INVENTAIRE DES MAMMIFERES DES DOMAINES DEPARTEMENTAUX D AMBEL ET FONT D URLE
INVENTAIRE DES MAMMIFERES DES DOMAINES DEPARTEMENTAUX D AMBEL ET FONT D URLE 2010 LPO Drôme Rédaction : Stéphane VINCENT, Thomas DEANA Gérard GRASSI, Sébastien BLACHE Ligue pour la Protection des Oiseaux Drôme Domaine de Gotheron 26 320 SAINT MARCEL lès VALENCE Courriel : drome@lpo.fr Expertise commandée par : Conseil Général de la Drôme 26 avenue du Pdt Herriot 26000 VALENCE Avec l appui technique : Relecture : Isabelle Rulleau Observateurs :Yoann Peyrard, Mélanie BOISSENIN, Céline LE BARZ, Julien GIRARD CLAUDON, Christine CSINIDIS, Véronique VINCENT, Gérard GRASSI, Christian LANTHELME, Jérôme BONNARDOT, BEHAGHEL Estelle, MASSE Yannick, Bernard BACHASSON, BILLARD Gilbert, BLACHE Sébastien, BONNEFON CRAPONNE Micheline, BONNIN Jean Baptiste, PIQUES Bertrand, BUZZARELLO Jean Marie, DUCHAMP Jacques, FAYOLAS Didier, François AROD, Stéphane CAILLETON, GODREAU Didier, Julien Traversier, Jean Pierre Choisy, LARTAUD Mathias, MATHIEU Roger, MAILÉ Vincent, Mathieu Dubois, MOVIA Alexandre, Cindie ARLAUD, PERRON Nicolas, PERROSSIER Fabrice, PEYRARD Jean Jacques, POURRAT Stéphane, Raymond Faure, Loïc RASPAIL, Stéphane VINCENT. Photos de couverture : Yoann Peyrard, Gérard GRASSI, ASPAS, Stéphane VINCENT 2
SOMMAIRE 1 Introduction :... 5 2 Présentation générale des mammifères... 5 2.1 Groupes systématiques inventoriés...5 2.2 Présentation et particularité du cortège de mammifères des plateaux d Ambel et de Font d Urle...5 2.3 Statuts des mammifères...6 3 Présentation de la zone d étude... 8 3.1 Les forêts...8 3.2 Les pelouses et prairies... 10 3.3 Les milieux rocheux, falaises... 11 3.4 Les milieux aquatiques... 13 3.1 Statuts des domaines départementaux... 14 4 Matériels et méthodes... 15 4.1 Données bibliographiques :... 15 4.1.1 Extraction et analyse des bases de données existantes... 15 4.1.2 Recueil des données existantes au Département de la Drôme ou dans la littérature... 15 4.1.3 Echanges avec du personnel de terrain et des experts naturalistes... 15 4.1.4 Recueil des données collectées par les photographes signataires de la charte photographique sur le domaine départemental d Ambel... 15 4.2 Inventaire des Ongulés, Carnivores, Rongeurs et Lagomorphes :... 16 4.3 Inventaire des petits mammifères (Rongeurs, Myoxidés et Insectivores) :... 17 4.3.1 Technique de piégeage utilisé... 18 4.3.2 Recherche d indices... 18 4.1 Inventaire des Chiroptères :... 18 4.1.1 Prospection de gîtes :... 20 4.1.2 Capture au filet :... 20 4.1.3 Détecteur d ultrasons... 21 4.1.4 Télémétrie... 21 4.1.5 Pression d observation et moyens humains... 22 5 Résultats... 23 5.1 Inventaire réalisé... 23 5.1.1 Ongulés, Carnivores, Rongeurs et Lagomorphes... 26 5.1.2 Petits mammifères (Rongeurs, Insectivores, Myoxidés)... 27 5.1.3 Chiroptères... 28 5.1.4 Fiches espèces synthétiques... 29 5.1.5 Espèces probable ou potentiellement présentes... 124 5.1.5.1 Grand rhinolophe Rinolophus ferrumequinum... 124 5.1.5.2 Murin de Brandt Myotis Brandti... 124 5.1.5.3 Murin d Alcathoé Myotis alcathoe... 125 5.1.5.4 Noctule commune Nycatlus noctula... 125 5.1.5.5 Pipistrelle pygmée Pipistrellus pygmaeus... 125 5.1.6 Commentaires... 126 5.1.6.1 Richesse du peuplement de mammifères... 126 3
5.1.6.2 Comparaison des peuplements des deux sites... 128 5.1.6.3 Fonctionnalité du site... 128 5.1.6.4 Réglementation sur le site... 130 5.1.6.5 Relations interspécifiques... 130 5.1.6.6 Usages des sites et cohabitation avec les mammifères sauvages... 130 5.1.7 Evaluation du potentiel en termes d accueil des mammifères... 132 6 Enjeux et hiérarchisation... 132 7 Perspectives et propositions de gestion... 136 7.1 Mesures à envisager pour les connaissances et le suivi des espèces... 136 7.1.1 Inventaire complémentaire des petits mammifères... 136 7.1.2 Inventaire complémentaire et suivis des populations de chiroptères... 136 7.1.3 Amélioration de la connaissance sur le Lièvre variable... 136 7.1.4 Suivi des Carnivores par pièges photographiques... 136 7.2 Mesures à envisager pour la gestion des forêts... 137 7.2.1 Gestion forestière en faveur d une meilleure stratification des peuplements (secteur Tubanet)... 137 7.2.2 Mise en place d ilots de sénescence en futaie (secteurs Tubanet, ferme d Ambel)... 137 7.2.3 Gestion forestière en faveur du maintien d un sous bois dégagé et clair (secteur Serrou Pots Martins)... 137 7.3 Mesures à envisager pour la gestion des milieux rupestres et souterrains... 137 7.3.1 Information sur les Chiroptères dans le cadre de l aménagement touristique du scialet du Veyou... 137 7.4 Mesures à envisager par rapport à l activité pastorale... 138 7.4.1 Gestion du pastoralisme sur les secteurs de crêtes... 138 7.4.2 Gestion des traitements sanitaires des cheptels... 138 7.4.3 Analyse de la vulnérabilité des troupeaux d ovins et protection contre la prédation... 138 7.5 Mesures à envisager par rapport aux milieux humides... 138 7.5.1 Restauration de mares temporaires ou permanentes... 138 8 Conclusion... 139 4
1 Introduction : Afin de répondre à la demande du Département, un inventaire des mammifères a été réalisé sur les domaines départementaux d Ambel et de Font d Urle au cours de l année 2010. L objectif de ce travail était d obtenir un état initial des connaissances sur les mammifères de cette propriété départementale. Cette connaissance mise à jour permettra notamment de prendre en compte les différentes espèces et leurs enjeux de conservation et de les intégrer dans le plan de gestion en cours de rédaction. L intérêt naturaliste pour cet espace naturel renommé a mobilisé de nombreux bénévoles dont l aide a permis d augmenter significativement le volume de prospections de terrain. Les résultats de cette étude n auraient pu être aussi riches sans cet apport volontaire et enthousiaste. 2 Présentation générale des mammifères 2.1 Groupes systématiques inventoriés Nous avons réalisé un inventaire des mammifères le plus exhaustif possible, en prenant en compte l ensemble des groupes taxonomiques présents sur la zone. Ainsi, nous avons recherché par différentes méthodes les Rongeurs (Lagomorphes, Myoxidés, Muridés, Arvicolidés ), les Insectivores (Soricidés, Talpidés ), les Ongulés, les Carnivores ainsi que les Chiroptères. Nous avons essentiellement travaillé sur les mammifères contemporains, de ce fait l Ours brun (Ursus arctos) n a par exemple pas été pris en considération, sa disparition du massif datant de plus de soixante-dix ans. 2.2 Présentation et particularité du cortège de mammifères des plateaux d Ambel et de Font d Urle Du fait de leur situation géographique et topographique, les plateaux d Ambel et de Font d Urle abrite un cortège de mammifères d affinité montagnarde très marquée. Ainsi, des espèces caractéristiques de cet étage ou du subalpin sont présentes comme la Marmotte des Alpes (Marmota marmota), le Lièvre variable (Lepus timidus), la Sérotine de Nilsson (Eptesicus nilssoni), l Oreillard montagnard (Plecotus macrobullaris) ou le Campagnol de Fatio (Microtus multiplex)... Les habitats présents sur les domaines départementaux, étroitement liés aux conditions d altitude du site, ont aussi une forte influence sur la structuration du cortège d espèces observé. L importante couverture forestière du la zone est probablement le facteur le plus déterminant. On note la présence d espèces étroitement liées à ce milieu : Cerf élaphe (Cervus elaphus), Chevreuil (Capreolus capreolus), Loir (Myoxus glis), Muscardin (Muscardinus avellanarius), l Ecureuil roux (Sciurus vulgaris), la Martre des pins (Martes martes), le Mulot à collier roux (Apodemus flavicollis), le 5
Campagnol roussâtre (Clethrionimys glareolus), l Oreillard roux (Plecotus auritus), le Murin de Bechstein (Myotis Bechsteini) Les importantes surfaces en pelouses ou en prairies d altitude conditionnent aussi la présence d espèces des milieux ouverts comme le Campagnol terrestre (Arvicola terrestris), le Petit et le Grand murin (Myotis blythii & Myotis myotis). Les falaises, pierriers et escarpements rocheux qui bordent le Sud des plateaux, offrent les milieux rupestres recherchés par certains Ongulés comme le Chamois (Rupicapra rupicapra) ou le Bouquetin des Alpes (Capra ibex) mais aussi par certaines espèces de Chiroptères tel le Molosse de Cestoni (Tadarida teniotis) ou le Vespère de Savi (Hypsugo savii). Les lapiaz, pelouses écorchées ou les pierriers sont aussi les habitats caractéristiques du Campagnol des neiges (Chionimys nivalis). La présence d un certain nombre d espèces ubiquistes ou généralistes n est pas caractérisable par un type de milieu particulier. On retrouve ainsi bon nombre d espèces à large répartition que l on rencontre dans des milieux dégradés, fortement anthropisés ou sub-naturels. Les plateaux d Ambel et de Font d Urle étant très karstiques, on notera la quasi absence d eaux de surface et par conséquent de milieux humides associés. Ce défaut de milieux aquatiques se ressent fortement sur le cortège d espèces observé, où aucun mammifère à proprement parler «amphibie» n est présent. 2.3 Statuts des mammifères Les mammifères des plateaux d Ambel et de Font d Urle ont bien entendu des statuts très divers et inégaux (voir ANNEXE : Tableau synthétique des statuts réglementaires et de menaces des différentes espèces). Plusieurs espèces sont protégées par la loi française. On notera ainsi qu en France, toutes les espèces de chauves-souris sont protégées par la loi du 10 juillet 1976 et par le décret du 23 avril 2007. Ce statut de protection est renforcé au niveau européen avec la Directive «Habitats, Faune, Flore» qui définit l intérêt communautaire de certaines espèces. Trente espèces de Chauves-souris sont présentes en Rhône-Alpes. Sur le seul département de la Drôme, vingt-neuf espèces ont été observées au cours des vingt-cinq dernières années. Par ailleurs, le Bouquetin, le Loup, le Lynx et le Muscardin sont aussi protégés. Nombres d entre elles d entre elles sont des espèces «gibier» ou «régulables». Tous les Ongulés à l exception du Bouquetin sont chassables. La plupart des carnivores sont régulables car considérés comme nuisibles, à l exception du Loup et du Lynx. Les petits mammifères (Soricidés, Muridés ) n ont pas de statut au regard de la loi française. Neuf espèces (dont sept Chiroptères) sont par ailleurs inscrites à l annexe II de la DHFF. 6
Parmi les espèces inventoriées, quatorze ont un statut menacé sur la liste rouge des vertébrés de Rhône-Alpes. Le tableau 1 présente la synthèse des statuts de menace des espèces inventoriées.sur Ambel et Font d Urle. Neuf d entre elles sont inscrites à l annexe II de la Directive Habitats. Plusieurs ont des statuts d espèces menacées sur les listes rouges à différentes échelles territoriales (voir ANNEXE : Tableau synthétique des statuts réglementaires et de menaces des différentes espèces). Les données d espèces issues d ossements non datés ne sont pas commentées. Directives Habitat (92/43/CEE) Annexe II Annexe IV Liste Rouge UICN Liste Rouge Européenne Liste Rouge Régionale Liste Rouge Nationale CR - - 2 - EN - - 4 1 9 24 VU 2 2 5 2 NT 4 4 4 7 Tableau 1 : Synthèse des espèces d Ambel-Font d Urle présentant des statuts menacés Liste Rouge UICN, liste rouge européenne, Liste Rouge Nationale et Liste Rouge régionale CR : espèce en danger critique EN : espèce en danger VU : espèce vulnérable NT: espèce quasi-menacée LC : préoccupation mineure DD : données insuffisantes NE : non évalué NA : non applicable 7
3 Présentation de la zone d étude Les domaines d Ambel et de Font d Urle recouvrent de vastes superficies au sud du massif du Vercors, respectivement 1231,77 ha et 617,99 ha. Ces plateaux font partie du territoire du PNR du Vercors. La totalité de la zone d étude appartient au domaine montagnard. La cartographie des grandes formations végétales Corinne Land Cover distingue quatre grands types d habitats (Figure 4 : Présentation de la zone d étude), à savoir : Les forêts de feuillus, Les forêts de résineux, Les pelouses et les pâturages naturels, Les zones de roches nues, Les milieux aquatiques (non cartographiés dans Corinne Land Cover car très faiblement représentés). On remarquera que les deux domaines départementaux sont très différents en termes de représentation des milieux. Le secteur de Font d Urle est essentiellement occupé par les pelouses et les pâturages. De vastes secteurs rocheux bordent la frange sud de cet ENS (cirque du Quint) mais sont hors de la propriété départementale. La forêt est quasi absente du périmètre de l ENS. Sur Ambel, on observe des surfaces de recouvrement sensiblement équivalentes entre la forêt (feuillue et résineuse) et les milieux ouverts (pelouses et les pâturages). Les milieux rocheux sont aussi présents sur la partie nord (Roc de Toulau, Saut de la Truite). Les milieux humides restent très anecdotiques sur ces ENS, puisqu ils se limitent à des mares probablement d origines anthropiques (mares d abreuvement) certaines temporaires et d autres permanentes. Des souilles, entretenus par les grands ongulés sont aussi ponctuellement notées. Les impluviums bâchés ne sont pas de réels milieux humides, cependant ils présentent un intérêt certain, notamment en termes d abreuvement des Chiroptères. 3.1 Les forêts Nous ne distinguerons pas dans ce travail les forêts de feuillues des forêts de résineux. La forêt, pour bon nombre d espèces d affinité sylvestre, présente l avantage d offrir à la fois le gîte et le couvert. C est en forêt que l on rencontre les zones d établissement de terrier-tanière pour les Carnivores, les zones de souilles pour les Ongulés, les zones de mise bas etc. Sur le domaine d Ambel, on peut distinguer quatre grands types de forêts (Figure 1 : Différents type de forêts rencontrés) : La forêt feuillue (hêtraie principalement), La forêt résineuse (hêtraie-sapinière) au sein de laquelle dominent le sapin pectiné et l épicéa, Les plantations d épicéa, La hêtraie dégradée en pré-bois sous l action du pâturage. 8
Outre la production d une nourriture abondante pour les chauves-souris, les forêts permettent à de nombreuses espèces de trouver des gîtes dans des cavités arboricoles. Ces gîtes se trouvent généralement dans des arbres morts ou dépérissant, mais aussi parfois dans des arbres sains, fendus par le gel, la foudre ou le vent. Certaines espèces d oiseaux, les pics (Pic épeiche, Pic vert et Pic noir) sont des pourvoyeurs de cavités. En effet, ces derniers creusent des «loges» pour nicher et s abriter et les abandonnent régulièrement au profit de nouvelles. Ces loges abandonnées sont une véritable aubaine pour un large cortège d espèces animales dont les chauves-souris, la Martre ou le Loir. Les arbres gîtes, trop souvent éliminés par les gestionnaires forestiers constituent cependant un élément essentiel dans l équilibre des milieux. Sous bois clair dans la hêtraie T. DEANA Clairière en forêt résineuse T. DEANA Plantation d épicéa T. DEANA Figure 1 : Différents type de forêts rencontrés Zone de quiétude à la période du brame T. DEANA 9
3.2 Pelouses et prairies L activité pastorale ancrée de très longue date sur ces deux ENS a façonné de vastes complexes de milieux ouverts d altitude. Sans rentrer dans le détail et la caractérisation de ces milieux, on peut aisément distinguer (Figure 2 : Milieux ouverts présents sur les ENS) : Les clairières intra-forestières, Les prairies d altitudes sur sols profonds, Les pelouses rases et landes à éricacées, Les pelouses écorchées en zone de crête, ou les pelouses sur lapiaz. Les milieux ouverts constituent principalement des zones de gagnages pour les mammifères. Ainsi, les Ongulés fréquentent ce type de milieux au gré de la disponibilité saisonnière en ressources alimentaires. Les petits rongeurs sont quant à eux présents dans ces milieux de manière plus permanente. Leur présence attire alors plusieurs espèces de mammifères prédateurs (mustélidés, Renard, Sanglier ). Ces milieux riches en insectes, constituent aussi de manière saisonnière, à la faveur des émergences, des zones de chasse pour plusieurs espèces de Chiroptères (Grand et Petit murin, Minioptère, pipistrelles ). Plateau des Gagères (pelouses) T. DEANA Plateau d Ambel T. DEANA Bétail et mare temporaire - T. DEANA Figure 2 : Milieux ouverts présents sur les ENS Prairies de la combe de Tubanet - T. DEANA 10
3.3 Les milieux rocheux, falaises Les milieux rocheux accessibles à la faune non volante, constituent des zones de gîtes intéressantes car richement pourvues en cavités ou anfractuosités. On rencontre alors des espèces comme le Campagnol des neiges, l Hermine ou le Lièvre variable. Les lapiaz et les éboulis peuvent aussi servir de gîte aux Chiroptères. En Scandinavie les éboulis et chaos rocheux sont connus pour héberger des colonies de reproduction de Sérotine de Nilsson. Les pierriers exposés en versant sud et les zones de fortes pentes sont particulièrement prisés par les ongulés en période d hivernage notamment pour leur proximité de zones refuge ainsi que par leur déneigement plus précoce. Les milieux rupestres constituent d excellentes zones refuges pour le Chamois ou le Bouquetin, notamment en période de mise bas. Pour les Chiroptères, ces milieux offrent une multitude de gîtes (fissure, écailles ) pouvant potentiellement être exploités soit en période d estivage soit en période d hivernage. Le milieu souterrain : Les gouffres ou scialets et les grottes du Vercors ont grandement contribués à la renommée du massif. Sur Ambel et Font d Urle, de nombreux réseaux souterrains sont connus dont le Scialet des Chuats, la Glacière de Font d Urle, le réseau de la grotte du Brudour et la grotte du Berger. Ces cavités sont très verticales et relativement froides. Cette dernière caractéristique est défavorable à la reproduction des chauves-souris. Cependant, une utilisation des cavités en hiver, en transit et en période d accouplement est hautement probable. La difficulté d accès de nombreuses cavités limite la connaissance de cette occupation des sites souterrains par les chiroptères. La glacière de Font d Urle en hiver T. DEANA Le Scialet des 4 gorges T. DEANA Concrétions de glace en hiver T. DEANA Figure 3 : Milieux souterrains et humides des ENS Mare «naturelle» Y. PEYRARD 11
Figure 4 : Présentation de la zone d étude 12
3.4 Les milieux aquatiques Les mares permanentes, temporaires et les impluviums sont les «zones humides» les plus représentatives. Ces milieux dans leur forme actuelle ont quasiment tous une origine humaine liée essentiellement aux activités agricoles. Des sources non aménagées sont parfois sur-creusées par les grands ongulés (Cerf et Sanglier) et peuvent constituer des micro-zones humides naturelles et permanentes (sauf en période de sécheresse). Au printemps, la fonte des neiges peut remplir des cuvettes argileuses (dolines) et créer des mares naturelles. Sans autre source d alimentation que les précipitations, ces mares ne sont généralement pas pérennes. Les zones humides jouent un rôle très important pour les chauves-souris. Elles sont utilisées pour boire et pour chasser. Leur rareté sur la zone d étude a souvent été avancée comme explication à la rareté des chauves-souris. Le manque de site pour s abreuver peut en effet être un facteur limitant à l abondance des chiroptères. Figure 5 : Sous bois en hêtraie T. DEANA 13
3.1 Statuts des domaines départementaux La valeur écologique des ENS d Ambel et de Font d Urle est reconnue au travers de divers classements et inventaires. Les deux domaines départementaux font partie du Parc Naturel Régional du Vercors. Par ailleurs, l inventaire des ZNIEFF recouvre intégralement les ENS. Une zone Natura 2000 est désignée sur ce secteur et n en recouvre qu une partie toutefois, une extension du périmètre est actuellement en cours de réflexion. Figure 6 : Statuts des ENS d Ambel et de Font d Urle Plateau des Gagères et cirque du Quint G. GRASSI Figure 7 : Paysages des ENS Hêtraie à l automne G. GRASSI 14
