François-Mitterrand 12 octobre 2010 I 16 janvier 2011. Hans Hartung. Estampes



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Transcription:

François-Mitterrand 12 octobre 2010 I 16 janvier 2011 Hans Hartung Estampes

DOSSIER DE PRESSE Sommaire Communiqué de presse 3 Renseignements pratiques 4 Iconographie 5 Présentation 7 Parcours de l exposition 8 Biographie 10 Publication 12 La Fondation Hartung-Bergman 13

François-Mitterrand COMMUNIQUE 12 octobre 2010 I 16 janvier 2011 DE PRESSE Hans Hartung Estampes L artiste français d origine allemande Hans Hartung (1904-1989) est considéré comme l un des grands représentants de la peinture abstraite. La Bibliothèque nationale de France présente son œuvre imprimé avec le concours de la Fondation Hartung-Bergman. Déjouant l image traditionnelle du peintre abstrait, gestuel et lyrique, l exposition s attache aux zones moins connues de son travail, grâce à près d une centaine de pièces. «La carrière de peintre et de dessinateur de Hans Hartung fait parfois oublier qu il est aussi un maître de l estampe. Aussi la Bibliothèque a-t-elle souhaité, grâce à la générosité de la Fondation Hartung-Bergman, rendre justice à l œuvre gravé de l artiste, à sa richesse et à sa diversité.» Bruno Racine, président de la BnF. L exposition présente une rétrospective de l œuvre imprimé de Hans Hartung (gravures et lithographies), aspect méconnu de son travail. Hans Hartung est, en effet, avant tout un peintre qui s est beaucoup intéressé à l estampe. Le plus souvent, il cherche à transposer ses recherches picturales au moyen des techniques d impression qui peuvent également inspirer son travail de peintre. L exposition mettra en valeur ce va et vient entre l estampe d une part, le dessin et la peinture de l autre. Dès le début des années vingt, l objet disparaît de la peinture de Hans Hartung. Ce virage s opère au contact des maîtres de l art ancien, dans l ignorance totale de l abstraction de son temps, et d emblée sa peinture parvient à un style proche de ses œuvres de maturité : champs de forces, tension des grands signes noirs, épanchements chromatiques. Établi définitivement à Paris en 1935, Hartung y présente sa première exposition personnelle dès 1947 ; puis, en 1948, il expose avec Wols, Picabia, Stahly, Mathieu, Tàpies et Bryen, devenant l un des chefs de file de l art informel en France. La galerie La Hune et la galerie de France montrent par la suite son œuvre gravé et le musée national d Art moderne lui consacre une rétrospective en 1969. L exposition est construite autour de la riche collection de la BnF qui provient du dépôt légal ainsi que d une donation de 344 estampes généreusement consentie en 2010 par la Fondation Hartung-Bergman. 3

Hans Hartung Estampes Dates 12 octobre 2010 I 16 janvier 2011 Lieu BnF I François-Mitterrand Galerie François 1 er Quai François-Mauriac - Paris XIII e Métro : Bibliothèque François Mitterrand - Quai de la Gare Horaires Du mardi au samedi 10h-19h Dimanche 13h-19h Fermé lundi et jours fériés Entrée : 5 euros, TR : 3.5 euros Réservations FNAC, tél : 0892 684 694 (0.34 euros TTC/mn), www.fnac.com Commissariat Coordination Céline Chicha-Castex, BnF, conservateur au département des Estampes et de la photographie Valérie Prébot, BnF, chargée d expositions Scénographie Graphisme Visites guidées Julie Boidin Arnaud Homann Renseignements et réservations au 01 53 79 49 49 Publication Hans Hartung. Estampes Céline Chicha-Castex, Geneviève Laplanche, Christian Rümelin et Andreas Schalhorn BnF / Musées d art et d histoire de Genève / Staatliche Museen zu Berlin Relié, 24 x 31 cm 276 pages, 250 illustrations couleur Edition bilingue : Français / Allemand Prix : 39 euros Contacts presse Claudine Hermabessière chef du service de presse et des partenariats médias 01 53 79 41 18 - claudine.hermabessiere@bnf.fr Isabelle Coilly chargée de communication presse 01 53 79 40 11 - isabelle.coilly@bnf.fr 4

