Dossier pédagogique. Entre nos mains. Synopsis. S.E.S. - Management des organisations Lycée - BTS. Un film de Mariana Otero

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1 S.E.S. - Management des organisations Lycée - BTS Dossier pédagogique entre nos ARCHIPEL 33 PRéSENTE mains Un film de Mariana Otero Entre nos mains Un film de Mariana Otero Durée : 1 h 28 - Couleur Production : Archipel 33 Distribution : Diaphana Site officiel du film : Au cinéma à partir du 6 octobre 2010 Synopsis Confrontés à la faillite de leur entreprise de lingerie, des salariés majoritairement Un des dossier femmes proposé tentent par de Zérodeconduite.net la reprendre sous forme de coopérative. En Au partenariat fur et à mesure avec que Warner leur Bros projet Distribution prend forme, ils se heurtent à leur patron et à la réalité du «marché». L entreprise devient alors un petit théâtre où se jouent sur un ton espiègle, entre soutiens-gorge et culottes, des questions fondamentales économiques et sociales. Les salariés découvrent dans cette aventure collective une nouvelle liberté. réalisation et image mariana otero son Pierre CarrasCo montage anny DanChé montage son CéCile ranc mixage yann legay Collaboration artistique ComéDie musicale PasCal Deux musique FreD Fresson DireCtion De ProDuCtion thomas alfandari ProDuit Par Denis FreyD une ProDuCtion archipel 33 avec le soutien Du FonDs D aide à l innovation audiovisuelle Du Centre national De la CinématograPhie De Centre images-région Centre et le soutien De la région Île-De-FranCe De la ProCireP-soCiété Des ProDuCteurs, De l angoa, avec la PartiCiPation Du Centre national Du Cinéma et De l image animée ventes internationales DoC & Film international SELECTION ACID CANNES AvEC LE SOUTIEN DES SALLES AFCAE

2 DANS LES PROGRAMMES L étude du film Entre nos mains peut s inscrire dans le cadre : des programmes de Sciences Economiques et Sociales du Lycée Général, en Seconde et en Terminale (voir p. 7). des programmes de Management des Organisations : 1 ères et Terminales STG, BTS Tertiaire (voir p. 22) MODE D EMPLOI DU DOSSIER La première partie est constituée d une introduction thématique générale sur le film. La deuxième partie propose un accompagnement pédagogique en Sciences Economiques et Sociales et des pistes (non développées) en Management des Organisations. Dossier rédigé par Cécile Faure, Clarisse Guiraud et Vital Philippot pour le site Zérodeconduite. net. Rermerciements à Alain Le Grand. Photos : Archipel 33 SOMMAIRE Mode d emploi du dossier et sommaire... Approches thématiques... Activités Sciences Economiques et Sociales Cadre pédagogique... I. Les SCOP, une forme particulière d entreprise... II. Starissima, une entreprise de textile dans la mondialisation... III. Starissima, une entreprise en difficulté... IV. Travail et intégration... Pistes Management des Organisations... Pour aller plus loin... p. 2 p. 3 p. 7 p. 8 p. 12 p. 16 p. 19 p. 22 p Dossier pédagogique

3 Approches thématiques Mariana Otero Filmographie 2003 Histoire d un secret 1997 Cette télévision est la vôtre 1994 La Loi du collège 1991 Loin de toi 1991 Non-lieux (co-réalisation avec Alexandra Rojo) Un petit théâtre «Pendant des années, j ai consacré mon travail de cinéaste à tenter de dresser un état des lieux de notre société. Sans commentaire, sans interview, sans discours, mais en racontant des histoires qui rendaient visible la complexité des situations et des enjeux.» En plantant sa caméra chez Starissima, entreprise textile en difficulté dont les salariés envisagent le passage en Société Coopérative de Production (SCOP), Mariana Otero s inscrit dans ce que certains critiques ont pu désigner comme l approche «insulaire» du documentaire (Guy Gauthier, Un siècle de documentaires français, Armand Colin, 2004). A l instar de Claire Simon (Coûte que coûte), Jean-Michel Carré (Charbons ardents) ou Luc Decaster (Rêves d usine), il s agit de scruter un îlot de vie sociale afin d aborder des questions de société, sans recourir à un discours généralisateur ; ou, comme le dit Mariana Otero «faire de cette entreprise un petit théâtre ( ) où [vont] se jouer des questions fondamentales économiques et sociales». Cinéma direct Se plaçant sous les auspices du «cinéma direct» à la Frederick Wiseman ou Raymond Depardon, Entre nos mains refuse les procédés télévisuels du reportage (cf. un magazine sur l économie comme Capital) : voix-off, répétitions, chiffres Après un carton liminaire, qui donne le minimum d informations nécessaires à l intelligence de la situation, la caméra nous place au cœur de l action, au niveau des salariés. Si les détails et les circonstances restent flous (on en sait très peu sur les activités de Starissima, et sur les difficultés qu a traversées l entreprise), l enjeu dramatique du film est clairement posé : arriver à monter ou non la SCOP et ainsi sauver l entreprise et ses emplois. Entre nos mains se concentre sur cet enjeu, qui donne sa tension au film. Mais la subtilité du travail de Mariana Otero est de montrer qu à l intérêt «collectif» s oppose une somme d intérêts individuels : c est à chaque salarié de décider s il veut ou non tenter l aventure de la SCOP, c est-à-dire prendre le risque d y investir un mois de salaire (au moins). Le film montre qu il n y a pas unanimité, et comment les porteurs du projet s efforcent de convaincre les tièdes ou les réticents pour attendre la majorité nécessaire à la constitution de la SCOP. Au fil des discussions, des interrogations, des rebondissements, le spectateur est conduit à épouser les points de vue des uns et des autres, le film se gardant bien de prendre parti. Pour paraphraser La Règle du jeu de Jean Renoir, Entre nos mains nous montre que «chacun a ses raisons.» «On n est que des ouvrières» Entre nos mains vaut pour la galerie de savoureux portraits qu il dresse, et l humanité avec laquelle ces «personnages» sont filmés. Le film montre l entreprise comme une communauté à part entière, un petit monde en réduction : des hommes et (surtout) des femmes, plus ou moins âgées, venues d Afrique, d Asie ou du champ d à côté (l une est mariée à un agriculteur), chacun apportant sur son lieu de travail son vécu, ses traditions, ses valeurs. 3 Dossier pédagogique

