DOSSIER DE PRESSE. Ce dossier contient un argumentaire scientifique, social, et médical sur l'audition et la malentendance.

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1 DOSSIER DE PRESSE Ce dossier contient un argumentaire scientifique, social, et médical sur l'audition et la malentendance. Sous le Parrainage du Ministère de la Santé et des Solidarités ainsi que du Ministère délégué à la Sécurité Sociale, aux Personnes Âgées, aux Personnes Handicapées et à la Famille Sous le Haut Patronage du Ministère de l Écologie et du Développement Durable Contact presse : Clémence Sauzay - Tél site internet :

2 SOMMAIRE L'audition Le système auditif Le son La déficience auditive Les acouphènes L hyperacousie Le bruit La gêne due au bruit Le bruit, un danger fatal pour l oreille L audition et la vie professionnelle Le bruit et la musique amplifiée La recherche Les surdités d'origine génétique et les perspectives thérapeutiques Perte d audition, acouphènes : vers une nouvelle pharmacologie Le dépistage Le dépistage chez le nouveau-né Le dépistage chez l enfant Le dépistage chez l adulte La Presbyacousie Testez votre audition Faire face aux problèmes auditifs Les aides auditives ou prothèses auditives La prise en charge des aides auditives La chirurgie et les implants Le confort auditif 22 Les professionnels de l'audition Le médecin ORL : un spécialiste L'audioprothésiste : un professionnel de la correction auditive L'orthophoniste : un spécialiste de la communication orale 24 Les associations 10 questions sur l audition Comité Scientifique 28

3 L'audition L'audition exerce deux fonctions primordiales : - Une fonction de vigilance et d alerte basée sur l écoute permanente de l environnement proche, écoute que n interrompt ni l obscurité, ni les obstacles. - Une fonction de communication par la parole. Le système auditif, organe de l audition, intervient à deux niveaux fonctionnels : - un organe périphérique, l oreille, capte les sons, les analyse, et les transforme en influx nerveux - un système central constitué par les voies nerveuses qui transmettent l influx nerveux et des aires auditives cérébrales qui interprètent le message transmis. L audition s exerce par le son, vibration se propageant dans l air sous forme de rapides variations de pression (onde) ; en fonction de l amplitude de ces variations, le son sera perçu faible ou fort, et en fonction de leur fréquence il sera grave ou aigu. Le système auditif > L oreille Elle comprend trois parties : - l oreille externe, constituée du pavillon et du conduit auditif, guide le son jusqu au tympan, membrane chargée de capter les variations de pression sonore, - l oreille moyenne, constituée par une chaîne de 3 osselets, le marteau, l enclume et l étrier, transmet les mouvements du tympan à l oreille interne, - l oreille interne est au cœur du système auditif ; c est un milieu liquide renfermant deux ensembles fonctionnels distincts : le vestibule, organe de l équilibre, et la cochlée ou limaçon, dédiée à l audition. La cochlée qui abrite environ cellules sensorielles a une triple action : elle amplifie les vibrations qui lui parviennent, elle transforme l énergie vibratoire en influx nerveux, elle analyse les sons et les aiguille selon leur fréquence vers les différentes fibres nerveuses spécialisées qui lui sont connectées. La plupart des surdités sont consécutives à une atteinte des cellules sensorielles ou cellules ciliées ; il en résulte une double carence : le malentendant n entend pas certains sons par manque d amplification, et a des difficultés à comprendre la parole, faute d analyse. > Les fibres nerveuses et les aires auditives L influx nerveux généré par la cochlée est conduit jusqu aux aires auditives du cerveau par un faisceau de fibres nerveuses dont chacune porte une partie des informations résultant de l analyse effectuée par la cochlée. Le cortex cérébral interprète le message sonore et génère la sensation auditive, image perceptive du message sonore capté par l oreille. Saviez-vous que? > L audition est un sens particulièrement vulnérable, car les cellules ciliées sont peu nombreuses, environ , leur nombre ne s accroît pas, et elles ne se renouvellent pas. > En comparaison, la vision utilise plusieurs millions de cellules rétiniennes, et l odorat dispose de millions de cellules sensorielles qui, de plus, peuvent se renouveler. Chiffre clé : c est le nombre de cellules contenues dans la cochlée. 3

4 Le son Un son stimule spécifiquement le système auditif, et induit une sensation auditive représentative du son qui l a fait naître. Chaque son est fait d un ensemble particulier de fréquences (spectre) lui conférant une originalité qui permet de l identifier et qui constitue la source des informations que nous avons sur l environnement proche. L intensité des sons est exprimée en décibels (db) dans une échelle allant : de 0 db, seuil de l audition humaine au-dessous duquel aucun son n est perceptible à 120 db, niveau très élevé, nocif pour l oreille, limite supérieure des sons naturels de notre environnement. Mais des sons plus faibles, inaudibles par l homme, et plus forts, extrêment dangereux peuvent exister. Les fréquences perçues par l homme sont comprises entre 20 et hertz ; certaines espèces animales entendent jusqu à hertz, d autres à partir de quelques hertz. La déficience auditive La déficience auditive, ou malentendance, ou encore surdité, est caractérisée par la perte auditive, différence entre le niveau sonore minimum perçu par un sujet normal (seuil normal d audition) et le niveau minimum perçu par le sujet considéré. > Les classifications On classe les déficiences auditives (D.A.) selon différents critères dont les plus pertinents sont l importance de la perte et la localisation de l altération auditive. Le classement en fonction de la perte est calqué sur l échelle des décibels et distingue : - l audition normale lorsque la perte moyenne est comprise entre 0 et 20 db - les DA légères, dont la perte moyenne est comprise entre 20 et 40 db - les DA moyennes lorsque la perte moyenne est comprise entre 40 et 70 db - les DA sévères avec une perte moyenne est comprise entre 70 et 90 db - les DA profondes, lorsque la perte est supérieure à 90 db Ces valeurs représentent la moyenne des pertes sur les fréquences 500, 1000 et 2000 Hz, quelquefois 250 et 4000 Hz. Le classement en fonction de la localisation de l altération considère les : - DA de transmission lorsque l oreille externe ou le plus souvent l oreille moyenne est atteinte ; la perte moyenne est rarement supérieure à 40 db ; la surdité est souvent opérable et facilement appareillable - DA de perception, fréquentes, la cochlée est altérée, non opérable, appareillable - DA mixtes, fréquentes, combinaison des DA précédentes, appareillable - DA nerveuse, rares, dues à une atteinte nerveuse, parfois appareillable ou opérable Saviez-vous que? Valeurs en décibels de quelques ambiances sonores 0 db au-dessous de 0 db, aucun son n est perçu par l homme 0 à 10 db seuil normal d audition 20 db local d essais acoustiques, sons inaudibles dans un environnement normal 20 à 25 db studio d enregistrement, campagne sans vent, oiseaux ou insectes 25 à 35 db conversation à voix chuchotée, lieux de culte 35 à 55 db lieux de repos, bureaux, salles de classe 55 à 75 db conversation, lieux de vie, rue piétonne, grand magasin 75 à 90 db voix criée, rues animées et à fort trafic 90 à 110 db sports mécaniques, discothèque + de 110 db concert, rave party, tuning. Risque de traumatisme sonore aigu. > L oreille humaine peut discerner une différence de niveau de 1 db. Chaque fois que le niveau croît de 10 db, le son est perçu 2 fois plus fort. L échelle logarithmique fait que lorsque deux sons diffèrent de plus de 10 db, l effet du plus faible sur le niveau total est négligeable, grosso modo, on peut écrire 90 db + 70 db = 90 db. Chiffre clé : 50 à 70 db intervalle de confort dans lequel l oreille possède la meilleure discrimination en niveau et en fréquence 90 db de perte est le seuil des surdités profondes 4

