Problèmes economiques contemporains

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1 Université Montesquieu-Bordeaux IV Lachaud Jean-Pierre Professeur Responsable du Groupe d'économie du développement LARE Eff ' Année Problèmes,. economiques contemporains Droit 1ère année (séries 1 & 2), AES. aep

2 A va nt-propos Le présent enseignement d'économie, intitulé «Problèmes économiques contemporains», constitue une introduction aux mécanismes économiques et sociaux de base. L'objectif de cet enseignement est de faciliter la transmission des compétences en économie, par un développement des connaissances théoriques et un effort de sensibilisation aux événements majeurs - politiques, économiques, et sociaux - qui surviennent au début de ce siècle, et qui conditionneront, en partie, la vic des générations futures. Afin de tenter de comprendre le monde dans lequel nous vivons, les trois leço11s suivantes sont proposées. Leçon 0 Leçon 4D Globalisation de la richesse et de la pauvreté Les défis du développement Marché, Etat et ordre social Chaque leçon sera complétée par trois éléments : ~ Un sommaire ; ~ Des références bibliographiques ; ~ Une liste de sujets qui auront été examinés lors de la leçon. Ces questions peuvent constituer des tests quant à l'assimilation des connaissances des étudiants.

3 Sommaire Leçon 1 : Globalisation de la richesse et de la pauvreté Un contexte économique international déstabilisé A. Les pays industrialisés : crise et résilience incertaine B. Les régions en développement et 1 'environnement économique international aléatoire Intégration économique mondiale et multipolarité A. La globalisation de l'économie B. Une économie mondiale multipolaire Développement humain et pauvreté A. Développement humain :progrès et dégradation B. Pauvreté monétaire et pauvreté hwnaine a) Pauvreté monétaire et développement b) La pauvreté monétaire dans les pays industrialisés c) Les dimensions de la pauvreté humaine Leçon 2 : Les défis du développement Transition et dualisme renouvelé A. Un monde en transition B. Le dualisme international C. La précarité du développement humain Des systèmes en rupture A. Le système social international déséquilibré a) La vulnérabilité de l'écosystème b) L'effondrement du système monétaire international c) La faim sans fin d) La nouvelle division internationale du travail e) Les fluctuations du prix de l'«or noir» B. Des systèmes sociaux nationaux menacés a) Crise et marée noire du chômage c) Inflation et«désinflation»? Leçon 3 : Marché, Etat et ordre social l. Marché et affectation des r essources : les espoirs du Libéralisme A. Le contrôle public du marché contesté a) Le mécanisme de base SOMMAIRE

4 UNIVERSITÉ M ONTESQUIEU - B ORDEAUX IV b) La libéralisation des prix c) Des structures de marché concurrentielles d) La question de la protection du consommateur e) Marché du travail et institutions f) Tentation protectionniste et libre-échange g) «Freakonomics»ou l'économie insolite B. L'intervention limitée de l'etat acceptée a) Marché et Etat b) L'Etat et le développement Etat et stabilisation de la conjoncture A. L'affaiblissement du dogme de l'équilibre budgétaire a) Le budget et la politique économique b) Les mécanismes de base B. La politique budgétaire et fiscale récente a) Le rôle des budgets économiques b) La politique budgétaire et fiscale récente c) Les finances publiques et le développement économique Etat et répartition des ressources A. B. La redistribution du revenu a) Les mécanismes de base b) La protection sociale en crise La protection sociale et la pauvreté a) La garantie d'un revenu minimum b) Le revenu minimum «complétif» c) Le poids des transferts sociaux Il E CONOMIE : PROBLÈMES ÉCONOMIQUES CONTEMPORAINS

5 Leçon 1: Globalisation de la richesse et de la pauvreté 1. Un contexte économique international déstabilisé Les traits essentiels du contexte économique international sont examinés successivement par rapport aux pays industrialisés et aux régions en développement. A. Les pays industrialisés : crise et résilience incertaine Au cours des quatre dernières décennies, le monde industrialisé a été traversé par un ensemble de récessions et de reprises économiques, avant d'affronter une nouvelle crise économique. En premier lieu, les caractéristiques majeures de la période peuvent êtr e résumées par plusieurs éléments d'analyse. Premièrement, deux récessions majeures sont survenues entre 1974 et Celle de a été brutale mais de courte durée. En effet, dans les pays industrialisés le PIB 1 qui avait augmenté de 6,1% en 1973, ne s'est accru que de 0,8% en 1974, et a baissé de 0,4% en En 1976, il progressait à nouveau de4,7%. La récession de n'a pas été aussi grave, mais elle a duré plus longtemps. Dans les pays industrialisés, le PIB a augmenté de 3,3% en 1979, de 1,3% en 1980, et de 1,3% à nouveau en Il a baissé en 1982, ct n'est remonté qu'à 2,6% en Deuxièmement, au cours de la seconde partie des années 1980, sous l'impulsion d'un ensemble de facteurs 2, on a pu observer un nouveau dynarrusme de l'activité économique. Ainsi, compte tenu de la forte progression des investissements et de la productivité, la croissance du PIB réel a été de 4,5% en 1988, et de 3,3% en Dans ces conditions, le chômage a été nettement inférieur à ce qu'il était au début de la décennie, tandis que l'inflation était quasiment maîtrisée, et la progression du comm erce mondial était sensible 3. Néanmoins, ce dynamisme de la croissance économique n'a pas empêché la persistance de déséquilibres des balances des paiements de certains pays 4 Troisièmement, en 1990 et au début de 1991, la conjonction de plusieurs événements allait contribuer à ralentir le rythme de croissance économique dans les pays industrialisés - 2,6% en 1990 et 2% en 1991 : (i) politique monétaire restrictive à la suite d'une légère reprise de l'inflation ; (i i) plein emploi relatif des capacités productives ; (iii) déclenchement de la guerre du Golfe en août 1990, induisant un climat d'incertitude aux niveaux de la consommation et de 1 Produit intérieur brut (PIB). 2 Croissance de l'investissement privé, développement du commerce international, politiques budgétaires expansionnistes. 3 Bien que le prix du pétrole a augmenté d'environ 20% par rapport à son niveau de 1988, les prix des matières premières étaient relativement stables. 4 Déficit aux USA, excédents en RF A et au Japon. Ce phénomène, conjugué à la faiblesse des taux d'épargne, a contribué à maintenir les taux d'intérêt à un niveau relativement élevé. LEÇON 1 : GLOBALISATION DE LA RICHESSE ET DE LA PAUVRETÉ 1