4 Approches thématiques Mariana Otero prend d ailleurs bien soin de filmer les ouvrières en plan large, «dans leur cadre» de travail, réservant les gros plans aux scènes de réunion. De manière moins dramatique que dans les films récents consacrés à la «souffrance au travail» (Ils ne mouraient pas mais tous étaient frappés, J ai très mal au travail), Entre nos mains montre ce que c est de «faire corps» avec son travail («Je suis entrée chez Starissima à la puberté et je la quitterai à la ménopause» dit avec ironie l une des ouvrières). Entre nos mains a d autre part le mérite de mettre à jour les valeurs et modes de pensée d un monde ouvrier, de plus en plus ignoré par le cinéma et les médias : éthique du travail (cf. le mari qui fait remarquer à sa femme que l argent qu elle a reçu au titre de l intéressement ne lui appartient pas vraiment car «elle ne l a pas gagné de ses mains»), complexe d infériorité («On n est que des ouvrières») et intériorisation des rapports hiérarchiques. On remarquera d ailleurs que l on parle toujours ici du «patron», terme chargé de connotations et d affects, au détriment du vocable plus neutre de «chef d entreprise». 4 Dossier pédagogique Hors-champ, le patron Le patron, c est le grand absent du film. Négociée au départ avec la réalisatrice (il a accepté que l entreprise soit filmée, à la condition expresse de ne pas apparaître à l image) son absence est cohérente avec le projet du film : la constitution de la SCOP signifie l effacement de sa personne comme de sa fonction. Mais son revirement (il ne se résout finalement pas à passer la main), va mettre le film en porte-à-faux avec son dispositif. Absent à l image, le patron devient de plus en plus omniprésent dans les esprits et les propos des salariés, jusqu à une scène tendue de confrontation avec les salariés où il n apparaît jamais. On ne saurait mieux que dans cette scène définir le concept cinématographique de hors-champ. Il est d ailleurs intéressant de remarquer comment l imaginaire, et donc la fiction, s engouffrent dans ce hors-champ. Dans l esprit du spectateur le patron devient peu à peu, à tort ou à raison (le film se garde bien de confirmer ou d infirmer les soupçons des ouvrières «Moi je ne crois pas aux coïncidences» ), le «méchant» du film. En savoir plus : La société Starissima En 1845, naît à Orléans, Auffray Clair, une société familiale qui fabrique des gaines et des corsets, au centre-ville d Orléans. De la fin du siècle dernier et jusqu au milieu des années 90, elle restera entre les mains des descendants de la famille Clair. En 1989, l entreprise prend le nom de Starissima. En 1992, Starissima investit en Tunisie. En 1995, Starissima signe une jointventure à Madagascar. En 1996, Starissima s installe en banlieue d Orléans, à Saint-Cyr-en- Val, et délaisse les locaux orléanais. En 1999, Starissima signe une jointventure en Chine En 2001, l entreprise ouvre un atelier en propre en Chine et crée un bureau d achat à Shanghai, regroupant les fonctions d export et de contrôle de la qualité. En 2008, l entreprise, en difficulté, ferme ses entrepôts parisiens, réduit ses effectifs et regroupe les activités de création et de logistique sur son site de la banlieue d Orléans. Le 8 octobre 2008, la société est placée en redressement judiciaire. Le 10 novembre 2009, le tribunal de commerce prononce la liquidation judiciaire de l entreprise.

