Newsletter Septembre 2013



Documents pareils
Rapport Annuel 2012 SURVEILLER LE TEMPS ET LE CLIMAT DEPUIS L ESPACE. Lancement de Metop-B 18:28 CEST 17 septembre 2012

3 - Description et orbite d'un satellite d'observation

SPOT4 (Take 5) : Sentinel-2 avec deux ans d avance

Jeunes en Apprentissage pour la réalisation de Nanosatellites au sein des Universités et des écoles de l enseignement Supérieur

Cycle de vie, processus de gestion

RESERVOIR MONITORING A PARTIR D IMAGES SATELLITES APPLICATIONS POUR LES ACTIVITÉS AMONT DE SONATRACH EN ALGÉRIE

Grille de planification Expédition météo. Spécialiste de la cartographie Graffiti de ce que l équipe sait de la météorologie (10 minutes).

Synthèse SYNTHESE DIRECTION GENERALE DE L ENERGIE ET DU CLIMAT. Service du climat et de l efficacité énergétique

Évolution du climat et désertification

Celestia. 1. Introduction à Celestia (2/7) 1. Introduction à Celestia (1/7) Université du Temps Libre - 08 avril 2008

Rôle des nuages dans l'anomalie de température de l'hiver 2007 en Europe

LSCE Laboratoire des sciences du climat et de l environnement

L inégale répartition de l énergie solaire est à l origine des courants atmosphériques

Architecture de réseau de senseurs : monitoring environnemental et écosystèmes forestiers

Sillage Météo. Notion de sillage

- Le LPC2E et les Bases de Données Spatiales - Valorisation des bases de données ondes

Monitoring de surface de sites de stockage de CO 2 SENTINELLE. (Pilote CO2 de TOTAL Lacq-Rousse, France) Réf. : ANR-07-PCO2-007

Un demi-siècle d imagerie spatiale

Profils verticaux de la couverture nuageuse, de ses propriétés et des aérosols: données du lidar CALIOP et du radar CLOUDSAT (DARDAR) de 2006 à 2012

Correction ex feuille Etoiles-Spectres.

Réunion de lancement du projet LEFE DEPHY2

Modèle de Climat de Titan

Mesures de PAR. Densité de flux de photons utiles pour la photosynthèse

Les données massives de Copernicus : vers un nouveau paradigme. Hervé Jeanjean Cnes

Un accueil de qualité :

Comprendre l Univers grâce aux messages de la lumière

XXVII e Colloque de l Association Internationale de Climatologie 2-5 juillet 2014 Dijon (France)

Prospective: Champ de gravité, méthodes spatiales

Monitoring THPE. Soutien au projet. Présentation du projet

TP 2: LES SPECTRES, MESSAGES DE LA LUMIERE

La spectro, c'est facile

Chapitre 02. La lumière des étoiles. Exercices :

Le satellite Gaia en mission d exploration

UN LANCEMENT POUR L INTERNET ET POUR LA METEOROLOGIE

PROJET ACCLIMATE ETUDE SIM-CLIM THEME 3 Etude bilan des possibilités d une simulation climatique régionale

Le projet DRIAS : premières études et documents

THEME PROJET D ELABORATION D UNE BASE DE DONNEES SOUS LE SERVEUR MYSQL

Développement et Evaluation PHYsiques des modèles atmosphériques

Rapport 2014 et demande pour Portage de Méso-NH sur Machines Massivement Parallèles du GENCI Projet 2015 : GENCI GEN1605 & CALMIP-P0121

Niveau 2 nde THEME : L UNIVERS. Programme : BO spécial n 4 du 29/04/10 L UNIVERS

SOLUTIONS TECHNOLOGIQUES D AVENIR

LA TÉLÉDÉTECTION AÉRO-SPATIALE : UNE INTRODUCTION

Séquence 9. Étudiez le chapitre 11 de physique des «Notions fondamentales» : Physique : Dispersion de la lumière

L accès aux données spatiales au profit des applications satellitaires

Directives pour l évaluation des participations d astrophilatélie

Estimation et Cartographie des Différentes Composantes du Rayonnement Solaire au Sol à Partir des Images Météosat

Mise en pratique : Etude de spectres

AA-SO5 KIDA/GSOV/VAMDC

HYPOTHESES MISSION MAMBO

Projet SENTINELLE Appel àprojets «CO 2»Déc. 2007

Health Monitoring pour la Maintenance Prévisionnelle, Modélisation de la Dégradation

Le Soleil. Structure, données astronomiques, insolation.

