Un passé qui ne passe pas

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "Un passé qui ne passe pas"

Transcription

1 Un passé qui ne passe pas Université Paris V-René Descartes Du Chaos ma vie a été brisée par un crime que je n ai pas connu et dont pourtant je ne me remettrai jamais 1 Camps de détention de Bosnie, au Kosovo, d où nous sont parvenues des images insupportables que l on se complaisait à suspecter à cause de l excès médiatique du charnier de Timisoara. Camps de rassemblement de populations choquées. Exils et marches forcées. Trains bondés. Images. Excès d horreur. Et toujours les yeux des victimes témoignant de l incroyable advenu, de l insoutenable, qu elles subissent. Des discours insupportables ont surgi. Des disputes sur la façon de nommer ces camps, sur le sens des colonnes, sur qui les assassine. Malgré la précision américaine, la «guerre propre» est sale, elle tue aussi! Et nous déshumanisant, dé-civilisant 2, avec l impuissance quasi exigée, même si notre révolte croît devant les images. Quelque peu manipulée, elle sera là pour soutenir une guerre dite «propre». Perversion langagière. Qu est-ce qu une telle guerre ô combien maîtrisée, froide, sinon la pulsion de mort en acte, sans meurtre risqué sur le terrain, comme dans toute guerre où atrocité et pulsion de vie s entrelacent. Guerre comme toujours pleine d horreur mais difficile à dire encore humaine 3, contre celle-là où transparaît une froideur machinique, a- humaine. Car la pulsion de mort joue sur deux versants, actif (de meurtre, agressivité destructrice) ou passif (pulsion a-organique, déresponsabilisation, réduction au rouage soumis à tout totalitarisme, qui conduit à laisser faire, à dire : «je ne savais pas», «j ai obéi»). Que dire de cette «guerre propre», technique, sur écran? Comme un jeu ont dit certains. Imaginaire et réel se confondent-ils aujourd hui? Ne font-ils plus frontière interdisant le passage à l acte et délestant l humain de sa férocité? Tout se passe comme si ce qui a eu lieu n avait pas lieu : bombes larguées de haut, objectifs atteints. Les ratés sont plus ou moins dissimulés. Mais en bas? En bas ça tue, sans proximité, non sans saletés. Le Haut-commandement s excuse, sans rien risquer qu une expérimentation d outils. Les nazis ont-ils gagné? Ont-ils envahi nos fantasmes, et en particulier nos techno- ou bio-sciences? 1 Romain Gary/Émile Ajar, La Vie devant soi. 2 Le terme est emprunté à Germaine Tillion qui parle de la dé-civilisation que fut la barbarie nazie. 3 Cf. Frantz Fanon, Les damnés de la terre, réédition Gallimard, 1991 (1ère éd. 1961), préface de Jean-Paul Sartre, p. 52 : «l arme d un combattant c est son humanité». La Chouette, 2001

2 100 «Nous sommes [...] nous-mêmes comme les hommes des origines une bande d assassins» dit Freud, je ne sais plus où. Ou plutôt comme des civilisés, car les savants de la préhistoire n y trouvent pas immédiatement les tueries. La barbarie paraît plutôt effet de la civilisation, et comme jamais dans ce siècle : unicité de la shoah au sens de la tentative d extermination minutieusement programmée et technicisée de toute une civilisation proche ; et puis le nucléaire (Hiroshima, Nagasaki) et les génocides qui paraissent s autoriser de l horreur nazie (Cambodge, Rwanda), ou Sri Lanka, Afghanistan : guerre contre les femmes, interdites de soins, d éducation, «guerre dans la guerre», celle des sexes dont parlent nombre de femmes, torturées, violées, que leur famille même ne recueillera pas 4. Cela se lit aussi dans les images de fiction (filmiques) et s entend au quotidien, dans les médias. Tout se passant comme si jamais assez d horreur ne comblait... quoi? Quelle jouissance horrible, quel vide, quel «désir de meurtre», nouvel aspect de la pulsion de mort (?) nous submergent? Quel impossible à penser : que l humain veut sa propre mort, non la sienne propre, impensable, mais celle de l autre, un autrui de plus en plus proche, l autre dans le même : par les médecins allemands, les Allemands débiles, les vieillards grabataires, les malades mentaux 5, puis les Juifs, les Tsiganes, puis tous les autres, jusqu aux «simplement laids» 6. Sur le même mode assassinat par les Khmers cambodgiens de leurs compatriotes, les intellectuels d abord, parce que «cosmopolites», lisant des livres étrangers, puis les Cambodgiens porteurs de lunettes sans aucun doute eux-aussi lecteurs puis tous les autres. Comme au Rwanda. Assassinats, viols. Comme toujours? Ou autres? Semblables et tout autres : je le montrerai avec les souffrances des femmes bosniaques ou kosovars. Urgence : comment résister? «Ou la parole ou la mort» dit Freud quelque part. Donc parler est d importance, moins pour comprendre que pour faire trace, opposer une parole au déni, au silence, pour que quelqu effet de subjectivation puisse trouver place, ici, ou demain, un autre jour. Pour arrêter le cri, la méduse et ce qu elle peut laisser installer de jouissance meurtrière. Utilité du dire contre faire silence. Le travail analytique en témoigne régulièrement, qu il s agisse des dissimulations de l Histoire ou des secrets familiaux. Silenciations biographiques, historiques comme s il fallait toujours se voiler la face, ne pas savoir, se laisser passiver, annihiler. Ne rien vouloir savoir de ce qui a eu lieu, ne pas en parler... Mais ça travaille sourdement : retour de refoulé malgré la tentative d évitement. Ça revient, ça répète, dans la réalité répétition selon Freud dont les sujets témoignent, comme obligés de vivre ce qu ils n ont pas vécu. Ainsi le dit 4 Madeleine Gagnon, Anna, Jeanne, Samia, Paris, Fayard, Arrêté d euthanasie, dit T 4 (Tiergarten 4), daté du 3 septembre 39, bien qu il fut rédigé en octobre, marquant qu il s agit d une guerre à la mort, naturelle et hasardeuse, non programmée. Notons que seuls deux médecins allemands refusèrent de l appliquer (cf. travaux d Y. Ternon). 6 Cf. Raul Hilberg, La Destruction des Juifs d Europe, trad. fr., Fayard, 1988, p. 864.

3 101 Romain Gary cité en exergue : «ma vie a été brisée par un crime que je n ai pas connu et dont pourtant je ne me remettrai jamais» 7. Rapport du collectif et du singulier, de l événement et de la transmission dans l historicité singulière et ses silences, dans l Histoire et ses silenciations. Les champs voisinent. Se conjoignent-ils et comment? Utilité du dire contre faire silence, pour l avenir. Pour nous, pour tous ces humains meurtris, encore dans le chaos, même s ils viennent d arriver dans des camps de transit, dits d accueil, ou sur d autres rivages qui peinent à les accueillir, Kurdes, Albanais, Bosniaques, Croates, Africains ou Indonésiens Outre ceux subissant des crimes dont on ne parle pas ou qu à peine : Timor, Afrique aux populations déplacées, affamées, aux enfants obligés de devenir soldats, aux petites filles et femmes violées... Et la découverte du réel de la pédophilie, avec les excès utilitaires bassement politiques 8 ou lamentablement narcissiques 9 qu on peut en faire. Horreur. Désordre. Chaos. Quel abîme inconnu s ouvre donc en ce siècle que nous sentons et dont nous ne savons rien, mais qui nous montre que la trajectoire rêvée au dix-huitième du progrès de l Histoire paraît, pour le moins, foutaise. Où sommes nous donc restés comme attachés? Dans quelle horreur insue, jouant comme une origine obscure taraudant le présent, obligeant les répétitions? Pourquoi de nouveau cette barbarie, ces tueries, dans les simulacres mêmes des horreurs nazies? Qu ont-ils atteint à ce point pour que cela nous revienne en pleine figure, avec ces discours nationalistes, aux origines figées, avec ces efforts de «purification ethnique», cette abjection? Chaos comme un originaire d avant le big bang 10, mais lequel? Comme un originaire d abjection chaos et gaz 11 sont liés gaz de sinistre mémoire qu il s agisse de 1916 (gaz asphyxiants), ou de (chambres à gaz). Et si ce chaos nous obligeait aussi à tenter de dire autrement, de penser différemment? Par exemple, affirmer les identités plurielles, revendiquer l humanité dans sa variabilité plutôt qu accepter d être identifiés à un trait de race, d ethnie, à goût de sol et de sang. Parce que Khaos vient de la racine indo-européenne *ghen ou *gheï qui signifie <vide>, <manque> qui a dérivé en grec du côté de Khainein <ouvrir la bouche> ; éléments, on l entend, qui peuvent 7 La Vie devant soi, ou encore «Rien de ce qui était juif ne m était étranger» ; voir aussi La promesse de l aube, les questions concernant l humain. Etc. Idem Chez Duras, le rapport à l étranger (figure multiple sous le Nord, le picard, le chinois, et toujours en filigrane le juif). 8 Contre Cohn-Bendit par exemple cf. campagne médiatique (semaines du 19 au ). 9 Utilisation par des mères contre des pères pour faciliter des séparations et surtout des «gardes» d enfants (procès en cours). 10 «État de confusion ayant précédé l organisation du monde» (Virgile), emprunté au grec khaos via le latin, entré dans la langue en 1377, défini comme «l état de l univers avant la naissance des Dieux, ou avant l organisation du monde». 11 Gas mot créé par le médecin et chimiste flamand Van Helmont, en 1670, d après le latin chaos. La transformation du ch en g vient de la prononciation flamande du ch. Signifie d abord «vapeur invisible, émanation» puis se précise dans l horreur des tranchées (1ère guerre mondiale 1916) et de l extermination.

4 102 spécifier l humain : le manque, la parole. Or parler, témoigner peut soutenir, aider à revivre, à survivre, parce que «supporter la vie reste bel et bien le devoir des vivants» 12. Objectif éthique : restaurer la vie, le désir de vie, s opposant à la mort, au désir de meurtre et de mort à ce désir machinique serait aujourd hui ce qui s exige. Contre toute barbarie. Y compris contre l écononomisme meurtrier. Opposer les «réfugiés politiques» aux «réfugiés économiques» n est-il pas pure obscénité du dire? Comme si l on pouvait hésiter entre choisir de mourir affamés ou torturés! Maladie dans la langue, perversion langagière. Contrer aussi de telles paroles, les déconstruire, en trouver d autres pour dire un autre monde, d autres matins, participe d une éthique actuelle. Unbehagen in der Kultur 13. Malaise dans la civilisation. Qu est devenu l humain? Ou bien est-ce là l humain comme l envisageait déjà, sans indulgence aucune, Sénèque en disant «l homme veut perdre l homme»? Mais doit-on accepter que l être humain soit né pour le mal et le meurtre? Qui l exige? N engendre-t-il pas lui-même ses civilisations? N en est-il pas responsable? Ne sommes nous pas responsables de cette humanité, passée et advenant? Un passé qui ne passe pas : l actuel l humain le langage Qu est-ce que l humain aujourd hui quand des femmes et des enfants meurent sous les coups, quand les vieillards croupissent dans les hospices, quand un enfant ne peut se fier à son père, un faible à un plus fort que lui, une femme à un homme, et vice-versa? Quand s avancent des possibles génétiques qu une éthique n a pas pensés, des dangers planétaires qui n ont pas été mesurés? Qu est-ce que l humain aujourd hui quand la civilisation qui avait mis au monde Goethe et bien d autres a choisi Hitler et ses projets criminels : la shoah, tentative d extermination du peuple des Juifs, de ses personnes, de leurs noms, de leur culture, de leurs paroles, de leurs actes, est un crime sans égal, car non seulement les corps furent assassinés, mais il y eut là une tentative hors du commun, une volonté de meurtre du symbolique spécifiant l humain : nom, langue, culture. L éradication totale était programmée. Tentative extrême, unique, d autant que les nazis effacent les traces du meurtre au moment même où il s accomplit. Cette atteinte aux mots, aux noms, est atteinte au pacte social et symbolique que constitue le langage pour, entre, les humains. Elle peut être dite perversion langagière absolue ou maladie dans la langue «maladie du langage» 14, l usage de la langue devant rester fidèle à une certaine réalité «Supporter la vie reste bel et bien le premier devoir des vivants», Actuelles sur la guerre et la mort, FREUD, Œuvres complètes, vol XIII, PUF, 1988 (p.155). 13 Titre d un ouvrage de Freud. 14 Max Muller, Nouvelles leçons sur la science du langage, 1863, cité par OLENDER, Les Langues du paradis, p Freud, Psychologie des foules et analyse du moi, p. 175.

