Soins Attentifs à l Usage des Nyctalopes Apathiques Par Jean-Louis Peyre
Alex poussa la porte de S. A. U. N. A., monta au premier étage, trouva un vestiaire libre. Il se libéra de sa protekombi et posa son phaser. Wirol, un autre Chasseur de la Ligue assis à l autre bout du couloir lui adressa un rapide salut auquel il répondit machinalement. «Tu roupilles, t es bon pour la transmutation!» ricana l autre. Il ne rétorqua pas, s assura que son Homère était bien rangé (manquerait plus que l autre taré le surprenne avec un livre) et prit un ascenseur pour se rendre au cabinet de Leslie Drak. La fatigue diurne persistante à laquelle faisait allusion Wirol était un des nombreux symptômes permettant d identifier un transmuté. Cela n avait aucun rapport avec les crampes ou l abattement résultant d une chasse nocturne. On pouvait même penser que les premières générations humaines qui avaient survécues à la Grande Radiation dans les années 2053-2070 avaient droit à l apathie ou la résignation. Survivre à une catastrophe d ordre cosmique et assister à la mort de ses proches ou à leur transformation rituelle en monstre justifiait presque toutes les dérives mentales ce qu il fallait éviter quand on était Chasseur, corrigea-t-il en poussant la porte du cabinet de Leslie Drak, son officier-thérapeute de 1 re classe. Il sourit en pensant à la femme d âge mur en tailleur strict qui se levait sans doute de son fauteuil pour l accueillir : pas de danger de ce coté là. Une main moite le saisit et il se retrouva dans un hammam. Encore cette simul! Chut! Très vite une jeune femme blonde l entraîna dans une alcôve couverte de mosaïques à la marocaine qui surgit comme par miracle du bain de vapeur. Des conversations chuchotées se faisaient entendre, surmontées par le bruit de l eau qui s écoulait d une fontaine. Le docteur Drake ne se cantonnait pas à un type de femme particulier. Brune ou blonde, le seul invariant qu Alex pouvait déceler dans ses représentations holochair c était une forme de volupté. Il défit le peignoir de sa partenaire et décida d entamer l ASO (acte sexuel obligatoire) en préliminaire de la thérapie. Puis il lui raconta le rêve du jeu * * * Le sas de la Salle de Cérémonie se referma avec un bruit lourd. Non, corrigea-t-il pour lui-même, «sans doute avec un bruit lourd». De la cabine aux vitres polymérisées qui le protégeait de la Salle, pas question d entendre le moindre bruit. Devant ses yeux se tenait une représentation de l Enfer, tout au moins pour un Terrien : pression à 50 bars, température de 400 degrés, atmosphère saturée de CO 2. Au milieu de ce four, se tenait le Commandeur Suprême de la Flotte des coalisés, dont faisait partie la Terre, entouré des prêtres. Le Commandeur, sorte de Gritche étincelant, était «assis» devant une petite table. Derrière lui et les prêtres se tenait debout une deuxième ligne formée de notables et de l amiral Grebs, dont il était l ordonnance. L amiral était protégé par un scaphandre à toute épreuve, mais il n enviait pas sa position dans les circonstances actuelles. La cérémonie du SAUNA se terminait en effet aujourd hui et elle donnait lieu à des jeux et des joutes. Les journées précédentes étaient toutes empreintes de solennité et les participants demeuraient immobiles comme le prescrivait le protocole. Or les Ish ga étaient des êtres - 2 -
