Entre mécanisation et incarnation : réflexions sur les neurosciences cognitives fondamentales et cliniques

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1 Revue de Neuropsychologie 2007, Vol. 17, n 4, Entre mécanisation et incarnation : réflexions sur les neurosciences cognitives fondamentales et cliniques Jean Vion-Dury Pôle de Psychiatrie Universitaire, Hôpital Ste Marguerite (CHU), Marseille. Institut des Neurosciences Cognitives de la Méditerranée (UMR-CNRS 6193) Chercheur associé au Centre d Epistémologie et d Ergologie Comparatives (UMR- CNRS 6059) Résumé Les neurosciences cognitives contemporaines bénéficient d un développement considérable mettant en jeu une pluridisciplinarité remarquable. Cependant, leur fondement philosophique (monisme matérialiste et physicaliste) a des conséquences notables dans les directions de recherche qu elles privilégient mais aussi dans celles qu elles négligent ou refusent de considérer. Les paradigmes fondateurs des sciences cognitives (en particulier le paradigme cognitiviste et sa conception computationnaliste de l esprit) influencent de manière notable à la fois les neurosciences cognitives (par exemple dans l idée que le cerveau biologique est une machine à traiter de l information) mais également les neurosciences cliniques, notamment la neuropsychologie. Les conceptions modularistes et localistes concernant des fonctions cérébrales sont ainsi centrales dans cette discipline. Ces hypothèses sur le fonctionnement mental sont discutées ou réfutées par d autres courants scientifiques ou philosophiques et, en particulier, la phénoménologie. Un point central que ne peut résoudre le physicalisme des (neuro)sciences cognitives est l explication de la conscience. Une étape nécessaire dans la voie de ce difficile problème est probablement la prise en compte de la dimension subjective de l expérience (ce que ne font pas les protocoles standards des neurosciences cognitives). De plus, la prise en compte de la subjectivité a des conséquences éthiques incontournables, notamment en clinique neurologique et psychiatrique.

2 294 J. Vion-Dury Mots-clés: neurosciences cognitives, philosophie de l'esprit, phénoménologie, neuropsychologie, localisme Key words : cognitive neurosciences, philosophy of mind, phenomenology, neuropsychology, localism. 1. INTRODUCTION Les sciences cognitives, dont l objet est l étude de l intelligence humaine, de sa structure formelle, de ses modélisations possibles, de ses expressions psychologiques, linguistiques et anthropologiques mais aussi de son substrat biologique (Imbert, 1992), constituent un développement majeur de l activité scientifique de la fin du XX ème siècle. Capables de réunir au nom de la recherche sur le fonctionnement cérébral (et plus particulièrement les fonctions supérieures du cerveau humain), notamment l intelligence artificielle, la psychologie, les neurosciences, la physique et la philosophie, les pré-supposés philosophiques qui leur servent de socle et les directions prises par leur développement les conduisent dans des directions, certes extraordinairement productives et passionnantes, mais qui appellent cependant un questionnement quant à leur pertinence et leur validité. A tel point qu un philosophe intitulait récemment un article avec cette étonnante question : «Faut-il avoir peur des sciences cognitives?» (Maldamé, 2002), tout en y répondant, d ailleurs, de manière plutôt négative. En toute rigueur, l interrogation peut surprendre. Soit les sciences cognitives méritent le statut de sciences parce que notamment elles utilisent les procédures d attestation expérimentale et de déduction théorique requises par ce type d activités humaines et, dans ce cas, nous n avons pas plus à craindre des sciences cognitives que de la thermodynamique ou de la botanique. Soit il existe implicitement quelque chose qui, dans leur fondation ou leur formulation, conduit à se poser la question d une éventuelle dangerosité relevant, par exemple, soit des problèmes éthiques posés par leur développement et les applications médicales de leurs dé-

3 Mécanisation ou incarnation 295 couvertes, soit par le programme philosophique qui les fonde, soit par les deux. C est ce dernier point qui nous semble devoir faire l objet des quelques développements qui suivront. Cette interrogation portant sur les seules sciences cognitives constituerait en soi un objet d analyse et de débat, mais, parce que le passage d une psychologie cognitive à une neurophysiologie cognitive est en quelque sorte naturel, puisqu à la recherche des déterminants neurophysiologiques des processus de pensée et de conscience, la question posée plus haut se pose également, quasiment inchangée, aux neurosciences cognitives, c est-à-dire à l étude des processus cognitifs (perception, mémoire, schémas d actions, évaluations, émotions) par les neurosciences armées de leurs propres méthodes d investigations empiriques (enregistrements cellulaires, neurochimie, neurophysiologie, imageries, etc.). Une des difficultés que l on rencontre quand on tente d aborder le problème de la pensée est la confrontation entre d une part des positions théoriques sur le fonctionnement de l esprit humain, en général proposées par des philosophes et certains psychologues cognitivistes et, d autre part, des résultats de recherches empiriques qui se développent dans le champ de la psychologie cognitive et dans celui des neurosciences. Ces recherches empiriques tentent de décrire correctement des phénomènes mentaux mais aussi tentent de découvrir les processus (psychologiques, cérébraux, neuronaux) qui sont censés en être la cause. Aussi, existe-t-il une circulation constante entre neurosciences et sciences cognitives pour tenter de trouver une base biologique aux postulats des théories de l esprit comme aux résultats des sciences cognitives, ou, à tout le moins, pour tenter de spécifier les contraintes naturelles (cérébrales) relatives aux théories portant sur les actes cognitifs (Imbert, 1992). Mais, d une certaine manière, cette circulation est problématique parce que, on s en doute, les niveaux d analyse ne sont pas similaires et parce qu il n est pas forcément licite de chercher des causalités entre phénomènes relevant de niveaux d analyse différents. Dans cet article, nous porterons plus particulièrement notre regard sur les neurosciences cognitives parce qu elles se situent à l articulation entre les théories cognitives et les problèmes posés par la clinique, que ce soit en neurologie ou en psychiatrie, même s il n existe pas de concordance parfaite (loin s en faut) entre les processus neurophysiologiques,