5 103 Même si le mensonge est un fait humain et social nécessaire, le fameux «compromis», la rupture du lien conventionnel 16, est atteinte au symbolique même : les paroles ne transmettent plus mais leurrent comme jamais. La destination à mort est un voyage, la douche signifie la chambre à gaz, les cadavres ne peuvent être désignés comme tels 17 : «la clé de toute l opération sur le plan psychologique / était de ne jamais nommer / ce qui était en train de s accomplir» 18. Le mot mort est interdit / Tout était camouflé» 19. Dans toute langue existe l équivoque, dans toute parole le malentendu. Mais l usage de la langue doit rester fidèle à une certaine réalité 20 pour que le lien historique et social, à base de conventions linguistiques fondant la communauté, se perpétue. Or les nazis ont frappé au cœur même du rapport symbolique langue/réalité, au creux de ou en plein dans ce qui fait et la convention et l équivoque en donnant pour vrais des faux, en mettant en circulation sciemment des faux sens, de fausses références, de fausses nominations. En touchant, portant atteinte, comme jamais au langage, au lieu même où s inaugurent la métaphore, la poésie, le rêve (du fait de l arbitraire du signifié et du signifiant mis en évidence par Saussure). Vrai problème, celui où le lien conventionnel (des linguistes) le pacte symbolique (A chaque chose l exacte répartie des mots) ne tient plus; la pulsion et le mythe (en termes lacaniens, le réel et l imaginaire) envahissent le discours faute de nouage avec le symbolique; déliaison et délires qui ne peuvent que causer des passages à l acte. Maladie dans la langue, dans le langage. Actuel à entendre. Si tous les totalitarismes jouent perversement avec le pacte social et la convention langagière fondatrice de la cité, les nazis ont fait plus encore en tentant de définir qui était humain et qui ne l était pas, n avait plus le droit de l être. De telle sorte qu à peine née une partie de l humanité se trouvait exclue de l humanité, qu à peine né l enfant ivre de vie pouvait être destiné à la mort du seul fait qu il appartienne à l humanité désignée comme à exclure du monde. Et pendant que s assassinaient des enfants, d autres étaient volés ou «condamnés à naître» pour construire cette «nouvelle» humanité «Le langage d(oi)t son importance à la propriété qu il a d assurer la compréhension réciproque au sein du troupeau ; sur lui repose en grande partie l identification des individus les uns aux autres». (Freud, Psychologie des foules et analyse du moi, p. 184). 17 «Les Allemands nous imposaient de dire concernant les corps / qu il s agissait de Figuren,/ c est à dire de / de marionnettes, de poupées / ou de Schmattes, c est à dire de chiffons.» Dans le livre SHOAH, p.25. Les / indiquent les limites typographiques des énoncés dans le livre, chacun renvoyant à une image du film. 18 SHOAH-livre, p SHOAH-livre, p Freud, Psychologie des foules et analyse du moi, p Voir Au nom de la race, ou l histoire des Lebensborn, Fayard. On notera que l expression «condamnés à naître» est celle qu utilisa une dissidente roumaine (Doina Cornea) dans les années 1980 pour dénoncer la politique de «surveillance du ventre des femmes» de N.Ceaucescu, autre tyran.

6 104 Un passé qui ne passe pas On entend là que toute l humanité a été et est encore concernée par ces actes et ce nom, proclamant la Solution finale (de l humain?), et qu elle l est encore par ces faits et la perversion langagière qui les accompagna d autant que jamais les camps, les rails y menant, ne furent bombardés ; aucun état n a pris ce risque quand il était temps encore. Le jugement de Nuremberg vint après coup ( ), qui restaure quelque chose de l humain, notons-le, en proclamant imprescriptible le crime contre l humanité, pour éviter qu il ne se répète. Espoir bien fragile. Cette «folie» du génocide d où vient-elle? Projets démoniaques d un fou paranoïaque? Mais pourquoi fut-elle soutenue? Quel(s) désir(s) a-t-elle rencontré(s) pour cela? Et pourquoi ne pas oser poser une telle question? Quelle humanité se profile au seuil de ce nouveau siècle? N est-il pas temps de savoir l horreur même qui nous constitue, ce désir de meurtre dont nul ne peut dire l origine mais qui fait actes barbares, et ce, de plus en plus. La shoah en a témoigné et ces répétitions sont non assimilables certes, mais repérables comme autant de tentatives de reprises d anéantissement, d extermination de l humanité. Car c est du fait d être autres, que certains se retrouvent dans les camps et que des enfants sont massacrés à deux heures de Paris ou de Bruxelles, que d autres meurent plus loin, faute de notre attention et à cause de la barbarie de leurs dirigeants. N est-il pas temps d inscrire ce savoir au lieu de le dénier : il y a dans l humain un désir de meurtre ; peut-être venu d un déni ou d une vengeance : ne rien vouloir savoir de sa propre mort et en même temps sans fin s approcher de cette énigme en multipliant les sacrifices à ce dieu cruel que serait la mort, par la mort d un autre. À moins que le sadisme d une vengeance, reprise d un événement originaire inacceptable, ne joue répétitivement. La souffrance imposée dans l enfance serait là d importance, qu il s agisse de la maltraitance de la socialisation imposée à l enfant ou du désir de mort parental qu il a subi 22. Cela sur un plan, individuel, celui de la névrose familiale. Certes. Mais cela peut venir aussi d une silenciation historique, une mémoire qui ne veut rien savoir des crimes commis en commun ou subis, et qui resurgit comme violence incompréhensible Je retravaille ici des hypothèses proposées depuis l écoute analytique, élaborées en partie par Alice Miller en ce qui concerne les traumatismes dus à la maltraitance infantile et au sadisme parental. Elle est à ma connaissance la seule à proposer une réponse radicale aux questions que je pose. Le mal guerres, totalitarismes, barbarie de tous ordres vient de notre enfance maltraitée dont nous ne voulons rien savoir. Cf. par exemple, Abattre le mur du silence, Paris, Aubier, 1991, p. 113 : «La brutalité, la violence et la barbarie se fabriquent dans l enfance». 23 Cf. Frantz Fanon, Les Damnés de la terre, chapitre V, «Guerre coloniale et troubles mentaux», où sont présentés dès 1961, ces passages à l acte ou détresse revenues en corps des torturants ou des soumis à la torture ou aux assassinats ; sur ces points, silenciations et répétitions voir également Alice Cherki, Frantz Fanon, un portrait, Paris, Seuil, 2000, en particulier p

7 105 La psychanalyse nous l enseigne : ce n est pas à nier «ce qui s est passé» que l individu se libère. Bien au contraire. Il ne se restaure qu à retrouver sa mémoire, autrement ce qu il ne veut pas savoir, ce qu il rejette, revient sans cesse, se répète (Retour du refoulé, dit Freud (Verwerfung) ou désaveu, déni (Verleugnung, Verneinung) : «ce qui a été aboli au dedans revient du dehors» 24 rejet ou forclusion, selon Lacan, qui parle de «retour dans le réel».) Contre la tentative de refoulement, singulier et collectif, voire de forclusion qui laisse des traces dans la vie psychique, consciente et inconsciente, dans les discours 25, et dans les actes, se lèvent la nécessité, l exigence, la nécessité de repérer en soi et dans la cité comment reviennent la barbarie et la tentation de l acte meurtrier. Du dire et de la déconstruction Question du meurtre, devenu crime, du désir de crime dans l humain, à affronter. Et rappeler : celui qui nous constitue comme sujet parlant est symbolique et le réel qui en découle n est pas la réalité ; d où les mythes à tenir pour mythes, constructions signifiantes, imaginaires, à différencier des actes. Faire coller mots et choses, désir et acte, est ignorer cela. Laisser errer les mots comme sans portée sur les choses et les actes est du même ordre bien qu inversé, même s il faut constamment rappeler leurs différences : les mots peuvent blesser à mort, mais ne tuent pas. Un cadavre n est pas restaurable mais un humain même profondément meurtri par une parole peut l être. La traversée analytique le met au jour régulièrement. D où l attention portée aux mots, aux discours qui engrossent chacun/e. En effet repérer les retours répétitifs de cette tentative de forclusion peut consister à se questionner sur nos dénis lointains et contemporains, en suspectant mêmes nos imaginaires (nos mythes, individuels et civilisateurs) «jusqu à l intime de nos désirs, jusqu à la forme de nos plaisirs». Enoncé de Simone de Beauvoir où l on perçoit qu elle soutenait la responsabilité éthique de chacun/e qui pourrait être formulée de la façon suivante : chaque un, chaque une est responsable, même de son inconscient comme du style de sa vie. C est-à-dire de ses actes quotidiens, ceux de plaisir en particulier qui signent une singularité. Important à rappeler en ces temps de déni constant de responsabilité. Entendre, déconstruire et trouer les discours, mettre au jour les termes à l opacité perverse est un travail signifiant exigible aujourd hui des intellectuel(le)s. Même s il est vrai qu il est des jours où l on n a envie que de faire silence quand il faut pourtant parler. Déployer les discours, déconstruire leurs perversités est une de nos fonctions, sinon changer le monde. Utopie qui comporte ses dangers, ce siècle le sait, mais reste un idéal non dédaignable. Après tout est-il si beau, si bon, ce monde qu il faille s en 24 «[...] das innerliche Aufgehobene von Aussen wiederkehrt» (Freud, Cinq Psychanalyses). 25 Comme nous allons le voir pour les discours publicitaires.