Principes généraux de la modélisation de la dispersion atmosphérique

Cartes de l étendue des eaux libres liés aux inondations Guide des produits

Le remote. Révolution pour l astronome amateur

Système d Observation HotVolc

Surveillance du climat pour le stockage de produits pharmaceutiques au moyen du testo Saveris.

Activité 1 : Rayonnements et absorption par l'atmosphère - Correction

Présentation du projet SMOS et du CATDS

1. Utilisation conforme à l usage prévu. 2. Propriétés. 3. Montage. Capteur de CO 2 AMUN

L ' E N V I R O N N E M E N T À T R A V E R S L A S I M U L A T I O N N U M É R I Q U E : D E L ' I N G É N I E R I E D U B Â T I M E N T

Capacité étendue d utilisation en réseau

Le partenaire de votre innovation technologique

Mesures d antennes en TNT

Présentation des projets de recherche BLOWOUT et METANE. Journée technique du Cedre. Brest 14 novembre 2013

Transmission d informations sur le réseau électrique

Bilan des émissions de gaz à effet de serre

Un spectromètre à fibre plus précis, plus résistant, plus pratique Concept et logiciel innovants

Correction du baccalauréat STMG Polynésie 17 juin 2014

Mode d'emploi abrégé du GPS GeoExplorer3 et du Software GPS Pathfinder Office

Le nouveau système de surveillance continue des émissions atmosphériques

Le rôle des technologies de l imagerie dans le secteur de l environnement

VÉHICULES MEUBLES CONTAINERS 100% FRIGORIFIQUE.

QUICK START RF Monitor 4.3-1

2 e partie de la composante majeure (8 points) Les questions prennent appui sur six documents A, B, C, D, E, F (voir pages suivantes).

Portier Vidéo Surveillance

Etudes des nuages et de la convection autour des dépressions intenses des moyennes latitudes

L observation et le contrôle des sites de stockage de CO 2

Accès aux données Sentinelles

Plate forme de modélisation en vue de la prédiction de la durée de vie des bétons vis-à-vis de la pénétration d agents agressifs

Bilan électrique français ÉDITION 2014

La sécurité des biens et des personnes Comment se protéger des intrusions?

TP 03 B : Mesure d une vitesse par effet Doppler

Centre Universitaire LA CITADELLE 220, avenue de l Université B.P DUNKERQUE CEDEX 1 GUIDE DES ETUDES LICENCE PROFESSIONNELLE

DeltaCal BGI. Débitmètre étalon

LIDAR LAUSANNE Nouvelles données altimétriques sur l agglomération lausannoise par technologie laser aéroporté et ses produits dérivés

Bilan GES Entreprise. Bilan d émissions de Gaz à effet de serre

Contrôle thermographique Tarifs et prestations :

Efficacité énergétique pour les particuliers : une solution pour le monitoring énergétique

QU EST-CE QU UN CHAUFFE-EAU THERMODYNAMIQUE?

DEMONSTRATION AMIENS

document proposé sur le site «Sciences Physiques en BTS» : BTS AVA 2015

NOTIONS FONDAMENTALES SUR LES ENERGIES

Société de Geo-engineering

MANUEL UTILISATEUR DU RECEPTEUR HAICOM HI-303MMF

RÈGLEMENT SPÉCIFIQUE ET DIRECTIVES POUR L ÉVALUATION EN ASTROPHILATÉLIE AUX EXPOSITIONS PATRONNÉES PAR LA FFAP

Unité fonctionnelle de référence, à laquelle sont rapportés les impacts environnementaux du Chapitre 2

Annexe I b. Référentiel de certification

Your Detecting Connection. Manuel de l utilisateur. support@xchange2.net

Transcription:

