Les fiches de l'ingénierie éducative Ingénierie éducative http://www.crdp-lyon.cndp.fr Description et utilisation d un serveur de vidéo numérique Sommaire 1. UN PEU DE THÉORIE 2 a. Qu est-ce qu un serveur de vidéo numérique? 2 b. Deux types de serveurs de vidéo numérique 3 c. Comprendre la vidéo numérique à travers ses avantages 3 d. Les différents formats de vidéo numérique 3 2. POSITION DU SERVEUR DANS LA CHAÎNE AUDIOVISUELLE NUMÉRIQUE 5 3. PRÉ-REQUIS À L UTILISATION D UN SERVEUR DE VIDÉO NUMÉRIQUE 6 a. Réseau 7 b. Serveur 7 c. Station de travail 8 4. RETOUR D EXPÉRIMENTATION SUR LE SERVEUR ALEX LIBRA 102-2 9 a. Présentation 9 b. Quelques mesures de performances 10 c. Conclusion : avantages et inconvénients de cette solution 10 5. CONCLUSION 11 Page 1/11 Xavier.Garel@ac-lyon.fr Département Ingénierie éducative Xavier Garel 2002
PREAMBULE : Souvent évoqué en termes d'avenir pour l'exploitation de documents multimédia, et en particulier de la vidéo, le serveur de vidéo numérique en réseau a fait l'objet d'une expérimentation sur la plate-forme technique de l'ingénierie éducative du CRDP de l'académie de Lyon. Ainsi la description de "l'établissement de l'an 2000" en faisait-elle un élément clef. Complément optimisé du réseau "informatique", c'est à dire celui qui met à disposition de chacun, à son poste de travail, des outils et des contenus, l'ambition de ce serveur est, à terme, de remplacer la circulation des médias sur supports enregistrés. Les documents vidéo (y compris les DVD et leur interactivité), comme les autres (fichiers divers, Cédéroms, documents audio, images fixes ou animées ), deviennent accessibles directement par les clients du réseau, à volonté, depuis n'importe quel point d'activité dans l'établissement. La gestion en est celle d'une super médiathèque virtuelle aux contenus partageables. Bien sûr, une telle vision théorique et un peu idyllique suppose deux conditions avant sa réalisation : - une évolution des pratiques, consistant à déposer et aller chercher ses documents à travers un réseau, - une réponse technique aux problèmes posés par la circulation et le traitement de données de plus en plus lourdes. C'est un point technique qui est fait ici, bilan d'expériences menées autour d'un système qui semblait répondre au mieux aux attentes théoriques. Seule une solution en réseau locale a été testée, afin de ne pas rajouter aux difficultés celles de canaux d'information encore bien limités. L'extension à l'internet, ou plutôt aux réseaux à haut débit apporterait une autre dimension. (Daniel PACAUD, responsable Ingénierie éducative) L objet de ce document est de définir le cadre d utilisation d un serveur de vidéo numérique dans un contexte pédagogique, en particulier lorsqu il est utilisé dans une salle multimédia. L objectif visé est de pouvoir manipuler des séquences vidéo de bonne qualité avec les mêmes commandes que sur un magnétoscope ou sur un lecteur de DVD de salon, mais en utilisant une station de travail (PC ou Macintosh) connectée à un réseau V.D.I. (Voix Données Images.) Généralement le «i» de V.D.I., fait référence à de la diffusion de vidéo analogique, or dans notre cas on cherche à diffuser de la vidéo numérique donc de la Donnée informatique («D»). 1. Un peu de théorie a. Diffusion ou communication? Vidéo numérique et vidéo analogique ne recouvrent pas les mêmes fonctionnalités sur un réseau d établissement. La vidéo analogique est plus adaptée à la communication, c est à dire à la mise en relation directe de deux interlocuteurs ou lieux pour un échange synchrone. La diffusion par ce média de documents enregistrés est moins intéressante car la prise en main à distance des lecteurs est peu pratique voire ingérable en milieu scolaire. Page 2/11 Xavier.Garel@ac-lyon.fr
