UNIVERSITÉ DE FRANCHE-COMTÉ L IMPLICATION DES PARENTS DANS L ÉDUCATION DE LEUR ENFANT D ÂGE PRÉSCOLAIRE À XALAPA (MEXIQUE)

Save this PDF as:
 WORD  PNG  TXT  JPG

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "UNIVERSITÉ DE FRANCHE-COMTÉ L IMPLICATION DES PARENTS DANS L ÉDUCATION DE LEUR ENFANT D ÂGE PRÉSCOLAIRE À XALAPA (MEXIQUE)"

Transcription

1 UNIVERSITÉ DE FRANCHE-COMTÉ ÉCOLE DOCTORALE «LANGAGES, ESPACES, TEMPS, SOCIÉTÉS» Thèse en vue de l obtention du titre de docteur en SCIENCES DE L ÉDUCATION L IMPLICATION DES PARENTS DANS L ÉDUCATION DE LEUR ENFANT D ÂGE PRÉSCOLAIRE À XALAPA (MEXIQUE) Présentée et soutenue publiquement par KARLA YUNES WATTY le 16 décembre 2011 Sous la direction de Monsieur le professeur Jean-Claude MANDERSCHEID Membres du Jury : François GALICHET, Jean-Claude MANDERSCHEID Alain MARCHIVE, Bernard TERRISSE, Professeur à l université de Strasbourg (rapporteur) Professeur à l université de Franche-Comté (directeur de thèse) Professeur à l université Bordeaux Segalen Professeur à l université du Québec à Montréal (rapporteur)

2

3 UNIVERSITÉ DE FRANCHE-COMTÉ ÉCOLE DOCTORALE «LANGAGES, ESPACES, TEMPS, SOCIÉTÉS» Thèse en vue de l obtention du titre de docteur en SCIENCES DE L ÉDUCATION L IMPLICATION DES PARENTS DANS L ÉDUCATION DE LEUR ENFANT D ÂGE PRÉSCOLAIRE À XALAPA (MEXIQUE) Présentée et soutenue publiquement par KARLA YUNES WATTY le 16 décembre 2011 Sous la direction de Monsieur le professeur Jean-Claude MANDERSCHEID Membres du Jury : François GALICHET, Jean-Claude MANDERSCHEID Alain MARCHIVE, Bernard TERRISSE, Professeur à l université de Strasbourg (rapporteur) Professeur à l université de Franche-Comté (directeur de thèse) Professeur à l université Bordeaux Segalen Professeur à l université du Québec à Montréal (rapporteur)

4

5 L implication des parents dans l éducation de leur enfant d âge préscolaire à Xalapa (au Mexique) Remerciements Je remercie tout particulièrement ma famille, source primordiale de cette démarche professionnelle. J exprime toute ma reconnaissance aux communautés éducatives des jardins d enfants au Mexique qui m ont fait part de leur expérience. Le Secrétariat d Éducation de l État de Veracruz À Jorge Alberto HERNÁNDEZ GUTIÉRREZ et à Mayra Jaqueline ORTEGA PÉREZ pour son aide dans la passation de questionnaires. Je ne peux pas citer tous ceux en France qui d une façon ou d une autre ont contribué à ce travail mais je me permets de souligner l aide particulièrement précieuse de Robert WOODWARD. À Jacqueline VONCLONCEUR, Amaya SAENZ LECAROS, Michelle CASAL, Didier DUFOUR et Abdoulaye MANÉ pour leurs critiques et leurs suggestions ainsi que pour le travail de relecture. À Daniel GAYET, Alain MARCHIVE, Bernard TERRISSE pour son aide précieuse et à vous tous qui, grâce à vos conseils, à vos commentaires et à votre soutien chaleureux, ont permis la réalisation de cette thèse. À mon directeur de thèse. ~ ~

6 L implication des parents dans l éducation de leur enfant d âge préscolaire à Xalapa (au Mexique) ~ ~

7 L implication des parents dans l éducation de leur enfant d âge préscolaire à Xalapa (au Mexique) «L établissement de relations harmonieuses et qualifiantes entre les parents et les milieux éducatifs, est une tâche complexe pour laquelle, il n existe ni recettes ni trucs». MIRON (2001, p. 252) ~ ~

8 L implication des parents dans l éducation de leur enfant d âge préscolaire à Xalapa (au Mexique) ~ ~

9 L implication des parents dans l éducation de leur enfant d âge préscolaire à Xalapa (au Mexique) TABLE DES MATIÈRES LISTE DES CARTES, DES DESSINS, DES GRAPHIQUES ET DES SCHÉMAS LISTE DES PHOTOS LISTE DES TABLEAUX ABRÉVIATIONS ET TERMES EN LANGUE ÉTRANGÈRE Abréviations Termes en langue étrangère INTRODUCTION CHAPITRE 1 PROBLÉMATIQUE : LE CADRE DE LA RECHERCHE Pourquoi faire cette recherche Population de référence Le Mexique L État de Veracruz Le municipio de Xalapa La population cible de la ville de Xalapa - Enriquez La famille mexicaine La famille veracruzaine La famille xalapegna La famille mexicaine et la famille française L enfant et sa famille Du foyer à l école L éducation scolaire mexicaine L éducation dans l État de Veracruz L éducation de Veracruz au XXIème siècle L éducation préscolaire dans le système éducatif mexicain L organisation de l éducation préscolaire mexicaine La mission éducative de l éducation préscolaire Le jardin d enfants et ses différents services ~ ~

10 L implication des parents dans l éducation de leur enfant d âge préscolaire à Xalapa (au Mexique) L emploi du temps des jardins d enfants La communauté éducative Bénéfices de la participation parentale à l école Valorisation sociale de la famille à l école Objet de la recherche CHAPITRE 2 LA PARTICIPATION ET L IMPLICATION PARENTALE À L ÉCOLE Les parents Définition des concepts de participation et d implication parentale La participation parentale Différents niveaux de participation Modèles de participation Facteurs influençant la participation des parents Facteurs culturels Facteurs familiaux Facteurs personnels Facteurs Scolaires Compétences spécifiques des instituteurs du cursus préscolaire Les structures de participation offertes dans l école Les activités proposés aux parents Les objectifs de cette étude CHAPITRE 3 LA MÉTHODOLOGIE : MÉTHODE D ENQUÊTE Le choix de l échantillon Les cinq types de jardin d enfants Le rythme du travail dans les jardins d enfants La méthode d échantillonnage Les jardins d enfants : un échantillonnage «stratifié» Les parents : un échantillonnage «par conglomérats» Pré enquête et préparation du questionnaire La construction du questionnaire Pré-enquête : validation pratique du questionnaire Résultats de la pré-enquête Élaboration et passation du questionnaire final Passation du questionnaire L échantillon des jardins d enfants de la recherche Les établissements «estatales» Les jardins d enfants fédéralisés (activités le matin) Les jardins d enfants fédéralisés avec service continu (mixte) ~ ~

11 L implication des parents dans l éducation de leur enfant d âge préscolaire à Xalapa (au Mexique) Les jardins d enfants fédéralisés avec service l après- midi Les jardins d enfants privés PARTIE 2 ANALYSE DES DONNÉES EMPIRIQUES CHAPITRE 4 LES RÉSULTATS GÉNÉRAUX DE L ENQUÊTE Analyse de données Aspects sociodémographiques des participants Le sexe des participants L âge des parents Le participant et son lien avec l enfant préscolarisé L état civil La composition de la structure familiale Les catégories socioprofessionnelles des parents CHAPITRE 5 LA PARTICIPATION ET L IMPLICATION PARENTALE Les modalités de la participation et de l implication parentale au Mexique Facteurs déterminants pour le choix scolaire Selon le sexe des participants Satisfaction du choix du jardin d enfants Cause de l insatisfaction du choix du jardin d enfants Les activités auxquelles les parents participent De l institutrice à la famille Le rôle de parents à l école Les relations parents - enseignants Rendez-vous avec l instituteur Communication écrite: les petites notes Rencontres informelles et régulières Devoirs en dehors du jardin d enfants Savoir ce qui se passe vraiment en classe Les facteurs qui influencent l implication parentale dans l éducation de leurs enfants Les caractéristiques sociodémographiques Type d activités proposées et subvention du jardin d enfants Le parcours scolaire des parents et le type de subvention L influence du vécu scolaire parental Souvenirs scolaires de parents «qui ont marqué sa vie» La participation familiale selon le soutien familial qu ils sont reçu La participation de leurs parents avec l école Les effets perçus par les parents chez leurs enfants en fonction de leur participation ~ ~

12 L implication des parents dans l éducation de leur enfant d âge préscolaire à Xalapa (au Mexique) 5.11 Propositions pour améliorer la relation enseignant-parents DISCUSSION CONCLUSION RÉFÉRENCES BIBLIOGRAPHIQUES RESUMEN LA IMPLICACIÓN DE LOS PADRES EN LA EDUCACIÓN DE SU HIJO EN EDAD PREESCOLAR EN LA CIUDAD DE XALAPA, MÉXICO RÉSUMÉ : L IMPLICATION DES PARENTS DANS L ÉDUCATION DE LEUR ENFANT D ÂGE PRÉSCOLAIRE À XALAPA (MEXIQUE) ABSTRACT THE PARENTS INVOLVING IN THEIR CHILD S PRE-SCHOOL EDUCATION IN THE CITY OF XALAPA IN MEXICO ~ ~

13 L implication des parents dans l éducation de leur enfant d âge préscolaire à Xalapa (au Mexique) LISTE DES CARTES, DES DESSINS, DES GRAPHIQUES ET DES SCHÉMAS Cartes Carte 1 L'évolution de la population de la ville de Xalapa Carte 2 Distribution des 21 jardins d enfants dans la ville de Xalapa Dessins Dessin 1 Mon grand père amène toujours mon père à l'école, et c'est toujours mon père qui m'amène dans sa camionnette rouge. Rodrigo. (2003) Jardin d enfants «María Montessori» Dessin 2 C'est toujours mon père qui m'amène, en voiture, à l'école, ma mère et ma sœur me disent toujours au revoir. Ma maman vient me chercher à la sortie du jardin. Réalisé par un enfant de préscolaire pendant la passation de questionnaires des parents Dessin 3 Avant de commencer mes cours, ma maitresse et ma mère discutent. Préscolaire "Noxinach" Xal. Ver. Mexique ~ ~

14 L implication des parents dans l éducation de leur enfant d âge préscolaire à Xalapa (au Mexique) Graphiques Graphique 1 Évolution de la population du «municipio» de Xalapa (INEGI, 2006) Graphique 2 Évolution de la population de la ville de Xalapa selon divers recensements de la population et de l habitation (INEGI, s/d) Graphique 3 Personnes ayant répondu à l'enquête en fonction de leur lien avec l'enfant Graphique 4 Statut civil des participants Graphique 5 Personne vivant avec l enfant Graphique 6 État civil du père selon l âge Graphique 7 État civil de la mère selon l âge Graphique 8 Choix du jardin d enfants selon le sexe des parents Graphique 9 Participation des parents aux activités que les sont destinées Graphique 10 Participation selon la subvention du jardin d enfants Graphique 11 Fréquentation de la mère au jardin d enfants Graphique 12 Bénéfices de soutien familial selon le parcours scolaire des parents Graphique 13 Expériences scolaires qui ont marqué la vie des parents Graphique 14 Type de relations établi entre l enseignant et le participant Graphique 15 Répercussions du lien entre la famille et l école chez les enfants selon les parents Schémas Schéma 1 Distribution du système éducatif mexicain selon le regroupement des niveaux du Secrétariat d Éducation de Veracruz Schéma 2 Représentation des objectifs spécifiques liés à l implication parentale au jardin d'enfants Schéma 3 Sélection des jardins d enfants dans la ville de Xalapa selon les horaires et la subvention scolaire ~ ~

15 L implication des parents dans l éducation de leur enfant d âge préscolaire à Xalapa (au Mexique) LISTE DES PHOTOS Photo 1 Une classe de petite section au jardin d enfants estatal. "María Montessori" Photo 2 La famille est notre plus grand trésor. Affiche au jardin d'enfants "Experimental" (2006) Photo 3 (2003) Parents qui participent dans des activités éducatives de leur enfant. Jardin d enfant «Centro Renacimiento» Xalapa, Ver. Mexique Photo 4 (2003) Parents qui s impliquent au programme «Papás cooperando». Jardin d enfant «Centro Renacimiento» Xalapa, Ver. Mexique Photo 5 Réunion de présentation de la recherche aux directrices du système fédéralisé Photo 6 Enfants de grande section au jardin d enfants. "Graciela Rivera de Pozos" Xalapa, Ver Photo 7 Participation des parents à la passation de questionnaires Photo 8 Parents du jardin d enfant "María Montessori" qui participes à cette étude Photo 9 Parents devant la porte d'entrée principale du jardin d'enfants "Beatriz Velasco de Alemán". 174 Photo 10 Une de zones de jeux pour les enfants dans le jardin d enfants "José Vasconcelos" Photo 11 Raconte de conte dans le patio du jardin d enfants "Nueva Xalapa" Photo 12 Récréation au jardin d enfants "Juan de la Barrera" Photo 13 Fête d'anniversaire d'un élève avec la participation de parents. Jour de la passation dans le jardin d enfants "Vicente Lombardo Toledano" Photo 14 Projet «nous faisons un bac aux légumes». Jardin d enfants «M. Enriqueta E. López Beristaín» Photo 15 Parents en train de remplir le questionnaire à l entrée principale du jardin d enfants "Antonio M. Quirasco Photo 16 Jardin d enfants "Prof. Carlos F. Moreno González" Photo 17 Sortie des enfants du jardin d enfants "Cri-Cri" Photo 18 L heure d entrée au jardin d enfants fédéralisé "Juan Escutia" Photo 19 Salle à manger et salle d'usages multiples. Jardin d enfants "Noxinach" Photo 20 Engagement des parents dans le jardin d enfants «Renacimiento» Photo 21 (2003) Parents participants du jardin d enfants "Colegio Xalapa" Photo 22 (2003) Parents en train de répondre au questionnaire à la direction du jardin d enfants «Centro Escolar Acueducto» Photo 23 (2005) Parents participants dans cette étude. Jardin d enfants «Maria Montessori» Photo 24 Une sœur responsable de récupérer sa petite sœur tout les jours du jardin d enfants «Cri-cri» ~ ~

16 L implication des parents dans l éducation de leur enfant d âge préscolaire à Xalapa (au Mexique) Photo 25 Père qu'amène leur enfant tout les jours au jardin d enfants «Elodia Beristain» Photo 26 Une femme au foyer amène leur enfant au jardin d enfants «Carlos F. Moreno» Photo 27 Femmes au foyer à l'heure d'entrée au jardin d enfants «Cri cri» Photo 28 Au jardin d'enfants «Noxinach», les parents ont envie de participer et de s impliquer Photo 29 Une classe du jardin d enfants «Montessori» avec 30 élèves Photo 30 Parents en train de répondre au questionnaire. Jardin d enfants «Juan de la Barrera» Photo 31 Participation de la communauté éducative dans différentes activités sociales Photo 32 Un enfant qui, en attendant que se parents viennent le récupérer, joue seul Photo 33 Un père qui travaille au jardin d enfants "Vaconscelos" avec la classe de son enfant Photo 34 Une activité artistique mise en place au jardin d enfants «Juan de la Barrera» avec la participation des mères Photo 35 Réunion informative mercredi 24 mai à 11 hrs. Sil vous plaît la présence d'un adulte par enfant est nécessaire. Merci! Photo 36 Des affiches pour informer aux parents des différentes activités. Jardin d'enfants "José Vasconcelos" Photo 37 L'heure d'entrée et de sortie sont propices aux conversations informelles entre les enseignants et les parents. Jardin d'enfants "Xalapa" Photo 38 Parler aux autres parents c'est un aspect naturel pendant l'entrée ou la sortie des enfants du jardin d'enfants Photo 39 Dit moi ça que tu as fait aujourd'hui en cours. Jardin d'enfants "José Vasconcelos" Photo 40 Ma mère a était toujours présente à l école, donc je fais pareil qu elle. Jardin d'enfants "Carlos F. Moreno" Journée de portes ouvertes Photo 41 Une porte d entré au jardin d enfants. Un instant durant la récréation. «Antonio M Quirasco» démotive les parents Photo 42 Participation des parents aux activités civiques Photo 43 Une mère «Quand je vois mon enfant participer, je pense à mon enfance» Photo 44 En grand parent entre de parler avec les enseignants et ses petits enfants. Jardin d'enfants "Colegio Xalapa" Photo 45 Une mère engagée dans la préparation du repas quotidien des enfants Photo 46 Une classe au jardin d enfants fédéralisé "Cri-cri" Note : La reproduction de photographies qui ont été prises pour la réalisation de cette étude, ont été dûment autorisées pour sa présentation dans cet ouvrage par les parents et les responsables des préscolaires impliquées. ~ ~

17 L implication des parents dans l éducation de leur enfant d âge préscolaire à Xalapa (au Mexique) LISTE DES TABLEAUX Tableau 1 Distribution de la population scolarisée de l État de Veracruz (SEV, 2007) Tableau 2 Évolution du nombre d enfants inscrits au préscolaire entre la rentrée 1970 et 1979, au Mexique (SEP, s/d) Tableau 3 Population inscrite en éducation préscolaire dans tout le Mexique entre 2000 et 2005 (SEP, 2007) Tableau 4 Distribution des différents services éducatifs au Mexique (SEP, 2007) Tableau 5 Distribution de la population de chaque jardin d enfants participant Tableau 6 Distributions selon la subvention et les horaires des jardins d enfants dans la ville de Xalapa et de la population des jardins d enfants qui font parti de l échantillon. Rentrée (SEV, 2006) Tableau 7 Distribution de la population des 21 jardins d enfants choisis, par section et le type de subvention (SEC, 2006) Tableau 8 Participation des parents dans chaque type de jardin d enfants selon leur sexe Tableau 9 Age des participants selon leur sexe Tableau 10 Nombre d enfants par foyer participants Tableau 11 Scolarité des pères Tableau 12 Scolarité des mères Tableau 13 Facteurs déterminant le choix du jardin d enfants pour les parents Tableau 14 Niveau de satisfaction du choix du jardin d enfants selon les parents Tableau 15 Facteurs de satisfaction des parents par rapport á la subvention du jardin d enfants de leurs enfants Tableau 16 Satisfaction du choix selon les horaires des jardins d enfants Tableau 17 Facteurs de satisfaction ou d insatisfaction du choix selon les horaires des jardins d enfants Tableau 18 Opinion des parents par rapport aux activités mises en place par l enseignant Tableau 19 Rôle des parents face a l éducation préscolaire des enfants Tableau 20 Rôle joue la famille selon le type de relation établi avec les enseignants Tableau 21 Raisons pour lesquelles les parents aiment participer dans las activités Tableau 22 Type d activité proposée selon le type de subvention des jardins d enfants Tableau 23 Soutien familial reçu par les parents pendant leur parcours scolaire ~ ~

18 L implication des parents dans l éducation de leur enfant d âge préscolaire à Xalapa (au Mexique) Tableau 24 Expériences scolaires passées qui ont marqué la vie des parents Tableau 25 Relations entre les parents et l enseignant selon les parents Tableau 26 Aspects relationnels entre l école et la famille influencent l enfant Tableau 27 Apports des parents grâces aux activités au sein du jardin d enfants Tableau 28 Propositions des parents pour améliorer les liens entre l enseignant et les parents Tableau 29 Autres commentaires relatifs aux liens entre l éducation préscolaire et la famille selon les parents ~ ~

19 L implication des parents dans l éducation de leur enfant d âge préscolaire à Xalapa (au Mexique) ABRÉVIATIONS ET TERMES EN LANGUE ÉTRANGÈRE Il nous paraît nécessaire ici de clarifier quelques concepts essentiels à notre étude afin de mieux comprendre cette thèse. Bien qu à l'écrit ces termes en espagnol et en français se ressemblent, ils n'ont pas forcement ont la même signification. 1. Abréviations CAPEP CENDI CONAFE DIF SEV SEP Centre d attention psychopédagogique d éducation préscolaire Centro de Desarrollo Infantil (Centre de Développement Infantile) Consejo Nacional de Fomento Educativo (Conseil National de Promotion de l Éducation) Desarrollo Integral de la Familia (Développement Intégral de la Famille) Secretaría de Educación de Veracruz (Secrétariat d Éducation de Veracruz) Secretaría de Educación Pública (Secrétariat d Éducation Publique) PEP 92 Programa de Educación Preescolar 1992 (Programme d Éducation Préscolaire de 1992) PIB UNESCO UNICEF PNR PNUD Producto Interno Bruto (Produit Interne Brut) Organisation des Nations Unies pour l Éducation, la Science et la Culture Fonds des Nations unies pour l'enfance Partido Nacional Revolucionario Programa Nacional de Naciones Unidas para el Desarrollo (Programme des Nations Unies pour le Développement) ~ ~

20 L implication des parents dans l éducation de leur enfant d âge préscolaire à Xalapa (au Mexique) JARDINS D ENFANTS : GRDP MME GM E BVDA JV NX JDLB VLT MEELB AMQ PPCFMG CC JE NX LJLS MMO CR CDX CEA MMP Graciela Rivera de Pozos María Montessori (estatal) Gabriela Mistral Experimental Beatriz Velasco de Alemán José Vasconcelos Nueva Xalapa Juan de la Barrera Vicente Lobardo Toledano María Enrique Elodia López Beristaín Antonio M. Quirasco Prof. Carlos F. Moreno González Cri-Cri Juan Escutia Noxinqch Lilia Judith Lomán Sánchez Manuel M. Oropeza Centro Renacimiento Colegio de Xalapa Centro escolar acueducto María Montessori (privé) ~ ~

21 L implication des parents dans l éducation de leur enfant d âge préscolaire à Xalapa (au Mexique) 2. Termes en langue étrangère Éducation préscolaire au Mexique. Cette formation éducative obligatoire est intégrée par deux ou trois sections : «lactantes», initiale ou maternelle et préparatoire (petite, moyenne et grande section en France, respectivement). Jardin d enfants, école maternelle, «kindergarten». Période éducative obligatoire qui précède la scolarité élémentaire ou primaire. Le terme préscolaire est largement utilisé car, au Mexique, le terme «maternal», dans certains cas, est considéré comme le premier ou le deuxième cours (première année ou petite section) de l éducation préscolaire. Selon les différents organismes subventionnaires, ils sont classés ainsi : Federalizados =Fédéralisés ou Fédéraux transférés Estatales = De l état Federales = Fédéraux Privados = Privés Autónomos = Autonomes Centres de Développement Infantile (Centros de Desarrollo Inicial ou CENDI) ou garderie. Équivalent á la crèche en France. Au Mexique les enfants d entre 45 jours et de moins de 5 ans 11 mois peuvent assister à ce service éducatif. A savoir que comme l éducation préscolaire forme partie de l éducation obligatoire qui s offre aux enfants de trois ans, certaines de ces institutions éducatives offrent le service d éducation préscolaire dans les CENDI. Matro ou Patrogimnasia. Activités physiques réalisées entre parents et enfants dans une manifestation festive mise en place par les enseignants. Au Mexique, la définition de certains termes n a pas d équivalence exacte en France. Pour cette raison, certains termes sont utilisés en espagnol pour marquer la différence sémantique entre les deux langues. ~ ~

22 L implication des parents dans l éducation de leur enfant d âge préscolaire à Xalapa (au Mexique) Colonia : similaire à un quartier en France. Au Mexique, il est plus utilisé dans les contextes socioéconomiques défavorisés. Eduación informal o no escolarizada = Éducation informelle ou non scolarisée : Ce terme est relatif à l éducation acquise en-dehors de l école, provenant de l entourage social, le voisinage, la famille, les amis, etc. Estatales = de l État : Ce terme est utilisé en espagnol car sa traduction en français peut poser des difficultés de compréhension car l organisation administrative du chaque pays est différente. C'est grâce à cette différence que le nom est adopté. Estado = État : Le découpage territorial et administratif du Mexique conformé par 31 États et un District Fédéral. Chaque État est constitué de différents municipios. Estado = État : Le gouvernement. Municipio (s) : Ce terme désigne le territoire formant une unité administrative regroupant plusieurs villes et communes. Ils comprennent des réseaux de villes, d agglomérations, de communes, de petits villages et des hameaux. Veracruzano (a) = Veracruzain (e) s : Nombre de la population de la ville ou de l État de Veracruz. Piñata = Objet coloré rempli de bombons et très typique dans toutes les fêtes, surtout dans les anniversaires des enfants. Xalapa : L un des municipios de Mexique et l un des 212 municipios qui exercent le pouvoir dans l État de Veracruz. Jalapa ou Xalapa = L une des localités qui forment le Mexique et une des villes les plus importantes de l État de Veracruz. Xalapeño (a) = Xalapegna (o) s : Nom des habitants de la ville de Xalapa. ~ ~

23 Introduction INTRODUCTION Dans un monde qui change rapidement, les parents transmettent à leurs enfants leur expérience et leur propre culture, ainsi que l histoire des générations précédentes. Grâce à cette transmission, les parents contribuent à faire entrer les jeunes enfants dans la «culture» et à les préparer pour le futur. Durant cette expérience, divers aspects de la vie des parents, de leur enfance, de leur jeunesse et de leur parcours scolaire, sont volontairement ou non transmis à leur progéniture. Aujourd hui, nous savons que les premières relations que l'enfant établit durant sa vie ont une importance cruciale pour son avenir. La famille est le premier contact social et culturel de l'enfant. Elle lui transmet les connaissances, les conduites, les habiletés, les aptitudes et les attitudes nécessaires à son épanouissement dans différents environnements sociaux. Par la suite, ce sera le jardin d enfants qui, avec l'aide des parents, aura pour tâche de proposer d autres bases favorisant le développement de l enfant. L éducation préscolaire est la période qui précède la scolarité élémentaire. En France, elle correspond à la maternelle. Le terme préscolaire et jardin d enfants seront largement utilisés dans cette étude. L éducation préscolaire est une ressource pour permettre à l enfant de vivre de manière harmonieuse dans un entourage différent de son foyer, car dans cette tâche éducative, l'école est un excellent partenaire de la société. La famille apprend à l enfant les compétences fondamentales et elle a la responsabilité de lui enseigner comment se comporter en tant que membre d'un groupe tout en lui montrant que la société a besoin de lui et qu il a également un rôle social à assumer. THIN signale que : «La famille, à travers sa collaboration avec l école, stimule et soutient l appropriation de la culture et des différents savoirs de l enfant. Elle fait, pour cela, appel à toutes les dimensions de la personne. Elle modifie l écoute, le regard, l action, le rapport à soi et aux autres» (1998, p. 174). Donc, il est fondamental qu il y ait de bonnes relations entre la famille et l'école afin qu une complémentarité s installe entre ce que l'enfant ~ 19 ~

24 Introduction vit chez lui et ce qu'il réalise à l'école. La première rencontre entre la famille, l enfant et la scolarité, de manière générale, a lieu au jardin d enfants. Cette étape est déterminante dans le développement de l enfant. Considéré comme un milieu de transition, le jardin d enfants donne accès à un très grand nombre de connaissances. C est une ressource riche en culture fixant les bases de l éducation formelle proprement dite qui, au Mexique, est acquise à l école. Dès leur création vers 1840 en Allemagne, les premiers jardins d enfants ont eu pour principale mission de soutenir les familles dans leurs tâches éducatives, selon leurs besoins. Pour leur fondateur, FRÖBEL, l un des éléments essentiels était d intégrer l éducation préscolaire dans la communauté et de motiver la participation familiale (Cité dans HEILDAND, 2000). Aujourd hui encore, ces notions sont largement mises en avant, comme le montre un passage du dossier de presse de ministère français de l éducation nationale «Les familles et l école : renforcer les relations entre les familles et l école». En effet, dans le sous paragraphe «la cohésion éducative entre les parents et l école», dans la partie «mieux coopérer», nous pouvons lire l argument suivant : «Au sein de la collectivité scolaire, la qualité des relations qu entretiennent les parents et l école constitue un enjeu majeur pour la réussite scolaire des jeunes. Au-delà de la représentation statutaire des parents à l école, il s agit d établir un véritable dialogue dans l intérêt des élèves afin que les familles soient pleinement associées à la scolarité de leurs enfants et deviennent de véritables interlocuteurs» (MINISTÈRE DE L ÉDUCATION NATIONALE, 2001, p. 1). Au Mexique, l UNESCO, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), l UNICEF et la Banque Mondiale ont développé durant cinq ans, avec le ministère de l Éducation, le projet «Educadores comunitarios trabajando con padres en México» (1992). Selon EMING YOUNG (1999), cette action avait pour objectif d améliorer les pratiques parentales destinées à la protection et à l épanouissement des enfants. Ces pratiques concernaient la santé, l hygiène de vie, l éducation et l équilibre psychologique, l alimentation, le développement affectif et l intégration sociale de l enfant sans négliger la planification familiale et les conditions socio-économiques de la famille. Dans plusieurs programmes éducatifs actuels, des actions sont mises en place pour établir, mettre en avant ou améliorer les liens entre l école et la famille. Le projet comme «NEZAHUALPILLI» (SEP, ~ 20 ~

25 Introduction 2001), ou le programme «Petits Déjeuners Scolaires» (YUNES WATTY, 2003) favorisent le travail coopératif entre la famille et l école. Le Programme Préscolaire Mexicain de 1992 (PEP 92) fait référence à «l'importance des relations que l'enfant établit avec son environnement familial, social et culturel pour son propre développement affectif et social mais également pour l'intégration de l image de soi afin de provoquer en lui un sentiment d'appartenance à son groupe socioculturel» (SECRETARIA DE EDUCACIÓN PÚBLICA, p. 7) (Traduction libre de l auteur). Malgré des directives pédagogiques qui vont dans ce sens et les encouragements de la part des enseignants à l implication active des parents dans les écoles, cette action n est pas toujours simple à réaliser. En effet, il faut éviter que certains parents s imposent à d autres parents ou qu ils aient un engagement excessif, afin de ne pas les inciter à remplacer une partie de l'équipe pédagogique. Par ailleurs, certains insistent sur le fait qu «il faut une implication d un plus grand nombre de parents» et que la participation parentale dans la planification des politiques scolaires ne doit pas excéder deux ans (LOI CONGRESO DE LA REPUBLICA PERUANA, 2005, ART. 5). De nombreux psychologues, sociologues et pédagogues spécialisés dans l éducation (FULLAN, HOFFMAN et WEIKART, 1995) mettent l accent sur l importance des facteurs structurels tels que le type de famille (traditionnelle, élargie, séparée, reconstituée, monoparentale et biparentale) et le niveau socio-économique et/ou culturel, comme étant la cause essentielle du développement et de la réussite scolaire des enfants. En France, lors d une conférence de presse en 20 juin 2000, le ministre de l Éducation LANG énonce : «qu il n y a pas de développement affectif complet chez l enfant sans la famille, et sans la relation de travail entre l école et sa famille» (p. 1). Quelques années plus tard, en février 2005, un autre ministre de l Éducation, FILLON, remarque : «qu en matière d éducation, chacun sait à quel point il est important de pouvoir conjuguer l action de l école et l action de la famille dont les rôles sont complémentaires et solidaires» (MINISTÈRE DE L ÉDUCATION NATIONALE, 2005, p 1). En 1997, et dans le même ordre d idées, en Espagne, MENÉNDEZ-PONTE (1997, p. 26) affirme qu «afin d'avoir des enfants totalement épanouis, il est nécessaire d'établir et de garder une relation étroite entre les parents et l'instituteur et en même temps, de partager entre les deux, l'énorme responsabilité d'élever les enfants conformément aux valeurs établies par la société». Au Canada, PROVOST et ROYER dans leur étude sur «les influences familiales ~ 21 ~

26 Introduction dans le développement socio-affectif de l enfant», conclue ainsi : «une bonne connaissance du milieu familial aidera au rapprochement de la famille et de l école, ce qui ne peut être que bénéfique pour les enfants, les parents et les enseignants» (2004, p. 63). MORIN (2004, p. 181) précise «qu une bonne collaboration aide les enseignants à mieux comprendre certains comportements des enfants pour qu ils puissent intervenir plus rapidement et efficacement auprès d eux». En Espagne, CLÉMENTE et HERNÁNDEZ (1996), VÁZQUEZ (1998), soutiennent aussi cette idée en soulignant que plus étroite sera la coopération entre les parents et l école, meilleurs seront les résultats d'apprentissage de l'enfant. À partir de là, la Confederación Española de Asociaciones de Padres y Madres de Alumnos (CEAPA, 2006), développe diverses activités pour améliorer la qualité du système éducatif, ainsi que l épanouissement des jeunes, grâce à la présence régulière des parents au sein des institutions éducatives. Au Mexique, grâce à quelques expériences et à différentes recherches antérieurs (VAZQUEZ, 1988 ; STACEY, 1996), il paraît évident que la clé de la réussite scolaire pour la plupart des enfants dépend de la mise en place d une relation de considération et de respect mutuel entre les enseignants et les parents, d une part et du degré ainsi que de la qualité de l implication et de l engagement de la famille dans la scolarité de leurs enfants, d autre part (BAROCIO, 1996 ; MONTIEL, PINTADO et YUNES WATTY, 1998). En plus, le Consejo Nacional por el Fomento Educativo (CONAFE) montre que «les stratégies éducatives utilisées avec les enfants sont liées au niveau socio-économique des parents et que plus leur niveau est faible, moins les stratégies éducatives sont efficaces» (cité dans GARCÍA et al, 1995) (Traduction libre de l auteur). Les études que nous venons d évoquer montrent clairement l importance de l implication des parents dans la réussite ou l échec de leurs enfants. Si nous sommes convaincus que pendant la scolarité de l enfant, la famille est considérée comme essentielle pour son développement harmonieux, pourquoi ne pas se préoccuper d identifier quels sont les modalités de la participation de parents dans l école? Quelles sont, selon le niveau d implication des parents, les différences et similitudes observées dans chaque jardin d enfants? Quelles sont les modalités de la participation et de l implication parentale? Quelles sont les activités auxquelles les parents participent? Quels aspects influencent leur implication dans l éducation préscolaire de leurs enfants? Quel est le rôle des enseignants dans les activités prévues pour les parents? Quels sont les bénéfices perçus pour les enfants du fait de la participation de leurs parents? Ainsi, l objet principal de cette étude sera donc ~ 22 ~

27 Introduction d approfondir les connaissances sur l implication de la famille au jardin d enfants dans la société mexicaine. Cette étude va par conséquent tenter de distinguer la place des parents dans les jardins d enfants afin de décrire et d analyser les facteurs qui influencent leur implication dans l éducation préscolaire de leurs enfants, sans oublier que ce type d éducation demande aussi à être envisagé comme un mode de socialisation et de changement culturel. Dans ce sens, nous étudierons la valeur accordée par les parents au jardin d enfants en fonction de leur passé scolaire et leur contexte culturel sous l angle de la représentation sociale. ~ 23 ~

28 ~ 24 ~ Introduction

29 Première chapitre. L objet de la recherche PARTIE 1 PRÉSENTATION DE LA RECHERCHE ~ 25 ~

30 ~ 26 ~ Première chapitre. L objet de la recherche

31 Première chapitre. L objet de la recherche CHAPITRE 1 PROBLÉMATIQUE : LE CADRE DE LA RECHERCHE Nous pouvons dire que chaque société est unique, mais nous ne pouvons pas traiter le sujet de la participation des parents à l école sans aborder celui de la société en question. Pour cette raison, ce premier chapitre souligne l importance de mettre en évidence les termes abordés au cours de cette recherche : culture, société, famille, école, participation et implication parentale. Il est évident que les parents font partie d une structure familiale ; c est la raison pour laquelle, afin de mieux comprendre comment les géniteurs influent sur leur progéniture, il est indispensable de nous intéresser en premier à leur rôle de formateurs. À ce stade, il est aussi nécessaire de définir les caractéristiques culturelles spécifiques de la société mexicaine, contexte auquel les foyers participants appartiennent. Cette démarche peut nous sembler naturelle, mais partout dans le monde, les groupes sociaux sont adaptés à leur environnement géographique et culturel et à partir de cette adaptation, les personnes développent des relations sociales et des modes de vie précis. Par conséquent, afin de mieux faire comprendre l importance de la famille dans cette société et son implication dans le système éducatif, nous serons amenés également à expliquer certains aspects historiques de l évolution de l éducation mexicaine. Par ailleurs, nous présenterons aussi les effets de différents programmes éducatifs pour lesquels la participation et l implication des parents sont de plus en plus nécessaires. Finalement, ce cheminement nous permettra de délimiter de manière plus exacte, les liens entre la participation et l implication parentale et l éducation préscolaire. 1. Pourquoi faire cette recherche De plus en plus dans la plus part de pays occidents on se rendu compte que la réussite scolaire ne peut pas dépendant que de l école. Elle doit dépend aussi de la famille. Dès lors nous constatons une progression et un intérêt important pour faire participer les parents à ~ 27 ~

32 Première chapitre. L objet de la recherche l école. En plus, les recherches actuelles confirment que la participation parentale a des effets positifs sur l achèvement scolaire des enfants. Les effets sont bénéfiques sur la réussite de l enfant. Plus l implication des parents intervient chez les plus jeunes mieux sont les résultats. Comme jusqu à présent les études sur l implication des parents au jardin d enfants au Mexique sont restreinte cette recherche donc essaye de montré l importance de cette implication chez d enfants en âge préscolaire. 1.1 Population de référence S intéresser à une société précise, observer et comprendre ses valeurs, ses attitudes et ses comportements, c est tenter d appréhender un univers plus vaste. D abord, la tâche initiale qui incombe à cette première partie de ce chapitre, consiste à déterminer en priorité le contexte, source primaire pour l obtention des informations sur l implication des parents mexicains à l école. Une seule ville sera l objet de notre étude, Xalapa. Nous nous efforcerons donc de mettre en évidence ses particularités, ses similitudes ou ses différences par rapport à un autre groupe de référence. Ensuite, nous insisterons sur quelques caractéristiques de la culture nationale, régionale de l État de Veracruz et locale du munipicio, puis de la ville de Xalapa, site cible choisi, pour cette recherche. Mais pourquoi parler du Mexique? La population mexicaine dans son homogénéité reflète les valeurs et les évolutions sociales qui rendent plus difficile de distinguer sa culture dans un simple regard et motive sa découverte. Actuellement, le Mexique est le pays hispanophone le plus peuplé au monde. Son patrimoine offre une gamme très large de traditions et de coutumes autochtones et occidentales. C est de plus, comme MALAT, en 1998, l écrit dans son livre «Le Mexique», ce pays présente une surface vaste, une richesse et une variété ethnique et culturelle importante. Mais, qui est mexicain? Qui est veracruzain? Qui est xalapegno? Jusqu où ces adjectifs ont-ils un sens? Une explication stricte de ces termes dérive de la construction sociale et culturelle qui échappe à toute délimitation pure, naturelle et biologique de la définition de l être humain. Nous savons que dans la réalité quotidienne certains groupes se distinguent des autres par leurs caractéristiques culturelles ou leur position sociale marquée ~ 28 ~

33 Première chapitre. L objet de la recherche par une certaine marginalité. Dans le cas précis du Mexique, ce pays a ses racines dans trois moments précis : l époque préhispanique, l hispanique et post coloniale. La civilisation mexicaine représente la synthèse des cultures méso-américaine et hispanique. Dans chaque période, la population s adapte aux nouvelles règles de vie. C est pourquoi, selon ARIEL DE VIDAS, elle n apparaît jamais mieux qu à travers les tensions foncières qui révèlent dans la longue durée les dualités constitutives de l univers mexicain : le droit et la coutume, la religion chrétienne et les croyances autochtones, entre autres Le Mexique Situé parmi les onze pays les plus peuplés du monde, le huitième par sa diversité culturelle et le quatorzième par sa taille, le Mexique ne représente que 1,5% de la superficie mondiale. Ce pays est une république fédérale qui a une superficie de Km². Il est situé en Amérique du nord et du centre, il a une frontière commune avec les États-Unis, le Guatemala et le Belize, de plus, il est délimité par le Golfe du Mexique et la mer de Caraïbes à l est, et par l Océan Pacifique à l ouest. Il paraît clair que, plus qu une situation géographique, chaque contexte est caractérisé par des aspects historiques et socioculturels qui sont des facteurs vivaces qui déterminent et qui aident à comprendre la vie quotidienne de chaque société. Aujourd hui, selon le recensement de 2005, le Mexique compte localités réparties sur 31 États et un District Fédéral qui réunissent habitants (INEGI, 2006). Parmi la totalité des localités, onze villes ont une population d au moins un million d habitants, tandis que 112 communes comptent de à habitants. En outre, personnes vivent dans des petites villes ou villages de moins de habitants (INEGI, 2007) et près de la moitié de la population vit dans 123 zones urbaines. DUREAU, GOUËSET et MESCLIER (2006) qui signalent que la population est déterminée par les milieux physiques (végétation et climat), et les formes d organisation sociale et productive. Il est évident que l analyse de la diversité géographique d un pays, témoigne des particularités socioculturelles de la région, des États, des municipios et de l ensemble des villes qui la constituent. Le Mexique est constitué de trente et un États et d un District Fédéral, ce dernier étant connu comme la ville capitale de Mexico. Certains aspects de la ~ 29 ~

34 Première chapitre. L objet de la recherche culture nationale s y retrouvent, plus ou moins assimilés ou différenciés, mais, les particularités de chaque contexte leur confèrent une richesse importante et unique. L un de ces États, Veracruz, présente, après le District Fédéral et l État de Mexico, la plus importante concentration de population métisse et de population autochtone par rapport aux États de Chiapas et Oaxaca ainsi qu une variété culturelle très riche. Plus de 50 langues régionales y sont parlées L État de Veracruz Veracruz, dénommé l État «accueillant» par excellence grâce à sa chaleur humaine, a une superficie de kilomètres, soit 3,7% de la superficie totale du pays (INEGI, 1991). Sa situation géographique en bordure du golfe du Mexique et des frontières avec huit autres États en font un des États les plus importants du pays (ENCARTA, 2005). Cette situation est propice à une grande diversité climatique qui comporte à la fois un climat humide tempéré et un climat semi-froid et froid. Il est également propice a la multiplicité des profils de rassemblement comme l écrivent DUREAU, GOUËSET et MESCLIER (2006) ainsi que CAMBREZY (1990). Veracruz, a participé activement au développement du pays grâce au soutien économique donné au PIB (produit intérieur brut) au milieu XXe siècle. Sur le plan agricole, il occupe la troisième place, résultat d une combinaison complexe entre les aspects climatiques, la répartition de la population et l importance de la main-d œuvre. En plus, il assure une grande partie de la production agropastorale du Mexique. D autres secteurs, comme l exploitation du sel et du pétrole, ont un grand impact national et international. Sa situation géographique fait qu une grande partie du commerce extérieur transite par l un de ses trois ports, les plus importants du pays (SUBSECRETARÍA DE DESARROLLO POLÍTICO, 2000). Ces différents facteurs favorisent une migration constante de la population, des mariages mixtes, un mouvement ininterrompu des idéologies, et un essor inégal mais parfois remarquable de certaines villes. La présence pluriculturelle est multiforme dans l État, et se manifeste dans divers aspects de la population étrangère, métisse et autochtone. Il semble que l enjeu actuel est de choisir entre la construction d une société multiculturelle et l édification d une société culturellement homogène. Toutefois, en accord avec son entourage, elle permet à chaque ~ 30 ~

35 Première chapitre. L objet de la recherche groupe social de se trouver face au défi d une reconstruction multiculturelle adaptée à sa propre histoire, à sa propre population pour la construction de sa propre identité. Jusqu à présent, grâce à sa richesse culturelle, sa situation géographique, sa proximité de la capitale du pays, l État de Veracruz a connu un développement conséquent que confirme son importance économique, sociale, culturelle et éducative dans le progrès de la société mexicaine. Cette capacité de réadaptation permanente aux changements fait que cet État compte, aujourd hui le plus grand nombre de petites communes du pays, approximativement (INEGI, 2006). Ces dernières sont réparties dans 212 municipios. Par contre, seulement huit de ces villes concentrent une population supérieure à habitants, l une d elle se situe dans le municipio de Xalapa Le municipio de Xalapa Xalapa est un de 212 municipio de Veracruz. Il est situé au centre nord de l État avec une superficie qui représente 0,17% du total de l État, c est-à-dire, km 2. Il est limité par six municipios. Il gère 58 localités, parmi lesquelles, Xalapa- Enriquez, sa capitale. Grâce à son climat, à sa situation géographique, à sa proximité du Port de Veracruz, et à sa trajectoire politique, Jalapa, desserte routière importante se constitue, en 1794, comme municipio. Depuis sa création, cette région a toujours eu une place importante dans l État et dans le pays. Quatre groupes autochtones : Totonaques, Chichimèques, Toltèques et Téochichimèques constituent sa population d origine. Aujourd hui selon l institut National de Géographie, Statistique et Informatique, deux langues indigènes seulement y sont parlées : le nahuatl et le totonaque. Dès 1831, selon Humboldt et d après les résultats de différents recensements, nous constatons des variations constantes et positives de la population du municipio. En 2000, la population de ce municipio représente 5.65% de la population totale de Veracruz, elle comprend indigènes, personnes vivant dans des zones rurales, et, habitants dans les zones urbaines. Au sein de la population totale, ont au moins 12 ans ce qui dénote une structure sociale urbaine très jeune car plus de la moitié sont des enfants qui vivent dans la capitale. Dans les chiffres officiels du recensement, en 2005, dans les 58 ~ 31 ~

36 Première chapitre. L objet de la recherche villes qu il gère, il compte une population de habitants, dont 0,68% sont des indigènes, et des enfants entre cinq et neuf ans. La distribution de la population est très inégale, environ 98% vit dans une seule ville, Xalapa de Enriquez, qui est également sa capitale (INEGI, 2001). La graphique précédente montre une croissance soutenue de la population due sans doute, à la conjonction de plusieurs facteurs, ainsi qu à la migration permanente liée à l essor politique du municipio en moins de 50 ans. La densité de la population à un instant donné, est une chose, mais l évolution de la distribution dans l espace et les répercussions sociales de ces peuples en est une autre. Dès là, une réadaptation sociale est forcée. En conséquence, une reconfiguration des arrangements familiaux, avec une main-d œuvre de plus en plus féminine, moins éduquée et souvent chargée de la famille limite l accès à l emploi, et modifie la famille. Les alternatives d'accroissement des marchés de l'emploi sont réparties en ordre décroissant selon le volume de la population active dans chaque localité et la distance entre ces dernières. Mais la croissance dans les marchés de l'emploi alternatifs, localisés en dehors des grandes villes, représente aussi la possibilité d'une concentration d'activités économiques ailleurs que dans les villes principales Nombre de la population Année de recensement* Graphique 1 Évolution de la population du «municipio» de Xalapa (INEGI, 2006) ~ 32 ~

37 Première chapitre. L objet de la recherche La population cible de la ville de Xalapa - Enriquez Vu l immensité du pays, et le nombre d États, il est difficile de réaliser une étude à l échelle nationale ou à celle d un État. La distribution administrative de l État de Veracruz ne permet pas de rassembler des informations sur chacun de ses habitants. Cette situation oblige à retenir uniquement un munipio, mais la taille de l un d eux, n échappe pas à cette règle et ne permet pas non plus de l étudier en entier. En conséquence, Xalapa, sera la seule ville prise en compte, dans cette étude. La ville à laquelle j appartiens, a une diversité culturelle riche. Elle fait partie des soixante villes les plus peuplées du pays. C est pourquoi, Xalapa a retenu toute notre attention pour cette étude. Deux raisons m ont motivé pour ce choix. D une part, le fait d avoir vécu et travaillé dans cette localité durant de nombreuses années, a facilité toutes les démarches, les recherches d informations, mais également les enquêtes. D autre part, cet endroit a une richesse et une importance dans l histoire de l éducation nationale de cette région. En effet, Xalapa a toujours été une ville pionnière dans le développement éducatif. En plus, cette ville a un essor culturel, économique et social important, associé au rôle politique qu elle joue depuis plus d un siècle (XALAPA, H. AYUNTAMIENTO, 2003). Xalapa-Enriquez est une ville stratégiquement très bien située. Ici convergent les montagnes : la Sierra Madre Orientale et la Transversale. De plus, elle se trouve sur l axe routier Mexico - Veracruz. Grâce à cet emplacement et à son altitude de mètres, la ville de Xalapa a une topographie irrégulière avec une grande variété de reliefs -accidentés- qui fait qu elle est parcourue par des fleuves, des rivières et des sources qui, avec la pluie, arrosent la ville durant toute l année. Ces facteurs font que c est une ville humide, avec une température moyenne annuelle de 19.1 Celsius. En automne et en hiver, la brume est fréquente et les vents du nord provoquent des basses températures. Selon diverses recherches réalisées sur les vestiges Totonaques, l existence de cette ville remonte à plusieurs années avant J.C. Par ailleurs, certains registres dans les annales de Quauhtinchán, signalent, pour première fois, l existence de la ville vers Cependant, la fondation plus récente, a lieu vers D autres traces relatives à quatre groupes indigènes ~ 33 ~

38 Première chapitre. L objet de la recherche montrent un accroissement et l unification de la ville, vers le XIVe siècle. Selon l histoire actuelle, avant la conquête, entre 1457 et 1521, la région est contrôlée par le Ve impérium Aztèque puis par l empire Mexica et finalement, par la couronne Espagnole (ENCARTA, 2005). Le multiculturalisme de la Ville dépasse la spécificité du contexte et démarre un défi de civilisation. Ce mélange culturel évite une monotonie uniforme dans le développement social. La chance de partager et mixer les traditions met en évidence l intégration d un nouveau fonctionnement social basé sur la fusion des expériences et des influences les plus diverses. Cette diversification extraordinaire favorise aussi une variété de comportements liés aux origines propres. La vie en société mobilise les individus qui commencent à agir de façon plus prévisible par rapport à leur contexte. Pendant la colonisation, le développement de cette ville est important. La coexistence de différents groupes influent sur la culture qui contribue d abord à leur renforcement et après sur un style de vie altéré. A cette époque, le poids symbolique et culturel des groupes autochtones ne cesse de croître, la famille redécouvre, revalorise et renfonce son rôle et son mode de vie. En 1739, la ville prend le nom officiel de Xalapa, et devient la capitale de la Province. En 1784, la ville arrive à compter une population de habitants. La population indigène subit une dégradation des conditions de vie, la disparition culturelle entre les groupes supérieurs est moins visible et, les métis et les étrangers sont de plus en plus présents dans la région. L amélioration du cadre de vie urbain, des emplois, ainsi qu un aménagement des espaces, renforcent le lien social. La famille et la religion comme éléments essentiels de l entourage se prononcent pour l égalité des chances. Dès là, la famille continue à forger un sentiment d appartenance de chacun de ses membres ainsi qu à favoriser sa formation et son intégration dans une communauté d égaux. Au début de XIXe siècle, Xalapa prend un essor économique et politique significatif. Grâce à sa situation géographique, elle est un véritable carrefour, permettant le passage vers le centre du pays (PALACIO MUNICIPAL DE XALAPA, s/d). Engagée dans le développement, la culture se diversifie grâce à la mobilité permanente des différentes familles. Tandis que les effets de la modernité réclament une valeur de la famille interdépendante à ces autres contextes. Elle encourage l église et l école, à mener les politiques de la vie quotidienne et familiale et à consolider ses formes de pouvoir. Le processus d Indépendance favorise l établissement de la première Législature de ~ 34 ~

39 Première chapitre. L objet de la recherche l État et sa proclamation comme capitale de Veracruz en La croissance de sa population ( habitants) continue, ainsi que l épanouissement social de la famille. Cette dernière occupe une place de plus en plus importante dans la définition de l identité individuelle où la reconnaissance est nécessaire. L essor de la ville se poursuit et la mise en place de divers services (l électricité et l eau potable, centres culturels et de loisir), provoquent des changements et des progrès dans tous les secteurs de la population. Par décret le 12 décembre 1830, Xalapa obtient le titre de Ville. Le 22 septembre 1846, elle est désignée pour accueillir les pouvoirs législatifs et judicaires et, un évêque. Bien que le fonctionnement social soit sous l influence d une nouvelle tendance, au sein des familles, son intérêt reste dans l éducation, la formation religieuse, la vie politique et la politesse. D une part, la religion soutenue par la famille permet aux enfants de développer des compétences sociales, en vue de leurs assurer leur insertion à leur vie en société, et, selon la demande sociale, des bases solides pour devenir adultes autonomes et responsables. En 1848, une nouvelle croissance sociale est liée à la politique (environ habitants) (CONSEJO DE LA CRÓNICA DE LA CIUDAD DE XALAPA, s/d). A la fin du siècle, les familles continuent à partager les mêmes valeurs et normes imposées par la tradition, même si d autres structures luttent pour imposer d autres conceptions. La politique commence à être décisive pour la stratification sociale et son développement. Au long des années, tout est ciblé sur cet aspect, d autant plus que le siège de l administration publique est ici et, ce sont les flux migratoires permanents qui l encouragent. A partir de la seconde moitié de XXe siècle, grâce à la concentration du pouvoir administratif, à l expansion des activités tertiaires et à l offre de services administratifs et publics (du municipio ou de l État) sa configuration sociale devient plus complexe. Dans la carte cidessous, nous pouvons le constater. Vis-à-vis de l essor économique et politique du XXe siècle, comme le montre le graphique ci dessus, une croissance constante de la population est fortement marquée, au cours des dernières décennies. Ce phénomène peut être expliqué par l arrivée de milliers d étudiants dans l enseignement supérieur ainsi que par le renouvellement du personnel de la fonction publique tous les six ans. Compte tenu de la mobilité de la population et à l expansion territoriale de la ville, la création d une grande diversité de colonias 1 est nécessaire pour pouvoir satisfaire leurs besoins. La construction de logements, d écoles, de centres hospitaliers, l expansion des réseaux de services publics et de nouvelles manières de 1 Le terme provient du placement des colonies. Territoire occupé par l ensemble des résidences vivant dans le même quartier. ~ 35 ~

40 Première chapitre. L objet de la recherche vivre apparaissent. L adaptation à un habitat plus réduit et parfois plus marginal, sont preuve de la croissance démesurée qui fait de Xalapa, une des 60 villes les plus peuplées du pays. De ce fait, un changement culturel est aussi toujours visible. Et, même si la vie familiale résiste et continue à être l équilibre entre la modernité et la tradition, et, entre la vie privée individualiste et la vie sociale conservatrice, elle doit se soumettre aux changements sociaux. La modernité se trouve dans la force de la vie sociale, de la scolarisation et de la politique. Tant que les croyances religieuses, les choix moraux, les orientations sexuelles, les comportements, les goûts et les valeurs sont confrontés à la tradition et à cet esprit de changement. Finalement et, malgré sa lutte, la famille se transpose dans la structure politique dont elle devient un état d esprit, un style de vie, une identité partagée, un système de valeurs communes et un support protecteur. L ensemble de ces changements sociaux concerne aussi la démographie. Nous pouvons supposer l appartenance en fonction de l âge, mais c est la mobilité de la population qui fait jouer le réflexe du sentiment d appartenance à la famille Carte 1 L'évolution de la population de la ville de Xalapa. ~ 36 ~

41 Première chapitre. L objet de la recherche Pourtant, d un côté c est la famille qui a déterminé cette mobilité et d un autre, la forte concentration de la population est liée à la modernité et aux possibilités des offres diversifiées qu elle propose Nombre de la population Année de recensement* Graphique 2 Évolution de la population de la ville de Xalapa selon divers recensements de la population et de l habitation (INEGI, s/d). Selon le recensement de 2000, après la ville de Veracruz, qui à cette date compte une population de habitants, Xalapa en a , c est-à dire qu elle concentre 95,5% des habitants de son municipio (INEGI, 2001) dont l administration publique et la population scolarisée sont à la base. À noter que, dans la plupart des cas, les étudiants séparés de leur famille par les études, retournent à elle tous les week-ends et pendant les vacances. Nous pouvons supposer qu un lien fort entre l individu et sa famille continue à se perpétuer, malgré toute la globalisation et la modernité actuelles. En fait, selon LAMBERT «le retournement permanent à l expérience passée ne touche pas tous les domaines et il n est pas un simple retour aux valeurs «traditionnelles» mais une redéfinition de ces valeurs» (2005, p. 84) et la complémentarité pour la constitution des autres. Et si nous portons le regard sur l évolution de la société, d après le recensement de 2005, selon l INEGI dans la seule ville de Xalapa vivent autochtones dont personnes de cinq ans et plus qui parlent leur langue maternelle. Population qui même si elle n est pas très représentative, mérite de notre respect et une attention spéciale, surtout dans le cadre de l éducation, l alimentation et la santé. Par ailleurs, sa population en croissance permanente s élève à habitants pour lesquels les générations continuent à se rassembler et ou s'expriment de nouvelles formes de régulation des relations sociales fondées sur la préservation et l entretien du noyau familial. Les structures familiales et sociales ~ 37 ~

42 Première chapitre. L objet de la recherche diverses se modernisent et se regroupent dans foyers dont, 66% sont gérés par des hommes. 1.2 La famille mexicaine Quelle relation réelle existe entre la famille, l enfant et le jardin d enfants mexicain? D où vient l'importance du rôle de la famille dans la tradition éducative mexicaine? D où vient le fait que la famille mexicaine participe davantage dans l éducation préscolaire des enfants qu en France? Pourquoi le jardin d enfants et la famille vivent en harmonie et coopération permanente? D où provient cette importance que l on accorde à cette participation? Enfin, pourquoi parler de la tradition familiale et le processus éducatif formel dans cette étude? Quand nous parlons des relations sociales, les idées, les émotions, les actes, les attitudes, les institutions, les choses matérielles possèdent des qualités ou des défauts qui fluctuent selon le groupe. Ainsi, ce qui est attractif pour les uns, peut être repoussant par les autres. Par conséquent, la socialisation basée sur une trajectoire historique unique est soutenue par la participation sociale et par des principes légaux bien définis qui déterminent l implication des individus dans des différents contextes, parents à l école, hommes dans la politique, femmes au foyer, etc. Ainsi, l évolution du Mexique ne peut être comprise sans considérer le rôle central que la famille joue comme institution primaire dans la socialisation des individus. Une des grandes richesses humaines et sociales de la culture mexicaine est précisément la valeur accordée à la famille. Bien que la plupart des familles mexicaines aient des caractéristiques communes, il n existe pas une typologie unique de la famille. Dès l existence des cultures méso-américaines, cette société a été bien structurée. À leur arrivée, les Espagnols ont été marqués par cette organisation politique et géographique, par la taille de sa population et par le pouvoir de la famille dans la structure sociale. Au cours des trois siècles de Conquête, des changements liés au mélange culturel entre les autochtones et les colonisateurs ont renforcé le pouvoir social de la famille. Aujourd hui, les rapports entre la famille et des autres contextes sociaux sont la résultante de l histoire sociale et du changement des valeurs, où chaque individu joue un rôle précis. De ce fait, nous ne pouvons analyser l éducation préscolaire et le rôle familial comme une simple évaluation mathématique ou quantitative, car la vie d une personne, d une famille et d un établissement scolaire est calqué sur sa société et son passé. Les différences générationnelles sont une des causes de l influence ~ 38 ~

43 Première chapitre. L objet de la recherche et du développement de système de valeurs, d éducation et de traditions préétablis de chaque société. Cela engendre sans conteste des répercussions dans la famille et par voie de conséquence, sur les enfants, dans l école, etc. Comme dans le reste du monde, les changements sociaux et culturels dont le Mexique a souffert dernièrement ont eu une grande influence sur le comportement de la population infantile. L urbanisation, l expansion des medias, la croissance de l inégalité sociale et de la pauvreté ainsi que les changements dans la structure familiale et l insertion de la femme dans le monde du travail sont à l origine de cette transformation. L urbanisation engendrée par la migration vers la ville a provoqué des changements dans la manière de vivre ainsi qu une réduction des espaces consacrés au jeu, à la convivialité et, surtout une modification de l approche et la découverte de l entourage naturel et social de l enfant. L expansion des médias, plus particulièrement la télévision qui exerce dans la vie de la communauté et, plus fortement chez les enfants, une influence significative qui oriente la société vers plus d individualisme et de consommation. Cela n est pas toujours bien adapté aux besoins de la culture locale. De plus, les jeunes générations passent de plus en plus de temps seuls, devant la télé ou les jeux vidéo, le tout pratiquement sans surveillance parentale. Les enfants deviennent plus indépendants et moins émotifs face aux événements quotidiens. Ces comportements et les relations établies entre les familles et l école sont abordés de différentes manières. En considérant que la famille et les relations sociales sont encore une des priorités dans la culture mexicaine, les évolutions actuelles vers l individualisme sont de plus en plus visibles. D une part, parce que les changements dans la structure familiale classique et l insertion de la femme dans le monde du travail sont les facteurs qui ont fortement détérioré le noyau central de la société, car la famille devient de plus en plus désintégrée et le temps consacré aux dialogues et pratiques en commun est de moins en moins adapté. D une autre part, la famille élargie devient moins fréquente : le nombre d enfants diminue et les familles monoparentales prolifèrent. Cela génère une réduction du temps dans la relation consacrée à l enfant. Chacune de ces situations implique une diminution dans la stimulation des capacités de communication, des possibilités pour établir le contact social, et l apprentissage par rapport au monde extérieur des enfants. Ainsi, et, sans aucun doute, ces phénomènes impliquent une attention nécessaire afin d aider dans les enfants dans l intégration de leur personnalité. ~ 39 ~

