En marge du Symposium Apimondia sur l élevage des reines et l insémination artificielle, qui s est tenu à Puerto Vallarta au Mexique du 15 au 18 octobre 2008, les organisateurs avaient prévu un Pré-Tour ou voyage touristique-apicole. Malheureusement, les informations concernant ce Pré-Tour n ont pas bien circulé, et très peu de personnes ont pu s inscrire à ce voyage. En fait nous n étions que quatre Canadiens, quatre Français, une Brésilienne et un Mexicain à bénéficier de cette visite. C est dommage pour le tour-opérateur qui aurait préféré remplir un car avec 50 personnes, mais tant mieux pour nous, les dix personnes inscrites qui avons pu profiter d un traitement particulier de bien meilleure qualité. le site de Teotihuacan, Et pour un tout petit groupe, la basilique de la vierge de la Guadalupe, Le voyage a débuté à Mexico City, où nous avons fait le circuit touristique classique, visite de la ville, Cathédrale, les quartiers populaires et les marchés locaux. Palais du Gouvernement, quartiers hispaniques, 1/14
Premier rucher visité à trente kilomètres environ de la ville, dans une zone semi aride, dans une immense cuvette irriguée, et avec une végétation très riche parmi des cactus géants. Ce site convient merveilleusement aux abeilles qui y trouvent quantité de fleurs mellifères pour s y développer. Puis départ pour Cuernavaca au sud de Mexico City, où nous avons passé la nuit dans une magnifique hacienda transformée en hôtel. Dans la région de Cuernavaca nous avons fait deux visites apicoles. Le rucher, comme d ailleurs tous ceux visités pendant notre voyage, est dédié à la production de reines sélectionnées. 2/14
Nous avons été agréablement surpris par la qualité du travail accompli sur chaque rucher visité. Les ruchettes de fécondation sont de type Patault à deux compartiments de cinq cadrons demi-cadre de hausse Dadant plus un cadre nourrisseur. Il faut dire que le Mexique, sur la plus grande partie de son territoire, parait être un véritable paradis pour les abeilles. Pendant tout notre périple de près de deux mille kilomètres en minibus, nous n avons vu que des arbres et arbustes en fleurs ou des plantes sauvages en fleurs. Pas étonnant que ce pays soit un des premiers producteurs mondiaux de miel. Le rucher de fécondation que Roberto Paredes nous a fait visiter est très bien tenu. Les abeilles de race Italienne croisées Buckfast, très douces, et un matériel de très bonne qualité nous ont laissé une très bonne impression. De chaque part de ce rucher, à quelques centaines de mètres, nous avons pu visiter des ruchers de production de mâles pour saturer la zone de mâles sélectionnés. 3/14
La deuxième visite apicole, un peu plus près de Cuernavaca, se fait sur le rucher d Enrique Carillo, président du syndicat des éleveurs de reines du Mexique et organisateur du Symposium Apimondia. Là, le matériel est un peu différent, mais la qualité du travail qui y est fait est excellente. A un autre endroit, des ruches éleveuses sur double corps Dadant, (jumbo pour les mexicains), avec une technique de production de cellules royales sur trois barrettes par cadre d élevage en starter ouvert, Nous avons vu des ruches qui contenaient des reines sélectionnées dédiées à la production de cadres pour le greffage. Puis après 24 heures, mise en place du cadre en ruche finisseuse. Ces cadres sont habillés d un système de recouvrement avec des grilles à reines pour limiter la ponte des reines sur ce seul cadre, et avoir un roulement continuel de toutes jeunes larves du même âge. 4/14
Le greffage est fait sous un parasol sans autre précaution. autres fruits exotiques. La végétation luxuriante d arbres et arbustes en fleurs permet aux abeilles de trouver tout ce dont elles ont besoin pour subvenir à leurs besoins. Les ruchettes de fécondation sont faites dans des corps Dadant divisés N empêche qu à chaque introduction d un cadre de cupules greffées, ils distribuent du sirop. Tout y était pour que l on se rende compte du travail sérieux qui est pratiqué dans cette entreprise. en trois compartiments, avec des cadres standards, le climat semitropical leur permet cela. Il faut dire qu au Mexique, pays envahi par l abeille africanisée depuis des années, l élevage de reines sélectionnées et douces est primordial pour pouvoir pratiquer l apiculture dans des conditions normales. C est pour cela que le groupement des éleveurs est très implanté