Newsletter Metop-B est devenu, depuis le 24 avril dernier, le satellite prime et c est maintenant IASI Metop-B qui est sur le devant de la scène et l objet de toutes les attentions. IASI Metop-A est toujours pleinement fonctionnel et ses performances, toujours aussi bonnes, permettent de poursuivre les études scientifiques entamées depuis son lancement. Les données, qui arrivent en opérationnel sur Ether, sont traitées quotidiennement et permettent aux chercheurs de différents laboratoires de surveiller la composition de l atmosphère et même son évolution en temps réel. Depuis le tir de son «grand frère» en 2006, IASI-B a passé avec succès toutes les épreuves de qualification, tests fonctionnels, opérations d assemblage et d intégration menés par le CNES, Astrium, l ESA et TAS pour aboutir à un lancement parfaitement réussi le 17 septembre 2012. Puis il a fallu dérouler la «mise on» progressive des équipements, les opérations de «dégazage» de l instrument, opérer les premiers essais dits de «recette en vol». Là encore le CNES était à la manœuvre et là encore, tout s est passé parfaitement, la recette en vol fonctionnelle s est même terminée un peu plus tôt que prévu.. A ce moment, l ESA a passé la responsabilité du satellite Metop-B et de ses instruments à Eumetsat. Quelques jours avant cette fin de recette en vol, dès la réception des premières données science, démarrait la phase de CAL/VAL dont le but est de régler finement l instrument afin qu il soit au mieux de ses performances. Vous aurez tout ce numéro pour voir que le but a été atteint, là encore au-delà de nos espérances. Véritable travail d équipes, CNES (experts performances, responsables du centre d Expertise Technique et de la chaîne de niveau 1), supports industriels (AKKA, Thalès, Noveltis, CapGémini) équipes Eumetsat, équipe de scientifiques du LMD, cette phase de CAL/VAL a permis en 6 mois à l ensemble des utilisateurs de pouvoir disposer de produits de qualité (aussi bonne sinon meilleure que celle de IASI Metop-A) de ce nouvel instrument IASI. Nous remercions chaleureusement tous ceux qui ont participé à cette recette en vol et en particulier à cette phase de CAL/VAL qui a induit un travail de préparation très important, incluant notamment l arrivée des données Metop-B en «early dissemination» sur Ether. Désormais, en mode opérationnel, les produits sont diffusés par le pôle Ether à l ensemble de ses utilisateurs (niveaux 1 en accès limité et niveaux 2 en accès libre). Nous attendons avec hâte et curiosité, de nouvelles découvertes scientifiques et applications météorologiques réalisées avec les données de IASI et ses instruments compagnons (HIRS4, AMSU-A, MHS) à bord de Metop-A et de Metop-B. Carole Larigauderie Chef de Projet Mission IASI au CNES Newsletter Septembre 2013 Ether & la CALibration/VALidation IASI

IASI et le changement climatique : un long chemin Suivant l idée, émise indépendamment par Kaplan et King, dès les années 1959, qu on pourrait remonter à des variables atmosphériques ou de surface à partir d observations multi spectrales ou multi angulaires de l atmosphère terrestre, une multiplicité d instruments divers (radiomètres, spectromètres, interféromètres) a été embarquée sur des plates-formes satellitaires polaires ou géostationnaires. Depuis la fin des années 1970, les sondeurs verticaux comme les imageurs, effectuent des observations globales et continues de la terre et de son atmosphère. Depuis la «première génération» (série opérationnelle de la NOAA, ininterrompue depuis 1978) jusqu au lancement récent de Metop-B (Septembre 2012), en passant par les «Aqua/Train», Gosat, Suomi NPP, Meteosat et GOES,, ces observations satellitaires, concomitantes et/ou complémentaires, permettent, et notamment grâce à la spectaculaire amélioration de leur résolution spectrale, d atteindre de manière fine des représentations 3D des profils de vapeur d eau, d ozone, de température, des concentrations des principaux gaz à effet de serre (CO 2, CH 4, CO, ), des caractéristiques macro et microphysiques des nuages ou des aérosols, les caractéristiques essentielles des surfaces continentales (émissivité spectrale et température). En parallèle, le développement des capacités de calcul et de stockage a fait entrer cette discipline dans l ère de l étude des variables climatiques via l analyse de longues séries temporelles à l échelle globale. Avec ses quelques 8461 canaux qui couvrent l ensemble du spectre infrarouge thermique, IASI apporte une forte résolution spectrale mais aussi d excellentes performances du point de vue de la radiométrie, de la couverture géographique et de la résolution spatiale. Après IASI sur Metop-A et maintenant sur Metop-B, la continuité, indispensable, des mesures sur des décennies sera garantie par le lancement de Metop-C prévu à 2018 puis à l horizon 2030 avec la nouvelle génération d instrument IASI-NG. Noelle Scott - LMD IASI : une référence GSICS Passer de ces représentations 3D à des études pertinentes de variabilité ou d évolution du climat requiert une grande qualité et une grande stabilité des données satellitaires. Un premier programme de réanalyse des données satellitaires lancé par la NOAA et la NASA dans le milieu des années 90, auquel le LMD avait participé, (Programme «Pathfinder») avait pour but de tracer la voie à de telles études. Depuis, le Système mondial d inter-étalonnage des instruments satellitaires du WMO, auquel le CNES participe activement, a pris le relais. Le GSICS (Global Space-based Inter-Calibration System) a pour objet d assurer la comparabilité des mesures spatiales obtenues à divers moments au moyen de différents instruments et programmes et de les relier à des références absolues et à des normes. La mission du GSICS est de contribuer à une meilleure utilisation des observations effectuées à partir de l espace et de permettre de procéder à un nouvel étalonnage des données archivées. Au travers de sa participation au groupe de travail du GSICS pour l inter-étalonnage des capteurs utilisés pour la météo, le CNES a permis de valoriser les performances de IASI. IASI est aujourd hui le capteur de référence du GSICS dans l infrarouge thermique. Denis Jouglet - CNES Noelle Scott - LMD CAL/VAL & inter calibration CNES Metop-B a été lancé le 17 septembre 2012. Après une période de décontamination et de descente en froid, la CAL/VAL de IASI-B a démarré le 23 octobre 2012 avec la réception du premier interférogramme et s est terminée le 17 avril 2013. La CAL/VAL IASI Metop-B avait pour objectifs de : effectuer le réglage des paramètres bord et sol des algorithmes de traitement des données, l instrument étant désormais dans les conditions spatiales ; corriger les éventuels artefacts instrumentaux dans les données utilisateurs afin que celles-ci soient facilement exploitables ; caractériser complètement l instrument et s assurer que ses performances sont conformes aux spécifications et aux essais sols ; valider les produits IASI en les comparants à des données issues d autres instruments infrarouge. Les 6 mois de CAL/VAL ont permis de démontrer que l instrument, l acquisition des interférogrammes et les traitements bord et sol fonctionnent parfaitement, avec des paramètres optimisés. Les performances sont en accord avec les spécifications voire meilleures. En termes de radiométrie, la calibration relative interpixel est meilleure que 0.1K et la calibration absolue de l ordre de 0.1K.