44 Première chapitre. L objet de la recherche Les Mayas, les Olmèques, les Totonaques, les Otomi, entre autres ont vécu la simplicité de la vie quotidienne. Ce style de vie s oppose à une structure sociale complexe, fondée sur une organisation familiale patrilinéaire, une division selon les sexes du travail et une répartition par secteurs des activités (agriculture, guerre, religion, médecine, astrologie ). Donc, la tradition patriarcale est courante dans le système familial, et la vie quotidienne est rythmée par les fêtes religieuses souvent consacrées à la nature (changements climatiques, abondance des récoltes ). L élite et le peuple ne sont pas des catégories sociales antagonistes, car des liens de parenté ou d alliance unissaient tous les habitants. De même, la société aztèque était divisée en classes sociales distinctes. Les classes inférieures formaient des groupes basés sur la famille (clan). Le foyer constituait l'endroit le plus sacré de ce peuple. Les rôles sociaux étaient bien définis depuis la naissance. La famille avait la responsabilité d inculquer les valeurs, d éduquer les plus jeunes, de transmettre les connaissances, de familiariser les filles aux différentes tâches ménagères et d initier les garçons à l agriculture, aux sciences et à la guerre. Avec le temps, une jonction culturelle entre le Mexique et l Espagne est visible et une réorganisation et une transformation naturelle des ces peuples autochtones est inévitable ; cependant, la famille joue un rôle de plus en plus important dans les différentes structures sociales. Parents, enfants et parfois grands-parents continuent à vivre sous le même toit ou les personnes liées au chef de la maison et/ou à son épouse, par consanguinité. En parallèle, la structure familiale patriarcale continue à se transmettre, tel que l affirme CARRASCO (2004). Preuve de l existence d une société patriarcale dans laquelle les possibilités d actions indépendantes réalisées par les enfants et les femmes, étaient contrôlées par leur conjoint et/ou leur père, c est l affirmation de BREWSTER (2007) «les femmes mariées pouvaient posséder des propriétés mais leurs époux en avaient le contrôle». La loi, n accordait qu une protection limitée aux femmes par rapport à celle des hommes et s intéressait uniquement aux femmes mariées, aux mères, aux nonnes, aux vierges et aux «femmes décentes», Les fils prennent systématiquement la relève de l activité professionnelle, du métier, ou de l occupation artisanale de leur père. Mais, pourquoi parler de la conjonction de deux cultures? Comment on vient de voir, avant la conquête par les Espagnols, l identité sociale du pays était déterminée par ses divers groupes locaux. Avec la découverte du Nouveau Monde en 1492, des transformations et des changements importants commencent à se produire. Peu à peu un mélange de cultures et d apprentissages apparaît. Avec la colonisation et pendant les trois siècles de domination espagnole, les cultures propres au territoire mexicain ont assimilé, mélangé et intégré la ~ 40 ~

45 Première chapitre. L objet de la recherche culture hispanique. Comme le relate DÍAZ DEL CASTILLO (1551), tout au début de cette période, les étrangers aussi bien que les autochtones, sont parvenus à établir des règles et des modes de vie en commun adaptés à leurs propres manières de penser et de vivre, tout en conservant certaines traditions très nettement différenciées entre les Espagnols, les Créoles, les Métis et les Indigènes. NAVARRETE LINARES, affirme que ces processus d adaptation ont conduit à l emploi de nouveaux produits alimentaires, à un renforcement de la structure familiale, à l usage d un langage et de formes vestimentaires différentes et à l utilisation de médicaments ou d herbes médicinales (2004, p. 44) (traduction libre de l auteur) En ce qui concerne la famille du moitié du XVIe siècle, d une part, les croyances religieuses renforcent la structure familiale, les parents continuent à former leurs enfants dans la tradition, les initient dès leur plus jeune âge aux travaux domestiques, pour les filles, et aux travaux des champs pour les garçons. D autre part, la religion assure l éducation formelle et l acquisition des traditions culturales hispaniques. Dans l intérêt de renforcer l importance de la famille, en 1805, le premier journal quotidien «el Diario de México» apparaît et publie des articles relatifs à la famille, à l enfance, à la femme mais aussi à la pauvreté (CLIO, 2007). Impossible de nier que c est au cours de cette période que l image du «macho» apparaît et que la femme devient l ombre de son père et plus tard celle de son mari, et que les garçons jouissent d une meilleure reconnaissance sociale que les filles. Dans des centaines de familles existent des cas de femmes abusées, violées et/ou manipulées par la culture machiste dominante. Une deuxième Constitution est promulguée, le 5 février 1857 et le mot «famille» est mentionné pour la première fois. CORCUERA DE MANCERA (2005) mentionne que jusqu au début XXème, l influence européenne est toujours marquante dans certaines pratiques sociales telles que la façon de s habiller, les règles de politesse, les pratiques éducatives, les comportements sociaux et familiaux des femmes appartenant aux couches sociales les plus favorisées. En contrepartie, «c est dans les couches populaires que les aspects de la culture et des mœurs qui ont survécu à l époque pré-cortésienne restent les plus vivants (l affrontement fut en effet le plus violent avec les classes aborigènes les plus élevées). Ceci a permis dans une large mesure à la famille mexicaine de conserver son caractère et même de garder de nos jours, dans certaines régions ~ 41 ~

46 Première chapitre. L objet de la recherche rurales, la même organisation et le même type d habitat qu à l époque préhispanique» ( UNESCO, 1972, p. 65). En 1910, la Révolution touche toutes les structures sociales, surtout la famille où certains rôles traditionnels sont altérés : la femme assume la responsabilité éducative des enfants toute seule et/ou elle rentre à sa famille d origine, suite au décès de son conjoint. La notion de nationalisme s affirme avec force dans l ensemble de la population (RAMOS, 1934) ainsi que le fait de préserver le dynamisme et la justice sociale. Ces idées ainsi que le fait d accepter la présence de l État comme deuxième père sont adoptées dans le noyau familial. Il se montre particulièrement généreux envers les couches sociales les plus défavorisées afin d augmenter sa popularité et de s assurer leurs votes (BIZBERG, 2003). Le paternalisme et la soumission de la femme et de l enfant augmentent à l extérieur alors que la femme détient toujours le pouvoir à l intérieur du foyer familial. En 1938, l expropriation pétrolière réaffirme une forte distinction sociale. Les valeurs envers l éducation formelle s instaurent, ainsi que la présence d un nombre plus élevé de femmes dans la sphère publique même si elles, selon les hommes, doivent rester tranquilles à assurer l harmonie familiale et à appuyer, dans l ombre, la carrière de leur époux. «Selon WAGNER (1995), toute représentation sociale constitue un processus ne pouvant se manifester que dans des groupes et sociétés où le discours social permet les échanges de points de vue semblables et différents sur divers objets sociaux et où les expériences antagonistes peuvent servir de base de discussion et de formation collective d opinion» (cité en HARTOG et LAVALLÉÉ, 2005, 53). Dans cette optique, à cette époque, les medias se popularisent, la télévision et la radio sont plus accessibles. Le succès du cinéma mexicain est un essor qui marque décisivement la famille. Quelques modes de vie s imposent avec la popularité de célèbres comédiens, acteurs ou actrices. Certains comportements et valeurs sont renforcés : le rôle du père et de la mère au sein de la famille (sacrifice et abnégation envers leur conjoint), la solidarité, la fraternité, le respect des vieilles générations et de leur sagesse. En revanche, le machisme et l infidélité sont de plus en plus exploités et ils doivent être acceptés par la femme au foyer ou par la femme trompée. À côté du foyer officiel peuvent exister des foyers parallèles. Le soutien économique continue d être assuré par l homme, et la responsabilité des enfants (éducation, santé...) incombe à la femme mais est garantie par l aide accordée à cette dernière par le ~ 42 ~

47 Première chapitre. L objet de la recherche géniteur de ses enfants. Le mari peut ainsi continuer à vivre comme il l entend, et tout le monde fait comme si cette situation était normale. Situation qui s accentue dans les années 60, quand les familles connaissent de plus en plus une vague d émigration vers les zones urbaines car la femme essaie de suivre son mari chaque fois que cela est possible. Malheureusement, pour beaucoup, la séparation des couples est inévitable, et encourage l infidélité masculine qui avec le temps est de plus en plus tolérée. La tradition veut que le Mexicain ne vive pas seul, si tant est qu il en soit capable La population augmente de 38,6% dans les années 70. Le taux de natalité atteint le chiffre de 41 naissances pour mille habitants. La population enfantine de moins de 15 ans constitue 50% du total des habitants du pays, et il y a entre cinq et onze enfants par foyer. Dès 1974, le gouvernement lance une série de programmes appelé «Familia Mexicana» comprenant l éducation sexuelle, la planification familiale, la contraception ce qui d après QUILODRÁN (2010, p 189) entraînera une baisse de la croissance démographique, et par la même du développement économique. Cette année dans une des réformes de l article 4 de la Constitution, titre premier, chapitre I «sur les garanties individuelles», la famille est vraiment prise en considération : «L homme et la femme sont tous les deux égaux devant la loi. Cette dernière veillera à la protection de l organisation et du développement de la famille. Tout individu détient le droit de décider, de manière libre et responsable le nombre d enfants et l intervalle entre les naissances( ). Chaque famille jouit du droit à un logement décent et convenable. La loi établira les instruments et les moyens nécessaires à cette fin. Les garçons et les filles ont le droit d avoir leurs besoins alimentaires, de santé, d éducation et de divertissements assurés afin de garantir leur développement intégral. Les ascendants et les tuteurs ont le devoir de veiller à la protection de leurs droits. L État apportera les éléments nécessaires au plein exercice de telles garanties dont l ensemble vise à susciter le respect et la dignité des enfants ( )» (Traduction de TORTOLERO CERVANTES, 2006, p. 9). GARCÍA ARROYO dans une recherche menée par l UNESCO indique : «Il y a plus de cent ans que le mariage civil est le seul reconnu par la loi. Cette disposition réglementaire n a rien ôté de son importance au mariage religieux, et il est de tradition, pour ceux qui ~ 43 ~

48 Première chapitre. L objet de la recherche contractent mariage, de célébrer les deux cérémonies, dont chacune a une signification différente» (1972, p. 35). Même si le mariage commence à être un peu plus tardif dans les couches sociales les plus favorisées et chez les plus lettrés, il garde toujours sont valeur et importance Et, les jeunes continuent à vivre dans le foyer familial jusqu au moment de fonder une nouvelle famille. Par contre, le machisme cachant souvent le fait que l homme est entièrement dépendant de la gent féminine, en général, de sa mère, jeune, puis de sa femme à l âge adulte. FULLER, le confirme, puis dans les sociétés latino-américaines cohabitent différentes temporalités et cultures, faisant en sorte que certains aspects de la vie sociale (ceux de la famille, de la parenté, de genre et interethniques) restent en grande partie régis par les modèles traditionnels. Lorsque que d autres aspects (liés au juridique, à l éducation, aux médias et à certains secteurs économiques) sont davantage intégrés aux circuits modernes et remettent en cause l ordre hiérarchique traditionnel (1998, p.260). La famille nucléaire, élargie et/ou nombreuse est toujours prépondérante, mais lentement, la femme commence à avoir plus de possibilités d insertion dans le monde du travail et, de droit de décision par rapport au nombre d enfants. LOZANO-ASCENCIO constate : «en 1976, seules 30 pour cent des femmes en âge de procréer, mariées ou en concubinage, utilisent des méthodes de planification familiale». (2002, p. 2) (Traduction libre de l auteur). Toutefois, en dépit de cette évolution, la famille constitue toujours la structure de base de la société mexicaine. La virginité et le mariage sont décisifs pour la constitution d un couple et d une famille. Par contre, la famille monoparentale commence à faire son apparition. Dans de nombreux cas, les enfants de femmes célibataires sont reconnus officiellement par les parents de la mère, afin de sauver les apparences sociales et d éviter le déshonneur de leur famille et surtout celui de leur progéniture. Souvent ces enfants ne sauront jamais que leur sœur est en réalité leur vraie mère. Les rapports sexuels hors mariage sont tolérés pour les hommes mais les femmes sont considérées comme «des filles faciles». La famille renforce ces idées ainsi que l école, le voisinage, et enfin la société entière. Néanmoins, au début du vingt-unième siècle, de nouveaux comportements forcent un changement radical dans l utilisation de la contraception et dans la structure de la famille traditionnelle surtout dans les grandes villes et dans les couches les plus favorisées. Par contre, le mariage, comme le machisme, le rôle de la femme et le nombre d enfants sont des comportements qui font référence non seulement à une domination de la famille mais aussi à des hiérarchies entre sociétés, cultures, genres et groupes ethniques. ~ 44 ~

49 Première chapitre. L objet de la recherche La famille veracruzaine Forcément, la mobilité, les médias et le contexte socioculturel agissent sur le comportement de la famille. Les indigènes et les campagnards sont les moins concernés par ces changements. La vie familiale est simple, les comportements plus sociaux et solidaires une maison pour tous, dans laquelle il existe toujours une place pour que les amis ou les visiteurs puissent passer la nuit et/ou manger «donde comen dos, comen tres» «vieja, ponle agua a los frijoles». Traditionnellement, et encore de nos jours, plusieurs générations cohabitent dans un même foyer même si certains grands parents, dans les grandes villes et chez les plus favorisés, commencent à se retrouver dans des maisons de retraite. En contre partie, au sein des familles des couches sociales plus favorisées, la vie en famille est plus secrète. Chaque noyau familial a une maison. La chambre à coucher devient un espace privé. La famille interfère de moins en moins dans le choix de ses membres. Par ailleurs, la classe moyenne ambitionne toujours une meilleure vie. Une vie imaginaire offerte par la télévision. La classe sociale plus favorisée vit de plus en plus l individualisme familial courant dans les pays plus développés. Malgré la désagrégation de la population Veracruzaine, «la famille continue à être l institution la plus importante de ce peuple. Elle exige le plein engagement de l individu et lui offre un lieu où il peut se départir de son formalisme et de ses contraintes» (MALAT, 1998, p. 19). Dans l état de Veracruz, les changements dans l organisation sociale, l insertion de la femme au monde du travail, les naissances et le mariage tardifs, la scolarité, agissent sur la fécondité de la femme en âge de procréer (dès 12 ans). Selon l INEGI, en 2005, 41.4% de femmes de l État ont entre un et trois enfants, 25.1% dépassent les trois enfants et 30.6% d entre elles n ont pas d enfants (INEGI, 2006). Par ailleurs, la natalité et la mortalité s impriment dans la pyramide d âge de la population. La fluctuation actuelle est le reflet d un présent et d un passé immédiats. La population de moins de 15 ans accuse une diminution au cours des cinq dernières années, elle compte tout de même enfants, parmi lesquels ont moins de quatre ans. L âge moyen d un premier mariage augmente ainsi que les naissances hors mariage. Par contre, même si la cohabitation et avoir un enfant sans être marié commencent à devenir une mode, ce n est pas toujours accepté par la famille. Les diplômes font l objet d investissements considérables même si les relations dérivées de la politique facilitent mieux l insertion dans monde du travail (INEGI, 2006). ~ 45 ~

50 Première chapitre. L objet de la recherche La famille xalapegna Les sociétés changent, les intérêts et les modes de vie changent, mais les structures de base restent globalement les mêmes. À Xalapa, comme dans le reste du pays, les individus ne vivent pas seuls. En 2005, l année de la passation du questionnaire, ils habitent encore dans foyers. Ils vivent dans un environnement social duquel la famille joue le rôle de source principale d aide sociale, affective et économique. Suite à la culture de cette région et pour des raisons coutumières, affectives ou autres, telles que les conditions financières, les enfants habitent chez leurs parents, jusqu à ce qu ils se marient. Quelquefois, même après le mariage, l épouse vient s installer dans la famille de son époux, tout en dépendant de la condition dans laquelle le mariage s est produit. Par ailleurs, dans les foyers types, la femme s occupe de l éducation des enfants, de taches ménagères et de la répartition du budget familial. L homme, comme chef de famille, a la charge de subvenir aux besoins des siens. Bien que la responsabilité incombe à des hommes dans familles, les couples mariés constituent encore le type de famille le plus commun, même si les familles de Xalapa sont de plus en plus diversifiées. Au cours de 2005, selon l INEGI, familles se déclarent nucléaires, élargies, recomposées ; en cohabitation, mais familles n ont pas répondu au recensement. La famille monoparentale constitue foyers. De plus, le nombre de femmes qui travaillent ne cesse d augmenter. Le nombre de divorces (323 en 2005) est en progression et, une fois prononcé, dans la majorité de cas, l autorité parentale est généralement attribuée à la mère. Bien que, mariages sont enregistrés contre en 1999, ce municipio enregistre naissances et l institution du mariage reste encore importante, surtout liée à une naissance. Dans les transformations des structures familiales des habitants de Xalapa, de nouveaux acteurs prennent place dans la responsabilité du foyer car l expérience transmise n est pas immuable. La famille est une réalité en mouvement et une projection future que favorise l existence de nouvelles façons de faire même si par tradition, les membres d une même famille ont tendance à se regrouper et/ou à se fréquenter. À présent, la construction de l identité familiale xalapegna reste une référence historique et typique, liée à des formes d action diversifiées pour chacun. ~ 46 ~

51 Première chapitre. L objet de la recherche La famille mexicaine et la famille française La composition et les caractéristiques des familles diffèrent infiniment d'une société à l'autre, et à l'intérieur d'une même société. Famille française ou famille mexicaine, peu importe, dans ces deux pays plusieurs nouveaux styles et typologies de vie familiale se sont développés : moins de familles nombreuses aujourd hui qu hier, moins de mariages, plus de divorces, plus de fécondité tardive et un taux de natalité en baisse. Par conséquent, dans les deux pays, à des moments différents, le concept «famille» a évolué. Ces indices peuvent montrer et masquer en même temps des différences importantes selon les régions ou les catégories sociales. En fait ces indices ne peuvent être comparés que dans la mesure où les sociétés vivent les mêmes contraintes (législatives, sociales, matérielles ) et ont la même culture, situation quasi impossible. Pour que deux modèles familiaux soient semblables, il ne suffit pas qu ils présentent les mêmes indices démographiques. Les divergences se situent dans leur essence, leur finalité. Ces différents indicateurs montrent que la famille ne traverse pas actuellement une période stable et il est difficile de prévoir quelle sera son évolution, en raison de l augmentation du nombre des séparations, de nouvelles configurations familiales, de la perte de l autorité paternelle, des modifications de rôles parentaux. Un grand nombre de causes structurelles possibles peuvent être à l origine d une altération de la structure familiale conventionnelle. «En France, en 1946, le nombre de mariages s élève à ; une année plus tard ce chiffre baisse considérablement et la famille se modifie, en raison de la disparition de nombreux hommes morts au combat au cours de la seconde guerre mondiale» (INSEE, s/d, p.1). Le Mexique, par contre, voit sa population de 1950 quasiment quadrupler dans la première décennie de XXIe siècle (INEGI, 2006, p. 1). Cependant, l augmentation de la scolarisation de la population, l urbanisation, les flux migratoires, les pratiques officielles orientées vers la planification familiale, ont favorisé des années plus tard, le déclin de la fécondité du pays (INEGI, 2005). Avec une croissance annuelle d environ 1% au cours des cinq dernières années, le Mexique dépasse aujourd hui les 100 millions d habitants répartis dans ses municipios (SEGOB, 2005). À noter que depuis 60 ans, la population féminine a toujours été supérieure à la population masculine. Par ailleurs, la mobilité démographique permanente a altéré aussi la structure familiale mexicaine en raison du choc culturel lié au processus d adaptation à un nouveau milieu, à l habitat restreint et au sentiment de ~ 47 ~

52 Première chapitre. L objet de la recherche marginalisation. Cette situation a provoqué une réorganisation interne de la famille, l adoption et l usage d une nouvelle structure sociale et culturelle. En France, selon REGNIER-LOILIER et PRIOUX (2008) jusqu aux années 1970, il est rare de ne pas avoir d enfants ou de les avoir hors mariage, la contraception médicale étant peu accessible et la pression sociale poussant les couples à en avoir dès lors qu ils sont mariés. Selon VERDON (1987), dans cette société française, il était possible de distinguer trois modèles de famille : la famille nucléaire, la famille souche et la famille communautaire (indivise) du même qu au Mexique. Où sur cent mariages, uniquement trois pour cent des couples divorcent (INEGI, 1986). Situation liée à une forte influence religieuse au quelle le mariage et la procréation le sont indissociables. De même, la cohabitation prénuptiale et l union libre sont inconcevables et le mariage est plus souvent rompu par le décès du conjoint que par le divorce ou la séparation. Cependant, suite à la modification des conditions de vie, à de nouvelles aspirations individuelles, à l'évolution des mœurs en France, ces modèles familiaux dépassés se sont peu à peu transformés suite, aussi, au fait que la religion a commencé à perdre de son pouvoir. Dix ans plus tard, en France, le concubinage et une hausse des naissances hors mariage sont déjà une réalité, tandis que pour le Mexicains, le divorce et la contraception sont toujours interdits. L importance de la population permet à LEÑERO (1982) d identifier plus d'une vingtaine de catégories et au moins cinquante-quatre types de familles mexicaines, en tenant compte du contexte social et du patrimoine culturel, de la composition et de la structure sociale. De ce fait, il affirme qu il existe des interactions très diverses au sein de la dynamique familiale mexicaine. Les nouvelles formes familiales sont de plus en plus diversifiées, la famille nucléaire n est plus le modèle dominant et les fonctions que chacun de ses membres assument ont été modifiées. La famille mexicaine a, quant à elle, une spécificité comme celle de chaque pays. Cependant, elle aussi fait partie d une évolution qui a débuté, il y a 15 ans environ. La structure familiale nucléaire ou élargie a commencé lentement à devenir de plus en plus monoparentale, et dans la dernière décennie, recomposée. L évolution que celle-ci a connue à travers le temps mérite d être examinée, car dans le processus, la religion et la tradition culturelle continuent fortement à déterminer son devenir, alors qu elles jouent un rôle beaucoup moins important en France. En 1991, selon KAUFMAN (1994), le pourcentage de ménages d une personne ne cesse d augmenter (27,1%) (Phénomène peut-être lié à l épanouissement professionnel), tandis que les naissances sont moins nombreuses et plus ~ 48 ~

53 Première chapitre. L objet de la recherche courantes hors du mariage (INSTITUT NATIONAL D ÉTUDES DÉMOGRAPHIQUES, 1996), l indicateur conjoncturel d une deuxième (ou plusieurs nuptialités) augmente. La proportion de mariages français dans les églises et les temples est tributaire de pratiques religieuses et elle décroît en même temps que les lieux de culte se vident. Le baptême, le mariage et l enterrement religieux représentent un acte social qui relève d avantage de la tradition que de la croyance. Par contre, au Mexique, ces cérémonies dépendent d un processus historique très complexe où la religion et la tradition jouent un rôle essentiel et font partie intégrale du mode de vie. La pratique de la foi et la tradition imprègne fortement les cérémonies du mariage religieux et ralenti le processus de globalisation du pays, où le mariage est plus fréquent et plus précoce et le divorce moins usuel, bien qu aux cours des dernières années ce dernier accuse une hausse. En France, selon MONTANDON et PERRENOUD : «au début de XXe et a fortiori au XIXe, la majorité des familles n avaient pas de relations avec l école publique, ni les moyens d exprimer ou de faire valoir, en tant que groupes distincts, une attitude critique. Les autorités scolaires se souciaient peu de leurs opinions. Les parents d une bonne partie des élèves étaient considérés comme des ignorants qu il fallait éduquer : Si certains notables s unirent à l aube de XIXe pour mieux présenter leurs revendications face à l école. De manière générale, les familles privilégiées avaient la possibilité d engager un précepteur à domicile ou de mettre leur enfant dans telle ou telle école répondant dans les grandes lignes à leurs besoins» (1994, p. 27). Dans la dernière décennie du XXe siècle, une étude menée par le DIF, organisme public dédié à favoriser l évolution et développement de la famille mexicaine, met en évidence la continuité de la typologie nucléaire familiale mexicaine : 81% des familles consultées, vivent encore dans une structure familiale traditionnelle. Dans 59,5% des cas trois générations coexistent sous le même toit, 80% des fils et filles (adolescents et/ou adultes) vivent encore dans le foyer familial et en moyenne les familles sont composées de quatre ou cinq membres. Même en cas de séparation géographique importante, le contact entre parents et enfants est toujours étroit. Par contre, en 1999, en France métropolitaine, 30,9% de sa population dit vivre seule contre 59% en couple (INSEE, s/d). ~ 49 ~

54 Première chapitre. L objet de la recherche Au Mexique, depuis près de deux décennies, la famille élargie est encore fortement présente même si elle cède progressivement le pas à la famille restreinte. Les familles monoparentales font leur apparition, le célibat, le nombre de divorces et d'enfants vivant dans des familles éclatées ou recomposées augmentent. Dans le recensement 2005, l année de la passation du questionnaire, au Mexique, dans l ensemble de ses localités, il existe foyers : 92% de ceux-ci sont des familles nucléaires ( ) (INEGI, 2006b), recomposées ou élargies et de familles monoparentales (INEGI, 2006). Ces dernières mettant en évidence un nombre accru de femmes soutien de famille. En conséquence, l état civil mexicain, change, et la structure familiale aussi, le nombre de divorces augmente légèrement ces dernières années pour atteindre 12% (INEGI, 2006a). Il est clair que c est le résultat de différents facteurs : émigration d un des parents aux États-Unis, émancipation de la femme, insertion de la femme dans le monde du travail... La femme en tant que chef de famille doit se définir face à ses nouveaux défis professionnels et personnels et aux nouveaux rôles (de mère, de père, de responsable économique, et légal ) qu'elle a désormais à assumer. Cela contribue peu à peu à induire un autre mode de perception à son égard et explique l importance grandissante des femmes dans le cadre professionnel. Malgré la régression de la famille nucléaire, la famille a encore un pouvoir très marqué dans la conception de la société mexicaine. Selon une étude menée par le secrétariat d éducation publique, neuf personnes sur dix déclarent que la famille est l élément le plus important de leur vie quotidienne. Deux tiers des participants reconnaissent pouvoir compter sur le soutien de la famille directe ou élargie dans n importe quelle situation. Malheureusement, à ce chiffe on doit ajouter que dans un quart des foyers existe la violence intrafamiliale, le départ d un de conjoints (généralement le père) et/ou la rupture conjugale ce qui ternit l image de solidarité représentative de la société mexicaine. De plus, l immigration joue désormais un rôle démographique et culturel important, non seulement parce qu elle accroît la population totale et qu elle freine son vieillissement, mais aussi parce qu elle favorise des nouvelles expériences interculturelles. Par contre, en même temps, la France métropolitaine compte environ de ménages parmi lesquels environ de familles vivent en couple, il y approximativement couples sans enfants et 8 79 milliers de familles avec enfants. En ce qui concerne la structure familiale, 198 milliers environ sont des familles monoparentales et 80 milliers de couples ont des enfants. 33% des ménages sont composés de personnes qui vivent seules (INED, 2009), et seulement un homme sur deux et 46% de femmes sont mariées ~ 50 ~

55 Première chapitre. L objet de la recherche en 2006 (INSEE, 2008). Par ailleurs, il est indéniable que l immigration exerce une influence sur la typologie familiale traditionnelle, due par exemple, à l accroissement des mariages intercommunautaires ou à la pratique de certaines coutumes importées. Au Mexique, au contraire, l émigration importante est une cause de désintégration de la famille et d exportation de ses traditions. En plus, les médias étrangers, en particulier étasuniens, renforcent la transformation culturelle des comportements. Une autre différence c est que la famille française bénéficie de certains avantages sociaux alors qu au Mexique, les termes «allocations familiales» et «aide aux familles nombreuses» sont inconnus : la famille mexicaine doit dans tous les cas survivre et faire face aux défis de la vie quotidienne par ses propres moyens (santé, alimentation, éducation ). Quoique, le gouvernement mexicain convaincu qu un de ses meilleurs alliés pour lutter contre l inégalité, la violence, le crime, la pauvreté, est la famille, a instauré «le jour de la famille». Au bout du compte, la France a vécu 30 ans auparavant ce que le Mexique est en train de vivre actuellement, à savoir, l émancipation de la femme, la redéfinition de la typologie familiale, l insertion de la femme au monde du travail, le concubinage, les naissances hors mariage, le divorce... À ce stade, il est indispensable de préciser que dans les couches socioéconomiques mexicaines les plus favorisées, l écart avec la France est beaucoup moins important. Définitivement, la façon de constituer une famille varie tout simplement parce que sous une même expression famille, se cachent des réalités aux contenus et aux significations multiples. 1.3 L enfant et sa famille De même que pour donner la vie à un enfant, le fait d élever un enfant nécessite la présence de deux parents : un père et une mère. Cela, afin de garantir un épanouissement intégral et harmonieux du nouvel être humain. Cette idée est préconisée par le gouvernement actuel mexicain «la nación se hace más fuerte cada vez que las familias se fortalecen, formando personas más aptas, más responsables y más generosas para enfrentar los retos de la vida» (PRESIDENCIA DE LA REPÚBLICA, 2007, p. 27). Après, face à la naissance de l enfant, des actions se développent pour assurer sa survie, son épanouissement et sa protection contre des influences dangereuses, la maltraitance et l exploitation. Tout cela afin de favoriser son insertion à une vie familiale, culturelle et sociale et sa dignité humaine. Si le processus de socialisation correspond à apprendre à vivre, les parents jouent un rôle important comme ~ 51 ~

56 Première chapitre. L objet de la recherche modèles, comme guides, comme superviseurs de cet apprentissage destiné à assurer une bonne éducation et une bonne transmission de valeurs selon les besoins de la société. Il est clair que l enfant n est pas la propriété de ses parents ou de sa famille, il n est pas non plus un objet. Il a aussi des droits et responsabilités en accord avec son âge et en relation avec les étapes de sa vie d enfant, afin de protéger son épanouissement intégral et harmonieux. Dans sa conception la plus ancienne et la plus simple, les parents et leurs enfants forment à eux seuls le noyau familial. Cette définition considère les parents biologiques et leur progéniture. Au sens large, la famille est l ensemble de personnes qui habitent dans le même foyer avec des responsabilités et des rôles différents. Ces définitions ont évolué afin de s adapter aux circonstances de la vie actuelle de chaque groupe social, avec des systèmes de valeurs différents. Une typologie plus large s est développée au cours des dernières années. Aujourd hui, selon BEHNAM : «le terme famille recouvre une grande variété de structures de formes et de fonctions d un pays à l autre et, au sein d une même société, d une classe sociale, d un niveau d instruction et d un niveau de revenus à l autre. Elle est flexible afin de s adapter à l évolution sociale» (1992, p.9). En conséquence, le système familial peut être constitué par des personnes liées par une relation de filiation, de consanguinité ou d affectivité qui ont en commun un endroit (maison), et une responsabilité vis à vis de chacun de ses membres. CHAILLOU cite que : «les deux institutions fondamentales relatives à l organisation de la famille sont d une part ; l obligation alimentaire qui oblige une personne à subvenir aux besoins d autres personnes de sa famille ; d autre part l autorité parentale : ensemble de droits et de devoirs entre les parents et les enfants» (1996, p. 66). EVANS (1987) affirme que la meilleure manière de provoquer un développement global et harmonieux chez l enfant est à travers la famille, plus principalement, les parents. La famille est la principale source de soutien chez les petits enfants et les enfants. En effet, c'est dans le cadre de la famille qui éduque que se transmettent les normes et les valeurs comme celles liées aux métiers, à la répartition des rôles, aux croyances religieuses, aux idéologies et aux choix politiques Dans la plupart des pays le lien familial est similaire. D une part, les parents assurent la protection, l éducation et le développement de leur progéniture, ils apprennent aux enfants le respect d autrui pour bien favoriser les bonnes relations sociales. Ils ~ 52 ~

57 Première chapitre. L objet de la recherche enseignent ainsi la transmission et le développement de différents sentiments. D autre part, grâce à la convivialité familiale, l enfant s imprègne de la culture qui règne dans le foyer. Ces actions et ces influences constituent les expériences essentielles de la petite enfance et de l enfance et seront renforcées par le contact et la vie quotidienne. Cette séquence ne peut, pourtant, devenir réalité que si les parents sont capables de vivre ces phases avec les plus petits, rendant possible l intégration des divers éléments. Les enfants suivent, ils obéissent et acceptent des obligations, l autorité et le pouvoir de décision que leurs parents ont sur eux. Cela leur permet de commencer à se préparer à faire face et à pouvoir s adapter à la société et à la culture de leur pays. Pour l UNICEF «les familles sont la première ligne de défense des enfants». Ainsi que le précise dans le plan d action du sommet mondial pour les enfants, «pour que sa personnalité s épanouisse et se développe harmonieusement, un enfant doit grandir dans un milieu familial, où il trouvera bonheur, amour et compréhension» (2001, 69). Toutes les institutions sociales doivent respecter et soutenir les efforts que font les parents et les autres personnes qui s occupent des enfants pour élever ceux-ci dans un milieu familial approprié. Ces mêmes préoccupations apparaissent dans la Convention relative aux droits de l enfant. Pour cela, le plus difficile, quand nous élevons un enfant, est d aller au-delà des failles que notre propre enfance nous a laissé pour ne pas les reproduire. Nous devons accepter que pendant longtemps nous avons été laxistes sur les séquelles qui résultent de l éducation des enfants. Peut être parce que nous ne nous étions pas questionnés sur leurs conséquences, et sans nous en rendre compte, nous avons répété le schéma hérité de notre enfance. Au cours des premières années de sa vie, l enfant assimile de jour en jour et parfois sans s en rendre compte diverses connaissances, maîtrise des conduites et développe certaines dextérités comme la manière d aimer et de satisfaire affectivement et socialement ses géniteurs. Après, dans l intérêt de perpétuer la culture, les sociétés organisent et assurent la transmission des coutumes, des traditions, des langages et des valeurs communes à travers le contact permanent entre les personnes. C est un processus par lequel l'individu acquiert et intériorise les normes et les valeurs de la société et/ou du groupe social auquel il appartient. Ce processus de socialisation c est ainsi un apprentissage nécessaire et complexe, réalisé par des instances spécifiques. Il est clair que, même si le noyau familial n est pas parfait, les activités que les enfants y exercent sont constantes et structurées donc elles éveillent leur curiosité. Tout ce que nous ~ 53 ~

58 Première chapitre. L objet de la recherche faisons, l enfant l imite. D où, l importance de la famille dans la structure sociale de chaque pays qui exige un engagement réel de la part de parents face au nouveau né. La famille joue un rôle tout à fait original et irremplaçable dans l éducation des enfants depuis l existence de l être humain. «Quelques signes avant le XVIe siècle ont montré que l enfant a toujours été un investissement affectif pour ses parents. Les thèses d ARIÈS et de SHORTER sont contestées : Certains chercheurs nient que le concept de l enfance ait été inexistant avant le XVIIe siècle, que jusqu au XVIIIe siècle el même au début du XIXe, les enfants aient été traités avec négligence et parfois cruauté, et enfin que dans le passé les relations parents enfants aient été très formalisées et dépourvues d émotion. MOUNT (1982) et POLLOCK (1984) affirment, que non seulement l enfance était une période reconnue déjà au XVIe siècle, que non seulement la cruauté envers les enfants était rare, mais également que les relations entre parents et enfants étaient affectueuses et empreintes de sollicitude. À cette époque, l aspect affectif a certes dû s accentuer avec la diminution spectaculaire du nombre d enfants par famille et l augmentation de leurs chances de survie, mais cela ne veut pas dire qu il était inexistant auparavant» (MONTANDON et PERRENOUD, 1994, p. 27). Bien qu il ait été considéré à une certaine époque comme un «adulte en miniature», l enfant n a pas perdu toute sa valeur, et a progressivement pris de l importance. Au présent, la naissance d un fils représente la continuité de la filiation patriarcale. Dans la société occidentale, la valeur de l enfant a augmenté. Il apporte de nombreux avantages pour certaines familles dans divers aspects (social, intellectuel, économique). Mais surtout, il est un investissement affectif très important pour ses plus proches et peut améliorer la reconnaissance sociale de la famille. À la fin, ce sont les caractéristiques des liens et des rôles familiaux qui impriment sur l enfant l empreinte qui le marquera pour la vie. Par exemple, la façon dont l enfant entre en relation avec sa mère, tout au début, définit tout un monde. Nous pourrions parler d une architecture relationnelle, avec ses espaces, ses zones de sécurité et de peur, etc. Chaque enfant vit une réalité familiale spécifique : il peut vivre dans le même quartier, avoir la même culture, partager la même croyance, mais nombreuses peuvent être les différences dans les règles, les limites et dans les façons d être et de faire. Par exemple, il faut faire une différence entre "bien élevé" et "poli". Dans le premier cas, un enfant a confiance en ~ 54 ~

59 Première chapitre. L objet de la recherche lui et en ses parents. Il respecte les limites instaurées car il comprend qu'elles lui sont bénéfiques. Il ose s'exprimer car son estime de lui-même est suffisante. L'éducation qu'il a reçue, le bien-être qu'on lui a offert, l'ont sécurisé. Son environnement balisé, ses repères affectifs identifiés, lui ont permis d'acquérir l'autonomie nécessaire pour grandir et se construire. Le deuxième enfant est sage et docile mais peut à tout moment se rebeller contre les règles établies, remettre en cause un mode de vie qui lui a été imposé sans qu'il sache vraiment pourquoi. En somme, élever n'est pas discipliner ni vice-versa. Tout dépend de notre façon d'agir au quotidien et de ce que l enfant voit, écoute et vit ce qu'il sera plus tard. 1.4 Du foyer à l école Pourquoi s intéressé au lien entre les parents et les enseignants ou à l implication parentale à l école? De la famille à l école ou vice-versa, la question ne se limite pas seulement à la forme mais aussi au fond. Depuis la naissance, l enfant trouve tout son soutien dans sa famille et ses parents. À sa place, l adulte doit décider ce qu'il y a de mieux pour son épanouissement : alimentation, santé, éducation informelle et son instruction. MEIRIEU affirme «que l adulte a un impératif devoir d antécédence envers ceux qui viennent au monde : il ne peut les abandonner à eux-mêmes sous prétexte de respecter leur liberté» (2000, p. 22). Ensuite, jour après jour, dans le contact avec les autres, les parents sont obligés de suivre différentes expériences au sein de leur propre société en provoquant un croisement d informations et une transformation dans sa manière de vivre qui, sans aucun doute, entraîne des répercussions sur la manière d approcher et d élever leur enfant. Cette influence invisible et permanente du monde extérieur, motive l adoption de nouveaux modes de vie et une certaine homogénéisation des expressions pour chacun de ses membres (qui est particulière à chaque entourage social). Étant donné que les structures sociales, comme la famille, sont déterminantes pour le bon fonctionnement et l équilibre de la société, des structures alternatives comme l école, les associations, la religion, (cette dernière dans certains pays, est primordiale) sont créés avec des fonctions et des buts bien précis pour assurer l épanouissement harmonieux de tous les membres de la société. Par ailleurs, tout au long de notre histoire, nous constatons que les processus envisageant la continuité culturelle à travers l éducation formelle sont nombreux. Il est à noter que le Mexique n est pas un cas isolé quant au développement éducatif. Dès son existence dans le pays, l école comme contexte de socialisation des enfants et comme moteur de ~ 55 ~

60 Première chapitre. L objet de la recherche changements familiaux souffre d une concurrence permanente. Les traditions d une culture ancestrale, la famille et la forte influence que la religion catholique a eu pendant et après la Conquête, font que son influence est palpable dans toutes les salles de classes. Même si, au présent, l éducation est laïque, l État a un objectif éducatif concret qui fait que diverses actions sont lancées en permanence en faveur de la préservation et de l'amplification des traditions, locales et nationales ainsi que pour rassembler et maintient un bon équilibre social. Ainsi, chaque mois de l année, les traditions sont l occasion pour les écoles de rassembler autour des festivités toute la communauté éducative, et d entretenir des bonnes relations entre les membres de l école et de la famille. Par exemple : en septembre, l Indépendance ; Octobre le jour de «la Raza», Novembre, commémoration de la Révolution, la fête de morts (décoration et autel) ; Décembre la fête de la Vierge, la rama, las posadas, noël ; Janvier, la fête de trois Rois ; février la «Candelaria» ; Mars, le carnaval ; Avril, le jour de l enfant, du printemps ; Mai, la fête de la mère ; Juin, la fête du père Dès lors, qu à l époque de son insertion au jardin d enfants, l enfant utilise toutes ses connaissances pour s adapter à un nouveau monde. Le groupe familial de l enfant lui permettra d avoir des repères forts pour affronter ce nouveau défi. C est là que l école, sur un second plan des transformations, modifie chez les enfants et indirectement chez leurs familles certains modes d existence, vers un processus plus grand d homogénéité socioéducative, prédéfinie par la société elle-même. De cette manière, le contact avec les autres devient un facteur de transformation permanente. Au sein du déroulement du cursus éducatif aussi la participation sociale est impérative. Mais, il est évident que le jardin d enfants, quels que soient le dévouement et la compétence des personnels, ne peut remplacer le cadre familial sinon uniquement le renforcer ou le compléter. 1.5 L éducation scolaire mexicaine Parler d éducation scolarisée, revient à parler d un processus formel et structuré visant à favoriser l épanouissement des enfants en dehors de la famille. Selon la loi générale d éducation : le système éducatif national est constitué d un ensemble de niveaux éducatifs repartis en divers groupes (PODER EJECUTIVO FEDERAL, ART. 37). Son objectif principal est de susciter autant d importance du lien travail/adulte qu école/enfant. Lieu où l enfant doit trouver des alternatives pour avoir un meilleur épanouissement de leurs capacités et de leurs potentialités personnelles sociales. Suite à la diversité culturelle, il apparait évident ~ 56 ~

61 Première chapitre. L objet de la recherche que certaines alternatives éducatives soient limitées et que chaque niveau offre des services différents qui doivent s adapter aux caractéristiques linguistiques et culturelles de chacun de ses divers groupes sociaux (indigène, rural, migratoire ) (PODER EJECUTIVO FEDERAL, 2007). Ces niveaux s appuient sur différents soutiens financiers et selon diverses modalités. Ces différents soutiens financiers seront des éléments prisent en compte pour effectuer la sélection de l échantillon de cette étude. Enfin, ces niveaux sont regroupés en quatre soussystèmes, trois ont une continuité entre eux et le quatrième concerne qu une partie bien définie de la population. L éducation de base est obligatoire et elle est composée de l éducation préscolaire, l éducation primaire, et le collège (secondaire). L éducation moyenne ou moyenne supérieure comprend le lycée, ainsi que l éducation technique professionnelle. Cette dernière ne correspond pas au baccalauréat français. L éducation supérieure concerne la formation technique supérieure et les différentes licences (de quatre à cinq ans de formation), spécialités, masters et doctorats. Elle comprend aussi l éducation normale dans toutes ses spécialisations. L éducation extrascolaire, destinée à un pourcentage réduit de la population et est hors de la tache éducative conventionnelle, qui elle touche en général la majorité de la population. Elle concerne les enfants que les parents ne peuvent garder à la maison pour des raisons professionnelles ou autres, et offre la possibilité d intégrer les crèches. Elle dispense l éducation aux personnes ayant des besoins éducatifs spécifiques (différente de l éducation spécialisée offerte dans les écoles régulières). Une autre catégorie de la population est prise en compte : celle des adultes qui, pour diverses raisons, ne sont pas allés à l école obligatoire ou ont suivi un parcours scolaire très limité. Ici le but est de les alphabétiser. Finalement, à travers des programmes d aptitudes au travail, ce mode d enseignement s adresse surtout aux personnes qui, par différentes circonstances, ont arrêté l école primaire ou le collège, et qui ont besoin d apprendre des bases rudimentaires afin de parvenir à bien s insérer la vie professionnelle (PODER EJECUTIVO FEDERAL, ART. 39). ~ 57 ~

62 Première chapitre. L objet de la recherche Actuellement, cette même composition organisationnelle de la structure éducative se trouve à Veracruz et les différentes législations éducatives (Loi estatal d éducation, Plan estatal de développement et le Programme veracruzain d éducation et culture) réaffirment son organisation. Car, depuis la loi de décentralisation de 1993, les compétences en matière d éducation sont réparties entre l état et la fédération. La fédération est maîtresse d œuvre pour l élaboration des programmes, la structure et les parcours de formation, la gestion et la rémunération de personnels inscrits dans le système fédéral. L état se charge de distribuer des matériels didactiques, créer des postes, gérer et de rémunérer le personnel inscrit dans les systèmes estatal et fédéralisé. Parfois, les municipios ont diverses responsabilités dans l application et le bon fonctionnement du travail éducatif. De la même façon, chaque état a la liberté d offrir les possibilités éducatives qui conviennent le mieux à sa population. Système Éducatif Mexicain Éducation de Base Éducation Moyenne Supérieure Éducation Supérieure Éducation Extrascolaire Durée des études 1 ou 2 ans Études de 3 ème cycle Spéci alité Doctorat Master 4 ou 5 ans Licence École Université Universi normale Technolog itaire ique De 1 à 3 ans Professionnel Technique Lycée 3 ans Collège Capacita tion au travail 6 ans À partir des 6 ans Éducation Primaire Éducation Spéciale Éducation pour les adultes 3 ans (Dès 3 ans) Dès 45 jours Éducation Préscolaire Schéma 1 Distribution du système éducatif mexicain selon le regroupement des niveaux du Secrétariat d Éducation de Veracruz Crèche ~ 58 ~

63 Première chapitre. L objet de la recherche L éducation dans l État de Veracruz Socialement, avant l arrivée des Espagnols, afin de conserver le pouvoir de chaque groupe, l éducation était gérée par la religion et les plus âgés. Ces derniers accordent aux parents et aux centres de formation (le TELPOZCHALLI, CALMECAC et le CUICACALLI) la responsabilité d éduquer les nouvelles générations. C est depuis, que le parcours éducatif des parents et la tradition culturelle sont décisifs pour avoir une meilleure implication de parents à l école et favoriser la réussite de leur progéniture. Les mères transmettent à leurs filles leurs savoirs faires et les pères reproduisent aussi leurs connaissances avec leurs fils. La transmission générationnelle est la base et la force de la réussite de ce peuple (VAZQUEZ MOTA, 2007, p.1). Dès 1872, dans un sens plus large, la préoccupation de l État se focalise sur l enfance et la jeunesse, à travers le système éducatif. Le gouvernement entreprend un projet éducatif et culturel qui influence fortement l ouverture de nouvelles écoles. Ce projet aboutira à la loi organique d instruction publique à Veracruz qui est promulguée après l installation du premier congrès pédagogique de l État, en 1873 (HERMIDA RUIZ, 1999). Cette action a provoqué une division de classe par le statut social et par le niveau d instruction des parents. L activité professionnelle des parents est très liée au milieu socioculturel car elle conditionne les décisions en matière éducative des enfants. Les cercles politiques libéraux croient que les indigènes peuvent être transformés en bons citoyens grâce à l éducation formelle (CHASSEN DE LOPEZ, 2004, p. 338) (Traduction libre de l auteur). Quelques années plus tard, le système éducatif continue à ne pas être une obligation mais une condition de classe. Par contre, au XXe siècle, la notion de «scolarisation» est intégrée par la population comme un processus naturel de la vie qui enrichit et stimule le développement des individus. Même là où l'accès reste problématique, un déplacement d'intérêt croissant de la scolarisation vers l'apprentissage est remarqué. La population favorise l insertion des enfants à l école, apprendre à lire et à écrire est la priorité. Les enfants poursuivent des études primaires, certains arrivent même à l éducation secondaire et d autres continuent à se déplacer. Le temps passe, pour certains parents l'éducation formelle devient une valeur essentielle, leur implication est plus intense. Pendant la deuxième moitié du XXe siècle, en fonction de certaines caractéristiques ~ 59 ~

64 Première chapitre. L objet de la recherche (niveau d instruction des parents, réussite sociale, connaissance égale ), la société est face à une confrontation entre la manière d éduquer et de s occuper des enfants. L école continue à prendre plus de place dans les emplois du temps des enfants. À la fin des années 1970, de fortes initiatives pour répondre aux besoins d apprentissage, pour réaffirmer l usage des langues maternelles locales au cours des premières années, et pour élargir le service éducatif continuent. L ethno-éducation bilingue est mise en place comme une des politiques en faveur des populations indigènes. Par ailleurs, l éducation préscolaire devient une priorité dans les tendances pédagogiques de l État et surtout dans l esprit des individus. Cette prise de conscience entraîne une prolifération des programmes d éducation préscolaire, en Des projets pour améliorer la qualité de l éducation, du service et, des institutions, et, une augmentation des ressources affectées à ces projets voient le jour. Pendant la période , le nombre d enfants inscrits s accroît, enfants en âge préscolaire. Des réformes à ce niveau éducatif provoquent un éloignement entre les écoles administrées par l état de Veracruz et celles financées par le pays, la fédération. Les enfants, surtout dans les grandes villes, sont quasiment tous scolarisés. Nonobstant, l importance de la population scolaire, les moyens insuffisants et le taux d'analphabétisme dans cet État demeurent parmi les plus élevés du pays. Les écoles privées sont les mieux placées pour offrir une éducation de qualité. Les parents de niveau scolaire supérieur inscrivent leurs enfants dans ces établissements. Des mesures pour favoriser le processus éducatif se développent dans l État, ainsi que l expansion des alternatives éducatives : manuels et programmes pédagogiques, équipements, construction de bâtiments et enseignants supplémentaires. Au début des années 90, différents processus d évaluation éducative pour comparer l idéal et le réel et mesurer l efficacité, l équité et la réussite scolaire en Veracruz sont significatifs. Nonobstant, la quantité dépasse la qualité. Nous savons que l augmentation du nombre d écoles ne traduit pas nécessairement une meilleure éducation des élèves. Une offre assez variable en fonction de la localisation ne profite pas également à tous. C est dans les communes rurales ou indigènes que les différences d équipement font le plus sentir leurs effets (YUNES WATTY, 2001). En plus, l enfant d ouvrier ou d agriculteur va moins souvent à l école, mais c est surtout parce qu il habite en zone rurale et doit aider à l économie familiale. Contextes où l école a une signification contradictoire, n est pas forcément considérée comme la principale manière de socialisation, mais comme une alternative pour ~ 60 ~

65 Première chapitre. L objet de la recherche éduquer les enfants. Par ailleurs, un enfant est d autant plus souvent scolarisé qu il appartient à une famille de milieu social élevé. Au cours de ces deux dernières décennies, les responsables politiques de l État prennent conscience de la dichotomie entre quantité et qualité. Une présence importante d écoles multi grade où le temps scolaire est relativement réduit, l accroissement du service éducatif sans une mesure réelle et les scores médiocres au dessous de la moyenne nationale, reflètent un enseignement de faible qualité, conséquence d une sélection des enseignants. La mission essentielle qui consiste à faire réussir d une manière équitable, tous les élèves, avec les mêmes chances, qu ils soient scolaires dans des secteurs ruraux ou urbains semble compromise sauf si le système est révisé. Ces principes constituent la base pour l intégration des «Indicateurs de l éducation dans le monde» 2, lancés par l UNESCO et l OCDE, avec subvention de la banque Mondiale, en 1997, à la grille d évaluation locale. Dans chaque maison, le comportement face à l éducation préscolaire et scolaire varie en fonction du parcours des parents, des résultats obtenus, des bénéfices sociaux et cognitifs. C est grâce à ces conditions que les parents accordent une plus grande importance à l éducation formelle. En , la population scolarisable s élève à 66,3%, c est-à-dire à enfants. Les parents sont de plus en plus convaincus que les effets des changements culturels au sein de l éducation formelle commencent très tôt. À la fin de l année scolaire , le nombre d enfants préscolarisés s élève à (INEGI, 2001). De plus, ils mettent la pression au sein des écoles afin de demander à l enseignement de plus en plus de valeurs morales, des connaissances, des cours techniques : linguistiques, informatiques, activités manuelles. Plus d apprentissage, plus de réussite L éducation de Veracruz au XXIème siècle Dans cette dernière décennie, la dynamique éducative est variée. Par exemple, en , la population scolarisée de l État représente 7,1% de la population au niveau national. Par ailleurs, nous pouvons observer qu à la rentrée , un total de localités offrent au moins un service éducatif et qu un total de élèves et étudiants 2 IEM ou WEI (World Education Indicators) ~ 61 ~

66 Première chapitre. L objet de la recherche sont scolarisés dans établissements éducatifs et pris en charge par professeurs. Nous pouvons donc affirmer qu un processus permanent d acculturation se présente quotidiennement pour un tiers de la population de Veracruz, ce qui comporte des répercussions positives et négatives à court et long terme. Par ailleurs, la proportion de jeunes enfants scolarisés augmente avec la taille des communes ou d agglomérations. Là où l urbanisation et les écoles privées sont nombreuses, les enfants sont, dans l ensemble scolarisés plus jeunes. Dans le jardin d enfants, instituteurs repartis dans classes, ont favorisé ce processus dans jardins d enfants urbains et ruraux qui ont accueilli enfants ; enfants de trois ans ont été inscrits (SEC, 2006). Depuis quelques années, le système éducatif de l État occupe la troisième place du point de vue des effectifs ; des élèves et des étudiants sont inscrits dans les différents niveaux éducatifs, soit plus d un million. Nous savons que les chiffres dans l éducation formelle peuvent évoquer des comportements différents dérivés, d un changement d idées, d une pression officielle, politique ou sociale qui reflète la direction que suit une société dans un moment précis et la projection dans son futur. Mais nous savons aussi, que la valeur accordée à l école par les générations précédentes a une influence sur l intérêt de scolariser les enfants. Dans au moins une ville de ces 212 municipios, Veracruz compte au moins un service éducatif (crèche, éducation de base, lycée ou université ). Son système d éducation avec ses spécificités (l éducation de base : jardin d enfants, école primaire et collège) continue à être celui qui concerne le plus grand nombre d enfants. Ceci est illustré dans le tableau suivant qui fait référence au cycle scolaire Pendant cette période, la demande éducative rend obligatoire la création de plus de 500 écoles de différents niveaux dans plus de 46 localités. Par conséquent, l éducation préscolaire va bénéficier de 468 jardins d enfants et 723 classes supplémentaires. Nous pouvons ainsi déduire que le type participation parentale à l école est lié aux politiques éducatives et à la valeur accordée à l école, ce qui favorise l accroissement de l insertion scolaire des enfants, ces derniers temps. ~ 62 ~

67 Première chapitre. L objet de la recherche Niveau éducatif Municipios assistés Localités assistés Ecoles Professeur Classes élèves / étudiants Initiale (Créche) Specialisée Préscolaire Primaire College Professionnelle Téchnico Lycée Téchnico Supérieur n/a Ecole normale n/a Université n/a Specialité, Master et Doctorat n/a Capacitation au travail * Pour les adultes n/a TOTALS Tableau 1 Distribution de la population scolarisée de l État de Veracruz (SEV, 2007) * L information de capacitation au travail corresponde à la fin de courses Si nous considérons qu à partir de la rentrée , l éducation préscolaire pour les enfants de trois ans devient obligatoire, il est nécessaire de préciser que le nombre total d établissements préscolaires et celui des instituteurs a connu une augmentation (7 702 jardins d enfants) contre une décroissance par rapport aux dernières années dans le nombre de jeunes enfants inscrits ( pré-écoliers) et celles des classes (SEV, 2008). En conséquence, une dispersion plus importante des jardins d enfants dans l État est observable. La scolarisation en l éducation préscolaire comme le résultat d une confrontation entre une offre et une demande liée à des caractéristiques familiales vit un chaos à la rentrée Le nombre des jardins d enfants et de places disponibles selon la localisation sont insuffisants dans les grandes villes et largement dépassés dans les petites. L obligation constitutionnelle pour accueillir et offrir un service éducatif aux enfants d entre 3 et 5 ans est demandée. Les écoles privées sont des plus en plus sollicitées donc plus nombreuses, même si la qualité offerte ne correspond pas dans certains cas aux demandes des parents. Aujourd hui, même dans les familles où la mère est inactive, les enfants ne vont pas beaucoup moins à l école. Passé les trois ou quatre ans, l entrée dans le primaire est normale. Lorsque les femmes n'ont pas d'emploi, pendant le temps de travail de leur conjoint elles restent à la maison et s occupent des petits enfants après l horaire de cours. Tandis que, dans les couples où la mère travaille ou dans les cas où les femmes élèvent seules leurs enfants, pour la garde de leurs enfants, ils s'appuient davantage sur la famille, plutôt les grands-parents ou une sœur pour aller chercher les enfants à l école et les garder après. ~ 63 ~

68 Première chapitre. L objet de la recherche Le défi actuel pour offrir une meilleure qualité éducative est de viser une amélioration égale pour tous, afin de mieux vivre et de mieux répondre aux demandes des différents établissements scolaires et de la vie sociale. 1.6 L éducation préscolaire dans le système éducatif mexicain Depuis des siècles, sans considérer ni l époque ni la culture, la reconnaissance de l enfant comme être humain potentiel motive le développement d une attention particulière, l éducation préscolaire. Pendant l enfance chaque individu évolue en accord avec la culture et l entourage naturel et social qui lui est imposé. Il doit s adapter pour survivre grâce au soutien de ses proches. De cette manière, ses proches lui apprennent les bases spécifiques nécessaires pour favoriser l harmonie entre lui et la société, et lui faciliter son avenir en son sein. Encourager son épanouissement harmonieux pour répondre aux demandes des anciennes générations dans les deux derniers siècles, favorise une acceptation positive des familles pour déléguer une partie de l éducation infantile aux autres structures. Une des alternatives qui renforce et répond aux demandes sociales, s impose avec la création des institutions éducatives. L intérêt de soutenir les femmes qui ont un emploi et de considérer les enfants comme un objet d attention sont présents dès que commence l enseignement maternel. Dès 1777, des écoles pour la petite enfance apparaissent en France quand les femmes commencent à travailler. Il découle de cette insertion dans le monde du travail, la création d espaces de garde pour leurs enfants de deux à six ans. En Suisse, PESTALOZZI entre 1777 et 1797, développe des alternatives éducatives destinées aux plus jeunes. En Allemagne, FRÖBEL travaille fortement dans la construction d un nouveau modèle d enseignement, et, en 1840, le premier «Kindergarten», s est implanté. Plus tard, ce dernier influencera l éducation de la petite enfance au Mexique. Enfin, dans une vocation compensatoire et face aux différences socio-économiques et/ou socioculturelles de chaque contexte s insèrent des dispositions particulières. Dès là, des stratifications de la structure éducative sont nécessaires. Aujourd hui, l'enseignement en préscolaire mexicain s achève lorsque les enfants sont âgés de six ans. Ce type d enseignement est une institution relativement récente au Mexique. Néanmoins, l intérêt porté aux enfants existe depuis longtemps. Par exemple, chez les mayas, les aztèques, les enfants sont ainsi nommés : «piedra preciosa»»colibrí» «piedra de jade» qu il faut entretenir pour qu ils deviennent des adultes. Ces différents mots définissent ~ 64 ~

69 Première chapitre. L objet de la recherche le respect et l affection pour cette enfance en plein épanouissement. De plus, il est évident que dans cette société, les parents restent toujours des enfants au regard de leurs propres parents. Le fait de devenir parent renforce les liens filiaux et les petits enfants assurent ce cercle familial naturel en harmonie totale. Ces cercles se renforcent dans la reproduction, dans le sentiment que l enfant est très important. Néanmoins, à partir de 1837, suite à l intérêt d'aider la famille dans la garde des enfants par un tiers lorsque la mère travaille, une institution destinée à l accueil des tout-petits se développe à Mexico. Trente ans plus tard, dans le journal «educador mexicano», différentes idées ainsi qu une nouvelle tendance au développement d une éducation naturelle et une pratique pour les besoins infantiles et de l enfant, sont apparues, et dans certaines écoles de premières lettres, une section consacrée aux petits enfants commence à se développer (OSORIO BOLIO, 1980, p. 75). Le parcours de l éducation préscolaire commence à prendre de la place, les parents qui y ont adhéré préconisent l entrée de leurs enfants dans ce type d éducation. «En 1883, une école pour les jeunes enfants (de deux à six ans) est fondée à Xalapa, Veracruz, sous la direction de LAUBSCHER, autrefois étudiant de FRÖBEL, dont la méthode d enseignement proposait une éducation harmonieuse dans l intérêt de l enfant, avec l observation de la nature, l apprentissage des mathématiques et la connaissance des langues» (GALVÁN LAFARGA, s/d) (Traduction libre de l auteur). En 1896, une école modèle des enfants en âge maternel se fonde, sur ces bases des théories frœbéliennes. Là, le jeu est l élément central de l éducation. Car, il permet aux enfants de construire leur personnalité, d accepter les autres et de s accepter en tant qu être social. A posteriori, HERNANDEZ BARRALES (2000) affirme que d autres institutions similaires consacrées aux enfants de deux à six ans, sont mises en place, avec la restauration incluse. Toutes ces institutions et les subséquentes auront comme élément essentiel de la pédagogie à suivre, le jeu. Au présent, cette notion de jeu perdure. Des bases pédagogiques d'accès à l examen d admission pour devenir institutrice sont édictées par SIERRA (1905). Pour être accepté, trois épreuves sont obligatoires. Une épreuve théorique afin d évaluer le caractère, les moyens et les objectifs de l enseignement maternel. Une autre pratique pour évaluer les diverses capacités comme : raconter des histoires, chanter. Et une troisième pédagogique, c est-à-dire faire un cours sur les principes pédagogiques de FRÖBEL et ses idées de «dons». Vers 1907, les écoles maternelles deviennent «kindergarten» et seront après appelées «jardin d enfants». Derrière cette évolution les parents aussi accordent plus de confiance et de respect aux enseignants. Par contre, plus les instituteurs ont de préparation, plus ils ont de force et de reconnaissance sociale, et plus les ~ 65 ~

