COMMENT ÉTABLIR EN PAROISSE UN GROUPE «JUSTICE ET PAIX»

Dimension: px
Commencer à balayer dès la page:

Download "COMMENT ÉTABLIR EN PAROISSE UN GROUPE «JUSTICE ET PAIX»"

Transcription

1 COMMENT ÉTABLIR EN PAROISSE UN GROUPE «JUSTICE ET PAIX» MANUEL DE FORMATION

2 Auteur: Sean O Leary et Tom Zukile Traduit et adapté de l anglais par Guy Theunis, M. Afr. Collection «Formation aux ministères communautaires» n 37B Institut Lumko Germiston (Afrique du Sud) [email protected] Layout : Sebastian Mattappallil SVD

3 Table des matières Introduction ère session : comment définir le ministère «Justice et Paix» ème session : mise en route d un groupe «Justice et Paix» ème session : la spiritualité «Justice et Paix» ème session : le cercle pastoral ème session : 1ère étape : explorer ce que je vis ème session : 2ème étape : l analyse sociale ème session : 3ème étape : réflexion de foi ème session : 4ème étape : planification et action ème session : 5ème étape : évaluation de l action Annexes L enseignement social de l Eglise catholique Quelques thèmes de l enseignement social de l Eglise Annexes : Dessins agrandis à photocopier Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 1

4 Introduction C est à la demande de communautés et de mouvements d Eglise qu est né ce livre. Ils cherchaient de l aide pour mettre sur pied des groupes «Justice et Paix» et pour les animer. Ce livre n est pas conçu pour être lu d une traite d un bout à l autre, mais comme un instrument de travail pour établir des groupes «Justice et Paix» et pour les aider à se développer en suivant un programme de formation bien défini. Et cela demande beaucoup de temps. Il est le résultat de la collaboration de trois services de la Conférence des Evêques Catholiques d Afrique Australe : la Commission «Justice et Paix», l Institut Lumko et le Programme d Aide au Développement Rural. Les groupes de Justice et Paix déjà établis dans les pays ont été consultés. On s est aussi inspiré, tout en l adaptant, d un manuel de formation de groupes Justice et Paix, paru dans les années 90, en Zambie. Tout ce qui est proposé a été essayé sur le terrain et discuté durant de nombreuses sessions sur le sujet. Certaines personnes ont tout particulièrement contribué à sa rédaction. Ainsi le Père Cas Paulen, cmm, s est inspiré du travail du Père Peter Henriot, sj, pour ce qui a trait à la Spiritualité de Justice et Paix ; Sœur Shelagg-Mary Waspe a rassemblé les données venant des groupes diocésains Justice et Paix d Afrique du Sud. Jane de Souza, du Programme d Aide au Développement Rural, y a aussi contribué. Justice et Paix est un élément essentiel du ministère de l Eglise. Mais ce n est pas parce qu une personne joint un groupe Justice et Paix que, du fait même, elle devient spécialiste en la matière. Toute personne qui désire entrer dans un groupe Justice et Paix doit d abord suivre une formation adéquate avant de se lancer dans l exercice de ce ministère. Ce manuel justement, propose un programme de formation pour ce ministère. Il peut servir de support mais devra être modifié çà et là pour répondre aux conditions et besoins locaux. A la fin du programme de formation, la personne devrait être nommée officiellement à ce ministère par une autorité ecclésiale, l évêque ou le curé de la paroisse. 2

5 1 ère session: COMMENT DÉFINIR LE MINISTÈRE «JUSTICE ET PAIX»? Objectif : Aider le groupe à découvrir et comprendre ce qu est le ministère «Justice et Paix». Réaliser son champ d action et sa mission. La plupart des gens ont expérimenté différentes formes de justice et d injustice, puisque cela fait partie de l histoire des hommes et de nos propres vies. Il est donc normal de partir de leurs expériences pour les aider à comprendre les concepts de justice et d injustice à la lumière de leur foi. 1 er exercice : découvrir notre compréhension de «Justice et Paix» Faites de petits groupes de 5 ou 6 personnes et demandez-leur de trouver dans leur entourage des exemples d injustice et d en discuter. Faites en sorte que les groupes choisissent des cas différents. Invitez chaque groupe à choisir un cas d injustice parmi ceux qui ont été identifiés pour en discuter : - Pourquoi est-ce une injustice? - Comment affecte-t-elle la vie des personnes? Réunissez tous les groupes et invitez-les à donner un bref rapport de leur échange. Dégagez ensuite les points communs. Demandez au groupe de dire comment les gens réagissent à ces actes d injustice dans leur communauté. Pour approfondir notre compréhension de «Justice et Paix», il est nécessaire d aller au delà de nos expériences personnelles pour faire une analyse de ce qui arrive dans une situation de justice et dans une situation d injustice. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 3

6 2 ème exercice : approfondir notre compréhension de la justice Expliquez au groupe qu on va se servir d un passage de la Bible pour affiner notre compréhension de ce que comporte l action de Justice et Paix : l épisode de la femme adultère en Jean 8,3-11. Vous pouvez aussi copier ou dessiner (d une façon amplifiée), la vignette/ dessin qui se trouve à la page 24. Note pour l animateur: Si l on veut, on peut choisir d autres textes comme celui de Suzanne, en Daniel 13, 1-64, ou la parabole du bon Samaritain en Luc 10, Lisez ou faites lire le passage choisi. Demandez au groupe ce qui les frappe dans l histoire. Il se peut que l on ait à lire le passage une deuxième fois ; dans ce cas, demandez à une autre personne de le faire (et, si l on veut, d une autre traduction). Demandez au groupe de dire ce qu ils savent sur ce qui se passe lors d un procès. Faites en sorte qu il réalise qu il n y a procès que lorsque quelqu un est accusé d avoir commis quelque chose de mal. Cette personne, l accusé, donne sa version des faits pour sa défense. Les personnes qui l accusent donnent, elles aussi, leur propre version des faits. Un magistrat ou juge écoute ce qu ont à dire les avocats de la défense et de l accusation et rend son jugement en se basant sur les lois qui auraient été enfreintes ou non par l accusé. Invitez le groupe à former un tribunal pour juger le cas biblique choisi. Dans le cas de la femme adultère, il s agit d établir si Jésus avait le droit ou non d empêcher la lapidation de cette femme. Le groupe devra établir pourquoi les hommes voulaient la lapider et pourquoi Jésus les en a empêchés. Demandez à des personnes du groupe de se porter volontaires pour jouer les rôles suivants : - Trois juges qui vont décider qui avait raison et qui avait tort. - Le juge d instruction qui va essayer de prouver que Jésus, d après la loi juive, n avait pas le droit de faire ce qu il a fait. On peut lui donner deux autres personnes pour l aider à préparer son acte d accusation. - Les accusateurs, trois ou quatre personnes, qui vont accuser Jésus d avoir mal agi. Ce sont des hommes qui, d après le texte, voulaient qu on applique la loi. - L avocat de la défense qui défend la femme accusée d adultère. Lui aussi peut être aidé par deux ou trois autres personnes. - L accusé, ici Jésus. D autres personnes peuvent lui être ajoutées pour préparer sa défense. 4

7 Demandez au groupe de lire à nouveau le texte pour les aider à déterminer ce qu ils vont dire. Donnez-leur une demie heure pour cela. Les juges préparent les questions qu ils vont poser et l ordre dans lequel ils vont faire intervenir les différents acteurs. Il faut aussi déterminer sur quelles lois s appuyer. Les accusateurs décident comment présenter ce qu ils ont vu et l accusation qu ils vont porter contre Jésus. Les avocats de la femme rassemblent tous les détails de son histoire et décident comment présenter leur propre version des faits. Celui qui joue Jésus décide comment présenter les raisons qui le font agir ainsi. Note pour l animateur: Pour faciliter les choses, il peut être préférable que le formateur joue le rôle du juge pour aider les autres acteurs à bien jouer le leur, et à guider le déroulement du procès. Il faut que le juge soit bien préparé à jouer son rôle. Lorsque le procès est terminé, demandez aux membres du groupe ce qu ils pensent de ce qui a été dit par les différents acteurs, et ce que cet exercice leur a enseigné sur le ministère de «Justice et Paix». Expliquez que la loi juive condamnait à la lapidation les femmes prises sur le fait et que, par conséquent, ceux qui voulaient la lapider agissaient suivant la loi, tandis que Jésus voulait l abroger. Expliquez que suivre la loi (ou vouloir la suivre) n est pas toujours agir avec justice. Il y a des bonnes lois qui protègent les individus et la société. Il peut aussi y avoir des lois dont se servent certaines personnes pour devenir riches et puissantes, au détriment des autres. Dans ce cas, ce sont les riches qui font les lois et qui les font appliquer, au détriment des pauvres. La loi de Dieu surpasse celle des hommes, parce qu elle est toujours juste tandis que celle des hommes peut ne pas l être. Demandez aux membres du groupe s ils connaissent dans leur pays des lois injustes. Quelles sont-elles? Pourquoi sont-elles injustes? Dirigez la discussion du groupe. Approfondir notre compréhension de «Justice et Paix» Les groupes «Justice et Paix» ont une méthode spécifique pour agir en faveur de la justice lorsqu ils sont confrontés aux problèmes de leurs communautés. Il y a d autres méthodes pour répondre aux besoins des communautés telles que les œuvres charitables, l assistance sociale ou bien des groupes de développement. Bien comprendre la méthode «Justice et Paix» nous aidera à mieux saisir ses tâches spécifiques. Expliquez au groupe qu il va se rendre compte de la différence qu il y a entre les tâches de «Justice et Paix» et celles des autres associations mentionnées (œuvres charitables, assistance sociale, groupes de développement) en réfléchissant sur une situation d actualité. Montrez les dessins suivants ou ceux qu on aura faits. Les dessins que l on trouve à la fin du manuel aident le formateur à faire passer le message aux participants. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 5

8 Note pour l animateur: Nous proposons d utiliser les dessins à la fin du livre (version agrandie).ils peuvent être facilement photocopiés et aident l animateur à mieux faire passer le message. Premier dessin : il s agit d un village qui n a pas de système d adduction d eau. Les femmes font un kilomètre et demi pour aller puiser l eau à la rivière pour les besoins de la maison. Un groupe de touristes allemands en visite au village pensent qu il est de leur devoir de chrétiens de mettre en pratique le commandement de l amour du prochain que leur foi demande et décide d aider la communauté. Ils sont donc mus à l action par la vertu de charité. PAGE 87 Demandez au groupe ce qu ils pensent que les touristes vont faire pour aider les femmes du village. Quelles sont les actions charitables possibles? On peut suggérer quelques solutions comme d utiliser un cheval et une charrette, ou un tracteur et une remorque, ou des ânes et des seaux, etc. Demandez au groupe quelles sortes de problèmes ces solutions peuvent causer, par exemple, en cas de maladie ou de mort du cheval, ou si le tracteur est en panne, ou s ils manquent de fonds pour le carburant etc. Les actions charitables n apportent d habitude que des solutions temporaires. 6

9 Deuxième dessin : une équipe d experts en développement arrive de Norvège. Ils ont des fonds pour venir en aide aux communautés d Afrique qui en ont besoin et décide donc d aider cette communauté. Demandez au groupe ce qu ils pensent que les Norvégiens vont faire. Quelle va être la solution «développement»? PAGE 88 Si le groupe n arrive pas à trouver facilement la réponse, expliquez que la plupart du temps la solution «développement» consiste à acheter une pompe et des tuyaux pour amener l eau de la rivière aux différents robinets installés dans le village. Les habitants de Norvège vont fournir l équipement nécessaire et les experts la technique pour faire l installation. Le village fournira la main d œuvre pour creuser les tranchées et y enfouir les tuyaux depuis la pompe jusqu aux robinets. Demandez ensuite quels sont les problèmes que l on peut prévoir si on suit cette solution «développement». Ceux qui concernent la maintenance et les réparations, car la communauté n a pas l expertise suffisante et probablement pas les fonds nécessaires pour acheter les pièces de rechange et payer celui qu on aura pu former pour le travail de maintenance. Que fera-t-on si cet ouvrier vient à partir? La solution «développement» demande, en général, une expertise et un financement venant de l extérieur. Troisième dessin : un groupe JP («Justice et paix») a commencé dans le village. Comment s y prendra-t-il pour résoudre le problème de l eau dans le village? Par la discussion, aidez le groupe à se rendre compte que c est le gouvernement qui est responsable de l adduction d eau au village, qu ils doivent donc s organiser pour soumettre leur doléance aux responsables gouvernementaux pour que l Etat fournisse au village l eau potable. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 7

10 PAGE 89 Demandez au groupe pourquoi la solution JP est la meilleure (En rendant l Etat responsable du projet, on assure la maintenance «et les réparations nécessaires». RESULTAT / lorsqu on se sert de la methode, il suffira aux villageois d alerter les responsables du service des eaux). 3 ème exercice : la différence entre la méthode «Justice et Paix» et les autres méthodes Montrez le diagramme suivant : METHODE pour aider les gens AGENT Celui, ceux qui veulent aider CONTRIBUTION de la communauté RESULTAT Lorsqu on se sert de la méthode Avec le groupe, il s agit de remplir les 4 cases, suivant qu on emploie les méthodes de l ASSISTANCE, de la CHARITE, du DEVELOPPEMENT ou de JUSTICE et PAIX. Remplissez d abord la colonne «agent», puis celle qui concerne la «contribution de la population» (celle-ci est-elle active ou passive?), finalement celle du «résultat». 8

11 Le diagramme une fois rempli devrait donner quelque chose comme ceci : METHODE pour aider les gens AGENT Celui, ceux qui veulent aider CONTRIBUTION de la communauté RESULTAT lorsqu on se sert de la méthode PAGE 90 L ASSISTANCE L État Les villageois sont plutôt passifs ; peu de consultation. Les gens deviennent dépendants de l assistance donnée LA CHARITE Les Eglises, les œuvres charitables, les ONG et autres associations. Passivité ; peu de consultation Limité: aide temporaire à court terme LE DEVELOPPEMENT Fondations, ONG et autres associations. Peut être active ; cela dépend de l agent et de l idée que l on se fait du développement. Cela demande souvent finances et expertise. Il est souvent difficile à maintenir avec comme conséquence le retour au point de départ lorsque le projet arrête. JUSTICE et PAIX Les groupes «Justice et Paix» et leurs membres. La communauté est plus active Il est plus facile à maintenir car JP rend l Etat responsable et contacte les services responsables de la maintenance du projet. 4 ème exercice : aider le groupe à arriver à une définition commune de Justice et Paix Pour cela : Formez des petits groupes de cinq ou six personnes. Chaque groupe, en se référant à tout ce qui a été dit jusqu à maintenant, formule sa propre définition de J et P, et l écrit sur une grande feuille de papier. Après avoir affiché la feuille au tableau, un membre la lit au grand groupe reconstitué. Lorsqu on a lu toutes les définitions au grand groupe, demandez-lui de formuler une définition commune se servant de tout ce qui a été exprimé par chaque groupe. Cette dernière devient alors celle du groupe et reflète ce qu il entend par J et P. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 9

12 On rappellera au groupe qu il est bon d examiner comment d autres groupes J et P ont définit leur propre compréhension de J et P. Le formateur leur propose alors les quelques exemples suivants : PAGE 91 * Justice et Paix, c est ce qui se passe lorsqu on reconnaît et respecte la dignité de chaque personne, leur droit de vote, à l éducation, à la santé, au logement, à l emploi et à la sécurité (un ouvrier). * L objectif du travail de J et P est de surmonter tous les obstacles tels que l oppression politique, religieuse, culturelle ou économique. En exposant ces formes d oppression et en les éliminant, J et P permet aux citoyens d exercer leurs droits et de choisir la vie qu ils désirent (un militant des droits de la personne). * J et P, c est protéger les femmes et les enfants des mauvais traitements physiques, des abus sexuels et du viol. C est arriver à ce que la police arrête les fauteurs de troubles et protège les victimes. Nous avons tous des droits et des objectifs à atteindre. On doit être entendu ; c est alors que la paix se fera (une mère de famille d un quartier pauvre). * On arrive à une situation de Justice et de Paix lorsque ceux qui exercent le pouvoir économique acceptent de partager équitablement les ressources de la terre avec les autres. Ce n est possible que si les riches sont obligés de partager avec les pauvres. Ils ne peuvent plus les ignorer. Le gouvernement doit faire en sorte que notre droit au travail et à un juste salaire soit respecté (un chômeur). * J et P, c est confronter les structures injustes et les changer (un membre d un groupe J et P). * J et P entreprend toutes ses actions dans le but de changer les structures, les programmes politiques et les pratiques qui diminuent ou détruisent l intégrité de la création et les possibilités d une vraie qualité de vie pour tout le monde, surtout pour les pauvres et les marginalisés. Grâce à la recherche, à l analyse, à la confrontation et aux actions menées, J et P a pour objectif de préserver l environnement et de changer les situations injustes des gens, des communautés et des nations de sorte que tous puissent vivre dans le respect et leur dignité de personne créée à l image de Dieu. En travaillant dans ce but, J et P contribue à poser les fondements nécessaires pour l exercice des autres ministères de l Eglise et pour mener à bien sa mission d évangélisation (Mgr Kevin Dowling, évêque d Afrique du Sud). Demandez au groupe ce qu il pense de ces autres définitions et comment il en retrouve les éléments dans la leur. Rappelez-leur que bien des structures politiques, économiques, sociales et religieuses, contrôlent la vie des gens et leur dictent ce qu ils doivent faire et comment le faire. Certaines de ces structures sont bonnes ; d autres ne sont pas justes. Demandez-leur de donner des exemples de structures justes et injustes. Expliquez que la méthode du CERCLE PASTORAL que l on va étudier à la 4 ème session donne les moyens de faire l analyse des structures pour déterminer si elles sont justes ou injustes. Cette méthode propose aussi des actions à mener pour s opposer aux structures injustes et les changer. 10

13 Bref aperçu historique de la Commission «Justice et Paix» L Eglise catholique a toujours oeuvré pour plus de justice et de paix dans le monde. Pour aider les catholiques à travailler en ce sens, elle a demandé aux évêques de former des commissions «Justice et Paix» au plan diocésain et national. La Commission Pontificale «Justice et Paix» a vu le jour à Rome après le concile Vatican II. Le deuxième concile du Vatican, ou Vatican II, s est tenu de 1962 à Tous les Evêques du monde ainsi que de nombreux théologiens et laïcs furent convoqués à Rome par le pape Jean XXIII. Son objectif était de faire un état des lieux de l Eglise et de voir comment celle-ci pouvait se renouveler et accomplir sa mission dans le monde moderne : «Nous voulons par ce concile ouvrir les fenêtres de notre Eglise pour y faire entrer le monde et pour la faire sortir vers le monde» a déclaré le Pape Jean XXIII. Durant le concile, les évêques ont décidé que l Eglise devait tout faire pour se rendre compte de ce qui se passait dans le monde moderne et ainsi lui permettre de trouver les moyens pour œuvrer à une meilleure justice et une plus grande paix à l échelle mondiale. C est dans le document conciliaire appelé Gaudium et Spes (Constitution pastorale sur l Eglise dans le monde de ce temps) que l on peut lire tout ce que les Pères du Concile ont dit et décidé à ce sujet. En voici un extrait : «Considérant l immense misère qui accable, aujourd hui encore, la majeure partie du genre humain, pour favoriser partout la justice et en même temps pour allumer en tout lieu l amour du Christ à l endroit des pauvres, le Concile, pour sa part, estime très souhaitable la création d un organisme de l Eglise universelle, chargé d inciter la communauté catholique à promouvoir l essor des régions pauvres et la justice sociale entre les nations» (n 90). Durant le synode sur la Justice qui a eu lieu à Rome en 1971, les évêques ont décidé que la meilleure méthode à suivre pour entreprendre cette tâche, était d établir des commissions «Justice et Paix» nationales et diocésaines. La commission pontificale, elle, avait été établie en La Conférence des Evêques Catholiques de l Afrique Australe avait aussi été la première à établir cette commission dès Voici comment les évêques l expliquent dans le plan pastoral de leur Eglise, publié en 1989 : «Nous avons souvent dit et répété que nous devions lutter contre l injustice. La raison en est que l injustice tant répandue dans le monde, est le péché le plus grave auquel nous avons à faire face. C est le plus grand refus d amour. Travailler pour une vraie justice devient donc la tâche la plus urgente pour les paroisses de l Afrique Australe. Aucune paroisse, aucune communauté et aucun mouvement de l Eglise ne peut se dispenser de travailler pour cela. Nous ne pouvons pas être une communauté au service de l humanité, si nous ne relevons pas ce défi. Accepter l Evangile, c est accepter tous les impératifs demandés par la justice et vaincre toute discrimination et inégalité» (Community Serving Humanity, n 23). Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 11

14 Du 29 mai au 3 juin 1998, le Symposium des Conférences Episcopales d Afrique et de Madagascar (SCEAM) a tenu sa première rencontre sur la Justice et la Paix à Roma, au Lesotho. Voici ce qu il écrit dans le document final : «Nous demandons à ce que des Comités Justice et Paix soient établis dans chaque paroisse et même dans toutes les communautés où se trouvent des catholiques. Nous recommandons énergiquement l éducation à la Justice et à la Paix au niveau de la base, comme un impératif pour que l évangile du Christ prenne corps dans le peuple». C est le plan de Dieu pour le monde qui inspire l esprit et l étendue du ministère de «Justice et Paix». Il invite les chrétiens à agir pour transformer ce monde suivant ce plan. Les commissions «Justice et Paix» agissent pour faire advenir le royaume de Dieu dans un monde où tous les habitants sont invités à vivre comme les membres d une famille qui s aiment. Voici les objectifs de «Justice et Paix» : Aider les individus et groupes humains à devenir conscients de la souffrance générée par la pauvreté, les injustices, les divisions et la violence dans notre société. Faire découvrir aux gens quelles en sont les causes et pourquoi leur foi demande qu ils s impliquent sur le plan social. Rendre les gens capables de travailler pour une société plus juste où sont respectés les principaux droits de l homme : droit à la nourriture, à l eau potable, à l habitat, à l éducation, à l emploi, à la santé, à la participation à la gouvernance du pays. Epauler l église dans l enseignement de sa doctrine sociale et ses actions en faveur des pauvres, des marginalisés, des handicapés et des opprimés. 12

15 2 ème session : MISE EN ROUTE D UN GROUPE «JUSTICE ET PAIX» Objectifs : 1) Apprendre à mettre en route des groupes «Justice et Paix» dans le diocèse. 2) Donner la possibilité aux intéressés de mettre en route de tels groupes dans leur paroisse. 1 er exercice : pourquoi démarrer un groupe? Organisez des petits groupes de 5 ou 6 personnes pour répondre aux questions suivantes : - Pourquoi voulez-vous organiser un groupe dans votre paroisse? - Quel impact pensez-vous ainsi réaliser dans la paroisse, grâce à ce groupe? - Comment ce groupe pourra-t-il influencer la vie du diocèse? Les groupes se réunissent pour donner leur rapport et en discuter. Mise en route d un groupe «Justice et Paix» Il y a bien des manières de commencer un groupe JP. Voici une approche qui a été éprouvée comme très efficace : 1. Choisir la paroisse dans le diocèse avec la meilleure chance de succès. 2. Vous présenter aux autorités du diocèse, de la zone ou du doyenné pour exposer votre souhait de commencer un groupe JP. 3. Vous présenter au(x) prêtre(s) de la paroisse. 4. Faire de même auprès du Conseil Paroissial et des autres structures et organisations paroissiales. 5. Demander la permission de donner une conférence sur le sujet «Justice et Paix» à la communauté paroissiale. 6. Après la conférence, rencontrer les personnes intéressées. 7. Leur proposer de les aider à monter un groupe «Justice et Paix». Voyons maintenant chaque étape en particulier : Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 13

16 1. Choisir la paroisse avec la meilleure chance de réussite a. Rassemblez le plus de renseignements et d informations possibles sur les structures du diocèse, sur ses différentes paroisses, sur leur organisation (surtout les conseils paroissiaux et autres groupes actifs comme, par exemple, les groupes de jeunesse) et leur fonctionnement. b. Renseignez-vous sur le nombre de régions ou zones pastorales et/ou de doyennés dans le diocèse, avec leur situation géographique. Il est très utile de dessiner une carte ou/et de créer un diagramme pour traduire d une manière visible ce que l on a découvert. c. Déterminez quelle serait le meilleur endroit pour commencer. Note pour l animateur: Il est recommandé de faire un dessin ou diagramme de la structure diocésaine. Les gens peuvent mieux comprendre cela à partir d une image. 2. Contacter les autorités du diocèse et de la zone (ou doyenné) d. Présentez-vous à l évêque pour discuter avec lui de votre projet et obtenir la permission de démarrer des groupes JP dans le diocèse. e. Demandez-lui une lettre d introduction comme quoi vous désirez démarrer des groupes «Justice et Paix» dans le diocèse et que vous avez son approbation. f. Recherchez quel est le prêtre, doyen ou chargé de zone, responsable du lieu où vous désirez démarrer des groupes. Ecrivez-lui pour vous présenter. Expliquez ce que vous voulez faire et joignez une copie de la lettre d introduction de l évêque. Demandez-lui de fixer un rendez-vous. g. Présentez-vous chez lui, présentez-lui la lettre d introduction de l évêque, discutez du projet avec lui et demandez-lui son support. h. Demandez à ce prêtre qu il écrive une lettre au(x) prêtre(s) sous sa juridiction pour leur expliquer qu il vous a rencontré et qu il est d accord avec votre désir de démarrer des groupes «Justice et Paix» dans sa région/doyenné. 3. Contacter le(s) prêtre(s) de la paroisse choisie i. Procurez-vous la liste des noms des curés et autres prêtres qui résident là où vous désirez commencer un groupe. Quelles sont leurs fonctions, leur champ d apostolat? j. Ecrivez une lettre à chacun d entre eux en leur disant qui vous êtes et que vous aimeriez discuter avec eux de la possibilité de former des groupes «Justice et Paix» dans leur paroisse. Joignez une copie des lettres de l évêque et du doyen/responsable de la région. k. Après vous être renseigné pour savoir si les prêtres se réunissent régulièrement et où, demandez de pouvoir venir à l une de ses réunions pour leur expliquer brièvement ce que vous voudriez faire et ce que sont les groupes «Justice et Paix». Contactez éventuellement ceux qui étaient absents et invitez-les à une autre réunion pour faire la même chose. 14

17 l. Si les prêtres ne se réunissent pas régulièrement, contactez-les individuellement pour présenter votre projet et leur demander leur coopération. m. Faites un résumé écrit de ces réunions avec chacun d entre eux. Envoyez au curé un résumé de ce dont vous avez été d accord de faire. Cela sera très utile s il venait à oublier ce qui a été décidé ou à changer d avis. Vous pouvez alors faire référence à ce rapport que vous lui avez envoyé. 4. Contacter le conseil paroissial et les autres structures paroissiales importantes a. S enquérir du nom du président du Conseil paroissial de la région où vous désirez travailler. Cherchez à obtenir le plus de détails possible sur ce conseil. b. Ecrire au président pour vous présenter et expliquer que vous désirez discuter avec le conseil de la possibilité de former des groupes «Justice et Paix» dans la paroisse. Dites-lui que vous en avez déjà parlé avec le curé. Joignez une copie des lettres de l évêque et du doyen/responsable de zone. c. Rencontrer le président du conseil, son comité et tout le conseil si possible. d. Demander au conseil paroissial s il pense que vous devriez rencontrer d autres groupes de la paroisse. e. Rencontrer, s il y a lieu, les autres groupes que vous aurait indiqués le curé et/ou le conseil paroissial. 2 ème exercice : s exercer à se présenter aux prêtres et aux conseils paroissiaux a. Expliquez qu il est très utile de préparer par écrit ce que l on veut dire au doyen, aux prêtres et aux membres des organisations paroissiales lors des rencontres avec ces personnes avant de leur écrire ou de les rencontrer. Il est même conseillé de s y exercer de vive voix. Cela donne confiance et permet d être clair dans son exposé. b. Divisez le grand groupe en au moins 3 petits groupes (comptant de trois à six personnes chacun). - Le premier groupe a pour tâche de préparer la lettre au doyen/ responsable de zone et de décider de ce que l on dira à la réunion avec les prêtres. - Le deuxième groupe a pour tâche d écrire la lettre aux prêtres et quoi leur dire lors de la rencontre avec eux. - Le troisième groupe décide quoi écrire au conseil paroissial et quoi dire à leurs membres lors de la rencontre avec eux. Note pour l animateur: Il est vivement conseillé d avoir au moins trois groupes de trois personnes ou plus par groupe, mais il ne faut pas excédér les 6 personnes par groupe. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 15