8 106 satisfaire en s en faisant témoins passifs et par là complices une fois de plus. Ouvrir la mémoire pour éviter les retours de refoulés, les répétitions meurtrières, la fascination de l horreur est l exigence actuelle. Reste donc à interroger les actes, les discours, les images, les représentations socioculturelles d aujourd hui ou les mythes d autrefois qui perdurent et animent le discours du collectif. Car éviter la dénégation ou la forclusion est d importance majeure pour l humain ; pour chaque sujet, et par là pour l humanisable. Temps d entendre, de dire, de mettre au jour ; exigence éthique de déconstruction. Réel et répétition dans le collectif Brefs exemples lexicaux avant d en venir aux images publicitaires : plan social, dit-on régulièrement, alors qu il s agit de licenciement, de déstructuration sociale, économique pour un être ; vache folle où se perd le savoir que seul l humain est doué de raisonnement, de calcul (Aristote, zoon logicon) où s entendra bientôt la confuison entre animé humain et non-humain ; je relève ces jours-ci, dans un article bien-pensant pourtant, élevage des enfants (au lieu d éducation). Et que dire de ces abattages massifs d animaux ; de ces «holocaustes» comme clame un agriculteur ; abattage total en place de quoi, de qui? Et si c était substitut de répétition, car après tout c est notre économisme, ce productivisme agricole qui a contaminé les vaches, les moutons. Où est la déraison? Autres discours. Ceux des visuels publicitaires, le pire s y dit ou s y laisse lire. Quelle vérité se fait jour dans la communication marchande qu une analyse sémiologique, voire sémio-psychanalytique, peut dégager? Discours de prévention contre le tabac : série de publicités européennes. Un homme écrasé dans un cendrier 26. Destruction libidinalisée. Pulsion de meurtre autoadministrée. Le discours est rationnel : fumer comporte des risques. Mais pour évoquer cela, pourquoi écraser un homme comme un mégot, dans un cendrier donc le figurer devenant cendres rappel de terribles actes? Révélateurs? De quoi? De l Histoire, ou d un «retour» de quel désir? Le discours en images s en approche, au plus près. Une autre publicité de prévention anti-tabac dénonce le piège. Ce terme fait titre en haut de l affiche à fond bleu, clair en bas, saturé de gris en haut. En son centre une cigarette plus grande que nature, au bout filtre accroché à un hameçon. Piégée, hameçonnée là où s attarde l érogène, les lèvres, la bouche. Cette affiche se double d une autre à cigarette semblablement centrée. Le fond, cette fois est gris charbon ou gris cendre. Un commentaire, à dénotés scientifiques précis, se déploie à chaque stade de consumation de la cigarette. Et dans une série de noms plus savants et barbares les uns que les autres apparaît en clair... le cyclon B 27. Retour de mémoire! Ce passé ne passe pas. 26 Publicité allemande. 27 Utilisé dans les chambres à gaz nazies.

9 107 Pulsion de mort en discours, sans meurtre réalisé. Avec comme une délectation d atroce ou de passivité comme dans une série de publicités pour ordinateurs à couleur froide et visages fermés où se signale que l inhumain est une perfection. Perfection figée machinique sans manque, sans défaut (mêmes racines, équivalent de sans défaillance, sans erreur). Alors s entend que l humain est humain d être faillible, en manque. A accueillir cette fragilité, la savoir sera force dirait Freud, ennemi de tout déni ou désaveu. La publicité utilise là des éléments semblables à ceux qui apparaissent dans des paroles de sujet, se gorgeant de cruauté, de souffrance ou d annulation, chez qui se relève dans la «survivance» une quasi «phobie de la vie» ou un quasi «autisme» comme si choisir d être au monde se révélait impossible. Alors reviennent des enjeux biographiques ou historiques, souvent étroitement imbriqués. «Et s ils avaient commis un meurtre?». Qu étaient-ils les parents à l époque (de la guerre d Algérie, de mai 68 ou de 40-45)? Qui étaient-ils ceux qui ont laissé faire ou qui ont tué? Comment ont-ils survécu? A quel prix de lâcheté ou de compromission, qui retomberait sur la ou les générations suivantes. Problème de filiation, de transmission. Un désir terrifiant s abat : ne plus sortir de cette enfance impossible à vivre, n entrer ni dans la langue, ni surtout dans la communication (l interaction). Rester seul/e sans contact avec le monde humain mais au plus près de la fascination «des choses brillantes» lucioles sans nom venues d on ne sait où, du chaos, d un a-rythme interne, biologique, de l horreur vécue sans comprendre et sans élaboration possible 28 ; ne pas supporter d être touché(e), de recevoir de l amour et pourtant hurler à l aide 29 pour entrer dans les paroles, lâcher ce monde originaire (comme d un pré-sujet?) non pas pour restaurer mais d abord construire l acceptation de l humain. Redonner le goût de la vie en opérant comme une transgression originaire, instaurant un symbolique inaugural (comme cueillir la pomme de la genèse c est à dire faire émerger parole et corps dans la transgression de l interdit 30 ) et puis restaurer de l humain, de l humanisable, en soi et dans le rapport à l autre, est alors la question. 28 Cf. Donna Williams, Nobody Nowhere (1992), trad. fr. Si on me touche je n existe plus, Paris, Laffont Elle parle d une «démarche schizoïde» en soulignant «Nous vivons dans une société schizoïde». 29 Cf. Torey Hayden, Ghost Girl (1991), trad. fr. L Enfant qui ne parlait pas, Presses de la Cité, Le titre original témoigne mieux de ce qui est en cause. 30 Eve, instauratrice du symbolique puisqu avec la suggestion du serpent, envoyé par Dieu, figure positive dans bien des civilisations cf. le caducée des médecins elle fait cueillir le fruit de (l arbre de) la connaissance du bien et du mal. Et voilà l humanité et le symbolique (le langage et l éthique : le choix enfin du mal et du bien) surgissant d une pomme. Exit la Nature à jamais. Tandis qu émerge de ce geste le corps et le langage, indissolublement liés. Le corps se fera sentir (froid, faim, nudité, sexualité), le langage ne sera plus simple répertoire désignant les choses existantes ; il nommera l absence (l origine perdue, lieu à jamais introuvable, vide). Est-ce pour cela que le mythe la place tout de suite seconde et qu elle se voit reléguée dans la Nature, l animalité? D où en dénégation magistrale, l exclusion des femmes de la culture, du symbolique ; en termes plus sophistiqués, leur dévalorisation (on va jusqu à s interroger sur leur potentialité d âme), leur infériorisation sociale, encore présente dans bien des civilisations sans parler de ce qui agite beaucoup notre humanité en ce moment, celle déniée des femmes en Afghanistan.

10 108 Ce qui n est pas simple car tout se passe comme si chaque un/e s accrochait à ce qui l empêche de vivre même si c est l enfer au quotidien, même si c est revenir au lieu de la souffrance. Répétition incessante pour reprendre la scène «pleine de bruits et de fureur» et tenter de l effacer ou au mieux pour que s arrête ce temps atemporel d un passé toujours présent et que puisse se soutenir l énoncé «ça a eu lieu». Au contraire si la jouissance mortifère, puissamment répétitive, mène le je(u), chacun/e semble tenter de revenir où «ça s est produit», à l horreur originaire. La méduse fascine. Un passé qui ne passe pas : toute cette semaine dans les medias l affaire IBM et l holocauste, à propos d un ouvrage de Finkelstein 31. Et peut-être l unicité de la shoah au sens de la mort déterminée et immédiate dans la chambre à gaz (gaz, à l origine langagière proche de chaos on s en souvient) fait-elle comme un paradigme des crimes 32 : on n atteindra plus jamais cette horreur là, irréductible, incroyable, alors tout autre paraîtra faible qui pourtant s y origine comme on peut l entendre dans certains viols, moins crimes de guerre que crimes contre l humanité 33. L inceste aussi en relève 34 et toutes ces femmes, incestuées, violées ne peuvent plus parler. Les crimes, les meurtres, les assassinats sont affaire de civilisation (barbarie et civilisation font la paire) et les viols de guerre. Mais ceux subis par les femmes bosniaques ou kosovars dans les camps serbes me paraissent autres par leurs «grossesses forcées», par l enfant imposé, désigné comme meurtrier futur. Et ainsi se produit une atteinte au temps, aux générations et à la filiation : meurtre et du père (le mari actuel ou futur de ces femmes violées) et de la mère (ces femmes, ces jeunes filles) tout se passant comme si tortures et humiliations, viols crimes de guerre ne suffisaient pas. L enfant meurtrier imposé. Je ne parle pas alors, des rapts d enfants polonais, argentins ou chiliens, élevés par des familles, objectivement bourreaux de leurs parents il y eut là de l effroyable, psychiquement, de l a-humain pour l enfant privé de sa propre histoire, de sa filiation réelle et comme une volonté délirante de génocide du «gène politique de gauche» car cette acculturation biographique se voulait telle. Tout cela très différent des rapts romains, grecs ou autres pour enrichir la cité par des esclaves. Dans ces viols opérés par de jeunes serbes, consentants ou obligés, il n y a rien que des meurtres futurs énoncés. Dans la violence du viol ils ne sont plus que des humains réduits à n être que machines, déshumanisées au moment même de l acte sexuel qui devrait signer la rencontre de deux différences, de deux origines différentes (du fait de l interdit de l inceste, fondateur du lien social) pour faire un troisième. Ils témoignent seulement du désir de meurtre, de la haine de l autre. Affrontement de deux corps 31 L Industrie de l holocauste, trad. de l américain, Paris, éd. La fabrique, Sur cette identification au paradigme de La Victime, voir les écrits de Vilkomirski et leur contestation, Elena Lappin, L Homme qui avait deux têtes, trad. de l anglais, Paris, L Olivier, Ainsi vient de le décréter le tribunal de la Haye (voir Libération du ) ; ce que je soutenais dans diverses interventions depuis Voir par exemple, «L urgence de l actuel», Restaurations, formes de rétablissement, Liège, Mardaga, 1993, p , et «Ce qui est inimaginable peut exister», L Exclusion. Malaise dans la civilisation, Paris, L Harmattan,1994, p «Crime contre mon humanité», Colette Mainguy, La Juive, Paris, Stock, 2001, p. 253.

11 109 déhumanisés ; l un tout puissant, l autre maltraité, humilié, torturé ; tous les deux déshumanisés : d un côté les uns réduits à n être que violeurs/tueurs, machines à sperme pour engrosser des ventres sélectionnés (ventres de «pas plus de 45 ans») machines à violer, à détruire des sujets qui en meurent physiquement, psychiquement. L un de ces meurtriers dit qu il ne peut oublier et ne peut que mourir maintenant (un jeune Serbe interviewé par Le Figaro, avant dernière semaine de décembre 92). et de l autre côté des femmes réduites à leur ventre où l on jette non la vie mais le meurtre avec des paroles que l une d entre elles rapporte : obligation de porter «un meurtrier dans son ventre, un meurtrier qui la tuerait». Un meurtrier? Qui parle alors entre ses lèvres ; corps perdu, traversé, sans plus de désir que celui de cet autre qui dit la tuer plus tard avec cet enfant déjà supposé assassin ; à moins qu il ne s agisse du «message à l autre mâle» 35. On comprend que dans de telles circonstances les avortements, même les plus tardifs 36, source de mort et de mutilations, aient été multipliés, les imams si conservateurs pourtant les ayant autorisés. Ils demandent même aux maris d accueillir avec pitié leurs épouses. Avec raison. Car dans cette civilisation et sans doute dans d autres cela sera difficile. Eux aussi sont atteints 37. C est pourquoi nombre de femmes errent, s exilent, sans vouloir revoir leurs maris, leurs enfants. Certains demandent des chiffres et veulent contester. Syndrome de Timisoara : ne plus s en laisser accroire. Il y eut pourtant des morts à Timisoara. Et les chiffres que signifient-ils sinon de nouveau une mise en masse? Les chiffres? Il faut n en citer aucun mais entendre et entendre des témoignages ; un seul regard parfois suffit ; celui de cet homme aux grilles du camp, celui de ce bébé, sans nom, personne n en ayant voulu. Ceux de ces enfants errant comme sans plus rien savoir et recherchant pourtant «leur maison d avant, abandonnée», comme ils sont. Celui de cette femme qui ne peut plus parler qu une langue inconnue, venue de si loin dans son corps, que nul ne la déchiffre 38. Atteinte aux corps, à l être et jusque dans la langue : «noire est notre langue [ ] pendant des jours et des nuits il est tombé de la cendre dessus» 39. Quelque chose s est de nouveau passé là qui est atteinte à l humain même. De nouveau sans l incommensurable de la shoah. Il y manque dit Rupert Neudeck non sans humour et c est terriblement féroce et noble pour lui de le dire la «minutie allemande» et l efficacité de sa technicité industrielle, mais ce n est pas moins un génocide qui a eu 35 Cf. Rupert Neudeck, Le Livre noir de l ex-yougoslavie, Paris, Arlea, 1993, p Il semble que les violeurs aient également pensé à cela, qu ils tuent celles qu ils n engrossent pas, et qu ils ne relâchent les autres que beaucoup trop tard, pour que les avortements ne soient plus que menace sur la vie de la femme en cause, Gagnon, op. cit., pp Gagnon, op. cit, pp : «ils savaient la mentalité du peuple (bosniaque ou) albanais, ils savaient qu une jeune fille violée ne pourrait plus trouver mari, ils savaient qu une femme mariée violée serait abandonnée par son époux et la famille de celui-ci». 38 Gagnon, op. cit., p. 24, histoire de Rabia. 39 Gagnon, op. cit., p. 24.