5 > Les causes Elles sont nombreuses et on ne peut en citer que certaines. Pour les déficiences auditives de transmission, on citera l otospongiose, maladie métabolique qui a pour effet de limiter le déplacement de la chaîne des osselets. Ces DA sont classiquement opérées avec succès lorsque l oreille interne n a pas subi de dommages. Les otites non douloureuses de l enfant sont susceptibles d induire une DA de transmission qui relève de traitements thérapeutiques ou de la chirurgie dans les cas plus avancés. Les déficiences auditives de perception sont congénitales, soit génétiques, soit accidentelles ; mais la plupart sont acquises et ont pour cause de nombreux facteurs agressifs qui altèrent les cellules ciliées de l oreille interne : bruit, vieillissement, médicaments ototoxiques, pathologies diverses.. > Les conséquences La DA a pour conséquence un handicap social bien plus important qu on ne l imagine habituellement. Ce handicap provient de la perte ou de la dégradation des fonctions primordiales de l audition : l alerte et la communication audio-verbale. Il en résulte un isolement qui est la conséquence de ces deux sortes de privations sensorielles. Privé d ambiance sonore, le malentendant ne participe que par intermittence, souvent lorsque la vision ou le toucher exerce une suppléance, à la cascade d événements qui se produisent à faible niveau sonore, dans son environnement proche. Ce processus constitue un facteur supplémentaire de risque par annulation de la fonction d alerte. De plus, la privation sensorielle tend à couper le malentendant du monde extérieur, lui donnant ainsi une attitude et un comportement atypique pouvant susciter la curiosité ou le rejet de l autre. Partiellement privé de communication audio-verbale, le sourd a tendance à se retirer de toute participation à la vie sociale. Cette attitude est certes liée à la diminution des capacités de communication, mais aussi à des freins d ordre psychologique : refus de l état de malentendance, minimalisation du handicap, crainte d une moquerie. Chez les sujets atteints de presbyacousie évolutive, le cheminement est progressif et, sans une aide extérieure, le refus s aggrave avec le temps. Saviez-vous que? > En France, 1 enfant sur naît avec une surdité sévère ou profonde ; 2 sur deviennent sourds avant l âge de 14 ans. > Chez l enfant, les otites séreuses qui sont indolores et altèrent l oreille moyenne se traduisent souvent par un retard du langage dû à une mauvaise audition. > D après l enquête IPSOS/JNA 2001, pour 43 % des personnes interrogées, les problèmes psychologiques sont un frein à l appareillage. Chiffre clé : 30 db la déficience auditive commence lorsque la perte moyenne atteint 30 décibels, valeur à partir de laquelle l appareillage est succeptible d améliorer le confort 54

6 > Les moyens de réhabilitation Un chapitre de ce dossier est consacré aux appareils de correction auditive (prothèses, implants, ), mais, au préalable, il est logique de s interroger sur les raisons qui font que, malgré les progrès techniques et médicaux, la malentendance demeure pour le plus grand nombre un véritable handicap. On doit distinguer entre surdité de transmission et de perception. Dans les déficiences auditives de transmission la seule altération fonctionnelle est une mauvaise transmission du signal sonore par l oreille moyenne. Cette partie de l oreille étant accessible au chirurgien, la surdité est généralement opérable. Si l on n opère pas, on doit appareiller car l atténuation de la transmission est facilement compensée par l amplification de l aide auditive, et l appareillage est très efficace. Dans les déficiences auditives de perception ou mixtes, la réhabilitation est plus complexe car à l atténuation s ajoute une perturbation de la fonction d analyse. La chirurgie ne peut intervenir car toute effraction de l oreille interne conduit à la mort cochléaire, et pour l appareillage, l amplification de la prothèse compense l atténuation mais ne restaure pas les capacités d analyse. Malgré une efficacité partielle, l appareillage est bénéfique et souhaitable. Les acouphènes Les acouphènes (ou tinnitus) se manifestent par une perception prolongée de sons d intensités variables (bourdonnements, sifflements, grésillements...), en l absence de toute stimulation sonore. Autrefois considéré comme un symptôme d ordre psychologique ou comme une hallucination, on sait aujourd hui que l acouphène a son origine dans les voies auditives. Le plus souvent il est dû à une lésion cochléaire, et résulte de la production d un signal nerveux aberrant interprété par le cerveau comme un son. L acouphène survient à tout âge, mais apparaît essentiellement après 60 ans accompagnant la perte auditive liée au vieillissement (presbyacousie). Il peut apparaître spontanément, ou après un stress, une dépression, et est souvent consécutif à une exposition récente ou ancienne au bruit. Il peut être associé à différentes affections : allergie, troubles auditifs, vertiges, hypertension,... Après avoir perçu l acouphène, une majorité des patients n est pas affectée, alors que pour d autres, environ 25%, il constitue un handicap considérable, quelquefois insupportable. Il n y a pas de traitement sûr et efficace des acouphènes. Dans les cas limités où la cause est identifiée, le traitement conduira à l atténuation ou à la suppression de l acouphène. Quand la cause n est pas identifiée comme c est souvent le cas, il est possible d intervenir par différents moyens : l électro-stimulation le masquage, soit physique, soit psycho-neuronal d acouphène par un autre son, bruit blanc ou bruit de fréquence étudiée. les aides auditives dont les sons amplifiés masquent l acouphène et diminuent sa perception. Dans tous les cas, la situation personnelle de l acouphénique doit être prise en considération et une aide psychologique doit accompagner le traitement. L hyperacousie L hyperacousie est la perception de sons à un niveau plus élevé que la normale ; cette sensation de forte intensité sonore s accompagne d audition douloureuse. L hyperacousie est quelquefois associée aux acouphènes. Elle est présente dans les surdités de perception où, en général modérée, elle posait autrefois des problèmes d intolérance au port d une aide auditive. Très prononcée, l hyperacousie rend insupportables les bruits de la vie quotidienne tels que sonnerie du téléphone, friture, musique à niveau raisonnable. Des protecteurs auditifs sont quelquefois utilisés, et une prise en charge psychologique est susceptible d en atténuer les conséquences. Saviez-vous que? > En France, les surdités de transmission sont rarement appareillées. Dans certains pays où existent beaucoup de surdités de transmission à cause d infections otologiques mal soignées et où on n a pas de possibilités chirurgicales, on a recours à l appareillage qui donne de très bons résultats. > Les audioprothésistes français appareillent surtout les surdités de perception et mixtes. Dans ce dernier cas, plus le facteur transmission est important, plus l appareillage est efficace. Chiffre clé : 40 % des malentendants ont moins de 55 ans 6

