La Formation Stellaire dans les galaxies

Documents pareils
Gaz moléculaire et formation stellaire dans les galaxies proches : maintenant et à l'époque ALMA Jonathan Braine

Chapitre 6 : les groupements d'étoiles et l'espace interstellaire

Les objets très lointains

Rayonnements dans l univers

Notre galaxie, la Voie lactée

FORMATION ET FONCTIONNEMENT D'UNE ETOILE

Comprendre l Univers grâce aux messages de la lumière

a. La masse de Jeans b. Le support des nuages moléculaires -Séquence Principale (PMS)

Étude et modélisation des étoiles

Une application de méthodes inverses en astrophysique : l'analyse de l'histoire de la formation d'étoiles dans les galaxies

Les moyens d observations en astronomie & astrophysique

Application à l astrophysique ACTIVITE

NUAGES INTERSTELLAIRES ET NEBULEUSES

Correction ex feuille Etoiles-Spectres.

Le monde fascinant des galaxies

INTRODUCTION À LA SPECTROSCOPIE

Si la source se rapproche alors v<0 Donc λ- λo <0. La longueur d onde perçue est donc plus petite que si la source était immobile

LE CATALOGUE MESSIER

Comment dit-on qu'une étoile est plus vieille qu'une autre ou plus jeune qu'une autre?

Simulations hydrodynamiques relativistes de la phase émission rémanente dans les GRB. Séminaire au L.U.Th, Observatoire de Paris

Quelques liens entre. l'infiniment petit et l'infiniment grand

Les galaxies et leur évolution

Séquence 9. Étudiez le chapitre 11 de physique des «Notions fondamentales» : Physique : Dispersion de la lumière

Exemple PLS avec SAS

Solution dédiée aux canalisations de distribution

Panorama de l astronomie. 7. Spectroscopie et applications astrophysiques

Explorons la Voie Lactée pour initier les élèves à une démarche scientifique

La spectro, c'est facile

Panorama de l astronomie

L'univers des étoiles massives

Chapitre 6 La lumière des étoiles Physique

FORD C-MAX + FORD GRAND C-MAX CMAX_Main_Cover_2013_V3.indd /08/ :12

Exo-planètes, étoiles et galaxies : progrès de l'observation

Le satellite Gaia en mission d exploration

Equation LIDAR : exp 2 Equation RADAR :

TD 9 Problème à deux corps

Solar Scintillation Monitor Manuel utilisateur

La magnitude des étoiles

Chapitre 02. La lumière des étoiles. Exercices :

TSTI 2D CH X : Exemples de lois à densité 1

Vie et mort des étoiles. Céline Reylé Observatoire de Besançon

Le second nuage : questions autour de la lumière

PVCHECK Rel /11/12

TP 03 B : Mesure d une vitesse par effet Doppler

MOND avec ou sans matière noire

Le nouveau programme en quelques mots :

Chapitre 0 Introduction à la cinématique

Session S12 Les bases de l optimisation SQL avec DB2 for i

NOUVEAU PAPIER GRAND FORMAT POUR TRACEURS JET D ENCRE ET PPC

Contrôle de la convection profonde par les processus sous-nuageux dans LMDZ5B

document proposé sur le site «Sciences Physiques en BTS» : BTS AVA 2015

Une nouvelle technique d'analyse : La spectrophotométrie

Le Soleil. Structure, données astronomiques, insolation.

STI2D : Enseignements Technologiques Transversaux

Big Data, gros trafic et consommation

L ABC de l acquisition de petites entreprises

SYSTÈME DE GAINES À SPIRALE ET RACCORDS TOURNANTS

Evaluation des émissions

Utilisation du Cloud StratusLab dans le cadre d application astroparticule à l APC

Laboratoire d Astrophysique de Marseille, UMR6110. Projet / Project: (2011)

Suivi Biologique des Nouveaux Anticoagulants

LE RÉFRIGÉRATEUR PRÊT À INSTALLER

INFLUENCE DU TERRAIN LORS D UN EFFORT RÉALISÉ À PUISSANCE MAXIMALE AÉROBIE EN CYCLISME

Monitoring continu et gestion optimale des performances énergétiques des bâtiments

LUT QU EST-CE QUE C EST? Version 1.0 Mars 2010

Marché pour la Recherche de fuites sur réseau AEP

GNS 3 Travaux pratiques

Atelier : L énergie nucléaire en Astrophysique

La vie des étoiles. La vie des étoiles. Mardi 7 août

SERVEUR DE SAUVEGARDE POUR BCDI3. par. G.Haberer, A.Peuch, P.Saadé

ASSURER LA QUALITE DES RESULTATS D ESSAI ET D ETALONNAGE Assuring the quality of test and calibration results