5 Approches thématiques Extrait : Le crime de M. Lange (Jean Renoir, 1936) Batala : Vous savez que j ai l intention de revenir ici. Lange : Non, c est pas possible. Batala : Je veux tout, tout ici est à moi. Lange : Mais c est impossible, et le personnel, et la coopérative? Batala : Vous allez m attendrir avec les meubles, mon vieux? La coopérative, le personnel, mais je m en fous! Ah ah, les coopératives! Mais c est dérisoire, mon vieux, c est de la foutaise. Les coopératives, c est la pagaille, tout le monde dirige! Le colleur d affiches donne son avis Non ce qu il faut, c est une autorité, c est quelqu un qui dirige, un homme, moi! Et puis si ça me chante, je mettrai tout le monde à la porte! 5 Dossier pédagogique On ne peut s empêcher de penser à un autre patron et à une autre coopérative de cinéma. Dans Le Crime de M. Lange de Jean Renoir, le patron Batala (interprété par Jules Berry), donné pour mort dans un accident ferroviaire, revient et prétend faire main basse sur la coopérative devenue florissante (voir ci-contre) Le film de Renoir pose à plus de soixante ans de distance, et par le biais de la fiction cette fois, la même question que celui de Mariana Otero : «A qui appartient une entreprise? Au patron ou aux employés?» De l économie au politique Dans la note d intention, Mariana Otero oppose ce film à trois de ses précédents documentaires consacrés à des institutions «qui fonctionnaient toutes suivant des modèles préétablis dont il était bien difficile, pour ceux qui y travaillaient, de s écarter». Entre nos mains raconte précisément l inverse : comment une organisation figée depuis de nombreuses années (Starissima existe depuis plus d un siècle et a gardé un fonctionnement très patriarcal) est tout d un coup entièrement bouleversée. Le projet de SCOP montre aux salariés «qu une autre entreprise est possible», et libère les esprits. On voit dans le film la parole et le corps circuler dans l entreprise, de manière horizontale (les anciens «clans», c est-à-dire les équipes des différents ateliers, apprennent à se connaître et à se parler) et surtout de manière verticale (la direction parle aux employés). «On a une belle vue de là-haut» dit une des ouvrières qui visite les locaux administratifs surplombant les ateliers. Il n est pas inutile de revenir sur ce qui différencie les SCOP des entreprises classiques. Dans les sociétés classiques, la répartition des voix est fondée sur la répartition du capital (le pouvoir y est proportionnel au capital investi). Les sociétés coopératives fonctionnent au contraire sur le principe : une personne, une voix. On voit qu au-delà de l économie ce sont des questions éminemment politiques que pose le documentaire de Mariana Otero : peut-on envisager une organisation du travail qui ne soit pas basée sur un rapport de forces économiques, mais sur des valeurs démocratiques (cf le slogan des SCOP : «La démocratie nous réussit.»)?

6 Approches thématiques Rendre le pouvoir aux acteurs de l entreprise, privilégier les investissements à long terme, donner la priorité à l humain : l utopie de la SCOP dessine en creux les dérives du capitalisme financier actuel qui privilégie le rendement financier à court terme, au détriment de l investissement, fait du salariat la principale variable d ajustement, etc. L économie reprend ses droits Dans le film toutefois, l économie reprend rapidement ses droits. Il suffit que l un des trois gros clients de Starissima (le groupe de supermarchés Cora) «déréférence» ses produits pour que le fragile business plan de la reprise s écroule, que les banques refusent les prêts qui auraient permis de relancer l activité, et que le tribunal de commerce prononce la liquidation. Comme nous rappelle le site de la Fédération des SCOP (voir cicontre), les entreprises constituées en SCOP sont «soumises aux mêmes contraintes de gestion et de rentabilité que toute entreprise». Entre nos mains a ainsi la dimension mélancolique de chronique d un échec annoncé : les salariés de Starissima et les spectateurs savent dès le départ que le projet est fragile, parce que l entreprise est en redressement judiciaire, parce 6 Dossier pédagogique que le secteur du textile est sinistré en France. Mais il a fallu y croire, et la tristesse est à la hauteur des espoirs que le projet de SCOP a soulevés. Le film choisit toutefois de ne pas se contenter de cet épilogue abrupt, matérialisé à l écran par un simple carton (annonçant la liquidation et le licenciement des salariés). Avec sa fin en forme de comédie musicale, Entre nos mains bascule complètement dans l utopie, et substitue la victoire (symbolique) à la défaite essuyée dans la réalité. On pourra juger paradoxal cet hommage aux SCOP qui n a rien d une success story, d autant que les paroles de la chanson nous disent à peu près l inverse de ce que le film vient de montrer («O comme optimistes, nous savions ce projet réaliste»). Mais en montrant comment les fragilités et carences de chacun (gaucherie des gestes, fausseté du chant) sont transcendés par le projet collectif, les «Starissima» (comme on a dit «les Lu» ou «les Conti») nous montrent qu ils ont intégré les valeurs mêmes des SCOP ; et Entre nos mains nous rappelle qu à côté de l économie, il y a «un quelque chose qui nous appartient et nous définit profondément et que l on appelle culture.» (M. Otero) En savoir plus : Les SCOP La SCOP (Société Coopérative de Production) est une société commerciale qui vit et se développe dans le secteur concurrentiel avec les mêmes contraintes de gestion et de rentabilité que toute entreprise. Son originalité : les salariés sont associés majoritaires de l entreprise dont ils détiennent au moins 51% du capital. En étant associés majoritaires de la SCOP, les salariés décident ensemble des grandes orientations de leur entreprise et désignent leurs dirigeants (gérant, conseil d administration, etc.). Ils décident également du partage des bénéfices qui ont une double vocation : privilégier ceux qui travaillent dans l entreprise, sous forme de participation, d intéressement, voire de dividendes, penser aux générations futures en constituant des réserves qui consolident les fonds propres et garantissent la pérennité de l entreprise. Enfin, l esprit SCOP favorise l information et la formation des salariés, condition nécessaire pour acquérir l autonomie, la motivation et l esprit de responsabilité que requiert un monde économique devenu incertain. Source :