La vidéo numérique permet au contraire une diffusion de documents à travers le réseau. Le support universel de ces documents est le serveur auquel chacun des usagers peut accéder selon ses besoins. Il est en revanche difficile d obtenir une communication par ce biais faute de numérisation instantanée et synchrone. b. Qu est-ce qu un serveur de vidéo numérique? L intérêt d un serveur de vidéo numérique est de pouvoir mettre à la disposition des utilisateurs de stations de travail connectées au réseau local d établissement, des vidéos mais aussi toutes sortes de médias : images fixes, sons etc. c. Deux types de serveurs de vidéo numérique Le push ou streaming video où l utilisateur qui reçoit de la vidéo depuis le serveur vers sa station, ne peut généralement pas intervenir sur le défilement de la séquence. Cette technique est souvent retenue dans les prestations de projection de films en pay per view ; on la retrouve dans les hôtels de luxe ou les chaînes à péage. Le pull est le processus qui permet de mettre des séquences vidéo sur un serveur de fichiers et de les rendre accessibles en chargement depuis un programme de lecture s exécutant sur la station de travail de l utilisateur. C est l approche la plus séduisante dans une utilisation pédagogique puisque l élève peut décider lui-même de la navigation dans sa séquence vidéo. d. Comprendre la vidéo numérique à travers ses avantages Il est important de rappeler les principaux avantages de la vidéo numérique : Elle permet une copie et un montage sans perte de qualité ; Elle offre une palette de nombreuses possibilités d utilisation (montage, effets spéciaux, titrages) grâce à de nombreux logiciels disponible sur le marché ; Elle peut être diffusée facilement à travers des supports variés (CD-ROM, DVD, Jaz ) ou par réseau (Serveur de vidéo numérique, sur Internet ou Intranet) ; Elle est abordable : les équipements informatiques nécessaires pour créer et manipuler de la vidéo numérique sont de moins en moins coûteux ; Elle peut devenir interactive. e. Les différents formats de vidéo numérique Une vidéo numérique est issue de l échantillonnage d une vidéo analogique. A la fin du processus de conversion analogique-numérique, on caractérise une vidéo numérique par son débit brut : de manière générale cette valeur est de 124 Mbps 1 avant compression. Cette valeur est incompatible avec un ensemble d applications (un réseau local performant autorise un débit de 100 Mbps théorique!) Aussi pour réduire les débits, la solution la plus efficace est d utiliser un algorithme de compression : le MPEG 2 et ses évolutions. Dans la définition des formats qui va suivre, la valeur des débits est donnée comme simple ordre de grandeur. Pour avoir des valeurs exactes il faudrait également tenir compte de la compression audio mais le poids associé est relativement faible. 1 Mbps, Mégabits par seconde, millions de bits par seconde. Caractérise un débit de données informatisées. 2 MPEG, Motion Picture Expert Group. Groupe de normalisation sur la compression des images animées. Page 3/11 Xavier.Garel@ac-lyon.fr
Format de vidéo numérique basé sur le MPEG-1 : Vidéo-CD, débit moyen 1.5 Mbps, qualité de type VHS (Magnétoscope standard) ; Formats de vidéo numérique basés sur le MPEG-2 : SVCD, débit moyen 2.6 Mbps, qualité de type SVHS (Magnétoscope Super-VHS) ; DVD-vidéo, débit moyen 6 Mbps (variable de 4 à 9.8 Mbps), qualité au moins équivalente à la télévision. Formats de vidéo numérique basés sur le MPEG-4 : La particularité de ces formats est de pouvoir moduler la qualité de l image animée et donc de son débit en fonction de son support de destination. De manière générale, les débits varient de 64 Kbps 1 à 2 Mbps. Les plus courants sont : DIVX 3.11 et supérieur ; QuickTime 5 et supérieur ; Windows Media 8 et supérieur ; RealPlayer 8 et supérieur; Autre format de vidéo numérique compressée : le DV Ce format