6 U NIVERSITÉ M ONTESQUIEU- BORDEAUX IV Tableau 1.1 : La croissance économique mondiale pourcentage annuel de variation du PIB réel et du PIB ~a r tête Paramètres PIB PIB/tête Région Monde 5,2 3,4 3,2 2,7 3,9 1,2 1,7 2,6 3,8 1,9-2,2 3,9 3,9-0,1 0,5 1,4 2,6 0,7-3,4 2,7 2,9 Pays à revenu élevé 5,0 3,0 3,2 2,5 3,5 0,8 1,4 2, 1 2,6 0,7-3,3 2,8 1,6 0,3 1,1 1,6 1,9 0,0-4,0 2,1 1,0 Pays en dévelop- 6,2 5,0 3,2 3,5 5,4 2,8 3,1 4,8 8,1 5,9 1,2 7,0 6,2 1,4 1,5 3,5 6,8 4,6-0,1 5,7 4,7 pemcnt Asie de l'est 7,8 6,8 7,6 7,2 7,4 4,6 6,7 7,7 11,4 8,0 6,8 9,3 8,2 4,5 5,5 6,8 9,7 7,6 6,0 8,4 7,4 Asie du Sud 3,6 4,0 5,7 5,6 4,2 4,3 4,9 6,5 8,4 6,1 5,7 8,7 6,6 2,6 3,6 1,6 6,9 4,8 6,0 7,7 5,3 Afrique subsaharicnnc 4,5 3,4 1,7 2,5 3,1 2,6 2,6 2,4 6,2 4,8 1,1 4,7 5,2 0,5 0,6 0,4 4,3 3,4-0,8 2,4 2,9 Amérique latine 6,2 4,8 1,7 3,3 3,8 0,6-0,9 1,3 5,8 4,2-2,6 5,7 4,5-1,2 0,3-0,1 4,4 3,1-3,6 4,4 2,9 ct Cara-.bc Europe ct Asie 6,2 4,9 2,9-1,5 6,3 2,2 4,1 5,5 6,9 4,0-6,2 4,7 5,3 2,2 3,5 5,4 7,0 5,3 6,2 4,7 5,2 centrale M-0 & Afrique 7,8 4,7 0,2 3,0 4,0 3,1 2,6 5,1 5,4 6,0 2,9 3,3 3,5 1,3 1,7 3,1 4,0 4,0 1,2 1,5 0,1 du Nord ( /) Prévisions et estimations en parité de pouvoir d'achat de Sources : World Bank (/ I l). International Mo11etary Fu nd (10 12), divers rapports. l'investissement ; (iv) besoins financiers importants pour la réunification de l'allemagne et la reconstruction dans le pays du Golfe, contribuant au maintien de taux d'intérêt élevés. A cet égard, les institutions internationales -notamment, le Fonds monétaire international- ont admit que la récession avait été sous-estimée, et que la reprise ne serait que graduelle et modeste. Ainsi, la croissance mondiale s'est établie à 1,5% et 1,9%, respectivement, en et ,7% et 2,3% dans les pays industrialisés. Dans ce contexte, les performances économiques de la France, après avoir été négatives en %- étaient meilleures en %- et en ,2% - en volume. Quatrièmement, la période a été plus favorable pour les pays industrialisés. En effet, leur environnement économique est devenu plus stable. Au cours de 1994, la reprise économique a été plus soutenue, et elle s'est répandue dans la plupart des pays à revenu élevés, alors que l'inflation a continué à décliner dans les quatre cinquièmes de ces derniers. En 1994, la croissance économique était de 4% ou plus aux Etats-Unis, 2 à 3% en Europe continentale et 1% au Japon. Cette disparité des performances économiques selon les pays del 'OCDE explique la plus faible reprise globale (+2,9%) par rapport aux cycles antérieurs d'expansion. Au milieu de 1997, on observe un schéma identique, l'activité économique mondiale s'étant accélérée depuis le second semestre de Néanmoins, cette évolution appelle deux observations additionnelles. D'une part, on remarque que la croissance économique des pays industrialisés reflète une certaine dualité. D'un côté, certains pays d'asie, d'amérique latine et d'europe centrale, ainsi que les pays anglo-saxons connaissent une forte croissance économique 6. D'un autre côté, deux pôles restent en retrait : le Japon où la reprise est hésitante et l'europe continentale 7. D'autre part, ce schéma a été considérablement modifié par deux événements 5 En 1997, selon le Fonds monétaire international, le rythme de la croissance économique pour l'ensemble des pays a été estimé à 4,4%, tandis que le commerce mondial retrouve une progression plus soutenue - 6 à 7%, contre 4% en A cet égar~ en 1997, les pays de l'ocde ont connu une expansion de 2,2% environ, alors que l' Union européenne devrait se contenter d'une progression annuelle de sa richesse de 2,1 %. 6 Pour certains pays d'asie, de 1' ordre de 7 à 9%. 7 A cet égard, 1 'OCDE met en évidence quatre indicateurs couvrant la période qui expriment nettement cette situation: (i) la croissance a été deux fois plus élevée aux Etats-Unis; (ii) le taux de chômage a baissé d'environ deux points aux Etats-Unis et en Angleterre, tandis qu'il augmentait de deux points en Allemagne conune en France; (iii) les exportations ont progressé deux fois plus vite aux Etats-Unis et en Angleterre qu'en Allemagne et en France ; 2 E CONOMIE : PROBLÈMES ÉCONOMIQUES CONTEMPORAINS

7 JEAN-PIERRE L A CHAUD majeurs survenus dans la seconde moitié des années Tout d'abord, une crise économique a sévit dans maints pays d'asie depuis le début de En effet, en mars 1997, suite à l'effondrement d'une importante société financière thaïlandaise, on observa une vague de spéculation contre le bath - devise de la Thaïlande. Par la suite, une série d'événements, en partie liés à la faiblesse structurelle du système financier des pays du Sud-Est asiatique, ont conduit à des dévaluations successives des monnaies et à une réduction de la croissance économique 8. Alors que la plupart des pays de la région avaient des taux de croissance économique supérieurs à 5% avant 1997, au cours du premier semestre de 1998, le rythme d'évolution du PIB est, pour la majeure partie d'entre eux, négatif. Sans aucun doute, la crise asiatique a eu un impact sur les pays industrialisés et les autres pays en développement 9. Actuellement, l'asie sort progressivement de la crise - tableau 1.1 -, bien que tous les pays ne soient pas dans la même situation. Ensuite, la crise financière au Brésil de 1998, indirectement liée aux crises asiatique et russe, a accentué les incertitudes sur les marchés internationaux des capitaux et a affecté, par différents canaux, les autres pays, notamment ceux en développement 10 Cinquièmement, à la fin des années 1990, la situation des pays industrialisés exhibait une croissance économique plus rapide que prévue. En effet, pour les pays à revenu élevé, la croissance économique devait être de 2,6% en ,9 points de pourcentage de plus que les prévisions faites six mois auparavant-, et 3,5% en tableau 1.1. La croissance continue et forte aux Etats-Unis est le facteur principal de cette révision, bien que les meilleures performances du Japon au cours de la première moitié de ,2% annuellement -, contribuent aussi à ce changement. L'Europe, qui avait été gênée par l'excès des stocks, a montré des signes d'une reprise forte. Ces événements contribuent à accélérer la croissance de la production industrielle mondiale, dont le rythme annuel atteint les 2,5% en E n deuxième lieu, la situation de la première décennie des années 2000 conduit à présenter plusieurs observations. Premièrement, la situation relative à la croissance économique globale met en évidence l'émergence d'une profonde crise économique. (iv) l'investissement productif privé a fortement augmenté aux Etats-Unis et en Angleterre, alors qu'il a reculé en Allemagne et en France. 8 Sur la crise asiatique, on pourra consulter avec profit le n 2559 du JI mars 1998 et le n 26l3 du 21 avril 1999 de Problèmes économiques. En fait, trois raisons majeures expliquent la crise asiatique de 1997: (i) taux de change réels insoutenables au regard des transactions courantes accumulées ; (ii) difficulté d'absorber les affiux de capitaux attirés par des rendements élevés, mais finançant des investissements à rendement de plus en plus précaires; (iii) insuffisante maîtrise des risques bancaires dans un contexte de garanties implicites de la part des autorités de surveillance. 9 S'agissant des premiers, la crise en Asie a amputé la demande en provenance de ces pays et accentué la compétitivité des pays du Sud-Est asiatique, compte tenu des fortes dévaluations- effet ayant également une influence sur les autres pays en développement. A cet égard, 1 'effet déflationniste - probablement moins élevé pour les pays européens - semblait déjà infléchir le prix des matières premières au début de En Amérique latine, les perspectives à court terme dépendent, en partie, du rétablissement de la confiance sur les marchés financiers internationaux, les déficits importants des balances des paiements étant largement financés par l'investissement direct étranger. A l'automne, les investisseurs se focalisent sur le Brésil dont la dégradation budgétaire présente de grands risques, le programme d'ajustement structurel de novembre 1997 n'ayant pas réduit le déficit budgétaire. Par ailleurs, en août 1998, face à une amplification des pressions à la baisse sur le rouble, les autorités russes ont pris la décision de procéder à une dévaluation sensible de leur monnaie, assortie de mesures unilatérales de suspension - temporaire- des paiements d' une partie de leur dette. Compte tenu du déséquilibre non soutenable entre les différentes composantes de la politique économique, la confiance des investisseurs à 1 'égard du Brésil s'est fortement dégradée en août 1998, à la suite du moratoire sur la dette russe. Le 10 septembre 1998, le Brésil élève ses taux d'intérêt à 49,75% pour empêcher la fuite des capitaux et la résurgence de l'inflation, tandis qu'un programme de stabilisation budgétaire- visant à améliorer le solde primaire du secteur public, renforcer la créclibilité de la politique économique, et permettre une réduction des taux d'intérêt- est mis en oeuvre en novembre et qu'un prêt du FMI de 41,5 milliards de dollars est accordé. En janvier 1999, la Banque centrale brésilienne décide de laisser flotter le real, alors que l'ajustement affecte la demande interne. L EÇON 1 : GLOBALISA TION DE LA RICHESSE ET DE LA PAUVRETÉ 3