7 Sciences ÉCONOMIQUES ET SOCIALES ACTIVITÉS Cadre pédagogique Entre nos mains peut être exploité en cours de Sciences Economiques et Sociales pour éclairer plusieurs questions au programme. En classe de Seconde, dans le thème «Entreprise et production», le documentaire permet de sensibiliser les élèves à la diversité des entreprises au travers du mode d organisation spécifique que représente la SCOP. Le film montre en effet de façon claire ce qui changerait dans l entreprise si ce nouveau mode d organisation était adopté. Les éléments du film pourront alors être complétés par une recherche sur les SCOP effectuée sur Internet (ou l utilisation des documents fournis). [Activité 1] De plus le documentaire permet une première approche du vocabulaire spécifique à l entreprise, en particulier à l entreprise en difficulté (chiffre d affaire, liquidation, redressement judiciaire ) [Activité 3] En Terminale, le documentaire peut servir de point de départ pour le chapitre «Les stratégies internationales des entreprises», en utilisant l exemple de l entreprise Starissima pour montrer comment les entreprises adoptent des stratégies dans un cadre international. [Activité 2] Le film pourra aussi être utilisé pour illustrer les difficultés des entreprises, et en particulier des PME, à trouver des débouchés diversifiés et les financements nécessaires à leur développement. [Activité 3] Toujours en Terminale, dans une perspective plus sociologique (Chapitre «Intégration et solidarité»), on pourra aussi utiliser le documentaire pour montrer le rôle joué par le travail en termes de solidarité, d intégration sociale et d émancipation des femmes. [Activité 4]. 7 Dossier pédagogique

8 Sciences ÉCONOMIQUES ET SOCIALES ACTIVITÉS SECONDE I. Les SCOP, une forme particulière d entreprise Niveau et place dans le programme : Classe de Seconde, thème entreprise et production, question «Qui produit des richesses?» Objectifs : Le nouveau programme de seconde préconise de prendre appui sur quelques exemples significatifs pour sensibiliser les élèves «à la diversité des entreprises selon la taille, la nature de leur production, leur mode d organisation». Le film nous offre un exemple de mode d organisation particulier, la SCOP. Les questions proposées dans cette activité portent à la fois sur le film et sur les documents d accompagnement. Elles peuvent aussi donner lieu à une recherche faite par les élèves sur le site Internet du réseau des SCOP : 1. Quel type d entreprise les salariés de Starissima veulent-ils créer? 2. Quelles sont les particularités de ce type d entreprise? 8 Dossier pédagogique 3. Chez Starissima, que doivent faire les salariés pour s engager dans le projet? 4. Sont-ils assez nombreux à s engager pour que le projet puisse réussir? 5. Pourquoi le projet échoue-t-il tout de même?... >

9 Sciences ÉCONOMIQUES ET SOCIALES ACTIVITÉS SECONDE 6. A qui appartient une SCOP? 7. Comment s y prennent les décisions? 8. Le droit de vote est-il lié au nombre de parts de l entreprise détenu par chacun? 10. Quels types de revenus perçoivent alors les salariés? 11. Combien y a-t-il de SCOP en France? 12. En sachant qu il y a environ 3 millions d entreprises en France, quelle est la part du nombre de SCOP dans le total des entreprises françaises? 9. A qui reviennent les bénéfices de la SCOP? 9 Dossier pédagogique

10 Sciences ÉCONOMIQUES ET SOCIALES DOCUMENTS D ACCOMPAGNEMENT SECONDE Document 1 - Qu est-ce qu une SCOP? La SCOP (Société Coopérative de Production) est une société commerciale qui vit et se développe dans le secteur concurrentiel avec les mêmes contraintes de gestion et de rentabilité que toute entreprise. Son originalité : les salariés sont associés majoritaires de l entreprise dont ils détiennent au moins 51% du capital. Tous les salariés ont vocation à devenir associés dans des modalités définies par les associés existants et avec leur accord. En étant associés majoritaires de la SCOP, les salariés décident ensemble des grandes orientations de leur entreprise et désignent leurs dirigeants (gérant, conseil d administration, etc.). Ils décident également du partage des bénéfices qui ont une double vocation : privilégier ceux qui travaillent dans l entreprise, sous forme de participation, d intéressement, voire de dividendes, et penser aux générations futures en constituant des réserves qui consolident les fonds propres et garantissent la pérennité de l entreprise. Enfin, l esprit SCOP favorise l information et la formation des salariés, condition nécessaire pour acquérir l autonomie, la motivation et l esprit de responsabilité que requiert un monde économique devenu incertain. La SCOP peut accueillir tous types d associés extérieurs, dans la limite de 49% du capital et de 35% des droits de vote, attribués comme pour le salarié selon le principe «une personne = une voix», quel que soit le montant du capital détenu. Nés au XIXème siècle, les principes qui fondent les coopératives sont aujourd hui plus modernes que jamais : mise en commun des moyens pour être plus forts ensemble, fonctionnement démocratique, accession à la responsabilité et à l initiative économique. En un mot : mettre les hommes et les femmes qui travaillent au cœur de leur entreprise. Fondements juridiques Les SCOP sont des sociétés commerciales qui relèvent de la loi sur les sociétés. Elles choisissent d être SARL (société à responsabilité limitée) ou SA (société anonyme). A cette base juridique se greffent les principes du Droit coopératif et les dispositions propres aux SCOP. Elles se caractérisent par : - La maîtrise de l entreprise par ses salariés : les associés salariés (appelés également coopérateurs) détiennent au moins 51 % du capital social et représentent au moins 65 % des droits de vote. - La valorisation du travail et la primauté à la pérennité de l entreprise plutôt qu à la rémunération du capital : les bénéfices sont reversés aux salariés et alimentent des réserves qui restent propriété de la SCOP. - La variabilité du capital : les nouveaux salariés apportent progressivement leur part de capital à l entreprise, ceux qui partent peuvent se faire rembourser. - Un poids égal pour chaque associé : les votes en Assemblée se font sur la base du principe «une personne, une voix», indépendamment du montant du capital détenu. Démocratie d entreprise Chaque associé salarié de la coopérative dispose d une voix pour voter lors des assemblées. Ensemble, les coopérateurs ont toujours la majorité. Les associés extérieurs peuvent détenir (ensemble) jusqu à 35% des droits de vote, voire jusqu à 49% si l associé extérieur est une société coopérative. Cette disposition vise à élargir les possibilités de partenariat avec d autres entreprises. Management Les salariés associés élisent parmi eux leurs mandataires (gérants, administrateurs ou PDG), chargés de la direction et de la gestion quotidienne de l entreprise. Dans la pratique, la nomination directe (SARL) ou indirecte (SA) du dirigeant par les associés salariés entraîne une nature plus équilibrée des relations entre les dirigeants et les salariés. Dans une coopérative, le dirigeant exerce le pouvoir hiérarchique, mais il sait que les droits et les devoirs sont réciproques : lui aussi doit rendre des comptes à la collectivité des associés, et par conséquent aux salariés. Dirigeant salarié Le dirigeant, élu par les associés (gérant de SARL) ou désigné par le Conseil d administration (Président et directeur général de SA) pour exercer la direction de l entreprise, a un statut de salarié. Il exerce l autorité et gère l entreprise au quotidien. Il doit rendre compte de sa gestion lors des assemblées d associés. Source : 10 Dossier pédagogique

