2. NOTIONS ACOUSTIQUES ET INDICES DE GÊNE

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1. Définition du son 2. NOTIONS ACOUSTIQUES ET INDICES DE GÊNE Du point de vue physique, un son peut être défini comme une variation de pression qui peut être détectée par l oreille humaine. Les variations de pression se propagent de proche en proche dans le milieu (l air par exemple). La variation de pression est appelée pression acoustique, elle est exprimée en Pascal (1 Pa =1 N/m 2 ). 2. Caractéristiques physiques du son 2.1. La fréquence Le nombre de variations de pression par seconde est appelé fréquence, elle est exprimée en Hertz (Hz). La fréquence d'un son définit son ton, qu on appelle aussi sa hauteur. Ainsi, plus la fréquence est haute, plus le son est aigu (sifflement); plus la fréquence est basse, plus le son est grave (grondement). Un son composé d'une seule fréquence est appelé son pur. Généralement un son est la résultante de nombreux sons purs, de fréquences et d'amplitudes différentes. L'oreille humaine perçoit les sons dans une plage de fréquences qui s'échelonne de 20 à 20.000Hz. 2.2. L'amplitude La variation de pression maximale atteinte par rapport à une pression de référence s appelle l amplitude du son et correspond, dans le langage courant, au volume sonore. Elle se calcule comme le rapport entre le niveau de pression acoustique mesuré (P) et le niveau de pression acoustique de référence (Po). Le niveau de pression de référence correspond approximativement au seuil de perception de l'oreille humaine; il est égal à une pression acoustique de 2.10-5 Pa, ou 20 µpa. Le seuil de douleur, par contre, se situe à environ 20 Pa, soit une pression acoustique un million de fois plus élevée. 2.3. La durée Le dernier paramètre qui caractérise un son est sa durée d apparition. On distingue trois types de sons en fonction de leur durée : sons continus (ex : fontaine, chute d eau) ; sons intermittents (ex. : passages successifs de trains) ; sons impulsionnels (ex. : coup de fusil). 3. Caractérisation et mesure du son 3.1. Le décibel et l oreille humaine Si l oreille humaine est capable de supporter des variations de pression allant de 20 µpa à 20 Pa, elle ne perçoit pas un doublement de pression acoustique comme un doublement de niveau de bruit. Pour faciliter la manipulation des valeurs caractérisant l amplitude d un bruit, cette large plage de pressions a été transposée en utilisant une fonction logarithmique qui a eu pour effet de dilater les valeurs les plus faibles et de comprimer les valeurs les plus élevées. Les résultats de cette fonction s expriment en décibel. L échelle ainsi obtenue s échelonne entre 0 db, seuil de perception (20 µpa) et 120 db, seuil de douleur (20 Pa). PAGE 1 SUR 7 DECEMBRE2010

Figure 2.1 : Illustration de l échelle des décibels SENSATION AUDITIVE NIVEAU SONORE AMBIANCE EXTERIEURE CONVERSATION Très bruyant 80 db(a) Bordure d'autoroute En criant Bruyant Relativement bruyant Relativement calme Calme 75 db(a) 65 db(a) 60 db(a) 55 db(a) 50 db(a) 45 db(a) 40 db(a) Rue animée, grand boulevard Centre ville Quartier résidentiel Cour intérieur En parlant très fort En parlant fort A voix normale Très calme 30 db(a) Ambiance nocturne en milieu rural Silence 20 db(a) Désert A voix basse Outre la large gamme de perception en amplitude, l'oreille humaine se caractérise par une très large capacité d'audition en fréquence (de 20 à 20.000 Hz). Sa sensibilité varie en fonction de ces deux grandeurs. Notre ouïe est relativement plus sensible aux fréquences comprises entre 800 et 4000 Hz. Afin de tenir compte de la sensibilité différenciée de l oreille humaine selon les fréquences, les instruments de mesure doivent «filtrer» le son et fournir une donnée reflétant ces différences physiologiques de perception. Des «filtres de pondération fréquentielle» ont été établis à cet effet. Ces filtres consistent en l application, à chaque bande de fréquence considérée, d un facteur correctif au niveau de pression acoustique (exprimée en décibels) afin d obtenir un spectre fréquentiel qui corresponde à la sensibilité réelle de l oreille. Il existe plusieurs filtres de pondération, dont notamment ceux dénommés A, B et C. Les mesures effectuées avec ces filtres sont exprimées, suivant le cas, en db(a), db(b) et db(c). PAGE 2 SUR 7 DECEMBRE2010