18 Chaque groupe fait son rapport et tous discutent du contenu des lettres et des réunions. Voici quelques directives pour aider à discuter du ministère «Justice et Paix» avec les prêtres et le conseil paroissial : a. Demandez-leur d abord si des groupes J et P ont déjà existé dans leur paroisse. b. Demandez-leur ensuite ce qu ils pensent du ministère JP, des groupes JP et quelles sont leurs expériences en ce domaine. c. Que pensent-ils de l idée de commencer de nouveaux groupes JP dans la paroisse? d. Expliquez-leur comment vous concevez ce ministère et quel est son objectif (cf. la 1 ère session). e. Donnez-leur un aperçu historique de ce ministère et des exemples de ses activités. f. Dites-leur pourquoi l évêque a donné son accord à l exercice de ce ministère par des groupes JP dans son diocèse et a approuvé leurs activités. Faites mention de l accord du doyen/responsable de zone. g. Décrivez comment vous comptez faire pour démarrer des groupes et les accompagner dans leur marche. 5. Donner une conférence sur «Justice et Paix» au niveau paroissial Note pour l animateur: Identifiez les paroisses susceptibles de commencer des groupes JP. Soyez réaliste et ne les commencez pas partout en même temps, sinon aucun groupe ne subsistera. En effet, les groupes auront besoin de vous non seulement pour démarrer, mais aussi pour fonctionner. Et vous n avez pas le temps de faire cela pour de nombreux groupes en même temps. Par conséquent, choisissez de commencer seulement le nombre de groupes que vous pourrez suivre par la suite. Déterminez avec le curé et le conseil paroissial le jour, l heure et le lieu où vous donnerez votre conférence aux paroissiens. Il se peut qu on vous demande de le faire un dimanche au moment de l homélie, au moment des annonces ou après la messe. Quelques indications pour préparer votre conférence : a. Préparez-vous à tout. On peut vous demander de faire une courte ou une longue présentation. Il se peut qu on ait oublié que vous deviez parler ce jour là, à ce moment là et à cet endroit. Vous n aurez alors que 2 minutes pour le faire au moment des annonces. Ou bien, vous vous attendez à ce que le célébrant ne vous accorde que quelques minutes au moment des annonces, alors qu il vous demande à l improviste de faire l homélie après l introduction qu il aura donnée. Soyez donc prêt à n importe quelle éventualité. b. Jetez un œil sur les textes d Ecriture choisis pour la célébration du dimanche auquel vous devrez parler. Essayez d y faire référence durant votre exposé. c. Rappelez-vous ce que le prêtre a dit et tout ce qui s est passé pendant la célébration. Faites-y référence pendant votre temps de parole. 16

19 d. Exercez-vous à haute voix avant le jour fixé. Cela vous mettra en confiance et vous permettra de savoir si vous devez allonger ou raccourcir ce que vous avez préparé. e. A la fin de votre exposé, concluez en disant que vous n avez pas eu le temps de tout dire sur le ministère «Justice et Paix». Mais vous êtes prêt à rencontrer les intéressés pour un échange plus long, après la messe, à l endroit que vous indiquerez et que vous aurez auparavant fixé avec le prêtre. 3 ème exercice : pratique d exposés sur Justice et Paix a. Dites au groupe que la seule manière d être à l aise pour parler en public de Justice et Paix, est de le faire auparavant. Par conséquent, les membres du groupe vont maintenant s exercer entre eux. b. Formez de petits groupes. Chaque groupe prépare un temps de parole de 2 minutes ou de 10 minutes au plus, pour expliquer ce qu est le ministère JP. Chaque groupe choisit la personne qui fait l exposé. c. Chaque groupe fait l exercice ; un fait l exposé ; les autres écoutent et donnent leurs observations par après. d. Le grand groupe se réunit à nouveau et les personnes choisies par leur petit groupe font leur exposé. e. A la fin du temps de parole de chacun, le grand groupe dit ce qu il a trouvé de bon, soit sur le contenu de ce qui a été, soit sur le style adopté par le speaker. Le groupe suggère des améliorations possibles. L animateur ajoute ensuite ce qu il en pense et suggère les améliorations qu il juge utile. Directives pour le contenu de l exposé a. Etre simple et clair. Eviter les mots compliqués. Ne pas vouloir en dire trop. Se contenter des point saillants les plus importants. b. Faire des phrases courtes contenant une seule idée. c. Faire un choix précis des choses importantes à dire et les inclure dans l exposé. d. Ne pas oublier de remercier le curé et le conseil paroissial de vous avoir donné l occasion de vous adresser aux paroissiens. Remercier aussi l assemblée pour son attention. e. Faire le plus possible usage d aides visuelles : dessins, brochures, panneaux, posters, que les personnes peuvent regarder pendant que parle le speaker. Distribuer brochures et autre matériel avant de partir. Directives sur le «style» à adopter a. Parler distinctement et lentement. Ne pas crier, ni murmurer. b. Garder le contact visuel avec les auditeurs. c. Parler à tout le monde et, par conséquent, regarder tout le monde, pas seulement une personne ou un seul côté de l auditoire. d. Eviter tout ce qui peut irriter, tels que : froisser ou manipuler ses papiers, tripoter sa bague au doigt ou sa chaîne du cou. Ne pas utiliser sans arrêt les mêmes expressions. Eviter tout ce qui pourrait distraire de l écoute. Il y a des tics que nous avons quand nous parlons en public, surtout quand on n a pas l habitude, que seuls d autres personnes peuvent nous signaler. e. Sourire aux gens que vous saluez et les remercier pour l intérêt qu ils vous ont porté. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 17

20 6. Rencontrer les personnes intéressées à commencer un groupe «Justice et Paix» a) Prenez les références des personnes venues vous rencontrer après votre présentation et intéressées à former un groupe JP. b) Donnez-leur vos références personnelles pour qu elles puissent vous contacter en cas de besoin. c) Mettez-vous d accord sur une date la plus proche possible à laquelle vous pourrez vous rencontrer pour approfondir le sujet. Si on laisse traîner les choses, les gens perdent souvent tout intérêt. d) Ne cherchez pas à faire plus pour le moment. Les gens ont tous quelque chose à faire et n ont pas prévu d assister à une réunion avec vous ce jourlà. Laissez les rentrer chez eux le plus vite possible. e) Si personne ne vient vous rencontrer, gardez le contact avec le curé et le conseil paroissial. Tenez-les au courant des campagnes que Justice et Paix entreprend en leur envoyant affiches et documents sur le sujet. Si possible, arrangez-vous avec le curé pour avoir une autre rencontre avec les paroissiens dans les deux mois qui suivent. 7. Aider les personnes intéressées à former un groupe «Justice et Paix» a) Demandez à une personne du groupe de faire une prière d accueil. b) A la première réunion, bornez-vous à faire en sorte que les gens se rencontrent et sympathisent. C est nécessaire pour établir une identité propre au groupe. L animateur rencontre toutes les personnes individuellement, afin de savoir avec qui il va travailler. Il peut se servir des questions suivantes pour établir le contact : - Qui êtes vous? Que faites-vous à la paroisse? - Que pensez-vous apporter au groupe JP? - Comment pensez-vous le faire? - Comment pensez-vous participer à ses actions? - Connaissez-vous d autres personnes susceptibles de se joindre au groupe? Lesquelles? c) Expliquez qu on ne choisit ni président, ni vice président, ni secrétaire, ni trésorier dans les groupes JP. Tout le monde est appelé à prendre des responsabilités le moment venu. C est une bonne manière de se débarrasser des «professionnels» de comités, de ceux qui veulent toujours occuper une fonction. d) La réunion dépend du temps prévu et on ne doit pas dépasser ce temps. e) Sauf exception, ne tenez pas la première réunion après la messe du dimanche. Si cela n est pas possible, limitez-vous à demander à ceux qui sont présents ce qui a retenu leur attention et essayez de faire le lien avec le ministère de JP. f) S il reste du temps, commencez à expliquer ce que JP implique en réalité. g) Les prochaines réunions devraient prendre en compte la formation des membres du groupe. Cela veut dire qu il faut développer leurs aptitudes et leur donner les informations dont ils auront besoin plus tard pour leur travail. On trouve les informations nécessaires pour cela dans ce manuel. 18

21 Note pour l animateur: Rappelez-vous que ce n est pas le curé qui doit choisir les membres du groupe «Justice et Paix». Vous pouvez cependant lui demander qu il vous suggère les noms de ceux qui, d après lui, seraient intéressés. Lorsqu on commence quelque chose de nouveau, il faut toujours s attendre à rencontrer des obstacles et à devoir faire face aux défis que l on rencontre. Cela fait partie des réalités de la vie. Il en sera donc ainsi dans vos démarches pour établir des groupes JP. Vous rencontrerez toutes sortes de personnes : des évêques, des prêtres, des membres de conseils paroissiaux et des paroissiens. Certains prêtres sont opposés à l établissement de groupes JP, soit parce qu ils ont une image négative de ces groupes, soit parce qu ils n en voient pas l importance. Pour ne pas être pris par surprise, vous devez donc vous préparer à affronter pas mal de difficultés et à les surmonter. L exercice suivant vous y aide. 4 ème exercice : défis et obstacles rencontrés dans la mise en place d un groupe «Justice et Paix» Lisez d abord au groupe l histoire suivante de la confrontation d une équipe JP avec un curé qui refuse de former des groupes JP dans sa paroisse. On demande au groupe de faire bien attention à ce qui est dit et d identifier les défis et obstacles que l équipe peut rencontrer. Note pour l animateur: On peut photocopier le document ci-joint (L histoire d une confrontation avec un curé) pour en donner une copie à tous les membres du groupe. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 19

22 L histoire d une confrontation avec un curé 4 chrétiens de la paroisse Ste Marie viennent de suivre une formation JP ; ils vont trouver le Père Lebombo pour lui demander de mettre en route un groupe JP dans la paroisse. Le Père connaît bien les 4 personnes, excepté Mr Lindiwe qui vient d arriver dans la paroisse. C est lui qui a baptisé Mpho, Thabang et Suzanne. Il les a préparés à la première communion et à la confirmation. L évêque leur a demandé, il y a quelque temps, de représenter la paroisse Sainte Marie à la réunion régionale JP. Le Père Lebombo ne voulait pas qu ils y aillent. Les 4 paroissiens sont un peu nerveux, car ils savent que le Père n est pas facile à convaincre et qu il est intimidant. Mais il sont déterminés à commencer un groupe et à mettre en pratique ce qu ils ont appris. C est Mpho qui parle le premier. De sa voix calme, il décrit comment s est développé le ministère JP dans l Eglise catholique. C est le Pape Paul VI, dit il, qui a institué ce nouveau ministère dans l Eglise dès Depuis lors, il a beaucoup progressé. Le Pape Jean Paul II a voulu la formation de structures JP aux niveaux nationaux et diocésains à travers le monde. Il dit ensuite que le nouvel évêque de Qumbu, Mgr Mkhize a établi une Commission JP dans son diocèse et veut que des groupes JP soient établis dans toutes les paroisses. C est alors au tour de Thabang de continuer et de raconter ce qui s est passé à la réunion à laquelle ils ont assisté récemment. Les délégués paroissiaux ont reçu une formation adéquate pour former des groupes JP dans les paroisses. Il décrit le type de travail que les groupes auront à faire. Comme, par exemple, expliquer aux gens la nouvelle Constitution, les Droits de la personne, la démocratie, ou encore une économie juste. Lindiwe explique ensuite qu au plan paroissial les groupes JP prennent en considération tout ce qui affecte la vie de la communauté, comme l état des routes, l horaire des bus, le vol de bétail et la criminalité. Suzanne demande alors au Père Lebombo d accepter cette nouvelle initiative et de bien vouloir leur permettre d en parler aux paroissiens, un dimanche à la messe, pour expliquer qui ils sont et ce qu ils veulent faire. Le père Lebombo s adosse longuement sur sa chaise avant de leur répondre. Il les remercie d être venus le voir et les félicite de la manière dont ils ont su expliquer ce qu ils voulaient faire. Puis il leur dit qu il pensait qu ils ont été mal renseignés à la réunion régionale à laquelle ils ont assisté. D ailleurs, il en avait eu la prémonition, ce qui explique pourquoi il ne voulait pas qu ils y aillent. Quand il a su que le père Tom, un prêtre progressiste de la Tanzanie, devait être le conférencier principal à cette réunion, il en avait eu la confirmation : «Il est reconnu, leur dit il, que les écrits du père Tom ne sont pas appréciés par le Vatican. Pour tout vous dire, je m attends à ce qu ils soient condamnés d ici peu». Il leur explique alors qu il est universellement admis que l Eglise n a pas à faire de la politique : «Est-ce que nous n élisons pas démocratiquement et à tous les niveaux (local, régional et national), des gens pour le faire à notre place?» demande-t-il. «Ce sont eux qui doivent gérer tous les problèmes dont les groupes JP, d après vous, doivent s occuper». Il ajoute que, jusqu à présent, la paroisse Ste Marie a été paisible. Personne n a pris part à des marches, manifestations ou grèves. L Eglise doit en effet rester neutre et il est fier qu il en a été ainsi dans sa paroisse. Il leur dit qu ils ne sont pas le premier groupe à avoir été mal avisé de demander que la paroisse fasse de la politique. Grâce à son judicieux 20

23 conseil, la paroisse n a jamais pris part à des actions politiques dans le passé. Rester neutre n est pas facile, et ce n est pas maintenant qu il va changer d avis. Il affirme qu il y a bien des façons, pour les paroissiens, de s impliquer dans le travail de la paroisse. Et il leur conseille de s engager dans les Conférences St Vincent de Paul ou dans la Légion de Marie : «Que peut-on trouver de plus valorisant que de venir au secours des plus pauvres parmi les pauvres?» Dans ces mouvements, ils rencontreront des personnes qui, depuis plus de 30 ans, ont été de bons animateurs. Il les met en garde de donner trop d importance à ce que l évêque a pu dire. Il vient d ailleurs d être nommé et n a pas encore pu se rendre compte de la marche du diocèse. A part quelques radicaux, la majorité des prêtres du diocèse sont d ailleurs opposés à l établissement de ces nouvelles structures JP : «L évêque s en apercevra à ses dépends». Quant à la paroisse Ste Marie il est hors de question qu on y forme des groupes JP. Suzanne prend alors la parole et dit qu elle ne comprend pas. Si c est le désir du pape, celui des évêques de la Conférence Episcopale de l Afrique Australe et du nouvel évêque de Qumbu, d établir la structure JP, comment se fait il que la paroisse Ste Marie y soit opposée? Le Père Lebombo répond que c est lui qui a la responsabilité de la paroisse et qui décide quels mouvements sont bons pour elle. Mpho intervient à ce moment pour dire qu ils doivent rendre compte à l évêque de ce qui vient d arriver. Le Père Lebombo se met alors en colère et dit qu il ne se laissera pas intimider. Puis il se lève et déclare la réunion close. Le groupe quitte les lieux, très déçu. Mais ils décident de se revoir plus tard pour décider ensemble que faire. Formez maintenant de petits groupes dont les membres se concertent pour décider que faire : ce que Mpho, Thabang, Suzanne et Lindiwe devraient faire pour surmonter les difficultés rencontrées à la paroisse Ste Marie. Explorez toutes les possibilités. Soyez créatifs (si on a le temps, on peut demander au grand groupe de mimer la scène). Note pour l animateur: Chaque petit groupe rapporte (ou mime) au grand groupe ce qu il propose de faire. On en discute ensuite en grand groupe. Pour ce faire, il faut que les petits groupes aient assez de temps (45 à 60 minutes). Les paroisses diffèrent les unes des autres et ont une vie et une dynamique qui leur est propre et qui dépend de ceux qui y vivent. Aussi, avant de proposer la formation de groupes JP dans une paroisse, il faut se demander quelles pourraient être les difficultés propres à cette paroisse auxquelles on aura à faire face. Cela fait partie du travail de préparation. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 21

24 5 ème exercice : les difficultés possibles et la recherche de solutions a) Préparez trois grandes feuilles blanches. b) Demandez au groupe de faire la liste des difficultés qu ils pensent rencontrer dans la paroisse où ils veulent implanter un groupe JP. Donnez des exemples : objection du curé ou du conseil paroissial, une vue négative de la part de certaines personnes sur JP, etc. c) Groupez ces difficultés d après les 3 catégories suivantes : * Obstacles et défis venant des prêtres (feuille 1) ; * Obstacles et défis venant des conseils paroissiaux (feuille 2) ; * Obstacles et défis venant des paroissiens (feuille 3). d) Affichez les trois feuilles en différents endroits de la pièce. Demandez aux membres du groupe de choisir la catégorie qu ils veulent discuter. Qu ils se mettent face à la feuille correspondante. e) Les groupes ainsi constitués discutent des meilleures façons de faire face à ces défis et de vaincre ces obstacles. f) Le grand groupe se reforme. On écoute le rapport de chaque petit groupe et on en discute ensemble Note pour l animateur: L animateur complète les listes de défis et d obstacles, s il le juge nécessaire. (En plus, il peut y ajouter ses expériences positives face à ces défis.) 22

25 DÉFIS ET OBSTACLES STRATÉGIE CORRESPONDANTE * L Apartheid n existe plus. On n a pas besoin de groupes JP. * Il y a déjà tellement de mouvements dans la paroisse! On ne peut pas en ajouter un autre. * La politique n est pas l affaire de l Eglise. * Il y a encore des problèmes sociaux et économiques qu il faut régler. * Maintenir de bonnes relations personnelles avec les prêtres opposés au projet. Il est plus facile de convaincre des gens qu on connaît bien. * L Eglise n entre pas dans les partis politiques, mais elle a son mot à dire sur les questions politiques. * On a déjà essayé et ce fut un échec; pourquoi vouloir recommencer? * Nous n avons pas les fonds nécessaires dans ce diocèse, pour sponsoriser ces groupes. * Les paroissiens ne sont pas intéressés par JP. Vous ne trouverez personne pour adhérer à ces groupes. C est simplement une perte de temps. * Il y a encore des problèmes dans la paroisse qu il faut régler. La Commission nationale JP peut nous envoyer des personnes compétentes et bien formées à ce ministère qui nous aideront à acquérir les aptitudes nécessaires au bon fonctionnement des groupes JP. * La Conférence Episcopale de l Afrique Australe, la Commission Justice et Paix et le diocèse peuvent vous aider à trouver les fonds nécessaires. * L opinion d une personne n est pas celle de tout le monde. Chacun a le droit de décider par lui-même. On se doit de lui donner l occasion de dire s il veut qu on établisse des groupes JP dans la paroisse ou non. * Tout va bien dans la paroisse. On fait très bien sans JP. On n en a donc pas besoin. * Il y a des gens qui disent qu ils y sont favorables, mais ils en empêchent l établissement. Ce qu ils font contredit ce qu ils disent. * La Conférence épiscopale encourage la formation de ces groupes. Elle en reconnaît la nécessité. * Aller les voir et leur proposer de rencontrer des groupes JP du diocèse. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 23

26 24 Jean 8, 3-11

27 3 ème session : LA SPIRITUALITÉ «JUSTICE ET PAIX» Objectif : Faire d abord découvrir au groupe ce qu est une spiritualité chrétienne. Montrer ensuite comment cette spiritualité se vit dans l exercice du ministère JP. Ce qu est une spiritualité chrétienne? On entend souvent parler de spiritualité. On sait qu elle est en rapport avec la parole de Dieu et notre foi. Mais beaucoup de personnes ne savent pas ce qu elle est exactement. Explorons donc le sens de ce mot pour nous, chrétiens, avant de parler de la spiritualité du ministère JP. 1 er exercice : qu entend-on par spiritualité? Affichez les dessins suivants les uns après les autres (on les trouve aussi à la fin du manuel pour les photocopier). Demandez au groupe d identifier quelle histoire de l évangile chaque dessin représente et faites-les raconter l histoire. PAGE 92 La multiplication des pains et des poissons (Matthieu 14, 13-21) Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 25

28 Qu est-ce que chaque histoire nous révèle sur Jésus, sur l esprit qui l anime? Ecrivez les réponses sur une feuille de papier. PAGE 92 Jésus parle à Zachée perché sur un arbre (Luc 19, 1-10) Jésus ressuscite un jeune homme (Luc 7, 11-17) Jésus bénit les enfants (Marc 10, 13-16) 26

29 Note pour l animateur: On vous suggère d utiliser les dessins qui se trouvent à la fin du livre, comme un soutien pour la session. Les desseins peuvent aider les gens à découvrir le message. L animateur résume tout ce qui a été dit. Il explique qu on a pu découvrir quel esprit animait Jésus en le regardant agir, parler et communiquer avec les gens. Il continue : en somme, le sens du mot spiritualité, c est vivre sa foi. Etre animé par le même esprit que celui de Jésus. C est mettre nos pensées et nos actes en conformité avec notre foi. On peut savoir quelle est la spiritualité d une personne en la voyant agir et en l entendant parler. Ainsi : * Si quelqu un prie le chapelet régulièrement, peut être en s agenouillant devant la statue de la Vierge, s il visite des sanctuaires mariaux et parle souvent de la Vierge Marie, on dira qu il a une spiritualité mariale. * Si quelqu un d autre a un style de vie simple, qu il partage facilement ce qu il a avec les pauvres, qu il n est pas attiré par l argent et les choses matérielles, on dira qu il a une spiritualité «franciscaine» car St François d Assise a vécu comme cela, dans la pauvreté. * Si quelqu un divise sa vie entre la prière et le travail, on dira qu il a une spiritualité de contemplatif, bénédictine, d après le nom de Saint Benoît, le fondateur des moines en Occident. En fait, il y a beaucoup d autres spiritualités chrétiennes : l Ignatienne (St Ignace), la Dominicaine (St Dominique), la Carmélitaine (les carmélites). Les autres religions comme le judaïsme, l hindouisme ou l islam ont aussi leurs propres spiritualités marquées par ce que ces religions enseignent. Note pour l animateur: Demandez au groupe s ils connaissent d autres spiritualités et leurs caractéristiques. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 27

30 La spiritualité «Justice et Paix» La spiritualité propre au ministère JP fait partie de la spiritualité chrétienne. Elle s exprime par nos paroles et nos actions lorsque nous travaillons pour la Justice et la Paix dans notre communauté, dans notre pays et ailleurs dans le monde. On peut la résumer en quatre mots clefs : 1. LA FOI : en tant que disciples de Jésus Christ, nous croyons qu il est venu pour nous donner la vie en plénitude. C est pourquoi nous partageons ses valeurs et ses attitudes. C est par la force de son Esprit que nous pouvons les exprimer dans notre travail pour la Justice et la Paix. Une foi forte est essentielle à la spiritualité JP. 2. LA RELATION : vivre sa foi nous met en relation avec Dieu et les uns les autres pour apporter la vie promise par Jésus. Lorsque nos relations avec l autre sont bonnes, honnêtes, tolérantes et respectueuses, nous contribuons à bâtir la PAIX. En revanche, des relations blessantes, arrogantes, méprisantes et qui exploitent l autre, sont sources d injustice et de conflits. Nos relations peuvent donc devenir l expression de la spiritualité JP. 3. PROPHETIQUE : notre foi nous pousse à être des prophètes, à l image des prophètes du Premier Testament. Nous le sommes lorsque, comme eux, nous nous identifions aux personnes qui, dans la société, sont victimes d injustices que nous dévoilons et combattons. Nous donnons alors un vrai témoignage prophétique. Cela fait aussi partie de la spiritualité JP. 4. SAINT ESPRIT : seuls, nous ne pouvons pas être des acteurs efficaces de paix et de justice. C est l Esprit Saint qui seul peut nous donner le courage et la force de le faire. Avoir constamment recours à l Esprit de Dieu en pensée et dans la prière est encore une expression de la spiritualité «justice et paix». Le Père Henriot sj définit ainsi la spiritualité JP : «C est, pour des chrétiens engagés, une façon de vivre à l exemple de Jésus, qui prend ses racines dans l Ecriture et l enseignement social de l eglise, et qui a pour objectif la transformation de la société». Les quatre éléments importants de la spiritualité «Justice et Paix» Précisons ces éléments de la définition du Père Henriot, en les prenant l un après l autre dans l ordre qui suit : 1. C est un style de vie 2. en conformité avec celui de Jésus, enraciné dans l Ecriture et l enseignement social de l Eglise 3. qui a comme objectif la transformation de la société 4. choisi par des chrétiens engagés. 28

31 1 er élément : c est un style de vie : autrement dit, on ne peut pas, en tant que croyants, ne pas travailler pour établir plus de justice et de paix dans le monde: ce n est pas facultatif. Cela fait partie de notre vie. A notre baptême, nos parents nous ont offert de devenir disciples de Jésus et d apporter sa vie au monde. C est ce que nous avons accepté et confirmé le jour où nous avons reçu le sacrement de la confirmation. Le Saint Esprit nous a alors envoyés en mission pour changer le monde en pensant comme Jésus a pensé, regardant comme il a vu, entendant comme il a entendu, agissant comme il a agi, en fait ayant un cœur comme le sien. 2 ème élément : en conformité avec celui de Jésus et enraciné dans l Ecriture : ce n est pas la Déclaration Universelle des Droits de l Homme, ou de nos droits inscrits dans la Constitution de notre pays ou tout autre déclaration, qui nous pousse à agir. Mais c est bien l exemple de Jésus agissant pour la justice et la paix que nous voulons suivre dans notre ministère. Il nous est clairement indiqué dans l évangile et interprété pour nous dans l enseignement social de l Eglise. Déjà avant la venue de Jésus, la parole de Dieu dans le livre de la Genèse disait : «Dieu créa l homme à son image, à l image de Dieu il le créa» (Gn 1,27). Cette parole nous dit pourquoi nous devons toujours travailler en faveur de la justice et la paix : quiconque cause du mal à un être humain créé à l image de Dieu pour vivre dans la paix et la justice, s oppose au plan de Dieu sur la création et donc commet un péché. Offenser un être humain, c est offenser Dieu. Nous devons donc le traiter comme Dieu le veut, avec justice et dans la paix. Ainsi nous respectons l image de Dieu en lui. Les prophètes vont sans cesse reprendre cet enseignement et se battre pour que l on respecte la dignité de la personne humaine. Ils exerçaient déjà le ministère JP. Jésus lui-même nous y encourage dans ce texte parlant de ceux qui ont fait le bien : «Alors les justes lui répondront : Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te désaltérer, étranger et de t accueillir, nu et de te vêtir, malade ou prisonnier et de venir te voir? Et le Roi leur fera cette réponse : En vérité je vous le dis, dans la mesure où vous l avez fait à l un de ces plus petits de mes frères, c est à moi que vous l avez fait» (Matthieu 25,37-40). 2 ème exercice : la justice dans le Premier Testament Note : on préfère aujourd hui, par respect pour les Juifs et pour souligner la valeur actuelle de ces textes, parler du Premier Testament au lieu d Ancien Testament La dignité de la personne humaine (Genèse 1,26-31). - Pourquoi devons-nous avoir du respect les uns pour les autres? Pourquoi devons-nous traiter les autres avec dignité? - Comment est-ce que les gens sont injustement traités dans notre communauté? - Quels dommages cause-t-on à l environnement dans la communauté? Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 29

32 La libération : (Exode 3, 1-12). - De quoi les gens ont-ils besoin d être libérés, aujourd hui? De quoi sont-ils esclaves? - Quelles sont les qualités que Dieu demande de ceux qu il choisit pour libérer les autres? Avertissements des prophètes : (Amos 5,10-15 on peut lire aussi Isaïe, 1,11-20). - Qu est-ce que Dieu veut? - Si un prophète du Premier Testament revenait aujourd hui, quel serait son message? - Pourquoi devons-nous faire attention à ces avertissements? Quels sont les dangers qu ils contiennent? Note pour l animateur: Le grand groupe se divise en 3 petits groupes de 4 ou 5 personnes, lit les 3 histoires précédentes tirées de la Bible et répond aux questions proposées. S il y a trop de personnes pour former 3 groupes, formez-en 6 ou 9. Le même passage de la Bible est alors étudié par plusieurs groupes. Quand les petits groupes ont fini, on reforme le grand groupe. Le rapporteur de chaque petit groupe donne son rapport qui est ensuite brièvement discuté dans le grand groupe. 3 ème exercice : la justice dans le Nouveau Testament Formez des petits groupes. La moitié de ceux-ci, les groupes A, a pour tâche d écrire une publicité en faveur du Messie appelant les personnes à le rejoindre. Ils y indiqueront les qualités et les caractéristiques que ces personnes doivent avoir. La deuxième moitié, les groupes B, a pour tâche d imaginer qu ils représentent la foule qui veut arrêter Jésus et le jeter en prison. Ils doivent faire une affiche : «Recherché par la Police», sur laquelle ils expliqueront pourquoi Jésus doit être arrêté, jugé et condamné à mort. Pourquoi il faut l empêcher de continuer sa mission. Le grand groupe est reformé. Les rapporteurs des groupes A lisent leurs rapports. On les discute pour finalement en déduire ce que Jésus enseigne en matière de Justice et de Paix. Les rapporteurs des groupes B lisent eux aussi leurs rapports. On les discute et l on essaie de découvrir comment Jésus considère ce ministère et ce qu il nous enseigne. 30

33 Autre élément de la spiritualité JP : l enseignement social de l Eglise Depuis la fin du 19 ème siècle, les papes, les différents services de la Curie Romaine, les évêques et, après Vatican II, les Conférences épiscopales des diocèses catholiques dans le monde, ont donné aux chrétiens des directives pour les aider dans leur travail social. Un gros effort pour analyser la société et répondre à ses besoins légitimes a été fait par l Eglise. Beaucoup de personnes s inspirent de ces travaux et les remettent constamment à jour en les confrontant à la Parole de Dieu. C est cet enseignement-là qui nous guide dans notre spiritualité JP, ainsi que les actions qu elle inspire. Note pour l animateur: On trouve en annexe de ce livret un résumé (78 85) de cet enseignement social de l Eglise. 3 ème élément : transformer la société : en tant que chrétiens, nous voulons apporter à tout le monde, chrétien ou non, la libération promise par le Christ. C est donc à l ensemble de la société dans laquelle nous nous trouvons que nous proposons de se transformer pour le meilleur. Nous le faisons en lançant un défi aux structures injustes et en agissant pour les faire changer et ainsi amener plus de justice et de paix. Nous devons aider les gens à se rendre compte de ces injustices et les motiver pour les combattre. Dans la session suivante, ce travail est expliqué dans ce qu on appelle «le cercle pastoral». 4 ème élément : ce sont des chrétiens engagés qui sont appelés à ce ministère : ceux qui choisissent ce ministère doivent avoir les qualités suivantes : a) être des personnes motivées et persévérantes. C est un travail de longue haleine qui ressemble un peu à celui de parents qui veulent assurer un bel avenir à leurs enfants. Elles doivent être fermement motivées par leur foi chrétienne qui leur donne la force d être sur la brèche 24 heures sur 24. C est une véritable manière de vivre qui est, à la fois, enseignement et témoignage. b) Avoir de la compassion, comme Jésus. Ce n est pas la pratique de la vengeance «œil pour œil» qui permet de changer les situations ; c est être avec l autre, se mettre à sa place, être patient et désirer avec lui être libéré. C est parfois difficile et très pénible. c) Avoir un esprit communautaire. C est-à-dire qu on n exclut personne, quel que soit son âge, sa couleur ou sa religion. On est prêt à travailler avec d autres pour que tout le monde, y compris les marginalisés et les handicapés, bénéficie de plus de justice et vive en paix. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 31

34 32 d) Etre compétent. Pour être efficace dans ce travail, il faut suivre une formation. Il faut apprendre comment analyser les situations et trouver les moyens appropriés pour les modifier. Rien ne sert de courir et de se lancer sans préparation. Là aussi la méthode du cercle pastoral a prouvé son efficacité.

