Le Coucou Numéro 3 LE JOURNAL LES AMIS DE EDITORIAL De Patrick Combaluzier ROCHEBRUNE, Pâques 1972 Voici 37 ans, je découvrais ce petit village et je compris ce jour là que j avais trouvé la terre que je cherchais désespérément. Cet engouement n a jamais cessé. Le village a beaucoup changé, une poignée de pionniers ont relevé les ruines et ont continué à l embellir. L action s est poursuivie dans le temps par un travail associatif très présent, le résultat est là avec la bonne volonté et la disponibilité de nombreux habitants qui viennent d horizons différents mais tous animés de la même passion pour l embellissement du village et le partage des moments de convivialité. A écouter et lire les nombreux messages laissés par les visiteurs et les randonneurs dans les cahiers de notre église, le bonheur n est pas la possession mais dans le partage, tous nous encouragent à continuer notre action. Ici je vis, je suis et j aime. 1
historique de Extrait de l œuvre de Henri Bouyol LES BERGES DU CŒUR avec son aimable autorisation Le Pontet, le 2 mars 1996 Suite et fin du Coucou N 2 Petit Auguste, Petit Gugut Je ne peux pas quitter les contrées de Rochebrune sans évoquer ton souvenir. Je ne connais pas ton histoire, mais tu es le seul, à part les filles, Christiane, Pierrette et Paulette, dont je me souviens. Tu étais déjà atteint, l index de la main droite était déjà plié en deux, recroquevillé sur ta main à force de le sucer, de le mordre. Marraine a tout essayé Moutarde, poivre et je ne sais quel autre produit pour t empêcher d être handicapé de la main Nous étions bien seuls dans ce village. A part nous, les enfants abandonnés par l amour, il y avait aussi une petite de la D.A.S.S. élevée par un couple Il y avait aussi les enfants de l instituteur ; et puis c était tout. Rochebrune était un concentré de malheurs dont on se demandait si on en sortirait un jour. La classe unique était clairsemée; l instit, devant le gros poêle à bois, nous faisait la classe, mais je n ai pas l impression d y avoir appris grand-chose. L instit n y était pour rien. Tous les jeudis, on quittait Rochebrune et on descendait à travers champs à Sainte-Jalle pour aller au catéchisme. Jour béni, jour de liberté. Sainte-Jalle est un petit village ; pour moi c était la grande ville ; le dimanche, on y retournait pour la messe. Et la vie s écoulait lentement Bien des années plus tard, je revins à Rochebrune avec André, mon parrain adoptif. Tout était désert ; les ruines du village étaient devenues de belles demeures rénovées ; seules les maisons que nous avions habitées étaient en ruine, laissées à l abandon. Marraine n était plus là ; l école ayant dû fermer Henri 2
ACTIVITES DE L ASSOCIATION DES AMIS DE COMPTE RENDU POUR L ANNEE 2008 Par Françoise Combaluzier Coup d envoi des activités de l association «Les Amis de RO- CHEBRUNE» débute le 1 mai avec l arrivée de nos amis les Schtroumpfs et leur association sportive (pour personnes mentalement handicapées) pour 4 jours avec au programme une chasse au trésor par équipe sur la commune, un repas de bienvenue, un concours de pétanque en équipe mixte, une soirée raclette servie par nos invités. L ambiance fut comme toujours très chaleureuse et enrichissante avec la promesse de nous rendre à notre tour rapidement en Suisse pour qu ils puissent nous faire découvrir leur beau pays. Il est à noter que Céline Martin, résidente du village et éducatrice spécialisée au foyer CLAIR MATIN nous a rejoint avec son groupe cette année pour participer à la manifestation. Fin mai début juin 2008 nous commençons enfin les plantations dans le village pour notre concours des villes et villages fleuris, le printemps fut très pluvieux et froid l année dernière. Nous privilégions les plantes vivaces à faible demande d eau, les jardinières de la place du bicentenaire sont garnies de géraniums et d œillets d Inde que nous avions gardés, l allée menant au cimetière et les bacs à fleurs sur le mur d enceinte sont fleuris de bégonias rouges et roses. Déjà le mois de juillet et nous nous empressons de préparer la fête votive pour le 26 et 27 avec un repas animé par le groupe «PAGAILLE» le samedi soir, un vide grenier, un marché provençal et artisanal le dimanche matin et enfin notre fameux concours de boule. Arrive le mois d août et un peu de repos pour nos bénévoles sauf pour les volontaires à l arrosage, le village est magnifique cette année et il faut tous les remercier. 3
