Enseigner la compréhension en lecture au cycle 2.

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1 Compte-rendu Animation pédagogique du mercredi 14 novembre 2012 Enseigner la compréhension en lecture au cycle 2. LA LECTURE : UNE ACTIVITE COMPLEXE Qu est-ce que lire? C est identifier une suite de mots et en comprendre le sens. Compétences mises en jeu en activité lecture : Extraire l information de ce qui est écrit. L = R x C Reconnaissance des mots isolés. Compréhension orale, sémantique et syntaxique. L est un produit de facteur : Si R ou C est égal à zéro, L est égal à zéro. En lecture : on se focalise souvent sur les aspects liés au code, la compréhension est moins étudiée, peu travaillée mais souvent évaluée. Olivier LEFEBVRE ~ CPC Montélimar Page 1

2 Qu est-ce que comprendre? C est une activité mentale de construction du sens qui peut s exercer dans tous les registres (oral, écrit, lecture d images fixes ou mobiles). Ce processus se construit progressivement par l intégration de nouveaux éléments. Comprendre, c est : - mobiliser des savoirs disponibles (lié au contenu du texte, maîtrise du lexique ) - construire des références : anaphores pronominales, synonymiques, métaphoriques - construire de la cohérence (inférences, chronologie, personnages, évocation du contexte, éléments spatiaux, temporels, de causalité ) - interpréter un texte, des images (émission d hypothèses, idées essentielles, ) Pour comprendre, l élève doit mettre en œuvre différents processus : (Jocelyne GIASSON) Olivier LEFEBVRE ~ CPC Montélimar Page 2

3 La compréhension en lecture requiert cinq compétences : - des compétences de décodage (automatisation des procédures d identification des mots écrits) - des compétences linguistiques (syntaxe et lexique) - des compétences textuelles (genre textuel, énonciation, ponctuation, cohésion : anaphores, connecteurs ) - des compétences référentielles (connaissances «sur le monde», connaissances encyclopédiques sur les univers des textes) - des compétences stratégiques (régulation, contrôle et évaluation, par l élève, de son activité de lecture). Les compétences sont mises en œuvre grâce aux différents processus : - les compétences de décodage - MICROPROCESSUS - les compétences linguistiques, les compétences textuelles, les compétences référentielle - PROCESSUS D INTEGRATION- MACROPROCESSUS - PROCESSUS D ELABORATION - les compétences stratégiques - PROCESSUS METACOGNITFS Comprendre un texte se traduit par l exécution possible d un ensemble de tâches (reformuler, synthétiser ou résumer, interpréter, questionner, contrôler) qui nécessitent l utilisation de stratégies (prises d indices, utilisation des connaissances antérieures, association d informations ). La compréhension est un processus actif, une activité dynamique qui vise à intégrer les informations au fur et à mesure qu elles sont perçues. L ENSEIGNEMENT DE LA COMPREHENSION EN LECTURE AU CYCLE 2.. A. La compréhension en lecture au cycle 2 : que disent les programmes? cf document «Repères pour organiser la progressivité des apprentissages en compréhension de lecture». B. Les caractéristiques de la compréhension en lecture au cycle 2 Comprendre ce qu on lit est le but de l apprentissage de la lecture. L enseignant s attache souvent au résultat de ce processus et non à l activité des élèves que génère ce processus. Olivier LEFEBVRE ~ CPC Montélimar Page 3

4 La période correspondant au CP-CE1 est particulièrement délicate. PS MS GS CP CE1 CE2 CM1 CM2 Compréhension à l oral Compréhension à l écrit Au cycle 2 les élèves passent de la compréhension d un texte lu par l enseignant à un texte lu seul en autonomie. Au cycle 2 apparaissent les questionnaires ou exercices qui évaluent trop souvent le produit sans vraiment construire les processus de lecture, sans réelles aides à interroger le texte L enseignement de la compréhension s effectue tout au long de la scolarité : travail d abord sur l oral puis sur l écrit. La compréhension s enseigne Comprendre des textes est une compétence qui nécessite la mise en œuvre par l enseignant d un entraînement méthodique. L élève apprend au cours préparatoire la technique qui lui permet d identifier des mots. C est un passage déterminant mais, pour autant, le travail sur la compréhension des récits, entamé depuis la maternelle, ne doit pas s arrêter là. Enseigner la compréhension, c est donner un certain nombre de stratégies cognitives pour permettre au lecteur et à l élève non lecteur, de comprendre un texte. C est entraîner les élèves à : - apprendre à écouter - apprendre à interroger un texte (intérioriser des types de questions) et donc apprendre à envisager les questions comme des aides à comprendre et non seulement comme des outils d évaluation. - apprendre à organiser un traitement stratégique des questions. - apprendre à traiter des marques linguistiques de cohésion du texte à savoir : les marques référentielles (anaphores) et les marques de ponctuation et les Olivier LEFEBVRE ~ CPC Montélimar Page 4

