6 La maladie d Alzheimer Maladie neurodégénérative du tissu cérébral, la maladie d Alzheimer entraîne de manière progressive et irréversible la perte des fonctions mentales, dont la mémoire. C est une démence généralement diagnostiquée après 65 ans et souvent confondue, en tout cas au stade précoce, avec d autres démences séniles. Du fait de l allongement de la longévité dans le monde occidental Ŕ ou à tout le moins de la durée de survie toutes pathologies confondues Ŕ, cette maladie est désormais la plus coûteuse dans les pays «développés» vu la dépendance absolue qu elle entraîne 46. Elle touche 26 millions de personnes dans le monde (plus de 850 000 en France), dont une grande majorité dans le monde riche, et pourrait en toucher quatre fois plus en 2050, essentiellement par l augmentation mondiale du nombre de vieillards, lesquels arrivent à un âge avancé bien imprégnés de la pollution de toute une vie. 57 46 En France, près de trois quarts des conjoints et la moitié des enfants de patients Alzheimer leur consacrent plus de six heures par jour! Si de 850 000 cas actuellement, on passe à 1 200 000 dans les vingt ans à venir (ce qui est projeté), cette maladie contraindra un dixième de la population active française à un «nursing» tellement épuisant qu il entraîne une mortalité des aidants supérieure de 63% à celle de personnes du même âge ne s occupant pas d un malade.
La comparaison ci-dessous entre un cerveau sain et un cerveau touché est édifiante. Tout commence par des pertes de mémoire, les souvenirs récents s estompent de plus en plus vite alors que les souvenirs anciens demeurent. Puis surviennent les troubles cognitifs (confusions, humeur variable, troubles émotionnels, difficultés d abstraction, agressivité 47 ) puis du langage avant la perte des fonctions autonomes et la mort. On compte trois stades : léger, modéré et avancé, qui se répartissent sur sept à dix ans sans que le malade n ait réellement conscience de son état. 58 La forme «familiale», plus précoce, est en grande partie d origine héréditaire. En revanche, la forme «sporadique» touche 4 à 6% des plus de 60 ans dans les pays développés. (Dans les pays émergents, l espérance de vie est souvent trop faible et les études n existent pratiquement pas.) Cette forme sporadique est elle aussi liée à une prédisposition génétique : au moins quatre gènes spécifiques ont déjà été identifiés. Toutefois, les causes de cette maladie sous sa forme sporadique, en dehors de l âge et de la prédisposition génétique, ne sont pas connues. De plus en plus, des facteurs environnementaux sont soupçonnés mais pour le moment encore sans aucune certitude, au point que les opinions vont un peu dans tous les sens : aluminium dans l alimentation et notamment dans l eau du robinet 48, métaux lourds et surtout mercure, amalgames dentaires, tabagisme, alcoolisme (alors qu un peu d alcool protégerait!). De nombreux facteurs de risque viennent as- 47 Agressivité qui peut se transformer en reconnaissance après le shiatsu! Cfr le témoignage de Bernard et de sa patiente Marcelle. 48 En raison de l utilisation de sulfate d alumine pour purifier l eau, ce qui donne des particules d aluminium hydrosolubles très assimilables par l organisme. En ce qui concerne la relation entre cette molécule et la maladie d Alzheimer, les études se contredisent. Ce qui est toutefois sûr, c est la neurotoxicité de l aluminium.