35 4 ème session : LE CERCLE PASTORAL Objectif : expliquer au groupe ce qu est le cercle pastoral. Il s agit d une méthode d enseignement qui n est pas nouvelle. En effet bien des personnages bibliques, surtout les prophètes, s en sont servi pour faire comprendre à leurs auditeurs le message qu ils voulaient leur transmettre. Cette méthode est très bien adaptée à la pratique du ministère JP. En effet, elle nous aide à déterminer ce qu il est important de faire avant de se lancer dans une action pour la justice et la paix. Elle va nous permettre en effet d identifier et de comprendre les problèmes que nous rencontrons, d y réfléchir pour déterminer les apports de la foi, élaborer et mettre en place un plan d action et l évaluer après coup. Elle nous permet ainsi d être plus efficace dans notre ministère JP, de nous y sentir plus à l aise. Elle affine en nous notre perception chrétienne du monde et du salut que nous apporte le Christ. Voici les 5 phases de la méthode du «cercle pastoral» 1) Voir ce que je vis : a) Qu est-ce qui se passe? Quels sont les problèmes? b) De quoi s agit-il? Qu est-ce qui est en jeu? c) Qu est-ce qu on en dit? Qui le dit? Pourquoi? Où peut-on trouver des informations sur ce(s) sujet(s)? 2) Faire l analyse sociale : a) Pourquoi en sommes-nous arrivés là? b) Quelles en sont les causes? c) Quels en sont les acteurs? 3) Questionner ma foi : a) Qu est-ce que dit la Bible à ce sujet? Qu est-ce que Jésus a dit sur cela? b) Que me dit Jésus MAINTENANT? c) Qu en dit l Eglise dans sa doctrine sociale? Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 33

36 4) Elaborer un plan et le mettre en place : a) Que va-t-on faire pour éliminer les causes des problèmes identifiés? b) Qui va faire quoi, où, quand et comment? 5) Evaluer l impact de l action menée : a) A-t-elle réussi? Dans quelle mesure? b) Quelles sont les causes du succès / de l insuccès? Les erreurs commises? c) Retour à la phase 1 si nécessaire. Commencer Recommencer PAGE Évaluer l impact de l action le cercle pastoral 1. l expérience de vie 2. l analyse sociale 4. Élaborer un plan et le mettre en place 3. réflexion à la lumière de la foi Remarques 1) Le dessin précédent (qui peut être polycopié en se servant de celui qui est donné en annexe, page 93), donne une description visuelle intéressante du cercle pastoral. 2) Chaque phase mentionnée plus haut, va faire le sujet des 5 sessions suivantes. 34

37 5 ème session : EXPLORER CE QUE JE VIS Objectif : montrer qu il existe différentes méthodes pour identifier les problèmes rencontrés par une communauté. Leur donner l occasion d identifier un des problèmes de leur communauté et de recueillir des informations à ce sujet, en se servant de ces méthodes. Un groupe JP ne peut pas se lancer dans une action sans se préparer, sinon il court à l échec. Il doit donc d abord explorer la situation qui cause problème. Cela comporte deux étapes : - Identifier le problème. - Se documenter sur tout ce qui s en rapproche de près ou de loin. Nous allons donc traiter ces deux points importants. Identification des problèmes Le cercle pastoral nous demande de nous poser les questions suivantes : Qu est ce qui se passe autour de nous? Quels sont les problèmes? Quels sont les plus aigus? Ceux dont la communauté souffrent le plus? On fait une liste des problèmes par ordre d importance, pour décider ensuite par où on va commencer. Il y a certains problèmes qu il n est pas en notre pouvoir de régler : ils nous dépassent. Une action doit alors être menée sur le plan régional ou national. Les différents groupes JP doivent dans ce cas là, se rencontrer sur le plan régional ou national pour décider et monter une action commune. Sur le plan paroissial, il faut donc se limiter à des actions qui sont possibles pour le groupe et pour lesquels on peut compter sur la coopération et l aide de la population. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 35

38 On étudie alors le problème sous les 4 aspects suivants : a) Est-il judicieux de choisir ce problème? Il faut en effet que ce problème affecte fort la communauté à l heure actuelle et qu il soit assez aigu pour le choisir. Il se peut qu il le fût autrefois, mais qu il ne le soit plus aujourd hui. Ainsi, lorsqu on travaille en groupe on doit se poser la question suivante : repose-t-elle cette injustice envisagée sur des informations exactes, des faits réels? Ou sur des on dit, des discussions de bar, des impressions? b) En vaut-il la peine? Est-ce pragmatique? Par exemple, la peine de mort est un sujet important à traiter pour JP mais il n affecte pas directement la vie des gens de notre communauté, d autant plus qu à notre niveau, on ne peut pas faire grand-chose. En travail de groupe, on se pose la question : est-il en notre pouvoir en tant que groupe de faire quelque chose de valable et durable à ce sujet? c) Est-ce un problème source d injustice pour toute la communauté? Où est-ce simplement celui d une seule personne ou de quelques-unes? Par exemple, si on ne répare pas l éclairage des rues, il y aura une recrudescence de la criminalité. Ainsi, en groupe, on se pose les questions suivantes : y a-t-il des intérêts privés en cause? Des membres de notre groupe sont-ils intéressés parce qu ils sont touchés personnellement? Si on se laisse influencer par des problèmes personnels, la communauté n aura plus confiance en notre groupe. Supposons ainsi qu une majorité des membres de notre groupe sont des éleveurs et qu ils veulent choisir une action en leur faveur comme, par exemple, demander à la mairie de leur donner la permission de laisser leurs troupeaux brouter sur les terrains communaux ; si on choisit de faire cela, la population pensera qu on veut défendre des intérêts privés et non pas communautaires. d) Y aurait-il des conséquences graves si on ne le choisissait pas? Si on ne résout pas ce problème, y aura-t-il des retombées graves? En groupe on se pose les questions suivantes : Une action à ce sujet va-t-elle améliorer la vie de notre communauté? Est-ce que cela va faire changer la situation? Avons-nous assez de chances de réussir? Pour nous aider à arriver à un consensus on peut faire une enquête auprès de la population (voir pour cela les pages suivantes). Note pour l animateur: Toutes ces questions peuvent être étudiées en groupe (voir pages 39 40). 36

39 1 er exercice : comment identifier un problème Ceci dit, il faut maintenant : Diviser les participants en petits groupes qui vont essayer de répondre, chacun de son côté, aux questions suivantes : Dans notre communauté/paroisse : - Quelles sont les choses qui nous mettent en colère, qui nous attristent ou qui nous donnent l impression d être dupés? - Quelles sont celles qui nous rendent heureux et qui nous font apprécier la vie? A l heure indiquée, le grand groupe se réunit. Chaque petit groupe donne son rapport. On fait la liste des sujets évoqués en prenant bien soin de souligner les sujets qui reviennent. On lit ensuite la liste des sujets négatifs et on en discute pour déterminer quels sont ceux qui relèvent d injustices. On les marque avec une croix. L animateur demande alors au groupe quels sont les injustices qu il pense pouvoir aborder et résoudre assez vite. Note pour l animateur: C est la première fois que le groupe choisit un problème; il faut donc choisir quelque chose qui soit assez facile à résoudre avec succès. Cela donnera confiance au groupe ; il aura ainsi eu l occasion de reconnaître et de développer les capacités de ses membres. L animateur doit donc les aider à choisir un problème qui ne les mette pas tout de suite en confrontation avec les «puissants» du lieu. On essayera de les orienter vers des questions assez faciles à résoudre, comme l état des routes, les lampes manquantes ou cassées des rues, le ramassage des déchets, le manque de boîtes à lettres ou de cabines téléphoniques, ou encore le manque de bus les week-ends, etc. Il faut réserver à plus tard des questions comme la corruption dans la police, les disputes des taxis ou les abus sexuels à l école ou à la maison. Enquêtes préliminaires Lorsque le groupe a décidé du problème à résoudre, il faut qu il fasse les enquêtes préliminaires qui lui permettront de bien cerner le problème. Cellesci sont le moyen systématique de réunir les informations sur un sujet donné. Elles consistent en une recherche et une analyse des données pour un examen approfondi sur le sujet. Il n est pas nécessaire d avoir une formation universitaire pour mener une enquête. Tout le monde peut le faire avec un minimum de formation. L exercice suivant veut le démontrer. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 37

40 2 ème exercice : comment mener une enquête Préparation du groupe Faites prendre conscience au groupe de la nécessité de l enquête et des méthodes à sa disposition pour la faire. Formez des petits groupes de trois personnes qui se côtoient et demandez-leur de discuter les points suivants : - Pourquoi est-il bon de faire une enquête sur le sujet choisi par la communauté? - Pourquoi est-elle placée à ce moment-ci dans le cercle pastoral? - Pourquoi est-il nécessaire de prendre le temps nécessaire pour le faire? Demandez un rapport des petits groupes au grand groupe, rapport suivi d une brève discussion sur les idées présentées. But de l exercice Nous essayons de rassembler les faits et les informations nécessaires afin d étudier réellement les problèmes et les situations propres à notre communauté. Nous avons besoin de connaître avec exactitude quels sont ces problèmes avant d agir. Si nous n arrivons pas à faire ces recherches, nous risquons d agir dans l ignorance. Si, d autre part, nous agissons trop rapidement dès que nous sommes en face d un problème, nous risquons d agir en vain. Le succès de l action sociale dépend d une solide investigation préliminaire. Nous ne pouvons analyser une situation ou un problème que si nous en connaissons tous les contours. Une enquête sérieuse est le premier pas de toute action sociale effective. Lorsque nous engageons une enquête, nous avons besoin : De discerner entre ce qui est un fait réel et une rumeur. Nous devons donc éviter absolument de traiter une rumeur comme un fait réel. Un fait qui est rapporté doit être vrai et capable d être vérifié. Une rumeur n est qu une histoire ou une opinion. Le plus souvent elle n est pas la vérité et ne peut être prouvée. Lorsqu on analyse une rumeur, on se rend compte rapidement qu elle a un fondement de vérité, mais qu elle est faite de nombreuses histoires qui manquent de véracité. Nous devons aussi être clair au sujet de la raison pour laquelle nous engageons cette recherche. Chacun de ceux qui sont engagés dans cette enquête doit être clair sur le sujet de cette recherche et de la raison pour laquelle elle est engagée. Si la raison de l enquête n est pas clarifiée, il sera difficile de sélectionner les informations, de voir ce qui est important parmi elles et ce qui répond au problème qu on veut étudier. Etablir un dossier de nos recherches. Nous devons écrire clairement toutes les informations trouvées et les rentrer dans un dossier, avec leur date, leur lieu et l heure de leur découverte. C est très important. Toute information non enregistrée risque de se perdre. Nous pourrons peut-être en avoir une idée, mais sans les détails nécessaires. Toutes ces données précises et détaillées sont nécessaires pour entreprendre une action et commencer les étapes suivantes du cercle pastoral. Ce sont : l analyse des faits, planifier une action et ensuite seulement entrer en action. Choix de la méthode de recherche appropriée. Il est impératif de choisir la méthode de recherche appropriée à notre problème. Nous avons besoin de choisir cette méthode qui nous aidera à rassembler les informations propres à la situation. Les méthodes d enquête Il y a différentes manières de faire des recherches et différentes méthodes possibles. Une méthode de recherche n est ni bonne ni mauvaise. Le choix d une méthode particulière est lié à la capacité qu elle aura de rassembler correctement les 38

41 informations dont nous aurons besoin. Selon la situation donnée, nous choisirons une méthode plutôt qu une autre afin d obtenir l information propre à notre cas. Nous souvenant qu une méthode d enquête ne peut en elle-même résoudre les problèmes en vue. Nous utilisons une méthode simplement pour identifier et mieux comprendre le problème afin de déterminer par la suite la meilleure méthode d action. Pour choisir une méthode de recherche, il faut se demander : - Que voulons-nous savoir? - A qui s adresser? Quelle est la personne, dans la communauté, qui peut nous fournir les informations dont nous avons besoin? - Quand avons-nous besoin de ces informations? De combien de temps disposons-nous pour faire ces recherches? - Qui va entreprendre l enquête, la recherche? En a-t-il les capacités? A-t-il besoin d une formation préliminaire? - Comment allons-nous rendre compte des informations obtenues à la communauté? La situation ou le problème que nous allons étudier, les personnes à interroger, le temps dont nous disposons, la personne qui fera les recherches, tout cela détermine le choix de notre méthode de recherche. Il faut nous assurer que la méthode choisie nous procurera les informations nécessaires de la part des personnes concernées. Il faut également s assurer que les recherches ne prendront pas trop de temps. Enfin, il faut s assurer que cette méthode nous fournira les informations précieuses à fournir à la communauté. Les méthodes suivantes sont faciles à utiliser et peuvent nous aider à comprendre les problèmes de nos communautés : 1. L enquête par écoute 2. L enquête écrite 3. L observation 4. Les interviews 5. La recherche de documents 1. L enquête par écoute Il s agit d une enquête informelle. On ne se sert pas de questionnaire. On ne fait pas faire d exercice non plus. On se sert tout simplement d une qualité essentielle pour les membres des groupes «Justice et Paix» : celle de l écoute. C est la clef qui ouvre à la découverte des sentiments, émotions et impressions d une communauté. Il suffit d aller là où les gens se retrouvent naturellement comme les queues de taxis, les rues, les étalages de magasin, les super marchés, les cafés et les bars. Il n est pas nécessaire de poser beaucoup de questions, mais simplement d écouter ce que les gens disent et de remarquer quels sont les problèmes dont ils parlent, les sentiments et émotions qu ils partagent, en se rappelant que ce qui leur tient à cœur est toujours dit avec beaucoup de force. Il est donc important de noter les sentiments les plus fortement exprimés. C est l utilité de cette méthode d investigation. Comment mener l enquête? - Décider quels sont les meilleurs endroits où aller pour recueillir l information désirée. - Aller là-bas discuter avec les gens et les écouter ; prendre le temps pour le faire. - A la fin de la journée, se souvenir de tout ce qui a été dit et observé et l écrire. Se rappeler à quels groupes (jeunes, vieux, travailleurs, femmes, hommes) appartenaient les personnes et ce qu ils disaient (emploi, éducation, cherté de Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 39

42 la vie, etc.).ce dont ils ont le plus parlé constitue la liste des questions qui les préoccupent le plus. - Ces notes constituent désormais la liste des situations et de problèmes ressentis par la population. Quand se servir de cette méthode? - Pour se faire une idées des questions les plus brûlantes qui préoccupent le plus les gens. - Pour se rendre compte pourquoi ces questions sont si importantes pour les gens. 2. L enquête écrite C est une enquête dans laquelle on se sert d une ou de plusieurs feuilles de papier contenant une liste de questions préparées d avance auxquelles on demande à des personnes de répondre en complétant les endroits prévus à cet effet sur la feuille. Le nombre de questions dépend des informations dont on a besoin. L enquêteur peut lui-même transcrire les réponses aux questions. Comment composer des feuilles d enquête? - Il faut d abord décider quel est le but de l enquête. Par exemple, s agit-il de savoir ce que les paroissiens pensent du groupe «Justice et Paix», ou de recenser les personnes qui appartiennent à la paroisse? Les questions ne seront pas les mêmes. - Décider ensuite si les personnes rempliront elles-mêmes les feuilles ou si ce sont les enquêteurs qui le feront eux-mêmes à cause de l analphabétisme dans la communauté. - Déterminer les questions à poser : que désire-t-on savoir? S assurer que les questions sont simples et directes (éviter de poser des questions compliquées ou difficiles à comprendre). - Composer, le plus clairement possible, les questions. Bien garder en tête le but de l enquête et le genre de personnes que l on veut interroger. Pour cela, il faut prendre en considération : 1. LA LANGUE PRÉFÉRÉE DES PERSONNES. 2. LEUR CULTURE ET LEURS COUTUMES. 3. LE NIVEAU D ÉDUCATION. 4. L ÂGE. 5. LA PROFESSION/OCCUPATION. Les questions trop directes peuvent sembler insultantes. Il faut donc apprendre à poser des questions générales. Au lieu de demander, par exemple, si telle clinique soigne bien ou non, on peut demander quelles sortes de soins et de services elle offre. Quand se servir de l enquête écrite? Une enquête écrite demande une certaine expertise soit pour la préparer soit pour la présenter. Lorsqu il s agit d une question facile telle que celle d un recensement, on peut le faire sur place. Mais lorsqu il s agit de questions plus complexes, il vaut mieux contacter le département national de Justice et Paix. Lorsque l on veut des informations bien précises à propos d un groupe de personnes bien déterminées, par exemple lorsqu on veut faire le recensement de la paroisse. 40

43 Note pour l animateur: Le contexte de la paroisse est favorable aux enquêtes écrites. Un groupe paroissial de Justice et Paix devrait utiliser ce moyen de préférence. Toutefois l enquête menée par écrit peut s avérer être complexe et délicate à utiliser ; les personnes qui l utilisent doivent être habiles et manœuvrer correctement. Au cas où le groupe de Justice et Paix désire enquêter par écrit sur un point général concernant une communauté, comme par exemple sur les effets du chômage dans la vie des personnes, il est préférable de leur suggérer qu ils s adressent d abord au groupe national de Justice et Paix qui pourra les aider et apporter son secours. Ci-dessous, vous trouvez un exemple d enquête, assez simple, qu un groupe de Justice et Paix peut utiliser lorsque il fait son travail dans une paroisse. ENQUETE SUR LES MEMBRES D UNE PAROISSE Date: / / Nom de la personne qui remplit ce questionnaire: 1. Depuis quand êtes-vous membre de cette paroisse? PAGE Etes-vous marié? 3. Votre époux/épouse est-il/elle également membre de la paroisse? Oui Oui Non Non 4. Avez-vous des enfants? Oui Non - Combien? - Quel âge ont-ils? 5. Avez-vous un emploi? Oui Non - si oui, quel est-il? - depuis quand exercez-vous ce métier? Si vous n avez pas de travail actuellement: - Avez-vous jamais eu d emploi? Lequel? - Depuis quand n avez-vous plus d emploi? - Que faites-vous pour survivre et pour faire vivre votre famille? 6. Etes-vous membre d une association paroissiale? Oui Non - Si oui, de quelle association faites-vous partie? - Quel avantage en retirez-vous? - Si non, pour quelle raison ne faites-vous partie d aucun groupe ni d une association? - Pensez-vous que votre paroisse devrait avoir d autres associations? Lesquelles? Pourquoi d après vous? Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 41

44 3. L observation Dans cette méthode, celui qui fait l enquête se contente d observer. Il y a deux manières d observer : l observation simple et l observation participative. Dans l observation simple, celui qui fait l enquête se contente d observer une activité particulière et prend note de ce qu il observe, tandis que dans l observation participative, celui qui fait l enquête prend part à l activité pour laquelle il désire obtenir des renseignements. La première méthode simple est évidemment plus facile ; l observation participative prend plus de temps et peut être plus difficile à réaliser. Comment organiser l observation simple? - Il faut d abord décider où aller pour obtenir des informations sur l activité ciblée, par exemple si vous désirez étudier le coût élevé des légumes, il faut se rendre au marché là où les légumes sont vendus ou dans les magasins appropriés. - Se munir de quoi écrire afin de noter ce que vous observez. Noter la date, le temps et l endroit de l observation ainsi que les vendeurs ou vendeuses. Noter en particulier la différence de prix sur le marché et dans les échoppes. - N intervenez pas, notez simplement ce que vous observez avec précision. Comment organiser une observation participative? - Préciser les renseignements que vous désirez obtenir et l activité qui y est attachée. Si, par exemple, vous désirez obtenir des renseignements sur une élection, essayez de vous faire inscrire comme officier observateur dans un bureau de vote. - Assurez-vous d avoir les moyens et d obtenir les renseignements suffisants - Décidez du temps à consacrer à cette activité. - Participez activement à cette activité et notez bien tout ce que vous observez. Quand se servir de cette méthode? Cette méthode est utilisée lorsqu il s agit de recueillir des renseignements particuliers sur une longue période comme, par exemple, sur le prix des légumes ou sur les transports en commun. Les renseignements recueillis peuvent établir avec certitude ce qui existe ou arrive, comme le coût exorbitant des denrées, ou encore pour montrer comment les transports en commun sont toujours insuffisants ou erratiques. Note pour l animateur: Normalement les groupes paroissiaux Justice et Paix préfèrent utiliser la simple observation plutôt que l observation participative. La première est suffisante pour obtenir des renseignements sans occasionner de dépenses. Participer à des réunions de conseils ou à d autres groupes paroissiaux sont des exemples de simple observation. 42

45 4. Les interviews L interview est une conversation organisée entre deux personnes ou deux groupes de personnes en vue d obtenir des renseignements sur un sujet déterminé. Nous parlons de conversation organisée parce qu elle est planifiée et qu elle a un but précis. La plupart des conversations ne sont pas planifiées ni organisées. Nous pouvons avoir une vague idée du sujet abordé et du déroulement de la conversation sans plus. Dans ce que nous appelons interview, nous avons préparé de façon précise ce dont nous allons parler avant d aborder la personne à interviewer et nous connaissons d avance ce que nous désirons obtenir de cette interview. Ces rencontres peuvent se faire individuellement ou en groupe. Les interviews individuelles sont plus faciles, car nous pouvons plus aisément contrôler la conversation et suivre le plan prévu. Préparation de l interview - Précisez le sujet de la rencontre, le but à obtenir et ce dont nous allons parler. - Préparez les questions en prenant note et en les ordonnant selon notre plan. Assurez-vous que ces questions sont simples, aisément comprises, non directives. Poser des questions directives révèle à l interlocuteur où nous voulons en venir. Par exemple, si vous demandez à une personne employée dans une clinique : «Ne pensez-vous pas que le personnel est insuffisant?», elle connaît vos intentions et devine votre opinion déjà formée sur le sujet. Mais si vous demandez : «Que pensez-vous de cette clinique?», elle pourra répondre plus librement. - Précisez la langue à employer durant la rencontre. - Finalement décidez de la manière dont vous aller enregistrer vos informations au cours de l entrevue. Allez-vous noter au fur et à mesure les réponses qui vous seront données, ou allez-vous demander à quelqu un d autre de prendre les notes? Vous servirez-vous d un magnétophone pour enregistrer? Dans ce cas, prévenez la personne et demandez-lui son accord. Il est important que la personne interviewée se sente à l aise. Au cours de l interview - Commencez par mettre à l aise la personne que vous rencontrez. Souvent les personnes ainsi interviewées sont tendues et nerveuses. Certaines même se sentent stressées comme lorsqu elles passent un examen ; elles sont capables de vous donner des informations fausses ou sans valeur. Donc, avant de commencer à poser vos questions, assurez-vous que la personne se sente à l aise et soit assise d une façon confortable. - Présentez-vous et dites lui la raison pour laquelle vous faite cette interview. Dites-lui aussi à qui serviront les informations recueillies et le pourquoi de votre recherche. - Expliquez-lui le but de cette recherche et les résultats envisagés. - Demandez à la personne rencontrée la permission de pouvoir enregistrer ses réponses. - Assurez-vous de bien comprendre ce que la personne interviewée vous dit et évitez d enregistrer les réponses dont vous ne comprenez pas bien le sens. - A la fin de la rencontre, remerciez-la du temps qu elle vous a consacré et pour vous avoir livré ses opinions. Redites-lui comment ces renseignements seront utilisés et à quel moment. Il se peut que la personne vous demande de lui rendre compte des résultats, dans ce cas expliquez-lui la façon dont vous le ferez. Quand utiliser la méthode de l interview? - Lorsque nous désirons comprendre les sentiments de certaines personnes dans une situation donnée comme, par exemple, de savoir ce que pensent les femmes d une communauté au sujet du coût élevé des légumes ou d autres denrées Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 43

46 - Lorsque nous désirons nous renseigner sur l opinion d un membre du conseil urbain concernant, par exemple, l éclairage de nuit en ville. 5. La recherche de documents La recherche de documents se fait par la lecture de livres, de pamphlets, de journaux, de revues ou tout simplement de dossiers ou de rapports en vue de recueillir des informations. Cette lecture se fait dans un but bien précis et sur des sujets déterminés. On peut ainsi, par exemple, rechercher les besoins économiques d une population et, pour cela, utiliser des documents tels que des rapports d interviews déjà rendus. Nous pouvons nous documenter auprès de dossiers du gouvernement ou établis par des ONG. Les informations obtenues de cette façon peuvent nous aider à comprendre les conditions parfois complexes qui existent dans telle ou telle situation et le rôle de certains agents à l origine de cette situation. Comment procéder dans une recherche de documents? - Tout d abord, choisissez un sujet précis et décidez ce que vous voulez obtenir comme information. - Déterminez le genre de documents à étudier. Si, par exemple, vous faites une étude sur le SIDA, désirez-vous obtenir des informations sur l expansion de cette maladie actuellement, ou bien savoir ce que tel ou tel gouvernement fait pour enrayer cette endémie? - Délimitez les endroits où vous pouvez obtenir de réelles informations, comme par exemple les bureaux officiels, les centres de documentation, etc. - Parlez aux personnes susceptibles de vous dire où vous pouvez le mieux vous documenter. - Préparez un questionnaire auquel vous répondrez vous-même après vous être documenté et conservez auprès de vous ce questionnaire chaque fois que vous lisez un document pour y trouver les réponses que vous noterez au fur et à mesure. - Prenez des notes claires au fur et à mesure que vous lisez. Ne vous hâtez pas, mais écrivez un mot ou une phrase bien précise, de façon à pouvoir vous relire plus facilement et mieux comprendre ce que vous avez lu. - A la fin d une lecture, relisez vos notes de façon à pouvoir les résumer. Puis rédigez un résumé clair et précis ce qui rend le travail plus facile. Relire un tas de notes prises dans le désordre rend le travail plus fastidieux. - Contrôlez de façon précise les références et la bibliographie où vous vous êtes documenté. Les personnes qui ont collecté ces renseignements prendront soin de noter les documents et livres consultés, ainsi que les bibliographies. Cela permet de continuer la recherche auprès d autres sources. Quand utiliser cette méthode? - Lorsque nous désirons obtenir des faits précis concernant une situation particulière, telle que la pauvreté ou le chômage dans une région. - Lorsque nous désirons comprendre ce que d autres ont essayé de dire et de faire pour répondre aux situations que nous voulons aborder. Etablir un dossier A la fin des recherches, il est très important d établir un rapport complet des informations recueillies. C est la condition essentielle pour que les informations ne soient pas perdues. Ce rapport ou dossier pourra être consulté en cas de nécessité et éviter de ne se rapporter qu à des souvenirs oraux. Ce rapport ou dossier pourra être lu par d autres personnes pour leur prouver ce que nous pouvons leur dire. 44

