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1 9/01/08 14:51 Page 1 Villes Couverture-Urbact2007 Eco-Fin-Net Udiex Regenera Phyre Security Regenerando Les jeunes : de l'exclusion à l'inclusion URBACT culture ISN Partners4action Hous-es Eukn Eco-Fin-Net Udiex Regenera Phyre Security Regenerando Les jeunes : de l'exclusion à l'inclusion URBACT culture ISN Partners4action Hous-es Eukn Economie et emploi dans les zones urbaines en difficulté Délégation interministérielle à la ville 194, avenue du Président-Wilson La Plaine Saint-Denis Cedex Tél : +33 (0) Villes Les éditions de la DIV ISSN : ISBN : Dépôt légal : janvier 2008 Les éditions de la DIV

2 Economie et emploi dans les zones urbaines en difficulté 3 ème partie : Le rôle des villes en matière d emploi De la page 35 à 56

3 Villes-Urbact /12/07 19:07 Page 33 2 Le rôle des villes en matière d emploi 35

4 2 Le Le rôle des villes en matière d emploi 2.1 La contribution des autorités locales aux politiques de l emploi Dans la plupart des pays d Europe, les interventions portant sur le marché du travail dans le but de réduire le chômage et de créer de l emploi relèvent principalement des gouvernements nationaux et/ou régionaux. Mais, en dépit d une batterie impressionnante de politiques nationales, les problèmes que connaissent, en matière d emploi, de nombreux quartiers dans un grand nombre de villes européennes s aggravent et prennent une ampleur dangereuse. L Audit urbain montre que les villes touchées par des niveaux de chômage élevés ont généralement des quartiers où ces taux sont deux fois plus élevés que la moyenne, avec des dépassements pouvant aller jusqu à 60 %. Pourtant, nombreuses restent les régions d Europe où les villes rencontrent d importantes difficultés quand il s agit de se poser en partenaires légitimes dans la lutte pour la création d emplois. Au premier abord, l intervention des villes sur le marché du travail semble, ces dernières années, devenue plus difficile en raison de la révision de l Agenda de Lisbonne et de la Stratégie européenne pour l emploi (SEE), qui met de plus en plus l accent sur un ensemble de priorités économiques qui, à première vue, paraissent hors d atteinte des acteurs locaux. À y regarder de plus près, la ligne directrice qui faisait spécifiquement référence au développement de l emploi local dans la Stratégie européenne pour l emploi a disparu. L UE a clairement défini une batterie de priorités relatives au marché du travail, qui reflètent les principales préoccupations politiques d un grand nombre d États membres. Elles concernent trois domaines politiques clés qui reviennent, sous des formes légèrement différentes, dans l ensemble des principaux documents de politique européenne, dans un souci de jeter les bases des politiques européennes et nationales des prochaines années. Il s agit : d attirer et de maintenir sur le marché du travail un plus grand nombre de personnes et de moderniser les systèmes de protection sociale (activation) ; d améliorer les capacités d adaptation des travailleurs et des entreprises (avec le concept de flexisécurité ) ; d augmenter les investissements dans le capital humain (y compris en matière d apprentissage tout au long de la vie). L amélioration de la gouvernance dans les politiques de l emploi constitue également un souci de premier plan, qui passe par le renforcement des capacités administratives et le développement des partenariats. À l exception de ce dernier point, les débats en cours sur la flexisécurité, sur l activation et sur l apprentissage tout au long de la vie semblent, pour la plupart, porter sur des réformes nationales à opérer dans des domaines comme les systèmes fiscaux, les établissements scolaires, les services de l emploi, les mécanismes de négociations salariales, etc. Cependant, dans le présent chapitre, nous comptons démontrer que les villes ont leur rôle à jouer sur le marché du travail.

5 En premier lieu, les villes, en partenariat avec d autres acteurs, ont un rôle central à jouer dans la mise en œuvre de l ensemble des priorités et des lignes directrices posées dans la Stratégie européenne pour l emploi révisée Les villes se sont dotées d un large éventail de mécanismes leur permettant de rendre ces politiques plus humaines en tenant davantage compte des besoins des populations locales et plus particulièrement des besoins des territoires et des catégories les plus vulnérables. Une politique locale de l emploi qui ne considère dans l équation que l aspect offre de travail nous paraît biaisée. Pourquoi investir dans le capital humain et ouvrir des passerelles vers l emploi s il n y a à la clé aucun emploi qui offre un minimum de dignité? Dans sa préface d une étude réalisée il y a peu par Eurocities sur les initiatives locales pour l emploi dans les villes européennes, le conseiller et chef du Département du travail et des affaires économiques de Munich écrivait : les politiques de l emploi ne peuvent être menées indépendamment des activités de promotion de l économie locale. En outre, les villes sont également en mesure de pallier une faiblesse caractéristique des politiques d emploi actuelles : presque toutes les références à l esprit d entreprise et à la création d emplois (le volet demande du marché du travail) ont été effacées de la politique européenne de l emploi. Ce choix revêt une grande importance car le pilier esprit d entreprise était celui qui faisait référence aux nouveaux gisements locaux d emplois, au développement local de l emploi, à l économie sociale, aux micro-entreprises et aux travailleurs indépendants. Les trois priorités actuelles de la SEE révisée portent aujourd hui sur les améliorations à apporter au volet offre du marché du travail. Cela ne signifie nullement que les aspects liés à l esprit d entreprise et à la création d emploi ont perdu toute leur importance dans l UE. Au contraire, ils figurent au centre de la stratégie révisée de Lisbonne qui stipule que 22 millions de nouveaux emplois devront être créés d ici 2010 afin de réaliser les objectifs ambitieux qu elle s est fixés. Mais l esprit d entreprise a été retiré des orientations emploi pour être inscrit dans les orientations micro-économiques. Il existe un risque de glissement des priorités vers la promotion des pôles de croissances chez les gazelles des hautes technologies au détriment de la mise en place d un cadre donnant aux populations vivant dans les zones urbaines défavorisées une chance de gagner leur vie en créant leur propre emploi ou une petite entreprise. Les villes, en partenariat avec d autres acteurs, peuvent jouer un rôle absolument crucial pour transformer la croissance en emplois, tout en veillant à ce que les emplois ainsi créés soient susceptibles d offrir un avenir à l ensemble de leurs citoyens Les villes peuvent établir le pont indispensable entre les politiques relatives à l offre de travail et la création d emplois susceptibles de satisfaire de véritables besoins dans des domaines comme la culture, les services sociaux et l environnement. Elles s appuient pour cela sur les orientations de l UE concernant l emploi et la micro-économie. Ces besoins constituent souvent le point de départ dans l élaboration de mesures pour l emploi ciblées dans le cadre de stratégies de régénération urbaine intégrée. Plusieurs villes européennes ont lancé des initiatives de promotion de l emploi local il y a plus d une trentaine d années, lorsque les premières crises pétrolières et l accélération de la mondialisation ont entraîné une restructuration en profondeur des industries de base. La Commission européenne, elle-même, a brandi la bannière des initiatives locales en matière d emploi dès les années 80, avec le Partenariat d activités pour le développement économique local et le Livre blanc de Delors sur la croissance, la compétitivité et l emploi en Depuis, la Commission a financé un éventail impressionnant de programmes et d initiatives censées tester et

