La prédation économique. le capitalisme dépendant au Maroc. Ce dossier a été préparé par le comité de rédaction de taharaouriates*

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1 ANNËE N Dans ce numéro : L économie politique de la prédation 3 La prédation économique La prédation au Maroc :une vieille histoire? La prédation locale 11 Le Maroc : une illustration des politiques de recolonisation et de la prédation internationale 7 15 & le capitalisme dépendant au Maroc Les entreprises marocaines entre la prédation et les perspectives d émancipations économiques 20 La pensée émancipatrice d Aziz Belal face au néocolonialisme dans le Maroc contemporain - Partie 1 25 La pensée émancipatrice d Aziz Belal face au néocolonialisme dans le Maroc contemporain - Partie 2 31 Sortir du Makhzen économique et politique ou sortir du capitalisme? Une crise du troisième type Ce dossier a été préparé par le comité de rédaction de taharaouriates* Visitez le site de la revue Taharouriyates : * «Emancipations» en arabe.

2 Emancipations marocaines Page 2 Préambule Le cœur des réflexions qui parcourent le dossier repose sur une approche critique de la notion de prédation. Cette dernière est analysée comme un rapport social accompagnant l exploitation et constituant un mécanisme essentiel de transfert des richesses et d accaparement des ressources. La prédation est partie intégrante des mécanismes de reproduction du capital et de la logique du profit (voir l article «l économie politique de la prédation»). Dans le cas du Maroc, nous avons tenu à montrer qu elle a des racines historiques liées aux formes mêmes de constitution du pouvoir central et de sa base sociale, phénomène par ailleurs encouragé et amplifié par la colonisation (voir l article «la prédation au Maroc : une vieille histoire» ) et dans le contexte d aujourd hui, elle participe doublement à la consolidation de la base matérielle du capital local, de ses fractions dominantes (voir l article «la prédation locale» ) et, avec l intégration à la mondialisation capitaliste, au développement étendue de nouvelles formes de colonisation (Maroc : illustration des politiques de recolonisation et de la prédation internationale). L étude de cas de l entreprise des Grandes marbreries du Sud illustre certains mécanismes de prédation. Celle-ci passe par l expropriation des terres collectives, l accaparement des ressources matérielles du pays et l exploitation des ouvriers accompagnée d une destruction de leur «capital immatériel» de savoir-faire. Cette expérience montre également le potentiel des entreprises marocaines dans le cas d un scénario alternatif qui permettrait une émancipation économique. Nous vous proposons également un article qui traite de «la pensée d émancipation d Aziz Belal face au néocolonialisme» qui rappelle à juste titre que la critique économique n est pas une critique académique mais s intègre dans une perspective politique de lutte d émancipation. Nous avons également entamé une réflexion critique sur la notion de makhzen économique et politique pour ébaucher une approche qui aille au-delà de la critique de l économie de rente, de la corruption ou du simple «mariage du roi et des affaires» en partant, d une part, d une articulation nécessaire entre l exigence démocratique et sociale et, d autre part, de la nécessité d une transformation radicale du régime d accumulation lui-même ( «sortir du makhzen économique et politique ou sortir du capitalisme?» ). Enfin, nous mettons à la disposition des lecteurs, un article intéressant de Joshua qui appréhende la crise du capitalisme mondial dans sa forme et dynamique actuelle à partir d un éclairage historique ( «une crise de troisième type» ). Le comité de rédaction de taharaouriates (Emancipations)

3 Emancipations marocaines Page 3 L économie politique de la prédation Le terme de prédation est à la mode mais faiblement analysé. On pense souvent aux «marchés financiers» et aux exigences d hyper rentabilité des actionnaires. Cette vision mythique ignore les connections construites entre les différentes fractions du capital et la logique interne du système libéral qui tend à imposer une dérégulation généralisée et cherche à imposer quel que soit les secteurs d activité, une logique de surprofit. Parfois, la prédation est associée aux formes de concurrences déloyales permises par la proximité ou la détention du pouvoir et à l existence d une économie structurée par des monopoles de rente. Des positions de pouvoir constituent un «avantage comparatif» et un moyen de captation des ressources publiques. Cette «privatisation de l Etat» serait le signe distinctif d une économie politique de la prédation. Parfois le mot prend une connotation psychologique liée à une volonté d accumulation sans limite de la puissance, du prestige et de la richesse. La prédation serait liée à un univers de corruption institutionnalisée où les puissants qui ne doivent rendre compte à personne, considèrent leur pays comme une large propriété privé dont ils peuvent disposer à leur guise. Sans complètement rejeter des éléments de ces approches, notre analyse vise plutôt à relier la prédation économique à la logique interne du développement du capitalisme, même si ses formes concrètes ont évolué historiquement en fonction des rapports de force sociaux, et des particularités des classes dominantes/possédantes et des régimes politiques. Les études critiques accompagnant la montée du néo libéralisme ont abouti à une analyse différente de la conception marxiste classique qui liait la genèse du capitalisme à un processus historique d accumulation primitive (créant les conditions sociales et matérielles d une généralisation de la production marchande et du capital comme rapport social dominant), processus où la dépossession des terres communales par le «système des enclosures» et la constitution d une force de travail libre, s est faite «dans la violence, la boue et les larmes». Le capitalisme est né dans les entrailles d une prédation des ressources, des terres et d accaparement de la force de travail qui a accompagné le mouvement d appropriation privé et d extension de la production marchande. Reste que cette particularité ne constitue pas une phase historique mais un de ressorts de la reproduction sociale et économique du capital au cours de ses différentes phases de développement. Rosa Luxemburg avait saisi cette tendance immanente du capitalisme à intégrer par la dépossession et la force tous les espaces qui lui échappaient. La colonisation n est-elle pas d ailleurs la conquête prédatrice d espaces territoriaux et sociaux dans une course effrénée aux débouchés et matières premières?. Marx notait déjà que : «Le régime colonial donna un grand essor à la navigation et au commerce. Il enfanta les sociétés mercantiles, dotées par les gouvernements de monopoles et de privilèges

