L'UMTS en 2004 Challenges et Perspectives. Abstract : Ni raz-de-marée révolutionnant les télécoms, et bouleversant tout sur son passage comme on aurait pu le croire à la fin des années 90, ni enfant «mortné» comme on aurait pu le croire il y a de ça juste 2 ou 3 ans, il semble maintenant que la technologie UMTS va s intégrer progressivement dans le paysage des télécoms. Appelé aussi mobile de 3 ème génération, l UMTS (Universal Mobile Télécommunications System) réunit les caractéristiques de la communication future : interactivité, interopérabilité et mobilité, et présente l'avantage de résoudre les problèmes de saturation des réseaux GSM actuels. Malgré tout, après un engouement sans précédent en Europe, le déploiement de cette norme s'est enlisé, en raison des coûts prohibitifs des licences, de l indisponibilité des terminaux de troisième génération, des enjeux commerciaux incertains, et du manque de services associés. Néanmoins, il semble bien que l année 2004 soit l année du lancement pour les principaux opérateurs du secteur. Toutes les conditions sont réunies : maturité du marché, infrastructures et services innovants, pour une réussite commerciale et technique permettant d amortir les investissements sans précédents consentis tout en assurant la transition vers la 4 e génération.
Table des Matières 1) Qu est ce que l UMTS...4 a) Rappel sur les technologie précédentes...4 b) La technologie UMTS...5 c) Les avancées de la téléphonie mobile grâce à l UMTS...8 2) Les causes du retard...9 a) Les coûts d attributions des licenses...9 b) Les difficultés technologiques...10 c) Les incertitudes commerciales...11 3) Etat des lieux : Une mise en route progressive....12 a) Dans le Monde, en Europe et En France...12 b) Stratégies de déploiement...13 4) L UMTS face à ses concurrents...13 a) Les technologies existantes....13 b) Les technologies futures...14 5) Des Challenges à relever...15 a) Harmonisation des niveaux d émissions...15 b) Importance capitale des Services...15 6) Annexes :...17
Introduction : Ces trente dernières années la technologie de la téléphonie mobile n a pas cessé d évoluer à grands pas, le numérique étant le point de départ de toutes les avancées qui ont suivi. L UMTS est la dernière génération arrivée sur le marché. Cette nouvelle norme est présentée comme une révolution car permet l échange de données à haut débit ce qui ouvre de nouvelles possibilités pour le marché de la téléphonie mobile (vidéo, paiement, guidage GPS, ). L UMTS est une technologie pleine d avenir mais qui hélas est très coûteuse pour les opérateurs qui veulent l acquérir ; en effet l achat des licences est hors de prix et les infrastructures a mettre en place sont toutes aussi colossales et onéreuses. Son lancement est annoncé pour 2004, quelles en seront les modalités? Comment se passera la transition et quelles seront les conditions du succès? Autant d aspects que nous proposons d aborder au travers de cet exposé.
1) Qu est ce que l UMTS a) Rappel sur les technologies précédentes Dans les années 70-80 arrive la première génération (1G) de terminaux sans fil qui sont des radiotéléphones analogiques (voir photo 1) fonctionnant avec différentes normes (AMPS, NMT, ETACS). Ses terminaux utilisent comme technique la modulation radio qui est très proche des ondes FM. Le principal problème de ce réseau était sa confidentialité mais aussi une rapide saturation et une perte habituel du signal. De plus Ses «portables»étaient très volumineux et très lourd. On les trouvait dans les voitures ou dans des valises. Photo 1 : un téléphone analogique C est dans les années 90 qu apparaissent les portables de deuxième génération (2G) qui fonctionnent sur une technologie numérique (voir photo 2). On utilise comme norme de réseau le GSM (Global System for Mobile communication) qui est appliqué quasiment partout dans le monde sauf aux Etats-Unis ou au Japon ; c est un réseau cellulaire qui utilise un multiplexage temporel. En France le GSM fonctionne sur une fréquence comprise entre 900 et 1800 MHz avec un débit de 9,6 Kilos Bits Par Seconde (Kbps) ce qui équivaut au débit du Fax. Le GSM permet donc les appels vocaux mais pas de transport de données. Photo 2 : un téléphone numérique Cette prodigieuse avancée technologique a permis de réduire la taille des portables, d améliorer la qualité d écoute mais aussi de rendre confidentiel les appels.d après l autorité de régulation de télécommunication près de 70% de la population Française a accès à cette technologie. En 2001 arrive une évolution de la norme GSM en GPRS (General Packet Radio Service). C est une nouvelle norme qui permet des débits trois fois supérieurs au GSM (20 à 30 Kbps) ce qui permet un accès à une partie d Internet grâce au service WAP avec des mails sans pièces jointes ou tous simplement la navigation sur le web. En revanche le GPRS utilise le réseau GSM pour la communication vocale et le GPRS pour la communication de données par paquet. C est à dire que l'envoi d'un message électronique par le biais du GPRS entraîne sa division en " paquets " d'informations. Chaque paquet s'achemine photo 3 :un téléphone GPRS
