CROISSANCE NULLE ET INFLATION FAIBLE EN FRANCE SEPTEMBRE 2014

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1 CROISSANCE NULLE ET INFLATION FAIBLE EN FRANCE SEPTEMBRE 2014

2 CROISSANCE PIB Consommation des ménages 102 début 2008 = Investissements des entreprises non financières Source : Insee

3 Le PIB français a stagné au premier puis au deuxième trimestre 2014, pénalisé par l atonie de la demande intérieure. Il est également stable sur un an et dépasse à peine son niveau moyen de La consommation des ménages s est raffermie de 0,5 % au printemps, effaçant le recul intervenu en début d année lié au relèvement du taux de TVA. Elle a également été tirée par le rebond des achats de produits énergétiques à l issue d une baisse spectaculaire. Les investissements réalisés par l ensemble des secteurs de l économie sont mal orientés. Ceux des entreprises, qui avaient engagé une légère remontée courant 2013, affichent en effet un repli de 0,8 % au deuxième trimestre, retombant sur leur creux du début 2013.

4 CLIMAT DES AFFAIRES Principaux secteurs Industrie manufacturière Industrie manufacturière Indicateur synthétique soldes d opinion Perspectives personnelles de production 100 moyennes de long terme Bâtiment 5 moyenne de long terme Services Source : Insee

5 La stagnation de l activité observée au cours des derniers trimestres ne devrait hélas pas être suivie d une amélioration. L indice du climat des affaires, mesuré par l Insee, a en effet rechuté en août 2014 dans tous les secteurs. La hausse relevée en juillet ne s est guère confirmée le mois suivant dans les services, tandis que la situation devient inquiétante dans le bâtiment. Dans le secteur industriel, l indice fléchit depuis le printemps dernier, époque où il avait retrouvé sa moyenne des dernières décennies. Ce résultat s explique par la vive dégradation des perspectives de production des chefs d entreprise à l horizon de ces prochains mois.

6 INFLATION Principaux indices de prix à la consommation variation sur un an en % Indice général Inflation sous-jacente Source : Insee

7 La faiblesse de l activité favorise la désinflation. Le glissement sur douze mois des prix à la consommation est revenu à 0,5 % en juillet 2014 en regard d un rythme compris entre 2 et 2,5 % entre la mi-2011 et la mi Pour mémoire, celui-ci était tombé exceptionnellement en territoire négatif il y a cinq ans, à la suite du retournement à la baisse des cours des matières premières. L inflation sous-jacente, calculée sur un peu plus de 60 % des biens et services consommés par les ménages et excluant les tarifs publics et les produits volatils, devient marginale. A 0,1 %, elle affiche la hausse la plus faible jamais observée par le passé.

8 INFLATION 20 Évolutions sectorielles variation sur un an en % Énergie (8,5 % du total) Services (46,4 %) Alimentation (16,5 %) Produits manufacturés (26,5 %) Source : Insee

9 L évolution des prix de l énergie, très erratique lors d un retournement conjoncturel, est désormais de faible ampleur. Elle s inscrit même autour de zéro depuis le printemps de l an passé. De son côté, la hausse des tarifs de l alimentation n a cessé de se modérer depuis le début 2012, laissant place à une baisse à partir du début Ce mouvement s explique par la chute de plus de 10 % des prix des produits frais, alors que ceux du reste de l alimentation fléchissent légèrement. Dans le même temps, les prix des produits manufacturés accentuent leur repli en raison de la diminution observée pour les produits de santé mais également pour le textile. Dans le secteur des services, la situation est fort différente puisque les prix augmentent à une cadence proche de 2 % depuis le début de l année. Ce rythme est toutefois inférieur à celui qui était observé jusqu en 2008, époque où il s inscrivait vers 2,5 %.

10 MONDE MARCHÉS MONDIAUX Cours du pétrole Cours de l euro 116 dollars = $ Cours du Brent J F M A M J J A S O 1.28 J F M A M J J A S O Source : Thomson Reuters Datastream

11 MONDE Malgré l'accentuation des tensions géopolitiques, les cours du Brent, qui oscillaient autour de 110 dollars par baril jusqu en juin, sont tombés à 100 dollars à la mi-août. Ils varient peu depuis lors. Ce mouvement peut être à la fois relié au ralentissement de la croissance mondiale, notamment celle de la Chine, mais également à l abondance de l offre. La production mondiale a en effet établi un nouveau record en juillet, à 93 millions de barils par jour. La dépréciation récente de l euro contre la devise américaine favorise au contraire la progression des prix via l inflation importée. De 1,38 dollar au printemps, l euro s échangeait contre moins de 1,30 dollar début septembre.

12 SALAIRES 4 3 SMB, SMPT et prix hors tabac variation sur un an en % Salaire moyen par tête secteur marchand 2 Salaire mensuel de base 1 0 Prix à la consommation hors tabac Sources : Insee, Dares

13 La décélération de la hausse du salaire mensuel de base engagée à la fin 2012 se poursuit. En glissement annuel, elle est ainsi revenue à 1,4 % à la fin du deuxième trimestre 2014, rythme le plus faible jamais enregistré. De son côté, la progression du salaire moyen par tête (concept de comptabilité nationale qui recouvre les primes et les heures supplémentaires) s est accélérée à 1,9 % au premier trimestre 2014 (dernier point connu) mais l Insee envisage un ralentissement au second. Selon nos hypothèses, le SMIC augmenterait de l ordre 1,3 % au 1 er janvier 2015, après 1,1 % au début 2014.

14 La croissance française est à l arrêt depuis de nombreux trimestres. En moyenne annuelle 2014, elle devrait donc se situer à un rythme comparable à ceux relevés lors des deux derniers exercices (+ 0,3 % en 2012 et + 0,4 % en 2013). La désinflation est un phénomène général en Europe. Une baisse des prix de détail est même relevée dans deux des principales économies de la zone euro : l Italie et l Espagne. La Banque centrale européenne demeure très vigilante sur les risques déflationnistes. Elle a annoncé une réduction de ses taux d intérêt le 4 septembre après celle déjà mise en œuvre en juin et décidé de l achat de titres de dette privés.

15 Les séries statistiques sont issues de la banque de données Thomson Reuters Datastream.

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