4 Page 4 Emancipations marocaines et servant de puissants leviers à la concentration des capitaux. Il assurait des débouchés aux manufactures naissantes, dont la facilité d accumulation redoubla, grâce au monopole du marché colonial. Les TRESORS directement extorqués hors de l Europe par le travail forcé des indigènes réduits en esclavage, par la concussion, le pillage et le meurtre, refluaient à la mère patrie pour y fonctionner comme CAPITAL.» Mais loin d être une simple séquence historique, «le péché originel du pillage pur et simple qui, des siècles auparavant, avait permis l accumulation originelle du capital, et amorcé toute l accumulation à venir, allait finalement devoir se répéter si l on ne voulait pas voir soudain mourir le moteur de l accumulation» ( H.Arendt ). Plus près de nous, la dynamique générale du capitalisme ( néo libéral ) repose d une manière centrale sur l extension géographique des espaces soumis à la valorisation du capital ( en particulier depuis la réintégration des pays de l est et de la chine dans le marché mondial ) mais aussi par un processus de marchandisation généralisé de l ensemble des droits communs et des activités sociales et humaines. David Harvey note que «la vie quotidienne a été totalement ouverte à la circulation du capital». «Presque tout ce que nous mangeons et buvons, ce que nous portons et utilisons, regardons et apprenons, nous arrive sous la forme de marchandises». Cette dynamique repose sur un phénomène élargie de prédation que certains auteurs préfèrent qualifier d accumulation par dépossession ( ou par expropriation ) et qui apparait à la fois comme un moyen de surmonter les limites internes du régime d accumulation en terme de rentabilité et de débouchés mais aussi un processus de restauration du «capitalisme pur», c est à dire débarrassé de tout ce qui entrave au niveau social, économique, culturel et juridique la dictature généralisée du profit. En particulier, les compromis et conquêtes imposés par l histoire des luttes sociales, ouvrières et démocratiques. Elle témoigne de la forme actuelle de l impérialisme qui adossée aux logiques libérales et militaristes, a inauguré un nouveau mouvement d appropriation globale par le biais des privatisations, des politiques d ajustement structurel et de la gestion de la dette permettant aux grandes puissances et multinationales de prélever un tribut sur le reste du monde. Faut-il rappeler que la crise de la dette en Amérique latine dans les années 80 a abouti à ce que des économies entières furent pillées et leurs actifs récupérées par les institutions financières américaines? Ou qu il y a une perte annuelle équivalente à 150 milliard de dollars de l état irakien suite à son occupation transférée quasi gratuitement? Michel Husson note, même si les chiffres sont anciens, «qu en 1998, les pays de la périphérie ont transféré 685 milliards de dollars vers ceux du centre. 316 milliards correspondent au service de la dette, 216 aux capitaux spéculatifs à court terme, 131 aux pertes liés à la dégradation des termes de l échange.cette ponction équivaut à 11% du PIB des pays du sud «. Concernant l impérialisme dominant, il note «qu il n est pas exportateur de capitaux et sa suprématie repose aux contraire sur sa capacité à drainer un flux permanent de capitaux venant financer son accumulation et reproduire les bases technologiques de sa domination. Il s agit donc d un impérialisme prédateur, plutôt que parasite». Le phénomène ne concerne pas que les pays du sud ou les rapports entre les pays du centre et de la périphérie. Le «scandale d ENRON» témoigne de la logique mondiale de la prédation tout comme l expropriation de centaines de milliers de familles de leur logement suite aux

5 Emancipations marocaines Page 5 crédits hypothécaires après la crise de 2008 aux USA. Les politiques d austérité mises en œuvre avec une violence sociale inouïe dans certains pays européens, aboutissant à une chute brutale du niveau de vie et une explosion du chômage, constituent en réalité une forme de prédation organisée ou de transfert brutal de la part de la richesse produite qui revenait aux classes populaires. Tout ce qui relève des droits communs comme l eau, l air, l éducation, la culture, la santé, les droits collectifs, les services publics sont transférés ou délégués au privé. La ville et les conditions d habitation sont eux même sous l emprise des promoteurs immobiliers, tout comme les espaces naturels. Les semences et biens alimentaires et l agriculture familiale sont l objet d une guerre insidieuse où la spéculation se moule aux exigences de l agrobusiness. Il y a une forme moderne de «l enclosure des terres communales» qui s empare de la «toile de vie» où tout ce qui échappait à un degré ou un autre aux rapports marchands est soumis, intégré à la logique du profit et de la marchandisation. Cet envahissement prend la forme concrète de la dépossession et de la prédation qui ne sont eux-mêmes que la forme d accaparement des actifs et des ressources.. Elles impliquent des recolonisations globales adossés ou non à des opérations militaires ou/et à des thérapies de choc impliquant des régressions sociales majeures. Cette logique traverse toute la planète. Dans l ensemble de ce processus globalisé, les pouvoirs d état et les classes dominantes du sud sont des agents actifs et prennent leur part de butin. Ils sont des associés dans l économie politique de la prédation générée par la mondialisation capitaliste même quand ils occupent une position subordonnée dans le marché et l économie mondiale. Adossés à des états autoritaires, elles se constituent en véritables maffias prédatrices combinant à l extrême le despotisme d usine et la surexploitation structurelle du monde du travail à des rapports sociaux et politiques patrimoniaux qui reproduisent des logiques de soumissions et de servitude à tous les niveaux, avec ou sans «façades démocratiques». L état est pour partie leur propriété privé et la forme directe d organisation de leurs intérêts immédiats, le tremplin de leur stratégie d accumulation, en plus d être le monopole de la violence organisée à leur service. Dans cette configuration, la prédation est à la fois le pillage systématique et organisé des ressources de l état mais aussi un moyen d extension et de consolidation de la grande propriété privée. Et les butins de ces prédations se «réfugient et aboutissent toujours dans les centres financiers et monétaires du capitalisme mondial permettant ainsi à ce processus de se «blanchir» et de «normaliser». Nous y reviendrons à travers l exemple du Maroc. La prédation n est donc pas seulement un comportement ou une dérive mais une logique intrinsèque du processus d accumulation et le cœur de l alliance de classes au niveau international entre les différentes fractions de la bourgeoisie mondiale. Il y a des «chaines de prédation» comme une économie politique globale de la prédation. C est cette appréciation qui nous différencie de beaucoup d auteurs pour qui la prédation est lié à une forme particulière du pouvoir sans voir que celle repose aussi sur une forme particulière d accumulation du capital. Ou qui ramène l explication de la prédation à l existence d une corruption économique structurelle sans voir que celle-ci, outre le fait qu elle est un levier essentiel dans la reproduction de la base sociale clientéliste du pouvoir, est une forme d accès aux chaines de la