4 296 J. Vion-Dury les comportements et les processus cognitifs. Par exemple, si pour les neurosciences la notion de «traitement» se rapporte à des mécanismes dont l explication réside dans l élucidation de relations causales entre des objets matériels (cellulaires, sub-cellulaires ou biochimiques), pour les sciences cognitives il s agira de calculs opérant sur des représentations symboliques et leurs transformations (Imbert 1992). Mais bien que les appareils conceptuels soient très différents, on peut se demander si, dans la pratique des laboratoires de neurosciences cognitives, n existe pas une certaine ambiguïté voire un recouvrement peut-être indu ou mal fondé de ces appareils conceptuels. Une seconde raison de questionner les neurosciences cognitives est que les concepts qu elles utilisent (ainsi que leurs modalités d analyse et de compréhension des processus impliqués dans les fonctions humaines supérieures) se transposent largement à leur tour, d une part, en neurologie clinique par le biais de la neuropsychologie qui tient une place de plus en plus grande dans cette discipline, et, d autre part, en psychiatrie où les psychiatres tentés par une «organicisation» des pathologies de leurs malades, cherchent dans les nouvelles méthodes d imagerie et de neurophysiologie les bases plus rigoureuses d une nosologie finalement assez instable et d une approche thérapeutique qui reste extrêmement empirique. Et la question, initialement posée pour les sciences cognitives, s étend donc, nous semble-t-il, à la théorie et la pratique des sciences cliniques qui s intéressent aux maladies du cerveau. Parmi les nombreux points que nous aborderons dans cet article, il en est un qui concerne directement la question soulevée par Maldamé et qui nous semble particulièrement central dans la démarche des neurosciences cognitives chez le sujet normal comme chez le sujet cérébrolésé : il s agit du réductionnisme (au sens philosophique). Celui-ci constitue le présupposé commun à de très nombreuses recherches qui concernent les processus cognitifs normaux et pathologiques et il est probablement responsable du fait que ces recherches atteignent rapidement leurs limites. Plus encore, et sous-jacents au réductionnisme, se révèlent des choix philosophiques (explicites ou non) qui sous-tendent et polarisent le développement récent des disciplines s intéressant aux processus cognitifs. Et ces postulats philosophiques soulèvent, volens, nolens, la question fondamentale de notre condition d homme, c est-à-dire qu ils sont por-

5 Mécanisation ou incarnation 297 teurs d une anthropologie spécifique. Qu on en juge: «récemment un corps de disciplines hétérogènes se sont regroupées autour d une idée purement philosophique, voire métaphysique. Ces disciplines [...] qu on nomme sciences cognitives [...] partagent une thèse philosophique ambitieuse : [...] pouvoir expliquer de façon physicaliste le fonctionnement de l esprit humain. [...] Est physicaliste tout chercheur qui nie l existence dans le monde, d autres entités que matérielles» (Barberousse et coll, 2000, p 225 et suivantes). En réalité assez rares sont les chercheurs en neurosciences cognitives ou les médecins (neurologues ou psychiatres) qui se posent la question des fondements philosophiques et s engagent dans une critique épistémologique de leur discipline. Qu au niveau d un laboratoire de neurosciences cette négligence puisse avoir des conséquences sur la nature des programmes de recherches, qui se feront toujours ainsi sous un même éclairage paradigmatique, nous semble un inconvénient sévère mais dont on peut penser que les limites intrinsèques de ces programmes et de leur réalisation conduiront les chercheurs à une prise de conscience plus ou moins tardive et/ou radicale d un certain nombre d impasses générées par ce réductionnisme omniprésent et imposé. Il n en est pas de même des disciplines médicales qui, en plus des mêmes problèmes épistémologiques, ont à gérer une éthique (au moins un ethos, un habitus, une manière d être) dont l urgence et la nature sont dictées largement par la relation avec le malade. Et la position éthique en ce domaine, comme dans d autres, doit en droit se fonder sur une métaphysique ainsi que nous le rappelle H. Jonas (1990, p 40, 95-99) 1, laquelle pourrait s avérer, le cas échéant, incompatible avec la métaphysique du matérialisme physicaliste et du réductionnisme des neurosciences cognitives. Après avoir ainsi envisagé la question des fondements philosophiques des neurosciences cognitives et les débats qui en découlent, notre propos, dans cet article, sera triple : a) tenter de repérer au sein de nos 1 C est d ailleurs un des paradoxes de l éthique médicale institutionnelle que de refuser, en général, de se fonder sur une ontologie ou de se construire sur une métaphysique par crainte de se retrouver confrontée à une autre ontologie que celle du matérialisme ou par refus de se laisser entraîner dans le questionnement religieux. Du coup, l éthique médicale semble philosophiquement assez faiblement fondée, parce que finalement fondée de manière, en quelque sorte, négative.