4 Matériels et méthodes 4.1 Données bibliographiques : 4.1.1 Extraction et analyse des bases de données existantes Les sites d Ambel et Font d Urle sont parcourus par les naturalistes de la LPO Drôme depuis plus de 30 ans. De nombreuses informations sont ainsi consignées dans trois principales bases de données informatisées (bases de données «Faune» - LPO Drôme, BD Chironalpes du CORA Faune Sauvage et «la base de données entre amis»). L analyse de ces données a permis, d une part de collecter des éléments concernant le statut historique de chaque espèce et, d autre part, de faire la synthèse des connaissances les plus récentes sur la zone. 4.1.2 Recueil des données existantes du Département de la Drôme ou dans la littérature Un temps de travail avec Nicolas PERRON (écogarde référent sur la zone d étude) a permis de faire une synthèse sur les observations récentes consignées par les différents agents de surveillance en poste sur les espaces naturels d Ambel et Font d Urle (Yannick MASSE, Cécile BERTONCELLO, Nicolas PERRON notamment). Les informations communiquées oralement ou sous forme informatisée ont été géoréférencées et insérées dans la cartographie. Par ailleurs, les ouvrages et documents de référence suivants ont été consultés : - ONCFS, «Quoi de neuf», bulletin du réseau loup, Lynx, 1998 à 2010. - FRAPNA Drôme, «Montagnes Drômoises», ouvrage collectif, 1996. - FRAPNA, «Atlas des mammifères sauvages de Rhône-Alpes», 1997. - MICHELOT Jean-Louis «Les réintroductions animales en Rhône-Alpes», FRAPNA, 1991. 4.1.3 Echanges avec le personnel de terrain et des experts naturalistes Une rencontre avec Jacques DUCHAMP, agent ONF en poste sur la zone d étude pendant plus de 20 ans a essentiellement permis de faire une analyse historique pour les différents groupes faunistiques et de préparer le travail d échantillonnage de terrain. Un échange avec Jean-Pierre CHOISY, chargé de mission faune au Parc Naturel Régional du Vercors, a porté essentiellement sur le bouquetin des Alpes. 4.1.4 Recueil des données collectées par les photographes signataires de la charte photographique sur le domaine départemental d Ambel Cette charte, mise en œuvre depuis une dizaine d années, fixe un cadre pour la pratique de la prise de vue animalière. Outre le respect de la quiétude de la faune, elle permet d impliquer activement les signataires dans le suivi et la connaissance de la faune sauvage sur le site. Ont notamment participé à cet inventaire :Mathieu DUBOIS, Robert GAIA, Gérard GRASSI. 15
4.2 Inventaire des Ongulés, Carnivores, Rongeurs et Lagomorphes : Afin de collecter des données de distribution des espèces sur l ensemble de la zone d étude (fréquence et pour les espèces présentant un nombre suffisant d observations, estimations d abondance), la méthode d échantillonnage sur transects linéaires a été retenue. Ces itinéraires ont été choisis de manière à couvrir au mieux les différents milieux présents (hêtraie sapinière et clairières, pessières, pelouses et alpages, milieux rupestres et éboulis). Les zones les plus favorables ont fait l objet de recherches particulières, de part et d autre des itinéraires prévus, parfois avec plusieurs observateurs (Figure 9 : Carte des transects-échantillon d inventaire des mammifères (hors Chiroptères)). Une prospection visuelle soutenue a permis de collecter et consigner les observations en deux catégories : relevé d indice de présence (fèces, poils, reliefs de repas, terriers, empreintes ) ou observation par corps. Chaque contact (indice de présence ou contact visuel) a été précisément annoté et localisé sur carte au 1/25000 ème ou par relevé GPS. Les coordonnées géographiques ont systématiquement été relevées. Pour certaines espèces, les ongulés notamment, la prospection sur postes fixes à l aide de jumelles et longue vue à fort grossissement a été réalisée en complément. La prospection de terrain s est échelonnée de mai à septembre 2010. La pression d échantillonnage (temps bénévole compris) représente 8 journées de terrain. Figure 8 : Escarpements rocheux du rebord Sud du plateau de Font d Urle T. DEANA 16
Figure 9 : Carte des transects-échantillon d inventaire des mammifères (hors Chiroptères) 4.3 Inventaire des petits mammifères (Rongeurs, Myoxidés et Insectivores) : Les petits mammifères constituent probablement l un des groupes le plus difficiles à appréhender pour les vertébrés. Leur petite taille, leurs mœurs, pour la plupart nocturnes, leur faible densité, leur vie souterraine pour certains sont autant d éléments expliquant cette difficulté. Un inventaire exhaustif nécessite l emploi de nombreuses techniques passant par la recherche d indices, l observation d individus et la détermination de restes osseux. Cette étude ayant pour objectif une approche succincte de ce groupe les techniques employées ont été le piégeage et la recherche d indice de présence (taupinière, galerie, crotte, reste de repas). Une analyse des données bibliographiques a également été entreprise. Lors de l inventaire, 5 journées ont été consacrées à l inventaire avec piège et recherche d indices. Elles se sont déroulées les 16 mai, 17 juin et 16, 17 et 25 septembre 2010. Pour les 16 mai et 17 juin, 10 pièges ont été posés durant 5 heures. Pour les 16, 17 et 25 septembre, 32 pièges ont été posés durant 10 heures. 17
4.3.1 Technique de piégeage utilisé Les pièges utilisés pour cet inventaire ont été les nasses en grillage (n= 2), pour la capture des Myoxidés ainsi que des pièges boîtes type INRA) (n=30). Figure 10 : Piège INRA équipé d une boîte de survie pour l inventaire des petits mammifères (Photo. S. Blache) 4.3.2 Recherche d indices Cette technique est assez difficile à mettre en œuvre. Elle nécessite une grande connaissance des espèces. Toutefois, avec de l expérience, notamment après avoir confirmé l existence de certaines espèces par piégeage, il devient possible d identifier leur présence par indices. Sur la zone d étude, nous avons utilisé la recherche d indices avec certitude sur l identification pour l écureuil roux (restes alimentaires, nid), la taupe d Europe Talpa europea (mode d implantation des taupinières, orientation de la galerie de sortie) et d indices à considérer avec de l expérience et des confirmations in situ pour le campagnol terrestre Arvicola terrestris (mode d implantation des taupinières, orientation de la galerie de sortie), le campagnol provençal Microtus duodecimcostatus, le campagnol agreste Microtus agrestis (restes de repas, habitat), le campagnol de Fatio Microtus multiplex (galeries, traces à la fonte des neiges), campagnol des neiges (galeries et traces d activité dans les habitats favorables). Enfin, pour le Muscardin Muscardinus avellanarius, la recherche de l espèce s est fait à partir des restes de repas de framboise déposés sur les feuilles de framboisiers. 4.1 Inventaire des Chiroptères : Un plan d échantillonnage a été défini avec comme objectif la réalisation d un état des lieux le plus exhaustif possible sur la base d un échantillonnage des différents milieux représentatifs du secteur d étude. 18
La richesse des résultats attendus dépendait selon nos estimations, de la diversité des milieux à prospecter et de l effet attractif des points d inventaires notamment pour les captures aux filets. Le cahier des charges de la commande d inventaire stipulait de mettre l accent sur deux méthodes, la détection acoustique et la capture aux filets. D autre part, certaines contraintes ont orienté nos choix de prospection, à savoir l accessibilité de certains secteurs, les aléas météorologiques et le temps limité dédié aux relevés de terrain. A partir de ces éléments, nous avons choisi les sites d inventaires dans l ordre de priorité suivant : Sites favorables aux chiroptères et adaptés à la capture aux filets ou à la détection acoustique, voire aux deux méthodes, Diversité des milieux, de l altitude et de l exposition des différents sites d inventaire, Accessibilité des sites, possibilité de couchage, Répartition homogène des sites sur l ensemble des domaines, Echantillonnage le plus exhaustif possible du panel de milieux présents sur le secteur. Figure 11 : Localités et méthodes d inventaire des Chiroptères 19
4.1.1 Prospection de gîtes : L observation directe implique la visite en journée de bâtiments, de ponts et de sites souterrains (grottes). La recherche et l observation de chauves-souris potentiellement présentes dans ces gîtes se fait à l aide d un éclairage adapté. L identification nécessite parfois l usage de jumelles. La diversité des gîtes à Chiroptères est infinie et de nombreuses contraintes peuvent limiter l efficacité de l observateur notamment pour ce qui est de l accessibilité des sites. L accord des propriétaires de bâtiments (maisons, granges ) peut être difficile à obtenir. Malgré cela, cette méthode de prospection peut notamment permettre de découvrir des sites de parturition (sites où se rassemblent les femelles de chauve-souris pour élever leurs jeunes). La plupart des bâtiments présents sur les domaines départementaux ont été inventoriés mais très peu d entre eux ont révélés la présence de chiroptères. 4.1.2 Capture au filet : L utilisation de filets de type «japonais» (comme ceux utilisés pour la capture et le baguage des oiseaux), permet de capturer les chauves-souris. Ces filets sont tendus sur des perches, soit audessus d une nappe d eau où les chauves-souris viennent s abreuver ou chasser, soit sur des couloirs de vol et des entrées de gîtes, où le transit est canalisé (allée forestière, lisière, cavité ). Les individus capturés sont identifiés et mesurés, cette manipulation permet de relever des indices de reproductions (femelles présentant des indices d allaitement par exemple) et de préciser le statut de l espèce. Les animaux sont immédiatement relâchés sur le lieu de capture. Figure 12 : Filet installé sur un impluvium. T. DEANA Ce type d opération nécessite un certain savoir-faire car d une part cette manipulation n est pas sans incidence sur l animal (stress), et d autre part elle ne peut se faire qu avec une autorisation dérogatoire à la loi du 10 juillet 1976 et renouvelable annuellement (autorisation préfectorale). Figure 13 : Mensuration d une Barbastelle. O. SOUSBIE 20
4.1.3 Détecteur d ultrasons Cette méthode est la plus adaptée pour obtenir des résultats en un temps limité. Pour ce faire, les modèles de type Pettersson D 980 et D 240X (modes hétérodyne et expansion de temps) ont été utilisés. L'essentiel des contacts obtenus a été archivé sur MiniDisc ou sur support numérique. Une analyse informatique des séquences enregistrées a été effectuée, a posteriori, avec le logiciel BatSound. Cette technique de recherche présente aujourd'hui de gros avantages en termes d efficacité et de rentabilité. Cela est particulièrement vrai dans le cadre d'un inventaire et, de fait les résultats obtenus et détaillés ci-après l'illustrent bien. Les progrès relativement récents, tant au niveau du matériel que de la connaissance des émissions acoustiques des espèces, font que l'utilisation du détecteur d ultrasons devient primordiale dans la connaissance globale sur les chiroptères (présence sur un territoire donné, identification des espèces, repérage des routes de vol et des terrains de chasse des individus). Il importe cependant de préciser que les informations recueillies par ce seul moyen restent, malgré tout, encore limitées. Ainsi, la différenciation de certaines espèces entre elles (par exemple Myotis myotis et Myotis blythii) est actuellement impossible sur la base de leurs seuls cris. De même, la très faible portée des émissions des rhinolophes (Rhinolophus sp.) ou des oreillards (Plecotus sp.) rend les probabilités de contact extrêmement faibles. De même l identification a posteriori n est pas garantie et dépend entre autres de la qualité de l enregistrement. Sur les relevés de cette étude, plus de 75% des séquences ont permis une détermination spécifique. S'il nécessite un temps d'apprentissage long et laborieux, le détecteur est déjà, à l'heure actuelle, un moyen particulièrement efficace. Mais comme nous l'avons déjà évoqué il reste un outil de recherche complémentaire aux autres techniques. II le restera inévitablement pour acquérir l'ensemble des informations indispensables et nécessaires sur les Chiroptères d'un territoire donné, que ce soit la connaissance de leur statut, de leurs effectifs ou les gîtes diurnes utilisés. 4.1.4 Télémétrie Afin de localiser les terrains de chasse ou les gîtes de certains individus de Chiroptères, il est possible de les équiper de micro-émetteurs radio. Ce matériel miniaturisé (environ 0,5g) est fixé à l animal avec une colle chirurgicale inoffensive. Cette méthode a l avantage de permettre la libération par chute spontanée de l émetteur au bout de 6-8 jours. Cette méthode est particulièrement efficace et permet dans le cas des chauvessouris arboricoles, de localiser leur gite à l arbre près! 21
4.1.5 Pression d observation et moyens humains Dates Transects mammifères (hors Chiroptères) Prospections petits mammifères Capture au filet (Chiroptères) Parcours de détection acoustique (Chiroptères) Visites de gîtes (Chiroptères) Nombre d observateurs 16/05/10 1 1 26/05/10 1 1 1 17/06/10 1 08/07/10 0,5 1 10/09/10 1 1 11/05/10 1 4 08/07/10 0,5 1 25/08/10 2 2 26/08/10 1 1 16/09/10 1 1 17/09/10 1 1 25/09/10 1 1 17/03/10 1 2 05/07/10 2 2 4 06/07/10 2 2 4 07/07/10 2 2 4 08/07/10 2 2 4 09/07/10 2 2 4 10/07/10 1 1 1 21/07/10 1 1 2 04/08/10 1 2 21/08/10 1 1 2 22/08/10 1 1 2 10/09/10 2 2 0,5 4 11/09/10 2 2 0,5 4 29/10/10 1 3 Total 7 5 20 18 3 58 Tableau 2 : pression d observation en fonction des différentes méthodes d inventaire Au total, les moyens humains engagés ont été très importants avec 154 journées observateurs (soit en moyenne 3 personnes par journée ou soirée d inventaire). La forte participation de nombreux bénévoles a permis d optimiser les opérations de terrain notamment pour le volet sur les chiroptères en couplant régulièrement capture au filet et détection acoustique. Figure 14 : Pose de filet pour les chiroptères au Pas de l Infernet Y. PEYRARD 22
5 Résultats 5.1 Inventaire réalisé La valorisation des données bibliographiques ainsi que les prospections menées dans le cadre de cet inventaire, nous ont permis de couvrir une surface très représentative des 2000 ha des domaines départementaux et d échantillonner l ensemble des milieux présents (Figure 15 : Localités d observation des mammifères). Figure 15 : Localités d observation des mammifères Les grands ensembles de milieux homogènes ont été prospectés de manière inégale. Ainsi, on notera que les secteurs d alpages, que ce soit sur Font d Urle ou sur Ambel, ont fait l objet d une pression d observation plus faible qu ailleurs sur la zone d étude. Ceci est notamment du au fait d un intérêt moindre des naturalistes à prospecter les milieux ouverts, notamment sur d aussi vastes superficies. On remarque aussi que les marges des plateaux (cirque du Quint, Haute vallée de la Gervanne ) ainsi que la forêt d Ambel, ont été particulièrement bien prospectées. Cet état de fait s explique notamment par l accessibilité des ces sites et leur intérêt naturaliste évident (populations d ongulés faciles d observation). 23
Cerf G. NAVIZET Marmotte G. NAVIZET Blaireau G. GRASSI Bouquetin G. NAVIZET Sanglier G. GRASSI Renard G. GRASSI Loir G. NAVIZET Figure 16 : Portraits de mammifères des ENS Murin de Bechstein Y. PEYRARD 24
Répartition des groupes taxonomiques (%) Carnivores Chiroptères Insectivores Ongulés Rongeurs Figure 17 : Répartition des groupes taxonomiques Au total, ce ne sont pas moins de 51 espèces de mammifères qui ont été inventoriées sur ces domaines départementaux ; soit environ 55 % de la faune mammalienne de Rhône-Alpes (93 espèces en Rhône-Alpes, ARIAGNO à paraître). En 1983, Fayard et D Herbomez faisaient état de 18 espèces de mammifères. En terme de représentation des différents groupes taxonomiques, on observe une distribution très nettement inégale. Les Chiroptères dominent très largement le cortège avec 46% des espèces (22 espèces sur les 30 connues en Rhône-Alpes). Pour ce groupe, quelques espèces potentielles n ont pas été notées et pourraient alors venir compléter cette liste déjà longue (voir 5.1.5). Les Rongeurs, qui représentent un quart des espèces notées, pourraient aussi être mieux représentés, la présence de quelques espèces très potentielles de micromammifères n a pas été relevée. Les Carnivores et les Ongulés font l objet d un inventaire quasi exhaustif. Le groupe présentant la connaissance la plus fragmentaire est le groupe des Insectivores. Une seule espèce a été notée, la Taupe alors qu aucune espèce de musaraigne n a été inventoriée. 51 espèces est donc bien un chiffre minimal, des recherches approfondies permettraient probablement d ajouter une dizaine d espèces. 25
5.1.1 Ongulés, Carnivores, Rongeurs et Lagomorphes Données bibliographiques Inventaire 2010 Espèce Observé Indices de présence Capturé Sanglier Sus scrofa X X X - Cerf élaphe Cervus elaphus X X X - Chevreuil Capreolus capreolus X X X - Chamois des Alpes Rupicapra rupicapra X X X - Mouflon méditerranéen Ovis gmelini X X X - Bouquetin des Alpes Capra Ibex X - Loup Canis lupus subsp. Italicus X X X - Renard roux Vulpes vulpes X X X - Lynx boréal Lynx lynx X P - Blaireau Meles meles X X X - Hermine Mustela erminea X X X - Belette d europe Mustela nivalis? - Putois Mustela putorius? - Martre des pins Martes martes X X X - Fouine Martes foina? - Lièvre brun Levus europaeus X X X - Lièvre variable Lepus timidus X X X - Marmotte des Alpes Marmota marmota X X X - Total espèces (19) 15 espèces contactées vivantes 17 espèces Tableau 3 : espèces inventoriées et des modes d observation (les espèces indiquées en gras sont inscrites à l annexe 2 de la DHFF -? : donnée douteuse à confirmer P : donnée réalisée à proximité de la zone d étude) Figure 18 : Piste de 6 loups dans la combe d Ambel (Déc 2008 L. Raspail) 26
5.1.2 Petits mammifères (Rongeurs, Insectivores, Myoxidés) Données bibliographiques Inventaire 2010 Espèce Animal vivant Observé Indices de présence Capturé Ecureuil roux Sciurus vulgaris X X X Loir Myoxus glis X X X Muscardin Muscardinus avellanarius X X X Mulot sylvestre Apodemus sylvaticus X Mulot à collier roux Apodemus flavicollis X X Souris domestique Mus musculus X Campagnol terrestre Arvicola terrestris X X Campagnol de Fatio Microtus multiplex x X Campagnol roussâtre Clethrionomys glareolus X Campagnol des neiges Chionomys nivalis X X X Taupe d'europe Talpa europaea X X Total espèces (11) 3 espèces contactées vivantes 11 espèces Tableau 4 : espèces inventoriées et des modes d observation Figure 19 : Mulot à collier roux G. NAVIZET 27
5.1.3 Chiroptères Espèce Petit rhinolophe Rhinolophus hipposideros Murin à moustaches Myotis mystacinus Murin de Daubenton Myotis daubentoni Murin de Bechstein Myotis bechsteini Murin à oreilles échancrées Myotis emarginatus Murin de Natterer Myotis nattereri Grand murin Myotis myotis Petit murin Myotis blythi Noctule de Leisler Nyctalus leisleri Sérotine commune Eptesicus serotinus Sérotine de Nilsson Eptesicus nilssoni Sérotine bicolore Vespertilio murinus Pipistrelle commune Pipistrellus pipistrellus Pipistrelle de Nathusius Pipistrellus nathusii Pipistrelle de Kuhl Pipistrellus kuhli Vespère de Savi Hypsugo savii Oreillard roux Plecotus auritus Oreillard montagnard Plecotus macrobullaris Oreillard gris Plecotus austriacus Barbastelle d Europe Barbastella barbastellus Minioptère de Schreibers Miniopterus schreibersii Molosse de Cestoni Tadarida teniotis Total espèces (22) Données bibliographiques Animal Restes vivant osseux X X Capture au filet X Inventaire 2010 Contact acoustique Observation au gîte X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X X 15 espèces contactées vivantes + 2 à partir d ossements non datés X X X X X X X X X 21 espèces Tableau 5 : espèces inventoriées et modes d observation (les espèces indiquées en gras sont inscrites à l annexe 2 de la DHFF) X X 28
5.1.4 Fiches espèces synthétiques LR RA : Liste rouge Rhône-Alpes LR F : Liste rouge France DHFF : Directive Habitats Faune Flore (de Thiersant & Deliry coords. 2008) (UICN France, et al. 2009). (92/43/CEE) Texte : - généralités, gites, habitats - discussion des données cartographiques - axes de conservations selon les espèces 1.1.1 Oreillard roux Plecotus auritus Nombre d observations : <2009 2009 1 8 Indice de reproduction R RA : LC LR F : LC DHFF : IV Yoann PEYRARD ML Une donnée antérieure démontre la présence de cette espèce sur l Albenche. Les rospections dans le bâtit durant l inventaire 2009 ont permis de découvrir l espèce dans église de Rumilly et une colonie à Massingy. Des individus sont contacté Chez Pessel et u Marais de Marigny. Une femelle allaitante est capturée au Marais du Parc tandis que 3 ont capturées au Marais des Vorges. Cette dernière donnée suggère la proximité d une olonie de reproduction pour cette espèce qui ne s éloigne jamais au-delà de 2 kilomètres e son gîte. a détection acoustique ne permet pas toujours de déterminer les différentes espèces oreillards. Oreillard roux est une espèce discrète qui se rencontre dans les habitations, les tunnels, es grottes, sous les ponts ou dans les arbres isolément ou en petits groupes. Les colonies e reproduction connues en Rhône-Alpes, peu nombreuses (moins de 30) sont toutes antonnées dans des bâtiments. Ces colonies ne comptent généralement guère plus de 10 15 adultes, avec une exception dans le Vercors ou un site rassemble 34 femelles adultes. D après la littérature, cette espèce est très souvent arboricole (elle occupe aussi les ichoirs) et utilise les cavités des arbres ou les fissures des troncs pour s abriter. Avec ses iles larges qui lui confèrent un vol extrêmement maniable, l Oreillard roux recherche ses roies au cœur du feuillage et peut «cueillir» des proies posées sur la végétation, comme es papillons diurnes qui se repose la nuit sur la face inférieure des feuilles. Oreillard roux utilise souvent des granges ou des petits abris en milieu bâti ou dans des rottes pour se reposer entre deux séances de chasse. Il utilise ces gîtes nocturnes pour écortiquer ses proies comme les papillons diurnes qu il consomme régulièrement. Les estes d ailes de ces papillons et le guano bien en évidence sous ces reposoirs, trahissent a fréquentation des lieux par cette chauve-souris. D après les données de l atlas régional, il apparaît que l Oreillard roux est présent dans les égions de collines, à l étage montagnard voire sub-alpin. Sa présence en plaine est moins marquée et il semble totalement absent de la zone sous influence méditerranéenne. état de conservation de cette espèce est jugé comme «peu préoccupant» par la Liste Rouge régionale et nationale. Indices de reproduction observés : ML : femelle allaitante PL : femelle post-lactantes JV : Juvénile volant GG : mâle aux gonades gonflées (sexuellement actif mais pas indice de reproduction net) 29