6 diffuser des bonnes pratiques en matière de politiques pour l emploi local tant en milieu urbain que rural. Cela a donné lieu à deux communications et à une ligne directrice portant spécifiquement sur le développement de l emploi local dans les premières versions de la Stratégie européenne pour l emploi. Nous disposons donc aujourd hui d un corpus considérable de connaissances ou d acquis sur ce qui fonctionne et ne fonctionne pas dans les politiques locales pour l emploi, corpus que divers réseaux et projets européens se chargent aujourd hui de faire connaître. Dans le même temps, deux cycles de l Initiative communautaire Urban ont permis de tirer un nombre incalculable d enseignements sur la manière d intégrer des mesures de promotion de l emploi dans des stratégies de redéveloppement urbain intégrées ciblées vers les quartiers les plus défavorisés. Le présent chapitre renvoie à un grand nombre de conclusions tirées par les réseaux URBACT actifs dans ce domaine. Il est en effet important que les villes capitalisent sur cette richesse d expériences, la multiplient et l adaptent à leur propre situation, mais avant toute chose, il est primordial qu elles évitent de réinventer la roue. Les villes peuvent optimiser leur impact sur l emploi en cessant de confiner leur réflexion à des projets isolés et en mobilisant tout leur potentiel pour se positionner en acteur économique et intermédiaire sur le marché du travail Les exemples présentés ci-dessous montrent que les villes disposent d avantages ou de leviers qui leur permettent de cibler de manière particulièrement efficace les politiques de l emploi vers les domaines qui en ont le plus besoin. Elles sont les plus aptes, du fait de leur proximité au terrain, à identifier les véritables obstacles à l emploi, mais aussi les tremplins vers l emploi. Elles peuvent mobiliser l engagement des populations et des entreprises locales. Mais surtout, elles jouent un rôle central pour faire le lien entre les différents secteurs politiques, tant au sein des collectivités locales qu en dehors de celles-ci, afin d assurer une meilleure adéquation entre la main-d œuvre disponible dans les quartiers en difficulté et les emplois créés. Dans les pages qui suivent, nous nous pencherons d abord sur la manière dont les villes sont en mesure de garantir que les trois priorités politiques clés de la Stratégie européenne pour l emploi bénéficient réellement aux quartiers urbains en difficulté. Nous verrons ensuite comment elles peuvent utiliser pleinement leur potentiel pour créer des emplois durables. 2.2 Comment les villes peuvent-elles garantir à l ensemble de leurs citoyens un accès au marché du travail? Les villes peuvent adopter une approche stratégique de l activation basée sur les besoins des populations. Les villes peuvent identifier et cibler les principaux obstacles à l intégration professionnelle. Les villes peuvent mettre en place des passerelles intégrées vers le marché du travail, en se concentrant sur certains groupes cibles. Les villes peuvent transformer leurs faiblesses en matière de marché du travail en atouts, en se basant sur l identité de groupes précis. Les villes peuvent accompagner des processus ascendants de renforcement des capacités locales. Les villes peuvent accompagner la transition d une économie informelle vers une économie formelle. Les villes peuvent accompagner la transition d une situation de dépendance à l égard des systèmes de protection sociale vers une indépendance sur le marché du travail.

7 Les villes peuvent adopter une approche stratégique de l activation fondée sur les besoins des populations Le nombre de personnes inactives qui, selon les chiffres officiels, sont en dehors du marché du travail dans les villes européennes, peut être 5 ou 6 fois supérieur au nombre officiel de sans-emploi. Il s agit de femmes avec enfants, de personnes âgées, de personnes handicapées et d un grand nombre de jeunes. Si certains survivent d indemnités sociales et d autres gagnent une partie de leur revenu dans l économie informelle, la plupart vivent simplement en situation de pauvreté. Le souhait de nombreux États membres de l UE de mobiliser ce potentiel gaspillé, mais surtout de réduire leurs dépenses sociales par le biais de stratégies d activation et d insertion, se reflète dans la première priorité emploi des Orientations intégrées pour la croissance et les emplois. À l origine de la situation de nombreuses personnes incapables de réintégrer le marché du travail, se trouve une combinaison extrêmement complexe d obstacles et d incitations qui varient grandement d une personne à l autre et d un endroit à l autre. Ainsi, même si les gouvernements européens, nationaux et régionaux peuvent fixer des objectifs généraux, la cible risque d être manquée et des conséquences négatives imprévues sont possibles faute d une interprétation locale des objectifs en question. Le risque est d autant plus fort dans le cas d une population ou d un quartier éloignés du marché du travail. Voilà pourquoi des villes comme Glasgow (Royaume-Uni) se sont dotées d une approche stratégique de l activation basée sur une analyse des besoins des populations. La ville prétend qu un total de personnes, représentant 28 % de la population en âge de travailler à Glasgow, est sans emploi. Cependant, seules d entre elles sont inscrites sur les registres des demandeurs d emploi. Près de bénéficient d un large éventail d indemnités de longue durée, principalement en raison de problèmes de santé, ce qui constitue une sous-utilisation dramatique de la principale ressource de la ville : sa population. Afin de s attaquer à ce problème, le conseil municipal de la ville de Glasgow a mis en place un forum Welfare to Work ( de l assistance sociale à l emploi ) composé des principales organisations publiques et privées intervenant en matière de politiques pour l emploi de la ville. Ce forum s est fixé l objectif ambitieux de réduire de plus de unités le nombre de personnes qui reçoivent des indemnités de longue durée. STRATÉGIE WELFARE TO WORK de Glasgow (RU) : Stratégies intégrées pour l activation en vue de la sortie des situations de dépendance à l égard du système de protection sociale Objectifs : Diminuer le nombre de personnes en âge de travailler bénéficiant d indemnités de longue durée, permettre à un plus grand nombre de personnes de retrouver une formation ou un emploi, et offrir à des sans-emploi des passerelles vers l emploi par le biais d un système de conseillers personnels et de programmes. Actions : Il s agit d un forum Welfare to Work qui associe les secteurs privés et publics, sous la direction d un éminent homme d affaires. Dans le cadre de la stratégie Accès égal à l emploi, des administrateurs ont été nommés dans une série de quartiers prioritaires, pour aider des populations défavorisées à accéder à des projets de formation et d emploi traditionnels, et faire le lien entre projets sociaux et de santé et projets d emploi et de formation. En outre, un fonds Working for Families a été institué pour développer des services en faveur des personnes dont la recherche d un emploi ou d une formation est entravée par l absence de garderie d enfants. Des tuteurs pour l accueil des enfants aident les parents à trouver des places d accueil, à planifier leur réinsertion professionnelle et à acquérir de nouvelles compétences. Enfin, le projet Positive Futures a été lancé par une équipe de travailleurs-référents ou de conseillers personnels désireux de guider