7 Le bruit Le bruit ne présentant ni particularité, ni spécificité sur le plan acoustique, sa définition est fondée sur ses effets biologiques et perceptifs. Sur le plan perceptif, il existe dans notre environnement, quatre sortes d événements sonores : l ambiance sonore, la parole, la musique, et le bruit. l ambiance sonore est le continuum sonore dans lequel nous vivons ; l ambiance n a pas de structure acoustique, mais porte des informations relatives à l instant et au lieu où l on se trouve. L attention retire de ce magma sonore les informations utiles qui sont la base de la fonction d alerte. la parole est une suite de sons brefs en perpétuel changement. La parole est très structurée sur le plan acoustique et très riche en informations ; malgré les spécificités linguistiques, elle est facilement identifiée en tant que telle. la musique est un message structuré, différent de la parole, et reconnaissable par ses éléments propres tels que le rythme ou la mélodie. le bruit : tous les sons deviennent du bruit, - lorsqu ils sont désagréables ou gênants - ou lorsque leur niveau élevé provoque dans l immédiat ou à long terme une dégradation du système auditif. La gêne due au bruit C est ce premier aspect du bruit qui est surtout pris en compte par le public, le pouvoir politique, les associations de défense de l environnement, Sur la gêne due au bruit, on sait que : la gêne croît avec le niveau sonore, mais survient aussi à un niveau relativement faible, la gêne croît avec le caractère informatif du son gênant : à niveau égal, la parole est plus gênante que la circulation routière, la gêne peut également résulter d une mauvaise compréhension de la parole masquée par le bruit. Le masque le plus gênant est constitué par des sons de parole et il est alors plus difficile de se comprendre dans un restaurant bruyant que dans une rue bruyante. la gêne est d autant plus ressentie qu elle est associée à un autre facteur de désagrément. Les bruits gênants étant généralement de niveau faible à modéré n ont pas d action notable sur l audition. Ils peuvent cependant affecter la santé et, à long terme avoir divers effets d ordre psychologique tels que des troubles du sommeil et une augmentation du stress. Le bruit, un danger fatal pour l oreille A quelques exceptions près, les sons naturels n ont pas une durée ou un niveau assez élevé pour être nocifs. Mais l homme a créé des sources sonores capables d altérer l audition rapidement et de façon irréversible. En effet, si les niveaux sonores élevés ne font pas éclater le tympan comme il est souvent dit, ils agissent de façon plus insidieuse, en altérant et déciment les cellules sensorielles de l oreille interne. Il en résulte que les sujets exposés au bruit courrent le risque d être, à plus ou moins long terme en fonction du niveau et de la durée d exposition, sourds, et/ou acouphéniques, ou hyperacousique. L aspect nocif du bruit ne suscite que peu de plaintes, et donc négligé ou mal surveillé par les Pouvoirs Publics.. Les sons nocifs sont rencontrés dans trois sortes d activités : les activités professionnelles pour lesquelles il existe une réglementation visant à la protection des salariés. Il est obligatoire de s en préoccuper dès 80 dba. Lorsque, sur les lieux de travail, il n est pas possible d abaisser le niveau sonore, les salariés exposés à un niveau supérieur à 85 dba sont invités à utiliser des protecteurs individuels mis à leur disposition par l employeur. Selon une directive européenne très récente, il est interdit d exposer sans protection des travailleurs à plus de 87 dba. Si la réglementation est appliquée dans les grands groupes industriels, les petites entreprises et les artisans sont souvent mal informés et ne protège pas toujours suffisamment leurs salariés. les activités de loisirs, chasse et sports mécaniques, où il n existe pas de réglementation stricte. Cependant les chasseurs, les tireurs et les mécaniciens se protègent plus volontiers que les musiciens car le bruit ne constitue pas pour eux un élément agréable ou informatif. la musique est un vrai problème de santé publique par le nombre et l âge des personnes concernées, et par le caractère définitif des atteintes auditives. Il est urgent que des réglementations soient plus contraignantes et surtout mieux appliquées. Les recherches sur la surdité traumatique ou surdité due au bruit, permettent d affirmer qu il n existe aucun risque auditif en dessous de 80 dba et qu à partir de 87 dba, le risque croît avec la durée d exposition. A partir de 110 dba, on peut contracter un traumatisme sonore en quelques minutes. 7