vers le lieu de destination en empruntant l'itinéraire le plus rapide. Autrement dit, les paquets d'un même message électronique peuvent être acheminés séparément en empruntant des réseaux différents de manière à éviter les itinéraires encombrés. Une fois à destination, les différents paquets sont à nouveau assemblés pour reconstituer le message. La dernière évolution en date avant l UMTS est la norme EDGE (Enhanced Data rate for GSM Evolution) qui est une autre évolution du GSM avec cette fois ci des débits pouvant atteindre au maximum 384 Kbps permettant donc une application vidéo avec comme le GPRS une transmission de données par paquets. Photo 4 : un téléphone EDGE C est après toutes ces évolutions qu apparaît la troisième génération de portable (3G) dont L UMTS est le principal acteur. b) La technologie UMTS Universal Mobil Telecommunication System, est une technologie standardisée à l'etsi (Institut Européen des Normes de Télécommunication) qui permet d exploiter une bande de fréquence plus large (1900 à 2200 Hertz) pour faire transiter davantage de donnée et donc d obtenir des débits plus importants. L interface radio ou aérienne du système UMTS est appelée UTRA (UMTS Terrestrial RadioAccess). L interface aérienne rend possible les communications entre téléphones portables et stations de base. Une méthode de transfert tout à fait nouvelle, par rapport au système GSM, est utilisée sur cette interface : la transmission Code Division Multiple Access (CDMA), qui permet à tous les usagers d un réseau de travailler sur la même fréquence. Les canaux sont séparés au moyen d un code. Quant au signal de données de chaque usager, il est multiplié à la fois auprès de l émetteur et du récepteur par un code unique déterminé pour une
communication donnée (spectre étalé). Ce procédé se distingue fondamentalement de l actuel système GSM, où les usagers sont séparés les uns des autres par plusieurs fréquences ou intervalles de temps. Au cours d une communication, la puissance d émission est très vite ajustée aux conditions de l environnement (écart entre le téléphone portable et la station de base, obstacles sur la voie de transmission, etc...), aussi bien pour une liaison du téléphone portable à la station de base (uplink) que pour une liaison de la station de base au téléphone portable (downlink). Elle est toujours juste assez élevée pour assurer une bonne communication, ce qui signifie que les émetteurs travaillent en moyenne avec des puissances beaucoup plus réduites qu avec l actuel système GSM. Il est extrêmement important pour l UMTS que des puissances d émission minimales soient utilisées, faute de quoi les capacités du réseau diminuent fortement. En raison de la technique de transmission par paquets, les téléphones portables UMTS demeurent reliés au réseau en permanence, ce qui permet de rester connecté à l Internet sans qu il soit nécessaire d établir à chaque fois une communication. Avec l UMTS, l efficacité du spectre (utilisation des fréquences de radiocommunication) est plus élevée qu avec le GSM. Indépendamment de l environnement, les nouveaux systèmes se révèlent au moins 1,5 à 2,5 fois plus efficaces que les systèmes GSM actuels (la littérature cite même une efficacité 4 fois supérieure). En raison des hautes fréquences et de l important trafic de données prévues, les rayons des cellules des réseaux UMTS seront plus petits que pour le GSM, quelques centaines de mètres. Cela veut dire que le nombre de stations de base sera plus élevé et donc que les puissances d émission moyennes des stations et des téléphones portables d un réseau UMTS seront inférieures à celles d un réseau GSM. La puissance d émission maximale des téléphones portables UMTS s élève à 125-250 mw, c est-à-dire qu elle est environ 8 à 16 fois plus basse que celle des téléphones portables GSM actuels. Lors d une exploitation normale, les puissances d émission se situent bien au dessous de ces valeurs maximales. Les simulations effectuées par les fabricants indiquent que, dans les configurations de réseau habituelles, les puissances moyennes pour des communications vocales pourraient afficher les valeurs suivantes : Dans un environnement rural : environ 7 mw; Dans un environnement urbain : environ 0,6 mw. Les téléphones portables UMTS émettent donc nettement moins que les téléphones portables GSM, dont les puissances d émission vont jusqu à 2 W.