Figure 2.2 : Pondérations fréquentielles 10 Pondérations fréquentielles A, B et C 0 C Atténuation (en db) -10-20 -30-40 -50-60 -70 B A -80 10 12,5 16 20 25 31,5 40 50 63 80 100 125 160 200 250 315 400 500 630 800 1000 1250 1600 2000 2500 3150 4000 5000 6300 8000 10000 12500 16000 20000 Fréquence (en Hz) Le db(a) est le plus couramment utilisé pour les mesures de bruit dans l'environnement et en milieu industriel. Il offre, en général, une bonne corrélation entre le phénomène physique qu est le bruit et la sensation ressentie par une personne. 3.2. L addition de sons Une règle simple d addition des niveaux sonores consiste à ajouter au niveau sonore occasionné par la source la plus bruyante une valeur comprise entre 0 et 3 db, cette valeur dépendant de la différence entre les 2 niveaux acoustiques en jeu. Lorsque deux sources engendrent le même niveau sonore en un endroit, il suffit d y ajouter 3 décibels à la valeur du niveau sonore d une source pour obtenir le niveau sonore total, résultant de l addition des deux sons. Par exemple, le niveau de bruit total de deux sources sonores identiques produisant chacune 60 décibels est de 63 décibels (60dB + 60dB = 63dB). On parle par contre d «effet de masque» lorsque la différence des niveaux sonores des deux sources est, au niveau de l auditeur, plus grande ou égale à 10 db. Dans ce cas, le niveau sonore total, résultant de l addition des deux sons, est égal au niveau sonore engendré par la source la plus bruyante. 3.3. La mesure du son La mesure physique la plus simple consiste à déterminer à l'aide d'un sonomètre le niveau de pression acoustique. La pression acoustique est ainsi transformée en un signal électrique, comparable en amplitude et en fréquence au phénomène acoustique. Le signal électrique peut être conditionné, échantillonné et traité de manière à caractériser le bruit mesuré. On peut ainsi par exemple déterminer des valeurs acoustiques exprimées en db(a), effectuer des analyses fréquentielles, des analyses statistiques, intégrer le signal sur une durée déterminée,... 4. Les indices de gêne 4.1. Introduction Les mesures de bruit permettent de caractériser les sons. Il existe un grand nombre de méthodes d analyse scientifique, de paramètres et d indicateurs pour caractériser ceux-ci. Cette diversité PAGE 3 SUR 7 DECEMBRE2010

