ACTION ECONOMIQUE ET RELATIONS SOCIALES : UN ECLAIRAGE SUR LA NOTION D ENCASTREMENT

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1 ACTION ECONOMIQUE ET RELATIONS SOCIALES : UN ECLAIRAGE SUR LA NOTION D ENCASTREMENT CHEZ KARL POLANYI ET MARK GRANOVETTER. SEBASTIEN PLOCINICZAK * CEPN IIDE CNRS UMR UNIVERSITE PARIS 13 Working paper CEPN n Octobre 2002 Centre d'economie de l'université Paris Nord CNRS UMR Je tiens à adresser mes remerciements à Monsieur le professeur Alain Leroux (GREQAM, Université Aix-Marseille III) pour ses commentaires en tant que discutant lors de la présentation du texte au LIème Congrès AFSE (2002). Je remercie aussi Messieurs les professeurs Olivier Weinstein et Philippe Steiner pour leurs précieux conseils lors de nos discussions. * CEPN-IIDE, UMR-CNRS 7115, Université Paris XIII, 99 av J.B. Clément Villetaneuse. Ou : ; Page Web : 1

2 Résumé : Porter une attention plus soutenue à la structure sociale de l économie peut révéler, d après Kenneth Arrow, un principe général selon lequel certaines croyances et préférences sont le produit d interactions sociales non médiatisées par les prix et les marchés. Ce constat est une des nombreuses réflexions qui animent le débat autour de la notion d encastrement de l action économique au sein de structures sociales formelles et informelles. Or des acceptions diverses qui ne doivent être confondues se cachent derrière cette métaphore. Un travail d éclaircissement théorique et méthodologique visant à éviter qu'un sentiment de confusion ne s'installe et ce faisant fasse perdre toute la richesse analytique du concept s impose. La mise en évidence des points de convergence et de divergence des travaux respectifs de Karl Polanyi qui le premier a introduit et utilisé la notion, et de Mark Granovetter qui a ravivé, popularisé et redéfinit la notion devrait nous permettre d y voir plus clair et d éviter toute confusion. Mots clés : action économique, encastrement, marché, institutions, relations sociales, réseaux. Code JEL : A12, A14, B52, P00 2

3 INTRODUCTION L analyse de l action économique ne peut se passer d une intégration pleine et effective des cadres relationnels et des structures institutionnelles sans lesquels elle ne pourrait se déployer. Kenneth Arrow (1987) lui-même reconnaît que «la rationalité n est pas une propriété de l individu isolé ( ) en fait elle tire non seulement sa force, mais sa signification même du contexte social dans lequel elle est ancrée». Récemment, Arrow (1998 : 97) a défendu la thèse selon laquelle porter une attention plus soutenue à la structure sociale de l économie pourrait révéler un «principe général selon lequel les croyances et préférences peuvent êtres elles-mêmes le produit d interactions sociales non médiatisées par les prix et les marchés». Le constat d Arrow est en fait l une des multiples réflexions qui animent un débat initié depuis maintenant une quinzaine d années dans de nombreuses disciplines, celui de l «encastrement» (embeddedness) des échanges économiques 1 au sein de structures sociales formelles et informelles. Or, derrière le concept englobant d encastrement se cachent des réalités plurielles qui ne doivent pas être confondues. Nous nous proposons dans le cadre de ce texte d effectuer un travail d éclaircissement visant à éviter qu'un sentiment de confusion ne s'installe et ce faisant fasse perdre toute la richesse analytique du concept. Face à la multiplicité et l hétérogénéité des travaux portant sur ce thème, nous nous limitons à deux approches associées respectivement à Karl Polanyi et Mark Granovetter. Comme nous le verrons, ce choix n est pas anodin. Nous allons donc, dans un premier temps, rappeler la logique de l encastrement dans la perspective polanyienne ( 1). Historien économique hongrois, figure emblématique de l école antropologico-substantiviste, Polanyi a le premier introduit et utilisé la notion d encastrement. Bien que n étant pas un inconnu pour les économistes, les travaux de Polanyi n ont que très rarement été pris en compte. Pour Polanyi, l action économique ne peut être comprise en des termes individualistes car elle est influencée par des institutions économiques et non économiques. L encastrement correspond à la pénétration de tout un ensemble de règles sociales, politiques et culturelles dans les sphères de la production et des échanges économiques. Cependant, avec la modernité, l émergence des marchés autorégulateurs aurait nécessité un long et difficile procès d institutionnalisation au cours duquel les règles traditionnelles auraient été détruites et les relations d échange isolées des relations sociales antérieures. Dans les faits néanmoins, les marchés peuvent-ils réellement fonctionner sans les médiations sociales qui les sous-tendent? Mark Granovetter ne le pense pas, et tente alors de lever l ambiguïté qui voudrait qu avec la modernisation, l économie se serait désencastrée de la société. Dans une seconde étape, nous nous intéresserons donc aux caractéristiques majeures de l'encastrement selon l approche proposée par Granovetter ( 2). Celui-ci offre un nouvel éclairage de l encastrement et fournit une représentation novatrice du soubassement social de l échange marchand. L encastrement concerne ici l insertion de l action économique au sein de relations personnelles et de structures relationnelles. Dans cette perspective, toute action économique est encastrée au sein de «réseaux permanents de relations personnelles» (Swedberg & Granovetter, 1994 : 121). Aux lecteurs non initiés, nous tâcherons de montrer en quoi et pourquoi la redéfinition réticulaire du concept d'encastrement proposée par Granovetter a rencontré le succès qui est le sien aujourd hui et mérite une attention des plus soutenues de la part des économistes. 1 Couramment traduit par encastrement, l embeddedness trouve d autres synonymes, citons par exemple enchâssement, enchevêtrement, enclavement, insertion, immersion, etc. Nous nous en tenons à la traduction d encastrement car celle-ci est la plus répandue dans la littérature. Elle est en outre celle choisie dans l ouvrage, Le marché autrement (2000), réunissant certains des textes de Granovetter traduits en français. 3

4 I. LA NOTION ORIGINELLE D ENCASTREMENT : L APPROCHE DE KARL POLANYI Le parcours de la littérature théorique révèle que c est à Karl Polanyi que l on doit l introduction du concept d encastrement en économie 2. Polanyi défend la thèse selon laquelle l économie doit être considérée comme un procès fondamentalement social et se propose de localiser et d examiner ce procès par lequel la satisfaction des besoins matériels est assurée. La quête de ce procès a précisément pour effet de lancer un défi connu sous le nom d encastrement, métaphore consistant à intégrer les faits économiques à l intérieur d un ensemble plus vaste, celui des faits sociaux. L idée générale de Polanyi est que l économie de marché, impliquant la confrontation d offreurs et de demandeurs anonymes dans laquelle les prix sont indépendants des rapports sociaux entre les personnes n est pas naturelle mais résulte d un long et difficile procès d institutionnalisation qui nécessite un désencastrement des relations sociales, c est à dire la destruction des règles traditionnelles et l isolement de l échange des relations sociales antérieures et un réencastrement au sein d institutions purement économiques 3. Reconnaissant la diversité des systèmes économiques, et l impossibilité de formuler des lois économiques générales autrement qu à un niveau analytique abstrait 4, Polanyi effectue une analyse historique des marchés et examine la place de l économie en fonction des différentes sociétés. Le survol de l histoire des systèmes économiques, qui s accompagne d «une enquête attentive (de) la nature et (de) l origine des marchés» (Polanyi, 1983 : 87), va conduire Polanyi à dresser une typologie des différentes économies en s appuyant sur les formes de production, de distribution et d échange des biens satisfaisant les besoins des individus. C est précisément cette vision, de ce que nombre d économistes ont longtemps assimilé au même vocable, celui de l échange marchand, qui constitue un des apports centraux des travaux de Polanyi 5 et plus globalement de l école substantivitse 6 qu il a fondée. Cet éclairage doit permettre d «analyser toutes les économies ( ) du passé et du présent» (Polanyi 1975 : 239) 7 et nous offrir les éléments qui sous-tendent la métaphore de l encastrement. Sur cette base méthodologique et théorique, Polanyi développe un argument général à propos du changement qui caractérise les marchés, l évolution des institutions et des comportements économiques. Il y expose le passage de sociétés, au sein desquelles le 2 Dans son ouvrage, The Great Transformation : The Political and Economic Origins of our Time ([1944] 1983), dans ses articles The Economy as Instituted Process ([1957] 1975) et Our Obsolete Market Mentality (1947) ainsi que dans le chapitre 4. de son ouvrage posthume The Livelihood of Man (1977). 3 «L économie de marché implique une société dont les institutions sont subordonnées aux exigences du mécanisme du marché» ([1944] 1983 : 238). 4 C est ce qu appelle Polanyi (1977 : 6) «l erreur économiciste» (the economistic fallacy), c est à dire la volonté de l école néoclassique de généraliser son modèle d analyse dans le temps et dans l espace, d assumer les motivations utilitaristes et les lois du marché de manière universelle. 5 Comme le note Godelier (1973 : 18) : la vision polanyienne de l économie d une société porte sur les formes et les structures sociales de la production, de la répartition et de la circulation des biens qui caractérisent cette société à un moment déterminé de son existence. 6 Rappelons que cette école de pensée propose de dépasser la «définition formelle» de l économie en la remplaçant par une «définition substantive». La première, braque l analyse sur la relation logique entre des fins alternatives et moyens supposés rares, conformément à la définition proposée par Lionel Robbins, pour qui «L Economie est la science qui étudie le comportement humain comme une relation entre les fins et les moyens limités lesquels ont des usages alternatifs» (Robbins, 1932 : 16). La seconde, met l accent sur «la dépendance de l homme par rapport à la nature et à ses semblables pour assurer sa survie» (Polanyi, 1975 : 239). Au niveau sémantique, ces deux définitions sont en totale opposition : pour la vision formelle, il est une nécessité de combiner le mieux possible des moyens limités afin d atteindre des fins illimitées, ce qui implique un choix. Ce choix n est autre que l essence de l action rationnelle. Pour la vision substantive, «la subsistance de l homme peut ou non imposer un choix, et si choix il y a, celui-ci n est pas obligatoirement déterminé par l effet limitatif de la rareté des moyens» (ibid. : 239). 7 Mis en italique par nous-mêmes. 4