Sanglier Sus scrofa Nombre d observations : < 2001 >2000 2 25 Indice de reproduction oui LR RA : LC LR F : LC DHFF : - ASPAS Sans être abondant, le Sanglier est bien présent sur la zone d étude. L enneigement hivernal important est sans doute un facteur limitant. L espèce y fait localement des incursions importantes pour bénéficier d opportunités alimentaires. Les indices d activité relevés (boutis) montrent une répartition spatiale assez homogène, tant dans les milieux forestiers que sur les pâturages. Une activité significative a été notée au cours de l étude sur la partie sud de la Combe de l Aubasse, entre le pas de l Infernet et les boisements de Chaud Clapier, entre le Pas de la Ferrière et Tubanet (été 2010) ainsi que sur les versants ouest du col de Toulau et les pelouses du Pas du Gouillat (mai 2010). Les observations directes sont peu fréquentes : une laie avec 3 jeunes en septembre 2005 (GRASSI G.). Le Sanglier est présent dans tous les districts de Rhône-Alpes. 30
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Cerf élaphe Cervus elaphus Nombre d observations : < 2001 >2000 17 65 Indice de reproduction oui LR RA : NT LR F : LC DHFF : / Gérard GRASSI Le site d Ambel joue un rôle majeur pour la population de cerfs du sud ouest du Vercors. Depuis la réintroduction de l espèce à la fin des années 50 dans la forêt domaniale de Lente, on y observe d importants rassemblements d animaux. La densité de la population est plus importante sur la partie nord du plateau où le couvert forestier avec des mosaïques de clairières est particulièrement favorable. On note également une forte fréquentation des animaux sur toutes les zones de lisières au printemps où la proximité des pâturages offre des ressources alimentaires importantes. L espèce est également régulière sur les pentes du Roc de Toulau où le nombre de cerfs bramants est en augmentation, les crêtes et le plateau sommital sont des zones de gagnage appréciées au printemps et en automne. Le cerf fréquente régulièrement les pâturages du Serre de Montué sur ses deux versants. Quelques mâles bramants sont notés sur les hauteurs de Chaud Clapier et sur la partie ouest de la crête des Gagères. Les pentes exposées au sud, sous les falaises de Font d Urle, entre le Puy de la Gagère et le Pas de l Infernet, sont exploitées une grande partie de l année, y compris en période de brame (5 biches observées le 14 septembre 2010). Les hautes vallées de Quint, Bouvante et Omblèze, contiguës à la zone d étude, accueillent également des populations de cerfs connexes au noyau d Ambel. Ces vallées sont d importants secteurs d hivernage. La présente étude ne permet pas d estimer la population de cerf. Nous disposons toutefois de quelques indications quantitatives sur le site d Ambel. Les comptages réalisés en 2009 donnent un maximum de 21 cerfs bramants sur 600 hectares de forêt (PERRON N. com. or.). Un inventaire photographique, réalisé en 2009 en période de brame à permis d identifier précisément 31 mâles de 8 cors et plus sur la zone (GAIA R. / DUBOIS M.). Les grands cerfs de plus de 12 cors restent rares sur le site. Les observateurs notent depuis quelques années une diminution de la taille des hardes sur Ambel (femelles et jeunes animaux) avec une répartition spatiale très hétérogène et fluctuante. En revanche, les observations fréquentes de biches suitées laissent penser que l indice de reproduction est satisfaisant. Si la répartition du cerf élaphe dans la Drôme a notablement progressé ces dernières années, de nombreux massifs sont encore inoccupés ou accueillent des populations très en dessous des potentialités d accueil théorique des milieux. La même remarque peut être faite à l échelle régionale. La zone d étude reste un des ensembles écologiques les plus fonctionnels pour l espèce dans le Vercors méridional. Orientations de gestion Ouvertures d éclaircies afin de pallier à la fermeture progressive des milieux par le vieillissement des pessières. Gestion de la fréquentation et information du public sur l espèce, notamment en période de brame. Maintien de la zone de tranquillité dite de la «Combe de l Aubasse» en période de brame. 32
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Chevreuil Capreolus capreolus Nombre d observations : < 2001 >2000 7 21 Indice de reproduction oui LR RA : LC LR F : LC DHFF : / Gérard GRASSI Le chevreuil est présent sur l ensemble des milieux forestiers d Ambel mais en faibles effectifs. Les indices récoltés sont épars et les observations directes très peu fréquentes en dépit d une pression d observation importante sur ce secteur. Les observateurs s accordent à dire que la population de chevreuil d Ambel, autrefois dynamique, a très sensiblement diminué à partir de la fin des années 90. Cette chute assez brutale des contacts pourrait être mise en relation avec le retour du loup sur le site. L espèce semble davantage représentée dans les boisements en périphérie du site de Font d Urle, notamment sur le secteur de Chaud Clapier. La présence de l espèce sur les grands alpages est quasi nulle. A l instar d autres espèces d ongulés présentes sur ce site, le chevreuil trouve régulièrement refuge dans les pentes bien exposées du cirque de Quint. Le chevreuil est présent dans tous les districts Rhônalpins et dans la Drôme à l exception des grandes plaines à très forte occupation humaine. L espèce est représentée sur l ensemble du massif du Vercors, en densité variable. Les populations sont issues de lâchers réalisés dans le nord du Vercors en 1960 et 1970 par la Fédération Départementale des Chasseurs de l Isère («Montagnes drômoises», 1996). 34
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Chamois des Alpes Rupicapra rupicapra Nombre d observations : < 2001 >2000 6 61 Indice de reproduction oui LR RA : LC LR F : LC DHFF : V Gérard GRASSI Les pentes et escarpements en périphérie des deux sites d étude offrent d excellentes potentialités d accueil pour le chamois. L ensemble des milieux favorables est aujourd hui colonisé, avec des effectifs variables selon les secteurs. Un noyau de population important est localisé depuis de nombreuses années dans le cirque de Quint, entre le Puy de la Gagère et le Pas de l Infernet. Des hardes dont les effectifs dépassant 10 animaux y sont régulièrement observées, ce qui est un bon indicateur de la densité de la population. Les pentes entre le Pas de la Ferrière et le Pas de la Couronne sont également régulièrement fréquentées. Plus au sud, la crête qui court jusqu à la Tête de la Dame, l est beaucoup moins. Globalement la pointe sud du plateau d Ambel et la crête des Teulières ne semblent accueillir que de faibles effectifs. En remontant vers le nord et le Roc de Toulau, les indices de présence redeviennent plus nombreux. Au printemps 2010, une fréquentation importante a été notée entre la Croix d Ambel et le col de Toulau. Un noyau de population est présent dans les escarpements et les pentes nord et nord-est du Roc de Toulau. Ce versant frais et ombragé est apprécié en période de sécheresse estivale. En dessous, une harde d une dizaine de chamois est régulière dans les rochers du Saut de la Truite. Sur ce même versant dominant la vallée de Bouvante, quelques chamois sont notés régulièrement dans les escarpements de la Combe de l Aubasse (4 femelles dont deux suitées et un mâle en août 2010 GRASSI G.). Sur le Roc de Toulau, la taille des hardes a significativement diminué au cours des dix dernières années. Avant 2000 des groupes dépassant la trentaine de bêtes y étaient observés, notament en période de rut (GRASSI G.). Aujourd hui les effectifs dépassent rarement la dizaine d individus. Le chamois est actuellement présent sur l ensemble du massif du Vercors et la plupart des milieux favorables drômois sont colonisés. La densité des populations est très variable selon les secteurs, de vastes ensembles favorables sur le plan écologique accueillant encore des effectifs très en deçà des capacités d accueil théorique des milieux. La population de chamois du cirque de Quint est une des plus importantes du Vercors méridional. Le potentiel d extension de l espèce sur le pourtour du site d Ambel reste important. Globalement, les populations de chamois concernées par l étude, situées en bordure du site, sont chassées et ne bénéficient donc que partiellement du statut de réserve des domaines départementaux d Ambel et Font d Urle. Cette espèce qui ne commet que peu ou pas de dégâts ne pourra se développer sur les zones favorables qu à la condition que les plans de chasse restent raisonnables sur toutes les communes limitrophes. Cet animal constitue un très fort atout touristique qui pour l instant reste limité. 36
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Mouflon méditerranéen Ovis gmelini Nombre d observations : < 2001 >2000 11 33 Indice de reproduction oui LR RA : LC LR F : VU DHFF : / Gérard GRASSI Le mouflon a été introduit sur la commune de Bouvante en 1956. Le noyau de population intéressant cette étude est historiquement localisé entre la vallée de Bouvante et Lente au nord, Léoncel à l ouest, la crète des Gagères à l est, la haute vallée de la Gervanne et le cirque de St- Julien en Quint au sud. La population était estimée sur ce secteur à environ 200 individus à la fin années 70 et à 450 individus dans la Drôme d après l enquête ONC de 1995. La population semble ensuite avoir beaucoup fluctué. Les effectifs sur les sites d Ambel et Font d Urle étaient encore importants jusqu'en 2000/2001 où des hardes pouvant compter plus de cinquante bêtes étaient régulièrement observées, notamment entre le Serre de Montué et la crête des Gagères comme sur les pâturages d Ambel (80 à 90 individus observés le 27 décembre 1992, entre Tubanet et le Pas d Ambel). L espèce est aujourd hui beaucoup moins abondante sur la zone (l hypothèse du retour du loup pourrait expliquer la chute importante des effectifs). Des indices ont été relevés au printemps 2010 sur le secteur du Pas du Gouillat. Une harde de 17 (mâles et femelles) a été observée au Pas de l Infernet dans la même période ainsi que 35 individus à la grotte du Berger en septembre 2010. Les effectifs notés en hivernage en février et mars 2010 au sud des falaises de Font d Urle comptaient au maximum une vingtaine d individus, répartis en deux groupes, entre les pentes de Pête Loup et le Pas de l Infernet. Cinq agneaux de l année ont été dénombrés. Un petit groupe de mâles adultes a trouvé refuge tout l hiver dans les vires des Drayas. L hivernage à Omblèze est de nouveau observé en 2007 et 2008 avec une dizaine d individus. Quelques animaux sont encore mentionnés sur le Serre de Montué en 2009 et 2010. Le mouflon a été introduit sur plusieurs secteurs du Vercors. Différents noyaux existent sur le massif. Le plus important intéresse la zone d étude et la forêt domaniale de Lente, le second, peu dynamique, est localisé au nord et nord-ouest de la Réserve naturelle des Hauts plateaux du Vercors. Quelques individus sont présents également dans le Trièves issus d un lâcher réalisé dans le secteur du Mont Aiguille au début des années 70. 38
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Bouquetin des Alpes Capra ibex Nombre d observations : < 2001 >2000 2 0 Indice de reproduction - LR RA : NT LR F : NT DHFF : V Gérard NAVIZET Les grands escarpements, bien exposés, de la vallée de Quint sont très favorables et attractifs pour le bouquetin. L espèce y a fait plusieurs incursions spontanées. Un premier mâle, issu d un lâcher à Archiane en 1989 a suivi la bordure méridionale du Vercors et a passé plusieurs années sur le secteur du Pas de l Infernet. Ce mâle marqué participait au rut sur Archiane-Glandasse, puis revenait sur son estive à Font d Urle avant de rejoindre les hardes de mâles qui passent l été sur la bordure orientale des Hauts Plateaux du Vercors. Un second mâle, issu du lâcher de 2000 au Mont Barret (Royans) a suivi les reliefs de la rive gauche du cirque d'echevis, est resté plusieurs semaines à la Roche des Arnauds, au-dessus de la Combe de l'oscence (commune de la Chapelle en Vercors), avant de passer environ un an et demi dans les falaises de la vallée de Quint : parfois sous les pâturages d Ambel, plus souvent sous l'est de l'alpage de Font d'urle au Puy de la Gagère. Ce même individu a gagné les gorges d'omblèze, via le col de la Bataille et les rochers de la Sausse qui descendent de l ouest du col jusqu à l'aval des gorges. Après cette excursion d'une quinzaine de jours, il a regagné le cirque de Quint. Ensuite, il a passé la période du rut sur Glandasse (vu en transit vers le col du Rousset) avant de rejoindre, lui aussi, les mâles de la bordure orientale des Hauts Plateaux (CHOISY J.-P., in litt.). Le bouquetin des Alpes est en phase active de colonisation depuis les sites de lâchers réalisés dans le Vercors (les biotopes du massif du Vercors offrent des potentialités très importantes). Le domaine vital de cette espèce, en cours d élargissement, comprend aujourd hui la bordure orientale et le sud des Hauts plateaux du Vercors et les falaises du Royans. Les populations de bouquetin des Alpes sont aujourd hui en expansion dans de nombreux massifs de Rhône-Alpes qui accueillent plus de 90 % de la population Française (CHOISY J.P., atlas des mammifères de Rhône Alpes, 1997). Orientations de gestion : Une colonisation à plus ou moins long terme du bouquetin dans le cirque de Quint est probable. Un lâcher pourrait y être envisagé afin d accélérer ce processus naturel de recolonisation. Le bouquetin est un des plus prestigieux symboles de la montagne. Outre une forte valorisation du patrimoine biologique, la présence de cette espèce sur un site tel que Font d Urle, accessible au plus grand nombre, serait un réel atout pour le développement du tourisme de nature et la sensibilisation du public à la protection de l environnement. 40
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Loup Romain Canis lupus italicus Nombre d observations : < 2001 >2000 1 19 Indice de reproduction oui LR RA : LC LR F : VU DHFF : II ASPAS La présence du loup a été confirmée pour la première fois à proximité immédiate de la zone d étude en 1999 avec des indices relevés par un agent ONC sur la commune de Bouvante. Les premières preuves de présence du loup dans le Vercors datent de 1998 sur la commune de St-Agnan-en- Vercors. L analyse génétique d un excrément a confirmé la présence de Canis lupus en juillet 2000 sur la commune d Omblèze. Les premiers constats de dommages causés aux troupeaux ovins sur la zone se situent en 2000 avec des attaques sur les communes d Omblèze et Bouvante. En septembre 2003, un loup est photographié sur le secteur des Pots Martin (auteur inconnu). A partir de 2004, le suivi génétique prouve la présence sur l ouest Vercors d au moins 2 loups différents de ceux contactés sur les Hauts plateaux. Deux zones de présence permanente (ZPP) sont donc distinguées. En octobre 2004 un tir de prélèvement est effectué sur le Serre de Montué, à Font d Urle. En 2007 et 2008, la reproduction est détectée sur la zone d étude avec des jeunes contactés lors des opérations ONCFS de suivi estival (protocole «hurlements provoqués»). En mars 2008, trois individus sont photographiés au Pas de l Aubasse (O. JANET). Selon les traces relevées dans la neige ce groupe comptait probablement 5 individus. Le protocole de suivi estival n a pas permis de contacter de louveteau en 2009 sur la zone d étude et ce malgré un dispositif renforcé (Bulletin du réseau loup n 22). En 2010 l opération n a pas été renouvelée sur le Vercors ouest. Au cours de cette étude, des excréments «type grand canidé» ont été relevés sur plusieurs secteurs d Ambel (7 échantillons collectés entre mai et septembre 2010). En 2010 nous disposons de deux observations par corps sur la zone : le premier contact concerne 1 individu vu en juin au Pas de l Aubasse (C. BERTONCELLO écogarde du Conseil Général), et 2 individus photographiés à Font d Urle (M. DUBOIS). Situation du loup sur le Vercors en 2009 (d après le bulletin du réseau loup n 22) La meute du Vercors ouest est estimée à 4/5 individus. Des adultes sont contactés lors du suivi estival sur la commune de Bouvante le Haut, pas de reproduction constatée. La meute des Hauts plateaux compte deux individus (mâle et femelle) installés d après le suivi génétique depuis 9 ans sur ce secteur. Ce couple formé présenterait un problème de reproduction récurent (pas de reproduction constatée depuis 2005 sur cette zone). Orientations de gestion Mise en place d une gestion exemplaire du pastoralisme qui dépend directement du Département, avec en particulier un diagnostic de vulnérabilité à réaliser. 42
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Renard roux Vulpes vulpes Nombre d observations : < 2001 >2000 5 47 Indice de reproduction oui LR RA : LC LR F : LC DHFF : / ASPAS Le renard est fréquent sur l ensemble du plateau d Ambel. Il est présent depuis le sommet du Roc de Toulau, jusqu au cœur de la hêtraie. La densité des indices récoltés est moins importante dans les zones où le couvert forestier est très dense, comme dans les plantations d épicéa. Les chaos de blocs calcaires et pierriers en forêt sont appréciés pour le creusement des terriers, parfois à proximité du blaireau. Au cours de l étude, une portée de trois renardeaux à été découverte à quelques mètres de terriers utilisés simultanément par le blaireau. Les clairières et les pâturages sont des zones de chasse très fréquentées où la majorité des indices de marquage (fèces) sont observés. Les indices récoltés sont moins fréquents dans les milieux les plus homogènes comme sur les pâturages exempts de tout couvert forestier. Sur Font d Urle, les chaos karstiques sont classiquement fréquentés et un terrier a été trouvé à l entrée d un scialet, à proximité de colonies de marmottes (G. GRASSI 2010). Le renard est présent partout en Rhône Alpes sur l ensemble des communes du Parc Naturel Régional du Vercors, avec des densités variables d un district à l autre. 44
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Lynx boréal Lynx lynx Nombre d observations : < 2001 >2000 2 0 Indice de reproduction - LR RA : VU LR F : EN DHFF : II, IV ASPAS Nous disposons de deux mentions probables de Lynx en périphérie de la zone d étude. La plus proche concerne une observation dans une clairière de Chaux Clapier en forêt domaniale de Lente en juin 2001 (B. BACHASSON), rapporté par Roger Mathieu). L animal a été aperçu lors d une séance de chasse au mirador en tir d été. La seconde information concerne le massif de Lente avec des traces relevées dans la neige sur les crêtes au dessus du Val Sainte Marie en janvier 2000 (F. AROD et S. CAILLETON). Le statut du Lynx dans le Vercors est encore imprécis. Des informations régulières y sont toutefois collectées depuis les années 90. Un contact visuel a eu lieu en 2008 sur la commune de Combovin (bulletin ONCFS réseau LYNX N 15) et l analyse génétique positive d un excrément trouvé à la limite Combovin -Gigors-et-Lozeron, en octobre 2009 (PETITEAU F. in litt.) a prouvé la présence de l espèce à quelques kilomètres au sud-ouest de la zone intéressée par cette étude. Des données récentes concernent également la commune du Chaffal au cours des hivers 2008 et 2009 (bulletin ONCFS du réseau Lynx N 15). L état des connaissances ne permet pas d attester de la présence continue de cette espèce sur la zone concernée par cette étude. 46
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Blaireau Meles meles Nombre d observations : < 2001 >2000 1 9 Indice de reproduction oui LR RA : LC LR F : LC DHFF : / ASPAS Les indices de présence du blaireau sont peu fréquents sur Ambel. Sa présence a été notée à proximité du Pas du Gouillat, sur le sentier du Serrou et sur les Pots Martin avec un site utilisé depuis plusieurs années (terrier à 4 gueules) où il cohabite parfois avec le renard. L espèce est également mentionnée sur les alpages au pas de l Infernet (DEANA T. 2010). Des indices ont été relevés également à proximité de la Porte d Urle (2002, J. DUCHAMP, comm. or.). L espèce est probablement plus fréquente dans les vallées voisines où elle est notée comme régulière à Omblèze (GRASSI G.), ou dans le cirque de Quint (MATHIEU R.). Le blaireau est présent sur tous les districts de Rhône-Alpes avec des densités variables. 48