Septembre et le temps des vendanges revient avec la fête de la Saint Michel, notre saint patron, nous convions tous les habitants de la commune à partager une paella et à assister à l assemblée générale de l association. Octobre, nous envisageons déjà la prochaine fête votive, les petits travaux d aménagement autour de l église, la fabrication d un tableau pour protéger le système électronique des cloches qu il faudra remettre en route. Novembre, nous mettons à l abri tous les géraniums et autres plantes que nous pourrons conserver. Nous fleurissons le monument aux morts et l entrée du cimetière comme à l accoutumée. Décembre, nous organisons une journée nettoyage dans le cimetière avec au programme rafraîchissement des noisetiers, arrachage des vieux romarins et taille de la haie descendant la grande rue. Sur la place du bicentenaire, nous replantons deux tilleuls à la place des érables morts. Enfin nous nous attaquons à la rénovation des guirlandes et autres illuminations pour les fêtes de fin d année. Fin décembre sous l impulsion de Gérard Fontaine et de notre président Michel Berte, nous convions les habitants de la commune à un vin chaud dans l église pour un moment de retrouvailles. Fort du succès de cette manifestation où plus de quarante personnes étaient présentes, nos efforts sont chaleureusement récompensés et nous encouragent à multiplier ces initiatives. Nous rappelons que l association et l ensemble de ses bénévoles œuvrent toujours dans l intérêt de la commune en parfait accord avec Mr le Maire. Nous comptons sur vous tous, habitants et adhérents de l association, pour que l année qui s annonce soit aussi riche d événements et de belles réalisations. 4
Les Petits dictons populaires d Evelyne Andrieu Le mois de février se termine et qu il fût long ce court mois de février. 28 jours de froid, de neige, de température négative, de pluie glaciale, de vent sournois et de timides rayons de soleil. Mais réjouissez-vous rochebrunois, vous n avez pas souffert et enduré pour rien. Vous allez récolter les fruits de vos douleurs. Pour confirmer mes dires je vous livre quelques dictons glanés ça et là, au gré de lectures, tirés de la sagesse populaire et surtout de l expérience. S ils se confirment nous pouvons en attendre que des jours meilleurs. Bon mois de mars à tous. «Si tu tailles en février tu mets ton raisin dans ton panier» «Si février n a ses bourrasques, tous les mois feront des frasques» «Février trop doux, printemps en courroux» «Mars, avril ne te découvre pas d un fil» «Mois de mars, mois des fous» 5
Quelle mauvaise réputation pour ces premiers mois du printemps. L hiver est encore là et n y est déjà plus. Les beaux jours s installent, les mauvais font de la résistance ne voulant pas céder du terrain trop vite. Voyons si cette instabilité climatique sera de bonne ou mauvaise augure pour les mois à venir. «Quand mars gris, avril pluvieux font l an fertile et plantureux» «La pluie le vent et les parents après trois jours sont embêtants» «Taille tôt, taille tard, rien ne vaut taille de mars» «Quand mars se déguise en été, avril prend ses habits fourrés» «Soit au début, soit à la fin, mars nous montre son venin» DOCUMENT HISTORIQUE Ce document est un extrait d un testament de André MAURE né à Pertuis en 1770. Cet André MAURE est parti pour l île Maurice en 1791 à l âge de 22 ans où il est devenu négociant et homme politique. Il a écrit «Souvenirs d un vieux colon» Livre renfermant tous les évènements qui lui sont arrivés depuis 1790 jusqu'en 1837, époque du bill d'émancipation des esclaves, il est dédié à Sir Walter Minto Farquhar. Sur l extrait de testament ci-dessous on peut lire qu il a légué : «cent piastres au village de Rochebrune près de Nions en Dauphiné où j ai été élevé par mon oncle Richard curé du village». Extrait envoyé par sa descendante Madame Marie-Hélène Oliver depuis le Somerset en Angleterre. 6
