Avant Propos. Agissons dès maintenant. Bonne lecture à tous. Les Organisateurs. R. GAUTHIER D. POMMEPUY C.B. de PREVAL

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1 Avant Propos Ce document a été réalisé à partir de l écoute des cassettes qui ont été enregistrées lors de ce colloque. Ce travail fastidieux de transcription est l œuvre de : - Mademoiselle Maria CARADEC, secrétaire administratif de l UDAF - Madame Brigitte CANONNE, Secrétaire de Direction à l UDAF - Monsieur Daniel POMMEPUY, Président de la commission Habitat et Cadre de Vie - Monsieur Charles Bernard de PREVAL, Membre de cette commission - Monsieur Roland GAUTHIER, Directeur de l UDAF Les premières ébauches ont été communiquées aux intervenants pour contrôle, correction et autorisation de diffusion. Les organisateurs étaient conscients de la difficulté de transcrire à l écrit un exposé oral. La lecture des commentaires, pour les intervenants nous ayant autorisé à diffuser, peut paraître lourde mais les participants reconnaîtront la spontanéité et l ambiance de ce colloque. Nous voulions rester le plus fidèle possible aux divers exposés. Malgré la richesse des débats ceux-ci ne seront pas diffusés, comme nous le faisait remarquer un intervenant «c était un moment à vivre» Les organisateurs remercient tous ceux qui de près ou de loin ont participé à ce colloque : - Les intervenants pour leur compétence - Les participants pour leur attention - Les organismes divers qui nous ont aidés financièrement o La Mairie de DIJON o Le Crédit Mutuel (Agence Dijon Darcy) o Le Conseil Général o EDF - L ENESAD pour son accueil et l organisation de la logistique dans leurs locaux durant ces 2 jours et plus particulièrement Monsieur Alain FARGEOT. - Monsieur Michel WORONOFF pour son animation dynamique. Ce colloque avait pour objectif d informer et de servir de réflexion ainsi que d actions à mener auprès des familles. Ce document prolongera le colloque et permettra de diffuser, les informations reçues, à un public plus large. Nous souhaitons que cette action serve à mobiliser l ensemble des familles sur ce thème qui sera déterminant pour les années à venir. Les Organisateurs Agissons dès maintenant. Bonne lecture à tous R. GAUTHIER D. POMMEPUY C.B. de PREVAL Ce document sera consultable sur le site Internet de l UNAF

2 CÔTE D OR FAMILLE ET ENERGIE Actes du Colloque qui s est déroulé à DIJON les 15 et 16 octobre 2004 UDAF DE COTE D OR 5 rue Nodot DIJON Tel : Fax :

3 UDAF DE COTE D OR 5 rue Nodot DIJON Tel : Fax :

4 SOMMAIRE Avant Propos Vendredi 15 octobre 2004 Introduction du colloque Monsieur Jean François PRANDI 1 1/ LES ENERGIES, OÙ EN SOMMES-NOUS? Ressources et Evolution - Denis CHAMONIN (consultant 3 Enjeux environnementaux - Edouard TOULOUSE (WWF RAC) 25 2/ COMMENT CONSOMMONS-NOUS? Recommandations - Christian SERGENT (ADEME) 49 Conseils pour les familles - Gilles THIRIET (EDF) 67 Consommation en Bourgogne - Philippe DEVIS (OREB) 93 3/ QUELS CHOIX POUR L AVENIR? Samedi 16 octobre 2004 Les Energies Renouvelables - Bernard CHABOT (Négawatt) 109 Le système énergétique français - Didier LENOIR (CLER) 129 Choix de production d électricité - Alain JEANBLANC (EDF) 139 4/ COMMENT AGIR ET REAGIR? Familles et Energie - Maria CARADEC (UDAF) 155 Programme Privilèges - Gilles MANIERE (Mairie Chalon / Saône) 165 Exemples de réalisation - Jean Marc CONVERS (BER) 199 Conclusion du colloque Monsieur Michel WORONOFF 263 Remerciements Monsieur Jean François PRANDI (Président UDAF) 271 Références d organismes et des intervenants 273