47 Un dossier ou rapport est la collection résumée de tout ce qui a été découvert jusque là sur le sujet étudié. Il est donc bon de mettre d abord les faits importants en tête et ensuite d y attacher des informations plus détaillées si nécessaire, soit en annexe soit sur des feuilles attachées au dossier. Celui qui désire prendre connaissance du dossier peut rapidement se rendre compte des faits principaux, quitte ensuite à se référer aux détails. De façon générale un dossier doit être constitué des éléments suivants : 1. Le sujet de la recherche 2. Le but de la recherche et sa raison 3. La méthode employée pour cette recherche 4. La date et la place des recherches 5. Ce qui a été découvert par la recherche. Note pour l animateur: Si les notes ont été faites de façon embrouillée, si ce ne sont que des brouillons jetés sur des bouts de papiers, il est indispensable de remettre toutes ces notes au propre de façon organisée en suivant un ordre logique, en s assurant de ne rien oublier, de ne rien laisser d important de coté. Cette mise au propre devrait être faite avec ceux et celles qui ont fait les recherches, ainsi ils pourront être questionné au cas où leur rapport n est pas clair. 3 ème exercice : aider un groupe à faire une recherche sur la situation à étudier Ecrivez le sujet que le groupe désire étudier sur des feuilles de papier que vous affichez ensuite au centre du mur. Ajoutez sur les cotés plusieurs feuilles blanches de papier blanc. Demandez au groupe quelles informations il désire obtenir sur ce sujet avant même de vouloir l aborder en profondeur. Que veulent-ils savoir et pourquoi? Quels faits précis? De quel genre d informations ont-ils besoin? Ecrivez leurs réponses au fur et à mesure sur les feuilles blanches. Relisez la liste d informations que le groupe veut recueillir dans sa recherche. Assurez-vous que chaque personne du groupe est d accord avec cette liste et que chacun comprend la raison pour laquelle ils ont besoin de ces informations. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 45

48 Divisez l ensemble en petits groupes et demandez à chaque groupe de discuter et de décider de la meilleure méthode à employer pour recueillir les informations sur le sujet. Après le rapport des groupes, discutez les propositions et décidez de la méthode ou des méthodes à employer pour la recherche. Au groupe de décider maintenant des personnes qui feront ces recherches et quand elles le feront. Aidez le groupe à établir un plan d action en précisant clairement : - la ou les méthodes à utiliser ; - les raisons pour lesquelles ils emploieront chaque méthode et le genre d informations à recueillir ; - le temps dévolu à ces recherches ; - les personnes qui feront ces recherches ; - comment seront recueillies et notées les informations ; - la date du rapport final : qui le donnera et où? Note pour l animateur: Une façon facile de préparer ce travail est d utiliser ce tableau : La méthode de recherche Le but de la recherche Le temps dévolu à cette recherche Ceux qui vont faire cette recherche Les moyens employés pour recueillir les informations Comment et quand amener les informations au groupe Note pour l animateur: Il est bon de laisser suffisamment de temps entre cette première session et la session suivante durant laquelle les informations seront analysées. Cependant, continuez de rencontrer régulièrement les membres du groupe pour voir comment leur travail avance et éventuellement pour les aider s il rencontre des obstacles ou s il n est plus au clair avec le travail décidé. Mais ne commencez pas la session 6 avant que leur travail de recherche ne soit complètement terminé. Dans certaines situations politiques il n est pas recommandé de collectionner des notes écrites. Il est bon de prendre soin de la sécurité des membres des groupes Justice et Paix. Il est évident que, dans ce cas, tout le travail de recherche se fait de mémoire. 46

49 6 ème session : L ANALYSE SOCIALE Objectif : Initier le groupe au concept de l analyse sociale et ainsi l aider à analyser les renseignements qu ils ont recueillis et identifiés dans leurs recherches. C est la deuxième étape du cercle pastoral. Dans ces deux étapes, nous examinons le monde autour de nous en nous demandant quels sont les événements importants? En observant notre communauté, nous essayons de rechercher et d identifier ce qui pose problème. Lorsque nous connaissons ce qui pose problème, nous nous demandons : «Quelle en est la raison?» L analyse sociale, c est justement de nous demander les raisons des problèmes ou des situations que nous connaissons. Nous comprenons déjà le sens du mot social et celui du mot analyse. Quand nous entendons le mot social nous savons qu il s agit de tout ce qui touche à la communauté, aux personnes qui vivent et travaillent ensemble. Par analyse, nous comprenons qu il s agit d examiner les faits et leurs causes afin d en comprendre le déroulement. L analyse sociale s attache à examiner la communauté où l on vit et les relations entre les personnes afin de mieux comprendre leur fonctionnement. Dans l analyse sociale, nous recherchons pourquoi le monde va dans un sens et les raisons profondes de ce qui arrive. En définitive, nous utilisons l analyse sociale pour mieux comprendre les raisons des problèmes et des évènements qui surgissent dans notre communauté. L analyse sociale consiste à se poser constamment la question: «Pourquoi?» jusqu à obtenir une meilleure compréhension des raisons profondes de tel ou tel événement, situation ou problème. L analyse sociale est une méthode qui nous aide à : - Examiner sérieusement un sujet jusqu à en découvrir les raisons profondes, les relations avec les personnes, les structures qui sont en cause et finalement les conséquences. - Comprendre le contexte dans lequel se situe tel événement ou tel problème et comment le sujet se situe dans ce contexte. - Comprendre les raisons historiques et structurelles du problème. - Identifier les symptômes afin de pouvoir agir effectivement. Lisez l histoire suivante avec le groupe. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 47

50 L histoire de Zolile PAGE 95 Zolile est un jeune homme, élève de la dernière année de lycée. Un jour, il ressent une légère douleur à la main. Il n y prête tout d abord pas attention. Mais le lendemain sa douleur a empiré et, à la fin de la semaine, elle a pris des proportions énormes ; il ne supporte plus ce mal. Sa mère lui conseille d aller consulter un docteur. Le docteur lui prescrit un onguent qu il doit appliquer trois fois par jour. La consultation n a pas duré plus de cinq minutes. Zolile se soigne et applique l onguent trois fois par jour. A la fin de la semaine, sa douleur est guérie. Mais quelques jours après, Zolile sent une autre douleur au cou. Il va consulter le docteur de nouveau et celui-ci lui prescrit encore le même onguent qu il applique jusqu à être guéri. Mais par la suite d autres douleurs apparaissent à la jambe et au bras. Il retourne voir le docteur qui lui prescrit toujours le même onguent. Quelques mois plus tard, Zolile a utilisé cinq tubes d onguent, mais la douleur persiste. Sa mère qui s inquiète l emmène voir un autre docteur.cette doctoresse prend le temps d examiner sérieusement Zolile et finalement s enquiert au sujet de son régime alimentaire, du temps de ses exercices physiques, de son sommeil ainsi que de tous les endroits où il ressent ces douleurs. Puis elle décide de faire une prise de sang en expliquant qu elle désire faire des tests afin de trouver la raison de ces douleurs. La semaine suivante, Zolile et sa mère retournent voir la doctoresse pour recevoir les résultats de la prise de sang. La doctoresse leur révèle que ces douleurs sont occasionnées par un manque de vitamines. Lorsque le corps ne reçoit pas suffisamment de vitamines, la maladie se manifeste ainsi que les douleurs. Elle prescrit des tablettes de vitamines et indique à sa mère quels genres de légumes frais il doit manger pour rester en bonne santé. Elle ajoute qu il y a un projet de développement dans la communauté qui lui apprendra à cultiver un jardin potager et elle l aide à participer à ce projet. Zolile absorbe les vitamines prescrits et mange les légumes cultivés par sa mère en s assurant qu il en mange suffisamment. Depuis lors, il est en bonne santé, ses douleurs ont disparu. Discutez des raisons pour lesquelles les premières consultations étaient sans effet. Discutez des raisons pour lesquelles la consultation du deuxième docteur fut couronnée de succès. Expliquez comment il se fait que lorsque nous négligeons d aller jusqu aux racines d un problème, d autres problèmes surviennent. Poursuivez en expliquant que si nous nous lançons dans des actions sociales sans faire d abord l analyse sociale des faits, c est comme pour le premier docteur, prescrire une médication non appropriée au mal. Lorsque nous découvrons un problème de société et immédiatement entrons en action sans réfléchir, sans étudier plusieurs cas similaires, sans en rechercher et comprendre les raisons profondes, il est risqué de vouloir entreprendre une action efficace. 48

51 La raison pour laquelle nous utilisons la méthode d analyse sociale est justement de pouvoir identifier les causes profondes et d entreprendre des actions efficaces. L analyse sociale se situe toujours avant l action sociale parce qu elle permet d identifier les causes profondes d un problème. En outre, elle aide les membres d un groupe à ne pas dépenser inutilement leur énergie, mais au contraire d utiliser leur savoir faire de la manière la plus efficace. Par contre, si nous ne prenons pas le temps de nous interroger d abord sur la ou les raisons d un problème, on risque de traiter les symptômes sans parvenir à leurs causes. Le médecin qui s attaque seulement aux symptômes d une maladie, comme par exemple des maux de tête, sans rechercher les causes, comme par exemple une tension artérielle excessive, n est pas digne d exercer. Des cachets peuvent momentanément faire disparaître les maux de tête mais les maux reviendront jusqu à ce que la tension artérielle soit traitée effectivement. De la même façon, nous pouvons essayer de solutionner en vain un problème et dépenser beaucoup d énergie sans résultat en nous attaquant à des symptômes et en négligeant les causes réelles. Temporairement le problème peut s améliorer mais il ne sera jamais éradiqué ; ses mauvaises conséquences risquent d empirer dès que nous cessons de traiter les symptômes, ce qui entraîne une perte d énergie et parfois même de ressources. L analyse sociale est l outil efficace pour entreprendre de modifier les causes de nos problèmes et non pas seulement leurs symptômes. Il y a plusieurs façons de faire une analyse sociale ; les méthodes sont multiples. Toutefois quelle que soit la méthode employée, elle doit répondre à quatre critères : 1. Le temps : passé, présent et avenir. L histoire d un problème a besoin d être examinée attentivement. Il ne faut pas s arrêter à ce qu est actuellement ce problème, mais savoir le passé et envisager ce qu il peut devenir. 2. Le contexte : examiner les contextes politique, économique, culturel et religieux du problème. Chacun de ces contextes est lié au problème et peut avoir des conséquences sur lui. 3. Les valeurs et attitudes : étudier les valeurs et attitudes des personnes qui peuvent influencer notre situation. 4. Les causes profondes : rechercher et identifier ces causes est indispensable. Note pour l animateur: L étude d un cas particulier est utilisé pour montrer comment utiliser l analyse sociale dans une situation ou pour un problème donné. L étude d un cas part toujours d une situation réelle qui nous aide à mieux saisir les idées et la manière d utiliser les différentes méthodes. Dans le cas présenté ici, les personnes et la situation sont purement fictifs, mais représentent bien un cas réel. Dans votre animation, utilisez ce cas ou, si vous le désirez, choisissez une situation réelle à analyser pour former votre groupe Justice et Paix à l analyse sociale. Il est évident que les personnes à former comprennent mieux la méthode de l analyse sociale si vous le faites à partir d une situation qu elles vivent. L étude d un cas est toujours un outil précieux. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 49

52 Etude de cas L histoire de Gongolo PAGE 96 Gongolo et une petite communauté qui se trouve dans la province du Sud, à l orée d une magnifique forêt qui est une réserve naturelle. Les habitants de ce village sont vraiment confiants dans le futur, car convaincus que les élections libres et équitables qui ont établi des structures démocratiques ont amené des améliorations à leur communauté, et vont continuer à leur apporter de bons résultats. En juin 1999, un communiqué a causé un choc dans la communauté. La mine locale de chrome devait fermer en janvier Or cette mine assurait du travail à bien des habitants. La fermeture de la mine allait mettre au chômage beaucoup de monde. Ce qui a augmenté le choc, c est qu aucun préavis n a été donné à la population et qu il n y avait aucun signe avant coureur indiquant un tel événement. Au contraire, les propriétaires de cette mine assuraient que tout allait bien. La fermeture de la mine a eu des effets dévastateurs sur la communauté. Le chômage qui jusque là était relativement faible, devint le plus grand problème de Gongolo. Les indemnités de licenciement ne permettaient de survivre que peu de temps. Beaucoup savaient qu ils ne pouvaient continuer de vivre à Gongolo sans travail. Ils devraient partir à la recherche de travail dans les grandes cités. De plus, les petits commerces locaux furent durement affectés. Les gens n avaient plus d argent à dépenser. Une atmosphère de tristesse et d échec planait sur Gongolo. En janvier 2001, une autre nouvelle importante vint encore endeuiller Gongolo. Le bureau présidentiel a annoncé que la région renommée de la réserve et de la forêt de Gongolo serait vendue à une grande multinationale des Etats Unis appelée Paulsens. D abord les gens ont éprouvé un certain enthousiasme à cette nouvelle encourageante d une initiative industrielle qui allait s ouvrir dans la région. Cela allait permettre la création de nouveaux emplois; le gouvernement, de son coté, jugeait que c était le genre d initiative dont le pays avait besoin. Cependant, après quelque temps, la population commence à entendre d autres rumeurs concernant l initiative de Paulsens. Cette compagnie fait savoir qu elle ne pourrait garantir du travail pour l ensemble de la communauté, mais seulement pour quelques personnes. Ils allaient offrir de juteux contrats à de petites compagnies. En dépit de quoi le ministère du travail encourageait la population à soutenir l initiative Paulsens puisqu elle allait fournir du travail, au moins à certains. Des ONG se sont demandé comment Paulsens allait gérer la forêt et sa réserve naturelle, comment elle entendait protéger l environnement. Ces questions, le ministère de l environnement refusa d y répondre, prétendant qu il dominait la situation. Il y avait entre le gouvernement et Paulsens des accords secrets et aucun d eux ne voulait répondre aux questions. Une ONG a alors dévoilé que Paulsens avait l intention de se servir de cette forêt et réserve naturelle pour entreposer des déchets nucléaires. Le gouvernement et Paulsens ne peuvent répondre aux questions, étant donné que le gouvernement des Etats- Unis présidé par Georges Bush a une politique très sourcilleuse sur le démantèlement des armes nucléaires. Paulsens va démanteler pour le gouvernement des Etats-Unis des armes nucléaires obsolètes. Cela doit rester secret. L initiative Paulsens commence lentement mais sûrement à diviser la communauté. Deux groupes s opposent, chaque groupe avec de nombreux supporters. Le premier groupe dirigé par les commerçants locaux et les ouvriers spécialisés a pour argument que Gongolo n a pas le choix. Si la population veut survivre, leur seul espoir est cette initiative Paulsens qui peut offrir de l emploi et renflouer le commerce local. Si Gongolo ne saisit pas l occasion, Paulsens ira ailleurs et Gongolo mourra. Le second groupe, dirigé par quelques leaders locaux et des représentants d Eglise arguent que Paulsens allait détruire la forêt et la réserve naturelle. Si Paulsens est autorisé à aller de l avant, l environnement de la communauté, ses terrains où reposent les ancêtres dans la réserve naturelle seront détruits. La communauté perdra tous ses droits sur la forêt et sur la réserve naturelle et les traditions se perdront. Le village perdra à tout jamais l accès à ces ressources naturelles. Le dénouement est proche. Il y a de nombreuses réunions et des manifestations à Gongolo. Le conseil local, Paulsens et des commerçants influents ont invité la communauté et les Eglises à une réunion qui se tiendra dans la salle commune. Pendant cette réunion, ils auront l occasion d exprimer leur réprobation sur cette initiative de Paulsens. Les autorités locales et ecclésiales ont demandé à notre groupe de Justice et Paix de préparer la réunion afin de présenter leurs arguments au gouvernement et aux commerçants. 50

53 Note pour l animateur: Demandez aux membres du groupe de jouer les rôles des leaders de la communauté, du clergé, du gouvernement, des commerçants et de Paulsens. Jouer ces rôles permet aux membres du groupe de pratiquer les questions et réponses d une situation donnée. Demandez de jouer ces rôles, l étude de ce cas particulier et son analyse une fois terminées. Lorsque les membres du groupe ont bien compris l analyse de ce cas précis, ils seront capables de prendre des positions en faveur de la Justice et Paix dans des cas similaires. 1. Temps Tout problème se situe dans le temps et a un passé, un présent et un futur. Pour bien comprendre les causes d un problème, il est nécessaire de comprendre son histoire, le présent et aussi le futur. Il faut découvrir les raisons pour lesquelles ce problème est né, pourquoi et comment il s est développé, sans oublier d envisager la situation présente et ce que nous connaissons actuellement de cette situation présente. Finalement, il faut entrevoir ce qui peut arriver dans le futur, comment ce problème peut se développer. Voici les questions importantes à poser au sujet de ces dimensions passées, présentes et futures : Pour comprendre l histoire d un problème, nous nous posons ces questions: - Est-ce qu il en a toujours été ainsi? - Quand les choses ont-elles commencé à changer? - La situation a-t-elle évolué en différentes formes ou étapes? - Peut-on donner des dates précises des évènements saillants de cette évolution? Pour comprendre le problème dans sa situation actuelle : - Est-ce que la situation évolue actuellement? - Ou est-elle statique? Pour comprendre comment ce problème peut évoluer dans le futur : - Que peut-il arriver dans quelques jours, mois, années si les choses restent les mêmes? - Quels éléments peuvent changer dans l avenir? Pourquoi? Nous utilisons un calendrier et y inscrivons l histoire du problème pour voir plus clairement comment il évolue au cours des années. En voici un exemple : Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 51

54 Période de prospérité et de développement à Gongolo Elections démocratiques dans la région. Nouvelles structures du gouvernement local. Support majoritaire pour le nouveau gouvernement. Les gens sont optimistes et enthousiastes pour le futur. Période d incertitude à Gongolo 1999 En juin, annonce de la fermeture de la mine de chrome. Les gens sont choqués. Les ouvriers sont angoissés à la perspective de perdre leur travail. Période de désespoir à Gongolo Histoire de Gongolo Période de faux espoirs Période de débats animés Janvier-juin 2002 Fermeture de la mine de chrome en janvier. Les ouvriers sont licenciés et reçoivent des allocations. La plupart des gens sont maintenant au chômage. La plupart des familles vivent des allocations reçues qui, bientôt, ne leur suffiront plus. Annonce faite par le bureau du président que la forêt et la réserve de Gongolo vont être vendues à Paulsens, une multinationale américaine. Les commerçants locaux sont enthousiastes à cette annonce. Les gens sont contents à la perspective de retrouver du travail. Le gouvernement voit d un bon œil les investissements que va apporter Paulsens. Il organise des conférences de presse pour discuter de l importance de cet investissement pour le pays. La population apprend que Paulsens ne donnera pas du travail à tout le monde. La population découvre que Paulsens va se servir de la réserve pour y stocker des résidus nucléaires. La population est divisée au sujet de cette initiative. Les commerçants et les ouvriers spécialisés qui vont bénéficier de ce projet, le supportent. Quelques leaders de la communauté et des Eglises organisent des réunions pour discuter du projet qui va détruire l environnement et les lieux où les ancêtres ont été enterrés. Période des groupes de pression et de décisions Juillet-déc Les leaders continuent d organiser des réunions de discussion de ce projet Paulsens. Puis ils organisent des démonstrations pour montrer leur désapprobation de projet. De leur coté, les commerçants et ouvriers spécialisés organisent des réunions pour convaincre des bienfaits que va apporter Paulsens à leur situation. La mairie invite Paulsens, les commerçants locaux et les leaders de la communauté à une réunion de discussion pour essayer de résoudre le problème. Période de rapides et possibles changements et de division 2003 L achat de la forêt et de la réserve de Gongolo sera finalisé en Juin. Paulsens sera alors capable d utiliser cette réserve et cette forêt selon son plan. La population de Gongolo perdra tous ses droits sur cette région. 52

55 Note pour l animateur: Si vous utilisez le cas de Gongolo pour que votre groupe comprenne comment faire l historique d un problème, travaillez ce cas avant d entreprendre le deuxième exercice. 2 ème exercice : la compréhension du passé, du présent et du futur d une situation Demandez aux membres du groupe ce qu ils pensent du nombre d années nécessaires pour établir le passé d une situation afin de pouvoir l analyser. Dessinez sur un large tableau les lignes qui vont vous aider à y inscrire l historique du cas à analyser. Prévoyez assez de place pour cela. N essayez pas de n utiliser qu un seul papier. Aidez le groupe à inscrire les informations recueillies sur ce tableau. Ditesleur de rapporter toutes les informations concernant l historique et la situation actuelle du problème à analyser. Note pour l animateur: Il existe trois moyens d aider les membres d un groupe à consigner les informations recueillies pour établir l historique d un problème : 1. Inscrivez vous-même ce que les membres du groupe vous disent au fur et à mesure de leur souvenir. C est la meilleure façon de faire avec un groupe qui manque de confiance. 2. Distribuez des craies ou feutres à chacun des membres du groupe et invitez chacun à venir inscrire sur le tableau leurs informations correspondantes aux dates précises des faits. C est le moyen d impliquer chaque membre du groupe. Mais précisez qu ils ne doivent pas écrire à nouveau des faits déjà inscrits ; donc demandez-leur de lire d abord ce que vient d inscrire celui ou celle qui précède. Cette méthode est pratique pour de petits groupes de maximum huitdix personnes. 3. Distribuez des papiers ou cartons colorés à chaque personne du groupe et invitez-les à y inscrire tout ce qu elles ont recueilli comme information sur des papiers différents, ensuite demandez leur de venir placer leurs papiers selon les dates inscrites à l avance au tableau. Cette méthode implique également chaque personne du groupe et elle est plutôt adaptée aux grands groupes. Mais cela demande plus de temps ; il faut donc le prévoir. Essayez d éviter les répétitions ; après chaque réponse de membre, réorganisez ces informations selon l historique de la situation. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 53

56 Avec le groupe, revoyez les informations de l historique du problème et analysezles. Soulignez les informations qui ont apporté un changement dans la situation et constatez son évolution au fur et à mesure des évènements. Notez bien les points forts de cette analyse sur le papier. Demandez au groupe de réfléchir sur leur recherche et à ce moment présent de repenser la question : est-ce que la situation est en train de changer ou est-elle statique? Notez sur le papier les points forts de la réponse. Demandez leur ensuite ce qui pourrait arriver dans le futur : quelle pourrait être la situation dans quelques semaines, mois ou années ; la situation sera-t-elle la même ou sera-t-elle modifiée? Notez bien les points forts de la réponse sur le papier. Revoyez avec le groupe l analyse de l histoire de ce problème, sa situation présente et la situation future ; résumez tout ce que le groupe a appris par cette analyse. 2. Les structures Toutes les situations et les problèmes impliquent des structures et sont conditionnés par elles. Les structures font partie de notre vie. Elles font partie de ce que nous faisons et se retrouvent partout où nous vivons. La connaissance et la compréhension des structures est donc un point important de l analyse sociale. Les structures sont les instruments que nous utilisons pour organiser le monde autour de nous. Chacun de nous partage ce monde avec des millions d autres personnes, car nous ne vivons pas seuls individuellement, mais nous vivons en société. Aussi nous utilisons des structures pour organiser le monde et vivre en société dans ce monde. Si nous voulons bâtir une habitation, nous lui donnons une structure appelée maison. Si nous voulons commercer avec d autres, nous établissons des structures que nous appelons un système économique. Connaître et comprendre nos structures est une part importante de l analyse sociale, étant donné qu elles sont partout, qu elles font partie de chaque situation et événement. Aussi il est indispensable de susciter une conscience de ses structures si nous voulons pratiquer l analyse sociale. Par conscience des structures nous voulons dire, savoir qu elles existent et apprendre à connaître comment elles fonctionnent entre elles. Nous devons apprendre à observer notre environnement afin d y découvrir quelles sont ces structures. Lorsque nous en avons pris conscience, nous pouvons étudier les situations des pauvres gens et découvrir les systèmes qui enferment ces gens dans la pauvreté. Avec l analyse sociale, il faut dépasser les éléments extérieurs pour découvrir et comprendre les structures et systèmes qui créent ces situations. En prenant conscience des structures, nous sommes capables de voir au delà des individus ; nous pouvons découvrir le système particulier dans lequel les gens agissent. L analyse sociale nous permet de voir au delà des individus pour comprendre les systèmes et structures qui emprisonnent les gens, les désavantagent et les oppriment. Il existe plusieurs sortes de structures : Les institutions ce sont des structures officielles qui possèdent une constitution et un statut légal, des dirigeants, une direction et des rôles particuliers. Les exemples les plus familiers de ces institutions sont le gouvernement d un pays, les Eglises, les banques nationales, les hôpitaux et autres corporations. Les organisations ce sont également des structures officielles qui ont un but spécifique, comme par exemple les partis politiques, les clubs sportifs, les sociétés religieuses et les ONG (Organisations Non Gouvernementales). 54

57 Les politiques ce sont, par exemple, les législations, les procédures administratives, les marchés. Ces politiques disent aux gens concernés quels sont leurs rôles et leurs responsabilités. Elles précisent ce qui est attendu de ces personnes et les règles de conduite. Exemple : le droit concernant le mariage, les élections, l économie, etc. Les coutumes ce sont les manières de faire habituelles qui régissent les relations entre les populations, les groupes et les individus comme, par exemple, les coutumes familiales, les règles du marché ou les lois concernant les façons de voter. Les procédures elles définissent les étapes à suivre pour obtenir tel ou tel but. Elles définissent comment procéder pour faire partie de la société comme, par exemple, comment obtenir une éducation, une formation, un apprentissage ou comment faire pour entrer dans un internat. Nous vivons dans un univers complexe qui comporte de nombreux secteurs. Il y a, par exemple, le secteur économique, le secteur de l éducation, le secteur public. Tout cela joue un rôle dans les situations de nos communautés. Les structures les plus importantes que nous devons étudier sont : Les structures économiques comment la société organise ses ressources. Les structures économiques servent à organiser la distribution des ressources. Ce sont en particuliers les banques, les marchés et les syndicats. Les structures politiques comment la société s organise au sujet du pouvoir et des décisions à prendre. Ces structures distribuent les pouvoirs, décident qui a autorité dans telle ou telle situation et qui prend les décisions appropriées. Ce sont par exemple les membres du parlement, les autorités militaires et les juges. Les structures sociales - qui organisent les relations entre les personnes en dehors des secteurs politiques et économiques. C est l organisation de la société elle-même qui précise comment se comporter en famille, en groupe, à l école et dans différents clubs qui peuvent exister : - Structures culturelles - comment la société organise la signification et l importance de ce qui la compose. Ces structures nous disent combien chaque chose est importante, quel sens et quelle signification elle a dans telle ou telle société. C est dans ces structures que nous plaçons les coutumes, le langage et les moyens de communication. - Structures religieuses - comment la société s organise vis-à-vis de la croyance en l Etre Suprême, le sens de la destinée et ce qu elle leur inspire. Ces structures indique aux fidèles comment ils doivent se comporter et ce qu ils doivent faire au cas où ils ont foi en telle ou telle croyance. Ces structures sont représentées par les Eglises, les synagogues, les temples et les mosquées. - Structures concernant le sexe - comment la société organise les relations entre hommes et femmes. Elle dicte les règles de bienséance entre hommes et femmes et quel rôle chacun d eux doit ou peut jouer dans la société comme, par exemple, quels sont les métiers réservés à chaque groupe et quels en sont les statuts. Elles contrôlent que chaque groupe soit représenté avec suffisamment de voix et aussi comment sont appliqués les lois concernant les femmes et les enfants. - Structures écologiques - comment la société s organise pour préserver l environnement et comment l utiliser avec sagesse et intelligence. Tels sont les lois de préservation de la nature, de bonne gestion des réserves naturelles ainsi que des terres cultivables. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 55

