Sessions poétiques sur Internet (II/II) Année 2007-2010 Bruno Quinchez Une dédicace Je dédie ces deux recueils de poèmes à mes parents qui me manquent bien, je pense souvent à eux ainsi qu'à toute ma nombreuse famille bien réelle...et à tous les obsédés d'internet dont je ne connais que des pseudonymes, Hurlantenova, Bissecta, Invigène, Étoile, Zani du site «Les Méandres poétiques» qui est devenu «Le forum de poésie Big-bang»... A Tim du site de poésie Toute La Poésie» (TLP) et tous les nombreux poètes qui l'ont fréquenté et ils ont été nombreux...a Élysée, Souris, Clari, Gallaumar, Bibi, Comtoise des poètes qui sont tous des dissidents de Toute la Poésie et qui se sont retrouvés sur le site de poésie «Murmures» A Jean-Luc, Pascal, Claire, Denis, Juliette, Le Hamster, D.S., Alzeno, Héloïse, Uiox, Gaston tous sur le site du forum «l'établi/ei nuevo peruano» et tous fous de discussions sur le comment du pourquoi de la série et de la forumologie Puis enfin à Pyjapois, Remo, La Marquise, Buk, Homère, Strofka qui ont animé avec passion le forum «La Fourmilière» ainsi que plusieurs autres dont j'ai oublié les pseudonymes Tous ces inconnus avec qui je me suis mis frotté, disputé, chamaillé que j'ai aimé et haï et qui malgré tous les contacts virtuels, restent des anonymes pour moi le poète qui fréquentait ces divers sites de poésie... Je ne sais pas si la poésie est mieux servie par le Net ou par le papier mais je sais une chose, le Net est éphémère et que seuls les écrits restent, donc acte et publication de ces deux recueils Bruno Quinchez Paris janvier 2010 ------------------------------------------------------------------------- 1
Jalousie... Elle souriait de toutes ses dents et lui qui rigolait comme un fou pendant ce temps là, moi tout seul dans mon coin Je pleurais et je maudissais ces amoureux si simplement et si bêtement heureux... Je ne savais plus dire ce que j'aimais Et je n'avais plus que dans mon cœur que cette sensation, celle d'un être jalouse de leurs insouciances... Il y avait comme une absence, Celle d'un feu éteint par manque de combustible à cause de cette histoire qui me rongeait encore le cœur Et qui ne m'apportait plus sa lumière, il me restait que des cendres chaudes d'un passé enfouis Paris 30 avril 2007 2
Graine de rien du tout, une idée, qui est très simple planter des graines comme des haricots Dans un pot de yaourt puis laissez pousser même si c'est un peu ridicule Il y a plein de graines possibles mais il faut choisir de quoi on veut être le jardinier Paris premier mai 2007 Symétries J'aime mes amis je hais mes ennemis je choisis mes amis mes ennemis me choisissent le monde tourne plus ou moins et si on changeait tout çà? Mes ennemis sont aussi aimables tout comme le reste du monde Mais la stratégie possède ses alliances les amis de mes amis sont mes amis Et tout le reste se sont des terroristes le bien c'est nous et le mal c'est eux et on appelle cela de la grande politique Je me pose plus la question de qu'est-ce qu'il y a de révolutionnaire? Quand Jésus dit: aimez vos ennemis! 3
Paris 3 mai 2007 Mémoire... Après des lunes et des lunes la forêt oubliait les hommes qui l'avaient saccagée les hommes n'étaient plus là La forêt seule s'en souvient des années qui passent et se comptent en centaines Comme les très vieux chênes Merlin tout seul qui survivait dans sa folie et les hommes ne lui parlaient pas Ils ignoraient tellement de choses qui n'avaient jamais été envisagées par ces hommes sans mémoire Paris 11 mai 2007 J ai froid ce soir la nuit est bien froide il me faudrait une bouillotte assez chaude pour me réchauffer je n ai pas dis que je veux une nana Mais on peut rêver, d'avoir un peu de la bonne chaleur, allez bonsoir messieurs mesdames, juste histoire De vous dire que mai est froid et que ce soir, ben je pense à la chaleur des mitouflettes 4
Paris 15 mai 2007 Nougat rot... Pour un certain IUOX (sans haine, ni remords) Des claques de langue au ping-pong des mots Nouga est ce grand battant qui tape qui tape la balle La petite balle blanche qui rebondit et qui rebondit toujours, tac-tac sur la table des troubadours d'estradour et de Navarre. Petit! Tape encore et bat toi Les mots sont de bonnes claques dans la gueule du poète muet, le poète est là et il est vivant que vivent les poètes qui vivent la poésie est un pétard avec des mots l Les mots qui chantent et jouent sur la lyre rare et rimant de la vie sur le tempo du temps qui passe. Les bangs et les bings se riment pour le plaisir des paroles dites que profèrent les poètes qui vivent qui vivent rouspètent et tapent sur les casseroles des cuistres qui ignorent les bruits brutaux des troubadours d'autre fois même UIOX, il n'y a pas d'intox! Ne parlons plus de la politique, bavardons avec des mots qui sont beaux des mots qui claquent comme des tambours dans la fanfare des fanfarons pour les bavards de maintenant qui restent baba de mes blagues Paris 15 mai 2007 5
La mare aux crocodiles dans la marre boueuse des crocodiles nagent c'est le soir, soleil rouge Des gazelles viennent y boire sans se soucier des crocos puis viennent les phacochères Et les singes chahuteurs la jungle est paisible un soir, un marigot en Afrique Paris 20 juin 2007 Attente... Silences... Silences... Ne rien dire, écouter les gouttes qui tombent inlassables du robinet de la vie Ploc! Ploc! Ploc! Ploc! Comme les secondes aimer la pluie et le vent parce que c'est le temps D'aujourd'hui et d'ici n'attendre rien, mais espérer que demain me surprendra 6
Une poussière sur un rayon de lune une lumière légère dans les yeux de celles qui n'aveuglent pas Et savoir enfin et toujours toi seule, celle qui a osé me dire je t'aime! Oubliez les autres qui se moquent bien De mes je t'aime sourire, Respirer, vivre avec elle seule... Qui me réjouit par sa présence Paris 29 juillet 2007 Sentences laissez-moi encore un peu de temps dit-il très calme au bourreau pressé mais que dire à ce quotidien banal qui vous ronge le cœur et l'âme... Plaidez les circonstances exténuantes après une nuit d'extase amoureuse et sortir une cibiche pour la biche... Se prendre un éclat de rire moqueur En pleine figure et en avoir très mal mais pouvoir aussi cicatriser très vite... Un homme et une femme, ça ne fait que deux individus un homme amoureux avec une femme amoureuse C'est résumer l'univers à deux êtres seuls au monde... Elle était belle et j'en étais très amoureux je ne me sais pas beau et elle n'était pas amoureuse Une autre se croyait laide et elle était amoureuse je ne la vis pas... Ne me parlez plus de la beauté et laissez-moi espérer vers d'autres choses... 7
Paris 9 août2007 Les chats divers Hommage indirect à Philippe Veyrunes Et le prix de l'édition de la ville de Beaune Les chats d hiver à la peau de velours ni tout ont fait bleu, ni vert ni rouge mais d un gris confortable de matou ces chats, ils passent là sous ma fenêtre Gras matous ou aussi de jeunes adolescents qui se sont mis des réserves dans la panse ces chats se promènent dans mon hiver parisien où la gelée blanche décante entre mes fleurs Ces chats mi-oranges, mi-bleus, mi-blancs campent placidement dans mon hiver boréal aujourd hui est très froid minou ne le sait pas j ai dormi et mes sorcières me laissent en paix J attendrais le printemps avec des gelées miaou! Matou se ballade dans le givre mes fleurs attendront, ma peur du froid des incroyables sentiments d un abandon Aujourd hui le temps est pire mais sans crainte gelées d hivers et matous gras telle est la loi demain j irais chercher Une maousse nana pour radiateur qui vous dit que l amour Ça n existe plus à mon âge Paris 16 novembre 2007 8
Le bon goût Je reconnais que je résiste Ils m'horripilent Avec leurs violons geignards leurs accordéons populos, Moi! Je suis d'ailleurs Désespérément d'ailleurs. Et pas du tout de chez eux vous me direz racistes et vous aurez raison Rendez moi la bourrée pachydermique ma bourrée à cinq temps temps de saison et temps en suspens Mais tous les autres... Qui postillonnent des sons ici et là! Ben il y en a marre Le bon goût je vous le dis... C'est ma bourrée pachydermique et je vous interdis de rigoler Paris 17 novembre 2007 9
Du rien, de bonne nature Silhouettes incertaines, en fils de fer peu vous importe mes propos, si ce n'est qu'il existe cette seule soif et ce charme qui opère toujours A chaque fois, que moi je me dis pourtant il n y a jamais rien de neuf que du vent qui passe dans tes rêves qui éclate des petites bulles de rien Je vous donne un rien, un rien du tout et vous, vous en faites alors un poème mais mon rien c'est aussi très vivant il vous redemandera un jour sa monnaie Et vous ne saurez alors plus de quoi vous ne vous souviendrez de rien quelques parts dans vos archives ces petits riens qui font ce fourre-tout Paris 2 décembre 2007 10
La pipe Je fumerais mes souvenirs de demain dans une petite pipe d'argent et de terre dans des volutes fines ils s'envoleront mes mains s'y réchaufferont de la vie Les fourneaux sont creusets alchimiques entre un souffle versatiles et rythmique pour maintenir le feu qui grésille ici la fumée est cet envoûtement d'odeurs Je jetterais ces calcinations de ma pipe dans un cendrier noir et très puant qui ramasse les saloperies du jusant ce jus infâme et collant, réglisse amer Je fume ce jour conscient de ma mort ils sont assez aimables pour me rappeler que je me tue à petits feux, hé oui monsieur! Le tabac peut provoquer une envie de sourire Paris 6 décembre 2007 11
Noël 2007 Noël! Noël! Noël! Tu ne parles plus à mon cœur si je pense à toi, c'est dinde aux marrons etc. Dans les rues les S.D.F. donnent leurs peines aux enfants de don Quichotte. Exit! L'église Je hais cette époque que les enfants adorent ni jouets, ni dindes, ni petit Jésus ne me vont j'ai mal à mon âme, j'aimais cette époque celle de ma lointaine enfance avec ma famille Dans ma tête je me sens plus près des S.D.F. que des bourgeois qui vont réveillonner j'aime encore l'idée d'une miséricorde mais j'ai du mal avec les images données Celles d'un enfant bouffi qui s'empiffre et celles d'un miséreux qui crève de froid j'aime l'idée d'un sauveur né dans le précaire mais j'ai du mal avec mon confort de maintenant Pourtant je boufferais bien les huîtres je mangerais sans doute du saumon à moins que ça soit une dinde aux marrons mais j'aurais mal en songeant aux S.D.F. en moi-même... Paris 24 décembre 2007 12
Silences silences! Que dire? Rien n'est écrit déjà le présent fuit et demain n'existe pas Je ne sais rien, vous aussi mais comment rester indifférent devant un monde qui meurt je ne sais pas demain on verra Je m'inquiète de ma vie je ne m'inquiète pas de ma mort et je ne sais que dire alors ne reste que le silence Le silence de Dieu le silence des hommes le silence de la fatalité demain n'est pas écrit Alors silences... Paris 22 janvier 2008 13