Energie nucléaire. Quelques éléments de physique

ICOS Integrated Carbon Observing System

METEOROLOGIE. Aéroclub Besançon La Vèze. Cours MTO - Ivan TORREADRADO 1. F-SO au FL65 over LFQM

PROGRAMME DE PHYSIQUE - CHIMIE EN CLASSE DE SECONDE GÉNÉRALE ET TECHNOLOGIQUE

Les rayons cosmiques primaires chargés

Retour d expérience, portage de code Promes dans le cadre de l appel à projets CAPS-GENCI

SYSTEME DE PARTICULES. DYNAMIQUE DU SOLIDE (suite) Table des matières

Utiliser une WebCam. Micro-ordinateurs, informations, idées, trucs et astuces

Movement - regular - Attack Runs ( mouvement - régulier - missions d'attaque) movement - unlimited - relocating cards between locations

Data issues in species monitoring: where are the traps?

Les bases de l optimisation SQL avec DB2 for i

Qu est-ce que le «cloud computing»?

Niveau 2 nde THEME : L UNIVERS. Programme : BO spécial n 4 du 29/04/10 L UNIVERS

Diagnostic Gaz à effet de serre de l Institut National de Recherche en Sécurité (INRS)

SCIENCES TECHNOLOGIES

Régionalisation des régimes de perturbations et implications pour l aménagement dans un contexte de changement climatique

Traitement fiscal des assainissements Petits déjeuners des PME et start-up

LAMPES FLUORESCENTES BASSE CONSOMMATION A CATHODE FROIDE CCFL

Mise à jour du logiciel sur les composants installés dans les machines agricoles à partir de la carte mémoire PCMCIA

DIFFRACTion des ondes

Qualité et ERP CLOUD & SECURITY (HACKING) Alireza MOKHTARI. 9/12/2014 Cloud & Security

6 ème réunion du réseau Monitoring de l IEA GHG (Natchez, Mississipi, EUA) GHGT10, Amsterdam Hubert Fabriol

THEME 1 : L ORDINATEUR ET SON ENVIRONNEMENT. Objectifs

Celestia. 1. Introduction à Celestia (2/7) 1. Introduction à Celestia (1/7) Université du Temps Libre - 08 avril 2008

Automobile & Mécanique agricole. Sources CNIDEP, IBGE

Mesure chimique. Chemical measurement. Sonde de température Pt 1000 Inox Pt 1000 stainless steel. Ref : Français p 1.

Laboratoire franco-chinois. Physique atomique et moléculaire, optique quantique, information quantique, nano-photonique, métrologie, atomes froids

SUIVI CINETIQUE PAR SPECTROPHOTOMETRIE (CORRECTION)

Transcription:

La Formation Stellaire dans les galaxies Un sujet important au cœur de nombreux travaux dans nos laboratoires. Samuel Boissier 1

Le moteur du cycle d'évolution des galaxies Milieu Inter Galactique Vents galactiques Formation stellaire ETOILES «Fin de vie» Feedback Milieu Inter Stellaire Eléments Chimiques Poussière Mélange Rôle primordial dans l'évolution des galaxies Produits dérivés Planètes, La vie 2

Formation stellaire sur les échelles galactiques RCW120 : Une région de formation stellaire dans la Voie Lactée MESSIER33 : Une galaxie proche qui forme des étoiles Herschel Deep Field: la formation stellaire «intégrée» de galaxies lointaines, très lointaines ESO/APEX/DSS2/SuperCosmos/ Deharveng/Zavagno GALEX + Spitzer (NASA/JPL-Caltech) ESA/SPIRE Consortium/HerMES Formation stellaire dans les galaxies dépend de l'échelle dont on parle! 3

Echelles Différents effets sur différentes échelles 4

Le taux de formation stellaire SFR: Star Formation Rate ( Taux de Formation Stellaire ) d(mass of new stars) = SFR x dt 5

La fonction de masse initiale IMF: Initial Mass Function ( Fonction de Masse Initiale ) d(number of stars of mass M)= IMF x dm Durée de vie Nombre d'étoiles par intervalle de masse. NB: Les étoiles bleues massives et chaudes ont des durée de vie courte : elle serviront à «tracer» la formation stellaire. 6

Les traceurs de la formation stellaire Radiation UV directement depuis les étoiles Raies d'émission de régions ionisées par le flux des étoiles Emission infrarouge de la poussière chauffée par les étoiles Et lors de l'explosion des étoiles massives : supernovae ou Sursauts Gamma (GRBs). 7

Quelques questions que l'on peut maintenant se poser : Qu'est-ce qui détermine le taux de formation d'étoile dans une galaxie ou dans une région? Lien avec d'autres quantités physiques (gaz) Y a t il une quantité minimum de gaz nécessaire (effet de seuil) Est-ce que la fonction de masse initiale est universelle? Sur quelle échelle étudier? Est-ce que cela varie au cours de l'histoire de l'univers (avec le «redshift»?) 8

