des variables de mesure de la libéralisation financière. Il s agit d analyser le rôle des flux de capitaux échangés et de leur nature dans l explication de la relation entre crises bancaires et libéralisation financière, mais aussi de tester l effet des avoirs et des engagements étranger pris séparément sur la probabilité de déclenchement des crises bancaires Variable de mesure des crises bancaires : Comme variable de mesure des crises bancaires, nous nous appuyons sur la base de données de Caprio et Klingebiel (2003) qui a été actualisée par la suite par Laeven et Valencia (2010): Caprio et Klingebiel (2003) construisent une base de données sur la période portant sur 117 épisodes de crises bancaires systémiques dans 93 pays et 51 épisodes de crise bancaire non systémiques dans 45 pays. Les crises bancaires systémiques sont identifiées par ces auteurs comme une cascade d évènements identiques touchant différentes institutions financières, ce qui suppose que la vague de crises affecte une grande partie du secteur bancaire ou certaines banques détenant la majeure partie des actifs du système bancaire. Quant aux crises non systémiques, ces problèmes ne concernent que quelques banques de petite ou moyenne taille. Caprio et Klingebiel (2003) qualifient donc une crise comme systémique s il y a érosion d une proportion importante du capital du système bancaire et par non systémique, si les pertes ont été moins graves. Par exemple, la crise de 1991 en Suède a été systémique, car il s'agissait d'insolvabilité ou d importantes difficultés de 90% du système bancaire. Par contre, les défaillances isolées des trois banques du Royaume-Uni entre les années quatre-vingt et les années quatre-vingt-dix, ainsi que les problèmes de solvabilité du Crédit Lyonnais en France en , sont plutôt considérés comme des crises non systémiques. Dans le cadre de ce papier nous nous intéressons seulement à la variable de mesure des crises bancaires systémiques. 3 Von Hagen et Ho (2007) et Boyd et all. (2009) adoptent la même spécification pour des raisons similaires. 11

12 Laeven et Valencia(2010) ont construit une base de données qui porte sur la date de début et la durée des crises bancaires systémiques entre 1970 et Ils définissent les crises systémiques comme les périodes durant lesquelles un grand nombre d entreprises du secteur financier ont du mal à honorer leurs contrats à l échéance. Ceci entraine une augmentation considérable des crédits non performants. Nous utilisons dans ce travail une variable de mesure des crises bancaires systémiques notée CB extraite de ces deux bases de données. CB est égale à 1 si un pays i a vécu une crise pendant l année t et 0 sinon. (Notons que les dates de crises bancaires dans les deux bases de données sont pratiquement identiques) Variables de mesures de la libéralisation financière : Notre mesure defacto des mouvements de capitaux internationaux est extraite de la base de données construite par Lane et Milesi-Ferretti (2007) et actualisée en Selon ces auteurs, l intégration financière internationale en volume est estimée de la manière suivante : O.O PQR = AS, +SS, B?O, Avec S, le stock des avoirs à l étranger et SS, le stock des engagements envers l étranger. Cette mesure consiste à calculer les niveaux d intégration financière internationale, à partir du cumul du stock des avoirs à l étranger et des engagements envers l étranger rapporté au PIB. Cet indice a été construit à partir d une base de données de 145 pays et couvre la période Dans ce papier, nous désagrégeons l indice de la libéralisation financière. Ceci nous permet d étudier aussi bien l effet de la nature des flux de capitaux sur le déclenchement des crises bancaires ainsi que l effet de la direction de ces flux en termes d entrée et de sortie (avoirs et engagements étrangers). A partir de cette base de données, nous allons retenir les variables suivantes : Une mesure de la libéralisation financière égale à la somme des avoirs à l étranger et des engagements envers l étranger par rapport au PIB notée LF.defacto. Deux mesures des avoirs et des engagements par rapport au PIB notés : Eng./PIB et Avoirs/ PIB. Six variables de mesure de la part des IDE (Investissements Directs Etranger), Dettes et IPFL (Investissement de Portefeuille) en termes d engagements (d avoirs) par rapport aux engagements (avoirs) totaux notées respectivement: IDE/Tot.Eng., IDE/Tot.Avoirs., IPL/Tot.Eng., IPL/Tot.Avoirs., Dettes/Tot.Eng., Dettes/Tot.Avoirs., Nous utilisons aussi une variable de mesure de la libéralisation financière dejure notée LF.dejure. Il s agit d un indice construit par Chinn et Ito (2007) basé sur quatre variables à savoir une variable indiquant la présence de taux de change multiple, une variable indiquant les restrictions sur le compte courant, une variable indiquant les restrictions sur le compte capital et une variable indiquant le degré d ouverture commerciale. La mesure de jure reflète l existence de restrictions sur les mouvements de capitaux, tandis que la mesure de l ouverture financière de facto mesure l intégration financière sous la forme des mouvements de capitaux réalisés. Nous utilisons dans nos estimations, des variables en niveau retardées d un an de la libéralisation financière defacto pour tester l effet du niveau des mouvements de capitaux sur la probabilité de crises bancaires. Par la suite nous utilisons les différences premières de ces mesures pour tester l effet de la variation et de l évolution du niveau de libéralisation financière sur les crises bancaires. 12

13 1.3. Variables de contrôle : Nous considérons un vecteur de six variables de contrôle : Croissance: Taux de croissance annuelle du PIB (Prix constants avec 2000 comme année de base et libellé en dollar américain). Les crises bancaires ont tendance à se déclencher dans un cadre macroéconomique faible caractérisé par un niveau de croissance faible ou négatif. Un faible niveau de croissance du PIB reflète donc un choc macroéconomique négatif qui affecte les banques par une hausse des taux des crédits non performants. Demirgüç-Kunt et Detragiache (1997), estiment que les crises bancaires sont souvent précédées par une contraction significative de la croissance économique. En effet, plus le niveau de croissance économique d un pays est élevé, plus ce dernier pourra faire face aux chocs pouvant mener le pays vers une crise bancaire. On s attend donc à une relation négative entre la croissance économique et la probabilité de déclenchement des crises bancaires. PIB par tête (dollars courants): C est le logarithme du PIB par tête. Le PIB par tête mesure le développement économique du pays. On s attend donc à avoir un effet négatif sur le déclenchement des crises bancaires. Cette variable est exprimée en logarithme. Ouverture Commerciale: c est une mesure de la somme des importations et de l exportation rapportée au PIB. Cette variable est retardée d une année. L effet de l ouverture commerciale sur les crises bancaires reste à ce jour ambigu dans la littérature. D un côté, un pays fortement intégré dans les marchés internationaux est plus exposé aux chocs externes. D un autre côté, si les recettes de l exportation sont élevées, le pays peut faire face au «Sudden stop» et au retrait des flux de capitaux internationaux, Furceri et all(2011). Inflation: L'inflation est mesurée par le taux annuel de croissance du déflateur implicite du PIB. Cette variable est l indicateur d une mauvaise gestion macroéconomique susceptible d exposer les pays au risque de crise. Le signe attendu est donc positif : un niveau élevé d inflation a tendance à augmenter la probabilité de déclenchement des crises bancaires. Cette variable est exprimée en logarithme. Crédit au secteur privé /PIB: Le crédit accordé au secteur privé en pourcentage du PIB. Une augmentation de la part des crédits accordés au secteur privé reflète une hausse des crédits risqués. Ceci augmente la probabilité de faillites des banques. Croissance du crédit domestique: Le taux de croissance du crédit domestique. De nombreux travaux, tels que Demirguc-Kunt et Detragiache (1998 et 2000), ont montré que les banques sont plus fragiles aux chocs dans le cas d une croissance rapide du crédit domestique réel. Ces dernières sont donc