70 Première chapitre. L objet de la recherche parents se sentent subordonnés au style d éducation de ce système. L école et la famille semblent deux mondes séparés. Entre les parents et les enseignants une différence de tâche commence à se voir. En 1908, quelques institutrices partent en stage à l étranger pour effectuer des études sur la formation des enseignants de maternelle. En même temps, l Inspection Technique de Maternelle est fondée et, dans la loi constitutive des «escuelas normales primarias», apparaît une formation exclusive à la petite enfance. Les mères qui travaillent vont être bénéficières de cette expansion éducative. Une année plus tard, démarre de cours obligatoires de pédagogie spécialisés dans l éducation préscolaire. En 1911, dans diverses écoles primaires publiques s implante une section sous primaire. Une année après, la première génération d éducateurs pour la petite enfance finit ses études résultat plus de préparation, plus de confiance des mères pour laisser leur enfant dans les mains étrangères. Les jardins d enfants officiellement offrent attention aux enfants en âge préscolaire issus des familles les moins favorisées (GALVÁN LAFARGA, s/d). En janvier 1914, une loi signale que cette formation en éducation préscolaire «doit provoquer le développement harmonieux de bonnes qualités chez les enfants». L éducation est gratuite et focalisée sur les aspects physiques, moraux et intellectuels qui doivent corriger les défauts existants de la jeunesse. Les parents commencent à être plus motivés pour faire suivre à leurs enfants des cours spécialisés. Une année plus tard, apparaît l école privée pour la petite enfance. La nouvelle Loi d Éducation dans l article 114, signale la mise en place d une formation d une durée de deux ans destinée aux enseignants des écoles maternelles. Cette idée se développe, en 1918, dans l école normale de Veracruz. À cette époque la formation pour l enseignant d école primaire est obligatoire, même si les étudiants suivent en parallèle des cours consacrés à la petite enfance. Grâce à ce projet, l unique jardin d enfants existant dans la ville de Xalapa est annexé à l école normale (HERNÁNDEZ BARRALES, 2000) et sous la surveillance de l institutrice Virginia AGUILAR. Elle intervient comme professeur de l école normale et directrice du jardin annexe à l école normale «Juan de Dios PEZA». Trois ans plus tard, le sujet des jardins d enfants est traité dans le premier Congrès de l enfant, une nouvelle structure éducative reconnaît l existence du préscolaire et un département le dirige. Deux ans plus tard, le titre d enseignant en formation préscolaire est une réalité. En 1928, Une transformation qui vise au sens du respect et de l amour de la patrie provoque la création et l intégration des divers jouets et de la musique traditionnelle, ainsi que des matériels pédagogiques et de renouvellement des mobiliers dans la vie scolaire. L inspection générale d éducation préscolaire est une réalité. ~ 66 ~

71 Première chapitre. L objet de la recherche À la fin de 1934, une forte tendance parentale pour préconiser l inscription de leurs enfants dans les écoles privées se vit (QUINTANILLA, s/d). L article 3 de la Constitution, stipule que le gouvernement à travers la Fédération, les États et les municipios doit offrir une éducation publique primaire, secondaire et normale. L éducation primaire doit être gratuite et obligatoire (PODER EJECUTIVO FEDERAL, 1934). Quant au préscolaire, il n est fait parti de ses réformes (OLIVERA CAMPIRÁN, s/d, p. 20). Deux ans plus tard, malgré la diversité pédagogique des enseignants et le manque de jardins d enfants, les parents plus scolarisés ou ceux qui ont plus de moyens économiques favorisent l éducation préscolaire de leur enfant. Ils surveillent plus attentifs les activités éducatives. À cette époque, la participation du professeur CASTAÑEDA est décisive, car elle assure l expansion du préscolaire rural. La création de l inspection générale des jardins d enfants est une réalité. L harmonie entre l enfant et son entourage et renforcer l enseignement sont un des ses buts. À Xalapa, l institut pour la petite enfance existante compte déjà une organisation complète, où l application et l expérimentation des connaissances des futures institutrices (HERNÁNDEZ BARRALES, 2000) sont possibles. Ce sont surtout les enfants des enseignants qui profitent de ces bénéfices. En 1941, le préscolaire fait parti du département de préscolaire du Secrétariat d Éducation Publique (GALVÁN LAFARGA, s/d). L école intensifie le besoin et l intérêt de travailler avec la famille. Les parents favorisent davantage le passage au jardin d enfants des petits avant l école primaire (DGE, 1953). En fonction des circonstances de la vie quotidienne et vis-à-vis de l école, la tradition familiale continue à changer et six centres d attention initiale (crèche) sont développés comme soutien social. Entre , le nombre d inscrits dans le préscolaire double (OLIVERA CAMPIRÁN, s/d, p. 19), et le nombre de jardins d enfants s élève à dans tout le pays (GALVÁN LAFARGA, s/d). En 1960, le Conseil National Technique Pédagogique de l Éducation édite des guides didactiques basés sur le principe de centres d intérêts. Le décalage pédagogique entre le préscolaire et l école primaire est bien réel. Plus de préférence pour les activités ludiques du préscolaire car les générations de plus petits deviennent plus autonomes. Certains parents de notre étude ont commencé son éducation scolarisée ainsi qu une restructuration des jardins d enfants. Cette dernière fondée sur des études et des principes psychopédagogiques (le jeu et l expérience sensorimotrice) adaptés à chaque région. Envoyer les enfants à l école est un moyen pour être mieux accepté dans la société, en conséquence le nombre d enfants entre quatre et cinq ans inscrits, continuent à doubler. Situation que se continue dans les années à avenir (voir tableau suivant). Les établissements les plus fréquentés sont les plus proches de la maison, ou ceux dans ~ 67 ~

72 Première chapitre. L objet de la recherche lesquels les parents ont étudié. En contrepartie, un grand nombre de parents ne savent ni lire ni écrire, et des problèmes liés à cette situation commencent à s installer dans certaines familles. Quelques parents ne se sentent plus un soutien pour les enfants et ils évitent de se mêler dans leur vie scolaire. Cela provoque la création de nouvelles options éducatives, afin de mieux répondre aux attentes de la population. Appui financier et service des préscolaires Federal 249, , , , , , , , , ,53 Général 249, , , , , , , , , ,553 Indigène 92,977 Estatal 121, , , , , , , , , ,814 Privée 28,985 31,294 34,841 37,761 41,238 43,681 48,712 55,097 63,197 71,644 Totale 400, , , ,76 497, ,09 607, , , ,988 Tableau 2 Évolution du nombre d enfants inscrits au préscolaire entre la rentrée 1970 et 1979, au Mexique (SEP, s/d) Les années 1970, est marqué par la création du premier programme de préscolaire. Il est consacré au développement de l enfant afin de promouvoir sa sociabilité, et son individualité à travers d une stimulation systématique, organisée, graduelle et intentionnelle. À cette époque, la plupart de parents passent beaucoup de temps auprès de la scolarisation de leurs enfants, plutôt les femmes. Notre population cible vit ou commence à vivre cette situation, certains entre eux participent autres s impliquent davantage et ils suivent de plus la dynamique éducative pour la réussite de leurs enfants soit au sein de l école soit en dehors d elle. ORDOÑEZ : Une forte tendance pour offrir une éducation à tous se développe, comme le souligne «Il y a dix ans, la Conférence de JOMTIEN a proclamé au monde que l'éducation pour tous était nécessaire - en tant que droit fondamental de l'homme, et en tant qu'instrument clé du développement et de la paix. La décennie qui s'achève a prouvé au monde, à travers les succès entrevus dans différents pays, que l'éducation pour tous est réellement possible» (2000, p. 1). À la rentrée , le Conseil National de Promotion Éducative (CONAFE) débute comme une alternative au préscolaire. La mise en place des nouveaux objectifs provoque alors l installation de cours communautaires ainsi que des centres de développement initial ~ 68 ~

73 Première chapitre. L objet de la recherche (CENDI), dans les régions éloignées. Cette diversification pédagogique offre diverses alternatives aux enfants pour bien s adapter à leur propre milieu social et pour avoir un développement en accord avec leurs besoins. Dès lors, que le développement harmonieux des enfants, le jeu et différentes activités ludiques sont des points forts par l éducation préscolaire. Évidement, la liberté d expression, la mobilisation physique au sein de la journée de travail et le bruit sont plus acceptables qu à l école primaire. De plus, les activités systématiques ne permettent pas l utilisation de mesures d évaluation rigides. L observation est à la base de l évaluation et les activités sociales à l école continuent à être à la mode. Une coopération adéquate entre parents et l école donne les meilleurs résultats d apprentissage chez l enfant. Ces situations réaffirment les répercussions positives de cette partenariat et motive une transformation de la place occupée par l enfant. Après son premier siècle d existence et une évolution plutôt favorable, l éducation préscolaire mexicaine trouve sa vraie place au sein de la société mexicaine qui reconnaît enfin son importance. Bien intégrée au sous-système d éducation de base, et avec une reconnaissance sociale considérable, sa tâche initiale a si bien évolué qu aujourd hui elle devient un support central de l éducation primaire. Sa couverture éducative est vaste et adaptée aux besoins des divers contextes du pays. Dans les dernières années, elle concerne au moins 79.3% des enfants de cinq ans, et plus de la moitié de la population de quatre ans. Durant l année 2000, la population nationale infantile s élevait à enfants, dont fréquentaient le jardin d enfants, 70.9% des habitants ayant cinq ans dans l ensemble du pays (plus de 15.3% d enfants de trois ans ont été déjà inscrits à ce service) (INEGI, 2001). Le total d enseignants a atteint dont en l éducation préscolaire. À la rentrée , ce dernier chiffre, évolua à dans tout le pays. Ainsi on comptait 28 élèves pour une enseignante (INEGI, 2001). À la ville de Xalapa, durant ce cycle scolaire, enfants étaient âgés de 4 à 5 ans et avaient cinq ans révolus. Ces derniers étaient répartis dans 724 écoles dont 166 jardins d enfants (privés et publics fédéralisés et publics estatales). Dans le recensement national de 2005, selon l INEGI (2006), la population en âge préscolaire, de trois à cinq ans, fut de , parmi lesquels garçons et filles. A Veracruz, on compta enfants de trois à cinq ans (50.6% de garçons). À la rentrée , dans tout le pays on a compté professeurs qui ont ~ 69 ~

74 Première chapitre. L objet de la recherche encadré classes reparties dans jardins d enfants et, un total de enfants. À cette période, dans le même municipio de Xalapa, il y avait 189 jardins d enfants parmi lesquels enfants ont été inscrits. Service et subvention des Jardins d enfants Fédéralisé 3,080,417 3,081,699 3,266,955 3,344,867 3,563,037 3,790,886 Général 2,583,226 2,588,990 2,742,419 2,797,829 2,969,791 3,178,132 Indigène Cours Communautaires CENDI DIF Fédéral Général Cours Communautaires CONAFE Cours Communautair CONAFE Indigène CONAFE Enfants migrants CONAFE Centre Infantile Commun CENDI Estatal 2,756,114 2,761,976 2,928,073 2,995,868 3,188,392 3,408,793 Général 2,399,060 2,408,562 2,553,150 2,603,420 2,765,538 2,971,683 Indigène CENDI DIF Privé Général Indigène CENDI DIF Total de jardin d enfants 3,423,608 3,432,326 3,635,903 3,742,633 4,086,828 4,452,168 Tableau 3 Population inscrite en éducation préscolaire dans tout le Mexique entre 2000 et 2005 (SEP, 2007). Comme nous pouvons observer dans le tableau précédent, la dynamique éducative des dernières années est toujours positive, bien que la population inscrite dans les services de CENDI ait diminué. À la différence du Mexique au 1er janvier 2008, la France métropolitaine compte 2,4 millions d enfants de moins de 3 ans et autant d enfants âgés de 3 à 6 ans. Les enfants de moins de 3 ans sont surtout gardés par leurs parents : 63% passent la majeure partie de la semaine avec eux. En dehors des parents, c est l accueil chez une assistante maternelle qui est le plus fréquent (18%), devant la garde dans une structure d accueil collectif (10%). Les plus ~ 70 ~

75 Première chapitre. L objet de la recherche grands enfants sont scolarisés pendant la plus grande partie de la journée. Les parents restent les intervenants privilégiés pour s occuper de leurs enfants en dehors de l école : le mercredi, les trois quarts des enfants âgés de 3 à 6 ans passent la majeure partie de leur temps avec un de leurs parents ; les autres jours de la semaine, entre 16 heures 30 et 19 heures, c est le cas de 83% des enfants. Pour les plus jeunes, la garde par les parents s accompagne souvent du recours à d autres intervenants, le plus souvent les grands-parents, mais aussi une assistante maternelle ou une crèche (MINISTÈRE DE LA SANTE ET DES SPORTS, 2009). Lorsqu un des parents ne travaille pas, c est lui qui assure la garde de l enfant la majeure partie du temps L organisation de l éducation préscolaire mexicaine Au présent, tel qu il est écrit dans la Constitution politique des États-Unis Mexicains, le cycle préscolaire rendu obligatoire dès la rentrée scolaire pour les enfants de cinq ans, est considéré comme le premier niveau d éducation scolarisée. Dès la rentrée , la loi oblige aussi les parents à inscrire leurs enfants dès l âge de trois ans au jardin d enfants. Aujourd hui, l éducation préscolaire concerne les enfants âgés de trois à cinq ans et onze mois au premier septembre de chaque année scolaire. De plus, afin d élargir les alternatives éducatives offertes aux jeunes enfants, au Mexique, deux niveaux éducatifs sont compris dans l éducation préscolaire : l éducation initiale (crèche) et le cycle préscolaire (appelé en France maternelle) proprement dit. Le premier niveau du système éducatif mexicain, (CENDI) le Centro de Desarrollo Inicial, n est pas obligatoire mais il offre, sous la forme "scolarisé", "semi scolarisé" et "non scolarisé", une possibilité de prise en charge des enfants. Il s agit d une possibilité d éducation et d assistance aux enfants âgés d un mois et demi à trois ans en général, mais certains établissements offrent ce service aux enfants jusqu à l âge de cinq ans et onze mois. Le deuxième niveau, à savoir l éducation préscolaire est proprement organisée en deux ou trois cycles pédagogiques : La section maternelle ou initiale : dans le système français cela correspond à la petite et à la moyenne section. Dépendant de la quantité d enfants de trois ans inscrits, cette classe peut se subdiviser en deux cycles (premier et second). Elle concerne les enfants ayant trois et/ou quatre ans et vise à assurer la représentation de soi, à développer les facultés d expression corporelle et linguistique de l enfant dans la vie en commun, etc. À la fin de cette première année de préparation (petite section en France), l enfant doit ~ 71 ~

76 Première chapitre. L objet de la recherche être capable de se différencier des autres, d identifier leur prénom, de reconnaître les nombres (de un à dix) La section préscolaire ou préparatoire (grande section en France) concerne les enfants de cinq ans. Elle vise à poser les bases de la lecture et de l écriture et à préparer aux apprentissages scolaires fondamentaux. À la fin de cette année, les enfants doivent au moins savoir identifier les nombres de deux chiffres, reconnaître la différence entre les chiffres et les lettres, suivre le sens d une lecture, écrire leur prénom et quelques mots monosyllabiques et dissyllabiques Dans les objectifs généraux de l éducation préscolaire, le programme officiel précise qu ils doivent être poursuivis en permanence et simultanément dans le processus quotidien afin d améliorer le rythme d apprentissage individuel et en groupe des enfants, ainsi que leur autonomie. La mission éducative est surtout envisagée pour l épanouissement harmonieux de l enfant à travers la mise en place de diverses actions quotidiennes. Ses buts sont : Promouvoir la confiance en soi afin de favoriser le développement de la personnalité, Favoriser chez les enfants l appropriation des savoirs ainsi que l acquisition des compétences qui les rendent aptes à apprendre toute leur vie et à prendre une place active dans la vie économique, sociale et culturelle de leur entourage, Préparer tous les élèves à être des citoyens responsables, capables de contribuer au développement d une société démocratique, solidaire, pluraliste et ouverte aux autres différents groupes culturels du pays ainsi qu'à l étranger, Motiver la socialisation, le sens de solidarité et la coopération. Aucune note ne peut être attribuée. La mise en place des appréciations est l unique moyen permis et le plus utilisé pour estimer le progrès intellectuel, social, affectif et émotionnel des enfants dans leur éducation préscolaire. Les informations doivent figurer dans un journal d activités enfantines et dans le dossier personnel de chaque enfant. Les buts de ces appréciations ainsi que le processus éducatif au sein de la classe, l organisation de la salle, les pratiques de l enseignant, l organisation et le bon fonctionnement de la classe, enfin les rapports établis entre le jardin d enfants et les familles visent les objectifs ci dessous. ~ 72 ~

77 Première chapitre. L objet de la recherche En 1993, MEIRIEU dans une étude centrée sur l adolescence, mentionne que la famille a été synonyme de superstition et d inégalité, seule l école pouvait apporter la rationalité et l égalité des chances. En décembre 2001, le Congres de l Union a approuvé un décret concernant l éducation préscolaire, qui sera ajouté à l article 3 de la Constitution Politique des États-Unis Mexicains. Artículo 3. Todo individuo tiene derecho a recibir educación. El Estado federación, estados, Distrito Federal y municipios-, impartirá educación preescolar, primaria y secundaria. La educación preescolar, primaria y la secundaria conforman la educación básica obligatoria (PODER EJECUTIVO FEDERAL, 2002, p. 1). Ce grand principe décrété par la Constitution le 12 novembre 2002, déterminera l éducation mexicaine comme obligatoire afin de lutter contre les inégalités de classe, de race et de statut social. Toutefois, sa mise en place s effectuera progressivement. En commençant par les enfants de cinq ans, l éducation obligatoire entrera en vigueur à partir de l année scolaire Ensuite, pour les enfants de quatre et cinq ans, ils feront leur rentrée, en Enfin, pour les enfants ayant entre trois et cinq ans, ce principe sera appliqué à la rentrée Ces dernières modifications à la loi fédérale d éducation, ont prévu que dans le cas des enfants qui sont nés entre septembre et décembre, et toujours à la demande des parents, leur enfant peut être inscrit et accepté au jardin d enfants et/ou à l école primaire. Ceci à condition que l enfant ait une maturité minimale pour la réussite de la première année (petite section) de scolarité et avec l accord du directeur du jardin d enfants. Dans la loi générale d éducation, le décret est réaffirmé et enrichi afin de soutenir cette réforme, le programme d éducation préscolaire sera aussi modifié, ses buts seront : contribuer à l amélioration des expériences formatives des enfants à travers la reconnaissance de leurs capacités et leur potentiel ; ainsi que d établir une articulation cohérente entre le jardin d enfants et le primaire» (SEP, 2006, p. 7). Dans le document «normes de contrôle scolaire relatives à l inscription, réinscription, accréditation et certification des jardins d enfants publiques et privés » (SEP, 2006, p. 15) (Traduction libre de l auteur). Ainsi que le 20 juin 2006, dans la loi générale d éducation, article 65 s ajoute un paragraphe qui se réfère à l âge minimum pour accéder à l éducation préscolaire. Selon cette loi, «un âge minimal et maximal est fixé pour pouvoir poursuivre des études en éducation préscolaires, au minimum quatre ans (trois ans à partir la rentrée ) et au maximum cinq ans onze mois au 31 ~ 73 ~

78 Première chapitre. L objet de la recherche décembre de la rentrée scolaire. Et avoir six ans au 31 décembre de chaque année scolaire, pour s inscrire à l école primaire» (PODER EJECUTIVO FEDERAL, 2006, 12) (Traduction libre de l auteur). Du même que dans la vie quotidienne, au sein de l éducation formelle des enfants, le soutien familial est toujours visiblement nécessaire. La loi générale d éducation dans son chapitre VII «de la participation sociale dans l éducation» section 1 concernant «les parents», dit que l objet essentiel est d affirmer les droits légaux du responsable des enfants. Cette idée de l autorité parentale est inscrite dans son article 65 (incise I) et 66, «obtenir une inscription scolaire pour les mineurs, afin de faire que les enfants reçoivent formation préscolaire, primaire et collège», suivie par une deuxième incise liée au fait d informer les enseignants de toute situation ou problème éducatif chez les enfants, afin de trouver une solution commune. Dans un troisième point, il incite à «travailler en collaboration avec l école vers l épanouissement des enfants et l amélioration et entretien des établissements scolaires». Finalement, à partir de la responsabilité des parents ou tuteurs légaux envers leur progéniture ou/et l enfant mineur représenté, la législation encourage le fait que les parents «collaborent avec l école dans les différentes activités éducatives» afin de soutenir l éducation formelle de leur enfant en favorisant son épanouissement harmonieux (PODER EJECUTIVO FEDERAL, 1993, p. 38) (Traduction libre de l auteur). En définitive, ces dispositions officielles ont abouti à déterminer les droits et devoirs de la famille envers sa descendance. Ainsi favoriser l inclusion dans le processus d éducation formelle de l enfant est obligatoire. Ces droits et ces devoirs sont des aspects indissociables de la vie sociale de l être humain car ils se complètent. Néanmoins toutes ces idées et dispositions, sont destinées aux parents. Étant donné qu ils ont la liberté de déterminer à quel point ils vont accepter les obligations imposées par la société, au sein de la scolarité de leur enfant ainsi que faire face aux droits envers l éducation formelle de leur enfant. Le niveau d implication ou engagement que les parents ont envie de consacrer à la scolarité de leur enfant, est aussi un droit dans lequel seule l école peut exprimer les bénéfices et ainsi favoriser leur participation au sein de l instruction formelle de leur enfant. ~ 74 ~

79 Première chapitre. L objet de la recherche La mission éducative de l éducation préscolaire Le premier niveau éducatif obligatoire du système éducatif mexicain, est le jardin d enfants. Diverses idées provenant de différents pays, notamment de l Europe, font partie de la conception de ses différents programmes éducatifs. À l époque de cette étude, les apports faits auparavant par PIAGET (1926) ont été significatifs, car c est à partir de ses œuvres que le programme d éducation préscolaire mexicain de 1992, s est développé. Ce programme considère l épanouissement social, affectif, cognitif et physique des enfants, grâce aux diverses activités que provoquent le renforcement de la langue maternelle et la socialisation ainsi que l apprentissage de certaines bases précédant la lecture et l écriture. Dans le processus de socialisation, la communauté éducative intervient et, plus spécialement, la famille. Dans ces tâches, l offre aux enfants de l opportunité de développer leur créativité, d affermir leur affectivité et la confiance dans leurs propres capacités, de stimuler leur curiosité et motiver le travail en groupe (intégration et solidarité), et de leur donner des outils positifs pour leur devenir, sont primordiales. Ainsi que la notion de ce que l écriture, la lecture et le calcul représenteront pour eux dans la vie quotidienne. Finalement, un autre but du jardin d enfants est d enrichir le langage oral en permettant la transmission et la compréhension des idées sur les objets, les faits et les expériences. Par contre, ici l évaluation est une fonction essentielle et exclusivement formative qui base ses résultats sur le développement de l enfant. «Elle est, pourtant, un moyen pour favoriser l amélioration permanente du processus éducatif et l épanouissement des petits. Pourtant, elle ne détermine pas si l étudiant valide ou pas ses connaissances comme une condition d accès à l école primaire» (SEP, 2006, p. 15). L action évaluative apporte en général des informations relatives aux difficultés et réussites de chaque enfant, ainsi sur l approfondissement de certains aspects de sa vie familiale et de ses années précédentes. Pour telle raison, une évaluation initiale basée sur l observation, au début de cycle scolaire (qui servira pour organiser le travail annuel, les actions et les spécificités nécessaires pour les enfants) et une autre à la fin (pour mesurer les avancées, les limitations et les réussites pendant toute l année) seront obligatoires. ~ 75 ~

80 Première chapitre. L objet de la recherche Le jardin d enfants et ses différents services Les différents contextes géographiques du jardin d enfants sont l urbain, l urbain marginal, le rural et l indigène (SUBSECRETARÍA DE EDUCACIÓN BÁSICA Y NORMAL, 2003). En fonction de ces contextes, existe une catégorisation qui est la dénomination dépendant du nombre d habitants. Dans un village d au moins habitants ou quand l utilisation du sous-sol n est pas d usage agricole ni forestier, la catégorisation est urbaine. Quand il y a moins de personnes et quand l activité est agricole ou forestière, on parlera de catégorie rurale. Suite à cette catégorisation, nous trouvons trois services spécifiques de jardins d enfants. Cependant, il en existe une quatrième qui soutient le jardin d enfants à partir du niveau éducatif initial (crèche). 1. L éducation préscolaire générale. Elle est essentiellement offerte à la population qui habite dans les régions rurales, urbaines - marginales ou urbaines du pays. C est l unique service qui a trois emplois du temps différents (matin, après-midi et mixte). Suite aux caractéristiques de la ville de Xalapa c est que ce service l unique présent dans l échantillon de notre étude. Dans sa modalité indigène, elle peut offrir de service dans les zones indigènes du pays dans les différentes langues autochtones afin de promouvoir et respecter la culture régionale. Sa formation est aussi bilingue et multiculturelle. Par contre, les écoles communautaires sont destinés aux localités (rurales isolés ou marginales, métisses et/ou indigènes et aux champs agricoles de migrants) qui ne comptent pas de jardins d enfants et, dont la population infantile recense de 5 à 29 enfants en âge préscolaire. Cette modalité est gérée par le Conseil National de Fomente Éducatif (CONAFE), les cours sont pris en charge par de jeunes gens qui après avoir fini le collège ou lycée, sont formés comme instructeurs communautaires. Leur rémunération est plutôt motivée par le fait de continuer les études secondaires (lycée) ou l université. La tâche éducative de ce type d écoles est basée sur les expériences quotidiennes des enfants. À partir de celles-ci, jour après jour est proposé un nouveau thème de travail qui essaye de favoriser la participation active des enfants à partir de leur propre vision de la vie. ~ 76 ~

81 Première chapitre. L objet de la recherche 2. Le DIF A travers de l éducation préscolaire d assistance, cet organisme public fournit de l alimentation aux enfants, grâce aux différents alternatives comme : le programme de petit déjeuner scolaire, la cuisine scolaire ou communale ou le panier de produits alimentaires de première nécessité. Les cours communautaires sont destinés aux communautés dans lesquelles il n existe pas de jardins d enfants généraux. Un des objectifs principaux de ce programme est de donner aux enfants l opportunité d atteindre un niveau d éducation supérieur à celui de leurs parents. Les activités visent à contribuer au développement harmonieux de l enfant, les donner des nouvelles aspirations et les apporter des savoirs ainsi que les aider à découvrir diverses valeurs propre à son groupe culturel. Les enfants ont le droit de choisir et proposer des activités ou des sujets pour le travail quotidien. La participation des parents est un aspect décisif pour son fonctionnement ainsi qu un engagement réel de tous les membres de la commune. L instructeur communautaire est normalement un jeune adulte qui accepte de vivre et d enseigner dans la commune. Dans le cas de communautés indigènes, l instructeur doit parler de manière courante la langue locale. Il ou elle doit être plutôt ouverte aux besoins de contexte. CONAFE. 3. Les programmes d attention destinés à la population enfantine offerts par le Ils travaillent à travers du cours communautaires placés dans des communautés dans lesquelles les caractéristiques géographiques et démographiques ne permettent pas l accès à service éducatif différent de celui du CONAFE. Dans les localités ayant le projet de s intéresser à la population indigène, le responsable est membre de la commune. Il doit avoir au moins quinze ans et savoir lire et écrire. Le travail éducatif a trois directions : travailler avec les enfants, travailler dans des ateliers avec les parents et, travailler avec l ensemble de la population. Enfants migrants. Ce programme est destiné aux enfants des parents migrants installés dans de région d émigration ou d immigration. La structure et l organisation éducative essaient de respecter les particularités de la population. L instructeur fait partie du groupe et doit parler au moins une des langues les plus courantes. Comme les mouvements de ~ 77 ~

82 Première chapitre. L objet de la recherche population sont très variés, l enseignement scolaire doit s adapter en permanence à ce fait. La participation de tous les membres est indispensable pour la transmission de coutumes et traditions de ses cultures. Indigène (projet d attention à la population indigène PAEPI-) il offre une éducation préscolaire aux enfants qui habitent dans de petites communes indigènes dispersées. Les instructeurs dans ce service parlent la même langue que les enfants. L application de programmes éducatifs est la même que dans le jardin d enfants en général. Centre Infantile Communautaire, il favorise la participation des parents et des autres membres de la communauté dans le développement et bien-être social. Le travail collaboratif est essentiel. 4. Les centres de développement infantile (CENDI). Ce service n est pas vraiment géré administrativement par l éducation préscolaire mais plutôt par l éducation initiale (crèche). Afin de soutenir les mères qui travaillent, il offre des programmes d assistance et d éducation intégrale, ainsi qu une attention préscolaire. Il s oriente vers les enfants d un mois et demi à cinq ans et onze mois. Trois modalités sont proposées selon l âge des enfants : «lactantes» (d un mois et demi à deux ans onze mois) maternel (de trois ans à trois ans onze mois) et «preparatoiro» à partir de quatre ans. Parmi les modalités que ce service offre, on trouve : Le préscolaire marine, cette une modalité créée pour soutenir les enfants des personnels de la Marine. Elle a débuté le cycle scolaire , et ne compte que sur la subvention fédérale. A son début, dans l État de Veracruz, elle a servi à 214 jardins d enfants dans trois écoles, chiffre qui, à la rentrée , est descendu à 64 enfants et à un jardin d enfants. Les projets alternatifs qui sont aussi des possibilités pour suivre l éducation préscolaire. Ils sont offerts en général par le DIF ou par le CONAFE. Deux options différentes peuvent être offertes dans les services proposés par le DIF et, quatre options par le CONAFE. Dans le cas précis de l état de Veracruz, les services et les modalités proposés sont représentés dans le schéma suivant. Dans chacun d entre eux, il existe une organisation ~ 78 ~

83 Première chapitre. L objet de la recherche interne qui est déterminée par le nombre d enfants qui assistent régulièrement et le nombre d instituteurs affecté à chaque institution éducative. TYPE NIVEAU SERVICE SUBVENTION Éducation de base Education moyenne supérieure Éducation supérieure Général Fédéral Indigène Fédéralisé Jardin d'enfants Cours communautaires Estatal CENDI Autonome Privée Général Fédéral Primaire Indigène bilingue biculturelle Fédéralisé Cours communautaires Estatal adultes Privée Général Fédéral Technique Fédéralisé Collège Télé collège Estatal Pour les travailleurs Autonome Adultes Privée Capacitation au travail CET Fédéral CECYTE Fédéralisé Professional CONALEP Estatal Technique Autres Autonome Privée Général Fédéral Technico Fédéralisé Lycée Estatal Autonome Privée Licence en éducation préscolaire Licence en éducation primaire Fédéral École normale Licence en éducation secondaire (collège) Fédéralisée Licence en éducation physique Estatal Licence en éducation spéciale Privée Université Licences Universitaires Autonome Licences technologiques Privée Spécialités Master Degré Doctorat Tableau 4 Distribution des différents services éducatifs au Mexique (SEP, 2007) Au jardin d enfants, par conséquent, le type d organisation peut être d un, deux, trois ou quatre enseignants ou avec une organisation complète (cinq ou plus). Dans la ville de Xalapa, les jardins enfants sont encadrés par un instituteur et jusqu à 11 enseignants au maximum. Cependant, en ce qui concerne le nombre des effectifs, la loi prévoit au minimum cinq élèves par classe et un maximum de 30 élèves. En plus, les parents peuvent inscrire l enfant dans l école de leur préférence, ce choix n est pas déterminé par le lieu où demeure la ~ 79 ~

84 Première chapitre. L objet de la recherche famille, comme en France. Pour être inscrit, il faut au moment venu, solliciter l inscription au jardin choisi. «Pour aucune raison l enfant ne peut être privé du droit de recevoir une éducation, il n existe aucune réglementation ou situation qui puisse mettre en cause la scolarisation enfantine» (SEP, 2007, p. 11) (Traduction libre de l auteur). Par contre, l accréditation de la moyenne ou grande section est obtenue grâce à la présence régulière de l enfant au jardin d enfants. De cette manière aucun enfant, indépendamment de sa condition physique, intellectuelle ou culturelle ne restera plus d une année dans la même classe (SEP, 2006) L emploi du temps des jardins d enfants L année scolaire s étend du jour de la rentrée des élèves au jour précédant la rentrée suivante. Les accords de rentrée scolaire précisent chaque année des règles plus ou moins souples. La seule règle concernant le calendrier scolaire, est fixée de Photo 1 Une classe de petite section au jardin d enfants estatal. "María Montessori" manière générale pour toutes les écoles publiques ou privées d éducation de base et normale. Il compte au moins 200 jours de travail par an (SEP, 2007). En ce qui concerne les horaires, ce niveau est calqué sur le modèle de l école primaire, plus concrètement la première année de cours préparatoire (CP), Par ailleurs, la journée de travail, dans la plupart des jardins publics, est de trois heures par jour. Cependant, dans les écoles privées, la journée du travail, dans la plupart des cas, est plus étendue (début neuf heures et fin à 13 heures) et permet d offrir d autres apprentissages aux enfants : enseignement d une langue étrangère (anglais ou français), des activités artistiques ou sportives, la manipulation des ordinateurs Dans les écoles publiques, un service de matin peut être offert de sept heures du matin à 14 heures. Un autre l après midi peut être offert entre treize et vingt trois heures. Et il existe une troisième alternative éducative, qui selon l emploi du temps est appelée «journée continue (mixte)», les enfants sont à l école depuis le matin et jusque vers 16 heures. C est aspect fait parti d une deuxième stratification pour choisir notre population d étude. Par ailleurs, le principe de la loi générale d éducation envisage aussi le travail collaboratif vis-à-vis de l éducation formelle et le résultat de la relation, le soutien et la ~ 80 ~

85 Première chapitre. L objet de la recherche participation de l ensemble des personnes qui gravitent autour de chaque institution éducative et qui constituent ce qui est appelé «la communauté éducative». 1.7 La communauté éducative En sociologie, la notion de communauté est le passage d une formation sociale fondée sur la tradition (communauté) vers la société moderne. Selon PROULX et LATZKO-TOTH, «TÖNNIES en 1887 explique le terme communauté comme une forme sociale fondée sur une proximité géographique et émotionnelle, impliquant des interactions directes, concrètes, authentiques entre ses membres» (2000, p. 101). Si le contexte socioculturel est celui qui doit transformer, faire grandir et former une communauté donc, comment définir une communauté éducative? L expression communauté éducative essaie de réunir les différentes personnes qui agissent auprès des enfants au sein d une institution consacrée à l éducation. Liés à cette relation sociale, le développement et la mise en place de certaines règles constituent aussi un facteur important de progrès éducatif. C est pour cette raison que cette participation sociale de l école, comme aspect central de préoccupation permanente de l État, est inscrite dans la Constitution mexicaine ainsi que dans diverses lois, plans et programmes de développement. En plus, ces circonstances exigent un consensus de la communauté pour pouvoir les appliquer en accord avec la demande sociale. Dans le cas du système éducatif mexicain, la loi signale que la communauté éducative doit intégrer les multiples acteurs qui la composent : les enfants, les parents, le personnel pédagogique (enseignants, directeurs) et le personnel non pédagogique) (PODER EJECUTIVO FEDERAL, 2003). Cette définition mentionne aussi que cette communauté doit regrouper les différents auteurs sociaux concernés par l éducation formelle des élèves et ceux qui partagent une vision et des valeurs communes à propos des besoins scolaires. Par ailleurs, le plan national de développement (PRESIDENCIA DE LA REPÚBLICA MEXICANA, Stratégies 12.1 et 2), souligne l importance de la mise en œuvre des conseils scolaires de participation communautaire comme une action obligatoire dans chaque école car la communauté éducative se construit avec l effort de chacun de ses membres. D autres textes expliquent, avant le début de chaque nouvelle année scolaire, aux membres de la communauté éducative, les règles annuelles pour l éducation préscolaire, le fonctionnement pédagogique et administratif, le calendrier scolaire, etc. (SEP, 1997). La Loi générale d éducation (2007, p. 14), dans son article 67, définit la mission des associations qui ~ 81 ~

86 Première chapitre. L objet de la recherche défendent les intérêts des parents face aux autorités éducatives ainsi : «chercher davantage une meilleure intégration et collaboration entre les membres de la communauté éducative pour l amélioration permanente de l école et du processus éducatif des élèves. De la même manière, participer aux diverses activités proposées afin de soutenir l école dans ses besoins les plus concrets. Proposer des alternatives et des suggestions afin de définir dans les meilleurs délais les buts institutionnels établis. Finalement, à travers une communication permanente avec les enseignants et les directeurs, exprimer les irrégularités et les désaccords des autres parents» (Traduction libre de l auteur). Cette loi réaffirme l importance du travail coopératif de la communauté éducative, surtout entre la famille et les enseignants ainsi que la stimulation du développement de certaines facultés et des aptitudes de solidarité. Elle cherche à promouvoir un langage commun à tous. L objectif est d obtenir l amélioration et le bon fonctionnement de l institution et surtout de favoriser au jour le jour le développement global et harmonieux des écoliers. Dans ce contexte, afin d assurer une nécessaire cohérence des attitudes et des interventions des différentes personnes auprès des élèves, chacun des membres de cette communauté a une responsabilité. Certaines de ces responsabilités sont réglées par des textes officiels. Il faut définir des buts communs comme le soutien mutuel entre chaque parent intégrant la communauté pour favoriser la réussite scolaire des enfants. Raison pour laquelle il est absolument indispensable de prévoir des moments d échange pour que tous aient connaissance des projets éducatifs mis en place, des règles de vie retenues. Cependant, cette participation de parents au sein de l école se situe strictement en dehors du cadre pédagogique. Il est clair que dans la stratégie 12.1 du Programme national de développement, il est mentionné : «qu il faut placer la communauté éducative au centre de tout effort éducatif, en reconnaissant le travail coopératif de tous ses membres dans l intégration d une communauté avec des objectifs communs, basés sur le développement intégral de ses enfants et de ses adolescents. Une autre stratégie à laquelle ce ~ 82 ~

87 Première chapitre. L objet de la recherche programme fait allusion, est celle de favoriser la participation des parents dans la prise de décisions au sein de l école». (PRESIDENCIA DE LA REPÚBLICA, 2007, p. 66) (Traduction libre de l auteur). Dans le sens normatif, l objectif numéro six du programme sectoriel d éducation (PRESIDENCIA DE LA REPÚBLICA 2008), qui traite de l éducation de base, «incite à fomenter la gestion scolaire à travers la participation sociale». À partir de là, il propose dans un premier temps d «établir les bases pour la restructuration et réactivation formelle de la participation sociale à travers le conseil national de participation sociale dans l éducation (CONAPASE) et les conseils de l État et scolaires» (6.1.1). Le même texte fixé sur le plan stratégique de transformation scolaire, insiste sur le fait d «instituer la participation des parents dans le développement des actions» (6.1.2.) Là encore, un troisième objectif centre son attention sur le fait de «créer des espaces pour partager des informations, expériences et matériaux didactiques afin de promouvoir une formation permanente au sein de la participation sociale» (6.1.4.). Enfin, promouvoir la participation de la communauté éducative et des autorités concernées afin de garantir la sécurité des étudiants et enseignants (6.2.), est aussi délimité comme un autre de ses principes. Dès lors, que la communauté éducative ne se développe pas, elle se vit. 1.8 Bénéfices de la participation parentale à l école Au fur et à mesure que la participation parentale augmente, les parents de même que les enfants et les enseignants retirent des bénéfices du travail collaboratif famille-école. Les parents peuvent profiter davantage des activités et de situation diverses pour partager du temps avec leur enfants. Les bonnes écoles deviennent encore meilleures. Les enseignants sûrs de l importance de cette participation se sentent plus soutenus et collaborent davantage avec les familles (MONTIEL, PINTADO et YUNES WATTY, 1998). Les enfants sont en général plus motivés, ont un bon comportement, de bonnes habiletés sociales, participent davantage, obtiennent des meilleurs résultats, et poursuivent leurs études à un niveau supérieur quand leurs parents appuient activement leur réussite scolaire (MINISTÈRE DE L ÉDUCATION DE L ONTARIO, 2009). Nous l avons constaté dans des études ultérieures où les parents engagés dans des activités ont été convaincus de l importance de leur rôle dans le développement des enfants et le bon fonctionnement d école. NERMEEN, EL NOKALI, BACHMAN et VOTRUBA- DRZAL (2010), ont démontré que lorsque l engagement parental est considéré dès le niveau ~ 83 ~

88 Première chapitre. L objet de la recherche préscolaire, des effets bénéfiques sur le bien-être et les compétences sociales de l enfant sont observés. SAINT-LAURENT, ROYER, HÉBERT et TARDIF (1993), ont mentionné que le suivi scolaire des parents constitue un garant efficace de la réussite des enfants et leur présence sur la scène scolaire l est tout autant. DESLANDES, RIVARD, OUELLET et JOYAL (2007) confirment que des interactions positives entre les familles et les enseignants contribuent également à soutenir les parents dans leur rôle et à assurer une continuité entre l école et les familles. Enfin, le succès de l enfant scolarisé est associé à l investissement de ses parents. Par exemple, «la participation et l engagement parental au programme de petit déjeuner scolaire au Mexique a fortement amélioré la relation entre les parents et leurs enfants ainsi que le développement harmonieux de ces derniers» (YUNES WATTY, 2003, p. 100). Parmi les autres bénéfices liés à la participation parentale, CHRISTENSON, EPSTEIN et GROLNICK et SLOWIACZEK (cité dans DESLANDES et ROYER, 1994) ont constaté que, le comportement des enfants s améliore, ils montrent plus de motivation et une attitude plus positive envers la vie, l absentéisme et l abandon scolaire s amoindrit. Ils ont une estime de soi plus positive et ils développent de plus grandes aspirations. Or, c est grâce à l implication permanente de la famille au sein de la scolarisation que l'enfant peut avoir des résultats plus positifs et meilleurs tout au long de sa vie. Incontestablement, comme le souligne l UNICEF «la famille et l'école sont les deux principaux éléments de ce qu'on appelle un "environnement protecteur", c'est-à-dire un cadre qui garantit aux enfants une protection contre toutes les formes d'exploitation et de maltraitance, par exemple, le travail des enfants» (2005, p. 1). L indépendance dans la vie quotidienne, l importance des ressources, limitent les rapports avec les autres : le couple, les enfants, les parents, la famille, les proches provoquent des liens plus concrets et moins superficiels. À cet égard, il est nécessaire d établir et de garder une relation toujours étroite entre les parents et l enseignant, afin de partager l énorme responsabilité d élever les enfants selon les valeurs établies par la société. Le développement harmonieux des enfants doit être l un des points plus forts de ce travail coopératif, car une coopération adéquate entre les parents et le système éducatif donne en plus des meilleurs résultats dans les apprentissages chez l enfant. Enfin, il est évident que ces situations coopératives réaffirment l évolution positive des relations entre la famille et l école, en même temps qu une transformation de la place occupée par l enfant dans chaque contexte. ~ 84 ~

89 Première chapitre. L objet de la recherche Par ailleurs, ce n'est pas par hasard que le Ministère de l Éducation de l Ontario ainsi que le Secrétariat de l Éducation Publique Mexicain favorisent la participation des parents puisque elle entraîne la réussite scolaire. Ces organismes affirment l idée que les enfants ont un meilleur rendement scolaire quand leurs parents jouent un rôle actif dans leur éducation. Le Ministère de l Éducation Nationale de France (2011) confirme «qu il est important que les parents accompagnent le travail personnel de l'élève en considérant les objectifs et les contraintes liées à sa scolarité et que les bonnes relations et une coopération active entre les familles et l'école favorisent la réussite des enfants». Le Secrétariat de l Éducation Publique Mexicain mentionne aussi que : «c est essentiel d impliquer la communauté éducative, en particulier les familles (les parents) au sein de l éducation formelle des enfants, dans l intérêt d encourager un meilleur développement de l affectivité, de l acquisition des connaissances, de l intégration de son image corporelle et de la formation du sentiment d appartenance au groupe socioculturel auquel les enfants appartiennent» (SEP, 1992, p.7) (Traduction libre de l auteur). En définitive, établir des liens positifs entre l'école et la famille et susciter leur complémentarité dans le rôle éducatif des enfants les incite à avoir des relations harmonieuses et, favorise la réussite éducative des élèves. À partir d une comparaison des caractéristiques psychosociales des familles, les facteurs familiaux les plus décisifs, et parmi ceux-là ceux qui ont le plus souvent une répercussion positive ou négative- sur l implication des parents dans ce processus seront mises en évidence. Puis, les parents sont eux-mêmes les conséquences d une histoire familiale, scolaire et sociale. En conséquence, leur degré d investissement dans les différentes activités scolaires (soutien dans les devoirs scolaires, participation aux diverses activités programmées par l école) est varié. Ces expériences passées, acquise au cours du cursus scolaire, sont peut être un des facteurs qui suscitent l intérêt que les procréateurs prêtent à l éducation et à la façon dont ils se comportent vis-à vis du parcours de leur enfant. Il est évident, à nos yeux que les passé des parents influencent leur engagement dans l instruction de leurs descendants, et dans leur manière de s impliquer. Cette certitude est fondée sur l enseignement tiré d un ensemble d expériences professionnelles dans le milieu de l éducation préscolaire mexicaine. ~ 85 ~

90 Première chapitre. L objet de la recherche 1.9 Valorisation sociale de la famille à l école Comme SABAU-GARCÍA et JOVANE, en 1994, le mentionnent la famille est plutôt un clan qui donne un soutien affectif, instrumental qui sert de guide permanent aux nouvelles générations. L'un des phénomènes abondamment étudiés tout au long de cette époque contemporaine est l effet de la participation familiale au sein de la scolarité des enfants. La participation en tant que processus social Photo 2 La famille est notre plus grand trésor. Affiche au jardin d'enfants "Experimental" (2006). transforme le fonctionnement des écoles dans les différentes sociétés. Dans certaines sociétés cette participation est bien acceptée par le cadre pédagogique, mais dans d autres, les enseignants préfèrent voir les parents en dehors de l école. L évolution de la société a aussi provoqué un changement dans la participation familiale à l école. Dans les pays plus développés, cette participation à des écoles avec portes ouvertes aux parents est moins visible que dans les sociétés moins évoluées. Les répercussions de cette participation diffèrent et dépendent de chaque structure sociale. D où l'objectif du chercheur à approfondir le rôle de l implication des parents mexicains au jardin d enfants. Comme nous l avons constaté, la présence de l éducation est bien réelle dans la structure et le déroulement de l histoire familiale de la société mexicaine. Les vestiges des civilisations diverses démontrent l importance de l éducation comme processus de transmission culturelle pour ces peuples. L influence des traditions et des coutumes constitue une part importante du système éducatif et génère des changements dans la conception de la vie quotidienne. Toutefois, la scolarisation n est qu une partie du contexte culturel de l éducation dans ce pays. Tel que DURKHEIM écrit : «Quand on regarde les faits tels qu ils sont et tels qu ils ont toujours été, il saute aux yeux que toute éducation consiste dans un effort continu pour imposer à l enfant des manières de voir, de sentir et d agir auxquelles il ne serait pas spontanément arrivé» (1967, p. 68). En effet, nous sommes convaincus que les traditions transmises d une génération à l autre via le processus de socialisation intra et extra familial sont aussi le résultat du contexte socioculturel actuel. L éducation couvre de larges domaines et regroupe davantage les systèmes économique, écologique, social, culturel et politique de chaque pays. Selon GONZALBO ~ 86 ~

91 Première chapitre. L objet de la recherche AISPURU (2004) l éducation est une manière d exprimer une volonté ordonnée, individuelle et collective dans la recherche d un objectif commun : «la survivance dans un contexte complexe et hostile». C est pourquoi, selon elle, la scolarisation n est pas exclusivement la transmission d un ensemble de connaissances égales pour tous, pas plus qu elle ne peut être fixée dans le temps. Chaque contexte a besoin de moyens spécifiques à des moments précis. Cela signifie donc que personne n a à apprendre plus que ce dont il a besoin ou désire apprendre, ainsi nous apprenons ce qui est utile à notre mode de vie. Aujourd hui les nouvelles générations sont conditionnées par l éducation et les valeurs qu elles ont reçue : la famille et sa valeur apparaissent ainsi comme un héritage. Quant au respect des valeurs, les enfants mexicains accordent de l importance aux valeurs liées au pays, à la famille, aux autres et à l'école. La transmission des valeurs et de l éducation d un noyau à un autre, ou d une génération à une autre, dépend du milieu physique et social ainsi que des expériences vécues. Pendant cette quotidienneté au jour le jour, certaines valeurs comme la solidarité se transmettent aux autres. Tous les éléments s'additionnent les uns aux autres ce qui génère le sentiment d appartenir à un foyer, à une famille ou à un entourage. Cette appartenance reste impossible à effacer ni avec le temps ni avec la distance. Elle est la force qui repose sur la tradition et les héritages culturels du Mexique. Nous ne pouvons pas oublier que les perceptions de ce que nous voyons, entendons, touchons et que nous sentons passent toujours par un filtre. Filtre prédéfini par des coutumes et des traditions émanant de nos propres expériences, valeurs et culture qui parfois reposent sur des idées erronées de la réalité. Enfin, les valeurs sociales assurent la défense de cet héritage et offrent de meilleures opportunités de vie. Les valeurs de base ainsi que leurs corollaires provoquent des modifications dans les collectivités. Ces changements selon REZSOHAZY (2006, p. 184) sont déclenchés par diverses valeurs qui constituent en elles-mêmes un impact important dans la vie personnelle et groupale de l être humain. Les influences culturelles venant de l extérieur peuvent inciter à l imitation et à la transformation des modes de penser et de vivre des hommes, créant de fois une instabilité sociale. Dans le rapport «les signes et manifestations d appartenance religieuse dans les établissements scolaires», OBIN mentionne : «il est impossible de comprendre les comportements au sein d une école sans savoir de quoi est faite la vie familiale et sociale de chaque membre et sans ~ 87 ~

92 Première chapitre. L objet de la recherche comprendre que les faits qui peuvent paraître étranges, graves ou intolérables dans l établissement ne constituent souvent que l écho affaibli de ce qu ils vivent à l extérieur» (2004, p. 9). Dans la société mexicaine ce phénomène est significativement marqué par la conquête qui a changé la culture d origine et les comportements. Pourtant, nous ne pouvons pas non plus rester sur la perception de cette relation ancestrale de l école et la famille, car elles changent jour après jour. Du point de vue de la société mexicaine actuellement, ces deux sphères vivent en cohésion permanente et harmonieuse. Les rapports sont beaucoup moins restreints que dans les pays plus développés où la famille est plutôt hors du système éducatif formel. Les deux structures famille-école, sont deux systèmes qui n agissent pas de manière individuelle. Elles vivent perpétuellement en interaction permanente et en interdépendance. Elles occupent un même rôle pour le même public, mais dans différents contextes. À partir de sa propre structure, la famille mexicaine dispense une éducation souple, diversifiée, individualisée adaptée aux besoins de chacun de ses membres. Cette pédagogie comprend des buts bien spécifiques. La famille n a bien évidemment aucun intérêt à déléguer toute l autorité à l école. Pourtant, force est de constater que l école accomplit aujourd hui une plus grande partie des tâches éducatives autrefois gérées par la famille, mais reconnait ne pas vouloir assumer la prise en charge totale de l éducation de l enfant, jugée trop importante. Étant donné que l existence de l enfant ne peut être liée exclusivement, ni à l école ni à la famille, ces dernières se doivent d entretenir une communication ouverte et continue. Cette union indispensable se passe assez sereinement et naturellement ; elles entretiennent ainsi en permanence des relations plus suivies entre les membres de la communauté éducative : parents, associations de parents d élèves, familles, enseignants et personnel pédagogique et administratif. Il est clair que dans la société mexicaine, l école vit grâce à la famille et cette dernière reprend de la force grâce à l éducation formelle. Unes des conditions à une bonne participation et implication parentales sont le respect et la reconnaissance des enseignants et des parents (communauté éducative). Les personnels administratif ou les enseignants peuvent, chacun en ce qui les concerne, informer ou conseiller les parents en toute tranquillité, ainsi que les questionner par rapport au ~ 88 ~

93 Première chapitre. L objet de la recherche développement des enfants Objet de la recherche Le rôle de chaque membre de la communauté éducative et plus concrètement celui des parents représente un facteur déterminant dans la constitution du parcours scolaire de tout apprenant. Les expériences vécues des parents ont sans doute une influence importante sur leur implication actuelle dans l école de leurs enfants. Ces expériences marquent leur développement et leur comportement face à des situations d éducation formelle auxquelles ils sont directement ou indirectement confrontés. Dès lors que la question principale de cette étude est de savoir : Comment se manifeste l implication parentale au cycle préscolaire dans la ville de Xalapa au Mexique? Pour répondre à cette question, il est nécessaire de définir la manière dont les parents mexicains s impliquent, les rôles qu ils adoptent pour s impliquer, d identifier les actions adoptées par les enseignants pour susciter cette implication et de savoir quels sont les bénéfices liés à cette implication. ~ 89 ~

94 ~ 90 ~ Première chapitre. L objet de la recherche

95 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école CHAPITRE 2 LA PARTICIPATION ET L IMPLICATION PARENTALE À L ÉCOLE Dans la société mexicaine depuis l existence des jardins d enfants, même s ils ont été conçus pour assurer la garde des enfants dont les mères travaillent, les parent ont fait partie activement du processus éducatif. Les influences européennes considéraient la participation des parents comme essentielle, Liées aux idées de FRÖBEL ont favorisé le développement et l intérêt des parents au profit de ce type de formation. Le rôle des parents dans le fonctionnement administratif des établissements scolaires commence à se mettre en place dans la structure scolaire puis l État accorde de l importance à la présence des parents dans les institutions éducatives. La législation prévoit à ce sujet le rôle grandissant que les parents ont comme médiateurs sociaux à l intérieur de ces écoles. Afin d approfondir la participation parentale, une commission de deux institutrices est envoyée aux États-Unis. Elle devait évaluer les techniques éducatives appliquées au sein du «kindergarten» et les rapports avec les parents. Dont ce but est d améliorer l éducation pour les enfants, de stimuler le développement physique et intellectuel des plus petits et de faire participer davantage les parents. Malheureusement, ce n est qu au début de l année 1904, à Mexico, que la méthode de FRÖBEL basée sur les expériences acquises à la maison, dans la communauté et dans la relation avec la nature, se révèle être efficace. 2. Les parents La filiation est l aspect juridique du lien qui rattache un enfant à ses géniteurs. C est en effet la filiation qui donne à une personne ses repères et qui fonde l autorité parentale (CHAILLOU, 1996, p 37). Le terme parent signifie «la personne qui a des liens familiaux plus ou moins étroits avec quelqu'un et qui assume une responsabilité parentale envers les enfants» (LAROUSSE, 1993, p. 747). Les parents ont souvent une relation de consanguinité ou ~ 91 ~

96 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école d alliance avec leur progéniture. Il est à noter que les alliances sont parfois constituées uniquement d attaches affectives. Dans ce dernier cas, lorsque les parents physiques sont absents, un responsable ou un proche est choisi comme tuteur pour assumer les soins, les droits et les devoirs qui constituent l autorité parentale du mineur. Dans la plupart des cas, au Mexique, être tuteur en l absence des parents est une responsabilité confiée aux ascendants du père et/ou de la mère de l enfant. L interprétation du terme «parents» est très vaste, mais la définition prise en compte pendant ce travail est la suivante : les parents sont les responsables directs légalement autorisés à agir au nom d'un mineur. Ou encore les parents sont les personnes qui comme résultat d un engagement et d une responsabilité envers un enfant, assurent sa vie quotidienne. Une de leurs obligations est de fournir une bonne éducation informelle et non scolarisée aux enfants. Ce terme comprend aussi bien, les parents, les beaux-parents ou les parents adoptifs ; de même que les frères et sœurs plus âgés ou les grands-parents ou tout autre membre qui s implique dans l éducation du mineur. En ce qui concerne l éducation formelle (école), les aspects retenus dans cette étude seront centrés plus particulièrement sur la participation et l implication ou l engagement des parents mexicains dans l éducation de leur enfant au cycle préscolaire. 2.1 Définition des concepts de participation et d implication parentale La reconnaissance de l importance de la participation parentale à l école ne date pas de ce siècle. Aujourd hui, nous savons que la définition plus simple de participer c est prendre part aux activités d un groupe (prendre la parole, faire valoir son point de vue, ses idées et ses talents). Pour ST-ARNAUD (2008, p. 161) ce terme désigne les interactions des membres avec une cible commune ou les interactions des membres entres eux. Pourtant, dans chaque école comme dans chaque pays, la participation parentale au sein de l éducation formelle des enfants n est pas toujours la même. Depuis quelques années, nous entendons parler de participation mais aussi ~ 92 ~

97 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école d implication ou d engagement des parents dans l éducation formelle des enfants. C est pourtant clair que participation n est pas forcément implication. Mais que signifie implication ou engagement parental? La définition d implication ou engagement est beaucoup plus large et inclut l action de participer. Ces termes peuvent prendre différentes formes. Il convient donc de préciser que notre analyse se focalise sur l'étude de l'implication ou l engagement parental dans l éducation de leurs enfants préscolaires et non pas uniquement sur la participation des parents. De ce fait, non pouvons passer d une définition générique comme cette du Centre national de ressources textuelles et lexicales (CNRTL, 2009, p. 1) qui définit l implication ou l engagement comme une participation active de l individu, par une option conforme à ses convictions profondes, à la vie sociale, politique, religieuse ou intellectuelle de son temps, à des autres qui sont plus étendus. LEMIEUX mentionne : «chaque fois qu il est utilisé, le mot engagement elle porte une double dimension : d une part, il signifie l insertion d un individu dans un certain ordre social et évoque en conséquence un ensemble de contraintes ; d autre part, il représente un investissement du désir, une part de liberté mobilisée par un objectif tenu à cœur. Au sens le plus élémentaire, s engager consiste à donner sa parole, mettre son énergie au service d un ordre extérieur à soi-même. Cela représente donc une certaine perte d autonomie, une aliénation. Mais c est aussi s investir, inscrire une part de soi-même dans ce qui se présente comme l altérité du monde. Cela renvoie à une irréductible liberté» (2007, p. 1). Ces définitions adaptées au contexte éducatif nous situent dans l idée que l engagement parental, peut se définir comme l investissement des parents en termes d encadrement du travail scolaire à la maison ainsi comme la présence active à l école dans le processus éducatif des enfants. À cet égard, SUI-CHU et WILLMS (1996), ont déterminé l engagement parental à partir de quatre dimensions : la fréquence des moments de discussion à la maison entre parents et enfant, le degré de communication entre la famille et l école, le degré de supervision à la maison et le degré de participation des parents à la vie de l école. Enfin, si impliquer veut dire «envelopper dans», «engager dans» ; car, l implication se nourrit des projets, des idéaux, des croyances qui émanent du plan de vie personnel, celui ~ 93 ~

98 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école qui s implique se donne tout entier et gère son travail comme s il s agissait de sa propre affaire. Nous nous impliquons d autant plus que nous nous sommes construits une représentation de notre propre développement, de celui des autres et de celui de l entourage. En ajoutant cette définition d implication de CLAUDE (2002), nous pouvons conclure que s impliquer et/ou s engager signifie avoir la volonté de s investir librement dans quelque chose qui nous intéresse ou qui provoque chez nous un désir, un objectif à atteindre. 2.2 La participation parentale Les parents sont étroitement associés à la vie de leurs enfants et aux diverses activités auxquelles ils participent dans les différents contextes de la vie quotidienne. Ils sont partie prenante du développement harmonieux de leur descendance. La participation des parents à la scolarité des enfants est Photo 3 (2003) Parents qui participent dans des activités éducatives de leur enfant. Jardin d enfant «Centro Renacimiento» Xalapa, Ver. Mexique. plus ou moins naturelle mais pas nécessairement égale dans tous les cas. Elle peut aller d une simple présence à des réunions mensuelles, à la participation permanente, à la prise de décisions, ainsi qu à l ensemble des activités au sein de l école. De même, dans le cadre des activités extrascolaires (devoirs, visites, excursions ) elle peut aller d une simple présence à un soutien régulier. Dans une définition de sens commun, l action de s impliquer ou de s engager peut se comprendre comme le fait de décider, de manière consciente, d intervenir sur différents problèmes et activités d un tiers. Dans cette étude, il s agira d actions menées par les parents acceptant une responsabilité au sein de l éducation formelle de leur enfant d âge préscolaire. Ce processus conscient inclut le fait de participer. L école, comme la famille, a elle aussi des valeurs, Photo 4 (2003) Parents qui s impliquent au programme «Papás cooperando». Jardin d enfant «Centro Renacimiento» Xalapa, Ver. Mexique. ~ 94 ~

99 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école des principes et des règles précis. La situation de l école aujourd hui est la conséquence d un processus socio-historique, entraînant dans le même mouvement une transformation des réalités scolaires et de l exposition de différentes mesures éducatives engendrées par les différents groupes socioculturels. Cette situation provoque un changement permanent dans la conception éducative de nouvelles générations. Ce progrès motive sans doute l instauration d un système éducatif et une manière différente de faire participer les parents. Le fait que l école grâce à l évolution permanente de la société offre d avantage de possibilités pour inclure les parents dans la vie quotidienne de l école ne la laisse pas s impose comme la première responsable de l éducation informelle des jeunes générations. Sans aucun doute, l école a changé de sens et les finalités nouvelles impliquent des méthodes, des contenus, des pédagogies, des objectifs différents et pour les parents les obligés de s impliquer davantage. Dès lors, le thème central de cette partie de la thèse est la participation parentale à l école puis les relations de respect et de confiance entre les membres de la communauté éducative. Reconnaître les différences de chaque membre et adopter une philosophie de travail coopératif et d équipe sont des outils indispensables pour la réussite éducative des écoles et des enfants. Ce chapitre documente les aspects théoriques et les impacts de la participation et l implication des parents en milieu scolaire car, au Mexique jusqu à présent, la recherche d alternatives se poursuit, afin d améliorer les liens déjà établis entre ces différents contextes sociaux, la famille et l école. De même que la participation et l engagement des parents changent, les attentes des parents sont aussi en constante évolution. Cela nous amène à regarder différemment les liens entre l école et la famille et le rôle que chaque membre joue au sein de l institution éducative face au processus éducatif des enfants. C est en participant à la vie scolaire que les parents fournissent l énergie dont les enfants ont besoin pour se développer harmonieusement ainsi qu à l école pour qu elle puisse bien fonctionner. En outre, bien que la participation soit importante il faut savoir s impliquer ou s engager pour atteindre les objectifs. Lors de la première scolarisation, de nouvelles expériences sont vécues et des connaissances commencent à être assimilées par les enfants. En conséquence, l intégration d un parcours scolaire commence à avoir lieu pour chaque élève. De même, la relation avec tous les intervenants concernés entraîne aussi des répercussions positives et/ou négatives qui marqueront leur vie. Plus tard, elles influeront la manière dont chaque famille participera et s impliquera ou s engagera dans la scolarisation de leur enfant. Cela suggère que le vécu des ~ 95 ~

