ACTES COMITE PARTENARIAL. Marseille le 07 Décembre 2010

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1 ACTES COMITE PARTENARIAL Marseille le 07 Décembre

2 Gaby Olmeta : «Nous invitons Manuel Pinto, Directeur des petits frères des Pauvres. Les petits frères des Pauvres, c est 17 salariés, 350 bénévoles et plus de 500 personnes accompagnées. Nous allons avoir peut-être un regard différent.» Manuel Pinto Directeur des petits frères des Pauvres : «Je voudrais juste commencer par ce témoignage : "- Mon mari quand il était malade, pour apporter un certain confort, on a fait des prêts. C est malheureux, mais c est comme ça. Quand il est mort, je n ai plus eu droit à la pension de réversion parce que ma retraite dépasse le plafond de la sécurité sociale. Donc, avec ce manque à gagner, je me suis retrouvée en surendettement. Je ne pouvais plus payer mes créanciers. Alors, comme je ne savais pas quoi faire, j ai téléphoné à la Banque de France : qu est-ce qu il faut faire?. Ils m ont dit : on va vous envoyer un dossier. J ai monté toute seule le dossier et j ai été reconnue en surendettement. Je dois payer pendant 7 ans." (Mme K., 80 ans, 12 ème arrondissement de Marseille Source : extrait d une enquête réalisée auprès de personnes âgées vivant à domicile, réalisée en juillet 2010 par le CCAS de la Ville de Marseille). Je vais présenter les chiffres de 4 associations propres mais c était juste pour rappeler que derrière des chiffres il y a toujours des hommes et des femmes. Au regard de Médecins du Monde, 80 % des personnes rencontrées par Médecins du Monde sont des hommes, 90 % présentent une dépendance alcoolo-tabagique. Les équipes signalent en 2009 une proportion croissante de personnes âgées venant à leur contact. Bien que disposant d un logement, elles sollicitent une aide alimentaire, vestimentaire, médicale ou encore administrative. Les problèmes d accès aux soins sont au premier plan : tiers payant trop élevé, absence de mutuelle complémentaire, revenus insuffisants. La précarité des personnes d âge avancé s accentue, souvent accompagnée de signes dépressifs et de troubles mnésiques. En 2009, l équipe mobile de santé mentale a réalisé 100 tournées de rues, établissant des contacts réguliers auprès de 130 personnes. 90 % d entre elles sont dans la rue depuis plus d un an. Les femmes représentent 30 % des personnes rencontrées, soit une augmentation de 10 % par rapport à Ces personnes souffrent d une absence quasi-totale de liens familiaux et leurs troubles psychiatriques les laissent même à l écart des liens de compagnonnage parfois observés chez les sans-abri. L année 2009 est marquée par une forte progression du nombre d hospitalisations sous contrainte (51 % contre 18 % en 2008), dues à une approche plus volontariste de l équipe, de meilleures relations avec les services hospitaliers et surtout suite aux retours positifs des personnes précédemment hospitalisées sous contrainte. Pour les petits frères des Pauvres, 524 personnes sont suivies régulièrement. 65% de femmes et 35% d hommes. Chaque année, le nombre d hommes isolés croît, 2

3 lentement mais régulièrement, surtout dans la tranche d âge ans. Les situations de vie rencontrées sont de plus en plus complexes et préoccupantes. Dans la région, le bilan du projet associatif «Ensemble vers les plus Pauvres» est marqué par une forte hausse du nombre de personnes accompagnées : l augmentation de 10 % de cet effectif entre 2008 et 2009 contribue à la continuité de l augmentation sur ces 5 dernières années qui atteint 63 % depuis Cette tendance s explique par un partenariat développé en région pour renforcer et pérenniser les actions entreprises et l extension sur de nouveaux territoires. Il s agit notamment d aller à la rencontre de trois publics définis comme prioritaires : les personnes SDF vieillissantes, les migrants âgés et les malades isolés. On compte par exemple, en 2009, 29 % de personnes accompagnées, majoritairement «vieux migrants», vivant en résidence sociale et 25 % vivant en EHPAD ou USLD 1. Entre 50 et 65 ans, les personnes entrent dans l isolement par la pauvreté, tandis qu entre 75 et 85 ans, elles entrent dans la pauvreté par l isolement, la maladie, la dépendance. C est cette convergence entre pauvreté et isolement qui rend plus complexes les situations rencontrées. Le rapport d activité national évoque l augmentation des demandes urgentes pour faire face aux dépenses de la vie quotidienne, avec une augmentation de 20 % en 2009 des aides individuelles ponctuelles, tandis que les aides dans la durée ont diminué de 13 %. Sur la région, c est notamment dans le domaine de la santé que ces demandes ponctuelles se sont accrues. En 2009, c est l engagement régulier de 361 bénévoles (69 de plus que l an dernier), rejoints sur les temps forts par 248 bénévoles ponctuels, qui a donné vie à cette fraternité : 524 personnes sont accompagnées régulièrement, ont partagé une action Noël, 225 sont parties en vacances, 991 activités collectives ont été organisées pour réunir participants. Pour le Secours Catholique, en 2009, les bénévoles de cette association ont rencontré personnes (appelées ici «situations») en région PACA, ce qui représente une diminution de 5 % au regard de l année précédente. Cependant, la proportion de nouveaux contacts, souvent envoyés par les services sociaux, est plus importante. Parmi les situations analysées, la part des ressortissants des pays d Europe de l Est a été multipliée par 2,5 dans la région, alors qu elle n a progressé que d un point à l échelle nationale. Le nombre de situations en attente de statut progresse de 18 points en un an. La précarité professionnelle a augmenté : la part des inactifs a progressé de 1,7 point, principalement du fait des étrangers sans droit au travail. 12 % des personnes qui se rendent au Secours Catholique ont un emploi, soit un recul de 1,8 point par rapport à % des familles secourues sont sans ressources au moment de leur rencontre (20,7 % si l on ne tient pas compte des étrangers sans- 1 Etablissement d Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes ou Unité de Soins Longue Durée. 3

