UN HOMME ET SON BATEAU Points de vue croisés entre un propriétaire et un journaliste C est un septuagénaire toujours vert qui s est offert le premier exemplaire du probable futur monotype du Tour de France à la Voile. Il commente pour Bateaux les évolutions de cette toute jeune série. TEXTE DOMINIC BOURGEOIS, PHOTOS JACQUES VAPILLON A soixante-dix ans, Jean-Paul Péché, concessionnaire automobile vannetais, désormais à la retraite, n a pas fini de nous surprendre à la barre de son JPK 998, premier exemplaire d une série qui vise à renouveler la flotte du Tour de France à la Voile. Jean-Paul Péché, qui a participé au Challenge d Automne 2008 de la SNT (Société nautique de La Trinité), fait le tour du propriétaire. Un confort assez rudimentaire «Les emménagements sont plus que dépouillés. Il y a un petit coincuisine, que nous n avons jamais utilisé : il est plus conçu pour la jauge IRC, qui l impose Il y a aussi un WC chimique sous la couchette double avant. Il n y a pas de plancher car le quadrillage structurel prend de la place : cela ne gêne pas, au contraire, parce que l entretien n en est que plus facile. La quille, brochée par trois gros boulons horizontaux, rentre dans un puits. Il est donc facile de déquiller pour le transport ou pour faire un chantier. Le mât est posé sur le pont pour limiter sa hauteur lors du transport par camion : cela permet de simplifier le mâtage et de n avoir aucune entrée d eau par le pied de mât. Les câbles électriques et électroniques viennent dans une goulette qui passe par l étambrai. JEAN-PAUL PÉCHÉ ET SON JPK 998 98 BATEAUX - mars 2009
JPK 998 Le très grand cockpit est conçu pour faciliter les réglages et pour rendre les déplacements très rapides sur le pont. La structure de quille apparaît très solide et n est pas gênante pour se déplacer. Pas de vaigrage, juste une peinture, car cela condense finalement peu. La couchette avant ne sert pas et on peut envisager la croisière, mais c est plutôt de la balade côtière! Quatre couchettes, mais peu de rangements pour le confort. Avec les toiles antiroulis, on peut matosser le matériel et les voiles, et les ouvertures vers l arrière, sous le cockpit, sont assez grandes pour glisser les voiles au portant. Il y aura certainement des améliorations à apporter pour le Tour de France à la Voile afin de s adapter au cahier des charges. Certes, les finitions sont basiques, mais c est ce que nous souhaitions pour ne pas avoir grand-chose à faire après une régate : c est facile à nettoyer. On stocke les voiles pour ne pas les laisser à bord, et en un quart d heure, c est fini. Le moteur est efficace : Volvo 20 ch en sail-drive avec une hélice bec-de-canard. Cela fonctionne très bien pour les manœuvres, tant en marche avant qu arrière car le bateau est léger. Nous avons eu quelques soucis avec la commande d inverseur Spinlock qui était dure, mais avec du dégrippant, ça fonctionne maintenant. On peut retirer le manche et mettre une manivelle de winch, ce qui évite de prendre un cordage dedans. Le réservoir de gasoil de 75 litres est derrière le moteur, sans jauge, mais comme il est transparent, on sait ce qui reste comme carburant. La consommation est faible (environ 2-3 l/h) avec une vitesse de 7 nœuds à 2 700 tr/min. Le compte-tours et le coupe-circuit sont à l intérieur, ce qui évite les prises d eau. Deux batteries de 75 et 105 A sont suffisantes, la première étant dédiée au moteur. L insonorisation n est pas excellente, mais vu qu on ne fait pas franchement du moteur sauf pour les manœuvres de port. Pas de corne dans la version finale C est un bateau beaucoup plus puissant que son prédécesseur, le JPK 960, surtout avec la grandvoile à corne, qui s avère plus difficile à régler et à manœuvrer. Cela ne nous convient pas vraiment, et nous allons adopter une configuration moins exigeante, en installant un pataras unique, en coupant la corne et en simplifiant le plan de pont. Car, avec la grand-voile à > C EST UN BATEAU BEAUCOUP PLUS PUISSANT QUE SON PRÉDÉCESSEUR, LE JPK 960 Mes anciens bateaux «J ai commencé la voile à 30 ans, grâce à mon fils qui faisait de l Optimist! Mon premier bateau était un Folie Douce sur lequel j ai débuté la régate à La Trinité en 1969! J ai vite