100 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école parents peut être considéré comme une composante essentielle de leur attitude envers l éducation. 2.3 Différents niveaux de participation La famille forme, l école transforme en fonction de la société. Par contre, le premier droit à assumer par les parents, face à l insertion scolaire de leur enfant, même si elle est obligatoire, est le choix de l école. En contrepartie, la loi oblige l État à fournir les locaux scolaires et les moyens de fonctionnement des écoles publiques d éducation de base (l éducation préscolaire, l éducation primaire et le collège). La culture académique, souvent jugée trop abstraite, exige des efforts dont on ne sait pas s ils seront récompensés mais dont on voit bien ce qu ils coûtent de renoncements à l enfance dans la convivialité avec ses semblables. En 1981, un second programme pédagogique est mis en place. Il est basé sur une conception psychogénétique du développement infantile. Sa priorité est l épanouissement affectif, social, la fonction symbolique, les pré-opérations logicomathématiques et la construction des opérations infra-logiques. La dynamique existante a appuyé en faveur de la mise en place d un nouveau programme éducatif, onze ans plus tard. Vivre ensemble à l école, ce n est pas seulement y affirmer un mode de présence susceptible de respecter l identité et la dignité de chacun, y importer des pans d une vie privée salvatrice et y réduire les interventions publiques à l affirmation d une solidarité de principe entre pairs. Le PEP 92 (programme d éducation préscolaire) s impose basé sur des idées de PIAGET, une conception globalisatrice du curriculum et une méthodologie fondée sur le principe du travail de projet et de stratégies ludiques. Programme en faveur du jeu, de développement harmonieux de l être humain à travers la socialisation et la reconnaissance de toutes ses capacités. Le 5 mars 1993 pour la cinquième fois est reformée la Constitution Politique des États-Unis Mexicains, à cette occasion deux niveaux éducatifs sont inclus dans le texte : le jardin d enfants et le collège. Ce dernier devient obligatoire (PODER EJECUTIVO FEDERAL, 1993, p. 2-3) (Traduction libre de l auteur). Selon MONTANDON et PERRENOUD «il existe un débat social sur les relations familleécole qui est en soi un objet d analyse et dont les enjeux l information, la participation, la possibilité de négocier-mobilisent la société pour la tenir en changement permanent et toujours adaptée a ses besoins» (1994, p. 17). Dans ce contexte il est indispensable d expliquer comment et pourquoi se développe le binôme école-famille. Ce couple, dans ~ 96 ~

101 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école l éducation préscolaire contemporaine mexicaine est, dans un contexte historique et institutionnel, une tradition sociale très ancienne. L application des règles législatives mexicaines souligne l importance de la collaboration entre les parents et l école. Implicitement, dès la naissance de la Constitution, des réformes et changements se sont développés dans le cadre éducatif afin de responsabiliser la société à l éducation infantile. C est à ce titre que, dans l article 3 incise C, se cite : «l éducation contribuera à une meilleure relation humaine afin de réaffirmer chez l étudiant, avec l appréciation de la dignité de l être humain et l intégrité de la famille, la conviction de l intérêt de la société, et les idées de fraternité et égalité des droits de l homme, en évitant les privilèges de race, de religion ou de sexe» (PODER EJECUTIVO FEDERAL, 2007, p. 1) (Traduction libre de l auteur). Selon ce principe, les différents contextes doivent suivre de près la formation des nouvelles générations. Selon la hiérarchie législative à suivre, après la Constitution, le Programme de développement national mexicain incite à la collaboration, entre les différents membres de chaque communauté éducative, à travers un dialogue permanent dérivé des propositions, fonctionnement et résultats à obtenir dans l éducation formelle. Le fait de rapprocher les parents des institutions éducatives ou vice-versa est toujours basé sur le principe de travail coopératif et en équipe en dehors et au sein des centres d éducation formelle. Dans cette sorte d idées, SCHMELKES (1993), au Mexique, confirme que «l'importance du travail pédagogique avec les parents est un champ largement dispersé et indéfini dont le but original est de développer les capacités des parents à favoriser le développement intégral des enfants» (cité dans YUNES WATTY, 2003, p. 74). Par ailleurs, POURTOIS dans son article intitulé Relations famille-écoles, cite que : «l école doit, adapter son discours et ses pratiques à la diversité des situations familiales, accepter d avoir affaire à des enfants différents, à des parents différents, et à des tiers, répondre à de nouveaux besoins, composer avec l influence d autres lieux éducatifs, mieux gérer les différences : tels sont les différents défis d ajustement lancés aux écoles par les changements survenus au sein des familles»(2007, p. 10). Tel que l indique le dossier «Équité et éducation inclusive dans les écoles de ~ 97 ~

102 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école l Ontario. Lignes directrices pour l élaboration et la mise en œuvre de politiques» (Ministère d Éducation de l Ontario, 2009) l un des rôles essentiels des enseignants c est d aider les parents à se sentir impliqués avec un sentiment d être des partenaires éducatifs importants, qu ils se sentent acteurs dans la scolarité (évaluation, promotion, orientation) de leur enfant, qu ils se sentent aussi les bienvenus et reconnus comme partenaires éducatifs. Lorsque ces sentiments sont adoptés par les parents, leur participation et implication viendra toute seule. Nonobstant, le partenariat doit être bien délimité en marquant la division entre les aspects dans lesquels les parents peuvent intervenir ou non. MOURAUX (2006) (cité dans HOUSSONLOGE, 2008, p. 6), dit que cela signifie pour les parents ne pas s ingérer dans le fonctionnement de l école et pour l école, de ne pas vouloir éduquer les parents. La loi actuelle mexicaine affirme que les aspects pédagogiques sont réservés dans sa totalité aux enseignants. Enfin, si la participation à l école concerne la contribution des tous les membres de la communauté éducative au fonctionnement scolaire, il est clair que la participation parentale à la vie préscolaire peut se faire de nombreuses façons. Pour commencer, dans les jardins d enfants mexicains, les activités pour faire participer la famille sont très nombreuses et elles demandent un investissement différent de la part des parents. Elles peuvent aller d un simple passage les lundis pour faire l hommage aux symboles de la patrie comme inviter les parents à participer à toute une journée de travail. Elles peuvent être regroupées dans des actions communicatives ou dans des actions participatives. Les activités communicatives ont pour intérêt de favoriser la communication parents-enfants, parents-enseignants, parents-enfantsenseignants à propos de questions scolaires, des activités, de développement de l enfant, etc. Par contre, les activités participatives impliquent un investissement des parents en termes d encadrement et de soutien du travail scolaire, soit en dehors de l école, soit à domicile (supervision des devoirs à domicile, aide à la récitation des leçons, recherche documentaire, ), soit au sein du jardin d enfants (activités sociales, civiques ; artistiques, démonstrations d éducation physique, ). Entre les activités communicatives et les contextes participatifs, le degré d engagement parental est, par conséquence, varié. Deux types d investissement, un primaire et un secondaire, peuvent être perçus comme des activités participatives. L un se limite à la simple présence des parents dans les activités et un autre qui implique forcément leur engagement. C est précisément ce deuxième type d engagement, directement dépendant des relations école-famille, qui fait l objet d étude de cette thèse. ~ 98 ~

103 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école 2.4 Modèles de participation La revue des écrits sur le sujet conduit à identifier divers modèles pour analyser les relations entre les familles, l école et la communauté existante. Chacun se focalise sur un aspect précis. Forcément les uns se sont inspirés des autres et certains sont complémentaires entre eux. Le modèle de partenariat de DUNST et ses collaborateurs «considèrent la prédisposition et la communication liées à des actions précises, des aspects essentiels pour une bonne collaboration école-famille» (Cité dans DUNST, 2002, p.140) (Traduction libre de l auteur). RIMM-KAUFMAN et PIANTA ont développé le modèle écologique et dynamique. Ceci essaye d étudier le mouvement dans les relations interpersonnelles entre les différents contextes auxquels l enfant est confronté afin de mieux comprendre son adaptation à l école (Cité dans LOISELLE, LAFORTUNE et ROUSSEAU, 2006, p.189). Par ailleurs, il existe un autre modèle celui du processus de la participation parentale de HOOVER-DEMPSEY et SANDLER (1995) il préconise l étude des raisons qui motivent les parents à décider de s investir ou non. Le modèle de l influence partagée d EPSTEIN qui reprend quelques éléments du modèle écosystémique de BRONFENBRENNER (1994, p. 38). Ce dernier considère le développement humain comme fonction de l interaction progressive et réciproque entre la personne et son milieu (environnement). Par contre, EPSTEIN (1995) et EPSTEIN et ses collaborateurs (1997) à travers leur modèle mettent en évidence la participation parentale comme la résultante d une dynamique et un influence partagée école-famille. Dans son optique, elle identifie six types d implication nécessaires pour caractériser les relations de collaboration école-famille (Cité dans SANDERS, EPSTEIN et CONNORS-TADROS, 1999, p. 3). Ces six types de participation parentale ont été traduits par DESLANDES comme : «Rôle : Aider les familles dans l exercice du rôle parental, relativement aux habiletés parentales, à la compréhension du développement de l enfant et de l adolescent, à l établissement de conditions familiales qui soutiennent les enfants comme élèves à tous les âges et à tous les niveaux scolaires. Aider les écoles à comprendre les familles. Communication : Communiquer avec les familles au sujet des programmes scolaires et des progrès des élèves par des communications efficaces entre l école et la maison et vice-versa. Bénévolat : Améliorer le recrutement, la formation, le travail et les horaires pour impliquer les familles comme bénévoles et à titre d audience à l école ou dans ~ 99 ~

104 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école d autres endroits pour soutenir les élèves et les programmes scolaires. Apprentissage à la maison : Impliquer les familles auprès de leurs enfants dans des activités d apprentissage à la maison, incluant les devoirs et d autres activités et prises de décision reliées aux programmes d étude. Prise de décision : Inclure les familles comme participants dans les prises de décision à l école, dans l administration et la promotion de l éducation par l intermédiaire d associations, de conseils d établissement, de comités, de groupes d action et d autres organisations parentales. Collaboration avec la communauté : Coordonner les ressources et les services offerts aux élèves, aux familles et à l école avec les entreprises, les agences, et d autres groupes et assurer les services à la communauté» (Cité dans EPSTEIN, p. 4). 2.5 Facteurs influençant la participation des parents Depuis toujours, l institution familiale est l élément primordial de la société mexicaine, métisse et autochtone, tout en entrant dans une phase de transition historique qui se développe en parallèle à l évolution sociale, économique et politique du pays. Jusqu à présent son pouvoir à travers divers bouleversements (colonisation, crises économiques, révolution, effets liés à l immigration et à l émigration, à l impact des médias, aux nouveaux modes de consommation ) a survécu. Avant la conquête, depuis la colonisation et jusqu à nos jours au Mexique, l importance de la participation parentale perdure ainsi que les actions menées pour préserver la famille au sein de l éducation scolarisée des enfants. Il est évident que, la typologie et le mode de vie de la famille mexicaine sont similaires à ceux des autres sociétés mais certains aspects marquent sa différence et sa manière de s impliquer dans l éducation des enfants. Du même, le rôle des parents dans l éducation formelle des plus jeunes, est différent des autres sociétés. Comme nous l'avons déjà vu, la reconnaissance de la participation parentale au sein de l école dans la société mexicaine est importante. Cette relation incite à la promulgation de lois, ainsi qu à l encouragement de la présence de membres extérieurs au sein des institutions éducatives sur la forme de «communautés éducatives et les associations de parents d école ou d élèves» (SÉCRETARÎA DEL DISTRITO FEDERAL, 2010, p. 4). La participation et l engagement de parents mexicains dans l éducation de leurs ~ 100 ~

105 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école enfants s explique à partir de facteurs internes ou personnels et de facteurs externes liés a l environnement social. D une part, la motivation intrinsèque, les valeurs, les croyances, les expériences vécues ainsi que les causes attribuées aux échecs et réussites passées et les attentes de chacun comme facteurs internes et personnels, associés aux facteurs externes, supposent des transformations de l implication parentale à l école. D autre part, les caractéristiques d ordre culturel, familial et social comme facteurs externes sont multiples. Bien qu il existe donc un grand nombre de facteurs ayant un impact sur les enfants et leur processus éducatif, la présente étude n ont pas en mesure d identifier toutes ces facteurs qui ont fait l objet des diverses recherches de la part d autres chercheurs. Par contre, les aspects qui ont retenu le plus notre attention sont les facteurs culturels, familiaux et les personnels Facteurs culturels Il est évident, que chaque société a ses propres valeurs, sa propre culture, sa propre manière de soutenir les enfants, mais pour chaque parent ces aspects sont interprétés et vécus d une façon unique. Pour sauvegarder une société, la transmission orale ou écrite d une génération à l autre doit se dérouler quotidiennement. Dans chaque contexte géodémographique nous voyons émerger la notion de culture (coutumes), ainsi que celle d une organisation et d une trajectoire en plein changement. Dans chaque contexte les coutumes protègent l être humain de l inconnu, tandis que les dynamiques de peuplement évoquent des effets permanents d évolution dans la composition et le comportement, la division et la structure sociale et familiale, dans la participation et l implication parentale à l école. De la famille à l école ou vice-versa, la question ne se limite pas seulement à la forme mais aussi au fond. Lorsque nous évoquons l importance de la famille au sein de l école dans cette société, nous pensons sans nul doute à certains aspects culturels qui ont marqué son évolution. DUREAU, GOUËSET et MESCLIER (2006) ont mené une étude longitudinale sur le peuplement et l organisation sociale du Mexique, ils ont conclu que, grâce à la famille, les traditions culturelles sont transmises de génération en génération, ce qui a permis à cette cellule sociale de continuer à être un pilier essentiel de développement national. La valeur accordée à la participation parentale et sociale dans le développement des enfants mais surtout au sein de l école dépasse toute barrière sociale. Tel héritage d implication parentale est assuré par la famille, par le cadre scolaire et par la société. En premier lieu, dans la culture ~ 101 ~

106 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école mexicaine, certaines connaissances, compétences et normes sont transmises grâce aux processus denses de socialisation développés dans les différentes structures. Même avant la découverte, par les espagnols, de ce pays, chez les Aztèques, par exemple, la cellule sociale de base éduquait les enfants en bas âge dans trois centres éducatifs : le TELPOZCHALLI, le CALMECAC et le CUICACALLI, centres qui faisaient partie intégrante de leur vie quotidienne. Ces centres étaient constitués sur le même modèle que les écoles, se consacrant à l apprentissage spécifique de certains aspects nécessaires à la croissance culturelle de leur peuple. L un des objectifs plus importants était d enrichir les enfants en leur proposant les meilleures alternatives pour un développement harmonieux de leurs capacités et de leurs potentialités personnelles. Le second point, était de promouvoir les techniques de guerre, l astronomie, l astrologie, l instruction, la religion, l histoire, la lecture, l écriture et le calcul. Et enfin, le troisième et dernier volet consistait à l apprentissage artistique et la musique. Dans chacune de civilisations préhispaniques, le rôle social et familial dans les formations formelles et informelles était fondamental. Leur objectif principal était de développer chez les enfants des compétences de base essentielles visant à faciliter leur épanouissement tout au cours de leur vie, à favoriser la consolidation des aptitudes de bases relatives à la vie en communauté et au travail ainsi que le développement des valeurs et attitudes à observer en société pour une coexistence sociale convenable et responsable. Enfin, ces apprentissages stimulaient l évolution des compétences personnelles au sein des tâches familiales et sociales, en s appuyant sur les connaissances et expériences des plus anciennes et sur les besoins contextuels. Ces principes constituaient le parcours d une génération et la base éducative d une autre. Depuis suite à la propre dynamique sociale, un grand nombre des parents continuent à s investir dans le suivi de la scolarité de leurs enfants, et ils font preuve d un fort attachement à leur développement harmonieux à l intérieur et en dehors de l école. Cependant, malgré l importance de cette pratique, l évolution envers le capitalisme est associée à une implication parentale moins significative. Évidement, la culture mexicaine est très riche et vaste en ce qui concerne l implication parentale à l école, mais de nombreuses études dans des autres pays, invitent à faire participer les parents. Aux États-Unis, HOHMANN et WEIKART (1995) demandent aux enseignants à valoriser les divers styles culturels et les traditions de chacun de leurs élèves, puisque cette diversité offre différents avantages dans les classes. Ils motivent aussi les enseignants à tenir compte de : ~ 102 ~

107 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école Tout ce que l'enfant dit de sa famille, Les différentes manières de vivre des parents, Observer tout ce qui est positif chez l autre : parents, enfants, collègues, autres adultes, La manière dont l'enfant utilise son énergie pour améliorer son apprentissage et développement (Traduction libre de l auteur). Au Canada, FULLAN (cité dans YUNES WATTY, 2003, p. 62) remarque que «les décisions éducatives au sujet de la nature de la participation des parents devraient pendre en considération les différences culturelles, ethniques, de classe sociale et les différences d'âge et de sexe des élèves». À son tour, SALILI, CHIU et LAI (2001), suite à la réalisation d une étude multiculturelle entre deux groups d étudiants occidentaux et un d étudiants chinois qui suivaient leurs cours universitaires à l étranger, ont signalé que les valeurs et les pratiques culturelles influencent la motivation et la réussite scolaire. Les étudiants chinois ont montré des niveaux de motivation plus élevée en ce qui concerne le suivi des cours et la réussite universitaire par rapports aux autres. Aussi CHEN (2001), a prouvé dans une étude qui visé à comparer trois groupes culturels en fonction des attentes des parents sur les performances en science de leurs collégiens qui a prouvé que, les écarts éducatifs sont le reflet de différences culturelles, de valeurs transmises et de comportements de chaque groupe ethnique. Par ailleurs, une étude préparée pour la Direction générale Éducation et Culture de la Commission européenne : «Met en évidence l influence de la culture sur le développement de nouveaux produits et services mais également son impact positif sur l innovation technologique, la recherche, l'optimisation des ressources humaines, le positionnement des marques, la communication de valeurs, l'éducation et la formation ainsi que le renforcement du lien social» (2009, p. 4). En France, RÉNÉ et HARDY (2008) ont essayé de comprendre l influence de la culture sur le travail collectif à distance sur le fonctionnement du groupe. Elles ont trouvé que les valeurs culturelles des étudiants chinois et ouest-africains, telles que le rapport au temps, à la hiérarchie ou à l écrit agissaient sur la réussite du projet collectif. Ce succès a été aussi encouragé par le fait que l esprit de promotion et d harmonie, le respect des enseignants étaient des valeurs communes aux étudiants chinois et africains. ~ 103 ~

108 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école Transmission sociale et héritage du passé Au quotidien, la société et surtout les parents enseignent : la solidarité, la convivialité, la disponibilité et le soutien, la manière de s impliquer, et d autres valeurs qui déterminent les différents types de participation parentale. De cette manière la culture se préserve ainsi que le rôle implicite de la famille à l école. Comme l affirment CHAUVIERE et MESSU (2003), la solidarité n est pas un concept qui englobe plusieurs usages mais c est aussi une valeur essentielle de la tradition mexicaine. Une famille solidaire fait face aux différents problèmes qui peuvent surgir, même envers des êtres dissociés - géographiquement, socialement, culturellement leur apporte des outils divers pour mieux les résoudre. Cette solidarité s exerce selon les caractéristiques propres à chaque être humain et à l école, elle se perçoit à travers de la manière de participer ou de s impliquer des parents. De même que dans la famille, pour d autres contextes, la solidarité entre les sexes et les générations sont déterminés par les rôles sociaux, que les personnes imposent à leur entourage. En règle générale, à la maison ou ailleurs, la femme mexicaine soutient ses enfants, son mari et ses parents jour et nuit. Dans la joie ou la tristesse des proches et/ou d autrui, la fille, la mère, l épouse, l amie sont toujours présentes. Par contre, les hommes s impliquent d avantage dans des situations économiques, etc. Les grands parents sont toujours disponibles pour garder les petits enfants, les récupérer à l école et veiller sur eux jusqu au retour des parents. En conséquence, le principe familial se voit investi et réinvesti d un pouvoir beaucoup plus effectif de protection des individus qui en ont besoin. Grâce à cette participation ou implication, une plus grande convivialité et une meilleure communication s instaurent au sein de toutes les familles. Ce n est pas un hasard si la famille mexicaine est si importante dans le processus de socialisation. Dans le cas concret du Mexique, à l arrivée des colonisateurs espagnols, le port de Veracruz a favorisé l introduction d un nouveau groupe humain ; ce qui a provoqué une rupture sociale agressive dans la structure sociale existante (NEWSON, 2006). Une concentration des pouvoirs commence à réunir toutes les composantes naturelles, humaines et économiques de la région. La richesse naturelle et l accroissement de la population sont interdépendants et encouragent l affluence de besoins différents dans tous les secteurs des populations (habitat, éducation, santé, alimentation, religion ). Dans les villes, le besoin humain de rester en contact constant favorise un ordre social généralisé. Même si la population d origine ne répond pas aux besoins d une société moderne dans les grandes agglomérations et même si elle est forcée de suivre la dynamique imposée par la culture ~ 104 ~

109 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école dominante, elle commence à être de plus en plus respectée et valorisée par ses différences culturelles et ses traditions qui font partie de la vie populaire locale (la fête des morts, la «rama», el «viejo», la nourriture ). À cet égard, une nouvelle dimension démographique, politique et sociale ouvre la porte à la synthèse de l authentique Mexicain et de l authentique Veracruzain, différent des populations des autres états. La particularité de chacun de ces groupes régionaux adopte une psychologie commune à la culture dominante ajoutée à la culture de la région. Dans cette diversité culturelle, des valeurs précises sont en adéquation avec des besoins nouveaux qui correspondent à la volonté d épanouissement, à une meilleure qualité de vie et surtout à la préservation de la famille. Situation qui provoque une intensification et une complexification de la structure sociale et familiale. Systématiquement, une attitude nous amène à une autre, à plus d implication, plus de contact et de cohésion sociale. Le contact social, indispensable pour tous les Mexicains, favorise la solidarité, la participation sociale et l implication dans des situations totalement étrangères à la vie quotidienne. Parler dans l autobus, dans les magasins, partager la nourriture avec des collègues, discuter pendant les repas avec des inconnus ainsi que participer aux soirées entre amis pour le plaisir de se socialiser. Ainsi qu apprendre à gérer les différentes personnalités autant qu exprimer la tristesse ou la joie, parler de la quotidienneté de la vie ou aborder des sujets personnels sont autant de facteurs qui ont d énormes répercussions, des changements et des écarts importants dans la division sociale L influence prépondérante de la religion Nous ne pouvons pas isoler la religion de l éducation formelle et informelle mexicaine toujours basée sur le principe de formation de citoyens libres qui constitueront une nouvelle nation. À cet égard, DUBREUCQ (2004) affirme «qu il faut éduquer les personnes sans renoncer à en cultiver la spiritualité, puisque le cœur, et non la raison, est chargé de fournir à l éducation son énergie» (p.224). Aujourd hui, la religion n est plus pratiquée par la totalité de la population mexicaine et la liberté de croyance est admise. Chacun est libre de choisir ou de se convertir à n importe quelle religion et de croire à ce qu il veut. Cependant, les principes moraux et les enseignements scolaires mexicains sont encore basés sur la religion. Dans un premier temps, nous sommes obligés de reconnaître que l évolution vécue par la société mexicaine est la conséquence des fortes croyances et traditions autochtones qui ~ 105 ~

110 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école prônent l acceptation de la religion catholique. SOUSTELLE (1955) précise que, la société mexicaine a depuis toujours réglé ses modes de vie à partir de la religion : la pluie, l abondance des récoltes, l alternance du jour et de la nuit, la mort, les maladies, sont attribuées aux divinités. LEJEAL (1904, p. 397), confirme que la multiplicité des dieux et leur culte quotidien, chez les peuples autochtones, était un phénomène aussi fréquent que dans l ancienne religion romaine. En plus, SOUSTELLE (1959) décrit dans une partie de son ouvrage comment les différents rôles dans le rituel religieux sont déterminés pour chaque membre de la famille : la femme pour la préparation des repas, les hommes pour la fabrication des boissons alcoolisées et pour la participation aux cultes. Dès l arrivée des premiers missionnaires, bien que se coutumes précolombiennes n'aient pas totalement disparu, elles se transforment. Subséquemment, les expériences en matière éducative et religieuse suite à la guerre d Independence, la lutte contre les maladies constituent selon les indigènes des manifestations de la réalisation de la prophétie annonçant le retour de Quetzalcóatl (ENCARTA, 1993, p. 2). Ainsi, les anciens dieux commencent à perdre leur pouvoir, laissant à la nouvelle religion et au Dieu chrétien la place vacante a travers les cultes et l éducation formelle et informelle (TANCK DE ESTRADA, 1999). L identification collective par une implication plus active dans les familles, est acceptée par les parents. Ces derniers commencent à éduquer, en s appuyant sur la nécessité d une puissance surnaturelle et parfaite, et d un humanisme basé sur la spiritualité et le progrès. Situation qui engage une lutte culturelle silencieuse en faveur du christianisme et une reprisse des valeurs morales occidentales et des traditions autochtones pour faire face à des besoins ultimes du monothéisme. Les familles appliquent ces valeurs acquises, et l éducation formelle progresse grâce à «la nécessité de nommer l enseignement pour faire apprendre le castillan aux autochtones volontaires» (GONZALBO AIZPURU, 1990) et à l idée que la pratique éducative rend les peuples plus libres et tolérants les uns envers les autres. Bien que l Église, obtienne le droit d ouvrir elle-même ses écoles (PINTADO CORTINA, 2004), elles sont financées par les parents, la commune ou la paroisse (TANCK DE ESTRADA, 1999). LES valeurs inculquées ont pour objectif principal de forger l image et l estime de soi, les besoins, les perceptions, les émotions et la mémoire collective. Tout cela bien entendu, basé sur la morale et l honnêteté. Dans un deuxième temps, le mélange d idées et de concepts si différents et si éloignés d une culture à l autre donne naissance à un nouveau système mixte de conception des croyances, comme GALARZA (1992), l indique. En plus, cette redécouverte de ce répertoire de symboles et d images sacrées pendant la colonisation deviennent une alternative sociale et ~ 106 ~

111 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école facilite la soumission culturelle des autochtones (CLIO, 2007). Puis, «entre 1524 et 1536, ils seront plus de 5 millions d'indiens à être convertis par les seuls franciscains. Dès la prise de Mexico par Cortès. Il fallait détruire les traces du passé pour bâtir un nouveau pays, des églises sur les temples. En conséquence, la religion catholique au Mexique comme dans beaucoup de pays a connu une restructuration grâce au mélange culturel lié aux traditions autochtones existantes» (Cité dans TAXCO DE ALARCÓN ET L'ÉGLISE SANTA- PRISCA (GUERRERO), 2007, p. 1). De cette manière, au Mexique, le métissage culturel trouve une parfaite application dans la religion, dominée par le catholicisme qui s imposé dans des nombreuses fêtes et dans divers rites religieux, sociales, familiaux, scolaires et éducatifs. Dans un troisième temps, l intérêt de séparation de la sphère publique de la sphère privée religieuse devient une réalité. En 1857, l importance de la religion dans la vie quotidienne et dans l éducation formelle c est importante que JUAREZ, avec les «lois de réforme» aboli les privilèges de l église et constate, la séparation de l Église et l État et l affirmation d avoir une éducation libre et laïque (cité dans INSTITUTO DE INVESTIGACIONES JURÍDICAS, 1877, p. 390) (Traduction libre de l auteur). Malgré cette promulgation, le catholicisme fait partie intégrante des coutumes et du mode de vie populaire. Mais, petit à petit, la valeur sociale accordée à l éducation religieuse perd son statut en dépit de la forte influence de l Église qui se manifeste partout. Par exemple, la Constitution promulgué en 1917 établi des garanties individuelles qui octroient des droits sociaux ainsi que le droit à une éducation laïque et gratuite aussi également la liberté de croyance et d expression. En 1934, le Programme de développement national fait référence au fait d avoir une éducation gratuite qui distingue la religion de la scolarisation et le principe de laïcité est repris, par le programme du PNR (Parti National Révolutionnaire). Cette idée éducative est la première réforme à l article 3 de la Constitution qui se proclame «en faveur d une éducation socialiste, hors de toute doctrine religieuse, (iv) l éducation primaire sera obligatoire et l État la donnera gratuitement» (PODER EJECUTIVO FEDERAL, 1934, pp ) (Traduction libre de l auteur). Ce principe obligatoire impose aux parents à accepter des nouvelles compétences pour former leur enfant, les enseignants. Ainsi le pouvoir restreint de l église fait reprend de l importance à la famille, même si certaines valeurs verticales sont dans d autres contextes (le voisinage, les associations, le groupe de camarades), la famille reste la base. Dès lors, entre ~ 107 ~

112 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école les enseignants et les parents un lien indissociable s établi. Ces deux institutions liées à un renouveau intellectuel et politique et alliées à la forte motivation d intégrer des valeurs nouvelles, se révèlent être excellentes. Par ailleurs, les enfants apprennent le catéchisme et les parents s impliquent davantage et différemment dans la vie des enfants, même si implicitement ils continuent à suivre le modèle religieux. Cependant, la tradition pré-imposée favorise le fait que la religion au sein du processus éducatif est un de ses meilleurs alliés, même si dans les écoles publiques ne se dispense une éducation religieuse. Dans un quatrième temps, bien que l adhésion à la religion et l obéissance aux valeurs imposées essentiellement à travers l éducation, démontrent que ce pays n est pas uniquement gouverné par l État, l existence de plusieurs paradoxes éducatifs et familiaux, prouvent le contraire. Aujourd hui, comme ESTIVALÈZES (2003) le confirme dans «Le Projet de programme et de budget de l UNESCO», la société possède de nombreuses expressions culturelles et artistiques et la religion est fortement présente dans de nombreuses actions éducatives et sociales. En dépit d une forte volonté d abolir la transmission religieuse dans le système scolaire mexicain, nous pouvons percevoir certains signes et manifestations religieuses. Il est clair que les références religieuses sont omniprésentes au Mexique et portent encore les traces d un passé profondément chrétien car 90% de sa population se déclare catholique et pratiquants. Enfin, même s il est vrai que la religion a perdu beaucoup de pouvoir sur les nouvelles générations, la valeur accordée aux pratiques religieuses dans la vie quotidienne est toujours d actualité. Certaines le sont par tradition, d autres par conviction, mais la pratique religieuse fait toujours partie intégrante de leur mode de vie. À vrai dire, ce n est pas la croyance seule qui alimente la force religieuse de ce peuple, c est aussi le respect, la pratique, l intégration de la religion à la vie quotidienne, le rôle que chacun assume face à elle et l importance que toute la société lui accorde. La fusion culturelle entre croyance et vie quotidienne est symbolisée par la Vierge de Guadalupe qui est reconnue comme la mère protectrice des espagnols, métis et indigènes. Ce dernier étant représenté par l Indien Juan Diego. C est la Vierge, figure maternelle, qui renforce l image de la mère en tant qu amoureuse, gardienne de la famille ; fragile mais toujours à l écoute, et qui permet d accepter plus facilement l idée que l être humain a deux mères, une biologique et une autre spirituelle. D une part, si nous acceptons comme précepte l affirmation de DAUZIER (2004) selon laquelle «les Mexicains sont des enfants», nous pouvons facilement comprendre qu il est facile de devenir dépendant de quelqu un et l église, elle, l a bien compris. Elle a fait ~ 108 ~

113 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école alliance avec le peuple, avec la famille, et surtout avec les femmes pour propager jusqu à nos jours l idée que la foi soulage tous les maux comme une mère console et protège sa progéniture, moyen efficace pour créer un besoin et augmenter ainsi le pouvoir de la religion. Chez les adultes tout comme chez les enfants, la dépendance aux croyances religieuses est comparable à la dépendance familiale et cette dépendance détermine l importance de la participation et l implication de la famille dans l éducation formelle et informelle des nouvelles générations. Un dernier aspect de l influence religieuse dans l implication parentale à l école et dans la vie quotidienne de la famille mexicaine, est palpable dans les activités sociales même au sein de l école. Tels que les représentations folkloriques, le culte des morts, les saints patrons des villes, la vénération de la Vierge de Guadalupe, les fêtes de Pâques où la religion chrétienne côtoie la tradition autochtone. Par ailleurs, les écoles privées catholiques sont reconnues officiellement et sont la preuve que la religion conserve malgré tout, une place privilégiée dans la société. Ces institutions sont réputées pour les avantages précis qu elles apportent, notamment dans les contenus des programmes et les normes de comportement. Les parents sous l influence de leur propre parcours scolaire préconisent l assiduité dans ces types d écoles. Il est évident que, même si les parents mexicains vivent et pratiquent la religion avec un regard plus libre, la religion continue à influencer la vie familiale et le type de participation parentale au suivre dans le développement des enfants et la vie en société. Enfin, même si nous ayons évoqué la religion comme d un aspect fondamental de la culture mexicaine, cette étude ne porte pas sur la religion en tant que telle. Le sujet de la religion comme nous l entendons dans cette recherche est abordé pour montrer la forte emprise qu elle a sur la vie quotidienne et éducative des Mexicains, y compris sur de nombreux aspects relatifs à la famille qui touchent les groupes étudiés Facteurs familiaux Les familles n ont pas les mêmes ressources et possibilités pour accompagner de la même manière l éducation formelle de leur progéniture. Certaines circonstances peuvent freiner ou favoriser la participation et l engagement parental, tel que l affirme le Pape, Jean Paul II (1994) reléguer la famille «à un rôle subalterne et secondaire, en l écartant de la ~ 109 ~

114 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école place qui lui revient dans la société signifie causer un grave dommage à la croissance authentique du corps social tout entier». Une attention particulière doit être accordée au lien existant entre la diversité familiale et la participation parentale à l école, en sachant qu un grand nombre de recherche a déjà porté sur certains aspects familiaux qui exercent une influence positive ou négative sur les apprentissages. Ces variables se regroupent en trois catégories : les caractéristiques sociodémographiques de la famille, le style parental et la participation parentale à l école. LIZAMA SYLVA et CURLEY (2004) affirment que pour le peuple maya, «le mariage avait la fonction de maintenir et de renforcer les liens à l intérieur de la famille, l aide mutuelle et la bonne administration des ressources économiques du groupe» (Traduction libre de l auteur). Nous observons des changements de mentalité, de normes et de valeurs, ce qui renouvelle en permanence le processus de socialisation. C est par le biais de ce processus que les individus s'approprient la culture, les valeurs, les normes et les règles de comportement qui prévalent dans la société où ils vivent. La famille a toujours été le principal acteur de l'intégration sociale de l être humain. Ce processus désigne la situation d'un individu qui est en interaction avec les autres groupes ou personnes, et qui partage avec eux les valeurs et les normes de l entourage auquel il appartient. Connaître le rôle social des familles mexicaines et, plus particulièrement, de celles qui ont participé à cette étude est important, mais chaque famille est déterminée par un contexte culturel. La culture mexicaine est le résultat d'un mélange de civilisations précolombiennes et hispaniques auxquelles se sont ajoutées les influences d autres pays, en particulier celles des États-Unis et de la Colombie. Aujourd hui, le Mexique est un pays rempli de mystères, de légendes, rendu encore plus attractif par la persistance de ses cultures autochtones. Il est donc impossible de comprendre la participation et l action de s impliquer chez les parents sans prendre en considération le fonctionnement de la famille mexicaine contemporaine et son évolution qui est étroitement liée à la constitution du pays, aux cultures d origine, à la présence espagnole et à la religion chrétienne. D autre part, la représentation sociale du concept de mère est contradictoire car, la mère (fille, sœur, amie) présente une dualité au sein de la société mexicaine. Nous constatons que dans le langage quotidien, les pires insultes comme les plus douces manifestations d amour et de respect font régulièrement référence à la mère. La mère qui est le centre et le pilier principal qui maintient l unité de la famille, se réfugie dans la religion, plus précisément auprès de la Vierge de Guadalupe, à qui elle confie toutes ses angoisses et celles de ses proches. Cette recherche de soutien est dans la plupart des cas transmise aux jeunes ~ 110 ~

115 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école générations, en perpétuant de manière inconsciente le rôle de la religion au sein de la famille et de la société La famille, un héritage culturel Les êtres humains possèdent un instinct naturel de sociabilité qui les pousse à se lier, à s'intéresser les uns aux autres et à former une seule et même communauté naturelle, qui n'est autre que le genre humain en tant que tel. Les hommes sont faits pour vivre en société. L'homme est donc un être qui se constitue par les relations, en contact avec les autres. Dans la famille, les individus vivent en société et, même si la famille est d abord une communauté naturelle au sein de laquelle s expérimente la sociabilité humaine, elle contribue d une manière unique et irremplaçable à l évolution de la société. Dans sa fonction procréatrice, elle Dessin 1 Mon grand père amène toujours mon père à l'école, et c'est toujours mon père qui m'amène dans sa camionnette rouge. Rodrigo. (2003) Jardin d enfants «María Montessori» est la condition même de son existence et de sa perpétuation. Elle est aussi une communauté de personnes, étant donné qu elle constitue la structure sociale la plus élémentaire. Cependant, dans chaque contexte culturel, la participation à la vie sociale est différente, c est la raison pour laquelle les différentes structures élémentaires sont déterminantes pour le renforcement et la conservation permanente des valeurs culturelles, des règles et des modes de vie distinctifs à chaque groupe social. De même, la famille, titulaire de droits inviolables, trouve sa légitimité dans la nature humaine et non uniquement dans sa reconnaissance par l État. Elle n existe donc pas pour la société et l État, mais ce sont la société et l État qui existent grâce à elle. Aujourd hui, aucun modèle de société ne peut faire abstraction du caractère central et de la responsabilité sociale de la famille. En 1988, LEVI-STRAUSS l affirme : «ce qui différencie réellement l homme de l animal, c est que dans l humanité, une famille ne saurait exister sans société, c est-à-dire sans une pluralité de familles prêtes à reconnaître qu il existe d autres liens que ceux de la consanguinité, et que le procès naturel de la filiation ne peut se poursuivre qu à travers le procès social de l alliance» (p. 10). ~ 111 ~

116 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école Selon PESTALOZZI, vers 1797 cite que : «chacune des composantes familiales est l endroit privilégié de transmission du patrimoine culturel, où peuvent se développer de manière spéciale un certain nombre d échanges de tous ordres (affectif, économique, linguistique )» (Cité dans UNESCO, 1994, p. 5). La famille comme héritage culturel transmet aux enfants un patrimoine socioculturel important qui est déterminé par les expériences passées des parents. L acquisition de cet héritage se réalise aussi grâce à la richesse et à la diversité des activités quotidiennes résultant du processus de socialisation. Par conséquent, dès les premières années de leur vie, les nouvelles générations comprennent le rôle des parents et l importance de la famille dans la vie quotidienne. En règle générale, le cycle de vie d une famille est défini par l âge social qui attribue un rôle différent à chacun de ses membres (scolarité, mariage, retraite, etc.). Dans cet esprit, toute personne adulte, dans toute société humaine, appartient à deux familles nucléaires au moins : une famille d origine où elle est née et où elle a été élevée et qui comprend ses père et mère et ses frères et/ou sœurs, une famille de procréation, que l être humain souhaite fonder et où il s engage dans la plupart des cas volontairement envers son conjoint. Plus tard, cet engagement s élargit envers ses fils et/ou filles La famille cellule fondamentale de la société La famille est présente dans toutes les sociétés, qu'elles soient primitives ou développées. Bien sûr, la famille dans le monde a un statut différent selon l importance acquise dans la société. Cette universalité ne signifie pas que sa forme soit toujours la même. En effet, cette réalité familiale que nous connaissons tous et à laquelle nous participons, ne doit pas nous cacher la diversité qu'elle représente dans le temps et dans l'espace. La famille, ce n'est pas seulement celle dans laquelle nous vivons ; elle peut prendre bien ~ 112 ~ Dessin 2 C'est toujours mon père qui m'amène, en voiture, à l'école, ma mère et ma sœur me disent toujours au revoir. Ma maman vient me chercher à la sortie du jardin. Réalisé par un enfant de préscolaire pendant la passation de questionnaires des parents.

117 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école d'autres formes. De plus, la famille assure des fonctions primordiales qui permettent à ses membres de s'intégrer dans la société. De même, la famille évolue et se transforme en permanence. Dans les différentes sociétés, cette idée de famille est plus ou moins présente. Dans la Grèce antique, la famille, sorte de relais entre l individu et la cité (polis), participe à l organisation sociale. «Pour Aristote ( av. J. C.), la maison ou la famille -qui regroupe père, mère, enfants, domestiques et esclaves- est la structure de base de la société. Durant l Empire romain, le terme de «familia», dérivé de famulus (serviteur), désigne à l origine l ensemble des esclaves et des domestiques qui vivent sous un même toit ; puis, progressivement, il englobe le maître, sa femme et ses enfants, c est-à-dire l ensemble de ceux qui vivent sous la domination du maître, le «paterfamilias» (chef de famille). Synonyme de maison, la famille est, comme dans la Grèce classique, le «groupe domestique» qui partage un même toit, sans nécessairement avoir un lien de parenté» (ENCARTA, 2003). Pour bien assurer l évolution et la conservation de la famille, l Église, à partir de la fin du XIe siècle, fait apparaître le mariage grégorien comme une nouvelle forme d alliance. Comme l affirme GONZALBO AIZPURU (1998), il s impose progressivement dans tout l Occident fondé sur les principes de la monogamie (divorce et concubinage interdits). Cette pratique est exportée au Mexique, par les missionnaires espagnols, renforçant ainsi les traditions du mariage lors de la première étape de la constitution de la famille. Comme dans le latin classique, la «familia» du Moyen Âge est le groupe domestique fondé sur les relations bilatérales entre hommes et femmes dont le mariage, en tant qu acte juridique, est la base. À partir du XIIe siècle apparaît le patronyme ou nom de famille, l appartenance à une famille étant alors claire. Vers 1690, une définition de famille est donnée : «un ménage est constitué par un chef et ses domestiques, soit femmes, enfants ou serviteurs» (FURETIERE, 1690). En Allemagne, dans la constitution du 11 août 1919, dans la section «la vie en société», le mariage en tant que fondement de la vie de famille est pris en compte. En France, ~ 113 ~

118 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école dans l alinéa 10 de la Constitution de 1946 «la nation assure à l individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement». L'article 16, alinéa 3,1 de la Charte internationale de la Déclaration universelle des Droits de l'homme de 1948, considère la famille comme l'élément naturel et fondamental de la société et qui a droit à la protection de la société et de l'état. Depuis l UNICEF, la famille sert de relais fondamental entre toutes les institutions publiques qui interviennent dans les domaines de la santé, de l éducation et du bien être, et elle peut s'assurer que les besoins et les droits des enfants sont respectés par les organismes concernés. LÉVI-STRAUSS dans son ouvrage «Le regard éloigné» écrit que : «dans toutes les sociétés humaines, la création d une nouvelle famille a pour condition absolue l existence préalable de deux autres familles, prêtes à fournir qui un homme, qui une femme, du mariage desquels naîtra une troisième famille, et ainsi de suite, indéfiniment [...]» (1983, p. 234). Au Guatemala, la loi de protection intégrale du mariage et de la famille, de 1945 stipule que la famille «est l institution de base, le début et le centre de toute société politique et juridique organisées et qu elle constitue l environnement idéal pour assurer le développement harmonieux psychosocial de tous ses membres» (cité dans CONGRESO DE LA REPÚBLICA GUATEMALA, 1947, p. 5) (Traduction libre de l auteur). En Espagne, dans la Constitution de 1978, le chapitre 3 des principes de la politique sociale et économique, dans l article 39, alinéa 3 rappelle «l importance de la protection de la famille et surtout celle des parents envers leur progéniture» (p. 7-8). En Europe, la protection de la famille est garantie, depuis 2000, par l article 33, alinéa 1 de la Charte des droits fondamentaux de l Union Européenne, officiellement proclamée à la Conférence intergouvernementale de Nice : «la protection de la famille est assurée sur le plan juridique, économique et social». Également, selon l Association Familiale Protestante (2007), en 2005, suite à une manifestation de plus de ONG internationales de 60 pays en faveur de la famille, l Institut de Politique Familiale et 14 autres associations ainsi que cinq députés européens ont signé, au Parlement Européen une résolution sur la famille en Europe, intitulée «La famille est le pilier du modèle social européen». L un des objectifs est de réaffirmer le rôle essentiel de la famille, basé sur le mariage comme fondement de la société, ~ 114 ~

119 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école garant du lien social et de la solidarité entre les générations et lieu de base ou s'exerce la complémentarité homme femme. En Belgique, SCHOOYANS (CITÉ DANS CENTRE FRANÇAIS POUR LA JUSTICE ET LES DROITS FONDAMENTAUX DE LA PERSONNE HUMAINE, s/d, p. 2), mentionne que : «la famille traditionnelle comprend la notion de mariage : engagement dans le temps, devoirs de fidélité et de cohabitation, de secours et d'assistance librement consentis. Du mariage descend tout naturellement la filiation. L'état de filiation ne s'invente pas ; il s'institue socialement comme une provenance dont personne ne dispose. De même que le sujet ne détient pas le pouvoir de décider qu'il n'est plus fils ou fille de son père ou de sa mère, de même les parents ne maîtrisent pas non plus le lien qui, pourtant, émane de leur acte procréateur. L'institution familiale traditionnelle est donc bien le lieu où des personnes s'engagent librement à construire ensemble une communauté nouvelle, stable et ouverte à la vie. La famille est lieu de solidarité, d'interdépendance consentie, de fidélité» Nous devons préciser combien la famille et la société sont complémentaires. D une part, «la famille est une institution sociale, qui offre la base d'une approche plus globale du processus de développement social, pour le bien de la société tout entière», tel que l affirme le Département de l Information des Nations Unies (1994, p. 3). Le droit à la famille dans une société est un attribut du bien commun qui concourt à la réalisation de ce dernier. D autre part, la société est ce qu en fait la famille. Ainsi, entre la famille et la société, il y a osmose, puisque la famille concourt au bien commun de la société lorsque les deux exercent pleinement leurs fonctions. Par ailleurs, en France, l'insee définit la famille comme le groupe d'au moins deux personnes unies par des liens de filiation et d'alliance qui vivent obligatoirement sous le même toit. L enfant a le droit de vivre dans une famille. Il vit avec ses parents qui le protègent, qui l assurent sa santé, son éducation et favorisent son développement. Le revue Actualités Sociales Hebdomadaires (2003), dans la partie éponyme section 1 «la prise en charge personnelle de l enfant par sa famille» alinéa 2 «les droits de l enfant dans sa famille» spécifie à partir du code civil article 371-1, alinéa 1 er : «Les droits et les devoirs des parents ont pour finalité l intérêt de l enfant. Tout ~ 115 ~

120 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école est organisé pour favoriser son épanouissement et son bien-être, mais aussi sa protection ; au besoin, même contre ses parents. Dès lors, chaque pays veille à garder ce principe». Évidement, la famille traditionnellement considérée comme un «milieu» de socialisation, a peu à peu, été reconnue comme acteur disposant d un espace de jeu incontestable pour les nouvelles générations. Comme partout ailleurs dans le monde, dans la société mexicaine, l importance culturelle du noyau familial remonte bien avant la Conquête et sa reconnaissance est renforcée avec l arrivée des Espagnols sur le sol mexicain. Il est donc nécessaire de reconnaître l importance de la famille mexicaine pour pouvoir donner suite à notre recherche. Au Mexique, la famille est le premier foyer d'aide mutuelle, la première école de solidarité, le premier centre de redistribution des revenus, le lieu où les personnes s'ouvrent à la sociabilité. C'est le lieu où les individus apprennent le respect mutuel, fondement d'une société démocratique. Détruire la famille, c'est détruire à terme toute possibilité de vivre en paix en société. Évidemment, chaque pays possède une structure sociale, culturelle et administrative unique, et une manière particulière de s organiser dans la gestion publique et sociale. Chaque contexte a une culture qui favorise solidement son développement. MONTANDON et PERRENOUD mentionnent que «la famille ne peut pas échapper à ce changement» (1994, p. 20). Elle a aussi ses particularités mais elle est toujours soumise au regard et aux demandes de la société. La famille contemporaine se resserre autour d un réseau relationnel étroit, les rapports se vivent sur une base personnelle, fusionnelle et non plus contractuelle et fonctionnelle qui produit des effets différents selon les types de familles, les membres, les niveaux socioculturels et économiques. Elle est en évolution permanente. En plus, aujourd hui, les cellules familiales de base diffèrent non seulement par leurs ressources mais aussi par leurs besoins. D une part, leurs besoins sont, en principe, liés à leur taille, à leur structure, à leurs caractéristiques socioculturelles et à leur niveau socioéconomique et professionnel. D autre part, sont les activités quotidiennes de base (nourrir, former ) qui définissent aussi chaque famille. La famille est d abord une communauté naturelle au sein de laquelle s expérimente la ~ 116 ~

121 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école sociabilité humaine : elle contribue d une manière unique et irremplaçable à l évolution de la société Typologie de la structure familiale Alors que la notion de famille nous paraît évidente au niveau des liens de parenté qu elle présuppose, elle devient compliquée à comprendre dès lors que nous essayons de saisir le sens des pratiques concrètes qui s y accomplissent. La famille est un sujet difficile à aborder, parce que nous l identifions souvent dans sa forme traditionnelle et historique qui fait référence à la notion de mariage. Certes, les familles ne répondent pas toujours à l'espoir que les hommes mettent en elles. Leurs faiblesses sont bien réelles. La vie quotidienne des familles prend des formes différentes selon les milieux sociaux. Du point de vue de sa nature, c est une structure fondée sur l altérité sexuelle généralement suivie par la procréation. Au fil de l évolution sociale, la notion du terme «famille» s élargit et aujourd hui elle ne se réduit pas uniquement au mariage et à la procréation, mais elle joue un rôle important dans la cohésion sociale. Selon la configuration classique, une famille se crée soit par mariage, soit par concubinage. Concrètement, dans la culture mexicaine, la famille nucléaire est encore considérée comme la forme de vie familiale la plus courante. En effet, dans ce pays, la religion a influencé pendant longtemps et influence aujourd hui encore, les structures familiales (alliance). L évolution naturelle de la société favorise une typologie familiale diversifiée, mieux adaptée aux modes de vie actuels : monoparentale, biparentale ou multi parentale. Famille monoparentale : elle comprend un parent sans conjoint et un ou plusieurs enfants célibataires n'ayant pas eux-mêmes d'enfant. Famille nucléaire : c est l'unité familiale réduite à un couple (adultes hétérosexuels) vivant dans le même logement et partageant un lien consanguin avec leur progéniture. Famille recomposée ou multi parentale : c est le foyer dans lequel au moins deux personnes élèvent les enfants. Elle est constituée d un couple, marié ou non, et d au moins un enfant né d une union précédente de l un des deux conjoints. Elle regroupe des parents ~ 117 ~

122 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école biologiques et des parents sociaux, c est-à-dire des personnes qui se conduisent comme des parents mais qui n en n ont pas le statut en tant que tel. Les petits-enfants habitant avec leurs grands-parents sans leurs parents constituent également une structure familiale recomposée. Il peut y avoir deux à quatre personnes autour de l enfant ou des enfants (famille multi parentale). Famille hétéro parentale : se dit lorsque les enfants sont nés d une union hétérosexuelle antérieure. L un des deux parents assume par la suite son homosexualité et constitue un nouveau couple avec une personne du même sexe. Famille homo parentale : un couple homosexuel accueille un enfant obtenu soit par adoption soit par insémination (dans le cas de couple de lesbiennes) et assume la responsabilité de son éducation. Cette organisation n est pas légalement reconnue, mais la liberté de procréation ne peut être niée. Famille élargie : elle rassemble sous un même toit un groupe social assez large, assis sur plusieurs générations avec les grands-parents, les enfants mariés et leurs conjoints, les jeunes des différents couples (oncles, tantes ). Famille adoptive : personne ou couple qui a reconnu ou adopté un ou plusieurs enfants et qui est désigné pour en avoir la garde et la responsabilité légale et civile afin de l /les élever et de l /les éduquer. Les comportements qui se créent au sein de la famille sont comparables à ceux qui se développent dans d autres contextes sociaux, mais ils ne sont jamais identiques. Cette règle s applique aussi à tout regroupement d individus, que ce soit entre voisins, entre amis, dans les clubs sportifs, en milieu scolaire... Cependant, ce qui semble naturel dans une famille peut être inconcevable dans une autre. Chaque noyau familial a une histoire et c est par là que nous devons commencer pour mieux comprendre la société dans laquelle nous évoluons. La famille comme cellule de base de la société est une référence essentielle pour mieux apprendre une culture et identifier certaines de ses particularités. Car le plus grand pilier de la société est, en général, la famille. La cohésion et la solidarité qui existent entre ses membres, assurent son pouvoir et son existence. Qu il soit mexicain, français ou d une autre ~ 118 ~

123 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école nationalité, l être humain naît, vit, se développe et meurt en famille dans la plupart des cas. La famille est le premier foyer d'aide mutuelle, la première école de solidarité, le premier centre de redistribution des revenus, le lieu où les personnes s'ouvrent à la sociabilité. C'est le lieu où les individus apprennent le respect mutuel, valeur fondamentale de toute société. Par ailleurs, à certains moments de l histoire de l humanité, afin notamment de minimiser son rôle social, la famille a pu être discréditée et confrontée à la société. Par exemple, dans le passé récent, l institution scolaire était la seule responsable reconnue de l éducation enfantine. L église aussi avait plus de pouvoir de décision que les parents sur leurs enfants. Pourtant, attaquer la famille signifie détruire, à terme, toute possibilité de vivre en paix en société. Malgré toutes les attaques dont elle a été victime, la famille est une institution toujours aussi forte. La meilleure preuve en est que nous avons tous vécu dans une famille. Nous avons tous été enfants un jour, et à présent nous sommes les parents, grands-parents, oncles et/ou tantes d autres enfants. Dans la société, le rôle de chaque personne dans la structure familiale est le témoin de la reconnaissance sociale que nous continuons à lui apporter. Son rôle actuel est altéré, mais sa source première est toujours identique. Liée au développement social, la famille représente un remarquable support pour l équilibre et la stabilité du groupe auquel elle appartient et elle fait preuve d une excellente capacité d adaptation aux circonstances changeantes de son environnement. Comme BAWIN-LEGROS (1996, p.9) le précise : «la famille apparaît dès lors tantôt comme une institution politique souple ayant des fondements juridiques et normatifs précis, capable de résister aux différents soubresauts de l histoire, tantôt tel un lieu d échanges et de communication dont les fonctions principales seraient le maintien et le renouvellement des générations, la transmission de biens et de savoirs, le partage d un travail fondé sur la complémentarité des sexes». Quels que soient l opinion et les modes d existence, chaque personne a des intérêts communs avec son entourage et doit partager et accepter les mêmes règles de vie que les autres pour pouvoir se développer et s intégrer socialement. De ce fait, selon l âge de l individu, diverses règles doivent être adoptées et respectées. Il est clair que, dans la vie en société, les règles définies par chaque entourage doivent prendre en compte l être humain de sa naissance à sa mort et, qu en contrepartie, l individu doit respecter ces mêmes règles. Elles ~ 119 ~

124 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école sont au début imposées par les parents avant d être intégrées dans la structure cognitive de l enfant et de devenir une habitude liée à la morale, ce qui permet de renforcer certains comportements, connaissances et coutumes pour ensuite les intérioriser. Par exemple, dès la naissance, certains comportements des individus sont déjà prédéfinis grâce aux caractéristiques culturelles de leur entourage. Le rôle des parents est d élever leurs enfants, de leur transmettre des règles et de favoriser leur insertion sociale : la mère garde sa progéniture et le père subvient aux besoins du foyer. Pendant l enfance, la vie scolaire est pour l enfant l activité primordiale de son quotidien dans la plupart des sociétés. À partir d un certain âge, l école doit renforcer l éducation transmise par la famille aux jeunes générations. La fonction de chaque membre de la structure familiale (tante, père, mère, oncle, grand-père ) est renforcée par les autres personnes du même entourage. Chaque être humain grandit dans une famille et fait par conséquent partie d un groupe qui rassemble des personnes différentes. À chaque groupe reviennent des droits et des devoirs afin d obtenir une organisation commune qui permet de vivre en bonne harmonie. Dès lors, les cellules familiales de base diffèrent non seulement par leurs ressources mais aussi par leurs besoins. Dans la structure familiale chaque personne joue un rôle spécifique et adaptable aux contextes sociaux. Liée au développement social, la famille représente un remarquable support pour l équilibre et la stabilité du groupe auquel elle appartient et elle fait preuve d une excellente capacité d adaptation aux circonstances changeantes de son entourage. Comme Bernadette BAWIN-LEGROS le précise : «la famille apparaît dès lors tantôt comme une institution politique souple ayant des fondements juridiques et normatifs précis, capable de résister aux différents soubresauts de l histoire, tantôt tel un lieu d échanges et de communication dont les fonctions principales seraient le maintien et le renouvellement des générations, la transmission de biens et de savoirs, le partage d un travail fondé sur la complémentarité des sexes» (1996, p.9). La fonction de chaque membre de la structure familiale (tante, père, mère, oncle, grand-père ) est renforcée par les autres personnes du même entourage. Chaque être humain grandit dans une famille et fait par conséquent partie d un groupe qui rassemble des personnes ~ 120 ~

125 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école différentes. Dans un contexte de variation des zones rurales et urbaines comme il a dans l état de Veracruz, les changements démographiques ne sont pas réalisés uniformément dans le temps et l espace. La dynamique sociale montre qu en 2005, il compte familles habitant dans maisons, c est-à-dire, 7% du total des foyers du pays (INEGI, 2006). Les familles entraînent une modification des dynamiques démographiques ainsi que de la composition qui bouscule l évolution classique de la structure sociale et la participation et l implication parentale à l école. Le mariage recule et les formes familiales minoritaires (recomposées, monoparentales, homoparentales) sont mieux tolérées. En conséquence, les couples de célibataires sont beaucoup plus nombreux, ainsi que les couples sans enfant, les familles monoparentales (8,3% foyers) et les ménages en cohabitation 0,3%. Plus de la moitié des ménages sont des familles nucléaires 65,4%, 24,6% des familles élargies, 0,7%, des familles recomposées. Par ailleurs, les ménages sont plus petits (quatre membres en moyenne) ils évoluent dans le temps, parallèlement aux tendances démographiques et en fonction du cycle de vie. Selon l INEGI, en 2005, les logements comptent en moyenne quatre personnes, et la responsabilité morale et économique est à la charge du père dans 74% de familles. L éducation informelle et formelle reste à la charge de la mère Aspects psychosociaux des familles mexicaines Un rapport publié, par le Département de l information des Nations Unies, spécifie que «la composition et les caractéristiques des familles diffèrent infiniment d'une société à l'autre et à l'intérieur d'une même société. Elle est la source première d'éducation et de soins, ainsi que le lieu de transmission des valeurs, de la culture et de l'information» (1994, p. 1). Pour souligner cette idée, l'assemblée générale des Nations Unies (1989) a proclamé «1994, Année internationale de la famille», avec le thème : «La famille : ressources et responsabilités dans un monde en évolution». La devise de cette année, construire la plus petite démocratie au cœur de la société, traduit le rôle charnière qui est celui des familles afin d'assurer le bien-être de la société et exprime la conviction que les familles doivent offrir un environnement où tous leurs membres jouissent de la plénitude de leurs droits d'êtres humains, condition préalable de leur propre épanouissement. L'un des principaux objectifs de l'année est d'assurer l'égalité des sexes au sein de la famille et un partage égal des responsabilités. Le double fardeau du travail rétribué et des tâches domestiques non rétribuées, retombe principalement sur les femmes. Sans égalité entre les sexes, il ne saurait y ~ 121 ~

126 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école avoir de «démocratie au cœur de la société». La multiplicité des systèmes de parenté et l étrange variété d une institution d abord perçue comme quasi naturelle et pour l essentiel, uniforme, est aujourd hui un des aspects plus attirants des structures familiales. Les relations entre la famille et le lieu de travail, le respect de l'égalité des sexes dans l'emploi, les soins aux enfants, la répartition des travaux domestiques au foyer et les responsabilités touchant à la prise en charge des membres vulnérables de la société constituent autant d'aspects solidaires. Pour BICHOT ET LENSEL, (2007) la famille joue un rôle incontestable pour les personnes, que ce soit au niveau matériel, pour leur vie affective et sexuelle, pour leur entrée dans l'univers de la confiance partagée et de la bienveillance réciproque, pour le développement des enfants, pour le sens à donner à la vie en général et au travail en particulier. Faits provoqués par le processus de globalisation, par la désintégration familiale, le mariage tardif, le déclin des familles nombreuses, les naissances hors mariages, l arrivée tardive du premier enfant, la fragilisation des mariages. De même, l insertion de la femme dans le monde du travail, la difficulté de trouver un emploi avec une rémunération adéquate et surtout l influence des medias, sont autant de facteurs responsables d un changement important dans le noyau central de la société qu est la famille. Cette dernière commence à avoir un rôle et une structuration différents, surtout dans les milieux les plus favorisés qui comptent entre trois et cinq enfants par foyer, alors que ce nombre est plus élevé dans les couches sociales plus pauvres. Dans les régions rurales, la tradition est toujours aussi influente et se perpétue, bien que l union libre et la famille élargie y soient déjà tolérées depuis des années. Au cours des dernières années, la société mexicaine connaît une forte mutation des structures familiales ainsi que des transformations sociales. Dans les années 90, avec l'arrivée de divers groupes protestants au Mexique, la religion catholique perd son contrôle sur le peuple ; toutefois 90% des Mexicains se prononcent catholiques. Malgré cette confrontation de croyances, le mariage religieux catholique qui consacre effectivement l union et sa validité morale ne perd pas son pouvoir sur le mariage civil ni sur les autres religions. Les pratiques religieuses reprennent un essor important et de nombreuses familles non pratiquantes recommencent à participer au culte. Aujourd hui, la famille se trouve dans une phase de complète redéfinition, une des causes en est l impact démesuré des médias ainsi que l imposition de la culture américaine ~ 122 ~