12 110 lieu 40. Meurtre voulu. Meurtre des femmes, leurs voisines, leurs anciennes camarades d école. Voisinage? Qu est-ce qui ne s est pas dit, ne se dit plus et ne fait que maladie, perversion et non civilisation? Il n a jamais été parlé en Yougoslavie de la guerre sauf comme l acte héroïque d un peuple contre les nazis. Mais les collaborations? Jamais parlées dit une femme interviewée par Madeleine Gagnon. On aurait dû parler, on aurait dû... Quel réel revient? Et les meurtres en Algérie ou dans nos banlieues, les violences, les viols de groupe dans les caves, de quoi font-ils «retour»? Ces enfants qu attendront-ils des adultes, du Père, de la civilisation, de l humain? Désir de meurtre là où la vie prend sa source même. Scène primitive imposée jouissance dans l horreur meurtrière? Comme si aujourd hui seul le meurtre était le désir : ils lui crient quand ils la chassent, dit-elle, «tu portes dans ton ventre un tcheknik» et elle plus tard, comme en écho, «un qui pourra me tuer dans 20 ans, à tuer de suite, ou à abandonner». Rares sont celles qui pourront accueillir l enfant, déjà dit in-humain, alors que il n est pas encore né. «Condamné à tuer». Mais que dit-on? Que dit ce violeur, que dit cette femme blessée à mort? Qu est-ce qui cherche à s atteindre sinon l humanité même de l être, de la civilisation? Comment accueillir cet enfant, cet humain, venu du fond de l horreur? Comment revivifier, ressourcer la vie, en elles, en nous. En les écoutant, en parlant avec elles, en transmettant leur témoignage, en témoignant, sans jouissance meurtrière, car il s agit de transmettre et non de laisser mimer. Encore faut-il écouter avec attention, générosité, patience, celles qui voudront parler. C est ce que fait passer Madeleine Gagnon : témoigner de leur cause, avec générosité, à distance, au plus près. Témoigner Comme ceux ou celles survivants des camps d extermination qui ont survécu pour témoigner, donner les noms, les lieux, les dates. Comme fit G. Tillion notant dès le bus suédois qui l emporte de Ravensbrück, tout ce qu elle peut apprendre de ces compagnes, les noms, les convois, les dates d assassinat le nom des bourreaux pour donner sépulture de parole aux mortes. Première tentative de sépulture 41. En même temps, rappelons-nous, il faut vouloir savoir ce qui a eu lieu, vouloir entendre, ne pas dénier, car comme l a maintes fois souligné Simone Weil : «de n être pas entendues nous n avons plus pu parler». Il faut donc les entendre, pour elles, pour nous, pour nous éviter la honte de cette passivité qui nous accable et accablera nos enfants, quand ils nous questionneront car 40 Le Livre noir, p. 448, Le Monde du , texte de Véronique Nahoun. 41 «Dès notre arrivée en Suède, j ai commencé à interroger méthodiquement les trois cents camarades hospitalisées avec moi à Göteborg. elles étaient là, elles n avaient rien à faire ; grâce à elles, avant même mon rapatriement à Paris, j ai pu reconstituer la liste à peu près complète des trains partis de France pour Ravensbrück. Souvent wagon par wagon. Et avec les noms et les numéros des victimes transportées. Et avec les noms des Kommandos où une partie d entre elles furent expédiées. J avais surtout entrepris la liste des mortes, avec pour chacune d elles, les noms des témoins qui pouvaient les avoir vu mourir», G. Tillion, La Traversée du mal, Paris, Arlea, 2000, pp

13 111 nous ne pourrons pas dire comme d autres que nous ne savions pas. Et pour ces enfants venus dans l horreur. Humains ils le sont ; il nous faut le savoir, le dire, le croire pour l avenir de l humain, là-bas, ici. Pour que ces enfants entendent quelque chose de la violence qui les fit naître au monde et pour qu ils sachent que leur destin n est pas déjà tracé. Il nous faut le dire et faire qu une parole s entende qui puisse les accueillir, sans silenciation. Car ce n est pas vrai qu ils n en savent rien. Bien au contraire ils savent, même sans savoir précis, comme ces enfants du Lebensborn en proie sans fin à leur passé, en recherche de leurs parents, ou comme d autres abandonnés nés sous X. Comme d autres peut-être mais chacun, chacune à sa façon. L Histoire ne retisse pas l histoire, mais on voit combien intime et collectif, histoire individuelle, privée, et violence historique sont là liés ; d où l intérêt d un discours social permettant une reprise subjectivante. Point besoin non plus d imposer ce savoir de force. Il suffit qu il soit présent dans les discours du social, instance tierce permettant d accueillir toute recherche. Il faut aussi que quelques uns ou quelques unes soient là, attentifs, qu une parole puisse un jour leur être dite quand ils la chercheront pour énoncer quelque chose du trauma primitif, retisser «le blanc de l histoire», renouer les fils du tissu de la vie. Car l humain ne se fonde pas de sol ou de sang, mais de culture, de paroles et d actes. La filiation comme la paternité est essentiellement symbolique, et dépend de l origine qu on se donne, plus précisément dit du fantasme d origine qui (s )est constitué, pour une collectivité comme pour un sujet. Et puis ce travail : entendre, écouter, tenter d inscrire à sa façon, la sienne propre, quelque parole, devrait servir, servira je l espère, à lever ce figement fasciné devant l horreur, devant l inimaginable de cette violence, qui engendre la vie dans le meurtre, dans un désir de meurtre à venir, servira à faire faille dans ce chaos, ce passé qui ne passe pas. À ce titre, toute parole, ou silence, jouent, et la langue également ; d où pour ces femmes le choix de l anglais comme lieu autre, lieu de ressourcement contre la langue de cendres 42 ; la langue, archive et représentation du monde, sorte de symbolique prêtà-porter humanisant qui structure ou reconstruit le parlêtre (Lacan) en lui redonnant langue, lieu. D une éthique de la parole Temps des mises au jour, des déconstructions dans chaque prise de parole y compris la sienne propre pour repérer ce que antisémitisme, racisme et sexisme induisent en chacun/e de nous et en nous vis-à-vis des autres Rien dans de telles luttes, touchant à nos archaïsmes les plus insus, n est à dédaigner. Reste une question, une difficulté, celle des déconstructions et de leur efficacité. Surtout s il s agit de dévoilement des refoulements, de restauration des mémoires sans peur d affronter la haine, intime, extime, cette «mise au jour» n est-elle pas sans risques de jouissance horrible, mortifère? Montrer l horreur, le désir de meurtre, 42 Gagnon, op. cit., p «apprendre l anglais une façon pour nous de remercier» (p. 124) mais ni le français, ni le néerlandais, langues de ceux qui (les) «ont regardé être massacrés», pp

14 112 pourrait faire jouir, renforcer les résistances plus que les délier ou les déployer vers d autres possibles, comme peut le produire une interprétation réussie. Peut-on réellement produire dans le social une «interprétation»? Et que sera-t-elle? Une écriture, une parole, un acte, des actions, un engagement, un témoignage? Une vie? Avec quel efficace? Difficiles questions. Ce serait erreur, à entendre comme lâcheté dit Nietzsche, que de ne pas soutenir cette pulsion à dire si elle apparaît en nous et c est toujours dans un acte de langage singulier que s avance une parole ouvrant une représentation du monde. Donc quelques difficultés qu il y ait à tenter une effraction dans le socius, il vaut mieux, je crois, parler, écrire, pour lever les silences mortifères, forclusions ou refoulements que laisser faire les non-dits et les pulsions répétitives. Car c est bien de cela qu il s agit, arrêter la répétition, cadrer les pulsions et admettre qu un dire puisse advenir (werden) pour restaurer l humain et le sujet. C est en effet d une parole, d un style, d un nom 43 que «s entame la culture et qu advient (une) vérité» (Lacan) repérable à ses effets dans les discours publics ou privés voire intimes. Transgression maximale, création, nomination : avec ce nom, les discours se déplacent (cf. Baudelaire : Un mot pour recréer le monde, idem Hugo), ou un livre, L Algérie en 1957, un autre Contre la torture, un autre encore, La Question 44. Livres ou films, voix, actes pour «la cause de l autre» (Alice Cherki). Des témoins contre le chaos, Claude Lanzmann, Germaine Tillion Comme avec Shoah, film de Claude Lanzmann venant réorganiser plus justement le paradigme nominal concernant la shoah par ce nom Shoah, repoussant les valeurs chrétiennes ou naturelles impliquées dans sacrifice ou catastrophe ou holocauste ou la répétitivité comme dans génocide 45. Redonnant la parole à ceux à qui elle a été enlevée, ré-inscrivant l individuation, la singularité humaine contre la massification, sans aucune image d horreur, aucune complaisance devant l horrible, aucune jouissance. Remise en lieu du lieu où «ça a eu lieu» par les paroles de ceux qui avaient été interdits de paroles et de noms, les rescapés des Sonderkommandos interrogés avec précision, rigueur, dureté, bonté. Et les voix et les noms reviennent du lieu où ils ont été détruits, et la mémoire lutte contre le négationnisme. Et s entend comme jamais notre défaut de mémoire et nos silences à nous qu on appelle Français/es. Tant sur la période vichyste que sur la guerre d Algérie, sur le colonialisme et sa 43 Il faut de nouveaux noms pour dire des réalités nouvelles pour faire entendre des sens nouveaux, inouïs non encore entendus disaient Baudelaire et V. Hugo qui voulait, lui, que chaque révolution ou changement produisit un nouveau dictionnaire. 44 Respectivement, ouvrages de Germaine Tillion, Pierre-Henri Simon, Henri Alleg, qui ont informé sur la guerre franco-algérienne nombre de Françaises et Français. 45 Pour une étude détaillée de ce film, et la nomination shoah, voir notre «l écriture SHOAH», dans SHOAH le film, des psychanalystes écrivent, Paris, 1990, pp