est très présent dans les caméscopes grand public et professionnels. Il offre une très bonne qualité (équivalente à la télévision) pour un débit élevé : 25 Mbps. Ce format est bien adapté au montage vidéo (car la compression est uniquement intra 2 ) mais il doit être converti vers un autre format (de débit plus faible) pour la diffusion. Ce qu il faut retenir : Dans les applications de serveur de vidéo numérique, on retrouve essentiellement les formats suivants : Pour les serveurs de type PUSH : Quicktime, Windows Media et RealPlayer (tous dérivés de MPEG-4); Pour les serveurs de type PULL : MPEG-1 (banalement appelé Vidéo-CD), MPEG-2 (banalement appelé SVCD et DVD-Vidéo) et MPEG-4 (banalement appelé DIVX.) 1 Kbps, Kilobits par seconde, milliers de bits par seconde. Caractérise un débit de données informatisées. 2 Intra, signifie que la compression est calculée dans l image et non dans une suite d images. Page 4/11 Xavier.Garel@ac-lyon.fr
2. Position du serveur dans la chaîne audiovisuelle numérique Le serveur de fichiers de vidéo numérique (donc de type PULL) est le moyen de diffusion de la chaîne audiovisuelle numérique. Pour alimenter ce serveur avec des séquences vidéo, il faudra réaliser des acquisitions et des conversions : Quelques exemples en fonction de différentes sources vidéo : Camescope analogique : Utilisation d un convertisseur Analogique DV, puis d une carte d acquisition DV afin de transformer le signal analogique en vidéo numérique compressée. Camescope DV ou Magnetoscope DV : Utilisation d une carte d acquisition ou ports d entrées-sorties IEEE1394 (appelée aussi Firewire, i-link), puis éventuellement montage, enfin conversion au format MPEG-2 et copie sur le serveur vidéo (fichiers de type *.M2V) ; DVD Vidéo : Copie des fichiers contenus dans le DVD directement sur le Serveur Vidéo (fichiers de type *.VOB et *.IFO) ; Satellite et BPS : Conversion des fichiers reçus, du format MPEG-2 Transport vers le format MPEG-2 Program, puis copie sur le serveur de vidéo (fichiers de type *.M2V) ; Page 5/11 Xavier.Garel@ac-lyon.fr
Internet : On trouve généralement sur Internet des vidéos issues de compression MPEG-4 mais dans différentes encapsulations : DivX (fichiers *.AVI), Windows Media (*.WMV) QuickTime (fichiers *.MOV) RealVideo (fichiers *.RM) Ces fichiers peuvent être copiés directement sur le serveur de vidéo. 3. Pré-requis à l utilisation d un serveur de vidéo numérique Que ce soit pour une utilisation en serveur de fichier vidéo («PULL») ou de diffusion large bande («PUSH»), il faut utiliser un environnement technique compatible qui tienne compte des trois composantes suivantes : le serveur vidéo numérique le réseau de communication la station de travail Comme nous l avons vu dans le paragraphe précédent, une caractéristique importante de la lecture de vidéo numérique est le débit disponible pour la diffusion de la séquence. Pour distinguer un fonctionnement en PUSH ou en PULL, on peut noter : Dans le cas d un serveur vidéo PUSH : On consomme moins de bande passante sur le réseau, grâce à l utilisation d une technologie spécifique (le multicast 1 ) ; On exécute un programme en tâche de fond sur le serveur qui a la charge de gérer la diffusion de la vidéo ; donc la puissance processeur sera fonction du nombre maximal de séquences à diffuser en simultané. Dans le cas d un serveur vidéo PULL : La bande passante à prévoir sur le réseau est très importante et dépend du nombre de stations connectées simultanément ; La puissance processeur est moins importante car il n y a pas, sur le serveur, de programmes gros consommateurs en calculs. De plus, pour une utilisation pédagogique, il est indispensable de pouvoir disposer des caractéristiques suivantes : Vidéos de bonne qualité qui impliquent des débits compris entre 2.6 Mbps (S-VCD) et 6 Mbps (valeur moyenne pour une vidéo issue de DVD) et garantissant un flux constant à 25 images par secondes ; Vidéos interactives : démarrage-pause-arrêt de la séquence, déplacement avant-arrière, image par image, ainsi que l interactivité existante sur les films en DVD (chapitrage, langues, soustitres, etc.) 1 Plutôt que d envoyer les fichiers du serveur vers chacune des machines clientes (unicast), on peut n envoyer l information qu une seule fois et chaque ordinateur client la récupère. Page 6/11 Xavier.Garel@ac-lyon.fr