8 des jeunes issus des populations vulnérables à travers le labyrinthe institutionnel de la recherche d emploi. Acteurs : Conseil municipal de Glasgow, Job Centre Plus (agences pour l emploi), Département des affaires sociales, Scottish Enterprise Glasgow, le conseil de la santé, des entreprises privées. économique que connaît l Irlande, un large partenariat local a soutenu le développement d une offre commerciale locale et viable de places d accueil pour enfants, qui s accompagne d une structure d accueil pré et postscolaire pour les travailleurs et employeurs de la communauté et génère des emplois de gardiens et gardiennes d enfants. Ressources : La stratégie Accès égal à l emploi est dotée d un budget de 5 millions de livres sterling pour les trois premières années. Le projet Working for Families a un budget de 2,5 millions de livres sterling pour une période de quatre ans. Principaux enseignements : La ville a montré qu il est possible de rassembler un large éventail d organisations publiques et privées autour d une stratégie intégrée, axée sur la population, visant à accroître l accès à l emploi. Les villes sont en position idéale pour identifier et agir sur les principaux obstacles à la réinsertion professionnelle Une des premières questions auxquelles les villes doivent s attaquer lorsqu elles désirent mettre en place une stratégie d activation est la suivante : quels sont les obstacles qui empêchent les habitants des quartiers en difficulté de réintégrer le marché du travail quand ils le désirent? Deux des obstacles sur lesquels il est facile, pour les villes, de peser sont, d une part, la répartition inégale des structures d accueil de la petite enfance, et d autre part le coût et la disponibilité des moyens de transport des quartiers défavorisés vers les principaux gisements d emploi. Certaines villes ont résolu ces problèmes par des mécanismes qui peuvent créer des emplois durables. Par exemple, le Partenariat Ballyfermot est mené dans un quartier défavorisé situé à l ouest de Dublin qui regroupe plus de habitants, dont plus d un millier de ménages monoparentaux et 43 % menacés de pauvreté. Afin d aider ces populations à participer à la rapide croissance À Evosmos, la collectivité locale a ouvert quatre centres d activités créatives pour enfants. Les centres offrent simultanément une garderie de grande qualité pour 700 enfants et un large éventail de services d aide pour 250 femmes sans-emploi à la recherche d un emploi ou d une formation en entreprise. En ce qui concerne le transport, nombreux sont les exemples de villes ayant amélioré les liaisons d autobus ou de trains entre les quartiers défavorisés et les quartiers plus dynamiques de la ville (par exemple, la ligne de tramway qui relie le centre-ville de Strasbourg et sa banlieue en difficulté). Il s agit sans conteste de la première priorité des villes qui en ont les moyens. Certaines villes, comme le Grand Lyon, ont mis en place des systèmes de transport adaptés aux besoins, avec des minibus reliant les quartiers défavorisés aux principaux gisements d emplois ou de formations. Les villes peuvent jouer un rôle central quand il s agit de faire le lien entre les différentes étapes des parcours intégrés d accompagnement vers le marché du travail - par la prise en compte des besoins des minorités ethniques, des jeunes et des femmes La plupart des commentateurs sont aujourd hui d avis que l accès au marché du travail ne dépend pas que de la suppression de certains obstacles ou entraves isolés. Réinsérer une personne sur le marché du travail est un processus composé d une série d étapes difficiles pour tout un chacun. Le parcours est, évidemment, plus long, plus dangereux et plus cher pour une personne plus éloignée du marché du travail.

9 Nombreux sont les États membres qui se sont dotés de passerelles intégrées vers l emploi. Les collectivités locales, par le biais de projets locaux, ont démontré qu elles étaient en position idéale pour adapter ces passerelles de manière à les rapprocher au maximum des véritables besoins des bénéficiaires et de prendre réellement en compte la réalité économique et institutionnelle locale qui, souvent, détermine les chances de succès de la passerelle en question. Un grand nombre de projets urbains se concentrent sur l élaboration de passerelles intégrées adaptées spécifiquement aux besoins de groupes précis, comme les minorités ethniques, les jeunes ou les femmes. la méthodologie Strive a été appliquée avec succès dans diverses régions du Royaume-Uni. Acteurs impliqués : LEAP (Local Employment Access Projects projets d accès à l emploi local) est une organisation locale indépendante composée de personnes issues de l immigration et située à Harlsden, un quartier de Londres touché par un taux élevé de chômage. 80 % des participants au programme Strive étaient d origine africaine ou des Caraïbes. L organisation a, dans le passé, entretenu des liens avec le conseil du Comté de Brent. STRIVE, Harlsden, Londres (RU) : Passerelles intégrées vers l emploi pour les minorités ethniques Ressources : À la base, le projet LEAP recevait son financement du Harlsden City Challenge, avant d être financé par divers autres projets de régénération. Objectifs : Donner plus d autonomie aux résidants issus de minorités ethniques, ainsi que les compétences relationnelles nécessaires pour trouver un emploi ; leur donner une expérience professionnelle dans un véritable emploi ; dispenser une formation à l intention de ceux qui, par ailleurs, ne seraient pas éligibles ; offrir une série de services visant à améliorer le taux de maintien dans l emploi. Actions : En 1999, le projet a mis en place une passerelle vers l emploi dans le cadre d un programme intitulé Strive, qui a fait ses preuves à Harlem, New York. Il s agissait d un cours intensif de trois semaines, suivi de deux années d aide à la recherche d un emploi ou d un placement en entreprise. L originalité de l approche était multiple : efforts visant à changer la mentalité des bénéficiaires, en les transformant de victimes en adultes pouvant se vendre sur le marché ; liens avec de véritables emplois pour ceux qui doutent de l intérêt des programmes d emplois obligatoires ; formation sur le tas ; suivi intensif pour améliorer le maintien dans l emploi. Les trois quarts des participants ont décroché un emploi salarié. En 2006, l organisation était parvenue à placer en entreprise plus de personnes, et Principaux enseignements : On considère que le projet doit sa réussite à un faisceau de facteurs : priorité donnée aux efforts d autonomisation et aux compétences interrelationnelles, engagement des formateurs, sentiment de confiance établi entre ceux-ci et les participants, accent placé sur l interaction au sein du groupe, niveau élevé de participation active exigé des étudiants, transition sans heurt entre atelier de formation et placement en entreprises, suivi post-formation, stabilité des formateurs... Principaux enseignements des passerelles vers l emploi mises en place aux niveaux des quartiers ou des villes : Élaboration participative des passerelles : des conseillers aident les sans-emploi à analyser leurs propres atouts et faiblesses, et à établir leur programme individuel pour obtenir un emploi. Le processus n est pas imposé, mais négocié. Une fois le plan adopté, la personne sans-emploi prend le volant même si un instructeur personnel l accompagne tout au long du processus. Utilisation de pairs comme modèles ou conseillers : aider des personnes issues d un groupe à aider d autres