15 113 «clochardisation» 46 ou acculturation des peuples soumis aux discours «des droits de l homme». Pourtant nombre de témoignages, de documents existent et même des films depuis 1956, Il n est que de songer à Camus, Alleg, et bien d autres. Avec il est vrai quelques difficultés encore aujourd hui, en particulier pour ce qui s est passé à Paris, Seine, le 17 octobre Tandis que notre silence sur la période vichyste, pétainiste, reste immense quand il n est pas négationniste. Rappelez-vous, ce sont les historiens américains qui ont les premiers écrit pour nous cette histoire, dès les années soixante 48. D où contre la silenciation, l importance du temps de dire pour que revienne la mémoire et que s évitent les répétitions insues. Toujours du côté des parias, des minoritaires, avec la volonté constante, de dévoiler les crimes, de faire entendre, faire savoir, de témoigner et de transmettre, qu il s agisse de la machine nazie le camp de Ravensbrück dont elle sera la survivante et la témoin infatigable de sa déclinaison productiviste ou exterminatrice, ou de la lutte contre la torture en Algérie, côté français, ou les attentats, côté F.L.N. du colonialisme et de la torture, de l oppression des femmes dans les sociétés méditerranéennes, Germaine Tillion observe, note, documente ses observations et cent fois sur le métier comme le proposait Boileau se remet à l ouvrage. Toujours témoin, toujours recueillant les témoignages, cherchant à ramasser le plus d informations possibles, à Fresnes comme à Ravensbrück 49 malgré la maladie, malgré le danger. Ce qui dit-elle permet aux captifs, aux condamnés à mort, de supporter même l insupportable 50 et dont témoigne Geneviève de Gaulle-Anthonioz : «exactement ce qu il nous fallait pour ne pas être détruites. En (l ) écoutant nous n étions plus des Stücks, mais des personnes ; nous pouvions lutter puisque nous pouvions comprendre» 51. Car G. Tillion est sûre de cela, 46 Germaine Tillion, L Algérie en 1957, republié sous le titre L Afrique bascule vers l avenir, Paris, éd. Tirésias, Et le 19 et le 20 et les jours qui suivirent. Et le couvre feu. Et ce qui s est appelé «les ratonnades», où s entend le racisme venant masquer l antisémitisme agissant toujours. Donc grande méfiance devant des énoncés tel que «seuil de tolérance», même s ils semblent s appuyer sur des études comportementales (ou biologiques, socio-biologiques) prétendûment objectives. Voir plutôt Benno Müller-Hill, Science nazie, science de mort, Paris, 1989, (1984, Hamburg). À propos du 17 octobre 1961 voir Anne Tristan, Le silence du fleuve, Bezons, 1991, entre autres. 48 Parades and Politics at Vichy. The French Officers Corps and their Marshall Pétain, Princeton University press, Princeton (New Jersey), 1966, et en particulier Paxton avec La France de Vichy (1973 pour la traduction française). 49 Avec toutes sortes de camouflage, dans la doublure des vêtements lors de l incarcération à Fresnes, Ravensbrück, p. 52, dans de fausses recettes de cuisine, Ravensbrück, p Entendre et dire. «J ai tout de suite essayé de comprendre «leur système» les rapports entre production et extermination et estimé ainsi les petites chances de survie qui peuvent exister ; et je l ai démonté pour mes camarades afin qu elles se protègent. [ ] C est ainsi que dès l été 44, j ai pu faire une conférence à mes camarades de langue française sur les bénéfices personnels d Himmler et sur l extermination par le travail», La Traversée, op. cit., p La Traversée, op. cit., p. 5, Lettre à Germaine Tillion. Le mot Stück, équivalent de «morceau» ou «pièce», est l injure déshumanisante appliquée par les nazis aux humains destinés par eux à l extermination.

16 114 que savoir, que comprendre un fonctionnement aide, est utile à la survie : «En ce qui me concerne, j ai eu l occasion [...] par deux fois de constater le soutien réel que peut apporter à ceux qu ils écrasent, la compréhension c est à dire l analyse des mécanismes écraseurs» 52. Importance du dire, du témoignage. D où le travail incessant d écriture et de réécriture de Ravensbrück, avec les informations et documents venus des notes prises, des paroles recueillies dès 1945, lors du repos reconstituant à Göteborg (Suède), suivis de leurs recoupements avec la documentation accessible, de plus en plus dense, issue des archives et des procès. Travail repris en 1970, contre la tentative négationniste, alors qu elle pensait dit-elle en avoir fini avec cette question 53. Notons au passage qu à l inverse d autres déportées ou d autres historiens, elle n a jamais soutenu la responsabilité collective allemande du génocide ou «la germanisation du mal» 54, ni l identité des deux totalitarismes et de leur mode concentrationnaire d extermination, même s il s agit de deux montres 55. Plus même «méditant sur les leçons tirées de Ravensbrück», elle s interroge sur l apport de «cette inimaginable épreuve» qui «fut peut-être l invention d un carrefour culturel, d une conscience européenne» 56. Incroyable optimisme humaniste et éthique du ressourcement de la vie. Autre engagement d importance lié à l expérience de Ravensbrück 57, celui pour la paix en Algérie, devenu la lutte contre les tortures ou les attentats terroristes et contre les exécutions capitales pour que cesse cette honte pour la France et qu advienne «en Algérie un contrôle des droits de la personne humaine» 58. Ses combats relève alors tant de l éthique que de la vraie politique, comme plus tard quand elle œuvre contre la peine de mort et l esclavage, contre ces sociétés qui briment mutilent 59 ou asservissent intellectuellement les femmes et qui font des hommes «gâtés» par leur mère de «véritables petits despotes», violeurs et potentiellement assassins 60 : «la dégradation de la condition féminine concerne très directement le destin d une partie de l espèce humaine. C est à dire en fait notre destin à tous» 61. Un témoin qui entend, une passante qui transmet, une voix, une écriture, un rire, une dérision contre le chaos et la perversion, c est cela G. Tillion, passante vive toujours 52 Le Harem et les cousins, Paris, Points Seuil, 1982 (1ère éd. 1966), p D où de nombreuses adjonctions, Lacouture, Le Témoignage est un combat, Paris, Seuil, 2000, (biographie de G. Tillion), pp Lacouture, op. cit., p. 225 ; La Traversée, op. cit., p La Traversée, op. cit., p Lacouture, op. cit., p «Il y a à ce moment là, en 1957, en Algérie, des pratiques qui furent celles du nazisme», La Traversée, op. cit., p La Traversée, op. cit., p Je n ai pas insisté mais on trouvera aussi dans cet ouvrage une dénonciation des mutilations autres que subissent les petites filles, telles l excision et l infibulation. 60 «il doit être en permanence une sorte de Cid Campeador continuellement prêt à égorger les hommes et à violer les femmes», Le Harem et les cousins, op. cit., p Le Harem et les cousins, op. cit., p. 21.

17 115 vigilante, dans «l actuel» d un passé qui ne passe pas, c est à dire dans l actuel d une mémoire qui rappelle et transmet le siècle, l Histoire, les «malaises de la civilisation» avec lucidité et obstination. Belle «façon d écraser les monstres» 62 sinon le chaos. Grande leçon d humanité voire d humanisation pour un monde en péril. C est pourquoi je voulais la citer en conclusion et son exemplarité pour nous redonner espoir. Malgré tout. 62 Le Harem et les cousins, op. cit., p. 20.

«Lalangue qui, cette jouissance, la civilise si j ose dire *»?

«Lalangue qui, cette jouissance, la civilise si j ose dire *»? Carlos Guevara «Lalangue qui, cette jouissance, la civilise si j ose dire *»? La phrase du titre de mon exposé est de Lacan, le signe d interrogation est de moi. Cette phrase, vous pouvez la trouver dans

Plus en détail

Annie Claude Sortant-Delanoë. L angoisse, nécessité logique entre jouissance et désir

Annie Claude Sortant-Delanoë. L angoisse, nécessité logique entre jouissance et désir Annie Claude Sortant-Delanoë L angoisse, nécessité logique entre jouissance et désir À sa naissance, l enfant est un organisme dont le cri exprime un besoin. Ce cri n a aucune intention de signification.

Plus en détail

Conférence Bertrand Vergely. 17 juin 2015 à Allériot.

Conférence Bertrand Vergely. 17 juin 2015 à Allériot. 1 Conférence Bertrand Vergely. 17 juin 2015 à Allériot. Depuis les années 70, les intellectuels font l éloge du droit à la différence. Derrida : «la différance» ; Deleuze : «Différence et répétition»,

Plus en détail

Lucile Cognard. S identifier à son symptôme

Lucile Cognard. S identifier à son symptôme Lucile Cognard S identifier à son symptôme Dans notre milieu analytique, l expression est connue : «s identifier à son symptôme». D où vient-elle, que recouvre-t-elle? C est la question que je me suis

Plus en détail

Auschwitz!... Que faire après?

Auschwitz!... Que faire après? Auschwitz!... Que faire après? L exposition «Auschwitz!... Que faire après?» n a pas pour objectif d expliquer le fonctionnement du système d extermination nazi mais de permettre une réflexion sur la mémoire

Plus en détail

1. Aurais-je une dette, une promesse à honorer?... 19 Implication et prise de distance, comment faire?... 24 Que faire de la vie sauve?...

1. Aurais-je une dette, une promesse à honorer?... 19 Implication et prise de distance, comment faire?... 24 Que faire de la vie sauve?... Table des matières Préface, Clémentine Autain... 9 Préambule... 13 1. Aurais-je une dette, une promesse à honorer?... 19 Implication et prise de distance, comment faire?... 24 Que faire de la vie sauve?...

Plus en détail

Préface. à l épreuve de leur maternité

Préface. à l épreuve de leur maternité Préface la sexualité des femmes à l épreuve de leur maternité L opinion courante soutient que la féminité d une femme s épanouit dans la maternité et que l enfant, conçu avec l homme objet de son amour

Plus en détail

«Longtemps, j ai pris ma plume pour une épée : à présent, je connais notre impuissance.»

«Longtemps, j ai pris ma plume pour une épée : à présent, je connais notre impuissance.» Métonymie : image désuète de l instrument servant à écrire. Représentation traditionnelle et glorieuse du travail de l écrivain. Allusion à une époque révolue. Idée de durée, de permanence. edoublée dans

Plus en détail

Mieux vaut seul que mal accompagné

Mieux vaut seul que mal accompagné Mieux vaut seul que mal accompagné C est là le plus souvent une formule que l on prononce en étant désolé et qui console assez mal les gens esseulés. L humanité a la plupart de temps considéré la solitude

Plus en détail

Il est de notre devoir de rappeler ce que fut l une des plus effroyables et honteuses pages de notre Histoire. La

Il est de notre devoir de rappeler ce que fut l une des plus effroyables et honteuses pages de notre Histoire. La Discours de Frédérik BERNARD, Maire de Poissy Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation - dimanche 24 avril 2011 - Monsieur le Député (présence non confirmée), Monsieur le Vice-Président

Plus en détail

LA DÉFENSE DES DROITS DE L HOMME. Pour le meilleur et surtout pour le pire. Nina Bonche et Camilia Gaied. Lycée Jacob Holtzer, Firminy

LA DÉFENSE DES DROITS DE L HOMME. Pour le meilleur et surtout pour le pire. Nina Bonche et Camilia Gaied. Lycée Jacob Holtzer, Firminy LA DÉFENSE DES DROITS DE L HOMME Pour le meilleur et surtout pour le pire Nina Bonche et Camilia Gaied Lycée Jacob Holtzer, Firminy 25 «Il me répétait sans cesse que j étais la femme de sa vie, qu à tout

Plus en détail

QU APPELLE-T-ON ROMPRE L ISOLEMENT?