6 298 J. Vion-Dury conceptions et des recherches concernant la cognition normale et pathologique ce qui relève du paradigme 2 cognitiviste et nous semble limiter de ce fait nos capacités à bien saisir les processus complexes de la pensée, b) analyser les limitations dans les neurosciences cognitives fondamentales et cliniques qui sont consécutives à la conception réductionniste et modulariste majoritaire en ces domaines et envisager les conséquences (notamment éthiques) de cette approche sur le diagnostic et la prise en charge des patients et c) tenter de décrire des approches alternatives qui seraient de nature à mieux aborder ce problème terriblement difficile de la recherche sur la pensée humaine, en proposant l idée que l observation clinique a beaucoup à nous apprendre sur la structure de l esprit, peut-être au prix de son affranchissement des modèles neuropsychologiques dominants. 2. LES FONDEMENTS : LA PHILOSOPHIE DE L ESPRIT CONTEMPORAINE Comme nous l avons vu, le programme scientifique des (neuro)sciences cognitives n est pas suspendu en l air, comme généré par une scientificité idéale. Ce programme est fondé sur une approche philosophique dont l essentiel a été mentionné plus haut et dont nous allons déployer les principales caractéristiques et les limites La philosophie de l esprit ou philosophie cognitive La philosophie de l esprit vise à rendre compte de l essence des phénomènes mentaux qui intéressent des organismes réels, non pas directe- 2 Ici la notion de paradigme est prise dans le sens que lui donne de Kuhn (1983). Un paradigme de la science à une époque donnée est un modèle de travail scientifique réel (avec des lois, des théories, des applications et des dispositifs expérimentaux) qui donne naissance à des traditions particulières et cohérentes de recherche scientifique. Un paradigme est donc un ensemble de convictions qui sont partagées par la communauté scientifique mondiale. Dans l esprit de Kuhn, l astronomie ptolémaïque est un paradigme. Le modèle de travail scientifique des sciences cognitives au sens large nous semble avoir également la structure d un paradigme.

7 Mécanisation ou incarnation 299 ment sur des bases empiriques, mais par le biais d une analyse des concepts mentaux (Dokic, 2000). La philosophie de l esprit (ou philosophie cognitive) ne constitue pas une philosophie de la connaissance telle qu elle a pu être pensée dans des philosophies occidentales comme celle de Descartes, Leibniz, Kant Hegel etc car la cognition n est pas, dans cette philosophie, connaissance. La cognition est ici définie comme «toute forme de traitement de l information (perception, mémoire, schéma d action, évaluation) qui permet à un organisme humain ou non humain de s adapter de manière flexible à l environnement» (Pacherie et Proust, 2004). La philosophie cognitive met donc la notion d information au centre de la cognition. La cognition ainsi définie se donne pour tâche d explorer l ensemble des champs conceptuels ouverts par le paradigme informationnel. La philosophie de l esprit, dans son courant majoritaire, s organise autour de trois décisions : a) son champ d investigation est délimité à l aide de la psychologie du sens commun 3 et de la thèse de la croyance et du désir qui est inhérente à cette psychologie; b) l ensemble des problèmes de la philosophie est subsumé de sous trois grandes catégories l intentionnalité 4, la rationalité, et la conscience et, c) le recours aux sciences cognitives est utilisé pour expliquer l esprit, en convoquant plus particulièrement les modèles computationnels et représentationnels 5 (Fisette et Poirier, 2000, p.288) Un programme réductionniste et de naturalisation des états mentaux. Le courant principal de la philosophie de l esprit contemporaine s appuie donc, d une part, dans son fondement philosophique sur le postulat physicaliste et matérialiste et, d autre part, dans son approche théo- 3 Il s agit du schème conceptuel dont on se sert quotidiennement pour décrire, prédire et expliquer le comportement d autrui. 4 L intentionnalité est le trait fondamental à l ensemble des phénomènes psychiques : le fait qu ils sont à propos de quelque chose, qu ils soient dirigés vers quelque chose (Fisette et Poirier, 2000, p 26). 5 Unereprésentationmentaleestunobjetpsychiquepossédantcertainespropriétésintentionnelles. La thèse représentationaliste cartésienne de l esprit propose que l esprit est représentationnel, c està-dire qu il représente le monde d une certaine manière(fisette et Poirier, 2000, p 184 et 122).

8 300 J. Vion-Dury rique (modélisation) et empirique, sur les sciences cognitives (Dupuy, 2000, p 35). Ce physicalisme constitue un monisme matérialiste affirmant qu il existe une seule identité psycho-physique matérielle et non pas un corps différent d un esprit. Dans ce monisme matérialiste, l esprit n est pas séparable du corps : le cerveau, organe formé de particules et de molécules, produit de la pensée. La destruction du cerveau conduit à l arrêt de la pensée ; rien n indique que l esprit, sous une forme ou une autre, soit différent de la production de ce conglomérat physicochimique corruptible. Tout dualisme (notamment des essences comme le dualisme cartésien) est rejeté, même si certaines positions en philosophie cognitive comme le fonctionnalisme 6, l épiphénoménisme 7 ou le monisme anomal de Davidson 8 peuvent parfois apparaître comme des dualismes plus ou moins cryptiques. Le postulat physicaliste présuppose un réductionnisme philosophique. «Réduire une notion c est la définir en termes d autres notions, arriver ainsi à l éliminer de la liste des entités de base à l intérieur d un certain champ de recherche ou discipline scientifique et, éventuellement, montrer que l entité présumée ainsi réduite n existe pas réellement». En un autre sens, plus restrictif, c est «affirmer une doctrine selon laquelle tout énoncé doué de signification (et non analytique) équivaut à une construction logique à partir de termes de base qui renvoient à une expérience immédiate ou encore aux objets physiques, à leurs propriétés ainsi qu à leurs mouvements dans l espace-temps» (Nadeau, 1999). Le réductionnisme constitue un principe d économie ontologique (rasoir d Occam). Il suppose une base empirique à la connaissance. Dans le processus de réduction, on réalise l intégration logique de deux théories 6 Le fonctionnalisme pose que le cerveau agit comme un système de fonctions logiques. Le fonctionnalisme est une thèse selon laquelle les phénomènes mentaux sont constitués par leur position relationnelle dans un réseau de relations causales entre des entrées sensorielles, d autres états mentaux et des sorties motrices (Dokic, 2000). 7 Cette théorie postule que les propriétés mentales ne sont responsables de rien concernant les propriétés physiques : elles sont des épiphénomènes (selon Kim). 8 Davidson propose une identité entre corps et esprit, sans réduction du psychique au physique, car contrairement aux évènements physiques, il n y a pas de lois causales subsumant les évènements psychiques. Il s agit là d un dualisme des propriétés.