Vous qui avez été vous avez été du présent dans l'ailleurs vous avez été une étape dans une errance vous avez été une erreur dans un programme vous avez été ce bigue dans une histoire d'amour Vous avez été mes amis, pour un temps donné vous avez été vivants, dans les trames du présent vous avez été, vous restez et vous vivez vous êtes ici et maintenant mais pas demain Demain est ailleurs, vous ne serez plus vous avez été les aiguilleurs des présents vous avez été le réseau et la toile vous avez été dans ma vie mais vous restez virtuels Vous avez été dans la lumière du présent vous avez été les digits et les mégaoctets vous avez été mais vous n'êtes déjà plus là vous êtes ailleurs, vous êtes dans le possible Paris 6 février 2008 14
Mon amour est un poème elle veut que je lui sois son roi sa conquête, son empire et ses joies que je sois aussi irremplaçable que le sel que j écrive dans le ciel des lettres de feu Où je lui serais roi et elle est ma reine elle veut que je lui écrive un truc immortel bref que par moi elle devienne célèbre et que pour elle j étale ma poésie Mais en fait, moi, je ne demande pas ça juste un peu de tendresse de sa part qu elle me sourie quand je ne vais pas bien qu elle dise simplement qu elle m aime Quand dans le matin, je doute de tout j en ai marre de jouer les poètes maudits j aimerais tant une simple caresse sur ma joue ou un baiser profond sur ses petits seins Je veux rester coquin et pas un monstre mais elle me reprend toujours par la tête en me lançant : tu es un grand poète ça me gonfle la tête faut aussi faire avec Et me crever le cul à chercher mes phrases parce qu une nana qui me dit des «je t aime» je veux que tu me fasses un beau poème je suis un tirlipoteurs de jolis mots Je travaille! Je travaille! Que ne ferais-je pour elle? Mais des fois j en ai marre des poèmes amoureux et je voudrais passer à des choses plus concrètes comme un baiser sur la bouche, pour la faire taire Paris 25 févier 2008 15
Hier, demain, aujourd'hui sur le jour qui vient Jurons nos lendemains ne lâchons rien, Il pourrait nous mordre Les cendres d'antan Couvent des feux de bûcher mort tu gagneras peut être Mais pas certain Demain nous ne serons plus Alors que dire si ce n'est qu'il nous attend qui ça l'avenir qui vient Avenir non avenu Passé passant présent de chaque instant choisir son chemin c'est notre philosophie Ne douter de rien Douter de tout mais accepter D être de passage Paris 25 mars 2008 16
Le renard qui marche sur la glace Temps de débâcles, les glaces fondent au printemps le renard traverse le fleuve pour aller sur la rive son panache est presque dans l eau qui gélive son pas peu sûr hésite, et il prend bien son temps Le renard est un panache sur la glace blanche feu vif sur les eaux froides, il avance à pas lent le feu hésite va de ça et de là, tout en avançant sa couleur est celle du feu sur la glace franche Le rusé renard hésite, choisit sa plaque, avance il saute d une plaque à une autre, sa queue balance il ruse lui-même avec le danger, mais il se risque Quelques mètres encore, et il va arriver sur le bord il ose sans peur, sans craintes de ces glaces du Nord encore un saut, il arrive sur la rive et la petite crique Gélif, gélive: se dit d'une pierre ou d'un arbre qui se fend sous le gel, dans ce cas, c est le printemps qui craque la glace Paris 8 avril 2008 17
Après qu'est-ce ça peut faire de savoir pour après? Un sourire me suffit pour pouvoir en faire Plus que l'éternité pourquoi se soucier des gens de Dieu et des cercueils? Paris 20 avril 2008 Le désamour de la diva elle proclamait très haut Qu'il l'aimait sur la place mais lui, il ne voyait rien venir d'elle Pour sur sa face elle avait l'air heureuse Comme le feu d'une folie heureuse son désir était plus platonique Que celui d'allumeuse Lui il voyait le désert De ses sentiments grandir et il attendait de sa part Un peu d'eau pour se rafraîchir mais elle était déjà une étoile Au firmament de la gloire elle charbonnait ses sentiments, Sur ses yeux, sa mémoire Son amour pour lui avait fait d'elle Une grande amoureuse elle vivait dans son monde sans lui Mais était elle heureuse? Il se demandait parfois, Que d'amour pour elle, aurait-il donné? Puis elle devint une icône Et alors il vit elle ne l'aimait plus son amour mourut Sa gloire n'était que celle d'un plaisir repus de son sentiment Elle s'éloignait ainsi De son amour abandonné Paris 28 avril 2008 18
Le bonheur Le bonheur c est simplement se décider, par une belle après midi de printemps, que l on aime celle qui vous aime, même si l on désire une autre qu elle, même si vous ne la désirer pas maintenant, simplement parce qu un jour Elle vous a dit je t aime Le bonheur, c est encore De se mirer dans ses rêves le désir n est pas pour elle Mais la tendresse oui cette patience qui s accorde Enfin avec le temps la patience un peu folle De l amour fort, du bon amour Le bonheur c est de dire oui, A celle qui vous aime Le bonheur, c est de ne plus Choisir son amour mais de lui faire confiance Car il reste là les amours ce sont Des choses qui passent alors faites confiance à celle Qui vous a dit je t aime car elle en sait plus sur vous Que vous-même Le bonheur c est de choisir Celle qui vous aime et de laisser aller, Toutes celles que l on désirait laisser passer du vent Sur une nana qui vous aime le bonheur est un magnétisme De deux aimants Le bonheur est plus fort Que les apparences car le bonheur se fout Des illusions du présent être aimé, se savoir s accepter Et s aimer tous les deux le bonheur ne vient pas tout seul Mais parfois il vient tard Le bonheur c est est cette jeune enfant Qui aime son ami alors que l enfant ami Joue encore de ses jeux d enfants, le bonheur ne vient pas Tout de suite car il est patient Le bonheur vient avant minuit, Pendant un printemps le bonheur est prudent, Il regarde longtemps son amour le bonheur s il attend longtemps Dure aussi très longtemps 19
Paris 20 mai 2008 Dis! Marie Dis Marie à quoi tu penses? A ton fils qui est le plus beau a sa douleur infinie Aux enfants qui ont peur dans les nuits aux pauvres diables qui n ont rien aux milliards d êtres humains depuis les débuts Aux zéphyrs dans l azur et aux amoureux a moi qui me sens parfois très seul a cette église dont tu ne peux que suivre Au Vatican et ses lois idiotes aux femmes libres qui te renient aux suicidaires les soirs de novembre A tous les démons du désir à tous les anges de ce même désir aux soleils pâles des vieillards que nous sommes Aux jeunes enfants qui ne savent plus ton nom à l institution qui mourra de sa belle mort a la vie frémissante et jaillissante Aux sidéens malades qui n osent plus te parler a cet imbécile que je suis et qui te parle saluts Myriam! Mère de Yéshoua! Paris 18 août2008 20
Moi... Le jour, je me regarde en vous la nuit, je la passe avec mes démons qui me veillent longtemps Je suis incapable de m'arrêter Parce que je m'aime, toujours et toujours mon nombril vaut bien le votre... Excusez-moi mais je n'ai que cela Demain et seulement demain Je vous lirais avec patience J'aime votre regard qui m'inspire votre regard, dans lequel je m'admire sans vous, je ne suis pas un poète Merci de me lire, car je vous aime Et en vous, je m'aime mon nom... Narcisse le roseau penchant J'aime ce miroir de votre âme mais sans vous je me fane je n'existe que par vous Je suis ce roseau penchant je suis ce roseau pensant je suis cette fleur, un narcisse Dédié à tous mes amis poètes, entres autres, Une diva qui chante et qui m'a snobé N.B. Je ne m'exclue pas, mais... Paris 5 septembre 2008 21
Ce matin ce matin 6h 45 je me lève j'ouvre ma porte sur la galerie il fait encore nuit et il pleut j'ai bien dormi, je m'en fous! Je n'ai pas grandes choses à faire et pas envie de me recoucher alors je tapote sur mon clavier et j'écris... Ce matin 6h 50... On ne vous l'avait pas fait celle là allez bisous à tous la vie reste belle malgré la pluie j'ai du soleil dans la tête Paris le 7 septembre 2008 à 7h 00 22
Vous direz Vous direz à ma mère que je suis là-bas vous direz à ma femme que je l'attends encore vous direz à mes enfant que les aime Vous direz à mon colonel que je suis vaillant Vous direz à mes amis que je suis un héros vous direz à mon père que je pense à lui Vous direz à mon fils Que je lui souhaite un monde meilleur vous direz à monsieur le curé Que la cause est amère Mais vous ne direz pas que j'ai choisi Vous ne direz pas Que notre génération est heureuse vous ne direz pas que la guerre est belle vous n'emploierez plus ces mots: Champs d'honneur Vous direz à ma femme Que je l'attendrais toujours vous direz encore à mes enfants que je les aime vous direz à ma mère que je pense à elle et je vous dirais à tous de ne pas m'oublier... Paris 7 septembre 2008 23
Paralysie A malaxez les mots je déconnecte les hypophyses et les connexions hypnotiques Se branchent sur des réseaux d'absence Le ciel est plus vide qu'un trou noir tellement de monde s'y retrouve L'enfer est un mot, peut être mais la connerie, reste la connerie Mille milliards d'imbéciles Jouent leurs numéros pas un n'a de certitudes mais la publicité les transforme En gorets saignants demain les Dieux ont soif ça va saigner là haut la boucherie fait des soldes Paris 7 septembre 2008 24
Petit je suis petit j'ai des petites envies des petites habitudes Une petite moralité avec une dame de petite vertu qui me fait de petites choses J'écris de petits poèmes sur les gens petits je suis bas de cul Et de sentiments je suis un petit homme et je veux être un grand homme Qui fait de grandes choses avec un grand amour et de petites manières Et des géantes aux grandes fesses comme chez Baudelaire je veux me nicher dans ses seins Je suis un nain qui veut caresser les étoiles et les fesses des femmes Paris 10 septembre 2008 25
Un souffle léger Un vent doux souffle ce soir la nuit se couche le soleil est dans les limbes la vie continue elle persiste la salope dans le noir des enfants s'aiment avec passion Dieu s'en fout mais les gamins sont heureux dans sa prison Ali prie son désespoir il est bien seul dans le noir ces amis lui disent prie le, il t'aide Mais Dieu ou Allah s'en fout petit homme petit homme où est il le Dieu? Peut être dans ton amie que tu désires une femme qui tient dans ses yeux l'univers Sans amour pas de Dieu et Dieu n'est pas alors petit homme songe dans le noir au vent qui caresse ta joue te rafraîchis peut être même le Dieu est dans ce zéphyr Calme-toi petit enfant, pourquoi as tu peur? Tu m'as vu quelques parts, petit homme sache que je suis partout ou tu regardes Même en toi qui doutes de moi petit homme écoute le vent léger... Ce zéphyr qui caresse ta joue. Paris 11 septembre 2008 26
J veux une médaille Je veux une médaille en chocolat Avec un super diplôme tout en plastique Pour prouver à ma mère que je suis le plus beau Et avoir la première place dans les héros J veux une médaille! J veux une médaille! J veux une médaille! J veux une médaille! Je veux être le plus beau Pour prouver à mes copines Que je suis un super héros Et larguer des supers craignos J veux une médaille! J veux une médaille! J veux une médaille! J veux une médaille! Je veux être le premier Pour mieux écraser mes copains Et leur prouver que je ne suis pas nul Je veux être celui qu on admire 27
J veux une médaille! J veux une médaille! J veux une médaille! J veux une médaille! Je veux une médaille en or Pour prouver à tous mes profs Que je bosse comme un cador Tous les soirs que je fais la tof J veux une médaille! J veux une médaille! J veux une médaille! Je veux une médaille Moi perso! Je préfère avoir du soleil Comme le groupe au petit bonheur Paris 15 septembre 2008 28
