Mise en oeuvre de charpentes légères



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Fiche de sécurité E7 F 01 87 Tour Amboise 204, rond-point du Pont-de-Sèvres 92516 BOULOGNE-BILLANCOURT CEDEX Tél. : 01 46 09 26 91 Tél. : 08 25 03 50 50 Fax : 01 46 09 27 40 Mise en oeuvre de charpentes légères OBJET : Conseils relatifs à la mise en oeuvre de charpentes légères en bois dites «industrialisées», en vue d éliminer les causes principales d accidents. 1. - PRINCIPAUX RISQUES 1.1. - Blessures à la suite de chutes depuis : - l arase du mur - la bordure de dalle - la dalle à travers une trémie - l échafaudage - la charpente - l échelle - etc... 1.2. - Ecrasement ou chute suite à l effondrement ou au renversement de pignons ou cheminées en maçonnerie entraînant quelquefois le renversement de la charpente. Par suite du renversement de la charpente mal contreventée ou de sa retombée lors du levage. 1.3. - Electrisation ou électrocution par contact d engins de manutention ou de pièces métalliques ou en bois humide avec des câbles de lignes aériennes haute ou basse tension. 1.4. - Heurt, coincement entre la palanquée de fermettes et la maçonnerie ou le véhicule de transport. 1.5. - Blessures lors de l utilisation de scies circulaires portatives. 2. - LÉGISLATION RÉGLEMENTATION (énumération non exhaustive) 2.1. - Mesures de prévention à mettre en oeuvre Lors de travaux de montage et de levage de charpentes, toutes mesures doivent être prises pour réduire au minimum les travaux en hauteur qui exposent le personnel à un risque de chute. Dans ce but il doit être procédé, chaque fois que cela est possible, à l assemblage des pièces au sol (article 164 du Décret du 8 Janvier 1965). En l espèce chaque fermette peut être considérée comme une pièce. A défaut, il est indispensable soit d empêcher la chute en mettant en place des garde-corps ou des Edition novembre 2002. planchers de circulation avec garde-corps, soit de limiter la hauteur de chute en installant des surfaces de recueil souples capables d arrêter le travailleur avant qu il ne soit tombé de plus de 6 mètres en chute libre. Comme l ensemble du Décret du 8 janvier 1965, le Titre X donne donc la priorité aux mesures de protection collective tendant à empêcher la chute des travailleurs. L inexistence des protections collectives peut toujours être considérée comme à l origine d une possibilité de chute, ce qui permet à l inspection du travail d en demander la réalisation par voie de mise en demeure (article L 231.5 du Code du Travail) La mise en place et le retrait des protections collectives, ou l exécution de travaux aux endroits où la protection collective ne peut pas être installée pour des raisons techniques, peuvent seuls justifier de l emploi des dispositifs de protection individuelle contre les chutes. Les protections collectives ainsi que leurs modalités d utilisation doivent être décrites dans le Plan d Hygiène et de Sécurité du chantier prévu par l article L 235.4 du Code du Travail (Section I du Décret du 19 août 1977) et éventuellement coordonnées par le C.I.H.S. avec celles des autres utilisateurs éventuels (Section II du même Décret). 2.2. - Travaux en élévation 2.2.1. - Les travaux de montage-levage en élévation sont interdits aux travailleurs de moins de 18 ans (article R 234-18 du Code du Travail).* 2.2.2. - Précautions à prendre en cas de conditions atmosphériques ou climatiques défavorables (vent, neige et verglas articles 19 et 137 du Décret du 8 janvier 1965). 2.2.3. - Les installations et dispositifs de protection doivent être : - appropriés aux travaux à effectuer et aux risques auxquels les travailleurs sont exposés, d une résistance suffisante dans tous leurs éléments pour supporter les efforts et les charges même dans les conditions les plus défavorables de leur emploi, et d une stabilité assurée efficacement (article 2 du Décret du 8 Janvier 1965). * Sauf pour ceux munis du C.A.P. sous réserve de l avis favorable du Médecin du Travail. 1