6 Page 6 Emancipations marocaines prédation. Car qu est-ce que la corruption si ce n est l achat du droit d accès aux marchés et à la captation des ressources et du droit à leur libre utilisation en toute impunité? Là où il y a prédation il y a corruption. Concernant le Maroc, nous tacherons d éclairer la forme et les mécanismes de la prédation à la fois dans ses dimensions internationales qu implique l insertion dépendante dans la mondialisation capitaliste mais aussi en éclairant sa dimension nationale à partir d une analyse du bloc des classes dominantes et des particularités historiques du système makhzen. Il s agit aussi de monter en quoi la prédation comme forme d accumulation du capital est un facteur matériel essentiel à la permanence du despotisme et un facteur d aggravation de la crise ou plus précisément un facteur qui annihile toute possibilité de sortir de la crise. Notre analyse a des conséquences politiques sur la manière de situer les objectifs d un combat d émancipation radicale qui va au-delà de la critique de l économie de rente et de la corruption. Chawki Lotfi

7 Emancipations marocaines Page 7 La prédation au Maroc : une vieille histoire? «Outre les maux de l époque actuelle, nous avons à supporter une longue série de maux héréditaires provenant de la végétation continue de modes de production dépassés avec à la suite des rapports politiques et sociaux à contretemps qu ils engendrent. Nous avons à souffrir non seulement de la part des vivants mais encore de la part des morts. Le mort saisit le vif» ( Marx ) Un des caractères historiques du makhzen de la période précoloniale repose une corrélation étroite entre la violence organisée, la collecte des impôts et l administration de territoires. Il s agissait en réalité d un «proto-état», d un appareil d état en construction orienté doublement vers le maintien d un ordre despotique impliquant une soumission et allégeance de tribus mais aussi un canal de centralisation de richesses prélevés par des impôts multiples. Ce «système stable (? ) de violence continue» (Waterbury ) impose un prélèvement fiscal lourd qui souvent n est possible que sous la pression militaire. Dès cet époque il n y pas à proprement parler de distinction entre le Trésor et la fortune du prince. Les évolutions au XIX éme siecle laisse entrevoir un double fonctionnement spécifique de ce mode de commandement : les harkas sont à la fois des expéditions punitives et le moyen d un racket imposé : «Le sultan arrive avec sa suite et son armée dans une région; à sa rencontre se portent le caïd et les cheikhs des tribus de la région. Ceux-là doivent présenter au Sultan la collecte de l impôt, mais aussi des cadeaux de bienvenue à lui et à sa suite, sans compter les frais de bouche dus à son séjour, qui dure en général plusieurs mois. La force armée impériale se déchaîne presque en une sorte de bande de pilleurs, et au fur et à mesure que les années passent, les tribus créent le vide devant la troupe impériale lorsqu elle passe collecter l impôt, mais le caïd, lui, risque sa tête et doit se présenter face au sultan avec un présent, aussi maigre soit-il (W. Harris, Morocco That Was). Plus précisément, les richesses collectées servent à financer et reproduire les expéditions armées. Cette finalité non productive a pourtant un objectif précis. La force armée impériale n intervient pas seulement pour (r)établir l autorité du sultan, mais aussi pour soumettre et appauvrir. Faddul Ghirmit, un «vizir» du 19éme siècle répétait «qu on doit plumer le contribuable comme le poulet, si on le laisse s enrichir, il se rebelle». S agit- il d un Etat patrimonial en construction?, c est-à-dire un état «dans lequel le souverain possède tout et exige la soumission de tous : l armée et le symbole de sa puissance, son bras qui mène la guerre plus à l intérieur qu à l extérieur, les impôts sont des amendes extorquées aux commerçants, artisans, paysans, l administration sert avant tout à gérer les revenus de son trésor et de son domaine. Le terme «dawla» au sens étymologique, c est l appropriation exclusive du trésor par l utilisation de la force (Laroui ). La domination instaurée, variable dans ses formes et son étendue, cherche à éviter le développement de pouvoirs locaux autonomes qui pouvait menacer le pouvoir central en consolidation mais aussi à soumettre le droit coutumier qui régentait l organisation sociale des tribus. La fiscalité, comme les différentes formes de corvée dont la TOUIZA, le contrôle des zones de pâturage et de l eau, l appropriation des terres dénotent d une forme de prédation économique mais dont la finalité est politique : assurer le contrôle social sur la base de rapport de forces négociées et renouvelés.

8 Page 8 Emancipations marocaines Processus dans lequel l opposition droit makhzenien/droit coutumier étaient souvent tranchée par la force. Et en même temps, loin de se réduire à ce binôme coercition-prélèvement, le système makhzen jette les bases sociales de son pouvoir selon des modalités diverses et changeantes d alliances. Le monopole du commerce établi ainsi que les prélèvements opérés sur certaines filières ( notamment le sucre, l artisanat) imposent un rapprochement avec la caste des marchands et des familles du négoces selon une logique qui allait perdurer, sous des formes renouvelées, jusqu à nos jour : la cristallisation progressive d une bourgeoisie commerçante dépendant du pouvoir et se soumettant à lui pour reproduire son maintien aux affaires et qui bénéficie déjà, en échange de sa soumission, des privilèges spécifiques. En particulier le droit concédé par le sultan, droit réversible, à un monopole de commercialisation de certains produits : les peaux, le sucre, le kif déjà à cette époque, le coton, le blé La culture rentière remonte à loin. Ces mêmes commerçants pouvaient également bénéficier de terres notamment dans les régions fertiles. De même, que l usage des «terres makhzen» dont le sultan dispose et qu il peut constituer en terres qzibs, guich ou habis aux profit de ses collaborateurs et serviteurs (chorfas, oulamas, militaires, grands fonctionnaires ou ses représentants locaux ) inaugure bien avant le Maroc moderne la pratique de concessions de ressources matérielles comme moyen d allégeances. Ces couches sociales se sont enrichies grâce aux fonctions qu elles assumaient au sein du makhzen ou à son service et sous sa protection... Dès ce moment les besoins de légitimation, c est-à-dire la nécessité d avoir une base sociale d appui commande la pratique économique du makhzen. Ce qui marque c est que dès cette époque, même si le système est confronté à des limites et résistances diverses, «l administration des choses «et «le gouvernement des hommes «se confondent. Des formes de népotisme se développent. L accaparement des ressources ne vise pas tant l expansion économique ou l investissement qu à consolider des attributs de pouvoir et l entretien de l appareil de domination ainsi que l enrichissement rapide pour le sultanat, sa cour et ses alliés. Le propre de ce système est qu il ne repose pas tant sur l accroissement de productivité ou un développement rationnel de l activité économique et des forces productives mais sur un système complexe d appropriation et de prélèvements qui vise à une auto reproduction des segments de classes ou sociaux qui occupent des positions de pouvoir. D une certaine manière la construction d une rente politique et économique, même si les moyens ne sont pas stabilisés, ils le deviendront plus tard, fait partie du fonctionnement concret du makhzen de l époque et constitue le ciment commun de la construction de sa base sociale. On ne peut être que frappé de constater que même dans le Maroc d aujourd hui, la «fiscalité continue d être perçue non comme un instrument économique et financier mais comme un signe de soumission et d obéissance, comme une amende ou une expression de la domination politique» ( B ; Hibou ) La colonisation Le processus colonial entamé au 19éme siècle aboutit à une transformation profonde des structures sociales et économiques. Comme partout la colonisation aboutit à une réappropriation des ressources et à un pillage systématique. Plus de d hectares sont appropriés notamment dans les zones fertiles avec souvent un monopole d usage sur les ressources. Mais cet accaparement s accompagne aussi de la