Iconographie Disponible dans le cadre de la promotion de l exposition et pendant la durée de celle-ci (12 octobre 2010-16 janvier 2011). Aucune image ne peut être modifiée ou retouchée. Toutes ces images sont soumises aux conditions d utilisation de l ADAGP : deux images maximum au choix par support, 1/4 de page maximum, hors couverture. Deux filles, 1927. Eau-forte Coll. Fondation Hartung-Bergman Fondation Hartung-Bergman ADAGP, Paris 2010 Autoportrait, 1928. Eau-forte Coll. Fondation Hartung-Bergman Fondation Hartung-Bergman ADAGP, Paris 2010 L 1946-3, 1946. Lithographie. Imprimeur : Desjobert BnF, Estampes et photographie don Fondation Hartung-Bergman ADAGP, Paris 2010 L 1952-01, 1952. Lithographie. Imprimeur : Jean Pons, Paris Editeur : Berggruen et Cie, éditeurs, Paris BnF, Estampes et photographie ADAGP, Paris 2010 L 1963-93, 1963. Lithographie. Imprimeur : Erker-Presse, Saint-Gall BnF, Estampes et photographie don Fondation Hartung-Bergman ADAGP, Paris 2010 L 1966-9, 1966. Lithographie. Imprimeur : Erker-Presse, Saint-Gall. Editeur : La Hune, Paris BnF, Estampes et photographie, don Fondation Hartung-Bergman ADAGP, Paris 2010 5

L 1966-9, 1966. Lithographie. Imprimeur : Erker-Presse, Saint-Gall. BnF, Estampes et photographie ADAGP, Paris 2010 L 1970-13 / FARANDOLE, suite A, pl. III, 1970. Lithographie. Imprimeur et éditeur : Poligrafa, Barcelone. BnF, Estampes et photographie, ADAGP, Paris 2010 L 1973-21, 1973. Lithographie. Imprimeur : Erker-Presse, Saint-Gall. Editeur : Galerie de France, Paris BnF, Estampes et photographie ADAGP, Paris 2010 L 1976-14, 1976. Lithographie. Imprimeur : Erker-Presse, Saint-Gall BnF, Estampes et photographie, don Fondation Hartung-Bergman ADAGP, Paris 2010 G 1970-4, 1970. Eau-forte et aquatinte. Imprimeur : Editorial Gustavo Gili, Barcelone. BnF, Estampes et photographie, don Fondation Hartung-Bergman ADAGP, Paris 2010 H 1973-5, 1973. Gravure sur bois et pochoir. Imprimeur : Rüdiger s Erben, Saint-Gall (Erker-Presse). Editeur : Erker-Presse, Saint-Gall BnF, Estampes et photographie, don Fondation Hartung-Bergman ADAGP, Paris 2010 L 1973-33, 1973. Lithographie. Imprimeur : Erker-Presse, Saint-Gall. Editeur : Editions d art Albert Skira, Genève. BnF, Estampes et photographie, don Fondation Hartung-Bergman ADAGP, Paris 2010 Portrait de l artiste DR 6

Présentation Considéré comme l un des grands représentants de la peinture abstraite, Hans Hartung s est également beaucoup intéressé à l estampe. Si son œuvre gravé est considérable - plus de six cents gravures et lithographies - il constitue cependant un aspect méconnu de son travail, auquel la Bibliothèque nationale de France rend hommage aujourd hui. La pratique de l estampe chez Hans Hartung répond à un réel besoin d expérimentation de nouveaux moyens de création. Elle s intègre ainsi pleinement dans ses recherches plastiques. «Etant porté dans les arts plastiques à tout ce qui est graphisme, j étais naturellement attiré par la gravure et la lithographie, techniques qui toujours au moment de leur grandeur étaient basées sur le noir et le blanc ainsi que sur le trait». Le plus souvent, l artiste cherche à transposer ses recherches picturales au moyen des procédés d impression. Mais la pratique de la gravure influence également parfois son travail de peintre. C est ce va-et-vient entre l estampe d une part, et le dessin et la peinture d autre part, que cette rétrospective entend mettre en valeur. La BnF conserve près de quatre cents œuvres de l artiste provenant du dépôt légal, d une donation faite par l artiste en 1973 et d une autre faite par la Fondation Hartung-Bergman à l occasion de cette exposition. Quelque cent vingt pièces sont exposées : estampes, toiles, dessins et photographies choisies en grande partie dans la riche collection de la Bibliothèque. Cet ensemble est par ailleurs enrichi de quelques prêts d œuvres provenant de la Fondation Hartung- Bergman. 7

