UDAPEI. «Les Papillons Blancs» du Nord. Journée d étude «l Accompagnement aujourd hui : une posture à imaginer ensemble»

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1 UDAPEI «Les Papillons Blancs» du Nord Journée d étude «l Accompagnement aujourd hui : une posture à imaginer ensemble» Regards croisés de chercheurs, de professionnels, et de personnes déficientes intellectuelles Roubaix le 3 décembre 2009 UNION DEPARTEMENTALE DES ASSOCIATIONS DE PARENTS D ENFANTS INADAPTES «LES PAPILLONS BLANCS» 194/196 RUE NATIONALE LILLE TEL FAX site web :

2 Sommaire 1. Introduction à la journée Mélanie COUSIN Conseillère municipale à la Ville de Roubaix, en charge de la politique du handicap. 2. Présentation de la Journée Véronique PAUWELS,... 7 Chargée de mission à l UDAPEI du Nord. Jean-Marie DUVIVIER,... 9 Chargé de mission à l UDAPEI du Nord. 3. Droit à la compensation, participation et citoyenneté des personnes en situation de handicap Brigitte DORE Directrice Générale Adjointe à l UDAPEI du Nord. 4. Réflexions philosophiques à propos de l évolution historique du concept d accompagnement Carole SOONEKINDT Doctorante en philosophie, responsable de l unité de formation «philosophie de l action, éthique», Institut Social de Lille. 5. Posture de l accompagnateur (trice), quelle déontologie pour le projet d accompagnement? Jean-Pierre BOUTINET Professeur émérite à l UCO-IPSO, Professeur associé à l université de Sherbrooke (Canada), Professeur associé à l université Paris X. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

3 6. Plus jamais sans Nous Aussi Lucette BLANQUART Déléguée locale de l association Nous Aussi. Corinne CLERMONT Membre de l association Nous Aussi. Fabrice VANNOBEL Délégué européen EPSA (European Platform Self-Advocates) à Inclusion Europe, membre du Stearing Group et participant au projet Pathways (Facile à Lire et Ecrire), vice président de l association Nous Aussi, association de personnes handicapées intellectuelles. Pascal VERVOORT Membre de l association Nous Aussi. 6.1 «Pourquoi Nous Aussi?» «Le regard sur le handicap intellectuel a changé!» «Nos besoins ont évolué» «Comme vous, nous avons des besoins, des envies, des rêves» «Quels effets sur votre accompagnement?» «Aidez nous à nous exprimer, à être acteur» «Nous aussi, nous devons développer nos capacités» «Notre action au-delà des frontières» Les chemins de l autodétermination Yannick COURBOIS Professeur de psychologie, laboratoire PSITEC, à l université de Lille III. 8. Table ronde : Articulation entre les aspects théoriques et conceptuels abordés lors des conférences et la pratique professionnelle Carole SOONEKINDT Jean-Pierre BOUTINET Lucette BLANQUART Corinne CLERMONT UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

4 Fabrice VANNOBEL Pascal VERVOORT Yannick COURBOIS Elise ROBBE-POLLIART Chef de Service Insertion Socio-professionnelle et Formation (SISEP-VISA), de l APEI de Douai Emmanuel LEFEBVRE Administrateur au M.A.I.S (Mouvement pour l Accompagnement et l Insertion Sociale). Chef de service au SAVS de Bruay-la-Buissière (APEI de Béthune) 9. Conclusion Brigitte DORE Lexique UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

5 1. Introduction à la journée. Jacques-Yves HENNEBEL Bonjour à toutes et à tous. Bienvenue pour cette grande journée consacrée à l accompagnement avec ce titre formidable : «l accompagnement à imaginer ensemble». Nous allons certainement progresser, échanger de l information, mais beaucoup plus que cela, nous allons aussi nous écouter pour créer, imaginer, reconsidérer, en tant que professionnel. Le mot professionnel regroupe effectivement les salariés, les professionnels de la profession, mais également, tous les bénévoles des associations sur ce sujet. Cette journée est organisée par l UDAPEI, les Papillons Blancs du Nord. J appelle tout de suite Mélanie Cousin, qui est Conseillère municipale à la Ville de Roubaix, en charge de la politique du handicap. Merci de nous accueillir dans cette si belle salle mythique de Roubaix, la salle Wattremez. Je vous laisse pour votre mot d accueil ici et pour cette journée. Mélanie COUSIN Conseillère municipale à la Ville de Roubaix, en charge de la politique du handicap. La première chose que j ai aussi envie de vous dire c est bienvenue à Roubaix. La deuxième c est que je vais être brève puisque je pense que derrière il y a un certain nombre d interventions qui ont certainement beaucoup plus de choses importantes à vous dire. Monsieur le maire, la Ville et moi-même, sommes ravis de vous accueillir, ou plutôt devrais-je dire, de vous accompagner aujourd hui, pour votre journée d étude. Comment soutenir, guider, suivre, accompagner des personnes que nous rencontrons, sans imposer notre vision des choses? Comment soutenir, guider, suivre, accompagner, en respectant l autre dans ses aspirations, et dans ce qu il a d unique, tout en exerçant au mieux, les missions professionnelles qui nous sont confiées dans un cadre donné? Voilà une question d ordre éthique importante. Et je ne peux, en tant qu élue, et psychologue de profession, saluer et remercier l UDAPEI, de lui consacrer une journée de réflexion. Le fait que cette réflexion associe chercheurs, UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

6 professionnels et personnes en situation de handicap, montre à quel point, l accompagnement nous concerne tous. Nous sommes tous un jour ou l autre, en situation de devoir accompagner, ou en situation d être accompagné. La définition la plus communément donnée pour le verbe accompagner, est «faire avec, se joindre à quelqu un». Bien sûr, faire avec, ça ne veut pas dire faire à la place de, et c est bien là le cœur de la loi de février Egalité des droits et des chances, participation et citoyenneté, sont à mon sens les mots clefs, qui doivent nous guider dans nos démarches d accompagnement. C est d ailleurs le choix, qui a été clairement fait par la ville de Roubaix, en rattachant directement la mission handicap, à la direction générale de l accès à l emploi, et de l égalité. Et en inscrivant, dans ses priorités municipales, le développement d une politique concertée et transversale, en faveur des personnes en situation de handicap. Je ne vais pas vous détailler toutes les actions qui sont menées sur la ville, soit directement par la mairie ou par les nombreux acteurs de terrains ou institutions qui sont présentes. Simplement deux choses : la première c est qu effectivement, la ville vient de conventionner avec le FIPHFP, ce qui va nous permettre de développer encore plus, une politique d insertion des personnes en situation de handicap au sein de la mairie, mais surtout, de continuer à développer, et c est là, une des choses qui me tient à cœur, le partenariat, notamment avec les ESAT. La deuxième chose, c est que justement demain a lieu la première journée de la politique transversale de la ville de Roubaix en matière de handicap. Lors de cette journée notamment, la charte «ville handicap», que nous souhaitons prochainement signer, va être réfléchie en concertation avec toutes les personnes qui le souhaitent, et notamment les associations présentes sur notre territoire. Pour finir mon intervention je souhaite faire deux sortes d hommage. Le premier pour souligner l investissement exemplaire des Papillons Blancs sur notre territoire, et l ouverture récente de la résidence Singulier et Pluriel, en est d ailleurs une parfaite expression. Le second c est bien sûr pour saluer la mémoire et l action de Maurice Titran, pédiatre, élu Roubaisien, militant et ardent défenseur de la cause des enfants dits différents. Il s est, tout au long de sa carrière, attaché à valoriser les compétences de chacun, plutôt que de pointer les déficiences, les insuffisances, et les carences. Cette vision des choses, cette posture, est peut-être l un des éléments essentiels de l accompagnement, en tout cas pour ma part, j en suis intimement persuadée. Je vous remercie pour votre attention et vous souhaite une excellente journée à Roubaix. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

7 2. Présentation de la Journée. Jacques-Yves HENNEBEL Que va-t-il se passer? Comment va se passer cette journée? Pour nous dévoiler les conditions et le programme, deux chevilles ouvrières de cette organisation, Véronique Pauwels et Jean-Marie Duvivier que vous connaissez j imagine. Je les représente rapidement ; Jean-Marie et Véronique sont tous les deux chargés de mission aux Papillons Blancs, à l UDAPEI, avec leur bureau à Lille, rue Nationale. Véronique s occupe plus particulièrement des enfants, des adolescents et des jeunes adultes et Jean-Marie s occupe plus particulièrement de l insertion et de la formation. Véronique PAUWELS, Chargée de mission à l UDAPEI du Nord. En novembre 2007, l UDAPEI organisait, avec les professionnels des APEI du Nord, et pour ces derniers, une journée intitulée «Comment optimiser l accès des jeunes en situation de handicap aux dispositifs d insertion professionnelle?». Cette journée rassemblait des professionnels des établissements de travail protégé, des services d accompagnement, et des établissements et services du secteur enfance. C était une nouveauté que de rassembler ces professionnels autour d une même question. Un des résultats de cette journée a été de révéler chez les professionnels le souhait de mieux se connaître, et de mieux collaborer dans l exercice de leurs missions, dont on peut dire que la principale est une mission d accompagnement. Il a alors été décidé de développer un certain nombre de projets, pilotés par un groupe de travail intitulé tout simplement «Groupe 16-25». Ce groupe de travail rassemble à la fois des professionnels des différents champs, travail protégé, services, milieu ouvert, enfance, et des neuf APEI du Nord. Un des projets phare de ce groupe de travail a été la reconduction d une journée identique à celle de novembre 2007, à échéance de 3 ans, dont l objectif serait de mesurer l évolution de cette question de l insertion professionnelle. Il nous a cependant paru intéressant de développer parallèlement, une réflexion de fond, moins technique, et rapidement la problématique de l accompagnement nous est apparue comme une question traversant l ensemble de nos champs d interventions et habitant l ensemble des professionnels, quelque soit leur place, ou leur UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

8 action, auprès des usagers. Ainsi, depuis septembre 2008, nous travaillons à l organisation de cette journée. L UDAPEI porte le projet mais sans les professionnels, cet évènement n aurait pas eu lieu. Je voudrais saluer l engagement des membres du comité technique, Damien Odiniec, directeur à l IME de Marcq, APEI de Roubaix-Tourcoing ; Gaëlle Simon, accompagnatrice d insertion au SISEP de l APEI de Lille ; Michèle Kopitsch, directrice de l IME de Dorigny, APEI de Douai ; et Bruno Chevrier, directeur du SAMO de l APEI de Dunkerque. Je remercie également les membres actifs du groupe 16-25, qui ont accepté de nous prêter main forte aujourd hui. Vous les retrouvez aux postes clefs de notre organisation : accueil, vestiaire, rangement, etc. Un grand merci également à l équipe et aux jeunes de l IMPro du Chemin Vert qui ont pris en charge les accueils et les pauses café de cette journée, vous les avez vus en arrivant. Enfin, nous remercions vivement la mairie de Roubaix, et surtout Mélanie COUSIN, qui a mis cette superbe salle municipale à notre disposition, ainsi que le Crédit Coopératif, en la personne de Mme Capon. Je vous souhaite à tous, une journée riche en réflexion, échange et partage. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

9 Jean-Marie DUVIVIER, Chargé de mission à l UDAPEI du Nord. Pour en revenir au déroulement de cette journée, Brigitte Doré et Carole Soonekindt vont nous aider à mieux situer ce terme d accompagnement, parfois un peu fourre-tout. La première en le resituant dans le cadre de la loi de ; la seconde par une approche sociohistorique de la notion d accompagnement. En deuxième partie de matinée, Jean-Pierre Boutinet, quant à lui, va nous aider à développer et nourrir notre réflexion sur cette question de posture, posture des uns et des autres, question éminemment complexe. En début d après-midi, les représentants de l association Nous Aussi, que je vois là dans les premiers rangs, nous préciserons leurs attentes en matière d accompagnement, et pour les connaître un peu, je crois qu ils seront très précis sur ces questions. A la suite, Yannick Courbois nous emmènera sur les chemins de l autodétermination, c est à dire la personne en situation de handicap mental, auteur, mais aussi acteur de son propre projet. La deuxième partie de l après-midi, est réservée à un grand temps d échange avec la salle, à partir d une table ronde rassemblant les différents intervenants, les différents conférenciers, avec des professionnels qualifiés. Jacques-Yves HENNEBEL, l animateur de cette journée, nous aidera à ne pas perdre le fil de nos travaux. Comme nous l avons vu, ce sont des travaux complexes, nous conduisant à mener et à conclure cette journée sur le sentiment d une meilleure appréhension de cette notion d accompagnement. Merci de votre attention et bonne journée. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

10 3. Droit à la compensation, participation et citoyenneté des personnes en situation de handicap. Brigitte DORE Directrice Générale Adjointe à l UDAPEI du Nord. Jacques-Yves HENNEBEL Nous allons tout de suite commencer nos travaux avec Brigitte Doré, directrice adjointe à l'udapei, qui va tout de suite mettre l'accompagnement dans le champ de la loi. Quelle place? Parce que quand on voit le mot accompagnement dans les textes on voit aussi le mot compensation. Audelà des mots, au-delà des concepts, concrètement comment peut vivre l'accompagnement (surtout après les écritures de la loi 2005)? Comment il se marie avec la compensation, surtout quand il s'agit, et c'est un peu la toile de fond, le filigrane de notre journée du handicap, des déficiences intellectuelles? Nous vous écoutons Brigitte. Brigitte DORE Pour introduire le propos aujourd'hui, je rappellerai deux principes généraux de la loi de Premièrement l'article 2 qui dit que «toute personne handicapée a droit à la solidarité de l'ensemble de la collectivité nationale, qui lui garantit, en vertu de cette obligation, l'accès aux droits fondamentaux, ainsi que le plein exercice de sa citoyenneté». L autre principe général dans l'article 114 de cette même loi, c'est que «la personne handicapée a droit à la compensation des conséquences de son handicap, quelque soit l origine, la nature de sa déficience, son âge, ou son mode de vie». La compensation consiste à répondre à l'ensemble des besoins de la personne qui sont liés spécifiquement au handicap, afin de mener la vie la plus ordinaire possible. Elle doit se décliner pour favoriser l'accessibilité à tous les dispositifs, que ce soit en matière d'accueil de la petite enfance, de la UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