9 Emancipations marocaines Page 9 consolidation/extension de la propriété foncières des caïds et relais locaux de l ordre colonial ( par exemple la fortune et les terres accumulés par el Glaoui ). Cela s est fait au détriment des droits coutumiers des tribus et des paysans. Ali Benhaddou note que «la qualité de grande famille bourgeoise s associe nécessairement à la propriété terrienne. Près de hectares que détenaient les familles chérifiennes, lettrées et commerçantes en 1968 leur étaient déjà acquise au début du XXéme siècle. En 1973, terres de colonisation privée ou officielle sont passées entre les mains des représentants de l Elite politique, bien placés au gouvernement. S ajoutent 7500 pachas, caids et cheikhs qui dés les années 30 avaient pris possession du quart des terres marocaines, soit hectares de cultures». il rajoute également que «le grandes fortunes du siècle, fondées sur la propriété terrienne, datent également de la spéculation sur les blés, c est-à-dire au moment de la grande famine : Durant ces années des terres furent cédées pour un seul sac de grain». On retrouve un processus comparable dans d autres secteurs d activité que ce soit dans les structures administratives du makhzen qui se superposent et se complètent avec celle de l état colonial ou dans les secteurs de négoces. Sur le plan social, les dynasties dominantes qui se sont formées ou renforcées au 19éme siècle traversent la période coloniale comme allié subordonnée de la prédation internationale ou comme auxiliaires du makhzen qui assurait, malgré les fluctuations politiques, le maintien de leurs positions dominantes. On les retrouve aujourd hui encore à la tête des grands appareils économiques, bureaucratiques et politiques. «Les Benjelloun étaient par exemple au service de l Etat depuis le règne de Moulay Hassan 1er. Les Bennouna avaient songé au lendemain de l intervention français en Algérie en 1830 à se tailler une principauté à Tlemcen. Les Bennis se rendirent célèbres à cause d un certain elmadani qui, ministre des finances en 1873, suscita l insurrection des tanneurs, pour avoir imposé la taxe au marché des peaux. Les Ben Slimane, les Tazi, les Benchekroun, les Bennani étaient les uns des vizirs, les autres chargés de l exploitation des domaines fonciers et accessoirement, de la gestion du trésor public. D autres, les Chraibi, les Benkirane, les Guessous, les Berrada occupèrent des postes importants dans le négoce, les finances, la diplomatie et dans l administration fiscale». On pourrait rallonger la liste. D une certaine manière l ordre colonial s est appuyé, quand il n a pas renforcé les forces sociales dominantes à partir d une double caractéristique : leur dépendance vis-à-vis des centres impérialistes et leur subordination au makhzen. Les noyaux du capitalisme marocain se constituent d emblée comme des filiales des grands groupes français tandis que le caidalisme inséré ou non dans l agriculture d exportation et la grande propriété foncière constitue la base sociale relais de la pénétration coloniale dans les profondeurs du pays. Quel que soit les conflits internes qui émergeront au sein du bloc dominant avec ses composantes locales et internationales, remettant en cause le protectorat, «L indépendance» maintiendra pour l essentiel les traits sociaux archaïques du makhzen et du capitalisme colonial. Le Maroc hérite de rapports sociaux où la violence sociale de l ordre colonial se combine à celle du makhzen qui a bénéficié de la construction d un appareil d état centralisé. Le capitalisme marocain se bâtit dans une profonde continuité avec les logiques d extraversion économique et d accumulation des richesses par la prédation tout en reproduisant les rapports de pouvoir propre au makhzen historique. Dans ce processus, le

10 Page 10 Emancipations marocaines despotisme politique des classes dominantes est le ciment qui permet le maintien et la reproduction élargie des alliances sociales permettant à une minorité de détenir à la fois le pouvoir politique et le pouvoir économique y compris en usant de la force absolue du pouvoir d Etat, y compris par des rackets, vendettas économiques qui rappellent les razzias d hier. Chawki Lotfi