127 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école dans le monde. La proximité du Mexique et des États-Unis et la diffusion massive de la culture américaine dans les médias, confirment jour après jour que le pouvoir de la société mexicaine se situe dans sa structure familiale qui parvient malgré tout à freiner cette influence. Un échange permanent bidirectionnel modifie les aspects de la typologie familiale sans être perceptible. Le langage, la conception de la virginité, et les valeurs comme le respect, la solidarité, sont altérés mais l essentiel est toujours présent malgré l augmentation de la consommation et la suprématie de l avoir sur l être. Malgré l importance que revêt toujours la religion, dans la société mexicaine actuelle, il est question d une «rébellion silencieuse» qui n est pas du tout indifférente à l usage des méthodes contraceptives, au divorce, à diverses structures familiales, à l homosexualité et même à l avortement qui reflète l évolution de la citoyenneté vers une plus grande ouverture de la structure familiale traditionnelle. Pour la plupart de la population, le mariage civil n est autre que l accomplissement d une formalité légale. Le mariage religieux consacrant effectivement l union et sa validité sociale et morale. Dans les classes socioéconomiques les plus favorisées, le mariage civil a plus d importance mais il ne se substitue toujours pas à la cérémonie religieuse. L Agence de la santé publique du Canada, en 2002, établit que pour avoir un bon succès en tant qu enseignants, il faut développer des occasions de participation qui soient compatibles avec le profil ou les caractéristiques psychosociales et l'expérience de vie des parents. Les caractéristiques psychosociales incluent : la composition familiale, le statu socioéconomique, la scolarité, l âge et l activité professionnelle des parents. Chaque famille présente une particularité, indépendamment de l appartenance ethnique : qu'ils soient d'origine autochtone, métisse, étrangère, les Mexicains forment tous une même unité. Le recensement de 2005 confirme que les caractéristiques psychosociales des ménages et des familles évoluent, reflétant la transformation des comportements. Les formes de vie en famille se diversifient. Même si parents, enfants et parfois grands-parents continuent à vivre sous le même toit. Encore, au Mexique, URÍAS MURRIETA, MÁRQUEZ IBARRA et TAPIA RUELAS (2009) ont trouvé que le niveau de scolarité des parents de Ciudad Obregón, l état civil et le fait que les enfants vivent avec les deux parents sont fortement liés à la participation parentale à l école. Elles ont aussi noté que plus le niveau de scolarité des parents est élevé plus l implication parentale est importante. Pour POURTOIS et DESMET (1991) l optique des parents de milieux favorisés à l égard de l école est beaucoup plus sereine ce qui rend un contexte plus signifiant pour les enfants, car les parents montrent plus d assurance quant à la réussite ~ 123 ~

128 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école scolaire de leur enfant. En outre, ils ont aussi trouvé, que l absence d une activité professionnelle rémunérée chez les parents entraînait une modification de la dynamique familiale. Dans ces types de foyer, le pessimisme régnait et les jugements à l égard de l école et la réussite professionnelle ont été extrêmement négatifs. Dans l État de Veracruz, au Mexique l insertion de certaines femmes au monde de travail et l importance que certains parents accordent à l intégration des petits enfants à la vie scolaire font qu à la rentrée , enfants sont inscrits dans jardins d enfants. Cette fréquentation est plus importante dans les zones urbaines que dans les villes lointaines dans lesquelles les sœurs et/ou les frères aînés, les grands-parents ou un autre membre de la famille continuent à s occuper des petits (INEGI, 1994). Par ailleurs, le CONAFE (1998) a montré que le statu socioéconomique des parents a influencé les stratégies d enseignement que les parents utilisent, dont dans les familles moins favorisées les stratégies sont moins adaptées Facteurs personnels De leur côté, «DORNBUSCH et RITTER (1992), pensent que le «soutien moral» pontué de compliments et d encouragements est souvent associé à de meilleurs résultats scolaires ou plus encore à une amélioration de ceux-ci. DESLANDES, en 1996, identifie cinq facteurs afin de comprendre la participation parentale au suivi scolaires : soutien affectif, communication entre parents et enseignants, interactions axées sur le quotidien scolaire, communication entre les parents et l école et, communication entre parents et adolescents» (Cité dans POTVIN, DESLANDES, BEAULIEU, MARCOTTE, FORTIN, ROYER et LECLERC, 2000, p. 4). À ces facteurs s ajoutent des savoirs-être et des savoir-faire reliés au binôme école-communauté éducative (famille). Parmi ces multiples facteurs que favorisent ou limitent la participation et l implication parentales, le degré de communication entre les parents et l école par rapport au suivi scolaire de leur enfant (dans le cadre de contacts formels ou informels, de réunions collectives ou individualisées organisées par l école ou sollicitées par les parents) et la participation des parents à la vie de l école (fêtes, activités extrascolaires, encadrement lors de sorties, bénévolat, ) sont à signaler. Tous ces facteurs culturels, familiaux, scolaires, et les caractéristiques individuelles ~ 124 ~

129 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école sans doute déterminent les relations famille-école et le niveau de participation et d implication des parents. Dans la partie qui suit, nous essayerons d expliquer le lien entre ces facteurs culturels, sociaux et familiaux et les différents modèles de participation parentale et ses répercussions chez les enfants et ses familles Styles parentaux Traditionnellement dans chaque foyer, la diversité de styles de vie, de pratiques éducatives, de modes de transmission culturels et de socialisation familiales permette de comprendre que chaque parent a une manière propre de communiquer, de favoriser et d encourager le développement harmonieux de leur enfant. Comme résultat de cette action, dès la naissance d un enfant la dépendance des parents à ses progénitures est très marquée, surtout celle de la mère. L enfant est de moins en moins dépendant au fil du temps. Malgré l indépendance que l enfant montre, il s approprie certaines connaissances, aptitudes, habitudes fournies par sa famille. Ces appropriations vont s intégrer doucement dans sa personnalité. DORBUSCH, RITTER, LEIDERMAN, ROBERTS et FRALEIGH ont mentionné que «le style et les pratiques parentales sont de meilleurs prédicteurs de la réussite scolaire que les caractéristiques familiales» (cités dans DESLANDES et ROYER, 1994, p. 65). À propos des différents styles parentaux, bien qu il existe de sous division vaste, nous considérons que la division proposée par BAUMRIND, dès 1970, qui comprend quatre catégories : démocratique, autoritaire, permissif et désengagé (dans la typologie de leadership de LEWIN, LIPPITT et WHITE (1939), il est laisser faire) est assez cohérente. Avec cette division BAUMRIND (1971) a démontré le lien entre le type de relations familiales et divers aspects du développement humain. Il est évident que les styles parentaux ont des conséquences diverses sur l être humain. Par exemple, le style désengagé est associé à différents problèmes internes et externes, de même que le style permissif. DESLANDES et ROYER (1994) affirment que les styles autoritaire ou permissif sont associés aux difficultés d apprentissage au collège. Le style démocratique est également associé à divers aspects. Il est caractérisé par l application régulière d un ensemble de normes claires et bien définies, par le consensus général ainsi que l utilisation de sanctions et finalement par une communication ouverte et un encouragement permanent entre tous ces membres. C est précisément ce style qui semble être le plus ~ 125 ~

130 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école bénéfique pour la réussite scolaire et pour le développement de l être humain. Chez l adolescent ce style éducatif incite surtout à l estime de soi ; l indépendance et les compétences sociales et scolaires, puisqu il favorise le développement harmonieux de l enfant, encourage son autonomie, favorise l encadrement et est propice à un engagement majeur dans les activités scolaires et autres Caractéristiques éducatives des parents Outre des caractéristiques psychosociales de la famille et du style parental, les bénéfices de la participation parentale ou les caractéristiques éducatives des parents sont nombreux. Ces caractéristiques éducatives prennent en considération les activités et attitudes mises en place par les parents afin de soutenir l apprentissage de l enfant, leur intérêt pour les activités scolaires et pour se rencontrer avec les enseignants, aussi pour la supervision des devoirs et leur présence à l école, ainsi que pour leurs attentes futures. Certains chercheurs ont trouvé que la réussite scolaire est liée au dialogue établi entre les personnels du jardin d enfants et les parents ainsi qu à l implication des parents dans l'accompagnement éducatif. La réussite de la scolarité de l enfant dépend largement du dialogue qui s établira entre les personnels de l école ou de l établissement scolaire du second degré et les parents ainsi que de leur implication dans l accompagnement de sa scolarité. En 2011, l Inspection Académique de l Eure, dans sont texte «Parents d élèves» reconnait l importance de la participation parentale à l école et propose une liste de conseils pratiques pour les parents afin d accompagner leur enfant dans le processus éducatif. Il faut encourager l enfant dans la découverte de la lecture et de l'écriture et dans la recherche d'autonomie. Il faut développer son sens des responsabilités et lui apprendre le nécessaire respect de lui-même et des autres ainsi que l'utilité des règles de vie commune. Il faut aussi l'aider à acquérir une certaine hygiène de vie (sommeil et alimentation équilibrés, hygiène corporelle, activités physiques, etc.) qui le rendra plus disponible pour mieux apprendre et mieux affronter les tentations de conduites à risques. ~ 126 ~

131 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école Valeurs accordées à l école Selon BEHNAM, «la famille est une institution sociale. Elle est l ensemble des normes culturelles, socialement construites ; partagées et transmises ; elles établissent le modèle des relations entre les membres du groupe familial» (1992, p. 1). Dans toutes les époques et dans toutes les sociétés, la structure familiale s y retrouve et se transforme afin de s adapter à l ensemble des changements de la société. Chaque famille, à certains moments, doit sacrifier son identité en s ouvrant au grand jeu des alliances. Dans cette étude, nous avons constaté que le rôle que les parents assument face à l éducation préscolaire des enfants détermine leur plaisir à participer. Cette situation laisse des répercussions favorables dans l apprentissage des enfants et favorise la consolidation des liens. De plus, un autre aspect pour participer selon les parents c est le fait qu'ils s amusent pendant leur participation aux activités qui les intéressent davantage. 2.6 Facteurs Scolaires Avec l entrée de l enfant au jardin d enfants, le rôle des parents change de nature car ils ne sont plus les seuls responsables de son avenir intellectuel. Leur attitude vis-à-vis de ce changement est déterminante. La plupart se réjouissent de voir leur enfant faire ses premiers pas dans la vie sociale. Ils le soutiennent et renforcent son courage et essaient de diminuer son angoisse. En revanche, d autres parents ont du mal à faire le deuil de leur petit dépendant, et ils vont avoir tendance à le fragiliser. En conséquence, l enfant aura peur du ça qui peut lui arriver dans le jardin d enfants, des autres enfants, des enseignants, et se dégoûtera de l effort intellectuel associé à toutes les angoisses qui l accompagnent. Cela sera le reflet de la propre anxiété parentale qui forcera les parents à se confronter à leur propre expérience scolaire. Évidement, ils craignent d être jugés d après les performances de leur enfant même si cellesci sont la conséquence de leurs ambitions. Une telle pression ne sera guère propice à la disponibilité nécessaire à l acquisition des connaissances. Et, à l arrivée des premiers résultats, existe le risque de renforcer le processus qui conduit à l échec scolaire. ~ 127 ~

132 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école 2.7 Compétences spécifiques des instituteurs du cursus préscolaire Il existe diverses manières, pour les enseignants, de motiver la participation parentale. Pour cela, ils peuvent aider les parents à bien accepter la complémentarité nécessaire entre le foyer et le jardin d enfants. Créer des occasions de participation, se nourrit de l idée de que toute implication ou participation parentale est conditionnée par les facteurs culturels, familiaux et personnels de chaque individu. Il faut donc éviter toute situation défavorable. En d'autres termes, le succès de la participation des parents semble liée au nombre des occasions d'engagement à effectuer dans l'effort collectif. La formation des professionnels de jardin d enfant est un aspect à prendre en compte. Depuis 1984, pour pouvoir accéder à un poste au sein de l éducation nationale, les personnels doivent répondre aux critères suivants : passer le concours national et avoir au moins une licence en éducation préscolaire (quatre ans après le baccalauréat) pour les écoles avec une modalité générale. Concernant l éducation indigène, il faut parler couramment une langue autochtone, passer le concours correspondant et avoir une licence en préscolaire indigène. Ainsi, depuis l application de cette disposition, on trouve désormais un nombre réduit d instituteurs qui ne possède pas ce type de formation. Ces derniers sont contraints de suivre au sein de certaines écoles normales, un enseignement afin d avoir l équivalence. Certaines de ces dernières ont été créées pour homogénéiser la formation des enseignants d éducation de base. Le recrutement des instituteurs est pris en charge par le Ministère de l Éducation de chaque État. Depuis trois ans, il faut réussir un examen de sélection pour pouvoir accéder aux fonctions d éducation au sein des écoles publiques. Malheureusement, les capacités pour transmettre les savoirs ne sont pas vraiment prises en compte, car leur évaluation est beaucoup plus complexe que le fait de mesurer uniquement les connaissances, d où des personnes aux capacités très diverses. ~ 128 ~

133 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école Les structures de participation offertes dans l école Depuis son premier contact en dehors de son foyer, l enfant a besoin du soutien de ses plus proches. Dès son plus jeune âge, l être humain est soumis aux décisions des autres. Au début, dans sa sphère familiale puis, au fur et à mesure de son épanouissement, dans le monde extérieur à son foyer. Car il est clair, que l éducation d un enfant c est la somme de la famille, de l école et de la rue. Par exemple, l'enfant ne peut être inscrit, aller en classe régulièrement et participer à des activités périscolaires qu'avec l'aide de sa famille. Faire partie d une société implique des droits et des responsabilités : cela a pour objectif d assurer l intégration et l adaptation sociale des plus jeunes. La littérature actuelle fait noter l importance d établir une communication ouverte et respectueuse et, surtout bidirectionnelle entre les parents et les enseignants. La rencontre école -famille, où est-elle? C est un des sujets abordés par MOURAUX, (2006, p. 14). Elle signale que cette rencontre est là, sous les yeux de tous. Au sein de l école, la famille arrive chaque matin, elle entre en classe et passe toute la journée avec les élèves. Les enfants ont leur famille avec eux, en eux, elle est toujours là car l enfant est le produit inévitable de leur famille. C est pourquoi l action majeure à mener pour «améliorer la relation école-familles» se situe non pas au couloir, via les rencontres avec les parents, mais dans les classes, immédiatement, directement, au cœur de la relation pédagogique et éducative. MEIRIEU (1993) signale dans son livre «l école et les parents. La grande explication» que même si les parents confiaient leurs enfants à l école les yeux fermés et approuvaient, sans jamais les discuter, les décisions des enseignants, certaines réactions commencent à être repérées. Les parents commencent à demander de plus en plus de connaissances et acquis chez les enfants scolarisés, ainsi qu une meilleure relation entre eux et l enseignant en vue du développement de leur enfant. Dans une approche de la sociologie de l éducation, la participation de la famille au sein des écoles françaises diffère de celle que l on observe dans les écoles mexicaines. En France, la participation de la famille au sein de l école a un autre rôle. D un côté, les parents sont responsables de l absentéisme des élèves, les absences leur sont systématiquement et immédiatement signalées. La sauvegarde du principe de participation sociale au sein de l école amène de plus en plus à s immiscer dans la connotation d implication et d'engagement des parents. Nous ~ 129 ~

134 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école invoquons à ce propos un principe d ambiguïté selon les intérêts particuliers de chaque école et de chaque instituteur, même si une coordination permanente du travail est essentielle pour une meilleure obtention de résultats. Diverses politiques de développement sont généralement axées sur l individu et non sur l unité familiale en tant que telle. Toutefois, le noyau social est avant tout composé d une multitude de contextes (famille, voisinage, école, centres culturels et sportifs ) et de personnes avec des valeurs, des coutumes et des traditions différentes, propres et adaptées à son entourage. Afin de développer le rôle de la famille à l intérieur de l école, l État a mis en place un certain nombre de mesures favorisant la participation familiale dans les établissements scolaires. Cela étant, une grande partie de ces mesures officielles n est pas encore effective, comme certaines actions visant la participation de parents comme membres actifs de la communauté éducative démentant des résultats positifs dans la pratique. En 2002, DUSI, dans son article «une coopération antinomique. Le cas italien» mentionne que : la famille et l école sont appelées à apprendre à vivre ensemble pas seulement en vue d un projet éducatif apte à satisfaire les exigences de la communauté éducative et du marché du travail, mais surtout elles constituent les lieux destinés à enseigner aux nouvelles générations l art d apprendre à vivre. En essayant de comprendre certaines conduites de parents observés pendant la passation de test, on réaffirme que pour provoquer un développement global et équilibré chez l enfant, il est indispensable de s engager davantage dans le processus d éducation formelle. Nous sommes persuadés que ces structures sociales ont d une certaine manière appris à vivre ensemble : un meilleur engagement pour un meilleur développement de la société. Malheureusement, au sein de la famille comme à l école, quelquefois, cette conception est confrontée aux intérêts de quelques uns qui laissent de côté le travail partagé et l'objectif principal de l éducation formelle : le développement global et harmonieux de l enfant. Cette évolution, pour certains parents, a engendré une école plus ouverte. Pour d autres, l école est devenue le substitut éducatif parfait de la société actuelle. Pour d autres encore, l école doit impérativement répondre aux besoins de l enfant à partir de la demande familiale. Aux États-Unis, le Département d Éducation et le Conseil d Administration de l État de New York signalent, dans leur programme PREPARING EFFECTIVE SCHOOL LEADERS, qu il faut «développer des habiletés et talents chez les élèves afin de les inciter à être capables de changer et d aider les autres dans leur processus de formation». D après ce département, la ~ 130 ~

135 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école formation de LEADERS est indispensable pour assurer la réussite scolaire du groupe, réduire la violence et les différences sociales afin de réussir dans ce processus, la communauté éducative (équipe pédagogique, étudiants ) et les parents doivent s engager d avantage. Les élèves LEADERS avec le soutien de la communauté éducative sont à la fois, les gardiens et les réformateurs du système éducatif et ont la responsabilité d assurer pour tous les groupes participants, le même but et la même direction : la réussite personnelle et scolaire (LANKFORD, O CONNELL et WYCKOFF, 2003, p. 5) (Traduction libre de l auteur). Dans ce même pays, il existe également divers programmes éducatifs, comme : «High Scope, Head Start, Houston Parent-Child Development Center», qui ont une approche pédagogique de portes ouvertes à la famille, visant à favoriser un développement global, harmonieux et optimal de l enfant. Enfin, il est évident que la participation parentale à l école est nécessaire. Au Mexique, d un côté certaines dimensions de cette participation sont considérées plus importantes que d autres. Cependant, l accent de faire participer les parents à l école est généralement mis sur des actions implicites : activités sociales, culturels, etc. Offrir de supports et l aide dans les devoirs ainsi qu établir une communication axée sur les difficultés rencontrées en cours et les aspirations scolaires des élèves. Pourtant, dans chaque établissement, la manière d inciter les parents à participer est variée et les bénéfices sont palpables et assez importants mais rarement mesurés Les activités proposés aux parents Diverses sont les actions auxquelles les parents peuvent participer. Par contre, c est à chaque parent de décider à quoi il veut participer et s implique ou/et s engager. Le premier pas c est le choix du jardin d enfants suivi de l inscription, qui demande la présence des parents. En cours d année, les contacts et la participation sont assurés de diverses manières. Le Ministère de la Citoyenneté, de l immigration et du Multiculturalisme du Canada (2011), en ce qui concerne la participation des parents, signale qu un des meilleurs moyens pour les parents de participer à la vie scolaire des enfants consiste à communiquer régulièrement avec l enseignant, ce qui aide à comprendre ce qui se passe au jardin d enfants. En règle générale, à la rentrée, les parents des élèves nouvellement inscrits sont réunis ~ 131 ~

136 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école par le directeur d'école ou le chef d'établissement. Le conseil des maîtres présidé par le directeur du jardin d enfants organise au moins deux fois par an, et par classe, une rencontre entre les parents et les enseignants. Les parents peuvent demander des informations ou des entrevues auprès des personnels d'éducation. Par ailleurs, les parents sont tenus régulièrement informés des résultats scolaires et du comportement de leurs enfants notamment par l'intermédiaire de petites notes et de tableaux d affiches. L'école ou l'établissement scolaire fait en sorte que les parents prennent connaissance de ces documents. Dans le site web de l agence de la santé publique du Canada est mentionné que la qualité des relations entre les parents et les enseignants a, à la fois des répercussions directes sur le degré d engagement parental, ainsi que des répercussions indirectes sur le développement de l enfant. Pour cela il faut : Faire en sorte d'associer les occasions de participation et d'éducation avec des activités qui stimulent les intérêts des parents. Se centrer sur les besoins des parents et de la communauté plutôt que ceux de l'école ou de son personnel, lorsque nous créons des occasions de participation. Disposer d'une base de renseignements concernant les occupations, les intérêts et les affiliations des parents et des membres de la collectivité. Identifier les personnes en fonction des tâches et des thèmes pour lesquels ils sont enclins à manifester un plus grand intérêt. Respecter l'identité culturelle et le vécu de tous ceux qui veulent s'engager dans la vie scolaire (2011). La plupart des écoles organisent des activités spéciales (foires scolaires, spectacles d étudiants, etc.). Assister à ces activités constitue une bonne façon de participer, comme parent, à la vie de l école. De nombreuses écoles organisent en outre des activités portant sur des domaines importants, comme l alphabétisation, les mathématiques et la façon dont vous pouvez, comme parent, contribuer à la réussite de votre enfant. Dès là, VILLÁNYI, MANCUSO, PONCELET et MARTIN (2011, p. 132) affirment que ce soit pour l équipe éducative ou pour les parents, les contacts de présence sont considérés comme étant les plus efficaces (les contacts tuteurs-parents, les réunions sur rendez-vous, ). Les contacts par écrit (le bulletin, l agenda, ) sont aussi perçus comme efficaces. Par contre, il semblerait que la fréquence des ~ 132 ~

137 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école communications ne soit pas évaluée comme suffisante sauf pour le type de communication via l agenda. Deux types de communication peuvent être envisagés entre les parents et les enseignants : directe et indirecte. Dans le premier cas, la motivation pour améliorer, soit dans le cadre professionnel chez l enseignant, soit le cadre personnel plutôt chez les parents, donne toujours la possibilité de générer un contact plus proche entre eux, où l enfant est généralement le point de mire. La communication indirecte, par contre, se fait en utilisant l enfant comme médiateur, en évitant le contact direct, soit avec l enseignant soit les parents. En ce qui concerne l apprentissage de l élève ; les parents sont informés par différents moyens de besoins quotidiens : rendez-vous avec l instituteur, communication écrite, petites notes, rencontres informelles et régulières, parler avec d autres parents, surveiller et aider dans les devoirs en dehors du jardin d enfants et interroger systématiquement l enfant sur ce qui se passe vraiment en classe. Rencontres entre les parents et l enseignant. Les rencontres individuelles entre les parents et l enseignant permettent de discuter du cheminement scolaire de l enfant et des améliorations souhaitées. Il s agit de rencontres privées qui ont habituellement lieu en soirée, dans la classe de l enfant. Ces rencontres durent en moyenne entre 10 et 15 minutes et ont lieu deux fois l an, à l automne et au printemps. Journée de portes ouvertes. Il s agit d une Dessin 3 Avant de commencer mes cours, ma maitresse et ma mère discutent. Préscolaire "Noxinach" Xal. Ver. Mexique excellente occasion d en apprendre davantage sur le jardin d enfants et de faire connaissance avec les enseignants. Elle a habituellement lieu en début d année scolaire. Soutien scolaire à la maison. Un grand nombre des parents ont envie d apprendre davantage pour mieux aider leur enfant dans ses apprentissage ou devoirs à la maison. Au Mexique dans l éducation préscolaire le devoir à la maison n est pas une tendance acceptée par le Secrétariat d Éducation. Cependant, dans les jardins d enfants privés ce principe n est pas forcement respecté. C est dans ce genre d activité que les parents peuvent montrer leur ~ 133 ~

138 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école soutien et se sentir nécessaires. D autre part, l enfant se sentira aimé et bénéficiera de tout que ces activités déclenchent. Par ailleurs, les parents peuvent s impliquer aussi au travers du bénévolat lors d activités scolaires (participation à des sorties éducatives, bénévolat à la bibliothèque ou lecture avec les enfants). Sinon ils participent au sein des autres activités proposées par les enseignants telles que des actions : sociales et récréatives, artistiques ou civiques ; démonstrations pédagogiques, journée de portes ouvertes ; activités qui incitent les parents à aider aux devoirs ; conversations et orientations personnalisées ; suivis réguliers de la part de l enseignant ; envoi de petites notes pour se tenir informé ou des rencontres informelles entre le parent et l enseignant, interviews programmées ou sur demande, réunions et rendez vous réguliers ; écoles pour les parents, ateliers divers choisis par les parents ; coopérative scolaire, travaux d entretien scolaire ; ateliers de lecture mis en place par l enseignant, matro ou patro gymnastique ou activités d éducation physique, démonstrations, promenades organisées avec les enfants ; des ateliers de travail manuel divers, etc. Travailler en coordination avec les parents et recevoir les enfants tous les jours à la porte d entrée afin de pouvoir discuter avec les parents. Toutes ces activités doivent favoriser un soutien permanent pour les parents du personnel du jardin d enfants. Aussi les parents peuvent participer ou s impliquer s ils siègent aux conseils d'école et aux comités de participation des parents (CPP), s ils se portent bénévoles pour des excursions et des activités scolaires, s ils veillent à ce que les devoirs puissent être effectués dans un endroit calme, s ils aident les enfants à faire leurs devoirs, s ils rencontrent le personnel enseignant ou administratif, s ils parlent de la journée d'école avec leurs enfants ou s ils aident dans la coopérative scolaire. Les parents qui assument avec responsabilité ces engagements contribuent tous à l'éducation de leurs enfants. 2.8 Les objectifs de cette étude Tel que nous le montrons dans le schéma suivant, le contexte culturel conditionne positivement ou négativement la manière comme les parents participent ou s impliquent dans la préscolarisation de leurs enfants. En conséquence, le niveau de participation est aussi déterminé par les expériences passées des parents. Dès là, l importance d approfondir sur les connaissances et sur l implication de la famille mexicaine à l école afin de pouvoir déterminer si le degré de participation est majeur ou mineur et si ils existent des bénéfices dans le développement et la scolarité de l enfant en âge préscolaire. ~ 134 ~

139 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école CONTEXTE CULTUREL MEXICAIN PARCOURS DES PARENTS EXPÉRIENCES SIGNIFICATIVES POSITIVES NÉGATIVES PARTICIPATION PARENTALE DEGRÉ MAJEUR DEGRÉ MINEUR IMPLICATION OU ENGAGEMENT PARENTAL DEGRÉ MAJEUR DEGRÉ MINEUR BÉNÉFICES DANS LE DÉVELOPPEMENT ET LA SCOLARITÉ DE L ENFANT Schéma 2 Représentation des objectifs spécifiques liés à l implication parentale au jardin d'enfants. De ce fait, l objectif principal de cette étude sera d approfondir les connaissances sur l implication de la famille mexicaine à l école. Ainsi qu afin d approfondir sur ce sujet d étude, nous objectifs spécifiques seront : Identifier les différents profils d implication parentale au sein des jardins d enfants participants, Préciser les modalités de la participation et l implication parentale, Répertorier les activités auxquelles les parents participent, Mettre en évidence les facteurs qui influencent l implication parentale dans l éducation préscolaire de leurs enfants, Spécifier le rôle des enseignants dans les activités prévues pour les parents, Déterminer les bénéfices pour les enfants liés à la participation de leurs parents. Ces objectifs seront notre guide pendant la réalisation de cette étude et pour bien intégrer notre instrument d évaluation, ainsi que pour la logique dans la construction de notre partie de résultats. ~ 135 ~

140 Deuxième chapitre. La participation et l implication parentale à l école ~ 136 ~

141 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse CHAPITRE 3 LA MÉTHODOLOGIE : MÉTHODE D ENQUÊTE De par son évolution, le contexte culturel de la société mexicaine a transformé profondément la valeur sociale de la famille et de l éducation. Ses valeurs sont toujours importantes, mais leur signification a changé entre une génération et une autre, entre une famille et une autre, elles s adaptent aux contextes et se fondent sur certaines traditions, certaines idées et principes qui évoluent en permanence. Dans cette chapitre, nous mettrons en évidence la méthodologie suivie pour choisir notre population cible. De même nous parlerons du contexte socioculturel de la société mexicaine et plus précisément de celle de la ville de Xalapa oublier le rôle de la famille dans cette société et leur importance dans le contexte éducatif. La ligne directrice de cette étude basée sur l exploration, la description et la comparaison, se fonde également sur une approche quantitative. Lorsque le sujet de l implication des parents au jardin d enfants est abordé, il est indispensable de mener une recherche, et d y inclure les parents. En plus, si nous parlons d implication parentale dans l éducation préscolaire des enfants, le jardin d enfants doit être perçu comme le lieu idéal pour développer cette réflexion. Mais avec, Quelle population? Quels parents? Quels établissements d éducation préscolaire? En sachant que pour bien concevoir l implication de parents mexicains au jardin d enfants, il faut aussi se référer à l histoire et à la culture du pays, il est donc nécessaire d avoir au préalable une approche taxonomique de la réalité du contexte social choisi. La ~ 137 ~

142 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse définition de ces aspects, origine de ce chapitre axé sur l environnement, nous renvoie à une autre interrogation pour bien définir la méthodologie à suivre : Comment choisir la population de référence pour mener à bien cette recherche? Quels aspects culturels et sociaux du contexte choisi seront importants à repérer? 3. Le choix de l échantillon Après avoir, d une part, défini géographiquement et culturellement les caractéristiques de la société mexicaine et d autre part avoir sélectionné la ville de Xalapa pour sa diversité culturelle et sa taille, non sans avoir expliqué l importance de l implication parentale à l école afin de mener à bon terme cette étude, une délimitation exacte de la population cible s impose. Parmi l ensemble de la population, il faut faire le choix d un certain nombre de parents. À cet effet, le jardin d enfants est le premier filtre de la population à choisir. La population observée a été sélectionnée parmi l ensemble des parents ayant inscrit leur enfant dans un jardin d enfant durant le cycle scolaire Pour la délimitation de la population à observer et la sélection de l échantillon représentatif, il a été nécessaire de considérer deux critères méthodologiques : un pour choisir les jardins d enfants et un autre, pour définir les sujets : les parents. Une des tâches principales attachée à ce processus de sélection de la population cible a consisté à déterminer les conditions nécessaires d obtention des informations, toujours en relation avec les expériences scolaires des parents. Comme nous l avons signalé auparavant, nous avons choisi, d après la structure du système éducatif mexicain, les jardins d enfants, en vue de la sélection des parents. C est ainsi que, afin de bien cibler cette recherche sur leur investissement dans l éducation préscolaire de leurs enfants pour obtenir un certain degré de précision et délimiter clairement l échantillon dans la sélection des structures d éducation préscolaire de la ville de Xalapa, les facteurs suivants ont été pris en compte : En raison du grand nombre de populations préscolaires existant dans la ville de Xalapa, la sélection d une méthode d échantillonnage aléatoire a été mise en place. Sur les 180 jardins d enfants existant pendant l année scolaire , vingt-et-un ont été ~ 138 ~

143 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse sélectionnés. L échantillon choisi a représenté le 11.67% du total de ces établissements situés à Xalapa. 3.1 Les cinq types de jardin d enfants La structure et l organisation du système mexicain est complexe. Pour cette raison, certaines caractéristiques dans la sélection de l échantillon ont été considérées comme des guides de cette étude : le type de service en lien avec la subvention dont il bénéficie, en rapport avec l emploi du temps et la catégorie du service. Les institutions éducatives diffèrent selon leur type de dépendance économique et leur adhésion au système éducatif. Une première division s observe : les unes sont connues comme privées et les autres comme publiques. Dans ces dernières, il existe une subdivision en quatre types différents qui sont définis par la subvention économique, matérielle et pédagogique à gérer. Voici ces quatre types de jardins d enfants publics selon leur type de subvention. Fédéralisées : Avant l accord de l actualisation nationale pour la modernisation éducative de 1993, ils étaient considérés comme institutions éducatives fédérales. Depuis cette date, certains d entre eux reçoivent leur budget du Secrétariat d Éducation Publique mais ils sont administrés par le Secrétariat d Éducation de l État de Veracruz. Ils sont nommés fédéralisés. Estatales : Leur subvention vient du gouvernement de l État, mais leur administration est gérée par le Secrétariat d Éducation de l État de Veracruz. Dans tout l État, seuls six jardins d enfants sont fonctionnelles pendant l après midi. À Xalapa, toutes les autres n ouvrent que le matin. Fédérales : Ces institutions éducatives sont financées par la fédération ; elles reçoivent leurs ressources du Secrétariat d Éducation Publique (fédération) qui gère aussi l administration des fonds. Dans la ville de Xalapa, il n existe qu un jardin d enfants de ce type. Autonomes : Une partie des ressources vient de l autofinancement et l autre du ~ 139 ~

144 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse gouvernement. Mais ces institutions gèrent de façon autonome leurs ressources. Généralement, dans cette catégorie, on trouve les universités et la crèche ou les jardins d enfants qui en dépendent. Ces derniers services éducatifs sont proposés et réservés aux personnels des universités exclusivement. Privés : Leur subvention vient du l autofinancement obtenue de paiement de droit d inscription et de mensualités payé par chaque élève. Ces institutions gèrent de façon autonome leurs ressources. Aucune subvention n est pas accordée par l État. 3.2 Le rythme du travail dans les jardins d enfants Une autre caractéristique des jardins d enfants mexicains (fédérales, estatales) se situe au niveau de l emploi du temps. En général, les cours ont lieu le matin et proposent des activités durant trois heures par jour. Mais dans les jardins d enfants fédéralisés on peut en trouver aussi certains qui fonctionnent l après midi (offrant aussi des activités pendant trois heures) et d autres avec un fonctionnement mixte ou continu (qui débute le matin et se termine l après midi). L emploi du temps détermine le type de service. Trois types de services publics existent au sein de l éducation préscolaire mexicaine : Service général : ce service se limite aux tâches éducatives. La plupart des jardins d enfants font partie de ce service. Service d assistance : il offre l alimentation aux enfants (petit déjeuner et déjeuner) et un service éducatif qui débute le matin et se termine l après midi. Service de promotion technique : uniquement dans les petites communes, il offre des activités éducatives qui, généralement, sont liées à la vie des enfants dans ces localités. La catégorisation est la dénomination dépendant du nombre d habitants. Dans le cadre éducatif, cette caractéristique est déterminée par la population à qui sont offerts les services. Elle peut être urbaine, semi urbaine, rurale, rurale marginale et/ou indigène. Selon les caractéristiques de la ville de Xalapa, 99% des jardins d enfants sont placés dans des zones urbaines, et seul un jardin d enfants est installé dans la périphérie frontalière avec un autre municipio. Ceci ne fait pas partie de cette étude ni du processus d échantillonnage. ~ 140 ~

145 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse 3.3 La méthode d échantillonnage Il existe deux types de méthodes d'échantillonnage : probabiliste ou aléatoire et non probabiliste ou non aléatoire. Pour cette recherche la méthode probabiliste est utilisée dans la constitution de l échantillon. Un des attributs de ce type d échantillonnage est la sélection aléatoire, c est-à-dire que «tous les individus ou éléments ont la même probabilité d être pris en compte par l échantillon» (PADUA, 1987). Les méthodes choisies sont au nombre de deux : la méthode d échantillonnage stratifiée et celle par conglomérat Les jardins d enfants : un échantillonnage «stratifié» Même si tout système d échantillonnage est utilisé pour obtenir des estimations de certaines propriétés de la population étudiée, l'échantillonnage stratifié nous garantit d'obtenir une représentativité suffisante pour des strates (sous-groupes) de la population cible. Étant donné que chaque strate devient une population indépendante durant la stratification de cette dernière, il faut déterminer la taille de l'échantillon. À partir de la structure suivie par PADUA, en 1979, il existe deux types d échantillonnage stratifié : Non proportionnel : l échantillon est proportionnellement différent de chaque strate. Proportionnel : la fraction de l échantillon est égale et proportionnelle à chaque strate. Dans le cas particulier de cette étude et en raison des caractéristiques de la population, l échantillonnage stratifié proportionnel a été choisi. Divers aspects sont essentiels à observer dans ce dernier type d échantillonnage : les éléments considérés doivent avoir un rapport élevé avec le sujet d étude et avec les critères sélectionnés. C est-à-dire que dans un univers, plusieurs variables doivent être associées. En 1991, GOODE et HATT, ont indiqué que l échantillonnage stratifié variait d une manière différente de celui qui se fait uniquement au hasard, et ceci même s il utilise la sélection aléatoire simple qui dépend de la chance. La différence se trouve plus concrètement dans la méthode de sélection, par laquelle il augmente le niveau de représentativité de sa population. En plus de cette distinction, PADUA (1979) souligne que dans les avantages de cette méthode ~ 141 ~

146 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse d échantillonnage, l inclusion des critères permet à tous les sujets d une strate d avoir la même possibilité d être sélectionnés. Cette méthode permet aussi l usage d un échantillon plus petit et avec une meilleure précision. Une fois déterminé le nombre de strates nécessaires pour constituer l échantillon, la sélection dans chaque strate est alors possible, en suivant les mêmes procédures que l échantillonnage aléatoire. Il ne faut pas oublier le fait qu un univers homogène se contente, d un échantillon plus petit qu un univers hétérogène. D ailleurs, PADUA (1987) mentionne que les composantes dans chaque strate, peuvent être différentes selon les objectifs et les besoins. En conséquence, cette méthode offre la possibilité d une meilleure connaissance de petits groupes dans chaque univers (strate). Comme la population préscolaire est plutôt homogène, cette méthode a servi dans un premier temps pour la sélection des jardins d enfants de la ville de Xalapa. Afin de pouvoir prendre en compte une partie représentative de la population préscolaire, cette première méthode a pris en compte un critère commun dans chaque strate considérée : 1. Le type de subvention des jardins d enfants. Après avoir observé que, dans la ville cible, il existe des jardins d enfants appartenant à quatre strates différentes, nous avons décidé d éliminer le type fédéral, celle qui est à la périphérie de la ville et qui comprend uniquement un jardin d enfants. De plus, le nombre des enfants et des enseignants n est pas assez significatif par rapport aux autres strates scolaires et jardins d enfants. Suite à cette première division, une autre caractéristique commune des strates est aussi examinée ultérieurement : 2. L emploi du temps établi dans les deux strates présélectionnées. En considérant les principes de cette méthode, les strates par type de subvention 3 sont délimitées comme des univers indépendants et différents. De cette manière, les écoles choisies correspondent à un pourcentage similaire pour chaque strate. Cette division en sous-strates a généré une démarcation de la population urbaine observée. Ceci détermine trois sous-strates 3 Le système éducatif mexicain est supporté par cinq subventions différentes : federalisé, fédéral, estatal, autonome et privée. ~ 142 ~

147 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse (fédéralisé, estatal et privé). Finalement, cinq groupes homogènes sont la conséquence de cette sous-division (fédéralisé matin, fédéralisé après midi et fédéralisé mixte, estatal et privée). Cette combinaison donne le schéma suivant qui montre la délimitation primaire de cet échantillon. Stratification des jardins d enfants de la ville de Xalapa Premier Strate par subvention Privées Publiques Deuxième Strate par subvention des jardins d enfants Federalisés Estatales Fédérales Troisième Strate par emploi de temps Matin Matin Après midi Mixte Matin Matin Quatrième Strate par catégorie Urbains Semi-Urbaine Schéma 3 Sélection des jardins d enfants dans la ville de Xalapa selon les horaires et la subvention scolaire Grâce à l information qui a été reportée dans les formes statistiques du début de l année scolaire dans l État de Veracruz, nous avons appris que le nombre des jardins d enfants dans la localité de Xalapa était de 180. En conséquence, et afin de respecter un pourcentage d au moins 10% par strate, 11,67% des jardins d enfants de la ville ont été choisis de manière aléatoire. Cette distribution a permis d accomplir la première sélection de l échantillon. Les 21 jardins d enfants sélectionnées sont répartis dans les zones suivantes : urbaines -développées ou marginales - de la ville de Xalapa (Veracruz) au Mexique. ~ 143 ~

148 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Petite section Moyenne section Grande section Total JARDINS D'ENFANTS élèves % % nom de répresent échantillon classe atif par classe élèves % échantillon nom de classe % répresent élèves atif par classe % échantillon nom de classe % répresent élèves classes Échantillon atif par classe % represent atif par école FEDERALIZADO MATIN Beatriz Velasco de Aléman % % % % Juan de la Barrera % % % % José Vasconcelos % % % % Jardin de Ninos % % % % Maria Enriqueta Elodia Lopez % % % % Antonio M. Quirasco % % % % Vicente Lombardo Toledano % % % % Prof. Carlos F. Moreno Gonzalez % % % % Cri-Cri % % % % SOUS-TOTAL % % % % MIXTE Juan Escutia % % % % Noxinach % % % % SOUS-TOTAL % % % % APRES MIDI Lilia Judith Loman Suarez % % % % Manuel M. Oropeza % % % % SOUS-TOTAL % % % % ESTATAL Graciela Rivera de Pozos % % % % Experimental % % % % Mara Montessori % % % % Gabriela Mistral % % % % SOUS-TOTAL % % % % PRIVÉE Centro Renacimiento % % % % Centro Escolar Acueducto % % % % Colegio de Xalapa, A.C % % % % Maria Montessori % % % % SOUS-TOTAL % % % % TOTALE % % % % Tableau 5 Distribution de la population de chaque jardin d enfants participant Les parents : un échantillonnage «par conglomérats» Suite à la détermination de l échantillon des jardins d enfants, la sélection, également faite de manière aléatoire d un nombre varié de parents, a été effectuée. La méthode d échantillonnage poursuivie à cet effet est dite par conglomérats. Il faut signaler qu il existe beaucoup de similitude entre ce type d échantillonnage par conglomérats et celui par strates. Les deux méthodes sont de type probabiliste : toutes les combinaisons donnent aux éléments la même probabilité d être inclus dans l échantillon, mais chacune a des applications spécifiques pour la sélection de la population (PADUA, 1987, p. 64). Généralement, la méthode par conglomérats est utilisée dans les cas où la population d étude est dispersée et donc, les coûts pour obtenir l information de recherche sont assez élevés : un de ses avantages est économique. À partir de l échantillon déjà sélectionné des jardins d enfants nous avons établit le tableau suivant. ~ 144 ~

149 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Subvention des Jardins d'enfants Public Distribution des jardins d'enfants dans la ville de Xalapa emploi du temps Jardin d'enfants Sections Enfants inscrits % des total total total Échantillon jardins dans échantillon dans la échantillon dans la échantillon de parents d enfants la ville ville représentés ville % de la population infantile des jardins d'enfants représentée Fédéralisé Matin ,5% 38,5% Après-midi ,1% 4,2% Mixte ,0% 15,6% de l'état (estatal) Matin ,8% 31,3% Fédéral Matin % 0% Privé Matin ,0% 10,4% TOTAL ,7% 100% Tableau 6 Distributions selon la subvention et les horaires des jardins d enfants dans la ville de Xalapa et de la population des jardins d enfants qui font parti de l échantillon. Rentrée (SEV, 2006) La sélection de l échantillon de parents a eu lieu en considérant le critère suivant : «le nombre d enfants inscrits dans chaque section des 21 jardins d enfants participants». Avec ce critère, le nombre d enfants par section de chaque jardin d enfants a été pris comme un univers. Cette situation a permis la sélection et l intégration aléatoire de l échantillon final dans chaque conglomérat (section). C est ici que ce processus fait la différence entre la première méthode d échantillonnage «stratifiée» suivie et celle-ci «par conglomérats». Enfin, la combinaison entre le nombre d enfants inscrits et chaque section éducative détermine l échantillon final nécessaire pour chaque jardin d enfants. En raison des relations parents, enfants et jardin d enfants, cette recherche a essayé de faire une incursion dans l école et ses alentours. À la rentrée , l effectif global de la population préscolaire de la ville était de élèves dont 11,26% d inscrits dans l ensemble des 21 jardins d enfants choisis. La constitution finale du panel de parents à questionner est indiquée dans le tableau ci-dessous en fonction de la subvention, de l emploi du temps des jardins d enfants et en prenant compte de l inscription de l enfant à une section d éducation préscolaire. ~ 145 ~

150 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Par subvention et emploi de temps des jardins d'enfants élèves Petite section Moyenne section Grande section % échantillon nom de classe élèves % échantillon nom de classe élèves % échantillon nom de classe Total élèves classes Échantillon FEDERALIZADO MATIN MIXTE APRES MIDI ESTATAL MATIN PRIVEE MATIN TOTAL Tableau 7 Distribution de la population des 21 jardins d enfants choisis, par section et le type de subvention (SEC, 2006) Finalement, le tableau précédent montre les pourcentages de chaque conglomérat dans les cinq strates prises en compte. Chaque partie intégrée est proportionnelle à la population finale des parents à observer. Pour cela, dans la mesure du possible, certaines précautions ont été mises en place pour la «sélection» de l échantillon des parents : Prendre des personnes qui ont des liens avec les enfants, soit les parents, soit les responsables de son développement quotidien et éducatif, Éviter la sélection des parents qui réalisent des activités au sein de l école, Essayer d avoir au minimum un tiers du nombre de pères à interroger. Essayer d avoir un minimum de couples interrogés. Avec cette intégration finale de l échantillon, la poursuite de cette étude s est orientée vers une autre précaution. Comment obtenir l information qui servirait pour cette étude? Quelle serait la meilleure manière pour établir le lien entre l'enquêteur et les parents? Quel type d enquête de terrain serait la meilleure pour cette étude? Ainsi, la sélection d une technique de rencontre et d échange d information en vue d une approche des individus dans la diversité réelle de leurs contextes sociaux et culturels, nous a imposé une réflexion sur la manière de procéder. ~ 146 ~

151 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse 3.4 Pré enquête et préparation du questionnaire Nous savons qu une grande diversité de techniques de recueil d informations existe. Dans le cadre de l enquête de terrain, OLIVIER DE SARDAN (2007) signale que celle-ci, principalement, obtient sa source d information de : l observation participante, procédés de recensement, recueil de sources écrites et entretien ouvert, semi dirigé ou dirigé-. Chacune est un long jeu de construction qui demande à être soumis à différentes considérations dans le sujet d étude avant d être pris en compte. D une certaine manière, chaque technique d enquête est nécessaire pour décrire certains aspects. Le choix de la méthode exacte permettra d expliquer la pertinence de l usage d une ou plusieurs de ces méthodes. Dans la plupart des cas, un bon choix d approche enrichit davantage l étude. Pour le recueil de données, afin de s interroger si la participation de parents mexicaines à l école était vecteur de différents niveaux d implication parentale, différentes techniques d enquête ont été examinées (les questionnaires, l entretien, l observation participante ). Chacune de ces techniques peut bien être utilisée pour l obtention de données mais pour récupérer des informations plus personnelles, spontanées et utiles sur la participation et l implication de chaque parent à l école, nous avons suivi une seule méthode. Toujours dans l intérêt d approfondir et améliorer certains indicateurs qualitatifs et quantitatifs qui, en liaison avec leurs propres expériences et leur histoire scolaire, déterminent l implication des parents dans la période de l éducation préscolaire de leurs enfants, nous avons déterminé que la technique la plus pertinente et efficace était le questionnaire. Selon les caractéristiques de cette étude, nous avons estimé que la mise en place d un questionnaire de collecte d information était pertinente et que les retours d informations étaient très favorables pour pouvoir parler dans un premier temps d une étude significative et paramétrique. Il en découle : la délimitation de l objet d étude, la sélection pertinente des questions et la détermination de l usage et manipulation des informations recueillies (codage et recodage). Grâce à la structuration de différentes questions, il nous a été possible de recueillir des informations d une grande amplitude. Certaines ont été choisies pour décrire quelques aspects et certaines pour en comprendre d autres. Selon BOURDIEU, en 1980, et PASSERON, en 1991, les questions ont pour intention d expliquer ce que les acteurs font par ce qu ils sont, et non ~ 147 ~

152 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse pas ce qu ils disent de ce qu ils font. En suivant cette logique, DE SINGLY signale à propos de l enquête scientifique et des questionnaires que cet instrument «ne cherche pas à produire un chiffre qui parle de lui même, il veut avant tout rendre compte d une activité ou d une opinion en dévoilant les facteurs qui influent sur celle-ci» (1992, p. 15). L'enquête par questionnaire à usage principal a été le mode de collecte de l'information de cette étude. Comme l annonce POYEN (2001), l usage d un questionnaire comme outil principal suppose que les objectifs aient été constitués et coordonnés en modèles explicatifs. Le plan d'entretien structuré a été élaboré pour que les données produites puissent être confrontées aux objectifs, en utilisant comme base divers indicateurs que nous avons définis au début de cette thèse et qui ont été démontrés dans les pages précédentes La construction du questionnaire L élaboration de cet outil a mis l accent sur la perception que les parents ont de leur propre participation dans l éducation de leur enfant en âge préscolaire et la répercussion que leur implication peut avoir sur l éducation préscolaire de leur enfant. Le questionnaire final était établi sur la base de quinze questions partagées en cinq parties différentes regroupant trois sujets différents. Ces trois sujet ont comprit aspects relatifs aux participants et à leur implication dans l éducation préscolaire de leur enfant : Choix du jardin d enfants et attentes du jardin d enfants, Actions proposées aux enseignants pour se rapprocher des parents, o Proposition pour améliorer le lien entre la famille et le jardin d enfants, o Opinion sur le lien existant entre l enseignant et les enfants et les parents, Activités menées par les enseignants pour être en contact avec les parents, o Intérêt à participer aux activités, Répercussion du lien entre le jardin d enfants et la famille (Positive ou négative chez l enfant et chez les parents), suite à leur parcours scolaire, o Bénéfices ou pertes obtenus du soutien familial, Rôle que la famille joue au sein du jardin d enfants, o Soutien obtenu de la part de la famille, o Expériences scolaires qui ont marqué leur vie, ~ 148 ~

153 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Répercussion due au lien établi entre le jardin d enfants et la famille, Propositions ou suggestions générales : du jardin d enfants, des enseignants, du système éducatif Dans chacune des cinq parties, il y avait des questions fermées et d autres ouvertes, afin de récupérer différentes informations en vue de valider l objectif principal. Les parties considérées ont été : l aspect sociodémographique des parents, l aspect général du jardin d enfants de leur enfant en considérant leur choix et leur satisfaction pour cette institution, la relation existante entre le foyer et le jardin d enfant, la perception des parents selon le lien existant entre eux et l enseignant, le jardin d enfants et les autres parents par rapport à leur propre histoire scolaire, les souvenirs de leur propre parcours scolaire. Dans chaque partie les questions ont été conçues en essayant d'utiliser un langage clair, simple et adapté. Afin de faciliter la communication et récupérer des réponses personnelles et concrètes à chaque question, elles étaient présentées, dans le but de faciliter la réponse des parents, sous une forme fermée. Et, dans le but d'obtenir une plus grande information concernant leurs perspectives par rapport à leur propre participation au sein de l éducation préscolaire de leur enfant, sous une forme ouverte. La procédure mise en place pour l application du questionnaire a été constituée de trois étapes : Une première consacrée au test et à la validation de l instrument de mesure. Une deuxième partie dédiée à la validation pratique du questionnaire, c'est-à-dire au processus correspondant à la pré-enquête. Une troisième qui considère la mise en œuvre de la passation de questionnaire sur la population cible, c est-à-dire l enquête. ~ 149 ~

154 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Pré-enquête : validation pratique du questionnaire Tout au début, le contenu de ce questionnaire a été donné à cinq professeurs d éducation préscolaire et à cinq psychologues afin d être évalué. À la fin de ce processus, la restructuration de certaines questions a été nécessaire. C est à l issue de cette phase seulement que la validation du questionnaire a pu être confirmée. Dans une première étape du pilotage, pré-enquête, le questionnaire a été appliqué auprès d une population identique à la population cible mais sur un total de vingt parents ayant inscrit leur enfant dans un jardin d enfants différent de l échantillon. Une restructuration de certaines questions en a découlé. Par ce biais, nous avons essayé de simplifier le langage écrit utilisé dans l ensemble des questions posées. Dans cette étape de pré-enquête, nous avons convenu d une séance d information qui nous a permis d approfondir la démarche à suivre au sein des jardins d enfants choisis. Dans cette réunion, la directrice de l éducation préscolaire de l État, responsable des jardins d enfants a soulevé certains points qui nous ont été utiles pour la restructuration de l outil pour la récupération finale d information. Nous nous sommes mis d accord sur le fait d interroger la population intéressée le matin, à l heure de l entrée des enfants, afin de ne pas perturber les activités éducatives. Les répondants ont tous été sélectionnés par l enquêteur par une méthode de tirage au sort aléatoire. Le questionnaire a été présenté aux vingt parents ayant inscrit leur enfant dans ce jardin d enfants. Dans cette étape l outil utilisé, afin de mieux cerner les raisons parentales de la participation et l implication des parents au sein de l éducation préscolaire de leur enfant, a été établi sur la base de dix-sept questions divisées en cinq points. Une première partie dédiée à récupérer l information sociodémographique des participants et, d une deuxième visant les aspects relatifs au choix du jardin d enfants, à la relation école-famille, aux perceptions des parents, aux bénéficies résultants du lien instituteur parents et, aux propositions d enseignants pour travailler avec les parents. Toutes les questions étaient ouvertes afin d obtenir les réponses les plus représentatives et les plus riches possibles, ainsi que pour récupérer le maximum de différences et similitudes et pouvoir ainsi construire notre instrument final. ~ 150 ~

155 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Ce premier questionnaire auto administré de pré-enquête prenait environ 40 minutes à remplir. Pendant sa passation l enquêteur a accompagné son déroulement en aidant certains parents à écrire leurs réponses ou à expliquer les questions. Car certains parmi eux, ne savaient pas lire ou écrire ou bien étaient analphabètes. Une restructuration s est avérée nécessaire suite à l obtention des résultats. Des dix-sept questions six sont devenues fermées, deux ont été supprimées, quatre ont été reformulées et les cinq restantes ont été regroupées en deux parties Informations sociodémographiques Premièrement, il était nécessaire de connaître l âge des parents et le sexe des répondants puis il était possible d observer une certaine tendance de l un des deux sexes à s engager plus que l autre dans l éducation préscolaire des enfants. Avec cette variable, nous avons aussi considéré la possibilité de pouvoir déterminer s il existait une différence entre la participation des jeunes et des personnes plus âgées. Plusieurs facteurs pouvaient conduire les parents à participer ou à s engager et le temps qu ils avaient à y investir en était un. L état civil des parents et le fait de connaître leur occupation permettait de savoir si les parents étaient en mesure de concilier travail et participation active et engagement au sein de l éducation préscolaire de leur enfant. Le salaire mensuel était une question qui pouvait nous aider à mieux délimiter le contexte social des familles. Le nombre d enfants pouvait aussi avoir un impact sur leur approche de l éducation formelle de leurs enfants. La place occupée par l enfant en âge préscolaire entre ses frères et sœurs pouvait motiver un plus grand intérêt des parents à s engager dans leur éducation. Nous ne pouvons négliger la scolarité des parents comme un facteur décisif pour leur engagement vis-à-vis de la formation formelle de leur enfant Le choix du jardin d enfants Dans cette section nous avons jugé important de demander aux parents la raison qui a motivé leur choix du jardin d enfants pour inscrire leur enfant. Nous nous sommes demandé aussi si cette institution répondait à leurs attentes. ~ 151 ~

156 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Relation école - famille Cette troisième section avait pour objet d interroger les participants sur le rapport entretenu entre leur enfant et le personnel du jardin d enfants. Nous avons demandé comment était la relation entre l enseignant et leur enfant afin de mesurer leur intérêt sur la vie préscolaire de leur enfant et le degré d implication parentale. Nous avons jugé important aussi de demander comment les parents considéraient les activités mises en place par le professeur pour être en contact avec eux : cela pouvait nous aider à comprendre le degré de participation des parents et leur motivation à s'impliquer dans certaines activités. En ce sens, nous les avons questionnés sur la participation parentale aux activités, sur les raisons pour lesquelles les parents participaient davantage à l unes ou l autres et quelles étaient leurs préférées. Nous avons aussi choisi de demander aux parents quel étaient les bénéfices de cette participation tant pour eux que pour leur enfant. Enfin, nous nous sommes questionnés sur le rôle que la famille jouait au sein du jardin d enfants. Cette question était primordiale puisqu elle était reliée directement à la participation et implication centrale de notre recherche Perception du lien entre le jardin d enfants et les parents Pour cette quatrième partie du questionnaire, nous avons interrogé les personnes au sujet des relations entre les parents, les enseignants, et le personnel administratif et non administratif du jardin d enfants. Le regard des parents sur certaines activités mises en place par l enseignant peuvent déclencher leur participation et leur engagement vis-à-vis de l éducation formelle de leur enfant. C est pour quoi nous avons inclus une question qui tâche de savoir quelles actions les parents aimeraient faire et réaliser au sein de l éducation préscolaire de leur enfant Bénéfices de la participation parentale Quatre questions ont constitué cette partie. Comme nous l avons mentionné plus haut, les mauvaises relations avec les enseignants peuvent entraîner une influence négative chez les enfants et des réticences chez les parents à s investir à l école. En plus, la qualité des relations avec le personnel du jardin d enfants peut également avoir une incidence directe sur les ~ 152 ~

157 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse motivations à demeurer actif au sein des activités destinées aux parents, ainsi que sur le développement harmonieux de l enfant et l estime de soi des parents. Pour cela, nous avons voulu savoir, par rapport aux bénéfices pour les parents et leurs enfants, quels étaient les résultats de la participation parentale à l école Propositions Finalement, dans cette dernière section, nous avons voulu connaître les propositions que les parents avaient à faire aux enseignants par rapport à leur travail avec eux. Notre constat est le suivant : parfois les parents osent dire leurs intérêts et leurs besoins et d autrefois, ils pensent qu ils ne sont pas pris au sérieux par les enseignants. Par ailleurs certains parents ont peur de parler aux enseignants de certaines situations de la vie scolaire, craignant que leur enfant ne soit pénalisé ou ridiculisé. C est pourquoi nous avons inclus trois questions sur ce sujet afin d approfondir davantage les motivations et besoins des parents Résultats de la pré-enquête Cette partie présente les résultats obtenus à la suite de la récolte des données provenant des questionnaires de pré-enquête distribués auprès des parents ayant inscrit leur enfant dans le jardin d enfants participant. Il est intéressant de signaler que la rencontre avec les parents s est très bien passée. Dans la plupart des cas, ils se sont proposés pour faire partie de cette pré-enquête mais, afin de conserver le tirage au sort, l enquêteur a distribué les questionnaires selon le pourcentage d enfants par classe, aspect pris en compte pour la sélection de l échantillonnage. Nous avons prévu une vingtaine de questionnaires et nous sommes arrivé à avoir le même nombre de réponses. En conséquence le lien établi pendant la passation de questionnaires avec les parents a été très intéressante. Malgré tout l intérêt des parents, nous avons respecté la confidentialité des informations des vingt parents interrogés et de même pour l analyse des réponses qui sont restées dans l anonymat pour les vingt participants. Le taux de réponse pour chaque question a été très varié et dans certains cas très similaire. Il est important de dire que les réponses obtenues ont été utilisées pour faire des catégories et simplifier le questionnaire final dans l intérêt de réduire le temps réel de la passation car nous avons trouvé que la passation était un peu longue. ~ 153 ~

158 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Dans la partie concernant l information sociodémographique des participants, nous avons constaté que les femmes ont plus de disponibilité. Quant au statut occupationnel, une grande partie d entre elles sont femmes au foyer. En conséquence, le nombre de personnes enquêtées était significativement féminin. Il était important de noter que tous les répondants ont eu du mal à communiquer leur salaire, raison pour laquelle nous n avons pas pris en compte cette réponse. Nous pouvons penser que les parents ont un peu honte de dire aux autre que leur salaire reste assez bas. En ce qui concerne le choix scolaire, il est important de signaler qu au Mexique la carte scolaire n existe pas. Cependant la proximité des jardins d enfants de la maison est le premier critère de choix des parents pour inscrire leur enfant. Et, même si la proximité jardin d enfants-foyer joue de manière importante dans le choix, un grand nombre de réponses divergentes par rapport aux attentes des parents, sont repérées dans cette section. Quant aux réponses relatives à la section «relation entre le jardin d enfants et la famille», neuf catégories de réponses différentes ont été repérées par rapport à la relation établie entre l enseignant, les parents et l enfant. Par contre, une énorme dispersion au sujet des types d activités mises en place par l enseignant a été observée. Les activités sociales ont été les plus diversifiées et citées ainsi que le rôle de la famille au sein de l école aspect qui a eu onze réponses différentes. La similitude dans les réponses similaires dans certaines questions nous a permis de les rassembler afin de faciliter leur analyse. À noter que certaines réponses à certaines questions ne répondent pas du tout à notre sujet d étude. Une modification en utilisant les réponses obtenues s est imposée. Quand nous avons interrogé les parents sur leur perception du processus éducatif suivi par leur enfant, ils ont indiqué que quand ils se sentaient incompétents même s ils désapprouvaient, ils montraient leur subordination quant à certaines techniques pédagogiques appliquées par l enseignant. ~ 154 ~