5 système économique n est qu accessoire, quasi-insignifiant, «absorbé dans le système social» (Polanyi, 1983 : 102) 8 vers une société autorégulée par l échange marchand. Le cadre conceptuel élaboré montre que dans les sociétés préindustrielles, les acteurs sont moins orientés vers la recherche insatiable du gain et du profit telle qu elle est présente dans les sociétés de marchés contemporaines. Ces sociétés, non marchandes se caractérisent par «l absence du mobile du gain ; celle du principe du moindre effort ; et celle, en particulier, de toute institution séparée et distincte qui soit fondée sur des mobiles économiques» (ibid. : 76). Le fonctionnement économique de ces sociétés est assuré par une variété d institutions autres que les marchés. C est au sein d institutions de nature religieuse, politique et sociale que «sont encastrés les moyens de subsistance de l homme» (Polanyi, 1975 : 240). Dans cette configuration «les relations sociales de l homme englobent ( ) son économie» (Polanyi, 1983 : 87) et le système économique n apparaît être qu «une simple fonction de l organisation sociale» (ibid. : 79). En se référant au travail anthropologique de Malinowski ([1922] 1963), concernant le système d'échanges intertribaux de dons/contre-dons pratiqué par les habitants des îles Trobriand (Nouvelle-Guinée), et connu dans cette région sous le nom de cycle de «kula» 9, Polanyi suggère que le comportement individuel n a pas toujours été motivé par des mobiles économiques, par la recherche du profit. Il n est en effet pas possible pour lui de comprendre les économies primitives en attribuant à leurs protagonistes des motivations utilitaires car ces économies fonctionnaient selon des réseaux complexes d engagements partagés, ceuxci motivant le comportement individuel 10. Pour démontrer que les mobiles économiques trouvent leurs origines dans la vie sociale, Polanyi établit une typologie et montre comment ces sociétés, non réglées par le marché, sont intégrées selon différentes formes institutionnelles : la réciprocité, la redistribution, l administration domestique (householding) (Polanyi, 1983 : 76-85). Ces «formes d intégration» ou «principes de comportement», selon lesquels l économie organise la production et la distribution des biens, sont mobilisés par Polanyi et mis en relation avec les autres activités et sphères de la société (famille, politique, religion, etc.) afin de mettre en évidence l institutionnalisation du procès économique, c est à dire, comprendre comment une économie acquiert de la récurrence et de l interdépendance entre ses éléments constitutifs, en d autres termes une certaine unité et stabilité. Selon Polanyi (1975 : 244), l «institutionnalisation du procès économique confère à celui-ci unité et stabilité ; elle crée une structure ayant une fonction déterminée dans la société ; elle modifie la place du procès dans la société, donnant aussi une signification à son histoire ; elle concerne l intérêt sur les valeurs, les motivations et la politique. Unité et stabilité, structure et fonction, histoire 8 Pour Polanyi (1983 : 101) : «Le système économique était submergé dans les relations sociales générales ; les marchés n étaient qu un trait accessoire d un cadre institutionnel que l autorité sociale maîtrisait et réglementait plus que jamais». 9 Dans sa célèbre et volumineuse monographie, Les Argonautes du Pacifique occidental ([1922] 1963), Malinowski décrit les «données essentielles sur la Kula» (ibid. : ). Celle-ci est «une forme d échange intertribal de grande envergure ; elle s effectue entre des archipels dont la disposition en un large cercle constitue un circuit fermé ( ). Empruntant cet itinéraire, deux sortes d articles et ces deux sortes seulement circulent sans cesse dans des directions opposées. Le premier article de longs colliers de coquillages rouges, appelés soulava fait le trajet dans le sens des aiguilles d une montre. Le second des bracelets de coquillage blanc dénommés mwali va dans la direction contraire. Chacun d eux, suivant ainsi sa voie propre dans le circuit fermé, rencontre l autre sur sa route et s échange constamment avec lui. Tous les mouvements de ces articles Kula, les détails des transactions, sont fixés et réglés par un ensemble de conventions et de principes traditionnels, et certaines phases de la Kula s accompagnent de cérémonies rituelles et publiques très compliquées» (ibid. : 139) 10 «Dans ce cadre, la production et la distribution ordonnées de biens étaient assurées grâce à toutes sortes de mobiles individuels disciplinés par des principes généraux de comportements. Parmi ces mobiles, le gain n occupait pas la première place. La coutume, le droit, la magie et la religion induisaient de concert l individu à se conformer à des règles de comportement qui lui permettaient en définitive de fonctionner dans le système économique» (Polanyi, 1983 : 86). 5

6 et politique définissent de manière opérationnelle le contenu de notre assertion selon laquelle l économie humaine est un procès institutionnalisé». Ces principes de comportement sont institutionnalisés à l aide d une organisation sociale. Chaque principe repose sur des «arrangements institutionnels» approprié : la «centralité», la «symétrie» ou l «autarcie», et ce, quelle que soit la société considérée 11. Les arrangements institutionnels et les principes de comportement s «ajustent mutuellement» (ibid. : 79). Dans l esprit de Polanyi, ces structures institutionnelles qui soutiennent les formes d intégration, leur organisation de base, et leur validation émanent de la sphère sociale car l ajustement mutuel est le mécanisme fondamental au travers duquel l encastrement social de l économie opère 12 (cf. tab.1). TABLEAU 1. FORMES D INTEGRATION, ARRANGEMENTS INSTITUTIONNELS ET ENCASTREMENT SOCIAL DES RELATIONS ECONOMIQUES Formes d intégration, principes de comportement Réciprocité Arrangements institutionnels Symétrie (famille, groupes de parenté, etc.) Encastrement de l économie Echange à base de dons Redistribution Centralité (tribu, noble, Etat) Echange administré Administration domestique Autarcie (groupe autosuffisant) Production pour son propre usage et échange du surplus Les sociétés réglées (ou intégrées) par le mécanisme de réciprocité se fondent sur des structures organisées de manière symétrique, comme par exemple, les groupes familiaux. Les parties prenantes à une relation de réciprocité ont une volonté commune de manifester et de renforcer les liens sociaux qui les unissent. Sur ce principe, Mauss ([1923] 1989) suggère que les phénomènes économiques ne sont pas dissociables de l ensemble des aspects de la vie sociale. Biens et services sont produits et échangés, non pas en vue d un gain, mais avec l'espérance que d'autres biens et services seront reçus en retour selon des normes sociales partagées. De telles normes de réciprocité se basent sur des institutions spécifiques qui les soutiennent et imposent des sanctions sur les individus qui ne les respectent pas. C est donc au travers de cadres de référence socialement définis et construits, qui visent à soutenir le réseau de relations sociales et la vie matérielle, tels que la famille et groupes de parenté que la relation économique de la réciprocité se développe. Cette configuration concerne les sociétés sans classe ; Les sociétés réglées par le mécanisme de redistribution, présupposent quant à elles un mouvement d appropriation des ressources, issues des unités de production, vers une unité centrale, un chef (d une tribu, un noble disposant d un appareil administratif ou un Etat) qui redistribue ces ressources aux membres de la société selon des règles spécifiques. Les relations établies sur un principe de redistribution présupposent une autorité centralisatrice qui puisse collecter, emmagasiner et répartir la production selon des règles de prélèvement 11 Le modèle institutionnel de la symétrie est «un dispositif sociologique, qui ne donne pas naissance à des institutions séparées mais fournit simplement à celles qui existent un modèle à quoi se conformer». La centralité quant à elle, «bien qu elle crée fréquemment des institutions distinctives, ne suppose aucun mobile par lequel l institution résultante ne vaudrait que pour une seule institution spécifique», «elle rend compte de la collecte, de l emmagasinage et de la redistribution des biens et des services». L autarcie enfin est «un trait accessoire d un groupe clos existant» (Polanyi, 1983 : 78, 88). 12 Comme le note Polanyi (1983 : 77) : les «principes de comportement ( ) ne peuvent trouver leur application que si les modèles institutionnels existants s y prêtent». 6