11 Emancipations marocaines Page 11 La prédation locale Un des mécanismes essentiels de la prédation repose sur l usage des ressources et finances publiques à des fins d accumulation privé : au-delà du financement spécifique consacré aux dépenses royales (entretien des palais, frais de déplacement, pensions et salaires royaux ) dont le coût est exorbitant, ce qui est essentiel est l étendue du «transfert de valeur» et de moyens publics pour assoir une rente monopolistique. La prédation repose sur un usage patrimonial de l Etat et de l espace public considérés comme une propriété privé. L état n est pas seulement l appareil institutionnel, politique et matériel, d organisation des rapports de domination, il est le socle par lequel s organise l accumulation par la prédation. D une certaine manière, Mohamed 6 peut dire que «l Etat c est moi» et cet Etat est au cœur de la production et reproduction du processus d accumulation par la prédation. D une part, les ministères de souveraineté qui consacrent l absolutisme politique ont leurs correspondants économiques : le roi a le contrôle direct, stratégique sur les institutions publiques, financières et économiques. D autre part, les politiques publiques, au travers de la fiscalité, la règlementation économique, l octroi de prêts bancaires, la mise à disposition du foncier, l ouverture de marchés, les commandes publiques, participent pleinement à l expansion du capital royal privé. Mais ça va plus loin : la fonction même du secteur public au sens large est non seulement d assurer l accumulation privée de la famille régnante mais d assurer des taux de profits exceptionnels. Nous retiendrons deux exemples : la pratique généralisée de la surfacturation bien au-delà des prix de production et la sous facturation qui permet le racket légal et de comprimer les couts de production, auquel se combine un système de subventions taillés sur mesure.( cas par exemple de la COSUMAR ). Ou encore la fonction érigée comme norme de fonctionnement qui consiste à «socialiser les pertes» des entreprises royales. L usage de la CDG ou la manière dont été réparées les pertes financières suite à des investissements douteux au Club Med ou dans l OCP illustre ce dernier propos. La situation de monopole des canaux de financements (les sociétés de bourse et les établissements de crédits publics sont passés sous le contrôle des grands groupes privés et sont alimentés pour une large part par les banques françaises dont elles sont à un degré ou un autre des filiales) a consolidé la position du grand capital local dans sa fonction de relais et partenaire stratégique du capital étranger. Les opérations de privatisation et d'investissements ont été facilitées par les contacts directs entre les membres du cabinet royal et les investisseurs étrangers. Le processus de privatisation a permis l émergence de monopoles privés liés directement ou indirectement aux intérêts de la famille royale. L ONA/SNI en est la colonne vertébrale: représentant en 2000, près de 20 % du PIB du Maroc et 60 % de la capitalisation boursière. Ce mouvement s insère dans la libéralisation généralisée. Au-delà des aides financières et des investissements directs étrangers, les accords de libre-échange avec l UE ont influé sur la dynamique d accumulation du capital local en général et du capital royal en particulier. A plusieurs niveaux : en développant la libéralisation financière et partant les formes de spéculations boursière (Adoha), en ouvrant de nouveaux marchés taillés sur mesure aux exigences du capital international mais aussi local (de Tanger med au TGV), en ficelant des accords d exportation taillés là aussi sur mesure, au bénéfice de l agrobusiness

12 Page 12 Emancipations marocaines européen mais aussi des domaines royaux. Le secteur même de l éolien (Nareva) est contenu dans les accords types de l Union pour la méditerranée (UPM) dans son volet énergétique. Cette mise à niveau permet en réalité de drainer les flux financiers accordés dans le cadre des programme MEDA et autres fonds publics ou privés. La corruption, dans cette configuration, est bien plus qu un système organisé de passe droits. En réalité, elle est au cœur du fonctionnement du système de prédation. D une part, le pouvoir réglementaire et législatif étant directement lié à la monarchie exécutive, toute la législation économique et financière est façonnée en amont pour légaliser la prédation et le monopole économique des affaires du roi. C est en amont des décisions des processus d octroi des marchés publics, d organisation fiscale, de réaménagements fonciers, de réglementation boursière, de transaction monétaire, d octroi de crédits que la main visible du palais agit. Le processus de privatisation adossé à la monarchie exécutive a abouti à une capture totale de l Etat, ce qui est la forme la plus étendue de la corruption. Celle-ci n est pas seulement la conséquence de l absence d un Etat de droit dans les affaires (qui n existe nulle part), d une mauvaise gouvernance ou de l absence d une indépendance de la justice. Ni même la simple organisation politique du népotisme pour récompenser des soutiens, structurer des fidélités économiques et politiques. Elle est organique au régime d accumulation dominant et ses mécanismes prédateurs. Si nous avons insisté sur la monarchie, c est parce qu elle constitue la fraction hégémonique du grand capital local mais il ne s agit en aucun cas d occulter l existence d une «bourgeoisie makhzenienne», structurée comme bloc social et qui ne se réduit pas à la famille régnante. Constituée pour l essentiel des lignées familiales au service du makhzen depuis le 19éme siècle, voire même avant, elles ont depuis lors intégré les couches supérieures de la bureaucratie civile et militaire et de la bourgeoisie de marché. Elles constituent la base sociale d appui au pouvoir central et bénéficie également d un régime de faveur qui se traduit concrètement par un détournement des finances, des privilèges et passe droits, une exonération fiscale etc qui coutent des dizaines de milliards. Ainsi par exemple, la réduction des impôts sur les grandes entreprises et hauts revenus a entrainé depuis 2007 un manque à gagner de 30 milliards. (2% des sociétés paient 80 % de l impôt sur les sociétés).les vagues d exonération et d amnistie fiscale qui touchent tant les entreprises publiques que privées et en particulier dans le foncier et l immobilier ont généré une perte sèche de recettes de plus de 36 milliards. Cette politique économique dont on trouve la traduction dans les lois budgétaires successives mais aussi «les choix de développement» légalise la prédation et consacre aux grands possédants des privilèges spécifiques. Au-delà du capitalisme sauvage, une logique politique se combine à la logique de marché. Les prébendes de divers ordres sont octroyées par le régime et peuvent être relevés par lui aussi le cas échéant. Les droits à un statut donné ne sont jamais acquis. Ils dépendent du degré d allégeance et de fidélité. Par ailleurs les technocrates, chefs de groupes économiques privées doivent tout à la monarchie : leur statut d entrepreneur par héritage, par leur cooptation ou leur nomination unilatérale. Waterbury notait déjà que «les successeurs toutes générations confondus conservent l idée que la direction des entreprises publiques est concédée comme des prébendes et la confiance royale comme une invitation directe à l enrichissement». Ce fonctionnement spécifique

