BULLETIN HYDROLOGIQUE #1 Novembre 2013- mai 2014 Contact ARPE : Cécile Bedel bedel.c@arpe-mip.com 05 34 31 97 44 www.arpe-mip.com/projets/observatoire-eau-territoires Page 1 sur 10
SOMMAIRE Situation climatique p 4 Réserves p 7 Débits des rivières p 9 Glossaire p 10 Page 2 sur 10
Avant-propos Ce bilan hydrologique couvre la période de novembre 2013 à mai 2014. Il s agit d une analyse synthétique de données d ordre quantitatif sur la ressource en eau, recueillies pendant plusieurs mois par l Observatoire Régional de l Eau et des Territoires auprès de la DREAL, des DDT, de la CACG, du BRGM, du SMEAG et de MétéoFrance,. Les données qui ont alimenté les travaux de l Observatoire pour réaliser ce bilan sont transmises par tous ces partenaires techniques à des pas de temps différents : l Observatoire a pu suivre les données météorologiques et de débits, quotidiennement (par exemple grâce aux outils de veille de la DREAL auxquels il a accès) ; il a également suivi les impacts de l état de la ressource sur les territoires, au rythme de bulletins d informations qu il recherche ou qu il reçoit automatiquement chaque semaine ou chaque mois. Les liens utiles La veille hydrologique de la DREAL Adour-Garonne : http://www.donnees.midi-pyrenees.developpement-durable.gouv.fr/diren_ovh/sites/portail/ Le suivi de la Garonne par le SMEAG : http://www.smeag.fr/bulletin-quotidien.html Les bulletins météorologiques de Météo France : https://donneespubliques.meteofrance.fr/?fond=produit&id_produit=129&id_rubrique=29 Les bulletins de gestion des eaux et d irrigation de la CACG : http://www.cacg.fr/ Page 3 sur 10
SITUATION CLIMATIQUE Une période douce et particulièrement arrosée Novembre 2013 est un mois record en terme de pluviométrie : il est tombé jusqu à 200 à 300 l/m² sur les départements pyrénéens et les contreforts du Massif Central, et 200 à 250 l/m² sur les hauteurs du Tarn. Comme en novembre, le début d année 2014 est pluvieux en plaine comme en montagne, et connaît, plusieurs épisodes de pluies intenses provoquant des crues. Il est particulièrement pluvieux tant en nombre de jours de pluie qu en intensité des précipitations, indicateurs dont les valeurs ont doublé par rapport à leurs valeurs normales sur la majorité de la région. REPERES : Novembre 2013 a été le mois le plus pluvieux à Saint Girons depuis 1949 et à Tarbes depuis 1946. 2013 a été une année pluvieuse en Midi-Pyrénées puisque le cumul annuel moyen des précipitations sur la région (904,4 mm) a atteint son niveau le plus élevé depuis 1996 (966,5 mm). Ce cumul étant de l ordre de 800 mm en moyenne sur la période 1971-2013. En France, les précipitations étaient en moyenne supérieures de 40 % à la moyenne 1981-2010 en janvier 2014 et supérieures de 70% à la moyenne 1981-2010 en février 2014. Au cours de l hiver 2013-2014 l excédent pluviométrique est de l ordre de 40%. Côté température, en France, sur la période 1900-2014, l'hiver 2013-2014 se place au deuxième rang des hivers les plus doux derrière celui de 1989-1990 et ex-aequo avec l'hiver 2006 : Les températures moyennées sont supérieures aux normales de 2,7 C en janvier et de 2,1 C en février. FAITS MARQUANTS : En Midi-Pyrénées, les précipitations ont été soutenues du 23 au 26 janvier 2014 sur les contreforts pyrénéens. Les cumuls de pluie durant ces 4 jours ont souvent représenté l'équivalent d'un mois de précipitations (et localement plus). On a relevé notamment 105 mm à Tarbes (Hautes-Pyrénées) en quelques jours alors que la moyenne mensuelle y est de l ordre de 100 mm en janvier (sur 1971-2013) ; et 224 mm à Aulus-les-Bains (Ariège). Cumul des précipitations sur 4 jours du 23 au 26 janvier 2014 (MétéoFrance) Page 4 sur 10
