Avec Marie-Hélène BROUSSE, Psychanalyste, Rédactrice en chef de la revue La Cause du Désir

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Numéro 1! Le 20 juin prochain, l ACF Normandie vous invite à participer à son colloque : Le Corps dans tous ses éclats Addict, violent, agité, hyper, dys Qu en dit la psychanalyse? Avec Marie-Hélène BROUSSE, Psychanalyste, Rédactrice en chef de la revue La Cause du Désir Nous vous invitons dès aujourd hui à vous en approcher à petits pas avec ce périodique qui vous proposera régulièrement quelques courts textes pour vous mettre en bouche bonne lecture! ************ * En supplément aux «éléments bibliographiques» que Eric Guillot propose ici, nous attirons votre attention sur les deux derniers numéros de «La cause du désir», dont Marie- Hélène Brousse parlera tout spécialement : «L expérience des addicts», La cause du désir n 88, Navarin éditeur, 2014 «Le corps des femmes», La cause du désir n 89, Navarin éditeur, 2015 Eléments bibliographiques : Le corps dans l enseignement de J. LACAN E. Guillot Freud S. «Quelques considérations pour une étude comparative des paralysies motrices organiques et hystériques», Résultats, idées, problèmes, I. 1890-1920, Paris, PUF, 1988, p. 45. 1

Freud remarque que la localisation des paralysies dans l hystérie est «purement idéationnelle». Tout se passe «comme si l anatomie (du cerveau) n existait pas» (p. 55) Freud S. Etudes sur l hystérie, PUF, 1971, (Cas Cécilie M., p.53, 58, 140-145.) / Lacan J., Séminaire II, p. 43, 44, p. 80, 93, 95, 96. La problématique de la vie et du corps / Le corps machine et le phénomène de la vie. Lacan J., «Fonction et champ de la parole et du langage», Ecrits, Seuil, p. 301. «La parole en effet est un don de langage, et le langage n est pas immatériel. Il est corps subtil, mais il est corps». Lacan J. «Présentation des mémoires du président Schreber en traduction française», 1966, Ornicar N 38, 1986. Navarin, p. 7. Lacan J. «La psychanalyse dans ses rapports avec la réalité», (Déc. 1967) Autres écrits, p. 357, 358. Lacan J., «Radiophonie», (1970) Autres écrits, Seuil, p. 409, 410, 417, 420, p. 434. 435. «Rien que lui (le symbolique) isole le corps». «Des seules chairs qu empreint le signe à les négativer, montent, de ce que corps s en séparent, les nuées, eaux supérieures, de leur jouissance, lourdes de foudres à redistribuer corps et chair». Lacan J. «Litturaterre», 1971, Autres écrits, p. 16, 18. Lacan J. «L étourdit», (Juil. 1972), Autres écrits, p. 474. «de ce réel : qu il n y a pas de rapport sexuel, ceci du fait qu un animal a stabitat qu est le langage, que d labiter c est aussi bien ce qui pour son corps fait organe, - organe qui, pour ainsi lui ex-sister, le détermine de sa fonction, ce dès avant qu il la trouve. C est même de là qu il est réduit à trouver que son corps n est pas sans autres organes, et que leur fonction à chacun, lui fait problème, - ce dont le dit schizophrène se spécifie d être pris sans le secours d aucun discours établi.» Lacan J., «Ou pire», Autres écrits, p. 550. (Compte rendu séminaire 1971 1972.) «Je dis, moi, que le savoir affecte le corps de l être qui ne se fait être que de paroles, ceci de morceler sa jouissance, de le découper [par là jusqu à produire les chutes dont je fais le (a), à lire objet petit a, ou bien abjet, ce qui se dira quand je serai mort, temps où enfin l on m entendra, ou encore l (a) cause première de son désir.»] Lacan J. Le séminaire, livre XX, Encore, p. 26, 27, p. 129, p.189. 2

«N est-ce pas là ce que suppose proprement l expérience psychanalytique? la substance du corps, à condition qu elle se définisse seulement de ce qui se jouit. Propriété du corps vivant sans doute, mais nous ne savons pas ce que c est que d être vivant sinon seulement ceci, qu un corps cela se jouit.» P. 27. ««Le signifiant, c est la cause de la jouissance. Sans le signifiant, comment même aborder cette partie du corps? Comment, sans le signifiant, centrer ce quelque chose qui, de la jouissance, est la cause matérielle?» Lacan J. «La troisième», Nov. 1974. Revue de la cause freudienne N 79, Navarin éditeur, 2011. «Il est l abîme moins remarqué de ce que ce soit lalangue qui, cette jouissance, la civilise si j ose dire, j entends par là qu elle la porte à son effet développé, celui par lequel le corps jouit d objets dont le premier, celui que j écris du petit a». Lacan J. RSI, 17 décembre 1974, Ornicar? N 2, p. 104. Lacan J., Télévision, 1974, Seuil, p. 39 ; «Télévision», Autres écrits, Seuil, 2001, p. 524, 525. Lacan J., «Conférences et entretiens», «Columbia University, 1 er décembre 1975, Scilicet 6/7, Seuil, Paris 1976, p. 49. «En revanche, ce sur quoi l homme insiste, c est non pas qu il est un corps, mais, comme il s exprime (c est là quelque chose de saisissant), qu il en a un. Au nom de quoi peut-il dire qu il a un corps?» Lacan J. Le Séminaire, Livre XXIII, Le sinthome, 1975 1976, Paris, Seuil, p. 17. «Les pulsions, c est l écho dans le corps du fait qu il y a un dire.» Lacan J., «Joyce le symptôme», 1975, Autres écrits, p. 566. Avoir un corps, «c est pouvoir faire quelque chose avec». Lacan J., «Joyce le symptôme II», Joyce avec Lacan, Sous la direction de J. Aubert, Préface de J.A. Miller, Bibliothèque des Analytica, Navarin éditeur, 1987, p. 32. / «J ai énoncé maintenant qu il faut maintenir que l homme ait un corps, soit qu il parle avec son corps, autrement dit qu il parlêtre de nature.» Miller J.-A. «Les six paradigmes de la jouissance. Cause freudienne N. 43. Miller J.A. «L invention psychotique», Quarto 80 / 81, p. 7, 9. «Ce qui traduit très bien les élucubrations de Freud sur les migrations de la libido dans le corps, cette libido petit à petit chassée et qui se concentre dans les zones érogènes mais aussi bien pour les organes.» 3

