Le sommeil Des milliards de neurones en activité



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Transcription:

Paul Becquart, Journaliste Santé Le petit Site Santé www.lepetitsitesante.fr A la source de l'information Santé L'actualité de la Santé et de la Recherche médicale Le sommeil Des milliards de neurones en activité Le sommeil ne signifie pas arrêt de l activité cérébrale. Le cerveau continue de contrôler l activité physiologique de l organisme tout en plongeant le dormeur dans une phase d éveil inconscient et passif et en gardant la plupart des systèmes d alarme actifs, notamment l odorat. Le sommeil est considéré comme une phase de repos, de rangement, de répétition virtuelle, de construction, etc. Mais, au-delà, l étude du sommeil peut révèler selon les sujets sinon un mal-vivre, un syndrome profond dont les symptômes peuvent affecter la santé générale du dormeur. La SFRMS (Société française de Recherche et Médecine du Sommeil) révèle aujourd hui plusieurs actualités de recherche autour du sommeil : - L effet de la lumière sur les fonctions cognitives non-visuelles - L étude du langage chez des patients somniloques (Parler en dormant) - Le système nerveux et sommeil : les twiches (petits sursauts) - Le sommeil et la prise alimentaire chez le jeune adulte obèse dormant peu - Le syndrome d apnées du sommeil : une maladie chronique - Le Respir@dom, un programme collaboratif de suivi médical - L application isommeil : un allié pour mieux dormir Paul Becquart 19/11/14 : Bonne nuit? Paul Becquart www.paulbecquart.fr Journaliste Sciences, Santé, Environnement Docteur ès Sciences de la Vie et de la Santé Créateur et animateur du petit Site Santé Site d'actualités, reportages et dossiers Santé www.lepetitsitesante.fr

INFORMATION PRESSE SOMMEIL Les journées raccourcissent, le Congrès du Sommeil approche La Société Française de Recherche et de Médecine du Sommeil (SFRMS) jette un coup de projecteur sur quelques actualités : Et si la lumière bleue stimulait mieux notre activité cérébrale? L effet de la lumière sur les fonctions cognitives non-visuelles par le Dr Claude Gronfier Vous «somniloquez» en riant, en marmonnant, en pleurant, en criant ou en parlant? Parler en dormant : étude du langage chez des patients somniloques par Ginevra Uguccioni, Si votre enfant «twiche» la nuit, développe t-il son cerveau? Système nerveux et sommeil : ce que nous apprennent les twiches par le Dr Marie-Françoise Viecchierini Si le temps de sommeil augmente, l appétit peut-il décroître chez le jeune adulte obèse? Effets d une extension du sommeil sur la prise alimentaire chez le jeune adulte obèse dormant habituellement peu par le Docteur Karine Spiegel Le syndrome d apnées du sommeil : un pronostic de comorbidité pour les patients Le syndrome d apnées du sommeil : une maladie chronique multi-systémique par le Pr Jean-Louis Pépin La E-santé au service des patients apnéïques Respir@dom, un programme de télémédecine collaboratif et de suivi médical Comment connaître son profil de dormeur? L application isommeil est un allié pour mieux dormir 1