11 scolarité, de l'enseignement, de l'éducation, de l'insertion professionnelle, des aménagements du domicile, du cadre de vie et de travail, des déplacements, des loisirs, de la culture. Cette compensation mettant en avant un principe d'équité, permettra aux personnes d'accroître leurs capacités, et potentialités, de les aider à acquérir une autonomie, qui ellemême leur permettra une participation plus grande aux décisions et aux actions communes. Cette compensation est individualisée et procède d'une évaluation préalable des besoins de la personne. Elle tient compte de ses attentes, ses aspirations, ses souhaits. Elle est multiple, et concerne l'ensemble des aspects de sa vie. Elle peut également concerner le cas échéant, l'entourage proche de la personne. De fait, la compensation est une notion plastique et multiforme, qui peut se concrétiser de façon très différente, selon l'âge de la personne, la nature de son handicap, et naturellement ses aspirations. Pour les personnes en situation de handicap mental, elle portera essentiellement sur l'accueil et l'accompagnement humain, et bien entendu aussi, la mise en œuvre de la protection juridique. L'autonomie, dans les actes de la vie courante, demande des apprentissages délicats et attentifs, pour pouvoir aussi progresser, en particulier sur le plan de l'autonomie dans les relations sociales, ainsi que pour l'exercice de la décision. Cette aide humaine individuelle ou collective, est indispensable si l'on veut éviter la solitude et le repli sur soi. Mais qu'est-ce que l'accompagnement? Une thématique présente, déjà dans la loi de 2002, la loi propre à l'organisation du secteur social et médico-social. Elle imprègne la loi de février Mais cette fréquence de l'utilisation du mot, renvoie tantôt à des notions précises, ou tantôt à des réalités plutôt floues. Tantôt un sens propre, tantôt un sens figuré. Ce qui ne contribue pas à clarifier ce que recouvre cette notion d'accompagnement. On y retrouve par exemple la recherche sur le handicap, qui doit améliorer l'accompagnement de personnes concernées sur le plan médical, social, thérapeutique, éducatif, ou pédagogique. On y retrouve aussi la politique de prévention, qui vise les actions pédagogiques en milieu scolaire, professionnel, ainsi que dans tous les lieux d'accueil, de prise en charge, et d'accompagnement. L'accompagnement mentionné parmi les contenus de formation obligatoire des professionnels. On y retrouve aussi un sens très général, à travers la mission de la CNSA, qui est de contribuer au financement de l'accompagnement de la perte d'autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées à domicile. Et dans la même veine, on retrouve le programme interdépartemental d'accompagnement des handicaps et de la perte d'autonomie, qui eux, doivent garantir un niveau d'accompagnement géographiquement équitable des différentes formes de handicap et de dépendance. Ensuite le texte parle d'accompagnement spécifique scolaire, d'insertion professionnelle, on parle des chiens accompagnant les personnes, UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

12 de la MDPH qui a une mission d'accompagnement et de conseil, des modalités de formation dispensée aux accompagnements non professionnels. Le mot accompagnement revêt donc des aspects très divers. Il est souvent associé à la notion d'accueil, de prise en charge, d'aide. Seule la réglementation d'aujourd'hui est venue définir, avec un peu plus de précisions, ce que recouvre cette notion d'accompagnement. Il s'agit du décret qui a créé les SAVS et les SAMSAH. Les services d'accompagnement à la vie sociale ont pour vocation de contribuer à la réalisation du projet de vie de la personne adulte, handicapée, par un accompagnement adapté, favorisant le maintien de la restauration des liens familiaux, sociaux, scolaires, ou professionnels, facilitant leur accès à l ensemble des services offerts par la collectivité. Le SAMSAH ajoutant des prestations de soin, par la dispense et la coordination de soins médicaux et paramédicaux à domicile ; ou un accompagnement favorisant l accès aux soins et à l effectivité de leur mise en œuvre. D autres parts on trouve dans ces textes, la définition d un accompagnement et d un suivi médical et paramédical, en milieu ordinaire de vie. On situe le lieu, qu il soit scolaire, universitaire, professionnel. Le deuxième décret, plus récent de mars 2009, relatif aux établissements, et services accueillant ou accompagnant des personnes handicapées adultes, n ayant pu acquérir un minimum d autonomie, vient également préciser ce que l on attend de cet accompagnement. Ces établissements apparentés aux Maisons d Accueil Spécialisé, et aux Foyers d Accueil Médicalisé, ont l obligation d organiser un accompagnement pluridisciplinaire, ayant trait à la vie quotidienne, aux soins, ainsi qu à la participation à la vie sociale, culturelle et sportive. L accompagnement n est pas un métier. Il correspond à une posture éthique, et surtout aussi à une pluralité de pratiques professionnelles. C est une relation de personne à personne, c est partager quelque chose, être proche de quelqu un, c est faire le chemin avec ce quelqu un. C est être présent à l autre, comme le dit si naturellement Marcel Nuss, que nous avons entendu encore récemment dans une journée de rencontre de professionnels de MAS et de FAM. Il serait naïf de penser que l accompagnement des personnes handicapées se réduise à l addition de meilleures technicités professionnelles, qui garantissent la meilleure qualité de l accompagnement. En effet, il exige du temps, le temps d établir la communication, le temps de la relation, le temps de définir ensemble le cadre, et les conditions particulières de l intervention. La dimension de l accompagnement est teintée de complexité, et fait appel à une diversité de compétences chez les intervenants, qui demande aussi souplesse, disponibilité, une approche exigeante, positive, et dynamique. Une situation qui pourrait aussi être paradoxale, parce qu il s agit de promouvoir l autonomie de la personne, UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

13 mais aussi de pouvoir garantir la sécurité de cette autonomie. Il ne s agit pas de poser un diagnostic, et d y répondre par une prestation. Pour conclure, une réflexion : si dans le cadre de la réalisation d un projet de vie, la relation est à construire et à renouveler en permanence avec le sujet, ne s agit-il pas d un art? L art d accompagner. Confronté aux indicateurs de performance du secteur médico-social, avec l avènement des Agences Régionales de Santé nous avons une question : l accompagnement ne risque-t-il pas d être malmené? Merci de votre attention. Jacques-Yves HENNEBEL Merci Brigitte. Vous avancez, vous posez déjà des choses essentielles en termes de posture, d éthique. Vous évoquez bien sûr, et il va en être question souvent dans cette journée, la question du temps. Le temps, le rythme. Surtout, et je me rapproche du dernier mot que vous avez prononcé, dans un contexte où l on nous demande des performances, performance rime aussi avec temps, mais un temps beaucoup plus «speed», beaucoup plus rapide. Et là, il faut prendre un autre temps. Nous allons revenir tout de suite à la notion d éthique avec l intervenante suivante. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

14 4. Réflexions philosophiques à propos de l évolution historique du concept d accompagnement. Carole SOONEKINDT Doctorante en philosophie, responsable de l unité de formation «philosophie de l action, éthique», Institut Social de Lille. Jacques-Yves HENNEBEL Maintenant que le cadre sur l accompagnement a été fixé, et comme le disait Brigitte, le mot accompagnement arrive très souvent dans les textes, mais parfois, sans véritablement, de contenu. Ce contenu est donc à définir entre nous, entre professionnels, et peut-être aussi à se poser la question, du sens des mots qui ont de l importance. Carole, vous êtes responsable de l unité de formation «philosophie de l action, éthique», à l Institut Social de Lille. Vous êtes en train d achever je pense, dans les mois qui viennent, une thèse sur l institutionnalisation de l éthique, entre idéologie et utopie. Vous allez nous emmenez sur quelques réflexions philosophiques, à propos de l évolution historique des concepts d accompagnement. En commençant peut-être par parler du sens des mots, comme Brigitte vient de le dire, la terminologie a été assez riche sur le sujet de l accompagnement, d ailleurs on parle d accompagnement depuis une dizaine d années. Avant nous entendions parler d aide, d assistance, de suivi de l usager. Egalement vous allez nous invitez à réfléchir sur l évolution dans l histoire dans cette triangulaire entre le professionnel qui accompagne, l usager, et l évolution des politiques. Et celles-ci ont bien sûr évoluées. Vous allez nous dire comment notre regard, et comment le regard de la société à évolué. Et finalement, sous-tendu dans votre intervention, il y aura la rencontre universelle entre deux êtres humains, l un qui d apparence est en fragilité dans son environnement, et l autre, qui s invite dans sa sphère, afin, pense-t-il, d alléger ses contraintes, et de le mettre en mouvement vers son projet, le fameux projet. Qui aide qui? Qui accompagne qui? Je vous invite à vous exprimer, pour justement nous faire voyager, mais aussi atterrir. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

15 Merci Carole. Carole SOONEKINDT «L accompagnement : une grammaire de l attachement» Je voudrais en quelques mots préciser ma position. Elle est celle d un travailleur social. Mon propos est le produit de rencontres effectuées auprès de professionnels du social. Je sais que je pourrai encore aujourd hui compter sur la richesse de nos échanges. Trois remarques pour situer mon propos dans le fil de ce que Brigitte DORE vient de souligner, notamment avec la notion de compensation. Penser l accompagnement aujourd hui revient à élargir son champ à la prise en compte de nouvelles situations qui apparaissent. On pourrait ici nous rapporter à Jean François BAUDURET et Marcel JAEGER1, quand ils déclarent que si l intégration de la dignité humaine par la protection sociale est désormais incontestable, une double logique traverse les textes, notamment ceux de la loi de janvier La première, rhétorique, inscrit l aide sociale dans le registre des droits de l homme. La seconde, pragmatique, l inscrit dans le registre de la nécessité. L intervention sociale est traversée par les questions, de calculs de coûts, de rentabilité. Nous verrons alors qu imaginer un nouvel accompagnement consiste à compenser les effets réels et imaginaires produit par les nouvelles régulations gestionnaires. A partir de cette perspective, retenons trois éléments qui nourrissent l histoire du mot accompagnement. Le premier a trait sans doute pour une grande part au contexte actuel bien connu qui voit la faillite des idéologies de maîtrise, la ruine des figures de grands guides, dirigeants ou timoniers ; le chef n a plus la côte, l accompagnateur est en vogue ; le dirigisme est obsolète, l accompagnement semble de mise. L accent est mis sur le déroulé de l action elle-même en train de s effectuer : cheminer, parfois guider. Le second correspond à une préoccupation récente et qui concerne le suivi des malades en fin de vie, le soin aux patients touchés par de longues maladies ; on parle de l accompagnement des mourants, des laissés pour compte. L idée insiste sur le cadre dans lequel l accompagnement se pratique : le soin. 1 Rénover l action sociale et médico sociale, Dunod, Paris 2005, p 98 UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

16 Nous pouvons ici circonscrire ce cadre par l idée contraire contenue dans tous les verbes synonymes d accompagner2. Ainsi, l idée d accompagner évoque le contraire de l idée d abandonner ou de délaisser. Accompagner paraît ainsi bordé d un côté par l idée d éloignement, de rupture, de séparation, d abandon et de l autre par l idée de délaisser (laisser quelqu un sans secours ou sans affection), ce qui donne au cadre une double fonction, celle de répondre à une rupture ( accompagner et à un besoin d attention). Le troisième découle de ce qui s est proposé récemment dans les dispositifs d accompagnement, depuis la loi de la lutte contre l exclusion où l accompagnement se donne comme une plus value dans le dispositif. Cette plus value vient se ranger sous le terme «d adjoindre», ou «d ajouter», adjoindre une présence particulière auprès d autrui, ajouter, une alliance, proposer un assemblage. Il faut, pour la comprendre, se souvenir que l accompagnement a été aussi un terme de droit féodal qui désignait un contrat d association, un contrat de pariage, «unissant deux parties, généralement d inégales puissances, pour la possession en commun d une terre». 3 Deux manières de donner l égalité sont ainsi posées. Une égalité postulée au départ, il y a donc dans l accompagnement, dans ce contrat, une convention par laquelle une personne s oblige envers autrui, mais l égalité est également visée comme conclusion. Ce processus peut alors se rapprocher de la notion de traversée, traversée d égalisation des postures, qui doit être définie comme celle d une épreuve qui permet à un individu de passer d une posture à une autre (d une posture assignée à une posture revendiquée), d un repère à un autre, (du monde du travail au monde citoyen) d un évènement à un autre (d un évènement subi à un évènement produit). C est comme jeu que l accompagnement, l accompagnement musical par exemple se laisse à penser dans un lien d influence réciproque, qui à l instar des musiciens, ne durent que le temps de l interprétation du morceau, ou plutôt les deux musiciens ne sont liés que parce qu ils jouent. «Il y a relation dés lors que les deux termes sont unis dans un même acte au cours duquel la modification ou le déplacement de l un entraine le déplacement de l autre». 2 Paul Maela en distingue douze : 1 aller avec (avancer, cheminer) et non fausser compagnie; 2 assister, (se tenir auprès, aider) et non déclarer forfait, se retirer; 3 chaperonner (conseiller, défendre) et non délaisser, abandonner ; 4 conduire (chaperonner, diriger) et non planter là ; 5 convoyer (escorter) et non battre en retraite, déserter ; 6 escorter et non exposer ; 7 flanquer et non se tenir à distance ; 8 guider (aider, conduire, conseiller, diriger, éclairer, éduquer, mettre sur la voie, orienter) et non égarer, se dérober ; 9 protéger (aider, assister, défendre, escorter, fortifier, encourager, favoriser, patronner, soutenir, sponsoriser, materner, paterner) et non délaisser ou négliger ; 10 reconduire et non laisser ; 11 suivre (emboiter le pas, escorter, marcher derrière, surveiller, écouter, être présent, s intéresser à, assister à et non s éloigner, se tenir à distance ou s écarter ; 12 surveiller (veiller, appliquer son attention, donner des soins, s occuper de, protéger et non laisser sans observation). Maela Paul, L accompagnement : une posture professionnelle spécifique, L Harmattan 2004, p67 3 Ibid, page 59. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

17 C est en partant de récits historiques ou littéraires à propos de l accompagnement défini alors comme relation, relation d aide que nous en viendrons à son institutionnalisation actuelle pour la critiquer dans ses effets relationnels d abord réels puis imaginaires. 1. Les modèles narratifs C est tout d abord entre anthropologie et éthologie qu il convient de resituer la relation d aide à partir de deux modèles narratifs que l on pourrait donner comme fondateur du travail social. Je vais me référer à l histoire de St Vincent de Paul dans un premier temps. Si St Vincent de Paul est présenté comme «un précurseur et visionnaire du travail social» 4 en ce qu il initie des formes d organisation publique de l assistance ; le court récit du «Vagabond» de Guy de Maupassant, que Castel présente comme une histoire de l insécurité dans les sociétés pré industrielles, restitue à l assistance son objet : la détresse de l individu privé de son réseau relationnel. L histoire raconte que l on vint dire à Saint Vincent «que dans une maison écartée des autres, à un quart de lieu du village, tout le monde d une famille était malade, sans qu il restât une seule personne pour assister les autres». «A l appel de Vincent de Paul, des paroissiens vinrent immédiatement en aide à la famille. Mais, pour lui ce mouvement spontané n était pas suffisant, il fallait l organiser pour qu il puisse durer. Ce qui caractérise avant tout cette organisation, c est tout d abord le recours aux personnes, c'est-à-dire aux relations interpersonnelles comme réponses possibles à la maladie, à la misère, à la solitude. 5 C est ensuite le grand travail de mise en lien ou le pouvoir de l entremise qui prend ici tout sens. Mais ce sur quoi nous voulons particulièrement attirer l attention ce sont les bases sur lesquelles Saint Vincent de Paul veut faire reposer l accompagnement social en inventant une médiation aux frontières des représentations, des places, des statuts, des rôles. St Vincent met en scène une autre société, entre la société du moyen âge et l individu, une société qui a le mérite de dépasser les catégories habituelles ; il va mettre en relation les filles du peuple et les grandes dames, il va transgresser les frontières entre les ordres. Il veut rassembler les hommes au-delà de leurs différences de position. Il crée ainsi l illusion d un rassemblement possible au-delà des déchirures, tout en mettant en place les soutiens de manière très pragmatique. Ce qui frappe également dans ce qui est mis en place par Saint Vincent, c est la dimension d intériorité qui est présente, intériorité au 4 Bilodeau Guy traité de travail social, ENSP p «Ainsi les Filles de la Charité assurèrent dans les paroisses la visite des familles pauvres et les soins à domicile des malades isolés ; dans les hôpitaux, elles s occupèrent des vieillards seuls et abandonnés ; elles furent aussi chargées de la garde des enfants trouvés dans les orphelinats, de la visite des galériens dans les prisons, de l instruction dans les écoles de campagnes éloignées.» UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

