La PIDE et les Portugais en France. notre pays 3. En filigrane apparaît une représentation du migrant portugais

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1 Emigrés surveillés La PIDE et les Portugais en France L e 27 avril 1966, la PIDE (Polícia Internacional e de Defesa do Estado) transmet une note à la présidence du conseil et aux ministères de l Intérieur et des Affaires étrangères. Evoquant la situation des Portugais en France, elle met en garde l élite du régime salazariste : le danger de formation idéologique de nos gens est évident, d autant plus que, étant en majorité des gens simples des campagnes, ils constituent un champ abandonné aux doctrines nouvelles aux goûts des passions et des intérêts. Battus de plein fouet par une vague de propagande subversive de feuillets, conférences, fêtes, manifestations, etc. dans la baraque, la rue, au travail, nos ouvriers pourront difficilement résister sans être blessés 1. Usant d un ton paternaliste ( nos gens ) et véhiculant la vision infantilisante du peuple portugais partagée par les élites salazaristes 2 - celle d un peuple réputé simple et pur mais facilement manipulable car a-critique -, la note craint les effets pervers de l émigration portugaise vers la France, c est-à-dire une menace pour la survie du régime dictatorial. Une autre note produite par la PIDE la même année atteste de cette crainte : Il est assez fréquent de trouver dans les mains des travailleurs ruraux provenant de France le journal O Trabalhador, que l on devra considérer aussi pernicieux, voire plus, que les publications du PC : O Avante, O Militante. La lecture de n importe quel numéro de ce journal laisse parfaitement deviner jusqu où va l influence du PCF sur nos émigrants - la plus grande partie desquels, quand ils reviennent dans leurs terres, représente un véritable danger. Bien que cette publication dise défendre les intérêts des travailleurs portugais résidant en France, c est, en réalité, un instrument de pénétration communiste orienté contre l ordre social existant dans Víctor Pereira notre pays 3. En filigrane apparaît une représentation du migrant portugais en France : celle d un révolutionnaire potentiel, transportant avec lui - consciemment ou non - les germes de la Révolution et de la subversion 4. Outre le fait que la migration soit intrinsèquement une rupture avec l ordre établi 5 et que les migrants s initient, en France, à la démocratie et découvrent une société moins inégalitaire et moins hiérarchisée, les élites salazaristes craignent une politisation des migrants par le PCP ou d autres partis d opposition. La France, et en particulier Paris, sont considérés par les élites salazaristes comme une base arrière du communisme international où des militants apatrides et antipatriotes tentent de convertir les travailleurs portugais. Le déracinement, les conditions misérables dans lesquelles vivent des migrants coupés de leurs campagnes, de leurs familles et de l encadrement traditionnel censé les protéger de la propagande subversive, favorisent la tâche de ces trublions. Pour contrer cette offensive, l Etat portugais subventionne quelques initiatives visant à reproduire l encadrement régnant dans les campagnes portugaises. Reposant sur l apolitisation des Portugais, le Siège de la Pide. Les agents ont brûlé et détruit beaucoup de documents avant d être arrêtés. ESTUDOS/ÉTUDES n 21 - septembre 2004 LATITUDES 3

2 maintien d une religiosité traditionnelle et l encadrement des loisirs que beaucoup d ex-paysans découvrent dans la société française industrielle et urbaine 6, différentes missions catholiques et associations (l Association Nationale des Portugais en France, par exemple) construisent l esquisse, posent les bases d un encadrement des migrants portugais en France. Néanmoins, comme au Portugal même, c est par la surveillance policière et la peur qu elle suscite, que le régime salazariste entend lutter contre les risques de politisation des masses populaires. L Etat portugais surveille ses nationaux résidant sur le territoire français et ce, au défi de la souveraineté nationale de l Etat français. Or si l Etat, selon Max Weber, se caractérise par la réglementation administrative et juridique ainsi que par le monopole de la violence physique légitime sur l ensemble de son territoire 7, comment l Etat portugais a-t-il pu exercer des contraintes sur ses nationaux dans les limites d un autre État souverain? Mais avant d aborder cette question, il faut rappeler que nulle réponse définitive ne peut être donnée car les archives portugaises sont le plus souvent incomplètes et les archives françaises encore inaccessibles. L histoire des fonds d archives de la PIDE/DGS et les règles de communication des documents aux chercheurs rendent caduque toute compréhension fine et complète de l organisation de la police et notamment de l activité des informateurs. Tandis qu en France, la législation en vigueur sur la communication des archives ne permet pas d obtenir les documents considérés comme relevant de la sûreté de l Etat. Le règne de la suspicion Le monopole de la violence physique légitime, avancé par Max Weber dans sa définition de l Etat, tend à être nié par la surveillance exercée par l Etat portugais en France sur ses nationaux. Bien sûr, les autorités portugaises ne pouvaient légitimement, massivement et systématiquement, user de la contrainte physique sur leurs nationaux en France ; toutefois elles exerçaient une violence sur les Portugais en France. En effet, comme le note Philippe Braud : toute forme de contrôle social qui barre une aspiration, impose des opinions ou des comportements, perturbe une trajectoire sociale ou un cadre de vie est violence, qu elle soit ressentie douloureusement ou non par le sujet 8. Dans les campagnes portugaises, d où étaient issus les migrants portugais en France (centre et nord du pays), la PIDE était physiquement peu présente (elle l était dans les grandes villes - Lisbonne, Porto, Coimbra -, les centres ouvriers - Setúbal, Barreiro, Marinha Grande - et les régions de latifundios - Alentejo 9 ) mais n en était pas moins crainte par la population. La peur d une dénonciation d un comportement supposé déviant, censurait les actes et les paroles. De même, en France, la suspicion régnait. De par sa présence ou la simple crainte de sa présence, la PIDE dissuadait nombre de travailleurs portugais en France de lire certaines publications, de participer à des manifestations, de militer dans des syndicats ou des partis politiques, etc. Preuve de cette suspicion, les enquêteurs de la préfecture de la Seine qui avaient pour mission d interroger