a. Réseau Le serveur de vidéo numérique doit être connecté au réseau local via une interface Ethernet 100 Mbps. L idéal serait une interface Gigabit Ethernet autorisant des débits théoriques de 1000 Mbps, répondant à une demande accrue. L infrastructure de communication doit être de type V.D.I. Cat 5 e, classe D, permettant des débits nominaux de l ordre du Gigabit. Dans plupart des cas, l activation des matériels de réseau permet d obtenir une capillarité (ie : liaison terminale au PC) Fast Ethernet (100 Mbps) sur dorsale (ie : liaison principale de desserte réseau) Gigabit Ethernet ; cette configuration est d ailleurs fortement conseillée. b. Serveur Processeurs et mémoire Pour un serveur de PUSH, prévoir un système multiprocesseurs. Pour un serveur PULL, un système mono-processeur est suffisant. Dans les deux cas 512 Mo de mémoire sont un minimum. Espace disque Il est recommandé d utiliser un contrôleur RAID 1 Ultra SCSI 3 avec des disques durs Hot Plug de capacité minimale 36 Go : soit, pour 3 disques en RAID5, 72 Go d espace utile, ce qui permet d obtenir environ 27 heures de vidéo numérique en qualité DVD (à 6 Mbps.) De manière générale, l espace disque disponible est aussi fonction de l évolution du marché du stockage. La tolérance aux pannes est un critère important avec ce type d application. Elle permet d éviter l interruption de diffusion d une vidéo en plein milieu d une séance de travail. De plus, l achat d un lecteur de bande magnétique, type DLT ou SuperDLT, est à prévoir si l on souhaite archiver ou être sûr de ne jamais perdre les fichiers vidéo contenus dans le serveur. Connexion Réseau Se référer au paragraphe précédent. Système d exploitation Il devra s appuyer sur le protocole réseau TCP/IP afin de rester dans les standards. Les principales offres actuelles tournent sur Microsoft Windows 2000 ou les Unix-like (Solaris, Linux, NetBSD etc.). Un serveur de type PULL pourrait s appeler plus simplement serveur de fichiers. Dans ce cas le choix du système d exploitation va dépendre essentiellement des compétences de l équipe informatique, et de l environnement existant, l homogénéité étant un facteur appréciable pour l administration du réseau. Pour un serveur de PUSH, c est le logiciel de diffusion qui va orienter le choix du système d exploitation. A noter que les différents systèmes d exploitation ne gèrent pas de la même façon les connexions basées sur le protocole TCP/IP. Par exemple, pour un serveur connecté au réseau local à 100 Mbps, sur Windows 2000, il faut enlever environ 30 % de bande passante 2 (marge d erreur + divers processus réseau fonctionnant sur le serveur) ; il reste 70 Mbps disponibles pour la diffusion de vidéo. Sur Linux, le protocole IP est géré plus efficacement et donc la bande passante est plus disponible. 1 RAID (Redundant Array of Independant Disks) & HotPlug, système de stockage sur disque dur permettant d améliorer la tolérance aux pannes et le remplacement «en ligne» d un disque dur défectueux. 2 Bande Passante, exprime la largeur de réseau disponible pour une infrastructure de câblage. Page 7/11 Xavier.Garel@ac-lyon.fr