9 Mécanisation ou incarnation 301 scientifiques en une seule et même construction déductive par le biais de dérivation des concepts et des propositions de l une à partir des concepts et des propositions de l autre ; par exemple les états mentaux sont réduits à des états neurophysiologiques, lesquels peuvent être décrits, in fine, par des états de particules atomiques. «L homme neuronal» de Changeux (1983) constitue une illustration particulièrement frappante de la démarche du réductionniste en neurobiologie. Une forme particulière et assez extrême de réductionnisme en sciences cognitives est le matérialisme éliminativiste qui estime même que la psychologie du sens commun (croyances, désirs, peurs, intentions, perceptions) à la base de la philosophie de l esprit est une théorie inutile, imprécise voire même fausse et suggère de la remplacer par les concepts des neurosciences qui offriront un vocabulaire plus raffiné des états mentaux, rendant mieux compte de l activité interne des sujets. Dans ce cas, les états mentaux sont en dernier ressort quasi-identifiés à des états cérébraux (Churchland, 2002). L éliminativisme correspond d ailleurs à une tradition majeure des théories modernes de l esprit. Contrairement à la tradition représentationnaliste qui soutient que toute théorie de la cognition doit postuler des états mentaux représentationnels (ou «intentionnels» ou «sémantiques») dont la fonction est d encoder les états du monde, l éliminativisme affirme que ces mêmes théories peuvent se passer de notions sémantiques comme la représentation, le vocabulaire adéquat pour formuler ces théories étant neurologique, comportemental ou syntaxique (Fodor et Pyslshyn, 2003). Dans le cadre du postulat physicaliste, la philosophie cognitive (et les neurosciences cognitives) génère un programme de naturalisation étendue des processus mentaux (en particulier intentionnalité et conscience) qui propose de considérer que les phénomènes mentaux sont des phénomènes naturels et tente de comprendre et d expliquer comment des processus physiques peuvent leur donner naissance (Pacherie, 2004). Plus précisément, dans le cas des neurosciences cognitives, il s agit, à partir d une analyse fonctionnelle des états mentaux de montrer comment les mécanismes neurophysiologiques causent ces états mentaux. La naturalisation consiste ainsi à rendre intelligible le fait qu une entité puisse avoir des propriétés caractéristiques à la fois de la matière et du mental

10 302 J. Vion-Dury et à faire disparaître l hétérogénéité apparente qui sépare ces propriétés (Roy et coll, 2002). Cette naturalisation est dans la droite ligne de la philosophie de Quine ( ) qui consiste notamment à refuser d isoler la réflexion philosophique des explications scientifiques, dans une circulation entre sciences cognitives et épistémologie. Ce projet d une épistémologie naturalisée de Quine est l héritier du positivisme logique et de la philosophie analytique née au début du XX ème siècle Le paradigme informationnel au cœur de la problématique Le paradigme informationnel, qui est central dans la philosophie cognitive, se base, comme son nom l indique, sur le concept d information. Mais s il est un concept étendu, voie ambigu et évolutif, c est bien celui-ci. Dans le langage scolastique, en accord avec l étymologie, informer c est donner une forme, façonner (XV ème siècle) et, au figuré, «représenter idéalement», «former dans l esprit» (Rey, 1992). Le mot a évolué pour avoir le sens de «faire connaître quelque chose à quelqu un» (Lalande, 1926), mais ce n est qu après 1950 qu il aura les multiples sens que lui accordent les mathématiques et la physique de la transmission des signaux. C est Shannon qui, en 1948, introduisit une définition quantitative de l information dont l unité est le digit binaire ou bit qui permet de calculer la quantité d information que produit la source d un message (Triclot, 2007). C est donc avec la cybernétique (qui est la science et la théorie des automates) que, dans les années , le sens du mot «information» s est considérablement transformé. Et que l on a commencé à penser le monde en termes d information, inventant alors une nouvelle cosmologie (Triclot, 2007) que l on peut identifier tous les jours dans le discours des chercheurs en neurosciences cognitives. Les développements du paradigme informationnel au début de la cybernétique allaient produire ainsi de nouvelles possibilités d explication du monde dans lequel, à coté de la matière et de l énergie, l information s échange, circule et se transforme. Cette information, immatérielle, va être assez rapidement pensée également à partir de l entropie (dans la définition qu en donne la thermodynamique statistique d expression du désordre dans une collection de particules) comme une mesure du degré