7 et d affectation bien établies 13. Les sociétés fondées massivement sur la redistribution, ont comme parangon le monde achéménide. Cette configuration est propre aux sociétés à classes, castes ou rangs, soumises à une autorité ; Le principe d administration domestique enfin, correspond à la satisfaction des besoins des membres d un groupe autosuffisant, d une unité autarcique (famille, village, manoir, etc.), et consiste à produire et emmagasiner pour son propre usage 14. Pour Polanyi, la formation des prix (thème central de la théorie économique néoclassique) dans les sociétés pré-capitalistes est déterminée par deux mécanismes, la tradition (en cas de société principalement réglée par la réciprocité) ou le commandement (en cas de société principalement réglée par la redistribution). Polanyi (1983 : 85) reconnaît ainsi qu il est possible d «affirmer, en gros, que tous les systèmes économiques qui nous sont connus jusqu à la fin de la féodalité en Europe étaient organisés selon les principes soit de la réciprocité ou de la redistribution, soit de l administration domestique, soit d une combinaison des trois». Il convient donc de préciser que dans son esprit, la réciprocité, la redistribution et l administration domestique ne constituent pas une typologie évolutionniste et ne doivent donc pas être considérées comme les stades d une séquence temporelle quelconque, ces trois genres peuvent tout à fait coexister. En effet, Polanyi insiste lourdement sur l idée que les formes d intégration ne doivent pas représenter «des stades de développement (car) aucune succession dans le temps n est sous-entendue, (de fait) plusieurs formes secondaires peuvent être présentes en même temps que la forme dominante, qui peut ellemême réapparaître après une éclipse temporaire» (Polanyi 1975 : 249). Polanyi suggère par exemple que la production et la distribution sont organisées sur la base de la redistribution et de la réciprocité («se pratiquent généralement ensemble») dans les économies primitives, et précise même que la réciprocité gagne beaucoup en efficacité du fait qu elle peut utiliser la redistribution comme méthode subordonnée. Il écrit ainsi qu il est possible de «parvenir à la réciprocité en partageant le poids du travail selon des règles précises de redistribution, par exemple lors de l accomplissement des tâches à tour de rôle» (ibid. : 247). D après Polanyi, l échange entendu comme «mouvement réciproque d appropriation des biens entre diverses mains» (Polanyi, 1975 : 257) n est en fait resté jusqu au 19 ème siècle «qu un trait secondaire de la vie économique» (Polanyi, 1983 : 72). Ce n est qu à partir de l abrogation du Speenhamland Act anglais (1834), et jusque la crise des années 1930, que les sociétés seraient entrées dans une période radicalement nouvelle, où les comportements d achat et de vente seraient venus à s inscrire dans un système de détermination des prix 15. Or tout comme pour les trois précédentes formes d intégration, pour que puisse se déployer l échange marchand, celui-ci requiert le support d une structure institutionnelle adéquate, qui n est autre que le système de marchés. Plus précisément, pour que l échange ait un effet intégratif sur la société, il est nécessaire que la structure institutionnelle soit le «marché autorégulateur». L autorégulation du marché implique que toute la production de marchandises soit destinée à la vente sur le marché, et que tous les revenus proviennent de 13 D après Polanyi (1975 : 246) : ce n est que «dans un environnement symétriquement ordonné que la conduite de la réciprocité peut aboutir à des institutions économiques de quelque importance» et «ce n est que lorsque sont créés des centres d allocation que des actes individuels de partage peuvent engendrer une économie de redistribution». 14 Il est à noter que les travaux postérieurs à La grande Transformation (1944) occultent le mécanisme d administration domestique. Très certainement, celle-ci fût apparentée à une forme de réciprocité limitée aux groupes clos. 15 La date originelle de «l économie de marché proprement dite» (Polanyi, 1983 : 119) est pour le moins ambiguë car de La grande Transformation à son ouvrage posthume The Livelihood of Man, en passant par l article L Economie en tant que procès institutionnalisé, nous nous voyons proposer pas moins de quatre dates distinctes : cinq siècle avant Jésus-Christ dès l armée d Athènes, trois siècle avant Jésus-Christ durant la période hellénistique (période historique allant de la mort d'alexandre à la conquête romaine), à la fin du Moyen Age, l abolition de la loi sur les pauvres en Angleterre (1834). Nous retenons la périodisation années 1930, car c est celle qui est retenue dans La Grande Transformation, ouvrage majeur de l auteur. 7

8 cette vente (ibid. : 103), c est à dire que la production de biens et de services ainsi que la distribution des résultats doivent dépendre de marchés régulés par les seuls prix 16. Si nombre de facteurs ont contribué à établir un tel système de marchés régulés par les seuls prix comme structure institutionnelle, un facteur semble particulièrement décisif : l'invention et la fabrication de machines complexes révolutionnant les méthodes de production. Ces machines, qui ont contribué à baisser les coûts de production, ne pouvaient être utilisées profitablement que s'il était possible de vendre le maximum d outputs sur une base prédictible, et seulement s il était possible de leur fournir les matières premières et le travail que leur rendement élevé réclamait. Si de telles conditions ne pouvaient être satisfaites, l'investissement dans de nouvelles machines aurait été trop risqué. Dit autrement, tout ceci ne fut possible, qu en raison de la création de marchés sur lesquels les marchandises pouvaient être vendues, et de marchés sur lesquels les matières premières et la force de travail pouvaient être achetées. Dès lors, les membres de la société qui contribuaient à faire émerger ces marchés autorégulés disposaient des «bonnes» motivations intéressées orientées vers la recherche du profit 17. La relation entre l échange marchand (entendu comme forme d intégration de l économie) et les institutions le supportant impose donc de liquider les règles sociales et institutions qui contraignent la définition de tout produit comme marchandise, requiert le remplacement de la structure familiale (comme support des normes de réciprocité) et des formes étatiques (comme support d obligations) par les marchés autorégulés. Travail, terre et monnaie, bien que n étant pas produits pour la vente, deviennent des marchandises mises en «équivalence» et vendues de manière totalement indépendante des relations personnelles de leurs producteurs. L apparition de rémunérations sous la forme de salaires, rentes et intérêts tendent à montrer que les relations sociales, écologiques et politiques, attachées respectivement à l individu, à la terre ou à la monnaie deviennent englobées en tant que marchandises fictives. C est précisément grâce à cette «fiction de la marchandise» que s organisent la réalité de l institution du marché en «masse d offre» et «masse de demande» séparées (Polanyi, 1975 : 258). Cette fiction «fournit ( ) un principe d organisation d importance vitale, qui concerne l ensemble de la société, et qui affecte presque toutes ses institutions de la façon la plus variée ; ce principe veut que l on interdise toute disposition ou tout comportement qui pourrait empêcher le fonctionnement effectif du mécanisme du marché selon la fiction de la marchandise» (Polanyi, 1983 : 108). En effet, le marché devient «capable d organiser la totalité de la vie économique sans aide ou intervention extérieure» (ibid. : 71), tout simplement créateur de prix pour reprendre l une des expressions fétiches de l auteur. Selon Polanyi (ibid. : 70) : «la particularité la plus frappante du système réside dans ce qu une fois qu il est établi, il faut lui permettre de fonctionner sans intervention extérieure. Les profits ne sont plus garantis, et le marchand doit faire ses bénéfices sur le marché. Ce système autorégulateur de marché, c est ce que nous entendons par économie de marché». Comme le note Polanyi (1975 : 246) : «ce n est que dans un système de marchés créateurs de prix que les actes d échange entre individus entraînent des prix fluctuants qui intègrent l économie». Pour comprendre ce phénomène, il convient de préciser que Polanyi distingue trois types d échange liés eux-mêmes à deux types de mouvement, mouvement 16 «Ce système autorégulateur de marché, c est ce que nous entendons par économie de marché ( ) il s agit d une économie gouvernée par les prix de marché et par eux seuls. On peut assurément dire qu un tel système, capable d organiser la totalité de la vie économique sans aide ou intervention extérieure, qu il est autorégulateur» (Polanyi, 1983 : 70-71). 17 Selon Polanyi (1983 : 54) : «Seule la civilisation du XIXe siècle fut économique dans un sens différent et distinct, car elle choisit de se fonder sur un mobile, celui du gain, ( ) que l on avait certainement jamais auparavant élevé au rang de justification de l action et du comportement de la vie quotidienne. Le système du marché autorégulateur dérive uniquement de ce principe». 8