Origine des cloches de Pâques Cette tradition prit naissance lorsque vers le VIIe siècle, l'eglise interdit de sonner les cloches en signe de deuil entre le Jeudi Saint et le Dimanche de Pâques pour commémorer le temps qui s'écoula entre la mort du Christ et la résurrection. Les cloches «partent» donc pendant cette période. Pour le voyage, les cloches se munissent d'une paire d'ailes, de rubans ou sont transportées sur un char. Les enfants ont beau regarder dans le ciel, ils ne parviennent jamais à voir ces fameuses cloches de Pâques. A Rochebrune, les cloches sont revenues toute pimpantes sonnantes et gaies, réparées le lundi de Pâques par la main experte d un artisan Monsieur Mr Granier d Herepian dans l Hérault (photo) venu tout exprès pour cette tâche sur la demande du Président Michel Berte. Mais savez vous l origine des cloches? (de la Chine aux clochers des églises) Dès que l'homme sut créer des vases en argile, il se rendit compte qu'en les heurtant, ceux-ci produisaient un son; il avait inventé la cloche. La cloche est certainement l'un des premiers instruments sonores créés par l'homme. On trouve ainsi des cloches de bois réalisées par quantité de peuplades primitives. Un document chinois daté de 2260 avant Jésus-Christ rapporte que l'empereur Hoang-ti fit fondre douze cloches. Des cloches de bronze datées de 1100 avant J.C. ont été retrouvées en Chine. Le plus vieux carillon date de 500 avant Jésus-Christ. Composé de 65 cloches, il était également d'origine chinoise. VISITEZ le site internet www. rochebrune-drome.fr 7
La Chine est donc le berceau de la cloche. Cette technique se répandit aux Indes, puis via les vallées du Tigre et de l'euphrate en Egypte. La cloche gagna alors le monde méditerranéen où sa présence est attestée vers 700 avant J.C. Les Grecs et les Romains s'en servaient notamment pour réveiller les esclaves et les appeler. La cloche pénétrera en Gaule et c'est principalement l'eglise catholique et plus particulièrement les moines qui vont en faire un instrument religieux. St Patrick emmena en Irlande (vers 440) de nombreux évêques mais également des fabricants de cloches. Celles-ci étaient en fer brazé et devaient être frappées par un maillet. La cloche servait essentiellement à appeler les moines aux offices religieux. La mention du premier clocher apparaît en 735. Charlemagne ordonne que les prêtres fassent sonner les cloches à certaines heures du jour et de la nuit (801). En 817, il fut décidé que chaque église paroissiale devait être munie d'au moins deux cloches. Mais connaissez-vous ses usages variés La cloche ne servira pas uniquement à appeler les moines aux offices. Elle devint rapidement un instrument de communication. Le pouvoir civil s'empara donc également de la cloche et l'on construisit des beffrois car les cloches permettent d'informer rapidement la population. Annoncer l'heure à tous : jusqu'il y a quelques siècles, la majorité de la population ne disposait pas de moyens pour mesurer le temps. La cloche constitua donc un progrès important car elle permettait à chacun, qu'il travaille en ville ou dans les champs, de connaître l'heure. Des sonneries particulières indiquaient la fin de la journée (le " salve "), le couvre-feu, etc. 8 Un signal pour rassembler la population : la cloche va pouvoir informer instantanément la population lors des sinistres, des incendies, des invasions et de toutes sortes de périls (le tocsin). Elle avertit aussi les citoyens des assemblées du Magistrat, des passages de troupes, des fêtes. Un instrument de repérage : on avait coutume jusqu'à une époque récente, durant les soirées de tourmente, l'hiver, de sonner les cloches pour guider les voyageurs attardés ou égarés dans la neige ou le brouillard. Ainsi, par exemple, la cloche de la Baraque Michel sonnait inlassablement dans la brume et sauva de nombreux voyageurs égarés. Avant l'invention des phares, la cloche servait aussi à guider les marins à travers les rochers de la côte.