8 L audition et la vie professionnelle > Les bruits professionnels Le bruit a des répercussions directes sur l audition entraînant des lésions définitives et irréversibles impossibles à compenser même avec les prothèses les plus modernes et les plus performantes. Il est donc essentiel de se protéger contre cette nuisance en portant si nécessaire des équipements de protection individuelle tels que des bouchons d oreilles ou un casque anti-bruit. Le bruit peut également affecter d autres organes appartenant aux systèmes nerveux, cardio-vasculaires, digestifs, etc. Il constitue un facteur de stress professionnel non négligeable qui peut engendrer fatigue, perturbations de la concentration et de la vigilance, troubles de l humeur et du sommeil Cet aspect doit être pris en compte dès la conception des lieux de travail y compris bureautiques. De nos jours, de nombreux métiers exposent encore à des niveaux de bruit élevés : métallurgie (chaudronneries, forges, tôleries), travail du bois (scierie, menuiserie, ébénisterie), bâtiment et travaux publics (maçons, plombiers), réparation et maintenance mécaniques, agriculture sans oublier les métiers de la musique et du spectacle. Il existe une législation spécifique à cette nuisance professionnelle qui oblige l employeur à réduire le bruit au niveau le plus bas raisonnablement possible compte tenu de l état des techniques. A l aide de mesures sonométriques, l employeur doit identifier les travailleurs exposés à un niveau de bruit d au moins 85 db (A) et/ou à des pics d au moins 135 db et mettre à leur disposition des protecteurs individuels. Lorsque le niveau dépasse 90 db (A) et/ou les pics 140 db, il doit établir et réaliser un programme technique et organisationnel de réduction du bruit et il doit prendre toutes dispositions pour que les protecteurs individuels soient utilisés. Dans le cadre de la transposition en droit français de la directive CE du 6 février 2003, les seuils réglementaires de 85 et 90 db (A) seront prochainement abaissés de 5 db. Tout salarié exposé au bruit bénéficie d une surveillance médicale particulière incluant la réalisation régulière d un audiogramme permettant de tester l audition pour différentes fréquences sonores. Le médecin du travail commente au salarié les résultats de l audiogramme et, en qualité de conseiller, peut préconiser des mesures de prévention spécifiques que l employeur doit s efforcer de mettre en oeuvre. > Le rôle du médecin du travail Dès ses origines en 1946, la médecine du travail s est fortement investie dans des programmes de lutte contre le bruit et ses effets pathogènes. Cette lutte qui constitue un objectif prioritaire de santé au travail s appuie sur un édifice préventif à trois niveaux dont le principal acteur est le médecin du travail : la prévention primaire avec le repérage des zones à risque grâce à des mesures sonométriques et, sous la responsabilité de l employeur, la signalisation des zones de plus de 85 db et la mise en œuvre de mesures de protection collective (réduction à la source du bruit) et de protection individuelle (bouchons d oreilles sur mesure ou non, casque anti-bruit), la prévention secondaire avec le recensement des salariés exposés à un niveau sonore de plus de 85 db grâce à l interrogatoire médico-professionnel complété éventuellement par des mesures dosimétriques sur une journée de travail et la surveillance médicale spéciale des salariés concernés incluant la réalisation périodique d un examen clinique et d un audiogramme permettant le dépistage des lésions liées au bruit, Saviez-vous que? > 35% des personnes en activité professionnelle considèrent que le niveau sonore de travail est élevé ou trop élevé > 13% des salariés subissent un bruit supérieur à 85 db et 7% des bruits de chocs et d impulsions supérieurs à 135 db > 40% des malentendants ont moins de 55 ans > à partir d un déficit moyen de 35 db sur les deux oreilles, le travailleur peut prétendre à une indemnisation. Chiffre clé : 60 millions de protections auditives sont diffusées par Quies par an 8

9 la prévention tertiaire avec l orientation des personnes présentant une surdité plus ou moins évoluée vers une prise en charge spécialisée (ORL) et le cas échéant vers la caisse d assurance maladie en vue d une reconnaissance de maladie professionnelle et/ou, avec le consentement de l intéressé(e), vers la COTOREP en vue d une reconnaissance de travailleur handicapé. Le médecin du travail, conseiller des salariés et de l employeur, sensibilise aux dangers du bruit et aux mesures préventives collectives et individuelles à mettre en œuvre en animant ou en participant à des sessions de formation et d information. Il peut aussi aborder le sujet individuellement lors des visites médicales et collectivement lors de la présentation du rapport médical annuel au comité d entreprise ou à la commission de contrôle du service médical interentreprises et, dans les entreprises de plus de 50 salariés, lors des réunions trimestrielles du Comité d Hygiène de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT). Le médecin du travail joue également un rôle important dans l insertion et la réinsertion professionnelles des personnes avec une déficience auditive dont il assure le suivi médical régulier dans l entreprise et dont il vérifie la bonne adéquation avec son poste de travail. Il peut préconiser un aménagement du poste ou un reclassement professionnel en faisant appel si nécessaire à des spécialistes du maintien dans l emploi et à des aides de l Association de Gestion du Fond d Insertion Professionnelle des Personnes Handicapées (AGEFIPH). 9

10 Le bruit et la musique amplifiée > Analyse du risque Comme pour les autres sons, le danger lié à l écoute et à la pratique de la musique augmente avec la quantité d énergie captée par l oreille, c est-à-dire avec le niveau et la durée d exposition. Le risque n est atténué, ni par le plaisir de l écoute, ni par le caractère esthétique, ni par la qualité de l émission sonore. L écoute de musique peut actuellement être plus dangereuse que l exposition au bruit industriel car : la nocivité de la musique est un danger particulièrement insidieux, car la nocivité est éclipsée par un certain plaisir de l écoute, il y a eu ces dernières années, une attirance généralisée vers les niveaux élevés ; il semble cependant que certains jeunes et en particuliers les professionnels, aient pris conscience des risques auditifs liés aux niveaux sonores élevés, le coût du matériel électroacoustique a diminué et la technique permet à tous de commettre des absurdités, comme d obtenir un niveau supérieur à 150 db dans une voiture "tunée" (les passagers sont en principe absents pendant cet exploit!!), le grand public ignore les méfaits de la musique. Ainsi, dans les fêtes de village, on voit des enfants s amuser à proximité des caissons de basses alors qu à la sortie des baffles le niveau dépasse 110 dba. la réglementation a le mérite d exister mais est trop laxiste : dba au maximum dans les établissements diffusant de la musique, mais sous la seule responsabilité du propiétaire, et sans aucun contrôle après l étude d impact préalable dba pour des baladeurs que l on peut porter autant qu on le veut - pas de réglementation sur les concerts, rave-parties,.. - pas de contrôle sur les musiciens amateurs > Les conséquences sur l audition Les cellules sensorielles de l oreille interne sont en nombre restreint, et ne se renouvellent pas. Lorsque leur dégradation commence à l adolescence, elle se poursuit et s aggrave au cours de la vie sous l effet d autres facteurs inéluctables tels que certaines pathologies, la prise de médicaments, le vieillissement,. Il en résulte que l écoute sans discernement de musique amplifiée conduit à deux types de situations irrémédiables : à brève échéance, à la sortie d un concert par exemple, peut apparaître un traumatisme sonore avec des acouphènes et une hyperacousie (sifflements permanents et une écoute douloureuse). Ces signes peuvent disparaître en quelques heures. S ils persistent plusieurs jours, il signent une souffrance auditive sérieuse, en répétant les expositions sonores, ils tendront à devenir définitifs. à plus long terme, l altération va se manifester par une presbyacousie précoce apparaissant vers ans alors que, normalement, elle se présente vers la soixantaine. Saviez-vous que? > L énergie est le produit de l intensité (niveau) par la durée d exposition. Pour réduire le risque, on peut jouer sur ces deux facteurs en sachant que, pour des raisons mathématiques, il est plus efficace d abaisser le niveau que la durée. Le décibel (db) est une unité purement physique ; le décibel pondéré (dba) intègre la sensibilité de l oreille et est l unité utilisée dans la mesure du bruit. Les valeurs de niveau sonore qui sont données représentent des niveaux moyens ; dans le cas de la musique les niveaux de crête sont de 20 à 25 db supérieurs. > Un traumatisme sonore aigu a divers aspects : audition cotonneuse, pertes auditives, sifflements,. Les manifestations peuvent s estomper spontanément, mais les dégâts cellulaires sont faits et persistent. Lorsque les perturbations auditives subsistent, il faut consulter un médecin sous 48 heures. Chiffre clé : 105 dba est le niveau limite imposé aux discothèques alors qu un risque auditif existe à partir de 80 dba 10