Monsieur plume Monsieur plume est content, Ses affaires marchent il se moque bien des affairistes Qui le démarchent Monsieur plume aurait pu faire De la grande publicité mais monsieur plume Est le plus libre dans l'adversité De grandes boites montent, Prospèrent puis chutent il en est ainsi de toute éternité, Les temps chahutent Monsieur plume sourit, Lui qui n'a jamais rien vendu mais tout seul dans cette vie... Ben! Il se sent perdu Monsieur plume N'est pas un innocent mais poète hier il rêvait déjà A celle avec laquelle il ferait fête mais il l'a attendue longtemps Entre les passagères Hier était ce jour où la muse lui donna sa clé reste simple et toutes sauront s'abandonner, celle-là était vraie mais celles-ci mensongères Paris 24 septembre 2008 29
Acta fabula est... Allez maintenant la pièce est jouée les acteurs sortent de scène exit transit sic... Ite Missa est... Acta fabula est, la pièce est jouée Le rôle principal était joué Par le meilleur acteur de sa génération mais a-t-il compris les intentions de l'auteur l'acteur n'a joué que son rôle L'acteur n'était pas concerné le rôle n'était pas simple et la pièce est un bide retentissant Quand les acteurs saluent Personne n'a applaudit, non! Personne... Parce que si la scène était pleine la salle était complètement vide Mais ces acteurs aveugles Ne le savaient pas ils ont joué pour ce putain d'auteur et l'auteur n'aimait pas sa pièce Jouée par des idiots dans un monde clos cette pièce ne sera jouée qu'ici et pour une seule fois Dans un temps, un lieu, une action Paris 29 septembre 2008 30
Les enfants Laissez-les donc vous parler Écoutez leurs questions Des plus idiotes aux plus compliquées Les enfants en savent plus que vous Tellement leur univers est simple Chez eux, il n y a, ni Dieu, ni diable Mais d innombrables questions Vous êtes un maître Du moins vous le croyez encore Pourtant ces fantasques gamins En savent toujours plus que vous Car ils touchent l indicible Si naturellement, que cela vous échappe Vous croyez les éduquer On n éduque pas un maître de sagesse On le trompe sur sa réalité Les enfants sont ces maîtres Ils savent des choses Que vous avez oubliées Comme de toucher les étoiles Et de les mettre, si facilement Dans un sac de billes Un petit bout d univers Le macrocosme et le microcosme Paris 29 septembre 2008 31
Une gironde... Toute bleue Ah! Qu'elle est belle la terre, Toute ronde, toute bleue elle nous montre sa rondeur, Sans honte, c'est ainsi Ce ne sont pas ses fesses, Mais ces mers, c'est ainsi notre terre, notre mère, L'unique qui demeure, c'est ainsi Elle n'a pas honte de ses enfants Qui se chamaillent, elle nous donne son sein Et elle nourrit aussi nos entrailles Elle a en elle-même l'amour D'une mère que l'on viole ces enfants parlent cette vie Qui va parfois de traviole Dans son histoire elle inventa le sexe, Ceci sans problème les hommes et les femmes s'aiment, Se touchent alors amen Mais des idiots, pour la posséder, Inventèrent aussi la guerre Petit homme, dans le froid et la faim, Inventa le feu et la flamme Éros depuis longtemps connaissait Psyché, amoureuse femme depuis longtemps partout ils s'aiment, Sans honte ou guère Paris premier octobre 2008 32
Douze ptit zoizeaux Il y avait douze petits oiseaux sur une ligne Pan! Un de moins! Il y avait onze petits oiseaux sur une ligne Pan! Un de moins! Il y avait dix petits oiseaux sur une ligne Pan! Un de moins! Il y avait neuf petits oiseaux sur une ligne Pan! Un de moins! Il y avait huit petits oiseaux sur une ligne Pan! Un de moins! Restaient sept petits zoizeaux Ils se regardèrent, ils se concertèrent Puis ils devinrent les sept mercenaires Pan! Pan! Pan! Pan! Pan! Pan! Pan! Un chasseur de moins! Paris premier octobre 2008 33
Entre quatre-zieux un plus un égale deux deux plus deux égale quatre amoureux ça fait quatre paires d'yeux Soient entre deux fois quatre-zieux des yeux qui se regardent en chiens de faïence Mais des yeux amoureux des yeux qui sont très bleus des yeux qui sont très noirs Puis des yeux verts des yeux marron cochons mais quatre cochons Qui se regardent entre eux et deux couples qui parlent, ils parlent de quoi les amoureux Ben des yeux qui brillent des yeux qui brillent le jour des yeux qui disent toujours Ces yeux là se foutent des autres c'est pour cela qu'il se regarde en chiens de faïences Paris 5 octobre 2008 34
Automne les abeilles hibernent jusqu'au printemps avec leur miel et leur pollen bien rangés dans la ruche Nous sommes ces abeilles que le froid agresse nous sommes arrivés dans la mauvaise saison La chlorose comme le dit Verlaine où la nature se replie sur elle-même Mettons alors nos écharpes de laines sur nos cœurs qui ont froid Je n'aime pas passer ce temps pourtant octobre est beau avec ses rougeoiements et ses brouillards fantomatiques Les fantômes se baladent Halloween me cafarde je n'y peux rien, rien à faire c'est la saison d'automne Paris 21 octobre 2008 35
Il n y a plus rien Y'a plus de raison Rien que des oraisons, y'a plus de maison Faut coucher dehors y'a plus saison c'est ce que me dit ma voisine Y'a maintenant plus rien et ce n est pas bien Paris 31 octobre 2008 Petit poisson Toi mon tout petit poisson Quand tu mordras à l hameçon Je me ferais une bonne friture Tu ne seras pas un repas qui dure Tu seras une truite arc-en-ciel Ou une simple sardine en sel Je te mangerais si vite si vite Que je ne saurais dire la suite Je te mettrais dans ma poêle Je te ferais revenir, beurre sans sel Je te ferais cuire si vite si vite Que tu ne sauras te dire cuite 36
Je penserais aux poissons de mer Et à ceux qui ne sont pas dans la mer Je te pécherais si bien si bien Que je pécherais friture de rien Je poserais ma cane à pèche Aux bords d une plage sèche Je ne t amorcerais de rien, de rien Que tu mordes ras si bien si bien Petit poisson je serai baleine Et je plongerais profond, profond Je serais un sous-marin profond Et je serais une balaise baleine Je serais un sous-marin jaune O bladi blada... Quelle balade Je te coulerais au fond en salade Yellow submarine of little john! Je mangerais tes yeux cannelle Et une morue en sauce blanche Petit poisson, blanche béchamel Poisson blanc, senteur franche Paris 10 novembre 2008 37
Le onze novembre 2008 hier? Ben! C'était le onze novembre et contrairement à mes souvenirs ici à Paris, il y avait Du soleil et du ciel bleu Le dernier poilu est mort Au printemps cette année Et contrairement à Georges Brassens, Je n'aime vraiment pas du tout quatorze dix-huit Je sais que Georges déconnait Mais comme même c'est une guerre avec Des sacrifiés et des profiteurs Le creuset de la violence du vingtième siècle Mais hier je m'en foutais de tout ça il y avait du soleil dans le ciel et des feuilles mortes dans ma rue il faisait bon un automne doux Aujourd'hui il y a des nuages et il fait plus froid automne qui passe tu frémis, tu gémis, tu trépasses je n'aime pas l'automne Mais ça vous le saviez Paris 12 novembre 2008 38
La cinquième saison laissons nos morts dormir tranquille allons nous promener dans la forêt et avançons gaiement dans les feuilles qui se soulèvent avec ses odeurs De moisi, de terre et de champignons laissons nos joues prendre le frais et avançons sereins sans attendre ni hier, ni aujourd'hui, le seul présent Nous vieillirons peut être un jour mais je t'embrasse ce soir sur les joues avec la ferme intention de te baiser mais tranquille dans un lit très chaud Madame, cet automne est très doux vos sourires sont ces feuilles rougies et le vent qui décoiffe vos cheveux le printemps est déjà bien du passé Madame c'est déjà la cinquième saison celle qui vient sûrement dans une vie celle là, à la quelle nous croyons tous après mille printemps bien trop folâtres 39
Madame je baiserais longuement vos seins dans une maison branlante et bien grise vous me direz fou et vous aurez raison mais vous tremblerez d'un doux frisson Nous soulagerons nos corps fatigués des embarras de l'amour jaillissant nous ferons un amour doux et aimable je vous croquerais comme une pomme Je me regarderais dans vos grands yeux je regarderais et mordrais votre bouche et je caresserais alors bien tout le reste et tout se passera, si rapide et follement Paris 17 novembre 2008 40
La certitude Je suis la certitude, Le coup de fouet, Je suis le doute, Encore une secousse. Je suis l amoureux, Qui cherche encore, Tu es l amour nu, Qui se cache toujours. Je suis ta certitude, mon coup de fouet, Tu es mon doute, Encore cette secousse. Je suis ton amoureux, Que tu cherches encore, Tu es mon amour nu, Mais tu te caches toujours. Je suis mon doute, La caresse tendre, Tu es ma certitude, Encore le fouet. 41
Je suis cet amoureux, Qui se cache encore, Tu es ce désir nu, Qui me cherche encore. Tu es ma certitude, Ma caresse tendre, Tu doutes de mon désir, Encore ce doute. Tu es mon amoureuse, Qui se cache nue, Je ne te doute plus, Car tu es ma secousse. Paris 9 décembre 2008 Lever, du soleil et du café Je dors ce matin j'entends la rue une voiture passe puis s'en va je regarde derrière mes carreaux Un coin de ciel bleu temps lumineux Je vais me faire un café très fort il est bien tard, j'aime cette odeur Celle du café qui passe dans la cafetière ce matin bien dormi je refais le monde 42
Je me verse mon café dans le bol Quelques sucrettes un peu de lait les jours se ressemblent, non pas vrai ce matin me sent bien avec des envies Comme de chanter des bêtises Sans sens ni musiques, des trucs de bouche puis j'ai envie d'écrire c'est ce que je fais Pour les ananas on verra... Ah nanas! Hier je me suis offert du foie gras et ce petit plaisir qui m'a fait du bien J'ai des molécules d'un gras plaisir dans mon cerveau et ça c'est sûr Si mon médecin savait mais pas grave! Ce matin mon cerveau est plein de soleil il y a aussi du soleil dans ma rue Ma rue se réveille avec ses livreurs Mais ma rue est vraiment dégueulasse Ma rue est sale mais ma tête est propre je vous salue ma rue comment vas-tu? La vie est belle même avec les poubelles Paris 9 décembre 2008 43
Un goût d'éternité Je ne sais pas mais j'ai déjà vu ça hier il y a là comme un petit air d'éternité je ne sais plus le calendrier cette calembredaine Je ne sais même pas si j'ai lu ça hier ou demain J'ai perdu en moi-même la notion du temps je deviens un ange car je persiste sans plaisir Un ange qui désire n'est plus un ange nana étrange es tu une nana chérie Tendres silences et tristes solitudes Je pense encore à mes vieux parents papa tu es là? Mais je sais plus où tu es maman dis moi encore que tu m'aimes Miel de souvenir confiture de gâteux Alzheimer me guette c'est éternel non! Je n'ai pas peur de l'éternité J'ai vraiment peur que d'une chose la solitude qui reste sans rémission un sombre malheur dans la vie Paris 9 décembre 2008 Quatre lignes Dans mes yeux, la lassitude Dans mon cœur, des questions Quand je suis aimé, c'est un désordre Et mes yeux rayonnent comme mille soleils Paris 9 décembre 2008 44