volubiles et si le couteau suisse géant haut de 3 mètres qui présidait le SAUNA venait à s agiter, l amiral devrait protéger sa combinaison. Au centre de la petite table se tenait le JEU. Ainsi l appelait Alex qui l avait offert à l amiral pour pimenter cette journée et resserrer les liens diplomatiques entre les Ish ga et les Terriens. L officier scientifique qui avait emmené le JEU en toute illégalité sur le Vaisseau Mère des Coalisés pour l étudier avait protesté, arguant que ses premières investigations l inclinaient à estimer que ce jeu pouvait être une arme. Mais Alex avait haussé les épaules. Toute sa vie il avait saisi les moindres opportunités qui s offraient à lui et le résultat était là : il assistait l amiral Grebs aux cotés de l Ish ga, sur le Vaisseau Mère, tête de pont d une flotte qui allait affronter l ennemi à une semaine lumière d ici. Une petite porte s ouvrit et un espion Gilmusch de la coalition ennemie entra. Sur son crâne on avait fixé l anneau de soumission. Il hésita et s assit en face du monstre. Il y eut un léger mouvement de surprise parmi l assistance. «Tonnerre il va le faire» pensa Alex. Le Commandeur avait choisi d affronter un ennemi qui plus est de basse classe. Il risquait gros, c'est-à-dire l honneur. Cependant, estima-t-il, les Ish ga étaient les maîtres des jeux sous toutes les formes. De plus l anneau de soumission n allait pas faciliter les choses pour le pauvre Gilmusch. Le Commandeur ouvrit la boîte et apparut ce qui ressemblait à un jeu d awele. Il y avait deux plateaux de forme rectangulaire percés de trous et reliés entre eux par une petite passerelle. Cette passerelle elle-même était percée d un trou dans lequel se trouvait une grosse bille noire. Les billes qu il sortit de la boîte étaient extraordinaires. D après l officier scientifique, à l intérieur de leur revêtement translucide et incorruptible se trouvait de l hydrogène ou de l hélium. Celles de l Ish ga étaient légèrement bleutées, celles du Gilmusch légèrement vertes. Chacun remplit à tour de rôle de billes colorées les trous vides situés à droite du premier. «Surtout que personne ne touche à la bille noire!» avait insisté l officier scientifique. Alex se moquait bien du JEU, mais reconnaissait volontiers son étrangeté fondamentale. Une patrouille de reconnaissance l avait ramené d une expédition sur un avant-poste situé dans un système en lisière de M31, dans lequel on effectuait des fouilles archéologiques. On s aperçut que le JEU changeait de forme à chaque escale. En fait, il s adaptait à l environnement biologique et culturel du milieu dans lequel il était plongé. Alex en avait entendu parler et avait demandé à son officier scientifique d intercepter le convoi en route vers la Terre où le JEU serait examiné par les autorités compétentes et d effectuer une étude sommaire de ce dernier avant de l offrir à Grebs. Tout ce qu il avait pu obtenir de cet officier c étaient des recommandations de prudence. Soudain il vit Grebs se tourner vers sa cabine et lui faire un signe d approbation. L Ish ga était visiblement satisfait du tour que prenait la partie. De fait presque toutes les cases étaient remplies de billes bleues. Presque aussitôt le Gilmusch fit un signe d abandon. Le Commandeur effectua l équivalent Terrien d une tape sur l épaule qui eut pour effet de couper net un membre de l espion. Dans un autre mouvement d hilarité une de ses lames éjecta involontairement la bille noire. Au même moment de violentes lumières éclairèrent la pièce. Le Sauna était terminé et tout le monde commença à sortir. La bille noire s éleva au dessus de la table et enfla considérablement tout en devenant translucide. Les billes colorées s élevèrent à leur tour et se glissèrent à l intérieur de la sphère nouvellement créée. Puis elles se divisèrent et se groupèrent en petits amas orbitant les uns autour des autres. - 3 -