11 > Les mesures de prévention Dans une démarche de santé publique, il est souhaitable qu une information soit largement diffusée afin que la population prenne conscience de l importance du problème, et surtout que les intervenants de la musique amplifiée limitent les niveaux sonores. Les techniciens et ingénieurs du son ont une responsabilité importante sur les niveaux sonores diffusés, donc sur les risques auxquels ils soumettent les auditeurs. En sont-ils bien informés? Sont-ils toujours bien formés à ces aspects? Le témoignage des nombreux musiciens victimes d un excès sonore et souffrant de surdité et/ou d acouphènes constituerait un puissant moyen de persuasion. Dans la situation actuelle, il est recommandé : d éviter les établissements ou les activités qui fondent leur réputation sur un niveau sonore élevé de ne pas s approcher des enceintes acoustiques ; le procédé est surtout efficace en plein air de garder en permanence le souci du contrôle du niveau sonore du baladeur, de la chaîne Hi-Fi et de l auto-radio de porter, lorsqu on n a pas la possibilité de réduire le niveau (concert, discothèque), des bouchons protecteurs en mousse qui sont invisibles, certes un peu contraignants, mais très efficaces ; ces bouchons sont particulièrement recommandés en cas de fragilité ou de signes d intolérance (sifflements, douleurs constatées antérieurement). de réduire la durée d exposition ; les durées hebdomadaires d écoute ne doivent pas dépasser : - 20 heures à 90 dba (baladeur, auto-radio, pratique d un instrument de musique) - ou 2 à 3 heures à 100 dba (baladeur à volume maximum) - ou encore 2 heures à 103 dba (discothèque). Echelle de gêne et de nocivité SONS NOCIFS travail, loisirs, musique 110 dba risque de traumatisme sonore aigu 105 dba niveau maximum pour les discothèques 100 dba niveau maximum pour les baladeurs 87 dba niveau maximum au travail, protecteurs obligatoires dba : limite de nocivité SONS HABITUELS de l environnement dba pas de nocivité, gêne possible 35 dba : limite de gêne AMBIANCES très calmes inférieur à 35 dba, selon la réglementation, pas de gêne, sensation de silence Saviez-vous que? > Il existe des bouchons d oreilles peu onéreux, confortables, en mousse ou en cire, qui assurent une bonne protection. Pour les professionnels ou les municipalités, il existe des bouchons plus perfectionnés, très efficaces, qui ne déforment pas le son et qui peuvent être moulés à votre oreille. Renseignez-vous chez un audioprothésiste. 11

12 La recherche L'apparition de la surdité chez un enfant constitue un drame dans une famille. Les progrès des connaissances sur les bases génétiques de la surdité ouvrent la voie au diagnostic et à l'information des familles. Les surdités d'origine génétique et les perspectives thérapeutiques Dans les pays industrialisés, on estime que 80% des surdités (au sens médical) ont une origine génétique. Ce pourcentage est en augmentation du fait de la diminution des causes infectieuses et néonatales. > Les surdités syndromiques Les surdités " syndromiques " associent une surdité à des signes cliniques impliquant d'autres organes (1/3 des surdités d'origine génétique) : l'oeil, la peau, le coeur, le rein, le système nerveux central, le squelette, l'appareil digestif... Actuellement, les gènes responsables de plus de 100 surdités syndromiques différentes ont été identifiés. Lors de la recherche de l'origine de la surdité, les signes associés pouvant correspondre à ces différents syndromes doivent être recherchés. Un diagnostic de surdité syndromique permet d'affirmer l'origine génétique du syndrome, de prendre en charge les anomalies associées, d'évaluer le pronostic de chacune des atteintes et de connaître le mode de transmission de la surdité au sein de la famille. > Les surdités isolées Dans les surdités isolées (2/3 des surdités d'origine génétique), le déficit auditif est le seul signe présenté par l'enfant ou l'adulte. Ces 5 dernières années, plus de 70 gènes ont été positionnés sur les chromosomes humains. On connaît le code génétique pour 43 d'entre eux. L anomalie d un de ces gênes (connexine 26) est responsable de 35 à 40 % des surdités de l enfant. Cette anomalie génétique est portée sans conséquence médicale pour 2 à 3 % de la population française et ne donnera nissance à une surdité chez un descendant que si le conjoint est luimême porteur de cette même anomalie et que les deux parents transmettent cette mutation à l un de leur enfant. Un test diagnostic est actuellement disponible en France pour les familles touchées. La mise en évidence d'une anomalie de ce gène chez une personne atteinte de surdité permet d'affirmer son origine génétique, même en l'absence d'antécédents familiaux. D'autres gènes sont responsables de surdité de transmissions autosomiques récessive et dominante. L'un d'eux, COCH, est responsable d'une surdité évolutive s'accompagnant d'acouphènes et de crises de vertige. Une autre mutation génétique augmente la sensibilité des cellules cochléaires à certains antibiotiques (aminosides) prescrits lors d'infections graves. La découverte de ces différents gènes permet dès à présent d'identifier l'origine de la surdité dans un grand nombre de cas grâce à la reconnaissance de certaines caractéristiques de l'atteinte auditive, parfois grâce à un diagnostic moléculaire. La détermination de la cause du déficit sensoriel permet de plus d'évaluer le risque d'évolution et les possibilités de récurrence de la surdité lors d'une prochaine grossesse. Saviez-vous que? A ce jour, aucun traitement n'est disponible en cas de surdité de perception isolée, mais la mise en évidence des origines génétiques des surdités permet de mieux comprendre le fonctionnement normal d'une oreille et les mécanismes à l'origine des surdités. Ce pourrait être le premier pas vers l'élaboration d'une thérapeutique. Plus d infos : > Des travaux ont démontré que le fœtus réagit à des stimulis sonores. > Dès la naissance, les perceptions auditives sont déterminantes pour l'apprentissage du langage et le développement de l'enfant. Chiffre clé : 80 % des surdités de l enfant ont une origine génétique. 12