De la poésie comme tragédie policée Je pourrais bien vous en mettre un... Mais... Mais des esprits chagrins dirait que je parle trop fort, et de se taire de ces mots que l on ne dit jamais... Comme politique, guerre, conflit et triste mort. Qu'il est des mots simples comme justice et paix des mots qui sont plus contestés que des mots beaux ou laids il ne faille donc jamais dire que la chose est injuste parce qu'il existe des usages des mots même juste. Un juste est un homme avec un passé honorable mais la justice n'est pas ce mot qui soit mémorable tant la justice des uns N'est pas aussi celle des autres le grain de mon blé Vaut bien les grains de l'épeautre. Vous me direz que je dois me taire et pourtant l'usage des mots et des morts c'est le moment je l'avoue je ne suis pas un très bon apôtre je me sens de l'humanité mais pas des vôtres. Puis vous faites chier avec votre sale manie de vouloir censurer la poésie ben quand ça chie les oiseaux du malheur papotent et pépient tandis que vous, vous avez de sales envies. Paris 9 janvier 2009 45
Une froide lumière de janvier Un matin très lumineux, un ciel très bleu mais le matin froid d'un hiver très froid la lumière est celle de l'or du cristal de glace Vous savez de cette lumière jaune pâle et très forte de celles qui brillent pendant tous les grands hivers déjà au moyen âge on avait remarqué son éclat Triste hiver qui gèle et gélive Dans la froidure des neiges monsieur je ne mettrais pas Un pauvre chien dans la rue Ni un de ces misérables Qui n'ont qu'-elles comme vie Quelle lumière, que celle du mois de janvier cette lumière froide, celle qui ne vous réchauffe pas Charles d'orléans a déjà écrit Sur les frimas de l'hiver Allez! Je vous lance un peu de ces hivers d'autrefois Mais vous, yver, trop estes plain de nege, vent pluye et grezil; on vous deust banie en essil. Sans point flater, je parle plain, yver, vous n'estes qu'un villain! Paris 10 janvier 2009 46
Question d éternité C'est beaucoup trop long l éternité surtout quand on s approche de sa fin je ne sais pas si je vieillis bien peut importe si je ne suis pas malade Quoique mourir je ne sache pas bien mais vieillir la belle affaire Jacques Brel a déjà dit de drôles de trucs mais Brel a trop fumé sa cigarette Pensez à faire un petit panier tresser l'osier, le courber, le plier puis l'arranger avec des fruits et l'offrir à quelqu'un qu'on aime Procéder à des glissements de temps ennui précautionneux du vivre ensemble penser à voyager ensemble dans la vie puis partir seul dans son jardin secret Faire de la culture de pistache utiliser cette pistache dans un plat puis décider encore plein d'autres choses revenir dans l'espace commun 47
Et parler de ses expériences bonnes ou mauvaises planter un arbre pour ses 10 ans, 20 ans etc. Repeupler le désert avec une forêt voir les animaux envahir la forêt Se battre contre tous les moulins et quand on est content recommencer puis quand on en a marre; alors partir sans peine se laisser aller couler profond dans le sommeil L'éternité est pleine d'éternités différentes que ça doit être chiant de rester mais savoir que là bas c'est encore ici jouez à Adam et Ève mais sans mauvaises surprises Choisir son lieu et n être que soi-même mais bénis pas soi-même et aimant le monde ce monde que l'on s'est choisi et construit le Dieu du paradis dans le petit jardin Paris 14 janvier 2009 48
Clameurs Clameurs tranquilles dans le noir j'ai peur de la nuit et des fantômes dans mes fantômes des anges et des monstres je peux lutter contre les monstres Dans des combats sans fin comme un jeu éternel mais les anges sont puissants ils me connaissent dans la nuit un Dieu et un diable s'affrontent des fous qui percent les coffres d'airains Mon âme est prête les accueillir tous pas de haine pour les pauvres diables de l'amour conquérant pour vaincre le chaos madame vampire vous sucerez mon envie d'aimer Mon sang n'est pas une question d'hématologie mon corps est immense et multidimensionnel je suis heureux d'aimer les monstres les ratées de la vie ne sont pas des damnations N'oubliez jamais que le handicap est multiple un handicapé physique connaît la pitié qui aura pitié des ces handicapés de cœurs il est des indifférences pires que la haine et l'amour 49
Parce que cette indifférence est auto suffisante et l'auto suffisance morale voilà l'erreur nulles personnes n ont besoin d'aides, ne reste rien souviens-toi de l'autre lorsque tu seras seul La solitude des rois n'est pas désirable ces rois sont horriblement trop seuls j'aime à savoir que dans ma vie il y a quelqu'un Je ne suis pas seul et j'espère tout je ne sais si je étais heureux sans toi la mort me fait moins peur que la solitude Paris 25 janvier 2009 Le jardin Je serais bien un jardinier dans un monde stérilisé par la haine et la guerre j'arracherais les mauvaises herbes Et je soignerais les roses en les protégeant des moutons les terribles moutons guerriers qui ont appris aussi la guerre 50
Lors de la grande guerre contre les loups des moutons aux cœurs de loups les magnifiques loups noirs et gris qui sont naturellement très cruels Je redonnerais de l'herbe aux moutons pour leur faire oublier l'envie carnivore des aberrations bien ancrées maintenant je ramènerais ces enfants dans le jardin Paris 25 janvier 2009 L'ultime salope La salope cette dernière compagne Elle vient plus sûrement que l'amour Pourtant certains attendent l'amour Alors que la mort et une certitude Il ne s'agit pas de bien s'en accommoder Mais de bien vivre sa vie d'en être fier De n'avoir rien à regretter dans sa vie Comme une partie d"échecs qui se joue La mort n'est qu'une illusion sur nous Nous en avons peur parce sera là Mais quoi donc espérer après elle Si ce n'est que c'est un mauvais rêve 51
Toutes les religions en parlent c'est sûr Mais aucune ne nous parle de l'au-delà J'aime à croire que ne meurt que le corps Et qu'il y a ce petit truc qui lui échappe Tu ne peux payer en monnaie de singe Un contrat qui est signé dès ta naissance La fin est le contrat du service après vente Sinon l'excès de nos vies serait insupportable Paris 25 janvier 2009 La nuit Parfois j'écoute seuls dans la nuit, le silence et alors mon âme est bien trop tranquille je sommeille heureux et béat et sans peurs bien au chaud dans un lit doux et très douillet Arrivent alors les fantômes de mes questions qui me demandent des comptes, des justifications pourquoi et encore pourquoi Et cela qu'il y ait des fins mais je chasse Mes fantômes inquisiteurs en pleurant Que n'ai-je alors pas fait Et où est donc ma faute? Mais ces fantômes justiciers Me minent et m'exténuent si je savais comment pouvoir les faire disparaître je sais seulement que je ne me sens pas coupable Les instances personnelles sont là et elles écoutent je ne suis pas responsable de tous les malheurs mais je sais que si et seulement si je pouvais ainsi je referais le monde tel que je l'aimerais qu'il soit 52
Mais n'étant pas tout puissant alors je laisse faire je dois crier très fort que ce monde est injuste seul dans mon âme je le prie mais il laisse faire des fois je mettrais bien Dieu dans une poubelle Mais je suis aussi Dieu tout comme vous tous et la nuit me porte conseils et elle me console dans le noir c'est bien là que la lumière brille parce qu'elle se moque des apparences trompeuses Un Dieu me juge et ce Dieu Ne m'accorde que la paix mais une paix terrible, Qui est celle de rien pouvoir faire demain et encore demain Je récrirais l'histoire Parce que l'histoire N'est encore qu'une vaste fumisterie Où des aveugles gravent Dans le marbre des faits meurtrier Je pleure parce que ma nuit Juge très sévèrement mon époque et que moi, je ne peux rien changer De son cours terrible Mais il est écrit Qu'il n'y aura plus jamais de malédictions Et ma foi tient dans ces mots Que la bêtise ne sera pas éternelle parce qu'un jour un homme s'est levé puis un autres alors je sais que demains seront des jours meilleurs Ainsi sera-t-il écrit que le pire n'est pas notre destin qu'après ce pire viendra le temps des bons enfants et cela est écrit dans le marbre dans des livres Paris 25 janvier 2009 53
J'écoute J'écoute, le soir est tranquille mon voisin qui secoue son balai le doux ronron de mon ordinateur des gamins qui crient dans la rue Un camion qui passe, puis un autre je n'entends même plus ma respiration je m'écoute, je lâche un soupir la vie passe elle ne me demande rien Encore une voiture dans la rue j'allais oublier le cliquetis du clavier un cliquetis saccadé pas régulier, mais continu mon voisin n'a pas sorti sa perceuse ouf Mais il plante ses clous avec un marteau je sais qu'il est impossible de les planter parce que mes murs sont très durs, du béton vibré je suis sûr qu'il va reprendre la perceuse Personnellement chez moi il n'y a aucun clou tous mes trucs au mur tienne grâce à de la colle il continue avec le marteau il bricole un meuble ces coups de marteaux sont hésitants peu sûrs 54
La nuit est tombée, à part ces bruits là ben c'est le silence, un calme normal, Ah! Le plombier ferme son rideau de fer J'avais raison la perceuse à des velléités Elle s'est arrêtée le béton vibré a vaincu je n aime pas la perceuse, ça me rappelle le dentiste quelqu'un en bas vide des bouteilles, bruit de verre dans ma rue, un scooter, pétarade bruit furtif Encore la rue, un chien aboie par intermittences que veulent dire ces aboiements je l'ignore peut être veut il dire: je suis là et toi t'es où? Heureusement je n'entends pas Les fous aux portables Paris le 26 janvier 2009 Silences dans la brume des fois j'ai une envie celle de partir ailleurs allez aux soleils de midi Laissez les autres, me retirer Mais je ne suis pas ermite non! Juste une envie de silence Vous savez ce silence blanc Où personne ne me parle mais ailleurs c'est pareil juste une brume existentielle Paris 28 janvier 2009 55
Tremblements j'arriverais bien à faire vous faire trembler dans ce silence trop serein de vos nuits calmes le jour ou les murs bougeront, effroi terreurs ils bougeront froids dans un fracas d'absences Alors tous les maîtres de cérémonies s'aligneront dans de grands ballets de la mort blanche un monde d'après... Le Big-One ou le krach de ces trucs dont rêvent la nuit tous les esclaves Qui n'arrivent que toutes les fins d'éternité lorsqu'il n'y a plus rien à attendre des faits la mer est étale... Mais les marées qui reviennent le solde, salure pour des soldats, plombs éternel Des enfants qui vont dans les banques, rêvent enfin l'impensé radical est devenu une évidence capitale demain n'est pas écrit... Car enfin cela est dit demains on repeint les ciels matinaux en jaune d'or Et toutes les fleurs qui continuent de faire l'amour le printemps jaune sont là... Jonquille! Que vive la vie le soleil se donne gratuitement sans carte de crédit les enfants imposent à leurs parent le bel imprévu Demain n'est pas écrit, telle restera la révolution la terre tourne avec ses bons enfants Et ses vieux cons et bon Dieu de bordel de merde! Cela devient intéressant... 56