Les cloches installées aux passages à niveau signalaient aussi le danger que pouvait représenter l'arrivée d'un train. Participer aux événements exceptionnels : lors de la venue dans la commune d'une célébrité ou d'une haute personnalité, on a l'habitude de faire sonner les cloches. Le 2 octobre 1990, à minuit, toutes les cloches de Berlin ont été mises en branle à l'occasion de la réunification de l'allemagne. La sonnerie du glas : les premières attestations de la " cloche des morts " semblent remonter au VIIIe siècle. La sonnerie est constituée d'un nombre fixe de coups. Ce nombre varie avec la condition sociale du défunt (et les sommes payées par les familles). La sonnerie permettait, de distinguer un homme d'une femme, un enfant d'un adulte et même son origine géographique (trois fois trois coups puis la grosse cloche pour les hommes, deux fois trois coups puis la " grande " volée pour les femmes). Son but est donc d'annoncer à toute la communauté la mort d'un de ses membres. Les cloches et la grêle Selon la tradition, les cloches éloigneraient la foudre, la grêle grâce à leurs sonneries. Chacun sait combien les gens de la terre craignent les orages dévastateurs des récoltes, la grêle qui ravage les vignes. Dans de nombreuses régions, il y a encore quelques années, les agriculteurs pensaient que les cloches avaient le pouvoir d'éloigner les orages. Ainsi, la cloche porte parfois le nom de " Sauveterre ". L'origine de cette croyance est à associer avec le pouvoir symbolique des cloches, lien entre le ciel et la terre, voie de Dieu. Faire sonner les cloches, c'est en quelque sorte lancer vers Dieu une prière demandant d'épargner les hommes. On essaya ensuite de justifier par des raisons scientifiques (les ondes sonores déchirent les nuages) cette ancienne croyance. Cette sonnerie créa pas mal de conflits entre les villages; les uns accusant les autres d'avoir repoussé l'orage sur leurs terres. On s'est cependant aperçu de l'efficacité très relative de ce pouvoir et surtout du danger qu'encourait le pauvre sonneur. En Allemagne, en l'espace de 33 ans, on constata, vers 1750, que la foudre était tombée sur 386 clochers et que 121 sonneurs avaient été victimes de leur imprudence, tués ou commotionnés en sonnant sous le tonnerre. Le paratonnerre, faut-il le dire, n'avait pas encore été inventé. La cloche peut cependant servir indirectement à prédire le temps. Celui qui entend le son des cloches d'un village voisin peut savoir d'où vient le vent et dire s'il annonce la pluie. La cloche sert aussi d'indicateur en cas de tremblement de terre. Elle permet de déterminer la direction des ondulations du sol. Article de Pol Jehin relevé par Gérard Fontaine 9
Dessin de Christiane Daudier A vous le geste propre! Opération coup de poing! Oui, mais lequel choisir? Les blagues du Coucou Un couple de randonneurs de Rochebrune, que nous ne nommerons pas par simple respect, marchent au sommet de la Vanige. La femme qui n avait pas arrêté de parler dit: - Chéri, ce paysage me laisse sans voix! - Parfait, nous campons ici! * Le même mari un peu plus tard : -C'est décidé, chérie, pour tes 50 ans, je t'offre une randonnée dans l Himalaya! - Ah ça alors! Et pour mes 60 ans, tu sais déjà? - Oui, je viendrai te rechercher! * Dans la brousse épaisse, en Afrique, loin de toute civilisation, un sorcier se démène sur son tam-tam: - Qu'est-ce qui se passe? lui demande un touriste de passage. - Nous pas eau depuis longtemps, explique le sorcier, moi lance appel détresse! - Et toi, puissance du ciel t'entendre et faire tomber pluie? - Non, non, moi appeler plombier Dédé! 10 VISITEZ le site internet www. rochebrune-drome.fr