18 sens où tout ce qui est imaginé par Vincent de Paul consiste en l exploitation de ce qui est déjà présent à l intérieur de la communauté. Il «innove», en proposant des associations d éléments qui n avaient pas été pensées. Ce jeu sur les distances peut être compris comme une espèce d injection de «vivance» 6 dans un système bloqué, à l intérieur duquel les statuts empêchent les individus de quitter leurs places. Seconde histoire : Avec l histoire du vagabond, Guy de Maupassant relate ce moment où le vagabond, parti à la recherche d un travail dans une contrée éloignée de la sienne, bascule dans le crime. Le style de Maupassant nous indique à quel point le vagabond, du fait de ne pas trouver d utilité, devient étranger à son propre corps, considérant ses propres membres comme de l extérieur, en spectateur. Du point de vue de la théorie de l attachement, on pourrait même aller jusqu à supposer que son corps lui échappe, de n être pas inscrit dans le réseau des échanges qui se négocient entre l offre et la demande. Affamé, soumis aux intempéries, le corps rompu cherche un trou pour s y nicher, et c est prêt de l animal qu il trouvera réconfort, blotti contre les puissantes mamelles de la vache. La recherche d une proximité physique, d une chaleur réconfortante pour y caler son corps représente un comportement qui n est pas sans rappeler le comportement d attachement développé par Bowlby, dans les années 50. Marquer de l étiquette de régressif le comportement d attachement dans la vie d adulte revient en fait à ne pas tenir compte du rôle vital que ce comportement joue dans la vie de l homme du berceau à la tombe.». 7 Mais ce qui semble ici fondateur de la relation d aide située dans la réponse à la détresse est la dimension vitale du monde, Celle-ci rappelle que notre attente du monde est l attention que les autres vivants nous portent. L environnement détient une responsabilité à l égard du vulnérable. En conclusion de cette partie, nous soulignerons surtout combien la relation au vulnérable commande à l institution de répondre de deux types d abandon, car l évènement qui se produit met en péril l être de deux façons ; d abord en questionnant son appartenance au monde sur un mode radical, en faisant de son existence, une existence précaire ; ensuite en 6 Terme emprunté à Ricoeur 7 Bowlby John Attachement et perte 1 L attachement, PUF, 2002 p Au cours de l adolescence et de la vie adulte, une certaine quantité de comportement d attachement est couramment dirigée non seulement vers des personnes extérieures à la famille mais aussi vers des groupes et des institutions autres que la famille mais aussi vers des groupes et des institutions autres que la famille. Une école, ou un collège, un groupe de travail, un groupe religieux ou un groupe politique peut constituer pour beaucoup une «figure» d attachement subordonnée, et pour quelques uns une «figure» d attachement principale. Dans ces cas-là, il semble probable que le développement de l attachement à un groupe soit médiatisé, tout au moins initialement, par l attachement à une personne qui occupe une position prédominante au sein du groupe. Ainsi pour beaucoup, l attachement du citoyen à son état est un dérivé de son attachement à son souverain ou à son président et, à l origine dont il en dépend. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

19 interrogeant, également sur un mode radical, la relation que cet individu va pouvoir entretenir avec le monde, en mettant en suspens la créativité dont sera capable l individu vis-à-vis du monde. La relation d aide a déjà un long développement lorsqu à partir de 45, elle s institutionnalise, et si on devait continuer l histoire, on devrait certainement insister sur ce mouvement de balancier qui caractérise une conception de l aide sociale centrée alternativement sur l individu, ou sur la société ; sur le comportement du pauvre ou sur la structure de la société, C est alors à une morale du quotidien que nous avons à faire, celle qui présente le quotidien comme un champ constitutif de l expérience. C est enfin la relation intersubjective fondée sur la relation de confiance qui apparait comme fondatrice de la relation d aide. 2. Les structures contemporaines Critique sociale et morale des structures contemporaines de la relation d aide sociale instituée. Procéder à une critique sociale et morale des structures contemporaines de la protection sociale supposent tout d abord que l on resitue l accompagnement au cœur de deux modèles d attachement qui rendent compte de ce que signifie prendre place dans une société En effet, dans le passage d une solidarité à une autre, deux modèles se conjuguent, suivant Descola 8, nous pourrions ajouter deux modèles d attachement. Le premier donne l identité personnelle en référence à un nous (pour la solidarité professionnelle), le seconde définit la citoyenneté sociale à partir de droits reconnus à la personne humaine, à toutes les personnes humaines, (les notions d échange et (pour la solidarité citoyenne). Les deux dimensions de l attachement peuvent être traduites de la façon suivante. Prendre place dans la société, c est occuper une place, appartenir au monde, vivre dans le monde à partir de son histoire, prendre place dans la société, c est également négocier une place, vivre le monde parmi les relations de voisinage? Ce qui fait la spécificité de la question, aujourd hui, et c est ce que nous voudrions montrer, c est que les deux pôles de l activité humaine sont touchées, c est sur ces deux pôles que la mise en œuvre bureaucratique, technocratique opère une substitution des médiations vivantes par des médiations rationnelles, ce qui a des effets d assignation dans le temps et dans l espace. Le temps des experts, le temps présent, participe du confinement de l identité qui ne peut être mue par une histoire. L espace assigné est un espace apathique, sans réseaux. L assignation dans le temps est en ce sens, la privation de ressources vivantes celles qui viennent UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

20 alimenter l élan du sujet. Elle se fait sous la contrainte d un programme monolithique : le temps linéaire, le temps du projet, n existe plus, et au contraire, le temps de l assignation s apparente au temps de l ennui. L assignation dans l espace est la privation des réseaux de proximité à travers lesquels un individu se déploie et qui constituent son monde. Elle est donc comme un confinement des énergies, des relations, au sens où, à l intérieur de cet espace, elles ne circulent pas, elles ne se rencontrent pas. Sans doute encore, peut-on aller jusqu à penser qu un dispositif, dans l effort de rationalisation qui est le sien se rapproche de la mécanisation d un organisme, puisqu il vise à éliminer les mouvements inutiles, du point de vue du rendement et des investissements choisis Pour venir éclairer notre propos, examinons le nouveau cadre donné à l action sociale. Il se caractérise principalement par deux dimensions, - une dimension politico administrative avec la décentralisation cette dimension s inscrit dans un double processus, un processus d individuation d une part, exigeant une aide personnalisée, adaptée aux situations particulières et un processus de complexification croissante des systèmes d organisations structurés en réseau, un nouveau pouvoir de médiation cherche dans cet entre deux à produire des régulations. -une dimension éthico juridique avec les lois de janvier 2002 rénovant l action sociale et médicosociale, la programmation pour la cohésion sociale, la loi pour l égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées. La mise en œuvre bureaucratique, technocratique opère une substitution des médiations vivantes par des médiations rationnelles. C est bien à une organisation spécifique que l on a à faire. Le paradoxe de la décentralisation, souligne Michel Chauvière 9, est qu elle est davantage une décentralisation administrative que politique, elle s accompagne de la production d un nouveau type de raisonnement politico-gestionnaire étayé par une quantité impressionnante de nouveaux instruments techniques projets territoire objectifs, ressources matérielles, ressources humaines, évaluations, observatoires, agences qui approchent le territoire en gestionnaire. Les notions de chef de projet, d ingénierie, de développement ou d ingénierie sociale, empruntées au monde industriel, font partie d une culture technologique qui croit en la transparence du social et occulte sa polymorphie : établir des relations plus lisibles, réduire les zones de flou, en se dotant de procédures claires, de critères comme gage d objectivité. Or, croire que le social existe tel qu on le voit, relève d une pensée positiviste, qui laisse dans l ombre toute une série de phénomènes tels que les relations de voisinages informelles, l économie souterraine, les pratiques interindividuelles, les relations d interdépendance. 9 Chauvière M., Trop de gestion tue le social, essai sur une discrète chalandisation, ed. La découverte, Paris 2007, p 145 UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

21 Quant à l intégration de la dignité humaine par la protection sociale, nous pourrions caractériser sa mise en œuvre par trois logiques : une logique d individuation, de substitution et d évaluation. La logique d individuation ignore les systèmes d interdépendances dans lesquels sont pris les individus. On sous évalue les relations dans lesquelles les personnes sont elles mêmes impliquées lorsqu elles sont à leur tour attendues dans un engagement supposé libre Le paradoxe contenu dans l injonction à l autonomie, consiste à réduire la personne à la monade, niant par là toute appartenance à un «nous», à une histoire, fussent-ils invisibles, comme le dit Norbert Elias. J-F Garnier voit dans les notions de «citoyenneté», de «contrat», «d acteur» la tentative pour les politiques de dépasser le conflit entre les parties et le tout. Mais, dit-il, ces notions «restent prisonnières d une représentation atomisée du lien social ; précisément en ce qu elles font de lui un «devoir être». Elles tendent, en effet, à extraire chaque individu des liens sociaux préexistants pour le réaliser dans une abstraite liberté et surtout identique à celle des autres La logique de substitution consiste en la mise en œuvre, de nouveaux cadres de rencontre, de nouveaux «nous» opérationnels qui utilisent des critères d espace et de temps qui ignorent la réalité concrète des situations. Aux temps et espaces singulier traversés par les histoires et les évènements, on substitue un espace temps formel et abstrait, comme si tout le monde avait un rapport «standardisable» au temps et à l espace, à l évènement, à l administration Dans cette logique de pensée, on exclut tout ce qui est irrationnel, non mesurable, non objectivable, non calculable. Les registres affectifs, émotionnels, imaginaires et subjectifs sont considérés comme non pertinents. C est ce qui fera dire au Père Wresinski que «le pauvre n est pas seulement un riche avec de l argent en moins : c est un autre homme» ou encore «La vie pauvre n est pas seulement une déchéance consécutive à un manque, elle est aussi une culture qui pourvoit les êtres humains d un projet pour vivre.» La logique d évaluation traverse bientôt tout le champ social. La prévalence est donnée à l économique, au quantitatif, au calcul plutôt qu au qualitatif ; aux faits objectivables, mesurables. La qualité de la prestation tend alors à s appuyer sur un corps de règles, de procédures dont la systématicité produit le gel des dynamismes et des initiatives, des rencontres. La mise en œuvre des nouveaux droits, prend la forme de procédures formalisées, d objectifs contractualisés, d échéances à tenir, utiles à la gestion administrative et simplificatrices de la réalité qui est étrangère à la situation de la personne qui ne peut être visée qu à partir de médiations relationnelles (pour rencontrer une personne les modalités concrètes de la relation sont importantes). La dévitalisation de la relation d aide instituée. D une certaine manière, on peut alors affirmer que la logique développée par une gestion et un management procéduraux nient les relations d attachement qui constituent à proprement parler un lien social vivant. Cette dévitalisation est liée à la séparation qui s en suit des trois dimensions UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

22 intersubjective, technique et institutionnelle de la relation d aide, et avec elle la disjonction des trois modalités d attachement de la relation d aide instituée, le réseau l amitié, l attachement. Les exigences de fonctionnement des dispositifs eux-mêmes se substituent peu à peu à la réponse institutionnelle aux besoins des personnes. «Le rapport social qui s inscrit institutionnellement entre une société et ses pauvres entérine une rupture de fait.» 10 Ensuite, la dimension technique produit comme une violation du rapport social, en se séparant de la dimension éthique. La technique prescrite par la logique gestionnaire n est plus au service de la connaissance de la personne, mais vouée à la maitrise des dispositifs, des procédures, des comptes à rendre. En définitive, c est le rapport social qui est perdu. La perte de la proximité équivaut à une perte d une connivence 11 possible. Cette connivence est basée sur une posture et une proximité physique, elle est un lien interpersonnel qui valorise la dimension de l imaginaire. C est bien sur la proximité qui est refusée, en tant qu elle donnerait la clef de l orientation du monde de l usager. On pourrait pour conclure cette partie, dire que c est parce que les médiations technocratiques envahissent les deux pôles de la vie, l espace et le temps, qu une double assignation conduit à l immobilité, comme si finalement, l assignation ultime 12 était l assignation à un corps privé de dynamisme, de relations tant du côté du professionnel que du côté des personnes accueillies. A cette double assignation se noue un imaginaire de la mort sociale L enjeu de l imaginaire est bel et bien un enjeu vital, un enjeu de relations vivantes, dans la mesure où l assignation fait croire en l impossibilité de rencontres nouvelles dans l avenir. Les nouvelles rencontres sont possibles si des mouvements peuvent habiter les individus : or l assignation semble obliger à l immobilisme, contraindre les rencontres à l inexistence. 3. Des effets imaginaires de mort sociale. Nous essaierons de dégager, à partir de Paul Ricoeur, trois formes d imaginaire de mort sociale et comme la distinction est thérapeutique, nous 10 Conseil Supérieur du Travail Social 5 ème mandature Le travail social confronté aux nouveaux visages de la pauvreté et l exclusion, p Conivere indique l action de fermer les yeux, et signifie l indulgence, et a même parfois indiqué l idée d indulgence coupable. La connivence, c est l accord tacite, une entente immédiate, spontanée. Elle crée une proximité qui se situe hors langage, dans le règne de l implicite, du «ça va sans dire». La connivence crée un espace à l intérieur duquel les deux individus semblent échapper au manque. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

23 essaierons de les approfondir ; chacune d entre elles portant en elle- même son remède. Le premier imaginaire. Nous pouvons penser cet imaginaire comme la difficulté où l individu va se trouver de devoir considérer son écart, voire sa mise à l écart hors du monde, et considérer que le monde est «plein» de sujets desquels il peut se penser à la fois proche et lointain, sujets mis à l écart avant lui, et qui interrogent sa propre manière de se soumettre à un nouveau statut qui est devenu le statut de l invisible. Comment se vivre invisible aux yeux des autres, invisible pouvant être pris dans le sens d inutile ou de compté pour rien. Se vivre comme assigné à cette place d invisible conduit à s imaginer en dehors des réseaux, des relations, des négociations et donc à ne pas essayer de s y inscrire. C est vivre sans être vécu par les autres. La non- participation installe pour un sujet le sentiment de devenir étranger à soi même : «le sentiment d inutilité et de honte résultant de la dépossession des formes d activité qui permettent d avoir prise sur le monde des autres et de s éprouver pleinement comme membre du genre humain confère à celui qui l endure l impression d être relégué socialement dans la périphérie de la malédiction sociale une invisibilité sociale en découle, conséquence ultime de la perte des qualités sociales être sujet au mépris social, c est être disqualifié à même ses compétences sociales, et se vivre comme inutile, paria ou rebut. Le mépris rend une vie étrangère à elle-même, la plongeant dans un bain nouveau de solitude. Soi-même comme un étranger, telle est bien la perspective que le mépris social semble indubitablement induire». 13 Le deuxième imaginaire. C est véritablement la rencontre qui est ici soumise à la réflexion. Comment aller à la rencontre de l autre pour le connaître non pas à la manière d un savoir objectif mais à la façon d un ami, c'est-à-dire le comprendre de l intérieur, partager les choses essentielles avec lui, selon lui. C est le regard qui ne perçoit pas la lutte et qui de fait condamne l autre à ne pas exister dans son propre style, dans ce qui lui donne le sentiment d être vraiment lui-même. En effet, pour le spectateur, précise Ricoeur, le rapport à la perte est un rapport objectivant. Capable de faire le tour du problème et d en prédire l issue, le spectateur occupe une position de surplomb et reste de fait extérieur, étranger au vivre, pris dans ces deux dimensions du vécu, celui de l évènement, et celui de vivant-encore, l évènement subi et l évènement dépassé. En définitive, c est son impossibilité même à accompagner ce passage qui est révélateur d une position d expert. Ce mouvement de réification, propre à la position d expert, provient d une confusion, qui consiste à traiter l être vivant comme un objet d étude. Le troisième imaginaire est l imaginaire de masse. L effet de masse ou l effet d indistinction rend anonyme le vivant tout à coup plongé dans une masse indistincte des laisser pour compte. C est véritablement parce que l individu est touché, contaminé au sens propre par l effet de masse qu il ne peut 13 Leblanc G.L invisibilité sociale, mars 2009, PUF, p 17 UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