4 papiers ou en attente de statut, ce qui représente la plus forte proportion de familles sans ressources de France métropolitaine). La région compte également la proportion d hommes seuls la plus importante de France, bien qu ils soient en léger recul par rapport à La progression de la part des pères isolés (+ 0,7 point) est à souligner, ainsi que celle des couples avec enfants (+ 2 points). La part des moins de 25 ans continue à progresser depuis 2007 tandis que celle des plus de 50 ans recule. La part des logements précaires augmente de 2 points. Cette augmentation est surtout le fait d un plus grand recours aux hôtels et pensions ainsi qu à l hébergement dans la famille ou chez des amis. La part des personnes se rendant en centre d hébergement ou vivant dans des abris de fortune diminue de 6 points mais reste supérieure à celle enregistrée à l échelle nationale (16,5 % en PACA contre 10,2 % pour l ensemble de la France métropolitaine). Dans son rapport, le Secours Catholique se positionne. Généralement, on pense que les personnes sont en difficulté parce qu elles ne savent pas gérer. L analyse montre que leur budget n est pas viable. Ces personnes n ont objectivement pas les moyens financiers de s en sortir et ne peuvent agir seules sur leur situation pour faire face à leur charge. Les Banques Alimentaires collectent et stockent des denrées alimentaires qu elles redistribuent à des associations. Celles-ci distribuent ensuite les repas ou les colis aux personnes les plus démunies qu elles accompagnent. Le plus gros fournisseur de denrées est l Union Européenne, qui représente 30 à 50 % de l approvisionnement des Banques Alimentaires de la région. Les collectes auprès du grand public représentent pour leur part de 7 % (Var, Vaucluse) à 25 % (Bouches-du-Rhône, Alpes du sud) des denrées collectées. En 2009, les cinq Banques Alimentaires de la région PACA ont distribué environ tonnes de denrées, soit 900 de plus qu en Cela représente l équivalent de repas, soit une progression de 25 % par rapport à l année précédente Année Européenne de lutte contre la pauvreté et l exclusion sociale. Pour faire suite à l engagement des Etats membres en 2002 d éradiquer la pauvreté. Le 30 novembre 2010 avait lieu à Paris la cérémonie de clôture. Monsieur Soulage, ambassadeur de l année européenne 2010 et par ailleurs Président du Secours Catholique a émis 6 propositions dans son discours. Ces propositions résultent des rencontres qui ont eu lieu au cours de l année et constituent une base de travail soumise aux pouvoirs publics par l ambassadeur de l année européenne. 1 er point, un plan national d action et de lutte contre la pauvreté et l exclusion sociale intégrant 3 dimensions : Territorialiser, Créer des chefs de files, 4

5 Définir des parcours continus au-delà des dispositifs trop ciblés qui exposent à de continuels sauts de puce. Une méthode : la co-construction pour élaborer au niveau des territoires des conventions de cohésion sociale et non pas des chartes. Ce plan a un double objectif. Il s accompagne d une forte communication : 1. Changer le regard de la population sur la grande pauvreté, 2. Permettre à chaque acteur de se situer par rapport aux autres. Il doit être conçu avec les intéressés et avec les associations afin que chaque citoyen puisse trouver un lieu d engagement. Ce sera l occasion de réfléchir ainsi à un nouveau partage des richesses dans une période où les ressources publiques sont limitées. Cette campagne peut trouver sa place au cours de l année européenne du bénévolat 2011, à condition qu elle soit orientée vers un bénévolat complémentaire de l action publique et non en substitution de celle-ci. 2 ème point, l accès au droit. Cela peut prendre plusieurs formes. Aujourd hui un accès plus compliqué, un accès non respecté des inégalités de traitement. Dans beaucoup de cas, il n est pas besoin de créer de nouveaux droits, mais de faire respecter et appliquer ceux qui existent. 3 ème point, revisiter les minima sociaux. Par exemple, lier les minima sociaux et l évolution du seuil de pauvreté. 4 ème point, définir des parcours d insertion à partir de la volonté de fournir un accompagnement global. 5 ème point, développer une représentation, instituer de la parole des usagers. 6 ème point, favoriser l inclusion financière, la prévention des incidents bancaires, l utilisation du micro crédit personnel. Pour ne pas conclure, je citerai Armand Marquiset, fondateur des petits frères des Pauvres, «J ai cru à l amour, c est la seule solution possible, la seule réponse. L échec, c est de ne pas donner assez.» Merci» 5

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