L UMTS permet d atteindre, en théorie, un débit de 2Mbps équivalent à une vitesse de transmission proposée par l Internet haut débit. Le maximum en Europe a été fixé à 384 kbps (kilobits par seconde) : soit 64 à 128 kbps en émission et 128 à 384 kbps en réception, même en mouvement (train, voiture). La norme UMTS-CDMA a été retenu en Europe par l association 3GPP (third Generation partnershipt project) Regroupant les principaux acteurs des télécommunications. Elle implique pour chaque opérateur mobile qui souhaite se lancer dans ce secteur, l achat d une licence émise par l état et la mise en place d infrastructures en parallèle avec celle préexistantes du GSM/GPRS.
c) Les avancées de la téléphonie mobile grâce à l UMTS L UMTS va permettre le transport de données en grandes quantités grâce a son haut débit ce qui va permettre par exemple la visiophonie (voir photo 3) ou l exploitation à son maximum d Internet en mobilité. De plus il a l avantage d exploiter une large bande de fréquence ce qui permet de passer trois fois plus d appel que sur le réseau traditionnel (GSM/GPRS) et donc il évitera la saturation du réseau. L UMTS améliore la qualité des communications en tendant vers une qualité d'audition proche de celle de la téléphonie fixe.l UMTS est une norme compatible à l'échelle mondiale, contrairement aux technologies actuelles (les normes utilisées aux Etats-Unis et au Japon ne sont pas toutes compatibles avec le GSM). Les portables devront être bi-mode c'est-à-dire compatible avec le réseau GSM/GPRS Ils permettront d assurer la continuité du service (voix, SMS, MMS, data) dans les zones non couvertes par l UMTS. Cette continuité de service fait partie des engagements des opérateurs.ce qui est logique car sinon un portable UMTS ne servirait à rien dans les zones non couverte par l UMTS. Photo 3 : Exemple de la visiophonie. Voici un ensemble de services qui pourraient émerger à moyen terme sur le téléphone mobile grâce a l UMTS. Ils ne sont pas encore proposés par les opérateurs, car ils supposent une implantation plus mûre du réseau et l arrivée de terminaux plus sophistiqués (processeurs plus puissants, capacités de mémoire et d affichage plus importantes). Il suffit de voir nos amis japonais pour deviner ce qui nous attend d ici à 2010 : écouter de la musique en streaming (la radio par exemple), acheter et télécharger de la musique en ligne, jeux 2D et 3D en réseau, surveillance vidéo à distance, services d achats et de paiements par téléphone, porte-monnaie électronique, commercialisation de bouquets TV
similaires à ceux proposés par le câble et le satellite, navigation routière au GPS (solutions "offboard" avec des services de cartographie externalisés), gestion de la maison (commande à distance des lumières, de la télévision, ouverture d une porte). L UMTS est une nouvelle technologie très performante mais qui demande de grosses dépenses que ce soit pour les licences où bien les infrastructures, qui constituent certainement un obstacle à son développement. 2) Les causes du retard. L'UMTS arrive avec près de trois ans de retard par rapport à ce qui était prévu, sur un marché de la mobilité des télécoms en proie à une forte concurrence de la mobilité informatique. Plusieurs paramètres peuvent expliquer ces délais supplémentaires sans cesse renouvelés par les opérateurs de toute l'europe. a) Les coûts d attributions des licenses Tout d abord, lorsque les Etats européens ont proposé les licences pour les opérateurs de troisième génération, la bulle Internet était à son apogée, et les prix alors fixés sont absolument exorbitants. Globalement on peut dire que 150 milliards d euros pour un chiffre d affaires total du secteur de 200 milliards d euros ont été prélevés sur les opérateurs télécoms pour obtenir des licences: cette somme astronomique a naturellement constitué un frein au développement de l UMTS et a entraîné un effet négatif sur la santé financière des opérateurs de toute l'europe, dès lors fortement endettés. En France, les coûts des licences se sont élevés à 32,5 milliards de francs sur 15 ans, soit un total d environ 130 milliards de francs pour les 4 licences mises en vente par l état. (cf Annexes 5-6 : Tableau comparatif des modes d attribution des licences UMTS en Europe et carte de répartition en Europe) Malheureusement, ces prélèvements ont aussi provoqué des difficultés en amont des opérateurs, chez les constructeurs de matériels, comme Alcatel, Nortel, Nokia, Ericsson. En effet, les coûts des licences ont contraint les opérateurs à diminuer drastiquement leurs commandes. Heureusement, grâce au succès du GSM les opérateurs ont renfloué leurs finances qu ils vont utiliser