10 personnes issues d un groupe proche. Par exemple, des projets comme Loisir ou le Magasin du temps à Aarhus (Danemark) utilisent des pairs issus d une même minorité ethnique pour aider d autres bénéficiaires. domaine lié à l idée initiale. Plus important, les jeunes reçoivent un emploi à temps partiel pendant une période de douze mois, afin de peaufiner leur idée dans le domaine choisi. Utilisation de mentors : former des personnes possédant une expérience en entreprise à écouter et soutenir d autres personnes de la même origine, afin de les aider à prendre les bonnes décisions. Une approche qui repose sur l identification et l exploitation d opportunités et une autonomisation collective. Certaines parmi les approches les plus intéressantes vont au-delà des parcours individuels et essayent de capitaliser sur les intérêts et forces de certains groupes comme les jeunes ou les minorités ethniques. Les villes peuvent transformer leurs faiblesses sur le marché du travail en atouts, en travaillant sur l identité de groupes spécifiques Dans certains quartiers, la forte proportion de jeunes ou de représentants de minorités ethniques vulnérables peut être considérée comme une faiblesse dans le cadre d une analyse traditionnelle du marché du travail. Cependant, plusieurs villes se sont efforcées de transformer ce problème en atout, en se concentrant sur la diversité portée par une jeunesse dynamique ou une culture ethnique. Cela peut donner un sentiment renouvelé d appropriation et d autonomie, et parfois des emplois. Par exemple, la ville de San Sebastián en Espagne, a mis sur pied un projet reposant sur les intérêts et les atouts des jeunes en matière d industries créatives. Le projet prévoit douze mois de formation et d emploi pour un groupe de neuf jeunes choisis en fonction de l entreprise qu ils proposent de créer dans le secteur de l industrie audiovisuelle. Le programme offre aux participants des informations, un accompagnement et des conseils pour développer leurs idées, une formation à la gestion d entreprises, une formation professionnelle dans un Quand il s agit de créer des emplois reposant sur la diversité, certains pays sont confrontés à des limites imposées par leur constitution. D autres, cependant, explorent pleinement le potentiel offert par les diverses cultures ethniques dans le cadre de la vente au détail, de la restauration, de la musique, etc. Un grand nombre de ces activités restent cantonnées à des rues ou quartiers précis. Là encore, de telles approches peuvent déboucher sur une chaîne intégrée d activités allant de mesures visant à renforcer les capacités et à restaurer la confiance des individus, à de véritables campagnes marketing visant à promouvoir tout un quartier ou un secteur particulier de façon à sortir le territoire des limites de marchés générateurs de faibles revenus. ALA KONDRE, Rotterdam (Pays-Bas) : Créer des emplois en exploitant la diversité culturelle Objectifs : Initié en 2003 pour améliorer l image d une rue à l abandon où se concentraient cependant de nombreux magasins multiculturels, dans la municipalité de Delfshaven à Rotterdam. L objectif était de faire connaître le caractère unique de la rue, comme point de rencontre de diverses cultures et source de biens et de services multiculturels. Actions : Sur la base des suggestions des commerçants locaux, le nom de Ala Kondre a été donné à la rue, ce qui en surinais signifie tous les pays, afin de renforcer son image multiculturelle et de créer un sentiment d unité. Une stratégie de communication a été mise en place avec les entrepreneurs. Pour éviter qu une culture domine les autres, des signaux routiers, des affiches et des drapeaux faisant référence à diverses cultures ont été utilisés pour décorer la rue. La Rabo

11 Bank a accepté d accorder une facilité d hypothèque aux vendeurs au détail. Le gouvernement local envisage de mettre en place, à l intention des entrepreneurs locaux, une série de mesures - dont un régime fiscal préférentiel et d autres services - qui pourraient bénéficier à la totalité de la rue. Acteurs : La municipalité, les commerçants locaux. Il a été possible d associer quelques banques parmi les plus importantes. Ressources : Information non disponible Principaux enseignements : En choisissant une rue commerçante dans sa totalité, il est possible de créer un sentiment d identité. Si la plupart des entrepreneurs sont prêts à participer au dispositif, il est important de commencer par les plus motivés. Quelques petites actions visibles s imposent afin d obtenir rapidement des résultats. L approche doit ensuite être formalisée par la création d une association de commerçants, par la mise en place d une agence de promotion et par la mise à disposition de sources permanentes de financements publics et privés à l image, par exemple, des Business Improvement Districts du Royaume-Uni (voir point 1.4). Les villes peuvent soutenir des processus ascendants de renforcement des capacités locales et du capital social Outre le renforcement social et économique des capacités au sein de groupes cibles spécifiques, de nombreuses villes se concentrent sur le développement du capital social et de l identité de quartiers en difficulté dans leur ensemble. Des processus de régénération physique de grande envergure améliorent souvent ostensiblement l environnement physique de certains quartiers, mais laissent le tissu social et économique en l état, ou contribuent à sa dégradation. On retrouve alors des bâtiments et des parcs situés dans un environnement de dépendance, de découragement et d insécurité. Allumer des petites flammes d activités pour redonner confiance constitue la première étape vers la création de communautés durables, d individus et d entreprises. Cependant, à court terme, beaucoup de projets individuels ne mènent pas directement à de l emploi et ne sont donc pas éligibles à certaines sources de financement (par exemple le Fonds social). Dans ce contexte, certaines villes comme Londres et Cardiff (Royaume-Uni) ont utilisé des instruments financiers flexibles tels que des subventions mondiales comme fonds de lancement pour des petites initiatives locales, arguant qu elles représentent une étape vitale du chemin beaucoup plus long qui mène à la création d emplois. KCIDADE, Lisbonne (Portugal) : Renforcement des capacités locales Objectifs : Tester une nouvelle méthodologie pour aider personnes issues de trois bidonvilles près de Lisbonne et en processus de relogement, ainsi que autres résidants à prendre le contrôle de leur vie et à échapper à l exclusion sociale grâce à l emploi et la création de nouvelles activités économiques. Actions : KCidade est un projet expérimental sur dix ans, reposant sur l activation des communautés qui identifient leurs propres besoins et créent leurs propres capacités. Le projet inclut une série d activités (escalier de l emploi et de l esprit d entreprise). Il prévoit de lancer une série de projets communautaires d innovation qui se concentrent sur la création d identité et de cohésion sociale, et de créer trois centres communautaires d innovation, tous conçus pour être des espaces créatifs et novateurs, planifiés et gérés par les résidants, à heures d ouverture flexibles. Les centres disposeront d espaces numériques d inclusion destinés à combler le fossé numérique qui isole les résidants défavorisés du reste de la société. Ils prodiguent des conseils personnels, offrent des ateliers de motivation au retour à l emploi, des formations professionnelles et des stages, un soutien à la création d entreprises, des