11 Sciences ÉCONOMIQUES ET SOCIALES DOCUMENTS D ACCOMPAGNEMENT SECONDE Document 2 - Répartition des SCOP et des emplois des SCOP par métier, en 2009 Nombre d entreprises Agriculture Industrie Construction Commerce, transports, hébergement, restauration Services divers Ensemble Nombre d emplois Fin 2009, les SCOP sont surtout présentes dans les services (863 SCOP, emplois). Mais le secteur du BTP garde toujours une place prépondérante (437 SCOP, emplois), de même que l industrie (367 entreprises, emplois). Comparé à la moyenne française, les SCOP sont très nettement surreprésentées dans la construction (28,7 % des emplois contre 6,8 % en moyenne française), dans l industrie (23,5 % des emplois contre 14,9 % en moyenne française). A l inverse, elles restent moins présentes dans le secteur tertiaire (46,2 % des emplois SCOP contre 74,2 % de l emploi salarié en France) et nettement moins présentes dans les autres secteurs (1,6 % en SCOP vs 4,1 % sur la France), tels que l agriculture, mais aussi l immobilier, la finance. Document 3 - Bilan des SCOP en SCOP salariés (hors filiales) 3,9 milliards d de chiffre d affaires 1,8 milliards d de valeur ajoutée 158 millions d de résultat net Taille moyenne : 21 personnes 165 SCOP nouvelles sont nées en 2009, quelle que soit l origine de création (ex-nihilo, réanimations et reprises d entreprises en difficulté, transmission d entreprises saines et transformation). Le nombre d emplois correspondants dépasse les Sur le cumul des cinq dernières années 2005 à 2009, 920 Scop et nouveaux emplois ont été créés toutes origines confondues. Source : Source : 11 Dossier pédagogique

12 Sciences ÉCONOMIQUES ET SOCIALES ACTIVITÉS Terminale ES II. Starissima, une entreprise de textile dans la mondialisation Niveau et place dans le programme : Classe de Terminale ES, chapitre «les stratégies internationales des entreprises» Objectifs : Comme on peut le comprendre dans le film, l usine d Orléans de l entreprise Starissima n intervenait pas dans la production à proprement parler, seuls les prototypes y étaient fabriqués. La confection a été délocalisée en Tunisie et à Madagascar, puis en Chine, comme le montre le document 1. Le film peut donc servir de point de départ pour étudier les causes et les effets des délocalisations dans le secteur du textile. L entreprise Starissima pourra ainsi constituer un exemple d entreprise transnationale qui adopte une stratégie de division internationale des processus productifs. L entreprise a d autre part préféré la Chine à Madagascar à partir de 2001, parce que la Chine assurait une plus grande stabilité politique. Cela permet de montrer que les délocalisations ne dépendent pas seulement du coût du travail et que d autres facteurs sont déterminants. Les documents d accompagnement permettront, au travers de l exemple du textile, de voir quel est le rôle joué par l OMC dans le commerce international et de montrer que les délocalisations n ont pas que des effets négatifs. 1. La confection de la lingerie était-elle réalisée par l usine française de Starissima? (document 1) 2. Comment étaient réparties les activités dans le monde? (doc. 1) 3. Pourquoi, selon vous, l entreprise ne produisait-elle pas en France? 4. Qu est-ce qui a conduit Starissima à préférer la Chine à Madagascar? 12 Dossier pédagogique... >