Fin d année 2008 à Rochebrune Malgré la température hivernale, ce dimanche 28 décembre, tous réunis en l église Saint-Michel préalablement chauffée, un vin chaud était offert par l Association et concocté par le spécialiste du genre, Gérard Fontaine, ainsi que de nombreux toasts bien garnis préparés par ces dames, une musique liturgique en bruit de fond, il n en fallait pas plus pour que les nombreux invités passent un moment agréable. Mais voilà qu arriva le 31 décembre. Pour ce réveillon, les familles Berte Michel et Olivier, Boucquiaux et un couple d amis, Fontaine, Andrieu, Gonon, Combaluzier, Daudier et André Lenoir, s étaient donné rendez-vous à la mairie, salle du cadastre aimablement prêtée pour l occasion par le Maire Valéry Liotaud, pour finir cette année 2008 ensemble. Un apéritif avec de multiples variétés de toasts ouvrait les festivités. Dans cette ambiance chaleureuse et conviviale, suivait une raclette avec ses pommes de terre, charcuterie et condiments. L heure avançait et c est sur les douze coups de minuit que la surprise du chef (le Président) fit son effet, un feu d artifice tiré depuis la place du Bicentenaire émerveilla les convives. Chacun alors se souhaita les meilleurs vœux pour la nouvelle année qui venait de commencer, même Yvan qui réveillonnait à la Césarine avait fait le déplacement pour nous souhaiter une bonne année. Certains même auraient entendu des coups de fusils. Et pour débuter cette nouvelle année, le dessert nous attendait, bûches glacées, chocolats, orangettes et j en passe, le tout arrosé d un bon Champagne. Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, c est aux alentours de une heure du matin que tout le monde se sépara dans la bonne humeur. Lucien Andrieu 11
Les Annonces des amis Décès de Raymond Ducrey en septembre 2008 Décès d Aimé Gonon la nuit du 1er au 2 mars 2009 12 Naissance : Eva Eysseric née le 11 décembre 2008, le grand bonheur de Sandrine et Jean-Noël : une petite belette est née Trois mariages seront célébrés en 2009 à l Eglise Saint-Michel à Rochebrune FETE DE ROCHEBRUNE 25 et 26 JUILLET 2009 Exposition de photos en l église Saint-Michel fin juillet début août 2009 FETE DE LA SAINT-MICHEL 26 SEPTEMBRE 2009
Le 30 décembre 2008 c est la Transhumance d hiver entre Châtillon-en-Diois et Châteauneuf-de- Bordette. Un troupeau de 400 bêtes traverse le territoire de Rochebrune du nord-est au sud-ouest arrivant par la route de Sainte-Jalle et se dirigeant vers le col des Lantons. Les habitants sortent de leurs maisons pour admirer et photographier le travail des bergers et des chiens accompagnant le troupeau. Une marée laineuse se déverse lentement sur le bitume jusqu à former un long serpentin mouvant et tintinnabulant. La mer du troupeau et derrière, le hâvre de Rochebrune Patous en tête de leur troupeau sur la route du Col des Lantons 13
Reportage, rando EN SOLITAIRE à Sainte Cécile au Montlaud par Gérard Fontaine Des ornières inégales me mènent aux adrets des collines. Je traverse des roches en mouvement, des ronciers dégagés. Ce versant est encore à l'ombre. Les roues des engins, les pas des chevaux ont tracé ce chemin. Le passage des hommes, celui des bêtes, ont creusé ces sillons. Entre les murs d'yeuses, le temps me retient et mon exode est lent. J'avance en faisant craquer la caillasse, une grive me répond. La terre jaune est encore humide là où le soleil n'est pas encore parvenu, mais bientôt les lézards paresseront dans leur berceau de chaleur. Les cultures s'éloignent, reculent vers le large de la plaine. Les vignes s'enfouissent derrière la chênaie. En bas s'étire un mas d'où me parviennent encore les heurts rythmés d'une hache et puis l'écho des multiples tintements s'estompe dans le bruissement des frondaisons. Je délaisse enfin les derniers domaines ensemencés. Le village est déjà très loin. L'ébauche du jour à résolu l'énigme de la nuit. Une croisée de sentiers m'offre de redescendre vers la cluse ou de grimper vers les ruines du monastère de Sainte Cécile. Une course de lièvre - j'ai dérangé son sommeil - trace une ligne d'écume vers la crête et me suggère de la suivre, de poursuivre mon ascension par les broussailles. Là, la pente se durcit, des buses tirent des traits contre les rares nuages. Au loin la teinte des lavandes s'est mue en janthine, en zinzolin. Des fumées fines lancent des serpents blancs dans