VISITE SYMBOLIQUE D UNE EGLISE INTRODUCTION (CLOCHER) Le sens symbolique de l édifice. Un parcours, ou pèlerinage méditatif. L Eglise est à la fois spirituelle et matérielle. Celle où l on célèbre les Offices Divins, celle qui est l assemblée des fidèles convoqués par le Seigneur. C est l ecclésia, la convocation. Elle peut aussi être le signe du Seigneur (Kyrios) Toutes les deux sont de pierres jointes ensembles, pierres matérielles ou tout composé d un grand nombre d hommes différents d âge et de rang. L église matérielle est la représentation de l église spirituelle. Elle rend visible l invisible. Le porche signifie le Christ par qui s ouvre l entrée de la céleste Jérusalem. Les tours de l église sont les prédicateurs qui forment son rempart et la défendent. L édifice est consacré (rappel des douze croix) comme un baptisé avec le saint Chrême. En résumé : l Eglise nous invite, elle nous convoque pour faire de nous des pierres vivantes. DE L ORIENTATION DE L EDIFICE (SOUS L ORGUE) La tête regarde droit vers l orient, le soleil levant. Parcours du soleil, comme un parcours biblique et comme un parcours de foi. Avec son côté sinistre et le côté de la grâce (ambon de l évangile). La maison doit être de pierre. Le Christ en est la pierre angulaire. Elle prend appui sur du solide et se solidifie par les pierres vivantes. Le ciment est fait de chaux (charité brûlante qui unit le sable), de sable (les choses de la terre et leurs affections) et d eau (l Esprit qui donne la solidité). Chaque pierre est à l image d un saint. Le Christ est notre rempart notre protection. L Eglise protège. En bâtissant les murs spirituels de l Eglise, nous nous protégeons aussi du mal. Elle est une progression, un parcours symbolique de la vie. Elle est aussi à l image du Corps humain, représentation du temple de l homme. Elle est dirigée vers les quatre directions (mission). Mais aussi les quatre évangélistes. Elle s élève vers le haut, comme vers les plus hautes vertus. Sa longueur, c est sa longanimité. Sa largeur, c est sa charité qui dilate le cœur des
hommes. La hauteur de la nef, c est l espérance de la récompense à venir. Son fondement, c est sa foi qui consiste à croire en ce que l on ne voit pas. Le toit représente le pardon qui couvre la multitude des péchés, la porte l obéissance par laquelle il faut passer. Les quatre murailles sont aussi les quatre principales vertus de la religion : justice, force, prudence et tempérance. Mais aussi les quatre parois de la cité de Dieu décrite dans l Apocalypse. En forme de croix pour nous rappeler que nous devons être crucifiés au monde. En résumé : Entrer dans une église, c est entamer un parcours symbolique de notre vie. S imprégner des richesses spirituelles ; se laisser habiter. DE LA QUADRATURE DU CERCLE (DEVANT LE CHŒUR) Eau Feu Le Monde La Jérusalem Terre Air Le passage vers le Ciel La crypte a plusieurs sens. Bien sûr, celui de l isolement, comme l ermite. Mais aussi celui de la miséricorde, du ventre de la mère, du fondement de l édifice sur le pardon. En résumé : Par l Eglise, nous passons de la Jérusalem terrestre à la Jérusalem céleste. Par le baptême, nous passons d homme terrestre à homme divin. DU CHŒUR (PRES DES STALLES)
Le chœur est le lieu où l on s assemble pour chanter. Le mot vient de danse (choréa) et de couronne (corona). On se tenait debout en couronne autour de l autel. Le dôme signifie par sa forme ronde, par sa forme ronde, avec quelle perfection et quelle inviolabilité la foi doit être prêchée et pratiquée. Les fenêtres sont les Écritures qui repoussent le vent et la pluie, mais livrent passage à la clarté du vrai soleil qui est Dieu. Elles illuminent ceux qui habitent dans son sein. Elles sont plus larges à l intérieur car leur sens mystique est plus étendu et surpasse le sens littéral. Elles représentent aussi la coloration donnée à notre vie par notre foi. Elles sont parfois entourées de deux colonnes, comme les apôtres furent envoyés deux par deux pour prêcher l Evangile. Les grilles sont comme les prophètes et les autres docteurs qui protègent l église. Les colonnes ce sont les docteurs qui soutiennent le temple, la base, les évêques, successeurs des apôtres qui supportent le poids de l église. Elles nous invitent à lever la tête vers le Seigneur, en nous laissant enseigner par la méditation des chapiteaux. En résumé : Le chœur a aussi bien le sens de chanter que d être le cœur battant de l édifice. Tout est vie en l église, tout est expansion et mouvement comme doit l être le chrétien. DU