13 Emancipations marocaines Page 13 fait que l entreprise n est pas né d une vocation capitaliste mais du besoin d acquérir une rente de situation durable mais aussi la consolidation d un régime prédateur où des personnages visibles ou demeurés dans l ombre se sont emparés de toutes les richesses et dirigent l économie formelle comme informelle. 50% d activités économiques sont livrés aux spéculateurs, fraudeurs, réseaux parallèles et échappent à tout contrôle. Exp :-Les investissements de l immobilier représentent 33% du total des investissements directs étrangers, tous secteurs confondus. Les prix de l immobilier ont explosé sous l effet de la spéculation. Les cadres de l administration ou des entreprises privées arrivent à peine à acquérir un appartement minuscule destiné initialement à reloger les habitants des bidonvilles. Le groupe Addoha a édifié, en quelques années, une fortune gigantesque en vendant des boxes de 60 m2 à au prix de 400 euros/m2!. En 2008, le gouvernement a décidé, dans une convention avec la Fédération Nationale des Promoteurs Immobiliers, la mobilisation d une réserve foncière publique de hectares sur la période , notamment par l ouverture de nouvelles zones à l urbanisation. -On doit également prendre en compte le phénomène particulier de l évasion des capitaux : les milliardaires placent leur argent dans les banques suisses ou ailleurs. Selon la banque africaine de développement il y aurait eu un transfert de 431 milliard de dirham entre 2000 et 2009 et plus de 220 milliards de dh pour la seule année 2011! -Rajoutons le poids spécifique des budgets improductifs. Ainsi par exemple le cout de l intervention dans le Sahara occidental et en particulier de l entretien de l armée représente 5,1% du PIB alors que la moyenne mondiale est de 1,9%. On doit également souligner le poids du secteur informel en particulier dans les marchés de la contrebande et de la drogue qui bénéficient de la complicité des hauts sommets de l Etat. A titre d exemple, les recettes des trafics de drogue qui se chiffrent en milliards de dollars, jouent un rôle important dans l accumulation des richesses du Maroc et continueront à doper partiellement le marché immobilier et de la construction. On pourrait multiplier les exemples mais ce qui ressort est le fait suivant : la structure historique parasitaire du makhzen qui a toujours privilégié les investissements improductifs et la captation des ressources, y compris par le monopole de la violence organisée, a fusionné avec la logique de prédation

14 Page 14 Emancipations marocaines spécifique du néo-libéralisme généralisée. Il y a un lien très étroit entre despotisme, situation de dépendance, prédation et politiques de paupérisation. Prenons un seul exemple au milieu de dizaines d autres : Imider où le pompage effréné de la nappe phréatique et des ressources d eau, par une compagnie bien connue, spécialisée dans l extraction des mines d argent de fer, fortement connectée au marché mondial, ramène un village entier à l âge des cavernes, tout en le soumettant à une répression incessante.. Mohamed 6 et la caste des dirigeants actuels font partie de cette génération du «consensus de Washington» comme le clan des héritiers de Assad, Trabelsi, ou Khadafi où la spoliation légale et illégale et l accaparement des richesses est la finalité même du pouvoir. A cette différence relative que le roi est un capitaliste particulier : il dispose directement du monopole de la violence organisé de l Etat, et des institutions pour assoir sa domination et prédation économique. Chawki Lotfi

15 Emancipations marocaines Page 15 Le Maroc : une illustration des politiques de recolonisation et de la prédation internationale L économie marocaine est fortement dépendante du marché mondial et reste façonnée par la globalisation capitaliste. A partir de 2007, le Maroc a bénéficié du nouvel Instrument Européen de Voisinage et de Partenariat (IEVP) servant essentiellement à la rénovation des équipements hydrauliques, à la construction de tronçon d autoroutes et l extension du réseau routier, pour le démarrage du chantier du deuxième port à Tanger, à la réforme de l administration publique. Les politiques publiques d investissement sont devenus largement tributaires des mécanismes de financement européens et ces mêmes projets, dans le cadre de contrats publics-privé ; visent essentiellement à renforcer ou créer les infrastructures nécessaires au développement des capitaux étrangers et à la circulation des marchandises. Il faut rappeler que l UE (mais aussi la BM et le FMI) ou encore les multinationales interviennent dans toutes les phases du processus : en amont pour évaluer la situation économique du pays et formuler les recommandations en aval, pour accompagner techniquement les processus de cession, évaluer les entreprises privatisables par les cabinets d experts internationaux, le suivi des opérations et parfois pour se porter acheteur. Il s agit aussi à partir de projets ciblés d assurer la promotion des investissements privés : octroi d aide aux promoteurs immobiliers pour l acquisition de terrains dans des zones touristiques, création et réhabilitation de parcs industriels et plus largement soutien à ce qui est décrit, par les experts, comme étant les «métiers mondiaux» du Maroc. En réalité, il s agit de la sous-traitance dans les filières automobiles, électroniques, aéronautiques, dans le tourisme, l agro-industrie et dans les technologies d information et de communication. Exemples : le Plan Azur vise à développer des stations balnéaires et une capacité hôtelière avec l objectif d atteindre le chiffre de 10 millions de touristes par an. Le plan Emergence vise à mettre en œuvre des Plateformes industrielles intégrées où les aides publiques et fonds européens visent à massifier les investissements pour créer des pôles de compétitivité. L exemple de Tanger Med : implanté à 14 km des côtes européennes, il s agit de réaliser une plateforme régionale de conteneur, un pont maritime efficient entre le Maroc et l Europe, plaque tournante des échanges adossé à une zone de développement industriel et commercial étendue sur un millier d hectares. L exemple de la Plateforme de l OCP à jorf lafsar : à partir d un «partenariat» il s agit de constituer une plateforme de chimie qui permettra à des capitaux étrangers d avoir leurs propres unités de production et de produire sur place pour le marché international à partir d un ensemble de services intégrés que fournira l OCP : infrastructure industrielle et portuaire, mutualisation des services, gestion intégré de l eau, de l énergie et de l environnement et accès du phosphate à un coût compétitif, le tout accompagné d une technopole. L'impact majeur de la libéralisation est la mise en concurrence directe et généralisée d économies à productivité différente avec pour conséquence, l'effondrement prévisible de pans entiers du système productif composé à 90 % de petites et moyennes d'entreprises, des secteurs tournés vers le marché intérieur ou qui bénéficiaient traditionnellement de protections douanières..les secteurs traditionnels de