9 que requiert une analyse en terme de procès. Le mouvement se réfère à un changement de lieu (déplacement spatial d objets) ou à un mouvement d appropriation (circulation et gestion des biens). Le premier type d échange appelé «opérationnel» correspond au mouvement spatial d un changement de lieu en passant d une main à une autre. L échange opérationnel renvoie aux mouvements d appropriation à «taux fixe». Ce n est que lorsque l échange implique des mouvements d appropriation à «taux négocié» que celui-ci est intégratif, c est à dire lorsque «le comportement des partenaires (vise) à établir un prix qui soit aussi favorable que possible à chacun d eux» (ibid. : 248). La vie économique devient alors «directed by market prices and nothing but market prices» (Polanyi, 1957 : 43) et, les économies intégrées par le fonctionnement d une institution «désencastrée» (disembedded) des relations sociales pour fonctionner de manière autonome, purement économique. En effet, «le modèle du marché ( ) est capable de créer une institution spécifique ( ) le marché (qui fonctionne) principalement à l extérieur, et non pas à l intérieur, (de) l économie» (Polanyi, 1983 : 88-89). Dans ce modèle institutionnel, la prolifération des relations médiatisées par le marché, le changement des modes de comportement ayant pour seul mobile, celui de l échange économique et du gain associé 18, se traduit par une automatisation de ce mobile d action visà-vis des relations sociales : la sphère de l économie se sépare et se différencie de la société, qui devient soumise au marché, «un appendice du système économique» (ibid : 111). Se substitue alors à la notion d encastrement celle d économie comme procès institutionnalisé. Ainsi pour Polanyi (ibid. : 88) : «La maîtrise du système économique par le marché a des effets irrésistibles sur l organisation tout entière de la société : elle signifie tout bonnement que la société est gérée en tant qu auxiliaire du marché. Au lieu que l économie soit encastrée dans les relations sociales, ce sont les relations sociales qui sont encastrées dans le système économique. ( ) Une fois que le système économique s organise en institutions séparées ( ) la société doit prendre une forme telle qu elle permette à ce système de fonctionner suivant ses propres lois». Polanyi (ibid. : 73) parle alors de «changement radical» pour montrer le passage d un modèle reposant sur des relations de réciprocité, de redistribution, d administration domestique nécessairement médiatisées, encastrées au sein de relations sociales, vers un autre au sein duquel «ce sont les relations sociales qui sont encastrées dans le système économique» (ibid. : 88) 19. Le travail de Polanyi, centré sur le dynamique historique des systèmes économiques, s il fait preuve d une indéniable finesse analytique fait surgir une ambiguïté (et non des moindres), voire une certaine confusion qui a trait au marché autorégulateur, et ce faisant à l encastrement social de l économie. En effet, entre sa contribution référence The Great Transformation ([1944] 1983), son article Our Obsolete Market Mentality (1947), et ses travaux ultérieurs (Polanyi, 1957, 1977) l interprétation que donne Polanyi du marché semble 18 D après Polanyi (1983 : 71) : «Le gain et le profit tirés par des échanges n avaient jamais joué auparavant un rôle important dans l économie humaine», «le genre humain était dirigé dans toutes ses activités économiques ( ) par cette seule propension particulière (ibid. : 72), ce qui tendrait à remettre en cause «le prétendue prédilection de l homme primitif pour les activités lucratives» et sa «prétendue propension à troquer ou à marchander» (ibid. : 73, 90), c est à dire la thèse de Smith ([1776] 1991 : 81) pour qui le penchant des hommes «les porte à trafiquer, à faire des trocs et des échanges d une chose contre une autre». Selon Polanyi (ibid. : 320), l organisation de la société de marché «fondée sur l intérêt personnel ( ) est complètement non naturelle». 19 A la lecture de Polanyi, l autorégulation du marché apparaît être une situation quasi-apocalyptique, l auteur parlant de sa «puissance effrayante» (1983 : 89), de son «influence corrosive» (ibid. : 54). L extrait qui suit est éclairant sur ce point : «permettre au mécanisme du marché de diriger seul le sort des êtres humains et de leur milieu naturel, et même, en fait, du montant et de l utilisation du pouvoir d achat, cela aurait pour résultat de détruire la société. ( ) Dépouillés de la couverture protectrice des institutions culturelles, les êtres humains périraient, ainsi exposés à la société ; ils mourraient, victimes d une désorganisation sociale aiguë, tués par le vice, la perversion, le crime et l inanition. La nature serait réduite à ses éléments, l environnement naturel et les paysages souillés, les rivières polluées, la sécurité militaire compromise, le pouvoir de produire de la nourriture et des matières premières détruit» (ibid. : 108). 9

10 avoir évolué. Bien que le Polanyi (version 1) d avant 1957 insiste, dès le premier chapitre de The Great Transformation, sur le fait qu un marché s ajustant lui-même soit «purement utopique. Une telle institution ne pouva(nt) exister de façon suivie sans anéantir la substance humaine et naturelle de la société, sans détruire l homme et sans transformer son milieu en désert», paradoxalement quelques lignes plus bas, il traite le marché lui-même comme désencastré puisqu il écrit que «la civilisation du XIX e siècle fut unique précisément parce qu elle reposait sur un mécanisme institutionnel bien déterminé» (1983 : 22), en l occurrence le système du marché. Ces vues assez paradoxales, où est mis en évidence d un côté la manière dont la redistribution, la réciprocité et l administration domestique peuvent se combiner comme modes d allocation des ressources dans la société, et où de l autre la société du XIX ème siècle est décrite comme dominée dans son entièreté par une forme d intégration spécifique, l échange marchand, soutenue par une structure institutionnelle spécifique, le système de marché, désencastré de la société, se retrouvent tout au long de l ouvrage. Ainsi écrit-il par exemple que «l humanité fut forcée d emprunter les chemins d une expérience utopique» et quelques pages plus loin, nous dit-il que «l histoire du XIX e siècle fut déterminée par la logique du système de marché proprement dit» (ibid. : 118, 121), ou encore qu «on mettra à l actif de notre époque d avoir assisté à la fin du marché autorégulateur» (ibid. : 192). Tant dans son ouvrage référence de 1944 que dans son article de 1947, l auteur montre bien la constitution d un marché sans entrave comme instance régulatrice, la société étant «gérée en tant qu auxiliaire du marché» (ibid. : 88), comme «un appendice du système économique» (ibid : 111), les «relations sociales (étant) encastrées dans le système économique» (ibid. : 88). Or, postuler l un et l autre est en lui-même rhétorique, car si la société fut réellement gérée en tant qu auxiliaire du marché, comment comprendre le «double mouvement» (extension/ contrôle du marché), c est à dire les actions entreprises par la société pour limiter, résister et s auto-protéger contre cette «fabrique du diable» (Satanic Mill) qu est le marché autorégulé 20? Dans ses travaux ultérieurs (Polanyi version 2) au contraire, l auteur défend l idée que tous les marchés sont institués, de telle sorte que les marchés non régulés n ont jamais existé dans la réalité. C est dans ses écrits qu il avance la thèse forte selon laquelle «The human economy ( ) is embedded and enmeshed in institutions, economic and noneconomic. The inclusion of the noneconomic is vital» (1957 : 250) 21. En fait, ce qui nous paraît constituer le trait distinctif des deux versions (Polanyi 1 et 2) est le degré de normativité associé au propos. Le Polanyi virulent, idéologiste voire polémique (version 1) est convaincu du caractère destructeur du marché autorégulateur et semble n y discerner que des vices. A la lecture de celui-ci, l autorégulation du marché apparaît être une situation quasi-apocalyptique, l auteur parlant de sa «puissance effrayante» (1983 : 89), de son «influence corrosive» (ibid. : 54), du fait que «le tissu de la société se déchirait» (ibid. : 20 La Grande dépression, le fascisme, le communisme et la seconde guerre mondiale sont tous le produit, selon Polanyi, de la réaction de la société face au marché. L idée de double mouvement met en avant le fait que «l extension du système du marché en ce qui concerne les marchandises authentiques s accompagna de se réduction quant aux marchandises fictives. Si, d un côté, les marchés se répandirent sur toute la surface de la planète et si la quantité des biens en cause augmenta dans des proportions incroyables, de l autre côté, tout un réseau de mesures et de politiques fit naître des institutions puissantes destinées à enrayer l action du marché touchant le travail, la terre et la monnaie. Tandis que l organisation des marchés mondiaux des marchandises, des capitaux et des devises, sous l égide de l étalon-or, donnait une impulsion sans égale au mécanisme des marchés, un mouvement naquit des profondeurs pour résister aux effets pernicieux d une économie soumise au marché. La société se protégea contre les périls inhérents à un système de marché autorégulateur : ce fut la caractéristique d ensemble de l histoire de cette époque» (Polanyi, 1983 : 112). 21 Nous employons volontairement cette citation dans sa version originale car elle nous semble offrir une représentation plus objective, explicite et plus marquée de l importance analytique de prendre en compte l encastrement des échanges économiques au sein d institutions non économiques dans l esprit de Polanyi. Alors que la version originale indique que «The inclusion of the noneconomic is vital» (Polanyi, 1957 : 250), sa traduction française nous dit «Il importe de tenir compte de l aspect non économique» (Polanyi, 1975 : 244). 10

