Travail d'imitati on: * Un spectre m'attendait (les
contemplations, Victor Hugo) *La mort et le bûcheron (les fables, Jean de La Fontaine) Souissi Royaa
Les contemplations (Victor Hugo) : Livre sixième: Au bord de l'infini III Un spectre m'attendait Un spectre m'attendait dans un grand angle d'ombre, Et m'a dit: -- Le muet habite dans le sombre. L'infini rêve, avec un visage irrité. L'homme parle et dispute avec l'obscurité, Et la larme de l'oeil rit du bruit de la bouche. Tout ce qui vous emporte est rapide et farouche. Sais-tu pourquoi tu vis? Sais-tu pourquoi tu meurs? Les vivants orageux passent dans les rumeurs, Chiffres tumultueux, flot de l'océan Nombre, Vous n'avez rien à vous qu'un souffle dans de l'ombre; L'homme est à peine né, qu'il est déjà passé, Et c'est avoir fini que d'avoir commencé. Derrière le mur blanc, parmi les herbes vertes, La fosse obscure attend l'homme, lèvres ouvertes. La mort est le baiser de la bouche tombeau. Tâche de faire un peu de bien, coupe un lambeau D'une bonne action dans cette nuit qui gronde; Ce sera ton linceul dans la terre profonde. Beaucoup s'en sont allés qui ne reviendront plus Qu'à l'heure de l'immense et lugubre reflux; Alors, on entendra des cris. Tâche de vivre; Crois. Tant que l'homme vit, Dieu pensif lit son livre. L'homme meurt quand Dieu fait au coin du livre un pli. L'espace sait, regarde, écoute. Il est rempli D'oreilles sous la tombe, et d'yeux dans les ténèbres. Les morts ne marchant plus, dressent leurs pieds funèbres; Les feuilles sèches vont et roulent sous les cieux. Ne sens-tu pas souffler le vent mystérieux? Au dolmen de Rozel, avril 1853.
Travail d'imitation: Un fantôme l'attendait Un fantôme l'attendait dans un grand angle d'ombre, Et lui disait: "- Allons-y". Alors, il voyait devant les yeux les ténèbres: Des plaines sans frontières, Des fosses lugubres et des cimetières. Sans tarder, le spectre l'emportait dans des couloirs de lumière. Ils traversaient ensemble des bois, des rivières Et s'envolaient vers le ciel. Le fantôme lui disait: -Tu vois? Tous ces cieux, toutes ces astres, tous ces mystères Appartiennent à un seul Dieu éternel, Qui contrôlait cet ample, vaste, immense univers. Et tous rentraient chez lui, Mais à chacun son itinéraire. Tu vois? La vie est un pont pour la mort. Un monde où régnait la matière, Mais il y avait la richesse et la misère. C'est une épreuve, une vaste mer Où tous se battaient pour survivre Car c'est un monde cruel et éphémère. Mais c'est ici, au monde de réalité, les délices et les tourments éternels. Et maintenant c'est à toi de poursuivre ton chemin, Soit au paradis, soit à l'enfers.
Les fables de Jean de La Fontaine: Livre I La Mort et le Bûcheron Un pauvre Bûcheron tout couvert de ramée, Sous le faix du fagot aussi bien que des ans Gémissant et courbé marchait à pas pesants, Et tâchait de gagner sa chaumine enfumée. Enfin, n'en pouvant plus d'effort et de douleur, Il met bas son fagot, il songe à son malheur. Quel plaisir a-t-il eu depuis qu'il est au monde? En est-il un plus pauvre en la machine ronde? Point de pain quelquefois, et jamais de repos. Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts, Le créancier, et la corvée Lui font d'un malheureux la peinture achevée. Il appelle la mort, elle vient sans tarder, Lui demande ce qu'il faut faire C'est, dit-il, afin de m'aider A recharger ce bois ; tu ne tarderas guère. Le trépas vient tout guérir ; Mais ne bougeons d'où nous sommes. Plutôt souffrir que mourir, C'est la devise des hommes. Jean de la Fontaine - Les Fables
Travail d'imitation: La Mort et le meunier Un vieil homme, tendu sur son lit, Gémissait sous le poids des années. La douleur et la peine l'accablaient. C'est un homme dont la vie s'est vengée. Un pauvre meunier, que le destin lui mit Dans un état de complet épuisement. Il était mal au point, Il appelait la mort. Celle-ci venait sans tarder, En la voyant il disait: "C'est afin de m'apporter le médicament Tu ne tarderas jamais." Mais plutôt souffrir que mourir: C'est la devise des hommes.