plus exposées au risque de faillite. M2/ Réserves internationales: C est la masse monétaire M2 rapportée aux réserves internationales. Ce ratio mesure la capacité d une banque centrale à faire face à une baisse des réserves internationales suite à une panique bancaire. Une valeur élevée de ce ratio devrait augmenter la probabilité de déclenchement des crises bancaires. IV. Résultats Le tableau 1 reporte les résultats de l estimation des déterminants des crises bancaires et le rôle de la globalisation financière sur le déclenchent de ces crises. Notre variable d intérêt qui est la globalisation financière est décomposé en avoirs à l étranger et engagements envers l étranger et par nature des flux de capitaux échangés. Dans l équation 1.1 nous intégrons les variables de contrôle couramment utilisées dans la littérature empirique traitant de la problématique des crises bancaires. Les variables de contrôle choisies sont retardées d une période. Le coefficient de la croissance économique est négatif, et significatif à 1%. Les crises bancaires sont plus susceptibles d avoir lieu suite à un affaiblissement de la croissance économique. De même pour le coefficient de la variable M2/réserves et l inflation 13

14 qui sont positif et significatif à 1%. Ceci confirme l effet d un choc macroéconomique sur la probabilité de déclenchement des crises bancaires. La croissance du crédit domestique et le crédit au secteur privé rapporté au PIB ont tous les deux un signe positif et significatif à 5% et 1% respectivement. Ceci confirme l effet d une croissance rapide du crédit domestique et l augmentation des crédits risqués sur la probabilité de déclenchement des crises bancaires. L ouverture commerciale par contre, est négative et significatif à 10%. En effet, le pays est moins vulnérable à l arrêt soudain des flux de capitaux et au risque de crises bancaires qui en émane si son niveau d ouverture commerciale est assez élevé. Ces variables de contrôle sont utilisées dans les équations qui vont suivre et ils gardent le même signe et le même niveau de significativité. Toujours dans l équation 1.1 nous introduisons une mesure de la libéralisation financière dejure retardée d un an. Cette dernière n a aucun effet sur la probabilité de déclenchement des crises bancaires. Dans les régressions qui vont suivre, nous allons introduire une par une, les différentes mesures de la libéralisation financière defacto. Nous commençons dans l équation 1.2 par une mesure de la somme des stocks des avoirs à l étranger et des engagements envers l étranger par rapport au PIB retardée d un an: «LF.defacto». La variable n est pas significative. De même, pour la variable de mesure de la somme des engagements étrangers rapporté au PIB et la somme des avoirs à l étranger rapporté au PIB pris séparément. Les deux mesures n ont aucun effet sur la probabilité de déclenchement des crises bancaires (équation 1.3 et 1.4). Les mesures en niveau du stock des capitaux étrangers entrants et du stock des capitaux domestiques sortants ne présentent pas un risque de crises bancaires pour les pays en développement. Dans les six régressions qui vont suivre, nous désagrégeons ces deux dernières mesures par nature de flux de capitaux: IDE, investissements de portefeuille et dettes. Pour ce faire, nous utilisons la mesure de la part de chacun de ces types de flux de capitaux dans les engagements (avoirs) totaux. Nous constatons que la part des engagements en IDE par rapport aux engagements totaux (équation 1.5) agit négativement sur la probabilité de déclenchement des crises bancaires. Le coefficient est négatif et significatif à 5%. Ceci confirme l idée que les IDE sont des flux de capitaux qui permettent de promouvoir la stabilité et diminuent le risque d exposition des pays aux crises bancaires. La part des engagements envers l étranger sous forme d emprunt (équation 1.7) sont par contre positifs et significatifs à 5%. La dette extérieure augmente donc la probabilité de déclenchement des crises bancaires. Les engagements envers l étranger sous forme d investissements de portefeuille par contre (équation 1.9) n ont