24 échapper à la caractéristique dominante de celle-ci, et de se laisser ainsi emporter par elle. Le troisième imaginaire met en scène un individu qui ne peut résister à l attirance, du fait de la masse et de la proximité avec l échec, la chute, la ruine, la maladie, le néant. La violence faite au vivant ainsi fondu dans la masse existe quand la vie apparaît comme propriété anonyme, et le vivant, comme porteur anonyme d une propriété anonyme. Aucun ami, aucun frère n est là pour se proposer comme rival de cette masse létale, létale parce que masse. Il y a dans cet amalgame à la massa perdita une disparition même de la qualité d humain, une perte de son insertion dans la communauté humaine, une rupture de la relation à la communauté. Le jeu comme ouverture à l accompagnement En vis-à-vis des trois imaginaire de la mort sociale proposés par Paul Ricoeur, nous pouvons situer trois types de luttes et trois types de jeux. Le jeu en question possède une acception très large celle que lui donne Winnicott et qui se rapproche très précisément de l expérience culturelle, elle-même à rapprocher de la créativité. «Il s agit avant tout d un mode créatif de perception qui donne à l individu le sentiment que la vie vaut la peine d être vécue, ce qui s oppose à tel mode de perception, c est une relation de complaisance soumise envers la réalité extérieure : le monde et tous ses éléments sont alors reconnus mais seulement comme étant ce à quoi il faut s ajuster, s adapter / ce peut être même un réel supplice pour certains êtres d avoir fait l expérience d une vie créative, juste assez pour s apercevoir que, la plupart du temps, ils vivent de manière non créative, comme s ils étaient pris dans la créativité de quelqu un d autre ou dans celle d une machine.» 14 Le jeu se donne alors chez Winnicott comme une réponse à la dévitalisation, en tant qu il ouvre à des relations d attachement, d amitié et de réseau, qui constituent des expériences de vie subjectivantes. Dans la première forme d imaginaire, c est sans doute la question du partage du monde qui se pose : partageons nous un monde, entre utile/ inutiles, entre visibles et invisibles, et si oui lequel ; sommes nous dans des mondes voisins? C est par le corps et l attachement qu il convient d y répondre selon Ricoeur. Comment trouver l apaisement, si ce n est à travers le corps et la dimension d attachement qui lui est liée 15, par le rapprochement avec ses pairs. Frédéric Worms, cité par Guillaume Le blanc 16 rappelle que «ce qui se 14 Winnicott, Jeu et réalité, folio essais, p Un jeu de mot nous proposerait plutôt attachée. 16 Le Blanc Guillaume, Les maladies de l homme normal, page 22, repris de la revue Esprit, février 2000, p.81. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

25 constitue irréversiblement dans la continuation où la durée de notre existence, ce sont des liens biologiques et génériques d attachement, maternel ou parental en général, amical, etc, qui prennent cependant toujours aussi le visage et la voix d être singuliers et irremplaçables, faisant de nous du même coup, tout à la fois, des êtres vivants et des individus.» Combattre ce premier imaginaire paraît ainsi proposer, dans l imaginaire également, comme une continuation possible de l attachement, au-delà de la perte. Le jeu qui peut valoriser ce type d attachement se centre sur la créativité corporelle. Ces expériences permettent de revivifier une mémoire du corps, des souvenirs, des postures liées à des odeurs, des impressions, des trajets, des contacts. Il s agit de mobiliser la créativité corporelle dans le but de parvenir à un réel sentiment d existence, de faire ensemble, sur des partages d activités. Dans le second imaginaire, la question du style y est centrale. Comment produire son propre style? Comment ne pas être réifié? Ricoeur y répond par une culture du regard. Le regard est un accompagnement dont la dimension proprement éthique concerne la capacité à «accompagner en imagination et en sympathie la lutte de celui qui lutte. 17 C est la prise de conscience d un «nous», sujet d une activité qui a son lieu hic et nunc 18 ou sentiment d exister qui s éprouve dans un faire en commun. «Avec leurs amis, certains veulent boire ensemble, d autres veulent jouer ensemble aux dés, d autres faire du sport ensemble, par exemple des tournois, des luttes ou d autres entraînements du même style, d autres veulent même chasser ensemble ou philosopher ensemble, de telle sorte que tous veulent demeurer en compagnie de leurs amis pour faire ce qu ils préfèrent par-dessus tout dans les occupations de la vie.» C est dans la créativité dyadique, illustrée entre autre par la technique du squiggle, que l on trouvera le ressort de la lutte contre cet imaginaire. Le squiggle est un jeu qui consiste, en alternance, à commencer ou à finir un dessin ; le début étant par nécessité non signifiant. S inscrire dans un jeu, c est à la fois dérouler son propre style de jeu individuel, mais c est aussi s inscrire dans le flux du jeu, pour de ce mouvement, réussir à produire le nôtre. Avant de pouvoir produire un second dessin à partir du premier, il faut interpréter : ce n est que secondairement à l interprétation que la production peut avoir lieu, pour cela il faut considérer le rapport à ce qui peut être mis en partage. L expérience de l amitié nous donne cette mise en partage, du temps, de l espace et de l activité. L objet en partage est une partie prenante de la définition de l amitié. S il s agit d évaluer ce qui fait la dignité d une personne c est alors à ce commun en partage qu il faut se rapporter. Qu est ce qui, mise en partage, varie selon la durée et la fréquentation, si ce n est la connaissance de soi et de l autre qui 17 Ricoeur Paul, Vivant jusqu à la mort, ed. Seuil, 2007, p PHILIA, La notion d amitié dans la philosophie antique, Jean-Claude Fraisse, p 244 UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

26 s éprouve. Si le squiggle est donc un jeu qui fait advenir le style en référence à un autre style, c est surtout une forme qui s apparente très fort à une situation d interlocution, une situation de dialogue. Dans le troisième imaginaire, la contagion par la masse questionne l attirance par la négativité, par la perte occasionnée par l évènement. Ricoeur propose deux manières de résister, par le style et le réseau : C est à proprement parler le champ de la créativité appliquée. Le style, dit-il, est ce qui atteste d une capacité du vivant à produire des trouvailles, il est le procédé par lequel le vivant parvient à établir des trajets entre différents vécus, et fabriquer un réseau de connexions. Le réseau comme antidote à la masse informe fournit à l individu attiré par l indistinction la pluralité des accroches. Résister à la massa perdita ne peut se faire qu en mobilisant des réseaux puissants Le réseau, c est un jeu d écriture, c est une manière d agencer différents éléments, différentes relations pour quitter cette place. C est un jeu d écriture entre une écriture formelle et une écriture poétique, entre un jeu qui suit des règles et un jeu qui promeut ses propres règles. Conclusion Comment conclure rapidement, si ce n est peut être en proposant l institution comme médium malléable, l institution comme espace potentiel de rencontres entre modalités d attachement. Il s agirait alors de permettre à l institution de se placer comme structure sollicitant la créativité des usagers et des professionnels, créativité négociée à l intérieur de son cadre. Jacques-Yves HENNEBEL Je pense que c est essentiel ce qui vient de se passer là et qui préfigure le reste de la journée. Là, nous prenons prend notre temps. Aujourd'hui c est presque un diamant, un métal précieux à polir. On prend son temps, on prend le temps d'écouter pendant le temps qu'il faut. Quelqu'un, un professionnel, un expert a préparé quelque chose. Je voudrais souligner, je voudrais vous renvoyer, qu avec vos propos vous prenez déjà votre place, et vous prenez toute votre place. Vous le dites dans l'accompagnement, l'accompagnement, «c'est inviter par tous les moyens possibles, l'autre à prendre sa place». Donc j ai envie, au nom de tout le monde, de vous remercier d avoir pris votre place, d avoir accepté UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

27 votre pouvoir. C est cela qui est important, tout en respectant, et je ne vais pas réduire l accompagnement à cela, mais ça en est tout de même une belle illustration, de savoir prendre sa place en tant qu accompagnateur, et d accepter son pouvoir en respectant l autre. Je vous remercie de toutes les portes, et de toutes les fenêtres que vous nous avez ouvertes. J imagine que certains d entre nous, en tant que professionnel expert de l accompagnement, un peu comme des «M. Jourdain», on s est dit «quand j accompagne je fais tout ça? C est tout ce sens que je mets là?» Nous allons continuer bien sûr, avec Jean-Pierre Boutinet, Yannick Courbois, avec l'ensemble des intervenants, et cela est vraiment très riche. Je ne vais pas reprendre tout le temps votre intervention, mais ce qui m a particulièrement intéressé, c'est que vous nous avez fait vivre cette rencontre des mondes, notamment la rencontre entre l'institutionnel, l'institutionnalisation, et l'être humain. Vous parliez d'une relation d'expertise, une relation de négociations. Et est-ce qu il n'y a pas négociation avec l'institution aussi? Négociations avec soi-même? Et négociations, comme le disait aussi l école de Bateson et Watzlawick, entre le logique et l'analogique, entre le digital et l intuitif, en allant encore plus loin peut-être, entre le féminin et le masculin. On peut aussi aller, dans des zones qui n'ont pas encore été abordé. Vous nous avez fait voyager en même temps qu atterrir, je reviens sur quelques beaux mots que vous nous avez donné, «il s'agit de partager un même monde»! Ce qui est revenu souvent dans votre propos, le concept et l idée d épreuve, il y a un passage, une traversée, ça ne sera pas simple, je ne vais pas te promettre la lune, ça ne va pas être simple, ça ne sera pas simple. Et savoir détecter chez l'autre la flamme de la lutte. Et également, vous avez eu des propos auditifs, visuels, et kinesthésiques. Quand vous évoquez le dessin par exemple, ce sont des mots que vous dites, mais on peut très bien se les imaginer par l'approche corporelle, qui, il faut le reconnaître, dans nos cultures occidentales, est sous handicap, je n ai pas peur de le prononcer. Nous connaissons d'autres cultures où le contact, où le corps, est beaucoup plus en jeu. Nous nous sommes là, en tant qu'accompagnateur peut-être, pour réinviter le corps dans leurs relations. Voilà, cela nous pose peut-être la question de «qu est ce qui nous fait nous investir dans la relation en tant qu accompagnateur? Et comment le faire?». UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

28 5. Posture de l accompagnateur (trice), quelle déontologie pour le projet d accompagnement? Jean-Pierre BOUTINET Professeur émérite à l UCO-IPSO, Professeur associé à l université de Sherbrooke (Canada), Professeur associé à l université Paris X. Dans le prolongement de la réflexion sur l accompagnement initiée par les deux exposés de Brigitte Doré et de Carole Soonekindt, je souhaite me situer en complémentarité avec elles. Ce faisant je m intéresserai ici aux différentes postures tenues par le professionnel de l accompagnement. Dans leurs exposés respectifs, les auteures ont évoqué deux caractéristiques propres aux situations d accompagnement, d une part la dimension compensatoire de toute pratique d accompagnement, à chaque fois à redéfinir, d autre part le fait qu une situation d accompagnement est porteuse d un sens à expliciter. A partir de ces deux caractéristiques je voudrais me poser la question : mais finalement, qu est ce qu accompagner? Pour répondre à une telle question, aux deux caractéristiques que je viens de rappeler, je suis amené à en ajouter une troisième : le fait d accompagner concerne toujours un adulte, professionnel ou non, situé à un moment donné de son parcours de vie. Nous avons à notre disposition une diversité de termes pour parler de cet adulte et nous pensons que ces termes sont interchangeables, que finalement le mot utilisé n a pas tellement d importance. Ainsi assez facilement nous évoquons l individu ou la personne, voire le sujet ou encore l acteur qui accompagne ou qui est accompagné. Je n entrerai pas dans une querelle de sémantique, mais personne, individu, sujet, acteur m apparaissent trop pauvres dans leur généralité et je les laisserai de côté ; toutefois en recourant dans la suite de mon exposé à l usage de l un ou l autre de ces synonymes par facilité de langage, c est toujours à l adulte en arrière fond que je vais m intéresser, un adulte en face à face entre qui accompagne et qui est accompagné(e) avec leurs expériences passées à chacun(e) ; en un mot, ce qui me semble être un enjeu, c est cet adulte en situation d accompagnement. Sans délaisser l adulte accompagné(e), je vous propose de centrer plus spécialement notre attention ici sur l adulte qui accompagne dans ses différentes postures, c'est-à-dire dans les attitudes qu il est amené à prendre UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

29 plus ou moins opportunément en fonction des situations d accompagnement. L accompagnateur, c est d abord un adulte situé. Recourir au terme d adulte peut apparaître très banal ; c est pourtant un terme riche de contenu, et chaque fois que je l utiliserai, je souhaiterais que vous puissiez y associer les cinq critères qui en font sa richesse de significations et contribuent à situer l adulte dont on parle dans sa singularité 19; ces critères, je les formulerai sur un mode interrogatif, pour rendre plus mobile notre pensée. Je vais les énumérer, en me posant justement cinq questions, toutes aussi importante les unes que les autres afin de bien spécifier cet adulte qui accompagne. Etre adulte, pour moi-même aussi bien que pour cette personne qui se trouve en face de moi, est-ce une question d âge, faisant que je n accompagne pas de la même façon l adulte jeune, l adulte du mi-temps de la vie, où l adulte en retrait? Moi-même en fonction de mon âge, dans le cours de ma vie adulte, je n aurai pas les mêmes attitudes dans l accompagnement vis-àvis de l autre accompagné. Etre adulte, est-ce une question de genre, selon que je me vis adulte femme, ou adulte homme ou encore ni l un, ni l autre et vous remarquez que pour corriger le machisme ambiant, j ai utilisé l ordre alphabétique dans l énonciation des genres? Etre adulte femme, être adulte homme vise la façon par laquelle, subjectivement, j accepte ma féminité, ou ma masculinité, voire un mixte ou au contraire, je les refuse. Etre adulte, sous un troisième point de vue, est-ce une question d expérience? L adulte n est pas né d hier ; il a bourlingué, il a son parcours de vie pour une part réalisé, pour une autre en devenir. Il s est engagé dans des actions qui ont laissées des traces mémorielles, que l on appelle expériences. Comment, chez cet adulte, faire parler ces expériences, tantôt porteuses de compétences à mettre au jour, tantôt d habitudes et de routines à circonscrire? Comment traiter ces expériences, notamment lorsqu elles sont devenues douloureuses? Comment aider l adulte à donner sens à ce qu il a fait jusqu ici? Cet adulte par ailleurs, il est en moi mais aussi devant moi dans mon entourage : ainsi vous-mêmes, bien qu en posture de public spectateur ou auditeur, vous restez les uns et les autres des adultes mais qui présentement tenez un rôle, celui d auditeurs et donc exercez momentanément une action. D où quatrième questionnement, quel rôle l adulte, présentement, 19 Pour ces 5 critères de la vie adulte, cf. J-P. Boutinet et Pierre Dominicé, Où sont passés les adultes, Routes et déroutes d un âge de la vie, Paris Téraèdre, UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