11 61). Tous les efforts de Polanyi semblent ainsi consister à dénoncer le marché en tant que fossoyeur de l homme 22, mais cette conviction n est étayée d aucune démonstration. Si laissé à lui même, le marché a des aspects négatifs, n est-il porteur que de ses seuls aspects obscurs et destructeurs? Que fait Polanyi du marché comme puissance créatrice, lieu d innovations, de mobilité et de liberté? Le Polanyi théoricien (version 2) au contraire met en évidence explicitement comment certaines sociétés peuvent être dominées par une des formes d intégration de l économie, rien n interdisant que ces sociétés ne puissent avoir des modes dominants et subalternes. Ainsi «comme elles se produisent parallèlement à des niveaux différents au sein de secteurs distincts de l économie, il est souvent impossible de considérer une seule d entre elles comme dominante, de sorte qu elles permettent de procéder à une classification générale des économies empiriques. Néanmoins, en offrant une différenciation entre les secteurs et niveaux de l économie, ces formes offrent un moyen de décrire le procès économique ( )» (Polanyi, 1975 : ). Néanmoins, prétendre à la fois que l économie doit être encastrée au sein de normes sociales, politiques et culturelles pour que la société puisse fonctionner (ce qui sous-entend que l économie n est elle-même pas un phénomène social), et en même temps parler de désencastrement de l échange de la structure sociale, mène Polanyi à ne pas analyser son interdépendance avec les autres parties du système social. Cette faiblesse se ressent clairement dans toute son œuvre car bien qu il ambitionne vouloir «analyser toutes les économies ( ) du passé et du présent» (Polanyi 1975 : 239), la réalité quant à elle est toute autre, puisqu il n emploie la notion d encastrement qu au passé pour étudier les sociétés préindustrielles : les faits économiques étant «à l origine encastrés dans des situations qui n étaient pas en elles-mêmes de nature économique» (Polanyi & al., [1957] 1975b : 237). Alors que Polanyi vient à appréhender la réciprocité, la redistribution, l administration domestique et l échange précapitaliste comme encastré dans la société, au sein de relations sociales, à tort, l économie de marché est décrite comme distincte de la société, comme dévorant et détruisant la fabrique sociale de la société. Le marché présenterait, contrairement aux autres principes de comportement, il ne supposerait aucun encastrement dans les relations sociales. Si nous pouvons être en accord avec Polanyi sur le fait que le système du marché est une utopie dévastatrice, il n en demeure pas moins que la sphère de l économie, pour autant qu elle se soit plus ou moins autonomisée, est elle aussi partie prenante du système social, consubstantielle, et non quelque chose qui lui serait exogène. Prétendre le contraire revient à conférer au marché une fausse indépendance analytique et pratique, c est à dire à l «absolutiser» en quelque sorte (Barber, 1977 : 27). Dans cette perspective, il convient de nous demander si, dans les faits, l économie dans son entièreté, peut fonctionner sans les médiations sociales qui la sous-tendent? Plus précisément encore, les marchés peuvent-ils concrètement donner lieu à des transactions en l absence de relations sociales qui leur préexistent et qui les soutiennent? Telles sont les interrogations qui nous conduisent à aborder la thèse de l encastrement de Mark Granovetter. 22 L extrait qui suit est éclairant sur ce point : «permettre au mécanisme du marché de diriger seul le sort des êtres humains et de leur milieu naturel, et même, en fait, du montant et de l utilisation du pouvoir d achat, cela aurait pour résultat de détruire la société. ( ) Dépouillés de la couverture protectrice des institutions culturelles, les êtres humains périraient, ainsi exposés à la société ; ils mourraient, victimes d une désorganisation sociale aiguë, tués par le vice, la perversion, le crime et l inanition. La nature serait réduite à ses éléments, l environnement naturel et les paysages souillés, les rivières polluées, la sécurité militaire compromise, le pouvoir de produire de la nourriture et des matières premières détruit» (Polanyi, 1983 : 108). 11

12 II. LA REINTERPRETATION RETICULAIRE DE L ENCASTREMENT DE MARK GRANOVETTER Demeurée lettre morte pendant plus de quarante ans, Mark Granovetter, dans un article séminal, intitulé Economic action and social structure : The problem of embeddedness (1985), ravive et prolonge la thèse de l encastrement de Polanyi dans le cadre des sociétés industrialisées. Cet article est considéré comme la référence et le texte le plus connu de la Nouvelle sociologie économique (Swedberg, [1987] 1994 : 239) 23, courant théorique qui s efforce d expliquer les faits économiques à partir d éléments sociologiques (Swedberg, 1994 : 35). Comme le note fort justement Akerlof (1984 : 36) : «les frontières qui séparent la sociologie et l économie sont loin d être claires ; (donc) si des modèles économiques permettent d expliquer des phénomènes sociologiques, alors de même le processus inverse peut se produire et des modèles sociologiques peuvent décrire des phénomènes économiques», or nous semble-t-il «beaucoup de problèmes économiques, qui par la tradition sont vus comme appartenant au camp de l économiste, peuvent être mieux analysés en tenant compte des considérations sociologiques» (Swedberg & Granovetter, 2001 : 2). S appuyant sur les travaux fondateurs de Granovetter, la Nouvelle sociologie économique (NES) est à distinguer de l ancienne sociologie économique et de la Socio-économie qui est plus récente 24. Contrairement à l ancienne sociologie économique (respectueuse de l orthodoxie économique) qui s intéressait pour l essentiel aux pré-conditions sociologiques des marchés et de l organisation économique (cf. Emile Durkheim, Max Weber, etc.), la NES remet en cause la division du travail intellectuel entre la science économique et la sociologie dans le sens où elle s attaque de manière frontale au bastion économique, à savoir l étude du marché, de la production, de la distribution, de la consommation, des contrats, des marchés, de l argent, de la banque, etc. La NES postule l interconnexion organique entre économie et société (Swedberg, 1986 : 106), en atteste le titre de l ouvrage édité par Granovetter et Swedberg (1992), The Sociology of Economic life, inversion volontaire des contributions de Parsons et Smelser (1956) : Economy and Society : A Study in the Integration of Economic and Social Theory 25. De manière plus spécifique, le texte de Granovetter constitue le manifeste de l une des branches constitutives de la NES : la Sociologie économique structurale. Au niveau organisationnel, cette dernière cherche à savoir comment les acteurs mobilisent des ressources au travers de leurs relations et comment les mécanismes de la structure sociale influencent l allocation des ressources sur un marché. Elle s appuie pour ce faire sur trois principes généraux qui, pris ensemble, lui donnent une véritable unité théorique : (1) l action économique est une forme de l action sociale, (2) l action économique est socialement située ou encastrée, (3) les institutions économiques sont socialement construites, on peut les concevoir comme des «réseaux sociaux figés» (Swedberg & Granovetter, 2001). En mobilisant la métaphore polanyienne d encastrement, Granovetter se concentre principalement sur l un des ses aspects, à savoir ses effets sur les comportements 23 Economic action and social structure : The problem of embeddedness aurait été référencé plus de cinq mille fois dans l American Journal of Sociology selon Baum et Dutton (1996), faisant de l article de Granovetter le plus cité de l histoire de ce journal. 24 Initié par Etzioni (1988), la Socio-économie à un champ d analyse plus vaste qui tente de combiner les apports de différentes sciences (sociologie, économie, psychologie, science politique) et de mettre en avant la dimension morale, éthique de l activité économique en insistant sur la prise en compte de l obligation, de la confiance et des liens sociaux dans les logiques d action. 25 Pour une présentation de ce qu est l ancienne sociologie économique, il est possible de se reporter à l ouvrage de Gislain et Steiner (1995). Voir aussi Granovetter (1990, 1990b) pour un rappel historique et une explication sur la distinction entre l ancienne et la Nouvelle sociologie économique. 12

13 économiques. Se rapprochant de la thèse de Polanyi dans sa version 2 26, Granovetter estime néanmoins que l usage qu il en est fait présente certaines limites. En effet, dans les écrits de Polanyi, l encastrement signifie être enraciné dans des relations sociales de nature pré-moderne. Granovetter tente de lever l ambiguïté qui voudrait qu avec la modernité les actions économiques se seraient désencastrées de la société et pourraient être analysées avec les outils de la théorie standard. Evitant de tomber dans cet écueil, Granovetter dénonce le caractère excessif et radical de la thèse de Polanyi, la dichotomie entre d une part, une société où l économie serait pleinement encastrée au sein de relations sociales et d autre part, une société dominée par le marché où les relations sociales n auraient plus lieu d être. Pour Granovetter, il est inutile d introduire un clivage entre les sociétés pré-modernes et les sociétés industrielles où l économie se serait soustraite aux médiations sociales. L affirmation polémique de Polanyi, selon laquelle, ce ne serait plus la vie économique qui se trouverait immergée dans les relations sociales, mais ce seraient ces relations qui représenteraient un «épiphénomène du marché» (Granovetter, 1985 : 482) est donc totalement récusée. En aucun cas, l encastrement des relations économiques au sein des relations sociales ne doit être considéré comme un vestige du passé, au contraire «dans la vie économique ( ) on retrouve, dans toutes sortes de transactions, les connections sociales» (ibid. : 495). Granovetter rejoint l économie standard qui refuse de voir une rupture brutale entre les sociétés anciennes et modernes. Néanmoins pour cette dernière, l encastrement aurait de tout temps était mineur, alors que pour Granovetter, l encastrement varie en fait considérablement à la fois dans les sociétés industrielles et préindustrielles. Swedberg et Granovetter (1992 : 10) notent ainsi qu il «existe ( ) des sociétés préindustrielles dans lesquelles les individus sont aussi obsédés par les gains monétaires que dans les sociétés plus capitalistes ( ). A l inverse, l étude des sociétés capitalistes montre que l action économique n y est pas désencastrée, comme le pensait Polanyi. Plutôt, les actions économiques sont encastrées de différentes manières». Pour appuyer sa thèse, tout comme Polanyi, Granovetter (1993), dans son texte, The nature of economic relationships, n hésite pas à puiser dans les ressources offertes par l'anthropologie économique et à passer en revue la littérature ethnographique, mais contrairement à Polanyi, Granovetter détecte des économies tribales composées d acteurs aux comportements proches de celui de l homo oeconomicus 27. L encastrement des actions économiques au sein de relations sociales aurait été, en fait, moins élevé dans les sociétés pré-modernes que ne le pense Polanyi, quant à l aspect radical du changement, celui-ci aurait été de moindre importance (Granovetter, 1985 : ). Dans cette perspective, il devient inutile de chercher un impact quelconque de la transition vers la modernité sur le niveau d encastrement, de voir une nette fracture entre la structure institutionnelle des anciennes et nouvelles sociétés. L encastrement des comportements économiques au sein de relations sociales demeurerait une donnée irrésistible des sociétés capitalistes contemporaines car il en assurerait le fonctionnement. Le marché est ainsi encastré au sein de relations et structures sociales qui contribuent à le structurer. Pour Granovetter (1994 : 81) : «l action économique est modelée et contrainte par la structure de relations sociales dans lesquelles tout acteur économique réel est inscrit». Dans un souci théorique d éviter l atomisation des actions et décisions individuelles, Granovetter met l accent sur la dimension interactive entre la structure sociale et l action 26 Granovetter (2000 : 39) note ainsi : «Entre le Polanyi polémique qui surestime l autonomie du marché et le Polanyi analytique qui, le premier, indique, comment on peut étudier la façon dont l échange, la redistribution et la réciprocité interagissent entre eux et se complètent comme modes d allocation des ressources dans toutes les sociétés, il est clair que je me sens beaucoup plus proche du second». 27 Voir notamment sur ce point Pospisil (1963), Swedberg et Granovetter (2001). 13