les Portugais vivant dans les bidonvilles de la région parisienne, butèrent contre leur silence. Les propriétaires des baraques ne désirant pas être importunés dans leur juteux négoce, propageaient la rumeur, faisant de leur mieux pour empêcher le déroulement de l enquête en envoyant des émissaires menacer du couteau enquêtés et enquêteurs et répandre le bruit que les enquêteurs étaient de la PIDE et rapporteraient tout à Salazar 10. La menace si répandue dans le Portugal salazariste de la dénonciation à la PIDE semblait fonctionner en France. La stratégie migratoire de la majorité des Portugais envisageant un retour rapide au pays, toutes actions pouvant empêcher ce dessein étaient évitées. Beaucoup craignaient qu à leur retour au Portugal, ils ne soient arrêtés ou que des membres de leur famille restée au pays soit menacés ou molestés. L ombre de la PIDE planait dans les bidonvilles mais nous ne pouvons démontrer, en nous appuyant sur des documents d archives, la véracité de cette présence. Pour ceux qui entreprenaient des actions militantes, la clandestinité était le plus souvent nécessaire. Même à Paris, les fonctionnaires du PCP se donnaient rendez-vous dans le métro, usaient de techniques rodées depuis des décennies pour se soustraire à la surveillance policière 11. C est d ailleurs cette continuité des pratiques clandestines qui explique, en partie, que ce sont les militants du PCP ou ayant milité dans ce parti qui semblent avoir été les moins touchés par les actions de noyautage exercées par des agents ou des informateurs de la PIDE en France. Même en France, nul Portugais était hors de portée du regard de la police portugaise. Pourtant la présence effective d agents de la PIDE n est pas nécessaire pour prouver que le sentiment d insécurité existait parmi les migrants portugais en France. Comme Hélène l Heulliet l a bien souligné : La surveillance secrète a pour finalité la peur. Se savoir surveillé à son insu suscite la peur. L espion doit se laisser soupçonner dans son absence même. On doit croire qu il est passé, alors même que rien ne trahit son passage. Il n est d omniprésence que par le concours de l imagination. C est la raison pour laquelle la dénonciation du pouvoir entretient une pensée policière : Dénoncer renforce 12. Or, à en croire les journaux d extrême-gauche (français ou portugais), la PIDE était omniprésente. Politique-Hebdo, par exemple, dans son numéro du 20 juillet 1972 révélait que agents et indicateurs de la police portugaise opèrent en France. Ils sont infiltrés partout : dans les usines, les universités, les services publics. A la suite de la répression particulièrement dure qui a sévi au Portugal au cours des derniers mois, plusieurs cas de 4 LATITUDES n 21 - septembre 2004

3 perquisitions ont été signalés à Paris au domicile de Portugais. Les policiers français sont parfois accompagnés de leurs confrères portugais ; de même les militants portugais arrêtés lors de manifestations sont questionnés en présence d agents de la Direction Générale de Sûreté, DGS portugaise. Dans certains cas, la famille de ces militants reçoit la visite de la DGS au Portugal quelques heures après leur arrestation en France. Par ailleurs, des renforts auraient été demandés par la police française à la DGS pour faire face à l agitation grandissante qui se développe dans les milieux émigrés portugais 13. Collaborations? Outre le fait de dénoncer la présence d agents et d informateurs de la PIDE/DGS en France, l article de Politique-Hebdo stigmatise la collaboration de la police française avec son équivalent portugais. On peut douter de la véracité et de l exactitude de cet article possédant de claires intentions militantes et prétendant assimiler la police du régime dictatorial portugais à celle d une démocratie qui, dans ces années post-soixante-huit, est qualifiée par l extrême-gauche de fasciste 14. D autre part, les catégories employées (police française sans spécification précise du ou des services) sont trop vastes et floues. Toutefois, cette accusation de collaboration ne doit pas pour autant être balayée, sans examen, du revers de la main. Revenons d abord à la première aporie : comment l Etat français a-t-il pu accepter la présence sur son territoire d agents portugais qui défiaient son monopole légitime de la violence physique? Les Etats occidentaux soucieux d exercer pleinement leur souveraineté nationale, ne peuvent admettre qu un autre Etat intervienne sur leur territoire. C est évidemment le cas de la France, particulièrement sous la présidence du général de Gaulle qui se faisait le champion de l indépendance nationale, limitant, par exemple, la présence des soldats des Etats-Unis n 21 - septembre 2004 LATITUDES en France 15. De plus, les autorités françaises, et notamment les services de renseignement, n ignoraient pas cette action. Par exemple, une note du SDECE (Service de Documentation Extérieure et de Contre-Espionnage) envoyée le 26 février 1973 à la DGS (Direcção Geral de Segurança, nouvelle appellation donnée à la PIDE en 1969 dans la tentative de Marcello Caetano de faire croire à une évolution du régime 16 ) et consacrée à Hermínio da Palma Inácio, principale figure de la LUAR (Liga de União e Acção Revolucionária), suite à la demande formulée le 21 décembre 1972 par M. Agostinho Barbieri Cardoso, auprès de M. Le directeur général du SDECE, indiquait, entre autres, que la plupart des billets volés [lors du hold-up, perpétré par la LUAR, de la banque du Portugal à Figueira da Foz en 1967] auraient été récupérés à la fin du mois de mai 68 en France par la PIDE 17. Le SDECE ne s émeut donc pas de cette récupération sur le territoire français et livre des informations sur une figure de l opposition politique portugaise à la DGS. On retrouve ainsi dans les fonds de la PIDE/DGS plusieurs fiches de renseignements adressées par le SDECE, les Renseignements Généraux ou d autres services de police français. Beaucoup concernent l OTAN. Il s agit, entre pays alliés, d échanger des informations sur le communisme international, ses activités, ses pratiques, ses bouleversements. D autres notes, cependant, sollicitées ou non par la PIDE, renseignent sur l activité de certains groupes ou de certaines personnalités portugaises résidant en France. Même si elles sont souvent très vagues et lacunaires, ne permettant pas toujours une exploitation immédiate, elles indiquent une concordance de vues et d actions. Certaines donnent toutefois des indications précises et facilitent la tâche répressive de la police portugaise. Par exemple, une note du 1er octobre 1962, certes non signée mais classée, par la PIDE, dans une chemise intitulée services français conservant les notes en provenance du SDECE et d autres services français, contient des informations sur le voyage en France de deux agents communistes portugais. Cette note, décrivant le voyage, les contacts et les faits et gestes de ces deux individus, conclut : nous attirons votre attention sur le caractère très confidentiel des renseignements cidessus et vous demandons instamment, si vous les exploitez, dans le cadre d une opération répressive, de ne pas en révéler l origine française 18. Si, encore une fois, la provenance de la note n est pas indiquée (ce qui est, évidemment, le cas de beaucoup de ces documents), la collaboration des polices n en est pas moins attestée Des militaires du MFA occupent le siège de la police politique et emmènent les agents en prison. 5