aucun effet sur le déclenchement des crises bancaires (Ceci peut être dû à la faible quantité échangée de ce type de flux de capitaux dans notre échantillon de pays). Toutefois, on montre que les trois composants des avoirs à l étranger à savoir : les dettes, les investissements de portefeuille et les IDE (équation 1.8, équation 1.9 et équation 1.10) n ont pas d effet sur la probabilité de déclenchement des crises bancaires. Ainsi, on peut conclure à partir des résultats du tableau 1 que l effet possible de la libéralisation financière émane principalement des engagements envers l étranger sous la forme d IDE et de dettes. Ces effets sont contradictoires et la part de chacun de ces flux de capitaux dans le total des engagements envers l étranger détermine au final l effet de la libéralisation financière sur la probabilité de déclenchement des crises bancaires. Dans un deuxième temps (Tableau2), nous utilisons les différentes mesures de la libéralisation financière en variation première. Ceci afin de tester l effet de transition d un niveau de libéralisation financière à un autre. En effet, un changement important du mouvement de capitaux internationaux pourrait être à l origine des effets néfastes pouvant émaner de la globalisation financière. 14

15 Nous gardons les mêmes variables de contrôle présentées ci-dessus. Ces dernières gardent le même signe. Par la suite, nous introduisons, une par une, les mesures de libéralisation financière utilisées dans le tableau 1 en variation première. Dans l équation 2.1, nous mettons en évidence que la variation de la libéralisation financière dejure n affecte pas la probabilité de déclenchement des crises bancaires. Nous remplaçons cette variable dans l équation 2.2 par une mesure de la différence première de la libéralisation financière defacto. Cette dernière est positive et significative à 5%. Ainsi, plus la variation du mouvement des capitaux internationaux est importante d une année une autre, plus le pays est exposé à un risque de déclenchement de crise bancaire. Dans l équation 2.3 et 2.4 nous introduisons respectivement une mesure de la différence première des engagements envers l étranger et des avoirs à l étrangers rapportée au PIB. Nous montrons que c est la variation des engagements envers l étranger qui agit positivement que la probabilité de déclenchement des crises bancaires. La variable est positive et significative à 5%. Toutefois, on trouve que la variation des avoirs à l étranger n a aucun effet sur la probabilité des crises bancaires dans les pays en développement. L effet positif que peut avoir la variation de la globalisation financière sur la probabilité de déclenchement des crises bancaires émane donc principalement de l entrée des capitaux internationaux et non de la sortie des capitaux domestique vers le reste du monde. Nous utilisons ensuite des mesures de la différence première de la part des flux de capitaux par nature dans les engagements (avoirs) totaux. Nous montrons aussi que, par nature des flux de capitaux, ce sont les engagements envers l étranger qui peuvent agir sur la probabilité de déclenchement des crises bancaires et non les avoirs à l étranger. En effet, dans l équation 2.5, la variation de la part des IDE entrants dans les engagements totaux, est négative et significative à 5%. De même pour la variation de la part des engagements en investissement de portefeuille rapportés aux engagements totaux qui est négative et significative à 1%. La variation de la part des dettes dans les engagements totaux est par contre positive et significative à 1%. Nos résultats prouvent par contre que la part des IDE, des investissements de portefeuille et des dettes dans le total des avoirs à l étranger n a aucun effet sur la probabilité de déclenchement des crises bancaires. Le tableau 2 nous permet ainsi de conclure que la variation de la globalisation financière peut avoir un effet positif sur la probabilité de déclenchement des crises bancaires dans les pays en développement. Toutefois, ce ne sont pas les avoirs à l étranger qui sont à l origine de cet effet néfaste de la globalisation financière