dès cette année pour se lancer dans la G3. Finalement, 2004 sera la vraie année de démarrage de l'umts. Outre les coûts prohibitifs des licences, ce retard s'explique par des problèmes techniques qui n'ont pas été levés aussi facilement qu'on pouvait l'attendre. b) Les difficultés technologiques Le déploiement du réseau se révèle bien plus complexe que prévu. Tout d abord, l UMTS est un réseau à capacités partagées, c'est-à-dire, que comme le câble, les performances seront inversement proportionnelles au nombre d utilisateurs connectés sur un relais. Une étude de Nortel, un équipementier du domaine, constate qu en zone urbaine très dense, seuls neuf abonnés situés dans le périmètre d'un même relais pourront accéder simultanément à ce fameux débit de 2 Mb/s. Et encore: à condition de ne pas bouger, un comble pour un service mobile. Le relais pourrait assurer un débit de seulement 6 fois moins, soit environ 384 kilobits/s, pour une quinzaine de personnes en mouvement Face à ces problèmes, il faut multiplier sérieusement les stations de base pour garantir à tous les débits maximaux annoncés. Les premiers utilisateurs, se contenteront donc, du moins dans les premières années, de 64 ou 144 kilobits/s A peine de quoi télécharger en léger différé un petit clip vidéo ou participer à une vidéoconférence sur un écran de quelques centimètres carrés. Ensuite, des soucis au niveau des logiciels ont du être surmontés. En effet, lors des premiers tests réalisés au Japon (NTT DoCoMo qui, avec 4 millions d'abonnés à son réseau 3G "FOMA", est aujourd'hui le principal opérateur UMTS de la planète), puis à Monaco (Vivendi-SFR), il est apparu que la fonction de handover, c'est-à-dire le passage d une cellule à une autre, était encore problématique : soit trop long, soit totalement irréalisable, il entraînait des ruptures intempestives de la connexion. La disponibilité des terminaux est elle aussi, un facteur clé de succès. Pour la majorité des opérateurs concernés, le véritable lancement commercial des services UMTS reste conditionné à la disponibilité de terminaux bi-mode (GSM (voir GPRS)/UMTS) permettant d'utiliser pleinement le réseau sans devoir se limiter à quelques îlots UMTS en zone urbaine, comme c'est actuellement le cas. Dans le même téléphone, se côtoient donc deux fonctionnalités et le passage de l une à l'autre n'a pas été simple à réaliser. Le retard technique est dû aussi aux deux nouveautés que l'on va trouver dans les portables compatibles UMTS.
D'abord, l'écran, qui servait principalement dans les mobiles 2G à afficher des numéros ou de petits messages écrits (les SMS) doit être avec la 3G, de meilleure qualité pour présenter des images : la mise au point d écrans performants et pas trop chers a ainsi posé quelques problèmes. La deuxième technique difficile à mettre en place a été la création de batteries performantes car pour avoir des images et des services plus élaborés il a fallu créer de nouvelles batteries miniaturisées et très puissantes. En plus des difficultés techniques, quelques incertitudes commerciales planant aussi sur l UMTS, ont certainement ralenti le processus. c) Les incertitudes commerciales La tarification des services UMTS reste à ce jour la principale inconnue. On peut essayer des les estimer en les comparant aux premières offres commerciales de services GPRS. Celles-ci semblent cependant encore très peu adaptées à l'utilisation généralisée de services innovants comme le téléchargement de musique au format MP3 ou encore l'échange de séquences vidéo. La facturation au volume de données échangées devra gagner en transparence si on veut développer les usages. L'expérience montre que les utilisateurs de services mobiles ont besoin de prévisibilité en ce qui concerne leur facture de services mobiles (le succès des cartes prépayées en est le meilleur exemple). Les opérateurs pourraient ainsi proposer des forfaits incluant une connexion illimitée ou encore segmenter clairement les modes de tarification en fonction des usages: 1-paiement à l'acte pour les messages multimédia, 2-paiement au volume de données transférées pour la navigation Internet ou l'envoi d'e-mail, 3-paiement à la durée pour les services en temps réels comme les jeux en ligne ou la visioconférence, 4-remises au volume. Une étude du Yankee Group Europe portant sur 29 opérateurs européens proposant des services GPRS, montre que le surcoût de ces services par rapport aux services fixes vont de 73% pour un faible usage (1MB par mois) à 1000 % pour un usage important (100 Mb par mois). L'étude conclu que pour être compétitifs, les tarifs GPRS et UMTS devraient se situer en dessous de 2 dollars par mégabit.
