Enseignement de l Histoire des Arts : ARTS DU SPECTACLE VIVANT LOUIS XIV et la DANSE Au XVIIème siècle, la danse est un art très pratiqué dans tous les milieux de la société française. En fait, depuis la Renaissance, les français (et notamment les monarques) se sont intéressés à la danse ; le ballet de cour devient politique et est utilisé comme moyen de propagande royale : les danses montrent les ambitions des individus (rois, nobles, etc.) mais aussi des caricatures ; le ballet exploite tous les styles (héroïque, pastoral, burlesque ) et tient compte de l actualité ; la référence au présent est fréquente et la danse proposée un miroir de la cour (vie quotidienne, portraits de courtisans, intrigues ). C est le spectacle préféré de la cour, ce qui fait dire à Richelieu : «l engouement pour danser est tel, parmi les courtisans, qu il passe parfois avant les raisons d Etat». En fait, le ballet, qui est enfermé à la cour, se modèle sur le courtisan : il devient de plus en plus raffiné et maniéré. Lorsqu elle est pratiquée par le peuple, la danse puise son répertoire dans les danses régionales (Bretagne, Poitou, Charente, Auvergne ). Mme de Sévigné qui séjourna en Bretagne dira : «Après souper tout dansa toutes les courantes de village, tous les jeux des gars du pays». Les danses pratiquées sont, pour les plus connues, la Bourée, la Gavotte (originaire de Gap), le Branle (ou Bransle), la Pavane (originaire de Padoue), la Courante. Ces danses se retrouvent dans les ballets de cour et Louis XIV écrit dans ses mémoires : «Les peuples d un autre coté, se plaisent au spectacle, où au fond on a toujours pour but de leur plaire ; et tous nos sujets, en général, sont ravis de voir que nous aimons ce qu ils aiment ou à quoi ils réussissent le mieux» Le roi trouve ici une manière de renforcer son pouvoir en dansant à l image de ses sujets.
Cependant, Louis XIV est un excellent danseur. Il a reçu l éducation des jeunes seigneurs à qui on apprenait la danse au même titre que l escrime ou l équitation. Il a les meilleurs maîtres de ballet et se révèle être un élève particulièrement doué. Il ne se contente pas de danser comme son père, il le fait sur scène. C est à ce moment là (enfance de Louis XIV) que la scène de bal se transforme. L espace dévolu aux danseurs est différencié de celui des spectateurs ; la scène s incline puis est carrément surélevée (1640). Cela implique des changements dans la manière de danser : la danse se «verticalise», elle devient aérienne, danse d élévation et il n est plus donné à tout le monde de la pratiquer. On voit apparaître les premiers danseurs professionnels. Le roi rivalise avec ces danseurs. Tous les ans, plusieurs grands ballets sont créés auxquels il participe : A 13 ans, il danse dans le «Ballet de Cassandre» ; à 15 ans il est le «Soleil Levant» dans le célèbre «Ballet de la nuit» ; à 16 ans il se fait remarquer dans les «Noces de Pélée» et surtout dans «Thétis» où il incarne Apollon. On associe son nom à «l entrechat royal» qu il exécute particulièrement bien. Louis XIV incarnant le soleil levant dans «Le ballet de la nuit» (1653)
Le menuet est la danse caractéristique de l époque (Lully en a composé au mois 50 pour le roi qui le dansait parfaitement). Son implication dans les ballets fait que la BELLE DANSE se développe dans le royaume puis dans les autres cours européennes. Les danseurs portent souvent des masques à l effigie du dieu, de la nymphe ou du berger. Ils sont pourvus d accessoires afin de les caractériser. Il ne s agit pas de mime car le texte parlé et chanté raconte l histoire. Les danseurs se concentrent sur les poses et les mouvements du corps. Les grandes dames assurent les rôles féminins mais ce sont toujours des hommes qui tiennent les rôles comiques. Les bourgeois aussi sont censés pratiquer la danse ; elle est enseignée aux gentilshommes ; dans la comédie-ballet de Molière, «Le Bourgeois Gentilhomme», M. Jourdain a son propre maître de ballet. Avec la professionnalisation de la danse, Louis XIV fonde l Académie Royale de Danse (1661) et charge 13 maîtres à danser d assurer le développement de cet art qui lui tient tant à cœur et de sauvegarder des techniques transmises jusqu alors par la tradition orale. Chaque membre de la famille royale a son professeur particulier : François Gallard du Désert (professeur de la reine), Henri Prévost (professeur du roi), Jean Renault (professeur du Duc d Orléans), Jean et Guillaume Reynal, etc. Lully, violoniste, compositeur, maître de ballet est remarqué par le roi. Il compose des danses pour les ballets de cour, des intermèdes pour des opéras italiens que Molière utilisera dans ses comédies-ballets. Ils inventent à eux deux l opéra à la française qui intègre la danse et se différencie ainsi du modèle italien. La comédie-ballet devient le spectacle préféré du roi ; De la collaboration entre Molière, Lully et Beauchamp naissent deux chefs-d œuvre : Le Bourgeois Gentilhomme et le Malade Imaginaire. Lully travaille à ce moment-là avec Pierre Beauchamp, musicien et danseur, qui devient maître à danser du roi. Louis XIV le nomme surintendant des ballets du roi ; à ce titre il compose désormais toutes les chorégraphies dont Lully écrit la musique.
Il met au point un système d écriture de la danse (il codifie entre autres la position des pieds). Il est la grande figure de l école chorégraphique du règne de Louis XIV. Louis-Guillaume Pécourt (danseur, chorégraphe et pédagogue), formé par Beauchamp, compose 120 pièces. Raoul-Auguste Feuillet (maître à danser et chorégraphe) dans son ouvrage «Chorégraphie ou l art de décrire la dance» décrit certaines chorégraphies de Pécourt qu il considère comme «le modèle des plus parfaits danseurs». Pierre Rameau (maître à danser) compose deux ouvrages didactiques importants pour l étude de la Belle Danse dont «Le maître à danser». Les danses : La Bourrée, la Chaconne, la Courante, la Gaillarde, la Gavotte (originaire de Gap), la Gigue, la Pavane (originaire de Padoue), le Menuet. LA PAVANE : Danse de la Renaissance, originaire de Padoue en Italie ; c est une danse de couple. L homme est à gauche, la femme à droite posant sa main sur celle de son cavalier. Pas simple : Démarrer du pied gauche, faire un pas en avant puis 2 pieds joints redémarrer du pied droit et faire la même chose. Le pas simple s exécute sur un temps. Pas double : Démarrer du pied gauche, exécuter deux pas dont le deuxième seulement est marqué idem pied droit. Le pas double s exécute sur deux temps.
Quelques images de danse Ballet de cour Costumes
Costume du roi dans «le ballet de la nuit»
Ecriture de la danse