8 UNIVERSITÉ MONTESQUIEU - BORDEAUX IV!\"~1IJ'IJA~'f';1!!.."-~.. ~';ô'\ell U'f\tj'\... Gllr~Jn.., Cll'llfflCtPifii!C('OII -.:ltlr.m..a.l..... pl{ft(ji.>ftl ~.,...,.. d hllrn;nlllm..,...,~, : ~ tll :t '0 11 2o L :xlll - u -t:z 1,.2 1,, 2.2 ProdDCtiCla aond imi ' 5,3 3,9 ). 5 :u Z u ~"J'tl l'fitch ;),2 1,t 1,4 1,1 ' ' ' ' hm.uni' 3.0 1,7 : ,1 ~1 1,6 l,g, 2 ~ zone eur o 1,9 1.~ ~3 1)7 o,o -(1~ (),1-02' 1 2 A.HI"".Jllll! ~~ 1.' ) !1 1.8 Frlll'llla 1, ll,l ~ ~ Il ~ li il OA -o,s 1 ~ 0.4 Eap~na ~.. o.7-1.~ -0,6 0, O,S !aiiO'I 4, , , RorAUI'III!-thi 2.1 u 0.2 1<1 -O,ê -o.s & 1.2 Crilnad.a.32 ZA AJ.Du paj'sirliiiok' u 3.2 :2, , t 3.3 NC!Willbs i!oo iloim3in!jij:sl ll~l!c$ ~Mio 8.5 4,0 2,7 o42-0,6 0.( J 36 ~~ ervoatl e'l.,. dlive...,pt!mnt' 7,11 t,t lu G,2 5,8 u Europe c;mih! el orwaljie 4, ~ 28 0,0 -(I l 3.8 1!', 36 Coln nonllaê des tws ~~ndlrots Al 41 0,0 <1;,11 31.tS Russe 4, ,0 3,9 0,0 ~ 01 <t,s u 4S Rus&~! nnn t OIJflrtse.6,0 u 4,~ 4!> -0,1 -<Il Alli Pli')'$CIIdt.rtlc ~ pemcnld' 9.7 7, o.l ,7 76 Ch lit 10,4 u 30 li S -0,2-03 a.e ln$ IO,&J 7.1 Il 1 6,5-0,7 -c r 6,2 04 &4 AWN~ 1 7,0 4.S :5, ,0 -<1,1 2, ,4 Al~rlq,.;e l~lh! et C;;Jtôlibls 6,2 u 3rt 42-0,3 01 3,8 3S '61 1S 2..1 :B 46-0,6 0~ r;\axl1u 5.6 :3.t : ~ 3.9 3~ ~ ) llloyiiii.onenllll Alr1que ou fl)rd 5.0 u 'et.~ 3.1 1,3 0.0 A1riq11e!Ill balhiiii'.iwio 5,a 5,Z fj, ,1 09 AAiiiUil clj S4ld 2.9 :u ':2,6 3.3 "0,1 t)l 2,6 2& 3.1 f'ru~ l.kljon eur~n n e () 1 0 0,0 f)l 0.8 0,1 1 s Cmlrll- tnoooùlfl œla.\!a t... ra ~e tju coon de d'ol1llo 4,2 2.3 v 3,2 o.o -oz o 3 4 Yotu.e f u COIIU14 f~ tnal<lill (a.lcu tl a niula) 12.8 u :J I 5,1 -t.l -t. 5 lmp(:ltl~ P';Q,'$ 4' '1oots 11, ,' ,0 0 1 l"ayt &"'lcr«~c«en llhr:l~t:n~ 15.3 u 7./1 :70 -o.& -1 1 ~ P'ayS ll'la nc1s ': "1.-s ~WQ!Ilt$.et en dhe~enl ~7 1\:;1 -u -$() C0t1r5 lllitt.s ftemitru l.,. t1t Pélroit! ,6 - :2.1 _,5-12,4 ~ llr:b con'~uil b lis (I'M)r1Me ~ w Il poncl4nu;n dt!! ftpoi\lbcin' tn ondw.s d. mnarm~ t:u Pr i~ à Il CCIA$J m 11ioe :na -1 T -21 ~ PiiTS 3Yancoés u 27 ':2,.0 I.G 0, & 1.1 l'jrt$ ~II*Otlnts ot., dt>n~ijp'i,..., & (1 6.5 SC; 39 f u du UIOR t 10. mou (~I D t )" ~eoeloiial'$ 0.5 u 0,8 O.B o.o 0,() o.!c>w.., ooro s 1 4 0, ,1 0 2 o.!po&s en wo n ~ Ol c.a..,_,..,.,, * >~n ~ ' 6JI'h ~ 4" ;:.. ><~ """ - uo-.rocums... >tlt1-tl lt i,.ôl:.nl 1.111:..., r;~t-jc'i.n p.nc~t W~llt<l\.IIM1Gu<. t3 ""'' '"' fte1t'a... llw-ri O.t..:.>III'Uil.oltii~:S:IIf~~l.l!,.. lli..o~!êgqtlo 1 lailltf~ioimij"'..}jji<yw~t!i~!dt.œ.ru.. nooiu. Hllltlfft:lr-t 11\ûljl :lltj<:!._..qr ~1411;11lli UfoloJV. -\Ait Klrul!l'l M PCI ~Irlf'1f'>"'oiill "'fttt~lel: IIYAtlrliO '\ œc~~~oll!rl~s Ill.,.,..._ -<oro,... MJJr6u, Plo lclllrea lltln,.url-..w- 'M:,...C~'*-Ut ~ ll\.oifd V.'!!ll ICO*hlll'lllt_,.. la-~,_,_,..., 1011UOII1t)l l)l.a!n 111Jr1t lt~w I,J-Ibuc:lteSJ~ PlU ~ Jo4(1jl,nlt~ll. Cl""' :DIS _,.,I~!WI,I!eiU'4 l.tiiijw<rd.. ~X>U~It<làbr dit.,., Tudt.ill rmi pru l'oorl) Tableau 2. 1 : Perspectives de l'économie mondiale : aperçu des projections (IMF, juillet 2012) Tout d'abord, au cours de la première partie de la décennie, une contraction de l'activité économique et une reprise de cette dernière se succèdent. En effet, d 'une part, une forte réduction de la croissance économique a été observée en Pour 1 'économie mondiale, en 2001, le taux de croissance de 1,1% a été inférieur de 2,7 points de pourcentage par rapport à l'année Au cours des 40 dernières années, c'est seulement en 1974 que prévalut une décélération plus importante du PIB. En outre, cette moindre croissance économique s'observe à la fois pour les pays industrialisés et les pays en développement. En même temps, la réduction de l'activité économique a coïncidé avec une forte contraction du commerce mondial de 14 points de pourcentage - 13,8% en 2000 à -0,8% en Dans ce contexte, la croissance économique mondiale est a été de 1, 7% en D'autre part, la situation ultérieure met en évidence une 4 ECONOMIE: PROBLÈMES ÉCONOMIQUES CONTEMPORAINS