et qu il fait un énorme travail pour promouvoir des techniques d élevage qui leur permettent de produire encore plus de reines sélectionnées de qualité, produisant des abeilles douces et productives. Un peu plus loin, une grosse quantité de ruches Dadant dédiées à l élevage des mâles pour saturer la zone en mâles sélectionnés, et disséminées sur plusieurs emplacement du domaine de plusieurs dizaines d hectares, sur une ancienne exploitation à l abandon qui produisait des mangues, des avocats et 5/14 L ensemble des éleveurs de reines du Mexique produit environ 600 000 à 700 000 reines par an et les besoins pour le pays sont de 1 500 000 reines par an. Il leur faut changer les reines chaque année pour limiter au mieux les risques de contamination génétique de leurs colonies par les abeilles africanisées. C est dire les beaux jours qu ont devant eux les éleveurs de reines du Mexique. Et l on comprend bien pourquoi ils investissent tant pour chercher à améliorer encore leurs
performances qui sont déjà très bonnes à l heure actuelle. Après ces visites, et après un repas pris dans une hacienda, visite de la ville de Cuernavaca, couvent du XVIème XVIIème siècle, transformé en hôtel, dont l architecture témoigne du passé colonial espagnol. visite de la ville la plus haute du Mexique. Il faut dire que tous les bâtiments, encore bien conservés, sont magnifiques à visiter, ou à voir de l extérieur. Cette ville classée a une architecture très respectueuse de son passé colonial hispanique, En fin d après-midi, départ pour Taxco où nous arrivons à la nuit tombée. Après une nuit passée dans un ancien 6/14
et les maisons sont refaites en respectant le style originel, pour le plaisir des yeux des visiteurs. Puis départ pour une longue route pour Tocula, où nous nous restaurons, et une plus longue route encore pour Morelia que nous atteignons au coucher du soleil. Le lendemain visite apicole. Le matin, visite du rucher d Alejandro Saldaña. Là encore, c est la dimension de l exploitation qui nous impressionne. Sur le même site, 1500 nucléi doubles type Patault sont alignés à même le sol. Cette ville est vraiment magnifique avec une architecture très particulière. On avait l impression d en voir partout, alignées le long du chemin qui nous emmenait vers le rucher sur plusieurs centaines de mètres, dans un vaste emplacement bien dégagé et sur trois rangées. Et d autres encore que l on ne voyait pas bien parce que un peu éloignées. Toutes les maisons de style colonial Espagnol en belles pierres de taille de couleur beige jaune. La visite nocturne de la ville est un plaisir. 7/14
Un ensemble attenant d une centaine de ruches sur deux corps Dadant, qui servent de ruches éleveuses. Starters ouverts et finisseurs dans les corps du bas, une grille à reine et reines dans le compartiment du dessus, même système que dans les autres ruchers visités. D autres ruches étaient réservées à l élevage des mâles, et d autres encore servaient de banques à reines. Nous avons vu de tous côtés sur le trajet vers le rucher, et encore après en repartant sur plus de cent kilomètres des tournesols sauvages en pleine floraison et à profusion. Sur son exploitation Alejandro disait qu il allait être obligé d extraire du miel pour libérer de la place. Il nous disait qu il avait deux autres ruchers de fécondation dans les environs, mais un peu plus petits que celui où nous étions, et sur lesquels il avait encore en tout 1 500 autres nucléi doubles du même type. Sa production annuelle est de l ordre de 15 000 à 20 000 reines. Il attendait avec impatience la fin de la miellée des tournesols sauvages pour que les apiculteurs fassent les récoltes et viennent lui commander des reines. Après cette visite, départ pour Aguascalientes, où nous sommes reçus chez Rafael Limon dans son hacienda. Là nous attendait un superbe repas Mexicain que nous avons pris en compagnie d une cinquantaine d apiculteurs de la région, dans une ambiance très conviviale. Après le repas, visite du rucher. Là, autre système de travail. Rafael nous convie dans son laboratoire où il nous fait une démonstration d insémination artificielle En fait il avait des milliers de reines prêtes à la vente, dans les nucléi et les banques à reines en attente de clients potentiels. 8/14