14 économique dans les sociétés industrielles modernes. Pour ce faire, il se positionne à un niveau théorique intermédiaire entre les approches qu il nomme «sous- et sursocialisées» (over- and undersocialized) (Granovetter, 1985 : ) 28. La vision sous-socialisée, qui isole l acteur du contexte, renvoie à l approche formaliste en anthropologie économique, à l école néoclassique ou encore à la nouvelle économie institutionnelle en économie. La conception sous-socialisée de l école néoclassique est stigmatisée par un être égoïste, autonome, guidé par la seule recherche de son intérêt personnel. L action de cet être générique est atomisée : disposant de moyens supposés rares, il doit parvenir à les combiner avec habileté afin de les utiliser pour en tirer un avantage maximal. Ce comportement type suppose de la compétition entre les acteurs et ce faisant un lieu où se joue cette concurrence. Ce lieu considéré comme un idéal est le marché autorégulateur au sein duquel le prix contient toute l information nécessaire pour prendre des décisions efficientes. Bien que ce marché n est qu hypothétique, il n en est pas moins une référence pour toutes les parties atomisées prenant part aux échanges (Stigler, 1968 ; Demsetz, 1982). La condition nécessaire et suffisante pour que ce marché «abstrait» de concurrence pure et parfaite soit effectif est «la loi de l indifférence» (Jevons, 1931), c est à dire l impersonnalisation de l échange : «la relation impersonnelle entre l acheteur et le vendeur» (Lazonick, 1991 : 60). Acheteurs et vendeurs ne sont alors que des «preneurs de prix» (price takers), des monades interchangeables sans relation sociale 29. Cette idée est ancienne et trouve, de manière éclairante, ses prémisses dans un passage de The Wealth of Nations, d Adam Smith ([1976] 1991). Dans celui-ci, Smith dénonce les liens personnels qui unissent les intervenants sur le marché, il y voit un frein à la concurrence pure et parfaite. D après Smith : il «est rare que les gens du même métier se trouvent réunis, fût-ce pour quelque partie de plaisir ou pour se distraire, sans que la conversation finisse par quelque conspiration contre le public, ou par quelque machination pour faire hausser les prix. Il est impossible, à la vérité, d empêcher ces réunions par une loi qui puisse s exécuter, ou qui soit compatible avec la liberté et la justice ; mais si la loi ne peut pas empêcher des gens du même métier de s assembler quelquefois, au moins ne devrait-elle rien faire pour faciliter ces assemblées, et bien moins encore pour les rendre nécessaires. Un règlement qui oblige tous les gens du même métier, dans une ville, à faire inscrire sur un registre public leurs noms et demeures, facilite ces assemblées ; il établit une liaison entre les individus qui autrement ne se seraient peut-être jamais connus, et il donne à chaque homme de métier une indication pour trouver toutes les autres personnes de sa profession» (ibid. : ). Toutes ces relations sociales auraient pour finalité d élever ou de fixer les prix et sont donc vues comme des frottements qui perturbent et distordent la fluidité du marché autorégulateur et l action économique. Dans la représentation standard, les conditions de l échange entre les acteurs sont censées fournir la meilleure solution, dite Pareto-optimale. Tous les écarts par rapport à cette fiction sont caractérisés comme des imperfections, des frictions. Ces frictions correspondent justement aux relations sociales sur et entre les intervenants sur les marchés et sont considérées comme des entraves au bon fonctionnement des marchés concurrentiels. Ainsi, dans cette représentation idéale, le marché est envisagé comme le résultat d actions et de décisions atomisées, mues par la quête utilitariste de l intérêt 28 Ce positionnement théorique est largement redevable au travail effectué par Dennis Wrong dans son article The oversocialized conception of man in modern sociology (Wrong, 1961). 29 Albert Hirschman illustre parfaitement cette idée d atomisation sociale comme pré-requis de la compétition parfaite dans le modèle standard lorsqu il écrit que sur ces marchés, «large numbers of price-taking anonymous buyers and sellers supplied with perfect information ( ) function without any prolonged human or social contact between parties. Under perfect competition there is no room for bargaining, negotiation, remonstration or mutual adjustment and the various operators that contract together need not enter into recurrent or continuing relationships as a result of which they would get to know each other well» (Hirschman, [1982] 1986 : 123). 14

15 personnel, ce qui sous-tend la loi de la maximisation du profit, sans tenir compte des relations sociales liant les acteurs sur ces marchés 30. Granovetter s érige contre cette représentation, pour lui «le marché anonyme des modèles néoclassiques est virtuellement non-existant dans la vie économique» (Granovetter, 1985 : 495). L approche sur-socialisée fait quant à elle référence, entre autre, à la tradition parsonienne. Le problème, écrit Granovetter, avec la vision sous-socialisée est qu elle situe l action des acteurs en dehors de la sphère sociale, alors que la vision sur-socialisée considère la structure sociale comme une variable exogène de l action individuelle. Les acteurs suivraient en fait mécaniquement, via un processus de socialisation et d intériorisation des schémas comportementaux, ce que leur dictent des forces externes (valeurs, normes et coutumes), qui s imposeraient par consensus, indépendamment de toute référence à un quelconque choix rationnel. Dans ce cas alors, les relations sociales n auraient qu une influence secondaire sur les comportements qui obéiraient automatiquement et inconditionnellement aux systèmes normatifs et culturels que les acteurs ont adoptés. Ce modèle de comportement serait donc lui aussi imperméable aux relations sociales existantes. Dans les faits, les conceptions sous- et sursocialisées convergent «ironiquement» sur un plan théorique vers une représentation de l action et de la décision économique atomisée. Alors que dans le premier cas, les acteurs poursuivent un objectif unique, la maximisation de leur intérêt personnel, dans le second, les schémas comportementaux sont si fortement intériorisés par les acteurs, qu ils négligent de fait toute influence directe des relations sociales réellement existantes entre les acteurs. Dans ces deux situations, les relations sociales courantes n affectent guère l action et la décision des acteurs 31. L approche en terme d encastrement «dans des systèmes concrets, continus de relations sociales» (Granovetter, 1985 : 487) permettrait d éviter ces deux extrêmes. Elle essaie de se frayer un chemin entre-elles, en suggérant que toute action est «socialement située et ne peut pas être expliquée en référence à l individu seul» (Granovetter, 1992 : 25). La thèse de l encastrement s intéresse pour ce faire à la «façon dont le comportement est encastré dans des systèmes stables de relations sociales» (Granovetter, 1994 : 85) sur la base d une analyse en terme de «réseau de relations sociales pénètr(ant) de manière irrégulière, et à des degrés divers, les différents secteurs de la vie économique» (Granovetter, 1985 : 491). Pour Granovetter, l encastrement représente ainsi la contextualisation de l action économique selon un modèle continu et complexe de processus sociaux au sein duquel, le concept de réseau de relations sociales prend sa pleine mesure, au niveau des individus d une part, mais aussi des firmes et des industries 32. L encastrement, dans le sens de 30 Selon Granovetter (2002) : «cette vision sous-socialisée a mené (...) à une conception néo-hobbesienne des relations du marché comme désagréables, brutales et courtes». 31 Granovetter (1992 : 30) écrit : «Le contraste apparent entre les vues sous - et sursocialisée, masque une ironie de grande importance : les deux partagent une conception de l'action et de la décision mises en œuvre par des acteurs atomisés. Dans la vision sous-socialisée, l atomisation résulte de l étroite poursuite utilitaire d'intérêt ; Dans celle sur-socialisée, du fait de l internalisation des modèles comportementaux, ceux-ci ne sont donc affectés seulement de manière périphérique par les relations sociales continues». 32 Son ouvrage Getting a Job ([1974] 1995) ainsi que ses articles de 1973 et 1985 se concentrent sur les conséquences individuelles de l encastrement social de l économie, et tentent de démontrer que l action économique d un individu dépend de son encastrement au sein de réseaux de relations personnelles. Néanmoins dans une interview accordée à Richard Swedberg (1990 : ) Granovetter reconnaît que la notion d encastrement peut être élargie et être fortement utile pour expliquer la construction des firmes et des industries. Au niveau des firmes, voir notamment l étude des «groupes d affaires» (Granovetter, 1994, 1994b, 1995), au niveau industriel voire l analyse de la construction de l industrie électrique aux Etats-Unis de 1880 à S appuyant sur les travaux d un de ses doctorants Patrick Mcguire, Granovetter montre que le développement d un réseau de distribution collectif privé d électricité aux USA (générateurs d électricité au sein de stations centrales desservant de grands secteurs) n est pas le résultat d une supériorité technique entre les technologies en compétition, compétition avec un réseau public et un système de production individualisé (générateurs privés). Selon Granovetter, cette industrie s est développée selon une série de petits évènements au cours desquels les 15

