GUERNICA. Pablo PICASSO - Guernica a été peint par Pablo PICASSO en 1937. - C est est une peinture à l huile sur toile. - Le tableau mesure 7m52 de longueur et 3m 51 de largueur.c est une œuvre d une taille imposante. - Il est conservé au musée National de la Reine Sophie à Madrid en Espagne. -Qui est Pablo PICASSO? Il fut dessinateur, peintre, sculpteur, graveur, céramiste... Il est né en 1881 en Espagne et il est mort en- 1973 en France où il a passé la majeure partie de sa vie À partir de 1904, il s installe définitivement en France. Paris est à l époque le grand pôle artistique du monde occidental. En 1907, Picasso peint les Demoiselles d Avignon, et il invente en compagnie de Georges Braque un mouvement artistique majeur du XXème siècle : le cubisme. Les formes sont simplifiées et éclatées. Au moment du bombardement de Guernica, Picasso est un peintre célèbre et reconnu.
1. Le contexte En 1937, le gouvernement républicain alors au pouvoir (juste avant d'être renversé par Franco) commande à Picasso une toile, pour le pavillon espagnol de l'exposition Universelle de Paris Depuis 1936 c est la guerre civile en Espagne. Elle oppose le gouvernement des Républicains aux franquistes dirigés par le général Franco, qui cherche à prendre le pouvoir par la force. 2. Le bombardement Le 26 avril 1937 c est un jour de marché à Guernica. La petite ville basque est la cible d un raid aérien allemand. A la demande de Franco, quatre escadrilles de la légion Condor bombardent la ville. Un des objectifs de ce raid était de tester leurs nouvelles armes. La Légion Condor était une force aérienne allemande, envoyée par Hitler afin de soutenir le général Franco qui est son allier. L objectif n est pas militaire, le but est bien de tuer un maximum de civils car, dans la ville de Guernica, ne restent que les femmes, les enfants et les vieillards. En effet, les hommes de la ville, partisans des Républicains, sont partis combattre les franquistes. Les bombardements durent trois heures, avec des bombes explosives et des bombes incendiaires, 70% de la ville est détruite. Le raid fait 2000 victimes, essentiellement des femmes et des enfants. Picasso, horrifié par l évènement, se met immédiatement à la réalisation de son œuvre. Durant deux mois il va travailler activement, et faire une centaine d ébauches et d esquisses avant d achever le tableau. 3. Analyse formelle Le tableau est une synthèse des caractéristiques du cubisme et des recherches plastiques de Picasso à cette période. Les horreurs des massacres dénoncées dans cette toile sont visibles grâce à une série de procédés a. Un tableau composé de gris colorés Les gris faiblement colorés du tableau s'expliquent de plusieurs façons. Tout d'abord ils évoquent la gravité du sujet. L'austérité et l'absence de couleur symbolisent le deuil et la mort. Picasso avait pour idée de départ de faire un tableau avec plusieurs couleurs, il a renoncé à cette idée au profit des gris du noir et du blanc. De plus le noir et blanc est un rappel des clichés de Guernica diffusés dans la presse à la suite des bombardements. Picasso, informé par les journaux du massacre, a vu ces photographies et s en est servi dans ses études préparatoires.
Les contrastes de valeurs mettent en avant ou dissimulent les formes et les figures. Ces jeux de valeurs structurent le tableau, tout autant que les lignes de composition. b. la composition du tableau La composition de Guernica est très travaillée, trois lectures sont possibles : - Le tableau peut être divisé en deux verticalement. Sur la moitié gauche est représenté un espace extérieur, avec peu d indication de lieux. Sur la moitié droite on voit la ville en flamme. Les éléments d architectures sont très schématiques. Par soucis d efficacité visuelle, les volumes sont simples et l espace architectural est davantage suggéré que fidèlement représenté. - la composition pyramidale qui est visible grâce à des aplats de valeurs différentes. A la base de la pyramide il y a la mort représentée par le soldat, et au sommet l espoir symbolisé par la lampe qui éclaire la partie droite du tableau. - Dans la partie basse du tableau, les formes sont enchevêtrées, horizontales, elles évoquent la mort et le chaos. Dans la moitié haute de la composition, les formes sont au contraire verticales plus espacées, et elles expriment davantage la vie. 4. Analyses des figures principales. Les expressions Toutes les bouches sont ouvertes et expriment l effroi, la terreur ou la douleur, les personnages hurlants sont tournés vers le ciel, position qui accentue l expression intense des visages. La précision de la dentition souvent visible, les langues pointues comme des couteaux, et les yeux en forme de larmes basculés dans tous les sens, expriment la souffrance et le désarroi. a. Le cheval Presque au centre de la composition, il symbolise, des dires même du peintre, le peuple. La liberté est mourante. Une lance transperce le flanc du cheval et le blesse à mort. La lance pourrait être un rappel de la crucifixion et donc du sacrifice. La tête est rejetée en arrière, la bouche semble hurler et laisse visibles les dents et la langue pointue..a noter le pelage du cheval, fait de petits traits serrés, réguliers et alignés, qui rappellent les caractères typographiques. b. Le taureau La figure mythique du Minotaure est un motif central de l œuvre de Picasso, qui aimait également peindre le thème du taureau et de la corrida. Il symbolise l ambiguïté de l homme, entre le divin et le bestial. Picasso s est souvent portraituré sous la forme du minotaure. Au milieu de la débâcle il apparaît impassible, statique. Seules la bouche ouverte et la langue pointue lui donnent une expression. Il semble fixer le spectateur. C est une figure ambigüe.