5 Introduction vendredi matin L UDAF est le représentant de toutes les familles. Ce colloque a été préparé depuis plus de 2 ans par notre commission Habitat et Cadre de Vie. Tous les jours nous entendons des informations plus ou moins alarmantes sur notre consommation énergétique avec comme conséquence la réduction de nos réserves d énergie fossile, les dérèglements climatiques. Ces deux phénomènes engendrent d autres incidences au niveau planétaire dont personne ne connaît toutes les répercutions, mais déjà l augmentation du coût de l énergie, le déplacement et la disparition d espèces animales et végétales sont observés. Toutefois malgré ces cris d alarme prononcés çà et là, que faisons-nous pour atténuer les conséquences de nos consommations? Quels comportements devons nous adopter? Ce colloque découpé en 4 séances a pour objectif de présenter : 1. La situation de nos ressources d énergie fossile dans le temps et dans l espace. 2. L utilisation de ces énergies fossiles dans les divers secteurs d activité avec les incidences au niveau planétaire. 3. Les solutions de substitutions connues et leurs répercutions. 4. Les actions déjà engagées et celles à mettre en place pour assurer l avenir des générations futures. Nous avons convenu avec les organisateurs de ne pas nous éterniser sur la présentation des personnes afin de laisser plus de temps aux travaux. Vous aurez au cours de ces deux journées l occasion de faire connaissance. Toutefois nous tenons à remercier le Directeur de l ENESAD qui a accepté de nous louer ces locaux, les intervenants qui auront la difficile tâche de nous éclairer pendant ces deux journées, les organismes qui nous ont aidés financièrement à l occasion de cette manifestation, l ADEME, le Crédit Mutuel de Darcy, le Conseil Général, EDF, la Mairie de DIJON. Nous remercions tout particulièrement M. WORONOFF pour avoir accepté d animer ces deux journées. Et puis je remercie aussi les organisateurs, notre Directeur M. GAUTHIER, les deux représentants de notre commission, MM. DE PREVAL et POMMEPUY qui font partie de la commission habitat. Maintenant je vais passer la parole à M. POMMEPUY pour qu il nous explique brièvement la marche à suivre de ces 2 journées. Merci. Bon travail. M. Jean François PRANDI Président UDAF 21 1

6 Explication déroulement colloque Merci M. PRANDI de vos paroles d accueil à ce colloque. Pour ma part mon rôle tout au long de ces deux journées sera d être attentif à son bon déroulement général, en particulier de tenter de gérer le temps pour que nous tous, intervenants et participants, puissions nous exprimer. Tout d abord j ai le plaisir de vous présenter M. Michel WORONOFF, Président honoraire de l Université de Franche-Comté, ancien membre du Conseil Economique et Social de Franche-Comté. Je sais la qualité de sa pensée et de son engagement citoyen en de nombreuses circonstances. Au nom d entre nous, je le remercie d avoir accepté le rôle d animateur de notre colloque, avec en particulier la tâche difficile de conduire les débats que nous aurons. Alors comme le montre la diapositive qui est devant vous et comme M. PRANDI vient de le rappeler, ce colloque est construit en 4 demi-journées. Ce matin un aperçu précis de nos consommations actuelles d énergie vous permettra de mieux comprendre cet après-midi pourquoi et comment nous devons économiser l énergie. Demain nous ferons un point sur les nouvelles formes d énergie et les espoirs possibles pour demain et l après-midi un aperçu plus précis sera présenté sur ce qui se fait ou va se faire en Bourgogne et comment nous devons agir nous même. Nous vous présenterons alors en particulier l enquête réalisée par l Observatoire de la Famille auprès de familles de Bourgogne. Je sais à l avance que vous allez vous passionner pour tous ces sujets d actualité. Maintenant, je voudrais rappeler la règle générale pour que nos séances se déroulent dans de bonnes conditions. D abord c est d entendre les communications de nos intervenants et ensuite seulement d engager un débat que nous souhaitons le plus ouvert possible avec le concours de nous tous. Alors vous pouvez faire passer des papiers tout au long des communications et avant même les débats; ce qui nous permettra de pouvoir animer les débats pour les premières questions. Sachez aussi que nous enregistrons. Une courte pause après les communications et avant les débats nous permettra de nous détendre. Cet enregistrement audiovisuel nous permettra peut-être de diffuser à l avenir tant au sein de l UNAF, qu auprès de nos interlocuteurs du mouvement familial en général, les conclusions de notre colloque. Vous disposez tous d un dossier, vous n y retrouverez pas à l identique toutes les communications que vous allez entendre mais un certain nombre d informations utiles sur les sujets présentés. La séance de ce matin se terminera vers midi. J en ai fini pour les informations pratiques, je vais maintenant donner la parole à M. Denis CHAMONIN à ma gauche. Il est consultant indépendant. Il se présentera lui-même. Je vais lui donner la parole ; il a près de 45 minutes pour intervenir. Après nous écouterons M. Edouard TOULOUSE et ce n est qu ensuite que nous avons un premier débat animé par M. WORONOFF. Merci de votre attention et bon colloque à tous. M. Daniel POMMEPUY Président Commission Habitat et Cadre de Vie UDAF21 2