QU APPELLE-T-ON ROMPRE L ISOLEMENT? QU APPELLE-T-ON ROMPRE L ISOLEMENT? Le travail que j ai tenté de faire autour du thème qui m était proposé est à entendre comme un essai. C est-à-dire une tentative non achevée de rapprocher des idées

Plus en détail

New York, 20 21 novembre. Document de travail : séance II

New York, 20 21 novembre. Document de travail : séance II AUDITION PARLEMENTAIRE 2008 AUX NATIONS UNIES New York, 20 21 novembre Document de travail : séance II VIOLENCE SEXUELLE A L ENCONTRE DES FEMMES ET DES ENFANTS DANS LES CONFLITS ARMES 1 Il est désormais

Plus en détail

Attirez-vous les Manipulateurs? 5 Indices

Attirez-vous les Manipulateurs? 5 Indices Attirez-vous les Manipulateurs? Claire Parent 1 Attirez-vous les Manipulateurs? Claire Parent Mini livre gratuit Sherpa Consult Bruxelles, Mai 2012 Tous droits de reproduction, d'adaptation et de traduction

Plus en détail

GUIDE POUR LA CONDUITE ET LE COMPORTEMENT DES FORCES DE POLICE. Servir et protéger

GUIDE POUR LA CONDUITE ET LE COMPORTEMENT DES FORCES DE POLICE. Servir et protéger GUIDE POUR LA CONDUITE ET LE COMPORTEMENT DES FORCES DE POLICE Servir et protéger En bref Comité international de la Croix-Rouge 19, avenue de la Paix 1202 Genève, Suisse T +41 22 734 60 01 F +41 22 733

Plus en détail

Jean-Michel Longneaux : «L exercice de l autorité aujourd hui»

Jean-Michel Longneaux : «L exercice de l autorité aujourd hui» Jean-Michel Longneaux : «L exercice de l autorité aujourd hui» Conférence-débat dans le cadre de la plate-forme «Ecole Lien». Aquascope-Virelles, le 23 mai 2013 Le point de départ : un constat. Aujourd

Plus en détail

Journée du Forum. Concetta Ciuro. Depuis «le sujet parle avec son corps» jusqu à «je parle avec mon corps *» Mensuel 88. Retour au sommaire

Journée du Forum. Concetta Ciuro. Depuis «le sujet parle avec son corps» jusqu à «je parle avec mon corps *» Mensuel 88. Retour au sommaire Concetta Ciuro Depuis «le sujet parle avec son corps» jusqu à «je parle avec mon corps *» Dans un premier temps, en lisant le cours de Colette Soler «L encorps du sujet 1», j ai été interpellée par cette

Plus en détail

PHILOCOURS.COM. Autrui. Sujets les plus fréquents. http://www.philocours.com/bac/sujet/ficheautrui.html

PHILOCOURS.COM. Autrui. Sujets les plus fréquents. http://www.philocours.com/bac/sujet/ficheautrui.html Page 1 sur 5 PHILOCOURS.COM Accueil Cours Corriges Methode Dossiers Liens Aide Perso Fiches Bac Newsletter Contact Programmes Accueil > Les Fiches du Bac > Autrui page 1 2 3 4 Autrui page créée le 01/01/2003

Plus en détail

Introduction à la Shoah

Introduction à la Shoah Introduction à la Shoah Des Juifs de la Ruthénie subcarpatique sont soumis à une sélection sur l aire de transit à Auschwitz-Birkenau. (Photo : Musée du Mémorial de l Holocauste aux États-Unis, offerte

Plus en détail

LECTURE. Lecture et analyse de la page intérieure de titre et de l illustration qui l accompagne.

LECTURE. Lecture et analyse de la page intérieure de titre et de l illustration qui l accompagne. Séance 1 : Travail sur la 1 ère et la 4 ème de couverture, mise en évidence d un récit encadré et lecture/analyse du récit cadre. Objectifs : - lire et analyser la 1 ère et la 4 ème de couverture, le récit

Plus en détail

Je vis sans vivre pour moi

Je vis sans vivre pour moi la défense des droits de l homme Le Mémorial de Caen Recueil des Plaidoiries 2014 avocats Je vis sans vivre pour moi Inés Revuelta Molino Huelva Espagne 277 Le Mémorial de Caen Recueil des Plaidoiries

Plus en détail

MESNIL-AMAR Jacqueline née PERQUEL (1909-1987)

MESNIL-AMAR Jacqueline née PERQUEL (1909-1987) 1 MESNIL-AMAR Jacqueline née PERQUEL (1909-1987) 1) Le témoin : Le témoin se nomme Jacqueline Perquel (nom de jeune fille). Elle est née le 23 avril 1909 à Paris. Elle est issue d une famille juive d origine

Plus en détail

Le premier visage fait le dernier voyage. Amir Hassan

Le premier visage fait le dernier voyage. Amir Hassan Le premier visage fait le dernier voyage Amir Hassan 3 e prix Je me souviens de mon père quand j étais petite. Il me parlait toujours de la Palestine, il disait : «C est un pays volé par des occupants

Plus en détail

27 Janvier : Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'holocauste

27 Janvier : Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'holocauste 27 Janvier : Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'holocauste "Le bourreau tue toujours deux fois, la seconde fois par l'oubli" (Elie Wiesel) Quand ils ont arrêté les communistes,

Plus en détail

Un écrivain dans la classe : pour quoi faire?

Un écrivain dans la classe : pour quoi faire? Un écrivain dans la classe : pour quoi faire? Entretien avec Philippe Meirieu réalisé pour l ARALD - Quel est votre sentiment sur la présence des écrivains dans les classes? Il me semble que ce n est pas

Plus en détail

La vie et ses évènements traumatiques. La part d humanité rescapée de la masse

La vie et ses évènements traumatiques. La part d humanité rescapée de la masse 1 La vie et ses évènements traumatiques 17 septembre 2015 / Auditori CaixaForum / Barcelona L évènement traumatique et sa transmission Journée en hommage à Neus Català Organisée par la Fundació Cassià

Plus en détail

27 janvier 2015 Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l Humanité

27 janvier 2015 Journée de la mémoire des génocides et de la prévention des crimes contre l Humanité Monsieur le Maire, Eric LEJOINDRE Mesdames et Messieurs Les enseignants et représentants de l Education Nationale Mesdames et Messieurs les Présidents et représentants d associations patriotiques Mesdames

Plus en détail

LE VIOL UN ACTE DE PENETRATION SEXUELLE UN ACTE COMMIS SUR LA PERSONNE D AUTRUI. L article 222-23 du C.P. définit et réprime le viol.

LE VIOL UN ACTE DE PENETRATION SEXUELLE UN ACTE COMMIS SUR LA PERSONNE D AUTRUI. L article 222-23 du C.P. définit et réprime le viol. LE VIOL Tout acte de pénétration sexuelle, de quelque nature qu il soit, commis sur la personne d autrui par violence, contrainte, menace ou surprise est un viol. I - E L E M E N T L E G A L L article

Plus en détail

F.F.E.R. FÉDÉRATION FRANÇAISE DES ESPACES RENCONTRE POUR LE MAINTIEN DES RELATIONS ENFANTS-PARENTS

F.F.E.R. FÉDÉRATION FRANÇAISE DES ESPACES RENCONTRE POUR LE MAINTIEN DES RELATIONS ENFANTS-PARENTS Les espaces de rencontre : un pari sur la parole Marie-Antoinette Descargues Wéry psychologue, psychanalyste, membre associée de la société de psychanalyse freudienne Paris Février 2008 Pour introduire

Plus en détail

Ce bien pas comme les autres

Ce bien pas comme les autres Ce bien pas comme les autres M.J.D Orazio-Clermont Introduction Dans une cure, le patient comme l analyste peuvent parler de tout. L argent fait partie de ces questions que l on aborde pendant les entretiens

Plus en détail

Je m appelle Hans. Le 7 novembre 1919. J ai rencontré Frédéric à la gare.

Je m appelle Hans. Le 7 novembre 1919. J ai rencontré Frédéric à la gare. Je m appelle Hans. Le 7 novembre 1919. J ai rencontré Frédéric à la gare. Je venais d arriver à Hanovre par le train de onze heures. À Düsseldorf j avais passé plus de trois semaines chez un homme de quarante

Plus en détail

Il n y a pas de personne sur cette terre qui n ait été un jour percutée de plein fouet par cette phrase terrible : ARRÊTE DE RÊVER!

Il n y a pas de personne sur cette terre qui n ait été un jour percutée de plein fouet par cette phrase terrible : ARRÊTE DE RÊVER! Il n y a pas de personne sur cette terre qui n ait été un jour percutée de plein fouet par cette phrase terrible : ARRÊTE DE RÊVER! Cette phrase est assassine parce qu elle tue le meilleur de nous-même

Plus en détail

Chap. 5 : la 2 nd guerre mondiale : une guerre d anéantissement Pourquoi parle-t-on de la 2 nd guerre mondiale comme d une guerre d anéantissement

Chap. 5 : la 2 nd guerre mondiale : une guerre d anéantissement Pourquoi parle-t-on de la 2 nd guerre mondiale comme d une guerre d anéantissement Chap. 5 : la 2 nd guerre mondiale : une guerre d anéantissement Pourquoi parle-t-on de la 2 nd guerre mondiale comme d une guerre d anéantissement Chanson : Nuit et brouillard de Jean Ferrat http://www.youtube.com/watch?v=94yoxycqo6s

Plus en détail

Richard Abibon. «Le sujet reçoit de l Autre son propre message sous une forme inversée»

Richard Abibon. «Le sujet reçoit de l Autre son propre message sous une forme inversée» Richard Abibon «Le sujet reçoit de l Autre son propre message sous une forme inversée» Cette formule, on la trouve presque telle quelle dans l «Ouverture de ce recueil» qui introduit les «Ecrits» de Lacan.

Plus en détail

LA RÉUSSITE SCOLAIRE EN MILIEUX POPULAIRES OU LES CONDITIONS SOCIALES D UNE SCHIZOPHRÉNIE HEUREUSE

LA RÉUSSITE SCOLAIRE EN MILIEUX POPULAIRES OU LES CONDITIONS SOCIALES D UNE SCHIZOPHRÉNIE HEUREUSE Ville-Ecole-Intégration, n 114, septembre 1998 LA RÉUSSITE SCOLAIRE EN MILIEUX POPULAIRES OU LES CONDITIONS SOCIALES D UNE SCHIZOPHRÉNIE HEUREUSE Bernard LAHIRE (*) L enfant de milieu populaire en difficulté

Plus en détail

TROISIEME PARTIE LA FRANCE DE 1945 A NOS JOURS. Bilan et mémoires de la seconde guerre mondiale

TROISIEME PARTIE LA FRANCE DE 1945 A NOS JOURS. Bilan et mémoires de la seconde guerre mondiale TROISIEME PARTIE LA FRANCE DE 1945 A NOS JOURS Bilan et mémoires de la seconde guerre mondiale Qu est-ce que ce film nous apprend sur l évolution de la mémoire de la Seconde Guerre mondiale en France?

Plus en détail

Quelle satisfaction marque la fin d analyse?

Quelle satisfaction marque la fin d analyse? Patrick Barillot Quelle satisfaction marque la fin d analyse? «Le mirage de la vérité, dont seul le mensonge est à attendre (c est ce que l on appelle la résistance en termes polis) n a d autre terme que

Plus en détail

LE GHETTO DE VARSOVIE

LE GHETTO DE VARSOVIE LA SECONDE GUERRE MONDIALE LE GHETTO DE VARSOVIE Gaumont Pathé archives, collection Pathé Les documents d archives Pathé nous transportent dans une actualité devenue, aujourd hui, de l histoire. Ces fragments

Plus en détail

POURQUOI CONNECTER UNE ÉCOLE À L INTERNET?