mais plutôt les engagements envers l étranger. De même, cet effet des engagements envers l étranger sur la stabilité du secteur bancaire dépend de la composition des flux de capitaux entrants. En effet, une variation importante de la part des dettes dans les engagements totaux augmente la probabilité des crises bancaires. Toutefois, la variation de la part des IDE et des investissements de portefeuille dans les engagements totaux agit négativement sur la probabilité de déclenchement des crises bancaires dans les pays en développement. Ainsi, les IDE et les investissements de portefeuille présentent un filet de sécurité pour les pays ayant choisi de libéraliser leurs secteurs financiers, en diminuant la probabilité des crises bancaires dans les pays en développement. 15

16 V. Conclusion Bien que les mouvements de capitaux internationaux soient indéniablement profitables aux pays en développement, ils sont aussi potentiellement dévastateurs. La globalisation financière a été identifiée dans la littérature comme l un des facteurs à l origine des crises bancaires vécues par certains pays. En effet, il existe une forte corrélation entre les mouvements de capitaux internationaux et les crises bancaires. Plusieurs travaux se sont intéressés à l explication de cette relation. Toutefois, la distinction entre les deux aspects de la globalisation financière pris séparément, à savoir l entrée de capitaux étrangers et la sortie des capitaux domestique, a été négligée. La nature des flux de capitaux échangés peut aussi être un facteur déterminant dans l explication de l effet de la globalisation financière sur le déclenchement des crises bancaires. Cette étude cherche à expliquer la relation entre la globalisation financière et les crises bancaires en faisant d abord la distinction entre l effet des avoirs à l étranger et des engagements envers l étranger et en étudiant par la suite ces deux aspects (avoirs et engagements) selon la nature des flux de capitaux échangés. Nous menons une étude empirique qui porte sur 58 pays en développement sur la période en utilisant un modèle Logit binaire sur des données de panel. Au terme de notre étude empirique, on conclut que l effet de la globalisation financière sur la probabilité de déclenchement des crises bancaires ne dépend pas du niveau d ouverture du secteur financier mais s explique par un effet de transition d une année à une autre du ce niveau d ouverture financière. On montre aussi que c est la variation du niveau des flux de capitaux étrangers entrants (engagement envers l étranger) et non par la variation de la sortie des flux de capitaux domestique vers le reste du monde ( avoirs à l étranger) qui augmente la probabilité de crises bancaires. Ce sont donc les entrées des capitaux étrangers qui présentent le plus de risque sur la stabilité des secteurs bancaires dans les pays en développement. Nous montrons aussi que l effet des engagements envers l étranger sur la probabilité de crises bancaires dépend de leurs compositions. En effet, plus la part de l endettement externe dans les engagements totaux est élevée, plus la probabilité de déclenchement des crises bancaires est importante. Par contre, la part des IDE et des investissements de portefeuille entrant dans les engagements totaux a tendance à baisser la probabilité des crises bancaires dans notre échantillon de pays. En outre, à la lumière des résultats trouvés, une politique de contrôle des capitaux est indispensable pour mieux gérer le mouvement des capitaux internationaux. Ce type de «règlementation», utilisée par plusieurs pays 4, vise à contrôler les capitaux les plus risqués, c est à dire les capitaux les plus volatiles et de courte maturité. Un intérêt particulier devrait être accordé au contrôle des entrées des capitaux internationaux qui représentent le plus de risque pour les secteurs bancaires des pays en développement. Ce contrôle des entrées des capitaux doit avoir pour objectif la baisse du recours à l endettement externe contre une augmentation de la part des IDE et des investissements de portefeuilles. En effet, encourager une entrée des IDE et des investissements de portefeuille permet aux pays hôtes d être moins exposés aux risques de crises bancaires mais aussi de bénéficier des avantages que peuvent avoirs ces flux de capitaux à savoir la diversification du risque, le savoir-faire technologique et managériale, le développement financier et institutionnel et la croissance économique. 4 Contrôle sur les entrées de capitaux à court terme: Brésil ( ), Chile ( ), Colombie ( ), Malaisie (1994), et Thaïlande ( ). Contrôle sur les sorties de capitaux : Malaisie (1998), Espagne (1992), et Thaïlande ( ). 16