159 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse En ce qui concerne les bénéfices qui découlent des relations entre les parents au sein du jardin d enfants nous avons trouvé quatorze catégories de réponses différentes. Par exemple nous avons trouvé que pour les parents, les réponses les plus représentatives ont étés : Une bonne coopération ainsi qu un bon esprit d équipe entre eux et les enseignants. Le fait de garder et d entretenir de bonnes relations parents-enseignants a été qualifié comme très nécessaire. Nous avons trouvé aussi que selon les parents le contact social sert à améliorer particulièrement les relations de cinq manières différentes : pour être plus sociable, pour avoir une meilleure interaction avec ses enfants, avec son conjoint, avec les enseignants et les enfants et, et pour communiquer davantage avec d autres parents. En plus, nous avons confirmé que les participants ont qualifié de positives leurs relations avec les différentes intégrantes de la communauté éducative. Par contre, les relations entretenues avec la directrice du jardin d enfants n ont pas été toujours positives. Aux questions concernant les propositions, les réponses ont été très similaires donc nous les avons réunies afin de ne pas répéter les résultats et rendre plus simple la passation de questionnaire sur notre population cible. Parmi les réponses que nous avons trouvé, certaines n ont pas eu de relation précise avec le jardin d enfants en question. Les parents ont exprimé des problématiques diverses par rapport aux autres institutions éducatives auxquelles sont inscrits leurs autres enfants. Enfin, il était important de noter que tous les répondants avaient déjà participé aux différentes activités pour les parents au sein de ce cycle préscolaire. Ces résultats de pré-enquête ont été analysés plus en profondeur pour bien réorganiser et intégrer le questionnaire final. Leur objectif premier était non seulement de nous initier à la situation d étude, mais surtout de créer le questionnaire pour la passation cible. Ces réponses nous ont éclairés pour traiter le sujet de l implication parentale au jardin d enfants de plus près que le premier questionnaire ne nous l avait permis. Nous avons conclu que la procédure mise en place pour l application de cette pré-enquête devait être considérée comme la meilleure pour la passation finale. Par contre, sa taille devait être révisée et sa longueur réduite. ~ 155 ~

160 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse PRÉ ENQUÊTE CATÉGORISATION ACTION SPÉCIFIQUE Age (Père Mère) Sexe de l enquêté Lien de parenté avec l enfant (père, mère, frère ou sœur, grands-parents, autre) État civil (célibataire, ) INFORMATION Nombre d enfants SOCIODÉMO Scolarisés GRAPHIQUE Inscrits dans le même jardin d enfants Entre ses frères et sœurs, Quelle rang occupe l enfant dans la fratrie? Sexe de l enfant Classe de l enfant Personnes vivant avec l enfant PÈRE MÈRE CHOIX SCOLAIRE (1 2) RELATION ÉCOLE FAMILLE (3-6) PERCEPTIONS (7-9, 14) Niveau d études Profession Si vous travailler, Nombre d heures de travail par jour Niveau d études Profession Nombre d heures de travail par jour Pourquoi vous avez choisi ce jardin d enfants? Ce jardin d enfants répond-il à vos attentes? Oui. Non Pourquoi? Comment est la relation entre vous et le professeur de votre enfant? Auxquelles activités participez-vous? Selon vous, quelles activités vous ont aidé à améliorer le contact avec votre enfant? Positives, Négatives Comment vous sentez-vous par rapport au jardin d enfants de votre enfant? Que fait le professeur pour être en contact avec les parents? Aimez-vous participer dans les activités pour les parents mises en place pour le jardin d enfants? Oui, Non ~ 156 ~

161 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse PRÉ ENQUÊTE CATÉGORISATION ACTION SPÉCIFIQUE Pourquoi? Dans quels activités qui se font sans soutien des parents, aimerez- vous participer? Comment considérez-vous que votre participation a bénéficié à vos enfants? Selon vous, quel rôle a la famille au sein du jardin d enfants? BÉNÉFICES Comment considérez-vous que le lien entre l école et le foyer a-t-il une (10-13) influence sur votre enfant? Positive. Négative Dans quels aspects considérez-vous que le lien et le travail avec les parents vous ont servi ou pas? PROPOSITIONS (15-17) Si vous étiez le professeur, quelles actions ferriez-vous pour se rapprocher des parents? Quelles propositions ferriez-vous à l enseignant de votre enfant par rapport au travail avec les parents? Si quelque chose a été omis ; et que vous considérez important par rapport au lien entre l école et la famille, indiquez-le 3.5 Élaboration et passation du questionnaire final Au sortir des résultats de la pré-enquête, nous avons élaboré une grille récapitulative en fonction de ces premiers résultats. Cette étape nous a permis de revoir notre problématique et notre objectif principal et de reprendre certaines questions. Nous avons réorganisé le questionnaire en utilisant les réponses plus représentatives afin de fermer les questions. Certaines ont été changées. Par contre nous l avons divisé en une partie dédiée à l information sociodémographique des participants plus quinze questions reparties en trois parties supplémentaires. Avec cette structure, la constitution du questionnaire final a donné suite à notre enquête. Ces trois parties ont compris d aspects relatifs aux participants et : à leur implication dans l éducation préscolaire de leur enfant, à leurs souvenirs scolaires et répercussions chez les enfants et chez les parents, à leurs propositions ou suggestions généraux : du jardin d enfants, des enseignants, du ~ 157 ~

162 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse système éducatif Avant de commencer avec la description des résultats de l enquête nous devons mettre l accent sur le fait que, travailler pour le secrétariat d éducation de l état de Veracruz a facilité les démarches dans le lien établi avec les jardins d enfants, ce qui nous a ouvert les portes pour bien mener à terme cette étude. Dans l ensemble, la directrice de tous les établissements d éducation préscolaire, primaire et secondaire ainsi que ses deux sous-directrices, responsables des jardins d enfants participants (estatal et fédéralisé), ont motivé le personnel pédagogique pour participer. De même les enseignants et la directrice de chacun des jardins d'enfants participants, ont encouragé les parents à accepter de participer à la pré-enquête et à l enquête. Le fait d être jugé par un membre externe a provoqué l intérêt de plusieurs membres des communautés éducatives pour participer. Pour certains parents, nous sommes devenus un espoir pour régler leurs problèmes avec l école et les enseignants de leurs enfants. D autres ont cru que nous pouvions intervenir positivement sur la scolarité de leurs enfants, sur certains mauvais fonctionnements à l intérieur de l école ou sur certaines techniques d enseignants pratiquées par les enseignants. C est ainsi que très peu de parents ont refusé de répondre soit à la pré-enquête ou au questionnaire final. D accord à notre état de connaissance, nous avons considérer pertinente de poser les questions suivantes. Questions qui sont évidement reliés aux thèmes et facteurs traités au préalable. Par ailleurs, suite aux modifications du questionnaire de pré-enquête et afin de répondre à notre question de départ et de considérer nos objectifs généraux et spécifiques, la composition du questionnaire final a été disposé en deux parties. L une consacrée à récupérer les informations sociodémographiques des parents participants et l une autre, sous divisée en huit parties, qui essaie de mesurer différents aspects de l implication parentale au jardin d enfants. Les quatre premières questions ainsi que les, sixième, huitième et treizième de la deuxième partie ont été fermées ainsi les participants ont la possibilité de choisir entre plusieurs réponses par question. Par contre, les huit autres questions restantes sont restées ouvertes. Le questionnaire final a été composé tel qui est présenté dans le tableau suivant. Dans cette partie nous n approfondirons pas la composition de chaque partie, car dans les résultats finaux, ces aspects seront abordés. ~ 158 ~

163 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse QUESTIONNAIRE FINAL CATÉGORISATION SOCIODÉMO GRAPHIQUE PÈRE MÈRE ACTION SPÉCIFIQUE Age (Père Mère) Sexe de l enquêté Lien de parenté avec l enfant (père, mère, frère ou sœur, grands-parents, autre) État civil (marié, célibataire, ) Nombre d enfants Scolarisés Inscrits dans le même jardin d enfants Entre ses frères et sœurs, Quelle rang occupe l enfant dans la fratrie? Sexe de l enfant Classe de l enfant Personnes vivant avec l enfant Niveau d études Profession Si vous travailler, Nombre d heures de travail par jour Niveau d études Profession Nombre d heures de travail par jour IMPLICATION PARENTALE CHOIX SCOLAIRE (1 2) RELATION ÉCOLE FAMILLE (3-4, 6) PARTICIPATION (5) Qu est ce qui a motivé votre choix de ce jardin d enfants? Ce jardin d enfants répond-il à vous attentes? Oui. Non Pourquoi? Comment voyez-vous la relation entre vous et le professeur de votre enfant? Que fait le professeur pour être en contact avec les parents? Selon vous, quel rôle a la famille au sein de l école? Aimez-vous participer aux activités scolaires destinées aux parents? Oui, non Pourquoi? ~ 159 ~

164 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse QUESTIONNAIRE FINAL CATÉGORISATION VÉCU SCOLAIRE (7-10) PERCEPTION DE RÉPERCUSSION CHEZ LES ENFANTS (11-12) RÉPERCUSSION PARENTS (13) PROPOSITIONS (14-15) ACTION SPÉCIFIQUE SOUVENIRS SCOLAIRES Pendant votre parcours scolaire, avez-vous bénéficié d un soutien familial? Oui. Non Considérez-vous que le soutien familial que vous avez reçu pendant vous études, a déterminé votre approche à la scolarité de votre enfant? Oui. Non Quand vous participez au jardin d enfants de vos enfants, cela vous rappelle-t il certaines expériences de votre parcours scolaire? Oui. Non Lesquels? Considérez-vous que certaines expériences scolaires ont marqué votre vie? Oui. Non Lesquelles? De quelle manière votre expérience scolaire, détermine t elle l éducation de votre enfant? Positivement. Négativement Pourquoi? Considérez-vous que le lien entre l école et le foyer a-t-il une influence sur votre enfant? Oui. Non Pourquoi? Dans quels aspects considérez-vous que le lien et le travail avec les parents vous ont ou non servi? Quelles propositions ferriez-vous à l enseignant de votre enfant pour se rapprocher des parents? Si quelque chose a été omis ; et que vous considérez important par rapport au lien entre l école et la famille, indiquez-le ~ 160 ~

165 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse 3.6 Passation du questionnaire En premier lieu, nous avons dû faire une demande officielle afin d avoir un droit d accès et d enquête dans les jardins d enfants. À cette sollicitation, la titulaire de la Direction Générale d Éducation Populaire du Secrétariat d Éducation de l État de Veracruz a répondu favorablement. Elle a pris contact avec le responsable de l éducation de base (jardin d enfants, primaire et collège). Photo 5 Réunion de présentation de la recherche aux directrices du système fédéralisé En parallèle, elle a généré le contact avec les deux responsables de tous les jardins d enfants publics et privés de l État. En accord avec la réglementation institutionnelle, un entretien personnel en vue de la présentation du projet a eu lieu devant les deux responsables. Selon la distribution administrative, chacune à son tour a convoqué le personnel directif des vingt et un jardins d enfants choisis afin de leur présenter le projet et leur expliquer la méthode à employer. Chaque système a été réuni indépendamment de l autre. Dans le cas du système estatal, une seance de deux heures a eu lieu pour présenter le projet. Quatre directrices d estatales et deux des jardins d enfants privés y ont assisté. La sélection de l emploi du temps a été choisie ici par chaque directrice selon son propre emploi du temps scolaire. Trois jours après cette présentation, la distribution et la passation des questionnaires a commencé. Cette procédure a également été suivie dans le système fédéralisé. Le moment choisi pour effectuer la passation des questionnaires a été déterminé, aussi, selon la disponibilité de chaque école. Finalement, la mise en œuvre réelle venait de commencer. Lors d une deuxième étape, la passation des questionnaires a eu lieu en essayant d observer deux jardins d enfants dans une même journée : une le matin et l autre l'aprèsmidi. Cette dynamique établie a été déterminée afin d éviter des perturbations dans le travail pédagogique des professeurs. En règle générale, les questionnaires ont soit été distribués avant ou pendant l heure d entrée à l école, soit pendant l heure de sortie des enfants ou après la journée scolaire. Liée à l emploi de temps, la passation s est déroulée dans la cour ~ 161 ~

166 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse principale ou à l extérieur de l institution. Dans certains cas, une salle de réunion a été proposée et utilisée. Toute passation s est effectuée sous la surveillance de l'enquêteur. Cette variation de situation est due à l organisation scolaire particulière de chaque jardin d enfants. La sollicitation des parents pour répondre au questionnaire est issue d un processus mis en place de manière aléatoire. Pourtant, la participation des parents a été facultative dans la totalité de son déroulement mais a parfois été basée sur le volontariat. Pendant ce processus et au moment de la demande de participation, nous avons assuré à chaque parent la confidentialité des informations personnelles dévoilées ainsi qu un accès aux résultats finaux. Finalement, 192 parents ayant inscrit leurs enfants dans les vingt et une écoles sélectionnées ont été interrogés. Le déroulement des questionnaires a duré environ cinq semaines. Une semaine pour les jardins d enfants privés, deux pour les «estatales» et deux de plus pour les fédéralisés. Par rapport aux questions ouvertes, en considérant la méthode de BARDIN (1991), elles ont été regroupées selon une grille d analyse de contenu catégorielle. Enfin, c est grâce à tout ce processus méthodologique que notre travail sur le terrain a commencé. Après avoir, établi des objectifs clairs, précis et opérationnels pour les faire valider par la population ciblée, nous avons identifié les jardins d enfants participants. Après la passation du questionnaire, nous avons pu rapporter ses résultats généraux afin de les dépouiller, les codifier et les tabuler. Dans l intérêt de trouver une explication concrète à notre question de départ ces résultats nous ont incités à poursuivre l enquête pour mieux mesurer le problème d implication parentale au Mexique. 3.7 L échantillon des jardins d enfants de la recherche Considérant que la culture prend diverses formes dans le temps et dans l espace et que cette diversité s incarne dans l originalité et la pluralité des identités ainsi que dans les expressions culturelles des peuples et des sociétés qui constituent l humanité nous considérons qu il est pertinent de décrire chacune des jardins d enfants participants. Chaque jardin d enfants, comme chaque parent, est différent et unique (UNESCO, 2005). L organisation architecturelle, administrative et pédagogique interne de chaque jardin ~ 162 ~

167 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse d enfant mérite bien une présentation. Chaque élément présent dans les établissements fait partie d un processus socioculturel dérivé, dans la plupart de cas, d un besoin de la communauté éducative. Même si la majorité des écoles placées dans les grandes villes est construite par le biais du Secrétariat d éducation publique par le comité de construction d espaces éducatifs (CCEE), organisme public responsable de gérer la création et l agrandissement physique des établissements scolaires, dans un grand nombre de cas, cette activité est aussi mise en œuvre par les écoles et sur l accord des différents membres de la communauté éducative. Pour cette raison, chaque jardin d enfants présente des caractéristiques spécifiques à son environnement. Pour bien comprendre la nature de cette étude, il est nécessaire de s arrêter un instant sur ces caractéristiques de chaque jardin d enfants. Chacune a des structures administratives, architecturales et des usages différents. Les indicateurs relevés sont à la fois des éléments descriptifs et des données explicatives qui permettent de mieux comprendre les différences existant entre elles. Les 21 scénarios sont placés dans la ville de Xalapa. Dans la carte suivante, sa distribution est présentée selon son adhésion au système éducatif. Jardins d enfants fédéralisés Jardins d enfants «estatales» Jardins d enfants privés ~ 163 ~

168 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Carte 2 Distribution des 21 jardins d enfants dans la ville de Xalapa Le projet d étude trouve sa justification à partir de différents indicateurs qui soulignent les variations rencontrées dans chaque établissement. Celles-ci servent à justifier les actions quotidiennes au sein des jardins d enfants. Avoir un parcours scolaire n est pas un passage isolé qui reste dans l esprit de l individu ; il passe par la pratique face à certains événements. ~ 164 ~

169 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse En conséquence, une véritable approche entre les parents et l école ne s arrête pas seulement au contact physique ; il cherche essentiellement à provoquer un impact chez les enfants. Les relations établies entre les parents et l école sont un mode de régulation et d apprentissage constant entre ces deux milieux, où l enfant est le point commun. L originalité de chaque institution participant au rapprochement avec les parents et un travail avec eux, est certaine. Les résultats aussi sont différents. Les principales informations décrivent les caractéristiques physiques de chaque jardin d enfants afin de trouver une logique entre les réponses des parents obtenus et les observations récupérées pendant la remise des questionnaires. Au moment de la rentrée , dans les écoles où les parents interrogés semblaient plus disponibles par rapport à leur engagement envers la scolarité de leur enfant, le nombre de la population infantile était aussi plus élevé. Dans les 21 jardins d enfants ayant participé, 81% bénéficient dans sa totalité de la subvention de l État (62% sont des jardins d enfants fédéralisés et 19% «estatales», les 19% restants sont privés) Les établissements «estatales» Les quatre jardins d enfants bénéficiant de la subvention «estatal» ou de l état ont étés les premières à être sondées. Tout au début, une réunion d information a eu lieu, à laquelle ont participé : les directrices des jardins d enfant, la sous-directrice des jardins d enfants «estatal», la chef de la circonscription et les personnels de soutien technique ; de même, deux directrices de jardins d enfants privés attachés pédagogiquement à l État y ont aussi assisté. Dans cette réunion, ont été exposés les objectifs de l étude, la manière de réaliser la passation du questionnaire et l engagement d offrir les résultats finaux. Chaque responsable des jardins d enfants a accepté librement de participer à l étude et a pu déterminer le jour le plus favorable pour procéder à l enquête. Au cours de la réunion, les participants ont posé des questions relatives à certains aspects de l opération. Elles ont souhaité avoir les résultats comparatifs finaux de l ensemble ~ 165 ~

170 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse des jardins d enfant, ainsi que des informations particulières sur chacune des jardins d enfants, dans le but de mesurer ils-mêmes le lien existant entre le foyer et l éducation préscolaire au présent, et d améliorer la perception des parents à ce sujet. Nous devons signaler que les quatre jardins d enfants publics «estatales» ont un emploi du temps du matin Graciela Rivera de Pozos (GRDP) Ce jardin d enfants se trouve près d une des voies de circulation la plus importante (Av. Lázaro Cárdenas). Il comprend quatre classes, le bureau de la directrice et une salle de jeu. Il compte aussi un ensemble de jeux pour les enfants, même si la surface est réduite, la distribution est harmonieuse. En général, l aspect Photo 6 Enfants de grande section au jardin d enfants. "Graciela Rivera de Pozos" Xalapa, Ver. physique est propre et agréable à regarder. Le jour de la passation, nous avons pu percevoir une ambiance cordiale entre tous les membres de la communauté éducative présents ce jour là. Nous avons observé qu en général, ce sont les mères qui amènent les enfants à l école. Dans certains cas, ce sont les deux parents qui amènent les petits. La plupart des parents qui accompagnent leurs enfants font essentiellement le trajet à pied mais un nombre restreint parcourt la distance maison-école en voiture. La communication entre les parents et le jardin d enfants est observable même à l heure d arrivée, car certains parents discutent avec les enseignants à propos de leur enfant. Une demande de participation volontaire pour répondre au questionnaire a été effectuée, dans tous les cas, à la porte d entrée de l école. Cette action n a pas duré en moyenne plus de 40 minutes. Il est intéressant de signaler que les parents ont demandé à participer à l enquête au-delà de la remise du questionnaire. Dans quelques cas, certains d entre eux ont demandé soutien et clarté pour quelques questions. Durant la passation, la responsable de la circonscription est venue à l école afin de valider le déroulement des enquêtes. ~ 166 ~

171 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Pendant la journée de travail de ce jardin d enfants, on a observé que les parents se sont organisés afin de passer des entretiens concernant le développement physique de leur enfant. À la fin de la passation, la directrice a favorisé un échange d idées avec les enquêteurs et la chef de circonscription ; leur but était de constater certains aspects du lien entre l école et la famille. Elle a signalé la mise en place de réunions d information formelles et informelles, divers ateliers ainsi que des activités proposés par le Secrétariat d éducation de l État de Veracruz. Elle souligne que dans certains foyers, il existe des violences intrafamiliales, et que dans la colonia (quartier) il y a des problèmes de drogue et d alcoolisme. Caractéristiques de la population enquêtée Nombre d enquêtes : 10 La totalité des personnes interrogées étaient de sexe féminin, soit sept mères, une sœur, une grande mère et une tante. Sur ce total de dix participantes, neuf sont mariées ou vivent en concubinage. 40% des familles ont deux enfants. Les mères ont entre 24 et 38 ans. Le niveau de scolarité de la mère est légèrement Photo 7 Participation des parents à la passation de questionnaires inférieur à celle du père. Le niveau d étude des mères débute comme celui du père (sixième année de l école primaire) mais se termine plus tôt, à part quelques carrières techniques. Nous comptons 80% de femmes au foyer et seulement 20% ayant une activité professionnelle en tant qu employées. En ce qui concerne les pères, leur âge minimum est de 26 ans et 53 ans maximum. Le niveau minimum d étude du père va de la sixième année de l école primaire à une licence sans obtention du diplôme. 80% des pères sont employés et 60% travaillent environ huit ~ 167 ~

172 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse heures par jour. Pour la moitié des parents interrogés, les enfants sont des aînés. Dans 80% des cas, le parent participant a signalé n avoir qu un fils ou une fille inscrit au jardin d enfants. Dans 70% des cas, les parents ont indiqué que leur enfant inscrit est un garçon assistant à la moyenne section María Montessori (MME) Elle se situe à l est de la ville, non loin du centre ville. Ce jardin d enfant a le nombre le plus important d enfants inscrits (211) et est l une des plus anciennes de la ville de Xalapa. Malgré sa proximité avec le centre, le niveau économique de la population est relativement bas. Dans cette étude, c est celle qui représente la plus importante concentration de population infantile ainsi que d enseignants. Le jardin Photo 8 Parents du jardin d enfant "María Montessori" qui participes à cette étude d enfant a une grande surface avec un peu d espaces verts. Elle possède une grande cour divisée en trois secteurs dans lesquels sont installés des jeux pour les enfants. L arrivée des enfants au jardin d enfants peut commencer 15 minutes avant l ouverture : la plupart des enfants sont accompagnés par leurs parents, eux seuls pouvant les déposer à la porte d entrée. La relation perçue entre les membres de l école et les parents à ce moment de la journée est nulle. Par contre, la réaction des parents lors de la passation des questionnaires a été très significative ; dans certains cas, il a fallu faire face à des problèmes pour distribuer les questionnaires, certains parents refusant d y participer ; d autres au contraire ont souhaité participer volontairement au processus. Pendant la récréation, on a observé que, malgré la taille de l institution éducative, l attention prêtée par les enseignants durant ce moment ludique a été très limitée et s est dispersée vers autres actions. À la fin de la journée, les parents sont obligés de récupérer les ~ 168 ~

173 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse enfants à la porte de la classe, c est à ce moment précis qu ont lieu le dialogue avec les institutrices. Caractéristiques de la population enquêtée Nombre d enquêtes : Vingt-trois parents. Les personnes qui ont répondu à cette étude sont pour 65,2% des cas les mères des enfants, 13% les pères, 8,7% les grands parents, 4,3% la tante et dans 8,7% des cas les deux parents ont complété les réponses du questionnaire. Parmi l ensemble des participants, 82,6% d entre eux disent être mariés ou vivre en concubinage, 8,7% sont mères célibataires et 4,3% disent être divorcés et/ou veufs. 47,8% des couples ont signalé être parent d un seul enfant, le reste ont entre deux et trois enfants. Dans 65,2% de ces cas, l enfant assiste à la petite section. Dans plus de 75% des cas, les parents ont signalé que leur enfant inscrit est un garçon. 52,3% des enfants sont inscrits en petite section et le reste en moyenne section. L âge minimum des pères va de 27 ans à 53 ans maximum. Les pères sont allés au collège (39,1%), et un père dit avoir une spécialité. Selon l activité professionnelle du père, 65,2% déclarent êtres employés, 8,7% sont professeurs et 13% occupent une activité professionnelle liée à des études universitaires. La plupart des parents travaillent entre 7 et 13 heures par jour. Les mères ont entre 24 et 39 ans. Pour ce qui est de leur scolarité, on observe que 4,3% des mères n ont effectué que le cycle du primaire, 43,5% le collège, 13% ont un niveau licence mais n ont pas encore obtenu leur diplôme. 60,9% de mères sont des femmes au foyer qui travaillent en moyenne seize heures par jour dans les activités de la maison ; 34,8% sont des employées et 4,3% ont une activité professionnelle liée dans la plupart des cas à des études universitaires. ~ 169 ~

174 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Gabriela Mistral(GM) Situé au nord, ce jardin d enfant se trouve à la périphérie de la ville de Xalapa ; son accès est difficile car plusieurs rues ne sont même pas pavées. Il a une surface réduite de moins de 200m². Il compte trois classes et un petit bâtiment en construction destiné au bureau de la directrice. Le nombre d inscrits en était de 93 enfants et les cours dispensés par quatre enseignants. Le niveau socioéconomique de sa population est très bas, et dans beaucoup de cas, les parents ont arrêté leurs études avant même la fin de l école primaire. La remise du questionnaire a eu lieu un lundi, journée toujours marquée par des activités patriotiques (le drapeau, l écusson et l hymne national). Un grand nombre de parents assistent aussi à cette activité rituelle et routinière. Une fois la cérémonie terminée, les parents ont pu répondre au questionnaire. Les parents ont accepté assez facilement de participer, bien que le fait de lire et d écrire leur pose des problèmes. C est pourquoi les enquêteurs les ont aidés dans la transcription et dans l encadrement de leurs réponses. L activité s est déroulée dans une classe. Pendant ce laps de temps, l institutrice a réalisé avec les enfants des activités artistiques et physiques dans la cour afin de libérer la salle. La complicité et le bon contact qui existent au sein du jardin d enfants sont évidents. Les parents se sentent soutenus par l institution éducative et montrent beaucoup d intérêt et de disponibilité aux activités scolaires de leur enfant. Caractéristiques de la population enquêtée Nombre d enquêtes : douze parents. Parmi les jardins d enfants «estatales», ceci présente des caractéristiques très proches des régions rurales du pays. L âge des parents se situe pour les pères entre 24 et 64 ans. Concernant leur formation professionnelle, au moins 49,9% des pères ont été une année à l école primaire. Deux pères ont fait des études jusqu au collège et un seul d entre eux a poursuivi ses études jusqu au lycée. 80% sont des employés et le reste des ouvriers. ~ 170 ~

175 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Pour ce qui est des mères, l âge était compris entre 21 et 26 ans. Sur le plan de leur parcours scolaire, 60% des mères ont au moins été scolarisées un an à l école primaire, 30% sont arrivées au collège et seules 10% ont fini le lycée. Conformément à la dynamique de la famille traditionnelle mexicaine 91,7% des mères réalisent des activités au sein de leur propre foyer (femmes au foyer). 83,3% des personnes interrogées sont les mères des enfants et 16,7% les pères. 83,4% des parents vivent en couple et uniquement 16,7% sont des personnes divorcées. Parmi toute la population étudiée, dans ce jardin d enfants nous avons observé le plus grand nombre de familles nombreuses (six enfants et les parents). 33,3% des familles ont quatre enfants, 41,7% ont deux et le reste un seul. Parmi les parents interrogés, la moitié a signalé que leurs enfants sont inscrits en petite section, et dans 91,7% des cas les enfants sont inscrits dans ce jardin d enfants. Enfin, 58,3% sont des garçons Expérimental (E) La passation des questionnaires dans ce jardin d enfants a finalisé l action d application dans les jardins d enfants «estatales». Ce jardin d enfant est placé au cœur de l école normale Veracruzana. Donc il est connu comme le jardin d enfant annexe à la normale. En conséquence, ces installations sont complètement adaptées à l exigence pédagogique ; quant à la surface, la construction et les équipements actuels, tous sont déterminés par le Secrétariat d Éducation Publique du pays. Parmi les 21 jardins d enfants participants, ceci est le plus grand quant à sa surface. Il fait parti du territoire de l école normale et pour cette raison, son entrée principale jouxte la principale place de cette institution éducative. Chacune de ses classes est entourée par beaucoup d espaces verts. Cet espace regroupe une aire de jeux, une piscine, un grand bac à sable, un tunnel Dans ce jardin d enfants, les parents peuvent déposer leurs enfants jusqu à la porte de leur classe. La directrice est toujours à la porte principale afin de contrôler les entrées et les sorties des personnes. Pour la remise du questionnaire, il a été proposé aux parents que leur ~ 171 ~

176 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse participation se fasse au moment où ils quittaient le jardin d enfants. Pendant le processus, la directrice du jardin d enfants a encouragé les parents à participer à cette étude. Malheureusement, beaucoup de parents se sont justifiés en disant «qu ils n avaient pas le temps», «qu ils devaient aller travailler», «je suis très occupé», «je suis très pressé» D autres personnes ont signalé : «qu ils n étaient pas le père ou la mère des enfants», «j accompagne uniquement l enfant»... Dans ce jardin d enfants, un grand nombre d enfants est emmené au jardin d enfants par un service de transport scolaire (combi). Nous pouvons donc supposer que, malgré les actions menées par les enseignants, la relation entre eux et les parents n est pas très développée. Caractéristiques de la population enquêtée Nombre d enquête : 15 parents. 86,7% des personnes ayant répondu sont des femmes dont 80% sont des mères d au moins un enfant scolarisé contre 13,3% de pères et une seule grand-mère. Ici toutes les personnes interrogées disent vivre en couple. 33,3% ont deux enfants, 40% n ont qu un enfant, et parmi ces derniers, 66,7% sont les aînés ; les autres familles ont entre trois et quatre enfants. Dans plus de 53% des cas, l enfant inscrit est un garçon. En général, les enfants (53,3%) des parents interrogés étaient inscrits en moyenne section. Dans 26,7% des cas, ils ont plus de deux enfants inscrits au jardin d enfants. L âge des pères participant va de 25 à 47 ans. Par rapport à la formation professionnelle des pères, 40% ont achevé une licence, 13,3% une formation technique, 20% le lycée, 13,3% le collège et uniquement 6,7% l école primaire, ce dernier pourcentage vaut aussi pour les femmes. L activité professionnelle des pères est plutôt tournée vers l enseignement et vers des activités relatives à leur formation universitaire (46,2%) ; 15,4% réalisent des activités au sein d un commerce et 38,5% se présentent comme employés divers. L âge des mères ayant participé varie de 23 à 45 ans. Leur niveau d études est un peu plus élevé que celui des pères. 53,3% ont obtenu un diplôme universitaire mais 6,7% seulement ont fini la troisième année de la licence, le même pourcentage a terminé le collège et 26,7% le lycée. L insertion de la femme dans le travail est plutôt représentative des mères ~ 172 ~

177 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse de ce jardin d enfants : 33,3% sont des femmes au foyer, 66,7% sont des enseignantes, commerçantes ou travaillent dans la fonction publique. Ainsi, au sein des jardins d enfants «estatales» on y trouve les niveaux socioculturels les plus élevés Les jardins d enfants fédéralisés (activités le matin) Au Mexique, comme nous l avons déjà signalé, les jardins d enfants «fédéralisés» ou «fédérales transférés» ont été gérés à partir du 18 mai 1992 selon l accord national pour la modernisation éducative, par chaque Secrétariat de chacun des 31 États. Deux services éducatifs différents attachés à la subvention fédéralisée sont considérés dans cette étude : le général (soit il travaille le matin soit il travaille l après midi), le mixte ou continu (d assistance). La plupart des jardins d enfant rassemblés pour cette étude font partie de ces deux types d écoles. Parmi ces dernières, onze offrent un service éducatif le matin, deux ont un service de temps mixte ou continu et deux autres sont opérationnelles l après midi. La même procédure d information que dans les jardins d enfants «estatales» a été mise en place. Les quinze directrices des jardins d enfants ont été convoquées officiellement à une réunion afin de leur présenter le projet. Lors de cette réunion, l inspectrice d une circonscription, un superviseur et douze directrices étaient présents. Trois directrices de jardins d enfants fédéralisés ainsi que deux de jardins d enfants privés attachés à ce service ne sont pas venues. L absence des directrices du jardin d enfants privés était justifiée par le fait que personne n avait été informé ou convoqué. Pendant deux heures, nous avons expliqué les objectifs de cette étude ainsi que la méthodologie suivie et comment l échantillonnage se faisait. Plusieurs questions ont été exprimées par les participants. Au terme de la réunion, chaque directrice a choisi une date la plus convenable pour la remise des questionnaires. Les directrices ont montré leur intérêt à la participation de l étude. Il faut signaler que les neuf premières jardins d enfants fédéralisés ont un service ~ 173 ~

178 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse d emploi du temps du matin, deux mixte ou continu et les deux derniers uniquement l après midi Beatriz Velasco de Alemán (BVDA) Le jardin d enfant BVDA se trouve au sud est de la ville, près de la route nationale qui relie la ville de Mexico à Veracruz. Ce jardin d enfants se situe près d un ensemble d HLM. Il compte six classes différentes ; sa population totale en était de 124 écoliers. Sa surface est moyenne par Photo 9 Parents devant la porte d'entrée principale du jardin d'enfants "Beatriz Velasco de Alemán". rapport aux autres. Par contre, toutes les classes sont contigües. En conséquence, il n existe pas beaucoup d espace libre. Elle comprend une petite cour avec des jeux et une place centrale, qui, même si elle est à l extérieur reste couverte. Tout le terrain de l institution éducative est pavé. Dans le cadre de l enquête, la directrice a permis l accès aux parents à la place centrale, lieu où ils ont pu facilement répondre au questionnaire. La participation des parents a été spontanée. À l heure de déposer les enfants au jardin d enfants, la directrice a encourager aux parents à participer. Caractéristiques de la population enquêtée Nombre d enquêtes : Douze parents ont répondu au questionnaire. Dans 33,3% des cas, les pères ont répondu au questionnaire, dans 50% les mères, 8,3% la sœur et 8,3% les deux parents ensemble. L âge des parents interrogés se situe entre 27 et 52 ans ; l âge des mères oscille entre 24 et 41 ans. La totalité des participants vit dans une famille de structure traditionnelle. Ce type de famille de parents interrogés est la même dans les trois classes en service. Plus de 66,7% ont deux enfants ; parmi les enfants concernés ~ 174 ~

179 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse par l enquête 58,3% sont les aînés. Concernant la formation des parents, la moitié des pères a fini au moins le collège, 33,3% ont une licence universitaire. L activité professionnelle qu ils réalisent est dans 16,7% des cas située dans le cadre éducatif et les autres sont des employés divers. Parmi les mères participant à l étude, 50% au moins a un niveau lycée. L une d elles a fini une licence universitaire et 16,7% ont suivi une formation spécialisée. À propos du travail quotidien de la femme, 66,7% sont des femmes au foyer, 8,3% travaillent au sein de l éducation nationale et 16,7% d entre elles sont des employées dans divers domaines de la vie professionnelle qui travaillent plus de huit heures par jour José Vasconcelos (JV) Le jardin d enfants JV se situe dans une grande rue. La surface de ce jardin d enfants est assez proche des autres jardins d enfants participant à l étude. Elle possède trois classes, une direction et un grand espace vert avec des jeux faits à base de pneumatiques ainsi qu un grand bac à sable. Elle est très ordonnée et bien entretenue. À la porte d entrée principale ainsi Photo 10 Une de zones de jeux pour les enfants dans le jardin d enfants "José Vasconcelos". que dans chaque classe il y a des affiches d information des différentes activités au sein de la classe et de l école. La passation du questionnaire a eu lieu à la sortie des cours. Plusieurs parents sont arrivés avant l heure et ont donc pu répondre au questionnaire. À midi et quart, la sonnette a annoncé la fin de la journée, raison pour laquelle les parents sont entrés dans le jardin d enfants afin de récupérer leurs enfants. Pour pouvoir accéder, les parents doivent montrer une pièce d identité. Dans le cas où les deux parents ont répondu ensemble au questionnaire, un des deux a donné des réponses avant d entrer à l institution éducative. Cette dernière action a été effectuée dans la plupart des cas par les pères. ~ 175 ~

180 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Caractéristiques de la population enquêtée Nombre d enquêtes : 5 parents. Ici, la population minimale nécessaire n a pas été recueillie pour l enquête. Toutes les réponses ont été données par des femmes, parmi lesquelles 60% ont été les mères des enfants et le reste les grandes mères. Dans les caractéristiques de la population participante, nous avons trouvé que l âge minimal des pères était de 28 ans et l âge maximal de 35 ans. Pour les mères : de 22 à 30 ans. Sur la totalité des participants, la moitié des pères a fini le lycée et le reste a au moins un diplôme universitaire. Tous sont salariés dans différents domaines. Pour ce qui est des femmes, l âge se situe entre 23 et 50 ans. 60% d entre elles sont femmes au foyer et le reste réalise des activités salariées. Dans 80% de cas, les familles sont traditionnelles et une seulement est monoparentale. Les foyers, dans 60% des cas, sont constitués d un seul enfant, le reste par deux enfants. Dans la totalité des cas, l enfant sur lequel l enquête a portée était l aîné ; parmi ces derniers, 60% sont inscrits en petite section Nueva Xalapa (NX) Placée au milieu d un ensemble HLM, la population conduisant ses enfants dans ce jardin d enfants peut être considérée d un niveau économique moyen. Il possède une surface considérable ; il a quatre classes, une direction, une place et un très grand espace vert. Dans ce dernier, plusieurs jeux pour les enfants sont installés. Cet établissement scolaire est très bien entretenu et très propre. En arrivant au jardin d enfants, la réaction de la directrice a été quelque peu négative quant au fait de participer. Cette attitude peut s expliquer par le fait que parmi l ensemble des directrices ayant assisté à la réunion Photo 11 Raconte de conte dans le patio du jardin d enfants "Nueva Xalapa" ~ 176 ~

181 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse d information, elle avait été absente. Une brève explication des objectifs de l étude et de la manière de réaliser la passation lui a été exposée ; en réponse elle a alors décidé de fixer une autre date de visite. Le jour programmé, les parents ont accepté de participer sans aucun problème ; ils ont même parfois demandé le questionnaire. Durant l étude, le chef de circonscription ainsi que deux personnels de soutien pédagogique sont arrivés au jardin d enfants afin de valider l activité. La responsable des représentants des parents a pu dialoguer avec les enquêteurs ; elle a exprimé une grande satisfaction par rapport au travail pédagogique et la bonne relation établie entre l école et les familles. Par contre il faut noter qu une autre mère a exprimé une idée tout à fait contraire : ici il n y a pas beaucoup d activités avec les parents. Casi no se hacen actividades con los padres de familia Caractéristiques de la population enquêtée Nombre d enquêtes : huit parents. Les parents interrogés sont en majorité des femmes, puisque sur les huit individus participants, un seul était un homme, soit 12,5% de la population étudiée. Ce dernier a répondu au questionnaire avec sa femme. Dans 75% des cas, les réponses ont été exprimées par la mère, 12,5% par la tante et le même pourcentage par les deux parents. Pour trois cas, les parents interrogés avaient plus d un enfant inscrit ici. L âge des pères se situait entre 32 et 52 ans. Bien que la moyenne soit de 35, 87,5% d entre eux ont entre 32 et 37 ans. Par contre, pour les femmes l écart d âge est inférieur : le minimum se situant à 24 ans et le maximum à 38 ans ; l âge moyen est le même que pour les pères. La répartition des parents selon leur statut matrimonial est plutôt concentrée : 85,7% dans des familles nucléaires comprenant au moins deux enfants, et uniquement 14,3% ont connu un divorce. ~ 177 ~

182 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Selon la scolarité des pères, 62,5% ont au moins achevé une licence universitaire et le reste au moins le collège. Sur le plan des catégories socioprofessionnelles, 25% des individus interrogés sont enseignants ; 37,5% sont employés, 12,5% sont agriculteurs et le même pourcentage des commerçants ainsi que ceux qui parviennent à réaliser une activité professionnelle relative à leur formation universitaire. Pour ce qui est des caractéristiques des mères, 14,3% ont au moins fini l école primaire ou le lycée, 42,9% le collège et le reste une carrière universitaire. L activité professionnelle de la mère est dans 75% des cas consacrée aux activités du foyer, 12,5% sont salariées ou réalisent une activité professionnelle relative à leur formation universitaire Juan de la Barrera (JDLB) Ce jardin d enfants se trouve au nord ouest du centre ville, proche d une des artères de circulation les plus importantes de la ville. L emplacement et la création de cette institution éducative date de plusieurs années. C est une situation qui permet d avoir beaucoup de luminosité. Le terrain est plat Photo 12 Récréation au jardin d enfants "Juan de la Barrera" avec une bonne exposition. Elle compte une grande place principale au centre délimitée par cinq classes ; sur sa droite elle a une cuisine, une salle d usage multiple. Au fond, se trouve la direction. De chaque côté, on trouve deux espaces verts, dans lesquels on trouve des jeux et un bac à sable. Le terrain est délimité, dans ses quatre axes, par des rues. Proche de l école normale et d une des plus grandes zones commerciales, ce jardin d enfants accueille une population d un niveau socio-économique moyennement bas. Ce jardin d enfants offre des services spécialisés ; de plus, ses installations sont utilisées aussi dans l après midi pour un autre service éducatif d éducation préscolaire. Pour la remise du questionnaire, il a fallu attendre l arrivée de la directrice. Après un petit entretien avec cette dernière, il a été possible de demander aux parents de participer à l étude. Beaucoup de parents ont montré de l intérêt car ils ont pensé que nous étions des représentants du Secrétariat d éducation de l état de Veracruz. À plusieurs reprises, différents ~ 178 ~

183 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse parents ont essayé d exprimer des incompatibilités avec le travail administratif et l action de la directrice «elle est antipathique avec les parents», «elle sort beaucoup de l école», «elle a beaucoup de problèmes et ne s entend pas avec les enseignants, le personnel de CAPEP et les parents». Certains parents on signalé à l enquêteur des situations désagréables de la directrice par rapport aux enfants «elle ne porte pas d intérêt aux enfants handicapés» «elle ne veut pas continuer avec le service spécialisé de CAPEP». Malheureusement, aussi, un grand nombre de parents a montré son désaccord en ce qui concerne le travail pédagogique. En conséquence, l ambiance perçue n a pas été très harmonieuse. Caractéristiques de la population enquêtée Nombre d enquêtes : quatorze personnes ont répondu à notre demande de questionnaire. L âge des pères allait de 27 à 41 ans, celle des mères de 25 à 40 ans. Dans 93% des cas, les participants étaient de sexe féminin, parmi lesquelles 71,4% ont signalé être les mères des enfants. 7,1% la grande mère, 14,3% les tantes. Par rapport au statu matrimonial des familles, 78,6% vivent dans une famille traditionnelle, dans 14,3% les parents sont divorcés et pour 7,1% la famille est monoparentale. Le nombre d enfants présent dans le noyau familial est d un à quatre enfants. 50% des enfants des parents participants sont les aînés. Dans cette même proportion, la moitié des parents ont inscrit leur enfant dans la petite section. Nous pouvons observer que le niveau de scolarité des pères est l un des plus bas trouvé dans l ensemble des jardins d enfants participants. 30,8% n ont fini que l école primaire, une proportion similaire pour le collège et une seule licence universitaire. Par contre, uniquement 7,7% sont allé au lycée. Sur le plan de la vie professionnelle, un père est déjà à la retraite, 18,2% réalisent une activité en relation avec des études universitaires et le reste de parents est employé dans divers domaines. ~ 179 ~

184 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse En ce qui concerne la mère, le niveau de scolarité est légèrement plus élevé. Uniquement 14,3% ont fini l école primaire, contre 50% qui disent avoir finir le collège, 7,1% le lycée et 28,6% des études universitaires. L insertion dans la vie professionnelle est réduite, 71,4% de mères sont femmes au foyer, 21,4% réalisent une activité liée à une formation universitaire et seules 7,1% disent être employées Vicente Lombardo Toledano (VLT) Selon l aspect extérieur de cette colonia, nous pouvons déduire que le niveau économique et professionnel est plutôt d une couche sociale défavorisée. Le jardin d enfants VLT est placé dans une rue parallèle à l autoroute Xalapa-Veracruz. Malgré l urbanisation et même si son accès est simple l endroit est peu développé. Les rues autour du jardin d enfant ne sont pas encore pavées. Et même s il est entretenu, est situé dans un édifice ancien et obligé à s adapter aux besoins sociaux de son environ. Sa surface est plutôt petite. Il compte un petit espace vert dans lequel quelques jeux extérieurs pour les enfants sont présents. Il a aussi six classes et une salle polyvalente. Une esplanade est placée entre quatre Photo 13 Fête d'anniversaire d'un élève avec la participation de parents. Jour de la passation dans le jardin d enfants "Vicente Lombardo Toledano". classes et la direction. Nous avons aperçu deux portes d accès, la porte principale, et celle par laquelle les enfants, ont accès et sortent du jardin d enfants. L accès des parents, avant les cours est très limité. Mais, parmi l ensemble de jardins d enfants participants il est celle où l on trouve le plus grand nombre de parents à l intérieur de l établissement. Lorsque nous avons demandé aux parents de participer, certains d entre eux ont refusé en nous disant : «on doit aller travailler» «je suis déjà en retard pour mon boulot» «je ne suis pas ni le père ni la mère» «je ne sais pas écrire». Nous avons réalisé la passation tranquillement. Nous avons aussi constaté que la non disponibilité des parents est lié à l analphabétisme et au manque d assurance. Le jour de la distribution nous avons eu la chance d assister à l anniversaire d un ~ 180 ~

185 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse enfant, à cette occasion les parents ont amené de la nourriture et une piñata. La classe entière a fait la fête avant le début des cours et les enfants ont cassé la piñata. Les parents sont restés, la mère toute la journée et le père un peu moins de temps, jusqu à la distribution de la nourriture (sandwich et gâteau). Caractéristiques de la population enquêtée Nombre d enquêtés : douze parents. Parmi les participants, 79,5% des enquêtés sont des femmes dont 62,5% sont les mères d au moins un enfant scolarisé ; contre 20,5% des pères. Le statut marital des familles enquêtées montre que 75% de parents se déclarent mariés et le reste vit en concubinage. En moyenne ces familles ont deux enfants. 66,7% de leurs enfants suivent des études diverses. 66,7% des parents ont inscrit leur enfant ici en petite section, 25% en moyenne section et 8,3% en grande section. L âge des pères va de 21 ans à 39 ans maximum. Quant à la scolarité des pères, 63,7% ont fini soit l école primaire, soit le collège ou le lycée. 18,2% dit avoir fini une licence universitaire et 9,1% signale avoir suivi et terminé une formation professionnelle technique ou un doctorat. En ce qui concerne l activité professionnelle, les pères sont plutôt orientés vers un emploi divers (54,5%) contre 27,3% qui travaille dans le commerce, un dit être agriculteur et un autre enseignant. 58% dit travailler entre huit et douze heures par jour. Les mères ont entre 24 et 41 ans. La plupart de femmes sont des femmes au foyer (58,3%), 1,7% enseignantes et 25% employées. Pour la plupart leur emploi de temps quotidien est supérieur à 8 heures (58,3% travaillent 16 heures par jour). Selon la structure familiale toutes sont d une famille traditionnelle nucléaire (père, mère, enfants). Quant à leur scolarité, le niveau est beaucoup plus bas que ceux de pères, 25% disent avoir au moins achevé l école primaire ou le lycée, 16,7% le collège, 33,3% des études supérieures de premier degré (licence). ~ 181 ~

186 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse María Enriqueta Elodia López Beristaín (MEELB) Le jardin d enfants MEELB se trouve prêt de l autoroute Xalapa-Veracruz. Depuis sa création, il y a 18 ans, ce jardin d enfants a été construit avec un objectif précis, l enseignement d éducation préscolaire. Sa surface est grande et elle est très bien distribuée et adaptée aux caractéristiques physiques du terrain. Il est aussi très bien entretenu. Ce jardin d enfants a quatre classes, Photo 14 Projet «nous faisons un bac aux légumes». Jardin d enfants «M. Enriqueta E. López Beristaín» une salle destinée aux activités diverses, deux places. Dans les espaces verts, il y a divers jeux ainsi qu un espace destiné à cultiver des légumes et des fruits. Elle a une organisation pédagogique complète, c est-à-dire qu au moins cinq classes travaillent au quotidien. À l heure de déposer les enfants au jardin d enfants, à la porte d entrée, nous avons observé que certains parents ont acheté des bonbons pour les enfants, activité économique mise en place par la directrice et gérée par l établissement même. Cette activité, également réalisée par une institutrice permet d accueillir les enfants à la rentrée. De même que dans la plupart des autres jardins d enfants, les parents n ont pas accès à l intérieur de l établissement. Pour la remise des questionnaires, la directrice à facilité l utilisation de la salle polyvalente. Elle a demandé aux parents de bien vouloir participer à l enquête. Très rapidement, les parents ont accepté, certains sont entrés dans la salle et seul un petit nombre est resté à l extérieur. À l heure habituelle, la porte du jardin d enfants a pu être fermée. Caractéristiques de la population enquêtée Nombre d enquêtés : 7 parents. Les parents enquêtés sont en majorité des femmes. Trois hommes (les pères) et quatre femmes, (les mères). Cela représente 0,03% de la population totale de l étude. ~ 182 ~

187 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Sur les sept participants, cinq sont mariés : un vit en concubinage et un autre déclare avoir été marié et maintenant séparé. 51,1% de ces familles ont un enfant, 28,6% trois enfants et 14,3% quatre enfants. Tous les enfants de ces familles sont scolarisés. Les mères ont entre 24 et 39 ans. La scolarité de la mère est supérieure à celle du père. Le niveau d études des mères débute comme celui du père (sixième année de l école primaire) mais pour les mères les études se terminent avec un doctorat. Pour les pères la scolarité débute avec l école primaire finit et se termine beaucoup moins loin, avec quelques licences universitaires. Nous remarquons que toutes les mères travaillent, 43% sont professeurs et dans la même proportion elles sont femmes au foyer. Les 14% restant ont une activité professionnelle différente. En ce qui concerne les pères, l âge minimum est de 24 ans, et 48 ans maximum. 29% sont des ouvriers ou ont une activité professionnelle comme employés. Les 42% restants sont professionnels indépendants. 85,7% disent travailler huit heures par jour, les femmes par contre disent travailler plus. Pour 71,4% des parents interrogés, les enfants sont des aînés. Dans 57.1% l enfant inscrit est un garçon, 14,3% ont plus d un enfant inscrit et le reste sont de filles. La plupart de ces enfants sont inscrits en moyenne section Antonio M. Quirasco (AMQ) Ce jardin d enfants se trouve dans la banlieue sud-est de la ville. À 25 minutes environ du centre de ville. L accès est difficile. Selon l apparence physique de cette colonia, nous pouvons déduire que le niveau économique est plutôt bas. En considérant l emplacement géographique de ce jardin d enfants, il faut signaler qu il existe beaucoup Photo 15 Parents en train de remplir le questionnaire à ~ 183 ~ l entrée principale du jardin d enfants "Antonio M. Quirasco.

188 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse de poussière : cela vient, du manque de pavés dans les voies extérieures. L établissement est grand, il compte six classes. Sa surface est grande et à l intérieur il est en grande partie pavé. Il compte un petit espace vert avec des jeux et des manèges pour les enfants. La distribution des classes est alignée en deux files parallèles avec une grande place centrale. Il a deux portes d accès, chacune donne sur une voie différente et parallèle. Une est desservie pour la sortie des enfants et la principale pour l entrée et la sortie des enfants. À l entrée, sauf dans certains cas, les parents sont obligés de laisser les enfants à la porte principale. Par contre à l heure de la sortie, ils peuvent récupérer les enfants à la porte de la classe. Le jour de notre passage était un lundi, donc nous avons la possibilité d assister à l hommage rendu au symbole de la patrie (drapeau, écusson et hymne national). Grâce à ce type d activités les parents ont le droit d entrer et de rester pendant le déroulement. Un grand nombre de parents ont participé à l hommage. Une fois cette activité terminée, nous avons commencé avec la distribution de questionnaires. Pour cela nous avons eu le droit d accéder à la place centrale, certains parents ont préféré rester dehors pour répondre au questionnaire. Une des difficultés rencontrées est que certains parents ont eu mal à écrire. Certains nous dictent donc les réponses aux questions. Certains désaccords exprimés envers l école primaire ont été décrits dans le questionnaire ainsi que dans les conversations orales établies avec les parents. Les parents à plusieurs reprises nos ont réaffirmé la bonne relation existante avec les institutrices mais sont en colère contre les enseignants de l école primaire «ici les enseignants travaillent très bien là bas ils ne font rien. Ils ne viennent pas régulièrement, ils arrivent en retard» «ici les profs nous demandent notre avis, ils nous invitent à participer». Les parents ont été très contents de pouvoir participer aux différentes activités. À noter que la distribution à fini un peu tard et un grand nombre de parents sont restés, uniquement pour discuter avec nous. La plupart des femmes de cette colonia sont de femmes au foyer sans aucun intérêt pour le travail même si le salaire du mari n est pas suffisant, et que la famille est dans le besoin. ~ 184 ~

189 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Caractéristiques de la population enquêtée Nombre d enquêtés : quatorze parents ont répondu au questionnaire. Parmi les participants, 78,6% des enquêtés sont des femmes dont 64% sont les mères d au moins un enfant scolarisé et 14,3 les sœurs ; contre 14,3% de pères. L âge des pères va de 24 ans à 51 ans maximum. Quant à l activité professionnelle du père elle est axée sur des emplois divers pour 88,9% et pour 11,1% des pères travaillent comme ouvriers au moins huit heures par jour -et jusqu à douze heures. Le niveau de scolarité est plus bas que celui de la mère, 20% ont un niveau d école primaire, 50% de collège et seul 30% ont fini le lycée. Les mères ont entre 23 et 34 ans. La plupart de femmes sont des femmes au foyer (50%), 35,7 sont salariées, une est professeur et une autre exerce une profession libérale en accord à ses études universitaires. 50% de femmes signalent travailler en moyenne seize heures par jour. La structure familiale la plus représentative dans l ensemble de la population est la famille traditionnelle. Même si dans six cas ils disent que l enfant ne vit pas avec son père, certains font partie de la famille élargie (grands parents, oncles et tantes). Quant à la scolarité, 15,4% disent avoir au moins achevé l école primaire ou des études supérieures (licence ou une formation spécialisée) ou un master (7,7%), par la plupart 46,2 % uniquement le collège. La moitié de ces familles ont un enfant, 14,3% deux enfants, 28,6% trois et, un foyer cinq enfants. Dans ce dernier cas, tous sont préscolarisés ou scolarisés. Dans onze familles un des enfants inscrits ici est l ainé. 85,7% des parents disent avoir uniquement un enfant ici. Même si plus de 71,4% des familles signalent que leur enfant scolarisé ici est un garçon. Dans 42,9% ils sont inscrits à la moyenne section. ~ 185 ~

190 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Prof. Carlos F. Moreno González (PCFMG) Ce jardin d enfants est l avant dernier selon le nombre de parents participants. De ce site, nous pouvons contempler toute la ville de Xalapa. Cette institution est d organisation unitaire, c est-à-dire qu un professeur gère toutes les classes dans une classe à plusieurs niveaux. Elle est située dans la banlieue de la ville. Son accès est compliqué et la plupart des chemins sont en terre. Le jardin d enfants se trouve dans une colline et même si il a une surface très vaste son terrain n est pas réellement utilisable, seul un quart de la superficie est utilisé, le reste est une forêt. La partie disponible est toute pavée. Celle-ci compte, uniquement, deux petites esplanades et deux classes, une dans laquelle l institutrice donne son cours et l autre est utilisée pour diverses activités (avec les parents, les enfants ). Les sanitaires sont des bains turcs, pas très communs dans les centres éducatifs des villes. L aspect extérieur du jardin d enfant n est pas très agréable, est plutôt sale. Photo 16 Jardin d enfants "Prof. Carlos F. Moreno González" Nous avons perçu une très bonne relation entre les enfants et l institutrice, ainsi qu avec les parents. Ici, même si l institutrice travaille seule, une mère de famille l aide tous les jours. Cette dernière est payée par l ensemble des parents. La porte d accès est très étroite et elle donne directement sur un ensemble de six marches : il est impossible pour un enfant handicapé d y accéder. Même en cas d urgence l accès est très dangereux. Quand nous sommes arrivés les enfants étaient en train de nettoyer la salle et de remettre en place les matériaux pédagogiques utilisés pendant la journée. 1 heure avant l heure de la sortie, certaines mères de famille étaient déjà à la porte d entrée et attendaient leur enfant. C est à ce moment que, nous avons demandé leur participation pour renseigner le questionnaire. Pour la distribution, l enseignante a proposé l utilisation de la deuxième salle. Les parents ont accepté facilement. Il est à noter que la participation parentale a été une des plus réduite. ~ 186 ~

191 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Pendant, le déroulement de l activité, certains parents ont eu de mal à écrire, nous avons donc écrit les réponses à leur place. Après l enquête, les parents nous ont exprimé leur point de vue par rapport à l importance de travailler parallèlement avec les enseignants «cuando tengo problemas platico con la maestra y ella me ayuda» «ahora me enojo menos con mi hijo por su tarea». «La maestra nos ha enseñado que debemos trabajar con ella, ahora los niños aprenden mejor», «nosotros ayudamos mucho a la maestra, mi hijo está contento de verme en su escuela». Ils ont mentionné que le progrès du jardin d enfants est la conséquence d un fort et étroit lien entre l institutrice, la communauté éducative, et surtout les parents. Caractéristiques de la population enquêtée Nombre d enquêtés : Seulement 4 parents ont répondu même si 3 était le nombre de parents nécessaire. Toutes les participantes étaient les mères d au moins un enfant scolarisé. Cependant, l âge des pères de ces petits va de 27 ans à 66 ans maximum. Quant à leur scolarité, 66,7% ont achevé uniquement l école primaire et le reste le collège. Dans cette même proportion nous trouvons (25%) d agriculteurs, un emploi divers (25%) ou un travail d ouvrier (50%), 75% ont déclaré travailler environ 12 heures par jour. En ce qui concerne les mères, elles ont 23, 24, 30 et 42 ans. Quant à la scolarité, 33,3% disent avoir au moins achevé l école primaire et le reste le collège. Même si 75% vivent en concubinage, toutes font partie de la structure familiale traditionnelle. En conséquence toutes sont de femmes au foyer avec des besoins de vie très basiques. En proportion égal elles ont entre 1 et 4 enfants. Et l enfant inscrit dans ce jardin d enfants est l ainé. 50% sont inscrit en premier année, 25% en seconde et en troisième. ~ 187 ~

192 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Cri-Cri (cc) Ce jardin d enfants compte la population enfantine la plus faible représentée dans cette étude. Cet établissement fonctionne dans une maison, placée dans un ensemble d HLM. Il se trouve à la banlieue nord-est, près de la route nationale Xalapa Perote, direction la ville de Banderilla. La maison est louée en permanence et ce sont les parents qui payent sa location. Elle est dépourvue d électricité et n est illuminée que par la lumière naturelle, des espaces spécifiques et des places pour ranger le matériel manquent. À noter qu un terrain pour construire le jardin Photo 17 Sortie des enfants du jardin d enfants "Cri-Cri". d enfants est déjà obtenu, malheureusement son emplacement n est pas en règle pour commencer la construction. Dans le salon et dans une des deux chambres, des cours sont proposés, la cuisine est utilisée pour garder des matériaux pédagogiques. Les escaliers sont banalisés pour éviter l accès aux enfants. Le garage est utilisé comme cour. Il se trouve à l entrée. C est l unique espace dans lequel les enfants peuvent jouer. Seulement deux enseignants travaillent dans ce jardin d enfants. En arrivant au jardin d enfants, les enfants ont exprimé une grande émotion, ils nous ont posé différentes questions «Comment tu t appelles?» «Tu fais quoi?» «Pourquoi tu es là?» «Viens jouer avec moi». En attendant les parents, nous avons eu la chance de pouvoir jouer avec les enfants de la classe de la directrice. Les parents ont facilement accepté de participer. Ici, l accès des parents est permis en permanence. Les participants se sont installés dans une salle pour répondre au questionnaire. Une ambiance calme et une complicité entre les deux enseignants et les parents a été perçue. De la convivialité et des bonnes relations ont été également repérées. À noter que l établissement éducatif est sale et pas bien entretenu. Nous avons perçu une odeur d humidité à l entrée. ~ 188 ~

193 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Caractéristiques de la population enquêtée Nombre de personnes enquêtés : deux mères ont participé. L âge des pères est de 32 ans par contre les mères ont entre 27 et 31 ans. Quant à la structure familiale, elle est dominée par la famille traditionnelle nucléaire et la mère est femme au foyer. Quant à la scolarité, les pères ont au moins terminé le lycée. Par contre les mères uniquement le collège. L activité professionnelle du père est axée sur des emplois divers ils travaillent en moyenne dix heures par jour. Les mères disent avoir deux ou trois enfants tous scolarisés. Ici, un garçon ainé assiste à la grande section. Dans l autre famille plus d un enfant est inscrit, un en grande section et un autre en moyenne ou petite section Les jardins d enfants fédéralisés avec service continu (mixte) Dans la ville, l unique possibilité d avoir ce service est grâce à la subvention fédéralisé. Cette alternative éducative, a pour but d offrir du soutien à la société en général, principalement aux mères qui travaillent. Une combinaison de l emploi du temps du matin et de l après midi donne comme résultat le mixte ou le combiné. L établissement est ouvert le matin et l après midi. L accueil débute à neuf heures du matin et la classe termine à 16 heures mais il n en existe pas beaucoup dans la ville. Certains parents peuvent déposer leur enfant un peu avant de l heure d ouverture. La possibilité de prendre le petit déjeuner et le déjeuner est un de ses avantages. La nourriture fournie se prépare sur place par du personnel spécialisé et selon une table nutritionnelle équilibrée, qui correspond aux besoins des enfants. Pour ce service, aucun frais supplémentaire n est demandé aux parents. Tous les enfants inscrits dans ces jardins d enfants y ont droit. ~ 189 ~