POURQUOI CONNECTER UNE ÉCOLE À L INTERNET? 61 POURQUOI CONNECTER UNE ÉCOLE À L INTERNET? L école de Pinay est connectée depuis deux ans et demi à l Internet. Cela laisse suffisamment de recul pour une réflexion sur cette pratique. Il convient pour

Plus en détail

Robocop. Paul Verhoeven, Etats-Unis, 1987

Robocop. Paul Verhoeven, Etats-Unis, 1987 Robocop Paul Verhoeven, Etats-Unis, 1987 Robocop est un film réalisé par Paul Verhoeven, cinéaste néerlandais qui débuta sa carrière à la télévision hollandaise où il découvrit l un de ses acteurs fétiches,

Plus en détail

La dépendance amoureuse est universelle

La dépendance amoureuse est universelle Chapitre 1 La dépendance amoureuse est universelle Une définition de la dépendance amoureuse «Dire que j ai gâché des années de ma vie, que j ai voulu mourir, que j ai eu mon plus grand amour, pour une

Plus en détail

Affirmation de soi, confiance en soi, estime de soi

Affirmation de soi, confiance en soi, estime de soi Affirmation de soi, confiance en soi, estime de soi Estime de soi MOI Affirmation de soi AUTRES Confiance en soi ACTION Contexte Règles fondamentales de la communication 1) On ne peut pas décider, par

Plus en détail

I) La politique nazie d extermination

I) La politique nazie d extermination I) La politique nazie d extermination La Seconde guerre mondiale a été marquée par l extermination de 10 millions de personnes par les nazis. Les Juifs en particulier ont été les victimes d un génocide

Plus en détail

LES POUVOIRS DE LA MÉDITATION. Anita Rossier Thérapeute & Guide de méditation

LES POUVOIRS DE LA MÉDITATION. Anita Rossier Thérapeute & Guide de méditation LES POUVOIRS DE LA MÉDITATION Anita Rossier Thérapeute & Guide de méditation Biographie Formation de base en sciences appliquées, biologie médicale et moléculaire, diplôme d ingénieure chimiste Expérience

Plus en détail

La seconde guerre mondiale

La seconde guerre mondiale CM2 Découverte du monde Histoire Compétences : La violence du XXe siècle : les deux conflits mondiaux La seconde guerre mondiale - À partir de l étude de cartes et de documents statistiques, comprendre

Plus en détail

Souvenir de la nuit du 4 1

Souvenir de la nuit du 4 1 SUJET COMPLET NOUVEAU BREVET 2 : SOUVENIR DE LA NUIT DU 4 1 / 5 Souvenir de la nuit du 4 1 Conforme aux nouvelles dispositions de l épreuve du nouveau brevet des collèges [...] Est-ce que ce n est pas

Plus en détail

Écrire la clinique : le pari littérature

Écrire la clinique : le pari littérature 92 Filigrane, numéro 2, 1993, pages 92 à 99 Écrire la clinique : le pari littérature claude spielmann L auteur livre ses réflexions à propos des enjeux impliqués dans l écriture de la clinique. Celle-ci

Plus en détail

Le coup en valait-il la peine de prison?

Le coup en valait-il la peine de prison? Les peines pour adolescents Le coup en valait-il la peine de prison? Mise en situation Salut, je m appelle Jason et j ai 16 ans. Cet été, j étais au palais de justice. C était mon procès. J ai été déclaré

Plus en détail

LE SYNDROME L ENFANT TÉFLON (Travail individuel) Pour. Daniel Lambert. Développement humain 1 : L enfance (350-183 SH) Par.

LE SYNDROME L ENFANT TÉFLON (Travail individuel) Pour. Daniel Lambert. Développement humain 1 : L enfance (350-183 SH) Par. LE SYNDROME L ENFANT TÉFLON (Travail individuel) Pour Daniel Lambert Développement humain 1 : L enfance (350-183 SH) Par Kim Dupuy Soins infirmiers (groupe 1115) Collège de Sherbrooke 12 mars 2004 Histoire

Plus en détail

Populations vulnérables en temps de conflit armé

Populations vulnérables en temps de conflit armé Populations vulnérables en temps de conflit armé Par Alexia Pierre 1 Introduction De nombreux bouleversements peuvent toucher une société et perturber son fonctionnement habituel. Certains de ces évènements

Plus en détail

La souffrance totale des personnes en fin de vie.

La souffrance totale des personnes en fin de vie. LA SOUFFRANCE TOTALE DES PERSONNES EN FIN DE VIE. I) Concept de souffrance globale En Soins Palliatifs, on parle de souffrance totale, «total pain», c'est-à-dire qu il s agit d une approche globale de

Plus en détail

de l instruction publique estime que je vais donner des idées aux enfants lorsque je vais dans les écoles et nous devons nous battre pour aller dans

de l instruction publique estime que je vais donner des idées aux enfants lorsque je vais dans les écoles et nous devons nous battre pour aller dans Gavin COCKS, fondateur de l Association GASP/Afrique du Sud («des jeux auxquels les enfants ne devraient pas jouer»). Actions de prévention en Afrique du Sud. Bonjour à tous et merci beaucoup à Françoise

Plus en détail

Trois cheveux pour épouser Philomène

Trois cheveux pour épouser Philomène Trois cheveux pour épouser Philomène Autrefois, il y avait un homme qui était Chef. Etant Chef, il avait mis au monde une fille. Cette fille était vraiment très belle. La fille avait grandi et on l avait

Plus en détail

Synthèse de l intervention du film «Le gamin au vélo»

Synthèse de l intervention du film «Le gamin au vélo» Synthèse de l intervention du film «Le gamin au vélo» CAC du 20 novembre 2013 Objectifs généraux L idée directrice : mettre en valeur le parcours de Cyril du père fantasmé à la réalité de l amour de Samantha.

Plus en détail

Que fait l Église pour le monde?

Que fait l Église pour le monde? Leçon 7 Que fait l Église pour le monde? Dans notre dernière leçon, nous avons vu que les croyants ont des responsabilités vis-à-vis des autres croyants. Tous font partie de la famille de Dieu. Les chrétiens

Plus en détail

Parcours n 1. Les douze étapes du pardon authentique (d après Jean Monbourquette, " Comment pardonner? " Bayard 2001)

Parcours n 1. Les douze étapes du pardon authentique (d après Jean Monbourquette,  Comment pardonner?  Bayard 2001) Parcours n 1 Les douze étapes du pardon authentique (d après Jean Monbourquette, " Comment pardonner? " Bayard 2001) Jean Monbourquette, prêtre et psychologue canadien, a développé les douze étapes qui

Plus en détail

QU EST-CE QUI VOUS MÈNE: LA TÊTE OU LE COEUR?

QU EST-CE QUI VOUS MÈNE: LA TÊTE OU LE COEUR? QU EST-CE QUI VOUS MÈNE: LA TÊTE OU LE COEUR? Source: DUMONT, Nicole. Femmes d aujourd hui, Vol. 1 No. 8., janvier 1996. On dit de certaines personnes qu elles n ont pas de tête ou qu elles n ont pas de

Plus en détail

COMMENT PARLER DES LIVRES QUE L ON N A PAS LUS?

COMMENT PARLER DES LIVRES QUE L ON N A PAS LUS? Né dans un milieu où on lisait peu, ne goûtant guère cette activité et n ayant de toute manière pas le temps de m y consacrer, je me suis fréquemment retrouvé, suite à ces concours de circonstances dont

Plus en détail

DOSSIER DE PRESSE. PENTA Editions Des livres qui résonnent

DOSSIER DE PRESSE. PENTA Editions Des livres qui résonnent DOSSIER DE PRESSE En couverture : Ludwig van Beethoven, impression couleur d après une peinture de Johann Baptist Reiter Beethoven-Haus Bonn Partie de violon de quatuor à cordes op. 135 de Ludwig van Beethoven,

Plus en détail

Où en est le temps de l'école?

Où en est le temps de l'école? Où en est le temps de l'école? Eveline Charmeux Les "rythmes scolaires", formule discutable qui fait hurler les musiciens : rien à voir avec un rythme! en fait, il serait mieux de parler de gestion du

Plus en détail

Extrait de la publication

Extrait de la publication LA BRÈVE HISTOIRE DE MA VIE La brève histoire de ma vie 4 Stephen Hawking LA BRÈVE HISTOIRE DE MA VIE Traduit de l anglais par Laurent Bury Flammarion Copyright 2013 by Stephen W. Hawking Tous droits réservés

Plus en détail

COMMENT DÉCOUVRIR SA VOCATION

COMMENT DÉCOUVRIR SA VOCATION Stephen Wang COMMENT DÉCOUVRIR SA VOCATION Mariage, sacerdoce, vie consacrée, diaconat permanent, célibat «Petits Traités Spirituels» Série III «Bonheur chrétien» éditions des Béatitudes Ava n t-p r o

Plus en détail

Appréciation du correcteur. Il est interdit aux candidats de signer leur composition ou d y mettre un signe quelconque pouvant indiquer sa provenance.

Appréciation du correcteur. Il est interdit aux candidats de signer leur composition ou d y mettre un signe quelconque pouvant indiquer sa provenance. DANS CE CADRE Académie : Session : Examen : Série : Spécialité/option : Repère de l épreuve : Épreuve/sous épreuve : NOM : (en majuscule, suivi s il y a du nom d épouse) Prénoms : Né(e) le : N du candidat

Plus en détail

À toutes les femmes qui sont des princesses, mais qui ne le savent pas encore.

À toutes les femmes qui sont des princesses, mais qui ne le savent pas encore. À toutes les femmes qui sont des princesses, mais qui ne le savent pas encore. «Tu seras aimée le jour où tu pourras montrer ta faiblesse, sans que l autre s en serve pour affirmer sa force.» Cesare PAVESE.

Plus en détail

Vous avez été victime de viol ou de tentative de viol

Vous avez été victime de viol ou de tentative de viol Vous avez été victime de viol ou de tentative de viol À donner à la victime Violences sexuelles Tout le monde peut être victime d une agression sexuelle n importe où. La violence sexuelle peut toucher

Plus en détail

eduscol Ressources pour la voie professionnelle Français Ressources pour les classes préparatoires au baccalauréat professionnel

eduscol Ressources pour la voie professionnelle Français Ressources pour les classes préparatoires au baccalauréat professionnel eduscol Ressources pour la voie professionnelle Ressources pour les classes préparatoires au baccalauréat professionnel Français Présentation des programmes 2009 du baccalauréat professionnel Ces documents

Plus en détail

Centre-Femmes La Passerelle du Kamouraska 710, rue Taché St-Pascal (Québec) G0L 3Y0 cflapasserelle@videotron.ca 418-492-1449

Centre-Femmes La Passerelle du Kamouraska 710, rue Taché St-Pascal (Québec) G0L 3Y0 cflapasserelle@videotron.ca 418-492-1449 BANQUE DE FORMATIONS Centre-Femmes La Passerelle du Kamouraska 710, rue Taché St-Pascal (Québec) G0L 3Y0 cflapasserelle@videotron.ca 418-492-1449 BANQUE DE FORMATIONS Le Centre-Femmes La Passerelle du

Plus en détail

Introduction Individus ou groupes, nous sommes faits de lignes

Introduction Individus ou groupes, nous sommes faits de lignes «L éclair par exemple se distingue du ciel noir, mais doit le traîner avec lui, comme s il se distinguait de ce qui ne se distingue pas.» Gilles Deleuze, Différence et répétition Introduction Individus

Plus en détail

Mardi de la parentalité le 2 juin 2015 St Jean de la porte. Paroles et gestes au quotidien

Mardi de la parentalité le 2 juin 2015 St Jean de la porte. Paroles et gestes au quotidien Mardi de la parentalité le 2 juin 2015 St Jean de la porte Paroles et gestes au quotidien Intervenante : Marilyne TEXIER : Educatrice de jeune enfant. Formatrice à L Ecole des Parents 74 + Médiatrice familiale.

Plus en détail

Identifier l antisémitisme et le racisme

Identifier l antisémitisme et le racisme 47 29 ANNExE A2 Identifier l antisémitisme et le racisme Glossaire sur l Holocauste Exemple de représentation graphique Coupons de mots reliés à l Holocauste Glossaire de l élève Centre commémoratif de

Plus en détail

Jeudi 8 mai 2014. Il y a 69 ans, l Allemagne hitlérienne capitulait.