30 exerce-t-il? Dans quelle action momentanée est-il engagé? Dans quelle tache actuellement se réalise-t-il? Ceci est important, parce que les adultes qui ne sont engagés pour l heure dans aucun rôle, aucune action, tous ces adultes que notre société confine à l inactivité, ne vont pas être accompagnés de la même façon que l adulte surmené, surchargé, et qui sera en perplexité de vous fixer un rendez-vous. Enfin, cinquième question, si être adulte témoigne d une capacité de réflexivité, de se mettre soi-même à distance, pour s interroger sur soi, se reconnaître, comment en tant qu adulte je me saisis moi-même, comment je me saisis dans ce qui m unit à l autre et/ou me différencie de lui? Comment je m accepte à travers l image que je prends de moi-même ou que les autres me renvoient? Ces interrogations sont au fondement du sentiment identitaire propre à la vie adulte, un sentiment qui échappe à l enfance mais est en germes dès l adolescence. C est donc à partir de ces cinq questionnements que je voudrais avancer avec vous, pour essayer d éclairer cet adulte contemporain, plus ou moins handicapé, je vais revenir plus loin sur cette question du handicap. Mais auparavant, il est nécessaire de nous interroger sur la signification de l accompagnement aujourd hui, sur cette posture à imaginer ensemble qui est finalement un très beau défi. L accompagnement adulte, une résurgence Le terme accompagnement est paradoxalement un ancien terme de réapparition récente ; il a de très vieilles racines historiques, spécialement à travers les différentes formes de compagnonnage médiéval qu au gré des derniers siècles nous avons laissé tomber. Sa résurrection actuelle date d une demi-génération. C est à peu près aux alentours des années , que le terme va s imposer et se diffuser de nouveau : nous devons donc nous interroger sur la signification à donner à l actualité d un tel terme aujourd hui20. Nous avons vu dans les exposés précédents, comment on pouvait entrevoir ce terme comme un équivalent de celui d aide. Peut-être que nous pourrions avancer un peu plus pour mieux comprendre cette nouvelle morale du quotidien qu est l accompagnement. Pour ce faire je ferai tout d abord une comparaison interculturelle entre le français et l anglais : l accompagnement est en effet intraduisible en anglais ; ni le counseling, ni le coaching, ni le mentoring ne sauraient en rendre compte exactement. Si nous nous arrêtons aux deux concepts contrastés de coaching» et de counseling, le premier visant la performance, le second l aide, nous pouvons alors nous faire une bonne approximation du champ sémantique francophone couvert par l accompagnement en considérant 20 Sur cette actualité de l accompagnement et ses significations, cf. J-P. Boutinet et alii, Penser l accompagnement adulte, ruptures, transitions, rebonds, Paris Puf, UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

31 que notre terme français intègre en quelque sorte ces deux acceptions qui ont comme trait commun le manque, le déficit, tant celui d une performance jugée insuffisante, que celui qui caractérise une difficulté à vivre et appelle la compensation, par l aide évoquées plus haut. Un manque ou un déficit à combler, mais chez qui? Chez l adulte accompagné. Qui est donc en déficit aujourd hui, si ce n est l adulte? Il nous faut prendre acte de cette nouvelle figure contrastée, quelque peu tourmentée de l adulte contemporain, un adulte en demande d accompagnement car en détresse au regard de certaines situations de vie adulte actuelles. Ce nouveau modèle dominant de vie adulte qui semble s imposer à nous est donc un modèle en partie déficitaire : déficit de famille, de travail, de santé, de ressource21 D ailleurs les deux mesures d accompagnement remarquables mises en place par le législateur français depuis une quinzaine d années, bilans de compétences et validation des acquis de l expérience, ces mesures dont on trouve des variantes dans les autres pays postindustriels, n ont-elles pas pour visée simultanément de valoriser des performances mal identifiées, mal exploitées, encore informelles et de combler de façon compensatoire un déficit de reconnaissance, préfigurant en cela un nouveau modèle d adulte, celui de l adulte pluriel. Cet adulte à accompagner, un adulte paradoxal, déficitaire et pluriel Il s agit donc de penser paradoxalement un modèle de l adulte à la fois comme déficitaire, en manque existentiel et comme pluriel dans ses investissements : le déficitaire, nous venons de le pointer ; le pluriel, nous le mesurons bien à travers cette civilisation de l information et de la communication qui nous bombarde de messages en tous genres, nous intègre dans une diversité de réseaux, nous confronte à devoir gérer en activiste différentes sollicitations simultanées. Ce pluriel c est aussi celui de la diversité de nos expériences et compétences à faire émerger22. Il nous faut donc composer avec cette situation paradoxale d un adulte déficitaire, qui est en même temps un adulte pour lequel on exige qu'il soit pluriel. Et c'est là que l'adulte non-handicapé rejoint l adulte handicapé dans la mesure où aujourd'hui dans sa vie il ressent plus ou moins douloureusement, telle ou telle forme de déficit : on parlera alors du handicap du chômage, de celui d'une maladie gravissime, du handicap lié à un accident ou du handicap d'une séparation, celle de conjoint(e) ou d'enfants, du handicap 21 Voici déjà une dizaine d années que des sociologues comme A. Ehrenberg ont mis en évidence cette situation déficitaire de l adulte ; cf. son étude La fatigue d être soi, Paris, Odile Jacob. Voir aussi, paru à la même époque et dans la même perspective mon travail sur L immaturité de la vie adulte, Paris Puf, Sur l émergence de ce nouveau modèle de l adulte pluriel, cf. B. Lahire, L homme pluriel, Paris, Nathan, UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

32 du stress ou de la surcharge de travail A ces différentes formes de handicaps, peut-être faudrait-il en rajouter une dernière, ce handicap psychologique qui fait parler beaucoup de lui en ce moment et qui n'est pas le moindre, celui de la non reconnaissance, tel qu il transparaît dans le leitmotiv ici, c'est bien simple, on n est pas reconnu! Il y a là dans notre société post moderne comme une sorte de connivence qui s installe entre l'adulte un peu moins handicapé, et l'adulte un peu plus handicapé, donc entre l adulte qui accompagne et l adulte accompagné. Voilà le décor à partir duquel je voudrais interroger la posture prise par l adulte accompagnateur dans son travail d accompagnement avec l'adulte handicapé, ou pour l'adulte handicapé ; j'aurai à revenir sur le sens à donner à ces deux prépositions qui ne sont pas équivalentes et renvoient à deux postures différentes chez l accompagnateur/trice. Deux dimensions structurantes de l accompagnement : être avec, aller vers L accompagnement dans nos pratiques professionnelles, arrive à un moment où la formation pour adultes se trouve déstabilisée, entre en crise de légitimité, notamment au regard de son efficacité pour l insertion et le maintien en emploi. Le modèle d un adulte promotionnel par la formation des années 1970 s estompe. Du fait de cette crise rémanente de l emploi dans la mouvance des années , on va chercher à individualiser de plus en plus la formation, au lieu de la laisser dans son organisation collective, encadrée par des stages. Certes parler ici d individualiser, renvoie plus à l individualisation qu à l individualisme à travers le fait de dispenser une formation à la carte de préférence à une formation pré-organisée. De ce point de vue, l accompagnement, entrevu sous une forme plus poussée encore d individualisation apparaît dans de nombreux cas comme le substitut de la formation. En m inspirant de Maela Paul, évoquée précédemment, j utiliserai deux de ses idées forces pour penser cet accompagnement23 : ce dernier est une question de mise en relation dans l'être avec et une question d espace et de temps dans le aller vers. L idée du être avec nous renvoie, à ce que les anglo-saxons ont beaucoup travaillé à travers cette notion du care, le prendre soin, cette obligation qui nous est faite, à nous êtres humains et encore plus, si nous sommes professionnels du social, une obligation bien mise en évidence en son temps par le philosophe Emmanuel Levinas (1972)24, consistant à veiller sur autrui fragilisé. Dans notre jargon français, nous traduisons cette obligation par deux termes bien typés, d une part l attitude compassionnelle qui nous fait prendre part à la souffrance de l autre en 23 Cf. de Maela Paul, L accompagnement, une posture professionnelle spécifique, Paris, L Harmattan, Cf. son ouvrage Humanisme de l autre homme, Fatat Morgana, UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

33 difficulté, d autre part l attitude responsable qui nous demande d assumer notre responsabilité vis-à-vis de l autre, c'est-à-dire de répondre de cet autre plus fragile. Certes répondre de l autre, ce n est pas facile même une telle exigence est devenue aujourd hui, de grande actualité ; comment pour répondre de l autre, allons-nous nouer une relation avec cet autre qui soit une relation d accompagnement soucieuse de prendre soin de lui? L accompagnement comme être avec ; une certaine façon de transmettre La relation d accompagnement, qui d ailleurs peut se faire aussi bien dans un cadre bénévole, celui du don que dans un cadre professionnel, celui de l échange semble finalement constituer le troisième moment d une loi de trois états au regard de cette exigence sociale qu est la transmission des savoirs, savoir-être et savoir-faire. Hier dans la société industrielle qui étendait son offre de scolarisation, nous sommes restés durant plusieurs décennies voire presqu un siècle dans un premier état de transmission, celui concrétisé dans la relation enseignante qui alors était dominante avec son caractère structurant, avec la prééminence reconnue au statut de l enseignant. L avènement d une société postindustrielle centrée sur l acquisition indéfinie des savoirs et compétences tout au long de la vie a conduit à privilégier une relation de formation, que cette formation soit initiale ou continue avec plus d aléas dans la mesure où le formateur a perdu le statut prestigieux de l enseignant, les savoirs qu il est chargé de transmettre relevant davantage du provisoire que du pérenne ; sa fonction de formateur est d ailleurs ellemême souvent transitoire, le temps de la formation étant fait d alternances. Passer du premier état au deuxième exprime une désinstitutionalisation dans l ordre de la transmission. Cette désinstitutionalisation va s accélérer avec l avènement d un nouvel état, le troisième associé à l avènement d un contexte postmoderne saturé d informations et de communications, celui qui fragilise les adultes confrontés à des environnements de plus en plus complexes : nous changeons alors de dominante et nous passons de la formation à l accompagnement, un accompagnement momentané conduit par un accompagnateur détenteur d un statut très flou, simple bénévole dans certains cas, professionnel de circonstance dans d autres. Ce qui caractérise ce bénévole ou ce professionnel dans l art de la transmission, c est le fait d occuper en guise de statut une posture d aîné(e) en savoirs ou expériences ou compétences au regard de la personne accompagnée. Ainsi dans l art de la transmission, nous sommes passés successivement par trois formes de dominance, celle de l enseignant, puis celle du formateur, enfin celle de l accompagnateur, la troisième étant plus inconsistante dans l art de transmettre que la second elle-même plus fragile que la première. Seule demeure au niveau de ces trois états la même caractéristique qui les UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

34 fonde, celle d une relation asymétrique dans l art de transmettre. Comment donc au niveau de l accompagnement est aménagée une telle asymétrie, que l accompagnement relève du professionnalisme ou qu il s apparente au bénévolat? Accompagner dans une logique du projet avec : trois postures caractéristiques Cette asymétrie dans les pratiques d accompagnement implique de prendre en compte deux situations contrastées, selon que la personne accompagnée est suffisamment autonome pour négocier un projet avec ou au contraire que son état de dépendance amène l accompagnateur/trice à esquisser un projet pour elle25. Arrêtons-nous pour l instant au cas de figure du projet avec lorsqu il y a négociation possible entre les deux acteurs de la relation d accompagnement. Cette négociation va alors déterminer la posture de l accompagnateur/trice parmi trois grandes figures de l accompagnement, le suivi, le conseil, le guidage. Ces trois figures sont liées elles-mêmes au degré d autonomie ou à l inverse de dépendance dans laquelle se trouve l autre accompagné(e). Cette autonomie ou cette dépendance est diagnostiquée dès le départ par l accompagnateur/trice qui négociera ensuite avec la personne accompagnée la posture la plus appropriée qu il aura à tenir. Première posture possible, celle de la plus grande autonomie reconnue à la personne accompagnée ou qu elle se reconnaît ; nous sommes là dans le cas de figure du suivi ; l accompagnateur/trice marche comme personne ressource derrière la personne accompagnée pour la suivre à son propre rythme : l accompagnement devient un accompagnement de suivi : comme accompagnateur je suis telle personne, c'est-à-dire que je me mets derrière elle à une distance variable ; elle me précède dans l accompagnement. Je la suis et n interviens que sur sa demande ; si elle hésite, si elle a le sentiment de se tromper sur la bifurcation, le chemin à prendre, elle peut toujours se retourner vers moi et je serai là pour lui indiquer les repères indispensables recherchés. Deuxième posture, celle du conseil qui s apparente à une variante de counseling dans un contrat fixant les conditions d intervention de l accompagnateur/trice vis-à-vis de la personne accompagnée en moins grande autonomie, en doute vis-à-vis d elle-même : Je marche à côté de la personne que j accompagne, je l escorte pour qu elle ne reste pas seule. Ensemble, nous voyons comment nous orienter. L autre accompagnée est donc plus dépendante, elle a besoin de me voir avec une régularité convenue au préalable. Elle a besoin d une présence régulière. 25 Sur cette opposition entre ces deux figures de projet avec et pour, cf.ma récent travail, Grammaires des conduites à projet, Paris, Puf, UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

35 Troisième figure, celle dans laquelle l autre personne se trouve encore plus fragilisée, en vulnérabilité, en plus ou moins grande dépendance, sans possibilité de prendre des initiatives déterminées. Nous sommes alors dans l accompagnement-guidage. C est l accompagnateur/trice qui suggère avec l accord de la personne accompagnée de marcher devant elle, en prenant l initiative d un guidage : Je guide la démarche de l autre ; je le précède pour l aider à s orienter. Je peux être amené à prendre un certain nombre de décisions que je fais partager, mais avec l énorme ambigüité de me substituer à l autre et donc d entretenir dans l accompagnement une relation de dépendance, Une grande vigilance s avère nécessaire pour contourner cette ambiguïté. La relation d accompagnement dans le projet avec, à quelles conditions? Ces trois postures typiques seraient donc à approfondir pour bien cerner ce qu il en est respectivement du guidage, du conseil et du suivi. Chacune d entre elles implique de prendre en compte trois processus psychologiques indispensables pour qu il y ait relation d accompagnement : quelles que soient ces postures, la relation d accompagnement pour exister a besoin de s appuyer simultanément sur trois processus psychologique, deux de nature plus subjective, le troisième à finalité objectivante : Tout d abord la confiance ; un sentiment de partage, voire plus de connivence est à instaurer entre les deux personnes accompagnatrice et accompagnée : un sentiment de partage d affinité, non de doute. Il s agit là de cerner les conditions de cette mise en confiance, de mise à l aise. Mais cette confiance est à réguler, une fois établie, de façon à éviter qu elle se transforme en fusion. Lorsqu il y a une confiance structurante d un lien social et fondatrice d une dynamique motivationnelle sur laquelle peut s appuyer la personne accompagnée, il est alors important de changer de versant dans l exploration de la dynamique relationnelle par des mises à distance et des mises à l épreuve ; Ce changement de versant dans la relation doit amener à l instauration d un double écart vécu chez la personne accompagnée, dont elle a à prendre conscience ; d abord doit se créer un premier écart de nature variable entre elle et l accompagnateur/trice à travers la prise de conscience d une asymétrie dans sa relation à l accompagnateur/trice, une asymétrie susceptible de la questionner, de la déstabiliser pour la restructurer ; ce premier écart vécu doit dans la mesure du possible l aider à instaurer un deuxième écart, celui-là ressenti d elle-même à elle-même. Il s agit donc pour la personne accompagnée de ne pas prendre tout pour argent comptant de ce que l accompagnatrice, l accompagnateur dit, mais aussi de ce que la personne accompagnée imagine pour elle ou sur elle ou encore sur la situation ; UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