5 connecteurs, à l oral et à l écrit. - apprendre à élaborer des inférences. - apprendre à reformuler. Les écueils à éviter pour le maître : Sous-estimer les difficultés de compréhension des élèves (ex : Vocabulaire, références culturelles, structure des phrases, implicite, etc.). Évaluer les capacités de l élève avant d avoir enseigné (proposer des activités solitaires et autonomes trop précoces). Survaloriser les questionnaires au détriment des tâches de reformulation et de rappel. Privilégier les tâches d anticipation et d invention au détriment des tâches de lecture linéaire du texte accompagnées de retours en arrière. Refuser d expliquer les textes aux élèves sous prétexte de ne pas imposer son point de vue d adulte (confusion ici entre comprendre et interpréter). Quelles sont les difficultés des élèves? Les enfants croient qu il suffit de lire pour comprendre. Certains d'entre eux ne développent pas d'efforts ou de stratégies particulières pour comprendre. L enseignant doit avoir connaissance des difficultés éprouvées par les lecteurs peu efficaces : - les déficits des traitements de «bas niveau», notamment l insuffisante automatisation des procédures d identification des mots (le décodage) ; - les déficits généraux des capacités de compréhension du langage (mémoire, attention, raisonnement, etc.) - les déficits spécifiques au traitement du texte écrit : Ils peuvent être liés à d insuffisantes compétences linguistiques (lexique ou syntaxe de l écrit) et textuelles (relatives aux enchaînements entre les éléments du texte) ; - l insuffisance des connaissances du lecteur par rapport au contenu du discours ou du texte (on parle aussi de connaissances encyclopédiques ou socioculturelles) ; - la mauvaise régulation de l activité de lecture (compétences stratégiques de contrôle de la compréhension). Des pistes de remédiation des difficultés en compréhension en lecture sont données dans «LIRE AU CP» Fiches C1 et C6 - cf documents «Le rôle du maître» et «extraits Lire au CP» La compréhension suppose que le décodage ne mobilise plus l'attention des élèves. Pour un élève de CP, par exemple, la charge mentale est mobilisée par le décodage, ce qui laisse peu de place pour la compréhension. Il est important de soulager les élèves qui ont des difficultés dans l'identification des mots, en leur lisant le texte, quand on veut les faire travailler sur la compréhension. Olivier LEFEBVRE ~ CPC Montélimar Page 5

6 Les composantes de la lecture ne se limitent pas à l'activité de décodage et à la compréhension, mais elles incluent l'adoption de stratégies adaptées aux buts de lecture, des connaissances à propos de ces stratégies, et enfin la capacité de les contrôler. L élève, au cours de sa lecture du texte littéraire, peut se heurter à de nombreuses difficultés : - difficulté à saisir la permanence des personnages dans le récit - difficulté à synthétiser les informations - difficulté à saisir la logique des parcours narratifs - difficulté à reconnaître le stéréotype du personnage - difficulté à concevoir les relations entre les personnages - difficultés liées à la méconnaissance du genre du texte. L enseignement explicite de la compréhension L enseignement explicite de la compréhension a pour objet d enseigner les stratégies de compréhension. Par exemple : trouver le sens des mots à l aide du contexte, dégager les idées importantes d un texte, identifier les différents personnages - cf document «Démarche pour enseigner la compréhension au cycle 2» Olivier LEFEBVRE ~ CPC Montélimar Page 6

