Parcours Arts, mythes et religions, 6ème Pbq : Quelles transmissions artistiques des œuvres antiques (des références? des modèles réinterprétés, rejetés, tournés en dérision? ) d un art à un autre et d une époque à une autre? Il s agit ici de proposer une ouverture artistique et culturelle lors de la conclusion (éventuellement en ouverture, mais cela semble plus difficile) des chapitres en 10/15 mn. Certains thèmes font néanmoins l objet de propositions plus développées. Ainsi, on peut envisager de confronter deux œuvres l une contemporaine du thème, l autre d une autre époque, pas forcément plus tardive. L objectif est ainsi de montrer aux élèves les résonnances artistiques, d un art à un autre, d une époque à une autre, par une observation minutieuse. Celle-ci peut être guidée par un questionnement simple, visant à dégager les principaux points de confrontation. Œuvre proposée A confronter à Pistes pédagogiques : L Orient ancien Egypte Gauguin, Ta Matete, 1892, Kunstmuseum, Bâle Voir proposition de séquence sur le site académique Sépa et Nésa, 2700-2620 avant J.-C, musée du Louvre Pourquoi cette œuvre? La posture des femmes, mais aussi les couleurs (notamment les ocres et les bruns) rappellent de façon assez évidente l art égyptien.
La civilisation grecque Aux fondements Mésopotamie Statue roi Uruk (3 300 3000 av JC), musée de Bagdad Rois prêtres, (- 3300), musée du Louvre scène d ouverture du Sacre du printemps (Stravinsky / Nijinsky), sous-titré Tableaux de la Russie païenne en deux parties, présenté pour la première fois en 1913 Possibilité de travailler sur une des deux recréations suivantes celle du Joffrey Ballet de 1989 (2mn 47 à 4 mn) Ou celle proposée par la chorégraphe Dominique Brun pour le film Coco Chanel et Igor Stravinsky (également titré Coco et Igor), réalisé par Jan Kounen en 2009 qui permet également de montrer aux élèves la réception du Sacre par le public en 1913 Pourquoi cette œuvre? On peut faire émerger des liens de parenté entre l archaïsme de ces statues et la chorégraphie de Nijinski dévoilant sa perception d une Russie «primitive». Ces points de rencontre sont par exemple la verticalité, l ancrage dans le sol des danseurs, qui rappelle l aspect massif des statuettes, la position de leurs bras. De plus, le caractère rituel des statues peut faire écho aux deux tableaux du ballet : l adoration de la terre et le sacrifice de l élue. Pour une analyse plus approfondie, on peut se référer à la conférence, archivée sur le site Numéridanse (créé par la Maison de la Danse à Lyon) et intitulée «la petite université populaire de la danse au Louvre : être debout» (de la 41 ème à la 55 ème mn) où deux chercheuses mettent en parallèle les deux statuettes de roi prêtre du Louvre et le Sacre du Printemps Par ailleurs, la danse est rarement sollicitée dans les propositions histoire des arts. Objectif : mettre en relation deux œuvres très éloignées dans le temps et en apparence opposées dans la forme artistique (caractère immobile de la sculpture face à l art du mouvement que peut représenter la danse) Mise en oeuvre : Il semble important de présenter en préalable brièvement le Sacre du Printemps. On peut réfléchir sur le sous-titre du ballet Tableaux de la Russie païenne pour faire apparaître le lien entre les deux œuvres. On peut ensuite s attacher à la façon dont le chorégraphe se représente «l ancienne Russie» au travers de son travail sur les postures et comment cette perception est renforcée par la musique. élèves : En quoi ces deux œuvres ont-elles une dimension religieuse? En quoi les postures des danseurs peuvent-elles rappeler les statuettes mésopotamiennes? De quelles façons la musique et la danse du Sacre veulent montrer une Russie «primitive» au spectateur du début du XXème siècle? Un extrait de l Iliade et Odyssée céramique reprenant cette scène Proposition souvent faite dans les manuels Ex : manuel Hatier p41 sur le thème du