l'azur. Les traits d'un pinceau d'air couchent les verts en ingénieuses superpositions. Les cirrus diluent le dôme bleuté du ciel. Mes pas se font plus lents, mon souffle s'accorde au souffle de la montagne. L'inclinaison va crescendo, mon cheminement traverse quelques écueils : des troncs d'arbres abattus, des affaissements, des ronces. Passée l'assise de l'altière paroi, après les éboulis, c'est par une coulée que je m'acharne à poursuivre le périple entrepris. Les buis se sont inclinés vers le fond des fossés, ne reste que le thym imprégnant un léger mistral et quelques rares arbustes disséminés. J'aperçois aussi les anciennes trace d'un troupeau, en transit, cherchant herbage plus abondant. Là je gravis difficilement les marches de marne, je contourne les rondes-bosses de calcaire et les sentinelles froides, sculptées là par une érosion esthète. 14
Etranglé entre ces géants aérolithes la trouée se rétrécit encore. Il me faut passer le haut du corps, m'aider des bras, m'appuyer sur une corniche pour franchir les dernières mesures du roc, pour arriver au but de ma virée. Alors m'apparut un grand champ sauvage, parsemé de fleurs dorées. Une grande mer mouvante d'herbe, d'odeur et de vent. Une marée douce capturée par la scène de ce belvédère. Comme un grand lac encerclé sur trois côtés par une arrogante barrière de roches. Jadis une chapelle s'érigeait là, des moines y vivaient, demeurant dans des grottes taillées grossièrement. Ils étaient les gardiens de ce plateau culminant, inaccessible alors au commun des gens. Quelques blocs travaillés racontent encore le passage de ces ascètes des siècles passés. Il ne reste que la mémoire des aigles pour évoquer ces faits et l'ombre de Jean Giono, marchant en lisant, survolant en éblouissant périple le souvenir du lieu. Son glorieux chant pastoral inspire mes églogues. Au sud le pré se jette dans un vide considérable avec un vacarme de vent, une agitation transparente, tourbillonnante. En se penchant on embrasse le tréfonds de vallées où s'assoupissent de toutes petites fermes ambrées. Très au dessous, de minuscules pistes mènent à des combes sombres, à des étapes lointaines, vers le Rhône. L'Ouvèze ébauche un cordon argentine serpentant entre les méandres des gorges d'ubrieu. Les cyprès ponctuent le tableau de virgules de charbon. Des gîtes de pierre bornent les terrains ocres où je devine la présence d'hommes à la tâche. Plus loin des collines s'accoudent sur le bombement du Ventoux et les Dentelles de Montmirail, à l'horizon, chantournent une vapeur lointaine. 15
Aux trois autres points cardinaux de cette verdure, ce ne sont que fracas de roches dont les pointes fixent la voûte céleste. Seul le gypaète connaît les flèches de cette cathédrale. Quelques rachitiques plantes ont été ensemencées par le vent. Par une trouée j'aperçois, au delà des remparts escarpés, un pays qui vibre, celui de Barjavel, et d'autres vallées resserrées, menant vers le nord. Elles ondulent comme une vaste peau frissonnante qui retient dans ses plis les hommes, les bêtes. Je reconnais les cimes qui cernent ce pays, et les cols qui mènent vers la Haute Provence par des lacets de route accusant profondément le flanc des monts. C'est un pays qui garde des secrets très âgés, des mythes et des légendes dont la résonance me parvient. Le bucolique laisse la place ici à la réalité. La dureté des travaux éteint les regards, les gestes sont mesurés, les sourires retenus. On économise ses mots. Là aussi les hommes peinent, ils ont les mêmes rides que leur terre et des mares s'expriment dans leurs yeux. C'est cette campagne que j'aime découvrir en suivant le relief du val de l'ennuye. J'y vois les marnes coiffées de pâtures, les cachotteries des pierres, les plaques granitiques superposées et puis les blessures profondes que les rieux ont marqué. J'y vois surtout le reflet d'un bonheur qui s'est imprégné en moi quand j'ai parcouru du coeur ce nid d'aigle, quand j'ai vaincu ce doigt dressé de la Drôme d'où il me semble que j'administre le monde. 16