58 STRUCTURES POLITIQUES Analyse structurale de Gongolo Janv. - juin 2002 Juillet déc Election d un nouveau gouvernement démocratique. Restructuration du nouveau gouvernement local. Elections locales pour la mairie. Aucun changement des structures politiques. Le bureau du Président est impliqué dans le développement de Gongolo par la vente de sa forêt et de sa réserve à Paulsens. Le gouvernement désire attirer des investissements étrangers et est content que Paulsens cherche à investir dans le pays. Il fait tout pour que cela se réalise. Le ministère du travail seconde ce projet qui va créer de nouveaux emplois Le gouvernement local et la mairie sont supposés supporter ce projet Paulsens et faciliter de toute façon la vente des terrains à Paulsens. Ils ont à apposer leur signature sur ce projet. Les ONG révèlent que Paulsens a l intention de recycler et d enfouir des déchets nucléaires dans la réserve. Paulsens et le gouvernement refusent de répondre aux questions que soulève ce projet. Ensemble ils s évertuent à contrôler les craintes de la population. Les commerçants ainsi que les ouvriers spécialisés qui vont bénéficier de ce projet Paulsens, le supportent. Le gouvernement local et la mairie envoient toutes les questions de la population au bureau de Paulsens, ainsi qu au bureau du Président. Paulsens et le gouvernement refusent de répondre aux questions et ensemble ils continuent de travailler pour faire aboutir ce projet. Les commerçants et ouvriers spécialisés organisent des réunions pour convaincre la population des bénéfices que le projet Paulsens va leur apporter. Le bureau de la mairie craint de plus en plus les divisions qui se font jour dans la population, qui se manifestent par des manifestations et des articles de la presse locale. Il décide d organiser une réunion avec tous les protagonistes afin d enrayer les troubles et de résoudre la problème. 56

59 STRUCTURES ÉCONOMIQUES Janv. - juin 2002 Juillet déc La mine locale de chrome domine l économie de Gongolo, elle emploie la majorité de la population. Les syndicats et la direction de la mine ont d excellentes relations. Le commerce local fait de bonnes affaires. Les propriétaires de la mine de chrome décident sa fermeture et donnent six mois d avertissement. Le syndicat négocie des primes de licenciement honorables pour les ouvriers. Le chômage prend des proportions générales à Gongolo et aucun espoir d embauche n est en vue. Les commerces ont de plus en plus de difficultés et certains doivent fermer. Le chômage est généralisé à Gongolo. Les commerces continuent de fermer ou de partir ailleurs. Le chômage est général à Gongolo. Les commerces continuent de fermer. Les commerçants qui restent et les ouvriers spécialisés reçoivent de Paulsens des promesses d amélioration dans le cas où leur marché avec les officiels est conclu. Le reste de la population se rend compte que les emplois ne seront pas donnés à tous mais seulement à quelques-uns. Chômage généralisé à Gongolo. Les commerces continuent de fermer. Les commerçants vendent de moins en moins ; les gens n ont plus assez d argent. Certains commerces vont tenter ailleurs leur chance. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 57

60 STRUCTURES SOCIALES Janv. - juin 2002 Juillet déc Les Églises des différentes dénominations présentes à Gongolo coopèrent dans une bonne entente pour venir en aide aux pauvres. La population est satisfaite et ne vit aucun problème majeur ni désaccord. Les Eglises commencent à s inquiéter de l ampleur progressive du chômage et prennent conscience qu avant peu elles ne seront plus en état de secourir effectivement les pauvres. La population devient tendue à mesure que des ouvriers perdent leur emploi et n ont aucune chance de trouver du travail à l avenir. La jeunesse exprime son mécontentement et son cynisme envers leur futur à Gongolo. Les Eglises sont maintenant profondément inquiètes devant le niveau de pauvreté des habitants de Gongolo. La plupart des familles restantes se débattent dans une pauvreté grandissante. La criminalité se répand. Plusieurs femmes se lancent dans la prostitution pour trouver le moyen de nourrir leur famille. Les espoirs de la population renaissent lors de l annonce des transactions avec Paulsens. Quelques leaders de la population s entendent avec les Eglises pour discuter et s opposer au projet Paulsens. Les autorités locales et ecclésiales informent la population que ce projet Paulsens non seulement va détruire l environnement local, mais qu il entend interdire aux gens de visiter les tombes de leurs ancêtres. La population est divisée au sujet de ce projet : quelques-uns sont favorables mais les autres y sont opposés Les autorités locales et ecclésiales forment un comité d action avec des membres de la localité pour s opposer au projet Paulsens. Ce comité d action organise des manifestations pour exprimer leur opposition à ce projet. Plusieurs personnes de la communauté espèrent toujours que Paulsens va résoudre à l amiable leur problème. De nombreuses personnes envisagent de partir chercher du travail en ville ; des familles sont ainsi désunies. 58

61 STRUCTURES ENVIRONNE- MENTALES Janv. - juin 2002 Juillet déc Le ministère de l environnement est responsable de la gestion des forêts et des réserves naturelles. Le ministère de l environnement autorise la population à accéder au cimetière ancestral de la communauté dans la réserve naturelle. Aucun changement particulier aux structures de l environnement Le ministère de l environnement entreprend des pourparlers avec Paulsens concernant cette réserve naturelle. La population conserve toutefois le droit de visite au cimetière de la réserve. Le ministère de l environnement refuse de répondre aux questions que se pose la population au sujet du droit d accéder à la réserve naturelle où se trouve le cimetière des ancêtres. Le ministère de l environnement prétend conserver la maîtrise de la situation, mais refuse de répondre à la question que se pose la population au sujet de l accès de la réserve naturelle et du cimetière des ancêtres. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 59

62 Note pour l animateur: Dans le cas où vous utilisez ce problème de Gongolo comme sujet de votre analyse pour aider votre groupe à comprendre ce qu est l analyse structurelle, faites cet exercice avant de commencer le troisième exercice. Les groupes ont toujours à scruter les structures politiques, économiques, sociales et environnementales pour chacune des situations qu ils désirent étudier. Ordinairement la question des genres, des cultures et des religions peuvent être comprises dans les structures sociales. Cependant comme dans le cas de Gongolo par exemple, il se peut qu il faille étudier séparément la structure de l environnement. 3 ème exercice : l analyse structurelle d une situation Demandez à votre groupe quelles sont les structures qu ils doivent examiner pour comprendre une situation qu ils désirent étudier (par exemple, les structures politiques, économiques et sociales). Prenez par exemple les structures politiques et demandez quelles sont les personnes concernées ainsi que les structures dans la situation qu ils veulent étudier. Donc si vous étudiez les structures politiques, demandez au groupe quelles sont les structures concernées et quelles sont les personnes politiquement concernées dans le cas étudié. Notez leurs réponses sur une grande feuille de papier, en prenant soin de contrôler que les membres du groupe ont bien tous les éléments de ces structures. Si vous constatez que certaines personnes ont été laissées de coté ou que telle ou telle structure a été ignorée, demandez-leur de réfléchir afin de vous donner les points qui manquent pour l analyse. Dessinez au tableau ou sur la feuille de papier un croquis qui indique le temps et couvre la période de cette analyse structurelle, ainsi que les différents groupes de structures à analyser. Voici le schéma à suivre : Structures politiques Structures économiques Structures sociales 60

63 Examinez chaque groupe structurel avec votre groupe ; avec eux analysez comment chacune de ces structures influence la situation envisagée, afin d analyser cette influence. Notez sur la feuille de papier les réponses données, selon le schéma ci-dessus. Revoyez l ensemble des réponses sur chaque structure et résumez ce que votre groupe a appris de cette analyse. 3. Valeurs et attitudes Les valeurs et attitudes des gens ont une influence sur chaque cas ou situation. Ce que les gens considèrent comme ayant de la valeur influence leur manière de voir, leur comportement ainsi que leurs décisions. Il est donc important de comprendre ce que les personnes concernées dans une situation donnée regardent comme ayant de la valeur, ainsi que leurs attitudes pour mieux comprendre le cas étudié. Comprendre ce que les gens estiment comme ayant de la valeur ainsi que leurs attitudes permet de comprendre pourquoi ils font certaines choses. Valeurs et attitudes: Les valeurs sont ce que les gens considèrent comme important et indispensable. Le commun des mortels envisage comme valeur ce qui lui tient profondément à cœur, à tel point qu il est prêt à faire des sacrifices pour préserver ces valeurs. Les attitudes sont les différentes manières qu ont les gens de mener leur vie, de l envisager et ce qu ils ressentent dans des situations données. Les attitudes ont un effet sur leur façon de voir le monde autour d eux et de répondre à ce qu ils enregistrent. Chaque individu possède des valeurs et a des attitudes qui influencent ce qu il considère comme important et le font réagir en conséquence dans certaines situations données. Ces valeurs et attitudes sont influencées par ce que la société considère comme acceptable ou inacceptable. Dans notre monde actuel, dans nos régions et dans nos communautés certaines valeurs et attitudes sont acceptables, d autres non. Par exemple, la démocratie est acceptable, la dictature ne l est pas. Etre entreprenant est une attitude acceptable, attendre un pot-de-vin ne l est pas. L influence des leaders ainsi que celle d autres structures, comme les médias et les Eglises, sont des valeurs et des attitudes acceptables. Valeurs et attitudes sont inculquées, encouragées et perpétuées à la fois par les gens et par les structures. Valeurs et attitudes peuvent avoir une influence positive ou négative dans notre monde. Lorsque la solidarité est considérée et que les membres de la communauté partagent entre eux, cette communauté est consolidée. Par contre si l individualisme règne et si les individus prônent le chacun pour soi, les personnes ne tardent pas à subir la domination de ceux qui veulent dominer et exercer leur pouvoir. Les valeurs et attitudes des gens comme des structures déterminent ce que les individus font dans telle ou telle situation. Dans l analyse sociale, nous recherchons les valeurs et attitudes qui ont des effets et des conséquences sur un problème donné. Nous cherchons en même temps les personnes qui transmettent et encouragent ces valeurs et attitudes. Lorsque nous voulons faire une analyse sociale, nous devons tenir compte des valeurs et attitudes présentes dans notre société et voir leur influence. En même temps, nous devons reconnaître nos propres valeurs et attitudes qui déterminent nos façons de voir, de juger et d agir. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 61

64 Valeurs et attitudes dans la situation de Gongolo Janv. - juin 2002 Juillet déc Il y a un sens aigu de la famille et un sérieux engagement envers les valeurs familiales. La plupart des familles vit depuis plusieurs générations à Gongolo. La population envisage le futur avec confiance depuis les élections démocratiques. La communauté est stable ; la population observe la loi. Il n y a pas de conflit majeur. Vis à vis du travail la morale est forte. La majorité des gens a un emploi et travaille avec ardeur. Il y a du respect pour la culture et les traditions. Les propriétaires de la mine sont avides et trouvent que la mine ne rapporte pas suffisamment. Leur avidité pour un plus grand profit est la cause de la fermeture de la mine. Donner du travail n est pas envisagé comme une valeur par eux. Conséquemment la population devient de plus en plus soucieuse d elle même et de leurs familles. Les gens deviennent de plus en plus individualistes. Ils centrent leur attention sur leurs besoins propres au détriment de la communauté. Les travailleurs veulent survivre et exigent des compensations exorbitantes ; ainsi ils établissent une ambiance du chacun pour soi. L annonce de l arrivée de Paulsens provoque un certain espoir pour le futur ; cela s avère être un faux espoir. Paulsens ne désire qu obtenir le meilleur marché et veut surtout profiter de la situation, sachant que le pays fera tout pour obtenir des investissements étrangers. Ce sont des opportunistes. Quelques commerçants locaux mettent leur espoir dans ce projet de Paulsens. La population perd tout espoir en Paulsens. Elle se sent abandonnée par cette compagnie et par le gouvernement. La reprise d intérêt dans l environnement et dans la culture traditionnelle existe alors que les deux sont menacés. L esprit de communauté et le besoin de travailler ensemble se développent en vue de protéger leur environnement et leur culture traditionnelle. Il y a une confiance en l efficacité des réunions de discussion de la communauté. Il y a une confiance dans l efficacité des actions collectives et un espoir que les actions réalisées en commun seront conclusives. L optimisme envers le futur se développent en vue de Chaque groupe a le ferme espoir qu ils gagneront. Cependant des divisions se font jour dans la communauté ; les valeurs sont différentes. Il y a une plus grande conscience de la richesse de leur culture. Ils prennent conscience de l importance de l environnement. Le gouvernement comme les autorités locales sont optimistes. Les petits commerçants doivent lutter pour survivre ; ce sont les meilleurs qui gagnent, car la compétition est devenue leur valeur. 62

65 4 ème exercice : explorer les valeurs et attitudes de la société et des participants Demandez aux membres du groupe de se tourner vers leur voisin et en petits groupes de deux de discuter des valeurs et attitudes dominantes de la société actuelle. Demandez à chaque petit groupe de vous donner une valeur ou attitude dominante de la société actuelle, en précisant de ne pas répéter ce qui a déjà été dit avant eux. Notez chaque valeur et attitude sur la feuille de papier (ou au tableau). Faites le tour des groupes jusqu à ce que chacun ait dit ce qu il a trouvé. Relisez au groupe la liste inscrite au tableau et discutez avec eux de ces valeurs et attitudes. Puis demandez à chaque membre du groupe de dire quelles sont leurs valeurs et attitudes personnelles. Note pour l animateur: Si vous le pouvez, faites jouer un morceau de musique paisible pendant que les membres du groupe réfléchissent calmement à leurs propres valeurs et attitudes. Cela peut éventuellement aider les membres du groupe à se sentir à l aise et à réfléchir, tandis qu un silence total peut mettre les participants mal à l aise. Vous pouvez même demander quel genre de musique ils préfèrent. Inscrivez sur des feuilles de papier que vous mettez au tableau le titre suivant : Nos valeurs et nos attitudes. Le nombre de feuilles dépend du nombre de participants. Distribuez des feutres et demandez à chacun de venir inscrire une valeur ou attitude sur une des feuilles ; précisez que chacun note bien, non pas toutes les valeurs et attitudes qui lui sont propres, mais celle(s) qu il désire partager avec le groupe. Relisez la liste des valeurs et attitudes personnelles. Soulignez les différences et les similarités d avec l exercice précédent, puis discutez brièvement avec le groupe. Les valeurs et attitudes de la société ont un impact sur la façon dont la population et la société évoluent dans une situation donnée, dans leurs comportements et idées. Nos propres valeurs et attitudes vont également influencer notre regard sur la situation et sur les structures de cette situation. Pour comprendre cela, nous demandons : Quelles sont les valeurs et attitudes qui ont une large influence sur la situation envisagée? Quelles sont les valeurs et attitudes qui affectent le comportement des populations ou personnes dans cette situation? Quelles sont les valeurs et attitudes qui ont une influence positive? Quelles sont les valeurs et attitudes qui ont une influence négative? Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 63

66 Note pour l animateur: Si vous utilisez le cas de Gongolo pour aider le groupe à comprendre comment analyser les valeurs et les attitudes, prenez la peine de présenter l analyse déjà faite de ces valeurs et attitudes avant de commencer le cinquième exercice. 5 ème exercice : analyse des valeurs et attitudes de la situation étudiée Note pour l animateur: Demandez au groupe de réfléchir sur les valeurs et les attitudes qui influencent et affectent la situation qu ils analysent. Divisez le groupe en équipes restreintes pour travailler sur les questions suivantes : - Quelles sont les valeurs et attitudes qui ont une influence définitive sur la situation étudiée? - Quelles sont les valeurs et attitudes qui influencent la façon dont les gens voient cette situation et comment ils se comportent dans cette situation? - Quelles sont les valeurs et attitudes qui influencent positivement cette situation? - Quelles sont les valeurs et attitudes qui influencent négativement cette situation? Etant donné que les membres du groupe ont tous des valeurs et attitudes qui sont différentes, il est à prévoir qu ils verront la situation de façon différente. C est pourquoi il est recommandé de diviser le groupe en petites équipes, ce qui va rendre la discussion plus intéressante. Le groupe se réunit et chaque équipe donne son rapport des discussions. Reprenez alors la discussion sur chaque réponse tout en notant sur le tableau les points essentiels. 4. Identifier les causes profondes Après avoir analysé le passé, le présent et le futur de la situation, les personnes concernées et les structures de cette situation, ainsi que les valeurs et attitudes révélées dans ce cas, nous sommes prêts à identifier les causes profondes de cette situation. Pour cela nous avons besoin d examiner toutes les informations que nous avons collectées de façon à découvrir quelles en sont les causes profondes. Une méthode qui nous permettra de découvrir les causes profondes d une situation donnée est la méthode de l arbre des causes et effets. Elle est effective et simple à utiliser. Choisissez une situation, un problème, par exemple le fait que les enfants ne sont pas bien éduqués. 64

67 Posez la question de savoir pourquoi, par exemple : est-ce parce qu il n y a pas suffisamment d écoles? Ou pas suffisamment d instituteurs? Ou encore parce que ceux-ci ne sont pas bien formés ni qualifiés? Ou encore parce que les parents ne sont pas intéressés par l éducation de leurs enfants ou qu ils ne savent pas comment s y prendre? Ou que les enfants ne veulent pas aller à l école? Inscrivez chaque réponse en forme de branche sous le titre du problème étudié. Rejoignez ces raisons de façon à former un arbre. Reprenez chaque raison et sous chacune des raisons demandez le pourquoi de ces raisons. Par exemple, sous le manque d écoles, déterminez pourquoi en inscrivant que le gouvernement n en construit pas, ou que le budget pour l éducation n est pas suffisant, etc. Continuez à poser des questions jusqu à ce qu il n y ait plus de raisons à découvrir. Vous terminez ainsi votre analyse des raisons profondes. Et votre arbre vous donne un ensemble de raisons qui vous permet de voir et de comprendre le fond du problème étudié. L Arbre des causes et effets d un problème LE PROBLEME Raison 1 Raison 2 Pourquoi cela existe? Pourquoi cela existe? Raison 1.1 Raison 1.2 Raison 1.3 Raison 2.1 Raison 2.2 Pourquoi cela existe? Pourquoi cela existe? Pourquoi cela existe? Pourquoi cela existe? Pourquoi cela existe? Raison A Raison B Raison C Raison D Raison E Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 65

68 Analyse des causes profondes du cas de Gongolo Divisions dans la communauté survenues après les accords du gouvernement avec Paulsens. La rareté des occasions de travail fait que la population considère le travail plus important. Chômage important à Gongolo. La mine de chrome est fermée. Valeurs de la communauté concernant le travail préféré aux traditions Le besoin de sécurité financière pour survivre. Les propriétaires de la mine sont intéressés par le gain et le profit. Division des familles dont les membres doivent partir chercher en ville un emploi. L argent manque. Les allocations ne suffisent pas. Elles s épuisent rapidement. Le désir de survie pousse la population à chercher du travail à tout prix. Ce qui prime c est le chacun pour soi. Valeurs de la communauté concernant les traditions préférées au travail Les traditions font partie de notre identité. Elles définissent notre identité dans notre monde. Les traditions confèrent un certain pouvoir. Ce pouvoir cesse lorsque les traditions sont laissées et abandonnées. Les traditions sont considérées comme faisant partie intégrale de la vie de la communauté. La population resserre ses liens pour les protéger. Les traditions donnent un respect et une dignité réelle. Nous avons besoin qu elles soient respectées des autorités. Les traditions nous relient à notre environnement et le protègent. Nos ancêtres savaient que notre santé dépend de la santé de notre environnement. Nos ancêtres savaient que nous devons protéger cet environnement si nous voulons assurer la survie des générations futures. 66

69 Note pour l animateur: Si vous vous servez du cas de Gongolo pour aider le groupe à comprendre comment analyser les causes profondes d un problème, faites cette analyse de Gongolo avant d entreprendre le sixième exercice. 6 ème exercice : analyse des causes profondes d une situation en utilisant la technique de l arbre des causes et effets Inscrivez le cas que le groupe analyse sur une feuille de papier que vous placez au mur. Avec le groupe relisez les analyses du temps, des structures, des valeurs et attitudes du cas analysé. Invitez les membres du groupe à se tourner vers leur voisin et donnez leur cinq minutes pour rassembler les raisons principales qu ils voient dans ce cas étudié. Puis demandez à chaque paire de partager leurs idées que vous inscrivez sur le tableau. Rediscutez avec le groupe des idées inscrites et demandez-leur s ils sont d accord avec ces raisons données concernant le problème étudié. Divisez le groupe en petites unités. Confiez à chaque unité une des raisons déjà inscrites pour poursuivre l analyse de cette raison et approfondir jusqu à épuisement l analyse de cette raison. Qu ils continuent de poser la question du pourquoi jusqu au bout. Puis chaque petit groupe vient inscrire sur le tableau les raisons trouvées au-dessous de la raison principale qu ils ont étudiée, formant ainsi comme un arbre. Reprenez ensuite avec le groupe l analyse de chaque branche de causes et raisons inscrites. Discutez des raisons données jusqu à ce que le groupe est d accord avec ce qui a été trouvé. Si besoin, ajoutez d autres raisons. Finalement relisez l ensemble des causes, raisons et effets avec le groupe qui a participé à cet exercice. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 67

70 7 ème session : RÉFLEXION À LA LUMIÈRE DE LA FOI Objectif : Aider le groupe à découvrir ce que Dieu veut et leur apprendre à réfléchir à des problèmes avec un regard de foi. Notre vie de foi, comme chrétiens, fait partie de chaque pas du cercle pastoral et elle influence chacun de ces pas. En tant que chrétiens convaincus, notre foi fait partie de notre vie. Elle nous guide pour identifier, étudier et analyser les problèmes avant même d agir. Nous ne cessons de réfléchir et de nous laisser guider par notre foi. C est de cette façon que la réflexion basée sur la foi fait partie de chacune des avancées dans la pastorale. Nous n oublions pas cette base de la foi, lorsque nous identifions un problème, nous faisons une enquête ou analysons une situation pour conclure par une action. Cependant cette réflexion de foi a besoin de s expliciter dans la troisième étape du cercle pastoral, dans la tentative de discernement de la volonté de Dieu face aux problèmes que nous rencontrons. Il est donc important de prendre un temps de réflexion sérieuse, basé sur la foi, au sujet d un problème avant d agir. L Eglise nous enseigne que nous devons lire les signes des temps. Dans les deux premières étapes, nous lisons les signes de notre temps. Ceci fait, il est bon de prendre un temps de réflexion sur ce que nous avons découvert et appris concernant notre foi dans l étude d un problème. Nous avons besoin de voir ce que notre foi apporte à notre analyse du sujet. Est-ce que cela nous aide à approfondir notre compréhension du problème? Est-ce que cela nous aide à entrevoir le problème sous un autre angle? Est-ce que cela nous permet de voir d autres aspects du problème? Nous demandons : «Seigneur, que dis-tu de cette situation?»; «Seigneur, que désires-tu que nous fassions?» Ecoutons ce que Dieu veut concernant le problème. Nous réfléchissons sur ce que Jésus aurait fait dans une situation pareille. Nous recherchons donc dans le Premier et le Nouveau Testament quelque éclairage sur la manière de résoudre ce problème. Y a-t-il un événement ou une situation qui pourrait nous guider dans le discernement de notre action? Jésus a-t-il affronté quelque chose de semblable? Comment s y est-il pris? Que voudrait-il que nous fassions? Et les membres de l Eglise, dans le livre des Actes des Apôtres, comment ont-ils fait face aux problèmes de justice sociale? Les documents de l Eglise sur la justice sociale (voir les annexes à la fin du manuel) servent de guide pour continuer cette action. L Eglise est notre communauté ; elle offre des conseils à ses membres. Nous pouvons aussi 68

71 examiner dans l histoire, comment d autres, avant nous, s y sont pris pour résoudre les problèmes de Justice et de Paix auxquels ils ont fait face de leur temps. Il existe bien des croyants ordinaires, de saintes personnes et bien des saints qui peuvent nous fournir des exemples de réponses aux problèmes de Justice et Paix. Nous pouvons encore chercher parmi les populations d autres pays et voir comment nos frères et sœurs dans la foi apportent des solutions à leurs problèmes. Ces moments de réflexion dans la foi comprennent des moments de prière en commun et individuels, pendant lesquels nous demandons à l Esprit Saint d éclairer nos esprits et de nous faire découvrir la volonté de Dieu. C est un moment de réflexion personnelle sur ce qui nous motive dans notre foi. C est un moment de recherche et de lecture priante de l Ecriture pour explorer ce que nos ancêtres dans la foi ont été inspirés de faire et de réaliser face à l injustice. La dimension communautaire de notre discernement nous rend attentifs au fait que c est nous qui coopérons avec Dieu à la transformation de notre vie de société et du monde. Note pour l animateur: Il est possible que vous envisagiez maintenant de retourner à la troisième session intitulée : la spiritualité «Justice et Paix» et que vous vouliez revoir dans les annexes l enseignement catholique sur les questions sociales (pages 78 85). 1 er exercice : réfléchir à un problème en se basant sur la foi Divisez le groupe en plusieurs équipes et demandez-leur de discuter les questions suivantes : 1. Est-ce que votre foi apporte quelque chose d autre à l analyse d un problème? Quoi? 2. Est-ce que votre foi vous permet de mieux comprendre le problème analysé? Comment? 3. Est-ce que votre foi vous permet de voir le problème analysé sous un autre angle? Comment? Les équipes donnent leur rapport. Discutez les idées apportées et notez au tableau les points principaux. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 69

72 8 ème session : PLANIFICATION ET ACTION Objectif : Instruire les participants sur la planification et l action à mener pour résoudre un problème. Leur donner également l occasion de résoudre un problème de leur communauté en planifiant des solutions et en les mettant en pratique. La quatrième étape du cercle pastoral est de planifier des moyens effectifs pour résoudre un problème. Nous examinons ce qui se passe dans notre communauté, les raisons pour lesquelles ces choses se passent ainsi et ce que Dieu désire que nous fassions. Maintenant que nous comprenons mieux le problème auquel nous faisons face, que nous en connaissons les raisons profondes et avons essayé de découvrir l enseignement de Dieu sur ce sujet, nous sommes mieux à même de mettre en œuvre des solutions appropriées et effectives qui vont nous permettre d apporter une solution à ce problème. Nous sommes prêts à planifier notre action et à la mettre en œuvre. Jusqu à maintenant, nous avons travaillé ensemble dans notre groupe «Justice et Paix», mais nous n avons impliqué personne d autre dans la recherche et dans l analyse du problème. Nous avons sans doute interrogé d autres personnes pour des informations, mais à part cela ces personnes n ont pas été mises au courant de ce que nous recherchions et ne nous ont pas aidés dans l analyse du problème. Dans cette quatrième étape, cela va changer, car la communauté est appelée à prendre part à notre action pour que celle-ci devienne effective. L implication de la communauté est essentielle pour obtenir un résultat dans une action sociale. Si nous nous contentons d agir uniquement avec notre groupe «Justice et Paix», l impact de notre action sera probablement limité et insignifiant. Plus le nombre de personnes impliquées dans l action sera grand, plus l impact sera important. Ce qui est important quand nous menons une action sociale c est d y faire participer le plus grand nombre possible de gens concernés par le problème à résoudre. Le groupe «Justice et Paix» n est pas supposé agir seul pour la société, mais de faire prendre conscience à ceux qui sont concernés de la situation dans laquelle ils vivent et de les motiver suffisamment pour qu ils se mobilisent dans l action ou les actions à mener pour résoudre leurs problèmes. Il faut donc d abord identifier tous les personnes concernées par le problème envisagé pour pouvoir les motiver et ainsi entreprendre des actions collectives effectives : Identifier les personnes concernées. Nous devons donc rechercher les groupes et genres de personnes qui, normalement, devraient être impliquées dans l action sociale et changer les conditions. Chercher et préciser les différents rôles que les personnes concernées peuvent jouer pour amener des changements. Nous avons besoin de comprendre quels sont ceux qui peuvent soutenir notre action en y prenant part, sans oublier de penser à ceux qui peuvent s y opposer et travailler en sens contraire. 70