sombrir le pronostic : hypertension, dépression, traumatisme crânien, cholestérolémie, alimentation trop grasse, obésité, diabète de type 2 On le voit, l alimentation occidentale «bas de gamme» pourrait favoriser cette maladie. Le Japon traditionnel (donc pas les Japonais vivant aux USA par exemple) en est relativement préservé (10 fois moins de cas). Dans l état actuel des connaissances, il semble que les causes de cette maladie soient multiples et concomitantes. Diagnostic Après examen du déficit mémoriel et des fonctions cognitives (langage, attention, apprentissage ), on pourra procéder à une imagerie IRM et à bien d autres examens cliniques qui permettront également d éliminer la possibilité d une autre démence ou d une tumeur, hématome, etc. On peut également étudier le liquide céphalo-rachidien à la recherche des protéines tau hyperphosphorylées et des peptides amyloïdes dont la présence est caractéristique de la maladie. Toutefois seule l autopsie pourra déterminer si oui ou non la personne était atteinte d Alzheimer. Il s agit donc surtout d un diagnostic par élimination. Physiologie La maladie d Alzheimer se caractérise par la mort progressive des cellules nerveuses, destruction qui commence dans une région particulière du cerveau, l hippocampe, une structure paire (gauche/droite) du cerveau limbique, siège de la mémorisation, avant d atteindre progressivement d autres régions puis de se généraliser à l ensemble du cerveau, provoquant une importante atrophie cérébrale. 59 Cette destruction est associée à des lésions dégénératives caractéristiques : Une accumulation de fibrilles constituées de protéines anormales appelées «tau hyperphosphorylées 49» à l intérieur des neurones. La constitution de nombreuses plaques amyloïdes 50 entre les neurones. 49 La protéine tau sert normalement à stabiliser une autre protéine, la tubuline, qui constitue l essentiel des microtubules formant le squelette des axones neuronaux. C est comme des petits cordages qui tiennent tout ensemble. Quand cette protéine tau devient anormale, elle forme des filaments, se détache des microtubules et s accumule en agrégats dans le cytoplasme. Le neurone n est plus nourri et finit par mourir. 50 Une plaque amyloïde est une accumulation extracellulaire en agrégats (collés) de peptides béta-amyloïdes provenant d une protéine, APP, que l on observe sans en connaître encore la fonction. Ce peptide néfaste, dès qu il est agrégé en dimère avec l un de ses semblables, abaisse l'efficacité de la transmission synaptique cholinergique. Ces dimères s accumulent ensuite en plaques qui ne sont pas évacuées. Les prochaines stratégies thérapeutiques cibleront ces dimères avant leur agrégation en plaques.
Une baisse importante de l acétylcholine, un neurotransmetteur du système nerveux central (mémoire, apprentissage ) et du système nerveux périphérique (activité musculaire, fonctions végétatives). 60
Traitements allopathiques La maladie est incurable. Les traitements actuels ne sont que palliatifs. Ils portent surtout sur l acétylcholine afin d en empêcher la disparition en inhibant l enzyme acétylcholinestérase chargée de la détruire. Un tel traitement ne fait, au mieux, que retarder de deux ans l'évolution de la maladie et engendre d importants effets secondaires, surtout digestifs. Le shiatsu et la maladie d Alzheimer Il n y a pas de points particuliers qui auraient un effet miraculeux sur cette grave affection. Le praticien décidera au cas par cas. Une chose est sûre, le shiatsu ne guérit pas la maladie d Alzheimer mais le toucher, la gentillesse, la douceur, la prévenance semblent avoir un effet très bénéfique sur ces patients (et certainement sur les personnes qui les accompagnent). En général, vu l âge des patients à traiter, le shiatsu se donnera assis, avec beaucoup de patience. Pistes à suivre : tous les points du Du Mai et particulièrement 3, 4TM et surtout 15, 16, 17TM puis 20TM au sommet du crâne. Compléter par 39VB (à quatre travers de doigt audessus de la malléole externe) pour parfaire le nettoyage des moelles et par les fenêtres du Ciel. 61 La perte de mémoire peut se traiter par une stimulation du méridien de la Rate. D une manière générale, faire un shiatsu aussi complet que possible, avec beaucoup de prévenance et de patience. Les résultats seront peu spectaculaires sur la dégénérescence mais peuvent l être sur le comportement du malade et sur son bien-être. Ce sera tout bénéfice pour les personnes qui l entourent.