11 Mécanisation ou incarnation 303 d organisation d un système matériel (opposé à la désorganisation en lien avec la croissance d entropie) (Triclot, 2007, p. 264). C est ainsi que Brillouin confirmera l équivalence entre information et négentropie (ou entropie négative), constituant une théorie physique (et non plus seulement mathématique) de l information. Ainsi, pour Weiner, un des fondateurs de la cybernétique, si l information est le concept opposé à l entropie, alors les organismes vivants sont des messages, des formes provisoires qui résistent au chaos et à la désintégration (Jacquot et Trémolières, 1970) au prix d une dépense d énergie qu ils peuvent renouveler grâce aux métabolismes 9. L organisme est ainsi compris comme un ensemble de formes stabilisées par l homéostasie et qui résistent jusqu à la mort en consommant de l énergie et en créant des structures ordonnées : macromolécules, organites, organes En somme, le concept d information apparaît paradoxalement à la fois : a) comme l aboutissement du réductionnisme qui transforme les êtres vivants en machines, la pensée en simple calcul ou le sens en un simple jeu de signes (et on voit ici toute la logique de la sémiotique linguistique se profiler) selon un paradigme déjà à l œuvre dans les automates de Vaucanson (Vion-Dury, 2008a) et, b) comme une dimension immatérielle de l univers Une conception psycholinguistique de l esprit Un autre élément essentiel de la philosophie cognitive est la conception psycholinguitique de l esprit qu elle promeut. Cette conception provient de la philosophie analytique (fondamentalement une philosophie du langage) qui propose que la philosophie est analyse logique linguistique (phrase, proposition, signification). La philosophie cognitive, ainsi que les sciences cognitives, assument en effet complètement les évolutions remarquables de la linguistique du XX ème siècle. D une part, à la suite de Saussure (notion de signe) et de Frege (notion de référence), toute une conception structurale du langage (avec Jacobson et la linguistique 9 Un métabolisme est un flux de matière et/ou d énergie passant au travers d un organisme (par exemple métabolisme du glucose) (Jacquot et Trémolières, 1970).

12 304 J. Vion-Dury structurale) va se développer, et, d autre part, avec les philosophes de la logique et du langage (Frege, Wittgenstein, Russel, Ryle notamment), le langage va apparaître comme un calcul logique sur les symboles qui représentent la réalité, en insistant sur la différence entre sens et référence (Ludwig, 1997 ; Farago, 1999). Ce courant fondamental va être nommé «tournant linguistique» («linguistic turn») et sera à l origine d une conception de l esprit dans laquelle a) les pensées sont «localisées» dans le langage et, b) sur un plan philosophique, dans la proposition que l explication philosophique de la pensée se résout dans l explication philosophique du langage 10. On notera d ailleurs la proximité de cette position avec celle du cercle de Vienne (néo-positivisme logique, ou empirisme logique) dont Carnap, l un des principaux animateurs, fut également un précurseur du tournant linguistique soutenant que le langage physicaliste devait devenir le langage de toutes les sciences, psychologie incluse. Ainsi, les pensées et les significations exprimées par les phrases sont en quelque sorte «expulsées» hors de l esprit et l analyse des pensées consiste rechercher les formes logiques sous-jacentes au langage (Pelletier, 2004). On voit ainsi la proximité épistémologique entre, d une part, cette conception logiciste du langage et, d autre part, le physicaliste réductionniste que nous avons mentionné dans l introduction. Cette conception psycholinguistique de l esprit est très présente dans les sciences cognitives. Elle est également facilement décelable dans le discours des (neuro)sciences cognitives, la structure des expériences de laboratoire et l interprétation de leurs résultats, comme, d ailleurs, dans le désir de réaliser une généralisation de la sémiotique y compris dans le vivant par le biais d une biosémiotique qui se situe dans l articulation entre la biologie et les sciences du langage, particulièrement la sémantique (Timsit Berthier, 2007). Cependant, dans le développement de sa théorie de la signification et de la division du travail linguistique, Putnam (2003) critique la tendance de la linguistique, de la philosophie linguistique et des sciences cognitives à considérer la cognition comme purement individuelle sans tenir 10 Ainsi, par exemple : «La pensée est la proposition pourvue de sens» et «La totalité des propositions est la langue» (Wittgenstein, Tractatus, 4 et ).

13 Mécanisation ou incarnation 305 compte du monde (notamment social) dans lequel évolue le sujet, c est à dire à négliger la dimension sociale de la cognition. Nous retrouverons ce type de critiques, sous un autre mode, dans l approche phénoménologique (cf. 7) 2.2. Critiques principales de ce programme philosophique Pour autant, tous les auteurs ne souscrivent pas à cette conception, certes majoritaire, de l esprit. D une part, de nombreux philosophes s inquiètent du peu de place laissé à d autres philosophies comme par exemple les philosophies de la conscience (comme la phénoménologie et l existentialisme), d autres psychologies (comme le béhaviorisme ou la psychanalyse), ou d autres sciences (les sciences sociales et les sciences de l homme) (Dupuy, 2000). Et en tout état de cause, il y a là un débat philosophique très fort, bien qu étouffé par les tenants (majoritaires) du monisme matérialiste et du réductionnisme physicaliste. D autre part, des questions très difficiles (ontologiques, métaphysiques) se posent également. Peut-on, par exemple, éliminer d un revers de la main toutes les théories ou philosophies dualistes dans lesquelles l âme est séparée du corps? Car, en définitive, nous avons bien peu de d arguments théoriques ou même empiriques pour le faire et nos connaissances actuelles en neurobiologie ne nous permettent en aucun cas de conclure de manière tellement affirmative dans un sens comme dans l autre. Les traditions religieuses occidentales (christianisme) et orientales (bouddhisme) ne nous offrent-elles pas, en ce domaine, de sérieuses raisons de questionner le monisme matérialiste, pour peu que l on ne fasse pas sien un rationalisme dogmatique? Indépendamment de ces débats très délicats, il nous semble que le réductionniste physicaliste qui fonde à la fois les (neuro)sciences cognitives et sous-tend la philosophie de l esprit dans son courant majoritaire tel que nous l avons présenté, peut recevoir trois critiques : majeures: a) le problème de l ignorance de la position en 1 ère personne et de la subjectivité, b) le changement du concept même de matière, c) la généralisation discutable du postulat représentationnel.