4 par d autres documents. Il est difficile de jauger du degré de cette collaboration. Les archives françaises n étant pas consultables, on ne peut croiser les données et nuancer les documents retrouvés dans les archives de la PIDE. La collaboration de la police d un régime démocratique comme la France avec la dictature de droite la plus vieille d Europe dans les années 1960 et 1970 semble injustifiable et improbable. N était-ce pas pour limiter les velléités d ingérence des autorités portugaises que ces informations étaient communiquées, démontrant le contrôle et la surveillance, par les services de police français, des Portugais en France? D autre part, beaucoup d échanges passaient par des canaux non écrits. Les archives attestent de nombreux contacts personnels. Des directeurs du SDECE étaient venus à Lisbonne et Alexandre de Marenches, directeur du SDECE de 1970 à 1981, se plaît à conter qu il a appris à Agostinho Barbieri Cardoso l éclosion de la Révolution des Œillets 19. Les cadres supérieurs de la PIDE se sont ingéniés à tisser de bons contacts personnels avec les dirigeants d autres polices nationales ou dans le cadre des structures internationales. Agostinho Lourenço, directeur de la PIDE entre 1945 à 1956 (il avait été, auparavant, le directeur de la Polícia de Vigilância e Defesa do Estado créée en ), fut ainsi président du Dessin de João Paulo Henriques comité exécutif de 1956 à Autre exemple de ces connexions internationales, Fernando Silva Pais, directeur général de la PIDE de 1962 à 1974, prend la plume pour décrire, à António Oliveira Salazar, le déroulement d un congrès d Interpol auquel il prend part. Il précise qu il profitera de la visite du nouveau siège d Interpol à Paris pour prendre des contacts avec les services spéciaux et la police française, à propos des Emídios Guerreiros et tant d autres qui sont là-bas ou y vont, comme Manuel Sertório, d Alger 21. Jean Rochet, directeur de la Direction de la Surveillance du Territoire, suggère, lui, dans une lettre adressée à Agostinho Barbieri Cardoso, le 25 novembre 1972, le rôle des réunions des comités de liaison du camp occidental dans le maintien et le développement de contacts formels et informels entre services policiers de différents pays : Au moment où je quitte mon service, je tiens à vous dire combien j ai apprécié les entretiens très cordiaux que nous avons eu l occasion d avoir ensemble à plusieurs reprises et plus particulièrement aux réunions du comité spécial de l OTAN 22. Comment expliquer cette collaboration et ces échanges de bons procédés (échanges de notes, ventes ou dons de matériel, visites mutuelles)? Doit-on les lier à l attitude du gouvernement français qui, surtout jusqu en 1965, se révèle peu coopératif avec l opposition portugaise dont les principales personnalités sont interdites d entrée sur le territoire français, qui appuie implicitement la politique coloniale portugaise, refusant de voter contre le colonialisme portugais à l ONU? Comme nous y invite Didier Bigo, il faut prendre la mesure de l autonomie des polices vis-à-vis du politique. Beaucoup de services spécialisés, partageant des pratiques, des habitus, des représentations du danger et de l ennemi communs, préfèrent largement les collaborations policières transnationales horizontales plutôt que les collaborations nationales verticales. Ainsi, Didier Bigo affirme qu on a fini par mieux collaborer entre services identiques de nationalités différentes mais ayant la même culture professionnelle qu entre services différents de même nationalité : fait aggravé dans les pays où il existe une coupure forte entre les ministères de tutelle des différents services chargés de la sécurité (police, gendarmerie, douane dans l exemple français). Cela a constitué des archipels policiers et a favorisé la création de réseaux de policiers qui se sentent avant tout responsables de leur mission d ordre public. Ces policiers s autonomisent des logiques politiques nationales et peuvent à l occasion bloquer les orientations de tel ou tel cabinet ministériel ou de tel ministre en jouant de leurs relations avec leurs collègues étrangers. Des milliers de policiers, à l échelle européenne, sont journellement en contact et brisent quotidiennement le mythe de la souveraineté nationale 23. Les notes montrent que ces services français ou portugais ont un ennemi commun : le communisme. La logique de guerre froide efface la différence des régimes au sein du camp occidental. Les services de police français se montrent alors peu regardants sur la nature du régime portugais qui participe à la défense occidentale contre le danger communiste. La PIDE joua largement de cet ennemi commun, classant des personnalités, tel Emídio Guerreiro, comme communistes alors qu elles ne l étaient pas et 6 LATITUDES n 21 - septembre 2004