SITUATION CLIMATIQUE Un enneigement excédentaire voire très excédentaire dans les Pyrénées L enneigement dans les Pyrénées a été globalement élevé et croissant sensiblement avec l altitude. Au-delà de 1500 m, on a observé des valeurs supérieures de 20 ou 30 %, parfois plus dans certains massifs, aux valeurs habituelles pour cette période de l'année. Malgré quelques périodes de redoux, les hauteurs de neige et donc les quantités d eau stockées dans le manteau neigeux, sont restées importantes au-dessus de 2000 m et correspondent à des volumes de l ordre de 700 à 800 mm, soit un excédent exceptionnel. L épisode de précipitation de fin janvier a même permis de donner un supplément de 20 à 30 cm de neige dans les stations de ski des Pyrénées. Sous 1500 m d altitude en revanche, la quantité d eau disponible dans le manteau neigeux reste, au printemps, très faible. REPERES : 2013, une année remarquable dans le Luchonnais : Qualification de l enneigement du Luchonnais par rapport aux 20 dernières années (MétéoFrance) Au printemps 2014, l enneigement au-dessus de 1800 m est le 4ème plus important de ces 20 dernières années dans les Pyrénées : Au 1er avril 2014, l épaisseur du manteau neigeux présente un excédent de une fois et demie à deux fois la normale sur les Pyrénées Centrales, voire deux à trois fois dans les Hautes-Pyrénées. L épaisseur du manteau neigeux est cet hiver très supérieure à la moyenne 1959-2010. Par exemple, la valeur de 3,63 mètres enregistrée les 5 et 6 mars à la station automatique du lac d'ardiden (à 2445 m) est la plus haute pour ces dates depuis son installation en 1996. Page 5 sur 10
SITUATION CLIMATIQUE De l eau en quantité pour le ruissellement et la recharge des nappes Du fait de la forte pluviométrie cumulée de septembre 2013 à mars 2014, la quantité d eau disponible a été très supérieure à la normale pendant la période de recharge : Les cumuls de pluie efficaces sont également très supérieurs à la normale 1981-2010 ; sauf dans le sud de l Aveyron, où les terrains sont karstiques. Cumul de précipitations efficaces de septembre 2013 à mars 2014 Page 6 sur 10
RESERVES Des barrages remplis Les pluies intenses de l automne et du début d année ont permis d atteindre un taux de remplissage des barrages très important, de 98,1% sur l ensemble du bassin Adour-Garonne à la fin du mois de mars. C est dans le bassin versant de l Aveyron que les taux de remplissage de barrages les plus faibles sont situés : Saint Férréol, le Tordre, Le Gouyre. Avec en plus les pluies intervenues au mois de mai, ces réserves permettent d aborder sereinement la période d étiage à venir : Le remplissage des barrages en gestion CACG, au niveau du système Neste, est à un niveau dit «optimal». Tous les barrages sont remplis, sauf ceux en maintenance. (Sources DREAL, CACG) REPERES : Evolution de l état des réserves (source CACG) En 2013, le taux de remplissage des barrages à la fin du mois de mars, de 99%, était équivalent à celui de 2014. Il était par contre de 68% en 2012, 78% en 2011 et 76% en 2010. 2013-2014 une année hydrologique humide avec des recharges d aquifères d intensité remarquable Midi-Pyrénées est située en grande partie sur les nappes alluviales de la Garonne amont et de ses affluents, dont la recharge a été globalement favorable puisque, même avec une dynamique de tarissement entamée vers le mois de mars, les niveaux sont, au mois de mai, supérieurs (Tarn-et- Garonne) voire très supérieurs à la normale (Haute-Garonne). Les niveaux piézométriques observés en février et mars présentent des périodes de retour décennales humides. Le tarissement est ensuite plutôt globalement lent et des pics de recharge pourraient localement avoir lieu avant la fin du printemps. Page 7 sur 10
RESERVES Dans les aquifères karstiques, qui réagissent très directement à l intensité des précipitations, les niveaux ont été fluctuants : tarissement fin décembre, nouvelle recharge en janvier et tendance à la baisse des niveaux début mars pour se recharger à la fin du mois, notamment dans l Aveyron. Les aquifères alluviaux de l Adour et du Gave de Pau avaient pu être rechargés par les pluies automnales, et ont connu un pic des hautes eaux observé fin janvier. Au printemps, les nappes ont atteints des niveaux (temps de retour de 15 ans humides). En début de période d étiage, il semblerait que la situation pourrait s avérer très favorable avec des nappes bien rechargées. (Source BRGM) FAITS MARQUANTS : Inondations par remontées de nappes notamment de la nappe alluviale de l Adour. Ces phénomènes se multiplient et attirent de plus en plus d attention. (Source BRGM) Page 8 sur 10