Les «lois» de formation stellaire («Loi de Schmidt/Kennicutt») SFR = A GAS1.4 «starburst» centraux SFR = A GAS / dyn Centre de galaxies normales Disques de galaxies Kennicutt (1998) Ici ce sont des mesures «globales» 9

Les «lois» de formation stellaire («Loi de Schmidt/Kennicutt») SFR vs HI SFR vs H2 SFR vs TOTAL GAS Bigiel et al. (2008) Etudes locales (quelques 100 pc): Une connection directe avec le gaz moléculaire Une loi à 2 pentes avec le gaz total, Pas de relation avec le gaz neutre HI (saturation at ~ 10 Msol/pc2). 10

Les «lois» de formation stellaire («Loi de Schmidt/Kennicutt») Etudes radiales : Des résultats globalement similaires mais : Pas de signe d'un «seuil» de formation stellaire 11

Les «lois» de formation stellaire («Loi de Schmidt/Kennicutt») Etudes radiales : Des résultats globalement similaires mais : Pas de signe d'un «seuil» de formation stellaire GALEX : les galaxies dans l'ultra-violet 12

Pourquoi attendre un seuil? Stability of a stellar disk Galactic center Stability of a gaseous disk Gaseous + stellar disk Q=1 définit une densité critique 13

Formation stellaire à faible densité Galaxies XUV* : des galaxies en train de grandir? * XUV = extended Ultra Violet * Découverte : Gil de Paz et al. 2005, Thilker et al. 2005 * Premières études statistiques : 30 % des galaxies? * Lien avec les galaxies à faible brillance de surface? 14

Formation et évolution des galaxies 15 15

Retour sur les types de loi LOCAL: - Universalité du processus dans les nuages (bonne relation entre gaz moléculaire et SFR) RADIALE: - Moyenne les observations sur la durée de vie des nuages moléculaires et le temps de mélange - Bonne relation avec le gaz total - On peut voir les effets moyens des bras spiraux GLOBALE: On trouve des relations avec le gaz total :rôle du réservoir disponible pour la formation stellaire? 16

Les lois de Schmidt à grand redshift 2010 Séquence double (Starbursts / Disks)? Temps dynamique différent? Très débattu actuellement : facteurs de calibration du gaz moléculaire très incertain 17

Calibrations... X: factor 1.3-1.4 to account for metallicity Mgas=Mneutral + Mmolecular (+ Mionized) M(Hydrogen) ~ M(HI) + M(H2) H2 at a few 10K does not radiate : only indirect measurements. CO : most abundant molecule after H2. CO1-0 (2.6mm) is easily excited. Calibration factor X=N(H2)/I(CO)? For galaxies of size ~ < beam M(H2) = 2.96 10-19 D2 I(CO) X Θ2 Solar masses Distance Mpc Beam (arcsec2) K km s -1 18

Calibrations... Calibration of X=N(H2)/I(CO): Measuring the size of molecular clouds (R) + ΔV from the line => Deriving virial mass Mv. Empirical correlation with L(CO) Combes 1999 19

Calibrations Le facteur de conversion dépend de l'abondance d'oxygène... Les galaxies locales ULIRGs (formant beaucoup d'étoiles): On observe que le facteur X standard surestime la masse par un facteur 3. A grand z, on a de plus probablement de plus grandes densités : conditions différentes? 20

Les lois de Schmidt à grand redshift Résultat récent de 2015 : Une loi de Schmidt universelle à redshift plus grand que 1 mais décalée par rapport à la version locale. Débat : La mesure du gaz est basée sur l'émission des poussières froides et des calibrations là aussi incertaines! Scoville 2015 21

L'étude de la formation stellaire sera encore au cœur de nos recherches dans les années à venir : ALMA / NOEMA : Gaz et poussière dans les galaxies proches (détails) et lointaines (cf Scoville 2015) Thank you... TELESCOPES GEANTS SUR TERRE (E-ELT, GMT, TMT) Etude de galaxies distantes et faibles mais aussi des étoiles dans les galaxies proches TELESCOPES DANS L'ESPACE(JWST, Euclid, SPICA) Galaxies distantes, larges échantillons, poussière. GAIA + Milky Way plane surveys (Herschel) Formation stellaire et son histoire dans la Voie Lactée 22

23

The gas in galaxies X: factor 1.3-1.4 to account for metallicity Mgas=Mneutral + Mmolecular (+ Mionized) M(Hydrogen) ~ M(HI) + M(H2) Total HI line flux In Jy km/s Distance (Mpc) Roberts 1962, AJ 67, 437 Wild, 1952 ApJ 115, 206 (from alfalfa web site) 24