s explique par la complexité du phénomène physique et par la difficulté d objectiver la gêne ressentie par l individu (voir fiche 3. Impact du bruit sur la gêne, la qualité de la vie et la santé). Comme explicité ci-dessus, un bruit est un phénomène physique caractérisé notamment par son niveau de pression acoustique et par sa composition fréquentielle. Ces paramètres constituent les composantes objectives du bruit. Pour tenir compte de la sensibilité de l oreille humaine, ces paramètres physiques sont pondérés par un «filtre fréquentiel», introduisant une première approche de la notion de gêne subie par l individu (voir point 3.1). Mais un indicateur performant ne doit pas se limiter à caractériser la gêne à partir du niveau de pression acoustique et d un spectre de fréquences. D autres caractéristiques constituent des paramètres qu il est essentiel d intégrer dans un indice de gêne. Par exemple, un individu exposé pendant un certain temps à une source de bruit «absorbe» une «dose» de bruit caractérisée par un temps d exposition. Un indice de gêne peut dès lors intégrer cette caractéristique. Un indice de gêne est toujours défini en liaison avec des seuils de gêne. A chaque seuil correspond un niveau de gêne spécifique : gênant, très gênant, insupportable, etc. L indice de gêne doit intégrer, en plus des composantes objectives, trois critères importants : une évaluation correcte des effets du bruit sur la santé. Une étude statistique établissant la corrélation entre la dose de bruit reçue et l effet sur la santé doit être réalisée (voir fiche 3) ; une facilité d utilisation et de manipulation ; une simplicité suffisante pour être accessible au public. On distingue deux grandes catégories d indicateurs de bruit, à savoir: - les indicateurs «globaux», introduisant une notion d exposition «moyenne» sur une période de temps déterminée ; - les indicateurs «événementiels» représentatifs d évènements acoustiques à caractère ponctuel. 4.2. Les indices de gêne globaux 4.2.1. Les niveaux acoustiques équivalents L eq,t Le «niveau acoustique équivalent» (L eq,t exprimé en db) d un bruit stable ou fluctuant est équivalent, d'un point de vue énergétique, à un bruit permanent et continu qui aurait été observé au même point de mesure et durant la même période. Le niveau acoustique équivalent correspond donc à une «dose de bruit» reçue pendant une durée de temps déterminée. Il est le résultat du calcul de l'intégrale des niveaux sonores relevés à intervalles réguliers (échantillonnage de 1,2, n fois par seconde) et pour une période donnée, t (10 min, 1 heure, 24 h,...). Si l'échantillonnage a été effectué avec une pondération fréquentielle (A par exemple), le niveau équivalent, sera alors exprimé en db(a) et symbolisé par L Aeq,t. Ce niveau est très régulièrement utilisé comme indicateur de gêne. On observe en effet, dans la pratique, une bonne corrélation entre cette valeur et la gêne auditive ressentie par un individu exposé au bruit (voir fiche 3). Cependant, l indicateur L Aeq,t gomme les pics d amplitude de courte durée observés durant la période considérée. C est pourquoi, d autres indicateurs de type «événementiels» sont également utilisés (voir point 4.3). 4.2.2. Les niveaux fractiles L x Le «niveau fractile» est exprimé en db et est symbolisé par le paramètre L x, où x est compris entre 0 et 100 (par exemple: L 10,..., L 90, L 95,...). Il exprime le niveau sonore dépassé pendant le pourcentage de temps x (10%,..., 90%, 95%,...) par rapport à la durée totale de la mesure. Comme pour les niveaux équivalents, les niveaux fractiles sont déterminés sur base de niveaux sonores relevés à intervalles réguliers (échantillonnage) et pendant une période donnée. L'analyse statistique consiste à classer l'ensemble des échantillons ainsi récoltés en fonction de leur niveau et à calculer la durée, exprimée en %, où un niveau de bruit donné a été dépassé. Les valeurs L 1 et L 5 caractérisent généralement les niveaux de pointes et permettent de prendre en compte la PAGE 4 SUR 7 DECEMBRE2010

caractéristique d émergence forte de certains bruits tandis que les valeurs L 90 et L 95 caractérisent les niveaux de bruit de fond. Si l'échantillonnage a été effectué avec une pondération (A par exemple), les niveaux fractiles seront alors exprimés en db(a) et symbolisés par L Ax. 4.2.3. Les indicateurs de gêne globaux définis par la «directive bruit» Au niveau européen, la directive 2002/49/CE relative à l évaluation et à la gestion du bruit ambiant (voir fiche 41. Le cadre légal bruxellois en matière de bruit) a défini différents indicateurs globaux, en particulier : L day L day correspond au niveau de bruit moyen représentatif d une journée (L Aeq (7h-19h)), déterminé sur une année. Il constitue un indicateur de bruit associé à la gêne pendant la période diurne. L evening L evening correspond au niveau de bruit moyen représentatif d une soirée (L Aeq (19h-23h)), déterminé sur une année. Il constitue un indicateur de bruit associé à la gêne en soirée. L night L night correspond au niveau de bruit moyen annuel représentatif d une nuit (L Aeq (23h-7h)). Il constitue un indicateur de bruit associé aux perturbations du sommeil et est utilisé pour l établissement de cartes de bruit stratégiques. L den L'indicateur pondéré L d(ay)e(vening)n(ight) représente le niveau annuel moyen sur 24h évalué à partir des niveaux moyens de journée (07h00-19h00), de soirée (19h00-23h00) et de nuit (23h00-07h00). Dans son calcul, les niveaux moyens de soirée et de nuit sont augmentés respectivement de 5 et 10 db(a). En d autres termes, cet indicateur de bruit est associé à la gêne acoustique globale liée à une exposition au bruit de longue durée et tient compte du fait que le bruit subi en soirée et durant la nuit est ressenti comme plus gênant. Il est utilisé pour l établissement de cartes de bruit stratégiques. Il est calculé selon la formule : L DEN = 10*log 1 24 12 *10 LAeq,7 19 10 + 4 *10 ( LAeq,19 23 ) 5 ( LAeq,23 7 ) + 10 + 8*10 + 10 10 Ces indicateurs sont particulièrement indiqués dans le cadre de sources de bruit continu comme le bruit du trafic routier. Par contre, pour des sources de bruit intermittent comme le bruit du trafic ferroviaire ou le bruit du trafic aérien, il est indispensable d utiliser en complément des indicateurs représentatifs d événements acoustiques (passages de train, passages d avion ). 4.3. Les indicateurs événementiels Parmi les indicateurs événementiels, on peut citer les indicateurs suivants : L Amax (ou «niveau instantané maximum») Le L Amax est le niveau maximum de bruit mesuré (avec une pondération fréquentielle A) durant une période de temps donnée. Il correspond à un niveau sonore qui n est jamais dépassé et est donc égal au niveau fractile L A0. SEL (Sound Exposure Level) Le SEL (ou LEA) est le niveau d exposition acoustique. Il intègre à la fois le niveau de bruit et la durée durant laquelle le bruit est présent. Le SEL est défini comme étant le niveau constant pendant une seconde ayant la même énergie acoustique que le son original perçu pendant une durée donnée. Cet indicateur acoustique est souvent utilisé pour quantifier l énergie sonore d un événement simple (passage d un véhicule) et pour comparer entre eux les évènements sonores issus d une même source. Le SEL se calcule suivant la formule : PAGE 5 SUR 7 DECEMBRE2010