L effet de la lumière sur les fonctions cognitives non-visuelles L éclairage du Docteur Claude Gronfier, Département de Chronobiologie de l unité Inserm 846 à Bron (Lyon), Le Dr Claude Gronfier introduit les travaux du Dr Gilles Vandewalle, Centre de Recherches du Cyclotron de l Université de Liège (Belgique). Le Dr Vandewalle interviendra au Congrès du Sommeil le 20 novembre 2014 au cours de la plénière «Effet de la lumière sur les fonctions cognitives non-visuelles» LIEN http://www.sfrms-sommeil.org/articles-a-la-une/et-si-la-lumiere-bleue-stimulait-mieux-notreactivite-cerebrale/ Tout comme l oreille, l œil a une fonction double. Il permet de voir, mais transmet aussi l information lumineuse pour réguler diverses fonctions dites «non-visuelles». La lumière est ainsi le principal synchronisateur de l horloge circadienne, mais elle constitue également un «signal éveillant» qui augmente la vigilance, affecte le sommeil et régule les performances cognitives à de multiples tâches. Ces effets de la lumière, dits non-visuels, car ils n impliquent pas la vision, sont mis en place via la rétine. Ils impliquent très probablement un système de photoréception découvert il y a moins de 15 ans, qui est plus sensible au bleu et qui se base sur un photopigment appelé «mélanopsine». Dans une série d étude d imagerie cérébrale (IRMf), l équipe du Dr Vandewalle a étudié l impact stimulant de la lumière sur les fonctions cognitives cérébrales. Les résultats montrent que la lumière affecte les structures du cerveau selon un ordre précis : d abord l activité de régions sous-corticales impliquées dans la régulation de l éveil et de la cognition (le thalamus, le tronc cérébral et l hypothalamus), puis module l activité de régions corticales impliquées dans le processus cognitif en cours, et enfin impacte le comportement. Les données démontrent que la lumière et sa composition spectrale régulent l activité cérébrale nécessaire à la réalisation de tâches mettant en jeu la mémoire de travail, l attention et les émotions. Leurs données ont par ailleurs montré que l impact de la lumière change avec le moment de la journée, le manque de sommeil, l âge, et le génotype ainsi qu avec le statut psychiatrique (chez des patients souffrant de dépression saisonnière). Toutes les recherches de l équipe du Dr Vandewalle montrent que la lumière bleue est plus efficace pour stimuler l activité cérébrale et nos dernières études, chez des personnes aveugles, ainsi que chez des personnes voyantes, pointent vers la mélanopsine comme médiateur principal des effets de la lumière sur l activité cognitive cérébrale. Les résultats plaident pour une considération de la mélanopsine et des effets non-visuels de la lumière sur la cognition, et sur l éveil et le sommeil en général, lors de la mise au point d environnements et de traitements lumineux. 2

Parler en dormant : étude du langage chez des patients somniloques Par Ginevra Uguccioni Unité Pathologies du sommeil Hôpital Pitié-Salpêtrière (Paris) Récipiendaire d une bourse de voyage Jeune Chercheur 2014 LIEN : http://www.sfrms-sommeil.org/recherche/actualite-scientifique/est-ce-que-vous-somniloquez/ La somniloquie, c est-à-dire le fait de parler en dormant, est un phénomène relativement fréquent puisque 71% des hommes et 75% des femmes affirment avoir déjà parlé dans leur sommeil. En revanche seule 1,5% de la population adulte serait quotidiennement somniloque. La somniloquie n est pas vraiment considérée comme une maladie, dans la mesure où elle engendre peu de souffrance ou de gêne du dormeur et de son voisin de lit, en dehors d un possible dérangement sonore et de la divulgation de secrets. C est pourquoi la somniloquie reste un phénomène mystérieux et très peu étudié par les scientifiques bien qu elle présente un intérêt scientifique certain. La somniloquie peut se manifester seule mais s associe souvent à certains troubles du sommeil comme le somnambulisme ou le trouble du comportement en sommeil paradoxal (TCSP), maladie qui se caractérise par une extériorisation des rêves. Au cours de notre étude nous avons recueilli et analysé les paroles nocturnes de 232 patients somnambules et avec TCSP, pour en étudier les caractéristiques et actualiser le peu de données existant sur la somniloquie. Ce langage nocturne peut se composer de chuchotements, marmonnements, rires, pleurs, cris et paroles intelligibles. De plus, chez les patients somniloques, le geste accompagne souvent la parole. Les patients souffrant de TCSP ont plus tendance à rire, à marmonner ou à remuer les lèvres sans émettre de sons. A contrario les somnambules présentent eux plus de chuchotements, de mots ou de phrases répétés, mais aussi un langage ordurier et des mouvements associés au langage. Le langage nocturne semble présenter les mêmes caractéristiques que le langage éveillé. Un second objectif de notre étude a été celui de rechercher l existence d une participation du cortex à l élaboration du langage humain pendant le sommeil, à travers la recherche d une inspiration précédant la prise de parole. On retrouve une large inspiration précédant la parole dans 33% des verbatim, autant chez les somnambules que les patients avec TCSP ce qui témoigne de l existence d une préparation à la parole de nature respiratoire d origine corticale dans le sommeil. 3