14 306 J. Vion-Dury Réductionnisme et le problème de l approche en 1 ère personne. Tout d abord, la position réductionniste (qui souvent devient une position simplificatrice en passant de la philosophie à la pratique) est nécessaire dans une réalisation pratique de programmes de recherches dans les laboratoires ; elle n est pas sans avoir permis de considérables progrès sur lesquels tous les jours nous nous appuyons en neurosciences fondamentales et cliniques. Cependant, ce réductionnisme physicaliste est incapable non seulement de commencer à expliquer l apparition de l expérience consciente à partir d un substrat matériel dont aucune propriété n a la moindre parenté avec elle (c est le «hard-problem» de la philosophie de l esprit), mais plus encore, il n offre aucune piste pour nous indiquer comment on pourrait aborder ce difficile problème (Fisette et Poirier, 2000, p 284 ; Bitbol, 2008). Car, si c est un point non négligeable d obtenir des corrélats neuronaux de la conscience (qui par ailleurs est le plus souvent incomplètement ou grossièrement définie), ces corrélats neuronaux (oscillations rapides, liage neuronal ) ne nous indiquent en rien comment la conscience survient et encore moins pourquoi. L autre difficulté, largement en lien avec la première, est que les (neuro)sciences cognitives adoptent a priori, par un postulat objectiviste venant des sciences naturelles, une position dite en troisième personne, dérivant de la position adoptée dans la physique expérimentale classique qui conduit des expérimentations dans un laboratoire considéré comme un isolat de la nature et qui travaille sur un objet d expérience existant en soi et parfaitement différencié de l expérimentateur, lui même considéré comme objectif (neutre) face à la situation expérimentale (Chevalley, 1995). En réalité, cette position est intenable parce que, quand on réalise des expériences de neurosciences cognitives, on voit bien que l approche strictement objective (en troisième personne) ne suffit pas. Très souvent la variabilité des réponses comportementales, neurophysiologiques, ou d activation (IRMf) peut trouver une explication dans la manière dont l expérience a été vécue par le sujet, donnant ainsi un rôle potentiel important aux approches tenant compte de la subjectivité (approches en première personne). Il en est d ailleurs de même quand on aborde le diagnostic en neurologie. La démarche diagnostique objectiviste est une démarche qui met

15 Mécanisation ou incarnation 307 en exergue le manque, la lésion. La caractérisation objective des symptômes, la démarche critériologique dont on sait l utilité dans la stratégie thérapeutique ne nous disent strictement rien sur la manière dont l organisme malade a compensé le déficit et dont le patient vit, personnellement, sa maladie. Or cette discussion n est pas nouvelle puisque Goldstein soulignait dès 1934, que l analyse des atteintes de fonctions isolées du système nerveux ne tenait pas compte des compensations que ce même système nerveux mettait en place pour maintenir une activité la moins dégradée possible (Goldstein, 1983). Nous y reviendrons. Ce qui est pour le moins étonnant, c est que ce blocage quant au caractère central de la subjectivité dans les expérimentations (et parfois la clinique) fait l objet d un déni quasi généralisé. Dans le meilleurs des cas, on le minimise ou on part du principe que les progrès actuels des (neuro)sciences (cognitives) vont le faire disparaître Un matérialisme périmé? La seconde limite majeure de ce programme philosophique est que la prémisse physicaliste des (neuro)sciences cognitives (et du monisme matérialiste) repose sur une physique en quelque sorte désuète. Qu est-ce qu un physicalisme (en philosophie de l esprit) qui ignore les profonds changements contemporains du statut des sciences physiques prises comme modèle (pour revue, cf. Paty, 2003)? Car si la physique des systèmes non linéaires, celle des systèmes thermodynamiques éloignés de l équilibre ou celle des systèmes chaotiques commence à être intégrée dans le paradigme connexionniste-émergent et a fait son apparition dans la constitution des programmes de recherches empiriques (en les renouvelant d ailleurs de manière considérable), la mécanique quantique reste globalement ignorée de la quasi-totalité chercheurs des laboratoires de neurosciences et de psychologie cognitive, voire peut-être même des philosophes de l esprit, à la fois dans ses concepts et dans ses conséquences épistémologiques (Bitbol, 2000 ; Nikseresht, 2005). Parmi les questions difficiles soulevées par la mécanique quantique (tableau n 1), notons, parmi d autres : a) la structure discontinue de la matière qui au niveau quantique ignore les variations infinitésimales de la mécanique classique, b) le caractère à la fois corpusculaire et ondulatoire des particules, c) l impossibilité de localiser la matière (les particules) dans l espace, d) l in-