Mais le rôle des fournisseurs de contenu est également fondamental. Si l'échec du Wap est essentiellement lié au fait d'avoir survendu une technologie au détriment des services, une autre cause se situe au niveau des relations existant en Europe entre les opérateurs et les fournisseurs de contenu. Les opérateurs mobiles n'ont pas encore conclu de conventions organisant un partage des ressources. Au Japon, le succès des services mobiles est dû, pour une large part, à ce modèle économique de coopération mis en place entre NTT DoCoMo et les fournisseurs de contenu dans le cadre de l'i-mode (basé sur le GPRS : la génération 2,5), l'opérateur japonais se contentant de prélever 9% de commission sur les services offerts via son portail. En Europe, des partenariats similaires se mettent lentement en place, comme Bouygues notamment, qui propose lui aussi l I-mode. Finalement, les perspectives de rentabilité commerciale sont faibles à court terme. Une étude de Forrester Research d'octobre 2002 prévoit qu à ce rythme, seulement 10 % de l'ensemble des utilisateurs mobiles en Europe de l'ouest pourraient utiliser l'umts en 2007. Selon cette étude, dans le plupart des cas, la rentabilité ne serait atteinte qu'entre 2014 et 2017. On comprend alors pourquoi certains opérateurs sont si frileux, et préfèrent attendre la maturité du marché : c est le cas par exemple de Bouygues Télécom en France. Mais comme nous l avons déjà dit, 2004 sera tout de même, la vraie année de l UMTS, puisque 34 nouveaux opérateurs de télécoms dans le monde, ont décidé de se lancer dans l'umts. SFR doit ouvrir commercialement ses services en octobre 2004 et les services 3 G d Orange sont attendus pour les fêtes de Noël. 3) Etat des lieux : Une mise en route progressive. a) Dans le Monde, en Europe et En France Dû à toutes ces difficultés, on peut parler finalement d un véritable «retard à l allumage» de cette technologie au point que depuis l effondrement de la bulle des nouvelles technologies l UMTS était devenu l arlésienne de ce secteur de l économie. Néanmoins, il semble que l année 2004 soit une année charnière pour l UMTS. Récemment au forum de l UMTS organisé en juin à Moscou, un ensemble d opérateurs, de constructeurs, régulateurs et autres acteurs de cette industrie communiquaient autour de lancements massifs pour la 2 e moitié de l année 2004 (voir annexe1). Et ce sur l ensemble du globe. En Europe, un signe qui ne trompe pas est le lancement de services 3G
par les principaux opérateurs (voir annexe 2) tels que Vodafone, T-Mobile ou encore Orange, dans les grands pays européens. En France, c est plus précisément au dernier trimestre 2004 que les offres de services UMTS seront faites aux usagers. Les deux géants Orange et SFR seront les premiers à se jeter à l eau tandis que Bouygues Telecom, face aux investissements structurels énormes, a choisi de tabler pour un début d activité courant 2005, voir 2006. b) Stratégies de déploiement Contrairement à ce qui s était passé pour la norme GSM, qui était destinée presque exclusivement à l Europe, l UMTS a une vocation plus universelle. En effet, la technologie WCDMA (Wideband Code Division Multiple Access) semble avoir été le choix principal sur toute la planète. Sauf pour la Chine, qui pour s affranchir du poids des licences aurait fait le choix de développer ses propres standards, ce qui dans le cas de la 3G aboutit à la norme TD-SCDMA (Time Division Synchronous Code Division Multiple Access) : cf. Annexe 3. En ce qui concerne les lancements de services à proprement parler, il est probable que les services UMTS ne se restreignent (dans un premier temps du moins) qu à des zones géographiques limitées, plutôt que d attendre une couverture plus globale du territoire avant un lancement plus massif. Quoiqu il en soit, plus proches de nous des essais semblent-ils concluants ont eu lieu à Toulouse depuis le printemps 2004. L UMTS n est donc plus pour demain, mais est bien là. Mais quels vont être ses rapports avec les autres technologies «sans-fil»? 4) L UMTS face à ses concurrents Ni raz-de-marée révolutionnant les télécoms, et bouleversant tout sur son passage comme on aurait pu le croire à la fin des années 90, ni enfant «mortné» comme on aurait pu le croire il y a de ça juste 2 ou 3 ans, il semble maintenant que la technologie UMTS va s intégrer progressivement dans le paysage des télécoms. a) Les technologies existantes