Jeudi 8 mai 2014. Il y a 69 ans, l Allemagne hitlérienne capitulait. Jeudi 8 mai 2014 Cérémonie patriotique / Parvis de l Hôtel de Ville Discours de Karl Olive, Maire de Poissy, Conseiller général des Yvelines Monsieur le Ministre, Monsieur le Préfet, Madame la Conseillère

Plus en détail

PEUT- ON SE PASSER DE LA NOTION DE FINALITÉ?

PEUT- ON SE PASSER DE LA NOTION DE FINALITÉ? PEUT- ON SE PASSER DE LA NOTION DE FINALITÉ? à propos de : D Aristote à Darwin et retour. Essai sur quelques constantes de la biophilosophie. par Étienne GILSON Vrin (Essais d art et de philosophie), 1971.

Plus en détail

Guerre du Vietnam, Photographie de presse, Nick Ut 1972

Guerre du Vietnam, Photographie de presse, Nick Ut 1972 Guerre du Vietnam, Photographie de presse, Nick Ut 1972 P H O T O D E P R E S S E EPREUVE D HISTOIRE DES ARTS Brevet 2011 ANGLAIS PERSONNAGE ET CONTEXTE 1. Dans quel pays s est produit cet évènement? Dans

Plus en détail

Garth LARCEN, Directeur du Positive Vibe Cafe à Richmond (Etats Unis Virginie)

Garth LARCEN, Directeur du Positive Vibe Cafe à Richmond (Etats Unis Virginie) Garth LARCEN, Directeur du Positive Vibe Cafe à Richmond (Etats Unis Virginie) Commentaire du film d introduction de l intervention de Garth Larcen et son fils Max, entrepreneur aux U.S.A. Garth Larcen

Plus en détail

Un garçon raconte les viols ordinaires qu il a commis. Pour qu ils cessent d être ordinaires. Pour qu ils cessent.

Un garçon raconte les viols ordinaires qu il a commis. Pour qu ils cessent d être ordinaires. Pour qu ils cessent. Un garçon raconte les viols ordinaires qu il a commis. Pour qu ils cessent d être ordinaires. Pour qu ils cessent. «Je ne veux plus être un violeur» Mise en garde Trigger warning Contient plusieurs récits

Plus en détail

contact@ensemble-fdg.org 20 rue Chaudron 75010 Paris www.ensemble-fdg.org Communiqué de Ensemble!

contact@ensemble-fdg.org 20 rue Chaudron 75010 Paris www.ensemble-fdg.org Communiqué de Ensemble! contact@ensemble-fdg.org 20 rue Chaudron 75010 Paris www.ensemble-fdg.org Communiqué de Ensemble! Mouvement pour une alternative de gauche écologiste et solidaire. Déclaration d Ensemble Assemblée des

Plus en détail

Garde de jour pour enfants

Garde de jour pour enfants Garde de jour pour enfants comprendre les dispositions de garde et les ordonnances de la cour criminelle ou du tribunal de la famille Contexte Les garderies ont pour principale tâche de préserver en tout

Plus en détail

Leslie Kaplan. Les Outils. P.O.L 33, rue Saint-André-des-Arts, Paris 6e

Leslie Kaplan. Les Outils. P.O.L 33, rue Saint-André-des-Arts, Paris 6e Leslie Kaplan Les Outils P.O.L 33, rue Saint-André-des-Arts, Paris 6e pour Marion, Paula et Flavia LES OUTILS On pense avec des livres, des films, des tableaux, des musiques, on pense ce qui vous arrive,

Plus en détail

CONVENTION DES DROITS DE L ENFANT

CONVENTION DES DROITS DE L ENFANT CONVENTION...... DES DROITS... DE L ENFANT 3 LA CONVENTION DES DROITS DE L ENFANT Les articles de cette Convention ont été rédigés plus simplement pour les enfants par le Cofrade (Conseil français des

Plus en détail

Le cahier de Susi Fiche pédagogique École CP CE1 CE2 CM1 CM2

Le cahier de Susi Fiche pédagogique École CP CE1 CE2 CM1 CM2 Supports Documentaire Le cahier de Susi, de Guillaume Ribot, en intégralité à l exception du prologue, et les documents d archives intégrés au DVD. Fac-similé du Cahier de Susi et présentation de Guillaume

Plus en détail

Guide Pratique pour l Autonomie du Réfugié

Guide Pratique pour l Autonomie du Réfugié Guide Pratique pour l Autonomie du Réfugié Comment mieux formuler votre déclaration, pour votre interview «RSD» (Refugee Status Declaration Détermination de Statut de Réfugié) auprès de l UNHCR, en vue

Plus en détail

Olivier BERNEX : Es-tu d accord avec cette remarque : de nombreux peintres construisent une image à partir de la peinture, alors que pour toi l image

Olivier BERNEX : Es-tu d accord avec cette remarque : de nombreux peintres construisent une image à partir de la peinture, alors que pour toi l image Olivier BERNEX : Es-tu d accord avec cette remarque : de nombreux peintres construisent une image à partir de la peinture, alors que pour toi l image construit la peinture? C est-à-dire que devant une

Plus en détail

Qu est-ce qu être fou? Aujourd hui encore il est très difficile, voire impossible,

Qu est-ce qu être fou? Aujourd hui encore il est très difficile, voire impossible, Introduction Qu est-ce qu être fou? Aujourd hui encore il est très difficile, voire impossible, d apporter une réponse exhaustive. Il s agit d un concept vague, imprécis, et le terme de folie est facilement

Plus en détail

ACCOMPAGNTRICE MODÉRATRICE Application du tome 1

ACCOMPAGNTRICE MODÉRATRICE Application du tome 1 ACCOMPAGNTRICE MODÉRATRICE Application du tome 1 J ai le goût de partager avec vous mes expériences de vie qui en 2003 ont créé un précédent incontestable lors de la parution de mon livre : Changez votre

Plus en détail

Décembre 2012. Sylvie Louis. Biographie

Décembre 2012. Sylvie Louis. Biographie Décembre 2012 Biographie Sylvie Louis Sylvie Louis a toujours ADORÉ les livres, surtout ceux que ses parents lui racontaient, le soir, quand elle était toute petite. Ensuite, apprendre à lire a constitué

Plus en détail

1942-2012 LA SHOAH, 70 APRÈS

1942-2012 LA SHOAH, 70 APRÈS AUSCHWITZ EICHMANN 1942-2012 LA SHOAH, 70 APRÈS SAMEDI 3 ET DIMANCHE 4 NOVEMBRE 2012 En janvier 1942, Adolphe Hitler décide, lors de la conférence de Wansee, de mettre en application ce qu il appelle «la

Plus en détail

La position psychique du psychologue clinicien

La position psychique du psychologue clinicien La position psychique du psychologue clinicien A partir d une situation clinique en stage dans une Maison de retraite Le cas de Mme A. J ai choisi de vous parler de Mme A., 88 ans, qui est entrée à la

Plus en détail

Témoignage de Madame. adame JALLATTE

Témoignage de Madame. adame JALLATTE Témoignage de Madame adame JALLATTE C est le 26 mai 2009 que nous avons rencontré Denyse LANDAUER, c est-à-dire Madame JALLATTE et son mari Charly-Sam JALLATTE, à leur domicile, au 13 bd Gambetta, l ancien

Plus en détail

«Si quelqu un veut venir après moi qu il renonce à lui-même, qu il se charge chaque jour de sa croix et qu il me suive» Luc 9 : 23.

«Si quelqu un veut venir après moi qu il renonce à lui-même, qu il se charge chaque jour de sa croix et qu il me suive» Luc 9 : 23. «Si quelqu un veut venir après moi qu il renonce à lui-même, qu il se charge chaque jour de sa croix et qu il me suive» Luc 9 : 23. Pour faire suite au récit des disciples sur le chemin d Emmaüs et pour

Plus en détail

La seconde guerre mondiale, une guerre d anéantissement

La seconde guerre mondiale, une guerre d anéantissement Première Sa Evaluation Histoire La seconde guerre mondiale, une guerre d anéantissement Sujet classique mais attention à ne pas tomber dans un récit chronologique du conflit, ce qui serait horssujet. Réfléchir

Plus en détail

Le Cauchemar révélateur

Le Cauchemar révélateur Le Cauchemar révélateur Hier c était le départ de ma mère. On l emmena à l aéroport. Elle devait partir pour son travail. Quand l avion dans lequel elle était décolla, il passa au-dessus de nos têtes.

Plus en détail

aupres des personnes agees `

aupres des personnes agees ` aupres des personnes agees ` La problématique du suicide chez les personnes âgées Informer, soutenir, accompagner les professionnels qui entourent les personnes âgées dans leur quotidien. ^ L intervenant

Plus en détail

I Mémoire et réconciliation : texte Ricoeur

I Mémoire et réconciliation : texte Ricoeur Notes présentation a Burnet Remarques préliminaires La réconciliation c est le rétablissement des liens du vivre ensemble qui ont été rompus par une violence passée. Cette rupture est maintenue par la

Plus en détail

Quand un homme est agressé en chemin

Quand un homme est agressé en chemin Point de Passage obligé 6 : Jésus, «notre salut» Quand un homme est agressé en chemin Intention théologique du module : Jésus, Dieu proche, invite les hommes à s «approcher» de leurs frères. Introduction

Plus en détail

Délinquance sexuelle. Paraphilies (suivant le DSM-IV) La délinquance sexuelle ne se résume pas à la perversion. Il ne faut pas confondre

Délinquance sexuelle. Paraphilies (suivant le DSM-IV) La délinquance sexuelle ne se résume pas à la perversion. Il ne faut pas confondre Délinquance sexuelle Définitions : psychiatrique, légale, taxinomique Histoire psychique Voies thérapeutiques La récidive et sa prévention Attentat à la liberté et à l honneur sexuel. Contrainte sexuelle

Plus en détail

Vers une nouvelle catégorisation?

Vers une nouvelle catégorisation? Vers une nouvelle catégorisation? Selon Jean-Michel Chaumont, expert sur la question des génocides, il faut donc repenser le concept de génocide, en faisant particulièrement la différence entre ethnocide

Plus en détail

MyFrenchFilmFestival.com

MyFrenchFilmFestival.com Fiche d activités pour la classe MyFrenchFilmFestival.com Parcours niveau B2 : en bref Thème : la jeunesse face à la justice Après avoir fait connaissance avec les personnages du film, les apprenants analyseront

Plus en détail

C était la guerre des tranchées

C était la guerre des tranchées C était la guerre des tranchées Jacques Tardi Format 23,2 x 30,5 cm 128 pages C et album consacré, comme son titre l indique, à la vie dans les tranchées pendant la Première Guerre mondiale est constitué

Plus en détail

LES SMS ET LA DERIVE DE LA. par Jean-Marie KELLER

LES SMS ET LA DERIVE DE LA. par Jean-Marie KELLER LES SMS ET LA DERIVE DE LA LANGUE par Jean-Marie KELLER LES SMS ET LA DERIVE DE LA LANGUE par Jean-Marie KELLER ALS et Institut Grand-Ducal (Luxembourg 17 octobre 2004) 29 Les SMS et la dérive de la langue

Plus en détail

Sommaire. Introduction. Développement de la sortie au mémorial de la shoah à Paris. Développement de la sortie au mémorial de la shoah à Drancy.

Sommaire. Introduction. Développement de la sortie au mémorial de la shoah à Paris. Développement de la sortie au mémorial de la shoah à Drancy. Visite du 23 Janvier 2014 Sommaire Introduction. Développement de la sortie au mémorial de la shoah à Paris. Développement de la sortie au mémorial de la shoah à Drancy. Conclusion. Introduction Jeudi

Plus en détail