13 Sciences ÉCONOMIQUES ET SOCIALES ACTIVITÉS Terminale ES 5. Pourquoi les quotas d importation pour le textile ont-ils été supprimés? (doc. 2) 6. Quel a été l effet de la suppression des quotas d importation en 2005? (doc. 3) 8. Quels sont les effets des délocalisations du secteur textile sur l économie française? (doc. 4 et 5) 7. Quel pays a particulièrement bénéficié de la fin des quotas? (doc. 1 et 3) 13 Dossier pédagogique

14 Sciences ÉCONOMIQUES ET SOCIALES DOCUMENTS D ACCOMPAGNEMENT Terminale ES Document 1 - La stratégie internationale de Starissima Le fabricant de lingerie-corseterie Starissima [ ] a complètement réorganisé son système de production depuis trois ans. L entreprise, qui emploie quarante personnes en France et maîtrise à Orléans le processus de création de prototypes, délocalise sa production depuis longtemps. Avant 2001, ses produits étaient fabriqués entre la Tunisie et Madagascar. Les aléas politiques dans l île et l ouverture des quotas lui ont fait changer son fusil d épaule. Aujourd hui, Starissima a transféré 80% de sa production (soit 1,2 millions de pièces par an) en Chine, dans une usine près de Shenzen, dont l entreprise possède 20% des parts depuis deux ans et demi. Journal du textile, octobre 2005 Document 2 La suppression des quotas d importation La fin de l accord multifibres, conçu pour protéger les industries textiles du Nord, va surtout redistribuer les cartes entre exportateurs du Sud. Au 1er janvier 2005, les échanges de produits textiles et d habillement seront libéralisés. Pendant trente ans, ces secteurs ont dérogé aux règles du commerce international, avec pour objectif explicite de protéger les industries textiles du Nord contre la concurrence des pays en voie d industrialisation. Le démantèlement de ce régime d exception devrait bénéficier aux grands pays exportateurs du Sud, mais il pourrait en affecter d autres encore plus durement que les pays du Nord. L industrie textile a toujours joué un rôle important. Au XIXe siècle, la suprématie commerciale et industrielle de l Angleterre s était largement appuyée sur le textile. Ensuite, le Japon, puis l Ile Maurice, la Chine ou l Inde ont fait de ce secteur le moteur de leur développement industriel. Ces industries obéissent à une logique de cycle de vie: au fur et à mesure que les pays se développent, que les salaires s élèvent, d autres pays, moins avancés, deviennent compétitifs et remettent en cause les positions acquises. Pour les pays industriels, l ajustement est lourd en investissements et coûteux en marges, en emplois et en salaires. Ces pays ne se sont pourtant pas résignés à la concurrence des pays à bas salaires. Lorsque cette concurrence s accentue, dans les années 60, le secteur est encore un employeur important. [ ] Sous la pression des pays riches, l accord multifibres entre en application en Le textile et l habillement deviennent, comme l agriculture, des secteurs d exception. L objectif de cet accord est de limiter les exportations textiles des pays en voie d industrialisation vers les pays les plus avancés. [ ] Tous les pays en développement exportateurs de textile et d habillement sont restreints, mais certains plus que d autres, souvent au gré de considérations politiques. Les pays importateurs précisent ainsi la quantité qu ils sont disposés à accepter de la part de tel ou tel pays exportateur. [ ] Lors des négociations de l Uruguay Round, achevées en 1993, les pays industriels ont accepté de démanteler progressivement ces contingents [ ] L accord sur les textiles et les vêtements mis en place en 1995 s applique à tous les pays. Supervisé par un organe de supervision des textiles (OspT), établi au sein de l OMC, il prévoit d étaler le démantèlement sur dix ans et en trois étapes. Dès le 1er janvier 1995, 16% du volume total des importations concernées ont rejoint le régime commun. A partir du 1er janvier 1998, 17% supplémentaires ont connu le même sort, puis 18% de plus au 1er janvier Simultanément, les pays importateurs ont dû progressivement augmenter les contingents. [ ] Au 1er janvier 2005, l ensemble du textile et de l habillement sera intégré au régime commun de l OMC. Les arrangements multifibres auront vécu. [ ] Tous les effets ne sont pourtant pas anticipés. Ainsi, les délocalisations vers les pays à très bas coût de main-d œuvre (la Chine et le Vietnam) pourraient être facilitées puisque la réexportation vers les pays d origine ne se heurtera plus au mur des quotas d importation. Le démantèlement des accords multifibres est certes une victoire du libre-échange et de la globalisation, mais il marque aussi la fin d une certaine hypocrisie des pays industriels. Tout en prônant les règles du multilatéralisme, ils n avaient en effet pas hésité à s en affranchir. Prochain rendez-vous : la libéralisation des marchés agricoles? Jean-Marc Siroën, professeur à l université Paris-Dauphine, Alternatives Economiques n 231, décembre Dossier pédagogique