c. Station de travail Si l on considère, dans la majorité des cas, que l utilisateur va se connecter au serveur de vidéo numérique avec un PC, les pré-requis pour pouvoir lire correctement les fichiers vidéo seraient : Processeur et mémoire C est sur la station, en local, que s exécute la décompression de la vidéo numérique ; or, ce processus est gourmand en puissance processeur et en mémoire (sauf s il est pris en charge par une carte de décompression hardware ajoutée à la machine). Un PC équipé d un processeur 1 Ghz avec 128 Mo de mémoire est le minimum mais la capacité mémoire nécessaire est également fonction du système d exploitation utilisé : par exemple pour MS Windows XP, il est conseillé d avoir 256 Mo au minimum. Disque Dur Pas de contrainte particulière pour l espace disque car les fichiers vidéo sont lus directement depuis le serveur. Mais dans le cas où l on souhaiterait faire une copie locale d une vidéo - pour la travailler par exemple - un PC équipé d un disque dur UDMA100 1 de 20 Go à 7200 trs/mn sera idéalement rapide pour une parfaite fluidité de lecture. Moniteur La résolution offerte par une vidéo de qualité télévisuelle est 720 x 576 à 50 Hz. Ainsi le minimum souhaité pour un moniteur informatique est une résolution de 800 x 600 à 85 Hz. Or, les moniteurs actuels de 15, 17 ou 19 pouces, ont largement atteint ce minima. Logiciel et systèmes d exploitation Le premier critère est de disposer, sur la station, d un système d exploitation capable de fonctionner en réseau local et sur le protocole TCP/IP. Chez Microsoft, Windows 98SE, Millenium, 2000 et XP sont compatibles ; pour Linux, utiliser les dernières versions des distributions RedHat, Mandrake, Suse, Caldera, etc. En complément, dans une grande majorité de cas, il faut installer un logiciel de lecture capable d afficher les vidéos demandées. On distinguera à nouveaux les deux cas PUSH et PULL :! Pour un serveur de type PUSH Dans ce dernier cas, il faut obligatoirement utiliser un logiciel de lecture compatible avec le flux vidéo en provenance du serveur. Sur Windows, les logiciels clients les plus connus sont associés aux technologies du même nom : Microsoft Windows Media, Apple Quicktime et Real Video. Il existe toujours une version gratuite du lecteur téléchargeable librement sur Internet.! Pour un serveur de type PULL La première chose est de pouvoir accéder aux dossiers partagés sur le serveur de vidéo numérique. Certains éditeurs obligent l installation d un client réseau spécifique pour se connecter au serveur mais, dans la plupart de cas, le client Microsoft fourni en standard suffit. Une fois connecté sur «la librairie», il faut pouvoir lire le fichier vidéo au moyen d un lecteur multimédia. Sur Windows, ce dernier s appelle Windows Media Player ; ce logiciel s appuie sur des modulesprogrammes complémentaires nommés «codecs 2» qui permettent la lecture d un format de vidéo. Le problème est qu il existe souvent plusieurs codecs pour un seul format de vidéo numérique. Sur Internet, on trouve des codecs en téléchargement libre de droits mais ils ne sont pas toujours performants. 1 UDMA, Norme de transfert d'information du disque dur vers la mémoire vive. Cette norme permet des taux de transfert plus élevés, les débits actuels obtenus avec cette norme sont de 100Mo/s (UDMA 100). 2 Codec, «Codeur, Décodeur», composant logiciel permettant l écriture ou la lecture d un format de vidéo numérique compressé. Page 8/11 Xavier.Garel@ac-lyon.fr