SEL= L Aeq,t + 10 * log(t) avec t = durée de l événement exprimée en secondes Le graphique ci-dessous constitue un exemple de mesure et d enregistrement des niveaux sonores. Il représente également les niveaux L Amin et L Amax, les indicateurs fractiles L A90 et L A5 ainsi que le niveau acoustique équivalent relatif à la période de mesure. Figure 2.3 : Exemple de bruit, détermination des niveaux fractiles et du niveau équivalent (L Amax, L A5, L A90, L Amin et L Aeq,t ) 75 70 LAmax (=LA0) 65 Niveau sonore en db(a) 60 55 50 45 40 LA5 LAeq LA90 35 LAmin (=LA100) 30 0:30 0:31 0:32 0:33 0:34 0:35 0:36 0:37 0:38 0:39 0:40 0:41 0:42 0:43 0:44 Heure Les indicateurs L A5 et L A90 correspondent aux niveaux sonores atteints ou dépassés durant respectivement 5 et 90% du temps de mesure (15 minutes dans l exemple du graphique). L AO (ou L Amax ) correspond au niveau sonore maximum et L A100 (ou L Amin ) correspond au niveau sonore minimum. Les indicateurs L A1 et L A5 sont souvent utilisés pour représenter des bruits de courte durée et intermittents (bruits industriels, bruit des trains, bruit des avions, etc.). Inversement, les indicateurs L A90 et L A99 caractérisent les moments les plus silencieux de la période de mesure et sont représentatifs du bruit de fond. Au stade actuel, il n existe pas encore de consensus international sur le choix et l utilisation des indicateurs de gêne. Les seuils de gêne sont définis par chaque pays de façon extrêmement diversifiée. Les indicateurs de bruit ainsi que les normes et valeurs guides utilisés en Région bruxelloise sont décrits dans la fiche 37. Sources 1. BRUEL & KJAER 1984. «Mesures acoustiques». 2. BRUEL & KJAER 2000. «Bruit de l environnement». 3. DIRECTIVE EUROPÉENNE 2002/49/CE du 25 juin 2002, relative à l évaluation et à la gestion du bruit dans l environnement - http://eur-lex.europa.eu/lexuriserv/lexuriserv.do?uri=oj:l:2002:189:0012:0025:fr:pdf 4. MIGNERON J.G. 1980. ACOUSTIQUE URBAINE, ED. MASSON, 427PP. PAGE 6 SUR 7 DECEMBRE2010

Autres fiches à consulter Thématique «Le bruit Données de base pour le plan» 3. Impact du bruit sur la gêne, la qualité de vie et la santé 37. Les valeurs acoustiques et vibratoires utilisées en Région bruxelloise (version 2010) 41. Cadre légal bruxellois en matière de bruit Auteur(s) de la fiche BOULAND Catherine, DELLISSE Georges, DE VILLERS Juliette Relecture de la mise à jour: LECOINTRE Catherine, DEBROCK Katrien Date de mise à jour : décembre 2010 PAGE 7 SUR 7 DECEMBRE2010