9 ~.. JEAN-P IERRE L A CHAUD reprise mondiale. Ainsi, la croissance économique mondiale a été de 2,6% en 2003, et de 4,0% en 2004-tableau 1.1. Corrélativement, les marchés clés font état d'une nouvelle dynamique : (i) les prix des matières premteres non énergétiques sont en moyenne supérieurs de 10% à leur niveau de ~--~----~ _----~ ~--~ ()!) 10,, 12 'f~ T ; (ii) les prix des métaux ont fortement augmenté à la fin de 2003 ; (iii) le commerce mondial a Figure 1.1a : Croissance du PIB mondial (IMF, juillet 2012) augmenté de 5,5% en 2003, et de 10,2% en Il est à remarquer que cette reprise a été très (VIfftiJtootl 6/?m.a.\S!Ht en po<.jrci'!nt.'l-ge f/ji/w f'nppo("t au mmes:re influencée par le cycle de,_.,...oo<jort &;~Lif i-.d:-c:a r.'on c onlrairo) l'investissement, favorisé par la h Çfvfwwflma andlllll baisse des taux d ' intérêt, 16 - Dfln'> <'lolfg, e consécutivement aux politiques.. - macro-économiques favorables. Cette situation devait perdurer en - 2: , bi e n qu ' un léger - e. - fléchissement de la croissance ~~-w~~--~~---- mondiale ait été constaté - 3,2%, ) : Ott C» to rt :s. n.,..c ~c.-.~jo 4 c- E oqpo<floaio< _..,.,..._ 4w.-rc.h u.,.._ ;,_,..,..., "1ndu W1,..._ compte tenu de la hausse prévisible des taux d' intérêt et du niveau élevé rnanulio«_..,.. (lo>oic l 11\99911 ll'rk411ttlt du prix du pétrole, conjugués à es - - ~~,;:,~~~~--"~'*: HlG P;;o;> - eo l'atténuation progressive des effets '"-li " "".: eo des mesures de relance budgétaire, -.-a 20 qui ont soutenus la croissance ces ~ 5 -. derniers temps. Mais, en 2006, malgré le maintien du prix du baril $5 -.: ~o 30 ~:J~OQ~,.~oe-~09~-1~o......, _~ -.eo de pétrole à environ 75 dollars US, AYr. '~ 12 la croissance du PIB mondial a été f...,.,....,_, Anal).ô-,. """"""""'- ~.,_ dq Ao.l l de 3,9%. Dans une certaine mesure, To.. p wys.,.,. roono- lnat..s dan los '"9'~"" I.>M> "'f~'" acroç C>tlc..Uis awrlaboaee <lespoods en IJGIII' de IJOU"""-' dact...t os:owjllndocallo-. cette solide performance globale 9 c.o61f8i:toe t... lldolonntoll :2lCll2 : Tt oo:l-t;a...-..,._..,. po111orrwna w 1Mo:w..,...6 reflète la forte expansion de pays en f':!~-.cndawt )f!oi--dlo l)f"toy..., (ro..oe). Att1q- du SoJd, ~. D"IKII, B... l)ana..<:nao, C::-, Oallc<rllle. ~...,..,.,.,, l n~. lnd(jn ~..._...,..,., l\il... loioo..,.._o4qu... développement, dont la croissance,-..~. Porou. f'lhtw-. ~... Ftl:L... Ruos ""' 'IIWl!ILI...,, Uni-f!l v-oh! t.a.. économique en 2006 a été de 7,0% -... c...,. eor-. aa... rn.u tc ~ Hcl>!iJI<cng (.RA$).,,.,..., J IIC'O>n. """""""'--'e Zoil rod. ~... IIO;;h.~. ~...U..l - soit un rythme de création des ~ " po ut. s..-so.iue. prc:-a-.- en~ <1'" Ta,_~,. et_,. tlovf"o.,~..,...,. pono~.,..,. per 1u p na6 ct PÇLNOI cf\loct>l'd «~ P"'><i- richesses plus de deux fois plus ~~ et o.ta "lllk:nott C)OU!' 1a mns...o. oes ~ne. et~ ITlSiltW"Ial pou< b.j~ des u n""' tri-s~ poo.r.,. ~n i. élevé que celui des pays Figure 1.1b : Indicateurs économiques récents (IMF, juillet industrialisés (3, 1% ). A cet égard, 2012) la croissance de la Chine a joué un rôle important, sa contribution étant estimée à environ 0,5% de la croissance mondiale. Cependant, même en excluant la Chine, la croissance des pays en développement a été de 5%. il est à remarquer que 1 'accélération de la croissance mondiale a été concentrée au cours de la première moitié de Ensuite, la situation récente est marquée par l'avènement d'une profonde crise économique. En fait, la réduction du rythme de croissance économique avait été amorcée à l'été LEÇON 1 : GLOBALISA TION DE LA RICHESSE ET DE LA PAUVRETÉ 5

10 UNIVERSITÉ MONTESQUIEU- BORDEAUX IV Index, 1980 :::: 1 00, deflated by MUV 100 r ~ Oeveloplng countries r-~~--~~~--r-,-~--r-~~--r-~-.--r-,--.--r-,--.~ Note: MUY is du~ unit value of m::~m.factures exporcs from rhe C-S countries ~ o developiog countries. cxprcsstd in U.S. dollars. Sourec: World Bank Economie.Policy tt nd Prospects C roup calcul:acions. Figure 2.1 : Prix réel des matières premières non-pétrolières depuis , et devait se prolonger jusqu'à la fin de En effet, la crise financière qui s'est déclenchée en septembre 2008, après plus d'un an de turbulences financières- par exemple, la chute Lehman Brothers en septembre ,a engendré une crise mondiale de 1 'économie réelle. Ainsi, la croissance mondiale devait décélérer de 3,9% en 2007 à 1,5% en 2008 (tableau 2.1 et figure 1.1a). Corrélativement, Je chômage et la pauvreté devaient augmenter dans la plupart des pays, en particulier en développement. Dans ce contexte, plusieurs éléments sont à noter. (i) La crise financière a provoqué une forte baisse des investissements et de la création des richesses, un resserrement des conditions du crédit - hausse du coût des emprunts -, et, surtout, une augmentation de l' incertitude. De ce fait, beaucoup d'entreprises ont réduit leurs dépenses d' investissements, tandis que les ménages différaient 1 'achat de biens de consommation durable. Il faut cependant noter qu' une situation d' incertitude prévalait déjà depuis Je début de la décennie 2000, notamment en raison des attaques terroristes du 11 septembre 2001, perturbant considérablement le système des transports aériens et maritimes, bien que le phénomène ait été temporaire. L'élévation des coûts en termes d'assurance et de sécurité qui en résulta est susceptible de perdurer. A cet égard, les exportations des pays en développement risquent d'être plus touchées que celles des pays industrialisés, dans la mesure où les premiers se spécialisent davantage dans les produits primaires et manufacturés intensifs en travail, qui subissent des coûts de transport plus élevés que les exportations à base de technologie des seconds. Ajoutons que les événements du 11 septembre 2001 ont également réduit considérablement les recettes en devises des pays en développement - environ 7% des exportations totales de biens et services. A cet égard, la conférence de Doba, en novembre 2001 au Quatar, s'inscrit dans la perspective d'une meilleure participation des pays en développement au système du commerce international - Organisation mondiale du commerce (OMC) Doha a lancé des négociations sur l'accès aux marchés pour les produits manufacturés, le réglement des conflits, les règles de l'omc, les politiques d 'environnement, et la protection de la propriété intellectuelle. En fait, le succès du Doha round dépend de l'attitude des gouvernements du Nord- USA, notamment- et du Sud, quant à leur réinvestissement dans un processus multilatéral de négociations commerciales. En principe, ce processus de négociation 6 ECONOMIE: PROBLÈMES ÉCONOMIQUES CONTEMPORAINS

11 JEAN-P IERRE L A CHAUD Cotnmodlly p.. lc:e lnde J<as. U SO : lS O.LOO ~ ~----~~----~ r------~------~------r r J an.04 J ll n -OS JQt\ 0 6 Ja n -0 7 Ja rh>9 J&n l O Jfln.- I 1. J aon 12 Figure 3.1 : Evolution du prix des matières premières (World Bank, 2012) (ii) La rapide croissance de l'épargne de précaution a été à l'origine d'une importante chute des investissements internationaux, de la production, du commerce et du PIB au cours du quatrième trimestre de 2008, et la tendances' est poursuivie en De ce fait, pour cette année, la croissance du PIE a été de -2,2% (tableau 1.1). A cet égard, les baisses les plus nettes de l'activité économique ont été enregistrées par les pays spécialisés dans la production de biens durables et d'équipement, et par les pays fortement vulnérables au niveau macro-économique. (iii) Cette conjoncture internationale a accéléré la baisse du prix des matières premières qui avait été observée au milieu de A cet égard, le déclin séculaire et les variations cycliques récentes des prix des matières premières appellent plusieurs observations. D 'une part, la crise économique, l'appréciation du dollar et l' importance de l'offre de la plupart des matières premières ont induit une baisse du prix moyen en dollars des matières premières non-pétrolières des pays en développement de 9% en La demande des principaux minerais a été très affectée par la crise, tandis que l'offre des matières premières agricoles continuait à croître malgré la baisse des prix : café - -30% -, coton - -20% -, sucre, huile de palme, etc. En fait, le déclin des prix des matières premières non-pétrolières a été particulièrement néfaste pour les économies africaines, qui tirent plus de 70% de leurs recettes d'exportation de ces productions. D'ailleurs, pour ces économies, le déclin des prix des matières premières non-pétrolières - notamment, le café, le cacao et le cuivre - a été plus élevé que pour les autres pays en développement- figure En définitive, les gains d'exportation des matières premières non-pétrolières ont diminué de 3 milliards de dollars entre 1997 et Mais, la hausse qu'ont connue les prix des produits de base depuis 2002 a tenu à une très forte demande pour ces produits, consécutive à la croissance globale soutenue, notamment dans les pays en développement, et à l'apparition de contraintes de capacité dans les pays producteurs de produits primaires. Ainsi, les prix des métaux et des minéraux ont augmenté de 48% depuis le début de 2006, compte tenu de la forte croissance économique, d' une demande spéculative, des faibles stocks et des ruptures de l'offre. De même, les prix de la majorité des produits agricoles n'ont augmenté que de 11% en moyenne en 2006 par rapport à Soulignons que, contrairement à ce qui s'était passé lors des phases précédentes de forte demande, ce sont les pays en devrait s'achever en Voir Corbet (2002). L EÇON 1 : GLOBALISA non DE LA RICHESSE ET DE LA PAUVRETÉ 7