Echos de Saint Michel (Extraits du Livre d Or de l église) Florissant paysage, silence, sérénité, qualités primordiales pour des citadins qui si souvent oublient les beautés de la nature. C est une approche vers Dieu. J. V. Paris 22.06.1984 Merci! Que cette adorable église soit ouverte à tous, elle nous invite à la prière en plus ce village est un havre de paix Loug Pascal. Juin 1989 Village très éloigné à l accès pas facile, mais quel point de vue! Quel bel emplacement aussi pour la maison du Seigneur! Jacob P.O 69 Ste Foy lès Lyon 31.10.1983 17
Statistiques météo de Michel Berte Températures ( C) Max 25 20 15 10 Min 5 0-5 -10 Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre Précipitations (mm) 30 25 20 15 10 5 0 Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre 18
PESTICIDES, SUBSTANCES DANGEREUSES extrait des «épines drômoises» Partout, l homme est exposé aux pesticides. On retrouve des résidus de pesticides partout, dans l air ambiant, dans les sols, dans les rivières, lacs, dans les nappes phréatiques, dans les aliments. Une étude menée par Lig air en 2002 dans la région d Orléans a montré la présence de 18 substances actives dans l air. En Rhône-Alpes, La Direction régionale de l environnement à répertorié 177 molécules différentes d herbicides dans les eaux superficielles et 45 dans les eaux souterraines. La toxicité pour l homme A des doses mêmes faibles les pesticides peuvent être toxiques pour l homme. Quand les troubles surviennent immédiatement après l exposition au produit, on parle de toxicité aiguë. Elle se manifeste par des irritations cutanées, des nausées, des vomissements ou des troubles neuro-musculaires. Si les troubles de santé apparaissent des mois ou des années après une exposition répétée aux pesticides, on parle de toxicité chronique. Celle-ci est difficile à évaluer car elle résulte de plusieurs paramètres : accumulation des substances dans l organisme, synergie entre molécules, sensibilité de la personne, etc. 19
Combinés, ces paramètres peuvent aboutir à des altérations du système immunitaire, des perturbations endocriniennes, des maladies neurologiques, des cancers. A lire : Dominique Belpomme, cancérologue à l Hôpital Pompidou, d énonce dans son livre «ces maladies créées par l homme» la présence de résidus de pesticides dans les aliments qui, selon lui, augmentent le nombre de cancers chez les sujets jeunes et âgés. La toxicité pour les animaux Les intoxications aiguës et chroniques touches les animaux sauvages : hécatombes d oiseaux et de poissons, empoisonnement de chauve-souris, disparition d abeilles, etc. Le savez- vous? On trouve des molécules de pesticides même dans la graisse des ours polaires. Les animaux domestiques sont aussi victimes d empoisonnements, parfois accidentels provoqués, par les granulés anticoagulants destinés à la lutte contre les rongeurs. 20
La toxicité pour les plantes Selon une enquête réalisée en 2000 par la Direction générale de la consommation et de répression des fraudes, 60% des échantillons de fruits, légumes et céréales prélevés contenaient des résidus de pesticides dont 7% à des teneurs supérieures aux maxima autorisés. Précautions à prendre en cas d utilisation Si vous devez utiliser des pesticides, veillez à acheter uniquement des produits portant la mention «emploi autorisé dans les jardins». Seuls les produits portant cette mention sur l emballage sont désormais utilisables. Cette indication assure que le produit ne sera pas classé T+ ( très toxique) ou T (toxique). Par mesure de précaution, portez un masque et une combinaison de protection. Le savez-vous? Il existe aussi des pesticides biologiques, ils ne sont pas sans innocuité. Article relevé par Michel Berte 21