13 Surdité, acouphènes : vers une nouvelle pharmacologie! Les acouphènes (sifflements ou bourdonnements d oreille) touchent plusieurs millions de français. Ils résultent en grande majorité de la perte des cellules sensorielles et nerveuses de l oreille interne, cellules qui n ont malheureusement pas la capacité de se renouveler. De nos jours, cette perte progressive du capital sensoriel de l oreille interne est aggravée par l'exposition exagérée aux "bruits de loisir". Jusqu à présent ces acouphènes étaient hors de portée de tout traitement médicamenteux et seule une action de prévention des risques auditifs était envisageable. Des travaux récents, effectués dans l'unité INSERM 583 de Montpellier par l équipe du Professeur Jean-Luc Puel, montrent qu'un certain nombre de ces acouphènes ont une origine commune : la toxicité au glutamate, le neurotransmetteur qui assure normalement la transmission de l information sonore de l oreille vers le cerveau. Un dérèglement de cette neurotransmission chimique, notamment après traumatisme sonore, est à l'origine d'acouphènes. Des modèles expérimentaux démontrent l'efficacité de certaines molécules, à condition de les appliquer directement au contact de l oreille interne (par voix transtympanique). Le transfert, chez l'homme, de cette technique d'application locale de divers agents pharmacologiques est tout à fait réalisable si l'on s'en donne les moyens! Actuellement, cette thérapeutique est encore au stade d essais chez l animal, mais on peut espérer à terme, atténuer voire de faire disparaître, un certain nombre d'acouphènes, en tout cas ceux d'origine récente qui ne sont pas encore totalement centralisés. Cette même technique pourra être utilisée pour bloquer la perte de cellules sensorielles et de neurones auditifs liées au bruit ou au vieillissement. Saviez-vous que? > 2,5 millions de personnes en France souffrent régulièrement d acouphènes et près de 4 millions en ont ressenti un jour ou l autre 13

14 Le dépistage Le dépistage chez le nouveau-né La surdité atteint plus d un nouveau-né sur mille, et a des conséquences sérieuses sur l acquisition du langage et la scolarité. Or plus la prise en charge d un enfant sourd est précoce, dès les premiers mois de vie, plus grandes sont ses chances de parler correctement et de suivre une scolarité normale. Actuellement le diagnostic des surdités congénitales est souvent tardif, après deux ans. Un dépistage dès la naissance est donc souhaitable. Il existe des examens rapides et fiables qui pourraient être réalisés à la maternité avec des appareils portables (otoémissions, potentiels évoqués). Mais aucun budget n est actuellement attribué de manière légale par les pouvoirs publics pour organiser ce dépistage en France ; une étude de faisabilité financée par la Caisse Nationale d Assurance Maladie, est actuellement en cours à Paris Ouest, Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux et Toulouse. Le dépistage chez l enfant Tout enfant qui ne dit rien à 18 mois, qui ne dit pas de petites phrases à deux ans et demi, ou qui n est pas compréhensible à 4 ans, doit bénéficier d un examen auditif. Un test auditif doit également être envisagé si l enfant ne répond pas à l appel ou fait répéter. La principale cause de déficit auditif chez l enfant est la présence de liquide inflammatoire dans l oreille moyenne (otite séreuse) ; il s agit d un problème réversible et curable. Il faut y penser chez un enfant fréquemment enrhumé, ou qui respire souvent par la bouche. Un dépistage utilisant des jouets sonores peut être réalisé lors des examens systématiques de 9 mois et 24 mois. A partir de trois ans, les examens de médecine scolaire comportent un test auditif. Au moindre doute, un médecin spécialisé en audiologie infantile doit être consulté. Il utilisera des tests adaptés à l âge de l enfant, présentés sous forme de jeux et non douloureux. Le dépistage chez l adulte Au-delà de 60 ans, une personne sur deux a une perte auditive significative. Mais seulement 30% des personnes âgées ont conscience d une gêne auditive. Le dépistage est donc nécessaire pour détecter la perte d audition qui est progressive et insidieuse. La gêne à la compréhension de la parole, en particulier dans le bruit, est le signe le plus précoce de perte auditive. C est le signal d alerte pour effectuer un test auditif. L âge de découverte d un problème auditif influence considérablement le résultat obtenu avec des appareils auditifs. En effet, plus le problème auditif est ancien, plus grande est la gêne pour comprendre la parole : la personne comprend "de travers". De surcroît, les sujets plus jeunes s adaptent mieux au maniement des appareils et à la perception des sons "oubliés". Une étude a montré que 80% des sujets appareillés à 60 ans portent leurs appareils auditifs en permanence, contre seulement 14% des sujets appareillés à 80 ans. C est pourquoi il faut consulter un spécialiste dès le début de la soixantaine, puis régulièrement tous les un à deux ans. Les tests auditifs porteront sur la perception de sons musicaux (audiogramme tonal), mais aussi sur la perception de la parole (audiogramme vocal, qui ne fait malheureusement pas partie des bilans de santé de la Sécurité Sociale). 14

15 Une surdité que l on dit naturelle : la presbyacousie La presbyacousie occupe une place importante non à cause de la gravité du handicap que cette surdité engendre, mais parce que la quasi-totalité des personnes en est atteinte aux abords de la cinquantaine. Les presbyacousiques forment la majorité de la clientèle des audioprothésistes. Qu est ce que la presbyacousie? Le système auditif vieillit et ses fonctions régressent ; les différentes parties de l oreille sont concernées mais c est surtout l atteinte des cellules sensorielles de l oreille interne qui provoque les plus sérieux tracas ; leur dégénérescence puis leur disparition entraînent une diminution progressive des capacités auditives appelée presbyacousie. Une analyse des causes de la presbyacousie montre que, contrairement à une idée répandue, cette surdité n est pas «naturelle» et ne provient pas uniquement du vieillissement des cellules sensorielles ; certes elle apparaît avec l âge, mais elle résulte en fait des actions conjuguées de facteurs nocifs, tels que la prise de médicaments ototoxiques, l existence de certaines pathologies, et surtout l exposition au bruit. La presbyacousie est ainsi le résultat du vécu auditif antérieur. Les premiers signes de presbyacousie. Que faire? La presbyacousie apparaît généralement vers la cinquantaine, de façon progressive et insidieuse car, le plus souvent, le sujet atteint n a pas conscience de la dégradation de son audition et met ses difficultés auditives sur le compte des autres qui ne parlent pas distinctement. La raison en est qu il n existe pas de sons de référence permettant de tester l audition, alors que pour la vision, la lecture permet de constater la diminution de l acuité visuelle. L indice le plus sûr d apparition de la presbyacousie est la difficulté à comprendre la parole dans des conditions acoustiques difficiles : lorsqu on se trouve en milieu bruyant : à la fin d un repas animé, au cours de l apéritif organisé par une association, dans les transports en commun,... lorsqu on est loin de celui qui parle, lorsqu on se parle d une pièce à l autre, lorsque plusieurs personnes parlent en même temps : assemblées houleuses, débats,... lorsqu on se trouve dans des locaux vastes et peu meublés. A ce stade précoce où l on n éprouve pas un réel besoin d entendre plus fort, mais plutôt l envie de recevoir une parole claire, bien articulée et non masquée par des sons inopportuns, l appareillage risque d être prématuré, et par là même décevant. Dans ces premiers temps de la presbyacousie, il est possible d améliorer le confort en adoptant quelques règles et en prenant certaines précautions. C est ainsi que dans un couple, certaines habitudes permettent d entretenir l harmonie. Pour échapper à l énervement causé par les «dialogues de sourds», on s astreindra à ne pas marmonner, à ne pas penser à haute voix en parlant pour soi-même, à privilégier les dialogues utiles, à ne pas se parler d une pièce à l autre, à articuler un peu mieux, à parler moins vite, à attirer préalablement l attention de celui à qui on veut parler, à observer le visage de son interlocuteur pour s habituer à la lecture labiale. 15