«Nous naissons avec des organes, certes, mais à quoi ça sert? Ça, au départ, on ne le sait pas. «On ne le trouve que petit à petit, et c est assez problématique» Miller J.A., Ce qui fait insigne. Inédit, (Transcription p. 400.) «S il n y a pas chiffrage, cela veut dire qu il n y a pas refoulement, mais forclusion. C est le cas dans la psychose. Ce qui est rejeté de l espace du chiffrage, c est à dire du symbolique, reparaît dans le réel. Cependant, pour Lacan, il y a dans tous les cas un inchiffrable. C est le rapport sexuel. Miller J.A., «Pièces détachées», Cause freudienne N 61, page 132, 133. Ainsi, le signifiant, la pensée, affecte le corps «à ceci près que ce qui affecte le corps [ ] est à entendre comme un mode de jouissance». Miller J.A. «Biologie lacanienne et événement de corps», Cause freudienne N 44, p. 19, 20, 43, 57, 58, 76. p. 43. «La cécité est une perturbation qui s introduit dans le bon fonctionnement du corps ans la mesure où la vision sert les intérêts de la survie. Or, on constate qu un organe ici cesse de concourir à cette fin d autoconservation, en quelque sorte qu un organe s émancipe de l unité du tout et déjà nous impose la présence du corps morcelé.» P. 19, 20. A propos de la répétition et de la pulsion de mort. Lacan le formule explicitement dans Le Séminaire, livre XVII, l Envers de la psychanalyse, Paris, Seuil, 1991, p. 51. La répétition «est proprement ce qui va contre la vie». J.-A. Miller développe cette question dans «Silet», op. cit., dans sa leçon du 15 mars 1995. «En ce sens, la répétition, non pas seulement est ratage du réel - comme Lacan l articulait dans le séminaire XI - mais [elle est] «recherche de jouissance». Et c est en quoi la répétition n est pas l expression du principe du plaisir, mais en elle-même «va contre la vie.» Et au fond, c est là le déplacement qui, de la répétition comme expression du principe du plaisir, fait de la répétition [...] l articulation même de la pulsion de mort.» Il y a en effet au cœur de toute pulsion, une exigence répétitive de satisfaction, dont on voit qu elle n est pas un phénomène vital articulé au biologique, mais bien un phénomène langagier articulé à l inconscient, et qui constitue un forçage du principe du plaisir, et qui, loin de viser la satisfaction d un besoin comme les autres, «apparaît au contraire comme une exigence dysharmonique», inadaptée par rapport aux exigences de la vie, par rapport au bien être du corps. Miller J.A. «Conversation sur les embrouilles du corps», Ornicar? N 50, 2002, p. 227. Lorsqu on a affaire à ce que nous appelons dans notre vulgate des phénomènes de jouissance, qu on songe toujours à l articuler à leur place dans le procès symbolique, parce que cela reste la leçon fondamentale de Lacan. «Procès» est synonyme de processus. 4

P. 239. Ainsi, le phénomène de corps, même s il déborde la dimension symbolique, il s inscrit dans une logique. Premier temps : le procès symbolique. Il y a telle articulation signifiante. Second temps : il y a irruption d une jouissance. Miller J. A., «A propos des affects dans l expérience psychanalytique», Actes de l école de la cause freudienne N X, mai 1986, p. 124. Miller J.-A., «Choses de finesse», Cours L orientation lacanienne 2008, cours 16, 17 et 18 jouissante». http://www.causefreudienne.net/choses-de-finesse-en-psychanalyse/ J.-A. Miller y aborde le corps comme ce qui se jouit à partir de la «substance Miller J. A., «L inconscient et le corps parlant», Présentation du thème du Xème congrès de l AMP à Rio de Janeiro en 2016 Descartes, «L animal machine» Jacob François, La logique du vivant,1970, NRF Gallimard. / ************** COLLOQUE Renseignements, inscriptions : nathalie.hervediop@free.fr 5