Système nerveux et sommeil : ce que nous apprennent les twiches L éclairage du Docteur Marie-Françoise Viecchierini, Past-président SFRMS (2003-2005) LIEN : http://www.sfrms-sommeil.org/articles-a-la-une/si-votre-enfant-twiche-la-nuit-developpe-t-il-soncerveau/ Le Docteur Vecchierini introduit les travaux menés par le Professeur M.S. Blumberg, centre de biologie et de psychologie d Iowa City, spécialiste du développement du cerveau et de la maturation et des fonctions de la motricité au cours du sommeil. Le Pr Blumberg interviendra au Congrès du Sommeil le 21 novembre 2014 au cours de la plénière «Sommeil paradoxal et développement : les nouveaux-nés sont-ils programmés pendant le sommeil?» Les twiches sont des petits mouvements spontanés (sursauts et brefs secousses des membres et en particulier des extrémités, doigts et orteils), générés directement dans la moëlle épinière et le tronc cérébral, sans impulsion des régions motrices volontaires du cortex cérébral et sans rapport avec des stimulations externes. Ils sont prononcés au cours du sommeil «agité», considéré comme le précurseur du sommeil paradoxal (dernier temps du cycle du sommeil), et particulièrement présents à la naissance et au début du développement de l enfant. Ce sommeil présente en plus des twiches, des mouvements oculaires et des rêves, reflet d un cerveau particulièrement actif, comme il le serait en étant éveillé. Les expériences motrices de ce sommeil suggèrent qu il contribue au développement du cerveau. En effet, de façon intéressante, il a été montré que ces mouvements spontanés n étaient pas aléatoires mais que certains enchaînements de mouvements survenaient plus souvent que d autres. Ils seraient alors des signes d une expression de synergie des mouvements moteurs du corps. De plus ces twiches envoient des influx au niveau de structures sensitives du système nerveux central (thalamus notamment), évoquent des réponses dans ces structures cérébrales et participent ainsi à la création et à l organisation de circuits nerveux et de réflexes, notamment de défense. Ces mouvements spontanés fortement répétés au cours du sommeil agité pourraient être des répétitions des mouvements de la journée. Ces répétitions développent le système nerveux afin de pouvoir assimiler ces mouvements et les enchaînements effectués intentionnellement la journée. Le système nerveux se développe ainsi tout seul au cours du sommeil. Ce travail consiste à préciser quels sont les mécanismes permettant à ces mouvements spontanés à contribuer au développement du cerveau et à l intégration des fonctions motrices. La question de l unicité des twiches est également posée. Sont-ils différents pour chaque enfant, et si tel est le cas, sont-ils liés à l individualité des capacités de l enfant, et à sa plasticité cérébrale? La réponse à ces questions demande au préalable de meilleures connaissances de la fonction des activités nocturnes chez l adulte. 4

Effets d une extension du sommeil sur la prise alimentaire chez le jeune adulte obèse dormant habituellement peu L éclairage du Docteur Karine Spiegel Chercheur au Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon, INSERM U1028 - UMR 5292 Le Dr Spiegel présente les résultats préliminaires d une étude soutenue par une bourse de recherche SFRMS en 2012 LIEN : http://www.sfrms-sommeil.org/articles-a-la-une/si-le-temps-desommeil-augmente-lappetit-peut-il-decroitre-chez-le-le-jeune-adulteobese/ Le rythme de nos sociétés modernes entraîne souvent une réduction du temps de sommeil. Des données épidémiologiques et expérimentales indiquent qu un sommeil écourté favoriserait l obésité. Notre étude vise à déterminer si une extension de sommeil chez des petits dormeurs obèses a des effets bénéfiques sur la prise alimentaire. Treize jeunes obèses (2 femmes) âgés de 18 à 25 ans et dormant habituellement moins de 7h/nuit ont été étudiés durant 2 sessions expérimentales présentées dans un ordre aléatoire (8 nuits dans des conditions habituelles de sommeil vs 8 nuits pour lesquelles le temps passé au lit était augmenté d au moins 1h/nuit). Pour chacune de ces 2 sessions, nous avons enregistré le sommeil, les volontaires ont rempli des questionnaires de faim et d appétit et un carnet alimentaire, et un buffet à volonté leur a été servi le dernier jour. Par simple extension du temps passé au lit, la durée du sommeil de ces petits dormeurs obèses est passé de ~ 6h, une durée associée à un risque accru d obésité dans les études épidémiologiques, à ~ 8h, une durée associée au plus faible risque d obésité. En condition d extension de sommeil, les sujets montraient 19% moins d appétit pour des aliments gras et sucrés à haute teneur énergétique et 46% moins de grignotage. Enfin, leur prise calorique évaluée objectivement lors du buffet à volonté était réduite d environ 100 kcal. Fait important, plus la durée du sommeil était augmentée, plus l appétit pour les aliments à haute teneur énergétique et plus la prise calorique lors du buffet étaient diminués. Ces résultats préliminaires, qui restent à être confirmés avec l échantillon complet, suggèrent qu une extension du temps de sommeil chez des petits dormeurs obèses a des effets bénéfiques sur la régulation de la prise alimentaire. 5