de la Grèce : cités, mythe, panhellénisme La cité des athéniens Erechthéion quai Veil Picard (Besançon) sacrifice Objectif : confronter l univers quotidien de l élève avec une «culture savante» Visite à travers Besançon : à la recherche des influences antiques sur l architecture urbaine bisontine. On peut imaginer prendre des photos lors de ce parcours pour les replacer ensuite sur une frise. Parthénon => définition d un art classique, incarnant pour les siècles suivants un idéal Martin Parr (série sur le tourisme datant des années 90) Objectif ; dégager la notion de point de vue d un auteur, d un artiste A partir du travail de Martin Parr sur le tourisme de masse, sur lequel il pose un regard à la fois amusé et féroce, on peut s interroger sur la question du point de vue et aussi sur celle du hors champ. élèves: A partir d une question très ouverte : Que cherche à photographier Martin Parr? le Parthénon? les touristes? les touristes devant le Parthénon? Pourquoi cette œuvre? Pour son caractère décalé par rapport au chapitre d histoire, et les questions qu elle soulève sur le tourisme et le patrimoine. Pour ces touristes le plus important estil de fixer la trace de leur passage sur l Acropole ou de contempler le temple? On peut alors montrer aux élèves que le
Alexandre le Grand photographe choisit ce moment précis, dans le but d interroger le spectateur sur le tourisme de masse et ses dérives. Il donne son point de vue. Cependant, rien ne nous permet d affirmer que ces touristes n ont pas observé, admiré longuement le Parthénon, avant ou après la prise de la photographie, ce qui pose ici la question du hors champ. Objectif : montrer la lecture moderne d un thème antique, dans un contexte révolutionnaire Présenter rapidement le tableau de Delacroix et son contexte. Delacroix, La Liberté guidant le peuple, 1830, Musée du Louvre, Paris élèves : En quoi la figure allégorique de la Liberté fait-elle référence à la victoire de Samothrace? Quel sens peut-on donner à cette référence dans le contexte de réalisation du tableau? La victoire de Samothrace, époque hellénistique, Musée du Louvre, Paris
La Grèce des savants Objectif : montrer l influence durable de l apport scientifique antique pour la culture occidentale Identifier quelques-unes des grandes figures présentées par Raphaël, dans une composition très théâtralisée et «pédagogique». Portrait d'aristote (copie romaine d'un bronze perdu réalisé par Lysippe, contemporain d Aristote), musée du Louvre Raphaël, L Ecole D Athènes, 1509-1511, fresque, Chambre de la Signature (les Stanze), musées du Vatican Sous le règne d Alexandre le Grand, la notion d individu se développe, et avec elle l art du portrait. Lysippe se démarque de ses prédécesseurs par sa volonté de faire coïncider l apparence physique avec la dimension psychologique du personnage. Ici, on peut remarquer que les rides d expression sont marquées, les lèvres entrouvertes. Ces éléments contribuent à présenter Aristote comme un penseur, mais aussi comme un acteur, notamment en tant que précepteur d Alexandre.
Rome Des origines à la fin de la République Légende de Remus et Romulus Peplum Remus et Romulus, de Sergio Corbucci, 1961 Propositions faites par un professeur de lettres classiques dans l académie de Grenoble Document prof Fiche élève L Empire : l empereur, la ville, la romanisation Mosaïque de Méduse du musée des Beaux Arts de Besançon Caravage, Méduse, 1597-1598, musée des Offices, Florence Objectif : montrer la permanence des thèmes mythologiques dans l art occidental. Reprendre et comparer les éléments traditionnels de la représentation de Méduse dans les deux œuvres (yeux révulsés, chevelure de serpent) afin de mettre en évidence le traitement baroque du sujet par le Caravage L effigie de Méduse sert à repousser les mauvais esprits de la maison (fonction apotropaïque) élèves: Qui est ce personnage? Comment peuton l identifier avec certitude? De quelles façons le peintre met-il l accent sur l effroi? Voir également la vidéo (11 mn) consacrée à la déposition et la restauration de la mosaïque : Pourquoi cette œuvre? Pour son originalité : La forme ronde, qui évoque le bouclier de Persée (cette œuvre a été peinte pour un bouclier d apparat) Le traitement très théâtralisé du sujet. On peut noter que Méduse ne regarde pas le spectateur pour ne pas le pétrifier. Les effets de reliefs qui sont donnés uniquement par le traitement de la lumière (clair-obscur). Il n y a pas de perspective : la figure est placée sur un fond uni. Le peintre s est représenté lui-même sous les