7 Interventions vendredi matin UDAF 21 Union Départementale des associations familiales de la Côte d Or Les familles et l énergie 15 et 16 octobre 2004 Energie : - - Problématique mondiale Situation française Denis CHAMONIN : Ingénieur Energie Environnement Synthèse des termes de la conférence Evolution de la consommation mondiale d énergie primaire (Gtep) Nucléaire Hydraulique Pétrole Gaz nat. Charbon 4 2 Énergies fossiles /1998= + 55 % 1973, 89 % 1998, 88 % Source : AIE 2 Les chocs pétroliers de 1973 (guerre Israélo-Arabe du Kippour) et de 1979 (Guerre Iran Irak) ont engendré une forte augmentation du prix du pétrole. Les principaux pays consommateurs de produits pétroliers (OCDE) ont engagé dès 1974 des politiques d économies d énergie (principalement dans les secteurs industriels), accompagnées d une 3

8 diversification des zones géographiques de production de pétrole et de gaz (Amérique Latine, mer du Nord, Afrique, Asie, URSS ) et du développement de la production d électricité d origine nucléaire en substitution aux unités de production thermique alimentées en produits pétroliers. La croissance de la consommation primaire d énergie a néanmoins augmenté de 55 % en 25 ans. Cette augmentation est principalement liée aux besoins des pays émergeants du sud à forte croissance économique, tels que la Chine et le sud-est asiatique, à la croissance démographique mondiale (en 30 ans (1970/2000) la population mondiale est passée de 3,5 milliards à 6 milliards d habitants) mais aussi à la forte progression du transport des personnes et des marchandises par la route dans les pays riches. Ces facteurs ont fortement augmenté la demande en produits pétroliers. Au début des années 1970 les besoins mondiaux d énergie étaient satisfaits pour 88 % par les énergies fossiles. Malgré les programmes d économie d énergie mis en œuvre et un vaste programme de construction de réacteurs nucléaires (440 réacteurs en service en 2000) les énergies fossiles représentent encore aujourd hui la majeure partie des besoins mondiaux (87 % en 1998). Cette situation va perdurer dans les prochaines décennies d autant plus que les pays émergents basent leur développement économique sur les énergies fossiles et que l industrie électronucléaire entre dans une phase de récession du fait des programmes de sortie du nucléaire mis en chantier dans de nombreux pays de l Union européenne (Allemagne, Suède, Belgique ) ou des moratoires de fait comme aux Etats-Unis, en Grande Bretagne ou en Espagne. Répartition des sources d énergie dans la production mondiale d énergie primaire (2000) 6,1% 6,1% 6,0% 24,0% Charbon Gaz nat. Pétrole Hydraulique Non commerciale Nucléaire Autres 35,6% 21,6% 9,9 Gtep 1,6 tep/habitant Source : AIE 3 En pourcentage, le nucléaire c est 6% des consommations énergétiques planétaires, les énergies renouvelables c est 6,1%. Les énergies non commerciales concernent principalement le bois qui est consommé par plus de 2 milliards de personnes qui n ont pas accès aux énergies commerciales. 4