12 UNIVERSITÉ MONTESQUIEU B ORDEAUX IV développement qui ont été principalement à l'origine du surcroît de demande, notamment la Chine. En effet, 7,4% de l'augmentation totale de la demande de pétrole brute observée en 2004 a eu pour origine les économies en développement, ce qui représente près du double de leur part de la demande totale. Près de la moitié de ce surcroît de demande est dû à la Chine, dont les besoins de matières premières ont également été à la base de l'augmentation de la demande de métaux et de minéraux. D'autre part, si la crise économique mondiale a contribué à réduire le prix du pétrole de 28,2 dollars le baril en 2000 à 24,4 dollars en 2001, une hausse à été perceptible à partir du milieu de En effet, après les attentats de septembre 2001, le prix du pétrole s'est élevé à 31 dollars le baril, mais a sensiblement chuté par la suite à 18,5 dollars en l'absence de véritable menace sur l'offre. Alors que certaines analyses estimaient un prix moyen du pétrole aux alentours de 20 dollars en compte tenu de la faiblesse de la demande mondiale et de l'accroissement de l'offre des producteurs hors OPEP-, le prix du pétrole franchissait les 30 dollars à la fin du mois d'août de la même année. Dès le 18 mars 2003, à l'annonce du début de la guerre en Irak, le pétrole a commencé à chuter pour se stabiliser quelques semaines plus tard à 27 dollars. Le 8 août 2003, le cours du pétrole a atteint son niveau le plus haut depuis le début de la guerre, l'attentat de Bagdad ayant ravivé les craintes du marché sur la sécurité des installations pétrolières du pays. A New York, le prix du brut de référence s'est établi à 32,39 dollars le baril à la mi-août Or, après une période de stabilisation en 2005, au cours de la première partie de 2006, compte tenu de la reprise, ct des fortes importations de la Chine et de 1 'Inde, le prix du baril de pétrole a frôlé les 75 dollars US, ce qui a quelque peu réduit la croissance de la demande de cette matière première. Au milieu de 2008, le prix du baril de pétrole est proche de 130 dollars US. Mais, à la fin du mois de mai 2009, le prix du pétrole était en baisse de 60% par rapport à son plus haut niveau, et les prix des matières premières autres que le pétrole, notamment ceux des biens alimentaires faisant l'objet d'échanges internationaux, étaient en baisse de 35%- figure 3.1. Il est à noter que la baisse des prix des carburants et des produits alimentaires a contribué à atténuer l' impact de la diminution de l'activité économique sur le chômage et la pauvreté, ainsi que la pression sur les comptes courants des pays importateurs de pétrole, tandis que les pays exportateurs de pétrole ont enregistré une diminution de leur surplus -environ 17% de leur PIB. En fait, au milieu de 2012, la baisse des prix des matières premières et le recul de l'inflation sont des indicateurs additionnels du récent déclin de l 'activité économique. Les prix des matières premières, qui avaient significativement augmenté au cours de la seconde partie de 2010, se sont stabilisés au début de sauf pour le pétrole-, et ont décliné depuis le mois d'août (figure 3.1 ). Les prix des métaux et minerais, historiquement les plus cycliques, ont baissé de 19% en décembre par rapport à juillet, tandis que les prix des produits alimentaires et du pétrole ont chuté de 9% et 2%, respectivement. Ce mouvement est inhérent, à la fois à la baisse de la demande, et à la croissance de l'aversion pour le risque liée aux ventes des investisseurs financiers. Soulignons qu'en dépit des baisses récentes, les prix des matières premières demeurent significativement plus élevés en 2011 qu'en ,4%, 29,9% et 23,9%, respectivement, pour les métaux et minerais, l'énergie et les produits alimentaires. Cette tendance semble prévaloir au milieu de 2012, notamment pour les céréales, à cause de la sécheresse - Russie, Etats-Unis. (iv) Des politiques ont été rapidement mises en oeuvre, malgré un certain manque de coordination entre les pays. Toutefois, en évitant une défaillance encore plus profonde des institutions financières, elles ont permis d'éviter une baisse encore plus importante de la production. En effet, en l' absence d'aide du secteur public, les pertes considérables subies par les banques d' investissement et les autres institutions auraient obligé les banques commerciales à réduire de manière drastique leurs prêts, une situation qui aurait forcé les entreprises à réduite leurs investissements et leur production de manière encore plus prononcée. En France, le Président de la République a décidé d'un effort de relance national de près de 4% du PIB, un 8 E CONOMIE : PROBLÈMES ÉCONOMIQUES CONTEMPORAINS

13 JEAN-PIERRE LACHAUD chiffre comparable à celui des autres pays européens. De ce fait, les prêts bancaires ont pu continuer à augmenter, malgré un rythme de croissance moins rapide que par le passé. Dans ce contexte, deux éléments doivent être notés. D'une part, une concertation internationale dans le cadre du G20 (les Sept, l'union européenne, ainsi que l'afrique du Sud, l'arabie Saoudite, l'argentine, l'australie, le Brésil, la Chine, la Corée du Sud, l'inde, l'indonésie, le Mexique, la Russie et la Turquie) a prévalu. A Londres, le 24 avril 2009, vingt chefs d'etat, représentant 60% de la population et 85% des richesses du globe, se sont mis d'accord pour changer les règles du capitalisme international. L'idée est d'élaborer un nouvel ordre permettant une meilleure régulation, puisqu'il sera nourri par les Md$ promis par les pays du G20, et incarné par un nouvel organe de régulation, le Financial Stability Board (Comité de stabilité financière). Ce nouvel ordre devrait être équitablele G20 a décidé de réguler des acteurs qui échappaient jusqu'à présent à tout contrôle, que ce soit des institutions comme les «hedge-funds»et les agences de notation, des territoires comme les paradis fiscaux, ou des individus comme les «traders», dont les rémunérations doivent mieux refléter les performances réelles -, prudent - les banques seront soumises à de nouvelles règles prudentielles et comptables, qui les obligeront à constituer des réserves en période de croissance, pour pouvoir affronter sereinement les aléas inévitables du marché- et généreux -les ressources dévolues au FMI pour venir en aide aux pays les plus touchés par la crise sont triplées, avec une allocation immédiate de 500 Md$, et à moyen terme de 250 Md$ supplémentaires. Ses fonds de réserve sont, quant à eux, augmentés de 250 Md$. De plus, 100 Md$ sont dévolues aux banques de développement multi latérales. Enfin, pour renforcer la condamnation du protectionnisme, les Etats du G20 ont décidé de consacrer 250 Md$ à garantir les crédits à l'exportation. D'autre part, il est à remarquer que ces poli tiques ont un coût. En effet, il est généralement attendu que dans les pays industrialisés les équilibres budgétaires se détériorent de 1 'ordre de 3% du PIB, et de 4,4% dans les pays en développement. Par ailleurs, à long terme, l'augmentation de 1 'endettement dans les pays industrialisés pourrait contribuer à rehausser le coût des emprunts, et à favoriser un effet d'éviction sur les emprunteurs des secteurs public et privé des pays en développement. Deuxièmement, la situation actuelle met en évidence la persistance de tensions qui handicapent les possibilités de reprise réelle de l'économie mondiale. A cet égard, les Perspectives de l'économie mondiale, élaborées par le Fonds monétaire international en juillet 2012 (International Monetary Fund, 20 12), permettent de formuler plusieurs commentaires. Tout d'abord, les perspectives de l' économie mondiale demeurent relativement mitigées pour deux raisons. D'une part, malgré l'accélération de la croissance au premier trimestre de ,6% en taux annuel corrigé des variations saisonnières, imputable à une meilleure situation fmancière, une confiance accrue inhérente aux opérations de refinancement de la Banque centrale européenne (BCE), au rebond de la production industrielle et du commerce international, notamment en Allemagne et en Asie (tableau 2.1, figure 1.1a) -, les performances économiques ont été plus faibles au deuxième trimestre (figure 1.1 b ). A cet égard, la zone euro a focalisé les sources de nouvelles tensions, en particulier sur les marchés financiers : incertitude politique et financière accrue en Grèce, difficultés du secteur bancaire en Espagne, et incertitude quant à la capacité de résilience des Etats en termes d'ajustement budgétaire et de réformes. Dans ces conditions, les phénomènes habituels ont été observés : nouvelles sorties de capitaux, hausse des passifs des banques centrales, réduction des marges de manoeuvre des banques, contraction du crédit au secteur privé, et affaiblissement des effets stabilisateurs des actions de refinancement de la BCE dans les marchés fi nanciers des économies périphériques. Dans ces conditions, une nouvelle contraction del 'activité économique est inévitable, et des tensions accrues sur le marché du travail sont observées. Par exemple, en France, le PJB a diminué de -0,1% en 2008, et la LEÇON 1 : GLOBALISA non DE LA RICHESSE ET DE LA PAUVRETÉ 9