Les débuts du judaïsme Passage de la Bible Ex : Moïse recevant les Tables de la Loi traits de la Méduse. «Tout tableau est une tête de méduse. On peut vaincre la terreur par l image de la terreur. Tout peintre est Persée» (Caravage). M. Chagall, Moïse recevant les Tables de la Loi, 1960-1966, Huile sur toile, Musée National Marc Chagall, Nice Objectif : Le dialogue des arts : comment un texte littéraire est-il représenté picturalement? illustration ou interprétation? En donnant quelques éléments biographiques, on peut essayer de montrer, à travers ce tableau, l importance de la judéité dans le parcours artistique de Chagall. élèves : Identifiez les principaux éléments du tableau. Quelle couleur est-elle prédominante sur ce tableau? Proposez des hypothèses pour expliquer ce choix. Le jaune, associé à la l(l)umière, fait écho à l or, traditionnellement utilisé dans l art sacré, et ici cette couleur vient renforcer le trait, c est-à-dire les rayons qui semblent émaner de Dieu, matérialisé par des bras. En quoi ce tableau est-il celui d un artiste imprégné par le judaïsme? Douceur des traits, des lignes, couleurs estompées, formes enlacées, personnages «aériens» qui témoignent d une dimension affective entre le peintre et son sujet
Les débuts du christianisme Sarcophage paléochrétien Objectif : montrer comment le christianisme s est réapproprié l iconographie païenne en lui donnant une dimension métaphorique. Mise en œuvre /questionnement Dégager points communs et différences. En quoi Jésus est-il un «bon pasteur»? v. 260 apr. J.-C. Marbre. Musée du Vatican, Cité du Vatican (Rome, Italie). Le moscophore, vers 570 av. J.-C., Musée d'athènes, Grèce Pourquoi cette œuvre? Pour sa date de création : 5 siècles avant la naissance du christianisme, ce qui permet de faire un rappel sur le premier thème consacré à la Grèce antique Pour l iconographie : le thème du bon pasteur est un thème d abord païen, repris ensuite par le christianisme
Les empires chrétiens du Haut Moyen Age Objectif : montrer l influence de l art Byzantin sur un peintre du XXème siècle Faire apparaître les points communs et interpréter La Vierge et l'enfant sur un trône, entourés d'anges. Mosaïque de l'église Saint- Apollinaire à Ravenne. VI e siècle Ou pourquoi pas reprendre mosaïque du bon pasteur de St Apollinaire in Classe, pour une continuité iconographique avec le chapitre précédent, sauf que dans cette mosaïque le bon pasteur n est pas Jésus, mais l évêque. Klimt, Portrait d'adele Bloch-Bauer I, 1907, Neue Gallery New York Pourquoi cette oeuvre? Elle montre l influence de l art byzantin sur Klimt : L or, Klimt utilise d ailleurs des paillettes d or ajoutées à sa peinture pour ce portrait L importance du regard : les yeux sont comme ourlés de noir, ce qui caractérisera par la suite l expressionnisme Ce regard a un caractère extatique dans la mosaïque. Dans l œuvre de Klimt, il est la marque extérieure de l intériorité de la personne. élèves : Comment l art de la mosaïque byzantine est-elle repris par Klimt? (il peut être intéressant de noter qu avec des motifs rectangulaires, Klimt dessine des courbes) Observez les visages. Quel est le point commun principal? (accent mis sur le regard) Qu est-ce qui les différencie? (visages aux traits peu marqués, impersonnels dans le cas de la mosaïque, un portrait dans le cas de Klimt)
L Inde classique aux IVè et Vème siècles Objectif : montrer le détournement artistique Montrer comment Pierre et Gilles reprennent presque tous les codes de la représentation de Bouddha (lotus, roue, le vêtement, posture ) mais en intégrant leur propre esthétique qui se présente comme une rupture avec «le bon goût» Mais un point de différence fondamental : le regard tourné vers le spectateur et non baissé vers le sol => changement de sens, on n est pas ici dans l image pieuse mais dans la provocation. Bouddha prêchant, geste de mise en mouvement de la roue de la Loi, Sarnath, vers 475, grès de Chunâr, Archeological Museum of Sârnâth A étudier comme le propose Hubert Comte, à la façon d un détective (voir document en annexe) Pierre & Gilles, Bouddha, 2004 Questionnement possible : Quels sont les points communs entre les deux représentations de bouddha? En quoi le regard de ces deux bouddha est-il fondamentalement différent? Quel sens peut-on lui donner?