Un matin en Afrique L'éléphant se lève dans sa savane Mais les lions dorment Et les gazelles courent Et bondissent dans de grands sauts Elles aussi ont droit A une seconde chance pour la vie le lion, ce matin, Demandera à ces lionnes, La tranquillité L'éléphant gris, Boira avec les gazelles, Dans la mare saumâtre Paris 17 mars 2009 Sur le chemin la vie est un chemin tortueux qui va de la naissance à la mort personne ne sait, ni ne connaît sa fin Avec des belles choses tellement incroyables Et aussi de moins belles, celles qui font pleurer encore plein d'occasions d'être heureux, Des choix unique à faire, des promesses des unions pour être toujours ensemble 57
Des séparations de tous ceux qui partent Des rencontres avec des gens bien et aussi quelques emmerdeurs que l'on oublie des chemins incroyables pas des autoroutes Avec les retours en arrière de la nostalgie fol est celui qui passe à coté de sa vie le sage s'attarde en chemin pour mieux ressentir Paris 29 mars 2009 Petits emprunts bibliques Au début était le verbe et le verbe dit : Que la lumière soit! Et la lumière parue et le verbe vit que la lumière éclairait Le verbe vit plein de choses bizarres qui étaient avant cachées dans le noir comme des petits homuncules grouillants le verbe compris alors qu'il avait bien fait D'éclairer sa lumière pour voir alentours Le verbe vit son gourbi et se dit bon Dieu! Il va me falloir nettoyer tout ça! Alors le verbe se créa des assistants Ainsi il créa les anges qui le servaient Mais quelques uns avaient des idées de rangement le verbe n'était pas d'accord pour Qu'on touche à ses affaires Ainsi fut! Et depuis Le bordel cosmique continue, le verbe dû faire face A des revendications diverses et la lutte des crasses commença Paris 9 avril 2009 58
Le bonheur Le bonheur quand on s'y prête et qu'on joue le jeu franchement est une chose ambitieuse et fragile En effet vous vous engagez sans réserve à subir la loi de votre amitié sans réserve alors que vous avez bien votre propre réserve Se réserver ou se préserver mots trop lâches pour des joies partagées même sans conforts vous ne pouvez dire à quelqu'un attends je t'aime Car demain cette personne Ne vous aura pas attendu à savoir aussi que le cœur Est plus fragile que la tête et que quelques fois une aventure vous détruit Une destruction douce Celle du vide qui occupe tout on croit choisir Alors qu'on occupe une liste d'attente les amours fleurissent à Pâques Et meurent à la Pentecôte Comme il est court le temps des amours le bonheur est en fuites, capturez ce papillon avec votre filet à illusion et votre sourire invincible Paris 12 avril 2009 59
Frère prêcheur Non rien à dire et c'est comme ça! Il va encore me toiser et se curer le nez avec son air méditatif et très sérieux Pour me critiquer et dire ce qui lui déplaît Il parlera de lui de ses intentions et sa volonté il aimerait tellement que je l'approuve encore Mais il se croit encore nécessaire pour les autres alors que depuis longtemps, il a fait son temps Dis donc frère prêcheur As tu une raison pour toi-même? Une relation privilégiée qui t'autorise à parler. Où vois-tu que le monde est trop imparfait? Et que toi seul, tu peux apporter la lumière Moi je te réponds, ni Dieu, ni maître, ni gourou et toi tu rages et t engage dans tous tes projets déjà je ne suis pas un pion, ni un fou d'échecs Mais un pauvre mec qui vit sa vie Pas toujours rigolote je n'aime pas cette idée Que tu ais eu des projets pour moi je te répète, je ne veux ni Dieux, Ni maîtres, ni autres conneries Paris 14 avril 2009 60
Le griot C'était un diable bossu et noir avec des dents pourries et un fort rire il était ce diable fourchu et cornu du moins c'est ce qu'on disait alors Sa langue était bien pendue et très bavarde, il chantait des airs bizarres et inconnus dans des assemblées réunies près du feu il prophétisait des choses nouvelles et terribles Il invoquait des Dieux barbares et bons dans le noir ses invocations montaient sous la lune les blancs avaient peur car il n'était pas blanc mais lui-même ne cherchait pas à les détruire Il aurait aimé être regardé par ces blancs comme un être humain, un être de la famille mais les blancs avaient aussi peur du noir et les noirs avaient une grande peur des blancs Quiproquo équivoques dans ces deux couleurs, tout dans l'inconnu aux rires de ses Dieux sauvage peut être pas mais d'un monde différent les blancs le pourchassaient, sorcier prophète Prêcheur d'un ordre ancien et tellement proche il enseignait la magie de l'afrique et la liberté cela ne pouvait durer et il devait mourir bientôt la traque commença et elle dure encore maintenant Paris 14 avril 2009 61
L homme dans le noir Dans le clair-obscur d'une nuit de pleine lune, un vieux poète écrit à la lumière de la bougie, sa plume gratte sur le parchemin peu éclairé, il attend le jour, mais la nuit lui porte conseil. Comme les moines à l'écritoire, le poète baille, il parle de chevaux sauvages, dans une prairie, de belles dames et de gnomes infâmes et noirs, la nuit est son amie car elle lui donne le temps. Alors que pendant le jour, il doit vaquer ailleurs, parmi les mille occupations de sa vie diurne, mais la nuit, il devient ainsi cet ange nocturne, il oublie son patron, et ses travaux nourriciers Sa compagne est une petite plume très agile, qui coure comme une folle sur cette surface, il parle de ces choses incroyables qui viennent, car pour la nuit porte conseil et elle se dévoile. Il laisse les femmes et leurs charmes pour écrire, petite plume habile, taillée dans le costume d'oie, le soleil se lèvera sans doute, à la dernière page, mais notre homme n'est jamais seul avec elle. Dans le noir, un homme écrit ainsi du Shakespeare du Baudelaire ou de l Hugo, je ne sais pas très bien allez donc expliquer aux mortels Cette bonne passion je suis cet homme Mais je n écris alors que sur mon pc Paris 21 avril 2009 62
Balade en avril Dans les rues de mon quartier Où je me balade tranquille Et je mate d un regard Lubrique et sévère les nanas Elles sont toutes parées Pour l hiver jusqu au cou On se demande où sont passées, Les poitrines et les jambes En avril, surtout en ce moment, Ben il ne fait pas très chaud Alors que ce soit les mères de familles Ou les minettes de vingt ans Elles se couvrent de laines, Sur leurs corps qui a trop froid Mesdames, avril c est le printemps, Et moi, je l espérais En rentrant chez moi, Je vois une vieille connaissance Qui habite à juste quelques immeubles de chez moi Crâne rasé, à moitié édentée Mais pourtant bien sympa Il m appelle Coluche Parce que je lui ressemble parait il Il est là assis devant le magasin Ed discount avec un mendiant Ce mendiant sourit tous le temps Mais dont je comprends rien Et mon vieux pote m apprend Qu il est bulgare comme Sarko Là le gars est plutôt au bas du bas, Et il n est pas très riche Mais ces deux rigolos, je les aime bien, Ils font partie du paysage Mon copain est avec un chapelet, Mi-chrétien, mimusulman C'est-à-dire que Comme les chapelets musulmans, Il a cent grains Mais celui là est spécial, Car il a aussi une croix de bois dessus J aime cette vie, qui me fait voir Des trucs simples de mon quartier Comme des nanas qui ont trop froids, Et qui mettent des blousons Avec des fantaisistes comme mon copain Et le clochard bulgare C est ma vie, ses beaux enfants, Ses nanas et ses vieux schnocks Paris 27 avril 2009 63
J'ai gerbé j'ai gerbé des flots délicieux De vins vieux et gris et des rêves tumescents Dans des temps trop aigris Ces rêves allant d'un soir sombre Du mois d'autonome jusqu'aux matins froids D'un printemps où je t'aime J'allais parcourant des galaxies Dans l'abandon de la nuit la grande ourse me montrait la route Mais alors je te fuis Le désert de ma vie comptait Ses myriades de grains de sable tu ne savais quoi me dire Et tu ignorais ce dont je suis capable Une nuit passée au large de mes amours Et c'était l'enfer clos et je chassais les mirages Qui se formaient dans mon enclos 64
Demain un autre monde est possible Cela je le crois encore mais toi tu partais silencieuse Sans buts et je me croyais fort Je m aperçus que j'étais seul, Et toi qui es cette mauvaise absence je vomissais mon désespoir Plus noir que les nuits d'une béance Bayant d'ennuis à l'idée Que mes demains ressemblent à ce toujours comment parler de ce que les autres Appellent maladie de désamour Le vent continuait à souffler Charriant des humeurs plutôt malsaines les fleurs poussaient et les oiseaux chantaient, Floraisons si vaines... Mon âme souffrait d'un dégoût de moi-même Je me haïssais aussi de n'avoir su cueillir un jour la fleur Qui fleurit maintenant et ici Divines malédictions ou solitudes accepté Je gerbais ce présent et je me mettais alors aussi en scène Comme bien trop souvent 65
Et lui offrait la lie de mon mauvais vin Et mon mauvais temps j'acceptais aussi de lui faire bouquet De mes fleurs de printemps Je composais ce poème, Fait de bric et de brocs ramassés ça et là mais j'étais aussi habile Ainsi j écrivis cette gerbe de mots Et ça marchait bien et presque au de-là bon poète mais malhabile technicien, Je cherchais mes alexandrins Mais je m'en moquais, Je n'ai jamais recherché Les horaires de trains Paris 17 mai 2009 66
Il n est pas nécessaire d attendre une microscopique araignée jaune orange, tisse sa toile entre mes petits rosiers en pots, sa toile est si fine que je ne la vois même pas, elle avance sur un fil, puis tourne, et retourne, Ce soir l araignée travaille pour son lendemain, je me suis dit en la regardant : quelle patience! Il n est pas nécessaire d espérer pour entreprendre, mais là la petite araignée veut survivre et manger, Demain je regarderais mieux, sa toile si minuscule, peut être même, que la pluie l aura fait disparaître, là ce soir je me dis que je suis un homme civilisé, et que malgré tout je n ai pas à assumer demain, Bonne chance petite araignée! Profite de la vie, ta vie si minuscule est regardée, alors tu es aussi là, je n ai jamais songé à détruire sa toile ridicule, pour elle, je suis ce géant débonnaire, et c est tout... Paris le 23 mai 2009 67
Vivre et laisser vivre (l'araignée suite) Ce matin 6h30 je regarde ben alors! Je suis surpris par la taille de la nouvelle toile et j'ai l'impression que ma petite araignée Eh ben elle à grossi de plus du double Et sa toile est maintenant bien visible elle occupe plus que l'espace avant Cette toile prend appuis sur le balcon elle est assez grande pour que je la voie Petite araignée on va peut être se fâcher puis non je vais sans doutes laisser faire Et jouer l écologiste urbain intègre si ce n était que moi je dirais : laissez vivre Petite araignée je te laisse encore un sursis Je ne crois pas que ta toile puisse durer ni passer les pluies prévues pour ce midi bien vivre et laisse vivre telle est la moralité Paris le 24 mai 2009 68