Alex, qui était resté seul, contempla ahuri un planétarium de deux mètres de diamètre. Un alignement de signes incompréhensibles apparut à l intérieur dans lequel il reconnut une virgule sur la gauche. Puis deux des symboles à l extrême droite se modifièrent lentement. Et une expression atrocement familière le cloua au fond de la cabine. TILT Puis tout disparut et le JEU ne fut plus qu un bout de métal noirci et corrodé. A l extérieur c était la panique. Il ne vit pas Grebs mais l officier scientifique fut sur lui en un instant : «La flotte ennemie a été anéantie, la nôtre a perdu un quart de ses vaisseaux, mais j ai pu comprendre la plus grande partie du mécanisme» Puis il aperçut ce qui restait du JEU et hurla «la dernière bille qu est-ce que vous avez fait!». Alex lui raconta la dernière scène, la sphère, le compteur Une vibration ininterrompue et croissante parcourait maintenant le vaisseau, son cœur battait la chamade. Dans le brouhaha montant l officier hurlait «Bordel de militaires, vous ne voyez pas, la constante de Planck a été modifiée!». Sur le sol gisait un bout de métal et les quelques billes restant transformées en fer. Mais Alex n écoutait que les battements de son cœur. * * * Le jour se levait à peine. L aube était couleur d essence avec des reflets rose huileux. Wirol et Alex remontaient la rue, chacun d un côté, en rasant silencieusement les façades. C était le moment ou les Transmutés étaient le plus vulnérable. Là où ils tentaient de reprendre leur forme diurne, partagés entre la peur et l espoir. Les chasser dans la nuit était pur suicide : les Simiesques en particulier semblaient les plus redoutables. Rapides et féroces, leur puissance et leur agilité ne laissaient aucune chance aux Chasseurs. On leur avait signalé un flic qui présentait une liste de symptômes troublants. Un Patrouilleur lui avait injecté subrepticement un marqueur radioactif. Il suffisait pour le Chasseur de suivre les indications fournies par le pisteur. Wirol s arrêta brusquement, contrôla son pisteur et fit un signe à Alex. Le monstre se tenait péniblement debout sur le muret d une terrasse d un immeuble. Ses membres inférieurs avaient repris forme humaine mais son torse demeurait celui d un fauve. Il respirait péniblement, concentré sur la transformation, son mufle happant l air bruyamment. Wirol empoigna un fusil ; Alex était de corvée de lance-flammes. Suivant un scénario maintes fois répété, Wirol s écarta de quelques pas de la façade et visa les jambes du monstre : Il fallait le stopper et éviter une fuite éventuelle. Son partenaire était trop lourdement chargé par les réservoirs pour entamer un marathon. Alex empoigna un CD de bimbo pour la circonstance. - 4 -
Il referma sèchement le couvercle du lecteur et régla la sono de son casque à fond. LA REVOLUTION Le coup de feu partit. Le mutant, déséquilibré, perdit pied. Alex débloqua le réservoir et balança le napalm. DE TOUTES LES FACONS Le monstre qui tombait fut stabilisé un instant dans sa chute par le jet, boule de feu tourbillonnante, LA REVOLUTION... puis s écroula comme un tas de bois mort. LA DISSOLUTION * * * BRAOUM BRAOUM BRAOUM Bris de glace dans sa tête, douleur lancinante. Sur chacun des éclats de verre, le visage de Leslie Drake. Sur chacun des visages une voix qui répète : vos rêves sont étonnamment riches, mais c est ce battement Qui m intéresse Qui m intéresse Qui m intéresse Puis un son aigu, c est le bipper, Wirol lui demande de le rejoindre. En un instant il est dans la rue en train de longer la façade, phaser au poing. Mais ça ne se passe pas comme prévu. La silhouette du transmuté est un leurre, il tire en fait dans un carton soigneusement découpé. Le rayon énergétique détruit l immeuble en vain. Pire, une citerne vide s abat sur Wirol. Aujourd hui c est lui qui a le lance-flammes. Dans un geste non préparé il élève le manche pour griller l agresseur. Le napalm retombe sur sa combinaison, atteint les réservoirs et explose. Alex se porte à son secours, mais un laser lui troue l épaule. Repoussé, plaqué contre le mur, il aperçoit un assaillant sur sa gauche et tire. Il se lance à sa poursuite, fracasse une porte d entrée et brise une seconde porte située sous une cage d escalier. Il tire au hasard dans l obscurité. Silence - 5 -