compris qu il fallait que je change, et j ai acheté un Super Arlequin. Il était génial, gagnait tout. Mais la jauge IOR changeant rapidement ces années-là, en 1974 j ai eu un Impensable avec lequel j ai fini deuxième de la Half Ton Cup à La Rochelle. Ensuite, j ai acheté un Swan 38 d occasion, puis un Nicholson 33, qui s est avéré très volage au portant, puis le Contention 33, gagnant de la Three Quarter Ton Cup. Tous mes bateaux s appelaient Grégal. Je suis passé sur un Swan 47, l ex-milène de monsieur Mirless, que Jean-Michel et Patrice Carpentier m ont loué pour la Transat Lorient-Les Bermudes-Lorient. Je l ai vendu après quatre saisons à Alain Gliskmann, qui l a utilisé pour accompagner la Mini Transat en 1983, et je le lui ai racheté ensuite après deux saisons sur un Swan 39 pour la Transat des Alizés. Il y eut un One Toner, dessiné par Michel Joubert J ai eu un Swan 411 et un 41 avant un Lévrier des Mers 16 m avec lequel j ai refait la Transat des Alizés avec François Boucher et Loïc Linglois, et l accompagnement de la Solitaire du Figaro. C était un ULDB très rapide en 1990! Enfin, j ai eu un J-92. Super Arlequin Pour la croisière, j ai acheté un Bavaria 38 neuf en 2004, mais cela s est mal passé! La mèche était de travers parce que le palier haut était décalé ; après expertise, le concessionnaire a été obligé d intervenir. Mais il a ovalisé le palier inférieur pour verticaliser le safran : il n était plus aligné avec la quille Après procès, le chantier a dû me rembourser. J ai dorénavant un Bénéteau 50 d occasion : un bateau super avec lequel je me balade avec ma femme, car très maniable en équipage réduit.» J. MERLE mars 2009 - BATEAUX 99
UN HOMME ET SON BATEAU IL VA VITE AU PORTANT MAIS AU PRÈS IL FAUT LE LAISSER PORTER UN PEU PLUS QUE LES AUTRES L intérieur très dépouillé du JPK 998 convient bien au programme de régate à la journée de Jean-Paul Péché. POURQUOI AVOIR CHOISI LE JPK998? ous sommes quatre «Ncopropriétaires : Jean-Pierre Le Baud, Alain Moizan, Jean Dugor et moi-même. Auparavant, nous avions un Figaro-1, puis un JPK 960, que nous avons gardé quatre ans. C était l un des premiers de la série (n 7), une véritable «mobylette» avec laquelle nous avons eu beaucoup de plaisir. Nous avons eu envie de changer, nous voulions aller plus vite. Nous nous sommes tournés vers le JPK 998, car Jean-Pierre Kelbert nous a fait une proposition intéressante : le premier exemplaire. L idée était d oublier la jauge IRC tout en conservant un bateau de moins de 10 mètres, pour des raisons financières mais aussi parce que c est plus facile à entretenir et qu il est plus aisé de former un équipage. Nous naviguons à sept : dans cette version avec grandvoile à corne, il faut un équipier aux bastaques. Notre programme de course est orienté vers La Trinité (Challenge d automne et de printemps, Spi Ouest France), Bénodet (Obelix Trophy), le Crouesty (Grand Prix), peut-être la Semaine de La Rochelle. Nous avons tous les quatre un bateau de croisière. Le JPK 998 est donc uniquement dédié à la course. L été, il restera sur le terreplein, et nous n avons pas l intention de le louer pour l instant, sauf s il devient le bateau officiel du Tour de France à la Voile, ce paramètre étant l une des raisons de son achat pour couvrir les frais annuels. Nous le considérons comme un day-boat et, même s il a été conçu pour le Tour, il convient parfaitement pour nos régates IRC. Nous avons acheté le bateau sur plans : nous avons fait confiance à Jean-Pierre Kelbert et à l architecte Jacques Valer. Nous avions apprécié la qualité de construction et les services rendus par le chantier. Nous avons pu discuter avec eux sur les plans. Le concept du bateau était plus fun que le précédent JPK 960 et, comme la jauge IRC ne nous bloquait pas, la carène et le plan de pont nous intéressaient Après nos premières régates, nous allons travailler pour optimiser le rating IRC, actuellement de 1,117, ce qui est énorme par rapport à son potentiel réel. Nous pensons modifier le plan de voilure pour descendre à 1,080, ce qui nous mettrait en bas de la Classe 1 où se retrouvent First 40, X-41, A-40, etc. Mais nous savons que, sur une banane, nous ne pourrons pas sauver notre rating. Le JPK 