LA CATHEDRALE SAINT PIERRE Jeudi 13 novembre 2013
Aujourd hui, rendez-vous à la cathédrale Saint Pierre à Angoulême pour une visite guidée par l association «Via Patrimoine». Nous sommes attendus dans la cathédrale par Christine Olmer, médiatrice culturelle de l association. Elle nous explique qu elle va, dans un premier temps, nous emmener à l extérieur pour visiter le quartier de la cathédrale, puis nous rentrerons pour découvrir l intérieur. 1. LE QUARTIER DE LA CATHEDRALE Notre guide commence par nous parler de l origine de la cathédrale. La cathédrale actuelle a été précédée de trois autres. La première au IVème siècle, fut saccagée par les invasions barbares. La seconde fut construite par Clovis au VIème siècle, mais elle fut incendiée par les Normands. Un troisième édifice est bâti sur ordre de l évêque Grimoard de Mussidan et consacré en 1015. Mais toutes furent construites au même emplacement, à savoir au sud-ouest et à l intérieur des remparts, très hauts et qui protégeaient la cité. La cathédrale était alors un lieu de refuge, mais elle faisait aussi office d obstacle sur le plan religieux, car l église était considérée comme un lieu de protection spirituelle que personne n osait attaquer. La cathédrale était entourée de plusieurs bâtiments dont beaucoup ont disparu : - Le baptistère de Saint Jean - Une chapelle funéraire Saint Eloi - Le palais de l Evêque - Le cloître, lieu de circulation silencieuse des chanoines Les pierres des bâtiments détruits ont servi de remblais pour la construction d autres édifices ou de routes, comme l avenue Wilson construite avec des vestiges de la cathédrale.
Nous poursuivons notre balade, et nous passons derrière la cathédrale. C est au XIIème siècle que l évêque d Angoulême, Girard II reconstruisit la cathédrale et lui donna la forme actuelle. On constate qu il n y a qu une tour de clocher, alors qu il y en avait deux à l origine. La deuxième a été détruite par l Amiral Coligny en 1568 lors du siège de la ville par l armée protestante de l Amiral. On dit que la tour a brûlé pendant 3jours et 3 nuits, ce qui semble possible puisqu elle contenait toutes les archives. Elle n a pas été reconstruite pour des raisons financières. Au milieu du XIXème siècle, l architecte Paul Abadie (fils) se voit confier la restauration de la cathédrale. Il a notamment restauré la tour de clocher qui reste. Il l a entièrement démontée, restaurée puis remontée.
Il a également surélevé le gros dôme pour créer un puits de lumière et donner de la clarté à l intérieur de la cathédrale. L ensemble est animé par des arcades. Nous passons devant le Palais épiscopal :
On remarque sur la maison de l évêque, le pignon à crochets et cordelière. Et en haut la sculpture d un singe dite du «singe-laid». Il s agit d une facétie qu a faite l évêque de Saint-Gelais au XVIème siècle en se jouant de son propre nom. Nous poursuivons le tour du quartier de la cathédrale. Nous passons devant le petit square, à côté de ce qui était autrefois le cloître. Notre guide attire notre attention sur une colonne décorée avec des lettres entrelacées qui représentent un monogramme de l épouse du duc d Epernon, Marguerite de la Valette. Cette femme ne fut guère aimée par son époux, le duc d Epernon, et au moment de sa mort il montra peu d empressement. Pris de remords, il fit construire un monument funéraire, surmonté d une colonne de marbre que couronnait une urne d argent renfermant le cœur de son épouse. Le Duc avait demandé qu une messe soit célébrée tous les matins, et que le glas sonne pour rappeler aux Angoumoisins le souvenir de cette femme. Le peuple avait appelé, de manière ironique, le son du glas : les larmes d Epernon car il savait combien Epernon avait fait peu cas de la Duchesse de son vivant et se moquait de ses larmes tardives.
Et nous arrivons devant la façade : Les restaurations du XIXème siècle ont principalement concerné la partie haute de la façade en ajoutant le pignon et les clochetons qui l encadrent.
Les deux thèmes représentés sur cette façade romane sont l Ascension du Christ et le Jugement Dernier et ils sont organisés de bas en haut, en trois parties : - Le rez-de-chaussée : composé d un portail orné d un Christ. Ce portail est entouré d arcades abritant les apôtres partant en mission. - La partie médiane est composée d une fenêtre centrale, entourée d arcades abritant des sculptures représentant les apôtres et la Vierge Marie. Ils regardent vers le haut où est représentée l Ascension du Christ.
Entre le rez-de-chaussée et cette partie médiane sont sculptés deux cavaliers. Elles représentent saint Georges à gauche et saint Martin à droite. - La dernière partie, le Christ est représenté debout et lève la main droite dans le geste de la bénédiction. Le Jugement Dernier est évoqué par la représentation des élus à droite et des damnés à gauche de la façade : Les damnés Les élus (Le personnage de gauche a la bouche transpercée par la lance de celui de droite) (les personnages dansent et sont joyeux)
Mais il est temps de rentrer dans la cathédrale visiter l intérieur. 2. LA NEF : L intérieur nous parait plus sobre, mais la guide nous fait remarquer que l ensemble est assez animé, d une part par le style file de coupole des voûtes et d autre part du fait que les murs latéraux sont «doublés» et soutiennent une galerie, ce qui permet, dès le XIIème siècle de circuler autour de la nef.
Sur la gauche, une petite chapelle est dédiée à saint Pierre Aumaître, prêtre mort en Corée en 1866 après avoir été torturé et décapité. Cette chapelle renferme ses reliques. Pour le Grand Jubilé de 2000, Monseigneur Dagens, actuel évêque d Angoulême, a demandé à Pierre Sabatier, sculpteur plasticien, de créer trois objets modernes dont le lustre au-dessus de l autel :
Au pied de l autel, à notre gauche une plaque rappelle que les restes de l évêque Girard II sont dans la cathédrale. Girard II avait pris parti en faveur d un antipape, Anaclet alors que l Eglise avait pris officiellement parti d Innocent II. L évêque Girard fut considéré comme traite et excommunié. C est Monseigneur Dagens qui a demandé à ce que ses restes soient placés dans le pilier. Sur notre droite, un emplacement renferme les ossements des grands-parents de François Ier, le Bon Comte Jean et son épouse Marguerite de Rohan, ainsi que ceux d une troisième personne non identifiée. Ces ossements ont été découverts lors des derniers travaux de restauration :
Dans l allée centrale, une plaque rappelle que le Marquis de Ruffec est également enterré ici. Notre guide nous signale que pas moins de 110 évêques sont enterrés dans la cathédrale. Avant de nous quitter, notre guide nous indique une porte sur notre droite dont l accès est condamné. Il s agit de la porte qui mènera bientôt le visiteur dans le clocher sud de la cathédrale où se tiendra le musée d Art Sacré. D ici la fin de l année prochaine, les travaux de restauration des clochers sud et nord seront terminés et abriteront, l un, un musée d Art Sacré, avec exposition d objets liturgiques, de tableaux l autre, présentera les archives, la correspondance et des objets ayant appartenus à Paul Abadie. Une nouvelle visite en perspective??? La visite est terminée. Tout le monde connait la cathédrale mais aujourd hui elle nous a dévoilé ses secrets et nous ne porterons plus le même regard sur elle. C était encore une fois, une visite et une découverte très enrichissantes.