194 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Juan Escutia (JE) Ce jardin d enfants se trouve dans la colonia San Bruno. Sa surface est moyenne. Il compte six classes, une salle polyvalente, une cuisine, un bureau pour la directrice, deux esplanades, dont une très petite. Une cour dans laquelle se trouvent des infrastructures de jeux d'extérieur. Ce jardin d enfant a des escaliers qui empêchent l accès aux enfants avec un handicap physique ou en fauteuil roulant. Le service éducatif proposé dans cet établissement commence à partir de neuf heurs, jusqu à16 heurs. Grâce à Photo 18 L heure d entrée au jardin d enfants fédéralisé "Juan Escutia" cet emploi du temps, les enfants peuvent donc recevoir un repas complet. Ces repas sont étudiés au niveau diététique tant au niveau de la qualité que dans la quantité. Le menu est affiché afin que les parents puissent savoir ce que leur enfant mange chaque jour. Nous sommes arrivés au jardin d enfants à huit heures 40. À cette heure, la directrice n était toujours pas arrivée. Par contre, une institutrice a eu la responsabilité de nous accueillir et nous a aidé à distribuer les questionnaires. Elle a également convoqué et motivé les parents pour participer à cette étude. Ainsi, la remise a été assez facile et rapide. Les parents avant accepté de participer, sont entrés dans une classe pour répondre au questionnaire. Nous avons pu observer que la plupart de parents ont déposé leur enfant à l entrée de l institution éducative, mais certains les ont accompagné jusqu à la classe afin de discuter avec l enseignante. Une fois le travail terminé, la directrice qui était arrivée a discuté avec nous, nous a informé de toutes les activités au sein du jardin d enfants pour favoriser le lien entre l école et les familles. Ce jour là, pour fêter l anniversaire d un enfant, une petite fête a été organisée par le jardin d enfants et les parents de l enfant elle s est déroulée dans la classe puis dans la salle à manger. Tous les enfants ont mangé un part de gâteau ainsi qu un repas typique d anniversaire, les parents de l enfant ont aidé les institutrices. Nous sommes restés dans cet établissement jusqu à 11 heures du matin. ~ 190 ~

195 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Caractéristiques de la population enquêtée Nombre d enquêtés : douze participants. Parmi les participantes, participantes, 91,7% des personnes sondées sont des femmes, des mères d au moins un enfant scolarisé ; contre 8,3% de pères. L âge des pères va de 25 ans à 43 ans maximum. Quant à la scolarité, 22,2% disent avoir au moins achevé le collège, 33,3% le lycée et 44,4% des études supérieures de premier degré L activité professionnelle du père est axée sur l enseignement (33,3%) ou emplois divers (33,3%), 11,1% sont agriculteurs et 22,2% réalisent une activité liée à leur formation universitaire. Ils disent travailler en moyenne 8 heures 44 minutes par jour. Les mères ont entre 22 et 45 ans. La plupart de femmes sont des femmes au foyer. Quant à la scolarité des mères 8,3% a fini l école primaire, 16,7% le collège ou le lycée, 50% une licence et 8,3% a commencé des études universitaires sans les avoirs terminées. Quant aux mères, elles sont de femmes au foyer (33,3%) ou employées (33,3%), (16,7%) sont des ouvrières, une mère est étudiante et une exerce une profession libérale. En moyenne elles travaillent plus que les hommes, plus de 10 heures par jour. La structure de la famille la plus représentative est celle de mère célibataire (50%). 41,7% vivent en concubinage ou sont des couples mariés et 8,3% des couplés sont séparés. Tous les enfants vivent avec leur mère, et pour 66,6% des cas avec les deux parents. 33,3% enfants sont aussi élevés par les grands parents et 17% des oncles ou tantes vivent sous le même toit que les parents. Le nombre d enfants par couple est en moyenne de deux enfants par foyer. 41,7% des enquêtés ont signalé avoir deux enfants, 33,3% trois, 16,7% un seul et 8,3% quatre. Par rapport au nombre d enfants scolarisés par foyer, 50% de parents disent que 2 de leurs enfants sont inscrits au jardin d enfants, 33,3% qu uniquement un et 16,7% que trois. En ce qui concerne le nombre d enfants qui vont à ce jardin d enfants 66,7% des parents disent avoir inscrit au moins un enfant. L enfant inscrit est dans 41,7% des cas l ainé ou le deuxième. La plupart des enfants inscrits ici sont de filles. ~ 191 ~

196 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Noxinach (Nx) Cet établissement s est modernisé afin de répondre aux demandes actuelles de la société. Il se situe près de la voie rapide entre Mexico- Veracruz, dans une zone éloignée du centre et dans la périphérie de la ville. Le trajet pour y accéder est compliqué. Le niveau socio-économique de la colonia où est placé le jardin d enfants est de moyen à bas. Photo 19 Salle à manger et salle d'usages multiples. Jardin d enfants "Noxinach" C est l un des rares jardins d enfants à offrir un service d assistance. Les cours débutent à neuf heures et finissent à seize heures. Nous sommes venu à huit heures trente, un vendredi. En arrivant, une institutrice nous a informé que la directrice était absente pour des raisons de santé. L assistante technico-pédagogique s est chargée de nous soutenir dans la distribution du questionnaire. L aménagement de cet établissement est différent. Sa surface est très grande, il y a là une salle à usage multiple, une grande salle à manger, une cuisine, deux cours pavés, six classes, le bureau de la directrice, des grands espaces verts avec de manèges. Ici, les enfants ont la possibilité de prendre le petit déjeuner (de sept à huit heures de matin) ainsi que le déjeuner. Il y a toujours un enseignant à l entrée de ce jardin d enfants chargé de recevoir les enfants et qui leur facilite l accès à l institution. Nous avons distribué les questionnaires aux parents avec l enseignant, au moment précis où ils déposaient leur enfant. Tous les participants ont accepté volontairement. Une fois d avoir la distribution des questionnaires terminée, d autres parents sont venus nous demander d y participer. Les parents ont montré quelques inquiétudes par rapport aux questions mais en même temps ils étaient très intéressés. Les questionnaires ont été remplis sur le trottoir, face à l institution, quelques parents sont restés debout, d autres se sont assis. À la fin du travail, la directrice nous a fait visiter le jardin d enfants. Toutes les classes commencent la journée par ~ 192 ~

197 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse des activités physiques. Ce jour là certains enfants ont défilé au centre de ville. À onze heures, avant de quitter le jardin d enfants nous avons pu assister à une saynète à laquelle certains parents ont participés. La participation des parents dans ce jardin d enfant est facilement observable même si les horaires de travail les empêchent de s investir davantage. Caractéristiques de la population enquêtée Nombre d enquêtés : 12 parents La moitié des personnes enquêtées étaient de sexe masculin, tous des pères. Par contre pour les femmes, uniquement 33,3% ont déclaré être la mère de l enfant, le reste sont soit la gardienne de l enfant soit une personne extérieure à la famille qui à la charge d emmener l enfant au jardin d enfants. Selon la structure familiale, dans 92% les enfants vivent avec les deux parents. La famille traditionnelle est la plus représentative de cette population. Dix de ces familles sont composées de plus d un enfant. Dans trois cas, les grands parents, les cousins ou les tantes ou oncles partagent le toit avec l enfant et sa famille. Pour 66,7% des parents interrogés, les enfants inscrits ici sont l aîné pour le reste sont les deuxièmes. Par conséquent 58,3% de ces enfants sont inscrits à la grande section contre 8,3% à la petite section et le reste à la moyenne section. L âge minimum des pères est de 27 ans minimum et 48 ans maximum. Le niveau minimum d études du père est le collège, 16,7% ont fini le lycée et 75% ont fini un programme universitaire. Quant à leur activité professionnelle 18,2 sont axés sur le commerce, 63,5% sont des employés divers, un exerce une activité libérale ou comme enseignant. En moyenne ils disent travailler neuf heures et demie par jour. Quant aux mères, elles ont entre 23 et 42 ans. La scolarité de la mère est légèrement inférieure à celle du père. De même que pour les pères, 16,7% des mères a fini le collège, et par contre 41,7% le lycée ou une carrière techniques ou universitaire. Seulement la moitié de femmes sont des femmes au foyer, 8,3% se déclarent enseignantes et 41,7% sont employées. Le nombre d heures travaillés par jour est supérieur à celui des pères, en moyennes elles disent travailler douze heures par jour. ~ 193 ~

198 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Les jardins d enfants fédéralisés avec service l après- midi Dans la ville, uniquement le type de subvention fédéralisé propose ce service. Les enfants vont au jardin d enfants de 14 heures 30 jusqu à 17 heures 30. Les personnels pédagogique et administratif ont l obligation d arriver 30 minutes avant l heure du début des cours et de partir aussi 30 minutes après la fin des cours. Dans la ville de Xalapa un nombre très réduit de jardins d enfants offre ce service. À signaler qu ils fonctionnent régulièrement dans le même bâtiment que les jardins d enfants de service du matin. À vrai dire, les parents préfèrent envoyer leur enfant au jardin d enfants le matin, même si l attention et le service est le même, socialement il est mieux vu qu un enfant soit scolarisé le matin et pas l après midi Lilia Judith Lomán Sánchez (LJLS) Cet établissement se trouve entre le centre de ville et la voie rapide qui conduit à la ville de Veracruz ou du Mexique. Il est placé dans l avenue «Miguel Aleman». Ce jardin d enfants travaille le matin et l après-midi. Le matin l ensemble du personnel travaille (au moins quatre enseignants et une directrice). Par contre, l après-midi seulement deux enseignants sont présents. La supervision scolaire de la zone travaille dans ce même bâtiment. L institution est consacrée uniquement à l éducation préscolaire. Même si la surface occupée est petite, elle a un patio, et des manèges mécaniques pour les enfants ainsi qu une cour pour effectuer les différentes activités socioculturelles. Quand nous sommes arrivés un peu avant 14 heures, la directrice nous a reçu et nous a aidé à convoquer les parents. Le superviseur scolaire qui a également assisté à la réunion d information donnée au début de la recherche, était aussi présent. À cette occasion, une fois de plus, nous avons signalé les objectifs de cette étude à la directrice et à la superviseuse. Une fois que les parents sont arrivés nous leur avons demandé de participer. Dans la mesure où l échantillonnage d ici a été très petit, seulement trois parents (deux pères et une mère) ont répondu. La responsable nous a prêté une salle où les deux parents ont renseigné le questionnaire. Quelques minutes plus tard, un père est sorti de la salle pour remplir le ~ 194 ~

199 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse questionnaire dans la salle polyvalente. Une des mères nous a posé à plusieurs reprises différentes questions et elle a également essayé de nous raconter comment elle vit son engagement face à l éducation préscolaire de leur enfant. À la fin du travail et en dehors de l institution, la même mère nous a abordé pour poursuivre la discussion. Elle nous a expliqué pourquoi elle a pris la décision d inscrire sa fille ici. Pendant la conversation un autre père est arrivé et il s est joint à nous. Ils sont d accord pour dire que ce jardin d enfants est une bonne institution car il n y a pas beaucoup d enfants, les effectifs sont limités et ainsi l institutrice travaille mieux. Caractéristiques de la population enquêtée pères. Nombre de participants : 3 parents ont répondu au questionnaire. Parmi eux 66,6 % sont les mères d au moins un enfant scolarisé ; contre 33,3% de L âge des pères va de 28 à 40 ans maximum. Quant à la scolarité des pères. 33,3% disent avoir fini l école primaire ou le collège, 33,3% disent ne pas avoir fini le collège. (66,7%) des pères sont employés et 33,3% sont des agriculteurs. Ils travaillent huit heures par jour. Les mères ont entre 24 et 38 ans. Les mères se consacrent pour 66,7% aux tâches ménagères, pour le reste elles réalisent une activité liée au commerce. Quant à la scolarité, 33,3% disent avoir au moins achevé l école primaire et le reste le collège. La structure familiale est traditionnelle dans 66,6% des cas dont les parents vivent en concubinage. Pour le reste il s agit de parents isolés. 66,7% des enfants sont des filles inscrites ici. Les enfants sont plutôt inscrits en moyenne et grande section Manuel M. Oropeza (MMO) Le jardin d enfants MMO se trouve au sud de la ville, et est assez prés du centre de ville. Ses installations sont très bien adaptées aux demandes pédagogiques et aussi très bien ~ 195 ~

200 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse entretenues. Ce jardin d enfants compte une surface très grande, plus de mille mètres carrés. Une grande place est entourée d espaces verts ainsi qui donnent sur les classes. Elle compte aussi divers jeux pour les enfants. Dans ce jardin d enfants tout est très grand et spacieux. Ici, il y a deux services d éducation préscolaire un offert le matin et l autre l après midi qui se compose de quatre groupes. En arrivant ici nous avons lu une affiche collée dans laquelle la directrice invitait les parents à participer à l étude. La distribution des questionnaires a été réalisée à l heure d ouverture. La directrice a permis exceptionnellement aux parents d entrer au sein du jardin d enfants afin de répondre aux questions d une manière plus confortable. Ils ne peuvent pénétrer habituellement à l intérieur qu au moment du départ de l enfant. Certains parents ont préféré rester dehors. Le lien entre la directrice et les enseignants et les parents nous a semblé distant. Caractéristiques de la population enquêtée Nombre de participants : six mères et un grand père ont participé. L âge des pères va de 29 ans à 62 ans maximum. Quant à la scolarité des pères. 16,7% disent avoir fini l école primaire ou le lycée, 33,3% le collège ou un programme universitaire. L activité professionnelle du père est axée sur des activités ouvrières ou d enseignants pour 33,3%, 16,7% sont agriculteurs ou commerçants. Ils travaillent entre huit et 12 heures par jour. Les mères ont entre 25 et 37 ans. 71,4% se présentent comme femmes au foyer contre 14,3% comme commerçantes ou employées. Quant à la scolarité, 28,6% ont fini l école primaire, 14,3% le collège ou ont obtenu un diplôme universitaire. Mais pour la plupart des femmes les études se sont arrêtées avec le lycée. La structure familiale la plus représentative pour l ensemble de la population participante de ce jardin d enfants est la famille traditionnelle. Un seul enfant ne vit qu avec sa mère et ses frères et sœurs. Par contre, dans deux cas les grands-parents font partie de la ~ 196 ~

201 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse structure familiale. 71,4% de parents disent avoir deux enfants, 14,3% seulement un ou trois. En ce qui concerne l enfant préscolarisé, il est l aîné dans 57,1% de cas et le deuxième dans 42,9%. Pour 71,4% cette année est la première année où l enfant est inscrit ici. Par contre pour 28,6% des parents, plus d un des enfants est préscolarisé Les jardins d enfants privés Au Mexique, les jardins d enfants privés, comme nous l avons signalé auparavant, font parti d un des cinq soutiens économiques de l éducation nationale. Ce type d établissements a l obligation de s inscrire dans la brochure nationale du ministère de l éducation. Une fois enregistrés, ils dépendent soit de l administration fédérale soit estatal qui a la responsabilité de surveiller pédagogiquement et administrativement leur bon fonctionnement. Ces jardins d enfants doivent suivre toutes les normes et décrets de lois qui incombent aux jardins d enfants publiques afin d offrir une éducation plus ou moins uniforme dans toutes les institutions d éducations du pays, sans distinction de type, de catégorie ou de subvention. Pour y entrer, il faut que les parents acceptent la charge économique liée aux achats de matériaux pédagogiques, financent les activités socioculturelles, s acquittent des droits d inscription et de paiement mensuel. Ils doivent s engager à laisser leur enfant plus de temps dans le jardin d enfants privés que dans les publics. L État n exerce aucun contrôle sur l emploi du temps et la charge du travail des jardins d enfants privés une fois qu ils remplissent la réglementation imposée par les jardins d enfants publics. En revanche le niveau éducatif est supérieur à ceux des jardins d enfants publiques. Pour aboutir à ces objectifs, ils imposent aux enfants un emploi du temps chargé. Ils pratiquent de nombreuses activités artistiques, linguistiques, informatiques, etc. De nombreuses heures sont consacrées à l apprentissage des différents outils nécessaires pour la vie en société de certains échelons sociaux. Faire apprendre plus que les bases de la lecture et Photo 20 Engagement des parents dans le jardin d enfants «Renacimiento». ~ 197 ~

202 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse de l écriture sont bien sûr des objectifs prioritaires Centro Renacimiento (CR) Ce jardin d enfants se trouve près de la route nationale entre Veracruz-Mexico et dans un des quartiers les plus favorisés de la ville de Xalapa. Il travaille dans une vieille maison, ce qui rend difficile l accès et la sécurité des enfants même si tout est prévu pour éviter les accidents. Dans la plupart des cas, les enfants sont amenés en voiture au jardin d enfants. Certains enfants arrivent à pied et d autres prennent les transports collectifs (COMBI) ou dans les voitures de leurs parents. Dans cette institution s offre aussi l éducation primaire, et même si les bâtiments sont mitoyens, les parents sont obligés de déposer les enfants à différents endroits correspondants à différentes entrées. Ici, nous avons observé un très bon rapport entre les parents et les enseignants. La participation et l engagement des parents envers l éducation préscolaire des enfants est presque une obligation pour que leur enfant soit inscrit. Diverses activités sont proposées pour favoriser la participation des parents. Chaque vendredi un parent doit venir pour raconter aux enfants sa profession. Des ateliers de contes dirigés par les parents fonctionnent. D ailleurs tous les jours, deux parents doivent prendre en charge l accueil de l enfant. Ils aident les enfants à descendre des voitures et les accompagnent jusqu à la porte d entrée. Cette activité dure toute l année scolaire. Leur participation dépend du nombre d enfants inscrits. Cette activité a été proposée par les parents afin d éviter les bouchons et pour faciliter l accès des enfants au jardin d enfants. En ce qui concerne notre étude, la directrice nous a laissé établir seuls le contact avec les parents. On nous a permis d utiliser une petite salle. Certains parents ont refusé de participer à notre enquête «je dois aller au travail», «j ai juste le temps d aller à mon boulot, désolé!», «je ne peux pas rester, j ai des choses à faire» La distribution a duré 40 minutes. Certains parents en ont profité pour nous exprimer leur satisfaction d avoir leur enfant dans cette institution. Ils nous ont aussi parlé des différents programmes engagés pour encourager le développement harmonieux des enfants. Ils nous ont confié «je suis diététicienne et mon mari endocrinologue et avec d autres parents nous avons mis en place un programme de nutrition afin de prévenir l obésité infantile, nous donnons des conseils aux ~ 198 ~

203 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse autres parents». «Nous préparons le menu ensemble avec d autres parents» «nous avons proposé des ateliers de lecture» «mon enfant est fier de me voir dans son jardin d enfants, car ses amis me connaissent déjà». Caractéristiques de la population enquêtée Nombre d enquêtés : six mères et un père. L âge des pères va de 28 ans à 56 ans maximum. Quant à la scolarité, ces parents ont un des niveaux de scolarité le plus élevé. 66,7% disent avoir au moins achevé des études supérieures de premier niveau, et 16,7% le lycée ou un programme supérieur technique. Les pères employés constituent 50% de cette population, contre 16,7% qui disent exercer une activité professionnelle liée à leur formation universitaire ou travaillent au sein de la fonction publique ou commerciale. En moyenne ils travaillent 10 heures par jour. Les mères ont entre 23 et 41 ans. La plupart de femmes sont des femmes au foyer. Quant à la scolarité des mères 33,3% ont fini le lycée, 50% ont un diplôme universitaire et 16,7% ont un diplôme d un programme technique. Liées à leur bon niveau social, 66,7% de mères ne travaillent pas, elles se déclarent mères au foyer, par contre 16,7% disent exercer une profession liée à leur formation universitaire ou travaillent dans l administration ou la fonction publique. Dans la totalité de cas, les enquêtés font partie d une famille traditionnelle. La moitié de parents ont au moins un enfant. 16,7% des familles comportent les parents et deux et 33,3% ont trois enfants. Dans 50% des cas, un enfant est scolarisé ailleurs, c est-à-dire qu au moins un enfant assiste à ce jardin d enfants et un de ses frères ou sœurs va dans une autre école. 66,7% de parents disent qu un de leurs enfants vient ici, pour le reste deux enfants sont inscrits. 33,3% des enfants assistent à la moyenne section ou au moins un des frères et sœurs y assistent aussi. Par contre, 16,7% sont inscrits en petite ou grande section. ~ 199 ~

204 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Colegio de Xalapa, Ac. (CDX) Cette institution éducative est placée dans une rue parallèle à l autoroute Veracruz Xalapa. Elle comprend un jardin d enfants, une école primaire, un collège et un lycée. Le terrain est très grand et compte un grand jardin aménagé avec des jeux pour les enfants. Le niveau socio-économique de sa population est plutôt élevé. Photo 21 (2003) Parents participants du jardin d enfants "Colegio Xalapa" L accès au jardin d enfants est strictement réservé aux parents ayant un enfant inscrit. Chaque jour à l heure d ouverture, les parents peuvent déposer leur enfant en voiture à 10 mètres de la salle de classe ou l accompagner jusqu à la porte de la classe. Au moins une personne de l administration ou du cadre pédagogique reçoit les enfants tous les jours et est présente à la sortie. À différence des jardins d enfants publics, ici les enseignants commencent leur journée à huit heures du matin. Les enfants de la moyenne et grande section commencent leurs cours à huit heures et demie et les plus petits à neuf heures. Comme nous l avions décidé avec la responsable de l éducation préscolaire, la personne en charge de l accueil des enfants nous a aidé à inciter les parents à participer. Malheureusement, les parents ne ses ont pas montrés très coopératifs, «je dois aller au boulot» «je suis pressé». Seulement, trois parents ont accepté de participer à notre enquête. Lors de notre intervention, les enfants ont joué avec différents matériels, puis, à l heure de la sonnerie, les enfants ont tout rangé pour commencer le cours. Une fois finie la distribution nous avons eu l opportunité de discuter avec la directrice. Elle nous a indiqué que le travail avec les parents est assez compliqué. «Nous tentons différentes actions afin d établir une communication permanente avec eux, mais c est difficile». Dans deux des quatre classes, le cours se fait en anglais, les parents ont le choix entre les cours en espagnol ou en anglais. La méthodologie utilisés dans ce jardin est plutôt active elle suit les principes cognitifs du programme High Scope. Programme récent qui vient ~ 200 ~

205 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse des États-Unis qui s inspire des idées de PIAGET. Caractéristiques de la population enquêtée Nombre d enquêtés : 3 participants Parmi les participants 66,7% sont des femmes dont 33,3% ont au moins un enfant scolarisé. Ont également renseigné notre questionnaire un des grands-parents et une personne que n a aucun lien de consanguinité avec l enfant. Aucun père n a participé à cette étude. L âge des pères va de 32 à 41 ans maximum. Quant à la scolarité des pères : 66,7% ont au moins obtenu un diplôme universitaire, le reste ont suivi une formation professionnelle technique de niveau supérieur. Le reste des pères sont des commerciaux et travaillent au moins huit moins huit heures par jour. Les mères ont entre 32 et 41 ans. La plupart de femmes sont des femmes au foyer (66,7%) et le reste sont des enseignantes. Le niveau social de cette population est assez élevé. Quant à la scolarité, elle est la même que celle des hommes, elles ont au moins accompli une formation universitaire. La structure familiale la plus représentative dans l ensemble de la population participante est la famille traditionnelle. Le nombre d enfants par foyer ne dépasse pas deux enfants par foyer (66,7% de parents en ont un) et (33,3% en ont deux). La totalité des enfants de chaque foyer est préscolarisé dans ce jardin d enfant. 66,7% des enfants sont l aîné et ils sont tous inscrits en petite section Centro Escolar Acueducto (CEA) Ce jardin d enfants se trouve près du musée d anthropologie et en face de l école normale Enrique C. Rebsamen. Près du jardin public «Expérimental» qui a été aussi choisi pour cette étude. Cette institution travaille dans une vielle maison qui a été plus au moins adaptée aux besoins éducatifs. La cour est très petite, par conséquent, la directrice a placé une balançoire à l extérieur de l établissement éducatif, même si c est un peu inhabituel, les ~ 201 ~

206 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse enfants s en servent à l heure de la sortie, pendant que l enseignante discute avec les parents. À l entrée se trouve un petit hall et un bureau de la direction. C est là que les parents attendent, leurs enfants et les déposent le matin. L entrée de parents au sein de l institution est interdite après l heure d ouverture, les enfants sont alors reçus par une autre institutrice à l entrée. La directrice de ce jardin n est pas venue lors de la réunion d information. Nous avons Photo 22 (2003) Parents en train de répondre au questionnaire à la direction du jardin d enfants «Centro Escolar Acueducto» distribué le questionnaire le vendredi à l heure de la sortie des enfants. Quand nous sommes arrivés, à onze heures, la directrice nous a exprimé son regret de ne pas avoir été suffisamment informée. Quand nous lui avons expliqué notre projet et dit que le ministère d éducation nous avait donné son accord, elle a souhaité participer. Elle en a profité pour nous montrer le jardin d enfants. Les salles nous ont semblé trop petites et insuffisamment aérées et trop peu éclairées. Pour cette raison nous avons décelé une forte odeur d humidité. Dans la mesure, où les cours se terminent à 14h00, nous sommes revenus vers 13 heures 30. La directrice a demandé aux parents de participer une fois les enfants sortis des cours. Nous avons distribué alors le questionnaire. Pendant toute la distribution la directrice a été présente. Un couple a répondu ensemble au questionnaire. Comme ce jardin d enfants offre aussi un service de crèche, certains participants ont leur enfant inscrit à ce service et non pas en éducation préscolaire. D une certaine manière c est la directrice qui a déterminé la participation des parents à cette étude. Caractéristiques de la population enquêtée épouse. Nombre de parents participants : quatre. 75% des mères ont au moins un enfant scolarisé ; seul un père a répondu avec son ~ 202 ~

207 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse L âge des pères et des mères va de 30 ans à 40 ans maximum. Quant à la scolarité des pères. 25% disent avoir fini le lycée et le reste avoir obtenu un diplôme universitaire de premier cycle. En ce qui concerne l activité professionnelle la moitié des pères sont employés, (25%) sont enseignants ou exercent une profession libérale. Ils travaillent entre sept et huit heures par jour. La plupart de femmes sont des femmes au foyer. Quant à la scolarité, leur niveau est légèrement plus élevé que celui des hommes. 75% disent avoir au moins achevé des études supérieures de premier cycle, le reste un programme technique. En proportion similaire, 25% disent être enseignantes, femme au foyer, exercent une profession liée à la formation professionnelle ou être employées. Elles disent avoir des journées de travail plus longues que les hommes en moyenne elles travaillent 10 heures et demie par jour. En ce qui concerne la structure famille, la plus représentative dans l ensemble de la population participante est la famille traditionnelle. Même si dans un des cas les grands parents vivent sous le même toit que les parents, deux des couples sont mariées (75%) et un vit en concubinage 25%. Les familles ont entre un enfant (25%) et deux (75%). Tous ces enfants sont de filles préscolarisées dans ce centre éducatif. Au moins, une de ces filles est inscrite au premier, 50% en deuxième et le 25% restante sont des sœurs qu assistent à deux sections différentes (petite, moyenne et grande section) María Montessori (MMP) Depuis des années, ce jardin d enfants travaille dans la même maison. Au cours du temps, ils ont transformé certains espaces pour mieux s adapter aux demandes éducatives. Ils ont d abord utilisé le programme MONTESSORI mais comme il était trop cher, la directrice a décidé de mettre un place une méthode active mais moins chère. Par contre, elle n a pas pu changer le nom ce jardin d enfants. Le bâtiment est une ancienne maison adaptée, placée au centre d un quartier assez favorisé de la ville de Xalapa. La directrice de ce jardin d enfants n a pas été présente lors de notre réunion d information. ~ 203 ~

208 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse Dans ses installations nous avons trouvé une cuisine, des chambres ainsi qu un salon qui sont utilisés comme salles de classes. Il existe aussi un petit jardin et une grande cour avec des jeux mécaniques pour les enfants. L ambiance est harmonieuse. Nous sommes passés une première fois pour décider du jour de la distribution. La maîtresse responsable d accueillir les enfants à l ouverture a invité les parents à participer. Certains parents ont posé des questions. Nous avons aussi observé que le niveau économique des parents participants est élevé, grâce aux commentaires du personnel pédagogique nous avons appris que dans une grande majorité des cas, les parents ont des commerces propres ou qu ils travaillent dans la fonction publique ou privée. Photo 23 (2005) Parents participants dans cette étude. Jardin d enfants «Maria Montessori» À neuf heures, les cours ont commencé et une des classes a été occupée par les parents participants, afin de répondre au questionnaire. Pendant ce temps, les enfants ont réalisé avec leur maîtresse une séance d activités physiques à l extérieur. Avant de partir les parents ont exprimé leur satisfaction et intérêt de participer à des cette étude. Après leur départ nous avons pu parler avec la directrice. Elle nous a indiqué différentes activités qu elle réalise avec les parents : Atelier culinaire où les parents avec les enfants préparent le repas du jour. Lecture de contes pour les enfants. Explication de l activité professionnelle de certains parents. Journées portes ouvertes. Caractéristiques de la population enquêtée Nombre de participants : sept. 85,7% sont des femmes dont 57,1% sont les mères d au moins un enfant scolarisé, 14,3% la sœur ou un de grands-parents ; et 14,3% des pères. ~ 204 ~

209 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse La structure familiale la plus représentative dans l ensemble de la population participante de jardin d enfants est la famille traditionnelle. 85,7% sont des couples mariés contre 14,3% de mères célibataires. 86% des enfants vivent avec leur mère, 72% de cas vivent aussi avec leur père. 42% avec leurs frères ou sœurs, 29% aussi avec les grands-parents et 14,3% avec des oncles ou tantes. 57,1% ont un enfant scolarisé, dans 14,3% deux et dans 28,6% trois. 85,7% des parents disent avoir inscrit un de leurs enfants ici dont 57,1% sont en petite section, et 14,3% ont inscrit deux de leurs enfants. L âge des pères va de 21 ans à 47 ans maximum. Quant à la scolarité des pères. 14,3% disent avoir étudié au lycée et 85,7% ont obtenu une licence universitaire. L activité professionnelle du père dépend d une formation universitaire (71,4%). 14,3% sont employés ou enseignants. Ils disent travailler au moins sept heures par jour et en moyenne neuf heures et demie, un peu moins que les femmes. Les mères ont entre 22 et 39 ans. La plupart de femmes sont des femmes au foyer. Quant à la scolarité de la mère elle est similaire à celle des pères, 57,1% disent avoir au moins achevé le lycée et 42,9% des études supérieures. Quant à la vie professionnelle, 28,6% sont des femmes au foyer, 14,3% réalisent des études et dans la même proportion sont des employées. 42,9% réalisent une activité liée à leur formation universitaire. Elles travaillent entre sept et 16 jours par jour, en moyenne 10 heures et demie. La participation des parents dans le travail scolaire se définit en termes d'interactions entre parents, enseignants et enfants relativement à des activités d'apprentissage ou à des discussions et des échanges. Les souvenirs et la tradition sont décisifs dans le processus éducatifs formels. Au Mexique, comme nous l avons indiqué l éducation est une tâche plutôt pour les femmes, en conséquence les relations entre elles et les enseignants sont plus fréquentes. Nous avons trouvé que le niveau scolaire du père a déterminé leur activité professionnelle P-level = 0,00003 es > α = 0.05, ainsi que le nombre d enfants qu il avait avec une dépendance de chi²= 0,00. Plus il a été soutenu pendant son parcours scolaire plus son niveau scolaire été élevé p= es > α = Le lien entre les parents et l enseignant dépendait par contre du niveau éducatif du père p= Il apparait également que ~ 205 ~

210 Troisième chapitre. La méthodologie : Méthode de recueil et d analyse lorsqu un homme a été soutenu par sa famille lors de ses études, une fois père il s impliqué davantage dans l éducation préscolaire de ses propres enfants p= Nous avons découvert que le niveau scolaire du père et ses expériences scolaires déterminaient aussi le type d'éducation de son enfant p= Bien que la scolarité des pères ne détermine pas le nombre d enfants, ceux de la mère jusqu à cette date a bien déterminé le nombre d enfants qu elle a eu. Même si dans les familles les plus nombreuses, la scolarité du père n a pas dépassé l école primaire ou le collège, la scolarité de la mère par contre a été légèrement plus déterminante. Dans les cas où les femmes ont été moins scolarisées, les familles ont été plus nombreuses. Un autre aspect importante, la scolarité maternelle car elle a été fortement liée au degré d implication de ses propres parents chi²=0,02 et à la relation établie entre la mère et l enseignant p= 0,00127es > α = 0,05. Plus le soutien familial reçu par la mère pendant sa scolarité a été important plus elle s implique dans la scolarité de son enfant p = 0,00002 es > α= 0,05. Le niveau de scolarité de la mère a aussi déterminée le choix du jardin d enfants chi²=0,014. Enfin, le parcours scolaire de la mère encourage plus facilement leur implication et engagement au sein de l éducation préscolaire de l enfant que celle du père. ~ 206 ~

211 Quatrième Chapitre. Les résultats généraux de l enquête PARTIE 2 ANALYSE DES DONNÉES EMPIRIQUES ~ 207 ~

212 Quatrième Chapitre. Les résultats généraux de l enquête ~ 208 ~

213 Quatrième Chapitre. Les résultats généraux de l enquête CHAPITRE 4 LES RÉSULTATS GÉNÉRAUX DE L ENQUÊTE L approche que nous venons de faire du processus de constitution familiale afin d approfondir sur le thème ou sur la question de l implication parentale, nous a permis d apporter des conclusions intéressantes sur la participation de parents mexicains à l éducation préscolaire de leurs enfants, à travers les différences dans le comportement et implication parentaux des 192 familles de la ville de Xalapa. Comme nous l avons souligné auparavant, l importance de la famille au sein de l éducation préscolaire de l enfant est un aspect historique dans la société mexicaine. De plus, la structure familiale, les conditions de vie, l origine ethnique, les croyances, la classe sociale, les normes internes et externes sont toujours visibles dans les différents contextes éducatifs et familiaux ici présentés. Nous pouvons le confirmer grâce à ces résultats. Dans cette enquête, l ensemble des informations recueillies sont exclusivement destinées à l usage statistique de cette thèse. Ces informations collectées ont été codifiées, saisies, épurées et tabulées et leur traitement a consisté, d une part à traduire en langage courant les informations collectées et d autre part de les rendre lisibles. Elles ont été anonymes dès le début de la collecte, conformément à la loi n du 6 janvier 1978 relative à l informatique, aux fichiers et aux libertés. Tout au début, nous devons signaler, que faire parti du secrétariat d éducation de Veracruz a facilité énormément les démarches administratives pour bien mener à terme la passation du questionnaire. Ensuite, nous ne pouvons pas oublier l aide significative des enseignants et/ou directrices dans chaque jardin d enfants. Elles, à son tour, ont encouragé les parents à accepter de participer à cette étude. Le fait d être jugé par un membre externe a provoqué l intérêt de plusieurs membres des communautés éducatives (directeurs surtout) pour avoir les résultats de cette recherche. Il faut signaler que certains des parents participants ~ 209 ~

214 Quatrième Chapitre. Les résultats généraux de l enquête ont eu l espoir que je puisse intervenir positivement sur la scolarité de leurs enfants, sur certains mauvais fonctionnements à l intérieur du jardin d enfants ou sur certaines techniques pratiquées par les enseignants. C est ainsi que très peu de parents ont refusé de répondre au questionnaire. À partir des objectifs spécifiques établis par cette étude c'est-à-dire : d identifier les différences profils d implication parentale au sein de ces jardins d enfants, de préciser les modalités de leur participation et leur implication, de répertorier les activités auxquelles les parents participent, de mettre en évidence les facteurs qui influencent leur implication dans l éducation préscolaire de leurs enfants, de spécifier le rôle des enseignants dans les activités prévues pour les parents, de déterminer les bénéfices perçus pour les parents chez les enfants du fait de leur participation, les résultats que nous avons trouvés sont les suivants. Nous pouvons commencer pour dire que le croisement des réponses nous a permis de vérifier par exemple, qu il existe de nombreuses variantes qui sont la cause de la participation parentale au sein de l école. Nous avons trouvé qu à partir de l insertion scolaire, l enfant est l intermédiaire entre la culture familiale et la culture scolaire. Il vit un processus permanent de changement idéologique qui transforme sa propre structure familiale. Tel que MONTESSORI signale dans le discours inaugural en occasion de l ouverture de «la Casa dei Bambini» «l école éduque la famille» car à travers de l enfant la famille vit une véritable transformation (2000, p. 362). Cependant, la diversité, la tradition et la forte influence culturelle de la structure familiale de chaque participant est fortement marquée dans ses réponses. Par rapport à l information recueillie, nous avons divisé les réponses du questionnaire en quatre parties : Aspects sociodémographiques des participants, Aspects relatifs à leur implication dans le jardin d enfants de leur enfant, Aspects relatifs à leur parcours scolaire, Propositions ou suggestions générales ~ 210 ~

215 Quatrième Chapitre. Les résultats généraux de l enquête À l exception des aspects sociodémographiques des participants qui nous ont servis pour mieux connaître la structure actuelle de familles mexicaines, les autres trois aspects nous ont apportés des informations relatives à chacun de nos objectifs spécifiques. Avec différentes analyses et le croisement de données entre les deux, nous avons obtenu des informations intéressantes qui nous ont permis d approfondir nos connaissances sur l implication de la famille mexicaine à l école. Nous citerons les résultats, sauf pour les aspects sociodémographiques des parents, selon chaque objectif. 4. Analyse de données Deux phases consécutives d analyse de données collectées se sont déroulées, avec des recoupements et une triangulation des résultats à différents moments. D abord, une analyse préliminaire et exploratoire, basée sur les données qualitatives et quantitatives produites, a été suivie. Ensuite, une description générale des mêmes participants afin d envisager leur comportement, a été mise en place. Enfin, pour identifier dans la population en question le plus grand nombre possible de similitudes et de différences par rapport au thème d étude différentes analyses ont été développées. Pour arriver à achever cette action nous avons utilisé la totalité de la population infantile inscrite dans les jardins d enfants de la ville de Xalapa, en faisant une subdivision en raison de : la subvention, l emploi des jardins d enfants ainsi que certaines caractéristiques des parents visés dans cette enquête. Ainsi, il s agit de montrer dans ce chapitre les résultats obtenus dans cette étude portant sur l implication parentale dans le jardin d enfants dans la ville de Xalapa, au Mexique. Ces aspects ont été récupérés grâce aux questions cible sur les sujets suivants : Information sociodémographique des parents Choix scolaire Relation jardin d'enfants /maison o Contact avec le jardin d enfants o Aide aux enfants Participation parentale Souvenirs scolaires des parents o Le vécu scolaire des parents (positif, négatif et/ou significatif) ~ 211 ~

216 Quatrième Chapitre. Les résultats généraux de l enquête o L implication dans les activités (type, fréquence et temps de leur participation) Perception des répercussions de lien chez les parents et/ou chez les enfants o Valorisation de l éducation préscolaire o Réaction indirecte de l enfant, des enseignants et des parents selon ces derniers Proposition Diverses techniques statistiques (tests d hypothèses, analyses statistiques de test et analyse descriptive graphique) ont été employées. L idée de «évaluer le rapport entre les réponses obtenues dans chaque questionnaire et l implication réelle des parents dans la scolarité de leur enfant préscolarisé», a motivé la réalisation d une analyse de corrélation entre les réponses des parents et leur implication dans l éducation préscolaire de leurs enfants. La fréquence des différences et des similitudes dans les réponses obtenues, à partir des différents types d'analyses prises en compte, a été traitée à partir des profils suivants : Profil par école : présentation d une analyse descriptive et comparative globale des résultats obtenus dans chacune des institutions participantes. Profil par le sexe des parents et par le type de subvention du jardin d enfants : une description et une comparaison globale des résultats obtenus selon la subvention des jardins d enfants et le sexe des parents ont été suivies. Profil par emploi du temps : présentation d une analyse descriptive et comparative des résultats obtenus par le groupe d'écoles d'après son programme de travail. Analyse comparative par jardin d enfants : mise en valeur des différences et des similitudes de chaque école. Analyse comparative par emploi du temps : mise en valeur des différences et des similitudes pour chaque institution. Analyse prédictive : l étude est faite avec les différentes variables analysées prévoyant les relations entre les familles et le jardin d enfants selon les activités ~ 212 ~

217 Quatrième Chapitre. Les résultats généraux de l enquête effectuées pendant le déroulement du cycle scolaire pour les enseignants. Analyse comparative par type de subvention du jardin d enfants : à travers l étude de variantes et de contrastes dans chaque type de subvention des jardins d enfants a été réalisée une analyse comparative : o Fédéralisé, o Estatal, o Privée. 4.1 Aspects sociodémographiques des participants Dans la première partie de notre questionnaire, nous avons demandé certaines informations relatives aux foyers. Aspects divers relatifs à chaque parent : l âge, le sexe, le lien avec l enfant, l état civil ; le nombre d enfants (combien sont préscolarisés ou scolarisés, combien sont dans l éducation préscolaire) ; la place qu occupe l enfant préscolarisé dans la famille, son sexe, sa classe ; concernent les deux parents : leur niveau d études, leur profession ; le nombre d heures de travail par jour ; et, enfin par rapport à la structure familiale : nous leur avons demandé de nous dire qui vit avec l enfant? En conséquence, nous avons trouvé : Le sexe des participants Selon le Secrétariat d Éducation de l État de Veracruz à la rentrée , enfants ont été inscrits dans l ensemble de ces 21 jardins d enfants participants. Les enquêtes menées auprès de ces 192 parents de ces jardins d enfants ont indiqué une forte prédominance de la participation féminine (80,2%) pour 16,7% de participation masculine (160 femmes, 38 hommes). Nous devons signaler que dans 3,1% des cas (6), les deux parents ont répondu en couple à l ensemble du questionnaire. ~ 213 ~

218 Quatrième Chapitre. Les résultats généraux de l enquête Participation des parents dans chaque type de jardin d enfants selon leur sexe Sexe des participants Subvention des jardins d enfants Privé Estatal Fédéralisé Total Masculin 1,04% 4,17% 11,46% 16.67% Féminin 8,85% 26,04% 45,31% 80.21% Les deux parents ensembles 0,52% 1,04% 1,56% 3.13% Total 10.42% 31.25% 58.33% 100% Tableau 8 Participation des parents dans chaque type de jardin d enfants selon leur sexe L âge des parents Nous avons trouvé que l âge de parents n est pas trop élevé. Les personnes interrogées sont âgées de 21 à 66 ans. Le sondage porte sur des femmes âgées de 21 à 45 ans et des hommes de 21 à 66 ans. L âge moyen des hommes est de 35 ans, celui des femmes de 31 ans. L écart d'âge des hommes est plus important que celui des femmes. Cette situation s explique par le fait que dans cette société, le mariage et la procréation surtout pour la femme se réalisent plutôt au début de la troisième décennie de vie. Tableau 9 Age des participants selon leur sexe Âge des parents Hommes Femmes Moins de 30 23,4% (40) 42,2% (78) De 30 à 39 52,0% (89) 48,1% (89) De 40 à 49 18,7% (32) 9,7% (18) 50 et plus 5,9% (10) 0 Total 100% (171) 100% (185) Moyenne 35 ans 31 ans ~ 214 ~

219 Quatrième Chapitre. Les résultats généraux de l enquête Le participant et son lien avec l enfant préscolarisé Nous avons remarqué une forte participation de la femme, surtout de la mère. Cette situation peut se comprendre dans la mesure où la mère mexicaine est plutôt la responsable de l éducation des enfants. L interaction entre ces mères et leurs enfants n est pas seulement une responsabilité sociale sinon aussi une nécessité physiologique et d affection. La mère profite pour accomplir de multiples objectifs qui ont été transmis et imposés par sa propre mère. Ce lien entre le participant et l enfant inscrit dans l un de ces vingt et un jardins d enfants est indiqué dans le tableau suivant : Graphique 3 Personnes ayant répondu à l'enquête en fonction de leur lien avec l'enfant De plus, nous pouvons signaler que 15% de la population féminine participante (160) n ont un lien de consanguinité direct avec l enfant et 9% des hommes non plus. Sur les 29 hommes qui ont répondu, 90,6% sont les pères des enfants, les autres sont, soit le grand-père, le frère ou l oncle dans la même proportion (3,1%). Sur un total de femmes sur lesquelles porte l'enquête, 85,1% sont les mères d un enfant préscolarisé, 2,6% la sœur, 5,8% la grandmère, 3,2% la tante, 0,6% la cousine et 2,6% une personne n ayant aucun lien de consanguinité avec l enfant. ~ 215 ~

220 Quatrième Chapitre. Les résultats généraux de l enquête L état civil Au Mexique, seuls les mariages civils sont reconnus légalement. Par contre, socialement le mariage religieux est plus important. Même si les jeunes mexicains se marient moins et plus tard que leurs parents. À l heure actuelle, les femmes continuent à accorder une certaine importance au mariage même si, cette idéologie est plus importante que pour les hommes, le mariage reste toujours moins significatif que pour les générations précédentes. Ça qui favorise le fait que le nombre de femme qui disent être mariées représente un pourcentage beaucoup plus élevé que celui des hommes. Dans cette étude, parmi les 192 participants, trois n ont pas donné réponse à cette question. 114 ont dit être mariés, 11 être célibataires ou vivre séparé de leur mari ou femme, une a dit être veuve et les 52 restants vivre en concubinage. Graphique 4 Statut civil des participants En plus, nous avons noté que 12% des hommes étaient mariés et 4,2% vivaient en concubinage (total 38). Par contre, les femmes dans 45,3% des cas étaient mariées et 21,9% disaient vivre en concubinage, contre 5,7% qui s ont déclarent mères célibataires. 5,7% étaient séparées et, 5% étaient veuves. Pour 3,1% des parents qui ont répondu en couple, 2,1% étaient mariés et 1% vivait en concubinage. ~ 216 ~

221 Quatrième Chapitre. Les résultats généraux de l enquête La composition de la structure familiale Le monde du travail d aujourd'hui a changé ; en conséquence l intégration de la famille aussi. La structure familiale est un élément important à considérer dans la participation des parents au sein du jardin d enfants. La cellule familiale des participants est composée, pour la plupart, par des familles nucléaires dont 59,4% étaient mariés et 27,1% vivaient en concubinage. Une proportion mineure mais déjà visible était composée par les familles monoparentales, parmi lesquelles uniquement 0,5% étaient veufs et 5,7% étaient de mères célibataires et, dans la même proportion nous avons trouvé des couples divorcés. Car, la tradition culturelle fait que le divorce n est pas encore tout à fait accepté par les mexicains. Les personnes divorcent mais il est dur d accepter cette situation aux yeux de la société. Bien que dans la société mexicaine, les femmes qui restent célibataires deviennent de plus en plus nombreuses, dans cette étude, la majorité des familles monoparentales était à la charge d une personne de sexe masculin ayant entre 26 et 30 ans (26,1%). À noter, que dans cette société il est plus fréquent que les hommes célibataires soient moins nombreux à vivre avec leur enfant. La plus grande partie de familles nucléaires était à la charge d un responsable masculin ayant entre 26 et 30 ans (29%). Par contre, les mères vivaient généralement avec leur enfant (95%), et si tel n est pas le cas, les enfants ont été alors, dans la plupart des cas, recueillis par les grands-parents, ou encore l oncle et la tante. Dans cette étude nous avons trouvé que 5% des enfants n habitaient pas avec leur mère et 20% ne vivaient pas avec leur père. Par contre, 123 des enfants c est-à-dire 64% vivaient avec au moins un de leurs frères et/ou sœurs. Dans certains cas, les enfants vivaient dans des familles élargies. 29% vivaient avec leurs parents, frères et sœurs et aussi avec les grands-parents. 8% avec les cousins et cousines et 11% de cas vivaient avec l oncle et/ou la tante. 29% vivent sous le toit des grand- parents. ~ 217 ~

222 Quatrième Chapitre. Les résultats généraux de l enquête Graphique 5 Personne vivant avec l enfant Le nombre d enfants par foyer Grace aux résultats obtenus nous avons confirmé que 63 des parents participants n ont qu un enfant, 79 avaient deux enfants et (49) 26% avaient entre trois et six enfants. Selon le nombre d enfants par foyer, nous avons appris que 103 familles disaient avoir au moins un enfant inscrit dans une institution éducative, 65 au moins deux et le reste entre quatre et six. Dans la plupart des cas, les familles participantes indiquaient qu elles ont eu un fils inscrit dans un des jardins d enfants participants (155) contre 34 des filles et deux ont eu au moins trois enfants dans le même jardin d enfants. Pour la plupart des parents, l enfant préscolarisé était l aîné (59,9%). Selon le nombre des enfants qui ont été préscolarisés, Photo 24 Une sœur responsable de récupérer sa petite sœur tout les jours du jardin d enfants «Cri-cri» 52% ont été des garçons et 33% des filles et 15% des parents disaient avoir deux enfants de sexe opposé inscrits dans le même jardin d enfants. ~ 218 ~

223 Quatrième Chapitre. Les résultats généraux de l enquête Le nombre d enfants scolarisés Nous avons trouvé aussi que dans les foyers avec une fille ou un fils unique, tous ont été inscrits en petite section. Dans les foyers dans lesquels il y a deux enfants, 72,2% des enfants ont été inscrits en petite section et 27,8% à la moyenne section. Pour les familles qui comptaient entre trois et six enfants, 71,4% des petits ont été scolarisés en petite section et 28,6% en moyenne section. Avec cette description, on peut estimer que les parents ayant inscrit leurs enfants en petite section (80,7%) participaient davantage aux activités. Nombre d enfants par foyer participant Un Deux Trois Quatre au Total de Nombre d enfants plus réponses Par foyer 33% 41,2% 18,3% 7,3% 191 Par foyer qui assiste à ce jardin d enfants Scolarisé 53,7% 33,9% 8,3% 3,6% ,7% 17,7% 1,0% Tableau 10 Nombre d enfants par foyer participants Les catégories socioprofessionnelles des parents À partir de l activité professionnelle des parents nous avons classé 8 catégories socioprofessionnelles différentes. À l exception de la femme au foyer, nous avons trouvé des similitudes entre les activités professionnelles entre les hommes et les femmes Les hommes Parmi les 192 individus, 53,13% étaient des employés, 11,98% avaient leur propre entreprise et 8,33% étaient des enseignants. Ces trois catégories regroupent 73% des personnes enquêtées. Les agriculteurs, artisans, commerçants, ouvriers, salariés de la fonction publique, étudiants, retraités, quant à eux, représentent 23% de la population masculine interrogée. Le niveau d études des pères détermine leur insertion à la vie professionnelle. Les plus nombreux à être employés ont été ceux qui ont achevé leurs études secondaires (17,19%) ~ 219 ~

224 Quatrième Chapitre. Les résultats généraux de l enquête suivis par ceux qui ne sont pas allés au delà du collège (14,06%). Les pères qui ont eu un diplôme universitaire ont été les plus nombreux dans les activités professionnelles liées à leur formation (10,94%), suivis par ceux qui ont été employés dans divers secteurs d'activité (10,42%) et par ceux qui ont été enseignants (7,81%). Par contre, les pères qui ont obtenu un diplôme universitaire ont été les moins présents dans cette étude (0,52%). Photo 25 Père qu'amène leur enfant tout les jours au jardin d enfants «Elodia Beristain» Scolarité des pères Nombre de participants Pourcentage N ont pas répondu 20 10,4% École primaire incomplète 4 2,5% École primaire achevée 17 8,9% Collège incomplet 2 1,0% Collège achevé 37 19,3% Lycée incomplet 1 0,5% Baccalauréat 40 20,8% Université sans diplômé 61 31,8% Diplôme d'universitaire technologique 8 4,2% Spécialité 1 0,5% Doctorat 1 0,5% Tableau 11 Scolarité des pères Selon l âge des hommes, pour les 38 hommes enquêtés, leur statut marital est plus au moins le même. Plus de 61% des hommes sondés vivaient en concubinage ou étaient mariés, le reste ont un statut civil différent. Selon ce statut civil, la population masculine a été distribuée ainsi : ~ 220 ~

225 Quatrième Chapitre. Les résultats généraux de l enquête Graphique 6 État civil du père selon l âge Les femmes Le rôle de la femme au sein de la famille a peu évolué même si les disparités entre les sexes dans les contextes professionnels tendent à diminuer. 59,38% des femmes de cette étude (total 160) ont été des femmes au foyer, 22,40% ont été employées et 8,33% ont eu une activité professionnelle en accord avec leur formation universitaire. Ces catégories regroupent 90,11% des femmes sur qui porté l'enquête. Les commerçantes, salariées de la fonction publique, enseignantes, étudiantes, quant à elles, ont constitué 9,89% des cas. Le niveau de scolarité des mères est un peu plus dispersé que celui des hommes. Le niveau maximum de scolarisation trouvé pour les femmes participantes a été une spécialité, c'est-àdire, un cours supérieur à la licence et de niveau inferieur au mastère. Bien que la majorité des femmes arrivaient même à achever un diplôme universitaire technologique ou d une école normale. Photo 26 Une femme au foyer amène leur enfant au jardin d enfants «Carlos F. Moreno» ~ 221 ~

226 Quatrième Chapitre. Les résultats généraux de l enquête Tableau 12 Scolarité des mères Nombre de participants Pourcentage N'ont pas répondu 7 3,65% École primaire incomplète 5 2,60% École primaire achevée 20 10,42% Collège incomplet 1 0,52% Collège achevé 47 24,48% Baccalauréat 45 23,44% Universitaire incomplète 5 2,60% Diplôme universitaire 49 25,52% Diplôme d'universitaire technologique 12 6,25% Spécialité 1 0,52% Bien que la situation sociale de la femme mexicaine ait été modifiée dans les dernières années, moins de la moitié des mères participant à l enquête, travaillaient. Les femmes au foyer restaient les plus nombreuses, parmi elles, 9,90% ont achevé l école primaire, 17,19% le collège, 14,06% le lycée et 12,49% ont étudié au moins une année à l université. Elles ont été suivies par celles qui ont été employées (8,85%) à la fin du lycée ; par 5,73% qui ont terminé leurs études au collège et celles qui ont eu un diplôme universitaire (4,17%). 8,33% de femmes qui ont eu un diplôme universitaire travaillaient dans une activité professionnelle liée à leur formation. En ce qui concerne les employées, 5,73% ont fini leurs études au collège, 8,85% au lycée et 6,25% au moins ont suivi un programme universitaire. La totalité des femmes qui ont déclaré être enseignantes, ont le diplôme de l école normale (5,73%). Nous pouvons dire que 84,4% des femmes sondées sont mariées ou vivent en concubinage, 5,2% sont célibataires et 5,7% déclarent être séparées. Le tableau suivant montre cette relation. ~ 222 ~

227 Quatrième Chapitre. Les résultats généraux de l enquête Graphique 7 État civil de la mère selon l âge Enfin, nous soulignons également une forte dépendance entre le niveau de scolarité du père et celui de la mère. Nous pouvons supposer que les pères les plus scolarisés cherchent des femmes plus scolarisées. De manière générale, les femmes n ayant pas eu le baccalauréat (41,67%) ont été moins nombreuses que les hommes (42,18%). De même, 58,33% des femmes et 57,81% des hommes ont achevé leurs études secondaires (lycée) ou ont suivi des études supérieures. Photo 27 Femmes au foyer à l'heure d'entrée au jardin d enfants «Cri cri» ~ 223 ~

228 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale ~ 224 ~

229 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale CHAPITRE 5 LA PARTICIPATION ET L IMPLICATION PARENTALE Au Mexique, la répartition des élèves selon la carte scolaire n existe pas. En revanche, la sectorisation des enfants est généralisée pour satisfaire le besoin parental d avoir leur enfant le plus près possible de la maison familiale. Aucune autorité ne peut s opposer au choix des parents sauf si le jardin d enfants concerné a déjà atteint le nombre maximal d élèves autorisés par voie réglementaire. De nos jours, les jardins d enfants ne peuvent plus refuser d inscrire des enfants ayant entre quatre et cinq ans. Et dans le cas où le nombre d élèves est assez réduit, ils ont le droit d inscrire des enfants âgés de trois ans, si les familles ont déposé une demande (avant l année 2008). À savoir que les inscriptions se font directement au jardin d enfants. Dans un premier temps, une préinscription est nécessaire au mois de février précédant la rentrée, suivie de la confirmation de cette préinscription au moins d août. Dans cette deuxième étape, si le nombre de places dépasse la limite légale, le jardin d enfants peut refuser des inscriptions. 5. Les modalités de la participation et de l implication parentale au Mexique Différents types de participation et d engagement sont présents tout au long d une année scolaire. Les parents commencent à s impliquer dès le choix de la crèche ou du jardin d enfants. Selon le service du jardin d enfants auxquels les enfants sont inscrits, certains éléments déclenchent implicitement le choix scolaire chez les parents. Par exemple, au moment du choix scolaire, nous avons trouvé que l infrastructure scolaire et les beaux locaux sont un facteur pour attirer l attention de parents, mais à quoi cela servirait-il sans un bon instituteur? Tout au long de l éducation préscolaire, les parents essayent de choisir dans la limite du possible le bon professeur. Pour certains d entre eux (51,6%), cette idéologie est ~ 225 ~

230 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale associée à l obtention des meilleures compétences cognitives chez les enfants dans l ensemble des classes précédentes. Pour d autres parents (54,7%), le bon instituteur est celui qui soutient l enfant avec amour, qui ne lui apporte pas uniquement des connaissances mais également une approche plus ouverte et vaste de la vie, ainsi que des outils nécessaires pour l intégration sociale. Les enfants, comme élément de reproduction des conditions du système social, affrontent de nouveaux défis. D une part, les parents sont obligés d intégrer leurs enfants au système éducatif. D'autre part, les enfants sont confrontés à un processus de réadaptation de leurs compétences et à la méthode des enseignants. Nous avons trouvé qu à partir du moment où un enfant est inscrit à l éducation préscolaire, le rapport entre les parents et les enseignants favorise la satisfaction du choix scolaire pour 34,4% parents ainsi qu une surveillance de la part des parents plus régulière. D autres facteurs sont importants aussi pour l ensemble de la population participante, tel qu on l observe dans le tableau suivant. Par exemple, pour 53,1% des parents, l école fréquentée par les enfants dépend de la proximité du domicile familial. Le choix du jardin d enfants par type de subvention des jardins d enfants Critères Elle a les retenus Elle est la plus Proximité de Elle est la mieux meilleures connue l école entretenue Subvention infrastructures Fédéralisé 28,6% (32) 62,5% (70) 11,6% (13) 22,3% (25) Estatal 33,3% (20) 41,7% (25) 15% (9) 43,3% (26) Privé 30,0% (6) 35,0% (7) 15% (3) 40,0% (8) TOTAL 29,2% (56) 53,1% (102) 13,0% (25) 30,7% (59) Tableau 13 Facteurs déterminant le choix du jardin d enfants pour les parents Les parents sont libres de choisir une école publique ou privée pour scolariser leur enfant. Ce choix personnel remplace la soumission aux règles et coutumes sociales. Malheureusement, nous avons observé que les parents implicitement sont influencés par l entourage le plus proche (famille, voisinage). Tel est le cas de 26% des parents qui disent avoir fait leur choix grâce à une recommandation externe reçue d un autre membre de la société. 8,3% des parents ont fait leur choix en suivant une tradition familiale : parce qu ils ~ 226 ~

231 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale considèrent que le jardin d enfants choisi est le plus connu, dans 29,2% des cas. Par contre, 1% des parents ont signalé qu ils n ont pas eu le choix, même si le jardin d enfants se trouve loin de la maison. Photo 28 Au jardin d'enfants «Noxinach», les parents ont envie de participer et de s impliquer. 5.1 Facteurs déterminants pour le choix scolaire Les activités réalisées au sein du jardin d enfants sont un autre facteur de choix. 42,7% des parents considèrent que les activités qui se réalisent tous les jours sont intéressantes, 37,5% apprécient la manière de travailler l ensemble des activités. L emploi du temps du jardin d enfants, dans 38% des cas a favorisé leur choix. Par ailleurs, en fonction de certaines caractéristiques (sexe, âge, place dans la fratrie...), l'enfant va être amené à construire des représentations qui lui permettront de se positionner par rapport à son milieu familial et par rapport au jardin d enfants. Ces facteurs font que certains parents donnent plus d importance à l aspect pédagogique, 35,9% de parents ont été influencés par la bonne utilisation que l institutrice fait du programme scolaire. 33,8% ont accordé plus de reconnaissance à la bonne préparation des instituteurs. La manière dont les parents perçoivent le travail au sein de l école et la satisfaction de savoir que leurs enfants se sentiront inclus car leur développement sera fortement soutenu, est un aspect important au moment du choix scolaire pour 36,4% des cas. 36,5% sont influencés par le fait que les instituteurs soutiennent fortement le développement harmonieux des enfants Les activités mises en place au sein de l école par le professeur, afin de travailler en coordination avec les parents, ont été déterminantes dans 30,7% comme un facteur pris en compte pour le choix scolaire des parents. ~ 227 ~