998 va vite au portant mais, au près, il faut laisser porter un peu plus que nos concurrents pour avoir de la vitesse, ce qui n est pas bon sur de tels parcours. Il a un meilleur compromis au près qu un A-35 en faisant plus de cap et, au portant, le JPK 998 est plus rapide. Avec 25 nœuds réels, nous naviguons avec le solent et deux ris, mais c est un bateau plutôt typé pour le vent médium, qui marche bien dans les petits airs.» Le budget Il est de 500 /mois (leasing compris) pour chacun des quatre copropriétaires. Le budget annuel se décompose en 2 500 de frais de port, 700 d assurance, 6 500 d entretien, 3 000 de voiles (un jeu complet pour trois ans), et 1 600 pour les inscriptions aux courses. 100 BATEAUX - mars 2009
JPK 998 corne, il y a eu obligation de mettre des bastaques en tête, qui reviennent sur un winch de chaque côté, avec un palan fin de réglage à la main du barreur ou du régleur. C est relativement compliqué mais nécessaire : on a une grand-voile plus puissante au portant, mais plus difficile à régler au près. La comparaison des deux versions semble indiquer que la grand-voile «classique» est plus efficace contre le vent avec un poil plus de cap. La position du barreur est agréable, mais j ai supprimé le cale-pied tubulaire réglable pour mettre un CE BATEAU ADORE LE DÉBRIDÉ- TRAVERS, AVEC SON BOUCHAIN HAUT, IL NE FAUT PAS TROP GÎTER La version sans corne dans la grand voile a finalement été retenue pour la série, car plus facile à régler et plus véloce au près. cale-pied stratifié dans le cockpit. On se prenait trop les pieds dedans ou des cordages s y coinçaient. La position, bien calé à la barre, est agréable. Le cockpit est très grand : à sept, on ne se bouscule pas et, comme la profondeur est réduite, on accède très aisément au pont. Les déplacements sont faciles, mais les winches de génois sont assez bas et il faut souvent régler à genoux. Le piano sur le rouf discret est très simple mais, là encore, les winches sont assez bas : l équipier est souvent mieux placé calé sur la marche de la descente. Toutes les manœuvres sont centralisées avec des réas pour distribuer les cordages indifféremment sur le winch tribord ou bâbord. Seul souci, le retour de hale-bas de tangon frotte sur les tourelles de hale-bas de bôme Les rentreurs de génois sont importants si on veut faire plus de cap, mais à utiliser avec précaution. La bôme est soutenue par deux joncs en fibres de verre pour éviter qu elle ne tombe sur le pont et que, dans le petit temps, elle tende trop la chute de grand-voile. L accastillage est bien dimensionné, même l écoute de grand-voile, qui dispose d un palan huit brins plus un palan fin quatre brins. Peu de re-> Le concept de l architecte, Jacques Valer «Les contraintes étaient la largeur (moins de 3 mètres) pour le transport, et un déplacement de 3,5 tonnes avec la remorque (780 kg). Il fallait respecter la catégorie A en termes de poids soit 2,7 t lège et 3 t en charge pour les courses océaniques type Transquadra. Le programme est un panachage entre les régates autour de trois bouées (comme pour les M-30, ex-mumm 30), les courses côtières en Manche, et les compétitions IRC Tout en pardonnant les erreurs de l équipage dans la brise. Le mot de Jean-Pierre Kelbert (JPK) La construction fait appel à l infusion en résine viny l ester : le pont est en mousse Airex de 80 kg en 20 mm, et la carène en balsa light, un balsa pré-trié de 90 kg/m 3 en 19 mm au lieu de 150 kg/m 3. On utilise des tissus quadriaxiaux, avec des unidirectionnels sur les passavants et, en fond de coque, des bibiais pour toutes les reprises et les varangues. Le fond de coque est infusé avec le reste de la structure : c est un «one shot» qui rend l ensemble plus homogène. La coque pontée, accastillée, et gréée fait 1 350 kg, auxquels il faut ajouter le lest de 1 260 kg. C est une structure plutôt solide, car ces monotypes doivent résister à l usure du temps! mars 2009 - BATEAUX 101