Le système GSM/GPRS est amené à perdurer. L UMTS étant moins fiable en mouvement et à distance (en terme de débits), et face à la moindre couverture géographique, l utilisateur sera amené à basculer d un réseau à l autre en fonction des disponibilités. Le débit optimal en UMTS serait atteint dans les zones urbaines. Tandis que dans les zones moins bien desservies, le GSM prendra tout naturellement le relais (c est le roaming). Il semble même que cette technologie n ait pas dit son dernier mot en effet la dernière optimisation baptisée EDGE garantirait légèrement inférieurs à ceux de l UMTS (250 contre 384kbps) mais largement (5 à 10 fois) supérieurs à ceux du GPRS ce qui permettrait déjà une réelle innovation au niveau des services. Le coût du passage GPRS/EDGE avoisinant «seulement» les 200 millions d euros. Plus qu un concurrent pour l UMTS, l EDGE serait une étape voire un passage obligé, de nombreux appareils en possession des utilisateurs sont déjà compatibles EDGE mais pas UMTS. Ces derniers pourraient alors «goûter» aux nouveaux services un temps pour ensuite passer à l UMTS lors d éventuels changements de matériel. Longtemps considéré comme le concurrent le plus sérieux de l UMTS, il semblerait que le Wi-Fi (WLAN) pourtant caractérisé par un moindre coût de déploiement (10 fois moins cher), un débit théorique 10 fois supérieur - les mesures en situation réelle ramènent cette différence à 4 - et une plus grande simplicité d utilisation, ne sera pas l adversaire désigné de cette technologie. Il (le Wi-Fi) n est en effet pas en mesure de garantir un débit (débit partagé) et donc une qualité de communication suffisante pour les applications «voix» et sa portée très réduite le cantonne à une utilisation dans des bâtiments des grands centres d affaires et de transit (hotels, gares, aéroports etc...) avec autant d hétérogénéité dans les configurations de réseaux tandis que pour plus de mobilité et de qualité même à un débit inférieur, l UMTS est tout désigné. Pour l instant. b) Les technologies futures Le Wi-Max cette technologie présente le double avatange d un débit de 100 Mb/s et d une portée de l ordre de 10 Km. Elle est supposée faire ses premiers pas à l horizon 2007. Elle présente donc les avantages décuplés du Wi-Fi et est censée constituer le pont entre les réseaux «télécoms» et «data» tant attendu. Elle permettrait d accéder à Internet à haut débit sur des pc portables, sans avoir à rester à proximité d une borne pour les appels téléphoniques Tout comme la 4G d ailleurs, censée voir le jour en 2007 en Asie, elle ne serait donc pas attendue en Europe d ici une dizaine d années, et serait
apparentée à une convergence des technologies 3G et Radio (Wi-Fi). Les débits seraient alors entre 20 et 100 Mbit/s dans les réseaux à longue portée (UMTS) et jusqu'à 1 Gbit/s dans les réseaux locaux comme les hot spots Wi-Fi. Réunies dans un coeur de réseau entièrement sous protocole IP, ces interfaces radio devraient être au nombre de six, selon Denis Rouffet, directeur du projet de recherche 4G chez Alcatel : «Le réseau UMTS et les hot spots pour une couverture à l'extérieur de l'entreprise, Wi-Fi et Bluetooth à l'intérieur des locaux, Ultra Wide Band, qui assure une diffusion à très haut débit et à courte portée, et enfin les réseaux satellitaires GPS ou Galiléo...» L'objectif est d'assurer à l'utilisateur une mobilité maximale. Une fois connecté, en utilisant le réseau disponible, celui-ci pourra passer d'un réseau à l'autre sans interruption de la communication et avec une qualité de service identique à tout moment. «L'utilisateur aura donc accès à ces services quelle que soit la couverture radio», poursuit Denis Rouffet. «Tout passage d'un réseau à un autre devra être totalement transparent et automatique pour l'utilisateur», insiste de son côté le Dr Klaus-Dieter Kohrt, Senior VP Gouvernement et relations industrielles de Siemens. (Annexe 4) Ces perspectives de convergence possible même avec les technologies ultérieures même d ici 10 ou 15 années, font de l UMTS une réalité imminente. Mais comment en faire un succès commercial auprès des utilisateurs et pas seulement au sein des entreprises? 