12 microcrédits et une certification professionnelle et pédagogique ad hoc. Acteurs : Les partenaires impliqués sont la Fondation Aga Khan, la municipalité de Sintra, d autres fondations de premier plan, l Association commerciale et industrielle, l Association des enfants, le ministère du Travail et Hewlett Packard. La participation des résidants locaux, en tant qu utilisateurs et travailleurs, la mobilisation des chefs d entreprises locaux, la coordination avec les écoles et services sociaux locaux sont au cœur de toute l approche. Ressources : Le budget estimé pour 2006 s élevait à environ 1,6 million d euros ( euros d Equal). Le projet a pour philosophie d utiliser les ressources externes pour renforcer les capacités locales mais sans les remplacer. Principaux enseignements : L importance d une approche à long terme (au moins dix ans), une étude préliminaire solide et un système de contrôle, le renforcement des capacités individuelles et communautaires à la base de tout le projet, l importance de partenariats à grande échelle, la nécessité d accompagner les projets sociaux et économiques par de la régénération physique. Les villes peuvent créer des passerelles entre les services sociaux et les politiques pour l emploi pour accompagner la transition d une situation de dépendance à l égard du système de protection sociale vers une indépendance sur le marché du travail C est l un des domaines les plus sensibles et les plus farouchement contestés des politiques actuelles en faveur de l emploi. Le soi-disant triangle d or de la flexisécurité apparaît à la fois dans les débats sur la politique d activation et dans ceux relatifs à l adaptabilité des travailleurs et des entreprises au changement mondial. Les trois sommets du triangle font référence aux éléments suivants : un filet de sécurité sociale solide qui permettra d amortir la chute des travailleurs en période de chômage, des politiques de marché actives pour garantir que ces chômeurs cherchent et trouvent un emploi, des relations de travail plus flexibles. Lorsqu il s agit de considérer les stratégies des zones urbaines défavorisées, il convient de ne pas sous-estimer un facteur déterminant dans ce débat apparemment national : si les cadres réglementaires dans lesquels s inscrivent les politiques en matière de prestations sociales et de marché du travail sont fixés à l échelon national, les autorités locales ont un rôle de plus en plus important à jouer dans leur application. Par exemple aux Pays-Bas, une loi récente sur la sécurité sociale a octroyé une responsabilité majeure aux administrations locales en matière d administration des dispositifs de sécurité sociale. Elle leur a également accordé une certaine marge de manœuvre pour réduire les dépenses sous forme d allocations et augmenter l efficacité des politiques d intervention en direction du marché du travail. La politique actuelle de la ville de Hertogenbosch (Bois-le-Duc), aux Pays-Bas, est emblématique de cette nouvelle orientation. Nos études de cas montrent que des approches similaires sont actuellement expérimentées à Glasgow et en France, dans le département du Doubs. Dans la plupart des pays d Europe, les autorités locales gèrent les départements des services sociaux et disposent d informations de première main sur la situation des personnes résidant dans les quartiers en difficulté. Elles ont aussi des responsabilités dans la mise en œuvre de nombreuses politiques concernant le marché du travail, la formation et le conseil en carrières professionnelles. Enfin, bien que les programmes soient en général définis au niveau national, elles peuvent jouer un rôle important auprès des écoles et établissements d enseignement. Cela signifie que les villes disposent d une capacité d action déterminante, non seulement lorsqu il s agit de faciliter la sortie de situations de dépendance à l égard du système de protection sociale, mais aussi lorsqu il s agit d adapter les dispositifs et processus aux besoins de certains territoires et groupes de population.

13 Les villes peuvent aussi jouer un rôle important en matière d accompagnement des processus de transition de l économie informelle vers l économie formelle On estime à 18 % (chiffre stupéfiant) la proportion du revenu national brut provenant de l économie informelle en Europe occidentale. Au total, 30 millions de personnes seraient impliquées dans des activités relevant du secteur informel soit plusieurs fois le nombre de chômeurs. La proportion des personnes vivant de l économie informelle a augmenté au cours des années quatre-vingtdix dans presque tous les États membres, parallèlement à une augmentation des bas salaires. On sait très peu de choses sur l économie informelle. Il peut s agir d entreprises actives dans des secteurs très respectables mais qui ne déclarent pas tout ou partie de leurs revenus ou des salaires de leurs employés. Il peut également s agir de travailleurs qui ne déclarent pas tout ou partie de leurs revenus pour des activités telles que le travail ménager, la construction, l entretien, la vente dans la rue, etc. Aucune de ces activités n est illégale en soi. Mais elles constituent autant d échappatoires pour les personnes, jeunes et moins jeunes, résidant dans les zones urbaines en difficulté. Au niveau local, les villes ont expérimenté la mise en place de divers dispositifs de soutien, en matière d informations, de conseil, de formations, de mise à disposition d infrastructures et services collectifs (permis plus flexibles, sécurité, installations d affichage, accès aux marchés publics) ainsi que des contrôles plus stricts. CLAVEL, Séville (Espagne) : Des voies pour sortir de l économie informelle Objectifs : Légaliser la vente de fleurs dans le nord de Séville pour soutenir le travail autonome et l indépendance des gitanes. Actions : Le projet Clavel (œillet) a commencé par une période de discussions directes avec les 800 gitanes vivant dans un quartier défavorisé afin de bien comprendre leurs conditions de vie. Deuxièmement, une activité la vente de fleurs a été choisie et ses conditions de viabilité dans l économie formelle étudiées. Cela a nécessité une série de changements en amont dans la formation des femmes qui vendent les fleurs. Au cours de l étape suivante, le projet local a servi d intermédiaire et a réuni les services sociaux, les vendeurs de rue et les départements de l égalité des chances ainsi que les associations locales de fleuristes et les femmes, pour s accorder sur un permis social plus flexible de la vente de rue. Les femmes ont reçu une formation et créé une association qui faisait connaître leur production florale en utilisant leur propre logo distinctif un œillet bien sûr. Acteurs : Junta de Andalucia (gouvernement régional), Ayuntamiento de Sevilla (autorité locale), FEANSAL (Fédération des entreprises sociales), FPAAVV (Fédération des associations de quartier), AESIM (association spécialisée dans les études sur l égalité des chances), Sevilla Acoge (ONG s occupant de l accueil des immigrants), Union Romani (ONG qui soutient les gitans), ASPANRI (ONG s occupant de personnes handicapées), Proyecto Hombre (ONG s occupant de toxicomanes). Ressources : Environ 2 millions d euros. Partiellement financé par l initiative Equal. Principaux enseignements : Les personnes qui travaillent dans l économie souterraine sont souvent entreprenantes de nature, mais il est capital de comprendre les obstacles qui les empêchent de mener une activité légale. Ces activités de l économie souterraine peuvent devenir des initiatives d entreprises légales, mais il faut travailler en parallèle au niveau des chefs d entreprise et du cadre administratif et juridique.

14 Certaines villes ont essayé d aller plus loin et d envisager l économie informelle comme une opportunité plutôt que simplement comme un problème. Dans de nombreux cas, l économie informelle peut avoir la fonction d incubateur de compétences et de développement de l esprit d entreprise, éléments susceptibles de porter leurs fruits dans l économie formelle. Par exemple, en Italie, à Palerme, on estime qu environ 28 % de la main-d œuvre, soit à peu près personnes, travaillent dans le secteur de l économie informelle. La plupart de ces personnes ont moins de 25 ans, et une grande partie d entre elles sont des femmes célibataires avec famille. Le projet Al Bab réunit les conseils municipal et régional, le ministère de la Justice, différentes écoles et établissements d enseignement, des organisations communautaires et des sociétés privées dans un projet ambitieux qui vise à régénérer des zones négligées de la ville et y développer des centres d accueil communautaires où des coopératives offriront toute une série d activités touristiques et de services. 2.3 Comment les villes peuvent-elles améliorer la qualité du capital humain dans les zones urbaines en difficulté? Les villes peuvent offrir une deuxième chance à ceux qui sont sortis du système éducatif traditionnel. Les villes peuvent créer des passerelles entre écoles, établissements de formation et employeurs. Les villes peuvent utiliser les nouvelles technologies pour augmenter l accès aux ressources pédagogiques et aider au développement de stratégies d éducation continue. Les villes peuvent offrir aux jeunes plus de modèles de fonctions professionnelles d entreprise. Les villes peuvent contribuer à combler les lacunes en compétences recherchées par les employeurs. Les villes peuvent offrir une deuxième chance à ceux qui sont sortis du système éducatif traditionnel Dans la plupart des pays d Europe, des règles nationales régissent le système éducatif formel dans le but de garantir un accès universel et un traitement égal à tous les citoyens. Écoles et universités peuvent être des obstacles insurmontables à franchir en terme d intégration dans les stratégies locales d emploi. L une des premières réponses des autorités locales est de soutenir différents types de formations et d enseignement pour mettre fin aux manquements du système existant. Il existe plusieurs exemples excellents de projets de soutien scolaire et d écoles de la deuxième chance qui se concentrent sur des groupes cibles particuliers et/ou certains territoires en difficulté. Par exemple, la Finlande connaît un haut niveau de décrochage scolaire dans les établissements professionnels. Le projet Haavi à Vantaa s est attaqué à cette question en créant une équipe mobile de résolution des problèmes constituée de deux personnes, qui utilisent une méthode pratique et concrète pour lutter contre le décrochage. Il a fallu associer les professeurs, les parents et les jeunes dans un cadre d intervention flexible, holistique et en temps réel. Chaque situation était évaluée individuellement au cas par cas, et les différentes étapes étaient définies en adéquation avec la situation qu il s agisse de travailler sur la situation de l élève au sein de l école ou autre. Pendant la première phase du projet, environ 100 jeunes ont participé à la démarche et le taux de décrochage est passé de 20 % à 13 %. La deuxième phase du projet inclut également des actions visant à faciliter le passage de l enseignement général vers les écoles professionnelles. Le message principal véhiculé par le projet est le suivant : apprenez à connaître les jeunes.