73 La méthode la plus simple pour identifier tous ceux qui peuvent jouer un rôle dans l action sociale est de faire l analyse des champs de force. Cette analyse nous aide à identifier à la fois ceux qui sont prêts à s investir pour supporter notre action et ceux qui sont prêts à s y opposer. Cette analyse comporte les cinq étapes suivantes : Dessinez un tableau de quatre colonnes. Intitulez la première colonne forces positives c.à.d. les forces qui vont aider à obtenir le résultat désiré ou recherché. La seconde colonne est intitulée situation présente telle qu elle est à ce moment. La troisième colonne intitulée forces contraires, c.à.d. celles qui vont se mettre en travers de notre action et empêcher qu elle n aboutisse. La quatrième colonne est le but que nous cherchons à réaliser grâce à notre action. Dans la première colonne, inscrivez les noms de tous ceux et celles qui supporterons votre action telle qu elle est programmée (les personnes et les groupes). Toujours dans cette première colonne, dessinez une flèche sous chaque personne ou groupe. Selon le degré de force que vous prévoyez de leur support, le dessin de la flèche sera plus ou moins grand ; à support important, flèche longue, à support faible flèche courte. Dans la troisième colonne, sous le titre forces contraires, identifiez et notez les personnes et les groupes que vous envisagez comme pouvant s opposer à votre action. Sous chaque personne et groupe, dessinez une flèche en sens opposé ; selon le degré d opposition, faites les flèches plus ou moins grandes. A opposant énergique, une flèche longue, à faible opposant une flèche courte. FORCES POSITIVES SITUATION PRÉSENTE FORCES CONTRAIRES BUT Une analyse des forces vives Nous pouvons avancer vers la réalisation de notre but soit en augmentant les forces positives, soit en réduisant les forces contraires. En général, il est mieux de commencer par essayer d appauvrir les forces contraires. Si nous commençons par renforcer les forces vives, il est possible que les forces contraires opposent à leur tour une opposition plus radicale. C est ainsi ordinairement que les gens réagissent en radicalisant leur opposition, s ils ont l impression qu on veut les forcer à changer. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 71

74 1 er exercice : analyser le champs des forces Dessinez quatre colonnes sur le tableau et mettez en en-tête de chaque colonne les quatre titres : forces positives, situation actuelle, forces contraires, but. Dans la colonne de la situation actuelle, inscrivez ce que le groupe a découvert du problème, les éléments de la situation qu ils veulent changer. Demandez au groupe de vous dire quel but ils espèrent atteindre avec leur action sociale et comment ils désirent modifier la situation actuelle. Demandez au groupe de collectionner toutes les idées des gens, des groupes et des structures concernés par le problème et prêts à supporter leurs actions et à les aider à atteindre leur but. Notez bien les noms de chaque personne, groupe et structure et inscrivez-les dans la première colonne des forces positives. Relisez la liste des noms et évaluez la force de leur participation en soulignant le nom avec une flèche plus ou moins longue selon ce que vous estimez, avec le groupe JP, ce que sera leur apport et support. Demandez au groupe de collectionner les idées des gens, groupes et structures que vous reconnaissez comme n étant pas favorables à votre action et qui s emploieront à résister à vos actions. Inscrivez leurs noms dans la colonnes des forces contraires. Relisant cette liste de noms, essayez d estimer avec le groupe quel sera la force qu ils vont mettre pour contrer vos actions, et selon ce que vous estimez, soulignez chaque nom d une flèche contraire (de la gauche vers la droite) plus ou moins longue selon ce que vous avez estimé. Divisez votre groupe en plusieurs équipes auxquelles vous demandez d étudier et de discuter le tableau des forces qui vient d être établi. Demandez-leur d entrevoir comment ils pourront entreprendre une action effective en vue d éliminer ces forces contraires et comment, par contre, ils pourront renforcer les personnes favorables à leur action. Rassemblez de nouveau les équipes en un seul groupe et écoutez leur rapport. Discutez ensemble les idées émises et élaborez un plan d action pour, d un coté, éliminer les forces contraires et, de l autre, renforcer les forces de ceux et celles qui sont favorables à votre action. Lorsque vous élaborez un plan d action sociale vous devez vous souvenir des point suivants : Mobiliser le plus de personnes possible pour que votre action soit effective. Le mieux est de pouvoir mobiliser la communauté entière concernée par le problème. Il faut donc envisager les moyens de réaliser cette mobilisation générale en posant la question : quel est le meilleur moyen à prendre pour mobiliser l ensemble de la communauté autour de cette action? Vous devez envisager que vous rencontrerez de l opposition. Mais ne cherchez pas le conflit. Simplement attendez-vous à rencontrer cette opposition. Lorsque vous êtes face à cette opposition, souvenez-vous que derrière vous, vous avez des gens qui supportent votre action sociale : tout d abord le groupe «Justice et Paix» et, nous l espérons, votre évêque, les prêtres et les fidèles de votre paroisse. Nous avons également pour nous les faits auxquels nous faisons face ainsi que les informations obtenues que nous pouvons présenter à ceux qui opposent notre action. C est pourquoi, il est important de faire les enquêtes pour mieux préciser le problème et la situation. C est une bonne idée que d établir un réseau de supporters. Pour cela, nous devons informer les gens qui déjà approuvent notre action sociale, comme notre évêque, le clergé responsable de la paroisse et le conseil paroissial. Leur présenter le problème 72

75 avec précision, les actions que nous envisageons d entreprendre, les raisons de nos décisions et demander leur appui et leur support au cas où nous rencontrons des oppositions. Nous devons enfin nous demander : comment nous-mêmes envisageons-nous de faire face à l opposition? Il ne faut surtout pas essayer d esquiver simplement l opposition ou ignorer les situations fâcheuses. Il semble parfois plus facile de choisir d ignorer l opposition pour soit-disant éviter la difficulté. Ne faisons pas cela, mais choisissons l option la plus effective qui règlera la situation de façon satisfaisante. Il faut donc se demander souvent : «Avons-nous choisi la meilleure solution? Avons-nous fait le bon choix?» Soyons réalistes. Nous n allons pas résoudre un problème en suivant une fois pour toute une seule forme d action sociale. Car le progrès social prend du temps et nécessite des actions continues et soutenues. Nous avons donc besoin d élaborer pour cela des plans d action à court terme et à long terme. Les plans à court terme peuvent se dérouler pendant les mois qui suivent jusqu à une année. Les plans à long terme nécessitent de mettre en œuvre des actions pendant deux à cinq ans afin d apporter des solutions durables au problème envisagé. Nous devons en outre prendre soin de ne pas accumuler trop tôt des actions trop nombreuses. Nous devons seulement nous charger d apporter ce dont nous sommes capables en ce qui regarde des réponses possibles et applicables. Il faut être réaliste au sujet de ce que nous pouvons entreprendre. Pour cela il est bon de nous demander : «Quels sont les plans à court terme et les plans à long terme à entreprendre? Ces plans pouvonsnous les réaliser avec succès?» Soyons précis et concrets en ce qui regarde la mise en place du processus. Nous ne pouvons pas nous contenter d être vague et imprécis et nous attendre à réussir dans notre action. Pour réussir, l action sociale exige un projet détaillé et précis qui suit un plan bien défini. Nous contenter d idées vagues au sujet de ce que nous voulons faire et du but à atteindre ne suffit pas. Ce ne peut-être qu un point de départ à partir duquel il est nécessaire d entrer dans les détails et les précisions et arriver à nous demander : «Nos plans sont-ils précis et concrets?» Voici les sept étapes pour élaborer le plan d une action sociale réelle et effective : 1. UN DIAGNOSTIC CORRECT : Quel est le problème et quelles en sont les causes? 2. UN BUT CLAIR ET PRECIS : Que voulons-nous réaliser et quand désironsnous entrer en action? 3. CONNAISSANCE DES OPTIONS : Quelles sont les différentes voies pour parvenir à notre objectif? 4. EVALUATION DES OPTIONS : Quels sont les avantages et désavantages de chaque option? 5. CHOIX D UNE OPTION : Quelle option est choisie et acceptée? Pourquoi? 6. CLARIFIER LE PLAN DE NOTRE ACTION : Qui va faire quoi, quand, où et comment? Précisons la (ou les) raison(s) concrète(s) pour laquelle ils ont besoin de s y prendre ainsi. 7. DECIDER DU MOMENT DE L EVALUATION : Fixons la date de l évaluation de la première action Note pour l animateur: Planifier une action sociale effective prend du temps. Le groupe ne réussira sans doute pas à terminer en une seule session. Dans cet exercice, vous pouvez aider le groupe à commencer ce projet. Davantage de sessions seront nécessaires pour aider le groupe à terminer leur plan. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 73

76 2 ème exercice : commencer à planifier notre action sociale Commencez par expliquer que le groupe a passé un temps assez long sur la première étape de cette planification effective de l action sociale. Lire le rapport sur le travail réalisé jusque là : l analyse du temps, des structures, des valeurs, attitudes, des causes profondes, réflexion de foi et des champs de forces. Résumez en une sentence le problème à l étude et ses causes profondes. Discutez-en si nécessaire. Le deuxième volet consiste à planifier le projet en lui précisant un objectif clair. Donnez cinq minutes de discussion entre voisins proches sur cet objectif de l action à entreprendre, ce qu il faut faire et quand ils pensent que l action doit être achevée. Deux par deux ils rendent compte de ce bref échange et à mesure que les idées sont exprimées, notez-les au tableau. Reprenez l échange avec l ensemble du groupe de façon à obtenir un consensus général sur l objectif à atteindre. Ecrivez au tableau cet objectif pour que tous soient capables de le lire et le gardent sous les yeux. Précisez que ce qui est écrit de l objectif, le restera tout au long de l action, pour mémoire. Le troisième volet de ce plan est de préciser et de connaître les options. Montrez qu il y a possibilité d avoir des moyens différents pour obtenir un résultat, aussi nous étudions ensemble ces différentes possibilités en groupe. Répartissez les participants en petits groupes, pour que chaque petit groupe puisse étudier et discuter de ces différentes méthodes, chaque groupe pouvant proposer plusieurs méthodes. Demandez le rapport de ces méthodes et notez-les au tableau pour établir une liste des différentes options possibles. Le quatrième volet est d évaluer ces options. Prendre chaque option et en discuter les avantages et inconvénients. Les inscrire au tableau. Le cinquième volet est de décider d une option. Utiliser la liste écrite au tableau pour donner à chaque membre du groupe le temps de réfléchir sur ces avantages et inconvénients, que chaque membre donne sa préférence et dise pourquoi. Note pour l animateur: Si vous le pouvez, mettez de la musique durant le temps de réflexion concernant les options. La musique peut aider à maintenir une atmosphère de calme et de réflexion. Le silence total pourrait être pesant et dérangeant. 74

77 Invitez chaque membre à venir expliquer au groupe l option choisie et à donner ses raisons. Quand chacun s est exprimé, relisez toutes les idées et résumez les options que le groupe doit maintenant déterminer. Quand ce choix est fait, rappelez au groupe d être conscient de la réalité. Le sixième volet est de préciser le plan d action. Cela prendra du temps et probablement plusieurs sessions. Note pour l animateur: Laissez assez de temps, entre cette session de planification et action et la prochaine session d évaluation de l action pour que le groupe achève la planification de l action sociale. Plan d action sociale Reprenez l échange avec l ensemble du groupe de façon à obtenir un consensus général sur l objectif. Ecrivez au tableau cet objectif. Précisez que ce qui est écrit de l objectif, le restera tout au long de l action, pour mémoire. Maintenant on peut élaborer le plan d une action sociale réelle Qui va faire quoi? Quand? Où? Comment? Les moyens de le réaliser Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 75

78 9 ème session : ÉVALUATION DE L ACTION Objectif : Expliquer comment faire l évaluation de l action et donner la possibilité au groupe d évaluer l action qu il a entreprise pour répondre à une situation donnée dans leur communauté. Pour évaluer il s agit de prendre conscience de ce qui a été réalisé positivement et de voir ce qui n a pas été fait. Dans l évaluation, nous regardons ce qui a été un succès et nous célébrons tout ce à quoi nous avons abouti. Puis nous regardons aussi nos erreurs et ce que nous n avons pas réussi à faire, afin que cela soit une leçon pour de futures actions. Il s agit donc d avoir un esprit critique sur ce que nous avons fait de positif et sur ce qui reste à faire pour améliorer la situation. L évaluation n est pas la fin de l action sociale, nous devons donc éviter de penser que tout est maintenant dans l ordre. Cette évaluation est un pas de plus pour continuer notre action. Avec elle, nous renforçons la base de notre prochaine action sociale. Les réussites que nous célébrons et les leçons que nous retirons de ce qui n a pas abouti à cause de nos erreurs nous aident pour la poursuite de nos actions. Cette évaluation fait partie du cercle pastoral et nous permet d obtenir une meilleure compréhension de nos problèmes ainsi que des réalités du travail à faire ; ainsi, nous sommes en meilleure position pour entreprendre l action suivante ou pour poursuivre l action sur le même problème. Cela nous relance dans un nouveau cercle d identification, de recherche, d analyse et de réflexion sur un problème dans la perspective de notre foi, de programme et d actions pour revenir à l évaluation. Exercice : évaluation de notre action sociale Divisez les participants en trois équipes. Demandez-leur de discuter les questions suivantes d évaluation : Première équipe : - Avons-nous fait le bon choix en ce qui concerne le problème? - Avions-nous les informations suffisantes et correctes concernant ce problème? - Avions-nous connaissance et compréhension des causes profondes de cette situation? - Avions-nous envisagé et compris cette situation dans une perspective chrétienne? 76

79 Seconde équipe : - Avons-nous fait le choix d une stratégie appropriée pour notre action? - Avons-nous abouti au but désiré? Sommes-nous parvenus au but recherché? - Comment notre action a-t-elle changé le problème abordé? - Comment notre action a-t-elle modifié notre communauté? Troisième équipe : - Qu avons-nous réussi à faire? Qu avons-nous fait de mieux? - Quelles étaient nos forces? - Qu avons-nous manqué? Quelles sont nos erreurs? Que pouvonsnous améliorer? Où étaient nos points faibles? - Comment notre action a-t-elle modifié notre groupe de Justice et Paix? Les équipes donnent leur rapport. Discutez les idées présentées dans ce rapport et essayez de parvenir à un accord sur chaque question d évaluation. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 77

80 Annexes L ENSEIGNEMENT SOCIAL DE L EGLISE CATHOLIQUE L Eglise catholique a toujours reconnu et commenté les problèmes de justice et d injustice dans le monde, en essayant d y répondre. En tant que chrétiens nous répondons aux injustices dont nous sommes témoins dans le monde autour de nous et nous travaillons activement pour établir la Justice et la Paix. L enseignement social de l Eglise nous donne les directives qui nous permettent d œuvrer pour plus de justice et de paix. Cet enseignement ne consiste pas en un seul document qui nous fournirait un modèle clair et définitif de réponses à donner au monde qui nous entoure. C est une collection de documents écrits par les papes, par différents Conciles de l Eglise, par les évêques, les conférences épiscopales nationales et des commissions spécialisées. Tous ces documents nous incitent à regarder notre société et le monde autour de nous d une nouvelle manière et nous posent des questions au sujet de situations que nous pourrions considérer comme normales et que nous pourrions continuer d accepter comme étant ainsi depuis toujours. Au lieu d accepter le monde comme nous le connaissons, ces documents nous poussent à analyser les situations de notre monde et de nos communautés en utilisant cet enseignement de l Eglise. Alors nous serons capables d agir de façon appropriée et responsable comme chrétiens. L enseignement social de l Eglise nous donne des directives pour programmer les actions que nous devrions organiser comme chrétiens en réponse aux problèmes et situations qui nous entourent. Un de ces documents intitulé Un appel à l action rédigé par le pape Paul VI souligne que la responsabilité de la communauté chrétienne est : De prendre conscience des signes des temps et des changements qui se passent dans le monde qui nous entoure. D analyser la situation dans le pays que nous habitons et dans la communauté où nous vivons. D utiliser l Evangile et l enseignement de l Eglise comme guide de notre analyse. De décider ce que nous devons faire et ce que nous pouvons faire dans la situation actuelle. Et, finalement, d exécuter les plans élaborés afin de mettre en action les idées. Cet enseignement social de l Eglise est basé sur l exemple de Jésus que nous lisons dans l Evangile. Cet enseignement est là pour supporter les personnes et les rendre libres à la fois spirituellement et temporellement dans leur vie quotidienne. Il envisage tous les aspects de notre vie, les aspects 78

81 économiques, politiques, sociaux, familiaux, environnementaux et culturels. Comme les conditions de vie évoluent dans notre monde, de même il est nécessaire que les enseignements évoluent pour répondre effectivement aux situations nouvelles. Ils ont été écrits en réponse justement à ce qui se passe dans le monde. L enseignement social actuel de l Eglise traite de sujets tels que les droits humains, la politique, la démocratie, la justice économique, le mariage et la famille, l éducation, la paix, le désarmement, les relations entre les nations, les loisirs, la propriété privée, ainsi que d autres sujets actuels. Bien que cet enseignement comporte de nombreux documents écrits sur des points précis, répondant à différentes situations de l actualité, ces documents ont pour base un ensemble de principes identiques. Quelques thèmes clés des documents principaux de l Eglise sont brièvement donnés dans la liste suivante : La condition des travailleurs Rerum Novarum (Les choses nouvelles) du pape Léon XIII Il y affirme le droit au travail Il appelle à ce que les salaires soient justes et les conditions de travail décentes Il décrit les responsabilités des tenants du capital et du travail Il promeut les droits des ouvriers à former des syndicats et à discuter de leurs conditions de travail. Il condamne le socialisme athée : La reconstruction de l ordre social Quadragesimo Anno (La quarantième année) du pape Pie XI Il condamne le fait que de plus en plus le pouvoir et la prospérité se trouvent dans les mains d un petit nombre Il soutient que la concentration du pouvoir économique et l esprit du lucre cause une souffrance terrible aux pauvres Il appelle à une distribution équitable des ressources et des richesses Il appelle à une réforme des structures sociales et économiques Il soutient le droit à la propriété privée, mais non comme un absolu : Le progrès social chrétien Mater et Magistra (Mère et Enseignante) du pape Jean XXIII Il déplore le fossé grandissant entre nations riches et nations pauvres Il plaide pour une aide aux pays les moins développés Il questionne la moralité de la course aux armements Il réaffirme le droit des ouvriers à participer à la propriété, aux profits et à la direction de l entreprise Il appelle les catholiques à dénoncer l inégalité générale et les structures économiques injustes : A tous les hommes de bonne volonté Pacem in Terris (La paix sur la terre) du pape Jean XXIII Il affirme que l ensemble des droits humains est la base de la paix Il insiste pour que de sérieux pas soient faits concernant le désarmement et qu une autorité universelle soit créée pour aider les nations à œuvrer pour la paix Il reconnaît l égalité de toutes les nations et leur droit au développement Il appelle les autorités à considérer la question des réfugiés avec une approche humanitaire Il appelle à une intégration de la foi et de l action. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 79

82 : L Eglise dans le monde moderne Gaudium et Spes (Les joies et les espoirs), document du Concile Vatican II Il réaffirme que la terre appartient à tous et que la volonté de Dieu est que tous puissent avoir leur part Il condamne la pauvreté croissante dans le monde et la menace d un conflit nucléaire Il proclame que la paix ne peut s obtenir qu en oeuvrant pour la justice Il lance un défi aux chrétiens pour être responsables de ce qui arrive dans le monde Il reconnaît que l injustice économique est une cause de guerre 1967 : L énorme problème social Populorum Progressio (Le développement des peuples) du pape Paul VI Il fait le lien entre développement et paix Il réaffirme le droit des nations pauvres au développement humain intégral Il affirme l interdépendance du monde comme village à la dimension du globe Il proclame que le paix n est pas seulement l absence de guerre, mais plutôt la recherche d un ordre juste dans le monde Il rejette les structures économiques qui établissent les inégalités Il appelle les multinationales à se faire agents de justice sociale et invite les pays développés à accueillir les travailleurs venant de nations pauvres : Un appel à l action Octogesina Adveniens (La quatre-vingtième année) du pape Paul VI Il appelle à une action politique pour établir plus de justice économique Il appelle chaque chrétien et chaque communauté chrétienne à répondre aux situations injustes Il appelle à utiliser l analyse sociale des injustices afin d en déterminer les causes profondes : La justice dans le monde Convenientes ex Universo (Réunis du monde entier), document du Synode des évêques Il soutient que l action en faveur de la justice est une dimension constitutive de la proclamation de la Bonne Nouvelle qu est l Evangile Il met les catholiques au défi de confronter le péché de la structure sociale Il réaffirme que toutes les nations ont droit à se développer elle-mêmes et à se déterminer elles-mêmes en ce qui regarde les affaires économiques Il supporte la Déclaration Universelle des Droits de l Homme des Nations Unies Il appelle à cesser la course aux armements Il met l Eglise au défi de s ajuster au modèle de justice qu elle prêche : L évangélisation dans le monde moderne Evangeli Nuntiandi (Prêchant l évangile) du pape Paul VI Il nomme «évangélisation» la conversion de tous les aspects de la vie Il proclame que l évangile libère de toute forme d oppression Il soutient que l Eglise doit activement participer à la libération de tous Il fait le lien entre justice sociale et foi Il pousse à l établissement de petites communautés chrétiennes (CEVB : communautés chrétiennes vivantes de base) 1979 : La mission de l Eglise et la destinée humaine Redemptor Hominis (Le rédempteur de l humanité) du pape Jean Paul II Les structures actuelles de l économie et de la politique sont inadéquates pour remédier à la situation

83 Il affirme que les droits de l homme sont le principe fondamental de la transformation de l action politique, économique et sociale Il met en avant l investissement dans la vie humaine et la survie, plutôt que dans l armement Il condamne l exploitation des ressources mondiales par un petit groupe : Le travail humain Laborem Exercens (L exercice du travail) du pape Jean Paul II Pour déterminer la valeur du travail humain, la base d évaluation n est pas le genre de travail fait mais celui qui le fait Les personnes sont plus importantes que le profit Les conditions du travail qui exploitent les travailleurs sont immorales Il réaffirme que la dignité du travail est basée sur la dignité de l ouvrier Il relie le combat pour la justice à la poursuite de la paix Il soutient le droit des ouvriers à former des syndicats et à discuter de leurs conditions de travail d une façon collective Il demande que la dignité des travailleurs immigrés soit respectée : L authentique développement humain Sollicitudo Rei Socialis (Le souci social de l Eglise) du pape Jean Paul II Il dénonce comme «structure de péché» tout ce qui empêche le développement des nations pauvres Il appelle toutes les nations riches à donner préférence au pauvre Il déclare que le marxisme et le capitalisme ont tous deux contribué à établir des conditions d oppression et d injustice dans le monde Il exige que les ressources dépensées pour l armement soient au contraire mises au service de l action pour soulager la misère humaine Il appelle à la réforme des systèmes du commerce mondial et des finances pour qu ils soient vraiment équitables Il promeut le soin à apporter à l écologie et à la sauvegarde de la création : Les nouvelles réalités actuelles Centesimus Annus (Le centième anniversaire) du pape Jean Paul II Il réaffirme les principes de l encyclique Rerum Novarum de 1891 Il regrette les échecs à la fois de l économie de marché et du socialisme Il appelle à l annulation de la dette des nations pauvres Il appelle à l établissement d une politique capable d assurer l emploi des travailleurs ainsi que la sécurité du travail Il affirme le besoin de contrôler le marché des armes Il appelle les nations riches à ne pas gaspiller des ressources de plus en plus rares : L Année jubilaire 2000 Tertio Millenio Adveniente (Le troisième millénaire approche) du pape Jean Paul II Il maintient la valeur sacrée de la vie humaine Il condamne l injuste distribution des ressources humaines comme étant la cause directe de la famine et de la malnutrition Il déplore la destruction de la nature et le marché des armes Il condamne le marché international de la drogue Il condamne l avortement qu il appelle structure de péché Il rejette les législations sur l euthanasie et le suicide assisté. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 81

84 Quelques thèmes de l enseignement social de l Eglise La dignité de la personne Dieu a créé chacun de nous dans ce monde. Quelque soit l autre personne que nous regardons, nous contemplons une création de Dieu. Dieu n a pas simplement créé les personnes ; il les a créées à son image. Cela signifie que toute personne est spécialement respectable. Etant donné qu elle a été façonnée à l image de Dieu, chaque personne possède sa dignité et a le droit d être traitée dignement comme créature de Dieu. La dignité de la personne humaine ne peut être reconnue et respectée que dans une communauté. Toute personne, peu importe sa race, doit être traitée avec respect comme création particulière de Dieu. Toute personne possède des droits humains inaliénables. Les instructions sur la dignité de la race humaine nous enseignent qu il faut traiter chaque personne avec dignité et qu il faut protéger les droits humains de toute personne. Le bien commun Nous partageons le monde avec beaucoup de personnes différentes, toutes créées à l image de Dieu. Ce que nous faisons au cours de notre vie a des conséquences sur la vie des personnes autour de nous ; de même, ce que les autres font ont aussi des conséquences sur nos vies. Personne ne peut prétendre que sa vie n affecte nullement la vie des autres ou que ce qu il fait n a aucune conséquence sur la vie des autres. Il est donc très important de ne blesser personne par nos paroles, par nos actes ou par les choix que nous faisons. Chaque fois que nous disons ou faisons quelque chose, ou que nous faisons un choix, nous devons nous assurer de ne pas nous faire du tort, ni à ceux qui nous entourent. Notre bien dépend de ce que nous faisons et de ce que font les autres. Le bien des autres dépend de ce que nous faisons et de ce que les autres font euxmêmes. Notre bien est lié au bien des autres. Le bien commun est le bien de la majorité des gens et non pas celui de minorités. Le bien commun est de répondre aux besoins individuels et aux besoins de la communauté. Ce qu il faut respecter, c est le bien de tous. Si nous faisons quelque chose qui empêche les autres de répondre à leurs besoins, alors nous causons du dommage aux autres. Et comme nous sommes tributaires des autres et que nous dépendons d eux pour obtenir notre bien, finalement nous nous faisons tort à nous-mêmes. Le bien commun nous enseigne de faire des choix et d agir en sorte que nous puissions répondre aux besoins de la majorité et permettre aux personnes de répondre à leurs besoins. La solidarité Tout ce que nous faisons doit assurer notre bien et celui des autres. Lorsque nous suivons les leçons du bien commun, nous assurons que nos choix et nos actions 82

85 nous permettent et permettent aux autres de répondre à leurs besoins (dans notre communauté, dans notre pays et dans le monde). Pour cela, nous devons comprendre les besoins des autres et leur problèmes. Mais cela ne suffit pas, nous devons montrer autant d intérêt et être aussi concernés par les besoins et problèmes des autres que nous le sommes de nos besoins et de nos problèmes. C est cela être solidaire. Etre solidaire c est être proche des autres, en particulier des pauvres et des marginalisés et considérer leurs besoins et problèmes aussi important que les nôtres. Etre solidaire ce n est pas simplement avoir de la compassion pour les gens et avoir le désir de leur venir en aide. C est joindre nos forces avec d autres pour agir avec eux et s engager au service du bien commun. L option pour les pauvres En réalité il n y a pas suffisamment de personnes qui œuvrent en solidarité pour le bien commun. Le résultat en est que beaucoup déjà pauvres matériellement, sont désavantagés, opprimés ou marginalisés dans la société soit à cause de leur race, leur sexe, leur religion, leur classe sociale, leur origine ou leur handicap. Les besoins et problèmes des pauvres, des opprimés et des marginalisés ont tendance à être de plus en plus ignorés dans notre monde. Cela signifie que les pauvres, les opprimés et les marginalisés manquent de solidarité et qu ils requièrent vivement que le reste de la communauté humaine s engage à travailler avec eux pour les aider à subvenir à leurs besoins et à trouver des solutions efficaces à leurs problèmes. C est ce qui est communément appelé «l option pour les pauvres». L option pour les pauvres est une attention spéciale que nous offrons à ces gens désavantagés et marginalisés. Mais cela ne veut pas dire que ces pauvres sont impuissants et qu ils attendent de nous de les sauver et de tout faire pour eux. Les pauvres ont en réalité des capacités, des dons et l énergie de pouvoir et de vouloir se rassembler pour œuvrer solidairement pour le bien commun. Ainsi l option pour les pauvres est un appel lancé à tout le monde pour diriger leur attention et leur volonté afin de travailler avec eux au bien commun. C est aussi un appel adressé particulièrement aux riches et aux puissants de partager leurs ressources et leur bien-être. Car finalement il est pratiquement impossible de mettre en œuvre l option pour les pauvres sans la co-opération des riches et des puissants. L option pour les pauvres nous apprend à être toujours plus conscients de ces personnes qui vivent dans notre communauté, dans notre pays et dans le monde afin de nous mettre à leur service afin qu ensemble nous puissions leur permettre de répondre à leurs besoins et de trouver solution à leurs problèmes. Il faut se rendre compte que le fossé entre pauvres et riches ne cesse de s élargir, alors que l option pour les pauvres devrait normalement combler peu à peu ce fossé. La paix dans le monde dépend du développement des plus pauvres parmi nous. Le développement intégral Trop souvent nous envisageons les besoins et problèmes des gens en terme de choses telle que la nourriture, l habillement, le logement, l eau, l école, une salle de rencontre, des outils pour cultiver, etc. Il y a beaucoup plus que juste leurs simples besoins physiques ou matériels. Les personnes ont en effet des besoins intellectuels, émotionnels et spirituels. Elles ont besoin de comprendre (d où l éducation), d aimer et d être aimées, de travailler (donc des emplois), de réaliser quelque chose qui les mette en valeur, Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 83