16 Granovetter, se définit donc comme un concept relationnel, où le réseau représente «un ensemble régulier de contacts ou de relations sociales continues, entre individus ou groupes d individus» (Swedberg & Granovetter, 1994 : 121). Ce sont les ressources et la structure de ces réseaux, à l intérieur desquels les acteurs sont inscrits, qui facilitent et limitent les actions qu ils entreprennent (Granovetter, 1994 : 86). L action économique s exprime alors en interaction avec les autres acteurs du réseau. Le point de départ de l analyse n est plus, comme dans la représentation orthodoxe, l agent isolé à la poursuite de son intérêt personnel, mais les interactions entre ces agents. Pour remettre en cause le «réductionnisme instrumental» (Swedberg & Granovetter, 2001 : 9) dont fait montre l individualisme méthodologique de l orthodoxie économique 33, en prenant comme pivot de son analyse un agent que Sen (1977 : 336) qualifie d «idiot social», car poursuivant son intérêt personnel et se mouvant dans un espace abstrait, Granovetter (1990b : 95) défend l idée que l action économique «doit être accompagnée d une appréciation de l importance des objectifs non économiques (qui interviennent dans la satisfaction des préférences bien définies), qui de plus est profondément encastrée dans des structures d interactions sociales, très étendues dans le temps et dans l espace». Comme nous l avons signalé en introduction, Kenneth Arrow lui-même reconnaît que «la rationalité n est pas une propriété de l individu isolé ( ) en fait elle tire non seulement sa force, mais sa signification même du contexte social dans lequel elle est ancrée» (Arrow, 1987), et qu en outre, porter une attention plus soutenue à la structure sociale de l économie pourrait révéler un «principe général selon lequel les croyances et préférences peuvent êtres elles-mêmes le produit d interactions sociales non médiatisées par les prix et les marchés» (Arrow, 1998 : 97). Tout acteur n est dès lors plus uniquement guidé par son intérêt personnel, mais aussi par d autres dimensions essentiellement relationnelles comme la confiance, le statut, l approbation, la recherche de prestige, les normes et le pouvoir dont l origine est à chercher dans le contexte social. Ce contexte social recouvre les influences qu exercent (1) les relations personnelles des acteurs ainsi que (2) les opportunités qu offrent et les contraintes que fait peser l architecture du réseau formé de ces relations à l intérieur duquel les acteurs se meuvent. Ce sont ici les deux faces de la notion d encastrement qui sont mises en exergue : sa dimension relationnelle et sa dimension structurale. L encastrement relationnel d un acteur renvoie à l influence qu exercent les relations personnelles qu il a développé dans le temps au travers de ses interactions répétées avec d autres acteurs. Bien que cette forme d encastrement permet d éviter l atomisation des acteurs, elle risque cependant de mener à une «atomisation dyadique» (Granovetter, 1990b : 98), sorte de réductionnisme qui consiste à s intéresser aux relations entre deux acteurs, à un niveau bilatéral, sans porter de regard sur la manière dont ces relations sont elles-mêmes «encastrées dans des structures d ordre supérieur» (ibid. : 98). La notion d encastrement postule qu il est tout simplement impossible d examiner des relations bilatérales en isolation, sans les replonger à l intérieur de structures relationnelles plus larges, c est à dire les réseaux à l intérieur desquels les acteurs sont situés. réseaux personnels des promoteurs de ce système, Thomas Edison et Samuel Insull (secrétaire personnel d Edison), ont joué un rôle fondamental pour expliquer la situation actuelle. Selon Mcguire et Granovetter, les multiples relations avec les milieux scientifique et technique, financier et politique d Insull auraient permis de mobiliser des ressources multiples permettant d imposer un service de production et de distribution collectif d électricité aux USA (Granovetter, 1990b : , 1994 : ; Granovetter & Mcguire, 1998 ; Mcguire & al., 1993 ; Mcguire & Granovetter 1998, 2000). Voir aussi l étude historique de la Silicon Valley dans laquelle les auteurs suggèrent que l état actuel de la région serait la résultante des différents chevauchements institutionnels via les réseaux de relations personnelles (Castilla & al., 2001). 33 Pour une discussion sur l individualisme méthodologique, il est possible de se reporter à Hodgson (1989 : 53-72). 16

17 L encastrement structural renvoie justement à l existence de «contacts dyadiques mutuels ( ) connectés à d autres» (Granovetter, 1992 : 35), c est à dire au fait que «l action et les résultats économiques, comme toute action et résultats, sont affectés par les relations dyadiques (par paires) et par la structure d ensemble du réseau de relations» (ibid. : 33). Ainsi prétendre analyser une relation bilatérale sans comprendre comment elle est elle-même encastrée dans un ensemble plus étendu de relations ne nous donne pas la pleine image d une relation d échange bilatérale, et ce faisant ne nous éloigne guère des approches standards car, dans ce cas, «l atomisation, loin d avoir été supprimée, (est) simplement transférée au niveau de la dyade» (Granovetter, 1985 : 487). Il devient dès lors crucial de comprendre, comment cette relation est encastrée dans un plus vaste réseau de relations, afin de saisir les répercussions de cette relation sur les autres relations et viceversa. D après Granovetter (1993 : 26) : «nous avons besoin d'une inspection rigoureuse de la configuration exacte des relations sociales sur un marché avant que nous puissions comprendre la nature dyadique des liens». Les effets de l encastrement structural sur les comportements des acteurs sont plus subtils et moins directs que ne le sont ceux issus de l encastrement relationnel. Afin de montrer ces effets, Granovetter considère la relation qui unit un ouvrier et un contremaître. Les effets de l encastrement relationnel tiennent à ce que chacun ne trahira pas l autre en raison de cette histoire commune où chacun se dit «( ) je peux agir équitablement à votre égard, parce que nous nous connaissons depuis si longtemps que nous attendons cela l un de l autre et que je serais mortifié et désespéré de vous trahir même si vous ne vous en rendiez pas compte» (Granovetter, 1990b : 99). L encastrement structural s intéresse à la structure d ensemble du réseau, c est à dire l ensemble des autres ouvriers avec lesquels les deux individus sont en relation. Dans ce cas, si les ouvriers entretiennent tous de bons rapports avec le contremaître, il est facile pour l ouvrier de continuer à entretenir de bons rapports avec le contremaître. Mais il n en va pas de même lorsque tous les ouvriers ont des relations conflictuelles avec le contremaître. En effet, les ouvriers pourraient exercer des pressions sur l ouvrier en question de telle manière que celui-ci cesse d être proche du contremaître 34. Cet exemple simple suggère ainsi que «l action économique est modelée et contrainte par la structure de relations sociales dans lesquelles tout acteur économique réel est inscrit» (Granovetter, 1994 : 81). La thèse de l encastrement souligne donc deux aspects fondamentaux de l action économique : son caractère situé et relationnel. En effet, l action économique est à la fois située et relationnelle. Située, dans le sens où chaque action est irréductiblement associée à d autres acteurs, objets, évènements et circonstances. Relationnelle, dans le sens où «les acteurs ne se comportent pas, et ne prennent pas leurs décisions, comme des atomes, indépendants de tout contexte social, pas plus qu ils ne suivent docilement un scénario, écrit pour eux et qui serait fonction de l ensemble des catégories sociales auxquelles ils appartiennent. Au contraire, les actions qu ils entreprennent pour atteindre un objectif sont encastrées dans des systèmes concrets, continus de relations sociales» (Granovetter, 1985 : 487). 34 Granovetter utilise un autre exemple pour montrer l influence que peut exercer l encastrement structural sur les actions individuelles, le cas de la trahison entre amis. Granovetter (1990b : 99) écrit alors : «Le regret que je peux éprouver, si je le fais, peut être très profond, même si cette trahison n est pas découverte. Il peut même augmenter, si mon ami en prend connaissance. Mais il peut devenir encore plus insupportable, si des amis communs découvrent ma trahison et en parlent entre eux. Or ce dernier point dépendra de la structure du réseau de relations existant et en particulier de l importance des liens qui unissent nos amis communs». 17

