L ECRITURE DANS L EGYPTE ANTIQUE Version professeur corrigée et complétée SALLE DE L ECRITURE (Salle 6 du parcrs thématique) Les quatre écritures (voir la vitrine des systèmes d écriture) - Les hiéroglyphes (du grec hieros, «sacré, divin», et glyphein, «inciser, graver») : pr les monuments (tombes, temples). Ils peuvent être utilisés par les prêtres, sur papyrus, de manière «cursive». - L écriture hiératique (du grec hieratikos, «sacerdotal») : utilisée largement par ts jusqu au I er millénaire, pr l administration, l intendance. - L écriture démotique (du grec dêmotikos, «du peuple») : utilisée à partir du I er millénaire pr l administration, l intendance. - L écriture copte (du grec Aiguptios, «Egyptien» > copte Kuptios) : utilisée dès le III siècle, mélange d égyptien ancien et de grec. L écriture monumentale (qu on lit de gauche à droite de droite à gauche, en «regardant les êtres animés dans les yeux», en «allant à leur rencontre», et tjrs de haut en bas pr les colonnes) sert à transcrire la langue à partir du IV millénaire et reste en usage pr les textes sacrés (la langue du «Moyen Empire»). Principes de l écriture : un signe peut correspondre à : un son : ce sont les signes qui constituent ce qu on appelle «l alphabet égyptien» (voir page 2) plusieurs sons (une syllabe) : [ka] ; [mes] ; [men] une réalité, un objet, une idée : ce sont les idéogrammes : [sech] = écrire (le signe est composé des tils du scribe : palette à deux pastilles de pigments (rge et noir), godet d eau, roseau-calame, lanière de cuir pr tenir le tt) ; [per] = maison une catégorie d objets (signe «déterminatif», non prononcé) : homme ; femme ; dieu (cf barbe postiche) ; habitation ; idée abstraite ( «action de»). Remarque : Un même signe peut parfois avoir ttes les valeurs et être utilisé tantôt pr le son (phonogramme), tantôt pr l idée (idéogramme), tantôt pr désigner une catégorie d objet (déterminatif) : : le son /per/ OU l idéogramme de la «maison» OU le déterminatif des habitations. Les supports de l écriture : pierre, bois stuqué, terre cuite (fragments de pots cassés = «ostrakon», pluriel «ostraka», qui peut désigner aussi les éclats de pierre), parchemin. Les types de textes : administratif et juridique (contrats), littéraires (contes), religieux, scolaires (exercices). Les tils du scribe : calame, palette, godet, cpe-papyrus, pilon à pigments Le dieu des scribes : Thot, représenté ss les traits d un ibis d un babin. Le système hiéroglyphique a été compris et traduit par Jean-François CHAMPOLLION en 1822 grâce au texte trilingue de la pierre de Rosette (écrite en deux langues : égyptien et grec anciens, et en trois systèmes d écriture : hiéroglyphes, démotique et grec ancien) conservée depuis 1801 au British Museum. 1
Les hiéroglyphes ont été utilisés de 3100 environ au IV s. après J.-C. ALPHABET HIEROGLYPHIQUE Signes unilitères réalité représentée valeur phonétique vautr percnoptère cp de glotte, noté [a] roseau fleuri [i] dble roseau / dbles traits [i] [y] obliques avant-bras [a / ê] pssin de caille / corde jambe siège vipère à cornes chette / côte d animal filet d eau / cronne rge bche plan d édifice mèche de lin ble de corde queue d animal verr / linge bassin pente de colline corbeille à anse support de jarre galette de pain corde / pilon main cobra [] [w] [b] [p] [f] [m] [n] [r] [h] aspiré [h] de Mohamed [ch] de l allemand nach jota espagnole [ch] de l allemand ich [s] srd [ch] [k] [k] [g] dur [t] [tch] [d] [dj] 2