- maintenus en bon état (article 3 du Décret du 8 janvier 1965). - examinés avant mise ou remise en service et certaines autres circonstances (articles 22, 23 et 24 du Décret du 8 janvier 1965). 2.3. - Travaux au voisinage de lignes électriques Des précautions particulières doivent être prises lorsque des travaux doivent être effectués au voisinage de lignes électriques (articles 171 à 177 du Décret du 8 janvier 1965) 2.4. - Manoeuvre des appareils de levage Toutes précautions doivent être prises pour empêcher les personnes d accéder à la zone où évoluent les éléments mobiles de l appareil de levage (article 39 du Décret du 8 janvier 1965). Des mesures efficaces doivent être prises pour empêcher la chute ou l accrochage des fermettes qui devront si besoin est, être guidées à distance pendant leur déplacement (article 40 du Décret du 8 janvier 1965). Une parfaite connaissance des consignes et des manoeuvres est nécessaire pour les travailleurs préposés à la conduite des appareils de levage et les chefs de manoeuvre (article 42 du Décret du 8 janvier 1965). 3. - PRÉVENTION 3.1. - Stabilité des fermettes sur véhicules et au sol (stockage) Les fermes ne doivent être transportées que sur des véhicules ou remorques aménagés à cet effet (Fig. 1). Pour éviter le renversement des fermes au sol, il y a lieu de constituer des chevalets assurant une bonne stabilité de l ensemble. Les fermes placées contre les chevalets auront une inclinaison suffisante pour éviter leur basculement sous l action du vent (cas notamment des fermes pignons préfabriquées) (Fig. 2). De plus, lorsque différents types de fermes sont stockés, il est conseillé de prévoir leur reprise en fonction de l ordre logique de montage de façon à éviter les manipulations toujours délicates et dangereuses qui consistent à écarter plusieurs fermes pour extraire l une d entre elles. 3.2. - Stabilité des pignons De nombreux accidents lors de la mise en oeuvre de charpentes ont pour origine l effondrement des pignons maçonnés notamment sous l effet de rafales de vent ou de l accostage des fermettes contre l un d entre eux lors des manutentions. 2

Il y a donc lieu de s assurer auprès de l entreprise de maçonnerie et ce avant toute intervention, que les pignons sont autostables (ex : raidisseurs armés réalisés et prise du béton assurée). Si tel n est pas le cas, l entreprise de maçonnerie mettra en place un dispositif de contreventement provisoire qui puisse rester en place tant que la charpente n aura pas été assemblée et contreventée et qui soit compatible avec les phases de montage de la charpente c est-à-dire qui n entraîne pas de gêne pour mettre en place les fermettes (ex. cas des étais tirant-poussant), (fig. 3, 4, 5). Fig. 4 Détail de la coupe transversale (face au mur) au droit de l étrier. Fig. 5 Détail de la fixation du bastaing sur le tube. 3

Le chef-monteur sera averti avant le démarrage des travaux, de l état d avancement du montage à partir duquel le contreventement des pignons peut être démonté. On veillera de plus à assurer la reprise des souches de cheminées en porte-à-faux, à partir de la dalle ou du chaînage périphérique et ce tant que n auront pas été réalisés les chevêtres et le blocage aux liants hydrauliques (Fig. 6). Le cas des pignons préfabriqués devra également faire l objet d une attention particulière en matière de contreventement provisoire. Par ailleurs tous chocs sur les pignons lors des manutentions à la grue seront empêchés. 3.3. - Levage des charpentes assemblées au sol Il s agit, comme cela a été rappelé ci-dessus, (cf. 2.1, 1 er et 2 e alinéas) de la technique à retenir en priorité de façon à réduire au minimum les travaux et déplacements en hauteur qui exposent le personnel à un risque de chute. Par ailleurs, une telle technique permet de réduire de façon notable, les manutentions manuelles souvent périlleuses et pénibles pour approvisionner les fermettes et dans certains cas les éléments de pignons préfabriqués à ossature en bois au-dessus du niveau des murs. Cette technique suppose que les contreventements des éléments montés au sol ainsi que les points d élingage choisis sont parfaitement définis préalablement au montage. Cette condition interdit donc toute improvisation sur le chantier et rend nécessaire la mise au point d un plan et d un programme de montage qui seront remis avec toutes instructions utiles au responsable de l exécution. L accès aux postes de travail en élévation pour les assemblages au gros oeuvre sera prévu de telle sorte que le personnel ne soit pas exposé aux risques de chute. Le déroulement sans aléa des travaux peut nécessiter l emploi de systèmes de décrochage à distance éliminant en outre toute possibilité de décrochage intempestif (Fig. 7). 4

