LES PROJECTEURS : FLUORESCENTS



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Transcription:

Les tubes fluorescents ayant faits d'énormes progrès en terme de qualité de lumière et de puissance, de nombreux fabricants ont lancés sur le marché des projecteurs puissants et légers utilisant ces sources. Pour commencer un peu d'histoire et de technique : L'idée d'employer la fluorescence pour l'éclairage remonte à la deuxième moitié du XIX e siècle avec Becquerel qui recouvrit l'intérieur des tubes à décharge avec différentes poudres fluorescentes. Ces lampes fluorescentes primitives ne trouveront pas d'application pratique du fait de leur intensité lumineuse insuffisante. Ce n'est qu'en 1895 que Thomas Edison inventera une lampe fluorescente à partir d'un tube à rayon X dont la surface interne de l'ampoule est enduite de tungstate de calcium. Cette substance convertit une partie des rayonnements X en lumière blanche bleutée avec une efficacité lumineuse trois fois supérieure à celle des lampes à filament de carbone de l'époque, ce pour une durée de vie bien plus longue. Ces performances auraient pu propulser cette lampe sur le marché de l'éclairage mais le rayonnement X produit par cette lampe enverra au cimetière un employé d Edison. La technologie des tubes fluorescents s'est donc développée selon le schéma de Becquerel, à partir de tubes à décharge sous basse pression. L'invention du tube au néon par Georges Claude au début du XX e siècle a marqué le début de l'utilisation commerciale de tubes de couleur (rose et jaune) employant un revêtement fluorescent. Les teintes saturées obtenues ne permettaient certes pas l'usage de ces sources pour l'éclairage domestique ou autre que publicitaire. Cependant, il fut découvert que l'emploi simultané de tubes à vapeur de mercure, émettant une lumière bleue (inventée par Cooper-Hewitt en 1901), avec des tubes de Claude permettait l'obtention d'une lumière blanche de qualité relativement médiocre. De plus, ces lampes utilisaient des bains de mercure comme électrodes, ce qui donne lieu, comme on le sait aujourd'hui, à un très faible rendement de la source du fait de l'énergie considérable qu'il faut pour extraire les électrons des électrodes... Il faudra attendre 1927, et les travaux de Ruttenauer et Pirani (Osram) pour le développement d'électrodes en oxydes d'alcalins. Cette innovation permit de réduire les pertes d'énergie au niveau des électrodes pour l'extraction des électrons. Ceci accroît ainsi énormément le rendement des lampes. Historiquement, ces tubes dates de 1936 avec l'introduction, par Osram, à l'exposition universelle de Paris, de tubes à cathodes chaudes dont l'efficacité lumineuse est portée à 30-40 lm/w du fait de l'emploi d'électrodes moins dissipatrices en énergie. Général Electric aux États-Unis, GEC en Angleterre et Philips aux Pays-Bas suivront en 1937-1938. Depuis les années 1950, l'amélioration de la qualité des composants a aussi permis l'accroissement de la durée de vie de ces sources et un meilleur maintien de l'efficacité lumineuse. À cet égard, le diamètre des tubes n'était pas inférieur à 38 mm afin de limiter les dommages causés par le plasma de mercure sur le revêtement fluorescent. - http://makingvideo.free.fr makingvideo@free.fr - Jean Claude Rolland 2010-1