16 L appareillage A un stade plus avancé, seul l appareillage est susceptible d améliorer la communication. Le port d aides auditives sans être trop précoce, doit cependant être décidé assez tôt ; en effet il faut éviter l isolement par manque de communication et il est d autre part nécessaire que les capacités d adaptation du sujet soient intactes. Il est essentiel pour la réussite de l appareillage que les personnes ressentent le besoin de mieux entendre et de communiquer. Le port d un appareil ne doit pas être motivé par des incitations extérieures : publicité, coutume, volonté des proches. Après appareillage, la période d adaptation peut nécessiter plusieurs semaines mais, même s il existe des sujets réfractaires, le port d aides auditives est généralement bien vécu et les bienfaits s avèrent supérieurs aux contraintes. Presbyacousie et presbytie Si presbytie et presbyacousie sont deux manifestations du vieillissement, ces deux altérations sensorielles ne doivent pas être considérées de la même façon sur le plan de la dégradation des systèmes sensoriels et de la réhabilitation. La presbytie est une atteinte du système de transmission de l oeil formé par les milieux transparents, et non de son système de perception constitué par la rétine. La réhabilitation est simple ; elle s effectue par compensation physique de l anomalie et la correction par des verres se révèle immédiatement efficace. La presbyacousie est une dégradation de l oreille interne et donc du système de perception ; la réhabilitation est plus complexe qu une simple compensation physique, et la correction auditive demande une adaptation du sujet appareillé. 16

17 Testez votre audition Avez-vous du mal à suivre une conversation dans un lieu bruyant? Faites-vous parfois répéter vos interlocuteurs? Augmentez-vous souvent le son de la télévision et de la radio? Avez-vous du mal à entendre la sonnerie de la porte ou du téléphone? Dans la rue, êtes-vous parfois surpris par l arrivée d un véhicule? Au cinéma, vous avez du mal à comprendre les films étrangers en version française? Avez-vous du mal à comprendre dans l obscurité? Dans la nature, vous n entendez plus très bien le bruissement des feuilles ou le chant des oiseaux? Au téléphone, vous comprenez difficilement les noms propres et les nombres (adresse, numéro de téléphone)? Toute réponse positive à l une de ces questions doit entraîner un contrôle de l'audition. 17

18 Faire face aux troubles auditifs La déficience auditive peut être surmontée par la plupart des malentendants qui ont de nos jours, la possibilité de garder une vie sociale et relationnelle satisfaisante en recourant aux moyens que la technique met à leur disposition. Les choix de réhabilitation La communication par la voie auditive s effectue selon le schéma : Son >> Système auditif >> Sensation auditive le son stimule le système auditif et il apparaît une sensation auditive, "image" du son qui l a produite. Dans la déficience auditive (DA) le schéma devient : Son >> Système auditif altéré >> Sensation dégradée le système auditif étant dégradé, "l image" est atténuée et/ou floue, et la communication est perturbée. Pour rétablir la communication, il existe deux possibilités : en premier lieu, il est naturel de tenter de rétablir la communication en restaurant les fonctions du système auditif par des moyens thérapeutiques ou chirurgicaux. Ces procédés ne sont efficaces que dans peu de cas. La chirurgie n est efficace que dans les déficiences auditives de transmission. La thérapeutique est peu ou pas active ; elle ne fait pas régresser une déficience auditive, au mieux elle retarde son apparition ou freine son évolution. Ces résultats sont fatalement limités car la plupart des surdités sont dues à la perte de cellules sensorielles, et que, ni la chirurgie, ni les médicaments ne peuvent les régénérer. Le second principe consiste à traiter le son de telle sorte que sous sa nouvelle forme il procure une sensation susceptible de rétablir la communication. Ces dispositifs de traitement du son sont qualifiés de prothétiques. Ces appareils correcteurs sont universels car applicables à toute forme de surdité, mais leur efficacité dépend des caractéristiques de la déficience auditive. Il existe : - les aides auditives externes qui opèrent par amplification du son - les dispositifs externes ou implantés qui, après amplification transforment le son en une vibration transmise à l oreille par le système osseux (conduction osseuse, BAHA) les systèmes semi-implantés transmettent l énergie par une mise en vibration directe de la chaîne ossiculaire - les implants cochléaires qui transforment le son en une stimulation électrique stimulant directement les fibres du nerf auditif. Chiffre clé : 20 à 30 % c est le pourcentage en France de malentendants appareillés Saviez-vous que? > Il est adopté 20% d appareils intra-auriculaires et 80% de contours d oreille. Les boitiers qui sont la troisième forme d aides auditives ont presque complètement disparus. Il existe, grosso modo, 2 types d intra-auriculaires : les intra-conduits et les intras profonds invisibles car enfoncés dans le conduit auditif. Les contours sont reliés à l oreille par un tube terminé par un "embout" qui maintient le tube et assure l étanchéité. La coque de l intra-auriculaire a le même rôle que l embout. Les appareils sont alimentés en énergie par des piles. Chiffre clé : 1996 est la date de l arrivée des appareils numériques 18