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Hermine Mustela ermina Nombre d observations : < 2001 >2000 3 8 Indice de reproduction - LR RA : LC LR F : LC DHFF : / Gérard GRASSI En dépit d un fort potentiel de milieux favorables, l hermine peut être considérée en l état de nos connaissances, comme relativement rare et localisée sur la zone d étude. Des observations régulières ont été enregistrées pendant plusieurs années en période estivale à proximité de la route entre Chaud Clapier et le haut de la station de Font d Urle. (DUCHAMP J. 2002.). Les transects de prospection réalisés sur cette zone n ont pas donné de résultats, à l exception de reliefs de repas (plumée de passereau) appartenant probablement à l espèce. Une observation directe récente est signalée au Pas Pascaud, dans une doline (PERRON N.). Des empreintes ont été relevées dans la neige en mars 2010 dans la cavité de la glacière de Font d Urle (DEANA T.). Sur Ambel, des indices de présence récents ont été relevés sur le GR 91 et dans des éboulis au col de Toulau. L hermine est présente sur l ensemble des districts rhônalpins, en densité très variable. Dans le Vercors, l espèce ne semble jamais abondante, sans doute davantage représentée sur la bordure orientale du massif. Orientations de gestion Une prospection plus poussée permettrait d évaluer le statut de cette espèce sur la zone. 50
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Belette Mustela nivalis Nombre d observations : < 2001 >2000 0 1 Indice de reproduction - LR RA : NT LR F : LC DHFF : / http://www.mrugala.net Une seule mention de belette a été collectée au cours de cette étude avec une observation au Pas du Gouillat sur le plateau d Ambel (PERRON N.). Bien que de taille plus réduite, la belette ressemble beaucoup à l hermine et la confusion est possible. L observation réalisée dans de bonnes conditions, à faible distance, donne un très bon indice de fiabilité à cette donnée. La belette est notée régulièrement autour des maisons forestières de Lente (DUCHAMP J.). Les deux espèces peuvent potentiellement cohabiter localement sur la zone d étude, même si, classiquement, l hermine tend à remplacer la belette en altitude. Putois Mustela putorius Nombre d observations : < 2001 >2000 0 1 Indice de reproduction - LR RA : CR LR F : LC DHFF : V ASPAS Le putois est mentionné au Col de la Bataille en juillet 2001, traversant la route (BONNIN J.-B., PIQUES B.). L espèce est peu commune en Rhône-Alpes, notée dans le Diois et le Haut-Diois et sur le cours de la Drôme et dans les Baronnies (BERTRAND Y., DAVID G., MATHIEU R.). 52
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Martre des pins Martes martes Nombre d observations : < 2001 >2000 0 2 Indice de reproduction - LR RA : LC LR F : LC DHFF : V ASPAS A l exception de rares observations directes (combe de l Aubasse, GRASSI G., 2003, BLACHE S. 2010, suivi d une portée par un photographe. comm. or, date non communiquée) la présence de la martre sur la zone d étude est prouvée par relevé d indices (crottes essentiellement ou empreintes dans la neige). La martre est donc présente sur le plateau d Ambel où elle semble peu fréquente. La discrétion de l espèce peut nuancer ce constat. Les indices de présence appartenant probablement à cette espèce ont été relevés en zones forestières ou de lisières, dans les boisements mixtes ou de résineux. L espèce est quasi absente dans les alpages. N.B : la distinction entre les indices de martre (Martes martes) et de fouine (Martes foina) sur le terrain est très difficile, voire impossible. Les mentions de «Martes» indéterminées (martes sp) à proximité des refuges ou en milieux rocheux, pourraient appartenir à cette seconde espèce. Ailleurs, compte tenu de la nature forestière des milieux, la probabilité diminue, mais la présence de la fouine ne peut pas être exclue. Fouine Martes foina Nombre d observations : < 2001 >2000 0 1 Indice de reproduction - LR RA : LC LR F : LC DHFF : / ASPAS Pas de données disponibles sur la zone d étude (observation par corps). La présence de cette espèce est pourtant très probable, notamment à proximité des refuges ou des zones rocheuses où des données de «Martes» indéterminée (martes sp) sont recueillies (PERRON N.). La fouine est présente à Lente (DUCHAMP J., comm. or.). Voir le NB du chapitre consacré à la martre. 54
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Lièvre brun Lepus europaeus Nombre d observations : < 2001 >2000 2 8 Indice de reproduction - LR RA : LC LR F : LC DHFF : / Gérard GRASSI Sans jamais être abondant, le lièvre brun est observé classiquement en lisières forestières et bordures de routes comme au Col de la Bataille, Malatra, Chaud clapier. Des indices ont été récoltés sur les crêtes entre le Pas de la Ferrière et la Tête de la Dame, sur le Serre de la Gente. A cette altitude, le lièvre brun entre dans sa tranche altitudinale supérieure de distribution. Au-dessus de 1400-1500 mètres, il est progressivement remplacé par le lièvre variable. Le lièvre brun est toutefois noté à 1600 mètres d altitude sur les Hauts plateaux du Vercors (R. Mathieu) et mentionné exceptionnellement jusqu à 2000 mètres dans les Alpes. Les relevés d indices sur le terrain ne permettent pas de distinguer les deux espèces qui potentiellement peuvent se côtoyer sur l ensemble de la zone d étude. Compte tenu du milieu, on peut supposer, mais sans certitude, que les rares indices relevés sur le secteur de Font d Urle appartiennent à son homologue alpin. 56
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Lièvre variable Lepus timidus Nombre d observations : < 2001 >2000 2 4 Indice de reproduction - LR RA : VU LR F : NT DHFF : V http://www.praktejder.se Le lièvre variable est noté sporadiquement dans les pâturages et zones karstiques de Font d Urle, entre le Puy de la Gagère et le Serre de Montué, également sur le versant ouest, jusqu au Pas de la Ferrière et Tubanet. Les chaos rocheux, éboulis et terriers de marmottes, utilisés comme gîtes, offrent des habitats potentiellement très favorables. L espèce fréquente les pelouses mais également le couvert forestier où il trouve refuge. Deux lièvres variables sont ainsi restés pendant plusieurs semaines entre les Pots Martin et Gardiol, parfois non loin de la route au cours de l automne 2003 (GRASSI G.). L espèce a été notée régulièrement lors d opérations de martelage par les forestiers entre Malatra et Tubanet (Duchamp J., 2000-2002). Les observations les plus récentes ont été faites au cours des hivers 2008 et 2009 à proximité du Pas du Folet au sud du pâturage de Font d Urle (DUBOIS M.). Des restes appartenant à l espèce ont été trouvés au cours de cette étude en août 2010 sur le lieu dit de la Pierre de l ours sur le plateau d Ambel (G. GRASSI). Les indices de lièvre sp. (crottes) sont assez fréquents sur la zone d étude. La cohabitation possible avec le lièvre brun rend l interprétation difficile. Le lièvre variable, très discret et volontiers nocturne est difficile à observer sur le terrain. La confusion possible en période estivale avec le lièvre brun peut en partie expliquer le faible taux de retours d observation. Le nombre limité de données dont nous disposons ne traduit peut-être pas la distribution réelle de l espèce sur la zone d étude. De par ses mœurs essentiellement crépusculaires et nocturnes le lièvre variable serait assez peu sensible au dérangement par les activités sportives hivernales («Raquettes à neige et faune hivernale», PNR Gruyère Pays-d Henhaut, novembre 2009). L impact ne peut cependant pas être exclu, notamment sur les secteurs les plus fréquentés. Relique des périodes glaciaires, le lièvre variable est rare dans le Vercors et dans les Préalpes drômoises où il est en limite de répartition. Orientations de gestion : Une enquête spécifique permettrait de préciser le statut de cette espèce sur les domaines départementaux d Ambel et de Font d Urle. L information et la sensibilisation des randonneurs «raquettistes» et skieurs de fond pourraient être envisagées et intégrées aux plans d interprétation et d accueil du public sur ces espaces. Les mesures étant d éviter l approche des vires où la neige est soufflée, des ressauts rocheux et des landes arbustives. A terme, en affinant la connaissance des zones de présence continue de l espèce, certains secteurs pourraient être classés en zones de quiétude hivernale : vires du Pas du Follet et du Pas Pascaud, pentes du Puy de la Gagère (de telles mesures seraient profitables à d autres espèces). 58
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Marmotte des Alpes Marmota marmota Nombre d observations : < 2001 >2000 4 48 Indice de reproduction oui LR RA : LC LR F : LC DHFF : / Gérard GRASSI La présence de la marmotte des Alpes sur la zone d étude résulte d opérations de réintroductions réalisées par la FRAPNA Drôme, au milieu des années 80 avec l appui du Conseil Général. 55 marmottes en provenance du Parc National de la Vanoise ont été lâchées entre 1983 et 1985 sur le secteur des Gagères (MICHELOT 1991). Aujourd hui l espèce est commune sur les alpages et les éboulis de Font d Urle, dans tout le cirque de St-Julien en Quint, sur le Serre de Montué. La marmotte est également présente, bien que beaucoup moins fréquente, sur les alpages d Ambel (serre de la Gente), entre le pas de la Ferrière et la Tête de la Dame, jusqu au Roc de Toulau où quelques individus sont observés. Un petit noyau se maintien sur la crête au sud-ouest du Col de la bataille (rochers de la Sausse) depuis de nombreuses années. Quelques terriers sont observés dans les vires du pas de l Aubasse au-dessus du cirque de Bouvante. Outre son intérêt évident pour le tourisme de découverte de la nature, la marmotte des Alpes est une espèce proie très importante pour l aigle royal et contribue fortement au maintien de ce grand rapace en augmentant les chances de succès de la reproduction. La marmotte des Alpes est en extension dans les massifs de Rhône-Alpes et a colonisé, suite aux divers lâchers, la plupart des habitats favorables du Vercors. Orientations de gestion : Quelques terriers de marmottes ont été observés récemment sur le pâturage d Ambel comme au sud du Serre de la Gente (MASSE Y.). La mise en défens d un périmètre autour des affleurements rocheux par exclos, en évitant le dérangement et la concurrence avec les troupeaux ovins et bovins, pourrait favoriser l implantation d un noyau de population sur ce secteur. Sur Font d Urle l espèce est souvent confrontée à une forte fréquentation touristique. Sédentaire, grégaire et diurne, la marmotte des Alpes est une espèce très attractive pour le public. La sensibilisation des randonneurs et l information sur les règles d observation sont à intégrer dans les plans d interprétation et d accueil du public sur ce site. 60
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Ecureuil roux Sciurus vulgaris Nombre d observations : < 2001 >2000 1 7 Indice de reproduction - LR RA : LC LR F : LC DHFF : / ASPAS La présence de l écureuil roux est notée assez classiquement dans les plantations d épicéa (DUCHAMP J.). Des observations sont notées également dans la hêtraie sapinière, autour des Pots Martin. Des indices récents ont été récoltés autour de Tubanet sur le plateau d Ambel. Aucune donnée n a été collectée lors des échantillonnages sur Font d Urle. L espèce est très probablement présente dans les boisements en périphérie de ce site. Elle peut être considérée comme peu abondante sur la zone d étude. L écureuil roux est présent dans tous les secteurs boisés de Rhône-Alpes. 62
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Taupe d'europe Talpa europaea Nombre d observations : < 2001 >2000 0 4 Indice de reproduction - LR RA : LC LR F : LC DHFF : / http://www.biolib.cz La Taupe d Europe a été contactée à quatre reprises avec certitude. A font d Urle des individus ont été observés à deux reprises alors qu à Ambel, seuls des terriers ont été rencontrés. Probablement bien distribuée sur les ENS, la Taupe semble occuper une grande diversité d habitats. Elle est autant présente en forêt qu en zone ouverte. La profondeur du sol et le ph du sol inférieur à 4,4 semblent être les facteurs limitant à la présence de l espèce (MacDonald & Barrett, 1995). Dans le Vercors et plus largement en Drôme l espèce semble commune et largement distribuée. Elle est présente jusqu à 2000 mètres sur les hauts plateaux du Vercors. 64
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Loir Myoxus glis Nombre d observations : < 2001 >2000 1 15 Indice de reproduction - LR RA : LC LR F : LC DHFF : / Gérard NAVIZET En Rhône-Alpes, le Loir gris est une espèce à tendance plutôt méridionale et calcicole. Il affectionne les forêts de conifères et/ou mixtes présentant un sous-bois dense (Grillo, 1997). En Drôme et plus particulièrement dans le Vercors l espèce semble largement distribuée. Durant l étude, l espèce a été contactée à 4 reprises. Nos observations ainsi que les témoignages de la garderie montrent que le loir affectionne les refuges qu il colonise volontiers. Les refuges de Tubanet, Ambel et de Gardiol sont occupés par l espèce. Les données historiques montrent également une distribution dans la hêtraie où il semble commun. Nous ne disposons pas de données de l espèce à Font d Urle. 66
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Muscardin Muscardinus avellanarius Nombre d observations : < 2001 >2000 0 8 Indice de reproduction - LR RA : LC LR F : LC DHFF : IV Alexandre MOVIA Habitant de la forêt à sous-bois dense, le Muscardin n est pas pour autant un arboricole strict. Il préfère les buissons bas et les taillis. Largement distribué en Drôme, l espèce reste pour autant relativement méconnue. Ses mœurs nocturnes et sa petite taille en sont probablement la principale raison. Signalé depuis la fin des années 1970 par Fayard, l espèce reste globalement peu connue sur la zone d étude. Nous disposions avant notre inventaire de seulement deux autres données en forêt d Ambel datant respectivement de 2002 et 2008. Les inventaires menés pour l étude montre que l espèce paraît bien présente lorsque l habitat est favorable (taillis buissonnant). Nous l avons trouvé en forêt d Ambel dans d anciennes coupes colonisées par les framboisiers. A Font d Urle le muscardin semble avéré en limite de l ENS dans la station de ski également dans les taillis denses. Plus globalement la rareté d habitat favorable sur les deux ENS semble un facteur limitant la présence de l espèce. 68
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Mulot à collier roux Apodemus flavicollis Nombre d observations : < 2001 >2000 0 1 Indice de reproduction - LR RA : LC LR F : LC DHFF : / Gérard NAVIZET Limité à la partie est de la France, le Mulot à collier fréquente les habitats forestiers jusqu à 2000 mètres d altitude (Le Louarn & Quéré, 2003). Sans doute largement distribué dans le Vercors, l espèce reste mal connue faute de prospection et du fait de la difficulté d identification. Nous disposons d une seule donnée certaine d un individu capturé au village de Font d Urle lors de l inventaire. Compte tenu de ses exigences écologiques, il est probable que l espèce puisse être découverte sur d autres parties de l ENS. Mulot sylvestre Apodemus sylvestris Nombre d observations : < 2001 >2000 0 2 Indice de reproduction - LR RA : LC LR F : LC DHFF : / Gérard NAVIZET Le Mulot sylvestre est une des espèces de petits mammifères dont l aire de distribution est la plus vaste. Il occupe une grande diversité d habitats, du niveau de la mer jusqu à 2500 mètres (Le Louarn & Quéré, 2003). Dans le département de la Drôme l espèce semble très largement distribuée. Son identification reste toutefois délicate lorsqu il cohabite avec le Mulot à collier et le Mulot alpestre. Mentionné par Fayard à la fin des années 1970, l espèce, qui n était plus citée, a été de nouveau observée lors de notre inventaire. Elle a été trouvée dans la hêtraie de Font d Urle et d Ambel. Cette espèce doit être bien présente dans la partie forestière de l ENS. 70
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Souris domestique Mus musculus Nombre d observations : < 2001 >2000 0 1 Indice de reproduction - LR RA : LC LR F : LC DHFF : / Gérard NAVIZET Originaire d Asie, la Souris domestique est largement distribuée en France où elle est dans la plupart du temps commensale. Sa distribution dans le Vercors reste globalement mal connue. Elle a été trouvée une seule fois à proximité d une maison du village de Font d Urle. Ce village constitue probablement la seule zone de présence régulière de l espèce sur la zone d étude. Campagnol terrestre Arvicola terrestris Nombre d observations : < 2001 >2000 0 1 Indice de reproduction - LR RA : LC LR F : DD DHFF : / http://fr.academic.ru Appelé aussi rat taupier, le campagnol terrestre fait partie du groupe des campagnols fouisseurs. Il recherche les sols frais et humides pour creuser ses galeries. Il occupe l ensemble des milieux prairiaux (Le Louarn & Quéré, 2003). En Drôme, l espèce semble présente pour l essentiel dans les prairies du Vercors. La présence de taupinières caractéristiques de l espèce permet de préciser sa distribution. Toutefois ce critère ne peut être considéré comme totalement fiable en raison des risques de confusion avec ceux des Campagnols provençaux et des Taupes. L espèce a été trouvée à une seule reprise sur le plateau des Gagères. Le nombre important de tumulus observé dans les prairies des deux ENS laisse présager une distribution plus étendue. 72
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Campagnol de Fatio Illustration non disponible Microtus multiplex Nombre d observations : < 2001 >2000 0 1 Indice de reproduction - LR RA : DD LR F : LC DHFF : / Le campagnol de Fatio a une répartition en France qui se limite aux Alpes. L espèce marque une préférence pour les milieux humides à sols profonds échelonnés entre 1000 et 2800 mètres d altitude, généralement au-dessus de la limite de la forêt (Le Louarn & Quéré, 2003). L espèce semble bien présente dans le Vercors. Il a été capturé une seule fois sur le plateau des Gagères. Il est probable que l espèce soit plus largement distribuée. Campagnol des neiges Chionomys nivalis Nombre d observations : < 2001 >2000 0 1 Indice de reproduction - LR RA : LC LR F : LC DHFF : / http://www.museugranollersciencies.org Le campagnol des neiges affectionne les milieux rocheux, en particulier les éboulis. L ensoleillement paraît également lui être favorable (Le Louarn & Quéré, 2003). L espèce est probablement distribuée sur une grande partie des zones rocheuses du département de la Drôme. Dans la zone d étude, il a été capturé une seule fois sur le plateau des Gagères. Pour autant compte tenu de la surface importante couverte par des habitats favorables à l espèce, nous pensons que cette espèce doit être assez commune. 74
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Campagnol roussâtre Clethrionomys glareolus Nombre d observations : < 2001 >2000 0 4 Indice de reproduction - LR RA : LC LR F : LC DHFF : / Gérard NAVIZET Le campagnol roussâtre est le campagnol forestier par excellence. En Rhône-Alpes, l espèce fréquente les forêts de feuillus et forêts mixtes. En Drôme il semble également bien présent dans ce type d habitat. Sur la zone d étude, la hêtraie constitue un habitat préférentiel. Il y semble très abondant que ce soit à Ambel ou à Font d Urle. Il y a été capturé à 11 reprises. 76
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Petit Rhinolophe Rhinolophus hipposideros Nombre d observations : < 2001 >2000 2 0 Indice de reproduction - LR RA : EN LR F : LC DHFF : II, IV Yoann PEYRARD Le Petit rhinolophe n est connu sur la zone d étude qu à travers deux observations antérieures à 2010. Celles-ci ont été réalisées en milieu souterrain, à la grotte du Brudour (2 individus en octobre 2009) et des contacts occasionnels en été notés au scialet des Chuats (C. Lanthelme com. pers.). Cette espèce est régulièrement rencontrée en cavité où elle est peu discrète et se suspend en évidence aux parois et aux plafonds. Elle peut néanmoins occuper des cavités inaccessibles. En activité de chasse, elle apprécie particulièrement les zones de forêts, de pré bois, voire de landes, milieux assez abondants sur le secteur étudié. Le facteur limitant expliquant la rareté de cette espèce plutôt thermophile sur les plateaux d Ambel et de Font d Urle est l altitude élevée de ces deux sites. Le Petit rhinolophe est bien présent à proximité immédiate de la zone d étude, notamment sur le Royans et les piémonts sud du Vercors comme la vallée de la Gervanne. Ces populations sont remarquables à l échelle du département de la Drôme et de la région Rhône-Alpes et alimentent certainement des incursions ponctuelles sur des secteurs de montagne favorables à des périodes limitées. Ailleurs dans notre région, le Petit rhinolophe connaît une érosion de ses effectifs et a disparu de nombreux secteurs du fait d une dégradation générale de ses habitats (disparition des habitats de chasse, rénovation du bâti, mortalité routière sont les principales causes). Une meilleure connaissance des sites d hivernage de cette petite chauve-souris serait souhaitable du fait d un degré de menace possible sur ces derniers (dérangement par la pratique non contrôlée de la spéléologie). L encadrement et la sensibilisation des pratiquants de l exploration souterraine, bien amorcée au niveau départemental doit se poursuivre dans ce sens. 78