9 Consommation moyenne d énergie par habitant 8 7 7,8 6 5 tep/an 4 3 3,8 3,4 Amérique du Nord Europe occidentale Europe centrale et orientale Amérique latine Asie 2 Afrique 1 1,1 0,7 0,4 0 Source ADEME 4 Concernant l inégalité de la consommation énergétique, on constate qu un américain moyen consomme environ 8 tep d énergie tous secteurs d activité confondus par an, un africain c est 0,4 tep. Si il est vrai qu un citoyen américain qui habite Chicago a plus de besoins énergétiques qu un nomade touareg, Il n en est pas moins vrai qu un européen consomme deux fois moins qu un américain pour des besoins sensiblement identique (climat, activités économique, niveau de vie ) Evolution de la production d électricité dans le monde (1973/2000) Prévision 2020 = TWh + 43 % 1,6 % Total 2000 = TWh % 17,1 % 16,9 % Gaz = 17,4 % Fioul = 7,9% Charbon = 39,1 % Fossile Nucléaire Hydraulique ENR Source : AIE 5 En ce qui concerne la production d électricité qui a plus que doublé en 25 ans les énergies fossiles restent aussi prédominantes (64 % de la production primaire en 2000), et plus particulièrement le charbon. Leurs participations à la production d électricité devraient s accroître dans les années à venir dans les pays en voie de développement, dont la demande en électricité est en forte progression (plus de 5% par an pour des pays comme 5

10 l Inde, la Chine ou l Amérique du sud), et qui développent principalement des centrales thermiques charbon et gaz. Production d électricité par zone géographique (1973) Moyen Orient 0,6% Asie 5,5% Amérique Latine 2,7% Afrique 1,8% TWh Europe de l'est 16,6% OCDE 72,8% 6 Concernant l électricité, en 1973, les pays de l OCDE et l Europe de l Est étaient les principaux consommateurs d électricité. Production d électricité par zone géographique (2000) Amérique Latine 5,1% Moyen Orient 3,0% Afrique 2,8% TWh Asie 17,0% Europe de l'est 9,4% OCDE 62,7% 7 On constate aujourd hui une très forte augmentation de la production des pays asiatiques 6

11 Consommation moyenne d électricité (kwh/habitant.an) Ex URSS Amérique Latine Afrique France UE USA Chine Tunisie Sénégal 8 Tout comme pour le bilan énergétique global, on constate pour l électricité une forte inégalité géographique Taux d électrification par zone géographique Région Population en millions Taux d électrification Population sans électricité en millions Amérique du nord % 0 Europe, % 0 Ex URSS Japon % 0 Amérique latine % 80 Afrique Australe % 13 Chine % 330 Afrique du nord % 60 Inde % 570 Reste de l Asie % 715 Afrique % 560 subsahalienne TOTAL % Extrapolation 2000 à partir des sources ECOTECH [CNRS]de 1990) 9 Actuellement 2,3 milliards d habitants n ont pas accès à l électricité dont 90 % d africain (ce qui explique en partie le sous développement de ce continent). 7