Le tube fluorescent est composé d un tube en verre tapissé de poudre fluorescente. Le tube est rempli de gaz, le plus souvent des vapeurs de mercure à basse pression ou de l'argon, qui émettent une lumière ultraviolette invisible lorsqu'ils sont ionisés. La paroi intérieure est recouverte d'un mélange de poudres fluorescentes, qui transforme cette lumière dans le domaine visible en s'approchant du blanc. Ces tubes offrent un bien meilleur rendement électrique qu'une lampe à incandescence classique, c'est-à-dire qu'ils émettent plus de lumens par watt consommé et, donc chauffent beaucoup moins. Aux deux extrémités sont serties les électrodes elles servent au préchauffage du gaz pendant la période de l amorçage. Ces tubes servent surtout à l'éclairage industriel et parfois domestique. Souvent appelés "néons" par erreur ; car le gaz néon émet une lumière rouge. Lumière émise et caractéristiques spectrales : Les tubes fluorescents destinés à l'éclairage peuvent émettre de la lumière colorée ou de la lumière blanche. On trouve des tubes colorés émettant les couleurs suivantes : bleu, vert, rouge (faible intensité), ambre et rose.les tubes émettant de la lumière blanche peuvent produire des blancs fort différents, on parle de teinte, de chaud à très froid. Ils sont caractérisés selon 2 critères : leur température de couleur (T C en Kelvin) et leur Indice de Rendu de Couleur (I.R.C en %). Pour mémoire, une lumière blanche comprend toutes les longueurs d'onde du spectre, c'est un spectre continu. Température de couleur : Les tubes fluorescents destinés à l'éclairage sont disponibles dans les températures de couleur suivantes : - 2700 K : proche de la lumière incandescente. - 3000 K : proche de la lumière halogène. - 3500 K : (peu fréquent) compromis entre lumière halogène et lumière de bureau - 4000 K : blanc "neutre", très utilisé dans les bureaux et dans les milieux industriels - 5000 K : proche de la lumière du jour, utilisé en musées, photographie et en arts graphiques - 6500 K : proche de la lumière d'un ciel couvert (mais attention à l'i.r.c) - 8000 K : (peu fréquent) proche de la lumière d'un ciel bleu (lumière du nord). - http://makingvideo.free.fr makingvideo@free.fr - Jean Claude Rolland 2010-2

Indice de rendu des couleurs (IRC) : La valeur maximale d'i.r.c est 100 %. La lumière du jour a un I.R.C de 100 %. Les ampoules à incandescence et halogènes ont un IRC plus grand que 90%. Par contre, les tubes lumineux et les lampes fluo compactes (dites aussi "à économie d'énergie) ont un I.R.C qui dépend de la composition de la poudre fluorescente qui tapisse leur verre. Cet indice n'est pas influencé par la quantité de l'éclairage: le rendu des couleurs ne s'améliore pas si on allume deux tubes lumineux médiocres au lieu d'un seul. Les tubes sont disponibles dans trois grandes familles de rendu de couleur : IRC 55 à 70% : rendu de couleur médiocre, utilisation en atelier, industrie, lieux publics de circulation. En photographie, ils produisent une dominante verte caractéristique. Efficacité lumineuse moyenne. IRC 85% : rendu de couleur correct, utilisation en bureau, école, hôtellerie, domestique (hélas). Les teintes chair sont déformées, le jaune tire vers le vert, les bleus tirent vers le violet, et généralement toutes les teintes semblent plus saturées, un peu artificielles. Il est, par exemple, très difficile d'apprécier la couleur d'un vêtement dans une boutique éclairée avec cet IRC. En photographie, ils produisent également une dominante verte. Efficacité lumineuse très bonne. IRC > à 90% : rendu des couleurs supérieur, utilisation en arts graphiques, musées, dentisterie, photographie, caissons lumineux, utilisation très souhaitable en éclairage domestique. Utilisés en photographie, ils ne présentent pas la dominante verte si caractéristique. Efficacité lumineuse bonne. Le choix d'un tube (ou d'une lampe fluo compacte) doit donc s'effectuer impérativement selon les deux critères, l'i.r.c étant trop souvent ignoré. - http://makingvideo.free.fr makingvideo@free.fr - Jean Claude Rolland 2010-3