15 AMUCK, Copenhague (Danemark) : Recourir à des mentors pour empêcher l abandon précoce des études Les villes peuvent jouer un rôle majeur dans la création de passerelles entre écoles, établissements de formation et employeurs Objectifs : Accompagner des jeunes garçons issus d une minorité ethnique marginalisée dans un quartier en difficulté de Copenhague Norrebro à mieux choisir le type d enseignement qu ils pourraient suivre, pour assurer leur maintien dans le système scolaire ou leur permettre de réintégrer ce dernier. Actions : Une organisation, Amuck CV, a employé 13 tuteurs des jeunes issus de la même minorité ethnique ayant terminé leur scolarité ou encore scolarisés. La deuxième étape consistait à préparer les tuteurs à travailler avec les garçons. La troisième étape visait à trouver les garçons qui allaient participer au projet. Les tuteurs étaient associés en binôme à un jeune garçon éprouvant des difficultés scolaires (le stagiaire). Les tuteurs ont ensuite établi un premier contact avec leur stagiaire, puis travaillé avec les garçons pendant six mois, en se concentrant sur l enseignement, la confiance en soi et le développement personnel, sur la base des compétences, intérêts et désirs de chaque stagiaire. Acteurs : Le centre municipal pour l orientation des jeunes et le Département de l intégration, le centre d orientation pour les jeunes de la banlieue de Norrebro. Ressources : Le Département municipal de l intégration a financé la majeure partie du projet. Principaux enseignements : L importance d être à l écoute des jeunes et d établir un sentiment de confiance ; le besoin de comprendre leur point de vue ; l intérêt de recourir à des gens auxquels ils peuvent s identifier (les tuteurs) et qui ont vécu le même genre de problèmes ; le besoin d impliquer les jeunes dans la conception de solutions pédagogiques réalistes. Beaucoup de villes se sont rendu compte qu elles pouvaient jouer un rôle stratégique dans la médiation entre les besoins de leurs citoyens, les écoles locales, les établissements de formation et les employeurs. Les approches incluent des actions telles que développer une offre de stages qui s adressent aux jeunes dans le secteur privé, ou encourager les représentants du secteur privé à visiter les écoles et à motiver les enfants et les jeunes. Les avantages pour les enfants et leurs perspectives sont évidents. Pour les entreprises privées, cela peut être une excellente manière de recruter de nouveaux apprentis et de les tester pendant une période d expérience de travail avant qu ils ne quittent vraiment l école. Par exemple, le projet Work Med promu par la ville de Reggio Calabria, en Italie, finance les salaires des jeunes pendant leurs dix mois de formation dans une entreprise locale. La ville coordonne toute la procédure et s assure de la qualité des stages et formations. En conséquence, sur les 500 stages effectués, 350 jeunes se sont vus offrir un contrat de travail un excellent taux de réussite de 70 %. THE MENTOR COMPANY, Malmö (Suède) : Les jeunes, de l exclusion à l inclusion Objectifs : Fournir aux jeunes d origine étrangère un meilleur accès au marché du travail suédois. Actions : Le projet Mentor Company (Société de tuteurs) a débuté en 2002 dans les écoles secondaires supérieures de Öresundsgymnasiet et Pauliskolan. Les élèves d origine étrangère ont eu la possibilité d effectuer quatre visites et de bénéficier d au moins deux semaines de stage payées dans l une des huit entreprises participantes. Le processus a commencé par la sélection des élèves et des entreprises, suivie de réunions entre

16 des représentants des entreprises et des écoles. L étape suivante a consisté en une série de visites d études, de stages et de réunions d évaluation dans les entreprises à la fin de chaque stage. Pendant la première année du projet, 35 élèves de chaque école ont participé au projet. installations informatiques (accès gratuit à Internet), l apprentissage des compétences informatiques de base, une série de matériel didactique professionnel et récréatif, l accès à l apprentissage en ligne, l accès à des informations et des ressources sur l enseignement au sens large, des formations et des perspectives d emploi. Partenaires : L Office du commerce et de l industrie de la ville de Malmö, deux écoles et plusieurs entreprises. Ressources : Une grande partie du projet a été financée sur du bénévolat, tandis que le budget des écoles et la municipalité ont pris en charge le reste. À présent, c est le budget ordinaire des écoles qui finance le projet ; les entreprises participantes financent quant à elles les stages. L Office du commerce et de l industrie de la ville de Malmö a rémunéré un consultant. Principaux enseignements : Le projet a donné aux jeunes un avant-goût des exigences du marché du travail, et parallèlement, les entreprises ont eu un meilleur aperçu des jeunes vivant dans la ville de Malmö. Le projet a fortement reposé sur l engagement et la participation de tous les partenaires la direction et les professeurs des écoles, ainsi que les entreprises. Les villes peuvent utiliser les nouvelles technologies pour augmenter l accès aux ressources pédagogiques et aider au développement de stratégies de formation continue Par exemple, le Real Partnership (Partenariat réel) à Glasgow consiste en une coopération entre les administrations locale et régionale, les établissements d enseignement supérieur, une association d entreprises, les universités et institutions du secteur de l enseignement. Ils ont créé un réseau de centres communautaires principalement situés dans des bibliothèques, mais aussi des centres d affaires et des établissements d enseignement pour offrir une éducation continue dans toute la ville. Les centres proposent un accès public gratuit aux Il est possible de fournir des modèles de fonctions professionnelles et d améliorer la formation à l esprit d entreprise auprès des jeunes et des femmes dans les écoles et d autres établissements Beaucoup de projets se concentrent sur la préparation des jeunes à l emploi rémunéré. Cependant, dans certains cas, les emplois rémunérés ne sont tout simplement pas là, ou n attirent pas les jeunes. Le besoin de faire évoluer les attitudes des entreprises, les modèles de fonctions professionnelles ainsi que les compétences des jeunes et des femmes semble de plus en plus reconnu. FEMMES CRÉATRICES D ENTREPRISE AU XXI e SIÈCLE, Bilbao (Espagne) : Promouvoir l esprit d entreprise Objectifs : Promouvoir une culture d entreprise dans la population féminine de Bilbao et offrir aux femmes chefs d entreprise les outils nécessaires pour (ré)intégrer le marché du travail, grâce au travail indépendant. Actions : Le projet propose aux femmes des ateliers de développement d entreprise, des ateliers en informatique et une aide à Internet ainsi que des conseils personnalisés en gestion et développement de business plan. Les femmes reçoivent aussi des conseils quant à la recherche de financements, à la gestion et la prise de décision pendant les trois premières années de leurs activités. Enfin, un réseau de tuteurs est créé pour faciliter le partage des connaissances, expériences et contacts entre collègues femmes chefs d entreprise. Acteurs : La société de promotions d entreprises et d emploi de Bilbao, et une fondation créée par la Caisse