36 Enfin, au-delà de ces deux démarches plus subjectives, l accompagnatreur/trice doit travailler sur des éléments objectifs que l on appelle repères dans des environnements postmodernes qui se trouvent simultanément privés des repères anciens ayant un caractère durable et envahis d une multitude de repères nouveaux et transitoires : comment pour l accompagnateur/trice, faire signe à la personne accompagnée pour l aider à sélectionner des repères appropriés, des repères opératoires pour réguler son devenir, au milieu de cette diversité de repères plus informationnels qu existentiels qui l environnent? Sur quels repères le professionnel ou le bénévole de l accompagnement, va-t-il s appuyer ou quels repères anciens va-t-il restaurer auprès de la personne accompagnée pour constituer les étayages indispensables à même de faire reculer la vulnérabilité, la fragilité de cette personne accompagnée? Et la question de l accompagnement dans la figure du projet pour? Voilà ce qu il en est de la relation d accompagnement lorsqu elle s inscrit dans le projet avec, ce projet d accompagnement que l accompagnateur/trice mène avec la personne accompagnée. En fait ce projet avec, qu il soit de suivi, de conseil ou de guidage implique l existence de deux projets, destinés à s arrimer l un à l autre et à se réguler l un par l autre, celui de l accompagnateur/trice, celui de la personne accompagnée. De ce point de vue le projet d accompagnement ne prend tout son sens que dans l accompagnement de projet. Mais que se passe-t-il lorsque la personne accompagnée est sans projet parce qu elle se trouve dans l impossibilité d esquisser l un ou l autre projet, par suite d un handicap existentiel majeur déjà bien diagnostiqué, quel que soit la variante de ce handicap? C est là qu il nous faut passer de la figure du projet avec à celle du projet pour. Dans cette nouvelle figure, non plus de coopération mais de substitution, l accompagnateur/trice doit se risquer à se mettre à la place de la personne accompagnée et de ses intentions pour esquisser un projet pour elle. Un tel projet vise à définir le cadre de vie considéré comme le plus approprié pour elle. C est là que les abus de pouvoir, les dérives manipulatrices peuvent intervenir ; il n y a plus de possibilité de régulation d un projet par l autre ; seul reste en scène le projet de l accompagnateur/trice. Mais ce dernier ne peut demeurer isolé, livré à lui-même, quelles que soient ses bonnes intentions, sinon au risque de se laisser dévoyer ; d où pour instaurer cette indispensable régulation la nécessité de faire intervenir un collectif d accompagnement, qu il s agisse d un collectif de professionnels au sein d un service ou de bénévoles dans un espace associatif ou encore un collectif mixte professionnels-bénévoles. Ce collectif est destiné à esquisser de façon contradictoire et négociée ce projet pour autrui, en lien avec UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

37 l accompagnateur/trice référent. Nous retrouvons ici nos deux projets à arrimer l un à l autre, celui du collectif d accompagnement, celui de l accompagnateur/trice référent. A cet arrimage devra participer selon ses possibilités non entravées par son handicap, la personne accompagnée. C est en ce sens que l on évoquera avec à propos le projet individualisé comme figure caractéristique du projet pour, un projet qui se soucie d individualiser, de singulariser la situation de l autre-adulte, la personne accompagnée. Définir ainsi le projet pour évite à ce dernier cette dérive fréquente dans laquelle il tombe, celle de devenir un projet paternaliste, lorsque l accompagnateur/trice se met à penser seul pour autrui ce qui peut être bon pour lui. L accompagnement comme ouverture en direction du aller vers Jusqu ici nous nous sommes attardés à l une des deux dimensions structurantes évoquées par Maela Paul pour définir l accompagnement, l être avec ; prenons un temps maintenant pour nous intéresser à l autre dimension le aller vers. Ce qui est insolite dans le terme français accompagnement, c est qu il évoque le fait qu ensemble on doit aller quelque part mais sans préciser où l on va! Certes on peut toujours sortir de sa mallette professionnelle une panoplie d objectifs. Mais les objectifs ont quelque difficulté à cohabiter avec l accompagnement car si les premiers dans leur clarté sont de nature opérationnelle, le second reste de type flou. Alors j accompagne, mais j accompagne pour aller où? Vers quoi? Pourtant si énigmatique que soit l accompagnement, je ne dois pas accompagner à n importe qu elle condition, pour aller n importe où! Partant du fait que l accompagnement est indéfini, il va falloir que le professionnel ou le bénévole de l accompagnement précise cette double dimension du où aller? Spatiale et temporelle. Le où aller? Spatial implique des étapes à se donner. Le où aller? Temporel requiert une anticipation, un horizon temporel, et des échéances à se poser. L accompagnement implique donc des étapes et des échéances qui sont autonomes les unes par rapport aux autres. On convient que l on va rester ensemble, pendant deux, trois, quatre, cinq mois et pour faire telle ou telle activité, pour réaliser telle ou telle initiative. A travers les échéances et les étapes qu il se donne, l accompagnement est essentiellement transitoire ; il privilégie les moyens au détriment des fins. Ce qui est d ailleurs caractéristique de nos cultures postmodernes, c est qu il n y plus de fin ultime à convoiter mais seulement des intermédiaires à valoriser pour les vivre : le chemin est devenu plus important que le but. Dans cet accompagnement de transition, où l essentiel est de définir les bornes spatiales et temporelles de la transition, l accompagnement se fait double : en effet savoir où aller, c est peut-être d abord savoir écouter : une écoute plurielle, d abord celle de l autre que j accompagne, mais qui m accompagne, l autre avec sa subjectivité, l autre avec ses questions ou ses non-questions, l autre dans ce qu il me renvoie, qui UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

38 est susceptible de m aider à définir cet espace et ce temps de la transition? Cette écoute est aussi celle de l environnement des autres acteurs, de la situation ambiante faite d évènements, d opportunités, de disponibilités et de contraintes. Pour une déontologie de l accompagnement En tant que variante de l action, l accompagnement ne peut se passer de quelques repères déontologiques pour aider l accompagnateur/trice à orienter son action vers le souci de prendre en compte l autre et éviter que cette action se laisse dévoyer dans l une ou l autre forme de perversité. Nous évoquerons ici cinq repères: premier repère, questionner ses propres réponses spontanées et refuser les évidences! Nous sommes «bourrés» d évidences! Nous tombons continuellement sous le coup de délits de facies ; il suffit pour cela de se laisser impressionner par telle ou telle posture de la personne accompagnée, car il n y a pas que la posture de l accompagnateur/trice qui est en jeu mais aussi la posture de l autre, celle de la personne accompagnée. Or cette dernière, telle qu elle se donne à percevoir, nous la réduisons vite aux canons de notre propre expérience, sans toujours se soucier que l expérience est aussi trompeuse et qu au-delà de ce qu elle révèle, il nous faut la rendre perfectible ; il s agit donc de nous défier des évidences et des réponses trop rapides que nous sommes enclin à donner comme accompagnatrice ou accompagnateur ; deuxième repère, se maintenir dans un espace relationnel en évitant d accroître la dépendance de l autre vis-à-vis de soi : comment se garder de se mettre à la place de l autre, comment ne pas faire à sa place? Il s agit donc de pousser le plus loin possible la logique du projet avec et de se défier du projet pour lorsque celui-ci prend des allures maternalistes ou paternalistes : vouloir à la place d autrui son bien. Il n est pas question pour autant d esquiver le projet pour mais apprendre à y recourir, uniquement dans les situations-limites ; troisième repère, être très attentif aux potentiels de la situation d accompagnement ; en faisant un clin d œil à la pensée orientale avec le sinologue François Julien 26, nous pouvons constater que l Occident jette son dévolu sur l acteur, celui qui accompagne ou celui qui est accompagné, lorsque l Orient est sensible à la situation dans laquelle se trouvent insérés les acteurs. Quelle est cette situation concrète? Quels sont les potentiels de situation qui se trouvent 26 Cf. notamment sa contribution Traité de l efficacité, Paris, Grasset, UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

39 en jeu dont il s agit de tirer parti? Il y a des contraintes à identifier mais il y a aussi des potentiels à reconnaître avec leurs opportunités? Qu est ce que la situation m interdit mais aussi que me permet-elle de faire? quatrième repère, penser l accompagnement en termes de transitions face à une crise de l avenir, cet avenir qui est devenu de plus en plus imprévisible. Faute de pouvoir anticiper à plus long terme et de s illusionner face à un avenir insaisissable, l impératif est d aménager des transitions dans le moment présent et si possible dans le court et moyen terme? Comment dans l accompagnement, penser en termes de transitions spatiales et temporelles, des transitions destinées à déboucher sur de nouvelles transitions. Enfin, cinquièmement, en ré-évoquant la pensée orientale indienne ou chinoise, contre la pensée occidentale, préférer dans l accompagnement l oblique au linéaire, le biais et l insolite au rationnel et à la planification. Ceci peut se concrétiser dans le fait de ne pas répondre directement à la première question posée par la personne accompagnée ou de répondre à côté, de rebondir opportunément sur une autre réflexion entendue. Sans doute devient-il indispensable d éviter de penser que dans l accompagnement, tout se traduirait en termes de changement, d objectifs, de planification, de délais, quelles que soient les urgences dans lesquelles veulent nous installer les commanditaires. Pour terminer, puisqu il est question ici de commanditaires, évoquons notre responsabilité de professionnels ou de bénévoles vis-à-vis de nos commanditaires ; cette responsabilité réside dans notre capacité à endosser une posture de pédagogues en leur faisant comprendre que nous ne pouvons pas faire de l accompagnement dans n importe quelle condition, notamment dans l urgence. Pas plus que nous ne pouvons faire de l accompagnement planifié et mesuré, à moins de le transformer en conditionnement. La rentabilité, quelle qu en soit sa variante est en profonde dissonance avec l accompagnement. C est dire que la noblesse du travail d accompagnement réside dans la subtilité du recours au biais, à la ruse et à l oblique en jouant sur l imprévu pour déjouer l attendu et favoriser ainsi chez la personne accompagnée l émergence d un sentiment plus grand d autonomie et d efficacité personnelles. Mais n est-ce pas là faire appel à notre créativité? Je vous remercie de votre attention. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

40 Jacques-Yves HENNEBEL Merci Jean-Pierre Boutinet. Alors oui je vous le confirme, nous sommes frustrés. Mais, après c est une question, mais est ce que la frustration n est pas un formidable outil pédagogique? Et dans l accompagnement? Parce que l on ne dit pas tout, on ne fait pas à la place. Pour rebondir, quand vous disiez à un moment donné d opposer, verbalement en tout cas, les deux façons de voir la vie et le monde, la notre, c'est-à-dire occidentale, et orientale. Me vient une phrase, voire une invitation qui m avait été faite. Quelqu un m a dit un jour, «tu as peut-être raison, mais ce n est peut-être pas la meilleure solution.». On peut avoir raison, mais ce n est pas forcément la meilleure solution. En tout cas, j ai pris bon nombre de notes. Vous n avez pas prononcé les termes, mais à mon avis, ils sont sous jacents, comme qualités d un «accompagneur», accompagnant, d un accompagnateur, c est la souplesse entre l accompagnement suivi, l accompagnement conseil, l accompagnement guide. A mon avis, j entends qu il n y a pas une posture plutôt qu une autre, c est une invitation à la souplesse, à la vigilance, et sans doute à la solidarité, au travail d équipe, je pense que l on y reviendra cette après-midi, dans les témoignages sur l importance de l équipe, qui est un peu le «garant» du jeu. Et je voudrais réagir par rapport au fait qu il est nécessaire d être avec, et aller où? Vous avez été tout à fait avec nous aujourd hui et vous avez su saisir le potentiel de la situation, et vous nous avez emmené jusqu à cette heure-ci. Mais jusqu où, est-ce que c est important le où? Oui en termes d objectifs, maintenant, comme disait René Char, «l imprévu est là pour déjouer l attendu» le chemin n est-il pas plus excitant, que le but vers lequel on va? Je reconnais qu il faut poser des jalons. Qu en pensez-vous Jean-Pierre? Entre se fixer un but, et j associe volontairement, caricaturant, but et performance. Il faut que tu arrives à ça! Alors finalement on a fait un bout de chemin, ce n est pas ce à quoi on pensait arriver, mais on a beaucoup cheminé ensemble. Et tu as fait un sacré bout de chemin. Jean-Pierre BOUTINET Oui si jamais on force trop la performance, nous sommes dans du coaching. On peut faire de l accompagnement coaching. Mais je serais très prudent sur les objectifs. Encore que, il peut, dans certains cas, être intéressant de procéder par pallier d objectifs, pour encourager les personnes qui échouent tout le temps, à réussir. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

41 Comment convaincre une personne qui échoue tout le temps à réussir? Pour cela la démarche par mini-objectifs est très intéressante. Mais il est vrai que ce qui est anticipé, n est pas du tout ce qui est réalisé, et c est tout autre chose, malgré tout, c est parce que j anticipe que je suis moins vulnérable. Un des critères de la vulnérabilité psychologique et toutes les études concordent, c est l incapacité des adultes à pouvoir imaginer ce que, le prochain weekend, ou la prochaine semaine, ils vont faire. C est d avoir un voile sur les yeux, sans horizons temporel. L anticipation c est le vide. Nous ne créons que dans du vide. Nous avons besoin de vide, même si le plein que nous imaginons va être totalement différent du plein effectif que nous allons obtenir, il n empêche que je suis beaucoup confortant, beaucoup plus résistant si je suis capable d anticiper. Par exemple, les transitions professionnelles. Quelqu un qui n a pas anticipé sa transition est dans une vulnérabilité très forte. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

42 6. Plus jamais sans Nous Aussi. Lucette BLANQUART Déléguée locale de l association Nous Aussi. Corinne CLERMONT Membre de l association Nous Aussi. Fabrice VANNOBEL Délégué européen EPSA (European Platform Self-Advocates) à Inclusion Europe, membre du Stearing Group et participant au projet Pathways (Facile à Lire et Ecrire), vice président de l association Nous Aussi, association de personnes handicapées intellectuelles. Pascal VERVOORT Membre de l association Nous Aussi. Jacques-Yves HENNEBEL J ai le plaisir de vous présenter quelques représentants, quelques membres de l association Nous Aussi. Nous allons bien sûr découvrir l association Nous Aussi, mais je vous présente tout de suite Fabrice Vannobel. Je me permets de lire et de citer, quelques uns de vos mandats au sein de l association Nous Aussi. Vous êtes délégué européen EPSA (European Platform Self-Advocates) à Inclusion Europe. Un petit commentaire tout de suite sur cela? Fabrice VANNOBEL En fait, je suis représentant au niveau de l Europe, c'est-à-dire que je représente les APEI, les Papillons Blancs et les personnes avec déficience intellectuelle. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

43 Jacques-Yves HENNEBEL Vous êtes membre du Stearig Group et participant au projet Pathways (ce sont les documents Facile à Lire et Ecrire). Vous passez votre temps à l étranger Fabrice? Fabrice VANNOBEL De temps en temps je vais à Bruxelles. A Bruxelles nous avons des documents, et nous les rédigeons en «facile à lire». Jacques-Yves HENNEBEL Nous reviendrons toute à l heure sur cela. Nous passons ensuite à Pascal Vervoort. Vous remplacez, au pied levé, un collègue qui ne pouvait pas être là. Pascal, vous êtes membre de l association Nous Aussi depuis deux ans. Ensuite, Lucette Blanquart. Non seulement vous êtes membre de l association Nous Aussi, mais je vois que vous êtes Déléguée locale. Qu estce que cela représente? Lucette BLANQUART Ce sont les membres du Conseil d administration de l association Nous Aussi qui votent le délégué local. Ensuite, nous avons un rapport à rédiger sur ce que nous allons faire dans la ville, et là c est encore voté à Paris. Jacques-Yves HENNEBEL Donc vous représentez à certains moments, d autres membres. Merci Lucette. Et Corinne Clermont. Corinne qui est également membre de l association. Depuis combien de temps? Corinne CLERMONT UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