Le bruit radiométrique est conforme aux spécifications et très proche de celui mesuré sur IASI-A (cf. figure ci-dessous). Les deux IASI sont en accord à ~0.1K près (cf. figure cidessous). L inter-étalonnage spectral, basé sur des scènes tropicales claires colocalisées, est de l ordre de 0.25ppm. Enfin, l inter-étalonnage radiométrique des IASI avec les sondeurs AIRS et CRIS lors des croisements d orbite à haute latitude est de l ordre de 0.1K. La calibration spectrale relative interpixel est meilleure que 0.2ppm. La calibration spectrale absolue a été évaluée en se comparant à des simulations, elle est inférieure à 2 ppm. Cette évaluation a montré que certaines améliorations sont nécessaires dans la connaissance du transfert radiatif et de la spectroscopie dans certaines régions du spectre infrarouge. La stabilité de l axe interférométrique est de 20 μrad, la position des barycentres des PSF est connue à 20 μrad près. La précision de géolocalisation des pixels IASI est de 200m (coregistration IASI/IIS ~100m, co-registration IIS/AVHRR ~100m). La stabilité de la ligne de visé est ~350m. Enfin, la disponibilité des spectres au niveau utilisateur est d environ 99.5%. La cohabitation des deux IASI a également permis d estimer l inter-étalonnage entre les deux capteurs pour s assurer de la continuité de la mission IASI. L inter-comparaison radiométrique a été estimée au TEC IASI, centre d expertise technique du CNES, sur un jeu de quelques scènes particulièrement stables et homogènes (pour la surface et l atmosphère), de toutes latitudes, observées quasi-simultanément par IASI-A et B avec des géométries de visée comparables. Elsa Jacquette, Eric Péquignot, Denis Jouglet - CNES L apport d'ether Pour les missions IASI Metop-A et B, Ether acquiert chaque jour 35Go de données qui sont archivées et mises à disposition depuis 2007 soit un volume total de 75 To environ. Depuis son centre de l'ipsl via le système EUMETCAST (antenne et chaîne d'acquisition), Ether récupère les données IASI en NRT. Ces données de grande volumétrie (format BUFR) sont gérées, archivées et mises à disposition des utilisateurs qui peuvent soit les rapatrier soit les utiliser directement sur un cluster de calcul appelé "ciclad" (496 cœurs de calcul, 1,2 Po de données). Avec le lancement de Metop-B, l'équipe du LMD a apporté son expertise dans le cadre de l'inter comparaison/inter calibration des données IASI-B en complément des travaux de calibration/validation menés par le CNES et EUMETSAT. Ainsi, l automne dernier, le centre technique Ether de l'ipsl, en coopération avec l'équipe du LMD, a préparé l'environnement nécessaire à ces traitements IASI-A et IASI-B avec la mise à disposition des premières données IASI Metop-B (early dissemination, de janvier à avril 2013), des données AMSUA, HIRS4 et MHS (L1b) associées à l'installation sur le cluster «ciclad» de la version 7.4 du logiciel AAPP (ATOVS and AVHRR Preprocessing Package). Les données acquises depuis 2007 pour IASI Metop-A et depuis avril 2013 pour IASI Metop-B sont accessibles à l'ensemble des utilisateurs après simple enregistrement pour les données de niveau 2.