Ballasts & Starter : Le fonctionnement des lampes fluorescentes et des lampes à décharge nécessite l utilisation de ballasts et de starters (pour les lampes fluo) ou d'amorceurs (pour les lampes à décharge). L'exemple repris ici décrit le mode d'allumage d'un tube fluorescent. Le fonctionnement est identique pour les lampes fluo compactes et pour les lampes à décharge. Pour ces dernières, le brûleur remplace le tube et l'amorceur remplace le starter. Le starter est composé d'un petit tube rempli de gaz et pourvu d'un bilame. A l'allumage, la mise sous tension provoque un arc électrique au sein du gaz. Celui-ci échauffe le bilame, jusqu'alors ouvert qui se ferme. Pendant ce temps, un courant circule dans les électrodes. Elles s'échauffent et ionisent le gaz qui les environne, ce qui facilitera l'allumage. Le bilame étant fermé, l'arc électrique dans le starter disparaît. Le bilame se refroidit alors et s'ouvre. Il provoque ainsi une interruption brusque du courant dans le ballast raccordé en série. Le ballast, composé d'un bobinage de cuivre entourant un noyau de fer (ballast dit inductif ou électromagnétique), va tenter de rétablir ce courant en libérant toute son énergie. Cela provoque une impulsion de tension très élevée entre les électrodes de la lampe (jusqu'à 1 500 V) capable d'allumer le tube fluorescent. Souvent, cet allumage ne réussit pas en une seule tentative. Si la lampe ne s'est pas allumée, le cycle recommence. En fonctionnement, la tension aux bornes de la lampe est trop faible pour générer un nouveau cycle d'allumage (40 à 110 V). Le starter se maintient donc en position ouverte et le courant traverse la lampe qui reste allumée. A partir de cet instant, le ballast joue le rôle de limiteur de courant et empêche la destruction de la lampe. C'est fini pour ces explications techniques rébarbatives mais nécessaires! Passons aux choses sérieuses : - http://makingvideo.free.fr makingvideo@free.fr - Jean Claude Rolland 2010-4

Les fabricants d'éclairage, se sont intéressés aux tubes fluorescents depuis de nombreuses années. Au début des années 80 des tentatives diverses ont été testées. Je me rappelle d'avoir vu sur certains tournages des appareils à tubes U.V pour le bronzage, transformés en projecteurs en utilisant des tubes d'éclairage, à la place des tubes ultraviolets. Résultat très moyens surtout à cette époque ou le pellicule était encore beaucoup employée et les magnétoscopes et caméras peux sensibles. Mais c'était un début! Le premier Appareil professionnel a été créé en 1987, pendant le tournage du film Barfly. Le directeur de la photographie Robby Müller filmait dans un intérieur exigu, et ne pouvait utiliser des appareils traditionnels par manque de place. Afin de contourner le problème, le chef électricien Frieder Hochheim et son assistant Gary Swink ont conçu un support léger pour tubes fluorescents avec les ballasts déportés, ce qui permettait aux lampe d'être peux épaisses surtout très légères pour être attachée au mur ou au plafond. Hochheim et Swink ont ensuite créé une société, Kino Flo Incorporated, pour fabriquer et commercialiser leurs innovations. Ces nouveaux appareils ont été rapidement adoptés par les cinéastes, et maintenant sont considérées comme un appareil de base dans une bijoute d'éclairage. Frieder Hochheim raconte : "C'était un directeur de la photographie avec lesquels je travaillait qui a inspiré ces expériences avec lampes fluorescentes. Il m'a dit: " J'aimerais être capable de fixer un tube fluorescent au plafond avec simplement du ruban adhésif, et je ne veux pas le ballast avec ". Je suis donc allé à la quincaillerie, acheter tous le matériel, je mets des grands fils aux ballasts et rien n'a fonctionné. Une rencontre avec un ingénieur électricien travaillant sur les hautes fréquences, a apporté la solution à nos problèmes. J'étais persuadé que l'alimentation d'un tube fluorescent par de la haute fréquence lui éviterait de scintiller, voir parfois, de clignoter. Le premier ballast que j'avais utilisé était du type Ferromagnétique standard ; ce qui lui interdisait de fonctionner à grande distance des tubes et aussi en cas de très basse température. Mais un ballast électronique haute fréquence pourrait lui fonctionner à plusieurs mètres des tubes. Les Ingénieurs m'ont assuré qu'avec ce procédé je trouverai les tubes deux fois plus brillant, et surtout sans les endommager. Les essais se sont avérés fructueux, ils ont commencé à nous fabriquer des ballasts spéciaux, l'entreprise était née". Hochheim se souvient de la conception des premiers appareils : " j'ai pris un bloc de mousse, taillé, poussé les tubes dedans, collé au double face au plafond, et voilà ça a marché". KINO est le mot allemand pour Cinéma, et Flo une contraction de fluorescent! - http://makingvideo.free.fr makingvideo@free.fr - Jean Claude Rolland 2010-5