Habile? Lorsque l on devient habile Dans son écriture que ce ne sont plus Ces prières très intimes des cris vers Dieu, Et ça devient presque une habitude ce ne sont que des jeux D écritures pour soi-même Lorsque l on devient habile Dans sa poésie que ce ne sont plus Que des poèmes impersonnels On croit avoir atteint le sublime de l universel, mais ce ne sont encore Hélas que des verbiages Je me sens habile et très rusé Dans les sentiments cela veut il dire Que je ne suis pas vraiment sincère Non! Mais cela surtout dire Que je me laisse guider par la forme du sens Et par les mots que j aligne Certains prient en parlant De leur meilleure part j ai aussi l impression De ma pure hypocrisie Et pour ma prière Je me tiens à des formules il me serait aisé d écrire De très belles prières Mais mon âme n est pas heureuse Car les poète mentent ils se donnent toujours le beau rôle Et ça je le sais trop bien Alors parfois j ose dire Un petit Ave Maria ou un Pater et j essaye encore de m y tenir En pensant à leurs sens Le poète que je suis, Il sait trop bien ces possibilités il sait aussi trop bien Que ce n est que lui-même qui parle je n aime pas beaucoup prier Avec mon monde à moi-même les prières canoniques Alors me suffisent bien assez Je ne sais si ce poème là Est aussi un poème habile Je n aime pas paraître Plus intelligent que vous ma foi serait heureuse dans une prière silencieuse comme de penser à Dieu Dans un jeu très idiot Paris 21 juin 2009 69
La petite guitare et le piano Une petite guitare désaccordée Jouait avec un piano tout faux Ils jouaient en la en sol en do Mais la musique n était pas aisée Ils cherchèrent un la pour accord Mais le piano ne le trouvait pas Soit un bémol, soit un bécard La petite guitare restait fausse Ils décidèrent tous les deux Que leur musique serait mieux S ils jouaient chacun leur air Mais cela donnait une musique Une musique, mi-harmonieux Où une musique très amoureuse Où le la ainsi se donnait à deux Leurs accords étaient communs On vit alors tous les musiciens Se mettre à gémir des complaintes La complainte des désaccords La complainte des amoureux La petite guitare était heureuse Et elle se mit à chanter juste Le piano alors s en aperçut Et ils chantèrent des sonates Des sonates en là-dessus Des concertos en là-dedans Mais leurs accords étaient bons Ils avaient trouvé leurs voix Une guitare était amoureuse Et le piano alors flamboyait C est curieux ce que donne Un petit la que je t aime Paris 25 mai 2009 70
Le temps de l œuvre pour tailler toutes les facettes d un diamant un bon lapidaire mets des années de polissages encore lui faut-il connaître Les inclusions de sa pierre et prendre son temps dans la taille de la gemme Pour fabriquer un collier de pierres précieuses un bijoutier met plus d une bonne année il lui faut sertir les pierres et souder les armatures il prend son temps aussi ses bijoux sont chers Pour faire une bague, ma nièce prend son temps elle grave ses inscriptions sur le métal et la forme elle se donne quinze jours pour faire son œuvre et elle vend sa bague à un bon prix comptant Pour faire un sonnet un expert met un jour il travaille les vers, les rimes et l hémistiche mais il veut les règles classiques de la versification son sonnet est dit classique et il est donc parfait Moi j aime les vers libres et ça vous le savez et quand j écris un poème qui est sans rimes je prends encore moins de temps que les autres cela veut il dire que mon poème ne vaut rien? Paris 21 juin 2009 71
Un homme assis Un homme assis regarde ses pieds ces pieds sont sales dans les vieilles baskets il aimerait tellement les dégourdir ses pieds se balader dans l eau clairette du bassin et les rafraîchir sans pudeur ni gène mais il ne peut pas il y a les flics qui le surveillent Un homme assis regarde sa main droite sa main droite est pleine de cicatrices celles là que lui a laissées la vie parfois mais il tend la main avec un gobelet le gobelet a quelques pièces jaunes sans doute s achètera-t-il Un sandwich et une bière? Un homme assis regarde sa main gauche sans doute veut-il regarder sa montre non il compte ses amis qui sont dans la rue un! Celui là! Il viendra vers cinq heures deux! Celle là! C est une radine sympathique puis trois, puis quatre et il a trop de doigts ces amis sont au pays l ont-ils oublié? Un homme assis regarde son ventre son ventre c est une boutonnière fermée pourtant il est en anorak en plein été il a toujours froid il ne sait plus le soleil il regarde dans ces poches et il cherche il cherche quoi je ne sais pas et lui non plus 72
Un homme assis attend, attends mais qui? Il m attend moi et il me sourit toujours parce que de temps en temps je lui donne et que lui donner ça me rassure aussi il attend le regard d un donateur ou il attend le bavardage d un ami mais cet homme assis attend toujours Un homme assis attendait là bas je m y étais habitué car c était lui et moi qui me disait où est il? Je me souciais de ce quotidien qui marquait mes jours ordinaires Je ne sais pas si Sarko l a renvoyé peut être pas! Il était aussi hongrois C est ce que me dit mon copain Mais je ne sais pas sa nationalité Il parle un baragouin incompréhensible Mais seul mon copain arrive à lui parler Paris le 26 juin 2009 73
La nuit Aimez-vous l obscurité? Celle qui fait peur... De celle qui terrorise les petits enfants Personnellement j ai mis longtemps A pouvoir apprivoiser ma peur du noir Milles petits démons gluants me veillaient Tous prêts à me faire mille tortures diverses Puis j ai un jour fait la paix en moi-même Et la nuit est devenue comme une amie Dans l obscurité il y a les horreurs certes Mais il y a aussi cette intimité partagée Les plus beaux moments se passent dans le noir Sans que l on voit rien tout dans les caresses Des fois j imagine des femmes vampires Qui me font l amour sans morsures sanglantes Mais ce ne sont que des fantômes fantastiques La nuit je rêve aussi de déesses incroyables Elles sont toute parfaites dans mes nuits Je ne vois pas ce que je vois dans les jours C'est-à-dire cette acrimonie et ce flasque Elles sont encore plus belles que vénus Vénus qui se tait dans le noir, amoureuse Je n imagine pas ces hanches trop molles Et elle ne voit pas ma brioche de mec Dans la nuit nous sommes tous parfaits Paris 26 juin 2009 74
Insultes à Dieu il jetait des pierres au ciel en criant: Dieu est mort! Et je lui crache à la gueule Cet enfoiré de merde il lui parlait avec conviction comme il parlerait à son confesseur vous savez ces gens d églises Qui vous fouraillent dans l âme mais là c était le père éternel il l'insultait, le provoquait et le traitait plus que bas Il jurait, il blasphémait sans cesse alors dans une grande inspiration il crut qu en blasphémant Sur ses capacités sous-entendue comme maître du monde et il osa un grand truc Dieu si tu existes tu n'es qu'un con! Alors Dieu qui s'en foutait ne répondit pas quelques parts les anges rigolaient... Paris le premier juillet 2009 75
Aujourd'hui Aujourd'hui lumière de juillet Très blanche très lumineuse Aussi quelques nuages Qui cachent le soleil Un peu mal aux yeux Tellement la lumière est forte J'aime cette lumière Qui n'existe quand ça va Juillet me va bien Juillet avec son tour de France Juillet avec ses vacances Juillet sans fards Aujourd'hui ce n est pas trop chaud La lumière n'est pas voilée Voilà le bel aujourd'hui! J'aime bien ce ciel d'aujourd'hui! Paris 13 juillet 2009 76
Tout doit disparaître Vous m'étonnez vous autres je vous annonce qu'une mer est en train de disparaître Plus d'eaux, plus de vie mais la mort Mais alors! Vous vous en foutez! La mer d'aral c'est si loin dans un pays de l'est Si c'était votre femme ou votre enfant peut être que ça vous intéresserait mais là c'est la quatrième étendue d'eau fermée Qui disparaît sans aucune rémission Imaginez que le lac de Genève disparaît mais le lac est comme les coffres forts c'est à dire immuable d'ennuis Imaginez qu'il n'y ait plus de banques Mais on ne vous a pas demandé de penser la mort par intérêts voilà l'époque et quand ça concerne la vie toute bête Ça sent vraiment la fin des haricots Une apocalypse pour vous... Sous vos yeux la mort est là! Et elle agit au grand jour il suffit de savoir regarder là où elle agit Paris 17 juillet 2009 77
Je suis Je suis l eau qui coule du toit qui tombe sur la plante et s insinue dans les racines et qui s évapore au soleil Je suis l orage par un bel été qui craque dans le noir de la nuit et celui qui mouille partout les habits trempés et les caves Je suis la rivière dans la campagne avec ses baigneurs et ses baigneuses ses pécheurs et ses poissons dans les coins Je suis la verdure aux bords de la rivière Je suis le fleuve majestueux et souverain qui marque le paysage et les pays prospères dans des navigations de pays blonds ou noirs par des convois de blés et de charbons Je suis l estuaire large et profond comme des hanches des femmes qui transportent la vie et l enfant a travers des ondes salées et amères 78
Je suis la mer et tout les poissons qui sont dedans moi la matrice où naissent et meurent mille vies dans la surface et dans l abîme Je suis le soleil qui chauffe la mer et celui qui s évapore dans des nuages qui s en vont courir vers la terre pour nourrir à nouveau les plantes Je suis l eau qui va et qui vient partout sur la belle planète bleue parfois pluies chaudes aux tropiques ou neiges aux pays froids et obscurs L eau de la vie qui grouille la vie est la fille de l eau et du soleil sans eau il n y a que la mort dans un désert aride Paris 17 juillet 2009 79
Les experts j ai l impression que des millions d experts ils savent mieux que moi ce qu il me convient de faire j ai cette impression navrante D être tout nu devant des regards, C est étonnant mais aussi pervers Il conviendrait que mon amour leurs convienne que la dame de mes pensées Elle s exhibe devant eux et que je pense comme eux, Cette pensée trop commune et que je les trouve merveilleux, Tout ce tas d imbéciles Non! Messieurs dames! L expert ce n est que moi vous êtes mes doubles fantômes de ma conscience mais vous êtes plutôt ces parasites dans ma tête de ceux que je chasse chaque nuit dès l aurore Je ne suis que le pantin qui s agite devant vous et vous, vous êtes surpris de ne pas voir les ficelles vous êtes tellement flatté par vos propres habitudes que vous croyez toujours pouvoir donner votre avis Dans le tréfonds de ma conscience, Celle là je l aime mais pour la préserver, Je tais aussi son nom que je garde vous pensez avec votre auto suffisance Que je vous écoute Non l expert dans la chose amoureuse C est encore mon cœur 80
Dans le silence de mes nuits, Si je pense encore à elle vous ne pourrez jamais mettre un nom Et malgré vous j ai choisi entre mille une... Ce n était que ce mystère. Mystère de l attente! Je l attends dans un jardin secret un lieu inconnu de vous tous Et de votre voyeurisme. J aime l idée de caresser ses fesses Quand je reste seul vous avez le cœur pornographe Sans aucune pudeur j aime ces secrets Mais je ne les partage pas du tout Madame! Nous irons là où personne ne nous voit parmi tous les anonymes et tous les jardins cachés dans le noir votre amour sera bon et bien partagés loin de tous les experts En pornographie existentielle Paris 18 juillet 2009 Dis semblables Dans une salle commune a l'hôpital un vieillard se souvient du passé il aimait les fleurs fraîches et les vins doux les femmes faciles et les vierges mystiques Auxquelles il donnait des prières et des fessées mais la dans son lit tristounet il se remémore et il remâche et rabâche, en radotant encore les infirmières l'aiment bien mais le trouve agaçant 81