12 Composition de l atmosphère terrestre Azote, N = 78 % Oxygène, O = 21 % Argon, Ar = 1 % Vapeur d eau 0,3 % Gaz à effet de serre 0,036 % Dioxyde de carbone, CO 2 Méthane, CH 4 Protoxyde d azote, N 2 O Halo carbures, CFC, HCF, PCF 10 L effet de serre Mise en évidence de l effet de serre par le physicien suédois Svante Arrhénius en 1895 (prix Nobel de physique) Température moyenne à la surface de la terre Sans gaz à effet de serre 18 C Avec gaz à effet de serre + 15 C 11 L effet de serre est un phénomène naturel par lequel l atmosphère piège une partie du rayonnement infra rouge émis par la terre sous l effet des rayons du soleil. Sans ce phénomène, la température au sol serait en moyenne de - 18 C et non + 15 C comme actuellement. C est donc un phénomène indispensable à la vie sur terre, mais depuis le début de l ère industrielle, vers 1830, l utilisation accrue des combustibles fossiles, la modification de l usage des sols (déforestation notamment) et les nouvelles pratiques agricoles (irrigation, utilisation des engrais) ont provoqué une augmentation de la concentration des gaz à effet de serre dans l atmosphère. 8

13 Durée de vie et pouvoir de réchauffement global (PRG) des GES (valeurs moyennes) GES CO 2 CH 4 N 2 O CFC, HFC Durée de vie 50 à 200 ans De 10 à 12 ans >110 ans De 20 à + de 100 ans PRG Très variable 12 Concentration annuelle des trois principaux GES dans l atmosphère (en tonnes équivalents carbone) Dioxyde de carbone, CO 2 : + 3,2 milliards de tonnes/an Méthane, CH 4 : millions de tonnes/an Protoxyde d azote, N 2 O : millions de tonnes/ an Total annuel = + 4,2 milliards de tec Responsabilité de l utilisation des énergies fossiles = 65 % 13 La teneur en gaz carbonique, principal gaz responsable de l effet de serre, a crû ainsi de 30 % depuis le début de la révolution Industrielle et, phénomène essentiellement cumulatif (le gaz carbonique met plus de 60 ans pour se dissiper), cette concentration devrait encore croître de 55 % d ici 2030! Sous l égide de l Organisation Météorologique Mondiale et du Programme des Nations Unies pour l Environnement, a été créé, en 1988, un Groupe Intergouvernemental d experts sur l évolution du climat (GIEC, [IPCC] qui s accordent tous pour énoncer les certitudes suivantes : 9

14 Il existe une relation certaine entre la concentration en gaz carbonique, méthane et la température moyenne à la surface de la planète. Cette corrélation a été mise en évidence à partir de l'analyse de carottes glaciaires en Antarctique et au Groenland et par l analyse des sédiments marins ; La température du globe a augmenté de 0,4 à 0,6 C au cours du vingtième siècle. La température moyenne du globe est actuellement de 14,8 C. Le niveau de la mer a augmenté en moyenne de 10 à 25 cm depuis 100 ans. les concentrations des gaz à effet de serre s accroissent sous l effet des activités humaines, consommation d énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz naturel), pratique agricole, production de déchet... Le phénomène est cumulatif : la cinétique du système climatique est telle que le jour où les connaissances scientifiques seront suffisantes pour évaluer l ampleur du risque, il pourra être trop tard pour engager une action de prévention, d où l importance d appliquer le principe de précaution qui incite à engager l action de réduction des émissions de gaz à effet de serre dès maintenant. Les travaux du GIEC démontrent, avec une très forte probabilité d occurrence, que la température moyenne de la planète devrait augmenter de 2 à 2,5 C d ici Parmi les conséquences prévues au niveau planétaire, c est le niveau de la mer qui pourrait augmenter de 50 cm d ici 2100 (compris entre 15 et 95 cm) et près de 500 millions de personnes vivraient alors dans des zones menacées de tempêtes et d inondations. Cette élévation du niveau de la mer s accompagnerait d un recul des terres de l ordre de 17 % au Bangladesh ou encore de 6 % aux Pays Bas. C est aussi un tiers de la planète qui verrait sa végétation se transformer, les déserts devenant plus extrêmes et le cycle hydrologique plus intense (plus grande virulence des inondations et des sécheresses avec des répercussions importantes sur les ressources en eau notamment dans les régions arides et semi-arides ainsi que dans les îles ou les deltas).. 10