Certains y voient une figure de la bestialité et de la cruauté, d autres le symbole de la résistance. Il s agit, de toutes les façons, d une figure très ambivalente. c. La colombe Elle est à peine visible, entre le cheval et le taureau, seule une aile plus claire fait contraste avec le fond sombre, dans lequel elle est comme engloutie. Elle symbolise l espoir et la paix, mais malmenés et fragiles. d. La mère C est une mère portant son enfant mort. La douleur et les hurlements de la mère sont visibles, les yeux et les narines ont des formes de larmes, la langue pointue sort de la bouche hurlante. Le visage, à la fois de face et de profil est renversé, basculé vers le haut, la mère hurle au ciel sa détresse.l'enfant dans ses bras a les yeux vides, la tête et les bras ballants. On voit un sein dénudé de la mère qui symbolise le lien entre elle et son enfant, c est également une allégorie de la nation endeuillée. Cette scène peut être également comparée à une piéta (déploration de la vierge sur le christ mort). Toute la douleur des civils est concentrée dans ces deux figures. e. Le soldat mort Il git, démembré, dans le bas du tableau, la tête et un bras sont coupés. Sa main est encore refermée sur une épée brisée C est la figure du combattant. De cette main sort une fleur, dont la fragilité est soulignée par la finesse du contour. En blanc sur fond blanc elle est peu visible mais bien présente. Elle est en rupture avec le chaos alentour. C est un symbole d espoir et de paix, tout comme l épée brisée juste en dessous. f. La femme dans les flammes Elle a les bras levés au ciel, Picasso fait sans doute référence au tableau Tres de Mayo de Goya. Les quelques éléments d architectures autour d elle permettent de comprendre qu elle est en train de bruler (le feu est stylisé par les formes triangulaires). Toute tentative de fuite est impossible, elle semble émerger brièvement d une maison en forme de boite qui la piège. g. La femme qui fuit A droite, en bas, une femme se traîne, un genou presque à terre. Tout son corps, mais surtout son visage et son cou démesuré sont entièrement tendus vers le lampe. Le haut du corps est éclairé par le faisceau lumineux vers lequel elle semble accourir, implorante. h. La femme à la lampe D une maison, une femme surgit vers la gauche et vers le centre de la composition. L allongement de son bras et de sa tête, de forme effilée, donne une impression de mouvement très dynamique. Elle semble sortir de la ville détruite, en brandissant une lampe placée vers le centre de la composition. Cette petite lampe est à comprendre comme un flambeau, symbole d espoir.
i. L ampoule Dans les premières études préparatoires au tableau, à cet emplacement, Picasso avait dessiné un grand soleil avec un poing levé. Au fur et à mesure la rondeur du soleil a disparue pour laisser place à une ellipse et le poing a été enlevé. Puis Picasso a rajouté une ampoule et des petits triangles acérés qui font aussi bien penser à une explosion (une des bombes du raid aérien) qu a des rayons lumineux, vestiges de l ancien soleil. Il s agit là encore d un motif ambivalent propre à la peinture de Picasso. 5. Une œuvre engagée - Guernica a été exposé pour la première fois au pavillon espagnol de l Exposition Universelle de Paris de juillet 1937. - Longtemps conservé au Museum of Modern Art de New-York, le tableau n est retourné qu en 1981en Espagne, après la mort de Franco. Il est actuellement conservé au Musée national de la Reine Sophie à Madrid. Picasso a voulu faire don de ce tableau au peuple espagnol, mais il a refusé qu il soit exposé en Espagne tant que Franco serait au pouvoir. - Guernica est avant tout une œuvre engagée. «La peinture n'est pas faite pour décorer les appartements, c'est un instrument de guerre, offensif et défensif, contre l'ennemi.» a dit Picasso, à propos de sa peinture. Picasso, à travers ce tableau a voulu dénoncer les l'horreurs des conflits et des guerres, surtout si les victimes sont des civils. Farouchement opposé au franquisme, Picasso ne retournera jamais dans son pays natal, auquel il été attaché.