1) Ecrivez votre nom en écriture hiéroglyphique, en respectant le sens de lecture et en n bliant pas de l inscrire dans un cartche. On prra aider les élèves à choisir les sons permettant d écrire approximativement leur prénom, avant de les laisser réaliser leur cartche. 2) Sens de lecture des signes : indiquez par une flèche horizontale et une flèche verticale le sens correct de lecture. Attention, il y a un cple de signes qui ne «fonctionne» pas! intrus Stèle de Néfertiabet Quelques éléments pr déchiffrer l écriture. 1) Indiquez par une flèche le sens de la lecture du nom de la défunte, en vs aidant du canard. Transcrivez le texte directement ss les hiéroglyphes, avec l aide de votre professeur. sens de la lecture iab.t nefer.t sa.t nes = Sat Nes Nefertiabet = «la princesse Nefertiabet» Explications : - sa.t = la «fille» (hiéroglyphe du canard [sa] = «fils» + demi-cercle = marque du féminin, qui se lit [t]). - nes = de pharaon/du roi (le roseau est un des hiéroglyphes utilisés dans la titulature royale ; nes est placé en tête par «position honorifique» du mot). - nefer.t - iab(e)t = Nefertiabet, mot à mot «la belle d orient». 2) Qu est-ce qui fait office de cartche dans cette stèle? [Rappel : le cartche est le cadre qui entre les noms propres] La forme même de la stèle, rectangulaire, fait office de cartche, puisqu elle enferme le nom dans son cadre. 3) Qu est-ce qui fait office de déterminatif du «nom de femme» sur cette stèle? La jeune femme élégamment représentée fait office de hiéroglyphe déterminatif de la femme ( ). 4) Reliez les hiéroglyphes à leur signification et décvrez ce dont Néfertiabet est équipée pr l éternité. en nombre lustration pièces de bœuf orynx infini cuisseaux bière volailles libation volailles vidées pain 3
COMPLEMENT - Un peu d épigraphie égyptienne Ce petit complément à l usage du professeur lui permettra peut-être de développer quelques autres activités de lecture de hiéroglyphes avec ses élèves dans les salles, devant les œuvres. 1) Les «compléments phonétiques» SETKA Où voir ces hiéroglyphes? Sur le bord gauche en bas de la dalle de calcaire du Scribe (et prince) Setka (parcrs chronologique, salle de l Ancien Empire (salle 22)). On lit de droite à gauche : (S)+SET+(T)+KA ; le signe à deux sons [SET] est complété par les sons simples qui le composent, devant et derrière lui, [S]+[T], qui ne sont donc pas prononcés. Râ / Rê On lit de gauche à droite et de haut en bas : (R+A/E) + RA/RE + [déterminatif du dieu Rê] 2) Les déterminatifs. SECH SECH Le même hiéroglyphe est employé dans les deux cas et prononcé [SECH]. Il est complété, dans le premier cas, par le déterminatif de l homme (qui ne se prononce pas), et dans le second cas, par le déterminatif de l idée abstraite de l action (qui ne se prononce pas). On lit donc : *SECH+ + homme = «le scribe» ; [SECH+ + idée abstraite = «l écriture», «le fait d écrire». 3) Titulature de pharaon. PER-AA = pharaon (le mot vient du grec pharao, qui traduit ainsi le terme biblique de l ancien égyptien) [per] : «maison» + l adjectif [aa] : «grand» = palais, et par métonymie, celui qui habite le palais, le sverain. 4
SA-Rê = «fils de Rê». Le hiéroglyphe du canard, [sa], signifie le fils. HER = «Horus». Pharaon est l incarnation du dieu faucon solaire Horus. NE-SOUT-BITY = «Le roi de Haute et Basse-Egypte» Mot à mot : «Celui qui appartient au jonc et à l abeille» [n.] = «celui qui appartient à» [st] = «le jonc» : symbole de la Haute-Egypte [bity] = «l abeille» : symbole de la Basse-Egypte NEBTY = «les Deux Maîtresses» : le cple représente les déesses tutélaires Nekhbet (vautr Haute Egypte) et Ouadjet (cobra Basse Egypte), posées sur le hiéroglyphe [neb], le «maître». -ty est la marque du féminin duel, «les Deux Maîtresses» (le pluriel commence à trois en égyptien). 4) Deux idéogrammes facilement repérables. NETCHER = le dieu. Le hiéroglyphe représente le fanon planté à l entrée des temples, y indiquant la présence du dieu. DJED = la force (d après le mythe d Osiris tué et décpé par son frère Seth, il prrait s agir de la colonne vertébrale du dieu ; on appelle ce signe aussi «pilier djed»). Ce signe est svent repris ss forme d amulette encore représenté au fond des sarcophages. On peut partir de cette observation pr rappeler le mythe d Osiris. 5