17 Bibliographie Boyd, J., G. De Nicolò et E. Loukoianova. (2009). Banking Crises and Crisis Dating: Theory and Evidence. IMF Working Paper 09/141. Busch, Andreas. (2009). Banking Regulation and Globalization. Oxford University Press. Caballero, Julian. (2010). Do surges in international capital flows influence the likelihood of banking crises? Working Paper. Calvo, Guillermo A, Leonardo Leiderman et Carmen M Reinhart. (1996). capital flows to developing countries in the 1990s: causes and effects. Journal of Economic perspectives, Calvo, Guillermo, Alejandro Izquierdo, et Luis-Fernando Mejia,. (2008). Systemic sudden stops: the relevance of balance-sheet effects and financial integration. NBER working paper(14026). Caprio, G. et Klingebiel D. (2003). Episodes of Systematic and Borderline Financial Crises. World. Bank working paper. Cerra V., Rishi, M. et S. Saxena. (2005). Robbing the Riches: Capital Flight, Institutions, and Instability. Working Paper WP/05/199, Washington, DC: IMF. Chinn, Menzie et Hiro Ito.. (2008). A New Measure of Financial Openness. Journal of Comparative Policy Analysis, pages De Bandt, O., et P. Hartmann. (2000). Systemic risk : A survey. CEPR discussion paper. Demirguc-Kunt, A., Karacaovali, B. et Laeven, L. (2005). Deposit insurance around the world : a comprehensive database. Policy Research Working Paper Series 3628, The World Bank. Demirgüc-Kunt, A., Kane, E.J., et Laeven, L. (2008). Determinants of deposit-insurance adoption and design. Journal of Financial Intermediation, Demirguç-Kunt, Asli, et Detragiache, Enrica. (1998). The Determinants of Banking Crises in Developing and Developed Countries. IMF Staff Papers, pp Fernandcz-Arias, E. (1996). The new wave of private capital inflows: push or pull? Journal of Development Economics, vol.48, pages Furceri, D., Guichard, S. et Rusticelli, E.. (2011). Episodes of Large Capital Inflows and the Likelihood of Banking and Currency Crises and Sudden Stops. OECD Economics Department Working Papers 865, OECD Publishing. Haussmann, R. et E. Fernandez-Arias. (2000). Foreign Direct investment: Good Cholesterol? IADB,Research Department Working Paper(No. 417.). Jeroen, K. (2010). Causes of Banking Crises Revisited. The North American Journal of Economics and Finance, Volume 21, Pages Joseph P. Joyce (2009). (2009). Fianncial Globalization and Banking Crises in emerging markets. Wellesley College, Department of Economics Working Paper. 17

18 Joyce, J. (2010). Financial Globalization and Banking Crises In Emerging Markets. Open Economies Review, pp Kaminsky, Graciela. (2008). Crises and sudden stops: evidence from international bond and syndicated loan markets. NBER working paper (14249). Kaminsky, Graciela L. et Carmen M. Reinhart. (1999). The Twin Crises: The Causes of Banking and Balance of Payments Problems. American Economic Review, Vol. 89( No.3), Kose, M. Ayhan, Prasad, Eswar et Taylor, Ashley D. (2009). Thresholds in the Process of International Financial Integration. NBER Working Papers Laeven, L. et F. Valencia. (2008). Systemic Banking Crises: A New Database. IMF Working Paper(No. 08/224). Laeven, L. et Valencia, F. (2010). Resolution of Banking Crises: The Good, the Bad, and the Ugly. IMF Working Paper No. 10/146, June 2010, p. 36. Lane, Philip R. et Milesi-Ferretti, Gian Maria. (2007). The External Wealth of Nations Mark II: Revised and Extended Estimates of Foreign Assets and Liabilities, Journal of International Economics 73 (2): Mehrez, G. et D. Kaufmann,. (2000). Transparency, liberalization and banking crises. World