L ensemble de ces dispositions tiendra compte dans une large mesure des impératifs rencontrés lors de la réalisation ultérieure des travaux de couverture. Il est ainsi possible de fixer au sol, sur la charpente, les protections qui seront nécessaires aux couvreurs. Il est même possible de réaliser au sol : la couverture (éléments en acier, bardeaux, etc.) la pose des chéneaux, des fenêtres de toiture, souches de cheminées préfabriquées, isolation, etc. (Fig. 8). 3.3.1. - Appareils de levage Il y a toujours lieu dans la mesure du possible d utiliser un seul mécanisme de levage. En effet, un ensemble de fermettes assemblées au sol ne constitue pas, généralement, une charge telle qu il ne soit pas possible de trouver localement l appareil capable de la soulever. Certains procédés de construction de maisons individuelles qui consistent à lever la charpente avant la réalisation des murs, font appel à plusieurs suspentes qui prennent appui sur des mâts de levage. De telles techniques peuvent entraîner des niveaux de contraintes et de déformations non négligeables de la charpente, des suspentes et de leurs supports. Aussi est-il nécessaire de déterminer préalablement ces valeurs par le calcul, d en vérifier le résultat expérimentalement en tenant compte des effets dynamiques, puis de contrôler en permanence pendant tout le levage que les hypothèses faites sont effectivement respectées. Il y a notamment lieu de tenir compte de la situation météorologique pendant et après le levage et de définir tous les moyens d amarrage éventuellement nécessaires pour ramener l état des contraintes à un niveau minimum. 3.3.2. - Méthodes d élingage Il existe essentiellement deux méthodes d élingage. L une qui consiste à reprendre l ensemble de la charpente par l intermédiaire de bastaings filants placés sur chant au-dessous des noeuds d assemblage des faitages (Fig. 9). Il sera alors fait appel à deux élingues d'égale longueur qui seront reprises au niveau du bastaing de façon à éviter leur glissement latéral. Compte tenu des efforts de traction exercés par les deux élingues qui peuvent favoriser le flambage du bastaing, il est toujours recommandé d utiliser un palonnier métallique spécialement conçu pour reprendre ces efforts. (Fig. 10). Une autre méthode d élingage peut consister à reprendre la charpente à l aide de 4 élingues qui seront frappées sur deux bastaings placés sous les entraits des fermes. (Fig. 8). 3.3.3. - Précautions lors du levage Les précautions générales à observer lors du levage proprement dit, qui doivent être considérées comme des Règles de l Art, sont énumérées ci-après : - Avant de lever une charge, connaître son poids. 5

- S assurer que l engin dont on dispose : a) est approprié à la charge compte tenu de la portée ; b) satisfait les prescriptions réglementaires ; c) fonctionne normalement, ne révèle aucun défaut apparent* possède son registre des contrôles techniques de sécurité et a subi avec succès les vérifications avec épreuves (cf fiches de sécurité C 302 et D 701). - En cas de présence de lignes électriques aériennes, prendre les mesures nécessaires (distances réglementaires d éloignement ou, si impossible, prendre contact avec l exploitant de la ligne). - Installer l engin sur une base solide. - Appliquer l effort de levage à une partie de la charpente à lever suffisamment résistante pour n être pas déformée. * ce qui est vrai également pour les accessoires de levage. - Limiter chaque fois qu il est possible la hauteur de chute éventuelle de la charpente levée. - Limiter le balancement de la charpente au levage (manoeuvres et conditions météorologiques). - S assurer, avant de libérer la charpente de l engin de levage, qu elle est correctement posée sur la surface d appui. - Ne pas employer à une manoeuvre plus de personnes qu il n est strictement nécessaire. - Respecter le programme de montage notamment lorsque plusieurs charpentes doivent être accolées. - Avant de quitter le chantier, s assurer que toutes les dispositions ont été prises pour que la stabilité des engins et de la charpente soit assurée. 3.3.4. - Empiètement de l engin sur la voie publique Il y a lieu d implanter une signalisation de chantier en fonction par exemple du schéma de principe qui figure ci-après en respectant les distances indiquées. (Fig. 11). 6