Par chance il rétablit la lumière dans la pièce. Il en a abattu deux. La pièce est nue avec un stock d armes dans un coin. Le premier mutant abattu ressemble à un cafard. Il n a pas encore entamé sa rétro métamorphose ; une de ses pattes bouge faiblement. Le second a presque terminé sa transformation. Son visage porte encore le masque du gorille : une puissante mâchoire figée à jamais. Généralement il aime ces moments là. La contemplation de ces créatures glacées à jamais dans une forme rendue encore plus invraisemblable par l interruption de la métamorphose, l interrogation sur leur activité nocturne. Quelles sont les pensées de ces choses Mais pas aujourd hui. Comme sa tension retombe, il perçoit un gémissement. Dans le fond de la pièce dont il s approche prudemment, gît une créature étrange qui hulule de façon continue. Ce n est pas tant la vue du bras ni de la main humaine qui le foudroie : il a reconnu le mémo-pocket de Leslie Drake. Il s agenouille précipitamment, injecte dans le bras un analgésique puissant et panse comme il le peut les brûlures occasionnées par le phaser. Le hululement s interrompt, deux grands yeux liquides le contemplent. Puis la blessure à l épaule se rappelle brutalement à son souvenir et il s effondre à coté de Leslie. * * * La trirème échoue sur la plage de sable noir avec un crissement prolongé. Alex passe une jambe autour du bastingage et plonge entre les rames dans la mer peu profonde pour échapper à la puanteur engendrée par la promiscuité et 20 jours de navigation. La fraîcheur de l eau ne le soulage qu un instant. Le sel et le soleil taraudent sa peau. Les lanières de cuir qui maintiennent sa cuirasse l entaillent également. Il fait quelques pas sur la plage. A sa gauche comme à sa droite les soldats émergent des navires innombrables. Des madriers de bois, des toiles, commencent à être déchargés. Dans quelques jours un gigantesque camp sera établi d où l armée grecque s ébranlera pour punir Troie. Quelques pas encore et il se retrouve au sommet d une petite butte. D un côté la mer, de l autre une campagne. Un paysage qui rappelle le Péloponnèse avec ses champs d oliviers et sa végétation sèche. Un éclat d argent lointain et fugace attire son attention. Il décide de s enfoncer dans la verdure à la rencontre de cet éclair. Peut-être rencontrera-t-il une rivière qui lui permettra de renouveler sa provision d eau douce ou un autel pour remercier Poséidon d une navigation heureuse. Bientôt il rencontre un sentier, signe de présence humaine. Il serre ses armes, sa pique contre lui. Mais il n y a âme qui vive dans la campagne environnante et il continue sa marche paisible dans les oliviers. Puis ceux-ci se raréfient et au détour d un virage, une muraille basse se présente à sa vue. Derrière la muraille une petite colline s élève doucement, un temple s y accroche ceint de pins. Il comprend que c est le reflet du toit qui a attiré son œil. Dans la muraille apparaît une porte qu il ouvre précautionneusement. - 6 -
Elle dissimule une deuxième muraille et une deuxième porte, mais cette fois elle est gardée par un homme gigantesque en arme : son bras gauche porte un bouclier rond immense en argent sur lequel est gravé une chouette. Les jambières sont fabriquées dans le même métal. Une cuirasse en bronze protège sa poitrine. La forme du casque à cimier rappelle l oiseau de sagesse. Il se demande si le temple est dédié à Athéna. Plus que tout, la lance de bronze interminable tenue fermement par la main droite l impressionne. S il faut combattre l issue en sera incertaine et non sans dommage pour lui. Mais le soldat prononce ces mots : «Ton corps n est pas prêt» et il incline sa lance sur la gauche incitant