44 Depuis juin C est tout récent. Jacques-Yves HENNEBEL En effet c est tout récent. A vous entendre, j avais l impression que ça faisait 10 ans que vous y étiez. Corinne CLERMONT Non, mais j ai vite compris le principe, et toutes les personnes qui arrivent comprennent vite le principe, donc on s y met facilement. On nous met facilement à l aise, alors on comprend facilement. Jacques-Yves HENNEBEL Justement, vous allez nous faire partager le principe. Vous l avez compris, nous allons commencer cette après-midi par une tranche de vie. Par rapport aux belles idées que nous avons entendues avec nos différents intervenants ce matin, maintenant l accompagnement, comment peut-on le vivre? Comment vous le vivez? Parce que vous incarnez le résultat d un accompagnement. Vous dites que Nous Aussi, cette association, c est facile à comprendre. Nous allons donc vous écouter. Nous commençons avec Lucette, dites nous en plus sur Nous Aussi. 6.1 «Pourquoi Nous Aussi?» Lucette BLANQUART : Nous Aussi c est quoi? C est une association de personnes handicapées intellectuelles, dont le siège se trouve à Paris. Nous Aussi c est qui? C est quinze délégations, dont Dunkerque fait parti. Nous sommes une cinquantaine de membres dans cette délégation de Dunkerque. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

45 Nous Aussi Pourquoi? Pour nous exprimer sur les sujets qui touchent notre vie ; être le porteparole de toutes les personnes handicapées intellectuelles, quel que soit leur degré de difficulté. Affirmer notre droit à prendre part aux décisions qui nous concernent. Modifier le regard porté par la société sur le handicap mental. 6.2 «Le regard sur le handicap intellectuel a changé!» Corinne CLERMONT Le regard sur la personne déficiente intellectuelle a changé. Cela a changé pourquoi? Déjà il y a les lois. Les lois de 2002 et de Je ne vais pas trop m étendre là-dessus parce que franchement je vais vous le dire, elles sont très compliquées. Déjà pour des personnes qui n ont pas tellement de problèmes intellectuels c est compliqué, alors pour des personnes comme nous c est encore plus compliqué. Peut-être que le gouvernement devrait faire leurs lois en «Facile à Lire», cela nous aiderait. La participation au projet personnalisé, qui permet à la personne déficiente intellectuelle d être acteur de sa vie, de son projet. Il y a aussi le regard de la société qui a évolué, puisque maintenant on commence à voir des acteurs déficients intellectuels, je pense à l acteur qui a joué Le huitième jour, Pascal Duquenne. Il y a aussi les chanteurs, Grand Corps Malade, ou encore Linda Lemay, qui écrivent des chansons magnifiques sur les personnes déficientes intellectuelles. Il y a aussi dans les écoles, là je ne parle pas des lois de l adaptation au niveau scolaire, mais je parle plus au niveau jumelage, où cela arrive que des IME soient jumelés avec des classes d enfant dit «normaux». Les enfants accompagnent d autres enfants et comprennent plus facilement le handicap, pour eux ça devient plus facile. Il y a aussi le handicap qui change un peu. Dans le handicap intellectuel on peut trouver plusieurs choses, ce que l on appelle le handicap psychologique, voire aussi le handicap plus faible, des personnes qui ont plus de mal à lire, et qui vont se retrouver plus facilement avec une orientation MDPH. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

46 6.3 «Nos besoins ont évolué» Corinne CLERMONT Nos besoins aussi ont évolué! Il y a des choses qui ne sont pas toujours adaptées à nos demandes. Par exemple, les formations ne sont pas toujours adaptées. Des personnes qui sont déficientes intellectuelles aimeraient apprendre à lire, ou bien apprendre l anglais. Evidemment, peut-être que dans les ESAT il y a des cours de soutien, mais ceux qui ne sont pas dans des ESAT ont du mal à trouver des centres de formation qui sont adaptés à leurs besoins. Et c est dommage parce que l on peut avoir les outils, puisqu en classe maternelle ils apprennent bien l anglais sans savoir ni lire ni écrire. Alors pourquoi les formations ne seraient pas adaptées à des personnes déficientes intellectuelles? Les besoins ont aussi fortement évolué, par exemple en prenant une petite anecdote, un témoignage que vous retrouverez dans le petit livre que l on vous a distribué ce matin (nous en reparlerons tout à l heure). Il y a Lucette qui nous parle de l accompagnement, et elle nous dit, «avant on ne parlait pas d accompagnement, on parlait de prise en charge». Maintenant, on parle d accompagnement, pour que la personne puisse se prendre en charge. C est tout de même une différence. Et aussi, elle dit quelque chose de très intéressant, elle dit «on a besoin d accompagnement nous, pour pouvoir demander des subventions, écrire des lettres à l IRTS». Vous imaginez il y a 5 ans, des personnes déficientes intellectuelles, venir vous demander cela? Dire «eh bien voilà, moi ce que je veux faire c est des interventions, mais j ai besoin d un accompagnement pour demander des subventions». Je vais même aller plus loin dans ma théorie, imaginez dans 5 ans, ou peutêtre même avant, une personne déficiente intellectuelle viens vous voir en disant «voilà, j aimerais bien créer mon entreprise, j ai l argent, j ai les idées, mais je ne sais pas comment faire.» Est-ce que vous vous sentez prêts à accepter le challenge? C est tout de même une grande avancée, et les demandes ne sont plus du tout les mêmes. Bien sûr, nous allons retrouver un peu le même accompagnement sur certaines personnes, tout ce qui est logement, budget ça nous allons encore le retrouver, mais les demandes vont vraiment aller plus loin, et ça il faudra vraiment vous préparer parce que nous allons être de plus en plus exigeants la dessus, sans choquer qui que ce soit évidemment, ce n est pas notre intention. Ce que nous voulions aussi dire, c est «prenez le temps». Nous l avons bien entendu ce matin, et nous allons le répéter encore. Prenez le temps de nous parler. Prenez le temps de nous expliquer. Mettez des mots simples dans vos idées, n employez pas des mots trop compliqués. Souvent j ai entendu «Ah oui, il faut que je vous parle, mais pas maintenant, là j ai une réunion». Et UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

47 plus tard on oublie. Ou encore «ce que vous m avez dit tout à l heure oui mais ça ne va pas, ce n est pas comme ça» et finalement, nous, nous sommes frustrés. On est mal à l aise, et du coup, il y a un manque. J ai envie de dire simplement : 5 minutes perdues dans le présent, c est 5 mois d accompagnement gagnés dans le futur. Ce n est pas nous qui allons nous mettre à votre portée au niveau du langage. On n est pas forcément capable, on n a pas toujours les outils. Ce sera aux personnes de se mettre à la portée de notre langage. Je voulais rajouter encore une chose, comme les besoins ne sont plus les mêmes, que nous allons être plus exigeants, on va retrouver aussi la confrontation. Les personnes qui vont nous accompagner ne seront peut-être pas prêtes à aller jusque là. J aimerais aussi parler de l échec. L échec ce n est pas très grave, il faut nous accompagner à l échec. Tout le monde fait des échecs et nous aussi on a besoin de faire nos propres erreurs. On a besoin aussi de faire nos propres expériences. Ce n est pas parce que l on n arrive pas, que l on est franchement nul. Ce n est pas grave, ça fait partie de la vie. Une fois on réussit, une fois on ne réussit pas. Ce qu il faut c est bien nous préparer, et vous préparer aussi, parce que l échec ce n est pas que pour nous, c est aussi des fois pour ceux qui accompagnent. Aidez nous à nous préparer à l échec, mais laissez nous faire nos propres erreurs! Jacques-Yves HENNEBEL Merci Corinne. Nous allons laisser Pascal s exprimer, mais nous reviendrons sur les conditions d un bon accompagnement, avec des exemples, des illustrations sur ce temps que vous réclamez. Ce temps qui n est pas le même. Pascal, vous prolongez sur vos besoins, la façon de les exprimer. 6.4 «Comme vous, nous avons des besoins, des envies, des rêves» Pascal VERVOORT Avant, on nous considérait à part, et nous on obéissait, sans toujours comprendre. Pourquoi? Nous sommes des personnes comme vous! UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

48 On ose aussi dire et affirmer ce que nous voulons. Défis, adrénaline, confrontations, Nous voulons nous sentir utile, nous sommes capable d aider d autres personnes. 6.5 «Quels effets sur votre accompagnement?» Pascal VERVOORT A l heure où les choses évoluent, les professionnels ont moins de temps, et les institutions ne peuvent plus prendre de risques (exemple avec la Finlande, on y reviendra ensuite avec Corinne). Notre intervention de Nous Aussi aujourd hui pour vous, c est une prise de risque. Les parents ont peur aussi, on se libère, on s affirme. Jacques-Yves HENNEBEL Vous parlez de prises de risque je m adresse à vous Pascal, qu est ce que ça vous fait d être sur scène là maintenant? Pascal VERVOORT C est une victoire sur moi-même, car j étais un vrai timide dans le temps, je dois l avouer. Jacques-Yves HENNEBEL Et qu est ce qui a fait que vous êtes maintenant sur scène? Qu est ce qui a fait que vous avez changé entre avant, et maintenant? Pascal VERVOORT C est difficile à dire comme cela dans le vif, mais comme je le disais toute à l heure, c est une victoire sur moi-même. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

49 6.6 «Aidez nous à nous exprimer, à être acteur» Corinne CLERMONT Comme Pascal le disait tout à l heure de la prise de risque, nous sommes allés en Finlande, à une conférence européenne. Il y avait un monsieur qui expliquait qu avant, chez lui, il prenait son vélo, et il partait s il avait envie de partir, il partait faire un tour en vélo. Après il est allé en institut où on a dit «houlà, le vélo, dans le garage!». Alors ce monsieur, il ne comprenait pas puisque d habitude le vélo il le prenait. Donc la prise de risque, elle est un petit peu là aussi, parce que du coup, nous nous sommes interrogés, on s est dit c est peut-être un peu exagéré. Nous en avons parlé entre nous, et on s est dit, il y a une prise de risque aussi pour le professionnel. Le professionnel ne peut pas toujours se permettre de dire du jour au lendemain, «oui, prends ton vélo». Si jamais il arrive quelque chose, qui est responsable? C est quand même le professionnel. Par contre c est vrai qu il y a des prises de risques que le professionnel peut prendre, du style, dans les instituts, autoriser la télé dans les chambres. Il y a des instituts, je ne donnerais pas de nom évidemment, où les personnes ne peuvent pas regarder la télé dans les chambres, de peur qu ils regardent à des heures abusives, de peur qu ils regardent des films qu ils ne veulent pas, mais ça c est leur choix, c est leur vie aussi! Nous nous ne savons pas ce qui se passe dans les maisons des gens qui accompagnent. Peut-être qu ils regardent des films porno ou bien qu ils regardent à des heures impossible aussi ça c est chacun sa vie! Mais on comprend aussi l inquiétude de la famille, car on disait quand même toute à l heure que nos besoins sont plus importants et sont pareils que les besoins d autres personnes, et on demande plus et on comprend que les familles ont un peu peur. Quand on a des enfants on a toujours peur pour nos enfants, et quand en plus ils sont en difficultés, on a deux fois plus peur, et cela c est humain, c est le contraire qui ne serait pas normal. Et ça on le comprend, et on comprend aussi que l on demande beaucoup, beaucoup aux professionnels. On demande beaucoup de temps et énormément de patience et ils en ont très peu. On leur demande tout de même beaucoup. Jacques-Yves HENNEBEL Encore un mot, qu est ce que c est pour vous être acteur? UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

50 Corinne CLERMONT Etre acteur, ça veut dire que l on veut participer. On ne veut pas être passif, on veut participer! On en a marre de dire «qu est ce qu on peut faire pour nous?». Maintenant on a envie de dire «qu est ce que nous on peut faire pour vous?». Qu est ce que nous on peut faire pour vos villes? Qu est ce que nous on peut vous apporter? Et on peut apporter beaucoup, il suffit juste de nous écouter, comme vous le faites aujourd hui, et de nous excuser si l on déraille un petit peu, parce que c est tout de même beaucoup, beaucoup de boulot pour nous, on a quand même bien travaillé, nous ne sommes pas venus ici les mains dans les poches mais on a encore quand même un petit peu de soucis, c est quand même la première fois, et puis pour Pascal ce n était vraiment pas facile pour lui de venir, il n a appris ses feuilles qu avant-hier, donc il mérite beaucoup d encouragements de notre part et c est ça être acteur! 6.7 «Nous aussi, nous devons développer nos capacités» Jacques-Yves HENNEBEL Chacun a des talents, c est ce que vous voulez nous dire Pascal. Développer ses capacités. Pascal VERVOORT En effet, nous aussi nous devons développer nos capacités. Montrer que nous sommes capables. Ne pas attendre des autres ce que nous pouvons faire soi-même. Apprendre, persévérer, avoir un comportement social respectueux des autres. Faire face à nos peurs, dépasser nos appréhensions. Insister pour nous faire comprendre et entendre. Se servir du groupe. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

51 6.8 «Notre action au-delà des frontières». Jacques-Yves HENNEBEL J entends parler de Bruxelles, j entends parler de la Finlande, je ne sais pas si c est de cela dont vous voulez nous parler mais vous avez une action au niveau européen. Fabrice VANNOBEL Oui, en fait cette année au niveau de l EPSA à Inclusion Europe le congrès se faisait en Finlande, alors j y suis allé en tant que représentant de la France. L année prochaine, cela se fera en Allemagne. Ici, le thème en Finlande c était «moi je dirige ma vie». Par exemple, moi je vis en appartement, moi je vis en foyer Comment faire pour vivre en appartement? Comment faire pour vivre en foyer? Comment faire pour vivre tout seul? Voilà le thème. Maintenant je vais vous dire un peu ce que j ai fait. J ai participé à Bruxelles, à l élaboration du guide européen pour rendre une information «Facile à Lire», mais aussi à comprendre. Pourquoi les personnes déficientes intellectuelles ont besoin d outils pour rendre les informations faciles à comprendre? Les personnes déficientes intellectuelles peuvent faire beaucoup de choses dans leur vie si elles sont aidées comme il le faut. Des fois, elles ont plus de mal que les autres à comprendre et à apprendre de nouvelles choses. C est pour cela que des personnes de pays européens ont élaboré des règles qui vont permettre aux personnes déficientes intellectuelles d avoir accès à des informations aussi claires et aussi faciles à lire et à comprendre que possible. Dans vos petits coffrets, vous avez eu un petit livret que nous avons fait à Dunkerque, sur l accompagnement (cf. voir le livret en annexe de ce document). Ça nous a pris deux mois et demi pour le faire. Vous voyez que dessus il y a un petit bonhomme vert. Nous avons une grille d évaluation sur ce petit livret. Vous verrez si vous prenez la page du milieu, le paragraphe se coupe en deux. Et nous quand on le lit, beaucoup de personnes vont s arrêter là, et ne penseront pas à continuer. C est pour cela que le petit logo est vert. Sinon il aurait été bleu, c'est-à-dire qu il est déclaré «Facile à Lire». Et là il est en vert, il n y a eu que 80% de validation. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