86 d être créatives et de vivre heureuses. Ainsi, si nous n envisageons que leurs besoins matériels, nous ne répondrons qu à une partie de leurs besoins réels. Nous devons donc envisager plus largement l ensemble de leurs différents besoins en prenant conscience de tous les aspects de leur personnalité et les rendre capables de se développer dans tous les aspects de leur vie. C est ce que nous appelons le développement intégral. Ce développement intégral s attache à permettre la promotion du bien de tous et dans tous les secteurs de la vie. C est donc la personne humaine en entier qui est visée et non pas seulement son bien matériel. Il y a donc à rectifier notre objectif en direction des personnes et non seulement en direction de bâtiments ou de projets. Personne ne devrait être exclu de ce développement pour quelque raison que ce soit : raison religieuse, culturelle ou raciale. Ce développement englobe à la fois le progrès spirituel et matériel de toutes les personnes. La subsidiarité En général les gens sont capables d évaluer eux-mêmes la situation dans laquelle ils se trouvent, de décider ce qu ils ont à faire et de mettre en œuvre eux-mêmes leur décision. Puisque les gens connaissent ce dont ils ont besoin, sont conscients plus que les autres de leurs problèmes, ils sont plus à même de trouver les moyens de répondre à leurs besoins et de résoudre leurs problèmes. Ils sont responsables de leur propre développement. Ce serait insensé de la part d autres qui ne leur sont pas proches et ne connaissent pas leur situation, de décider à leur place, alors qu ils sont capables de décider par eux-mêmes. C est le principe même de subsidiarité. La subsidiarité consiste en ce fait de permettre aux gens de décider pour euxmêmes et de ne référer leurs décisions à une autorité supérieure que s ils ne sont pas vraiment capables de prendre ces décisions. Un exemple : si le besoin se fait sentir de construire une nouvelle école dans un quartier, la mairie devrait être capable de décider la construction de cette école plutôt que le ministère de l éducation. La subsidiarité nous apprend à prendre des décisions sans toujours attendre que l autorité supérieure décide à notre place et à ne pas prendre de décisions à la place de ceux qui peuvent décider par eux-mêmes. La justice Quel que soient les succès de nos interventions pour protéger la dignité humaine des personnes, en travaillant en solidarité avec les autres (particulièrement les pauvres) pour le développement de toute la personne, le succès dépendra des structures avec lesquelles nous nous associons. Nos communautés, nos pays et notre monde sont formés de structures différentes: les structures politiques comme les gouvernements, les structures économiques comme la banque centrale, les structures sociales telles que les organisations pour le développement et le bien-être, les structures religieuses comme les Eglises et les structures culturelles telles que les écoles. Si les structures qui existent dans nos communautés, dans nos pays et dans le monde ne nous permettent pas de mettre en œuvre l enseignement social de l Eglise, alors nous devons changer ces structures. L enseignement social de l Eglise nous donne des directives pratiques pour nous aider à nous aimer et à aimer notre prochain. Nous devons nous assurer que les structures de notre monde nous permettent de témoigner de cet amour sans rencontrer d obstacle. Des structures qui sont justes ne peuvent être des obstacles à l amour. Quand la justice existe réellement, chaque personne est traitée de la même façon et reçoit ce qui lui est dû. L enseignement des règles de justice nous indique que pour 84

87 travailler à la justice dans le monde, il faut changer les structures qui font obstacle à l amour. Les injustices naissent surtout de structures injustes, comme par exemple l apartheid, ou de systèmes économiques comme le problème de la dette internationale. La paix Si les structures de nos communautés, de nos pays et du monde sont justes et nous permettent d aimer réellement notre prochain, la paix existera. Par contre si ces structures sont injustes et favorisent les droits de certaines personnes au dépens des autres, assurant pour ces personnes des avantages refusés aux autres, alors la paix ne peut exister. La paix est bien plus que l absence de la violence. Elle existe lorsque chaque personne est traitée dignement, qu elle a la possibilité de recevoir ce qu il lui faut pour mener une vie décente et prospère et qu elle jouit de l espace nécessaire à son développement normal et total. L enseignement sur la paix nous apprend à œuvrer contre tout esprit de domination, contre tout abus de pouvoir, contre toute violence et toute violation des droits de la personne dans le monde, pour mettre en avant la justice et le bien commun. La réconciliation Malheureusement dans le monde, la paix est loin d être générale, car il y a beaucoup de conflits. Tout conflit touche au moins deux camps ou deux individus qui refusent de se mettre d accord. Aussi longtemps que chaque individu ou chaque camp reste persuadé d être dans le droit et l autre dans l erreur, le conflit continuera. Le conflit prendra fin lorsque deux conditions seront réalisées. La première est que chaque opposant accepte le fait qu il n est pas seulement victime passive, mais aussi agent actif du conflit et que, par conséquent, chacun reconnaisse sa responsabilité dans ce conflit. La seconde se réalise lorsque chaque camp accepte de parler à l autre pour trouver le moyen de mettre un terme à ce conflit. C est le début du processus de réconciliation. Celle-ci n englobe pas la revanche ou la restitution, mais bien le pardon dont il faut explorer les possibilités. Ce que nous enseigne la réconciliation c est que si nous mettons toute notre énergie à poursuivre le conflit, cela nous détruira ainsi que notre communauté, notre pays et finalement le monde lui-même. La seule voie pour mettre fin à un conflit est la voie de la réconciliation. L intégrité de la création En créant le monde, Dieu nous l a confié en tant que gérant. C est une responsabilité énorme. Ce que nous faisons au monde aujourd hui va affecter la vie de nos enfants demain. Si nous continuons de jeter n importe où nos déchets, comme nos déchets nucléaires, dans la mer, si nous continuons à détruire les forêts, à polluer l atmosphère et les rivières, à exterminer des générations de plantes et d animaux, nous pouvons nous demander quel genre de monde nous allons laisser à nos enfants. Comment prenons-nous soin de cette merveille qu est le monde créé par Dieu? Notre environnement est précieux et ne peut tolérer qu un petit degré d abus. C est notre devoir de le protéger et d en prendre soin. En bon gérants, nous avons à utiliser modérément des ressources du monde afin qu elles se perpétuent et continuent de rendre service à tous dans le futur. Il nous faut apprendre que le respect de l intégrité de la création est de notre responsabilité, comme le bon état de notre environnement. Nous devons nous consacrer à les protéger. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 85

88 Dessins agrandis à photocopier Note pour l animateur: Sur les pages qui suivent quelques-uns des dessins du texte sont agrandis afin de pouvoir les photocopier. Cela facilite leur emploi pendant les exercices du cours. Si chaque participant possède un manuel il n est pas nécessaire de les photocopier. 86

89 Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 87

90 88

91 Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 89

92 MÉTHODE pour aider les gens AGENT Celui, ceux qui veulent aider CONTRIBUTION de la communauté RESULTAT lorsqu on se sert de la méthode L ASSISTANCE LA CHARITÉ LE DÉVELOPPEMENT JUSTICE et PAIX 90

93 Définitions de Justice et Paix Justice et Paix existent lorsque la dignité de chaque personne est respectée, lorsque chacun a accès au bureau de vote, à l éducation, aux soins de santé, à un habitat décent, à un emploi et à la sécurité. Un groupe d ouvriers L action de Justice et Paix surmonte toutes sortes d oppressions, qu elles soient politiques, religieuses, culturelles ou économiques. De telles exploitations sont dénoncées et détruites, permettant aux gens d exercer tous leurs droits humains et de choisir en toute liberté leur genre de vie. Un militant des droits de la personne Justice et Paix existe lorsque les femmes et les enfants sont protégés d être battus, abusés, violés. Lorsque la police envoie en prison les criminels et protège les victimes. Nous avons des sentiments et des droits. Nos voix doivent être entendues de façon à ce que la paix soit une réalité. Une maman d un quartier pauvre Justice et Paix sera établie lorsque tous les responsables de l économie se décideront à partager équitablement les ressources du monde avec tous les habitants de la terre. Cela sera réalité quand les riches seront forcés de partager avec les pauvres : ils ne peuvent continuer à les ignorer! Le gouvernement doit lutter pour notre droit de travailler et de recevoir un juste salaire. Un ouvrier au chômage Justice et Paix consiste à remettre en question et à changer toutes les structures injustes. Un activiste de Justice et Paix Justice et Paix est dirigée vers la transformation des structures, des politiques et des comportements qui diminuent et détruisent l intégrité de la création et empêchent la possibilité d une qualité de vie accessible à tous, en particulier aux pauvres et aux marginalisés. Grâce aux recherches, aux analyses, aux plaidoyers ainsi qu aux activités planifiées, Justice et Paix cherche à préserver l environnement et à transformer la situation des personnes, des communautés et des pays de façon à ce que chacun puisse vivre d une manière qui reflète la dignité de la personne créée à l image de Dieu. Ainsi Justice et Paix pose une fondation qui permettra aux autres ministères de l Eglise d exercer leur mission d évangélisation. Mgr Kevin Dowling, évêque Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 91

94 La multiplication des pains et des poissons (Matthieu 14, 13-21) Jésus ressuscite un jeune homme (Luc 7, 11-17) Jésus parle à Zachée perché sur un arbre (Luc 19, 1-10) Jésus bénit les enfants (Marc 10, 13-16) 92

95 Commencer 5. Évaluer l impact de l action 4. Élaborer un plan et le mettre en place le cercle pastoral Recommencer 1. l expérience de vie 2. l analyse sociale 3. réflexion à la lumière de la foi Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 93

96 ENQUETE SUR LES MEMBRES D UNE PAROISSE Date: / / Nom de la personne qui remplit ce questionnaire: 1. Depuis quand êtes-vous membre de cette paroisse? 2. Etes-vous marié? 3. Votre époux/épouse est-il/elle également membre de la paroisse? 4. Avez-vous des enfants? Oui Oui Oui Non Non Non - Combien? - Quel âge ont-ils? 5. Avez-vous un emploi? Oui Non - si oui, quel est-il? - depuis quand exercez-vous ce métier? Si vous n avez pas de travail actuellement: - Avez-vous jamais eu d emploi? Lequel? - Depuis quand n avez-vous plus d emploi? - Que faites-vous pour survivre et pour faire vivre votre famille? 6. Etes-vous membre d une association paroissiale? Oui Non - Si oui, de quelle association faites-vous partie? - Quel avantage en retirez-vous? - Si non, pour quelle raison ne faites-vous partie d aucun groupe ni d une association? - Pensez-vous que votre paroisse devrait avoir d autres associations? Lesquelles? Pourquoi d après vous? 94

97 L histoire de Zolile Zolile est un jeune homme, élève de la dernière année de lycée. Un jour, il ressent une légère douleur à la main. Il n y prête tout d abord pas attention. Mais le lendemain sa douleur a empiré et, à la fin de la semaine, elle a pris des proportions énormes ; il ne supporte plus ce mal. Sa mère lui conseille d aller consulter un docteur. Le docteur lui prescrit un onguent qu il doit appliquer trois fois par jour. La consultation n a pas duré plus de cinq minutes. Zolile se soigne et applique l onguent trois fois par jour. A la fin de la semaine, sa douleur est guérie. Mais quelques jours après, Zolile sent une autre douleur au cou. Il va consulter le docteur de nouveau et celui-ci lui prescrit encore le même onguent qu il applique jusqu à être guéri. Mais par la suite d autres douleurs apparaissent à la jambe et au bras. Il retourne voir le docteur qui lui prescrit toujours le même onguent. Quelques mois plus tard, Zolile a utilisé cinq tubes d onguent, mais la douleur persiste. Sa mère qui s inquiète l emmène voir un autre docteur.cette doctoresse prend le temps d examiner sérieusement Zolile et finalement s enquiert au sujet de son régime alimentaire, du temps de ses exercices physiques, de son sommeil ainsi que de tous les endroits où il ressent ces douleurs. Puis elle décide de faire une prise de sang en expliquant qu elle désire faire des tests afin de trouver la raison de ces douleurs. La semaine suivante, Zolile et sa mère retournent voir la doctoresse pour recevoir les résultats de la prise de sang. La doctoresse leur révèle que ces douleurs sont occasionnées par un manque de vitamines. Lorsque le corps ne reçoit pas suffisamment de vitamines, la maladie se manifeste ainsi que les douleurs. Elle prescrit des tablettes de vitamines et indique à sa mère quels genres de légumes frais il doit manger pour rester en bonne santé. Elle ajoute qu il y a un projet de développement dans la communauté qui lui apprendra à cultiver un jardin potager et elle l aide à participer à ce projet. Zolile absorbe les vitamines prescrits et mange les légumes cultivés par sa mère en s assurant qu il en mange suffisamment. Depuis lors, il est en bonne santé, ses douleurs ont disparu. Etablir en paroisse un groupe «Justice et Paix» 95

98 Estudio Etude de de cas Caso L histoire de Gongolo Gongolo et une petite communauté qui se trouve dans la province du Sud, à l orée d une magnifique forêt qui est une réserve naturelle. Les habitants de ce village sont vraiment confiants dans le futur, car convaincus que les élections libres et équitables qui ont établi des structures démocratiques ont amené des améliorations à leur communauté, et vont continuer à leur apporter de bons résultats. En juin 1999, un communiqué a causé un choc dans la communauté. La mine locale de chrome devait fermer en janvier Or cette mine assurait du travail à bien des habitants. La fermeture de la mine allait mettre au chômage beaucoup de monde. Ce qui a augmenté le choc, c est qu aucun préavis n a été donné à la population et qu il n y avait aucun signe avant coureur indiquant un tel événement. Au contraire, les propriétaires de cette mine assuraient que tout allait bien. La fermeture de la mine a eu des effets dévastateurs sur la communauté. Le chômage qui jusque là était relativement faible, devint le plus grand problème de Gongolo. Les indemnités de licenciement ne permettaient de survivre que peu de temps. Beaucoup savaient qu ils ne pouvaient continuer de vivre à Gongolo sans travail. Ils devraient partir à la recherche de travail dans les grandes cités. De plus, les petits commerces locaux furent durement affectés. Les gens n avaient plus d argent à dépenser. Une atmosphère de tristesse et d échec planait sur Gongolo. En janvier 2001, une autre nouvelle importante vint encore endeuiller Gongolo. Le bureau présidentiel a annoncé que la région renommée de la réserve et de la forêt de Gongolo serait vendue à une grande multinationale des Etats Unis appelée Paulsens. D abord les gens ont éprouvé un certain enthousiasme à cette nouvelle encourageante d une initiative industrielle qui allait s ouvrir dans la région. Cela allait permettre la création de nouveaux emplois; le gouvernement, de son coté, jugeait que c était le genre d initiative dont le pays avait besoin. Cependant, après quelque temps, la population commence à entendre d autres rumeurs concernant l initiative de Paulsens. Cette compagnie fait savoir qu elle ne pourrait garantir du travail pour l ensemble de la communauté, mais seulement pour quelques personnes. Ils allaient offrir de juteux contrats à de petites compagnies. En dépit de quoi le ministère du travail encourageait la population à soutenir l initiative Paulsens puisqu elle allait fournir du travail, au moins à certains. Des ONG se sont demandé comment Paulsens allait gérer la forêt et sa réserve naturelle, comment elle entendait protéger l environnement. Ces questions, le ministère de l environnement refusa d y répondre, prétendant qu il dominait la situation. Il y avait entre le gouvernement et Paulsens des accords secrets et aucun d eux ne voulait répondre aux questions. Une ONG a alors dévoilé que Paulsens avait l intention de se servir de cette forêt et réserve naturelle pour entreposer des déchets nucléaires. Le gouvernement et Paulsens ne peuvent répondre aux questions, étant donné que le gouvernement des Etats- Unis présidé par Georges Bush a une politique très sourcilleuse sur le démantèlement des armes nucléaires. Paulsens va démanteler pour le gouvernement des Etats-Unis des armes nucléaires obsolètes. Cela doit rester secret. L initiative Paulsens commence lentement mais sûrement à diviser la communauté. Deux groupes s opposent, chaque groupe avec de nombreux supporters. Le premier groupe dirigé par les commerçants locaux et les ouvriers spécialisés a pour argument que Gongolo n a pas le choix. Si la population veut survivre, leur seul espoir est cette initiative Paulsens qui peut offrir de l emploi et renflouer le commerce local. Si Gongolo ne saisit pas l occasion, Paulsens ira ailleurs et Gongolo mourra. Le second groupe, dirigé par quelques leaders locaux et des représentants d Eglise arguent que Paulsens allait détruire la forêt et la réserve naturelle. Si Paulsens est autorisé à aller de l avant, l environnement de la communauté, ses terrains où reposent les ancêtres dans la réserve naturelle seront détruits. La communauté perdra tous ses droits sur la forêt et sur la réserve naturelle et les traditions se perdront. Le village perdra à tout jamais l accès à ces ressources naturelles. Le dénouement est proche. Il y a de nombreuses réunions et des manifestations à Gongolo. Le conseil local, Paulsens et des commerçants influents ont invité la communauté et les Eglises à une réunion qui se tiendra dans la salle commune. Pendant cette réunion, ils auront l occasion d exprimer leur réprobation sur cette initiative de Paulsens. Les autorités locales et ecclésiales ont demandé à notre groupe de Justice et Paix de préparer la réunion afin de présenter leurs arguments au gouvernement et aux commerçants. 96

99 Promouvoir Justice, Paix et l Intégrité de la Création (JPIC) Cherches-tu des informations ou veux-tu partager expérience, idées, propositions? Visite notre Site: ou voir: Regarder aussi le Site de VIVAT:

Visita ad limina Apostolorum dei Presuli della Conferenza Episcopale del Benin

Visita ad limina Apostolorum dei Presuli della Conferenza Episcopale del Benin N. 0311 Lunedì 27.04.2015 Visita ad limina Apostolorum dei Presuli della Conferenza Episcopale del Benin Il Santo Padre Francesco ha ricevuto questa mattina in Udienza i Vescovi della Conferenza Episcopale

Plus en détail

Que fait l Église pour le monde?

Que fait l Église pour le monde? Leçon 7 Que fait l Église pour le monde? Dans notre dernière leçon, nous avons vu que les croyants ont des responsabilités vis-à-vis des autres croyants. Tous font partie de la famille de Dieu. Les chrétiens

Plus en détail

Feuille de route 2013-2016

Feuille de route 2013-2016 Archidiocèse de sherbrooke Vers un nouveau réseau de collaborations Feuille de route 2013-2016 Malgré les changements apportés, la diminution des ressources humaines et matérielles en milieu ecclésial

Plus en détail

Evaluation de l organisation interne

Evaluation de l organisation interne Module 1 Module Evaluation de l organisation interne Table des matières SECTION 1 Mission et valeurs 34 SECTION 2 Gestion 1 40 SECTION 3 Gestion 2 46 T E A R F U N D 2 0 0 3 33 Module 1 Section 1 Mission

Plus en détail

«Si quelqu un veut venir après moi qu il renonce à lui-même, qu il se charge chaque jour de sa croix et qu il me suive» Luc 9 : 23.

«Si quelqu un veut venir après moi qu il renonce à lui-même, qu il se charge chaque jour de sa croix et qu il me suive» Luc 9 : 23. «Si quelqu un veut venir après moi qu il renonce à lui-même, qu il se charge chaque jour de sa croix et qu il me suive» Luc 9 : 23. Pour faire suite au récit des disciples sur le chemin d Emmaüs et pour

Plus en détail

Campagne DENIER 2015. Campagne Denier 2015 Diocèse de Fréjus-Toulon Page 1

Campagne DENIER 2015. Campagne Denier 2015 Diocèse de Fréjus-Toulon Page 1 Campagne DENIER 2015 Campagne Denier 2015 Diocèse de Fréjus-Toulon Page 1 Edition janvier 2015 Sommaire Page 3 - Denier de l Eglise Bilan 2014/Campagne 2015 Page 4 - Evolutions de la collecte du Denier

Plus en détail

Histoire de Manuel Arenas

Histoire de Manuel Arenas Histoire de Manuel Arenas Dieu est le seul Dieu vivant nous pouvons Lui faire entièrement confiance! Source : Hugh Steven, «Manuel» ( 1970 Wycliffe Bible Translators) En français : «Manuel le Totonac»

Plus en détail

Le Baptême de notre enfant

Le Baptême de notre enfant Le Baptême de notre enfant Baptême de notre enfant : Le à l église de Ce même jour, ils ont également reçu le baptême 1 Chers parents, Déroulement de la célébration (p 3-8) 1. Accueil et entrée dans l

Plus en détail

Je viens vous préparer à cet évènement : L illumination des consciences

Je viens vous préparer à cet évènement : L illumination des consciences Je viens vous préparer à cet évènement : L illumination des consciences Cette révélation est donnée en français à Sulema, une femme née en 1954 au Salvador. Depuis plus de 30 ans, elle vit au Canada avec

Plus en détail

Le Baptême des petits enfants en 25 questions

Le Baptême des petits enfants en 25 questions Le Baptême des petits enfants en 25 questions 1. Les parents doivent-ils être baptisés pour demander le baptême de leur Non, puisque c est la personne qui va recevoir le baptême qui est concernée. Tous

Plus en détail

COMMENT DÉCOUVRIR SA VOCATION

COMMENT DÉCOUVRIR SA VOCATION Stephen Wang COMMENT DÉCOUVRIR SA VOCATION Mariage, sacerdoce, vie consacrée, diaconat permanent, célibat «Petits Traités Spirituels» Série III «Bonheur chrétien» éditions des Béatitudes Ava n t-p r o

Plus en détail

STATUTS DE L ASSOCIATION CARITAS JURA

STATUTS DE L ASSOCIATION CARITAS JURA STATUTS DE L ASSOCIATION CARITAS JURA Remarque : Les termes désignant des personnes s appliquent indistinctement aux femmes et aux hommes. Art. 1 DENOMINATION ET SIEGE Sous la dénomination CARITAS JURA(ci-après

Plus en détail

Bonsoir, Mesdames et Messieurs,

Bonsoir, Mesdames et Messieurs, Bonsoir, Mesdames et Messieurs, Tout d abord je souhaiterais remercier les organisateurs de ce symposium, la Division de la Population des Nations Unies et la Fondation Roselli, pour leur invitation de

Plus en détail

22 Nous Reconnaissons la force du pardon

22 Nous Reconnaissons la force du pardon 22 Nous Reconnaissons la force du pardon 23 Par le rite pénitentiel, les chrétiens se tournent vers Dieu pour lui demander son pardon. Dieu nous reçoit tels que nous sommes et nous pardonne pour que nous

Plus en détail

Quelques exemples de croyants célibataires

Quelques exemples de croyants célibataires Périodique de matière biblique pour les jeunes - Août 2013 - Numéro 16 Quelques exemples de croyants célibataires La situation du chrétien En 1 Corinthiens 7, Paul aborde le sujet du chrétien célibataire.

Plus en détail

programme connect Mars 2015 ICF-Léman

programme connect Mars 2015 ICF-Léman programme connect Mars 2015 ICF-Léman Déroulement des soirées 19:00-19:30 Accueil 19:30-20:00 Repas 20:00-20:05 Fin de repas / nettoyages 20:05-20:15 Annonces / infos 20:15-20:45 Programme vidéo ou étude

Plus en détail

13 Quelle est l église du Nouveau Testament?

13 Quelle est l église du Nouveau Testament? DU NOUVEAU TESTAMENT? 169 13 Quelle est l église du Nouveau Testament? Ainsi, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps en Christ et nous sommes tous membres les uns des autres (Rm 12.5). Par

Plus en détail

Vingt-cinq questions posées lors d une entrevue

Vingt-cinq questions posées lors d une entrevue Vingt-cinq questions posées lors d une entrevue Cette section vous propose une synthèse des questions les plus susceptibles d être posées en entrevue de sélection. Cette section peut vous aider lors de

Plus en détail

Conseil Diocésain de Solidarité et de la Diaconie. 27 juin 2015. «Partager l essentiel» Le partage est un élément vital.

Conseil Diocésain de Solidarité et de la Diaconie. 27 juin 2015. «Partager l essentiel» Le partage est un élément vital. 27 juin 2015 Le partage est un élément vital. Notre démarche Notre chemin Dans un premier temps, nous sommes partis de mots qui expriment ce qui est essentiel pour nous, indispensable pour bien vivre.

Plus en détail

Qu est-ce qu un programme de dons?

Qu est-ce qu un programme de dons? 1 Qu est-ce qu un programme de dons? Le terme «programme de dons» réfère à votre approche politique, stratégique, active visant à construire une relation durable avec vos abonnés et les donateurs. Tout

Plus en détail

NATIONS UNIES. Déclaration des droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques

NATIONS UNIES. Déclaration des droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques NATIONS UNIES Déclaration des droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques www2.ohchr.org/english/issues/minorities Droits des minorités Introduction

Plus en détail

Introduction à l évaluation des besoins en compétences essentielles

Introduction à l évaluation des besoins en compétences essentielles Introduction à l évaluation des besoins en compétences essentielles Cet outil offre aux conseillers en orientation professionnelle : un processus étape par étape pour réaliser une évaluation informelle

Plus en détail

RESSOURCEMENT SUR MESURE

RESSOURCEMENT SUR MESURE RESSOURCEMENT SUR MESURE Le Centre Assomption de Lourdes propose d avril à octobre la formule innovante du RESSOURCEMENT SUR MESURE La nouvelle équipe d animation, composée de sœurs et de laïcs, répond

Plus en détail

Mais revenons à ces deux textes du sermon sur la montagne dans l évangile de Matthieu.

Mais revenons à ces deux textes du sermon sur la montagne dans l évangile de Matthieu. «AIMER SES ENNEMIS» «Qui veut prendre ta tunique, laisse lui aussi ton manteau». Si quelqu un te force à faire mille pas, fais-en deux mille avec lui». «Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent»

Plus en détail

Préparation de la visite. Visite symbolique et spirituelle Groupes: 6 e, 5 e, 4 e et 3 e (collège) Visites éducatives de la Sagrada Família

Préparation de la visite. Visite symbolique et spirituelle Groupes: 6 e, 5 e, 4 e et 3 e (collège) Visites éducatives de la Sagrada Família Visites éducatives de la Sagrada Família Préparation de la visite. Visite et spirituelle Groupes: 6 e, 5 e, 4 e et 3 e () 1 0. À la découverte de l église La Sagrada Família ouvre ses portes au regard

Plus en détail

Intentions de prière du Saint Père confiées à l Apostolat de la Prière. pour l année 2015 JANVIER FEVRIER MARS AVRIL

Intentions de prière du Saint Père confiées à l Apostolat de la Prière. pour l année 2015 JANVIER FEVRIER MARS AVRIL Intentions de prière du Saint Père confiées à l Apostolat de la Prière pour l année 2015 Universelle La promotion de la paix JANVIER Pour que ceux qui appartiennent aux différentes traditions religieuses

Plus en détail

ENTREVUE D EMBAUCHE : COMMENT S Y PRÉPARER?