Bank Working paper( N 2286). Mendoza, Enrique G., et Marco E. Terrones,. (2008). An Anatomy of Credit Booms:Evidence from Macro Aggregates and Micro Data. NBER Working Paper14049, May Milesi-Ferretti, Gian Maria et Cédric Tille. (2010). The Great Retrenchment: International Capital Flows during the Global Financial Crisis. Economic Policy. Mishkin, F.S. et al. (2007). Monnaie, banque et marchés financiers (éd. 8). Pearson. Prasad, Eswar, Kenneth Rogoff, Shang-Jin Wei, et M. Ayhan Kose. (2003). Effects of Financial Globalization on Developing Countries: Some Empirical Evidence. Research Department, International Monetary Fund.(Occasional Paper No. 220). Reinhart, Carmen et Kenneth Rogoff. (2008). Banking crisis: An equal opportunity menace. NBER paper(n 14587). Rogoff. (2002). Contrôle des flux de capitaux: Faut-il garder l'esprit ouvert à cet égart? Finance et developpement. Von Hagen, Jürgen, et Tai-Kuang Ho. (2007). Money Market Pressure and the Determinants of Banking Crises. Journal of Money, Credit and Banking, Vol. 39, no. 5, World Bank. (2001). Finance and Growth: Policy Choices in a Volatile World. World Bank Policy Research Report. 18

19 Tableau 1 : Statistiques descriptives Obs Moyenne Ecart-type Min Max CB Croissance PIB/Tête M2/Reserves Inflation (log) Crédit.Priv./PIB Croiss.Crédit Ouv.Comm LF.dejure LF.defacto Eng. /PIB Avoirs/ PIB IDE/Tot.Eng IDE/Tot.Avoirs Dettes/Tot.Eng Dettes/Tot.Avoirs IPL/Tot.Eng IPL/Tot.Avoirs Tableau 2 : Echantillon de pays Algeria Guinea Panama Argentina Guinea-Bissau Peru Armenia Guyana Philippines Azerbaijan Haiti Romania Bangladesh Indonesia Russian Federation Belarus Jamaica Senegal Bolivia Jordan Sri Lanka Brazil Kenya Tanzania Bulgaria Latvia Thailand Burkina Faso Liberia Togo Cameroon Lithuania Tunisia China Madagascar Turkey Colombia Malaysia Uganda Congo. Dem. Rep. Mali Ukraine Congo. Rep. Mexico Venezuela. RB Dominican Republic Morocco Vietnam Ecuador Mozambique Yemen. Rep. Egypt. Arab Rep. Nicaragua Zambia El Salvador Niger Ghana Nigeria 19

20 Tableau 3 : Les déterminants des crises bancaires : Rôle de la nature des stocks bruts de capitaux internationaux en termes d avoirs à l étranger et d engagements envers l étranger (Variables en niveau) VARIABLES cb cb cb cb cb cb cb cb cb cb Croissance (t-1) -0,123*** -0,107*** -0,106*** -0,104*** -0,100*** -0,104*** -0,0986*** -0,0994*** -0,104*** -0,106*** -0,0237-0,0226-0,0226-0,0216-0,0216-0,0215-0,0216-0,0217-0,0218-0,0216 PIB/Tête (t-1) -0,0866-0,0267-0,0325 0, ,108-0,0598 0,111-0,0112-0,0201 0,0826-0,171-0,155-0,158-0,156-0,16-0,15-0,162-0,158-0,157-0,163 M2/Reserves (t-1) 0,0256*** 0,0246*** 0,0247*** 0,0244*** 0,0211** 0,0213*** 0,0213*** 0,0209** 0,0248*** 0,0234*** -0, , , , ,0082-0, , , , ,00799 Inflation (t-1) 0,292*** 0,231** 0,233** 0,232** 0,162* 0,236** 0,173* 0,222** 0,239** 0,202** -0,11-0,0963-0,096-0,0971-0,098-0,0949-0,0979-0,0972-0,096-0,0967 Crédit.Priv./PIB (t-1) 0,0254*** 0,0215*** 0,0216*** 0,0216*** 0,0215*** 0,0213*** 0,0225*** 0,0234*** 0,0214*** 0,0205*** -0, , , , , , , , , ,00577 Croiss.Crédit. (t-1) 0,210** 0,195** 0,195** 0,195** 0,201** 0,196** 0,200** 0,196** 0,195** 0,196** -0,0914-0,0805-0,0805-0,0808-0,0856-0,081-0,0849-0,0803-0,0807-0,0806 Ouv.Comm. (t-1) -0,00886* -0,00821* -0,00843* -0,00851* -0, ,00916** -0,00735* -0,00921** -0,00909** -0,00977** -0, , , , , , , ,0043-0,0042-0,00413 LF.dejure (t-1) -0,113-0,109 LF.defacto (t-1) -0,0691-0,125 Eng./PIB (t-1) -0,0718-0,138 Avoirs/ PIB (t-1) -0,163-0,508 IDE/Tot.Eng. (t-1) -2,713** -1,08 IDE/Tot.Avoirs. (t-1) 2,101-1,331 Dettes/Tot.Eng. (t-1) 2,103** -0,947 Dettes/Tot.Avoirs. (t-1) 0,905-0,748 IPL/Tot.Eng. (t-1) 0,711-2,733 IPL/Tot.Avoirs. (t-1) -8,472-7,353 Constante -2,350** -2,430** -2,401** -2,669** -2,800*** -2,336** -5,031*** -3,127*** -2,553** -2,928*** -1,165-1,096-1,12-1,059-1,051-1,021-1,523-1,166-1,074-1,061 Observations Nombre d ID pseudo R2 0,482 0,451 0,451 0,451 0,457 0,452 0,455 0,452 0,451 0,454 z.statistique entre parenthèse. *** significativité à 1%, ** significativité à 5%, * significativité à 10% 20

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