Bien sûr, il existe des logiciels payants capables de lire la plupart des formats de vidéo numérique et garantissant l utilisation de codecs performants. Attention, ils sont les seuls capables de lire l interactivité contenue dans un film DVD (fichiers de type *.IFO). On peut citer le plus connu : Cyberlink PowerDVD XP. 4. Retour d expérimentation sur le serveur ALEX Libra 102-2 a. Présentation Le CRDP de l académie de Lyon dispose dans ses locaux d un serveur de vidéo numérique. Il a été fourni par la société TECNILAB MULTIMEDIA (et installé en 1999). La gamme de serveurs de vidéo numérique LIBRA 100 fonctionne sur le principe de la répartition de charge, de bande passante réseau, ainsi que sur l ensemble de ses processeurs et de son stockage : c est une architecture à traitement massivement parallèle partagé (MPP). Les données sont distribuées linéairement par blocs de taille paramétrable, suivant la bande passante globale et l application type. Cette distribution de données permet de garantir la répartition uniforme de la bande passante sur l ensemble des nœuds (un nœud est égal à un serveur), et d assurer la fluidité des différents flux vidéo. Aucune duplication des données n est nécessaire, quelle que soit la courbe d utilisation des ressources du système. L ensemble des utilisateurs peut indifféremment ne lire qu un seul fichier à des moments différents ou lire chacun un fichier différent ; les performances ne seront pas affectées. La répartition de charge est aussi valable au niveau du réseau. Elle permet de gérer des débits supérieurs au débit maximal d un lien physique à ce réseau. Dans notre configuration, le serveur fonctionne en PULL, soit comme un serveur de fichiers. Notre modèle dispose de deux nœuds (ref. Libra 102-2) ; il offre donc, en théorie, un débit de 160 Mbps (80 Mbps sont garantis par nœud) pour permettre de répondre à 60 requêtes simultanées (en MPEG-2 à 2.6 Mbps). La capacité de stockage totale est de 136 Go (en Raise Level 0 Striping : voir explication dans le paragraphe plus loin), soit 120 heures de vidéo en MPEG-2 (à 2.6 Mbps) ou 51 heures de DVD (à 6 Mbps). Système de stockage : Chaque nœud est doté de 5 disques en RAID5 pour une capacité totale utile de 68 Go. Interface Réseau : Chaque nœud dispose d un adaptateur Fast Ethernet, offrant un débit théorique de 100 Mbps. Logiciel et système d exploitation : Chaque nœud est installé avec Microsoft Windows NT4 Server. Un premier nœud est configuré en Contrôleur de Domaine Principal (PDC), l autre en Contrôleur de Domaine Secondaire (BDC). La répartition de charge est basée sur la technologie RAISE : Redundant Array of Independent Servers : c est la valeur ajoutée de la solution ALEX! Cette technologie est la garantie de service de la solution ALEX ; elle permet de respecter au mieux la contrainte de flux constant lors d une diffusion de vidéo. La configuration du serveur ALEX du CRDP est «Raise Level 0 Striping», c est à dire que les fichiers déposés depuis le partage réseau «Media Server» sont répartis sur chacun des deux nœuds. De plus, l espace disque total est la somme des capacités disques de chacun des deux nœuds. Page 9/11 Xavier.Garel@ac-lyon.fr
Sur Windows NT4, RAISE fonctionne en tant que Service NT 1. Il comprend un programme à installer sur le serveur Libra Raise qui fait office de PDC et une partie client qui est paramétrée dans la configuration réseau de chaque station de travail désirant accéder aux vidéos. Une fois l installation de la partie client réalisée, il suffit d ouvrir le «Voisinage Réseau» et de rechercher le «Media Server». On peut également connecter un lecteur réseau sur le chemin de la ressource partagée et demander son ouverture par défaut. b. Quelques mesures de performances Afin de valider l intérêt de la technologie RAISE, nous avons mené un test de copie de fichiers dans deux environnements différents : Sur un réseau local commuté indépendant, nous avons connecté le serveurs ALEX et quelques stations de travail. Du serveur ALEX vers une station de travail, on obtient un taux de transfert de : environ 60 Mbps en se connectant directement sur l un ou l autre des nœuds ; environ 83 Mbps en se connectant au «Media Server» par le Client RAISE ; Sur le réseau local du CRDP, du serveur ALEX vers les stations du laboratoire didactique multimédia (salle 101), on obtient des taux de transfert identiques, que