ENTREVUE D EMBAUCHE : COMMENT S Y PRÉPARER? ENTREVUE D EMBAUCHE : COMMENT S Y PRÉPARER? 1 PRÉPARATION GÉNÉRALE : Bien connaître son C.V. et en amener des copies supplémentaires (si plusieurs employeurs ou si celui-ci l a perdu). Ne pas plier son

Plus en détail

MARIAGE. Adresse du futur foyer: En l église paroissiale: Date du mariage, A (numéro postal, localité, commune) Diocèse de: ENTRE

MARIAGE. Adresse du futur foyer: En l église paroissiale: Date du mariage, A (numéro postal, localité, commune) Diocèse de: ENTRE DOC. VI. MARIAGE Date du mariage, En l église paroissiale: A (numéro postal, localité, commune) Diocèse de: ENTRE (Nom et prénoms du fiancé) (Nom et prénoms de la fiancée) Adresse actuelle: (localité et

Plus en détail

L enfant sensible. Un enfant trop sensible vit des sentiments d impuissance et. d échec. La pire attitude que son parent peut adopter avec lui est

L enfant sensible. Un enfant trop sensible vit des sentiments d impuissance et. d échec. La pire attitude que son parent peut adopter avec lui est L enfant sensible Qu est-ce que la sensibilité? Un enfant trop sensible vit des sentiments d impuissance et d échec. La pire attitude que son parent peut adopter avec lui est de le surprotéger car il se

Plus en détail

CONSEIL DE COORDIN AT I O N DU PROGRAM M E DE L ONUSID A

CONSEIL DE COORDIN AT I O N DU PROGRAM M E DE L ONUSID A CONSEIL DE COORDIN AT I O N DU PROGRAM M E DE L ONUSID A ONUSIDA/CCP (36)/15.12 Date de publication : 24 juin 2015 TRENTE-SIXIÈME RÉUNION Date : 30 juin - 2 juillet 2015 Lieu : Salle du conseil exécutif,

Plus en détail

En direct de la salle de presse du Journal virtuel

En direct de la salle de presse du Journal virtuel Français En direct de la salle de presse du Journal virtuel Écrire des textes variés Guide En direct de notre salle de presse Guide R ENSEIGNEMENTS GÉNÉRA UX EN DIRECT DE NOTRE SA LLE DE PRESSE MISE À

Plus en détail

Création d un groupe de réflexion, de formation, de prière et de service missionnaire pour les jeunes professionnels

Création d un groupe de réflexion, de formation, de prière et de service missionnaire pour les jeunes professionnels Création d un groupe de réflexion, de formation, de prière et de service missionnaire pour les jeunes professionnels Paroisse Saint-François-Xavier des missions étrangères Ce dossier présente les motivations

Plus en détail

L'art d'établir un ordre du jour efficace

L'art d'établir un ordre du jour efficace L'art d'établir un ordre du jour efficace Par Denise Edwards Extrait de : http://www.omafra.gov.on.ca/french/rural/facts/05 038.htm Table des matières Introduction Sources des points à l ordre du jour

Plus en détail

Les rapports du chrétien avec les autres

Les rapports du chrétien avec les autres Leçon 13 Les rapports du chrétien avec les autres C était le moment des témoignages, lors de notre rencontre du lundi matin, à la chapelle de l Ecole biblique. Une jeune fille nommée Olga se leva pour

Plus en détail

Canada. Bulletin d information. Réfugiés pris en charge par le gouvernement. Réinstallation des réfugiés au

Canada. Bulletin d information. Réfugiés pris en charge par le gouvernement. Réinstallation des réfugiés au Réfugiés pris en charge par le gouvernement Canada Réinstallation des réfugiés au Bulletin d information Vous souhaitez vous réinstaller au Canada et votre demande a fait l objet d un examen initial par

Plus en détail

Assises de l Enseignement Catholique Intervention de Paul MALARTRE Paris Cité des Sciences de La Villette 8 juin 2007

Assises de l Enseignement Catholique Intervention de Paul MALARTRE Paris Cité des Sciences de La Villette 8 juin 2007 Assises de l Enseignement Catholique Intervention de Paul MALARTRE Paris Cité des Sciences de La Villette 8 juin 2007 Quand je pense à ces nouveaux Chefs d établissement qui me disaient récemment avoir

Plus en détail

Planification financière

Planification financière Planification financière Introduction La planification financière couvre un large éventail de sujets et dans le meilleur des cas, elle les regroupe d une manière ordonnée et intégrée. Toutefois, vu qu

Plus en détail

Guide d intervention sur. l intimidation. destiné aux intervenants - 1 -

Guide d intervention sur. l intimidation. destiné aux intervenants - 1 - Guide d intervention sur l intimidation destiné aux intervenants - 1 - Rédaction Linda Laliberté : Mélanie Blais : Michèle Gariépy : Joanie Charrette : Espace Bois-Francs InterVal Pacte Bois-Francs organisme

Plus en détail

PROJET D ETABLISSEMENT

PROJET D ETABLISSEMENT PROJET D ETABLISSEMENT «Amener chacun à une autonomie responsable» INTRODUCTION Dans l esprit du Projet Educatif défini par le Pouvoir Organisateur du Collège Notre-Dame et dans la volonté de respecter

Plus en détail

Unité 2.2.a Qu est-ce que l écoute active? Pourquoi la qualité d écoute du tuteur est-elle importante?

Unité 2.2.a Qu est-ce que l écoute active? Pourquoi la qualité d écoute du tuteur est-elle importante? Unité 2.2.a Qu est-ce que l écoute active? Pourquoi la qualité d écoute du tuteur est-elle importante? Durée Compétence A l'issue de la formation, les tuteurs: 45-75 minutes Compétence 10 : Capacité à

Plus en détail

Devoirs, leçons et TDA/H1 Gaëtan Langlois, psychologue scolaire

Devoirs, leçons et TDA/H1 Gaëtan Langlois, psychologue scolaire Devoirs, leçons et TDA/H1 Gaëtan Langlois, psychologue scolaire Pourquoi traiter des devoirs et leçons avec les TDA/H? Parce que c est un des problèmes le plus souvent rencontrés avec les enfants hyperactifs

Plus en détail

«POUR NOUS IL L A FAIT PÉCHÉ» Sur II Corinthiens V, 20 - VI, 2

«POUR NOUS IL L A FAIT PÉCHÉ» Sur II Corinthiens V, 20 - VI, 2 «POUR NOUS IL L A FAIT PÉCHÉ» Sur II Corinthiens V, 20 - VI, 2 (V, 20) C est pour Christ que nous sommes en ambassade, puisque c est Dieu qui appelle par nous. Nous vous (le) demandons pour Christ, réconciliez-vous

Plus en détail

PROGRAMME DES COURS DE LICENCE

PROGRAMME DES COURS DE LICENCE PROGRAMME DES COURS DE LICENCE DROIT PROCESSUEL (1 ère partie) ENSEIGNEMENTS ANNÉE C Abbé Bernard du PUY-MONTBRUN Ce cours sera consacré à l étude des procès canoniques. Après une introduction à l aide

Plus en détail

Le conseil d enfants La démocratie représentative à l école

Le conseil d enfants La démocratie représentative à l école Le conseil d enfants La démocratie représentative à l école Le conseil d école des enfants est un moment privilégié durant lequel les enfants deviennent acteurs au sein de leur école, en faisant des propositions

Plus en détail

Animer une association

Animer une association FICHE PRATIQUE N 7 www.animafac.net gestion de projet Animer une association Une association vit mieux si elle est composée de plusieurs membres partageant un projet collectif. Si la loi 1901 est une loi

Plus en détail

Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones

Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones Nations Unies Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones Résolution adoptée par l Assemblée générale [sans

Plus en détail

DEBAT PHILO : L HOMOSEXUALITE

DEBAT PHILO : L HOMOSEXUALITE Ecole d Application STURM Janvier-Février 2012 CM2 Salle 2 Mme DOUILLY DEBAT PHILO : L HOMOSEXUALITE Sujet proposé par les élèves et choisi par la majorité. 1 ère séance : définitions et explications Réflexion

Plus en détail

QU EST-CE QUE LE PLAIDOYER?

QU EST-CE QUE LE PLAIDOYER? Aimé D. MIANZENZA Qu est-ce que le plaidoyer? QU EST-CE QUE LE PLAIDOYER? I. Introduction Le plaidoyer est devenu un outil d action incontournable des organisations de la société civile (OSC). Il en existe

Plus en détail

Lorsqu une personne chère vit avec la SLA. Guide à l intention des enfants

Lorsqu une personne chère vit avec la SLA. Guide à l intention des enfants Lorsqu une personne chère vit avec la SLA Guide à l intention des enfants 2 SLA Société canadienne de la SLA 3000, avenue Steeles Est, bureau 200, Markham, Ontario L3R 4T9 Sans frais : 1-800-267-4257 Téléphone

Plus en détail

TRAIT D UNION. Temps de Pâques, temps de Renouveau ÉDITORIAL. Paroisse Ste Marie de Batbielle. Sommaire

TRAIT D UNION. Temps de Pâques, temps de Renouveau ÉDITORIAL. Paroisse Ste Marie de Batbielle. Sommaire N 41 GRATUIT Pâques 2007 TRAIT D UNION Édito : Sommaire Temps de Pâques, temps de Renouveau Dessin : J. Véron-Durand Le Mot du Conseil Pastoral Horaires et Communications Paroisse Ste Marie de Batbielle

Plus en détail

GROUPE DE RÉDACTION SUR LES DROITS DE L HOMME ET LES ENTREPRISES (CDDH-CORP)

GROUPE DE RÉDACTION SUR LES DROITS DE L HOMME ET LES ENTREPRISES (CDDH-CORP) Strasbourg, 22 août 2014 CDDH-CORP(2014)10 COMITÉ DIRECTEUR POUR LES DROITS DE L'HOMME (CDDH) GROUPE DE RÉDACTION SUR LES DROITS DE L HOMME ET LES ENTREPRISES (CDDH-CORP) Projet de recommandation du Comité

Plus en détail

Sacerdoce commun et vie consacrée 1

Sacerdoce commun et vie consacrée 1 Vies consacrées, 82 (2010-4), 270-279 Sacerdoce commun et vie consacrée 1 L année sacerdotale qui s est récemment achevée a été l occasion de nombreuses réflexions, tant sur le sacerdoce commun que sur

Plus en détail

Est-ce que les parents ont toujours raison? Épisode 49

Est-ce que les parents ont toujours raison? Épisode 49 Est-ce que les parents ont toujours raison? Épisode 49 Fiche pédagogique Le thème du 49 e épisode dirige l attention sur une question fondamentale lorsqu il s agit de développer la pensée des enfants,

Plus en détail

L Eglise dans ses dimensions religieuse, économique, sociale et intellectuelle

L Eglise dans ses dimensions religieuse, économique, sociale et intellectuelle L Eglise dans ses dimensions religieuse, économique, sociale et intellectuelle Iconographie du template Le jugement dernier, cathédrale de Bourges Ange au sourire, cathédrale de Reims Identifie l enfer

Plus en détail

Comme tout le monde, l Église

Comme tout le monde, l Église ÉGLISE UNIE 101 Que croyons-nous dans l Église Unie? Angelika Piché, pasteure, responsable de la formation en français au Séminaire Uni L Union 8 Comme tout le monde, l Église Unie est profondément marquée

Plus en détail

Guide Confiance en soi

Guide Confiance en soi Guide Confiance en soi Phase Être en relation avec soi Guide.Confiance-juillet 2014.doc 27-07-14 Ce document, créé par ÉCOUTE TON CORPS, est destiné pour votre usage personnel seulement. Seuls nos diplômés

Plus en détail

Introduction. Une infraction est un comportement interdit par la loi pénale et sanctionné d une peine prévue par celle-ci. (1)

Introduction. Une infraction est un comportement interdit par la loi pénale et sanctionné d une peine prévue par celle-ci. (1) Vous êtes victime Introduction Vous avez été victime d une infraction (1). C est un événement traumatisant et vous vous posez sûrement de nombreuses questions : Quels sont mes droits? Que dois-je faire

Plus en détail

Année internationale de la jeunesse. 12 août 2010-11 août 2011. asdf. Dialogue et compréhension mutuelle. Nations Unies

Année internationale de la jeunesse. 12 août 2010-11 août 2011. asdf. Dialogue et compréhension mutuelle. Nations Unies Année internationale de la jeunesse 12 août 2010-11 août 2011 Dialogue et compréhension mutuelle asdf Nations Unies «Nous devons nous engager sans réserve pour que les jeunes aient accès à l éducation,

Plus en détail

CHARLES DAN Candidat du Bénin pour le poste de Directeur général du Bureau international du Travail (BIT)

CHARLES DAN Candidat du Bénin pour le poste de Directeur général du Bureau international du Travail (BIT) CHARLES DAN Candidat du Bénin pour le poste de Directeur général du Bureau international du Travail (BIT) FACONNER ENSEMBLE L OIT DU FUTUR «Pour tout ce qui a été, merci. Pour tout ce qui sera, oui.» (Dag

Plus en détail

TOP MISSION/ConnaîtreDieu.com - BP 53-77832 - Ozoir la Ferriere Cedex - Tél. : 01 60 18 50 53

TOP MISSION/ConnaîtreDieu.com - BP 53-77832 - Ozoir la Ferriere Cedex - Tél. : 01 60 18 50 53 Devenez Église Partenaire! 1 ConnaîtreDieu.com est un site d évangélisation géré par l association Top Mission, fruit de son partenariat avec le Top Chrétien. Il est animé par une équipe de missionnaires

Plus en détail

GROUPE DE SPECIALISTES SUR UNE JUSTICE ADAPTEE AUX ENFANTS (CJ-S-CH) QUESTIONNAIRE POUR LES ENFANTS ET LES JEUNES SUR UNE JUSTICE ADAPTEE AUX ENFANTS

GROUPE DE SPECIALISTES SUR UNE JUSTICE ADAPTEE AUX ENFANTS (CJ-S-CH) QUESTIONNAIRE POUR LES ENFANTS ET LES JEUNES SUR UNE JUSTICE ADAPTEE AUX ENFANTS Strasbourg, 17 février 2010 [cdcj/cdcj et comités subordonnés/ documents de travail/cj-s-ch (2010) 4F final] CJ-S-CH (2010) 4F FINAL GROUPE DE SPECIALISTES SUR UNE JUSTICE ADAPTEE AUX ENFANTS (CJ-S-CH)

Plus en détail

Partager? En parler avec les enfants de 6-11 ans

Partager? En parler avec les enfants de 6-11 ans Ecole du dimanche Partager? En parler avec les enfants de 6-11 ans Jeunes Ateliers-débat Réflexions bibliques Culte Témoignages Actions pour tous L objectif de cette séance est de montrer aux enfants que

Plus en détail

MÉDECINE PSYCHANALYSE DROIT JURISPRUDENCE QUESTIONS À FRANÇOIS-RÉGIS DUPOND MUZART. première partie

MÉDECINE PSYCHANALYSE DROIT JURISPRUDENCE QUESTIONS À FRANÇOIS-RÉGIS DUPOND MUZART. première partie MÉDECINE PSYCHANALYSE DROIT JURISPRUDENCE QUESTIONS À FRANÇOIS-RÉGIS DUPOND MUZART première partie Alessandra Guerra En France il y a des jugements sur la question psychothérapiepsychanalyse J ai entendu

Plus en détail

MÉTHODOLOGIE DE L ASSESSMENT CENTRE L INSTRUMENT LE PLUS ADÉQUAT POUR : DES SÉLECTIONS DE QUALITÉ DES CONSEILS DE DÉVELOPPEMENT FONDÉS

MÉTHODOLOGIE DE L ASSESSMENT CENTRE L INSTRUMENT LE PLUS ADÉQUAT POUR : DES SÉLECTIONS DE QUALITÉ DES CONSEILS DE DÉVELOPPEMENT FONDÉS MÉTHODOLOGIE DE L ASSESSMENT CENTRE L INSTRUMENT LE PLUS ADÉQUAT POUR : DES SÉLECTIONS DE QUALITÉ ET DES CONSEILS DE DÉVELOPPEMENT FONDÉS 1. Introduction Placer la «bonne personne au bon endroit» représente

Plus en détail

L AUTO-ÉVALUATION HAP : KIT METHODOLOGIQUE PARTIE 2 : OUTILS D AUTO-ÉVALUATION

L AUTO-ÉVALUATION HAP : KIT METHODOLOGIQUE PARTIE 2 : OUTILS D AUTO-ÉVALUATION L AUTO-ÉVALUATION HAP : KIT METHODOLOGIQUE PARTIE 2 : OUTILS D AUTO-ÉVALUATION À L USAGE DES ORGANISATIONS HUMANITAIRES ET DE DEVELOPPEMENT REALISANT UNE AUTO-EVALUATION SUR LA BASE DE LA NORME HAP 2010

Plus en détail

PROGRAMME VI-SA-VI VIvre SAns VIolence. Justice alternative Lac-Saint-Jean

PROGRAMME VI-SA-VI VIvre SAns VIolence. Justice alternative Lac-Saint-Jean PROGRAMME VI-SA-VI VIvre SAns VIolence Justice alternative Lac-Saint-Jean Printemps 2013 OBJECTIFS Démystifier la problématique violence. Promouvoir les solutions pacifiques en matière de résolution de

Plus en détail

STATUT DE L ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE EN FRANCE

STATUT DE L ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE EN FRANCE STATUT DE L ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE EN FRANCE Publié le 1 er juin 2013 STATUT DE L ENSEIGNEMENT CATHOLIQUE EN FRANCE Voté par le Comité national de l Enseignement catholique le 15 février 2013. Adopté

Plus en détail

L ÉGLISE AU MOYEN ÂGE

L ÉGLISE AU MOYEN ÂGE L ÉGLISE AU MOYEN ÂGE Compétence Comprendre l importance de l Église dans la vie des hommes au Moyen Âge. Quelle impression te donne l église dans cette photographie, par rapport aux autres constructions?

Plus en détail

Chansons engagées Des clips pour apprendre n 18 12. MC JANICK : Qu est-ce qui? Paroles et musique : MC Janick EMI

Chansons engagées Des clips pour apprendre n 18 12. MC JANICK : Qu est-ce qui? Paroles et musique : MC Janick EMI Chansons engagées Des clips pour apprendre n 18 12. MC JANICK : Qu est-ce qui? Paroles et musique : MC Janick EMI Non non non J peux pas dire pour qui Ni même pourquoi Non non non non non Refrain : Mais

Plus en détail

Garth LARCEN, Directeur du Positive Vibe Cafe à Richmond (Etats Unis Virginie)

Garth LARCEN, Directeur du Positive Vibe Cafe à Richmond (Etats Unis Virginie) Garth LARCEN, Directeur du Positive Vibe Cafe à Richmond (Etats Unis Virginie) Commentaire du film d introduction de l intervention de Garth Larcen et son fils Max, entrepreneur aux U.S.A. Garth Larcen

Plus en détail

Politique Institutionnelle. Politique de protection de l enfance. Direction Générale Fédérale 2007 PI 01

Politique Institutionnelle. Politique de protection de l enfance. Direction Générale Fédérale 2007 PI 01 Politique Institutionnelle Politique de protection de l enfance Direction Générale Fédérale 2007 PI 01 Politique Institutionnelle Politique de protection de l enfance 2 1. PRINCIPES : PRÉVENTION DES ABUS

Plus en détail

Comment répondre aux questions d un examen en droit qui sont basées sur des faits

Comment répondre aux questions d un examen en droit qui sont basées sur des faits Comment répondre aux questions d un examen en droit qui sont basées sur des faits Types de questions d examen Un examen en droit peut comporter plusieurs types de questions : à réponse courte, à développement,

Plus en détail

Tétanisés par la spirale de la violence? Non!

Tétanisés par la spirale de la violence? Non! MERCREDI DES CENDRES B Frère Antoine-Emmanuel Jl 2, 12-18 ; Ps 50 2 Co 5, 20 6,2 ; Mt 6, 1-6.16-18 18 février 2015 Sanctuaire du Saint Sacrement, Montréal Tétanisés par la spirale de la violence? Non!

Plus en détail

AZ A^kgZi Yj 8^idnZc

AZ A^kgZi Yj 8^idnZc Bienvenue à l âge de la majorité! l État vous présente vos droits et devoirs ainsi que les principes fondamentaux de la République à travers «Le Livret du Citoyen» Nom... Prénom... Date de naissance...

Plus en détail

PROMOUVOIR «LE DIALOGUE INTERNE EN TANT QUE FACTEUR D AMÉLIORATION»

PROMOUVOIR «LE DIALOGUE INTERNE EN TANT QUE FACTEUR D AMÉLIORATION» PROMOUVOIR «LE DIALOGUE INTERNE EN TANT QUE FACTEUR D AMÉLIORATION» Février 2012 1. INTRODUCTION Depuis quelques années, la Justice s interroge sur la qualité de son fonctionnement. En novembre 2010, le

Plus en détail

Mylène a besoin d aide!

Mylène a besoin d aide! ER ER Cahier de l élève Mylène a besoin d aide! Enseignement religieux 5 e année Nom de l élève 5 e année 1 Mylène a besoin d aide Description de tâche Dans cette tâche, tu examineras la situation de Mylène

Plus en détail

ECOLE SAINTE ANNE PROJET PEDAGOGIQUE ECOLE PRIMAIRE CATHOLIQUE HORS CONTRAT

ECOLE SAINTE ANNE PROJET PEDAGOGIQUE ECOLE PRIMAIRE CATHOLIQUE HORS CONTRAT ECOLE SAINTE ANNE PROJET PEDAGOGIQUE ECOLE PRIMAIRE CATHOLIQUE HORS CONTRAT L école Sainte-Anne a été fondée dans le souci de transmettre à nos enfants un enseignement complet intégrant l intelligence

Plus en détail

ASSURER DES FORMATIONS DE QUALITE: Quelques pistes l expérience d UPLiFT, partenaire d Inter Aide à Manille, Philippines (anciennement appelé NBA)

ASSURER DES FORMATIONS DE QUALITE: Quelques pistes l expérience d UPLiFT, partenaire d Inter Aide à Manille, Philippines (anciennement appelé NBA) ASSURER DES FORMATIONS DE QUALITE: Quelques pistes l expérience d UPLiFT, partenaire d Inter Aide à Manille, Philippines (anciennement appelé NBA) Paul Hibon * Donner aux bénéficiaires envie d acquérir

Plus en détail

RITUEL POUR ATTIRER L ATTENTION DE QUELQU UN

RITUEL POUR ATTIRER L ATTENTION DE QUELQU UN RITUEL POUR ATTIRER L ATTENTION DE QUELQU UN KIT RITUELLIQUE N 4 DISPOSITION DES BOUGIES BOUGIE BLANCHE 1 BOUGIE NOIRE 2 BOUGIE ROUGE 3 BOUGIE MARRON 4 BOUGIE BLEUE MARINE 5 BOUGIE CELESTE 6 GRANDES BOUGIES

Plus en détail

Le guide s articule autour de quatre thèmes, qui sont incontournables pour bien documenter une situation d aliénation parentale ou de risque:

Le guide s articule autour de quatre thèmes, qui sont incontournables pour bien documenter une situation d aliénation parentale ou de risque: GUIDE D ENTREVUE TROUSSE DE SOUTIEN À L ÉVALUATION DU RISQUE D ALIÉNATION PARENTALE Véronique Lachance Marie-Hélène Gagné Ce guide d entrevue a été conçu pour vous aider à documenter les situations familiales

Plus en détail

CARITAS ITALIANA. pour la présentation des Micro Projets de Développement. à Caritas Italiana

CARITAS ITALIANA. pour la présentation des Micro Projets de Développement. à Caritas Italiana CARITAS ITALIANA L I G N E S D I R E C T R I C E S pour la présentation des Micro Projets de Développement à Caritas Italiana A DRESS ET CONTACT Les MicroProjets doivent être adressés à Caritas Italiana

Plus en détail

Camus l a joliment formulé : le seul. introduction

Camus l a joliment formulé : le seul. introduction introduction Camus l a joliment formulé : le seul choix qui s offre à nous, aujourd hui, est d être soit un pessimiste qui rit, soit un optimiste qui pleure. L optimiste croit que tout va bien. Dans La

Plus en détail

UN CERTAIN ÉVANGILE SOCIAL

UN CERTAIN ÉVANGILE SOCIAL UN CERTAIN ÉVANGILE SOCIAL La bonne nouvelle chantée par les anges au-dessus des collines de Bethléem dans la nuit où naquit le Sauveur du monde, n était que le commencement de la manifestation de cet

Plus en détail

Tous liés à l Eglise!

Tous liés à l Eglise! Tous liés à l Eglise! Campagne 2014 du Denier de l Eglise Province Ecclésiastique de Reims Diocèses de Beauvais, Amiens, Châlons-en-Champagne, Langres, Reims, Soissons et Troyes Dossier de presse Janvier

Plus en détail

Réunion mondiale sur l Éducation pour tous UNESCO, Mascate, Oman 12-14 mai 2014

Réunion mondiale sur l Éducation pour tous UNESCO, Mascate, Oman 12-14 mai 2014 Réunion mondiale sur l Éducation pour tous UNESCO, Mascate, Oman 12-14 mai 2014 Déclaration finale de la Réunion mondiale sur l EPT 2014 Accord de Mascate Préambule 1. Nous, ministres, chefs de délégations,

Plus en détail

Guide du programme Transition vers l'après-secondaire

Guide du programme Transition vers l'après-secondaire Guide du programme Juin 2008 Attributs du diplômé de la Colombie-Britannique Au cours de consultations qui se sont échelonnées sur toute une année dans l ensemble de la province, des milliers de citoyens

Plus en détail

Donner, léguer... pour la vie et les projets de l Église Réformée à Lyon. Parlons-en!

Donner, léguer... pour la vie et les projets de l Église Réformée à Lyon. Parlons-en! Donner, léguer... pour la vie et les projets de l Église Réformée à Lyon Parlons-en! 2 Les dons dons classiques dons «ISF» L unique ressource financière de l Église, c est le don. Dans un monde qui a tendance

Plus en détail

Où en sommes-nous? Dans ce document, le genre masculin est utilisé comme générique, dans le seul but de ne pas alourdir le texte.

Où en sommes-nous? Dans ce document, le genre masculin est utilisé comme générique, dans le seul but de ne pas alourdir le texte. 5 Où en sommes-nous? Dans ce document, le genre masculin est utilisé comme générique, dans le seul but de ne pas alourdir le texte. Ce module explorera la cinquième stratégie de MENTOR : Où en sommes-nous?

Plus en détail

Encourager les comportements éthiques en ligne

Encourager les comportements éthiques en ligne LEÇON Années scolaire : 7 e à 9 e année, 1 re à 3 e secondaire Auteur : Durée : HabiloMédias 2 à 3 heures Encourager les comportements éthiques en ligne Cette leçon fait partie de Utiliser, comprendre

Plus en détail

Introduction NOTE D ETONNEMENT CONSEIL DES TEMOINS FABRIQUE CITOYENNE JANVIER 2015

Introduction NOTE D ETONNEMENT CONSEIL DES TEMOINS FABRIQUE CITOYENNE JANVIER 2015 NOTE D ETONNEMENT CONSEIL DES TEMOINS FABRIQUE CITOYENNE JANVIER 2015 Introduction La fabrique citoyenne initiée par la Ville de Rennes va conduire à la rédaction d une charte de la démocratie locale.

Plus en détail

Les ministères dans l église Ephésiens 4.11-16

Les ministères dans l église Ephésiens 4.11-16 1 Les ministères dans l église Ephésiens 4.11-16 Introduction : Pour qu une église puisse se développer harmonieusement il faut que chaque membre trouve sa place et remplisse sa fonction. Voila pourquoi

Plus en détail

CHARTE ETHIQUE DE WENDEL

CHARTE ETHIQUE DE WENDEL CHARTE ETHIQUE DE WENDEL Mars 2015 1 Message du Directoire Wendel est l une des toutes premières sociétés d investissement en Europe. Grâce au soutien d un actionnariat familial stable, Wendel a su se

Plus en détail

Charte de la laïcité à l École Charte commentée

Charte de la laïcité à l École Charte commentée Charte de la laïcité à l École Charte commentée Ce document propose un commentaire de la phrase de préambule et de chacun des articles de la Charte de la laïcité à l École. Il explicite le sens des principales

Plus en détail

GUIDE DU FORMATEUR. L'art d'inspirer une équipe de travail

GUIDE DU FORMATEUR. L'art d'inspirer une équipe de travail GUIDE DU FORMATEUR L'art d'inspirer une équipe de travail TABLE DES MATIÈRES PRÉPARATION À L'ATELIER LE MESSAGE VIDÉO................................................................ 2 COMMENT UTILISER

Plus en détail

La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones

La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones Note d information La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones a été adoptée par l Assemblée Générales

Plus en détail

Techniques d accueil clients

Techniques d accueil clients Techniques d accueil clients L accueil est une des phases capitales lors d un entretien de vente. On se rend tout à fait compte qu un mauvais accueil du client va automatiquement engendrer un état d esprit

Plus en détail

L AFMD et l ISTR brisent le tabou de la religion en entreprises

L AFMD et l ISTR brisent le tabou de la religion en entreprises Communiqué de presse L AFMD et l ISTR brisent le tabou de la religion en entreprises Objectif : Aider les managers à gérer la diversité religieuse au quotidien Alors que la question de l expression religieuse

Plus en détail

Réduire la pauvreté : comment les collectivités territoriales peuvent-elles être des catalyseurs du développement économique pro-pauvre?

Réduire la pauvreté : comment les collectivités territoriales peuvent-elles être des catalyseurs du développement économique pro-pauvre? Réduire la pauvreté : comment les collectivités territoriales peuvent-elles être des catalyseurs du développement économique pro-pauvre? Les trois dernières décennies ont été marquées par des progrès impressionnants

Plus en détail

Le menu du jour, un outil au service de la mise en mémoire

Le menu du jour, un outil au service de la mise en mémoire Le menu du jour, un outil au service de la mise en mémoire Type d outil : Outil pour favoriser la mise en mémoire et développer des démarches propres à la gestion mentale. Auteur(s) : Sarah Vercruysse,

Plus en détail