14 UNIVERSITÉ MONTESQUIEU - BORDEAUX IV croissance pour 2009 a été de -2, 7%. Pour 2010, le PIB a augmenté 1,5%, tandis que pour 2011 un taux de 1,3% a été observé. Au premier trimestre de 2012, le PIB en volume est resté stable (0,0%), après une absence de progression au quatrième trimestre de 2011 (0,0%). A cet égard, selon l'enquête mensuelle de conjoncture de la Banque de France, publiée le 8 août 2012, la croissance du PIB serait de -0, l% au troisième trimestre de 2012, après une stabilisé (0,0%) au deuxième trimestre (INSEE, 2012). Ainsi, la croissance du PIB en volume a été nulle pour le troisième trimestre consécutif- 4èmc trimestre 2011, 1 cr et 2èmc trimestres TI est à noter que cette évolution a conduit le gouvernement à réviser les prévisions de croissance début juillet : 0,3% et 1,2%, respectivement, en 2012 et 2013, contre, respectivement, 0,4% et 1, 7% auparavant. Au niveau du chômage, le taux augmente de 0,3 point au premier trimestre de 2012 en France métropolitaine, et s'élève, au sens du BIT, à 9,6%- environ 2,7 millions de personnes (10,0% et 2,9 rn ill ions, y compris les DOM). En fait, les informations concernant les Etats-Unis et plusieurs pays émergents (Brésil, Chine, Inde) montrent également un ralentissement de la croissance, en partie dû à la conjoncture extérieure ct à l'apparition de contraintes internes. D'autre part, en admettant que la situation financière de la zone euro s'améliore progressivement, que la législation américaine évitera une forte contraction budgétaire à court tern1e, et que l'assouplissement de la politique économique dans les pays émergents aura des effets réels, les performances économiques du deuxième semestre 2012 seront plus faibles. Ainsi, il est prévu que la croissance mondiale baissera à 3,5% en 2012, et à 3,9% en 2013, une diminution de 0,1 et 0,2 point de pourcentage par rapport au début de tableau Dans les pays avancés, compte tenu des incertitudes de la zone euro précédemment indiquées, la croissance économique devrait être de 1,4% et 1,9%, respectivement, en 2012 et Naturellement, la croissance économique des pays émergents, bien que plus faible, sera plus soutenue. Compte tenu de ces prévisions en termes de demande et du recul des cours des matières premières, la hausse des prix devrait ralentir- environ 3-3,5% en Ensuite, la résilience de l'économie mondiale est menacée par un ensemble de risques: (i) Malgré les accords conclus lors des sommets européens, des mesures supplémentaires sont nécessaires pour casser les liens négatifs entre les Etats et les banques, et créer une union bancaire. Ainsi, la mise en place du mécanisme de surveillance unique des banques de la zone euro doit permettre au Mécanisme européen de stabilité (MES) de recapitaliser les banques. De même, l'achatd'obligations souveraines par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) et le MES est souhaitable. Par ailleurs, des avancées supplémentaires vers une union bancaire et budgétaire, ainsi que la mise en oeuvre de réformes structurelles et de programmes de rééquilibrage budgétaire d'envergure, facilitées par l'action de la BCE- liquidités aux banques dans des conditions avantageuses - sont indispensables. (ii) Dans certains pays avancés, les risques de durcissement de la politique budgétaire sont réels. Ainsi, aux Etats-Unis, le déficit budgétaire structurel pourrait diminuer de plus de 4 points de pourcentage, si les allégements fiscaux temporaires ne sont pas prolongés et si la compression des dépenses automatiques n'est pas annulée. La faiblesse de la croissance américaine pourrait avoir des effets perturbateurs additionnels au niveau mondial. De même, les faibles progrès des plans d'ajustement budgétaire aux Etats-Unis et au Japon pourraient conduire à un rehaussement du coût de l'emprunt souverain dans ces deux pays. Notons aussi que la croissance potentielle dans les pays émergents pourrait être plus faible que prévu. Dans ce contexte, un élément positif est 1 'atténuation des risques liés aux variations du prix du pétrole. B. Les régions en développement et 1 'environnement économique international aléatoire La situation des pays en développement est étroitement liée à la conjoncture des économies industrialisées, bien que les conditions internes des premiers constituent un élément 10 ECONOMIE : PROBLÈMES ÉCONOMIQUES CONTEMPORAINS

15 JEAN-P IERRE LA CHAUD fondamental du processus de développement. Quelques aspects de cette question peuvent être présentés. En premier lieu, au cours des deux dernières décennies, les performances des pays en développement ont été hétérogènes et mitigées. Premièrement, un ralentissement de la croissance économique a été également observé à la fin des années 1980, consécutivement à un ensemble de facteurs : instabilité macroéconomique, politiques internes inadaptées, évolution à la baisse du prix des produits de base et du commerce international, ct maintien de taux d'intérêt élevés dans les pays industrialisés. De ce fait, alors que le PŒ réel avait augmenté de 4,3% en 1988, sa progression a été réduite à 2,9% en 1989, et à 2,2% en En outre, les performances économiques ont été hétérogènes dans les pays en développement. La croissance économique a été la plus forte dans les pays d'asie du Sud et d'asie de l'est 12, et beaucoup plus faible en Afrique subsaharienne. Bien que pour ce continent ces résultats soient les meilleurs de la décennie, ils n'ont pas été suffisants pour contrebalancer le rythme de la croissance démographique. Dans la plupart des cas, le niveau de l'investissement se révèle insuffisant, bien que dans certains pays, la mise en oeuvre de réformes a contribué à augmenter substantiellement le revenu par habitant. Il en est de même en Amérique latine, région où le problème de la dette revêt une importance majeure. Il faut ajouter que la crise du Golfe a eu des effets négatifs sur certains pays en développement, notamment ceux qui sont importateurs de pétrole, ceux qui avaient des relations économiques étroites avec l'irak et le Koweit, et ceux qui dépendent fortement des recettes dues au tourisme. Deuxièmement, au début des années 1990, le ralentissement de la croissance économique s'est poursuivi dans les pays en développement, malgré une situation qui demeure contrastée. Les pays en développement dans leur ensemble affichaient une croissance de 1,0% en , et 3,2% en La zone Asie de l'est a été particulièrement favorisée avec un taux de croissance de 9,4% au cours de cette période en et 8,5% en Cette performance est due pour l'essentiel à la très forte croissance de l'activité en Chine et au dynamisme de la production en Inde 13 En fait, c'est encore en Afrique que la croissance devait être beaucoup plus faible, à cause de la baisse de la demande extérieure et des conditions climatiques défavorables : 0, 7% au cours de la période , et 2,8% en moyenne au cours de Toutefois, dans certains pays - Côte d'ivoire notamment - la dévaluation du franc CF A en février 1994 avait suscité un nouveau dynamisme des investissements et de la croissance économique, en partie annihilé à la fin des années 1990 pour des raisons politiques. De même, dans certains pays d'amérique latine, la croissance économique a été plus vigoureuse. En deuxième lieu, la fin des années 1990 et la première décennie des années 2000 marquent l'émergence de nouveaux défis-ou la permanence de certaines contraintes-pour les pays en développement. La récession dans les pays industrialisés, la décélération du commerce mondial, la faiblesse du prix des matières premières, et les perturbations sur les marchés financiers ont affecté toutes les régions en développement en Pour l'ensemble des pays en développement et en transition, la croissance du PlB a chuté de 5,4% en 2000 à 2,8% en 2001, tandis que le rythme d'évolution du PIB par tête déclinait à 1,4%. A cet égard, ces performances économiques sont inférieures à celles des années Evidemment, l'intensité des effets internationaux diffère selon les pays et les régions, en partie à cause de 1 'orientation des marchés et de la spécialisation commerciale, des conditions initiales des marchés fmanciers locaux, et des politiques adoptées 12 Les performances de certains NP! (Nouveaux pays industriels) expliquent ces résultats. 13 Toutefois, en Indonésie, en Thaïlande et à Taïwan, la croissance devait être ultérieurement plus modeste, voire négative, compte tenu de la crise débutant en LEÇON 1 : GLOBALISATION DE LA RICHESSE ET DE LA PAUVRETÉ 11