5) Des Challenges à relever conditions. Un succès populaire de l UMTS est en effet soumis à un certain nombre de a) Harmonisation des niveaux d émissions Face aux réticences du public, préoccupé par sa santé et son environnement, le passage à l UMTS sera conditionné au développement de spécifications techniques harmonisées pour les terminaux et les stations de base et un ensemble de méthodes de mesures harmonisées. Associées à une campagne de communication claire et transparente. b) Importance capitale des Services En ce qui concerne le monde de l entreprise, les améliorations qu il apporte
font que l UMTS avancera en terrain conquis. Le choix des consommateurs l emportant sur les avantages techniques, la réussite populaire de cette nouvelle technologie passera par l apparition de nouveaux services ou l amélioration de certains existant déjà parmi lesquels on peut citer un réel accès à Internet (80% des applications sont prêtes pour un accès «mobile», la messagerie avancée, la géolocalisation (GPS ou Galileo). La nouvelle commodité qu ils apporteraient constituerait la clé essentielle de leurs succès. C est pourquoi il faut s attendre dans les mois prochains à une campagne massive de communication autour du passage à cette technologie prometteuse. Conclusion Après de nombreux retards, l UMTS devrait donc s imposer comme le standard de la 2 e moitié de cette décennie en matière de téléphonie. Successeur désigné du réseau GSM/GPRS, ses caractéristiques lui permettent d être la pierre angulaire de la convergence des 2 mondes qui jusque là ne pouvaient pas cohabiter. Les bases sont maintenant posées pour que l information soit, à terme, totalement mobile. En cela, l émergence de la 3G, qui a mis à contribution les constructeurs, opérateurs et pouvoirs publics, a représenté une étape absolument déterminante.
6) Annexes : Annexe1 : Tableau prévisionnel pour les années 2003-2005 (Juin 2004)
Annexe 2 : Bilan des lancements des principaux opérateurs européens dans quelques grands pays européens
Annexe 3 : Choix techniques des principaux opérateurs : Annexe 4 : Possibilités d une installation 4G autour d un cœur de réseau IP
Annexe 5 : Tableau comparatif des modes d attribution des licences UMTS en Europe Annexe 6: Procédures d attribution et répartition des licences en Europe
7) Bibliographie L UMTS a toutes ses chances : http://www.lalibre.be/article.phtml?id=11&subid=118&art_id=77496 Qu'est ce que l'umts? http://www.3ie.org/nouvelles_technologies/fiche/fiche_umts.htm Attribution des licences : spéculation. http://www.telecom.gouv.fr/telecom/dpumts.pdf Critique du mode d'attribution: http://www.journalechange.com/realistes/licence102000.html Comprendre la technologie UMTS: http://www.zdnet.fr/produits/materiels/telephones_mobiles/guide/0,390 22256,39172851-1,00.htm http://www.zdnet.fr/special/3g-umts/ WiFi contre UMTS : une concurrence déloyale? http://solutions.journaldunet.com/0302/030217_wifi_umts.shtml WiFi versus UMTS : le combat surprise? http://solutions.journaldunet.com/0302/030206_wifi.shtml http://www.humanite.presse.fr/journal/2001-02-01/2001-02-01-238858 http://progsystem.free.fr/umtstotal.htm#pari http://www.rd.francetelecom.com/fr/technologies/ddm200201/index1.php# desservices http://www.mobilemag.ch/forum/index.php?act=st&f=9&t=17931 http://www.awt.be/web/mob/index.aspx?page=mob,fr,100,050,001 http://www.lalibre.be/article.phtml?id=12&subid=179&art_id=66524&fold er_id=123 http://www.lalibre.be/article.phtml?id=3&subid=85&art_id=77040