15 Evolution des émissions de GES 1990/2000 Japon et océanie Asie du Sud Asie centrale et chine + 53 % Afrique Afrique du nord et moyen orient Amérique latine Europe centrale et ex URSS Europede l'ouest Amérique du nord - 30,4 % + 5,8 % + 13,5 % Evolution mondiale 1990/2000 = + 13 % Source : MIES 14 Les émissions de GES sont, au niveau mondial, en constante progression. Evolution de la population mondiale depuis le début de l ère industrielle Milliards dhabitants Taux de croissance = 1,46 %/an ( ) Taux de croissance = 1,33 %/an ( ) 1, ,1 7, Source : FNUAP (ONU) 15 11

16 Prévision de l évolution de la population mondiale (en millions d habitants) Océanie Europe Amérique du Nord Amérique Latine Afrique Asie Stabilisation + 61 millions millions millions + 1 milliard Dans les deux décennies à venir il est prévu une augmentation de population mondiale de l ordre de 1 5 milliards d habitants ce qui sera un facteur important sur la demande d énergie et tout particulièrement en Asie. Prospective de la répartition des sources d énergie dans la consommation mondiale d énergie en ,6% 5,1% 4,4% 22,1% Charbon Gaz nat. Pétrole ENR Non commerciale Nucléaire 30,9% 27,9% 13,6 Gtep 1,6 tep/habitant Source : Union Européenne, DG A l horizon 2020 la production énergétique mondiale devrait augmenter de 30 à 40 %. Avec une prédominance toujours très forte des énergies fossiles même si l industrie nucléaire se maintient et que les énergies renouvelables se développent conformément aux programmes établis actuellement. 12

17 Prévision de l évolution des combustibles fossiles G tep % + 23 % % Charbon Pétrole Gaz 18 En 2020 l utilisation des énergies fossiles aura fortement augmenté avec + 35 % pour le charbon qui est le combustible émettant le plus de GES Réserves mondiale d énergie fossiles (en Gtep) ENERGIE Réserves prouvées Cons. Annuelle 1998 Durée (ans) Ressources récupérables Durée (ans) Total (ans) PETROLE 150 3, GAZ 153 1, CHARBON 375 2,2 170 > Source : Conseil Mondial de l énergie 19 Avec un taux d extraction annuel de l ordre de 4 G tep les réserves mondiale de pétrole sont de l ordre de 40 ans. A l horizon 2010 la demande de pétrole sera supérieure aux capacités de production. Cet état conduit vers une très forte augmentation du prix du baril de pétrole. Le troisième choc pétrolier est inéluctable et il sera «durable». 13

18 Réserves prouvées de pétrole par zone géographique (en Gtep) Océanie Europe de l'ouest Extrême-Orient ex-urss Afrique Amérique du Nord Amérique Latine Moyen-Orient 0,5 3 5, Source : BP statiscal rewiew A terme les ressources de pétrole seront essentiellement concentrées au Moyen Orient qui retrouvera une position prédominante sur les marchés pétroliers. 21 Actuellement on en est dans une phase de stabilisation de l industrie nucléaire. Seuls l Inde et la Chine engagent des programmes nucléaires de quelques dizaines d unités. 14

19 Production d électricité d origine nucléaire dans le monde TWh Source : WISE Paris En l état actuel des programmations le parc nucléaire mondial entre en phase de diminution de puissance installée à l horizon La France, la Finlande et le Japon sont les seul pays de l OCDE qui maintiennent leur parc nucléaire pour les années à venir. 15