15 Sciences ÉCONOMIQUES ET SOCIALES DOCUMENTS D ACCOMPAGNEMENT Terminale ES Document 3 Les effets de la suppression des quotas Avec la suppression des quotas d importation, les textiles chinois envahissent l Occident. Et concurrencent les exportations des pays du Sud, où le secteur est décimé. Le 6 avril, sous la pression de l Italie et de la France, la Commission européenne a publié les lignes directrices précises des conditions d un éventuel déclenchement des mesures de sauvegarde contre la déferlante de vêtements importés de Chine qui inondent le marché de l Union depuis le 1er janvier. Les pantalons? Un boom de 842% en volume au cours du premier trimestre 2005 par rapport à l année dernière. Chemises et tee-shirts? 401%. Cette explosion est le résultat immédiat de la suppression, en vertu des accords de l OMC, des quotas d importations auxquels l Inde et, surtout, la Chine (28% du marché mondial du textile et de l habillement en 2004 contre 19% en 1995), étaient jusque-là astreints. Antoine de Ravignan, Alternatives Internationales, n 024, mai 2005 Document 4 Le textile sinistré Depuis vingt ans, le secteur du textile et de la chaussure est emblématique du phénomène de délocalisation. La valeur ajoutée produite en France, rapportée à la consommation de textile, a quasiment chuté de moitié, ainsi que l emploi qui a fondu de à personnes. Pendant que le déficit commercial du secteur faisait plus que doubler. La délocalisation du textile a eu des effets très négatifs sur les régions spécialisées et sur les anciens salariés des entreprises fermées. Mais, dans le même temps, les baisses de prix relatifs ont profité à l ensemble de la population. D où un bilan global difficile à établir pour l économie française. Alternatives Economiques, Hors-série n 66, octobre 2005 Document 5 Un tee-shirt, de l usine aux rayons Le petit tee-shirt prune en coton posé sur cette étagère du magasin d à côté a toutes les chances de venir de Chine. Et son étiquette cache une longue série d intermédiaires. Point de départ à Heilan Group. Cette société chinoise, qui emploie personnes, vend des tee-shirts aussi bien à Celio, aux Galeries Lafayette, à Marks & Spencer qu à H&M. Parmi ses employés, certains fabriquent les tissus en coton. Près de 15 millions de mètres par an. Les autres confectionnent les articles proposés aux distributeurs européens. Leur salaire? Environ 0.80 euro de l heure, soit la paie moyenne pour la Chine côtière. A sa sortie d usine, ce tee-shirt 100% coton jersey 140 grammes, vaut environ 1.40 euros pour une commande totale de quelques milliers de pièces. Notre acheteur européen débourse en sus un quart du prix en frais d assurance, de transport ou de dédouanement. Ce qui porte le coût du tee-shirt à 1.75 euro. La marge du distributeur dépend ensuite de son mode d approvisionnement, direct ou non. La plupart du temps, le prix de revient est multiplié par au moins 2,5. Soit, au final, un petit tee-shirt prune vendu à 4.90 euros. Jean-Baptiste Diebold, Challenges n 8, 20 octobre Dossier pédagogique

16 Sciences ÉCONOMIQUES ET SOCIALES ACTIVITÉS Seconde / T ale ES III. Starissima, une entreprise en difficulté Niveau et place dans le programme : Seconde, enseignement d exploration : Thème II «Entreprise et production» Terminale ES, Thème 3, Chapitre «Stratégie internationale des entreprises» Objectifs : En Seconde le film Entre nos mains permet d approfondir la découverte de l entreprise et le vocabulaire spécifique qui y est attaché (Thème «Entreprise et production»), en particulier la procédure qui s applique aux entreprises en difficulté. En Terminale, il pourra permettre d illustrer une stratégie d entreprise et ses difficultés (Thème «Les enjeux de l ouverture internationale Stratégie internationale des entreprises»). On mettra en évidence les conséquences de la dépendance de Starissima à la grande distribution en termes de débouchés. On peut aussi montrer l importance du rôle des banques dans l activité des entreprises, en particulier des PME. L activité proposée pourra s adresser à des niveaux divers à des élèves de Seconde ou Terminale. Pour compléter, on pourra proposer aux élèves de travailler sur l activité concernant les faillites d entreprise proposée par l INSEE : 1. Qu est-ce qui amène l entreprise à envisager de se transformer en SCOP? 2. Quelles sont les différentes alternatives pour l entreprise? 16 Dossier pédagogique 3. De quoi dépend la survie de l entreprise? (cf film et document 1)... >

17 Sciences ÉCONOMIQUES ET SOCIALES ACTIVITÉS Seconde / T ale ES 4. Pourquoi le projet est-il compromis? En expliquant la phrase soulignée dans le doc. 1, vous mettrez en évidence la fragilité de l entreprise en termes de débouchés. 5. Définir les termes suivants (doc. 1 et 2) : liquidation faillite 6. Quelle est l issue de l entreprise? (doc. 2) 7. Qu est-ce qu un «plan social»? redressement judiciaire chiffre d affaires 17 Dossier pédagogique