16 Page 16 Emancipations marocaines produits primaires ou semi transformés, (et pour le cas du Maroc, le textile, l'agro-industrie, la pêche où se concentrent une part notable des exportations), soumis à une concurrence aiguë entre les pays du Sud eux-mêmes, ne constituent plus des créneaux porteurs dans la " nouvelle économie mondialisée. Il n y a pas à proprement parler de secteurs qui peuvent servir de levier de la croissance ou capable d'avoir un effet d'entraînement, ni même la possibilité de reconversion majeure ou de réorientation des investissements dans de nouveaux secteurs de production. Cette combinaison entre, d'une part, l'absence de spécialisations exportatrices à forte valeur ajoutée, insérées dans les «marchés émergents» et compétitives et d'autre part, l'atonie des secteurs œuvrant pour le marché intérieur et exposés directement à l'ouverture, constitue la caractéristique principale du tissu économique.. L'abolition des contraintes douanières à l'importation rend extrêmement difficile les possibilités pour l'industrie locale de s'ouvrir à de nouveaux secteurs de production et de recherche et entraîne la destruction d'un nombre important d'emplois dans le secteur d'industries de transformation qui demeurent peu concurrentielles et qui n'ont pas les moyens de le devenir. L'exemple du textile : Ce secteur qui regroupait à la fin des années 90 plus de 1500 entreprises, 36% du chiffre d'affaire à l exportation, 38%des salariés de l'industrie, 16% de la production manufacturière en est l illustration. La dépendance en amont du secteur du textile au Maroc pour les matières premières (coton) et en aval pour l'accès au marché européen (50% des exportations sont composées de sous-traitance), l'absence d'une filière intégrée et de réseaux de distribution propres, son extériorité par rapport aux mutations technologiques de pointe, la faible qualification de la main-d'œuvre employée, la place prise par la Turquie et le continent asiatique dans le marché européen et local ne lui permettent plus de préserver ses parts de marché. L'argument de la proximité ou du coût du travail ne suffisent plus. Ce sont les différences de productivité et de maîtrise des circuits de distribution et des délais de fabrication qui sont décisives. Par ailleurs, la croissance continue des produits de substitution (fibres synthétiques) qui échappent totalement aux pays du Sud relativise les métiers traditionnels de la confection. La déréglementation des accords multifibres a aiguisé la concurrence entre les pays du Sud occupant les mêmes créneaux et catégories de produits. Le patronat revendique une dévaluation et un abaissement des charges sociales et du coût du travail pour retrouver "des marges de compétitivité". Reste que de telles mesures appliquées par les pays tiers entraînent une dégradation généralisée des conditions de travail sans engranger pour autant des " atouts concurrentiels ". La pénétration des produits turcs suite à la signature des accords de libre-échange avec ce pays en est l illustration. Le risque d'éviction est réel. Ce phénomène est déjà à l œuvre puisque ce secteur a connu des milliers de licenciements cette dernière décennie et que emplois ont été supprimés pour la seule année 2008!Les exportations ont baissé en 2008 et 2009 de 10%. Les pertes d emploi dans le secteur du textile ont été estimées par la Caisse Nationale de Sécurité Sociale à postes entre janvier et mars 2009 par rapport à la même période de l année précédente. Cette tendance s est confirmée depuis. Dans les campagnes, les réformes libérales liées à l application des accords déstabilisent l ensemble des rapports sociaux. La terre et l eau deviennent de simples marchandises. Les droits collectifs liés à l usage, les formes restantes de propriété collective sont laminées. Les souks qui étaient un lieu de

17 Emancipations marocaines Page 17 commercialisation des produits de la petite paysannerie sont en voie de disparition au profit de l aménagement de véritables marchés payants. Si depuis longtemps la politique du pouvoir a été de favoriser les grands propriétaires fonciers en leur accordant des aides préférentielles, des terres agricoles implantées en zone irrigués et une politique de barrage liés à la promotion de l agriculture d exportation, un nouveau cap est franchi. Parmi les principales dispositions des accords : -ouverture totale des marchés agricoles, levée des protections douanières et des subventions qui protègent certaines productions locale de première nécessité (farine, sucre) et liberté de prix. Cette ouverture est vue comme progressive quitte à ce que certains produits restent exclus pour une période transitoire et à titre exceptionnel -Principe de réciprocité impliquant une remise en cause des accords préférentiels alors que l Europe continue à subventionner massivement sa production agricole -Arrêt de toute forme de subvention : suppression de la caisse de compensation qui permettait de réguler le prix de denrée de base (pain, huile, sucre, lait ), réduction des subventions pour les semences, engrais, délégation au privé de certains services (contrôle vétérinaire, commercialisation, encadrement), remise en cause de l exonération des impôts. -démantèlement des entreprises publiques (cas de la SODEA et SOGETA) qui gèrent les terres de la colonisation récupéré en 1973, réforme des statuts fonciers pour permettre l arrivée de capitaux privés étrangers, sous forme d achat ou de gestion déléguée. - réduction drastique de la superficie céréalière avec un rythme de reconversion prévu de ha /an. «La sécurité alimentaire ne peut plus servir de référence ou le point d ancrage d une politique agricole,» (dixit extrait du schéma d aménagement du territoire), Ces évolutions impliquent une concentration des crédits, des équipements et du monopole de l'irrigation et de la terre aggravant la dualité entre un secteur d'exportation et un secteur vivrier ou faiblement marchand. Les méthodes d exploitation adoptées par l agrobusiness risquent d épuiser la nappe phréatique. Dans le Souss, l eau qui était puisée à 30 ou 50 mètres il y a quelques années, doit maintenant être cherchée à 200 ou 300 mètres et cela pour des produits qui ne sont pas consommés localement (framboises et brocolis!). L Impact écologique est réel : extension de la déforestation et de la salinisation des nappes phréatiques et des sols (5,5 millions d hectares sont concernés soit 60% de la surface agricole utile). Sans compter la prédation de l eau comme ressource naturelle: petit village de. Ainsi, le droit à la vie de toute une communauté villageoise (Ben S min dans le moyen atlas, à deux pas du palais royal d ifrane) est mis en péril par la privatisation de l eau dans sa forme la plus brutale : la confiscation de l eau d une source par l entreprise française Castel pour la mettre en bouteilles. Cette désarticulation est source d'une dépendance alimentaire croissante : Le Maroc importe plus de la moitié de son blé tendre et la quasi-totalité du maïs et des huiles végétales et n assure que 45% des besoins en sucre. Alors que le sous-emploi est structurel, seuls 37% des ruraux ont accès à l eau potable, 13% à l électricité, 54% de localités ne sont accessibles ni par route, ni par piste, 10% de femmes sont alphabétisées, 79% accouchent sans assistance médicale et 2/3 de leur temps d activité est consacré à la