16 308 J. Vion-Dury terdépendance entre la particule analysée et le système d analyse (Bitbol,1996 ; Klein, 1998). Le modèle standard de la physique des particules s appuie à la fois sur la physique quantique décrivant le comportement de la matière à petite échelle et sur la relativité rendant compte des situations dans lesquelles les vitesses des particules ne sont pas négligeables par rapport à celle de la lumière. Dans ce modèle, la particule n est pas un point matériel mais un quantum de champ, lequel champ est un opérateur en lien avec tous les états possibles de la particule. Alors que le concept de matière recouvrait, en physique classique, ce qui se conserve au cours des transformations (Lavoisier), en mécanique quantique, la matière, qui ne se conserve pas, se fond dans l énergie, laquelle n est qu un être mathématique particulier. Se pose donc la question radicale de ce qu est ce monisme matérialiste qui passe à côté la profonde mise en question par la physique quantique du concept ordinaire de matière. Ainsi «un bon matérialiste convaincu que tout est issu d une réalité non spirituelle, ne peut plus l être que métaphysiquement. Les évolutions récentes de la physique, parce qu elles l empêchent de décrire trop naïvement le principe ou l objet au cœur de sa philosophie, l obligent à une sorte de renoncement». (Klein, 1998) Tout n est-il que représentation? Le postulat représentationnel dérive de la conception cartésienne dans laquelle l esprit est un domaine interne de représentations et de processus, situé dans un crâne (Dreyfus, 1983 ; Van Gelder, 2003). Selon Descartes, la relation fondamentale que notre esprit entretient avec le monde est de se le représenter et de le penser. Ainsi, une chose (le symbole, la configuration d états) tient lieu d autre chose (une partie du monde). La conception cartésienne conduit à penser que l esprit est un théâtre dans lequel le sujet conscient assiste à un spectacle composé d apparences. Avoir une pensée, selon le représentationnalisme, est en fait avoir un objet devant les yeux de l esprit (Fisette et Poirrier, p 73 et seq). On saisit ici l impact philosophique considérable de la découverte des lois de l optique par Képler et Descartes au XVII ème siècle. Par la géométrisation de la vision, l homme se rend compte que, dans l œil, il se construit une image du monde sous la condition d une déformation géo

17 Mécanisation ou incarnation 309 Mécanique classique Mécanique quantique Les variables dynamiques sont définies avec une Les variables «conjuguées» (position et vitesse, précision arbitrairement grande. énergie et temps) ne peuvent être déterminées en même temps avec précision. Les variables caractérisent complètement l état L équation qui décrit le système est déterministe du système considéré. mais elle ne peut recevoir qu une interprétation en physique statistique. Le système est décrit par un vecteur d état. L évolution du système au cours du temps estil existe un indéterminisme intrinsèque. L évo- du système ne peut être prédite que sur un prédictible : état final est déterminé à partir delution l état initial (équations du mouvement). plan statistique : une solution possible. Les interactions entre le système objet et le sys-touttème-appareil de mesure ne modifient pas le sys-tème-appareil de mesure modifie de manière ir- interaction entre le système-objet et le système-objeréversible et imprédictible l état du système objet après la mesure (Heisenberg). La description est possible dans l espace et le temps L absence de représentation spatio-temporelle (formes a priori de la sensibilité chez Kant). La saisie conduit à l impossibilité de correspondance avec à partir de nos sens est possible. nos sens. La position de l observateur est fixe. La démarcation entre le système objet et l instrument de mesure est variable. La nature est divisée en une région de l objectifla nature est divisée en une multitude de régions et une région du subjectif. plus ou moins superposées, différenciées par le genre de questions que nous posons et par le degré d interférence que nous créons avec elle dans l observation. Les objets physiques possèdent en eux-mêmesles objets quantiques, avant l expérience, ne des propriétés. peuvent être clairement définis. Ce ne sont pas véritablement des objets puisque leurs propriétés ne peuvent être définies antérieurement à l observation. Les observations sont indépendantes du contexte. Les observations sont contextuelles. Les principes de bivalence [a], de non contradiction et du tiers exclu sont universellement admis. Le principe de bivalence est invalidé (la particule = onde et corpuscule) en l absence de référence à un dispositif d attestation. La probabilité est celle d un événement quila probabilité est celle d un fait dont l occurrence ou la non occurrence intersubjectivement survient ou ne survient pas de lui même. attestée est suspendue à l interposition d une certaine structure expérimentale. Tableau 1. Quelques éléments comparatifs entre mécanique quantique et mécanique classique d après Klein (1996), Chevalley (1995) et Bitbol (2000). [a] Principe de bivalence : «Quelle que soit la proposition p, p est soit vraie, soit fausse». Le principe de non contradiction rend mutuellement exclusives les deux valeurs de vérité (vrai/ faux); on peut dire : «Quelle que soit la proposition p, soit p est vraie et non p est fausse, soit p est fausse et non p est vraie» ou «Quelle que soit la proposition p (p ou non p) est vraie». En vertu du principe de bivalence, la disjonction d une proposition et de sa négation couvre exhaustivement le champ de vérité. Enfin, il n y a de place pour nulle tierce proposition (tiers exclu).