5 qu elle le savait pertinemment. Et quand elle communiquait des données sur des personnalités militantes proches du PCP elle forçait le trait : l écrivain Maria Lamas était décrit comme un élément communiste et dans cette qualité appartient à cette catégorie de personnes qu on peut considérer comme dénationalisée, vu qu elles n obéissent qu aux ordres de Moscou, et sont toujours prêtes à aider le militarisme et l impérialisme soviétique, dans son désir d esclavage du monde 24. Cette même note justifiait la demande d information ainsi : Nos services [sont] engagés dans la lutte contre le communisme international 25. D autre part, afin de faciliter les contacts avec les services étrangers, la PIDE catégorisait certains groupes prônant la lutte armée, telle la LUAR, comme des terroristes et non pas des opposants. Dès lors, certains services de police étrangers assimilaient les opposants au régime portugais avec les terroristes ou catégorisés comme tels, qu eux mêmes combattaient. Ce n était donc pas seulement pour aider la police portugaise que la police française tâtait le pouls de la colonie portugaise en France, traquait des militants communistes ou d extrême-gauche, livrait des informations à la PIDE, mais pour des buts de sécurité interne. Si la France surveillait les militants communistes portugais en France, c était d abord car elle craignait l utilisation que pouvait en faire, dans le champ politique et social français, le PCF. C est également sur le principe de l interdiction de l activité politique des étrangers que l opposition politique était rappelée à l ordre 26. Ainsi, le ministre de l Intérieur Raymond Marcellin légitimait, le 10 août 1968, l expulsion d étrangers - dont des Portugais - ayant participé aux événements de Mai, prétendant que les étrangers qui n observent pas la neutralité politique ont été, sont et seront expulsés du territoire national 27. En somme, la collaboration entre les polices portugaises et françaises tient à des pratiques policières convergentes et, en partie, autonomes de la sphère politique. Mues n 21 - septembre 2004 LATITUDES par une vision commune des dangers et des ennemis, elles collaborent, s échangent des informations, traquent les mêmes individus ou groupes, sont journellement en contact et brisent quotidiennement le mythe de la souveraineté nationale 28. Des diplomates aux aguets L ambassade et les consulats portugais en France ne cantonnèrent pas leurs activités aux tâches assignées à ces structures, c est-àdire à l entretien de liens diplomatiques entre les deux Etats, à la production et à la remise des documents administratifs requis par les Portugais en France, etc. Elles participèrent également à la surveillance des Portugais en France. En premier lieu, elles transmettaient les requêtes du gouvernement portugais prétendant que le gouvernement français neutralise l action des exilés portugais en France. Comme le défendait Hall Themido, diplomate au ministère des Affaires étrangères portugais, à François de Rose, ambassadeur de France à Lisbonne, nous ne demandons pas, ni le désirons, que les autorités françaises les poursuivent ou les molestent [les exilés politiques portugais en France]. Mais nous considérons que nous avons le droit d attendre que ces éléments soient empêchés d exercer leur activité politique de subversion contre un pays ami 29. Exemple d une de ces requêtes au Quai d Orsay : suite à l entretien entre Hall Themido et François de Rose, Carlos Lemonde de Macedo, diplomate de l ambassade du Portugal en France, se rend, en décembre 1967, au Quai d Orsay pour s entretenir avec Jacques Tiné, alors directeur politique du secteur Europe. Il lui rend compte des préoccupations de nos autorités [portugaises] quant à, d un côté, l infiltration communiste des noyaux d émigrants portugais en France et, d un autre côté, de la concentration dans ce pays d éléments subversifs qui utilisent le territoire français pour organiser des activités dirigées contre le politique et y rentrent après avoir pratiqué leurs actions criminelles 30. Les archives du Quai d Orsay ou du ministère des Affaires étrangères portugais relatent ces sollicitations effectuées par le gouvernement portugais auprès du ministère des Affaires étrangères français. Ce dernier les transmet au ministère de l Intérieur qui s enquiert de la réalité des propos tenus par les diplomates portugais. Jacques Tiné, lors de la visite citée, rappelle à son interlocuteur qu une enquête effectuée par le ministère de l Intérieur, concluait que la pénétration communiste dans les noyaux portugais de France était négligeable étant donné le peu de réceptivité rencontrée 31. Toutefois, ces pressions portugaises participent au maintien de la surveillance des Portugais en France par l administration française, et la prise de mesures à l encontre des militants comme le rappel à l ordre, l assignation à résidence voire l expulsion (vers des pays tiers). Ces requêtes avaient néanmoins leurs limites, celle de la démocratie et de la séparation des pouvoirs. Ainsi, bien que le gouvernement portugais fit, en 1967, parvenir de multiples notes sur Hermínio da Palma Inácio, arguant que le hold-up de Figueira da Foz n était pas un acte 7

6 Des agents de la Pide sont emmenés en prison par les militaires après leur arrestation. escomptant quelque somme d argent, s adressent à l ambassade portugaise, représentation officielle du Portugal en France, pour y dénoncer un voisin, un comportement supposé étrange, pour offrir leurs services voire devenir des informateurs. Pour peu que leur propos paraissent fiables et utiles à la répression des activités anti-salazaristes, ces personnes trouvent une oreille attentive dans l ambassade voire celle de certains ambassadeurs. Marcello Mathias, ambassadeur en France de 1947 à entrecoupé d un passage à la tête du ministère des Affaires étrangères de 1958 à veillait lui-même à participer à la surveillance des actions antisalazaristes en France. Il suffit de lire ses lettres adressées à Salazar pour s en convaincre. Non pas celles publiées en 1984 qui ne contiennent que l activité «respectable» de l ambassadeur 34 mais celles qui reposent dans le fonds Salazar déposé à la Torre do Tombo. En novembre 1962, il reçoit un individu qui selon lui correspond au type classique de l agent secret, qui me dit s être décidé à venir me parler par pur patriotisme, étant donné ce qu il a vu et entendu [pendant son séjour en France] l a fait frissonner 35. L informateur rédige dans l ambassade, un rapport qui, transformé par les autorités portugaises, deviendra une requête envoyée aux autorités françaises pour prouver l infiltration commupolitique mais du simple banditisme, la justice française refusa la prétention portugaise qui réclamait son extradition (il est néanmoins expulsé en février 1968 et se rend en Belgique). De même, l Etat français n acceptait pas les demandes d extradition des déserteurs ou des réfractaires formulées par le Portugal 32. Or, on en comptait près d une centaine de milliers en 1974, dont une grande partie développait des pratiques militantes que ni l Etat portugais ni l Etat français pouvaient totalement contrôler ni surveiller. Outre cette pression constamment exercée sur les autorités françaises, les représentations diplomatiques et consulaires portugaises en France participaient activement aux tâches de surveillance des Portugais en France. D une part, l ambassade portugaise à Paris possédait, comme bien d autres ambassades dans le monde, un attaché militaire qui, entre autres missions, orchestrait l espionnage 33. L attaché militaire de l ambassade