17 d épargne de Bilbao et spécialisée dans la création d emplois auprès des jeunes. Ressources : L investissement dans les neuf entreprises créées par les femmes s élevait à euros, dont euros (56 %) provenant de financements externes. Les femmes ont financé le reste. 60 % du financement externe provenait de deux caisses d épargne. Principaux enseignements : L évaluation des ateliers montre que les femmes ont l impression que le projet a contribué à améliorer leur confiance en elles, leur capacité créative, ainsi que leur capacité à gérer leur propre entreprise. Les tuteurs doivent garder à l esprit que les chefs d entreprise voudront améliorer leurs capacités et aptitudes en un court laps de temps. Les tuteurs se révèlent particulièrement utiles pendant la première année d activités. Les villes peuvent aussi aider les employeurs à développer les compétences qui font défaut sur le marché de l emploi Cela nécessite de créer dans toute la ville des liens avec des réseaux d entreprises coopérantes. Comme le montrent les exemples susmentionnés (le projet Haavi en Finlande, le Mentoring Project de Malmö en Suède et le projet Work Med de Reggio Calabria en Italie), beaucoup d entreprises sont souvent prêtes à accepter des chômeurs issus de quartiers en difficulté qui souffrent souvent d une mauvaise réputation injustifiée. Avantages pour les entreprises participantes : la présélection des candidats les plus appropriés pour l entreprise et le poste en question (un gain de temps pour l entreprise), et un accompagnement permanent dans la phase initiale d embauche. À Glasgow par exemple, le Management Training Programme (Programme de formation en gestion) offre une formation aux chefs d entreprise, aux managers et techniciens par le biais de subventions permettant le recours à des formateurs externes financés jusqu à 50 % (système de coupons) ; ces formations sont ciblées spécifiquement sur les compétences requises pour rester concurrentiel dans l économie mondiale (par exemple le commerce électronique, Internet et la création d un site Internet). 2.4 Comment les villes peuvent-elles aider entreprises et travailleurs à changer pour s adapter au changement? Les villes peuvent identifier les tendances sur le marché du travail et dans l économie locale. Les villes peuvent créer des partenariats liant les zones/secteurs de croissance et les secteurs défavorisés. À première vue, les recommandations formulées dans les lignes directrices intégrées de la Commission européenne pour la croissance et l emploi qui font référence à l amélioration de l adaptabilité des travailleurs et des entreprises semblent s appliquer principalement aux tendances à l œuvre au niveau national voire mondial. Cependant, il existe une série d actions que les villes peuvent entreprendre et qui profiteraient aux territoires en difficulté. Les villes peuvent identifier et anticiper les tendances à l œuvre sur le marché du travail et dans l économie locale La Commission européenne soutient que les villes devraient utiliser les systèmes et outils d analyse nécessaires pour anticiper les changements économiques et sociaux. Dans ce contexte, certaines villes ont établi des observatoires du marché du travail, qui portent une attention toute particulière à la situation des territoires les plus défavorisés de la ville. À Rome (Italie) par exemple, l Observatoire municipal sur l emploi et les conditions de travail repose sur un accord passé entre le conseil municipal et les partenaires sociaux. L observatoire s intéresse non seulement aux changements sous-jacents de l offre

18 et de la demande d emplois, mais aussi aux salaires, conditions et droits du travail. De la sorte, il peut suivre de près les changements qui touchent à la fois à la flexibilité et à la sécurité de l emploi, mais aussi les avantages et obstacles réels rencontrés lors de la sortie du système d allocations chômage et/ou de l économie informelle. Johnson Centre à Tower Hamlets, jouent un rôle important en tant qu intermédiaires locaux dans des villes comme Londres. Cependant, l un des modèles les plus couronnés de succès récemment développé est le modèle de pôle d activités mis en place dans des villes telles que Leicester et Birmingham (Royaume-Uni). Les villes peuvent créer des partenariats liant les zones/secteurs de croissance et les quartiers ou groupes en difficulté PÔLE D EMPLOI BULLRING, Birmingham (RU) : Réunir demandeurs d emploi issus des quartiers en difficulté et secteurs de croissance du centre-ville Bien sûr, c est une chose d observer les tendances de l emploi et l économie et c en est une autre que d agir. L émergence d une nouvelle activité d entreprise et la croissance économique ne se traduisent pas forcément par plus d emplois pour les résidants locaux. En fait, si les sources traditionnelles de revenus de la population locale sont aussi menacées, les résultats de la croissance dans une partie de la ville peuvent se traduire par un fort ressentiment et une explosion de colère dans une autre partie de la ville. Les autorités locales sont idéalement placées pour aider les résidants à s adapter à ces schémas de croissance et de baisse de l activité économique et de ses bénéfices. Cela implique généralement l assemblage d une série de mesures visant à améliorer les liens entre l offre locale de main-d œuvre et la demande, qui aille bien au-delà de l exercice traditionnel consistant à faire correspondre les postes vacants au nombre de chômeurs. D une part, cela peut nécessiter de s atteler à certains des obstacles susmentionnés en matière de garde d enfants, de transports, etc. Mais plus important encore, cela nécessite une action simultanée sur le long terme pour adapter les compétences de la population locale aux exigences des secteurs en croissance. Les villes ont expérimenté divers mécanismes pour établir les liens nécessaires entre ces différentes dimensions du marché du travail. Des centres locaux de ressources dans les zones urbaines défavorisées, tel que le Ben Objectifs : Garantir que les résidants des quartiers urbains en difficulté situés en périphérie bénéficient d une grande partie des emplois créés dans l un des plus grands projets de réaménagement de magasins du centre-ville le Bullring de Birmingham. Actions : Le projet comprenait un ensemble coordonné d actions : promotion auprès des demandeurs d emploi, activité ciblée dans certaines zones, travail d approche au moyen d un bus mobile, conseils sur la sécurité sociale, ensemble de formations et accompagnement de la population locale et collaboration étroite avec les administrateurs du personnel des 140 principaux employeurs du centre commercial pour identifier leurs exigences et obtenir leur engagement. La garde d enfants était aussi assurée. Le partenariat a réussi à pourvoir un tiers des nouveaux emplois et faire en sorte que 80 % d entre eux bénéficient à des chômeurs, 60 % aux femmes, presque la moitié aux personnes issues de minorités ethniques et plus de la moitié à des personnes issues de certains quartiers périphériques prioritaires. Acteurs : Le partenariat Pôle d emploi Bullring a été créé en 2002 grâce à une collaboration entre le conseil municipal, Job Centre Plus, le Département du travail et des retraites, Connexions Service chargé de l emploi des jeunes, le Learning and Skills Council (Conseil d apprentissage et de compétences) chargé de la formation, Business Link chargé de l accompagnement des entreprises, la Chambre de commerce, des représentants du