16 UNIVERSITÉ MONTESQUIEU- BORDEAUX IV N~,. :; ). Jo~.~.... ~ t'. dt _1_L r, PiHSN'i _!r ~ (% per year) Dcveloping Countries Middle lncome Countries Of which: G20 Members Low lncome Countries East Asia & Pacifie Europe & Central Asia Latin America & Caribbean Middle East & North Africa South Asia Sub-Saharan Africa r.& Me mo: Developing Countries excl. China & lndia Source: World Bank staff projections linked to IMF G20 base case scenario. As such, they may dill'er from the Bank's Global Economie Prospects projections. Tableau 3.1 : Tendances régionales de la croissance du PIB des pays en développement en réponse à la crise. Mais, sans aucun doute, l' impact de 1 'environnement externe se mesure en termes de baisse de croissance des marchés d'exportations- 12,9 à 1, 1% entre2000 et et du volume de ces dernières- 14,6% en 2000 et 3,7% en En outre, les termes de l'échange, exprimés en proportion du PIB ont décliné de 0, 1% en Dans ces conditions, les gains des exportations se sont abaissés de 1,3%, tandis que le surplus du compte courant se réduisait à 0,4% du PIB. Néanmoins, en même temps, la décélération de l'inflation, la réduction des déficits budgétaires, l'amélioration du climat des investissements, et la mise en oeuvre de réformes institutionnelles visant à assurer une meilleure gouvernance, ont favorisé le maintien à un haut niveau des flux financiers en direction de certains pays en développement et en transition. Cette situation a favorisé la mise en oeuvre de politiques favorables à la croissance s. En vérité, le défi important de maints pays en développement a été de fa ire face à la réduction des gains d'exportations pendant la crise, alors que l'accès au capital était plus difficile. Si le déclin des recettes d'exportations a été très important pour les pays d'asie- à cause des exportations de produits à haute technologie - et pour les pays producteurs de pétrole - à cause de la baisse du prix de cette matière première-, l'accumulation des surplus du compte courant au cours des années antérieures leur a permis de faire face aux difficultés financières. En fait, les pays les plus vulnérables sont ceux qui dépendent surtout des exportations de matières premières nonpétrolières, du tourisme ou d'autres services et des transferts. Il en est de même pour des pays comme la Turquie ou 1 'Argentine à cause de 1' importance de leurs déséquilibres financiers. Dans ces conditions, pour l'ensemble des pays en développement et en transition, la reprise de 1 'activité économique a été plus rapide que dans les pays industrialisés en 2003, bien que les expériences varient selon les pays. Le taux de croissance économique par tête des pays en développement a été de 4, 8% au cours de 1 'année, contre 2,1% dans les pays industrialisés - tableau l.l. Compte tenu de la croissance plus rapide de la population dans les pays en développement, le différentiel en termes de croissance du PIB a été plus important : 3,5% contre 1,6%. A cet égard, le taux de croissance économique des pays en développement a été de 6, l et 14 Croissance moyenne pondérée de la demande d' importations dans les marchés d'exportations. ts Par exemple, dans certains pays d 'Asie de l' Est, d'importantes réserves de change, une faible inflation et une dette publique soutenable ont permis de réduire les taux d'intérêt. L'inverse a prévalu en Amérique latine, en Turquie et en Indonésie. 12 E CONOMIE: PROBLÈMES ÉCONOMIQUES CONTEMPORAINS

17 JEAN-PIERRE L ACHAUD 6,6%, respectivement, en 2004 et le plus élevé depuis 20 ans. Dans ce contexte, la situation récente des pays en développement appelle plusieurs commentaires généraux 16. Premièrement, la croissance économique a été de 7,6% en , compte tenu de la forte activité en Europe et au Japon, et aussi des taux d' intérêt bas. A cet égard, c'est surtout en Chine et en Inde que la croissance économique a été forte : 10,4 et 8,7%, respectivement. D 'ailleurs, les exportations de marchandises en Chine dépassent celles des Etats-Unis. Mais, la robustesse de la croissance économique- de l'ordre de 5%- se vérifie aussi dans les autres régions- tableau 3.1. De même, le différentiel de croissance entre les pays en développement et les pays industrialisés se maintient en 2007 et 2008, comme l'indique le tableau 2.1: (i) 2007 : 8, 1% contre 2,6%, respectivement; (ii) 2008 : 5,9% contre 0, 7%, respectivement. Naturellement, le rôle de 1 'Asie de l'est et de la Chine, en particulier, a été prépondérant, puisque la croissance économique dans ce continent à été de 11,4% en ,0% pour la Chine. Deuxièmement, la crise économique dans les pays industrialisés affecte aussi les pays en développement. En effet, la diminution de 1 'activité économique, combinée à des flux de capitaux moins importants vers les pays en développement, suggère que beaucoup d'entre eux se trouvent dans une situation financière assez précaire : difficulté de générer suffisamment de devises étrangères à partir de leurs exportations, et difficulté de couvrir leur demande en importations. Par conséquent, les besoins en emprunts des pays en développement devaient dépasser les apports nets de capitaux, ce qui implique qu'ils puisent dans les réserves de devises internationales accumulées durant les périodes fastes. Ainsi, selon la Banque mondiale, depuis septembre 2008, 16 pays en développement ont dépensé 20% ou plus de leurs réserves de change, et les réserves actuellement détenues ne permettent de couvrir que 4 mois d'importations dans 18 pays. A cet égard, plusieurs pays en développement ont conclu des ententes spéciales d'emprunt avec le Fonds monétaire international pour limiter la détérioration accrue de leurs positions fiscales et extérieures. Notons également que les déséquilibres sont les plus graves dans les régions de 1 'Europe et de 1 'Asie centrale, en partie, parce que 1 'on s'attend à ce que la récession soit plus profonde, et, en partie, parce que beaucoup de ces régions avaient déjà des déficits courants de plus de 10% du PIB, de même que d' importantes dettes publiques avant le début de la crise. Dans ces conditions, les taux de croissance dans les pays en développement demeurent plus élevés, compte tenu de la plus forte croissance sous-jacente de la productivité et de la population. Ainsi, ils s'établissent à: 1,8%, 6,6% et 5,9%, respectivement, en 2009, 2010 et tableau 3.1. Il est à noter que les pressions déflationnistes et le chômage devraient s'accentuer dans ces pays entre 2009 et 2011, compte tenu des pertes de productivité déjà absorbées. Troisièmement, la période actuelle, ainsi que les prévisions à court terme, suggèrent une relative prudence quant au dynamisme des pays en développement (International Monetary Fund, 20 12). En effet, dans plusieurs pays en développement (Brésil, Chine et Inde), un ralentissement de la croissance économique a été observé au deuxième trimestre de 2012, compte tenu del' effet de 1 'environnement international, des contraintes de capacités, et aussi des réformes économiques passées. Dans maints pays, l' incertitude croissante a accru l'aversion des investisseurs, source de sortie des capitaux et de dépréciation de la monnaie. Ainsi, selon le Fonds monétaire international (International Monetary Fund, 2012), dans les pays en développement, en général, le taux de création des richesses devrait s'abaisser à 5, 6% en , 1% par rapport aux prévisions d'avril -, et s'élever à 5,9% en révision de -0,2% (tableau 2.1). Naturellement, dans maints pays émergents, la croissance pourrait bénéficier de l'assouplissement récent des politiques économiques, tandis que le dynamisme économique serait handicapé pour ceux qui ont des relations étroites avec la zone euro (Europe centrale et orientale). Néanmoins, le tableau Une analyse spécifique à chaque région en développement est présentée dans la leçon 2. L EÇON 1 : GLOBALISA TION DE LA RICHESSE ET DE LA PAUVRETt 13