Outre l'acquisition/archivage/diffusion de ces données, Ether offre un ensemble de services intégrés et cohérents autour de IASI avec : La time line : qui donne l'historique et la prévision sur Metop-A et B des opérations et traitements ayant un impact sur les différents produits IASI pour les produits de niveau 1 et 2 L'outil d extraction multicritère «OBR» des données de niveau 1C IASI Metop-A et B, le lecteur des données IASI de niveau 2 sera disponible aux utilisateurs fin juillet 2013 La production de cartes de type quick look pour le CO et la température de surface pour Metop-A et/ou B, les cartes d humidité seront disponibles dès septembre 2013 Quelques résultats des validations par le LMD De longue date, le LMD a défini une approche d interétalonnage de type LEO/LEO i.e. avec d autres instruments compagnons et une approche en mode indépendant («stand-alone»). Utilisées en parallèle, ces deux approches se révèlent être un outil puissant pour identifier les comportements inattendus ou nonsouhaitables des instruments embarqués, la seconde permettant de préciser lequel des instruments dévie par rapport à l autre. La contrainte très forte sous-tendant ces deux approches est que les instruments et les «canaux compagnons» soient choisis en raison de leur cohérence spatiale, temporelle, spectrale et radiative. Avec IASI/Metop-A et IASI/Metop-B, la coïncidence spatio-temporelle est excellente. Par définition, la coïncidence spectrale des canaux parfaite. Résultat de l inter calibration : Un problème de valeurs des angles de visée entre Metop-A et Metop-B, pointé par le LMD lors de la IASI Conférence de Février 2013, a été désormais corrigé par le CNES. La base de données GEISA-IASI régulièrement améliorée pour les espèces chimiques IASI Les données de CO Metop-A co-produites par le LATMOS et l ULB. Et enfin en complément de ces données spatiales, les jeux de données de l'instrument IASI effectuées au cours de campagnes ballon Figure a : Différences de comportement entre les angles de visée satellitaires (SZA) de Metop-A (rouge) et Metop-B (vert) pour deux angles de visée différents (~31 - figures de gauche - et ~58 - figures de droite). Figures du haut : le problème, pour chacun de ces deux angles de visée. Figures du bas : le même type de graphique, après les opérations de CAL/VAL du CNES (E. Pequignot et al.). Tout rentre dans l ordre et on peut ainsi voir un comportement quasiment superposé pour Metop-A et Metop-B. Tous ces services sont accessibles depuis le portail Ether http://www.pole-ether.fr, icône IASI (carré rouge). Cathy Boonne - IPSL Mireille Paulin - CNES Résultats de l approche stand-alone : En considérant simultanément Metop-A et Metop-B, et via une étude des doubles différences en approche «stand alone», nos efforts ont porté sur la recherche de déviations