Alex à s aventurer entre les deux murailles. Il marche un peu, pénètre dans une maison basse. On le défait de ses armes, on le lave, on oint son corps d huiles. Enfin, il revêt la robe des mystes. Il rebrousse chemin, retrouve le soldat qui s écarte instantanément et lui ouvre la deuxième porte. Il est accueilli par un hiérophante d aspect sévère qui prononce ces autres mots «Ton esprit n est pas prêt» et qui le mène au temple. C est un édifice gigantesque. La voie qui mène à la porte du temple est ceinte alternativement de pins et de statues. Mais il est bien incapable de les nommer. Il passe entre deux colonnes. Son cœur se met battre précipitamment, chaque pulsation lui semble-t-il a une sonorité métallique. Arrivé devant la grande porte de fer, le prêtre cogne sur celle-ci à l unisson de son pouls. Deux battants s ouvrent. Il pénètre dans la salle sombre. Une femme l accueille. Il n est pas surpris de reconnaître Leslie Drake. Elle paraît plus jeune que dans ses souvenirs. Elle est vêtue d une toge blanche et un court chignon lui donne un aspect sévère. Mais elle lui sourit et l oppression familière qui comprime sa respiration disparaît. Il le lui dit et elle lui répond : Il en sera ainsi tant que tu respecteras ce Temple. Comme si elle lisait ses pensées, elle ajoute : Tu n es pas à Eleusis. Mais nous y célébrons un Mystère semblable. La Graine que nous protégeons ne meurt jamais définitivement mais éclôt lentement. Ils s assoient sur un banc, côte à côte comme autrefois. Au fur et à mesure que ses yeux s habituent à la faible luminosité il prend conscience de l immensité de la salle et du fait qu elle est couverte de gradins. Une foule bigarrée y est installée dans laquelle tous les peuples sont représentés. Il y a là des Cimbres, des Egyptiens, des Grecs, d autres qu il ne reconnaît pas. Mais aucun bruit ne s en échappe. Elle saisit son ouvrage, l Iliade, et il ne s étonne pas de l anachronisme résultant de la lecture d un récit relatant une bataille qui n a pas encore débuté. Que décrit cet ouvrage? lui dit-elle La lutte entre les Troyens et les Grecs Quel en est l enjeu? Une femme et aussi une pomme, se souvient-il Cela te paraît-il un motif valable pour entreprendre une guerre? Je ne saurais me prononcer sur les motivations des Dieux Parlons des soldats. Que savons-nous d eux? Leur nom, celui de leurs parents, leur terre d origine - 7 -
Mais qu est ce qui les distingue réellement ou si tu veux qu est ce qui nous attire en eux? Il réfléchit longuement et il lui dit : Leur mort et leur façon de mourir En effet, et tu remarqueras que chaque mort est différente. Elle ajoute : Nous avons donc des soldats qui s illustrent par leur mort, dont la vie est sacrifiée pour une cause connue des seuls Dieux. Puis : Qu est-ce qui distingue véritablement les Grecs des Troyens dans ce récit? Là encore il réfléchit : La seule distinction réside entre celui qui porte le coup et celui qui le reçoit. Donc pas grand-chose? Et avant qu il ne puisse répondre, elle se lève, marche vers une petite ouverture voilée par un rideau tout en lui posant une autre question : Cette guerre insensée pour des motifs absurdes ne te rappelle-t-elle rien? Elle écarte le voile et une ombre apparaît. C est la forme transmutée de Leslie Drake. Il se lève, fait mime de prendre une pique imaginaire, mais sa main mollit et quelque chose se brise en lui. Il tombe à genoux, puis s avance vers l être informe, l enlace délicatement et fait quelques pas vers la porte du Temple. Alors il se tourne une dernière fois vers la forme humaine de Leslie et lui dit : Ce Mystère que l on célèbre ici c est celui de la Vérité, n est ce pas? Mais comment s appelle ce Temple? Elle lui montre un signe inscrit au fronton : η συνείδηση et lui répond : Le Temple de la Conscience. - 8 -