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Murin à moustaches Myotis mystacinus Nombre d observations : < 2001 >2000 Indice de reproduction 1 2 LR RA : NT LR F : LC DHFF : IV Yoann PEYRARD Peu de données concernent cette espèce : deux mâles sont capturés en 2005 sur le plateau d Ambel et une femelle adulte en 2010 à la clairière de Malatra. Cette dernière a été équipée d un émetteur et a été retrouvée dans une forêt de pente au pied des Rochers de Malatra. Le gîte ne sera cependant pas localisé avec précision du fait de l inaccessibilité d accès du site. Cette petite chauve-souris est bien présente en montagne et dans les forêts fraîches. Elle ne semble pas craindre l altitude et les températures basses. Observée en petit nombre en hiver dans des cavités froides, elle chasse à la belle saison essentiellement en forêt, avec des incursions en lisières et sur des zones ouvertes (pelouses et prairies). Le très faible nombre de données sur ce site pourtant très favorable est difficile à expliquer. Les conditions météorologiques de la saison 2010 notamment lors des sessions de prospection en forêt ont vraisemblablement joué en cela un rôle non négligeable. Cette espèce est bien présente dans le reste du Vercors et sur tous les secteurs de collines et de montagnes de la Drôme au nord de la vallée du Jabron. Pour la région Rhône-Alpes, hormis les secteurs méditerranéens comme le sud de l Ardèche, cette espèce se rencontre quasiment partout avec une abondance marquée dans les secteurs continentaux et de moyenne montagne. Réputé pour son mode de vie très arboricole, notamment dans le choix de ces gîtes (arbres fissurés et écorces décollées essentiellement) le Murin à moustaches peut souffrir d une gestion forestière trop rigoureuse vis-à-vis des arbres morts ou dépérissants. Le vieillissement des peuplements et le maintien sur pied de ces arbres est une mesure de gestion favorable à cette espèce. 80
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Murin de Natterer Myotis nattereri Nombre d observations : < 2001 >2000 5 6 Indice de reproduction - LR RA : NT LR F : LC DHFF : IV Yoann PEYRARD Le Murin de Natterer était connu sur le site par plusieurs observations entre 1998 et 2009. Celles-ci concernaient des individus capturés en été sur leur terrain de chasse ou en sortie de gîte à la période automnale à la Grotte du Brudour. Une donnée sur ce dernier site en janvier confirmait l hivernage de ce Murin sur le secteur. En 2010, les prospections ont montré une relative abondance de ce murin de petite taille sur les secteurs forestiers du plateau d Ambel avec des contacts au détecteur d ultrasons sur deux sites forestiers et la capture de huit mâles adultes sur trois autres sites. Sur le plateau de Font d Urle, les prospections en automne ont permis de noter une affluence du Murin de Natterer sur une cavité : la Glacière, où sept mâles sont capturés en septembre. Cette espèce est régulièrement observée en milieu souterrain, généralement dans les fissures où elle peut s enfoncer profondément (et devenir ainsi non décelable) comme beaucoup d autres murins. En période d activité, il chasse principalement en forêt mais aussi très régulièrement sur les prairies ou d autres milieux ouverts. Les colonies ou les gîtes diurnes peuvent être installés dans des cavités arboricoles ou dans des bâtiments (trous de moellons notamment). Cette polyvalence en termes d habitats conduit naturellement à une répartition relativement homogène sur l ensemble du département de la Drôme et de la Région Rhône-Alpes. Espèce peu sensible au froid, le Murin de Natterer peut s observer largement au-dessus de 1000 mètres (record de 1530 mètres dans le Vercors et de 1880 mètres en Savoie). Comme les autres murins de petite taille de tendance arboricoles, la gestion forestière, et plus particulièrement le maintien d arbres à cavités, est un élément important pour la conservation des populations de cette espèce. 82
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Petit murin Myotis blythii Nombre d observations : < 2001 >2000 0 3 Indice de reproduction - LR RA : VU LR F : NT DHFF : II, IV Stéphane VINCENT Le Petit murin n était pas connu sur les plateaux d Ambel et de Font d Urle avant cet inventaire. Trois observations, toutes obtenues par la méthode de la détection acoustique, viennent enrichir la diversité du site. Ces données ont été récoltées sur des sites d abreuvoir (mare sous le Pas du Gouillat et abreuvoir de la ferme d Ambel) et sur un site de transit ou de chasse (Porte d Urle). Sur deux sites plusieurs contacts ou plusieurs individus ont été enregistrés. Cette présence, loin d être anecdotique, est en concordance avec une forte disponibilité de milieux de chasse favorables. En effet, cette espèce se nourrit essentiellement d orthoptères (sauterelles, criquets) capturés dans les prairies ou les steppes à graminées. Autre particularité de cette espèce, la formation de colonies importantes en nombre d individus (plusieurs centaines), souvent en mixité avec le Grand murin et le Minioptère de Schreibers, en milieu souterrain et parfois aussi en bâti. Ces colonies ont alors un domaine vital extrêmement vaste avec des distances entre gîte et zones de chasse pouvant atteindre les trente kilomètres. Le Petit murin a été contacté à de rares occasions dans le massif du Vercors. En Drôme quatre colonies sont connues entre le Diois, le Tricastin et la basse vallée du Rhône. Au nord de la vallée de la Drôme, seuls des contacts d individus isolés comme à Ambel et Font d Urle ont été jusqu à présent recensés. Ces observations loin des colonies connues permettent d envisager la présence d une ou plusieurs colonies encore inconnues en périphérie du Vercors. Pour le reste de Rhône-Alpes, le Petit murin est essentiellement présent en reproduction sur le sud de la région (Ardèche, Isère) et remonte jusqu en Savoie. Du fait d un régime alimentaire très sélectif qui le conduit à chasser sur des habitats spécifiques, le Petit murin est une espèce sensible. La modification de ses habitats, par la colonisation de résineux, le surpâturageou la déprise agricole peut entrainer une diminution de ses effectifs. La rareté des sites de reproduction constitue aussi un facteur de vulnérabilité. Une connaissance plus exhaustive de ces sites et la protection de ces derniers est une action à mettre en œuvre pour la protection de cette espèce. 84
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Grand murin Myotis myotis Nombre d observations : < 2001 >2000 4 12 Indice de reproduction R LR RA : VU LR F : LC DHFF : II, IV Yoann PEYRARD Des restes osseux de Grand murin ont été découverts en 2005 au fond de la grotte du Berger à Font d Urle. Entre 2008 et 2009, trois observations de Grand murin ou de murin de grande taille ont été réalisées à la Grotte du Brudour, avec des individus capturés à l automne et trois individus observés en hiver. En 2010, cette espèce a été capturée à plusieurs reprises avec un total de dix individus sur quatre points d eau en été (trois femelles et sept mâles) des contacts au détecteur d ultrasons ont été enregistrés à la Porte d Urle et dans la combe de Tubanet. Enfin en automne, deux mâles sont capturés à la grotte du Berger et un individu est entendu au gouffre d Ambel. Les captures de femelles adultes et allaitantes représentant un intérêt majeur, nous avons équipé deux d entre elles d émetteur radio afin de suivre leurs déplacements et identifier leur colonie. La première a malheureusement très rapidement perdu son émetteur entre le site de capture (abreuvoir de la ferme d Ambel) et sa zone de chasse. La deuxième a été suivie immédiatement après son équipement jusqu à la fin de la nuit. Cet individu a longuement chassé à proximité du site de capture en alternant des incursions en zone ouverte et en secteur boisé. Une heure avant le lever du jour (4h45 CEST), cette femelle a quitté le site en franchissant la crête Est du plateau au niveau du Pas d Ambel pour descendre dans la vallée de Saint-Julien-en-Quint. Son parcours l a conduit ensuite vers le Col de Marignac d où nous avons perdu le signal. En journée, un contrôle de la colonie déjà connue tout près de la ville de Die a permis de constater la présence de cette femelle au sein de la colonie qui compte entre 800 et 1000 femelles adultes chaque année. La distance entre ce gîte et le site de capture est de quinze kilomètres en ligne droite avec un minimum de mille mètres de dénivelé (probablement mille trois cent mètres de dénivelé positif en comptant le franchissement du col de Marignac et la redescente sur Sain-Julien-en-Quint et le passage du Pas d Ambel). Le Grand murin est l une des plus grandes espèces de chauve-souris européenne. Son régime alimentaire est en majeure partie constitué des gros insectes parmi lesquels les coléoptères sont les plus importants. Ces proies sont en général capturées à terre ce qui conduit cette espèce à rechercher des habitats de chasse au sol nu et dégagé. Il peut s agir alors de forêts sans sousétage, de préférence assez âgées, ou des zones ouvertes comme les pelouses rases et les prairies juste après la fauche. Les plateaux d Ambel et de Font d Urle ainsi que les forêts proches offrent de vastes secteurs favorables en termes d habitats de chasse justifiant les déplacements constatés depuis la colonie de Die. 86
D autres observations ont déjà été réalisées sur l ensemble du massif du Vercors, notamment le Sud du massif, avec des individus observés jusqu à 1595 mètre d altitude sur la partie drômoise de la Réserve des Hauts Plateaux (record rhônalpin à 1815 mètres en Haute-Savoie). La population régionale compte un peu moins de 10 000 femelles adultes pour environ 25 colonies dont quelques 3000 individus sur 6 colonies en Drôme. Les sites de parturitions se trouvent en majorité en milieu souterrain pour la Drôme et l Ardèche alors que plus au Nord (où les cavités sont plus fraîches) le bâti domine largement. Si les populations de Grand murin semblent bien se porter notamment dans les secteurs de moyenne montagne, des menaces existent par rapport aux colonies peu nombreuses et donc fragiles ainsi qu au travers de la dégradation des habitats de chasse. Le large rayon d action des colonies implique nécessairement une prise en compte des corridors biologiques face au risque de morcellement des domaines vitaux de ces dernières. Sur la zone d étude, zone de chasse privilégiée des Grands murins de Die, le vieillissement des peuplements et le maintien de bois mort (sur pied ou au sol) sur les secteurs forestiers, est une mesure favorable à cette espèce en augmentant le potentiel de proies. Le maintien d une pratique pastorale sur les secteurs d alpage contribue aussi à garantir une ressource en proies, notamment grâce aux coléoptères coprophages. Toutefois, l usage des antiparasitaires intestinaux contenants de l ivermectine est à proscrire. Figure 20 : Terrain de chasse et gite utilisé par les grands murins suivis par télémétrie 87
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Murin à oreilles échancrées Myotis emarginatus Nombre d observations : < 2001 >2000 0 4 Indice de reproduction - LR RA : VU LR F : LC DHFF : II, IV Stéphane VINCENT Une seule observation concernant cette espèce a été obtenue sur ce site en 2009 avec la capture d un mâle adulte en automne à la grotte du Brudour. Ce murin de petite taille est fréquemment observé en cavité à cette période où ont lieu les accouplements. Dans le Vercors des observations similaires ont été notées jusqu à 1400 mètres et des individus en chasse ont été observés à plus de 1500 mètres d altitude. Le Murin à oreilles échancrées est une espèce qui chasse les diptères et les araignées, celles-ci peuvent composer la majeure partie de son régime alimentaire. Ses habitats de chasse sont généralement les ripisylves mais aussi les forêts de feuillus ou mixtes. Au-delà des secteurs d altitude du Vercors, cette espèce est très présente sur le pourtour du massif et notamment la vallée de la Gervanne et les Monts du Matin. La Drôme compte parmi les départements de Rhône-Alpes les plus riches en effectifs reproducteurs de cette chauve-souris puisqu on dénombre actuellement plus de 3 500 femelles adultes sur six colonies contre 7 000 sur une vingtaine de sites pour la région. Il est important de noter que les colonies de cette espèce regroupent des effectifs très importants comptant jusqu à 2 000 femelles adultes (une colonie en Drôme parmi les plus importantes en nombre au niveau national). Comme pour les murins de grande taille, la concentration de nombreux individus sur un faible nombre de sites en milieu bâti induit automatiquement une grande sensibilité. La protection et la gestion de ces sites est une priorité évidente. La dégradation des habitats de chasse, le morcellement des domaines vitaux ou la mortalité routière sont d autres facteurs pouvant fortement affecter les populations de cette espèce. 90
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Murin de Daubenton Myotis daubentoni Nombre d observations : < 2001 >2000 3 2 Indice de reproduction - LR RA : LC LR F : LC DHFF : IV Yoann PEYRARD Trois observations de ce murin de petite taille étaient répertoriées sur la zone d étude avant 2010. Un individu avait été contacté au détecteur d ultrasons en septembre à la ferme d Ambel en 2003, un autre était capturé en 2009, toujours en automne à la grotte du Brudour, et sur ce même site, trois autres individus étaient observés en hibernation la même année. En 2010, deux nouvelles données ont été obtenues par la capture d individus en entrée de cavités au début du mois de septembre, à la grotte du Berger et à la glacière de Font d Urle (cinq mâles adultes au total). Le murin de Daubenton est une espèce très liée aux milieux aquatiques, notamment les plans d eau et les rivières dont le cours présente des secteurs calmes, favorables aux émergences d insectes aquatiques comme les trichoptères ou les éphémères dont il se nourrit. Ses colonies sont installées non loin de l eau, régulièrement dans des ouvrages d arts (ponts) mais aussi dans des arbres. Sa présence sur le site d étude semble plus liée au phénomène de recherche de sites d accouplement en cavité, typique chez les murins de petite taille et les oreillards mais aussi probablement la recherche de sites d hibernation dans les nombreux gouffres des deux plateaux. Ce comportement a déjà été observé sur certaines parties élevées du Vercors où le record d altitude pour la Drôme a été établi à 1758 mètres contre 1500 mètres pour la Glacière de Font d Urle (deuxième données en altitude pour le département). On peut cependant noter la présence de populations à proximité immédiate sur le cours de la Bourne, de la Lyonne ou celui de la Vernaison. Sur le reste du département et de la région Rhône-Alpes, le Murin de Daubenton peut être considéré comme une chauve-souris assez largement répandue et localement abondante, en relation avec la disponibilité en milieux aquatiques favorables. Les principale menaces pesant sur cette espèce est l altération de la structure des cours d eau (arasement des ripisylves, enrochement des berges), qui implique une disparition des gîtes possible, ainsi que l entretien des ouvrages d arts. 92
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Murin de Bechstein Myotis bechsteini Nombre d observations : < 2001 >2000 1 2 Indice de reproduction - LR RA : CR LR F : NT DHFF : II ; IV Yoann PEYRARD En 1977, des spéléologues découvraient des restes osseux appartenant à cette espèce dans un scialet de Font d Urle. L absence de datation précise de ce type de matériel incite à une certaine prudence quant à l interprétation de cette donnée. La datation de vestiges osseux de Chiroptères, parfois remarquablement conservés, donne parfois des surprises avec des estimations allant jusqu à plusieurs milliers d années. Ces analyses relativement coûteuses ne sont évidemment pas entreprises systématiquement. Lors des recherches de 2010, deux contacts acoustiques sont relevés sur le site. Le premier, sur la clairière de Malatra en juillet et le second début septembre au gouffre d Ambel à 1365 mètres d altitude. Ces deux observations sont exceptionnelles en terme d altitude et constituent des records pour le département (les deux seules données au-dessus de 1000 mètres et moins de 10 données au-dessus de 500 mètres). Ce murin est une espèce forestière très discrète dont les colonies sont généralement installées dans des arbres creux. Quelques-unes sont parfois notées dans des bâtiments comme en Drôme ou sur les cinq colonies connues, deux se trouvent dans du bâti. L une d entre elles située dans la vallée de la Gervanne compte un effectif remarquable de plus de 130 femelles adultes (contre habituellement quelques dizaines) soit l une de colonies les plus importantes au niveau national. La présence de ce Murin apparemment rare en altitude s explique probablement par la qualité des zones de forêt que cette espèce apprécie pour chasser, ainsi que les nombreuses cavités qui sont souvent visitées en automne. Néanmoins il demeure un flou sur la rareté supposée ou réelle du Murin de Bechstein sur le secteur d étude du fait des mauvaises conditions qui ont affectées les sessions de prospection en forêts et la grande discrétion dont peut faire preuve cette espèce. En Rhône-Alpes, près de 25 colonies ont été découvertes grâce à trois années de prospections ciblées sur cette espèce et en utilisant la méthode du radiopistage. Le Murin de Bechstein est extrêmement dépendant de la présence d arbres morts pour ses gîtes et de surfaces boisées conséquentes, surtout en feuillus, pour se nourrir. Le premier facteur est le plus critique par rapport au maintien de ses populations, du fait d une gestion forestière trop souvent implacable envers ces éléments jugés improductifs. Le vieillissement des peuplements et la conservation des arbres morts, creux ou dépérissants est une action bénéfique pour cette chauve-souris menacée. Une meilleure connaissance de son statut et des recherches complémentaires sur le site et en périphérie (forêt de Lente) seraient aussi nécessaires. 94
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Noctule de Leisler Nyctalus leisleri Nombre d observations : < 2001 >2000 1 14 Indice de reproduction - LR RA : NT LR F : LC DHFF : IV Robin LETSCHER Six observations de cette espèce sont antérieures à 2010, un individu capturé début août à la grotte du Brudour, quatre autres en septembre sur Ambel (un individu capturé et trois contacts au détecteur d ultrasons). Les deux individus capturés étaient des mâles adultes. La dernière donnée est la plus originale puisqu il s agit de trois individus observés derrière un volet du refuge de Gardiol. Cette observation peut concerner un petit groupe d individus de passage puisque la Noctule de Leisler fait partie des rares espèces européennes migratrices. L année 2010 a vu une abondante récolte d observations sur cette espèce avec quatorze nouvelles mentions sur dix sites. Quatre mâles adultes ont été capturés au cours de trois opérations différentes et des contacts acoustiques ont été obtenus sur neuf points ou parcours d écoute. Cette espèce au vol haut et rapide peut-être, grâce à son sonar puissant, contactée de partout puisque son mode de chasse en plein ciel lui fait survoler tous les types de milieux. Friande de petits lépidoptères nocturnes, il lui arrive de profiter d opportunités locales comme les «pièges à insectes» que sont les éclairages publiques. Ainsi, la station de Font d Urle pourvue de nombreux lampadaires, attire les soirs d été plusieurs noctules de Leisler qui profitent de cette nourriture abondante. Cette chauve-souris de taille moyenne a des tendances arboricoles pour ses gîtes même si des individus sont parfois observés dans des bâtiments ou des ouvrages d arts. La possibilité d une présence dans les fissures de falaise semble aussi très probable. Dans l ensemble de la Drôme et de la région Rhône-Alpes, la Noctule de Leisler est régulièrement répartie avec une abondance plus ou moins homogène. Les colonies connues sont extrêmement rares et localisées et la très grande majorité des individus capturés sont des mâles. La gestion forestière est un élément important à prendre en compte pour la survie de cette espèce. Une autre menace concernant la Noctule de Leisler est la mortalité éolienne pour laquelle elle figure parmi les victimes les plus fréquentes. 96