232 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale Selon le sexe des participants Le choix du jardin d enfants est fait majoritairement par les femmes. Par contre, il n existe pas de dépendance entre le sexe et le choix scolaire car P-level = es > α = Ce qui est déterminant c est le niveau scolaire des parents et le type de jardin d enfants auquel assistent les enfants. Graphique 8 Choix du jardin d enfants selon le sexe des parents Plus les mères ont un long parcours scolaire, plus elles sont convaincues que le nombre des effectifs doit être plus réduit (p-value= α=0.05) Satisfaction du choix du jardin d enfants «Suite à l obligation de l éducation préscolaire imposée aux familles mexicaines, avec la loi du 14 décembre 2007, la liberté de choix s est confirmée». (COSTITUCIÓN POLÍTICA DE LOS ESTADOS UNIDOS MEXICANOS, 2008) (Traduction libre de l auteur) 4. Photo 29 Une classe du jardin d enfants «Montessori» avec 30 élèves. Nous avons remarqué que 84,9% sont très satisfaits de leur choix du jardin d enfants, 9,9% moyennement et, 3% pas de tout ; 2% n ont pas répondu. 4 Son obligaciones de los Mexicanos Inciso I Hacer que sus hijos o pupilos concurran a las escuelas públicas o privadas, para obtener la educación preescolar, primaria y secundaria, y reciban la militar, en los términos que establezca la ley. ~ 228 ~

233 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale Type de subvention Satisfaction du choix scolaire Très satisfait Moyennement Pas de tout Fédéralisé Estatal Privé 82,1% 11,6% 1,8% 86,7% 8,3% 5,0% 95,0% 5,0% 0,0% Tableau 14 Niveau de satisfaction du choix du jardin d enfants selon les parents 87,03% des parents affirment être satisfaits de l éducation préscolaire fournie à leur enfant. Ils estiment que le personnel pédagogique est compétent à 55,7%. 51% des parents jugent que l enseignant soutient fortement le développement intégral et harmonieux de leur enfant. 45,3% estiment que leurs enfants sont bien traités. 2,70% des parents sont satisfaits de la formation et 10,27% sont en désaccord total. Tel que nous pouvons le voir dans le tableau suivant. ÉLÉMENT DE SATISFACTION EN ACCORD TYPE DE SUBVENTION Fédéralisé Estatal Privé Personnel enseignant compétent 34,8% 40,0% 20,0% Bonne infrastructure 47,3% 46,7% 50,0% Bonne relation avec les parents 47,3% 51,7% 75,0% Bon développement de mon enfant 40,2% 51,7% 55,0% Mon enfant est bien traité 17,9% 21,7% 30,0% Bonne application du programme 33,0% 58,3% 60,0% Bon niveau éducatif 39,3% 38,3% 55,0% Ambiance agréable et chaleureuse 31,3% 35,0% 50,0% Important travail avec les parents 4,5% 0,0% 55,0% Effectif réduit dans la classe 23,2% 25,0% 65,0% EN DÉSACCORD Personnel prétentieux 7,1% 1,7% 0,0% Enseignant mal formée 4,5% 0,0% 0,0% Les infrastructures sont en mauvais état 6,3% 1,7% 0,0% Deux enseignants travaillent par classe, 6,3% 3,3% 0,0% les enfants ont du mal à s adapter Une demande excessive de finances 9,8% 6,7% 0,0% L enseignant pourrait mieux travailler 11,6% 15% 0,0% Groupe très nombreux 4,5% 0,0% 0,0% Mon enfant parfois est mal traité 4,5% 1,7% 0,0% Tableau 15 Facteurs de satisfaction des parents par rapport á la subvention du jardin d enfants de leurs enfants. ~ 229 ~

234 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale Dans les jardins d enfants fédéralisés 4,5% des participants ne sont pas de tout satisfaits de leur choix car le nombre d élèves par classe est élevé. 23,2% le sont. Dans ces jardins d enfants 7,1% des participants indiquent que les enseignants sont très prétentieux et 1,8% affirment aussi que la directrice est très prétentieuse. Pour 0,9% le fait d avoir deux enseignants par classe provoque un déséquilibre très important chez les enfants, ce qui motive leur insatisfaction. Par ailleurs, 6,7% des parents des établissements éducatifs de l état ou «estatales» ne sont pas contents d avoir choisi ce jardin d enfant car la demande de financement leur semble excessive. En plus, 1,7% ont critiqué l usage fait de l argent donné. En contrepartie, la satisfaction des parents est liée à la réussite scolaire de l établissement et au nombre d élèves par classe Cause de l insatisfaction du choix du jardin d enfants Les parents les moins satisfaits sont ceux qui ont inscrit leur enfant dans un jardin d enfant fédéralisé avec un service général et un emploi du temps de l après midi. Emploi du temps Satisfaction du choix scolaire Très satisfait Moyennement Pas de tout Matin 90,0% 10,% 0,0% Après midi 75,0% 12,5% 8,3% Mixte 86,1% 9,5% 1,9% Tableau 16 Satisfaction du choix selon les horaires des jardins d enfants Nous avons découvert le plus grand nombre de parents en désaccord avec l attitude des enseignants à leur égard dans les jardins d enfants fédéralisés travaillant l après midi, 12,5% disent que les enseignants sont prétentieux et 8,3% incriminent la directrice. Le deuxième facteur d insatisfaction est le fait d avoir deux enseignants par classe. Dans le service mixte 0,6% le signale et dans le service d après midi 4,2% pensent que les enfants ont du mal à s adapter. La demande de ressources économiques et matérielles dans le service mixte pour 0,6% est considérée comme excessive et nocive pour l image de ~ 230 ~

235 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale l institution éducative. ÉLÉMENT DE SATISFACTION EMPLOI DU TEMPS MIXTE MATIN APRÈS MIDI Personnel enseignant compétent 56,3% 60,0% 54,2% Bonne infrastructure 32,3% 30,0% 54,2% Bonne relation avec les parents 48,1% 40,0% 45,8% Bon développement de mon enfant 53,2% 50,0% 41,7% Mon enfant est bien traité 46,2% 40,0% 41,7% Bonne application du programme 17,7% 40,0% 29,2% Bon niveau éducatif 41,8% 40,0% 58,3% Ambiance agréable et chaleureuse 39,9% 50,0% 41,7% Important travail avec les parents 34,8% 20,0% 37,5% Effectif réduit dans la classe 29,7% 30,0% 16,7% EN DÉSACCORD Personnel prétentieux 3,8% 12,5% 0,0% Enseignante mal formée 2,5% 0,0% 4,2% Les infrastructures sont en mauvais état 5,1% 0,0% 0,0% Deux enseignants travaillent par classe, les enfants 5,1% 0,0% 4,2% ont du mal à s adapter Une demande excessive de ressources 7,0% 10,0% 12,5% L enseignant pourrait mieux travailler 11,4% 10,0% 12,5% Mon enfant est parfois mal traité 2,5% 0,0% 8,3% Tableau 17 Facteurs de satisfaction ou d insatisfaction du choix selon les horaires des jardins d enfants Enfin, nous avons trouvé qu il existe une forte dépendance entre l école choisie par les parents et l emploi du temps du jardin d enfants, la présence du personnel enseignant compétent, la bonne application du programme, le nombre réduit des enseignants, et enfin le comportement des enseignants face aux parents. Le choix scolaire est influencé pour le sexe du parent sondé et son lien avec l enfant. Dans le cas des femmes, la proximité du jardin d enfants déterminera leur choix (81,4%), par contre, les couples qui ont été interrogés ne sont pas vraiment concernés par cet aspect (1,0%). Les hommes sont plus sensibles aux installations et à l entretien de l école (36%), et à la formation des enseignants (24,6%). Cette différence de priorités est apparue également lorsque les deux parents ont répondu ensemble au questionnaire (8% et 7,7%, respectivement). ~ 231 ~

236 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale 5.2 Les activités auxquelles les parents participent L idée de partenariat entre l école et la famille est une conception très variée dans les différents groupes sociaux. Cette idée est aussi la conséquence d une tradition culturelle car, comme nous l avons vu auparavant, le contact social au Mexique est un élément indispensable de cette culture. Cette participation des parents peut se développer de manières différentes et nécessaires. Dans l ensemble des réponses, cette Photo 30 Parents en train de répondre au questionnaire. Jardin d enfants «Juan de la Barrera» perception du rôle des parents dépend de la place que leur attribuent les enseignants. Par contre, certains parents, malgré toute l influence extérieure, sont convaincus que dans le développement des nouvelles générations, les familles se sentent majoritairement responsables du rôle éducatif. Ainsi, ces familles s investissent énormément et lui accordent une place prépondérante. Selon l idée de GAYET (1999, p. 64), les parents ne peuvent pas être forcés de participer aux activités scolaires. Par contre, une bonne stimulation est un moteur d implication et un engagement volontaire pour les familles. Donc, dès le premier contact, le jour de la préinscription ou de l inscription, l intérêt peut être développé chez les parents. Après, la participation des parents au sein des activités devient de plus en plus active et spontanée. Quelques initiatives du personnel pédagogique ou administratif pour faire participer et intégrer les parents, favorisent leur désir et leur intérêt à participer. La réunion de Photo 31 Participation de la communauté éducative dans différentes activités sociales. présentation du projet annuel de travail scolaire, du personnel pédagogique et l élection des représentants des parents du jardin d enfants, s imposent le premier mois de la rentrée scolaire. Les parents commencent à s approprier et à se sentir partie prenante de l éducation scolarisée de leur enfant. Même si dans la plupart des cas, les efforts viennent plutôt des enseignants, les résultats ne sont pas toujours les meilleurs. ~ 232 ~

237 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale Des tensions idéologiques dans la société mexicaine, incitées par une conception centrée sur les intérêts institutionnels, provoquent des affirmations sur le fait que les parents doivent participer davantage dans toutes les activités autour de leur enfant. De plus en plus, les institutrices se forcent à mettre en place des activités pour faire participer les parents au sein de l institution éducative, d une part. D autre part, dans certains cas de tension, généralement, la famille et l école se renvoient la balle de la responsabilité éducative. En outre les avis des enseignants et des parents sur la pédagogie sont parfois assez contradictoires. En effet, ceux-ci proposent des manières différentes de voir les rapports entre les familles et l école à travers diverses actions. Bien que les différences existent, les activités proposées par les institutrices sont bien diversifiés et certaines sont beaucoup mieux acceptées par les parents car ils les trouvent bien utiles. De plus, la plupart des participants reconnaissent que leur enfant est fier de leur regard pendant leur participation dans les diverses activités. Pour les parents les activités mises en place par l enseignant pour être en contact avec eux sont Bien variées 23,96% Sociales et récréatives 44,27% Artistiques 39,58% Démonstrations pédagogiques 28,13% Journées portes ouvertes 18,75% Activités civiques 30,73% L enseignant les incite à aider leurs enfants dans ses devoirs 36,98% Orientations personnalisées 14,06% Suivis réguliers 26,04% Envoi de petites notes 15,63% Rencontres informelles 23,44% Interviews 18,75% Rendez vous réguliers 46,35% École pour les parents 12,50% Ateliers 15,10% Coopératives scolaires 14,06% Travaux d entretien scolaire 10,94% Ateliers de lecture 4,69% Matro et/ou patrogimania 8,33% ~ 233 ~

238 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale Pour les parents les activités mises en place par l enseignant pour être en contact avec eux sont Éducation physique 31,77% Promenades en dehors du jardin d enfants avec les enfants 17,71% Ateliers de travail manuel 28,65% Soutien permanent aux parents 14,58% Travail en coordination avec les parents 20,31% Elle reçoit personnellement les enfants 26,04% Éventuellement certaines activités sans importance 11,98% Elle ne fait rien 1,56% Tableau 18 Opinion des parents par rapport aux activités mises en place par l enseignant. En ce qui concerne les activités bien variées, 80% des parents parmi 46 disent avoir des souvenirs de leur parcours scolaire quand ils participent dans ces actions mises en place par l institutrice. Certains parents ont signalé divers programmes nationaux instaurés afin de faire participer les parents de tout le pays aux activités préscolaires et scolaires de leurs enfants. En exemple, nous citons la campagne nationale «Octobre, mois de la famille dans l école». Campagne mise en marche le 01 octobre 2007, dans une conférence de presse, par la Secrétaire d éducation publique du Mexique, VÁZQUEZ MOTA. En considérant le fait que la famille est un soutien et une influence importante pour l enfant, la différence avec la répartition de référence est peu significative (chi² =3, dl=1, p= 92%). De même que si nous prenons en compte le fait que la famille participe aux apprentissages des enfants -p = 85%. Par contre, en ce qui concerne la famille comme un modèle permanent, cette répartition est très significative. chi²= 21, dl=1, p= 99%, ainsi que pour celle qui détermine que la famille précède la formation du jardin d enfants p= 99% et pour celle qui la place comme un fournisseur unique de ressources économiques ou matérielles. L hétérogénéité trouvée est aussi importante dans le fait que la famille soit considérée comme un élément supplémentaire qui apporte différentes connaissances aux enfants. Tous les enfants doivent apprendre selon les mêmes principes et doivent apprendre selon la règle. À cet égard, il existe une répartition très hétérogène pour ceux qui considèrent que la famille ne joue aucun rôle face au développement intégral des enfants au sein des institutions éducatives. Pour certains chercheurs un disfonctionnement chez l enfant peut être produit. L importance de la règle se retrouve aussi bien dans la discipline et la forme de relations instaurées entre le maître et ses élèves que dans les apprentissages eux-mêmes et le ~ 234 ~

239 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale fait d avoir les mêmes rapports en dehors des jardins d enfants. Si cette manière n est pas bien synchronisée avec les règles familiales, les règles au jardin d enfants, selon les enseignants, doivent être modifiées et adaptées de certaine manière à l entourage social de l enfant. 5.3 De l institutrice à la famille L éducation préscolaire ainsi que l école jouent toujours le rôle déterminé par la société afin de soutenir la famille. Par contre, le jardin d enfants est perçu comme un facteur qui favorise la réussite scolaire ultérieure (SEP, s/d, p. 34). Divers travaux soulignent le fait que la fréquentation de l école maternelle a une incidence sur le taux de redoublement, le processus d adaptation sociale et l épanouissement intellectuel et affectif des enfants. Le passage par le jardin d enfants joue un rôle positif dans la carrière scolaire des enfants, surtout pour ceux qui sont issus de couches sociales défavorisées et plus encore pour ceux d origine indigène. Mais les parents font partie de cette action aussi. Différentes Photo 32 Un enfant qui, en attendant que se parents viennent le récupérer, joue activités sont nécessaires pour motiver leur participation, pour ça des activités au sein et en dehors de l institution doivent se réaliser afin de favoriser la socialisation dans différents contextes sociaux. Deux types de communication peuvent être envisagés entre les parents et les enseignants : directe et indirecte. Dans le premier cas, la motivation pour améliorer, soit dans le cadre professionnel chez l enseignant, soit le cadre personnel plutôt chez les parents, donne toujours la possibilité de générer un contact plus proche entre eux, où l enfant est généralement le point de mire. La communication indirecte, par contre, se fait en utilisant l enfant comme médiateur, en évitant le contact direct, soit avec l enseignant soit les parents. seul. Enfin, la forte intégration familiale et la dépendance au contact social souligne l action éducative comme une activité double pour intégrer et se stabiliser dans la société. L éducation préscolaire et l école primaire constituent un pilier interne du groupe de base (famille) et la cohésion harmonieuse externe entre l individu et le contexte social. Dans cette relation, le parcours social détermine la place et le pouvoir des différents systèmes. C est là que la famille, les institutions éducatives privées et publiques et l Église interviennent à des fins d apprentissage et dans la fabrication d une image sociale déterminée. Dans sa transmission des valeurs, les savoir-faire, la sagesse et les connaissances deviennent des éléments ~ 235 ~

240 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale indissociables de l activité éducative des parents et des centres éducatifs. L histoire montre que cette manière de vivre reproduite par les parents aux enfants, et la mise en place de centres scolaires sont nécessaires pour l évolution positive et la réussite de ces familles. CALIN, dans ses recherches, mentionne «la raison fondamentale de cette nécessité est que l enfant ne peut trouver en lui-même et à lui seul les ressources nécessaires pour faire face à ses impulsions» et besoins(2004). La communication entre les parents et les enseignants est fortement guidée par le besoin des enseignants d'obtenir un soutien par rapport à certains aspects des enfants même si les enseignants ne sont pas toujours à l écoute des parents. Le mode de communication le plus usuel entre la famille et l école est le contact direct, soit avant ou après la journée de travail. Tandis que la communication directe est très demandée, dans certains établissements, l accès aux parents sera refusé avant le début du travail scolaire afin d éviter de perturber le travail scolaire. En ce qui concerne le travail éducatif de l élève ; les parents sont informés par différents moyens des besoins quotidiens. Photo 33 Un père qui travaille au jardin d enfants "Vaconscelos" avec la classe de son enfant En 2000, MIGEOT-ALVARADO, signale que «La relation entre l école et les familles est directement liée aux missions que la société attribue à l une et à l autre ; et à l une par rapport à l autre» (introduction). Elle signale aussi que dans l enseignement secondaire, «l hétérogénéité du public scolaire va aussi poser problème dans la relation entre les familles et l école : les différences de culture (sociale, scolaire, ethnique vont engendrer une inadaptation de ce public à cette forme scolaire ; conçue pour une élite, et à ses contenus jugés universels.» (2000, p. 20). Les raisons, chez les parents, qui motivent, ou pas, leur intérêt à participer à la scolarisation des enfants est vue par certains comme une instance pour se souvenir de sa propre histoire scolaire. Pour certains, l éducation systématisée est considérée comme une ~ 236 ~

241 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale demande de rencontre émanant de l enseignant. Pour d autres, le manque de temps pour participer à cause de leur travail les empêche de s impliquer réellement dans l éducation préscolaire. C est d ailleurs une justification pour ne pas assister aux activités scolaires offertes aux parents. Pour comprendre pourquoi les parents trouvent un intérêt à participer à l éducation préscolaire de leurs enfants, nous avons trouvé que les parents de cet échantillon sont partagés quant à l importance de la relation entre le jardin d enfants et le foyer. Ce sont les parents en haut et en bas de l échelle sociale, qui sont les plus nombreux à lui attribuer la plus grande richesse. Les parents qui ont une opinion positive soulignent que les enfants, grâce au jardin d enfants, ont considérablement augmenté leur fierté d'eux-mêmes. Les enseignants doivent veiller à ce que les parents se sentent bien reçus, bien reconnus et bien valorisés. Pas uniquement pour leur demander de l argent pour entretenir l institution ou pour participer aux activités sociales, mais aussi pour aider dans les différents processus d apprentissage de l enfant. Notre question de départ a été de déterminer comment se manifeste l implication parentale au cycle préscolaire dans la ville de Xalapa au Mexique? Nous avons déjà citée les résultats concernant le parcours de parents. Au début de l éducation préscolaire, les apprentissages ne sont plus individuels mais simultanés au développement de tout un entourage qui doit devenir homogène. Selon BOUVEAU, COUSIN et FAVRE «l élève permettra à ses parents d accéder à l universel. L école en instruisant les enfants cherche aussi à toucher ses parents. À travers la scolarisation des enfants, l école espère éduquer et peut-être instruire les parents» (1999, p. 30). Parfois cette idée concorde avec celle de la famille. Pour d autres parents, le rôle de la famille est uniquement limité à fournir des ressources (27) ou du matériel (22) au jardin d enfants. Comme les parents ne trouvent pas leur place à l école, ils préfèrent éviter tout contact. Leur participation est réduite, situation incompréhensible pour les petits, qui sont plus exposés à la pression et aux commentaires des autres. D autre part, le lien entre l école et la famille est ambigu puisque, pour la réussite des enfants, la famille doit accepter d être dépossédée de ce qu elle a de plus cher «l enfant» (BOUVEAU, COUSIN et FAVRE, 1999, p 31). Le rôle de la famille au sein de l insertion de l enfant à la vie scolaire pour 90 des parents ~ 237 ~

242 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale sondés a été défini comme actif car elle est aussi formatrice. 85 des réponses obtenues donnent plus d importance à leur implication affirmant que la famille est un facteur déterminant pour l avenir de l enfant. Sur les 192 participants, 65 des parents pensent que la famille est un modèle transcendantal pour leur petit. Apporter des connaissances aux enfants parallèlement à celles données par l école, est un aspect que 60 des parents considèrent comme l un des plus importants. Comment les parents considèrent-ils leur rôle dans l éducation préscolaire? Rôle assumé par les parents Pourcentage Est formatrice 46,9% Est un soutien et une influence pour l enfant 44,3% Un modèle permanent 33,9% Le plus important pour le développement infantile 55,2% Elle précède la formation préscolaire 36,5% Est coparticipant des apprentissages de l enfant 44,3% Son rôle est uniquement économique 14,1% Elle fournie du matériel au jardin d enfants 11,5% Apporte des connaissances aux enfants 31,3% La famille apprend de l éducation préscolaire 21,4% Elle n a aucun rôle 1,0% Tableau 19 Rôle des parents face a l éducation préscolaire des enfants Le respect acquis pendant des années envers les enseignants sans doute a laissé des traces dans la conception actuelle. Les parents en général reconnaissent que les enseignants ont des compétences et un savoir-faire qu eux mêmes ne possèdent pas et sur lesquels ils sont très loin de pouvoir intervenir. Certains parents font autant confiance au jardin d enfants qu à leurs propres principes et connaissances. 21,4% des parents ont signalé que le rôle de la famille est d apprendre davantage sur le développement harmonieux et intégral de l enfant. Les attentes trop importantes que les parents ont de l institution provoquent des désillusions. Par contre, 99% des parents sont persuadés que l école ne peut pas travailler seule dans le développement harmonieux des enfants. L expérience familiale précédente relative à l école dans 37% favorise l implication de la famille au sein de l école. 44,3% des parents sont convaincus que le rôle de la famille est partie-prenante des apprentissages préscolaires. C està-dire qu ils doivent surveiller les devoirs à la maison et aider éventuellement au sein du jardin d enfants. ~ 238 ~

243 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale 5.4 Le rôle de parents à l école Dès son insertion au jardin d enfants, l enfant est obligé de partager sa vie entre deux mondes différents et complémentaires, la famille et l école deviennent partenaires. Elles forment alors un cercle contribuant fortement à la reproduction et imitation des enfants. Même si parfois, les pratiques pédagogiques mises en œuvre au jardin d enfants entrent en contradiction avec la conception des apprentissages selon les parents ; et les difficultés ou les réticences qu ils ont à s y adapter sont sources de malentendus ou de conflits. Nous avons néanmoins découvert des parents acceptant d apprendre différemment à favoriser le développement harmonieux de leurs enfants. Entre les deux mondes, l enfant échangera des informations dans ses actions quotidiennes. Cette action, comme le signale GAYET, peut être une menace pour l intimé enfantine, car les parents comme les enseignants risquent d apprendre des choses qu ils ne devraient pas savoir (1999, p. 64). L enfant dévoile des secrets familiaux dans la classe, et au foyer il reproduit ce qu il a vécu dans sa journée de travail. De manière générale, dans ce jeu de rôle, l enfant préscolaire interprète soit le rôle de l instituteur soit de l un de ses camarades ou soit celui de ses proches. Rôle que la famille joue face à l éducation préscolaire des enfants Type de relation Excellente Bonne Régulière Mauvaise Est formatrice 26,7% 56,7% 5,6% 0,0% Est un soutien et influence l enfant 25,0% 61,9% 2,4% 1,2% Un modèle permanent 26,6% 60,9% 3,1% 0,0% Le plus important pour le développement infantile 25,7% 61,0% 3,8% 0,0% Elle précède la formation préscolaire 22,5% 67,6% 2,8% 0,0% Est coparticipante des apprentissages de l enfant 30,2%% 57,0% 3,5% 0,0% Son rôle est uniquement économique 33,3% 48,1% 0,0% 3,7% Elle fournit des matériels au jardin d enfants 13,6% 68,2% 0,0% 0,0% Apporte des connaissances aux enfants 30,5% 61% 3,4% 0,0% Elle n a aucun rôle 0,0% 100% 0,0% 0,0% La famille apprend de l éducation préscolaire 24,4% 65,9% 2,4% 2,4% Tableau 20 Rôle joue la famille selon le type de relation établi avec les enseignants Entre la relation existante entre les parents et les enseignants, la dépendance est peu significative sur le fait que la famille se considère aussi comme formatrice et comme coparticipante à la formation intégrale de l enfant. En revanche, il existe une dépendance ~ 239 ~

244 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale significative entre avoir une excellente relation avec l enseignant et le fait de considérer que la famille a un rôle purement économique au sein du jardin d enfants. Même perception pour les participants qui assurent avoir une mauvaise relation avec l instituteur de leur enfant. L implication des parents au sein du jardin d enfants et leur envie de participer aux activités varient. Nous avons trouvé que la relation établie entre les parents et les enseignants détermine d une certaine manière le rôle que les parents assument face à l éducation préscolaire de leur enfant. DE SINGLY signale que «la famille et l école forment un couple ombrageux. La valeur scolaire des jeunes reste très dépendante de la valeur sociale de leur famille d origine» (cité dans FOURNIER et TROGER, 2005, p. 118). Selon MIGUEOT-ALVARADO «l importance croissante que l État donne à la présence des parents à l école peut se comprendre si nous observons l évolution de la législation» (2002, p. 53). Cette théorie indique la direction à suivre pour les parents et les enseignants. Par contre, ce n est pas que la théorie qui détermine réellement l implication et l engagement que les parents peuvent avoir vis-à-vis de la préscolarité de leurs enfants. Il n existe pas de règle ou de mesure exacte. À vrai dire, le mode d investissement et d engagement des parents vis-à-vis du jardin d enfants diverge de fois de celui que les enseignants espèrent et qu ils estiment normal. De fois les deux sont bien d accord et travaillent ensemble pour le même objectif. Mais de fois aussi, c est à l inverse, les parents s engagent davantage et ils attentent plus des enseignants, mais cette espoir ne se complète jamais. L avenir de la société, d une certaine manière, est déterminé par ces interventions qui rendent le processus éducatif et de participations parentales plus riches et attractives. C est la que notre question la plus important de tout notre enquête se trouve. Maintenant, nous savons que l envie de participer est parfois déterminée par nos propres expériences passées. La répétition et l imitation sont toujours là, et l évolution de la participation familiale est toujours concernée par ce principe. Par exemple, dans la vie quotidienne, les deux sexes contribuent à faire respecter leurs différences. Au jardin d enfants, ces différences sont aussi marquées par la participation de la famille et des enseignants. Nous avons trouvé que 87% des participants ont envie de participer. Parmi les facteurs qui favorisent cette décision nous avons trouvé que pour ces 167 personnes ce sont les expériences passées qui ont fortement déterminé leur choix (1-p=>99%). ~ 240 ~

245 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale Graphique 9 Participation des parents aux activités que les sont destinées Quelles sont les raisons pour lesquelles aimez-vous participer aux activités consacrées aux parents? Raisons Nombre de parents Pourcentage Aide à la communication école-famille 74 38,54% Bénéfice pour l'apprentissage de mon enfant et pour le jardin d enfants 49 25,52% C'est amusant et intéressant 25 13,02% Je passe plus de temps avec mon enfant 76 39,58% J'apprends de choses différentes et nouvelles 44 22,92% Je connais plus le professeur de mon enfant 9 4,69% Il existe plus de confiance entre mon enfant le prof et nous 13 6,77% Je suis contente de participer à l éducation de mon enfant 6 3,13% Je ne peux pas participer pas de temps 21 10,94% Je peux apprendre autres choses à mon enfant 23 11,98% Je favorise l estime de soi de mon enfant 22 11,46% Il existe une meilleure relation entre parents et les enseignants 19 9,90% Favorise les liens sociaux entre parents 13 6,77% Rien car il manque d'organisation et il n'y a pas d'activités 6 3,13% Tableau 21 Raisons pour lesquelles les parents aiment participer dans las activités Dans l ensemble de la population nous avons confirmé que la participation des parents est légèrement conditionnée par la subvention du jardin d enfants. Cet intérêt est significatif chez les parents ayant inscrit leur enfant dans les jardins d enfants privés (1-p=>99%). ~ 241 ~

246 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale De plus, nous avons trouvé que la subvention du jardin d enfants détermine légèrement la manière dont les parents suivent l éducation préscolaire des enfants. Ils sont plus réguliers à participer lorsqu il y a des activités intéressantes et lorsqu ils voient que l institutrice fait des efforts pour Photo 34 Une activité artistique mise en place au jardin d enfants «Juan de la Barrera» avec la participation des mères communiquer avec eux. Dans l ensemble des réponses, nous avons trouvé que l envoi de notes est importante pour les parents car cela leur permet d être plus proche de leur enfants et de son processus éducatif (1-p=>93%). Nous avons remarqué aussi qu il existe une dépendance importante entre les démonstrations pédagogiques et les jardins d enfants fédéralisés et estatales (1-p=>98%). Graphique 10 Participation selon la subvention du jardin d enfants Par contre une dépendance existe avec les parents des jardins d enfants privés et le déroulement et leur participation dans les activités civiques (1-p=>99%), ainsi que dans l accompagnement pour les devoirs des enfants (1-p=>96%) et les rencontres informelles avec l institutrice (1-p=>99%). Au sein des jardins d enfants privés et fédéralisés, les activités liées à la journée de portes ouvertes sont importantes (1-p=>98%). Car les parents ont la possibilité de voir ce que les enfants apprennent et font pendant une journée de travail. En lien avec cette activité, afin de motiver davantage la fréquentation des parents dans le jardin ~ 242 ~

247 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale d enfants, le programme «temps de revenir à l école» a démarré (SEP, 2007). Dans cette campagne, diverses activités dérivées ont vu le jour : «mira como aprendo». La réalisation des coopératives scolaires (1-p=>94%) permet aux parents de passer du temps dans l établissement scolaire auprès de leurs enfants et favorise ainsi dans certains jardins d enfants, une participation très importante de la part des parents. Les activités physiques motivent la participation et l implication des parents (1-p=>88%), mais ce sont surtout les promenades qui favorisent largement l implication des parents (1-p=>96%). Ces activités dans l ensemble favorisent l engagement des parents. Le fait que dans certains jardins d enfants, le personnel pédagogique soutienne les parents, incite ceux-ci à s'investir davantage dans les diverses activités proposées par l enseignant (1-p=>96%). Malheureusement, pour certains parents, le fait que certaines activités proposées au sein de l institution d éducation préscolaire ne soient pas intéressantes provoque un léger éloignement et un manque d intérêt (1-p=>90%). Pour d autres parents, le fait que l institutrice ne fasse rien pour établir de bons contacts avec les parents détermine leur niveau d intérêt à s investir dans l éducation préscolaire de leur enfant 1-p=>88%). Nous avons trouvé également que pour un grand nombre de personnes dans la population interrogée, l importance accordée aux savoir- faire, à la connaissance, et au sens qu ils donnent à la participation de la famille au sein des institutions éducatives n étaient pas la même qu il y a un certain temps. Aujourd hui, il existe une conception différente de la réussite scolaire du point de vue de certains aspects : la réussite est perçue comme étant un facteur d insertion sociale. 5.5 Les relations parents - enseignants Étant donné que l intérêt de certains parents continue à être présent dans l éducation préscolaire de leur enfant malgré leur activité professionnelle quotidienne, les efforts, l invention et l innovation de diverses tendances et activités mis en place par les enseignants pour approcher les familles de l école, sont favorables. Plus la famille de l école se trouve proche, plus le développement des enfants est solide. Quand l enseignant n assume pas correctement son rôle, quand il présente des défaillances, les conséquences ne seront pas subies par la famille directement mais l enfant montrera des séquelles dans leur ~ 243 ~

248 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale développement harmonieux. L instituteur ne saurait être un parent car son rôle à jouer n est pas celui de parent mais celui d un adulte situé à une place particulière qui lui donne une responsabilité vis-à-vis de l enfant. Pour cela, 33,3% des parents sont contents avec les rendez vous et les réunions mises en place par l institutrice. Au point que 14,58% de plus disent être satisfaits du travail du professeur. Photo 35 Réunion informative mercredi 24 mai à 11 hrs. Sil vous plaît la présence d'un adulte par enfant est nécessaire. Merci! Si les professeurs travaillent de manière régulière en association avec les parents, les enfants observent et assimilent le lien positivement et par la suite, dans leur vie quotidienne, certaines actions prouvent l influence de cette relation sociale. Les relations existantes entre parents et enseignants sont parfois confuses ; le langage verbal comme le non- verbal influent sur le contact et la collaboration entre ces deux membres d une même communauté éducative. Pour ça, 49,48% des participants proposent plus de contacts et des activités pour faire participer les parents, 16,15% des activités entre enseignants, enfants et parents ainsi que des autres afin d améliorer les contacts entre enseignant-parents. Selon JIMÉNEZ HERNÁNDEZ (2007) un des rôles des enseignants est de guider les parents dans la reconstruction d une bonne image d eux-mêmes, à partir de leur propre personnalité, de leur entourage social et affectif, pour la réussite. Le dialogue et la collaboration permanente doivent avoir une place essentielle. BAROCIO (1996), à son tour, signale que les professeurs doivent aider les parents à s intéresser à l instruction scolaire de leur enfant, ainsi qu à découvrir les nouveautés du développement infantile pour pouvoir mettre en place des stratégies qui pourront favoriser leur épanouissement harmonieux. Motiver la confiance entre l école et la famille est un objectif marqué dans le programme d éducation préscolaire 1992, au Mexique. En 1999, dans le livre l école face aux parents, BOUVEAU, COUSIN et FAVRE ont mentionné que «L école souhaite que les parents entendent ses recommandations ; mais elle éprouve beaucoup de difficulté à entendre les demandes des parents» (1999, p. 39). Le discours, dans beaucoup de cas, est imposé directement par l instituteur aux parents. La récupération et la production d information, en conséquence, sont parfois quasi inexistantes. Le regard des parents à ce sujet provoque des ~ 244 ~

249 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale réactions différentes ainsi que de conduites négatives, neutres ou positives face au processus de scolarisation et de soutien de leur enfant Rendez-vous avec l instituteur La diffusion et la compréhension des parents face aux différentes activités scolaires et extrascolaires, sont définies par les expériences, connaissances et facteurs culturels existants en chacun. Le contact entre parents et instituteurs s instaure de manière différente. Au cours de l entretien ; il faut être conscient que c est l enfant qui est au milieu de la relation entre le parent et le professeur. Toute discussion face à la vie scolaire de l enfant aura une influence décisive sur son évolution future. Discuter et proposer des stratégies communes, et à la fois des alternatives pour améliorer les liens parents école. Les réponses aux questionnaires nous ont montré aussi comme dans la majorité des cas que la préférence parentale est dirigée au contact direct avec les enseignants Communication écrite: les petites notes Au sein de l école, les enseignants travaillent en fonction des objectifs pédagogiques concrets et des aspirations des enseignants, actions qui sont parfois motivées par le désir personnel d éloigner la famille du travail scolaire quotidien. Dans les cahiers de travail, les enseignants ou les parents marquent les commentaires ou indiquent certains soucis. Les parents peuvent demander un rendez vous ou donner une information à l enseignant. L enseignant peut informer d une besoin spécifique : économique, de matériel, de participation, nécessaire pour le travail de l enfant. À noter que le cahier de liaison ou de correspondance n existe pas le même qu en France. Photo 36 Des affiches pour informer aux parents des différentes activités. Jardin d'enfants "José Vasconcelos" ~ 245 ~

250 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale Rencontres informelles et régulières Certains parents disent avoir besoin d'orientation et de soutien pour élever leurs enfants. Ils souhaitent aussi que le contenu des réunions scolaires soit plus précis sur les techniques pédagogiques, le développement des élèves dans l établissement et, la manière dont ils peuvent soutenir leurs enfants dans les tâches extra scolaires. Pour certains parents toute demande de rencontre émanant de l enseignant correspond d abord à une convocation pour quelque chose qui ne va pas à l école ainsi Photo 37 L'heure d'entrée et de sortie sont propices aux conversations informelles entre les enseignants et les parents. Jardin d'enfants "Xalapa" que pour leur demander un support économique. Pour d'autres, le manque de temps pour participer à cause du travail, est une des justifications pour ne pas assister aux activités scolaires offertes aux parents. L accès à l information devient un enjeu central dans la vie quotidienne scolaire. Les parents sont obligés de questionner les enfants pour en connaître plus sur sa vie en dehors de leur maison. Photo 38 Parler aux autres parents c'est un aspect naturel pendant l'entrée ou la sortie des enfants du jardin d'enfants Devoirs en dehors du jardin d enfants Il existe en éducation préscolaire une réglementation qui délimite les connaissances que l enfant doit apprendre au sein de son instruction au jardin d enfants. Les devoirs à la maison ne sont pas recommandés. Certains instituteurs ont l habitude, lorsqu un enfant n est pas suffisamment performant, d'exiger de lui de s exercer à la maison avec de petits devoirs. Chez certains enfants, cette pression provoque diverses réactions «ils ont vraiment besoin de travailler en dehors des heures de classe». Bien évidemment, tous les parents n ont pas le même regard. Certains parents ~ 246 ~

251 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale approuvent ou désapprouvent l activité supplémentaire en dehors de l école. Pour d autres, ils auront des conflits qui éclatent avec les enseignants et/ou les enfants, quelques-uns soutiendront en continu le travail à la maison. En règle générale, une différence entre l éducation publique et privée est délimitée par cette action Savoir ce qui se passe vraiment en classe Cette tâche peut permettre aux parents d acquérir une vision plus générale du travail quotidien des enseignants, ainsi que de connaître un peu plus la vie de leur enfant. POUSSIN signale que l'attitude des parents, vis à vis de l'école, détermine leur façon d'éduquer ses enfants (2004, p.158). Quelques années auparavant, les parents demandaient à leurs enfants s'ils avaient été sages avec leur maîtresse, maintenant ils demandent si la maîtresse a été sage avec eux. De plus, dans deux jardins d enfants, certains enfants y restent depuis le matin jusqu'à 16 heures 30. Photo 39 Dit moi ça que tu as fait aujourd'hui en cours. Jardin d'enfants "José Vasconcelos" Comment peuvent-ils créer une relation privilégiée parents-enfants? Car, après le travail, certains parents plutôt que de rester avec leurs enfants préfèrent le repos. Entrer dans ce système est facile pour les parents et ne demande ni engagement ni implication dans la vie quotidienne ou éducative de l enfant, mais apporte des conséquences pas toujours souhaitables qu il faut assumer. Il est important de se questionner, régulièrement, sur les priorités parentales, vis-à-vis de l éducation formelle des enfants, afin d assurer au moins le minimum demandé. Il est clair qu une assiduité des parents plus prononcé est donnée aux activités sociales et récréatives car ils cherchent parfois se détendre et leur satisfaction personnel. Bien qu ils prêtent attention aux repères de leurs propres expériences et à celles qu ils doivent inculquer à leur progéniture, la dynamique actuelle, favorise que pour certains parents, encore ces sortes d activités soient comme de première importance. ~ 247 ~

252 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale 5.6 Les facteurs qui influencent l implication parentale dans l éducation de leurs enfants En considérant les aspects relatifs au parcours scolaire des parents nous avons essayé de comprendre les facteurs qui influencent sur l implication des parents dans l éducation de leur enfant en âge préscolaire. Évidemment, les aspects sociodémographiques variés des parents que nous venons d analyser sont des éléments Photo 40 Ma mère a était toujours présente à l école, donc je fais pareil qu elle. Jardin d'enfants "Carlos F. Moreno" Journée de portes ouvertes. décisifs à considérer dans la participation des parents au sein du jardin d enfants. Bien que le monde du travail d aujourd'hui ait changé, l intégration de la famille a aussi changé. Le rôle des parents est donc différent face à l éducation préscolaire. Les missions de la famille, les valeurs qu elle transmet ou les contenus qu elle enseigne sont les processus qui doivent être transmis aussi au jardin d enfants. Même si cette idée peut être la conséquence du passage des parents par l école, les parents peuvent avoir une envie différente. Nous avons constaté que les parents ont, en général, envie de participer puisque, pour une grande majorité, leur propre parcours scolaire a été marqué par l accompagnement de leur famille. Mais il faut reconnaître que l intérêt pour participer davantage au sein du jardin d enfants de leurs enfants puisse être lié aussi à d autres facteurs Les caractéristiques sociodémographiques Le choix de l institution éducative est motivé par différents facteurs. Nous devons considérer que plus de femmes (80,20%) que d hommes (16,67%) ont répondu à cette enquête et seulement pour 3,13% de cas, les deux parents ont répondu ensemble. Dans chacun des jardins d enfants nous avons observé que la participation parentale a des répercussions positives sur la réussite scolaire des enfants. Nous pouvons aussi signaler que les femmes plus que les hommes emmènent et récupèrent les enfants à l entrée et à la sortie du jardin d enfants. Par ailleurs, il n existe pas de relation entre le sexe des parents et le ~ 248 ~

253 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale fait d inscrire les enfants le matin, «l après midi» ou en «service mixte». P-level = es > α = Graphique 11 Fréquentation de la mère au jardin d enfants L origine sociale apparaît comme un déterminant structurel dans la participation et l engagement. Plus le niveau de scolarité de la mère est important, plus le lien avec l enseignant de leur enfant est important (p-value=0.0000). Par contre, plus le niveau de scolarité de la mère est faible, plus le désir de parler avec le directeur de l école sera limité (pvalue= ). 5.7 Type d activités proposées et subvention du jardin d enfants Nous avons constaté que l ensemble des activités proposées aux parents favorise un intérêt positif chez les participants, et particulièrement chez les mères. Dans cette société, la responsabilité de former les enfants et de les éduquer est encore à la charge de la mère. Les préférences des sondés pour participer aux activités sont variées selon le type d activité proposée et surtout selon la subvention des jardins d enfants, ainsi que nous le constatons dans le tableau suivant : ~ 249 ~

254 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale Type de subvention Fédéralisé Type d activité proposée Estatal Privé Nombre de parents qui ont répondus Actions diverses 54,3% 34,8% 10,9% 46 Sociales et récréatives 52,6% 33,3% 14,9% 57 Artistiques 54,3% 34,8% 10,9% 76 Démonstrations pédagogiques 42,6% 44,4% 13,0% 54 Journée de portes ouvertes 41,7% 36,1% 22,2% 36 Civiques 42,4% 35,6% 22,0% 59 Activités qui incitent les parents à aider aux 59,2% 23,9% 16,9% 71 devoirs Conversations et orientations personnalisées 56,7% 28,3% 15,0% 60 Suivis réguliers de la part de l enseignant 55,6% 25,9% 18,5% 27 Envoi de petites notes pour me tenir informé 64,7% 19,6% 15,7% 51 Des rencontres informelles entre moi et 34,5% 24,1% 41,4% 29 l enseignant Interviews programmées ou sur demande 64,4% 26,7% 8,9% 45 Réunions et rendez vous réguliers 50,0% 41,7% 8,3% 36 Écoles pour les parents 62,9% 30,3% 6,7% 89 Ateliers divers choisis par les parents 66,7% 29,2% 4,2% 24 Coopérative scolaire 41,4% 37,9% 20,7% 29 Travaux d entretien scolaire 59,3% 33,3% 7,4% 27 Ateliers de lecture mis en place par 71,4% 28,6% 0,0% 21 l enseignant Matro ou Patro gymnastique 44,4% 33,3% 22,2% 9 Activités d éducation physique, démonstrations 81,3% 18,8% 0,0% 16 Promenades organisées avec les enfants 57,4% 24,6% 18,0% 61 Il y a des ateliers de travail manuel divers 50,0% 32,4% 17,6% 34 Il y a un soutien permanent pour les parents 60,0% 21,8% 18,2% 55 de la part du personnel du jardin d enfants L institutrice travaille en coordination avec les 50,0% 32,1% 17,9% 28 parents L institutrice reçoit les enfants tous les jours à 51,3% 30,8% 17,9% 39 la porte d entrée Ils font certaines activités éventuellement 50,0% 32,0% 18,0% 50 mais elles ne sont pas importantes L institutrice ne fournit pas des activités 100% 0,0% 0,0% 2 Tableau 22 Type d activité proposée selon le type de subvention des jardins d enfants Pour MIRON «l expérience de parents responsables semble indiquer que les centres de la petite enfance sont un lieu privilégié de communication avec les familles, où les parents ~ 250 ~

255 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale peuvent être considérés comme des éducateurs dans un climat de partenariat avec les éducatrices» (2001, p. 252). 5.8 Le parcours scolaire des parents et le type de subvention Le parcours scolaire des parents détermine clairement le choix scolaire. Concrètement, la tradition familiale a influencé principalement les parents des quatre jardins d enfants publiques federalisés : le BVDA (18,8%) JDLB (12,5%), MEELB (12,5%), VLT (12,5%), ainsi que d un privé CDX (6,3%). 6% des parents ont fait confiance à une recommandation. Les parents du jardin d enfants fédéralisé AMQ (12,5%) et l estatal GRDP (7,1%) ont été motivés par leur réputation. La proximité n a été un facteur décisif, que pour les parents du jardin d enfants fédéralisé LJLS (2,9%), bien que les femmes, en Photo 41 Une porte d entré au jardin d enfants. Un instant durant la récréation. «Antonio M Quirasco» démotive les parents. général, lui aient accordé assez de valeur. 50% des parents qui ont choisi le jardin d enfant JE et de l E l ont fait par défaut ; ils signalent que le jardin d enfants est loin de la maison et qu ils n ont pas eu d autres alternatives. L entretien de l institution a été déterminant pour les parents du jardin d enfant «estatal» MM (20%) et pour le fédéralisé NX (8,0%). La partie pédagogique a été décisive pour le cas du jardin d enfants N (9,8%) et l école PCFMG (3,7%). La préparation professionnelle des enseignants est surtout prise en compte pour les parents des deux jardins d enfants privés CR (4,6%) et MMP (6,2%) Au sein de quelques jardins d enfants fédéralisés MMO (7,1%) et CC (2,9%) ainsi que dans le jardin d enfants «estatal» GM (8,6%), le fait que les enseignants soutiennent fortement le développement intégral et harmonieux des enfants a été déterminant Les parents ayant leur enfant dans le jardin d enfants privé CEA (6,8%) l ont choisi grâce au travail que les enseignants fournissent en coordination avec les parents. Par contre, les installations, l emploi de temps, la manière de travailler des enseignants et le programme ~ 251 ~

256 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale éducatif de travail ont peu influencé le choix scolaire de ces parents. Les échanges entre l école et son environnement tendent à s intensifier et à se généraliser au cours de l année, toujours dans l intérêt de favoriser l appropriation de l espace scolaire et de motiver le sentiment de partenariat au processus éducatif de leur enfant, chez les parents. 5.9 L influence du vécu scolaire parental Nous avons demandé si pendant le parcours scolaire, les parents avaient bénéficié du soutien familial. Nous avons découvert que 169 des parents ont reçu un soutien familial important pendant leur parcours scolaire contre 23 qui ont dit que non. Bien que certains parents aient des Photo 42 Participation des parents aux activités civiques. souvenirs pas très agréables pendant leur scolarisation, ils nous ont dit que le fait d avoir vu leur mère ou père à l école ou les parents d un de ses collègues a marqué leur parcours. Graphique 12 Bénéfices de soutien familial selon le parcours scolaire des parents Certains de ces changements ont été mentionnés par les parents suite à leur implication dans différentes activités au sein du jardin d enfant. Par exemple, une femme nous a signalé : «je viens parce que je suis consciente du rôle que les parents jouent auprès de leurs enfants, mes parents ont toujours été là pour moi». «Ma mère m a toujours soutenue je fais pareil ~ 252 ~

257 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale avec mes enfants». Au présent, ces souvenirs font preuve d un engagement plus important des parents vis à vis de l éducation préscolaire de leur enfant. De la même façon selon eux, par rapport au soutien familial de leur famille, les souvenirs qui ils ont eus sont liés aux actions suivantes : Tableau 23 Soutien familial reçu par les parents pendant leur parcours scolaire Positive Pourcentage Dans tous les domaines avec beaucoup d amour, responsabilité et un vrai engagement de la part de mes parents 63,54% Uniquement de manière économique 18,23% Dans les devoirs 9,90% Ils m ont offert diverses opportunités pour continuer mes études 14,58% Moralement et avec des conseils pour m améliorer 10,42% Parce le professeur était souvent absent 0,52% C est une obligation des parents de soutenir leurs enfants 0,52% Un peu 1,04% Uniquement de la part d un de mes parents 2,08% Négative Pourcentage Je n ai pas eu de soutien 1,04% Aucun, mes parents ne savaient ni lire ni écrire 0,52% Nous n avions pas assez de ressources économiques 1,56% Ils n avaient pas de temps 4,17% Je ne vivais pas chez mes parents 1,04% Souvenirs scolaires de parents «qui ont marqué sa vie» Dans une étude mexicaine, dirigée par DÍAZ DE COSSÍO et RAMÓN BAGUR, en 2003, parents qui ont leur enfant dans des écoles publiques ou/et privées d éducation primaire et collège ont affirmé l importance de leur participation au sein des écoles. Parmi leurs souvenirs les plus chers, 80% de mères ont dit avoir connu le directeur du jardin d enfants de Photo 43 Une mère «Quand je vois mon enfant participer, je pense à mon enfance» ~ 253 ~

258 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale leur enfant, et, 73% ont participés aux réunions avec les enseignants. 70% des sondés ont signalé que le directeur de l école a toujours eu une bonne relation avec la communauté éducative. Par contre, les parents de cet échantillon ont été partagés quant aux apports et soutiens donnés entre le jardin d enfants à l enfant. Ce sont les parents en haut et en bas de l échelle sociale, qui ont été les plus nombreux à lui attribuer la plus grande richesse. 21 participants ont eu une opinion positive et ils ont souligné que les enfants, grâce au jardin d enfants, ont augmenté considérablement leur estime de soi. Pour les autres, les éléments géographiques et culturels propres à chaque contexte au sein desquels le jardin d enfants est installé, influencent sur leur fonctionnement et sur la communication mise en place avec les parents. Toutes ces idées dérivent dans la plupart des cas de ses souvenirs scolaires. Souvenirs qui sont réaffirmés grâce à la réussite ou même l échec de leur propre progéniture. Nous avons trouvé 129 parents qui ont affirmé que certaines expériences vécues dans leur parcours scolaire ont marqué leur vie. Graphique 13 Expériences scolaires qui ont marqué la vie des parents Les raisons qu ils ont utilisées pour justifier leur choix ont été très variées. La plus représentative a été centrée sur le fait que les apprentissages qui ont eu lien pendant le parcours scolaire ont été très positifs. En contrepartie, deux femmes ont signalé que pendant leur enfance, les taches ménagères qu elles devaient faire à la maison après l école ont étés plus marquantes dans leur vie scolaire que leur propre passage à l école. ~ 254 ~

259 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale Tableau 24 Expériences scolaires passées qui ont marqué la vie des parents Cette expérience scolaire a marqué ma vie parce que : Nombre de parents Pourcentage Ce que j'ai appris a été positif 46 24,0% Existe une bonne relation entre mes professeurs et ma famille 33 17,2% Ma famille a participé en permanence 29 15,1% Au présent, je reproduis avec mes enfants ce qui m a plu 24 12,5% Au présent, je ne fais pas ce qui m a dégouté 21 10,9% Certains enseignants ont était très agressifs avec les élèves 11 5,7% Certains enseignants sont resté très distants par rapport aux élèves 4 2,1% Le manque de ressources économiques de ma famille a limité leur participation 4 2,1% les professeurs ont été bons enseignants 21 10,9% Après l école je devais faire de taches ménagères à la maison 2 1,0% J ai un très mauvais souvenir de l école 2 1,0% J ai travaillé et étudié en même temps 4 2,1% Je suis convaincu qu aujourd hui étudier est indispensable pour l avenir 5 2,6% L école m a donné des valeurs et habitudes positives 7 3,7% L éducation a été très rigide 2 1,0% J ai vécu de bons et de mauvais moments 6 3,1% La participation familiale selon le soutien familial qu ils sont reçu En ce qui concerne l influence du parcours scolaire des parents dans la pré et scolarisation de leurs enfants, nous avons montré que 87,63% des parents sont convaincus que la participation de leur famille a été significative. Cette participation a déterminé dans 92,47% des cas la manière dont ils s impliquent et s engagent dans l éducation préscolaire de leurs enfants. Photo 44 En grand parent entre de parler avec les enseignants et ses petits enfants. Jardin d'enfants "Colegio Xalapa" De plus, le soutien familial reçu pendant la scolarité des parents a été, dans 89,6% des cas, un aspect déterminant dans la façon dont les parents s impliquent et s engagent actuellement. Dans 87,50% des cas, les parents affirment avoir eu le soutien parental et ~ 255 ~

260 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale maternel pendant leur vie éducative.,5% des parents assurent que pendant la participation dans la scolarité de leur enfant, ils ont différents souvenirs de leurs propres vécus. 90.6% des parents participants disent que leurs expériences scolaires agissent positivement dans l éducation de leurs enfants. En revanche, 1,6% signalent que l influence qu apporte le parcours scolaire chez les enfants est négative. Chaque type d activité a un objectif bien précis. Une des missions des activités sociales ou récréatives est de permettre aux enfants de dépasser les difficultés qu ils éprouvent et de progresser dans les apprentissages et la socialisation. Depuis des années ces activités font une partie importante du programme, au point que pour 82,5% des participants parmi 57 qui participent à ce type d activités, cela leur rappelle leur enfance et leur scolarisation. Par contre, nous soulignons le fait que 82.56% des participants sur 57 préfèrent les activités artistiques. Avec la mise en place de certaines activités comme «comment mes parents participent à l école» cómo participan mis papás en la escuela 81,1% de 74 participants ont été contents de faire partie de ce type d activités car cela leur a évoqué leur propre parcours scolaire. L élaboration d affiches murales des enfants accompagnés des parents, enfants et en collaboration avec les enseignants ou des manifestations artistiques se sont déroulées dans les différents jardins d enfants. 81,1% des participants sur 74 ont été attirés par ce type d'activités. La réalisation d activités civiques est devenue une option pour faire participer les parents les lundis, à travers l hommage au symbole de la patrie. Cette activité qui est même suggérée dans la loi intéresse 82,1% de participants sur 56 réponses. Es recomendable que los padres de los preescolares participen en las ceremonias cívicas, saluden a la Bandera y entonen el Himno Nacional (SEP, 1997). Par rapport au lien entre l enseignant, les parents et le nombre d enfants par foyer nous pouvons affirmer qu il existe une forte dépendance en ce qui concerne la mère car le chi² est ~ 256 ~

261 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale significatif. p= 0,00083 es > α = 0,05. En plus, le nombre d enfants par famille détermine aussi la relation entre l enseignant et la famille, en provocant une influence sur les jardins d enfants. chi²= 0,013. En ce qui concerne la relation entre parents et enseignants et le plaisir de participer à différentes activités, nous avons trouvé que 41 parents disent avoir un excellent rapport avec l enseignant dont 97,6% disent aimer participer aux activités au sein du jardin d enfants. 126 participants signalent avoir une bonne relation avec l enseignant et parmi eux 83,3% aiment participer aux activités, Par contre, 6 ont indiqué que la relation est moyenne mais 83,3% parmi eux aiment participer aux différentes actions menées au sein du jardin d enfants. Uniquement un participant mentionne que la relation avec l enseignant de leur enfant est mauvaise même s il adore participer à toutes les activités. MEIRIEU, dans la partie «adversaires, alliés ou partenaires», de son livre «Éduquer c est vouloir exercer de pouvoir sur l autre», mentionne qu «à une époque, en France l adolescence a été l objet d une rivalité terrible entre les parents et l instituteur. Pour ce dernier, la famille était synonyme de superstition et d inégalité, seule l école pouvait apporter la rationalité et l égalité des chances» (1993, p. 148). Au Mexique cette conception est loin d être Photo 45 Une mère engagée dans la préparation du repas quotidien des enfants considérée prioritaire au jardin d enfants. Par contre, les parents reconnaissent clairement que l influence de la famille et du système éducatif est déterminante dans la construction de la personnalité de l enfant. Ainsi, nous avons trouvé que le lien entre les parents et l enseignant, est, en général, bonne. Les parents disent expérimenter une sensation de plaisir (88,71%) chaque fois qu ils participent aux activités du jardin d enfants de leur enfant contre 11,29% qui ne sont pas satisfaits. Par ailleurs, 85.64% des parents considèrent que le lien entre l école et le foyer déterminent l éducation des enfants La participation de leurs parents avec l école Il est impossible d envisager les relations entre enseignants et familles comme la simple résultante du degré des positions dans le contexte social. Quelle que soit le lien ~ 257 ~

262 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale existant, le personnel pédagogique et administratif doit traiter les parents et les enfants avec le même respect et la même sensibilité afin de provoquer des relations harmonieuses. El personal que labora en los jardines de niños y en CAPEP tratará a los padres de familia y alumnos con respeto y atención; propiciando relaciones armónicas (SEP, 1997, Art. 15). En plus, nous ne pouvons pas oublier que l enseignant est promoteur, coordinateur et agent direct du processus éducatif. Pour cela il doit faciliter tous les moyens pour favoriser une tâche plus effective qui assure un développement harmonieux chez les élèves. A cet égard, nous avons tenté de mesurer cette variable et nous avons trouvé que pour plus de la moitié de la population enquêtée le lien existant entre lui et l enseignant de leur enfant est plutôt bon. Uniquement pour six parents, la relation est régulière et pour un très mauvais. Malheureusement 18 parents n ont pas répondu à cette question. Graphique 14 Type de relations établi entre l enseignant et le participant Dans les normes relatives à l inscription, réinscription et accréditation de l éducation préscolaire , il a été signalé que : «c est la responsabilité du directeur de l école de mettre en place, avec l accord des enseignants, des actions pour accueillir les parents, chaque fois qu'il y a une demande et que le sujet d intérêt est l'enfant ou son développement. Une autre responsabilité du directeur de l école est de sensibiliser les parents sur l importance et l obligation de courser chaque jour le jardin d enfants. Cette approche éducative peut être une opportunité unique pour développer divers aspects nécessaires pour la scolarisation future de l enfant» (SEP, 2006, norme 9 et 10) (Traduction libre de ~ 258 ~

263 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale l auteur) 5. Pour transmettre un savoir, un enseignant doit être écouté et à la fois savoir écouter. Nous avons essayé de mesurer comment était selon les parents la relation entre les parents et l'enseignant? Car la première source sans doute est la famille et après les propres conduits des enfants sont des sources utiles pour les enseignants pour les connaître et pour mettre en place des méthodologies spécifiques afin de les aider dans leur développement et intégration de leur personnalité. D excellents, de bons, de moyens et parfois de mauvais enseignants coexistent dans le corps éducatif de chaque école. La valeur accordée à l enseignant est parfois la conséquence d actions quotidiennes mise en place par le professeur. Les bons professeurs mettent l enfant au centre de leurs préoccupations. Mais parfois, le niveau général de la classe influe sur la conception extérieure que les parents se font du professeur. Les bonnes ou mauvaises influences sont parfois des qualités ou défauts qu ils considèrent importantes pour être un bon au mauvais professeur. Nous avons trouvé qu en général les parents reconnaissent le travail des enseignants et les respectent. Ainsi que leur gentillesse et le fait que pendant leur cours ils s occupent bien des enfants. Par contre, trois parents ont mentionné que l enseignant traite mal leur enfant. Les causes pour lesquelles les relations (parents enseignant) existent sont très variées. La politique contenue dans les diverses tentatives de transformation éducative, les différents groupes sociaux, la diversité des demandes socio culturelles ainsi que les intérêts personnels de certains membres de la communauté éducative, etc. Pourtant les relations produites par la scolarisation des enfants sont très différentes et résultent de plusieurs facteurs. La grande diversité de ces facteurs ne permet pas de les considérer tous. L intention dans cette étude n a été pas de reproduire uniquement l histoire des relations famille/école mais de rappeler quelques éléments socio-historiques significatifs de cette relation, qui à notre avis, sont nécessaires entre enseignants et parents pour bien soutenir l épanouissement intégral et positif des enfants. 5 Es responsabilidad del Director del plantel y del Educador sensibilizar a los padres de familia o tutores sobre la importancia y obligación de hacer que sus hijos asistan a la educación preescolar, ya que, la educación preescolar puede representar una oportunidad única para desarrollar sus capacidades del pensamiento que constituyen la base del aprendizaje permanente. ~ 259 ~

264 Cinquième Chapitre. La participation et l implication parentale Selon les parents, l'enseignant : Nombre de réponses Pourcentage Favorise les relations parent-enfant 93 48,44% Il est gentil ,25% Il s'occupe bien des enfants ,17% Il soutient les parents 62 32,29% On discute de l'enfant, son développement 82 42,71% Il existe de confiance 82 42,71% Il favorise la relation constante avec les parents 92 47,92% Il respecte les enfants ,73% N accord pas assez du temps aux parents 10 5,21% M'apprend sur le développement harmonieux de l enfant 42 21,88% Il traite mal mon enfant 3 1,56% Toujours indisponible, l'échange est uniquement avec la directrice. Elle est toujours intermédiaire avec les 6 3,13% professeurs Toujours disponible par contre est impossible de parler avec le directeur il a ses propres règles 2 1,04% Tableau 25 Relations entre les parents et l enseignant selon les parents 5.10 Les effets perçus par les parents chez leurs enfants en fonction de leur participation L inclusion de tous les acteurs de la communauté éducative dans les processus préscolarisés contribue directement à l épanouissement harmonieux des enfants et à avoir une meilleur communication entre le jardin d enfants et les familles. Un grand nombre des participants ont confirmé cette supposition. 81,8% des participants ont assuré que la relation entre l école et la famille a une influence positive chez les enfants. Bien qu au jardin d enfants, un choc s ajoute aux enfants suite au fait qu ils doivent quitter leur famille pendant quelques heures, l enfant doit apprendre à répéter et acquérir des connaissances de nouvelles règles, se faire de nouveaux amis, etc. Face à cette situation, le soutien familial lui est indispensable pour bien s adapter, pour l aider à faire les devoirs, pour participer à certaines activités et événements sociaux et sportifs, parmi d'autres. Photo 46 Une classe au jardin d enfants fédéralisé "Cri-cri" ~ 260 ~