reçoit ainsi des «informateurs», se pose en courroie de transmission entre la PIDE et ceux qui désirent fournir ou fournissent des informations sur l opposition politique portugaise en France. D autre part, les fonds du ministère des Affaires étrangères portugais contiennent plusieurs lettres de dénonciation. Certaines personnes, muées par un esprit de vengeance, par des opinions politiques proches du salazarisme ou niste parmi les migrants portugais en France. L ambassadeur, relatant à Salazar ces craintes, ces descriptions et ces contacts menés par l individu en question conclut que l homme m a fait une très bonne impression ; je suppose qu il souhaiterait aller à Lisbonne exposer tout cela à une personne ayant l autorité et la compétence pour l écouter et, en conséquence, être envoyé ici pour organiser un service d information dans les milieux ouvriers communistes portugais et auprès des institutions et journaux africains qui nous sont hostiles 36. Malgré l appui de Marcello Mathias, ce service d information n est pas créé et toute trace de l individu qu il continue à mentionner à Salazar dans quelques lettres postérieures disparaît des archives. Soit la direction de la PIDE n avait pas eu confiance en cette personnalité, soit il demandait trop d argent pour ses prestations. Quoi qu il en soit, le premier jour de l année 1968, Mathias se plaignait auprès de Salazar et échafaudait des plans : nous continuons avec les immigrants portugais sans protection, ni assistance sociale ou politique ; l ennemi a le chemin libre ; le recrutement se fait en pleine liberté et impunité. Ici, déguisés en assistants sociaux, nous devrions posséder deux hommes de la PIDE et un de la [police] judiciaire (Regadas, ou un nom proche, de Coimbra, qui est venu ici avec Aguiar m a laissé d excellentes impressions 37 ) ; ces hommes exerceraient effectivement la fonction d assistants sociaux - ce qui leur permettrait d aller partout, Marseille, Bordeaux, Lille, Clermont- Ferrand, etc., au contact avec les immigrants, obtenant simultanément les informations secrètes des informateurs noyautant la LUAR et les autres mouvements révolutionnaires implantés en France ou à Alger, mais qui se fréquentent et se réunissent tous ici pour préparer les conjurations. Enfin, il y aurait des choses à faire, mais pourquoi importuner Votre Excellence avec toute cette bagatelle? Là [à Lisbonne] tous savent très bien ce qui doit être fait et je ne suis qu un amateur, imaginatif, lyrique et igno- 8 LATITUDES n 21 - septembre 2004

7 rant les réalités locales, portugaises, en France 38. Ces réflexions finales de Mathias, quelque peu désabusées, suggèrent les limites de son action. Malgré ses contacts directs avec le dictateur, le zèle exprimé dans ses longues missives empreintes de pessimisme et de catastrophisme où il propose, suggère des schémas d action, Mathias n a qu une influence relative - en tout cas, moins qu il ne le souhaiterait - sur la surveillance des Portugais en France. Il n est qu un maillon dans le dispositif de vigilance et répression des déviances vis-à-vis du régime salazariste, centralisé autour de la PIDE, peu prompte à déléguer ses compétences et à voir son aire d action et sa primauté empiétées. La PIDE en France : agents et informateurs Encore une fois, rappelons que l étude fine de la présence et de l action de la PIDE et de ses informateurs en France relève de l impossible. En premier lieu, du 25 avril 1974, où le siège de la police politique fut pris d assaut, en passant par la période révolutionnaire des années , pendant laquelle les papiers de cette police servirent aux règlements de comptes post-dictatoriaux, l histoire de ce fonds est émaillée de destructions et de pertes de documents. Ensuite, les documents communiqués aux chercheurs sont encore aujourd hui expurgés par les fonctionnaires des Archives nationales portugaises qui retirent des dossiers les pièces pouvant atteindre le droit à la vie privée ou au bon nom. Cette pratique amène, entre autres, l exclusion des pièces où les noms des informateurs sont indiqués. Enfin, la tentacule policière qu était la PIDE accumula des milliers de fiches de renseignement, des notes de synthèse, des rapports d informateurs, des notes envoyées par des services de police étrangers, des correspondances privées, des écoutes téléphoniques, des journaux clandestins, des coupures de presse, n 21 - septembre 2004 LATITUDES des retranscriptions de radios clandestines, etc. Dans l impossibilité que nous sommes actuellement de pouvoir consulter tout ce qui a échappé aux accidents de l histoire du fonds PIDE/DGS, il est illusoire de prétendre connaître parfaitement le fonctionnement de la PIDE vis-à-vis des Portugais en France entre 1958 et Ces limites posées, certaines zones d ombre des fichiers de la PIDE peuvent être éclairées. Par exemple, les fichiers nominaux de militants du PCP (ou ayant milité en son sein) exilés en France ne contiennent quasiment aucun document précis sur leur activité clandestine en France, aucune trace des informateurs ayant pu noyauter ce milieu. A l inverse, on retrouve des centaines de rapports d agents ou d informateurs dans les fichiers d individus proches ou appartenant à la LUAR. Cela signifie-t-il que la PIDE n a pu noyauter le PCP capable, en France, de reconstituer son appareil clandestin et de se protéger des actions de noyautage policières? Qu elle a, au contraire, largement pénétré et annulé les projets de lutte armée planifiés par la LUAR dont les militants étaient moins rigoureux, se rencontrant dans les cafés du Quartier Latin et recrutant imprudemment de nouveaux membres? Ou, enfin, ces éventuelles lacunes ne tiennentelles pas principalement aux pertes ciblées post-1974 des papiers de la PIDE/DGS qui firent disparaître les documents liés au PCP? La réponse doit être à la conjonction de ces trois hypothèses. Qu en est-il donc de la présence d agents de la PIDE en France? D abord, comme on l a vu, les principales figures de cette police politique venaient régulièrement à Paris, à l occasion des réunions d Interpol, des comités spéciaux de l OTAN (quand ils se tenaient à Paris) ou pour voir directement leurs homologues français. Comme la lettre de Fernando Silva Pais citée plus haut le prouve, ils profitaient de ces voyages pour prendre des contacts avec d autres policiers, remettre des notes, en récupérer d autres, solliciter une aide, une enquête, se rendre compte, directement, de l activité des opposants les plus actifs. A en croire les plaintes de Marcello Mathias, il n y avait pas d agents permanents en France, du moins à sa connaissance. Certes, les