l on soit connecté directement sur un seul nœud ou que l on passe par le partage «Media Server», soit 55 Mbps environ. c. Conclusion : avantages et inconvénients de cette solution Avantages : Grâce à sa technologie de répartition de charge (RAISE), on obtient des résultats supérieurs à un serveur de fichiers classique ; en particulier les taux de transfert sur le réseau sont accrus par l utilisation d un agrégat d interfaces réseau sur les deux nœuds. Cette même technologie RAISE permet une évolution linéaire et simple à mettre en œuvre. Lorsque l on a besoin d augmenter son espace de stockage pour de nouvelles vidéos ou si l on désire donner plus d accès en simultané, il suffit d ajouter un nœud à l ensemble. Dans une même armoire technique, on peut loger 8 nœuds en rack. Le système proposé par ALEX est tolérant aux pannes : en configuration très sécurisée on peut avoir redondance d alimentations électriques, redondance de disques durs, redondance d interfaces réseau, redondance de CPU. Inconvénients : Le serveur LIBRA est disponible uniquement avec les systèmes d exploitation MS Windows et Linux. Or, dans l académie de Lyon, le système d exploitation réseau préconisé est Novell Netware. Son déploiement obligerait à administrer deux bases de comptes différentes pour l authentification et l accès aux ressources : Novell pour les dossiers partagés Elèves- Enseignants et Windows NT pour les fichiers vidéo. Les performances sont largement tributaires de l architecture du réseau local d établissement mais on retrouverait ce problème avec n importe quelle solution de serveur de fichiers vidéo numérique. Le logiciel-client Raise qui doit être installé sur les stations de travail est gênant : il gère mal les déconnexions de réseau. De plus, son utilisation conjointe avec le client de réseau Novell est laborieuse et peut provoquer l instabilité de Windows. 1 Service, au sens Windows NT, est un programme tournant en tâche de fond et offrant un service de type «Client - Serveur». Page 10/11 Xavier.Garel@ac-lyon.fr
Côté station de travail, il semble que seul le client Raise pour Windows existe. Il n y a pas de version pour Linux disponible. Enfin, un système ALEX LIBRA sur deux nœuds est très onereux : 22 867 (150 000 F), ce qui ne le met pas à la portée de la plupart des établissements scolaires. 5. Conclusion Les serveurs de vidéo numérique sont, en fait, des serveurs de fichiers multimédia. La solution ALEX permet de garantir une très bonne montée en charge tant sur la capacité disque totale que sur le nombre de clients connectés en simultané. Elle a deux inconvénients majeurs : son prix et des contraintes techniques liées à l utilisation d un client de réseau spécifique. Les solutions de serveur de vidéo numérique de type PUSH se multiplient. En revanche on trouve beaucoup moins d alternatives pour les serveurs de type PULL qui sont pourtant ceux qui répondent le mieux à une utilisation pédagogique. Aussi faudrait-il regarder du côté des serveurs NAS (pour Network Attached Storage, autrement dit "espace de stockage attaché au réseau"). Les NAS sont des machines spécialisées pour fournir du stockage performant tout en garantissant sécurité (tolérance aux pannes) et montée en charge (Bande passante réseau et espace disque). Peut-être que la solution idéale serait un serveur plus simple (avec comme système d exploitation Windows ou Linux) mais qui servirait d interface entres les stations de travail clientes et un NAS. Enfin il serait intéressant de tester de nouvelles solutions telles que celle proposée par TECNILAB : le serveur de fichiers multimédia PREMIO. Pour une compatibilité totale avec les réseaux Novell en place, il serait intéressant de tester les performances de Netware 6 sur TCP/IP comme serveur de fichiers de vidéo numérique. Page 11/11 Xavier.Garel@ac-lyon.fr