Parcours de l exposition La pratique de l estampe de Hans Hartung est discontinue, bien souvent liée à la possibilité de travailler dans un atelier pendant une période donnée. Cette manière de créer induit une production sérielle, mise en valeur dans le parcours de l exposition. Les débuts (1921 - années 1940) : entre la figuration et l abstraction Hans Hartung réalise ses premières gravures dans les années 1920. Il s agit d une série d eaux-fortes et de pointes-sèches, de petites dimensions, aux sujets classiques : des nus, des personnages dessinés d un trait anguleux qui peuvent faire penser aux gravures expressionnistes, courant dans lequel Hartung dit puiser son inspiration : «La source la plus directe qui devait me conduire à l art abstrait a été sans doute possible la gravure sur bois de ces peintres expressionnistes comme Heckel, Kirchner, Schmidt-Rottluff, Pechstein et Nolde.» Parallèlement à ces premières gravures figuratives, Hans Hartung peint ses premières aquarelles abstraites, indépendamment de toute influence des courants contemporains. Il revendique lui-même une filiation classique à cette tendance abstraite, le trait étant finalement ce qui l attire, au-delà de l adéquation ou non à un sujet. Dès ses premières tentatives dans le domaine de l estampe, la pratique de la gravure se rapproche plus chez lui de celle du dessin que de la peinture. Un goût pour le trait qui est sans aucun doute à mettre en relation avec sa fascination pour l art de Rembrandt. Le lien entre dessin et estampe est également très présent dans les estampes que réalise Hartung à l Académie des beaux-arts de Munich. C est là qu il découvre le travail des états, permettant des évolutions d une planche à l autre. A la fin des années 1930, il multiplie les expérimentations de taille directe (pointes et burins) ainsi que le traitement par oxydation. Des peintures et dessins abstraits réalisés avant guerre donnent lieu à une série de petites lithographies en 1946 réalisées dans l atelier d Edmond Desjobert. Ces travaux seront suivis par des gravures en 1947. Dans ces planches abstraites apparaît le style gestuel caractéristique de l artiste. Les années 1950 : l abstraction gestuelle Hans Hartung renonce dès la fin des années 1940 à passer par le dessin préparatoire pour la création de ses estampes. C est à partir de 1953 et son passage à l atelier Lacourière que Hartung expérimente toutes les possibilités de la gravure sur cuivre. C est aussi à cette période qu il met au point ce vocabulaire plastique caractérisé par des motifs graphiques envahissant des compositions où la couleur ne construit pas l espace mais contrebalance le noir du graphisme. Les œuvres de cette période sont très gestuelles. Si la couleur est encore présente, elle tend à disparaître au profit du seul signe. Les techniques de l estampe en couleur supposent en effet une décomposition : à chaque teinte correspond une matrice, et par 8

conséquence un ensemble d opérations dont la lenteur semble incompatible avec la pratique spontanée de Hartung. «En principe, je préfère l inspiration directe, momentanée et toutes les lithos en couleur, et plus encore les gravures en couleur, sont réalisées en deux, trois ou quatre étapes [...] il n y a plus la spontanéité première que je recherche en art». La rapidité et la spontanéité sont devenues des principes fondamentaux de son mode de création. Les années 1960 Dans les années 1960, l artiste adopte en peinture les méthodes de la gravure : dans la peinture encore fraîche, il gratte la matière au moyen de différents outils qui dessinent ainsi un réseau de lignes. «La manière même de gratter dans ma propre peinture, dans la couche que je viens de mettre, vient de la gravure». A partir de 1962, il travaille régulièrement à l atelier Erker à Saint-Gall, approfondissant ses recherches graphiques. Ainsi, à côté des motifs en positif, dessinés au moyen d un crayon lithographique proche de ce que Hartung utilise en dessin, il réalise également des compositions en négatif. Apposant directement son dessin sur la pierre lithographique puis grattant une partie de la matière, le dessin apparaît en négatif à l impression. A partir de 1966, on assiste, dans ses œuvres graphiques comme dans ses peintures, à la disparition du signe au profit de la surface. Hartung se sert en peinture d un pistolet de carrossier pour dessiner des formes qui apparaissent comme des halos colorés. On retrouve le même effet en lithographie grâce à la technique du crachis. A l atelier Erker, il utilise des outils permettant des effets très divers (rouleau encreur, crayon lithographique, aérographe, pinceau...) dont la combinaison lui permet de créer des compositions au dessin très structuré. Les années 1970 Une parfaite adéquation caractérise les toiles peintes au début des années 1970 et les gravures de cette période. Hans Hartung aborde la gravure de grand format et renoue avec l eau-forte dans l atelier de Gustavo Gili à Barcelone. Il travaille toute la surface, comme s il s agissait de toiles, attaquant le cuivre avec une grande liberté à l aide de nouveaux instruments qui creusent des sillons. L atelier Erker est l un des lieux de prédilection pour les recherches graphiques de l artiste. Il s y essaye à la gravure sur bois et réalise une série magistrale en 1973. La gravure sur bois semble peu appropriée à la spontanéité à laquelle il aspire. Mais il contourne la lenteur du procédé en ayant recours à des outils qui lui permettent de marteler la matière plutôt que de l évider en suivant un motif comme il était coutume de procéder. Les parties martelées apparaissent en blanc lors de l impression : la composition est ainsi rythmée par des points de lumière. On retrouve des effets équivalents dans sa peinture de l époque. Dans ses lithographies de cette période, la disparition du signe au profit de la surface, traitée au moyen du rouleau lithographique se fait plus évidente. Le fond vient alors au premier plan. Hartung traite la surface et s attache à la représentation de la lumière en jouant sur des effets de transparence. L usage du rouleau lithographique trouvera son prolongement dans la peinture. Les estampes réalisées au cours de cette période sont à rapprocher de ses photographies. 9