entre canaux identiques (cf. figure b) et sur une dépendance éventuelle des observations le long de la ligne de balayage (cf. figure c). Les statistiques ont porté, à ce jour, sur plusieurs centaines de milliers de collocations entre 4A/OP et les analyses du centre Européen, sur la zone tropicale, de nuit, sur mer. Dans les deux cas les écarts entre Metop- A et Metop-B sont remarquablement faibles. Ceci confirme, de façon totalement indépendante, certains des résultats obtenus par ailleurs par le CNES. L approche LMD a apporté en plus, grâce à la méthode originale de «stand alone» et de doubles différences» une manière unique d explorer les comportements le long des lignes de balayage de l instrument IASI. http://ara.abct.lmd.polytechnique.fr/ Noelle Scott, Laurent Crépeau, Raymond Armante, Jérôme Pernin, Mayssa BenSassi, Alain Chédin - LMD Eric Pequignot - CNES Figure b : Série temporelle du 23 Janvier au 10 Juin 2013 des moyennes journalières des doubles différences (IASI- A IASI-B) des résidus calc-obs. (Figure du haut). Les différences sont très faibles dans une fourchette de -0.1 à 0.1K. On remarque aux alentours du 30 Janvier des signatures «rouges» sur le graphique liées à une absence de données de Metop-B. La figure du bas représente le spectre moyen des températures de brillance, permettant de relier les résultats de la figure du haut aux températures de scènes. Moyennes massives pour la climatologie et l inter calibration IASI-A / IASI-B Les données fournies par Ether ont également été mises à profit au CNES pour calculer des moyennes massives de l ensemble des spectres (~50 millions) IASI-A et IASI- B, indépendamment l un de l autre mais sur des périodes identiques. Ainsi, la différence entre ces moyennes massives permet de prouver de manière indépendante que l inter-étalonnage radiométrique entre IASI-A et B est de l ordre de 0.1K. Figure c : Variation de la moyenne par angle de visée autour de la trace sous-satellite des doubles différences (IASI-A IASI-B) des résidus calc-obs. Ces résultats sont moyennés sur la période allant du 23 Janvier au 10 Juin 2013. Les différences sont très faibles dans une fourchette de -0.15 à 0.15K. L intercalibration spectrale sur ces moyennes massives est également confirmée (environ 0.25ppm en moyenne). L ensemble de ces travaux est sous-tendu par le modèle 4A/OP, les banques de données ARSA, GEISA et TIGR en off-line ainsi que par les analyses et réanalyses de l ECMWF. Les désarchivages et traitements se font sur Ether/Ciclad, ADA/IDRIS, ClimServ. Denis Jouglet, Thierry Phulpin - CNES

La suite Les trois démarches indépendantes d inter-comparaison présentées ici ont prouvé la continuité de la mission IASI et permettent d affirmer que la référence des sondeurs infrarouge peut désormais être transférée par le GSICS de IASI-A à IASI-B. Concernant les objectifs scientifiques - car ces travaux utilisent, sous-tendent ou interfèrent avec plusieurs des approches visant à restituer des données de niveau 2 - nous envisageons la poursuite de ces recherches, la mise à disposition de ces résultats de validation à toute communauté intéressée et le renforcement des discussions LMD / CNES et avec la communauté internationale dans le cadre du GSICS. Dans son environnement du CNES et de l IPSL et de l OMP, avec la capacité de recevoir, distribuer, archiver les produits de niveau 1 et 2 de Metop-A et Metop-B, Ether est un des éléments essentiels de la prolongation et de la diffusion de l ensemble de cette discipline au niveau international. Noelle Scott - LMD Denis Jouglet, Mireille Paulin- CNES Ether c est aussi De nouvelles données et services mis à votre disposition accessibles sur le portail Ether : http://www.pole-ether.fr Les données GOSAT de niveaux 1 et 2 (CO 2 et CH 4 ) des instruments TANSO-FTS (Spectromètre à Transformée de Fourier) et TANSO-CAI (Imageur nuages et aérosols) en continu depuis décembre 2012 (droits d accès cf. sebastien.payan@upmc.fr). La base de données internationale IUPAC, données cinétiques et photochimiques, depuis juin 2013 (accès libre sur portail Ether) TAPAS est un service en ligne gratuit utilisé par la communauté astronomique, qui permet de filtrer alors le spectre observé par le spectre de transmission simulé pour obtenir le spectre cible "hors de l'atmosphère". Il y a bien sûr tous les services et bases de données déjà disponibles depuis le portail Ether : ECCAD : Emissions of atmospheric Compounds & Compilation of Ancillary Data IAGOS : In service Aircraft for a Global Observing System NDACC : Network for Detection of Atmospheric Composition Change Girafe : logiciel permettant le calcul de prévision de trajectoires de panaches de feux et autres composés MIMOSA : Modèle d advection permettant le calcul et la visualisation de champs de vorticité potentielle (analyse et prévision) utiles notamment à la prévision de lâcher de ballon REPROBUS : Modèle 3D de chimie-transport calculant l'évolution temporelle de 55 espèces chimiques dont gaz traces, Pour toutes demandes Ether, nous contacter à l adresse suivante : ethersvp@ipsl.jussieu.fr Cathy Boonne - IPSL Damien Boulanger - OMP