HYDROLOGIE DES COURS D EAU Des débits «soutenus» L hydrologie de la période est moyenne à excédentaire. Après un hiver humide et des pluies intenses au printemps, couplées à la fonte des neiges et au niveau élevé des nappes, les cours d eau ne connaissent aucun déficit avant l entrée en période d étiage, contrairement à 2012 par exemple : Débits moyens mensuels, mars 2014 Débits moyens mensuels, mars 2012 Concernant les grands fleuves qui traversent la région, la Garonne reste globalement, et ce depuis le début de l année, à des niveaux de débit supérieurs à la valeur médiane des débits de 1960 à 2013 à Valentine et à Portet-sur-Garonne. L Adour présente des débits allant jusqu à des périodes de retour de 20 ans humides au début du printemps. FAITS MARQUANTS : L axe Garonne a été classé en vigilance rouge pendant l épisode de crue de fin janvier puisqu il a été jugé qu il représentait une menace directe et généralisée pour la sécurité des personnes et des biens. Les débits moyens journaliers les plus élevés à Portet-sur-Garonne, 4 300 m 3 /j, ont été mesurés en 1952. Et la hauteur d eau ainsi que le débit instantané les plus élevés avaient été relevés la 11 juin 2000, avec 6,5 m et 3 540 m 3 /s : 20 janvier 21 janvier 22 janvier 23 janvier 24 janvier 25 janvier 26 janvier 171 182 181 229 579 2159 1548 Débit moyen journalier (en m 3 /s) de la Garonne à Portet-sur-Garonne Dans le Gers, la Save à l'isle Jourdain est montée de 3,50 m à 6,50 m en deux jours fin janvier 2014 ; et dans la Gimone à Beaumont de Lomagne, le niveau est monté d 1 m en une nuit et a atteint un maximum estimé à 3,60 m. Source : DREAL Midi-Pyrénées, Service de prévision des crues Garonne- Tarn-Lot Page 9 sur 10
GLOSSAIRE Aquifère : Un aquifère est une formation géologique ou une roche, suffisamment poreuse et/ou fissurée (qui peut stocker de l'eau) et perméable (où l'eau circule librement), pour contenir, de façon temporaire, ou permanente une nappe d'eau souterraine mobilisable (on ne parle d'aquifère que si la formation est capable de restituer cette eau naturellement et/ou par exploitation comme un drainage, pompage,...). ARPE Midi-Pyrénées : Agence Régionale du Développement Durable de Midi-Pyrénées BRGM : Bureau de Recherche Géologique et Minière. CACG : Compagnie d Aménagement des Coteaux de Gascogne. Débit : Quantité d un liquide qui s écoule, dans un temps donné. Décennal humide : Débit moyen journalier maximal atteint une année sur 10. DDT : Direction Départementale des Territoires. DREAL : Direction Régionale de l Environnement, de l Aménagement et du Logement. Étiage : Niveau moyen le plus bas d'un cours d'eau, parfois marqué par un zéro pour mesurer la hauteur des eaux au-dessus de ce point au moyen de chiffres inscrits sur une échelle. Évapotranspiration = ETP : Quantité d'eau consommée qui comprend d'une part l'eau transpirée par la plante, d'autre part l'évaporation directe à partir du sol. Son unité est le mm (sachant que 1mm= ) Karst : Un karst est un massif calcaire dans lequel l'eau a creusé de nombreuses cavités. On parle de massifs ou de reliefs karstiques. On trouve dans les reliefs karstiques des formes géographiques bien particulières comme les dolines, les poljes, les canyons ou encore les résurgences. Niveau piézométrique : Le niveau, la cote ou la surface piézométrique sont l'altitude ou la profondeur (par rapport à la surface du sol) de la limite entre la zone saturée et la zone non saturée dans une formation aquifère. Ce niveau est mesuré à l'aide d'un piézomètre. Son unité est le mètre. Pluie efficace : Différence entre le cumul des précipitations et l ETP. Elle peut être négative. Page 10 sur 10