3.4. - Assemblage des charpentes en élévation Cette méthode de montage est généralement préférée à celle consistant à assembler la charpente au sol car elle permet de faire l économie apparente de la location d un engin de levage. En fait il faut bien considérer que dans ce cas, toutes dispositions sont prises pour, soit empêcher la chute des monteurs, soit limiter la hauteur de leur chute, ce qui suppose le transport, le montage et le démontage de dispositifs pour la protection collective (cf 2.1, 5 e alinéa). Le fait de réaliser des travaux de montage de charpentes, même à des hauteurs de moins de 3 mètres, suppose que le nécessaire est fait pour empêcher tout accident ayant pour origine une perte d équilibre des monteurs (article 165 du Décret du 8 Janvier 1965). 3.4.1. - Dispositif empêchant la chute Des garde-corps souples ou rigides avec plinthes peuvent constituer une des solutions à préconiser. Ils pourront éventuellement être associés à des planchers de circulation permettant par exemple de distribuer les fermes sur la longueur du bâtiment mais également de mettre en place des planches de rive, habillages de sous-faces ainsi que chéneaux, gouttières, etc... Ces planchers de travail seront d une largeur telle qu ils permettent des déplacements compte tenu des saillies de toiture (variables suivant les régions). L ossature des garde-corps sera fixée sur les murs soit par l intermédiaire de systèmes traversants, (Fig. 12 et 13) soit sur des points d ancrage permanents scellés préalablement dans la maçonnerie (Fig. 14) ou par tout autre système assurant une résistance au moins équivalente. Il est également possible d utiliser des échafaudages de pied à condition que leur stabilité soit efficacement assurée. On peut aussi utiliser des plates-formes sur tréteaux, notamment dans le cas de pose de fermettes sur arases de murs. Par ailleurs, des garde-corps seront mis en place au droit des trémies si l accès à la dalle se fait à ce niveau. Si l accès se fait par l extérieur de la dalle ces trémies seront obturées de façon efficace (Fig. 15 et 16). 7

3.4.2. - Dispositifs arrêtant la chute Ils seront le plus souvent constitués de surfaces de recueil souples permettant d arrêter un travailleur avant qu il ne soit tombé de plus de 6 mètres en chute libre. (Fig. 17). 3.4.3. - Choix et qualités à exiger d un dispositif de protection collective Le choix des dispositifs se fera en fonction non seulement de leur efficacité mais également des contraintes propres aux différentes phases de manutention, de réglage, de fixation, de contreventement, de déplacement des monteurs. Compte tenu des temps de montage relativement courts que permet la mise en oeuvre de fermettes, l incidence notamment du transport, de la pose et de la dépose de protections collectives n est pas négligeable, ce qui suppose qu elle soit prise en compte systématiquement dans le coût du montage de la charpente. Les dispositifs seront bien adaptés c est-à-dire simples, légers, peu encombrants pour le transport, faciles à poser et à déposer sans introduire de nouveaux risques. Ils seront conçus si possible pour faciliter le travail des opérateurs et éventuellement des couvreurs. 3.4.4. - Conseils pour en faciliter la mise en oeuvre - Etudier les dispositifs de protection en fonction des modes de construction propres à l entreprise (ex cas des maisons à ossature bois) ou des modes de construction locaux pour la réalisation des murs porteurs. La présence d ancrages permanents constitue une solution à privilégier. - Vérifier par des essais leur résistance et leur stabilité dans les conditions les plus défavorables sans oublier les effets sur la structure sur laquelle ils sont fixés. - Standardiser au mieux les dispositifs. - Remettre aux chefs d équipes de montage les plans et instructions pour la mise en place et la dépose de ces dispositifs. - S assurer que les dispositions et dispositifs prévus sont bien adaptés aux travaux et aux risques auxquels les travailleurs sont exposés. BIBLIOGRAPHIE (Documents OPPBTP) BROCHURES - Grues mobiles sur pneumatiques ou sur chenilles et pelles de terrassement n C3 B 02. - Grues mobiles à flèche relevable n C3 B 03 MANUELS PRATIQUES DE PRÉVENTION - Protection collective contre les chutes de hauteur n B1 P 01 - Echelles portables à usage courant n B6 P 01 - Câbles, chaînes, cordages n C2 P 01 - Engins mobiles de levage n C3 P 03 - Echafaudages de pied n B2 P 01 MÉMOS-PRATIQUES - Emploi des élingues câbles n C2 M 02 - Montage et utilisation des tréteaux de maçon n B5 M 06 - Utilisation du pistolet de scellement à tir indirect n C9 M 02 - Les échafaudages de pied métalliques fixes n B2 M 01 - Elingues plates en sangles tissées de textiles chimiques n C2 M 07 - Ensembles supports-filets pour la protection au pourtour des bâtiments n B1 M 02 - La scie circulaire portative n C1 M 04 FICHES DE SÉCURITÉ - Protections collectives contre les chutes de hauteur en bâtiment n B1 F 01 - Vérification des appareils de levage motorisés autres que les ascenseurs et monte-charge n C3 F 01 - Préparation des opérations de montage levage n D7 F 01 - Annexe fiche E4 F 02 relative au transport d éléments préfabriqués : 3.1 (arrimage). 3.2 (accès). 3.3 (les postes de travail pour les opérations de chargement, d arrimage et de déchargement). 8