18 CONCLUSION La thèse de l encastrement au sein de relations sociales et de structures relationnelles donne du crédit à l endogénisation du contexte social. Concept relationnel, l encastrement met en relation et intègre des niveaux analytiques considérés jusqu alors comme distincts : le social et l économique, l action et la structure, l acteur individuel et le collectif, le micro et le macro, l objectif et le subjectif. Nous pourrions qualifié ce concept comme le liant qui transcende le dualisme de ces dichotomies abstraites. En aucun cas, l encastrement ne prétend déterminer l action économique tels des stimuli, il ne fait qu en poser les limites, en la modelant et la contraignant, il n y a donc aucun déterminisme. Sa conceptualisation ne doit pas s entendre comme un obstacle pour l action économique mais bien plus en tant qu élément essentiel à sa construction. Néanmoins, cette thèse n a pas que des adeptes et Pierre Bourdieu est sans doute le plus critique de tous à l égard de Granovetter notamment. Selon Bourdieu, les travaux de Granovetter viseraient à corriger les insuffisances ou les lacunes du modèle dominant sans jamais le remettre en question et feraient penser «aux constructions laborieuses par lesquelles Tycho-Brahé s efforçait de sauver le modèle géocentrique de Ptolémée contre la révolution copernicienne» (Bourdieu, 2000 : 112 note 1). Bourdieu reproche en fait à Granovetter de «tomber dans la vision interactionniste ( ), ignorant la contrainte structurale du champ ( ), faisant ainsi disparaître tous les effets de structure et toutes les relations objectives de pouvoir» (ibid. : 242). Cette critique nous apparaît clairement infondée et malvenue car comment reprocher à Granovetter de tomber dans le relationnisme (l encastrement relationnel) et de négliger les effets de structure (Barber, 1995 : 407), les rapports de force (Wacquant, 1992 : 424) alors que l encastrement structural, deuxième face de la notion d encastrement comme nous avons tenté de le montrer, met en évidence les contraintes et les opportunités issues de la configuration structurale des réseaux pour l action individuelle et collective (Granovetter, 1990b : ) 35. Il importe de préciser que fort modestement, dans la préface de la traduction française de certains de ses articles, Le Marché autrement. Les réseaux dans l économie (2000), Granovetter insiste sur le fait qu il n a jamais prétendu que sa thèse de l encastrement réticulaire aurait vocation à répondre à toutes les interrogations concernant les forces culturelles, politiques et institutionnelles qui dépassent les réseaux (Granovetter, 2000b : 35-38) et qui influencent l action économique, ou encore les systèmes économiques et leurs évolutions. Il reconnaît au contraire, avec grande objectivité, que «les analyses causales que l on peut développer à partir de la notion d encastrement se situent à un niveau assez peu général. ( ), elles nous disent peu de choses concernant les grandes circonstances historiques et macrostructurelles qui ont déterminé les caractéristiques sociostructurelles des systèmes. Aussi ne prétendons-nous nullement que cette approche fournisse une réponse aux questions très générales portant sur la nature de la société moderne ou sur les origines des évolutions économiques et politiques» (Granovetter, 1985 : 506). Il est a noter cependant que les travaux les plus récents de Granovetter ont tenté de dépasser ces critiques et ont pour ce faire, combiné à l intérieur d un même cadre théorique, la notion d encastrement des échanges économiques au sein de réseaux, les forces culturelles, politiques et institutionnelles (Granovetter, 1994b, 1995, 2001 ; Granovetter & Mcguire, 1998 ; Mcguire & al., 1993 ; Mcguire & Granovetter 1998, 2000 ; Castilla & al., 2001). 35 Nous mettons clairement en évidence cette dimension en nous intéressant à une facette critique des relations d échange, à savoir l enforcement des échanges (Plociniczak, 2002 ; Guennif & Plociniczak, 2002 ; Plociniczak & Guennif, 2002). 18

19 L encastrement se contente d affirmer, que chaque situation particulière dépend des caractéristiques intrinsèques de la structure sociale considérée, c est à dire le réseau à l intérieur duquel l acteur est inséré lorsqu il prend une décision ou effectue une action. Le lieu de l explication des comportements économiques passe ainsi de l acteur isolé à «un cadre de référence plus large et plus social» (Granovetter, 1994 : 88), la structure sociale. Il en résulte que le contexte social n est pas un simple stimulus environnemental mais plutôt une composition de relations sociales, de réseaux et d actions individuelles. La perspective de l encastrement avance l idée que les motivations économiques et sociales des acteurs sont irréductiblement entrelacées. Pour ce faire la thèse de l encastrement tente d expliquer comment l action économique est créée, soutenue et transmise au travers le temps et l espace. BIBLIOGRAPHIE : AKERLOF (1984), An Economic Theorist s Book of tales, Cambridge University Press, Cambridge. ARROW K. (1987), «De la rationalité de l individu et des autres dans un système économique», Revue Française d Economie, vol.2. ARROW K. (1998), «What Has Economics to Say About Racial Discrimination», Journal of Economic Perspectives, vol.12, n 2, p BARBER B. (1977), «Absolutization of the Market», in Bermant (ed.), Markets and Morals, p.15-31, Hemisphere Publishing, Washington, DC. BARBER B. (1995), «All economies are embedded : the career of a concept and beyond», Social Research, vol.62, n 2, p BAUM J.A. & DUTTON J.E (1996b), «Introduction : The Embeddedness of Strategy», in Baum & Dutton (eds.), Advances in Strategic Management, vol.13, p.1-15, CT : JAI Press, Greenwitch. BOURDIEU P. (2000), Les structures sociales de l économie, Seuil, Paris. CASTILLA E., HWANG H., GRANOVETTER E. & GRANOVETTER M. (2001), «Social Networks in the Valley», in Lee, Miller, Hancock, & Rowen (dir.), The Silicon Valley Edge : A Habitat for Innovation and Entrepreneurship, p , Stanford University. DEMSETZ H. (1982), Economic, Legal, and Political Dimensions of Competition, North Holland.de, Amstedram. ETZIONI A. (1988), The Moral Dimension, Toward a New Economics, The Free Press, New York. GISLAIN J-J & STEINER P. (1995), La sociologie économique ( ). Durkheim, Pareto, Schumpeter, Simiand, Veblen et Weber, Presses universitaires de France, Paris. GODELIER M. (1973), Sur les sociétés précapitalistes, Ed. Sociales, Paris. GRANOVETTER M. (1973), «The strength of Weak Ties», American Journal of Sociology, vol.78, p GRANOVETTER M. (1974), Getting a Job : A Study of Contacts and Careers, Harvard University Press, Cambridge, Mass. Les références correspondent à la seconde édition, GRANOVETTER M. (1985), «Economic action and social structure : The problem of embeddedness», American Journal of Sociology, vol.91, n 3, p GRANOVETTER M. (1990), «Interview», in Swedberg, Economics and Sociology : Redefining their Boundaries, p , Princeton University Press, Princeton. GRANOVETTER M. (1990b), «The old and the new economic sociology : a history and a agenda», in Friedland & Richardson (eds.), Beyond the Marketplace : Rethinking Economy and Society, p , Aldine de Gruyter, New York. 19

20 GRANOVETTER M. (1992), «Problems of explanation in economic sociology», in Nohria & Eccles (eds.), Networks and Organizations, p.25-56, Harvard Business School Press, Boston MA. GRANOVETTER M. (1992b), «Economic institutions as social constructions : A framework of analysis», Acta Sociologica, vol.35, n 1, p GRANOVETTER M. (1993), «The nature of economic relationships», in Swedberg (ed.), Explorations in Economic Sociology, p.3-41, Russell Sage Press, New York. GRANOVETTER M. (1994), «Les institutions économiques comme constructions sociales: un cadre d analyse», in Orléan (ed.), Analyse économique des conventions, p.79-94, PUF, Paris. GRANOVETTER M. (1994b), «Business Groups», in Smelser & Swedberg (eds.), The Handbook of Economic Sociology, p , Princeton University Press, Princeton, NJ. GRANOVETTER M. (1995), «Coase revisited : Business groups in the Modern Economy», Industrial and Corporate Change, vol.4, n 1, p GRANOVETTER M. (1999), «Coase Encounters and Formal Models : Taking Gibbons Seriously», Administrative Science Quaterly, vol.44, p GRANOVETTER M. (2000), Le Marché autrement. Les réseaux dans l économie, Desclée de Brouwer, Paris. GRANOVETTER M. (2000b), «Introduction au lecteur français», in Le Marché autrement. Les réseaux dans l économie, p.33-43, Desclée de Brouwer, Paris. GRANOVETTER M. (2002), «A Theoretical Agenda for Economic Sociology», in Guillén, Collins, England & Meyer (eds.), The New Economic Sociology : Developments in an Emerging Field, p.35-60, Russell Sage Foundations, New York. GRANOVETTER M. & MCGUIRE P. (1998), «The making of an industry : Electricity in the Unated States», in Callon (ed.), The Law of Markets, p , Blackwell, Oxford. GRANOVETTER M. & SWEDBERG R. (eds.) (1992), The Sociology of Economic Life, Westview Press, Boulder, Oxford, San Fransisco. GUNENNIF S. & PLOCINICZAK S. (2002), «La structure sociale importe, de l enforcement dyadique à l enforcement structural», Journée d étude de l IIDE-CEPN, Réseaux, Organisation et Marchés, 22 mars 2002, Centre d Economie de l Université Paris-Nord, Université de Paris XIII. HIRSCHMAN A.O. (1982), «Rival Views of Market Society», Journal of Economic Literature, vol.20, n 4, p Les références correspondent à la réédition in Hirschman, Rival Views of Market Society and other recent essays, p , Harvard university Press, Cambridge, Massachusetts, HODGSON G.M. (1989), Economics and Institutions. A Manifesto for a Modern Institutional Economics, Polity Press, Cambridge. JEVONS S.W. (1931), The Theory of Political Economy, Macmillan, London. Les références correspondent à la quatrième édition. LAVILLE J-L., LEVESQUE B. & THIS-SAINT JEAN I. (2000), «La dimension sociale de l économie selon Granovetter», in Granovetter, Le Marché autrement. Les réseaux dans l économie, p.9-32, Desclée de Brouwer, Paris. LAZONICK W. (1991), Business Organization and the Myth of the Market Economy, Cambridge University Press, New York. MALINOWSKI B. (1922), Argonauts of the Western Pacific, E.P. Dutton, New York. Les références correspondent à l édition française, Les Argonautes du Pacifique occidental, Gallimard, Paris, MAUSS M. (1923), «Essai sur le don», in Mauss, Sociologie et anthropologie, Quadrige, PUF, Paris,

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