Biographie 1904 Naissance de Hans Hartung le 21 septembre à Leipzig. 1922 Il peint ses premières aquarelles abstraites, entre figures et taches, alors qu il ignore tout de l abstraction. 1924-1926 Études à l Akademie der Künste de Dresde. 1926 Hartung s installe à Paris et s inscrit à l académie André Lhote. Il étudie le cubisme dont l influence est perceptible dans ses œuvres jusqu en 1932. Premières eaux-fortes et pointes-sèches. Les sujets sont figuratifs. 1928 Hartung explore un grand nombre de techniques de gravures auprès d Adolf Schinnerer à l Académie des Beaux-Arts de Munich. 1929 Il épouse Anna-Eva Bergman, une jeune artiste norvégienne rencontrée à Paris dont il divorce en 1938 et avec laquelle il se remarie en 1957. 1932 Le couple s installe aux Baléares. Hartung se détourne du cubisme pour revenir à un style informel. 1935 Installation définitive à Paris. Hartung se lie d amitié avec Henri Goetz et Christine Boumeester, ses voisins d atelier, ainsi qu avec Jean Hélion qui lui fait rencontrer Kandinsky, Mondrian, Magnelli, Domela, Miró et Calder. 1938 Il travaille dans l atelier du sculpteur Julio González dont il épouse la fille, Roberta, l année suivante. 1939 Il crée plusieurs gravures abstraites. 1939-1944 Au début de la guerre, Hartung s engage dans la Légion étrangère. Il est démobilisé après l armistice. Il réintègre la Légion en 1942. En 1944, lors d une attaque à Belfort, il est gravement blessé et doit être amputé de la jambe droite. 1945 Hartung s installe à Arcueil et reprend la peinture. 1946 Il obtient la nationalité française. Hartung crée ses premières lithographies à l atelier Desjobert, à Paris, à partir de dessins d avant-guerre emblématiques de l orientation abstraite de l artiste. 1947 Première expérience significative de la taille-douce, pratiquée avec une grande diversité de procédés, sans doute à l occasion du projet d illustration pour Soleil cou-coupé d Aimé Césaire. 1951 En mars, participation à l exposition «Véhémences confrontées», organisée par Michel Tapié à la galerie Nina Dausset, à Paris qui marque l émergence de l abstraction lyrique en France. 1952 Hartung pratique la lithographie chez Jean Pons à Paris. 1953 Il reprend la gravure à l atelier Lacourière, créant une série de planches en couleur. 10