20 Perspectives 2020/2025 : Problématique 1- Evolution démographique importante 2- Satisfaction des besoins des pays du sud 3- Energies fossiles prédominantes 4- Effet de serre et changements climatiques 5- Démantèlement de la première génération de centrales nucléaires et application des programmes de sorties du nucléaire 6- Gestion des déchets hautement radioactifs à vie longue 7- Epuisement des réserves de pétrole dans les pays de l OCDE 8- Incertitudes sur le développement des technologies nouvelles (vecteur hydrogène, piles à combustible, ENR ) 9- Amplification de la déforestation dans les pays du sud 10- Incertitudes géo-politique à court et moyen termes 24 Ce tableau résume les facteurs de la problématique énergétique mondiale. Il y a obligation de trouver des solutions pour répondre à ces contraintes, sinon le concept de développement durable est vidé de sons sens et restera dans le domaine de la phraséologie. Situation française et engagements de Kyoto 16

21 Evolution de la consommation d énergie primaire en France (en Mtep) Mtep + 41 % M tep SER Electricité Gaz Pérole Charbon Source : observatoire de l énergie En France, depuis le premier choc pétrolier, la politique énergétique a été axée prioritairement sur la production d électricité d origine nucléaire. Avec 59 réacteurs nucléaires en fonction sur 16 sites de production, la France est le pays au monde où dans la production d électricité, la production nucléaire est la plus importante avec en moyenne annuelle 76 % de la production. 26 Energie primaire : Bilan 2002 hydraulique 5,5 % (15,1 Mtep) SER 4,7 % (13,1 Mtep) Charbon 4,6 % (12,6 Mtep) Pétrole 34,6 % (95,1 Mtep) Nucléaire 36 % (99,1 Mtep) Gaz naturel 14,6 % (40,3 tep) Total 2002 = 275 Mtep 27 Dans le bilan toutes énergies le nucléaire représente 36% des besoins en énergie primaire 17

22 Evolution de la production Brute d électricité TWh 400 TWh TWh Thermique Fossile Thermique nucléaire Solaire 28 Concernant l évolution de l électricité, on est passé de 182 TWH à 541 TWH depuis le premier choc pétrolier avec un désengagement important des centrales thermiques à flamme (fioul et charbon). Production d'électricité par filière (2002) Solaire 66 TWh (11,8 %) Thermique fossile 56 TWh (10 %) Thermique nucléaire 437 TWh (78,2%) Total = 558 TWh 29 En 2002 le nucléaire a représenté 78,2 % de la production primaire 18

23 Répartition de la production brute d électricité (2002) 14% (76,9 TWh) 1% (7 TWh) 6% (32 TWh) 6% 34 TWh) 73% 408 TWh Exportation Pompage Auxiliaire Pertes Consommation finale 30 Ce graphe montre la décomposition de la production primaire dont 14 % (76,9 TWh, soit la production moyenne de 12 centrales nucléaires) de cette production primaire est exportée vers les pays limitrophes qui dans leur ensemble sont eux sur des programmes de sortie de nucléaire La réalité des besoins finaux en électricité pour l ensemble des usagers est de 408 TWH si on enlève les pertes de transports et la consommation des auxiliaires Consommation finale d énergie Mtep ,4 Total 2002 = Mtep ,7 50, Industrie Résidentiel et tertiaire 3,2 16,1 Transport Agriculture Non énergétique 31 Le secteur résidentiel et tertiaire est le principal consommateur d énergie. On notera qu en France les 24 millions de familles représentent un tiers de la consommation finale d électricité. 19

24 Consommation finale d énergie (2002) Electricité nucléaire 16,9% Autres électricité 4,8% Combustible 78,3% 32 En énergie finale rendue aux consommateurs, les combustibles en France c est moins important qu au niveau planétaire mais ils représentent aussi la part principale du fait en partie de l importance des transports (biens et personnes) Evolution de la consommation d énergies finales par secteur (en Mtep) ,4 Mtep + 18,7 Mtep Elec. Gaz Fuel Charbon Industrie Hah. Ter. Transports Source INESTENE 33 Par les actions de pénétration du chauffage électrique dans le tertiaire et l habitat, c est 15,4 Mtep économisées, mais sur la même période c est une augmentation de 18,4 Mtep dans le secteur des transports. 20