Comment et quand sommes nous venus, nous les Foessel, à Rochebrune. Je suis une "tousseuse". Nyons avait la réputation d'un climat bénéfique au bronchitiques. En 1967, nous sommes partis trois ou quatre jours pour trouver une maison de vacances pas trop chère. Nous avons sillonné la région et consulté les affiches des agences. Vivant à l'époque à Saint Etienne, nous voulions passer nos vacances dans un village tranquille. Rochebrune, ce village en forme de bateau, nous a plu tout de suite. Quand nous avons vu la maison, notre maison, nous avons eu un coup de coeur. Pourtant le four à pain qui fait une partie de son charme, était caché par des planches et noirci. Nous avons signé l'acte de vente en février 1968, et, sans le vouloir fait une affaire, car après "les événements" de mai, les prix avaient presque doublé. Nous avons écrit au maire, monsieur Mielle, qui nous a répondu par une lettre charmante d'accueil (à cette époque, on écrivait un français châtié). Au village même c'était le seul habitant permanent. Il vivait, comme l'a écrit Jean Barzic, de la chasse, des truffes. Sans moyen de transport, il allait encore à pied au Buis. Le village était désert, des maisons ouvertes semblaient abandonnées, et l'église menaçait ruine. Une autre maison se reconstruisait près de chez nous, celle des Raillard qui consacraient leurs congés à de gros travaux de maçonnerie. Rochebrune, pour nous, c'était et c'est toujours le soleil, le silence, le chant des oiseaux et des cigales, un air pur et vivifiant, bref pour des citadins un hâvre de paix. Le village s'est construit, transformé. Il est habité et fleuri. Les cloches de l'église scandent les heures du temps qui passe, calme et tranquille. Jeanine Foessel 22
Recettes de cuisine du Moyen Age proposée par le cuisinier Taillevent en 1373-1380 Civé d'oïstres (Civet d huîtres) Eschaudez les et les lavez bien, et frisiez en huille, et puis prenez pain hallé, purée de poys ou de l'eaue des oïstres où elles auront esté eschaudées ou d'autre eaue boullue chaude, et du vin plain, et coullez; puis prenez canelle, gingembre, girofle et graine de paradiz, et saffren pour coulourer, deffait de vinaignre, et ongnons friz en huille, et faictes boullir ensemble; et soit bien lyant; et aucuns n'y mettent pas boullir les oïstres. Oeufz rostis en la broche (œufs à la broche) Pour faire rostir des oeufz en la broche farcis, faictes des petits pertuis au bout des oeufz et mettés ce qui est dedens dehors, et puis prenés sauge, marjolayne, poulieul, mente et toutes aultres bonnes herbes, et les hachés bien menu, et les faictes frire au beurre, et les oeufz, et les mettés sur ung ays et hachés bien menu, et y mectés gingembre, du saffran et du sucre parny, et puis mectés la farce dedens les coques des oeufz, et puis prenés petites brochettes bien dougés, et mettés une douzaine de oeufz en chascune broche, et mettés dessus le gril à petit de feu. Dessins de Gérard Fontaine 23
ASSOCIATION LES AMIS DE -L entretien du cimetière et le fleurissement du village ont été autorisés à l Association par Monsieur le Maire. L Association est intervenu aussi pour le nettoyage du réservoir d eau. -A Pâques 2009, les 4 jours prévus sur le Chemin de Compostelle n ont pas eu lieu. Vraiment dommage! -La réparation des cloches de l église Saint-Michel a été offerte par l Association «Les Amis de Rochebrune». -Le dimanche 26 juillet 2009 en l église Saint-Michel à 10h30, une messe sera célébrée par Monseigneur l Evêque Emérite Ivo Fürer de Saint-Gall en Suisse. -Dans le prochain Coucou : un article sur les tremblements de terre au 20e siècle dans la région de la Drôme. Comité de rédaction du journal : Mireille Meyère (flachmm@wanadoo.fr) Michel Berte (michele.berte@laposte.net) Michèle Berte (michele.berte@laposte.net) Gérard Fontaine (gerard.fontaine@bluewin.ch) POUR NOUS ECRIRE : Association des Amis de Rochebrune chez Michel Berte 26110 Rochebrune SITE INTERNET www. rochebrune-drome.fr Ont aussi participé à la rédaction de ce numéro 3 Printemps 2009: Patrick Combaluzier, Evelyne Andrieu, Christiane Daudier, Jeanine Foessel, Françoise Combaluzier, Lucien Andrieu, Henri Buyol. crédits photographiques : Olivier Berte, Marie-Hélène Oliver, Gérard Fontaine, Dora Manneville, les épines drômoises. 24 Le Coucou de Rochebrune