19 Les aides auditives ou prothèses auditives Les aides auditives représentent un système universel applicable à tout type de surdité avec une efficacité qui varie en fonction de l altération du système auditif et des conditions acoustiques ambiantes. En France, environ aides auditives sont délivrées chaque année par audioprothésistes, après une prescription médicale spécifiant une absence de contre-indication à l appareillage. Depuis quelques années, les aides auditives numériques ont permis d accroître la discrétion, la fiabilité et le confort des appareils qui "filtrent" les sons forts tout en permettant l écoute des niveaux faibles. Les personnes appareillées ont une bonne écoute de l environnement, et une compréhension satisfaisante de la parole en milieu calme, mais la maîtrise de l écoute en milieu bruyant est encore le problème majeur de l appareillage, agravé par les effets de l âge sur l audition par les personnes plus âgées. Il existe des appareils de type contour portés sur le pavillon de l oreille et des intra-auriculaires plus ou moins dissimulés dans le conduit auditif. Et depuis peu des mini contours, avec des tubes très fins (environ 1 mm), destinés aux personnes ayant une presbyacousie. les capacités de ces appareils sont orientées vers la correction nécessaire à ce type de déficience auditive et l objectif non dissimulé (et atteint) est une discrétion maximum. L appareillage binaural est particulièrement recommandé lorsque la surdité est bilatérale, mais l intérêt de la stéréophonie est variable lorsqu augmentent les différences de surdités interaurales. La variabilité des surdités et des attentes du malentendant fait que seul l audioprothésiste est apte à guider ce dernier dans le choix de son ou de ses appareils. Depuis peu, sont apparus des apareillages dits ouverts adaptés aux presbyacousies et aux faibles amplifications. ces appareillages ne nécessitent pas l utilisation d un rmbout, pièce de plastique ou de silicone destiné à obturer le conduit auditif. Jusqu à ce jour, l embout était indispensable car il évitait l effet LARSEN qui génère des sifflements insupportable. Secondairement, l embout maintenait le tube acoustique dans le conduit auditif. Mais le port d un embout comporte des désagréments. C est ainsi que le malentendant lorsqu il vient d être appareillé s entend parler d une façon bizarre, l obturation du conduit auditif n évacue plus l humidité du conduit et présente le risque de réchauffer des otites latentes. l embout s oppose aussi à l évacuation naturelle du cérumen, et les sécrétions des glandes cérumineuses ont tendance à l obturer. On manque encore de recul pour juger des résultats de l appareillage ouvert, mais il semble que ce procédé soit promis à un bel avenir à condition de ne pas l appliquer sans retenue comme on le voit faire trop souvent lorsque apparaît une nouvelle technique. L appareillage ouvert est particulièrement adapté aux amplifications faibles à modérées, et aux premiers appareillages où le syndrome de l oreille bouchées est une cause de rejet. Il est également indiqué lorsque l embout n est pas toléré : pathologie du conduit, otorrhée, allergie du contact... Les appareillages sont un investissement important, le suivi étant inclus et les prestations sociales peu élevées, le malentendant peut donc revenir consulter son audioprothésiste autant de fois qu il le désiresans surcoût ; seules les réparations après la fin de la garantie sont facturés, et les piles. 19

20 La prise en charge des aides auditives Ne peuvent être pris en charge par les organismes sociaux, que les appareils de correction auditive homologués par la Sécurité Sociale. Le LPP (Liste des Produits et Prestations) comporte un volet adulte et un volet enfant. Tarif de remboursement par aide auditive (à multiplier par 2 pour l appareillage des 2 oreilles) Catégorie A (standard) B C D (haut de gamme) Enfant de moins de 20 ans Adulte atteint de cécité Le tarif LPP adulte est fixé à 199,71. Le tarif LPP enfant est réparti en quatre catégories, A, B, C et D, chacune regroupant des appareils présentant des caractéristiques équivalentes, croissantes de A vers D. Le tarif LPP croît aussi selon la catégorie, de 900 à Il est proche du prix réel de l appareillage. La prestation pour l adulte est de deux fois 65 % du tarif LPP adulte, soit 259,62 pour les deux oreilles. Pour l enfant celle-ci devient donc deux fois 65 % ou 100 % du tarif de la catégorie adaptée. De nombreuses caisses complémentaires permettent d améliorer ce "remboursement", mais l ensemble se situe en général entre 500 et Le coût d un appareillage binaural se situe entre 1500 et 4000, la TVA, au taux de 5,5 %, représente 82,5 pour 1500 et 220 pour 4000, soit dans ce dernier cas environ 80 % de la prise en charge. La Couverture Maladie Universelle (CMU) prend en charge 100 % du remboursement soit pour un adulte 199,71 pour une oreille et 399,42 pour les deux, et assure un complément fixe de 243,92 pour un appareil par période de deux ans. Les audioprothésistes sont tenus de proposer des appareils permettant une telle tarification. Dans le cas particulier des Anciens Combattants une procédure de type entente préalable est en place, et la prise en charge est de 100 % du remboursement enfant. Les organismes sociaux prévoient également de donner une allocation forfaitaire annuelle d entretien, pour prendre en compte les dépenses de piles, entretien et réparation, sur la base de 36,59 par appareil, certaines réparations font l objet d une prise en charge spécifique, mais sur des bases tarifaires dépassées, (à titre d exemple 5,32 pour un écouteur dont le prix réel est proche de 150 ). > Les aides techniques Il existe un grand nombre d aides techniques dont l objectif est d améliorer les possibilités relationnelles des malentendants. Leur mode d action est basé, soit sur une transmission particulière du son suivi d une amplification, soit sur une stimulation faisant appel à des perceptions autre que l audition : stimulation visuelle ou tactile. L induction magnétique, la transmission HF ou IR, fonctionnent en complément de la prothèse ou s y substituent, et permettent une meilleure séparation du signal de parole du bruit qui le perturbe. Les avertisseurs lumineux ou vibratoires substituent au son un autre type d alerte. Le sous-titrage des films, le télécopieur, internet, les sms, les visiophones, sont autant de moyens de communication précieux au malentendant car n utilisant pas la voie auditive. Adulte de plus de 20 ans 199,71 199,71 199,71 199,71 Saviez-vous que? > Les malentendants et principalement ceux dont la surdité est apparue progressivement, utilisent la lecture facio-labiale, c est-a-dire qu ils améliorent leur communication en décryptant les mouvements des lèvres et les expressions du visage. On peut s en rendre compte en observant que les malentendants regardent toujours fixement leur interlocuteur. Si vous voulez être compris : parlez en face du malentendant sans tourner la tête et à plus forte raison le dos placez vous dans un endroit éclairé diminuez votre débit de parole, parlez assez fort mais ne criez pas articulez sans pour cela exagérer le mouvement de vos lèvres et de votre visage parlez un peu comme les méridionaux : "avec les mains". Chiffre clé : 36,59 Montant du forfait entretien annuel de l appareillage pour une oreille versé par la Sécurité Sociale

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