Car il leur parle toujours comme s'il avait vingt ans Ses désirs sont encore là mais pas la mécanique Madame sa femme vient le voir tous les week-ends Et ils sortent ensemble le pépère et la putain Jeune femme encore suffisamment jeune pour créer encore des fortes jalousies monsieur était un galant mais s'en souvient-il? Mais madame attends que le vieux parte Elle a une calculette a la place du cœur et un sex-appeal à faire bander un mort couple incertain ou couple dissemblable j'en ai connu de ces couples incroyables Et moi! Je les trouve encore tellement humains... Paris le premier août 2009 Nous irons tous au paradis le moine et la putain iront au ciel c est sûr mais le directeur des ressource humaines Ou votre PDG? Tous ceux qui ont insisté Pour que vous travailliez toujours plus et que vous trimiez jusqu à la mort Jusqu à épuisement Sans doutes que vous ne les aimez Pas du tout ceux là qui me dira les torts de l entreprise Et son inhumanité? Notre époque n est pas pire que les années passées mais face à notre néant Nous n avons plus personne pour nous et personne ne vient plus du ciel Ni des damnés de la terre Qui viennent de l'enfer pour condamner Nous sommes des imbéciles Qui produisons et consommons 82
Pour consommer même le désespoir Il faudrait une nouvelle entreprise Léo Férré disait que pour vendre Le désespoir tout est déjà prêt les capitaux, les accrocs, Le fond de commerce et les producteurs Ce n est même plus une question De diable et de bon Dieu mais de notre sinistre connerie A jouir de tout, même du néant un jour le néant sera tellement Présent dans votre petite tête Alors vous ne verrez même pas Votre mort, déjà hors la vie dans dix ans à quatre heures, J attends encore l ange qui viendra mais la belle angelle est bien plus morte Qu une pierre tombale L amour est enfant de bohème, Et j aime voir ces enfants de ces enfants qui ne savent pas Qu on les regarde aujourd hui Je suis ce moine et je me dis Que les putains ont leur enfer ici mais quand je vois tous ces pauvres imbéciles Qui travaille pour elle Je me dis encore Que le plus vieux métier du monde Ce n est pas putain mais être chef, de section, d atelier, d entreprise bref donner des ordres Jaime cette idée absurde Que je suis moine dans un ciel industrieux Le ciel ne condamne pas le travail, Condition de notre douleur ici-bas Mais il est pire de travailler Sous la contrainte se prostituer au travail je n aime pas mon époque, Celle du jouissons sans entraves 83
Le courant électrique d une centrale hydraulique est dans ce barrage de fournir de l énergie à partir D un forts flux d eaux canalisées la putain jouit sans entraves tous les jours Mais elle est bien trop triste pour le plaisir Les entraves que nous mettons à la vie Sont les moteurs du profit la putain ne jouit pas vraiment Et ce n est pour elles Que des douleurs perpétuelles Le moine jouit de la paix de son âme Au service de son bon Dieu le moine et la putain iront au ciel Ça c est sûr oui! Mais alors! Paris le 2 août 2009 Oh! La lune j'ai vu la lune là haut dans le ciel encore bleu elle me parlait de la pluie Du vent et des saisons qui viennent Déjà quarante ans que des américains ont mis la main de l'homme là haut Le ciel continue d'être notre ciel et la lune est toujours la confidente De tous nos rêves qui naissent Dans le ciel bleu puis vient la nuit lorsque les étoiles apparaissent tous ces luminaires dans notre ciel Paris le 8 août2009 84
Conseils Allez dormir les enfants! Et dans vos rêves, Soyez des rois cruels! Des amants invincibles, Des architectes fous, des poètes très sages, Et lorsque vous vous réveillerez... Parlez-nous encore! De ces mondes incroyables, Où vous étiez des Dieux, maîtres de tout l univers, celui de vos rêves... Paris le 23 août2009 85
Nulles parts... Ailleurs! Un jour j'irais nulles parts un truc que vous ne connaissez pas la bas dans l'ailleurs absolu J'irais me retirer pour jouer bouddha je n'y ferais rien très certainement mais un de ces rien très dense Que vous oubliez après les vacances je me viderais de mon absence pour y déposer mon plein J'aurais la tête vide et le cœur trop plein je dés aimerais, j'oublierais Tous ceux qui me remplissent car je serais devenu Bouddha dans un nirvana parfait Celui du non-désir le vide parfait le non-être conscient Paris 27 août 2009 86
Revoilà septembre... La rentrée J'ai laissé mon âme en vacances vous savez le mois d'août expire et revoici septembre et ses frimas un coup de blues de matin, à Paris il pleut C'est curieux mais septembre est conforme a l'idée que je me fais de ce mois c'est à dire une activité débordante de la rentrée qui vient avec ses emmerdes Là le mois d'août et le soleil est loin ce n est pas vraiment du cafard mais la vacance des vacances il y a une fin à tout même au soleil Là ce matin temps frais et pluie septembre est un mois conforme au calendrier et à la météo le temps du repos et du soleil est fini Paris premier septembre 2009 Pleine lune à l horizon ce matin, en me levant, vers cinq heure et demie j ai vu la pleine lune à l horizon, en plein Ouest 87
elle était ronde et gironde, pleine de sa lumière je ne sais pas si elle se couchait, moi je me levais Paris le 5 septembre 2009 Silence silence! Comme une absence tout ça n'a pas d'importance! Un souvenir dans la mémoire, comme une très vieille histoire Et cet aspirateur que vous passer pour enlever toute la poussière passée et encore un écran allumé et tout idiot qui continue à chercher des amies et des femmes nues Silences! Tout ça n'a pas d'importance... Une semaine de vaisselle sale en attente une envie de laisser faire avec une tente ce désir trop idiot, sans objet et qui n'a pas de sens Le temps qui passe aux quatre mercredis la semaine des quatre jeudis d'autrefois et comme une envie de rien comme un mal à la foi mon cœur est si calme et bien trop froid Et des petits démons en forme et en bikini avec des sexes de petites filles si mimi silence comme du temps qui fuit ma nuit est une reine qui s'enfuit Silence tout ça n'a pas d'importance silence, toutes lasses comme des absences 88
automne malade tu reviens comme toujours Ah donc vous madame Parlez-moi d histoire d amours Merci à monsieur Tom Novembre pour le titre Paris le 28 septembre 2009 Automne poussière ils ramassent les feuilles mortes mais ils soulèvent un nuage de poussière automne tu n'es qu'un sale dégueulasse qui balance ses saloperies dans nos poumons Sur tout les bancs de ce petit parc bien propre les bourgeoises époussètent avant de s'asseoir sur les bancs verts grisés par ta poussière automne dégueulasse je ne t'aime pas t'es trop sale Je ne te compare pas au printemps et son pollen ta poussière s'insinue partout dans la ville je n'aime pas tous ces gamins qui là soulève en jouant avec les feuilles mortes en tas Ils s'amusent à faire fumer toutes les feuilles mais je ne vous dis le résultat bien dégoûtant comment respirer avec cette pollution automne malade tu crèveras comme un vieux chien Quand les neiges se seront posé sur le sol et que les biches auront bramé dans la forêt automne! Non! Moi je n'aime pas ta poussière... Tu mourras de ta belle mort et du temps qui passe Paris 4 octobre 2009 89
Le chien (hommage à Léo ferré) je souffre d'un mal étrange et persistant un inconnu voulait ma peau et me huait j'étais un chien qui courait en jappant et cet affreux voulait m'écorcher en fait Je courrais de forums en forums en criant des choses insensées mais tout en riant cet inconnu aux couteaux longs avançait préparant ses lames et il me poursuivait Alors je fis ce poème délirant et doux ce boucher n'aimait que le gras et le saindoux moi pauvre chien bien vivant, j'allais là Où les chiens connaissent les chiennes cet espaces réservé aux rêves des indiennes je ne veux que parler que de cela Paris le 4 octobre 2009 90
Mangez des anchois mangez des anchois salés ou bien mangez les, sucrés mangez les, avec du chocolat Mais si vous n aimez pas les anchois ne les mangent pas du tout alors faites donc un choix Vous pouvez aussi manger des harengs saurs... Oui! Monsieur mais là je le pends à un clou Et puis moi je sors vous savez les poissons c est très, très bon Mais si vous préférez la viande de bœuf mangez un œuf Parce qu un œuf c est plus économe et c est aussi très, très bon Paris 15 octobre 2009 91
Chien mort, meute sanglante un chien mort qui regarde ainsi son passé sait trop bien comment tout cela c'est passé il s'agit d'écorcher, mordre encore et encore tous les enfants de tous les pères déjà morts Il y eut des guerres mais demains ces morts vous verrez des chefs de meutes aux ordres des chiens gueules ouvertes, prêts à mordre parce que cela c'est pour des chiens d'abord Les Grecs diraient autrefois, cyniques et envieux mais de nos jours ce n'est qu'un humain capricieux c'est celui qui se vend cher pour toute son âme a des chefs de meutes qui louent toutes ses armes Dans la grande lutte pour la conquête du pouvoir peu importe le but à atteindre, ni le fait de déchoir la fin et le butin ainsi justifié par le bon flair une soif de sang, d'argent, de chasse et de chairs Demain n'est qu'une bonne chasse un grand charnier les chiens crient et se reniflent en se mordillant les maîtres sont déjà là, Montrant toujours les gibiers ils sont encore prêts Pour la curée, les crocs sanglants Paris 4 octobre 2009 92
Écriture... Prendre le temps d'écrire le temps de vous écrire avec mes mots qui sont mien Et laissez les aller comme ils vont Un poème? Peut-être bien monsieur! Mais pas un combat, contre les vents Quelques choses de léger et d'innocent Comme une lettre que vous écrivez lorsque vous écrivez à un enfant Des mots simples pour écrire Des mots savants pour les savants des mots souverains et impérieux Qui parlent d'empire et de fleurs De larmes et aussi du bonheur la joie simple comme guide Et tracer des dessins dans l'espace Comme des tableaux de van Gogh ou travailler comme Picasso Ou bien comme Magritte le surréaliste 93
Peindre une giraphe à la Prévert et signez votre chef d'œuvre De votre seul nom, là sur la feuille Laissez les cormorans et les albatros à Baudelaire, Rimbaud et Verlaine Aligner les mots pour tout dire Et jeter les dés du destin les ramasser et encore rejouer A l'avenir qui viendra certainement Ramasser la mise et les dés, rejouer sans fin ni attentes Tendre poème... Tendres poètes avec des mots en fleurs et vous offrir le bouquet Paris le 4 octobre 2009 94
Âme... Quand vous serez tout seul avec vous-même sans les parasites du paraître que rien ne vous condamnera ni que rien ne vous justifiera ni Dieu, ni diable, ni jugement vous serez alors cet ange tout noir ou aussi cet ange tout blanc sans aucune autres nuances aurez-vous peur de vous-même? Vous ne verrez alors que votre âme vous aurez tellement peur de ce vous-même qui vous connaît tellement bien Paris 6 octobre 2009 95