1955 En juillet, participation à la première Documenta de Kassel et à la Biennale de gravure de Ljubljana. Il prendra part à plusieurs reprises à cette manifestation jusqu en 1979. 1956 En novembre, exposition de peintures à Paris, à la galerie de France qui, sous la direction de Myriam Prévot et Gildo Caputo, représentera Hartung jusqu en 1980. 1960 En peinture, expérimentation de couleurs vinyliques qui, séchant rapidement et pouvant être diluées permettent à Hartung de parvenir d emblée, sans passer par le report d esquisses, à la composition recherchée, sur des toiles de grand format. Premier pastel sur carton baryté. Le grand prix international de peinture de la XXX e Biennale de Venise est attribué à Hartung à l unanimité. 1961-1962 Nouvelle phase dans sa peinture caractérisée par le grattage de lignes graphiques dans la matière peinte encore fraîche. Progressivement, les lignes obtenues par grattage se réduisent à quelques griffures qui s inscrivent dans des surfaces obtenues par pulvérisation. 1962 Hartung commence à travailler à Saint-Gall, chez Erker, librairie, galerie d art, éditeur et atelier lithographique fondé par Jürg Janett et Franz Larese en 1958. C est le début d une longue collaboration jusqu en 1976. 1965 Publication par la galerie Rolf Schmücking du catalogue raisonné de l œuvre gravé de Hartung établi sous l autorité de l artiste. Hartung fréquente l atelier du lithographe Michel Cassé, à Paris. 1966 Toiles faites de taches sombres réalisées par pulvérisation, généralement de grands formats et sans signe complémentaire ni grattage. 1970 Chez Gustavo Gili, à Barcelone, Hartung renoue avec la technique de l eau-forte. Il travaille dans l atelier Arte d Adrien Maeght, à Paris. 1973 Achèvement de la construction des ateliers et de la villa d Antibes entièrement conçus par Hartung et Anna-Eva Bergman où le couple vivra désormais, excepté quelques brefs séjours à Paris. Durant cette année très productive, Hartung crée des centaines de dessins et de peintures. En mars, il travaille à l atelier Crommelynck à Paris puis chez Erker, réalisant une suite de lithographies et de gravures sur bois. 1974 Un numéro spécial de la revue Cimaise est consacré à Hartung à l occasion de son soixante-dixième anniversaire. 1976 Parution de l autobiographie de Hartung, Autoportrait, écrite en collaboration avec Monique Lefebvre, aux éditions Grasset. Nouvelle série de lithographies créées à Saint-Gall qui clôt la longue collaboration de l artiste avec Erker. 1977 Exposition itinérante à travers la France de lithographies et bois gravés organisée par le Centre national d art et de culture Georges Pompidou. Hartung pratique désormais l estampe chez Pierre Chave, imprimeur, éditeur et galeriste à Vence. Il ne dessine plus sur pierre lithographique, mais sur acétate souple et transparent. 1978 Hartung renoue chez Lacourière avec la taille-douce, délaissée depuis 1973. 1980 Changement de style dans sa peinture en raison de l utilisation de nouveaux outils dont de grands balais de genêt, puis des pulvérisateurs de jardin légers qui lui permettent de continuer à peindre en dépit d une grande faiblesse physique. 1989 Le 7 décembre, Hans Hartung meurt à Antibes à l âge de quatre-vingt-cinq ans. 11

Publication Hans Hartung Estampes Céline Chicha-Castex, Geneviève Laplanche, Christian Rümelin et Andreas Schalhorn BnF / Musées d art et d histoire de Genève / Staatliche Museen zu Berlin Relié, 24 x 31 cm 276 pages, 250 illustrations couleur Edition bilingue : Français / Allemand Prix : 39 euros Ces dernières années, les grandes expositions consacrées à Hans Hartung ont célébré le peintre et le dessinateur mais aussi le photographe. On a toutefois facilement oublié que Hartung avait aussi réalisé un ensemble de six cents estampes. Ainsi manquait-il une publication qui rendît justice à son œuvre gravé en montrant sa diversité et en retraçant son évolution. Ce manque était d autant plus étonnant que le travail gestuel expérimental était particulièrement important pour l artiste chez qui gravure et peinture se sont nourries mutuellement. Le présent ouvrage est né de circonstances multiples. En 2009 et 2010, la Fondation Hartung- Bergman a procédé à trois importantes donations d estampes respectivement au Cabinet des estampes des musées nationaux de Berlin, au Cabinet d arts graphiques des Musées d art et d histoire de la ville de Genève, et au département des Estampes et de la photographie de la Bibliothèque nationale de France. Dans ce contexte, les trois institutions ont décidé de présenter ces donations non seulement par trois expositions selon des thématiques originales, mais aussi par un ouvrage qui rende compte de l ensemble. S ajoute à cette initiative, depuis l été 2010, la mise en ligne par la Fondation Hartung-Bergman de sa banque de données, consultable par tous sur la page d accueil de son site ; celle-ci comprend le catalogue raisonné des estampes de Hartung, qui a été constitué de 1979 à avril 2005 par Rainer Michael Mason, alors directeur du Cabinet des estampes de Genève, avec l appui de Geneviève Laplanche et en collaboration avec la Fondation Hartung-Bergman. La présente publication accompagne et illustre cet outil en ligne. Outre trois essais, une présentation de la banque de données en ligne et une bibliographie complète, le volume contient une biographie détaillée qui, pour la première fois, met en lumière la place centrale de la gravure dans la vie et l œuvre de Hartung. Cet ouvrage constitue le catalogue des expositions présentées : - A la Bibliothèque nationale de France (12 octobre 2010-16 janvier 2011) - Au Cabinet des estampes des musées nationaux de Berlin (29 juillet - 10 octobre 2010) - Au Cabinet d arts graphiques des Musées d art et d histoire de la ville de Genève (23 juin - 25 septembre 2011) 12