Le syndrome d apnées du sommeil : une maladie chronique multi-systémique L éclairage du Professeur Jean-Louis Pépin Laboratoire HP2 Inserm U1042 (Grenoble), membre du Conseil Scientifique de la SFRMS et past-president (20112013) Le Pr pépin présentera la conférence plénière «Le SAS : une maladie multisystémique» le jeudi 21 novembre. LIEN : http://www.sfrms-sommeil.org/articles-a-la-une/le-sas-un-pronostic-de-comorbidite-pour-lespatients/ Le syndrome d apnées du sommeil (SAS) sévère est associé à un risque accru d hypertension artérielle, de pathologie coronarienne, d accident vasculaire cérébral et de diabète de type 2. Le syndrome d apnées du sommeil favorise également l inflammation et la fibrose hépatique qui sont secondairement à l origine de cirrhose et cancer du foie. De même, au niveau cérébral, le déclin cognitif semble être précipité par un syndrome d apnées du sommeil associé. L hypoxie intermittente (manque d oxygène épisodique) qui est la principale conséquence du syndrome d apnées du sommeil entraîne des conséquences organe-spécifiques avec un impact différent au niveau du foie, du tissu graisseux, des vaisseaux ou encore des muscles et du cerveau. Ceci débouche sur des comorbidités qui constituent le principal facteur pronostic de ces patients. Dans les études méthodologiquement bien conduites, la pression positive continue (PPC) seule, traitement de référence des apnées du sommeil, quoique très efficace sur les symptômes et la qualité de vie, n améliore pas ou peu le statut métabolique des patients obèses porteurs d un syndrome d apnées obstructives. Le syndrome d apnées du sommeil doit donc dorénavant être considéré comme une des maladies chroniques à l origine d une multi-morbidité et justifiant une prise en charge par des thérapeutiques combinées. E-santé : des initiatives en cours pour les patients apnéïques LIEN : http://www.sfrms-sommeil.org/recherche/actualite-scientifique/focus-e-santepour-les-apneiques/ Respir@dom, un programme de télémédecine pour les patients apnéiques sélectionné et soutenu par la DGCIS (Direction Générale de la Compétitivité, de l Industrie et des Services Ministère du Redressement Productif) et par l Agence Régionale de Santé d Ile-de-France. Il s agit d un programme collaboratif et de suivi médical des patients sous traitement par ventilation à Pression Positive Continue. Pour découvrir le programme et participer : www.respiradom.fr 6

Inspiratio, les pouvoirs du masque magique, un serious game a déjà été utilisé par près de 3 000 joueurs atteints de syndrome d apnées du sommeil (SAS) Pour jouer : www.inspiratio.fr Focus sur un outil pour tous : l application isommeil, téléchargée 800.000 fois depuis 2011! LIEN : http://www.sfrms-sommeil.org/recherche/actualitescientifique/focus-sur-lapplication-isommeil/ Conçue par le Professeur Damien Léger et Maxime Elbaz, chercheur, du Centre du Sommeil et de la vigilance de l'hôpital Hôtel-Dieu (AP-HP), l'application isommeil, disponible sur l Appstore, permet de mieux connaître son sommeil et de faire de son mobile un allié pour mieux dormir. En utilisant son mobile, l utilisateur d'isommeil peut en quelques jours obtenir son profil de «dormeur», le confronter aux besoins connus et se comparer en fonction des conseils reçus. Les spécialistes du sommeil seront réunis à Lille lors du Congrès du sommeil du 20 au 22 novembre Suivez la SFRMS sur les réseaux sociaux Liens vers twitter facebook. 7