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Sérotine commune Eptesicus serotinus Nombre d observations : < 2001 >2000 0 1 Indice de reproduction - LR RA : VU LR F : LC DHFF : IV Yoann PEYRARD Cette espèce n était pas connue sur le site avant l inventaire réalisé en 2010. Deux données provenant de la même localité ont été enregistrées cette année à la Porte d Urle avec un mâle capturé au filet et un individu contacté au détecteur d ultrasons. Ces deux observations sont les plus hautes pour le département de la Drôme (1496 mètres). Il est fort probable, dans cette configuration de site, que cette espèce utilise comme gîtes les nombreuses falaises en contrebas des plateaux abondamment pourvues de fissures et d écailles décollées. Ce type de gîte est en effet apprécié par cette grande chauve-souris qui se réfugie aussi régulièrement dans les toitures de bâtiments et plus rarement derrières les volets d habitation. Les habitats de chasse utilisés par la Sérotine commune sont assez diversifiés avec même une présence observée en zone urbaine ou péri urbaine. Malgré son qualificatif de «commune», cette sérotine ne peut pas vraiment être considérée comme abondante. En Drôme et en Rhône-Alpes sa répartition est assez homogène avec une certaine prédilection pour les secteurs de moyenne montagne comme les massifs préalpins. Les destructions directes, les interventions de rénovation ou d entretien des charpentes et des toitures, la mortalité routière et éolienne sont des menaces pour la survie de cette espèce. Pour les sites rupestres comme dans le Vercors, les aménagements des sites d escalades et les purges des parois inhérentes à la sécurisation des sites peuvent entraîner des destructions de gîtes et d individus. 98
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Sérotine de Nilsson Eptesicus nilssoni Nombre d observations : < 2001 >2000 1 0 Indice de reproduction - LR RA : EN LR F : LC DHFF : IV Yoann PEYRARD La seule mention de Sérotine de Nilsson a été réalisée au détecteur d ultrasons sur les plateaux d Ambel et de Font d Urle en 2007 (Saut de la Truite). Cette observation datant de la fin du mois de septembre, il peut s agir d un individu erratique ou en transit. Cette espèce d altitude chasse en générale près des zones humides et des habitations où les éclairages publics peuvent l attirer. Les gîtes sont situés en bâti et probablement en falaise, ou en milieux rocheux (éboulis et chaos de blocs). Quelques observations en période hivernale ou de transit ont été réalisées (en Rhône-Alpes) en cavités souterraines. Avec une seule observation, on peut considérer que cette espèce est rare sur la zone étudiée. Ce statut est relativement semblable sur l ensemble du massif du Vercors avec sept données drômoises dont la plus élevée du département, à 1350 mètres dans le Vallon de Combeau. La commune de Lus-la-Croix-Haute, enclave Drômoise à cheval sur le massif du Dévoluy est le secteur où la Sérotine de Nilsson est la plus abondante. Pour le reste du département trois autres données proviennent du Diois et une dernière a été enregistrée récemment dans le massif des Baronnies. En Rhône-Alpes cette chauve-souris est plus fréquente dans les départements de Savoie, Isère et Haute-Savoie. Quelques données la signalent dans l Ain, la Loire, le Rhône et en Ardèche. Actuellement aucune colonie de reproduction n a été découverte et deux observations de femelles adultes (dont une allaitante) sont les uniques données indiquant la reproduction de cette espèce pour la région. L aménagement et la rénovation du bâti où peut gîter cette espèce, ou les purges de blocs et d écailles rocheuses en falaises peuvent avoir un impact significatif sur cette espèce, de même que la disparition des zones humides d altitude. D importantes lacunes subsistent sur le statut de cette espèce et mériteraient d être comblées. 100
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Sérotine bicolore Vespertilio murinus Nombre d observations : < 2001 >2000 0 2 Indice de reproduction - LR RA : CR LR F : DD DHFF : IV Thomas DEANA La Sérotine bicolore n était pas connue sur la zone avant cet inventaire. Deux mâles adultes ont été capturés au cours de l été sur le plateau de Font d Urle sur deux impluviums différents (Pas Pascaud et Pas de l Infernet). Cette espèce ressemble en silhouette à la Noctule de Leisle, ailes longues et fines, vol battu puissant et rapide. Elle chasse donc loin au-dessus du sol à la recherche des essaims de petits diptères. Elle apprécie particulièrement les zones humides dans les régions où elle se reproduit (centre et est de l Europe). Les observations en France concernent surtout des mâles et il est encore difficile d affirmer si cette chauve-souris se reproduit dans nos contrées. Les mâles de cette espèce migratrice sont peut-être moins difficiles en termes de sites de chasse et peuvent se rencontrer un peu de partout à condition qu ils puissent trouver des conditions favorables. Les gîtes de ces mâles se trouvent probablement en falaises comme le laissent penser les observations dont nous disposons. Les deux individus capturés représentent les sixième et septième données drômoise dont la majorité a été récoltée sur le massif du Vercors (une seule observation sur Lus-la-Croix-Haute), d autres observations sur ce même massif ont été obtenues sur la partie située en Isère. Pour le reste de Rhône-Alpes, l espèce est connue essentiellement en Haute Savoie et en Isère. Quelques observations anecdotiques ont été recueillies dans le Rhône, en Savoie (ou l espèce est certainement plus présente que les rares données connues) et en Ardèche. Curieusement elle n est pas connue dans l Ain, département frontalier de la Suisse où des populations conséquentes sont recensées notamment à proximité des grands lacs. Malgré des effectifs très réduits, une attention particulière doit être accordée à cette espèce rare. Comme toutes les espèces rupicoles, l aménagement des sites rupestres pour les activités de loisirs (escalade, via ferrata) doit être encadré et précédé d expertise environnementale. 102
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Pipistrelle commune Pipistrellus pipistrellus Nombre d observations : < 2001 >2000 2 13 Indice de reproduction - LR RA : LC LR F : LC DHFF : IV Vilda photo Quatre contacts au détecteur d ultrasons avant 2010 constituaient les seules données sur le site avant cette étude. Depuis, treize nouvelles données ont été récoltées, en majorité des contacts acoustiques ainsi que six individus capturés, tous des mâles adultes. Le nombre de localités s élève à douze et concerne tous les milieux. Cette espèce peut s adapter à tous les types d habitats, y compris fortement dégradés comme les centres urbains, à condition qu il y subsiste quelques îlots boisés, parcs, jardins et allées plantées d arbres. En milieu naturel cette petite chauve-souris peut se rencontrer au-delà de 2000 mètres d altitude. Elle est connue de partout dans le Vercors, dans la Drôme et en Rhône Alpes avec des densités variables mais toujours assez importantes. Eclectique dans ses choix d habitats de chasse, elle l est aussi pour ses gîtes et s installe dans les arbres, le bâti, les ouvrages d arts et les falaises. Malgré des populations importantes, la Pipistrelle commune subit de nombreuses menaces, mortalité routière, mortalité éolienne, aménagement du bâti, gestion forestière inadaptée, pollution et destructions directes liées aux problèmes de cohabitation dans les habitations. Ces menaces peuvent affecter la dynamique des populations. En milieu nature comme sur le secteur étudié, une gestion forestière ciblée sur le vieillissement des peuplements et le maintien d arbres morts ou dépérissant peut favoriser cette espèce. 104
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Pipistrelle de Nathusius Pipistrellus nathusii Nombre d observations : < 2001 >2000 0 2 Indice de reproduction - LR RA : DD LR F : NT DHFF : IV Céline Le Barz En 1997, un groupe de cinq individus était observé derrière un volet du refuge de Gardiol. Cette observation, réalisée au mois de septembre, traduit certainement un phénomène migratoire. Cette espèce est en effet une grande voyageuse avec des trajets mis en évidence par le baguage allant jusqu à 2 000 kilomètres entre le bassin Baltique et le sud de la France et de l Espagne. Cette migration concerne moins les mâles qui peuvent estiver plus au sud et peuvent donc se rencontrer sur une aire de répartition plus vaste. En 2010, un contact acoustique de cette espèce a été enregistré sur le plateau d Ambel. Cette donnée n est en rien surprenante puisque des données de Pipistrelle de Nathusius en été sont régulièrement notées, y compris en altitude. Dans le massif du Vercors, elle a ainsi été contactée jusqu à 1520 mètres. Sur ses zones de reproduction, la Pipistrelle de Nathusius recherche la proximité de zones humides. Elle chasse essentiellement en milieu ouvert. En hiver, cette espèce est connue pour hiberner dans des arbres et des tas de bois, parfois des nichoirs. Ses gîtes en période estivale sont plus arboricoles que les autres espèces de pipistrelles mais elle ne dédaigne pas les gîtes offerts par les bâtiments. Dans la Drôme et en Rhône-Alpes, des observations sont notées sur tous les départements, avec une nette affluence le long des grandes vallées (Rhône, Loire, Isère ) et les régions humides comme la Dombes. La découverte récente dans le nord-est de la France de colonies de reproduction et l observation en Rhône-Alpes de femelles post-allaitantes, laisse supposer une reproduction possible dans la région, conséquence d une probable expansion de son aire de répartition. La disparition des zones humides, l abattage systématique des vieux arbres à cavité, la mortalité éolienne pendant la migration sont des causes réelles de régression de cette pipistrelle. 106
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Pipistrelle de Kuhl Pipistrellus kuhli Nombre d observations : < 2001 >2000 0 2 Indice de reproduction - LR RA : LC LR F : LC DHFF : IV Yoann PEYRARD Une donnée acoustique de 2007 au col de la Bataille représente la seule connaissance de cette espèce antérieure à cet inventaire. Pour l année 2010, deux nouveaux contacts on été répertoriés sur Font d Urle et Ambel, le premier en juillet et le second en septembre. Ces observations isolées et peu nombreuses indiquent une présence occasionnelle de cette espèce sur le site. Cette présence correspond certainement à des incursions d individus cantonnés sur des secteurs plus bas en altitude et venant chasser ponctuellement sur ces plateaux en période estivale. La Pipistrelle de Kuhl, est une espèce plus thermophile que la commune ou la Nathusius, avec des observations devenant rares au-dessus de 1000 mètres. L observation à Font d Urle est la plus élevée pour le département de la Drôme (maximum de 1691 mètres pour Rhône-Alpes en Savoie). Cette Pipistrelle apprécie les zones ouvertes et les lisières, dans le sud du département elle est souvent plus fréquente que la Pipistrelle commune. Ses gîtes sont souvent notés en milieu bâti, les ouvrages d arts et dans les arbres. Comme les autres espèces de Pipistrelles, ses populations semblent en bonne santé avec malgré tout des cas de mortalité régulièrement constatés sur des parcs éoliens, sur les routes ou dans les habitations (destructions directes). L abattage des arbres creux peut aussi lui porter préjudice. 108
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Vespère de Savi Hypsugo savii Nombre d observations : < 2001 >2000 2 8 Indice de reproduction - LR RA : NT LR F : LC DHFF : IV Yoann PEYRARD Le Vespère de Savi a été par le passé noté à deux reprises, à chaque fois au mois de septembre. En 1996, un groupe de 25 individus se tenait derrière un volet du refuge de Gardiol et en 2007 des contacts acoustiques étaient enregistrés au col de la Bataille. En 2010, huit observations ont été réalisées sur six sites, dont 5 mâles capturés sur deux impluviums. Les autres observations ont été obtenues au détecteur d ultrasons. Le nombre de données relevé apparaît comme faible, en effet cette espèce a souvent été observée en nombre dans les Baronnies, le Diois ou le Vercors lors de prospections menées ces dernières années. Les conditions météorologiques particulièrement rigoureuses de cet hiver et au printemps ont peut-être occasionné une chute des effectifs importante qui expliquerait ces résultats médiocres. Cette petite chauve-souris proche des pipistrelles est un hôte typique des zones de montagnes pourvues en falaises bien exposées. Le milieu rocheux est particulièrement recherché pour l installation des gîtes. En chasse, le Vespère fréquente surtout des zones ouvertes, la proximité des habitations, les lisières ou les zones humides. La totalité des contacts sur le site a été notée en dehors des secteurs forestiers. Cette espèce est très peu observée en hiver et se cantonne probablement en falaise dans des fissures profondes. Dans le Vercors cette espèce est bien connue avec des contacts allant jusqu à 1800 mètres d altitude (record de 2100 mètres en Savoie). Pour l ensemble du département de la Drôme, la répartition du Vespère de Savi se concentre sur les secteurs rocheux avec des débordements en plaine où les bâtiments peuvent probablement se substituer aux falaises. En Rhône-Alpes, cette espèce est commune sur les départements chauds et montagneux : Drôme, Ardèche, Isère, Savoie, elle devient plus rare dans le Rhône, l Ain, la Loire et la Haute Savoie. Du fait de son caractère rupestre très prononcé, le Vespère de Savi est sensible à l aménagement des falaises. Toute intervention sur ce milieu doit prendre en compte sa présence potentielle. 110
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Oreillard roux Plecotus auritus Nombre d observations : < 2001 >2000 6 17 Indice de reproduction - LR RA : LC LR F : LC DHFF : IV Yoann PEYRARD Cet oreillard a été observé quatre fois avant cet inventaire. Trois observations ont eu lieu en 2008 et 2009 à la grotte de Brudour (deux observations en hiver et un mâle capturé à l automne) et un mâle a été capturé à la mare du col de Carri en juillet 2001. Dix nouvelles données ont été réalisées en 2010 sur neuf sites différents dont quatre cavités en septembre. Les captures représentent neuf de ces dix observations avec un total de trente neuf individus capturés. La fréquentation en fin d été par cette espèce des sites souterrains est manifeste puisqu au total vingt-trois individus (deux femelles et vingt et un mâles) ont été capturés sur les quatre sites inventoriés. En juillet, les individus capturés dans les filets l ont été sur des mares, en allée forestière (zone de chasse) et fait plus étonnant, en franchissement de crête. Cette dernière capture a été réalisée à la Porte d Urle où des filets ont été placés en travers de cette brèche naturelle et le long de la crête. Huit Oreillards roux ont été capturés dans les filets, essentiellement ceux placés en crête. Il s agissait de trois femelles (dont une gestante) et de cinq mâles. La grande majorité a été prise dans le sens de la montée, indiquant un cantonnement au gîte en dehors du plateau et une ascension sur celui-ci pour chasser. Cette «transhumance» nocturne s effectue donc à terrain découvert alors que cette espèce était jusqu à présent considérée comme très forestière et ne chassant que rarement en zone ouverte. Le transit de ces oreillards à la Porte d Urle met aussi en évidence un phénomène qui n est pas uniquement propre à cette espèce : l intérêt de ces plateaux pour les Chiroptères est essentiellement centré sur l activité de chasse, alors que pour les gîtes, les secteurs situés en contrebas offrent des conditions (certainement thermiques) beaucoup plus favorables. Les gîte de cette espèces sont surtout connus en milieu bâti et dans les arbres (voire en nichoirs), la présence de colonies où d individus isolés en falaise n est cependant pas à exclure. Au vu du nombre d observations réalisées, on peut affirmer que l Oreillard roux est une espèce fortement représentée sur le site. Ce statut se vérifie sur l ensemble du massif du Vercors avec de très nombreuses observations, y compris sur la Réserve Naturelle des Hauts Plateaux, jusqu à l altitude de 1780 mètres. Sur l ensemble du département, la répartition de cette espèce concerne tous les secteurs de collines et de montagne avec une rareté manifeste dans les secteurs de plaine agricole et une absence du Tricastin. En Rhône-Alpes, cet oreillard est aussi largement répandu excepté sur le sud de l Ardèche, ses populations les plus florissantes se trouvent essentiellement en moyenne montagne et sur les secteurs continentaux. Les colonies ou les individus installés en bâtis sont souvent bien visibles peuvent subir des persécutions, la mortalité routière peut aussi avoir un impact significatif sur les populations. La gestion forestière en faveur du vieillissement des peuplements et le maintien de vieux arbres à cavités est une mesure favorable à cette espèce. 112
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Oreillard montagnard Plecotus macrobullaris Nombre d observations : < 2001 >2000 0 1 Indice de reproduction - LR RA : VU LR F : DD DHFF : IV Yoann PEYRARD Une seule observation, un contact acoustique sur le plateau d Ambel, a été obtenue pour cette espèce lors de ce travail d inventaire. Le site en question se trouve en pleine pelouse d altitude où les trois espèces d oreillards peuvent être rencontrées mais où le montagnard est généralement le plus fréquent. La séquence acoustique enregistrée est caractéristique. Cette chauve-souris semble se complaire entre les landes et pré bois qui marquent la fin de la forêt et surtout les pelouses et prairies d altitude. Ses habitats de chasse sont donc constitués essentiellement de milieux ouverts. Les colonies découvertes en Rhône-Alpes se trouvent toutes dans des bâtiments mais la possibilité de gîtes en falaise est fortement suspectée. Le Vercors a fourni ces dernières années plusieurs observations de cette espèce et ce jusqu à 1800 mètres d altitude. Outre le Vercors, cette Chauve-souris est observée en Drôme dans les Baronnies et le Diois, ce dernier massif, certainement mieux prospecté, fournit l essentiel des données du département. En Rhône-Alpes, l Oreillard montagnard est principalement connu sur la Drôme, l Isère et la Savoie. L espèce est mentionnée dans l Ain et en Haute Savoie avec une seule donnée par département. Les disparités entre les différents massifs de Rhône-Alpes sont peut-être dues à des défauts de prospections qu il conviendrait de corriger. Cette espèce découverte récemment est encore peu connue à l échelle nationale, sa répartition semble couvrir l ensemble des Alpes et quelques données ont été collectées dans les Pyrénées et en Corse. Il paraît essentiel de mieux connaître cette espèce et en priorité la localisation de ses colonies de reproduction. Celles-ci doivent faire l objet de mesures de protection, notamment celles situées dans les bâtiments. 114
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Oreillard gris Plecotus austriacus Nombre d observations : < 2001 >2000 0 3 Indice de reproduction - LR RA : NT LR F : LC DHFF : IV Jean-Louis ROLANDEZ L Oreillard gris n a été découvert que cette année sur le secteur étudié avec trois observations sur deux sites différents. Un contact acoustique est d abord enregistré en juillet sous le Pas du Gouillat puis un autre à la même période, est lui obtenu à la Porte d Urle. Sur ce même site, un mâle adulte est capturé. Cette dernière localité est la plus haute en altitude connue pour la Drôme (1496 mètres) et la troisième plus élevée en Rhône-Alpes (la plus haute étant la grotte du Biolet en Chartreuse à 1741 mètre). Toujours au niveau de la région, sur plus de 440 observations, seules 33 se situent audessus de 1000 mètres. Cette présence que l on peut considérer comme occasionnelle, voire rare sur les sites d Ambel et de Font d Urle, est certainement dû à des mouvements ponctuels d individus à des périodes particulièrement propices pour l activité de chasse. Cette espèce est la plus thermophile des trois oreillards rencontrés en France dont les terrains de chasse sont situés de préférence en milieu forestier ou en lisière. Les colonies connues sont surtout en bâti mais peuvent aussi être installées dans des cavités arboricoles ou en falaises. Les menaces qui pèsent sur cette espèce sont les problèmes liés à sa présence dans les bâtiments (restauration, aménagement ou entretien des combles et toitures, cohabitation), la mortalité routière, la disparition des arbres creux et les éventuelles dégradations de ses milieux de chasse. 116