18 310 J. Vion-Dury métriquement réglée (son inversion) de l image des choses du monde extérieur. Ceci conduit à un changement de la manière de penser la relation homme / monde : l homme devient un spectateur muni d un appareil optique (l œil) et le monde, ce théâtre aux effets réglés par les mathématiques (pour revue, cf. Chevalley, 1995 ; Vion-Dury, 2008a). On a ici une illustration de la genèse et des conséquences de thèses physicalistes. Ce qui échappe à la conception cartésienne de l esprit est le fait que l esprit peut aussi se définir par ce que l on fait à l intérieur des possibilités offertes par l environnement et le groupe social. Dès lors, la notion de représentation nous gêne pour penser comment nous sommes inclus dans le monde, en quelque sorte enchâssés et aptes à y réaliser toutes sortes d adaptions dans lesquelles les processus représentationnels n ont pas forcément une grande part. Rien n indique, finalement, que notre comportement pratique puisse n être causalement expliqué que par les ressources cartésiennes telles que représentations, règles, procédures algorithmes etc. Ce type de critiques formulées par Ryle et Heidegger, notamment, conduit à une remise en cause du concept de représentation dont on trouve également une critique sévère chez Edelman (1990, p 360). 3. COGNITIVISME, CONNEXIONNISME ET SCIENCES COGNITIVES Nous avons vu qu il existe donc une sorte de circulation entre les conceptions de la philosophie de l esprit contemporaine et les sciences (psychologie, neurosciences, neuropsychologie) qui s intéressent à la cognition. Nous avons vu que la philosophie de l esprit contemporaine adopte une conception des processus de pensée sur la base des modèles des sciences cognitives construits autour des concepts de computation, de représentation et d information et qu elle promeut une conception psycholinguistique de l esprit. Il nous faut maintenant aller plus avant dans la description de ce que sont les sciences cognitives. On peut discerner deux grandes étapes dans la construction des sciences cognitives. La première, fondatrice, doit beaucoup à l émergence de la cybernétique et de l informatique (Andler, 2001 ; Dupuy, 1999,

19 Mécanisation ou incarnation , 2004) : il s agit du paradigme 11 computationnel-représentationnel (CR) ou paradigme cognitiviste. La seconde, plus tardive (vers les années 1970) a vu l apparition du paradigme connexionniste-émergent (paradigme C-E) (Roy et coll, 2004). Dans le paradigme cognitiviste, l information traitée est analysée au seul niveau strictement logique comme une évolution des états du calculateur universel qu est la machine de Turing et sans que la manière dont ces états sont obtenus ou réalisés (implémentés) dans une machine ou un organisme particulier soit envisagée. En revanche, le paradigme connexionniste insiste sur le niveau et le système dans lequel les calculs s effectuent et sont implémentés (Proust et Pacherie, 2004). Trois points essentiels sont à considérer. D une part, l on ne peut pas assimiler sciences cognitives et cognitivisme lequel n est qu une proposition (en général plutôt désormais abandonnée et historique) au sein des sciences cognitives (Andler, 1992), sous peine de faire une faute épistémologique. D autre part, il faut bien comprendre que ces paradigmes des sciences cognitives ont été développés par des psychologues et des philosophes de l esprit et non des neurobiologistes. Il s agit donc là de réflexions théoriques sur le fonctionnement de l esprit, en quelque sorte complètement désincarnées, au moins dans le cognitivisme classique (paradigme C-R). Enfin, ces deux paradigmes sont représentationnels Le paradigme computationnel-représentationnel (paradigme cognitiviste) Les postulats principaux de ces modèles cognitivistes initiaux sont, de manière résumée, les suivants (Andler, 1992, 2001 ; Dupuy, 1999, 2000, 2004 ; Roy et coll, 2004). On peut modéliser le fonctionnement cérébral comme celui d un calculateur, car la pensée est réductible à un calcul sur les symboles (ou computation) : «penser c est calculer». L esprit manipule des symboles discrets selon des ensembles de règles (voir tableau 2). Ces symboles assurent une représentation. 11 Ici, la notion de paradigme constitue peut-être un abus de langage. Le mot modèle serait plus adapté. Il n en est peut-être pas de même quand on parle de paradigme informationnel.

20 312 J. Vion-Dury Lieu d encodage de la connaissance Entités assurant les descriptions cognitives Niveau d analyse du paradigme Entités sémantiquement interprétables Contenu sémantique Paradigme C-R (symbolique) Dans les structures symboliques. Les symboles (au sens syntaxique ou sémantique). Conceptuel. Langage de la pensée Présent. Paradigme C-E (sub -symbolique) Dans la configuration des coefficients numériques d activation des divers processeurs connectés. Les constituants des symboles (activités des unités individuelles de transformation dans les réseaux). Sous-conceptuel. Activation d éléments individuels. Configurations d activités. Dans les expressions (ce qui est écrit sur le ruban de la machine de Turing). Dans les nœuds (unités ou ensemble d unités). Absent. Le système de règles Sur la manipulation symbolique. Sur la propagation de l activation. porte Représentations Locales, complexes. Distribuées, atomiques. Avec une structure logico-syntaxique. Sans structure logico-syntaxique. Les représentations manifestent une structure combinatoire de constitution Les représentations ne manifestent aucune structure combinatoire de constitution ou sémantique combinatoire. ainsi qu une sémantique combinatoire. Lois fondamentales Manipulation de symboles. Equations différentielles. Machine équivalente Machine syntaxique dont les transition Machine analogique. d état répondent au critère sé- mantique de cohérence. Machine de Systèmes dynamiques. Von Neuman, Machine de Turing. Variables Discrètes. Continues. Stockage Simple. Complexe: récupération de configurations d activités. Inférences Logiques. Statistiques. Contraintes Dures. Souples. Traitement Séquentiel. Parallèle. Mise en mémoire etsimple : dans un lieu et pour uncomplexe : activation d éléments de récupération contenu (indexation) : le contenu estplusieurs réseaux. L adresse est trouvée trouvé par l adresse. par le contenu. Combinaison des Par concaténation. Par superposition. unités sémantiques Niveau des interprétations Au niveau des nœuds individuels. Au niveau supérieur des schémas sémantiques. d activation. Processus mentaux Sensibles à la structure combinatoire Insensibles à la structure combinatoire des représentations qu ils manipulent. des représentations qu ils manipulent. Tableau n 2. Comparaison entre le paradigme représentationnel-computationnel et le paradigme connexionniste-émergent (d après Smolensky, 1992, Smolensky, 2003, Fodor et Pylyshyn, 2003).

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