archives consultées ne font pas mention d agents appartenant au cadre de la police et qui résideraient de forme permanente en France. Néanmoins, ce n est qu un problème de statut. La PIDE a installé un noyau d informateurs (bufos) qui, en permanence, et moyennant finance, enquêtaient, noyautaient, envoyaient des informations, des documents à l António Maria Cardoso. D autre part, on observe de multiples allers-retours d agents entre Lisbonne et Paris. Par exemple, le chef de brigade José Maria Moreira da Costa, d après les folhas de diligências 39 conservées dans les fonds du ministère de l Administration Interne (remplaçant en 1974 le ministère de l Intérieur) se rend, en 1971, cinq fois à Paris, pour un total, de quarante journées. Le plus court séjour dure cinq jours, les plus longs neuf. Les montants dépensés lors de ces cinq voyages s élèvent à escudos, dont une partie a pu être utilisée pour payer des informateurs. Autre exemple, celui de l agent de 1 ère classe José António de Jesus Rodrigues qui lors des années 1966 et 1967 se rend quatre fois en France pour des séjours de deux ou trois mois. Ses frais s élèvent à escudos. S il n est pas indiqué les missions effectuées (de surveillance ou peut-être de formation auprès de services français), la présence ponctuelle, temporaire et régulière d agents de la PIDE en France est attestée. Enfin, à l instar de l attaché militaire de l ambassade du Portugal à Paris, d autres individus insérés dans des structures étatiques officielles portugaises en France, comme la Maison du Portugal à Paris par exemple, ont pu être utilisés par la PIDE. Contrôlés, financièrement entretenus, les bufos en France livraient leurs informations, envoyaient des notes, des journaux, des comptesrendus de conversations ou de manifestations, noyautaient les 9

8 groupes, se faisant passer pour des militants acquis à la cause antisalazariste. Etaient-ils recrutés sur place ou envoyés expressément depuis le Portugal? On ne peut le savoir. Leurs motivations étaient-elles bassement matérielles? La vengeance les guidait-ils? Prétendaient-ils ainsi soutenir le régime salazariste? On ne peut le savoir non plus. Les documents rescapés du fonds PIDE/DGS suggèrent néanmoins quelques pistes. D abord les principaux groupes noyautés furent la LUAR, certaines personnalités républicaines et des individus proches de l extrême-gauche. En somme, des entités ou organisations qui ne semblent pas avoir pu ou voulu récupérer leurs fichiers après Il subsiste donc de nombreuses notes sur la LUAR qui en 1967 était, au moins, noyautée par deux individus. Ces derniers, permirent à la PIDE de récupérer une partie de l argent volé par le groupe à la banque du Portugal en 1967, d arrêter les militants armés qui, en août 1968, tentèrent de s emparer de la ville de Covilhã et, à partir de là, d initier un soulèvement armé contre la dictature. Un de ces informateurs, lors de son premier contact à Paris, avec un agent de la PIDE (novembre 1967), commence par déclarer qu il ne veut pas d argent, mais plutôt des garanties sur sa facile installation en Afrique du Sud ou au Brésil, avec un emploi compatible avec ses capacités professionnelles ( tourneur mécanique). Il argumente que l organisation [la Luar] ne pardonne personne et que les risques qu il court en donnant des informations à la police sont énormes. Il le fait parce qu il en a assez et parce que personne n a reconnu la juste valeur de ses actions au sein de l organisation. Chargé de missions dangereuses, pour lesquelles il n avait pas le droit à l erreur, il a su, comme collaborateur et comme principal responsable, donner des preuves de son dévouement et de son efficacité. S il prétend ne pas vouloir d argent lors de son premier contact, ce ne sera pas le cas postérieurement! Son cas est-il généralisable? Nous ne pouvons le prétendre, toute sociologie ou enquête quantitative sur les motivations des informateurs étant irréalisable. Enfin, la PIDE complétait sa collecte de renseignements par d autres biais. Au-delà de ceux déjà étudiés (échange de renseignements avec les services de police français, agents, bufos, captation de correspondance, des lettres de dénonciations lui parvenaient : des Portugais acquis au régime salazariste rédigeaient des rapports sur les Portugais en France, les bidonvilles, l action des syndicats, etc. C est le cas de nombreux Portugais venant temporairement pour des motifs personnels et/ou professionnels en France et qui confrontés aux piètres conditions de vie des Portugais en France et à l apparente liberté dont ils semblaient jouir (liberté de se syndiquer, de militer, de lire des journaux, etc.), dressaient des tableaux catastrophés et dénonçaient les plus déviants. De même, comme au Portugal, tout porte à croire que la PIDE utilisa les individus qui de par leur profession ou activité possèdent de nombreuses informations, sont au sein de la société civile, des yeux et des oreilles particulièrement privilégiés. Passeurs (que la PIDE fait facilement chanter ), serveurs de café ou concierges prodiguaient d utiles et nombreux renseignements. Ces dernières sont, selon Jean-Paul Brunet, avec les gardiens d immeubles, des sources d information classiques de la police française. Etant par nature ennemis du désordre.(...) Beaucoup d entre eux, de nationalité étrangère, venaient à la préfecture pour régler des problèmes de cartes de séjour ou se faire délivrer divers papiers. Le cas échéant, on les faisait revenir discrètement et on leur demandait, en leur laissant entrevoir une gratification, de communiquer à la police toute information utile. Les concierges sont à ranger au nombre de ces informateurs institutionnels qui ont toujours secondé la police, notamment sous les régimes autoritaires 40. La police française eut-elle l exclusive de ses révélations données par les concierges portugaises, comme le sous-entend Jean- Paul Brunet pour la période post- 1968, ou la PIDE put-elle aussi solliciter ces yeux et ces oreilles disséminés dans les villes? Le chantage aux papiers ou à la régularisation vis-à-vis de l Etat portugais ont parfois été employés. Une fois brossé ce tableau des structures et des moyens édifiés pour surveiller les Portugais en France, on peut tenter, en conclusion, d évaluer l action de la PIDE. A-t-elle atteint ses objectifs : maintenir dans l apolitisme la majorité des Portugais en France et neutraliser l action de la minorité de ceux qui luttaient contre la dictature? A en croire la police française, les syndicats, les publications publiées par les exilés portugais, les Portugais en France conservèrent largement et massivement une