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Barbastelle d Europe Barbastella barbastellus Nombre d observations : < 2001 >2000 5 3 Indice de reproduction - LR RA : EN LR F : LC DHFF : II ; IV Yoann PEYRARD Cinq données de Barbastelle concernaient la zone d étude avant 2010. Parmi celles-ci, quatre provenaient de la grotte du Brudour, trois en hiver ou 1 à 2 individus étaient observés en 2003, 2008 et 2009 et une capture de deux mâles adulte à l automne 2009. A l automne 2003 des contacts acoustiques étaient relevés près de la ferme d Ambel. Trois nouvelles observations ont été répertoriées en 2010, toutes au détecteur d ultrasons et exclusivement sur le plateau d Ambel (ferme d Ambel, Pas du Gouillat et combe de Tubanet au niveau du Pas d Ambel). La Barbastelle est une Chauve-souris forestière dont les colonies de reproduction sont en grande majorité situées dans des bâtiments (en Rhône-Alpes) derrière des volets, des bardages ou en charpente. Les mâles ou les individus isolés se réfugient volontiers dans les arbres, notamment derrière des décollements d écorce, en falaise ou dans les porches de cavités. Les sites d hibernation en milieu souterrain peuvent rassembler des dizaines voire des centaines d individus qui ne s y installent qu aux moments les plus froids de l hiver. Dans le Vercors la grotte du Brudour est le seul site d hibernation connu contre seulement trois sur tout le département. En Drôme, la Barbastelle est une espèce relativement rare avec 70 observations recensées. Les observations à la ferme d Ambel sont d ailleurs les plus élevées du département. Des observations ont été réalisées sur le haut du bassin de la Gervanne avec des indices de reproduction qui laissent supposer la présence d une population dans ce secteur. Le plateau d Ambel et la forêt de Lente pourraient constituer une partie du domaine vital de cette population dont la localisation est encore à préciser. Pour le reste de Rhône-Alpes, la répartition est variable avec des densités très variables, les plus élevées se situant sur les secteurs frais et humides et disposant d une bonne couverture forestière ou bocagère. Cette espèce est sensible au dérangement sur ses sites de reproduction, la présence d arbres morts ou dépérissants en nombre est aussi essentielle car très fréquentés tout au long de l année dont une bonne partie de l hiver. Enfin, l aménagement des falaises est une menace supplémentaire pour cette espèce rare. 118
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Minioptère de Schreibers Miniopterus schreibersii Nombre d observations : < 2001 >2000 0 9 Indice de reproduction - LR RA : EN LR F : VU DHFF : II ; IV Yoann PEYRARD Le Minioptère de Schreibers n était pas connu sur la zone d étude avant cet inventaire. Au cours des prospections menées en 2010, neuf observations de cette espèce ont été collectées sur six points différents. Sept observations sont issues de contacts acoustiques et deux de captures au filet. Il s agit de deux mâles adultes capturés sur des mares au mois de juillet. Au total deux sites sont situés sur Font d Urle contre quatre sur Ambel. Cette espèce cavernicole et très grégaire peut effectuer des déplacements très importants entre ses gîtes et ses terrains de chasse. Le Minioptère se nourrit essentiellement de petits lépidoptères nocturnes qu il pourchasse d un vol rapide et élevé. Ainsi, comme beaucoup d espèce chassant en plein ciel, les habitats de chasse peuvent être très variés pourvu qu il y ait de nombreuses proies. La Drôme compte deux colonies de reproduction rassemblant plus de 8 000 femelles adultes, deux autres sites hébergent des effectifs de plusieurs centaines d individus dont l un d eux est situé à huit kilomètres du plateau d Ambel. La fréquentation des domaines départementaux par le Minioptère est donc tout à fait logique sachant que cette espèce peut parcourir jusqu à 40 kilomètres pour aller se nourrir. Les contacts obtenus sur le Plateau de Font d Urle (Porte d Urle à 1496 mètres) sont les plus élevés de la Région Rhône-Alpes. Le Minioptère est présent au niveau régional principalement sur les départements riche en cavités. Ainsi, la Drôme, l Isère, l Ardèche et l Ain sont bien fréquentés par cette espèce qui reste anecdotique sur les autres départements. Le Minioptère du fait de son grégarisme marqué et de ses exigences vis-à-vis des cavités, de préférence chaudes, est une espèce particulièrement fragile. Elle est très sensible au dérangement sur ses sites de reproduction ou d hibernation qui doivent faire l objet de mesures de protection efficaces. D autres menaces existent comme la mortalité sur les sites éoliens et les ruptures des corridors biologiques qui entraînent un morcellement de l espace vital de ce Chiroptère menacé. 120
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Molosse de Cestoni Tadarida teniotis Nombre d observations : < 2001 >2000 1 7 Indice de reproduction - LR RA : LC LR F : LC DHFF : IV Cyril SCHONBACHLER Le Molosse de Cestoni est une des plus grandes espèces de chauve-souris européenne. En 2003, un contact acoustique était noté sur le Plateau d Ambel et représentait la seule donnée sur le site. En 2010, sept observations, uniquement des contacts au détecteur d ultrasons, étaient enregistrées sur les plateaux d Ambel et de Font d Urle. Cette présence marquée n est guère étonnante comptetenu de l attirance de cette espèce pour les falaises bien exposées où elle occupe les fissures. Les rebords des plateaux du Vercors offrent de nombreux gîtes à cette espèce très rupestre. Les zones de chasse du Molosse de Cestoni sont très diverses puisqu il capture un large éventail de proies mais toujours en plein ciel. Des individus en chasse sont régulièrement observés sur les crêtes et le long des parois rocheuses qui peuvent concentrer les insectes grâce à l effet de restitution thermique et de barrière au vent. L altitude ne semble pas poser de problème à cette espèce puisqu elle peut être rencontrée largement au-dessus de 2000 mètres (maximum de 1760 mètres en Drôme, sur le Vercors et 2400 mètres pour Rhône-Alpes, dans le massif du Mont Blanc). Au-delà de cette répartition alpine, le Molosse est présent dans tous les départements où l on trouve des falaises, avec des densités remarquables dans le sud de la Drôme et surtout l Ardèche. L espèce est rare voire quasi absente de la Loire et du Rhône. Son caractère presque exclusivement rupestre rend cette espèce sensible à l aménagement des parois rocheuses, cependant des gîtes de substitution sont connus dans certains grands édifices. 122
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5.1.5 Espèces probables ou potentiellement présentes 5.1.5.1 Grand rhinolophe Rinolophus ferrumequinum Le Grand rhinolophe n a jamais été contacté sur le site d étude mais sa présence peut être considérée comme potentielle du fait d un certain nombre d éléments. Tout d abord cette espèce est très cavernicole, notamment en hiver et en période de transit. Les cavités du vaste réseau souterrain situées sous les plateaux d Ambel et de Font d Urle, dont la plupart n ont pas ou peu été prospectés, constituent un facteur favorable à la présence de ce rhinolophidé. De plus des populations de Grand rhinolophe sont connues à faible distance de la zone d étude, en particulier les Monts du Matin et surtout la vallée de la Gervanne avec des effectifs importants. Une population remarquable aujourd hui disparue était connue dans le Royans avec une colonie dont le site a été abandonné. Celle-ci s est peut-être seulement déplacée et pourrait exploiter encore les milieux très favorables de ce secteur. Enfin, la grotte des Piaroux, site d hivernage majeur (70 à 80 individus en hiver soit le plus important site de la Drôme) est distant de seulement huit kilomètres du plateau d Ambel. Les ressources trophiques des sites comme les plateaux d Ambel et de Font d Urle, semblent-t-il importantes, peuvent attirer des individus de cette espèce qui localement peut aller chasser à plus de 1500 mètres d altitude. 5.1.5.2 Murin de Brandt Myotis Brandti La méthode de la détection acoustique ne permet pas une détermination certaine à 100% des séquences enregistrées, ceci est particulièrement vrai pour le groupe «myotis». Lors de cet inventaire, des séquences ont été collectées, avec une analyse aboutissant à un couple d espèce ou un «binôme acoustique», tel que Murin de Brandt / Murin à moustaches. Au-delà de ces contacts, une observation hivernale à la grotte de Brudour en janvier 2009 de trois murins de petite taille pourrait très probablement concerner cette espèce. Cette observation n a pas pu être confirmée étant donnée la difficulté de différencier les trois espèces de «petits murins à museau sombre» en hiver (impossibilité de vérifier les critères dentaires et morphométriques). Deux éléments supplémentaires peuvent renforcer l hypothèse d une présence du Murin de Brandt sur la zone d étude : Cette espèce a été observée sur plusieurs localités du Vercors dont la Réserve Naturelle des Hauts Plateaux et ce sur des milieux très similaires à Ambel. Enfin la présence de ce Murin est attestée sur la forêt de Lente avec l observation d une femelle adulte vers le col de la Portette soit à quelques trois kilomètres de la zone d étude. Cette espèce mal connue et particulièrement menacée en Rhône-Alpes mériterait des recherches plus approfondies sur toute son aire de répartition potentielle. 124
5.1.5.3 Murin d Alcathoé Myotis alcathoe Le Murin d Alcathoé fait partie des espèces découvertes récemment en Europe occidentale (confirmation en France datant de 2002). De ce fait, son statut et sa répartition sont encore assez mal connus. En Drôme, cette espèce fait actuellement l objet de moins de dix observations. Parmi celles-ci, une a été récoltée dans le Royans et une dernière dans les gorges d Omblèze à moins de six kilomètres du plateau d Ambel. En outre, un contact acoustique de Murin d Alcathoé provenant lui du Vercors isérois a été recueilli à 1360 mètres ce qui montre une certaine propension chez cette espèce à fréquenter les zones d altitudes. 5.1.5.4 Noctule commune Nycatlus noctula La Noctule commune est une espèce peu fréquente dans la Drôme et plus largement en Rhône-Alpes. Quelque observations ont eu lieu dans le Vercors, jusqu à 1730 mètres d altitude (Jardin du Roi), dans le Royans et sur les Monts du Matin. Le caractère migrateur de cette espèce et le vaste périmètre d action de cette chauve-souris volant volontiers en altitude laissent supposer des incursions possibles sur les plateaux d Ambel et Font d Urle. 5.1.5.5 Pipistrelle pygmée Pipistrellus pygmaeus La Pipistrelle pygmée est aussi une espèce dont la description est récente (2001), sa répartition et son écologie souffre encore de nombreuses lacunes. Les données sur le département montrent une répartition assez large d autant que cette espèce est migratrice et peut donc se rencontrer un peu partout en période de transit. Des données en Rhône-Alpes ont été recueillies à plus de 1800 mètres d altitude dans le massif de la Chartreuse. Dans le Vercors, des observations ont eu lieu au printemps en Isère à plus de 1000 mètres et en août sur la vallée de la Vernaison. Ces éléments montrent que des individus peuvent tout à fait survoler occasionnellement la zone d étude. Figure 21 : Pipistrelle pygmée Y. PEYRARD 125
5.1.6 Commentaires 5.1.6.1 Richesse du peuplement de mammifères Sans aucun conteste, les domaines départementaux d Ambel et de Font d Urle font partie des secteurs de Rhône-Alpes et peut être de France parmi les plus riches en mammifères. Tous les Ongulés autochtones de la région Rhône-Alpes sont présents sur le site, ce qui constitue un fait remarquable. Le groupe des Carnivores est aussi très bien représenté, avec notamment la présence d espèces prestigieuses de grands prédateurs tel le Loup ou le Lynx. Des incertitudes, notamment sur les Mustélidés mériteraient cependant d être levées. Le peuplement de Chiroptères relevé sur ce secteur, met en évidence un fort intérêt de cette zone pour ce groupe. Bien qu aucun gîte de reproduction n ait été découvert sur la zone d étude ou à proximité immédiate, il apparaît que le site à un fort pouvoir attractif sur les Chiroptères en activité de chasse. Avec vingt deux espèces contactées, cet inventaire place les ENS d Ambel et de Font d Urle à l égal d autres territoires protégés et plus vastes (Tableau 6 : Comparaison du nombre d espèces de Chiroptères de différents espaces préalpins). Massif / Réserve / ENS ENS Ambel / Font d Urle (Sud Vercors 26) ENS des Ecouges (Nord Vercors 38) ENS du Col du Coq (Chartreuse 38) RNN des Hauts de Chartreuse (38-73) RNN des Hauts plateaux du Vercors (26-38) RNN de la Haute chaine du Jura (01) Surface (ha) 2000 930 160 4450 16600 10900 Nombre d espèces Source - 22 14 16 24 23 18 Letscher et al, 2008 Fonters, 2008 Letscher et al, 2009 Vincent & Deana, 2010 Tableau 6 : Comparaison du nombre d espèces de Chiroptères de différents espaces préalpins Letscher, 2005 Les petits mammifères (micromammifères) constituent le groupe pour lequel les résultats sont les plus modestes et décevants. En effet, seulement onze espèces ont été notées sur Ambel et Font d Urle alors que 16 étaient inventoriées sur la Réserve naturelle des Hauts plateaux du Vercors (LOOSE & BLACHE, 2010). 126
Figure 22 : Carte de l indice de richesse relatif La Figure 22 : Carte de l indice de richesse relatif présente la richesse en nombre d espèces totale sur les deux domaines départementaux. Cette carte est présentée à titre indicatif, en effet les méthodes de récolte des données exploitées pour ce traitement cartographique sont trop diverses et ne représentent pas un effort de prospection homogène. La présence de sites d inventaire des chiroptères biaise notamment l interprétation des résultats. On remarque assez aisément que les secteurs les plus riches sont aussi les plus accessibles et donc les plus fréquentés par les naturalistes (Porte d Urle, Pas de l Infernet, Combe d Ambel ). 127
5.1.6.2 Comparaison des peuplements des deux sites Les nombres d espèces totales inventoriées varient sensiblement d un site à l autre. En effet, on observe 39 espèces sur le plateau d Ambel contre seulement 30 à Font d Urle. Cet état de fait pourrait s expliquer de deux manières : Le plateau d Ambel, plus vaste et plus sauvage que le plateau de Font d Urle est aussi plus diversifié en termes de milieux représentés. Les importantes populations de Cerf notamment constituent un attrait sur ce secteur. De ce fait, les naturalistes sont plus spontanément enclins à aller rechercher la faune sur ce secteur. Le plateau de Font d Urle est en définitive assez homogène en termes d habitats en place, le cortège des forestières est notamment moins bien représenté qu à Ambel, voire absent. 45 40 35 Groupes taxonomiques par site (nombre d'espèces) 30 25 20 15 10 Rongeurs Ongulés Insectivores Chiroptères Carnivores 5 0 Ambel Font d'urle Figure 23 : Comparaison des peuplements de mammifères d Ambel et de Font d Urle 5.1.6.3 Fonctionnalité du site La fonctionnalité écologique des plateaux d Ambel et de Font d Urle est un sujet nécessaire à prendre en compte dans les orientations de gestion de ces sites et de la conservation des espèces présentes, notamment vis-à-vis de leur cycle annuel. 128
Ainsi, on relèvera de manière différentielle que cet ensemble écologique offre aux espèces selon les cas : Les biotopes pour la complétion de l ensemble de leur cycle annuel (hivernage, reproduction, zones de nourrissage, zones refuges/abris ). C est notamment le cas pour la plupart des espèces de Rongeurs, les Insectivores et les Mustélidés, Les biotopes nécessaires pour assurer la réalisation d une partie seulement du cycle annuel. C est notamment le cas pour la plupart des Ongulés (Cerf, Chevreuil, Sanglier) lesquels quittent la zone lorsque l enneigement est trop important. En effet, ils exploitent la zone pour se reproduire (rut, mises bas), pour le nourrissage et le gîte hors de la période hivernale. Des biotopes périphériques aux secteurs utilisés préférentiellement, notamment à certaines parties de l année. C est le cas par exemple pour les Ongulés rupestres (Chamois, Bouquetin, Mouflon) qui sont essentiellement cantonnés à la périphérie des ENS dans les secteurs rocheux. Les domaines départementaux peuvent alors avoir un rôle très saisonnier, voire ponctuel ou bien servir de zone refuge. Des biotopes exploités de manière très saisonnière au cours du cycle biologique et de manière différenciée selon les sexes. C est notamment le cas pour les Chiroptères que l on rencontre en milieux souterrain pendant la période hivernale. En période estivale, les Chiroptères exploitent peu le secteur pour gîter, à l exception semble-t-il des mâles de certaines espèces (ségrégation altitudinale des sexes). Ou encore, les Chiroptères peuvent exploiter le site comme terrain de chasse seulement, à des périodes très restreintes et limitées par l abondance de la ressource en nourriture (émergence d insectes). La définition de mesures de gestion nécessite donc d intégrer ces dimensions afin d ajuster les priorités à l échelle très locale des ENS ou de manière complémentaire et concomitante pour les espèces dont les cycles ne relèvent pas exclusivement de ces territoires. 129
5.1.6.4 Réglementation sur le site Il est évident que le fait que les ENS d Ambel et de Font d Urle soient des réserves de chasse contribue de manière significative à : la diversité observée sur les sites aux effectifs des différentes espèces présentes la fonctionnalité écologique de cet espace pour certaine espèces. Il est ainsi primordial, pour l avenir des mammifères, que ce statut de réserve de chasse soit pérennisé. Cependant, cet effet réserve peut avoir ses travers, notamment pour les espèces gibier qui exploitent le site pendant une partie de l année seulement (voir 4.2.4.3). Il conviendra ainsi de mettre en cohérence ces réserves de chasse départementales avec les réserves des ACCA voisines. Par ailleurs, les attributions dans le cadre des plans de chasse des différentes ACCA mériteront aussi d être définies de manière cohérente avec les objectifs de conservation des mammifères des ENS. Les ENS d Ambel et de Font d Urle sont partiellement concernés par le périmètre Natura 2000 D10 «Pelouses et habitats rocheux du rebord méridional du Vercors» FR 8201682, notamment sur leurs marges sud. La réflexion engagée dans le cadre de l écriture du Document d Objectifs de ce site prévoit une éventuelle extension du site. La désignation au titre de la Directive Habitats des ENS peut constituer une opportunité intéressante, notamment en termes d outil financier pour des opérations de gestion des habitats. 5.1.6.5 Relations interspécifiques L évaluation des relations interspécifiques des espèces sauvages sur le site constitue un sujet d étude à part entière. Les moyens mis en œuvre pour réaliser cet inventaire ne nous permettent pas de juger ni de commenter pertinemment cet aspect. Il est évident qu il existe des «équilibres» entre les espèces : abondance espèces proies/prédateurs, compétition alimentaire etc Toutefois nous préférons ne pas nous aventurer sur un terrain hasardeux faute d argumentaire fondé. 5.1.6.6 Usages des sites et cohabitation avec les mammifères sauvages Les usages sur les ENS d Ambel et de Font d Urle sont nombreux et de fait peuvent avoir des incidences en terme de cohabitation avec les mammifères sauvages du site. Ce travail n ayant pour objectifs ni l inventaire exhaustif des différentes pratiques ni leur quantification nous n entrerons pas dans le détail des cohabitations, mais traiterons plus des aspects généraux par grand type de milieu impacté. 130
Type d usage Milieu Sylviculture Forêt feuillue, forêt résineuse Pastoralisme Pelouses et prairies, forêt feuillue Espèces concernées Chiroptères, Ongulés, Myoxidés, martre Ongulés, Chiroptères, micromammifères Impacts Diminution du nombre de gîtes, amoindrissement de la ressource alimentaire, dérangement Compétition alimentaire, zoonoses, diminution de la ressource alimentaire Exercices militaires Tous les milieux Toutes les espèces Dérangement Sports de neige Tous les milieux Ongulés, lièvre variable, Carnivores Vol libre Randonnée pédestre, équestre, vélo Milieux rupestres, pelouses et prairies Tous les milieux Ongulés rupestres Ongulés, Carnivores, Lagomorphes Dérangement Dérangement Dérangement Spéléologie Milieu souterrain Chiroptères Dérangement Cueillettes diverses Tous les milieux Ongulés, Carnivores, Lagomorphes Dérangement, diminution de la ressource alimentaire Photo naturaliste Tous les milieux Toutes les espèces Dérangement Observations naturalistes Tableau 7 : Usages sur le sites et impact sur les espèces Tous les milieux Toutes les espèces Dérangement 131