19 secteur bénévole de Birmingham et des promoteurs immobiliers privés. Ressources : Le FEDER et les partenaires impliqués ont financé le projet. Principaux enseignements : Travailler en parallèle sur les volets de l offre et de la demande du marché du travail ; négociations et implication précoce du promoteur immobilier et des principaux employeurs ; partenariat entre la ville et toutes les principales institutions publiques ; financement adéquat. 2.5 Comment les villes peuvent-elles créer de nouveaux emplois et garantir qu ils constituent des opportunités pour les populations des quartiers en difficulté? Les villes peuvent tirer profit de leur capacité d acheteur public pour créer des emplois destinés à la population locale. Les villes peuvent s assurer que l embauche locale et les processus de formation développés par les autorités publiques créent des opportunités d emploi pour les territoires et populations en difficulté. Les villes peuvent combiner financements public et privé pour créer des emplois dans le secteur de l économie sociale. Nous avons vu plus haut que les villes peuvent jouer un rôle majeur pour garantir que tous les citoyens aient un meilleur accès au marché du travail, améliorer la qualité du capital humain et aider les travailleurs et les entreprises à s adapter aux changements. Cependant, la contribution essentielle que les villes peuvent apporter se trouve précisément du côté de l offre. Les villes peuvent jouer un rôle capital en garantissant que les emplois créés bénéficient à la population locale et rencontrent la demande locale. Par le passé, les villes ont mis en œuvre diverses approches en matière d interventions publiques visant à favoriser la création d emplois. Une première consistait à attirer plus d investissements d entreprises externes sur le territoire en faisant la promotion de la ville, en aidant à la réinstallation et en offrant des incitations généreuses. Cette politique continue encore à figurer dans l arsenal de la plupart des administrations municipales, mais la marge de manœuvre s est aussi réduite suite aux pressions des autres villes et des pays en voie de développement. Une deuxième approche consistait simplement à créer des emplois dans le secteur public. La difficulté de maintenir ces emplois compte tenu des pressions sur les dépenses publiques a aussi grandement réduit, pour les villes, la marge de manœuvre relative à cette stratégie. Enfin, un autre ensemble de stratégies visait à encourager l essor des entreprises émergentes et l expansion de PME entièrement locales. C est probablement la priorité actuelle de la plupart des stratégies de création d emplois mises en œuvre par les villes. Le chapitre sur le rôle des villes dans le développement des entreprises aborde cette question (chapitre 1). Cependant, certaines villes inscrivent ces approches et stratégies dans un contexte beaucoup plus large, prenant en compte toutes les fonctions qu elles peuvent exercer dans l économie locale (d acheteurs, de parties contractantes, d employeurs, de fournisseurs de services, d investisseurs et faiseurs de politiques) sous l angle de leur impact potentiel sur l emploi particulièrement dans les quartiers en difficulté. En utilisant toutes ces fonctions, elles peuvent mobiliser une approche beaucoup plus dynamique empreinte d esprit d entreprise et visant la création d emplois. Dans ce contexte, l économie sociale s avère un secteur particulièrement propice et de plus en plus important. En tant qu acheteurs, les villes peuvent utiliser leur pouvoir d achat pour créer des emplois qui bénéficient à la population locale

20 La législation européenne relative aux marchés publics permet aux autorités locales d inclure certaines clauses sociales dans leurs procédures de passation des marchés, sachant qu elles n ont pas le droit de faire de la discrimination géographique. Récemment, les villes ont utilisé deux grandes approches pour mettre leur capacité d acheteur au service de la création d emplois locaux : la première avantage les contractants privés ordinaires qui s engagent à employer un certain nombre de chômeurs locaux, tandis que la deuxième favorise les entreprises sociales qui n emploient pas seulement la population locale, mais investissent simultanément dans la construction du capital social. Le département du Doubs en France s est lancé dans la première approche. De récentes réformes ont fait passer la responsabilité de l attribution du revenu minimum d insertion au niveau départemental, qui a estimé que les coûts afférents avaient augmenté de 50 % sur les trois dernières années ; ce qui représentait 32 millions d euros pour personnes. Le département a évalué qu un tiers de ces personnes étaient directement employables, qu un tiers devaient recevoir une formation complémentaire et qu un autre tiers auraient beaucoup de difficultés à entrer sur le marché du travail. Le département a donc décidé d utiliser son budget annuel en matière de marchés publics (170 millions d euros) pour créer une ouverture aux % des chômeurs qui semblaient les plus proches du marché du travail. Pour ce faire, une clause a été intégrée dans la législation sur les marchés publics, qui favorise les entreprises s engageant à embaucher des personnes bénéficiaires d allocations. Simultanément, un accord a été passé avec l Agence nationale pour l emploi (ANPE) qui procède en amont à l identification et au recrutement des personnes, et qui, en aval, prodigue des conseils et offre de l aide aux entreprises. Les principaux emplois touchaient les domaines de la construction, l entretien des parcs et les routes. Sheffield est un exemple intéressant de la deuxième approche. Cette ville dépense à présent environ 40 % de son budget marchés publics dans les entreprises sociales. L objectif ici consistait non seulement à créer de l emploi, mais aussi à construire un capital social dans certaines zones les plus défavorisées de la ville, ainsi qu un sens de l entreprise collective dont le but serait de répondre aux besoins sociaux (voir le point 1.4). PROMOTION DE L EMPLOI ET INSERTION GRÂCE AUX MARCHÉS PUBLICS, Grand Lyon (France) : Les marchés publics comme outil de création d emplois locaux Objectifs : La communauté urbaine de Lyon a décidé d inclure une clause sociale dans ses contrats de marchés publics afin d aider les personnes les plus éloignées du marché du travail à accéder à l emploi. Actions : La ville a d abord mené une étude en Elle a mandaté l équipe chargée de l insertion locale et de l emploi dans l une des zones les plus défavorisées de l agglomération de Lyon pour conseiller et rédiger la clause. Cela a abouti sur trois options offertes aux employeurs : la première consistait à engager directement le chômeur ; la deuxième à parvenir à un accord avec une organisation intermédiaire du marché du travail (voir ci-dessous) ; la troisième consistait à utiliser une agence de travail intérimaire sur la base d un nombre fixe d emplois en fonction de la taille et de la nature du contrat. Acteurs : La ville a créé une unité de coordination pour surveiller le processus qui impliquait l Agence nationale pour l emploi (ANPE) et les équipes locales d insertion et d emploi. Ressources : L objectif était de donner du travail à au moins un chômeur pour chaque million d euros de marchés publics. Fin 2005, le projet n avait pas atteint son objectif, mais avait quand même permis à 227 chômeurs de trouver un emploi grâce aux contrats des marchés publics, d une valeur d environ 800 millions d euros.

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