LIEU DE CELEBRATION (PRES DE L AUTEL) L ambon est le lieu ou l on lit et annonce la parole de Dieu. Son nom veut dire entourer, parce qu il entoure comme une ceinture celui qui y monte. La lumière est la figure du Christ qui illumine tout homme. Mais aussi, tous ceux qui vont prendre et répandre cette lumière vers les autres. Elles sont souvent au nombre de sept comme les sept dons de l Esprit qui éclairent et dissipent les ténèbres de notre aveuglement. Elles reposent sur des chandeliers comme l Esprit se reposa sur le Christ. Le siège de présidence représente l attente du Christ parmi nous. Mais aussi sa présence dans la célébration par le prêtre qui agit comme Christ au milieu des hommes. L autel. Le premier fut bâti par Noé, lieu de sacrifice sanglant. Le mot vient de «altara» lieu élevé sur lequel on brûlait l encens. Trois marches, rappelant la Trinité, y menaient. On y retrouve les quatre directions du monde sur lesquelles l Eglise étend son empire. Il est le symbole de la crèche du Christ. Le lieu où il se donne à manger. Le lieu où il a partagé son corps, le lieu de pierre, le tombeau, où il a reposé. Le lieu où il fut crucifié, le Golgotha. Le lieu où eu lieu le dernier sacrifice sanglant, celui du Christ, continué en chaque eucharistie, et rappelé par les cinq plaies du Christ (les cinq croix). Le lieu de toute l Eglise souffrante et militante par les reliques des saints. Il est comme l arche d alliance, où repose la présence de Dieu.
C est donc lui que l on salue à chaque eucharistie en le baisant. C est la Table du sacrifice, liée à la table de la Parole. Il est la Table préfigurant le banquet céleste. Les linges blancs dont on recouvre l autel signifient la chair, ou l humanité du Sauveur. Les orgues sont la musique de Dieu, du moins à l image du souffle de l ange dans la trompette appelant au jugement dernier. Le vent symbolise l Esprit qui fait chanter nos vies. La sacristie est à l image du ventre de la Vierge Marie, là où le prêtre revêtant les vêtements liturgiques, revêt se vie christique, comme le Christ s est revêtu du saint vêtement de sa chair. Le prêtre s avance vers le peuple en sortant du lieu où il a revêtu ses habits, parce que le Christ, en sortant du sein de la Vierge, est venu dans le Monde. En résumé : L autel est la partie primordiale de l Eglise. Elle est ce vers quoi et vers qui nous prions ; ce vers quoi et vers qui nous sommes appelés à devenir. «Deviens ce que tu reçois» disait Saint Augustin. DE LA DECORATION (PRES DU CHŒUR PAROISSIAL) «A tous ces gens qui ne savent ni lire, ni écrire, histoires et peintures aux palais et monastères sont les livres des pieux.» Arnoul GREBAN, XVI ème siècle. Mais elles ont chacune leur place dans l édifice. Mais aussi sur les vêtements sacerdotaux. Rappelons le sens orienté de l Eglise. (Nouveau et Ancien Testament / Naissance, mort et résurrection). Les représentations sont parfois figuratives de la vie terrestre du Christ. Mais aussi de ces mystères célestes. Elles sont parfois symboliques (agneau, pélican, colombe, etc.). Les vingt quatre vieillards de l Apocalypse sont symbolisés par les étoiles entourant le chœur. Le Tétramorphe est la représentation symbolique des quatre évangélistes (Matthieu et l ange, Marc et le lion, Luc et le bœuf, Jean et l aigle) d après la vision d Ézéchiel et de saint Jean. D autres attributs seront donnés aux saints en fonction de leur vie ou de leur histoire. Ainsi Saint Pierre avec les clefs du paradis, Saint Paul, avec l épée du soldat de Dieu.
En résumé : Tout ce qui nous est montré dans l église a un sens liturgique, mais encore plus d élévation de chacun pour nous mener jusqu à Dieu, en suivant le chemin préparé par ceux qui nous ont précédés. C est vraiment comme la nef d un bateau, la barque de Saint-Pierre, qui nous guide jusqu au bord de l eau où le Christ nous attend pour le banquet final. CONCLUSION (PRES DU BAPTISTERE) Il est le lieu de début, et en fait nous finissons par cela. Car l aventure est une boucle. Un éternel recommencement pour trouver notre Dieu, un renouvellement de notre chair à l image de celle de Naaman le Syrien. Cela signifie peut-être aussi que le parcours est à refaire personnellement dans un cœur à cœur avec Dieu. Chacun doit se laisser enseigner par ses lieux portés et porteurs de prière. C est modestement pour cela que je n ai pas ni pu tout dire! De fait, c est un chemin de croix, dans le sens de la croix comme arbre, planté en ce monde, étendant ses bras vers les autres, et attiré vers Dieu.