25 Les émissions française de GES en 1990 CO 2 = CH 4 = N 2 O = 104 mtec 13 mtec 25 mtec 17% 1% Gaz fluorés = Total = 3 mtec 145 mtec 9% 73% Mtec = million de tonnes équivalent carbone Source : MIES Dioxide de carbone CO2 Méthane CH4 Oxyde nitreux N2O Gaz fluorés 34 En 1990, les émissions de gaz à effet de serre en France sont 145 Mtec, ce qui représente 3% des émissions planétaires. Causes des émissions françaises de GES en 2000 (et évolution depuis 1990) Agriculture 16% (+ 0,3 %) Transports Ind.énergie 27 % (+10 %) 13 % (+3 %) Déchets 4 % Bâtiment 20 % (+2 %) Industrie 21 % (-6 %) 35 Les secteurs qui dégagent le plus de gaz à effet de serre sont principalement les transports, qui sont en constante augmentation. En l espace de 10 ans le secteur des transports a accru ces émissions de gaz à effet de 10%. Le secteur de l industrie a réduit ces émissions de 6% et le secteur du bâtiment a connu une augmentation de 2%. 21

26 Protocole de Kyoto En 1997, 189 pays ont adopté le protocole de Kyoto qui a fixé les objectifs de réduction des émissions des gaz à effet de serre (GES) de 5,8 % par rapport aux émissions de 1990 pour les pays industrialisés. Cet objectif devant être mis en œuvre sur la période 2008/2012. En novembre 2000 la conférence de La Hayes avait échoué sur les modes d application des objectifs de Kyoto. De plus le sénat américain n avait toujours pas ratifié l engagement des Etats-Unis (-7 % d émission de GES) alors que ce pays est responsable de 25 % des émissions de GES pour une population mondiale de moins de 5 %. Par contre les 15 états membres de l Union européenne se sont engagés à diminuer de 8 % leurs émissions de GES. Après la conférence de Bonn en juillet 2001 l ensemble des pays participant au protocole de Kyoto, sauf les Etats-Unis, se sont accordés sur le mode opératoire de réduction des GES : - Mise en place d un système de permis d émissions échangeables - Prise en compte des puits de carbone - Transfert de technologies «propres». Pour que le protocole de Kyoto soit applicable aux pays signataires il était nécessaire d obtenir la ratification d un nombre de pays représentant 55 % des émissions de GES. La ratification par la Russie en fin 2004 a permis d atteindre cette valeur. Le protocole de Kyoto est donc applicable depuis 2005 à l ensemble des pays signataires. 22

27 Engagements de la France Ramener en 2008/2012 ses émissions de GES au niveau de 1990 Pour une croissance de 2,2 % par an l objectif français est de réduire ses GES, à l horizon 2010, de : 16 millions de tonnes équivalent carbone 37 Les engagements français sont mis en œuvre par le plan climat élaboré par le gouvernement en fin 2004 et voté par le parlement en début Ce plan climat comprend 60 mesures regroupées en 8 grandes orientations qui sont : Campagne nationale d information et de sensibilisation Mieux informer et sensibiliser le grand public dans les usages quotidiens de l énergie Ecohabitat et bâtiment Diagnostic énergétique des logements (vente et location) Création d une réglementation thermique pour la réhabilitation Nouvelle réglementation thermique pour le neuf en 2005 (-15 %) Généralisation de l étiquette énergie (logement, voiture, climatiseur) Crédits d impôts 40 % pour les applications ENR 25 % (isolation et chaudière performantes) Transports durables Industries, énergies et déchets Agriculture durable et forêt Climatisation durable Plans Climats Territoriaux et Etat exemplaire Recherche international et prospective après 2010 Pour conclure, quelque soit les termes du débat sur l énergie, ou les passions qui l animent, ce qui est incontournable c est : 23

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