5.1.7 Evaluation du potentiel en termes d accueil des mammifères Nous le disions plus avant (Cf 4.2.4.1), les ENS d Ambel et de Font d Urle présentent un cortège de mammifères exceptionnel. Cet état de fait ne représente cependant pas un optimum bien qu il soit remarquable. Certaines espèces faisant partie de la faune «originelle» du Vercors, sont aujourd hui absentes des ENS. Il s agit notamment, pour les grands mammifères, de l Ours brun et du Bouquetin des Alpes. La recolonisation des ENS à partir des populations réintroduites pour ce dernier est tout à fait probable à moyen terme. Cependant, le retour de l Ours brun serait exclusivement conditionné par le lâcher d individus ; projet que la LPO Drôme soutiendrait si il en était question. Le retour et l installation permanente du Lynx sur le secteur constituerait aussi un élément fort pour le site. Pour ce qui concerne les populations d ongulés notamment, et bien que les effectifs actuels soient satisfaisants, on peut supposer que la capacité d accueil du site est loin d être atteinte. En effet, le cycle annuel de la plupart de ces espèces (Cerf, Cherveuil, Chamois ) les conduit à quitter les ENS où la chasse est interdite (Cf 4.2.4.3). On peut donc imaginer que les populations sont en deçà de leur optimum suite aux prélèvements cynégétiques réalisés à la périphérie des ENS. La mise en place de zones de réserves de chasse qui couvriraient l ensemble des domaines vitaux de ces espèces contribuerait probablement à renforcer les effectifs présents sur les ENS. Pour le groupe des Chiroptères, qui est très bien représenté, la situation actuelle est peut être considérée comme satisfaisante pour la ressource en nourriture, cependant on peut supposer que la gestion forestière constitue un facteur limitant pour l accueil de colonies arboricoles. Il est difficile de se prononcer de manière formelle pour bon nombre d espèces. Les propositions d actions proposées (Cf 6) devraient néanmoins être favorables à l ensemble des espèces et ainsi concourir à la recherche de conditions optimales pour l accueil de la faune sauvage. 6 Enjeux et hiérarchisation Les espèces inventoriées lors de cette étude représentent chacune un enjeu propre de conservation et de gestion à une échelle géographique donnée. Une hiérarchisation des enjeux sur le territoire des deux ENS doit notamment tenir compte du statut patrimonial (Directive «Habitat, Faune, Flore») et de conservation (Liste Rouge Nationale et Liste Rouge Régionale) de chaque espèce. Le statut reproducteur sur le territoire des ENS ou à proximité (avec utilisation de celui-ci comme terrain de chasse) doit aussi être pris en compte. L importance des effectifs utilisant la zone ou la fonctionnalité du territoire par rapport à une population sont 132
aussi des facteurs qui permettent d évaluer la responsabilité du Département pour la conservation des espèces. Le tableau ci-après (Tableau 8 : Hiérarchisation des enjeux par espèce) présente les résultats de cet essai de hiérarchisation en distinguant 4 niveaux différents : enjeu de conservation global : Prise en compte des statuts patrimoniaux et de conservation, enjeu national : Statut de menace de l espèce au niveau national, enjeu régional : Statut de menace de l espèce au niveau régional, enjeu local : responsabilité des ENS pour la conservation de l espèce à l échelle du massif du Vercors. Les priorités du Département pour la conservation des mammifères sur les ENS ont ainsi été déclinées en 3 rangs décroissants de 3 à 1 présentés dans le tableau 7. Ces rangs de priorité correspondent à la somme des 4 notes des niveaux précédemment décrits (1 = note < à 3 ; 2 = note comprise entre 3 et 7 ; 3 = note >7). A nos yeux, les efforts les priorités de conservation par espèce devront être envisagés par ordre décroissant des rangs. 133
Nom Français Nom latin Enjeu de conservation global Enjeu national Enjeu régional Enjeu local Note totale Sérotine bicolore Vespertilio murinus 2 1 4 2 9 3 Grand murin Myotis myotis 3 0 2 4 9 3 Petit murin Myotis blythi 3 0 2 4 9 3 Loup romain Canis lupus subsp. Italicus 3 2 0 4 9 3 Murin de Bechstein Myotis bechsteini 3 0 4 1 8 3 Minioptère de Schreibers Miniopterus schreibersii 3 2 3 0 8 3 Petit rhinolophe Rhinolophus hipposideros 3 0 3 1 7 2 Oreillard montagnard Plecotus macrobullaris 2 1 2 2 7 2 Barbastelle d Europe Barbastella barbastellus 3 0 3 1 7 2 Lynx boréal Lynx lynx 3 2 2 0 7 2 Sérotine de Nilsson Eptesicus nilssoni 2 0 3 1 6 2 Lièvre variable Lepus timidus 1 0 2 3 6 2 Murin à oreilles échancrées Myotis emarginatus 3 0 1 1 5 2 Mouflon méditerranéen Ovis gmelini 0 2 0 3 5 2 Putois Mustela putorius 1 0 4 0 5 2 Chamois des Alpes Rupicapra rupicapra 1 0 0 4 5 2 Bouquetin des Alpes Capra Ibex 1 0 0 4 5 2 Noctule de Leisler Nyctalus leisleri 2 0 0 2 4 2 Sérotine commune Eptesicus serotinus 2 0 2 0 4 2 Pipistrelle de Nathusius Pipistrellus nathusii 2 0 1 1 4 2 Murin de Natterer Myotis nattereri 2 0 0 2 4 2 Cerf élaphe Cervus elaphus 0 0 0 4 4 2 Marmotte des Alpes Marmota marmota 0 0 0 4 4 2 Muscardin Muscardinus avellanarius 2 0 0 2 4 2 Murin à moustaches Myotis mystacinus 2 0 0 1 3 2 Vespère de Savi Hypsugo savii 2 0 0 1 3 2 Oreillard roux Plecotus auritus 2 0 0 1 3 2 Molosse de Cestoni Tadarida teniotis 2 0 0 1 3 2 Priorité conservation ENS
Nom Français Nom latin Enjeu de conservation global Enjeu national Enjeu régional Enjeu local Murin de Daubenton Myotis daubentoni 2 0 0 0 2 1 Pipistrelle commune Pipistrellus pipistrellus 2 0 0 0 2 1 Pipistrelle de Kuhl Pipistrellus kuhli 2 0 0 0 2 1 Oreillard gris Plecotus austriacus 2 0 0 0 2 1 Hermine Mustela erminea 0 0 0 2 2 1 Martre des pins Martes martes 1 0 0 1 2 1 Campagnol de Fatio Microtus multiplex 0 0 1 1 2 1 Sanglier Sus scrofa 0 0 0 1 1 1 Chevreuil Capreolus capreolus 0 0 0 1 1 1 Renard roux Vulpes vulpes 0 0 0 1 1 1 Blaireau Meles meles 0 0 0 1 1 1 Lièvre brun Levus europaeus 0 0 0 1 1 1 Ecureuil roux Sciurus vulgaris 0 0 0 1 1 1 Mulot sylvestre Apodemus sylvaticus 0 0 0 1 1 1 Campagnol terrestre Arvicola terrestris 0 1 0 0 1 1 Campagnol des neiges Chionomys nivalis 0 0 0 1 1 1 Taupe d'europe Talpa europaea 0 0 0 1 1 1 Belette d europe Mustela nivalis 0 0 0 0 0 1 Fouine Martes foina 0 0 0 0 0 1 Loir Myoxus glis 0 0 0 0 0 1 Souris domestique Mus musculus 0 0 0 0 0 1 Tableau 8 : Hiérarchisation des enjeux par espèce Note totale Priorité conservation ENS 135
7 Perspectives et propositions de gestion 7.1 Mesures à envisager pour les connaissances et le suivi des espèces 7.1.1 Inventaire complémentaire des petits mammifères Les échantillonnages réalisés dans le cadre de cet inventaire ont permis d obtenir des résultats très partiels. Une campagne d inventaire spécifique des petits mammifères permettrait de préciser la connaissance sur ce groupe. L ensemble des milieux présents sur les ENS pourraient être échantillonnés avec une pression d observation plus importante notamment pour cibler certaines espèces rares (Mulot alpestre ) ou le groupe des musaraignes. 7.1.2 Inventaire complémentaire et suivis des populations de chiroptères Les Chiroptères, qui s avèrent très bien représentés sur les ENS, pourraient faire l objet de compléments d inventaire : Pour préciser le statut de certaines espèces ou pour révéler la présence d espèces potentielles (Murin de Brandt ) Pour effectuer un suivi de l utilisation de la zone par certaine espèces patrimoniales (Grand et Petit murin, Oreillard montagnard ) Pour rechercher les gîtes d espèces à forte valeur patrimoniale (Sérotine bicolore) Pour définir des indicateurs de suivi vis-à-vis de certains milieux 7.1.3 Amélioration de la connaissance sur le Lièvre variable Cette espèce très discrète est connue sur les ENS de manière très lacunaire. Un travail de recherche ciblé sur l espèce, voire un travail de suivi par radiopistage pourrait permettre de mieux connaître l espèce sur le secteur (effectifs, surface de domaines vitaux. Ces éléments contribueraient à la définition d une gestion favorable au Lièvre variable. 7.1.4 Suivi des Carnivores par pièges photographiques La présence de plusieurs grands carnivores (Loup, Lynx) sur ou à proximité des ENS est un fait avéré. Par ailleurs, les espèces de mustélidés sont connues de manière très incomplète. La présence des ces espèces très discrètes est bien souvent avérée par la récolte d indices mais rarement par observation directe. Il en découle ainsi un certain flou quant à leurs effectifs notamment. Un suivi par pièges photographiques serait aisé à mettre en œuvre et permettrait de suivre les individus présents. Le suivi et l entretien des appareils photo pourraient être réalisés par les éco-gardes au cours de leurs missions de surveillance.
7.2 Mesures à envisager pour la gestion des forêts 7.2.1 Gestion forestière en faveur d une meilleure stratification des peuplements (secteur Tubanet) La stratification horizontale ou verticale des peuplements forestiers est le gage d une diversité en micro-habitats qui permet l expression d une biodiversité riche. La diversité en essences et la présence équilibrée des strates herbacée, arbustive ou arborée est très favorable pour les Chiroptères exploitants la forêt par exemple. La création de trouées, permettant l installation de fruticées à framboisiers aura un impact très positif sur le Muscardin, qui est un frugivore quasi-exclusif. La gestion en futaie jardinée sur le secteur de Tubanet est déjà un élément favorable. Une gestion en particulier ciblée sur les parcelles majoritairement résineuses, voire les plantations d épicéas pourrait apporter une diversité favorable aux mammifères. 7.2.2 Mise en place d ilots de sénescence en futaie (secteurs Tubanet, ferme d Ambel) Les prospections menées en 2010 ont permis de constater, que les secteurs de futaies étaient relativement pauvres en vieux arbres ou arbres dépérissants. Ainsi, la création d un réseau d îlots de sénescence contribuerait à répondre à ce déficit de vieux arbres. Les arbres à cavités, notamment les grands fûts, sont intéressants à divers titres pour la faune (gîtes, ressources alimentaires ). La mise en place d îlots de sénescence serait favorable aux Chiroptères forestiers, à la Martre ou au Loir. 7.2.3 Gestion forestière en faveur du maintien d un sous bois dégagé et clair (secteur Serrou Pots Martins) La hêtraie présente sur les secteurs du Serrou et des Pots Martins est le notamment le résultat de son exploitation par l homme (charbon, pâturage ). La structure de ce peuplement est particulière, présentant un taillis de vieux hêtres et une absence de sous strate. Ce type d habitat s avère être un milieu de chasse optimal pour le Grand murin, qui dans ces conditions capture ses proies (carabidés) au sol sur la litière. A long terme, ces forêts évolueront vers une autre structure, c est pourquoi il serait intéressant sur certains secteurs définis d appliquer une gestion forestière qui permettra le maintien de ce type de peuplement. Cette orientation de gestion, tout comme la précédente doivent être intégrées au document d aménagement forestier actuellement en cours de révision. 7.3 Mesures à envisager pour la gestion des milieux rupestres et souterrains 7.3.1 Information sur les Chiroptères dans le cadre de l aménagement touristique du scialet du Veyou Le projet d aménagement spéléologique du Scialet du Veyou pourrait être une occasion intéressante à saisir pour proposer une information d ordre général sur la conduite à tenir vis-à-vis des chiroptères lors des visites en milieu souterrain. La pose d un ou plusieurs panneaux sur les chiroptères permettrait d informer le public spéléologue aux enjeux et menaces relatifs à ce groupe. 137
7.4 Mesures à envisager par rapport à l activité pastorale 7.4.1 Gestion du pastoralisme sur les secteurs de crêtes La bande de terrain située en crête des secteurs rupestres est une zone stratégique, notamment pour les populations d ongulés rupestres (chamois, mouflon). La présence d une ressource en nourriture abondante dans cette zone à proximité de zones refuge est essentielle. Il conviendrait de mettre en défens du pâturage une bande dont la largeur sera à définir en concertation. 7.4.2 Gestion des traitements sanitaires des cheptels Les insectes coprophages et plus particulièrement certains coléoptères constituent une ressource alimentaire importante pour nombre d espèces (renard, blaireau, Chiroptères ). Les traitements zoosanitaires à base d Ivermectines réduisent à néant cette ressource au-delà de poser des problèmes de dégradation des fèces du bétail. Un cahier des charges encadrant les conditions de traitement antiparasitaire des troupeaux nécessite d être calé avec les éleveurs (dates de traitement, type de traitement etc ) afin que les animaux en pâture sur les ENS produisent des excréments qui permettent le développement des coprophages. 7.4.3 Analyse de la vulnérabilité des troupeaux d ovins et protection contre la prédation La présence permanente d une meute de loups sur les ENS d Ambel et de Font d Urle nécessite que chacune des unités pastorales réalise un diagnostic de vulnérabilité et prennent les mesures de protection nécessaires pour protéger leur troupeau des éventuelles attaques. 7.5 Mesures à envisager par rapport aux milieux humides 7.5.1 Restauration de mares temporaires ou permanentes Au-delà des impluviums artificiels, un réseau de mares temporaires ou permanentes est bien représenté sur les plateaux d Ambel et de Font d Urle. Ces micro-zones humides représentent un intérêt tout particulier pour la faune soit comme milieu de développement (amphibiens) ou bien comme ressource en eau pour les besoins physiologiques. Des travaux de restauration de mares sèches depuis plusieurs années (Mare de la Combe d Ambel) ou pour qu elles restent en eau plus longtemps s avéreraient nécessaires. 138
8 Conclusion L inventaire des mammifères réalisé au cours de l année 2010 a permis de préciser la connaissance de ce groupe de vertébrés de manière très significative en contribuant notamment à : Renforcer la connaissance des espèces les mieux connues, notamment concernant les effectifs en place ou leurs zones de présence, Améliorer la connaissance de certains groupes peu connus comme les Chiroptères ou les petits Rongeurs. L élaboration de cet état initial, au-delà de la connaissance, a aussi permis de définir les enjeux de conservation relatifs à certaines espèces présentes. Cette étape incontournable permettra à l avenir de travailler dans les meilleures conditions à l écriture du plan de gestion de ces deux ENS. Le catalogue d actions proposées pourra ainsi, nous l espérons, être intégré aux futures orientations de gestion. Les ENS d Ambel et de Font d Urle, rappelons le, abrite un cortège de mammifères tout à fait exceptionnel, ce qui traduit une situation actuelle globalement favorable. Le futur plan de gestion devra à nos yeux veiller a minima à conserver cet état de fait et plus particulièrement à conforter la capacité d accueil. La LPO Drôme prolongera ce travail au travers de son implication dans le comité de gestion des ENS. 139
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ANNEXE : Tableau synthétique des statuts réglementaires et de menaces des différentes espèces Nom français Nom latin Protection Nationale Convention de Berne (annexe) Convention de Bonn (annexe) Directive Habitats Faune Flore (annexe) Liste Rouge Nationale Liste Rouge Régionale Petit rhinolophe Rhinolophus hipposideros P II II II+IV LC EN Murin de Daubenton Myotis daubentoni P II II IV LC LC Murin à moustaches Myotis mystacinus P II II IV LC NT Murin de Bechstein Myotis bechsteini P II II II+IV NT CR Murin de Natterer Myotis nattereri P II II IV LC NT Murin à oreilles échancrées Myotis emarginatus P II II II+IV LC VU Grand murin Myotis myotis P II II II+IV LC VU Petit murin Myotis blythi P II II II+IV NT VU Noctule de Leisler Nyctalus leisleri P II II IV NT LC Sérotine commune Eptesicus serotinus P II II IV LC VU Sérotine de Nilsson Eptesicus nilssoni P II II IV LC EN Sérotine bicolore Vespertilio murinus P II II IV DD CR Pipistrelle commune Pipistrellus pipistrellus P III II IV LC LC Pipistrelle de Nathusius Pipistrellus nathusii P II II IV NT DD Pipistrelle de Kuhl Pipistrellus kuhli P II II IV LC LC Vespère de Savi Hypsugo savii P II II IV LC NT Oreillard roux Plecotus auritus P II II IV LC LC Oreillard gris Plecotus austriacus P II II IV LC NT Oreillard montagnard Plecotus macrobullaris P / / IV DD VU Barbastelle d Europe Barbastella barbastellus P II II II+IV LC EN Minioptère de Schreibers Miniopterus schreibersii P II II II+IV VU EN Molosse de Cestoni Tadarida teniotis P II II IV LC LC Sanglier Sus scrofa LC LC Cerf élaphe Cervus elaphus III LC NT Chevreuil Capreolus capreolus III LC LC Chamois des Alpes Rupicapra rupicapra III V LC LC Mouflon méditerranéen Ovis gmelini III VU LC Bouquetin des Alpes Capra Ibex P III V NT NT Loup Canis lupus subsp. Italicus P II II * VU LC 142
Nom français Nom latin Protection Nationale Convention de Berne (annexe) Convention de Bonn (annexe) Directive Habitats Faune Flore (annexe) Liste Rouge Nationale Liste Rouge Régionale Renard roux Vulpes vulpes LC LC Lynx boréal Lynx lynx P III II+IV EN VU Blaireau Meles meles III LC LC Hermine Mustela erminea LC LC Belette d europe Mustela nivalis III LC NT Putois Mustela putorius III V LC CR Martre des pins Martes martes III V LC LC Fouine Martes foina III LC LC Lièvre brun Levus europaeus III LC LC Lièvre variable Lepus timidus III V NT VU Marmotte des Alpes Marmota marmota III LC LC Ecureuil roux Sciurus vulgaris P III LC LC Loir Myoxus glis III LC LC Muscardin Muscardinus avellanarius P III IV LC LC Mulot sylvestre Apodemus sylvaticus LC LC Mulot à collier roux Apodemus flavicollis LC LC Souris domestique Mus musculus LC LC Campagnol terrestre Arvicola terrestris DD LC Campagnol de Fatio Microtus multiplex LC DD Campagnol des neiges Chionomys nivalis III LC LC Campagnol roussâtre Clethrionomys glareolus LC LC Taupe d'europe Talpa europaea LC LC 143
Statuts de protection et degré de menace des Mammifères du site Sources : UICN, 2001 ; IUCN, 2002 ;CORA Faune Sauvage, 2008, Directive 92/43/CEE du Conseil, du 21 mai 1992. NOTICE DES STATUTS REGLEMENTAIRES ET PATRIMONIAUX FRANCE: Textes de loi et arrêtés préfectoraux P = espèce protégée sur l'ensemble du territoire français (aussi bien adultes que nids ou pontes): destruction, mutilation, capture ou enlèvement, naturalisation, transport, colportage, utilisation, mise en vente ou achat interdits. p1 = idem; toutefois, capture ou destruction possible après autorisation conjointe des ministres de l'agriculture et de l'environnement ou du préfet. p2 = espèce non protégée, mais dont le colportage, la vente ou l'achat d'animaux même morts sont interdits. UNION EUROPEENNE (U.E.) : DIRECTIVE HABITATS - FAUNE FLORE concernant la conservation des habitats naturels ainsi que la flore et la faune sauvages Annexe II : espèces animales d intérêt communautaire dont la conservation nécessite la désignation de Zones Spéciales de Conservation. Espèces prioritaires, pour lesquelles l'u.e. porte une responsabilité particulière sur leur conservation, compte tenu de l'importance de la part de leur aire de répartition naturelle. Annexe IV : espèces d intérêt communautaire qui nécessitent une protection stricte. Annexe V : espèces d intérêt communautaire dont le prélèvement dans la nature et l exploitation sont susceptibles de faire l'objet de mesures de gestion. CONVENTION DE BERNE relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel d'europe Annexe II: espèces strictement protégées Annexe III: espèces de faune protégées dont l'exploitation est réglementée. CONVENTION DE BONN relative à la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage Annexe 1 : espèces migratrices menacées, en danger d'extinction, nécessitant protection immédiate. Annexe II: espèces migratrices dans un état de conservation défavorable et nécessitant l adoption de mesures de conservation et de gestion appropriées. 144
CITES = CONVENTION DE WASHINGTON sur le commerce international des espèces de faune et flore sauvages menacées d'extinction W1 = Annexe 1: espèces menacées d'extinction pour lesquelles le commerce ne doit être autorisé que dans des conditions exceptionnelles. W2 = Annexe 2: espèces vulnérables dont le commerce est strictement réglementé. W3 = Annexe 3: espèce qu'une partie contractant déclare soumise à une réglementation ayant pour but d empêcher ou de restreindre son exploitation. Règlement communautaire CITES relatif a l application dans la communauté de la CITES : C1 : espèces menacées d'extinction dont le commerce à l extérieur et à l intérieur de l'union Européenne est interdit, sauf dans des conditions exceptionnelles. C2 : espèces vulnérables dont le commerce est strictement réglementé. MONDE : LIVRE ROUGE UICN EUROPE : LIVRE ROUGE EUROPEENNE FRANCE : LISTE ROUGE NATIONALE RHONE-ALPES : LIVRE ROUGE REGIONAL Ex = éteint NE = non évalué EW = éteint à l état sauvage DC = faible risque, dépendant de mesures de conservation CR = gravement menacé d'extinction NT = faible risque mais "quasi-menacé" EN = menacé d extinction LC = faible risque, préoccupation mineure VU = vulnérable DD = insuffisamment documenté 145