18 Page 18 Emancipations marocaines recherche d eau et de combustible. Sans parler de l absence totale de toute forme de protection sociale. Le résultat est une intensification de l exode rurale de chaque année (et bien plus en période de sécheresse). Tout cela au bénéfice des grandes sociétés transnationales de l agro-industrie et de la distribution qui ont leur siège à Vienne, Amsterdam, Paris ou en Espagne et qui louent et achètent des terres dans le monde entier et des grands propriétaires fonciers dont la famille royale est le plus important. Il n est pas lieu ici de revenir sur les politiques de privatisation mené depuis les années 90. En 2000, près de 400 multinationales étaient présentes dans les secteurs les plus divers. 750 sociétés industrielles sur 1200 sont contrôlés par ces firmes dont plus la moitié sont françaises avec un poids significatif (35 % de la production industrielle, emplois pour un chiffre d'affaire de 60 milliards de Dh). Ce mouvement s est amplifié depuis, avec la présence de toutes les entreprises du CAC 40, mais si la France est le premier investisseur au Maroc, ce dernier n arrive qu au 20éme rang des destinataires des IDE français! Les investissements espagnols, en augmentation (avant la crise) représentent 15% des IDE au Maroc et 500 entreprises ibériques y sont implantées. Notons que Le boom des investissements étrangers est lié pour l'essentiel à des opérations de portefeuilles et d'acquisition liées à la privatisation, à de concessions d'actifs particulièrement avantageuses ou des gros contrats (en octobre 2007 lors de venue de Sarkozy dix accord de «coopération «ont été signées représentant 1,8 milliards de dollars). Ce mouvement s est toutefois ralenti depuis 2009/2010. La privatisation a permis un accaparement des ressources et des actifs à des conditions avantageuses assurant des marges de profit considérables qui servent à l expansion de la maison mère. L exemple des conditions de cession de Maroc télécom ou la politique de Véolia, Amendis sont à l image même des règles tacites du capitalisme global : faire le maximum de surprofit au détriment des besoins élémentaires des populations. Les filiales des multinationales réalisent des «retours sur investissements» qui sont parmi les plus lucratives du groupe. Sans compter que le code actuel des investissements autorise le rapatriement des bénéfices nets des multinationales, ce qui équivaut à plusieurs milliards annuels. A titre d exemple, les bénéfices de Vivendi, jusqu à peu principal actionnaire de Maroc Telecom a permis le redressement du groupe mis à mal en France par la colossale dette laissée par jean marie Messier en Cela est également vrai pour la période récente marquée par la crise de 2008 Loin de sortir l économie marocaine du sous-développement, les investissements étrangers s orientent sur des créneaux spécifiques qui s intègrent à la stratégie mondiale des multinationales et dont la finalité n est ni la création d emplois ou le développement intégré du système productif local. Il s agit en réalité d une recolonisation marchande et directe visant à générer des flux de surprofit que permettent les conditions de surexploitation et de mainmise sur les ressources locales. -C est une dépendance qui reproduit et aggrave le développement inégal des territoires : il y a une concentration des zones d investissements publics et privés dans certains espaces (l axe casa kenitra/les zones franches autour de Tanger Med/ l agriculture d exportation en particulier dans le Souss) au détriment du reste du pays. Il faut rappeler que l axe Kénitra -Casablanca représente l essentiel des installations industrielles et les 3/4 des emplois dans ce secteur, la seule région urbaine de Casablanca attire la moitié des investissements. L autre facette de ce «développement» est la marginalisation de régions entières et des populations qui y vivent.

19 Emancipations marocaines Page 19 A son tour la montée de la dette globale (intérieure et extérieure) qui a atteint 583 milliards de DH dont celle de l administration centrale qui représente désormais 56,8 du PIB génèrent le recours à des emprunts extérieurs comme récemment le prêt du FMI. Ces prêts sont conditionnés à la mise en œuvre d un certaines nombres de «reformes (augmentation de la TVA, réduction des budgets publics, démantèlement de la caisse de compensation, révision du régime des retraites, libéralisation accrue ).La contrainte imposée par le FMI de ramener le déficit budgétaire à 4,8% en 2013 contre 7,1% signifie un transfert accru des ressources publiques au privé sous une forme ou une autre. Les classes populaires sont dépossédées du droit de disposer d une part de la richesse qu ils ont produite au seul profit du grand capital local et étranger. Chawki Lotfi

20 Page 20 Emancipations marocaines Les entreprises marocaines entre la prédation et les perspectives d émancipation économique : le cas des Grandes marbreries du Sud La trajectoire de la société «Grandes Marbreries du Sud» (GMS) est un cas emblématique de la prédation structurée que connait l économie marocaine. Elle met en évidence l intervention directe du makhzen, représenté par le ministère de l intérieur, dans l économie marocaine, et ce au service des intérêts des plus hauts responsables du pays. Cet exemple illustre bien certains aspects de la prédation économique : on y trouve l expropriation des terres collectives, l accaparement des ressources matérielles du pays et l exploitation des ouvriers accompagnée d une destruction de leur «capital immatériel» de savoir-faire. Cette prédation s effectue sans la réalisation d une accumulation technique à même de développer la productivité de l entreprise. Ce cas montre aussi les procédés qu utilisent les cadres du makhzen pour la maximisation des bénéfices en contournant les lois en vigueur (on peut appeler cette expertise développée par ces cadres d «ingénierie de la magouille»). Si on se projette dans un scénario alternatif, cette expérience montre le potentiel des unités de production nationales et les perspectives d une émancipation économique. Le ministère de l intérieur crée une société pour fournir en marbre la mosquée Hassan II : Depuis les années 80, le ministère de l intérieur est devenu l appareil organisationnel auquel ont recours les plus hauts responsables du pays à chaque fois qu il s agit de mener un projet stratégique. Ses domaines d intervention varient entre la surveillance des citoyens et la collecte d informations les concernant, la réalisation de grands édifices comme la mosquée Hassan II ou encore la gestion de l agence urbaine de la métropole casablancaise après la révolte de Durant le règne de Driss Basri et de ses successeurs, y compris l actuel conseiller de Mohammed 6 Fouad Ali El Himma, le ministère de l intérieur a accumulé une expertise en termes de collecte et d analyse de données. Pour ce faire, le ministère s est basé sur un système dual qui allie un réseau traditionnel composé, entre autres, de moquadems, de Choyoukhs et de Quoyades qui sont fins connaisseurs de la réalité et des contraintes du terrain, avec des systèmes d information modernes importés de l étranger. Ce savoir-faire sécuritaire, traditionnel et technologique, est déployé par le ministère de l intérieur pour mener des initiatives à caractère politiques (l ingénierie des élections et les techniques de découpage qui permettent de contrôler la sphère parlementaire tout en préservant une certaine façade démocratique), d assurer des projets économico-financiers (La collecte de fonds même auprès des entreprises du secteur informel pour la construction de la mosquée Hassan II et la création d une entreprise qui le fournit en

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