en préambule à la visite de son exploitation Les reines inséminées, qui lui servent de souches d élevage, sont logées dans des ruchettes dadant 6 cadres. Une quantité énorme de ruchettes d élevage, Dadant 6 cadres, et de Toutes les ruches éleveuses, starters et finisseurs sont également des ruchettes 6 cadres dadant. Une centaine de ruches dadant sur 1, 2 ou 3 corps sont là en partie pour nucléi de fécondation type Patault étaient disposées sur des supports à environ 60 cm du sol. élever des mâles, en partie pour y pomper des paquets d abeilles pour peupler des ruchettes destinées à la vente et pour peupler ses propres nucléi. Toute la visite s est effectuée sans aucune protection et la douceur des abeilles était remarquable, surtout dans un pays où l abeille africanisée est présente sur tout le territoire. Rafael est vraiment à la pointe, question sélection, pour les abeilles qu il élève. 9/14
Dans un autre coin du rucher, Le lendemain matin visite de la ville. on pouvait également voir une centaine de nucléi Kieller en polystyrène débordantes d abeilles, posées sur des parpaings. Tout le rucher, d une superficie de plus d un hectare, était propre, les ruches bien peintes, l herbe coupée sans un brin qui dépasse. Nous sommes repartis à regret en fin d après-midi de cette exploitation où nous nous trouvions si bien accueillis. Là, la modernisation a eu raison des quartiers hispaniques, mais il reste encore des bâtiments témoins de la colonisation Espagnole. Après plusieurs heures de route nous sommes arrivés, tard dans la nuit, à Guadalajara, deuxième ville du Mexique après Mexico City. Ensuite départ pour Tequila où nous étions attendus dans une très grosse hacienda dédiée à la fabrication de la boisson nationale Mexicaine, la Tequila. Un délicieux repas Mexicain nous était servi. Après quoi nous avons suivi les différentes étapes qui vont de l agave bleu entière, son déshabillage, sa découpe, 10/14
puis distillé et laissé vieillir pour obtenir la Tequila plus ou moins âgée. sa cuisson, Après cette visite nous avons pris la route de Puerto Vallarta où se déroulait le congrès. sa pression pour obtenir le sirop qui est mis en fermentation Les trois journées de congrès ont été très enrichissantes. Beaucoup de sujets développés, tous en rapport avec la sélection, l élevage, l insémination artificielle, la conservation des produits génétiques, les problèmes qui peuvent toucher les reines 11/14
Vous verrez certainement des articles sur une partie des sujets développés dans la revue. Je n ai pas pu assister à toutes les conférences, car j étais embauché pour des cours d insémination, et je devais également me préparer pour la conférence que je devais donner sur l insémination. Et la qualité du matériel présent n avait rien à envier à ce que l on voit en Europe. Le quatrième jour, visite technique chez Marco Antonio Muñoz. Parallèlement au congrès, il y avait une exposition et vente de matériel apicole dans les locaux voisins. Imaginez trois cars de touristes qui débarquent dans un rucher qui occupe environ 2 000 mètres carrés, cela représente une densité de personnes très importante autour des ruches. 12/14
Marco était particulièrement fier de nous faire visiter son laboratoire d insémination artificielle, Et bien pas une seule piqûre. Il faut dire que Marco met le paquet en matière de sélection, et ses abeilles sont vraiment douces, son labo est vraiment superbe. Ce laboratoire est primordial pour lui, car il pratique beaucoup d inséminations. il n y avait presque pas de protections sur les visages des personnes présentes et tout s est bien passé. D abord pour produire ses propres souches d élevage, mais également pour vendre des reines inséminées à ses collègues éleveurs et à beaucoup d apiculteurs qui lui en demandent. Après un repas Mexicain pris en plein air, parmi les poulets, un peu affolés par la foule présente, qui courraient dans la cour et qui désherbaient le rucher, Marco dit que c est son Roundup sur deux pattes, nous avons pris le chemin du retour. Le congrès s est tenu dans un très bel Hôtel en bordure d une plage 13/14
magnifique. nous avons même assisté à l éclosion de bébés tortues. La nuit, certains d entre nous ont eu la chance de pouvoir assister à la ponte de tortues de mer, En fait, la seule chose que nous avions en tête en reprenant l avion pour la France, était : C est quand le prochain Congrès Apimondia? D ailleurs, beaucoup d apiculteurs que nous avons croisés nous ont dit se préparer pour venir à Montpellier. Jacques Kemp 14/14