attitude réticente vis-à-vis de la participation politique (pratiques syndicales, participation à des manifestations, etc.). Ils étaient en cela loués par les hommes politiques et leurs employeurs français, heureux d une main-d œuvre si docile et si peu revendicative. A l inverse, les syndicats français regrettaient le manque de conscience de classe et de solidarité ouvrière des travailleurs portugais, ce qui les faisait passer pour des jaunes. Pour les exilés politiques portugais, le constat fut tout aussi amer. Beaucoup d entre eux et notamment les groupes d extrême-gauche, développaient une intense propagande vis-à-vis des émigrés qui, pour eux, représentaient le peuple portugais qu ils n avaient jamais approché au Portugal. Les publications, les manifestations culturelles ou sportives qu ils produisaient et organisaient, ne trouvaient que peu d échos parmi leurs compatriotes. En ce sens, la suspicion que fit régner la PIDE fut efficace et lui permit d éviter que les milliers de Portugais en France ne deviennent les révolutionnaires subversifs qu elle craignait. En somme, la surveillance et le contrôle opérés seraient parvenus à enrayer une éventuelle démocratisation du Portugal via le phénomène migratoire. 10 LATITUDES n 21 - septembre 2004

9 n 21 - septembre 2004 LATITUDES Arrestation d agents de la Pide dans les rues de Lisbonne. S arrêter à ce constat, serait pour autant, erroné. C est avoir une conception erronée et restrictive des notions de politisation et de démocratisation. Certes, les émigrés portugais en France ne se muèrent pas massivement en militants éclairés, à l image de ce qu auraient désiré les syndicats français ou les exilés politiques portugais. Ce n est pas pour autant que leurs conceptions du politique ou du social ne se modifièrent pas. En France, ils s initièrent à une nouvelle organisation de la société (moins holiste, plus égalitaire, non basée sur l obéissance et la soumission), découvrirent que l Etat n était pas seulement une force de contrainte (armée, impôt, police, etc.) mais un redistributeur de prestations et de services sociaux (hôpitaux, allocations familiales, etc.). Ils constatèrent aussi que la démocratie, à l inverse de ce que martelait le régime salazariste, n était pas synonyme de désordre. On ne peut pas convenablement penser que les Portugais en France, dès les années soixante et soixante-dix, n aient pas perçu le contraste et n aient pas porté un regard différent et critique sur le régime salazariste. Si l acquisition de nouveaux schèmes de perception n implique pas automatiquement les modifications de pratiques politiques, notamment celles espérées par les militants syndicaux et/ou exilés, elle n est pas pour autant dénuée d importance ni de conséquence à moyen et/ou long terme. Pour ce qui est de la démocratisation, reprenons le mot d António José Telo : l émigrant pauvre se transforme en grand véhicule de propagande de la démocratie et des avantages du développement et du progrès [...]. C est un agent d autant plus efficace qu il est innocent, inconscient, ni payé ni instruit pour effectuer cette fonction 41. L émigration est, selon lui, le facteur isolé qui aura le plus contribué à la démocratisation de la société portugaise 42. Cette approche de la démocratisation est salutaire, cessant de percevoir la démocratie comme un octroi des élites magnanimes. Les émigrants avaient introduit dans les campagnes l aspiration à l égalité, au développement économique, à la protection sociale, à la mobilité sociale. En partant, ils avaient rompu l ordre perpétué par le salazarisme qui réprimait l aspiration à l ascension sociale des catégories les plus dominées, obligeant, de père en fils, à accepter la pauvreté et la misère. De plus, le régime n offrait plus aux classes moyennes et supérieures, les avantages et la distinction qu ils possédaient avant la vague migratoire. Les notables ruraux voyaient ceux qui, quelques années auparavant, mendiaient à leur porte, possédaient des voitures et portaient des vêtements que ces mêmes notables ne pouvaient pas toujours eux-mêmes s offrir. Les classes moyennes urbaines, elles, souffraient de constater que les rustres méprisés et analphabètes des campagnes accédaient avant elles à la modernité désirée. Il n est guère surprenant que, ni les campagnes touchées par l épidémie démocratique, ni les classes moyennes ne bénéficiant plus des avantages offerts par la dictature, ne vinrent à la rescousse de Marcello Caetano. Contre cette démocratisation de la société par le bas, cette volonté de rejoindre le modèle économique, politique et social européen que le régime refusait, l action de PIDE ne pouvait rien, à long terme. Quant à l efficacité de l action de répression des activités politiques, le constat doit, lui aussi, être nuancé. Certes, des groupes tels que la LUAR furent contrariés dans leurs objectifs révolutionnaires (échec de la tentative de soulèvement armé à Covilhã en août 1968). Certes, de nombreux militants furent emprisonnés à leur retour au Portugal (Hermínio de Palma Inácio est arrêté en août 1968 et novembre 1973 ; Francisco Martins Rodrigues, en janvier 1966, après avoir créé, à Paris, la Frente de Acção Popular et le Comité Marxista-Leninista Português). Toutefois, la PIDE fut dans l incapacité de freiner la propagande anti-salazariste qui, à partir du milieu des années 1960, n a cessé de croître. Cette propagande anti-salazariste 43, relayée dans les journaux français - Le Monde par exemple - isolait progressivement le régime portugais vis-à-vis des gouvernements occidentaux qui devaient tenir compte de l opinion publique. De plus, la multiplication, par scissiparité, des partis ou groupuscules gauchistes rendait la tâche de surveillance ardue pour une police touchée par une saignée des cadres du personnel de métropole en faveur de l Outre-Mer qui a réduit le niveau de l inteligentzia de la DGS en métropole 44. A la fin des années 1960, ce n était plus une moitié de groupes à noyauter ou d individualités à filer. C était des dizaines de groupuscules d extrême-gauche et des milliers d individus qui constituaient l exopolitie 45 11