18 UNIVERSITÉ MONTESQUIEU BORDEAUX IV montre que la croissance économique serait plus forte en par rapport à 2011, dans les pays du Moyen-Orient (producteurs de pétrole), d'afrique du Nord et d'afrique sub-saharienne, compte tenu de leur relatif éloignement des chocs financiers externes. Ceci étant, le Fonds monétaire international (International Monetary Fund, 2012) souligne que les risques de dégradation économique existent dans les pays en développement : (i) à court terme, à cause des effets des politiques économiques - même assouplies ; (ii) à moyen terme, notamment dans les pays émergents, dans la mesure où la croissance économique de ces pays a été largement supérieure à sa tendance historique au cours des 10 dernières années (dynamisme des circuits fi nanciers ct du crédit). Dans ces conditions, le degré de multipolarité mondiale pourrait être moindre (voir ci-après). Par ailleurs, la plus faible croissance mondiale est susceptible d'affecter la stabilité financière de maints pays, notamment ceux qui sont tributaires de 1 'aide, des envois de fonds et des matières premières. Enfin, les capacités excédentaires de la Chine dans plusieurs secteurs peuvent induire une réduction sensible des dépenses d'investissement. Quatrièmement, en fait, les performances économiques des pays en développement dépendront en partie des politiques internes poursuivies, en particulier de leur capacité à capitaliser les conditions plus favorables de l'environnement international. A cet égard, outre l'accélération de la croissance dans les pays industrialisés, la mise en oeuvre de nouvelles politiques est susceptible de rehausser le dynamisme de la croissance économique de ces pays. Ainsi, au début des années 1980, maints pays en développement ont mis en oeuvre des programmes d'ajustement structurel- sous l'égide du Fonds monétaire internationale (FMI) et de la Banque mondiale (BM) - compte tenu de l'alourdissement de la dette, de la détérioration des termes de l'échange, et de la récession dans les pays industrialisés. Ces politiques visent à réduire le déficit des finances publiques, à modifier les prix relatifs- taux de change, taux d'intérêt, etc. - et à restructurer des activités exercées par le système productif public. Bien que des progrès aient été réalisés en termes de balances des paiements et de déficits publics -souvent au détriment de l'investissement public ct non de la consommation courante - les conséquences sociales de l'ajustement- en termes d'emploi, de santé, et d'éducation - ont été dramatiques dans beaucoup de pays en développement. Cette situation a conduit certaines institutions internationales - BM, Banque africaine de développement, et Programme des Nations unies pour le développement - à se préoccuper, dans un premier temps, de la Dimension sociale de l'ajustement (DSA), puis ensuite de la pauvreté (PAMRA) 17 S'il existe aujourd'hui un débat important sur l'opportunité des programmes d'ajustement structurel, mis en oeuvre par le FMI et la BM 18, les pays en développement doivent avoir la capacité d'ajuster, selon les situations locales, leur politique économique de manière à atténuer les effets du ralentissement économique dans les pays industrialisés, du moindre dynamisme du commerce international, et l'incertitude quant à la stabilité des flux de capitaux 2. Intégration économique mondiale et multipolarité L'évolution du contexte international précédemment décrit est en partie la résultante de deux forces étroitement liées. D'une part, la globalisation de 1 'économie, inhérente à 1 'expansion des firmes multinationales, accentue 1' interdépendance internationale. D'autre part, la résurgence du régionalisme peut conduire à une évolution quelque peu différente Poverty Alleviation and Economie Reforms in Africa. 18 Voir sur ce point Stiglitz (2002). 19 Sur ces questions voir le numéros 2611 et de Problèmes économiques des 7-14 avri11999, Wor1d Bank (2002), World Bank ( a) et International Monetary Fund (2008). 14 E CONOMIE : PROBLÉMES ÉCONOMIQUES CONTEMPORAINS

19 JEAN-PIERRE L A CHAUD A. La globa/isation de 1 'économie Les sociétés et les économies dans le monde ont élargi et intensifié leurs liens, c'est-à-dire sont devenues plus intégrées. La«globalisation»signifie 1 'intégration croissante des économies et des sociétés dans le monde consécutivement aux flux des biens et des services, du capital, des idées et des individus. Plus spécifiquement, certaines auteurs indiquent que la globalisation est un processus de création de réseaux de connections entre acteurs situés à des distances multicontinentales, supportés par une variété de flux en termes d'individus, d'informations, d'idées, des capitaux, ct de biens et de services. Ainsi, la globalisation peut être conceptualisée comme un processus qui affaiblit les frontières nationales, intègre les économies nationales, les cultures, les technologies et la gouvernance, et produit des relations complexes d' interdépendance mutuelle (Clark, 2000; Dreher, Gaston, Martens, 2008). Dans ce contexte, l'appréhension de la globalisation de l'économie appelle plusieurs observation. En premier lieu, la mesure de la globalisation suggère deux types d'approches statistiques. D'une part, l'évidence statistique partielle actuelle de 1 ' internationalisation des économies est généralement axée autour de quatre facteurs principaux. Premièrement, l'expansion du commerce international. Ainsi, entre 1970 et 2004, les exportations mondiales ont augmenté annuellement de 5,5% en termes réels, et la part relative des exportations dans Je PIB a plus que doublé pour atteindre actuellement environ 25% - figure 4.1. Cette situation est due à des décisions unilatérales de certains pays (Chine et Inde) de promouvoir des stratégies d'exportations, au développement des négociations multilatérales dans le cadre du GA TT (OMC, à présent), et à la multiplication des accords régionaux. Entre 1984 et 2004, la part des exportations de biens et services dans le PIB des pays en développement est passée de 19,8 à 35,1 %. A cet égard, les avancées technologiques, l'importance des flux de capitaux et la croissance de la main-d'oeuvre qualifiée expliquent la proportion croissante de biens manufacturés exportés par les pays en développement- automobiles, avions, électroniques, etc. En même temps, le commerce des services s'est remarquablement développé, la part de ces derniers dans le PIB des pays en développement étant passée de 2 à 4,7% entre 1984 et Bien que 1 'Asie du sud ait joué un rôle important dans ce processus, la contribution de 1 'Asie de l'est et des pays d' Europe centrale a é~é significative. Deuxièmement, les migrations internationales sont une autre composante de la globalisation. En effet, la part des migrants (pays développés et en développement) dans les pays développés est passée de 4,4 à 11,4% de la population locale entre 1960 et 2005, compte tenu des facteurs d'attraction (différentiel de gains, manque de main-d' oeuvre qualifiée) et de répulsion (pauvreté). Troisièmement, 1' intégration des marchés financiers et des capitaux est une autre évidence. Par exemple, l' investissement direct étranger en direction des pays en développement, en général attractif pour ces derniers, est passé de 0,5 à 2,5% du PIB entre 1990 et 2004, et doit être mis en parallèle avec la progression des zones franches. Quatrièmement, les progrès technologiques en matière de communication (téléphone, Internet, etc.) et des transports (containers, gros porteurs, etc.) ont facilité les flux de biens, de capital et des individus. Par exemple, le coût d'une communication téléphonique de trois minutes de New York et Londres est passé de 250 à 3,3 dollars entre 1930 et D'autre part, l 'évidence statistique de la globalisation peut recourir à un indice synthétique. Par exemple, en 2002, Dreher (KOF Centre de recherches conjoncturelles de 1 'EPF Zurich), a introduit le KOF indice de globalisation, synthétisant ses dimensions économique, sociale et politique (Dreher, 2006). Cet indice peut être utilisé pour mesurer les changements de la globalisation pour un grand nombre de pays sur une longue période de temps. L' indice de 2012 est disponible pour 187 pays pour la période , et concerne 23 variables. Plus spécifiquement, les trois dimensions de l' indice KOF peuvent être définies selon les éléments L EÇON 1 : GLOBALISA T/ON DE LA RICHESSE ET DE LA PAUVRETÉ 15

20 UNIVERSITÉ MONTESQUIEU - BORDEAUX IV Export to GDP elasticity Export to GDP share (%) Elasticity ,... ~ Share ~ ~ ~ 1- ~ -~ Stmrres: \'ilorld Bank Ocvfiopment DJta I'IJtform {DDP) and mff cakulations. Note: Elasticiry is calcula red as the perct:nt cl1ange in real expom rebtive 10 the percent change in real GOP. 'Ille export sim~ is çalcul.lted in nominal dollu ternis. Data are smooth~d using fivc-year moving ~wc rages. Figure 4.1 : L'expansion du commerce international ~ ~ ~----~ Figure 5.1 a : KOF Index of Globalization Ecooomic Globalizalion Social Globalization Polilical Globalization Indice KOF de globalisation mondiale 2012 suivants 20 ( i) La globa/isation éc on o miqu e, caractérisée par des flux de longue distance en termes de biens, services, capitaux, informations et perceptions. A cet égard, deux composantes caractérisent la globalisation économique : (a) les flux actuels, habituellement pris en compte pour mesurer la globalisation commerce de biens et services (somme des importations et des exportations d'un pays), investissements directs étrangers, portefeuille d' investissements (somme des actifs et des engagements, normalisés par le PIB), revenus des facteurs ; (b) les restrictions à l'égard du commerce et des capitaux : protection non tarifaire, droits de douane moyens, taxes sur le commerce international (divisées par le revenu courant), et indice du contrôle des capitaux. n est à noter que ces variables ont une logique. Par exemple, pour un niveau de commerce donné, plus un pays a des revenus élevés inhérents à la protection tarifaire, moins le pays est globalisé. 20 hup://golbalization.kof.ethz.ch. 16 E CONOMIE : PROBLÈMES ÉCONOMIQUES CONTEMPORAINS

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