La Fondation Hartung Bergman La création de la Fondation Hartung Bergman répond à un vœu exprimé dès les années soixante par Hans Hartung et Anna-Eva Bergman. La Fondation a été créée par un décret du 16 février 1994, qui la reconnaît comme organisme d utilité publique, privé et indépendant. Elle a pour objet premier d assurer la conservation et la connaissance des œuvres de Hans Hartung et d Anna-Eva Bergman et, partant, de contribuer au rayonnement de l art dans la culture contemporaine. La Fondation Hartung Bergman est l une des grandes fondations d artistes dans le monde, par la richesse et la qualité de ses patrimoines. A Antibes, sur la Côte d Azur, elle comprend un ensemble architectural remarquable composé d une villa et des ateliers respectifs des deux artistes, dont les plans ont été conçus par Hartung lui-même. Aujourd hui, après les travaux d extension et d aménagement réalisés par la Fondation pour adapter le site à ses nouvelles missions, ses bâtiments s étendent sur près de 2600 m 2 au milieu d un grand parc d oliviers centenaires. La Fondation abrite plus de seize mille œuvres originales (toiles et dessins) représentatives de toutes les époques de création des deux artistes, ainsi que plusieurs milliers d estampes (gravures et lithographies) créées par les artistes. Elle conserve également l intégralité du travail de Hans Hartung photographe (négatifs, planches contacts, tirages d époque et récents). Elle possède un fond d archives important, les écrits, les courriers personnels et professionnels des artistes, les catalogues d atelier ainsi que la plupart des publications et articles de presse qui ont trait à leurs carrières. La Fondation Hartung Bergman a plusieurs activités. Elle agit comme une médiatrice entre son patrimoine et les autres médiateurs professionnels que sont les historiens de l art, les critiques, les conservateurs de musées et commissaires d exposition. Elle les accueille et organise leurs séjours en mettant à leur disposition des bases de données informatiques et un personnel compétent pour sélectionner les œuvres, réunir les documents iconographiques, d archives et administratifs nécessaires. Elle est un centre de recherche et de rencontre en histoire de l art, qui privilégie trois axes : - L œuvre et la vie des artistes à travers la réalisation de catalogues raisonnés. - Les contextes historiques qui ont permis l émergence de ces œuvres. - Le rôle de l art et de notre héritage artistique dans l histoire moderne et contemporaine. Concrètement, la Fondation organise et soutient des rencontres et des séminaires, passe commande de points de vue critiques, aide à l édition et à la production de travaux de recherches. Elle développe des recherches en informatique appliquée à la gestion et à l étude du patrimoine artistique dans ses différentes dimensions : scientifique, historique, juridique, économique et technique. Le savoir-faire acquis par la Fondation est dorénavant mis à la disposition d autres détenteurs de patrimoines artistiques d intérêt général qui souhaitent se doter d outils équivalents. Elle assure un service d expertise et d authentification, qui répond à plusieurs centaines de demandes chaque année. Elle délivre des certificats d authenticité selon des modalités communiquées sur demande. Elle est un lieu de création d évènements dédiés aux arts actuels, un lieu de résidence ouvert aux artistes et aux chercheurs. Enfin elle est ouverte au public. ---------------------------------------------------------------- Contact presse : Marie-Guylaine Garcia, Responsable Communication et relations publiques 173 Chemin du Valbosquet, f-06600 ANTIBES +33(0)4.93.33.45.92 / +33(0)6.21.09.86.05 / Fax : +33(0)4.93.33.27.33 www.fondationhartungbergman.fr 13