18 Sciences ÉCONOMIQUES ET SOCIALES DOCUMENTS D ACCOMPAGNEMENT Seconde / T ale ES Document 1 - Après plusieurs réorganisations, Starissima obtient un sursis pour se redresser Starissima respire. Le tribunal de commerce d Orléans vient d autoriser le groupe français de lingerie, placé en redressement judiciaire depuis le 8 octobre 2008, à bénéficier d une nouvelle période d observation de six mois. «Nous espérons que cela suffira, car c est notre dernière chance après dix-huit mois de mise en observation», souligne M. S, le dirigeant du groupe qui travaille essentiellement pour la grande distribution à travers ses propres marques et des marques distributeurs. «Nous n avons perdu aucun client. Nous attendons avec impatience les signes d une reprise [ ]» Durant ces derniers mois, l entreprise qui réalise l ensemble de son sourcing en Chine, a effectué plusieurs réorganisations. La fermeture des entrepôts parisiens a ainsi entraîné le rassemblement du site de création et de la plate-forme logistique dans la banlieue d Orléans. L effectif a d abord été ramené à 56 personnes, puis 46 aujourd hui. S il fait un peu figure de résistant dans le secteur de la lingerie, M. S. regrette que les banques ne se montrent pas plus audacieuses à l égard des PME du textile. «[ ] Maintenant que notre trésorerie est à l équilibre, nous avons toujours beaucoup de mal à obtenir le soutien du secteur bancaire, alors que notre futur partenaire n attend que cela pour se décider.» Après un recul de l activité en 2009, Starissima annonce pour cette même année un chiffre d affaires s élevant à 6 millions d euros et une perte exceptionnelle limitée à euros. Mais, selon le dirigeant, la reprise devrait être effective dès 2010 et permettre à l entreprise de poursuivre son activité, voire de regagner du terrain. A condition toutefois que banquiers et partenaires trouvent le moyen de s entendre. Document 2 La fin de Starissima : 52 personnes au chômage Faute de repreneur, le tribunal de commerce a prononcé, le 10 novembre, la liquidation de Starissima, spécialisée dans la lingerie féminine. Son PDG regrette que sa banque n ait pas suivi l entreprise. Le rideau est tombé sur une belle aventure que peut être, quelquefois, une entreprise familiale. La société Starissima, située sur la zone de la Saussaye, à Saint-Cyr-en Val, spécialisée dans la lingerie féminine, a cessé son activité. La société, qui était déjà en difficulté, et engagée dans une procédure de redressement judiciaire, n a pas trouvé de repreneur, et le tribunal de commerce a prononcé sa liquidation le 10 novembre. Selon M. S., le PDG «cette décision du tribunal de commerce est liée au fait que notre principale banque nous a lâchés et a fermé nos lignes de crédits. Dans ces conditions, il n était plus possible d aller plus loin.» Aujourd hui, Starissima est engagée dans la procédure sociale en vue de permettre à ses 52 salariés de partir dans les meilleures conditions possibles. [ ] Pour mémoire, rappelons que la société existait depuis 1845 et produisait de la lingerie féminine [ ] Avant de libérer les locaux de la Saussaye, M. S. et une petite équipe déménagent ce qui reste du matériel de fabrication. «Cela va nous permettre de faire l inventaire avant la vente aux enchères, prévue après le début de l année 2010.» La Nouvelle République, 17 décembre 2009 Journal du textile, octobre Dossier pédagogique

19 Sciences ÉCONOMIQUES ET SOCIALES ACTIVITÉS Terminale ES IV. Travail et intégration Niveau et place dans le programme : Terminale ES, Thème «Inégalités, conflits et cohésion sociale : la dynamique sociale», Chapitre «Intégration et solidarité». Objectifs : «On remarquera que le travail est un lieu central de l intégration et de la solidarité» précise le programme de Terminale ES. Ainsi l exemple de l entreprise Starissima permettra de montrer les liens au sein du monde du travail : relations de sociabilité entre collègues, participation à un projet collectif. On montrera ainsi les conséquences positives du projet de SCOP sur la solidarité dans l entreprise et la cohésion des salariés. On pourra aussi montrer la difficile prise de décision individuelle de participer à un projet collectif (hésitation, peur des salariés, en particulier des ouvrières). Les questions portent exclusivement sur le film. 1. Quelles sont les personnes à l initiative du projet de SCOP? Sont-elles des cadres ou des ouvrières? 2. En quoi le projet de SCOP au départ reflète-t-il la séparation entre les bureaux et les ateliers? 3. Demande-t-on leur avis à l ensemble des salariés? De quelle façon? 4. Les ouvrières ont-elles l habitude d être consultées? Qu est-ce qui leur plaît justement dans le projet de SCOP? 19 Dossier pédagogique... >

20 Sciences ÉCONOMIQUES ET SOCIALES ACTIVITÉS 5. Quelles sont les hésitations de chacune pour s engager dans le projet de SCOP? 6. La décision est-elle prise seule ou en famille? 7. Pour quelles raisons tiennent-elles particulièrement à leur travail? 8. Une ouvrière parle de «clans» à l intérieur de l entreprise, quels sont-ils? 9. Ce projet a-t-il une influence sur les relations entre les salariés? 10. En quoi la scène finale (comédie musicale) montre-t-elle la solidarité entre les salariés de l entreprise? 20 Dossier pédagogique

21 management des organisations pistes pédagogiques Quelques pistes pédagogiques L étude du film Entre nos mains peut également s inscrire dans le cadre du référentiel de Management des Organisations : 1 ères et Terminales STG, BTS Tertiaire. Voici notamment quelques pistes pédagogiques qui peuvent être abordées en cours conformément au programme de Première Année du BTS Tertiaire : Le diagnostic interne de l entreprise : forces et faiblesses de Starissima. La prise de décision (modèle IMS) : Décision individuelle (un mois de salaire, est-ce que je suis apte), décision de groupe (notion de projet) L environnement de l entreprise (modèle de PESTEL). La stratégie de l entreprise (modèle de Porter) : dépendance auprès de deux ou trois clients, pouvoir de négociation de la grande distribution, phrase d une des ouvrières : «et nos petits clients». La culture de l entreprise : existence de groupes, de clans au départ (groupe d ateliers, d origine) puis au fur et à mesure de l avancée du projet la notion de groupe s estompe. La notion d utopie : pourquoi s associer, est-ce qu on va m écouter? 21 Dossier pédagogique

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