UN HOMME ET SON BATEAU LE POINT DE VUE DES ÉQUIPIERS Eric Duchemin, responsable Z-Spar France. Il y a 11 kilos de moins dans le gréement de la deuxième version, non seulement parce que le profil est moins dimensionné en unidirectionnel de carbone puisqu il n y a plus de corne, donc moins de compression des lattes et surtout un pataras unique, mais aussi parce que nous avons pu diminuer la section du haubanage. Dans la version à corne, il faut que le profil tienne lorsqu il n y a plus de bastaques. La section du profil est la même, avec 30 cm de plus et une potence renforcée en carbone de 35 cm en tête de mât pour permettre de passer un peu de rond de chute sur la grand-voile. Daniel Souben, vainqueur du Tour de France à la Voile 2008. Pour l instant, la version à grand-voile classique apparaît plus équilibrée et plus polyvalente. Il y a quelques petites amé liorations à apporter au niveau du positionnement de l accastillage : les deux winches de génois sont un peu trop reculés, et les passages de drisse sont à revoir car tout semble un peu dur à hisser. C est un bateau qui est beaucoup plus doux et beaucoup plus sain à la barre que le M-30. Il est clairement moins volage et plus performant dans la brise. Le JPK 998 est plus lourd, donc plus stable de route, avec un rapport de lest qui offre une plus grande raideur à la toile. Et il s avère moins gîtard dans les risées. Le cale-pied du barreur n est pas concluant : il faudrait un cale-pied plein sur glissière pour s adapter au gabarit du barreur. Le gréement se tient bien, peut être trop d ailleurs : on pourrait envisager un profil plus souple en longitudinal pour jouer plus sur le cintre. Le bateau étant très doux à la barre, il ne prévient pas quand on est au largue serré : on part au lof parfois, mais on rattrape très vite. C est une habitude à prendre en se focalisant plus sur les perturbations du safran que sur la dureté de barre. Félix Pruvost, laseriste et coureur de haut niveau à l Ecole navale Les deux modèles ne sont pas identiques en comportement à la barre : celui à grand-voile à corne est assez ardent, moins facile à barrer, fait un poil moins de cap, tandis que celui à GV classique est très agréable, très doux, vivant, très équilibré au près. On se croirait quasiment sur un Laser, en moins ardent! Le bateau est sain au portant et un équipier à l avant ne rend pas le bateau incontrôlable dans la brise, au contraire du M-30. Le JPK 998 reste très stable de route : avec 25 nœuds de vent, on a réussi à manœuvrer, à abattre sans aucun souci car le bateau réagit très bien. Il est plus lourd qu un M-30, ce qui le rend plus sain quand il y a du vent mais, en contrepartie, moins facile à faire planer dans le médium. J aime bien le système de calepied réglable car je suis plutôt grand : pouvoir aplatir le cale-pied permet d ajuster sa position assise. J étais moins à l aise, le dos un peu cassé, avec le cale-pied stratifié fixe de la première version. Le réglage de l écoute de grand-voile est facile grâce au palan fin, mais si cela permet à n importe quel gabarit d être régleur, c est un peu plus long pour border à cause de la démultiplication. Il n y a pas d effort physique à faire, contrairement à un M-30. Les points de tire des rentreurs apparaissent un peu trop avancés et le réglage n est pas facile car il faut reculer beaucoup les rollers d écoute de génois : il faut revoir leur positionnement ainsi que celui des winches, trop reculés. Le JPK 998 est moins véloce dans la brise au portant qu un M-30 : nous avons pu monter jusqu à 15 nœuds sous spi dans 25 nœuds de vent réel alors que le monotype du Tour serait monté à 17 nœuds. Pierre-Loïc Berthet, vainqueur du Mondial M-30 2005 à La Trinité La nouvelle version à grandvoile classique est mieux aboutie, plus efficace, plus agréable. Le bateau est sain, cohérent. Il va falloir arrêter de le comparer à un M-30 qui, malgré ses dix ans, reste au top en termes de performances! C est un bateau plus grand, plus lourd, plus sain que le M-30, mais également moins exigeant. Pour le Tour, il y aura une remise à niveau de l ensemble des équipes : tout le monde partira sur un voilier récent, identique, où le seul paramètre évolutif sera le jeu de voiles. Je ne suis pas spécialement pour le spi asymétrique, parce que les conditions sur un Tour ne sont pas toujours très favorables à cette configuration, pas évidente dans le petit temps couvrement sur les génois à cause du haubanage sur le livet de pont. C est un bateau qui