La vie ne vaut rien mais rien ne vaut la vie un mort de froid dans un square sur un banc dans une nuit blanche de l hiver la vie ne vaut rien, mon ami Un enfant conçu dans un bouleversement total un soir d été très chaud et très long rien ne vaut la vie, mon amie Une bombe humaine qui explose en plein milieu d un grand bazar, la vie ne vaut rien, mon ami Une bombe sexuelle qui vous fait l amour et que vous atteignez l orgasme ensemble rien ne vaut la vie, mon amie Un fou qui massacre à la mitraillette ses collègues ses voisins et se tue la vie ne vaut rien, mon ami Un homme aimé et sage qui vous parle de la bonté et de la beauté de la vie rien ne vaut la vie, mon amie Un vieillard de 90 ans qui parle de sa guerre celle d Auschwitz de Treblinka et de Dora la vie ne vaut rien, mon ami Un jeune homme qui reçoit un prix quelconque pour avoir accompli ses rêves personnels rien ne vaut la vie, mon amie 96
Un homme désespéré qui se jette dans le vide parce ce qu il n attendait plus rien la vie ne vaut rien, mon ami Un jeune homme timide qui ose un baiser parce qu il l aime et il la désire fortement rien ne vaut la vie, mon amie Paris 10 octobre 2009 Donnez? Savoir donner? Oui! Ben alors! Ok! Mais aussi parfois être fort désagréable Et alors donner des paires de claques des coups de pieds au cul bref être sévère Mais aussi parfois quelques sourires ou encore quelques caresses ne pas rester indifférent L âme stérilisée par les médocs qui vous apaisent mais aussi qui vous enlèvent Les sentiments pour l'autre cette haine brutale et jalouse ou le feu trop enfoui de l'amour toutes ces émotions émoussées Paris 26 octobre 2009 97
Si j étais si j étais assez putassier je dirais à tout le monde qu il est beau et aimable mais hélas ce n est pas toujours vrai Si j étais votre amoureux je referais tout le monde à votre seule et unique image mais hélas je l'attends encore et toujours Si j étais un homme politique je vous donnerais tout et plus des promesses que je tiendrais mais hélas je ne suis pas un politicien Si j étais votre psychanalyste je vous mènerais par mille chemins divers et varié de votre inconscient mais hélas je ne suis pas votre confident Si j étais votre gourou je vous mènerais par les chemins du paradoxe et de l illumination mais heureusement je ne suis pas assez fou Si j étais le bon Dieu je calmerais votre angoisse et je ferais de votre vie un bonheur 98
mais heureusement je ne suis pas le bon Dieu Si j étais votre ami sincère je vous conseillerais le doute encore et encore malgré l angoisse heureusement je ne suis que votre ami Paris le 9 novembre 2009 Les sentiments Je ferais bien un poème sur les sentiments les sentiments, ce n'est un truc pas vraiment porteur il n'est plus permis de nos jours d'ouvrir son cœur mais il ne reste plus que le vide des apparences Dire à quelqu'un que l'on aime sa sensibilité c'est s'exposer à se faire traiter de tapette vous connaissez sans doutes Ce monde de gros machos où pour dire il n'y a que la pute ou l'esclave Désolé messieurs de ce monde trop idiot, ce n'est pas mon truc et j'ai ma pudeur je sais aussi dire des mots tendres mais seulement dans l'intime de mon jardin Je n'aime pas le larmoyant, ni le nombriliste la pudeur et la tendresse sont ces choses fragiles sans hypocrisies, la fragilité des sentiments est émotionnellement difficile à montrer Si un poète c'est un enfant qui pleure dans le noir c'est aussi un homme qui affronte les tempêtes ou encore un joueur de mots qui riment insolemment des imbéciles lourdauds ils disent fragilité de femmelettes Arthur était un insolent enfant de dix-sept ans Victor était un phraseur d'élégies très sociales 99
Jacques parlait de raton laveur Au milieu de ses poèmes et Charles montrait des vampires avec ses charmes Monsieur si vous ne compreniez pas les poètes ou que vous les trouviez hors de notre époque sachez que certains poètes parlent mieux du présent que des fous avec des chiffres et de la statistique Paris 15 novembre 2009 Disparaître et aimer le silence Sérieusement j'envisage de ne plus écrire et de me taire pour mieux disparaître cela peut vous paraître bizarre et suicidaire Oui c'est vrai! J'en ai marre de m'exposer j'aimerais aller ailleurs dans une retraite dans la forteresse de mon âme, un ermitage Oui lecteur!... Écrire me fait mal et je fatigue je ressuce et ressasse sans cesse les mêmes mots plus envie, plus de désirs, ne reste que le silence Paris 18 novembre 2009 100
Tout va bien Tout va bien messieurs dames toutes nos prisons sont archi pleines mais 80% des prisonniers sont handicapés soit des fous, soit des pauvres, soit des vieux Pas possible de les laisser dans notre société une société sans police serait un enfer nous devons enfermer tous les déviants et la prison reste la garantie de la morale Non! Monsieur! Notre société n a plus les moyens il n y a plus d argent pour traiter le social et ça handicape notre économie libérale la liberté ça consiste à placer ses sous Non monsieur! Le monde va très bien il y a juste quelques délocalisations mais c est tellement bon de placer en Chine et que les ouvriers français peuvent se serrer la ceinture Dans la rue certes il y a des mendiants mais ce ne sont que de ces immigrés que le gouvernement va gentiment mettre dans des charters pour Bamako Monsieur tout va bien vous dis-je le chef de l État a donc décidé que pour gagner plus il faudrait travailler plus avec plus de volonté 101
Certes monsieur il y a du chômage mais les chômeurs sont des flemmards, un ingénieur peut bien tenir un balai et balayer les chiottes sans problème Et pour l environnement, je vous le dis l économie verte, donc l économie durable servira de motivation pour la consommation à fonds les manettes Les produits étiquetés écologique Mais pour la planète que pouvons nous faire? Je ne sais pas monsieur ce là est hors champs nous ne prévoyons que sur le court terme et après nous il n y aura que le désert ou le déluge Paris 20 novembre 2009 102
Inquiétudes Je me suis longtemps couché très tard dans la nuit avec tous ces maux au cœur et rien que l ennui mes nuits ne me m'apaisent pas, elles me terrorisent vous savez bien de ces nuits d'éternité sans fins Qui durent; qui durent et qui n'en finissent jamais le repos ne vient jamais qu'au tout petit matin quand les fantômes sont bien trop fatigués et que je m'endors alors heureux et tranquille En me disant: ouf encore une nuit de passée! A combattre en lice, des dragons hybrides de ces monstres entre le matin et le soir qui vous bouffent intensément toutes les tripes De cette incroyable question que je redis encore maman est ce que tu sais s'ils vont m'aimer? Mais maintenant plus personne ne me répond sinon peut être, d'autres poètes maudits et inquiets De tous ceux qui ont ses pensées sombres toujours mais pourquoi s'inquiéter des demains qui viennent je ne sais déjà plus combien de fois un sage m'a dit 103
Que je ne pouvais rien pour changer mon destin car mon destin restera celui que j accomplirais sans qu'il n'y ait de rémissions, ni d autres issues Paris 26 novembre 2009 Plus envies d'écrire Vous me demanderez pourquoi? Je vous répondrais simplement ben j'ai plus envie d'écrire Le bavard est mort je crois bien Trop l'impression que le machin qui est dans ma tête s'est vidé Plus sérieusement, j'aime ce vide un calme repos tellement apaisant Le silence m'apaise et j'aime ça Je ne dis pas que je n'écrirais plus mais ce n'est plus nécessaire ni suffisant le calme repos d'un silence serein Paris 9 décembre 2009 104
Une nuit quelques parts vers Noël Vers minuit moins le quart ce soir du mois de décembre ou peut être un peut plus tard j'ai vu la neige tomber dans ma rue La nuit était tombée depuis longtemps la nuit était si noire ou très sombre mais la neige était restée tout blanche un monde entièrement en noir et blanc Sans soleil, sans chaleur, sans couleurs une nuit pour se voir mourir de froid une nuit aussi pour rêver et chantonner des beaux chants religieux et de petites fadaises Les petits flocons tombaient blancs et légers ils tombaient légers certes mais très froid la neige c'est beau quand il n'y a personne une page toute blanche et vierge de ratures Mais c'est cruel quand il y a un clochard qui dors sous une couverture grise j'aime la neige et aussi moi j'aimais Noël du temps où mes parents vivaient encore Maintenant je déteste tous ces bourgeois qui bouffent leurs dindes aux marrons et qui oublient tout le reste qui est dehors la neige blanche et le clodo tout gris 105
Bien sûr moi aussi, j'oublie parfois le clodo sauf que moi j'ai eu beaucoup de chance et que je peux dire merci énormément à beaucoup de monde entre autres à tous ceux de ma famille Tombe la neige sonnent les cloches l'hiver est là, temps avec ses frimas sonnent les cloches, là bas c'est Noël dans les églises et les maisons illuminées Mais le petit Jésus est bien seul dans la neige, il a déjà cinquante ans et une bouteille de pinards le père Noël lui donnera certainement la pièce pour s'en racheter une nouvelle bouteille Elles sonneront les cloches à minuit le clodo aura suffisamment de monnaies pour se saouler pendant quinze jours Papa Noël ne nous oublie pas La neige tombe les cloches sonnent il fait froid c est beau c est blanc et c est aussi cruel cet hiver qui passe avec les frimas et le froid pénétrant Paris 17 décembre 2009 106
Demain demain demain Demain, ou peut être après demain, j'irais dans l'essence des sentiments de ces mots qui crient ou qui mentent je compterais mes doigts dans mes mains les jours qui me restent à attendre je ne serais ni très amical ni un tendre et j'arracherais aux hommes un gros rire comme un clown trop triste et qui délire j'écris alors comme un oracle lointain sur ce qui sera demain c'est certain sans me prétendre être un prophète je n'aime pas une époque sans requête où des vieillards en costumes très noirs parlent de bonté à ceux resté pauvres ces insultes aux hommes, rien ne le sauve le ciel aux malheurs prête son désespoir des fois il faut savoir insulter son protecteur pour lui demander des comptes très honnêtes oui monsieur mon maître levez donc ma dette 107
Et arrêtez de Jouer avec tout ce malheur Insultez certes, mais parfois lui dire l'essentiel que ni hier, ni demain n'est inscrit dans le ciel et que je lui chie aussi sur la gueule de celui là qui me dira toujours : n espère que dans l'au de-là aujourd'hui, je vous le dis c est mille fois plus beau que ce que j entends et me dira toujours le corbeau croit donc en Dieu, alors croit Croa! Croa! Je chie abondamment sur tous ceux qui aboient j'espère encore, je ne sais qui mais je n'attends plus je ne crois plus qu un monde qui viendra d'ailleurs vous savez parfois Le pire est parfois dans le meilleur j espère infiniment, Comment dire j'aime un peu plus 108
Je n aime je vous dis ces gens qui ne s'intéressent qu'à mon travail, mon âme soumise Et mon bon argent et encore, j ai mal et vomis Sur cette institution religieuse ce monde sacré qui oublie L'humanité est trop irrévérencieuse, messieurs mes maîtres, Rendez-moi ce monde sans les puissants laissez-moi vivre dans ce monde Qui se détruit et qui se lasse parce que hélas Ce sont des gens qui consomment et qui casse une planète outragée saccagée Et les hommes impuissants Demain, je l espère encore Ne sera pas un mauvais choix ou alors, hélas nos lendemains Ne seront qu'un véritable enfer celui de nos nombrils trop égoïstes, Des personnalités de fer, Essayons de choisir le meilleur, Je me dis espérons parfois Paris le 3 janvier 2010 éditions Bruno Quinchez ISBN 2-9515530-4-8 109