7 Les points particuliers Pour développer la prise de conscience de stratégies de lecture et développer les compétences impliquées dans la compréhension chez les élèves de cycle 2, on se focalisera sur les points suivants : - le repérage des connecteurs - le repérage des substituts - la réalisation des inférences - l identification des idées essentielles d un texte. Les connecteurs : Ce sont des mots de liaison et de structuration du texte et du discours, qui contribuent à leur organisation : - en assurant l enchaînement entre les différentes phrases - en marquant la structuration du texte ensembles de phrases liées ou les articulations du discours. Ces mots appartiennent principalement à plusieurs catégories syntaxiques : - les conjonctions de coordinations (mais, et, donc ) - les adverbes et les locutions adverbiales ( d abord, en revanche, alors, ensuite ) Les substituts : ils appartiennent à deux catégories : - les substituts grammaticaux : pronoms personnels, possessifs, démonstratifs, numéraux et cardinaux, interrogatifs et relatifs - les substituts lexicaux : synonyme, périphrase, mot générique, mot de la même famille, mot qui résume - L interprétation des connecteurs et des substituts pose de nombreux aux élèves qui doivent y être entraînés. Les inférences : Faire une inférence, c est effectuer des liens entre les propositions, entre les phrases d un texte ou d un paragraphe ; c est raisonner pour trouver/comprendre une information qui n est pas écrite dans le texte. Il existe plusieurs catégories d inférences à travailler au cycle 2 : inférence de lieu, d agent, de temps, d action, d objet, d effet (cf document les inférences). Les inférences prennent du temps chez les lecteurs experts ; on n imagine pas assez les difficultés que cela représente pour de jeunes élèves. Plus la difficulté des inférences augmente plus la vitesse de lecture diminue. A la limite, la compréhension générale va cesser au profit de la simple identification des mots (contrainte lexicale) voire du décodage (ex : termes scientifiques). Le traitement des inférences est extrêmement coûteux sur le plan attentionnel quand on n a pas les connaissances nécessaires. Les connaissances préalables (contexte et notions) ont un rôle essentiel dans tous les cas. Il faut donc familiariser les élèves avec le domaine abordé par un texte avant sa lecture (ex en étudiant le vocabulaire ou le type de texte, avant la lecture). Les recherches montrent que les élèves obtenant des résultats faibles en compréhension ne réalisent qu un nombre restreint d inférences. Il leur donc impossible de construire une représentation mentale correcte du texte lu. Olivier LEFEBVRE ~ CPC Montélimar Page 7

8 Les idées essentielles : retrouver les idées essentielles, c est saisir le sens global d un texte ou d un paragraphe pour se construire une image mentale de la situation. La compréhension se travaille à travers les échanges entre le maître et les élèves mais aussi entre élèves. L enseignant doit mettre les élèves devant une situation problème de lecture qui les oblige à effectuer une lecture effective et efficace. La compréhension naît dans les échanges : - maître/élève : où le maître va amener l élève à expliquer sa démarche et à prendre conscience de ses erreurs pour construire des stratégies plus pertinentes et plus efficaces. - élève/élève : le maître étant le médiateur pour permettre aux élèves de faire part de leurs stratégies, et aux élèves en besoin d apprendre par la verbalisation des stratégies efficaces de leurs pairs. - maître/texte/élève autour des verbes «croire» «penser» pour amener les enfants à comprendre les intentions, pensées et motivations des personnages et ainsi interpréter leurs actions. Le maître amène ses élèves à passer de la simple compréhension à l interprétation par le rappel de récit. Grâce à cette activité langagière, l élève va dire avec ses mots à lui, ce qu il a compris d une histoire qui lui a été lue, ou qu il a lue. L enseignant doit amener les élèves à se construire une représentation mentale de l histoire. Cela passe par : - l'identification des personnages et des liens qu'ils entretiennent entre eux (Qui?) - l'identification des lieux (Où?) - l'identification du temps (Quand?) - la capacité à inférer - Le retour au texte doit être systématique pour vérifier ce que dit l auteur, ce que dit le texte du document C / Enseigner la compréhension en lecture à partir d ouvrages de littérature de jeunesse : cf document «La compréhension en lecture» Ingrid LAVALLEE (PEMF) : D/ Enseigner la compréhension en lecture à partir de méthodes de lecture : cf document «Apprendre à comprendre» Nathalie DROUIN (PEMF) E / Enseigner la compréhension en lecture à partir d activités décrochées : - présentation des outils des EDITIONS DE LA CIGALE, STRATEGIES POUR LIRE AU QUOTIDIEN, JE LIS JE COMPRENDS - cf document «Les inférences» Olivier LEFEBVRE ~ CPC Montélimar Page 8