adore le débridé-travers et, avec son bouchain haut, il ne faut pas trop gîter, environ 15-20 maxi : le bateau s appuie très vite dessus, ce qui limite la tendance à saluer la risée. Ce n est donc pas un bateau trop technique mais qui reste très rapide sans être une savonnette. Le fait d avoir reculé la quille dans la nouvelle version augmente la stabilité de route au portant, grâce à des formes assez pleines devant et larges à l arrière avec un rapport de lest élevé. Le JPK 998 est aussi un bateau destiné à des propriétaires, comme le J-105, mais en plus léger, plus fun : un voilier bien adapté aux courses du RORC où les bords de débridé sont courants. Ce n est pas un bateau de croisière : il est juste conçu pour une sortie du week-end en balade côtière. C est en fait une unité à mi-chemin entre la jauge IRC et l Open, conçue aussi pour faire les courses au large comme la Fastnet Race car elle aime bien le vent de travers. Et comme le récent cahier des charges du Tour de France à la Voile impose un spi asymétrique, un bout-dehors va être installé. La question est de savoir s il sera orientable ou dans l axe, mais toujours rétractable. De fait, l adoption du spi asymétrique change un peu la donne en termes de répartition des tâches à bord. Et le rating IRC devrait descendre à 1,080.» Peu de différence de vitesse au portant entre les deux versions. La voilure «classique» (au second plan) a l avantage de la facilité. 102 BATEAUX - mars 2009
JPK 998 9,98 m 2,98 m Construction en sandwich Airex/ balsa-light avec résine vinylesterpar infusion Illustrations Thierry Florentin Le vrai prix du JPK 998 Prix standard : 118 960 (sans voiles). Ici, pas d options, le bateau étant strictement monotype. Modifications apportées à la deuxième version : +30 cm de mât, -3 m 2 de grand-voile, -11 kg de mât, -130 kg de quille, lest reculé de 20 cm, voile de quille plus large en haut (trapézoïdale) mais de même surface. ÉLÉMENTS DE COMPARAISON JPK 998 M-30 GRAND SURPRISE Longueur de coque 9,98 m 9,43 m 9,54 m Longueur de flottaison 9,50 m 8,40 m 8,93 m Bau maxi. 2,98 m 3,08 m 2,98 m Tirant d eau 2,15 m 2,10 m 2,05 m Déplacement lège 2700 kg 2069 kg 2650 kg Lest 1260 kg 906 kg 1050 kg Hauteur du mât 14,50 m 14,80 m 12 m Surface de grand-voile 38 m 2 35 m 2 37 m 2 Surface du génois 26 m 2 21 m 2 28 m 2 Surface du spinnaker 95 m 2 64 m 2 65 m 2 Surface spi asymétrique 105 m 2 72 m 2 95 m 2 Moteur Volvo D1 Yanmar Lombardini 13 ch sail-drive 10 ch 11 ch Réservoir gazole 75 l 35 l 25 l Architecte Jacques Valer Bruce Farr Joubert & Nivelt Constructeur JPK Composites Caroll Marine Archambault Matériau verre/mousse/ verre-carbone/ verre/polyester vinylester mousse/époxy Catégorie de navigation A C C Année de lancement 2008 1994 1999 Essai dans Bateaux 467, 508 503, 508 LES COMMENTAIRES DE BATEAUX En construisant deux exemplaires alors même que le concours pour le Tour de France à la Voile n est pas encore engagé (dépôt des avant-projets le 31 janvier ; choix du nouveau monotype le 31 juillet), le chantier JPK Composites a pris des risques mais le résultat est tout à fait concluant, du moins dans la version à grand-voile classique, un peu moins véloce au débridé mais faisant plus de cap au près face au gréement à corne. Points forts : sans conteste son comportement à la barre, ses performances dans toutes les conditions, l ergonomie de son grand cockpit, la simplicité du plan de pont, la robustesse de la construction et la quille facilement déboulonnée. Points faibles : peu nombreux, ils concernent plutôt la version à corne, plus compliquée à faire marcher et demandant un équipier dédié uniquement aux bastaques. Il faut toutefois reprocher l absence de taquets (rétractables) d amarrage car ce n est tout de même pas très sain d amarrer un bateau uniquement sur ses balcons! L impératif d un spi asymétrique ne nous semble pas très adapté à un programme polyvalent, surtout quand il faudra faire du vent arrière dans les calmes de la Méditerranée Très sain, vif, marin, réactif, évolutif, le JPK 998 est particulièrement agréable à barrer, facile à manœuvrer et s avère tout à fait dans l esprit des performances du M-30, en moins volage et en un peu moins rapide. mars 2009 - BATEAUX 103