Bien que Kino Flo soit une référence pour les éclairages fluorescents, divers constructeurs ont lancé sur le marché des produits séduisants. Bien sur les adeptes du Do It. Yourself, ont eux aussi fabriqué des ersatz de kino flo. Nos amis, asiatiques ont eux aussi brillamment copié les appareils du marché! - http://makingvideo.free.fr makingvideo@free.fr - Jean Claude Rolland 2010-6

Pour clore ce chapitre, il ne faut pas oublier que l'on peut changer les tubes des appareils existants. Et les remplacer par des tubes étalonnés. De nombreux fabricants comme Osram, G.E, Kinoflo proposent une large gamme de tubes pour le cinéma et la photo. Dans presque toutes les tailles et puissances, avec différentes nuances de T de coule ur. - http://makingvideo.free.fr makingvideo@free.fr - Jean Claude Rolland 2010-7

LES AMPOULES FLUO COMPACTES : Les lampes fluorescentes compactes ont été produites après la crise du pétrole dans les années 70, lorsque des chercheurs ont eu l idée de replier sur lui-même un tube fluorescent. Après des débuts un peu hésitants, les lampes disponibles actuellement fournissent une lumière très semblable à celle des ampoules classiques à incandescence, mais présentent sur ces dernières des avantages remarquables. Les ampoules fluo compactes, étant issues des tubes fluorescents, ont dans les grandes lignes les mêmes performances que les tubes. Elles leur sont toutefois un peu inférieures. L'un des points forts des lampes fluo compactes est de pouvoir se substituer à des ampoules incandescentes classiques. Beaucoup des propriétés de ces lampes à basse consommation dépendent de la qualité des composants : le facteur de gain est le plus souvent 4, une lampe à fluorescence de 25W éclairant comme à une lampe à incandescence de 100W. Fonctionnement de la lampe fluorescente compacte : - L'ampoule fluo compacte est un tube fluorescent en version miniature. La base de l'ampoule abrite des composants électroniques qui assurent un éclairage continu, sans quoi la lampe s'éteint et s'allume 100 fois par seconde. - À la cathode du tube, un filament produit des électrons. Un arc électrique se propage alors à l'intérieur du tube provoquant un va-et-vient régulier d'électrons. - Les électrons percutent des atomes de mercure dans le tube, ce qui émet une lumière ultraviolette (UV) invisible à l'oeil nu. - Les ultraviolets heurtent une couche fluorescente en surface du tube, composé de sels de phosphores. Ceux-ci réagissent aux ultraviolets en émettant une lumière visible blanche. - http://makingvideo.free.fr makingvideo@free.fr - Jean Claude Rolland 2010-8

On trouve aujourd'hui des ampoules fluo compactes de grandes puissances. Ce qui a permis a certains fabricants de pouvoir proposer des ensembles légers et néanmoins lumineux. Allez faire un tour sur des sites comme E.bay vous en trouverez des centaines. Mais il est aussi très facile de les fabriquer soit même ; vous trouverez même des livres traitant du sujet : Voilà c'est terminé pour l'instant! Je vous laisse digérer ces 9 pages! A plus tard pour la suite. - http://makingvideo.free.fr makingvideo@free.fr - Jean Claude Rolland 2010-9