10 portugaise en France. Englués dans des débats théoriques et des dissensions fratricides, ces groupes d extrême-gauche ne constituaient pas, dans leur grande majorité, un danger immédiat pour la PIDE. Malgré tout, au vu de ses moyens financiers limités, de ses agents et informateurs qui lui étaient comptés, la PIDE ne pouvait surveiller la multiplication de ces groupes, alimentés par les milliers de réfractaires et de déserteurs. Ne tombons cependant pas dans le piège de l illusion rétrospective de la fatalité! Connaissant le dénouement - le 25 avril , ne minorons pas l importance et l efficacité d un système de surveillance qui sut parer au plus pressé, minorer à court-terme les incidences négatives pour le régime du massif courant d émigration. La PIDE ne pouvait s opposer aux transformations sociétales, à long terme, induites par ce dernier 1 Information sur la situation générale de la communauté portugaise de Paris envoyée par la PIDE à la présidence du conseil, au ministère de l Intérieur et au ministère des Affaires étrangères, le 27 avril 1966, PIDE/DGS, processo 623, pasta 2, emigração de portugueses para França. 2 Cf. sur ce type de discours sur le peuple portugais, Susana Pereira Bastos, O Estado Novo e os vadios, Lisboa, Dom Quixote, 1997, pp ; Fernando Rosas, O salazarismo e o homem novo : ensaio sobre o Estado Novo e a questão do totalitarismo, Análise social, vol. 35, n 157, 2001, pp Information, le 15 juin 1966, PIDE/ DGS, processo 623, pasta 2, emigração de portugueses para França. 4 Sur l influence - consciente et surtout inconsciente - des migrants sur la démocratisation de la société portugaise, cf. António José Telo, Emigração, exílio e democracia em Portugal, Exils et migrations ibériques au XX e siècle, n 3/4, 1997, pp Cf. Abdelmalek Sayad, La double absence, Paris, Seuil, 1999, pp Jean-Claude Farcy, Le temps libre au village in Alain Corbin (dir.), L avènement des loisirs , Paris, Aubier, 1995, pp Max Weber, Économie et société, t.1, Les catégories de la sociologie, Paris, Plon, 1995 (1 ère éd. allemande 1956), p Philippe Braud, La violence politique : repères et problèmes in Philippe Braud (dir.), La violence politique dans les démocraties européennes occidentales, Paris, L Harmattan, 1993, pp.13-42, p Nuno Vasco, Vigiados e perseguidos. Documentos secretos da PIDE/DGS, Lisboa, Bertrand, 1977, p Enquête sociologique sur les migrants portugais (sur leur perception de leur vie en France, leur relation au Portugal, etc.), inspection générale et études ; services d études et de recherches de la préfecture de Seine, juin 1965, Centre des Archives Contemporaines, n , art Cf. José Pacheco Pereira, A sombra : estudo sobre a clandestinidade comunista, Lisboa, Gradiva, Hélène L Heuillet, Basse politique, haute police. Une approche historique et philosophique de la police, Paris, Fayard, 2001, p La collaboration des polices, Politique-hebdo, n 38, 20 juillet Sur cette rhétorique stigmatisant, à tout-va, de fasciste : cf. Jean-Pierre Le Goff, Mai L héritage impossible, Paris, La Découverte, Cf. Maurice Vaïsse, La grandeur. La politique étrangère du général De Gaulle, , Paris, Fayard, 1998, p Pour des raisons de convenance et parce que ce changement d appellation ne modifiait pas la nature, les pratiques, les hommes (et femmes) de la police politique, nous continuerons à employer, sauf dans certains cas précis, le terme de PIDE comme synonyme de police politique. 17 Note du SDECE sur Hermínio da Palma Inácio du 25 janvier 1972, envoyée à la DGS le 26 février 1973, PIDE/DGS, SC proc 8437 CI(2), n 7529, pasta 4, Hermínio da Palma Inácio. 18 Note datée du 1er octobre 1962, SC proc 8CI(2), pasta 1, n 6925, Serviços franceses. 19 Christine Ockrent, Comte de Marenches, Dans le secret des princes, Paris, Stock, 1986, p Cf. Douglas L. Wheeler, «In the service of order : The Portuguese political police and the British, German and Spanish intelligence, , Journal of contemporary history, vol. 18, janvier 1983, pp Lettre de Fernando Silva Pais adressée à Salazar, vue par Salazar le 7 septembre 1966, AOS/CP Lettre de Jean Rochet, directeur de la direction de la Surveillance du Territoire, adressée à Agostinho Barbieri Cardoso, le 25 novembre 1972, PIDE/DGS, SC proc CI(2), n 7829, Direction de la surveillance du territoire-paris. 23 Didier Bigo, Polices en réseaux. L expérience européenne, Paris, Presses de sciences-po, 1996, p Note de l inspecteur Manuel Clara adressée au Directeur de la Direction de la Surveillance du Territoire, le 12 octobre 1957, PIDE/DGS, SC proc CI(2), n 7829, Direction de la surveillance du territoire-paris. 25 Idem. 26 Stéphane Dufoix, Conditions juridiques et politiques de l exil d aprèsguerre en France, Matériaux pour l histoire de notre temps, n 44, octo- bre-décembre 1996, pp Léon Gani, Syndicats et travailleurs immigrés, Paris, Editions Sociales, 1972, p Didier Bigo, Polices en réseaux. L expérience européenne..., op. cit., p Note de Hall Themido, le 30 octobre 1967, Arquivo Diplomático Histórico (dorénavant, ADH), PEA, relações bilaterais com a Alemanha e a França, Casa dos tratados, armário 18, maço Note de Carlos Lemonde de Macedo de l Ambassade du Portugal à Paris, 4 décembre 1967, ADH, PEA, relações bilaterais com a Alemanha e a França, Casa dos tratados, armário 18, maço Idem. 32 Information de Marcello Mathias, le 12 juin 1968, ADH, PEA, maço Cf. Alain Dewerpe, Espion. Une anthropologie historique du secret d Etat contemporain, Paris, Gallimard, Marcello Mathias, Correspondência Mathias-Salazar , Lisboa, Difel, Lettre manuscrite de Marcello Mathias, Ambassadeur du Portugal en France, adressée à António Oliveira Salazar, le 23 novembre 1962, AOS-CD 5. Souligné par Marcello Mathias. 36 Idem. Souligné par António Oliveira Salazar. 37 Marcello Mathias évoque l agent de la Police judiciaire Regadas et Luis Meneses de Aguiar, agent de la PIDE. Ils étaient venus à Paris en décembre 1967 afin d organiser une éventuelle extradition de Hermínio de Palma Inácio. Si la justice française a refusé l extradition, ils en avaient profité pour enquêter sur les milieux de l opposition portugaise en France, discuter avec les informateurs recrutés ou en voie de l être. 38 Lettre manuscrite de Marcello Mathias, Ambassadeur du Portugal en France, adressée à António Oliveira Salazar, le 1 er janvier 1968, AOS-CD Folhas diligências Sede, Arquivo do Ministério da Administração Interna, n 041, 042 et 043. Les fonds de l ancien ministère de l Intérieur reposent, aujourd hui (2004), à la Torre do Tombo sous des cotes différentes. 40 Jean-Paul Brunet, La police de l ombre.indicateurs et provocateurs dans la France contemporaine, Paris, Seuil, 1990, p António José Telo, Emigração, exílio..., op. cit., p Idem, p Cf. Alfredo Margarido, Os exilados dos anos 60 na História, Seara Nova, avril 1994, pp Information de la direction des services de l information, le 12 novembre 1971, SC proc CI(2), Segurança, n Cf. Stéphane Dufoix, Politiques d exil. Hongrois, Polonais et Tchécoslovaques en France après 1945, Paris, PUF, LATITUDES n 21 - septembre 2004

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