52 Jacques-Yves HENNEBEL Que retrouve-t-on dans ce livret? Fabrice VANNOBEL Ce sont nos témoignages. Pourquoi nous voulons un accompagnement. Jacques-Yves HENNEBEL On retrouve aussi ce que vous avez commencé à nous dire : accompagner pour vous c est ; ce qu il faut faire ; ce que vous pouvez faire grâce à un bon accompagnement ; ce qu il ne faut pas faire. Fabrice VANNOBEL Ce que nous on sait faire, ce n est pas ça qu il faut faire, mais c est plutôt nous aider à faire ce que l on ne sait pas faire. Jacques-Yves HENNEBEL Pourriez-vous nous donner, en commentaire de ce livret que tout le monde a maintenant, quelques exemples de bons accompagnements, et ce que cela procure? Des exemples de voyages, de trajectoires, de choses que vous ne saviez pas faire, et que tout d un coup on vous a fait découvrir que vous saviez faire (comme prendre la parole). Corinne CLERMONT Justement j allais dire, prendre la parole pour certain ça paraît facile, mais pour nous c est un gros travail sur nous même et ça c est quand même un gros challenge. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

53 Jacques-Yves HENNEBEL Et qu avez-vous eu? Une formation, un accompagnement? Comment cela s est-t-il fait? Corinne CLERMONT On a bien travaillé, et vous voyez, l accompagnement, comme le disait M. Boutinet ce matin, il parlait des accompagnateurs, des accompagnants professionnels, mais aussi des accompagnants bénévoles. Et ça c est vrai, c est important. L accompagnant n est pas toujours celui que l on croit. Ce n est pas toujours le professionnel. Par exemple nous, entre nous, on s auto-accompagne. S il y en a un qui a une difficulté, comme vous avez pu le voir, tout de suite, nous allons l aider. C est ça aussi l accompagnement. Ce sont des choses qui se font pratiquement dans la vie de tous les jours. Je prenais l exemple toute à l heure d un enfant qui va aider un autre enfant qui a un petit peu plus de problèmes, et c est ça l accompagnement, c est des petits gestes de tous les jours. On le fait pratiquement tout le temps, même sans s en rendre compte. Nous même, on le fait. Et c est important pour nous de se sentir soutenu. Jacques-Yves HENNEBEL Voilà effectivement, c est une journée entre professionnels, et vous soulignez comme Jean-Pierre Boutinet, que ce n est pas que le fait de professionnels, et ça peut-être dans la vie de tous les jours. Quand nous nous étions rencontrés, vous m aviez donné l exemple de vous aussi, accompagnant l exemple du métro dans Paris Fabrice VANNOBEL Oui c est moi. En fait, je suis aussi vice-président au niveau national, et donc je dois aller souvent à Paris. Mais à un moment donné, j ai été le seul membre de Dunkerque à aller au conseil d administration. Et là notre accompagnatrice ne savait pas prendre le métro. Elle essayait toujours de trouver quelqu un pour m accompagner, mais finalement un jour elle à dû prendre deux jours de congés pour aller repérer avec son mari. Et finalement ça a été. C est pareil quand on prend la parole, on va aussi à l IRTS, on fait des interventions à l IRTS. Et là, la première fois qu on a été là-bas, on avait le trac. Même Lucette, la première fois me disait «moi je ne parle pas, je ne fais UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

54 qu avancer le power point», elle était un peu angoissée. Mais par la suite, ça c est très bien passé. Jacques-Yves HENNEBEL Et le 16 janvier dernier, vous avez reçu un trophée des acteurs Grand Synthois? Fabrice VANNOBEL Je vais laisser parler Lucette, car c est avec son mari, Dany, comme ils sont sur Grande Synthe, et qu ils aident beaucoup la ville à travers l association Nous Aussi, c est la mairie de Grande Synthe qui les a sollicité pour ce trophée. Lucette BLANQUART Oui nous avons eu le trophée des acteurs Synthois, parce que nous faisons beaucoup pour l association, et nous faisons beaucoup pour notre ville. Nous sollicitons des subventions, mais nous donnons en retour, notre temps pour la ville. Donc nous allons aller dans le Jardin public de Grande Synthe. Le titre, c est «les fééries de Noël», nous allons recevoir tous les enfants, et toutes les associations sont là pour les accueillir. Jacques-Yves HENNEBEL Et je sais que vous êtes très demandés, car tout à l heure vous allez repartir rapidement à 17h00. Qu allez-vous faire? Fabrice VANNOBEL Dès que le journée sera terminée nous devrons partir parce qu en fait comme l année prochaine ce sont les 50 ans de l UNAPEI, il y a un grand concours qui a été lancé sur l accessibilité, et j ai été sollicité par l UDAPEI pour faire parti du jury pour la remise des prix (nous avions 33 dossiers à étudier) du trophée sur l accessibilité, et je vais le dire ici, c est l association Nous Aussi qui a remporté le premier prix, avec 393 voix. Et comme je suis le président du jury, je vais devoir partir tout de suite, pour pouvoir remettre les prix sur l accessibilité. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

55 Jacques-Yves HENNEBEL Bravo! Nous vous accompagnerons par la pensée toute à l heure. Pour terminer, mais il y aura la table ronde toute à l heure, et nous pourrons revenir sur Nous Aussi si vous le souhaitez, vous avez peut-être un mot à ajouter? Je voudrais revenir sur quelque chose qui s est échangé la première fois que l on s est rencontré, ça venait de Corinne, mais je sentais que c était partagé. Corinne, vous nous avez fait part d une utopie. Cela vous dit quelque chose? Vous vous souvenez? Si vous me le permettez, je vous cite, et après je vous laisse commenter. Vous me dites, «l utopie, ce serait que les associations comme Nous Aussi n existent plus!». Corinne CLERMONT Oui c est ça. En effet, ça c est une grande utopie. C est que des associations comme les Papillons Blancs, Nous Aussi, ou même SOS racisme, ou les femmes battues, seront des associations qui n existent plus, car ça voudrait dire que tout le monde est bien intégré, que tout est bien. Mais je ne pense pas que cela soit possible. Il y aura du mieux, ça c est sûr. L intégration se fera petit à petit. Peut-être que nous on ne va pas le voir, mais c est sûr que ça va se faire! Mais ça, ce serait vraiment une grande victoire pour tout le monde. Désolée pour les associations de dire qu elles n existent plus, mais je pense que les personnes qui en font partie seront d accord avec moi. Jacques-Yves HENNEBEL Merci Corinne, merci Lucette, merci Pascal, merci Fabrice. Nous vous retrouverons toute à l heure pour notre table ronde. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

56 7. Les chemins de l autodétermination. Yannick COURBOIS Professeur de psychologie, laboratoire PSITEC, à l université de Lille III. Jacques-Yves HENNEBEL J appelle tout de suite Yannick COURBOIS. Après ce témoignage qui nous renvoie tous sur nos pratiques, aussi bien de façon rationnelle, et humaine, nous suivons notre cheminement, et nous allons aborder avec Yannick COURBOIS qui est professeur de psychologie, l aspect psychologique de la personne accompagnée, et plus particulièrement «l autodétermination». Yannick COURBOIS, merci de participer également à l enrichissement de notre après-midi. Vous êtes professeur de psychologie au laboratoire PSITEC. Je vous ai demandé hier soir de quoi il s agissait : TEC pour Temps, Emotion et Cognition. Et vous êtes plus particulièrement en charge du handicap. Comme nous avons commencé à le faire depuis ce matin, il y a des textes qui ont été écrit. D ailleurs, on le sait bien que les textes et les lois qui ont été écrits arrivent à postériori, font un peu jurisprudence de ce qui émerge des pratiques. Donc il y a bien sûr la loi de 2002, mais qui ne faisait qu écrire ce qui était déjà en germes, la personne au centre du projet. Ce sont des beaux mots, c est une belle idée, mais dans quelle mesure ce projet peut-il s exprimer? Qui dit projet, dit forcément choix. Je choisis ma vie, je m autodétermine. Dans quelle mesure je suis capable de m autodéterminer? Et dans quelle mesure l accompagnement peut-il amener cette autodétermination? Est-ce une utopie l autodétermination? Si oui, si non, à quelles conditions la favoriser? Nous vous écoutons Yannick. Yannick COURBOIS Merci. Pour commencer, j aimerais dire que ce moment est particulièrement important pour moi. Mon premier employeur a été l association des Papillons Blancs de Lille et j ai travaillé pendant 6 ans à l IME Lelandais en tant qu éducateur spécialisé. Un certain nombre de mes anciens collègues sont présents dans cette salle. L IME Lelandais était alors dirigé part Jean-Claude Vantourout, homme particulièrement attentif à son équipe et visionnaire dans UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

57 sa façon de concevoir l éducation spécialisée. Je tenais à évoquer sa mémoire ici. Entrons maintenant dans le thème de la conférence : les chemins de l autodétermination. Je vais aborder cette question sous l angle de la psychologie en essayant de dégager les mécanismes à l origine d une faible autodétermination des personnes avec une déficience intellectuelle. Certes, les témoignages que nous venons d entendre sont exemplaires car ils montrent bien que des personnes avec une déficience intellectuelle peuvent être autodéterminées. Je pense que ce sont, hélas, des exceptions. Le terme «autodétermination» provient de la politique. Il s agit du droit des peuples à disposer d eux-mêmes et à déterminer leur propre forme de gouvernement indépendamment de toute influence étrangère. Par extension, ce terme s emploie dans le champ du handicap où il a des connotations sociologiques, pédagogiques, et psychologiques. Il existe plusieurs chemins qui conduisent à l autodétermination. L un deux pourrait s inscrire dans une «approche sociale du handicap» 27 (Ravaud, 1999) prenant la forme d une reformulation des règles politiques et sociales afin de permettre aux personnes d avoir une existence autodéterminée. La loi de février 2005 a bien défini de nouvelles règles dans lesquelles la notion de projet de vie est essentielle. Elle ne garanti cependant pas la parole autodéterminée de l usager. Un autre chemin de l autodétermination pourrait s inscrire dans une approche plus individuelle. La question étant de savoir comment acquérir les habiletés nécessaires à l émergence d un comportement autodéterminé. Question que je vais tenter d éclairer par l approche psychologique. Je commencerai par proposer une définition de l autodétermination pour la confronter ensuite aux nouveaux modèles du handicap. Je continuerai en approfondissant une composante essentielle de l autodétermination : l autorégulation. Je terminerai en proposant quelques pistes de réflexion au sujet des actions éducatives à mener pour permettre aux personnes de devenir plus autodéterminées. 1. Définition de l autodétermination. 1.1 L autodétermination : une définition 27 Ravaud, J.F. (1999). Modèle individuel, modèle médical, modèle social : la question du sujet. Handicap, Revue de sciences humaines et sociales, vol 81, UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

58 Selon WEHMEYER (directeur du Center on Developmental Disabilities de l université du Kansas), «L autodétermination regroupe les habiletés et attitudes requises chez une personne, lui permettant d'agir directement sur sa vie en effectuant des choix non influencés par des agents externes indus.» (Sands & Wehmeyer, 1996). La personne est un «agent causal» de sa vie. Elle définit les objectifs qui lui semblent importants et met en place les actions pour les atteindre. Prenons le livret qui vient de nous être remis par l association «Nous aussi». Page 2, nous lisons : «Nous voulons : avoir droit à la parole, et nous exprimer sur ce qui fait notre vie : le travail, la vie privée, les vacances, Avoir un droit de décision sur ce qui fait notre vie, avec plus ou moins d aide, selon nos capacités». C est exactement de cela dont il s agit. WEHMEYER a une approche plutôt pragmatique de l autodétermination qu il caractérise à partir d un ensemble de composantes renvoyant à des habilités différentes. Ces dernières peuvent faire l objet de projets éducatifs. 1.2 Les composantes de l autodétermination. WEHMEYER va identifier un certain nombre de composantes dans l autodétermination. Autonomie : Selon WEHMEYER, pour être autodéterminé, il faut tout d abord avoir une certaine autonomie. L autonomie est envisagée comme la possibilité de faire des choix, mais aussi comme la capacité de mener une existence relativement indépendante. Autorégulation : Pour WEHMEYER être autodéterminé, c est aussi avoir un comportement autorégulé qui permet de définir des objectifs, résoudre des problèmes, prendre des décisions. Page 5 du livret de «Nous aussi», je lis : «Il faut encourager notre participation à la prise de décision». Empowerment psychologique : L empowerment psychologique (difficile à traduire en français) est aussi une composante de l autodétermination. Il renvoie au sentiment d efficacité personnelle, et aussi à l idée que la personne pense pouvoir exercer un contrôle sur sa vie. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

59 Autoréalisation : Enfin, être autodéterminé selon WEHMEYER, c est aussi avoir un certain degré d autoréalisation, c'est-à-dire, connaître ses forces, ses faiblesses, et agir en conséquence (Lachapelle, 2003)28. Il est possible d estimer le degré d autodétermination d une personne à partir de ces quatre composantes. L échelle d autodétermination du LARDI (Wehmeyer et al. 2001) évalue, par exemple, les points suivants (extraits de l échelle). Autonomie : Je prépare mes repas ; je choisis les activités qui m intéressent ; je choisis mes vêtements, ma coupe de cheveux ; je décore ma chambre, etc. («jamais, quelques fois, souvent, toujours?») Empowerment psychologique : Si j ai les aptitudes, je trouverai l emploi que je veux faire ou je ne trouverai pas l emploi que je veux, même si j ai les aptitudes («quelle phrase me décrit le mieux?»). Autoréalisation : Je connais ce que je fais de mieux, je sais comment compenser mes limites. Exemples tirés de l échelle d autodétermination du Laridi (Wehmeyer et al. 2001) 1.3 L autodétermination : modèle WEHMEYER a élaboré un modèle de l autodétermination. Je n ai pas le temps de l expliquer en détail. Je ne retiendrai donc que les éléments essentiels. L autodétermination dépend de capacités individuelles qui s élaborent au travers du développement et des apprentissages. Elle dépend aussi des caractéristiques de l environnement qui, en offrant (ou en n offrant pas) des opportunités à la personne, favorisera (ou pas) l émergence de comportements autodéterminés. Les caractéristiques de l environnement interagissent avec les caractéristiques individuelles pour développer (ou non) des compétences en autonomie, autorégulation, empowerment et autoréalisation. Celles-ci vont déterminer un degré plus ou moins élevé d autodétermination. 28 Lachapelle, Y. (2003). L autodétermination. in M. Tassé & D. Morin (Eds), La déficience intellectuelle, pp , Montréal, Gaétan Morin Editeur. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

60 1.4 Les personnes avec une déficience intellectuelle sont faiblement autodéterminées Pourquoi? Nombreuses sont les recherches qui montrent que les personnes avec une déficience intellectuelle sont faiblement autodéterminées. Chacun d entrevous peut se référer à sa pratique professionnelle pour trouver des exemples qui illustrent le faible degré d autodétermination. Parfois, la personne n est même pas consultée, on prend la décision à sa place. Ou alors, on l informe simplement de la décision qui a été prise pour elle. Vous allez peut-être me dire «Nous essayons, nous aimerions bien que la personne choisisse, mais elle ne le fait pas». Comment se fait-il que le degré d autodétermination soit aussi faible chez ces personnes? Est-ce une caractéristique intrinsèque de la déficience intellectuelle : la personne serait totalement incapable de comportements autodéterminés? Ou alors, est ce que l environnement, tel qu il est organisé, ne permet pas l émergence de comportements autodéterminés? Tournons nous vers les modèles du handicap pour aborder cette question. UDAPEI «L accompagnement aujourd hui, une posture à imaginer ensemble» Roubaix 3 déc

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