FICHE D INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES : LE RATON LAVEUR
LE RATON LAVEUR OÙ CLASSE-T-ON LE RATON LAVEUR DANS LE RÈGNE ANIMAL? Le Raton laveur est un mammifère (du latin mamma = mamelle) ce qui implique que la femelle produit grâce à ses mamelles du lait pour nourrir ses petits. Il est également qualifié de mammifère placentaire ce qui signifie que les petits se développent dans l utérus de leur mère grâce au placenta. Le Raton laveur fait partie - bien qu il soit omnivore - de l ordre des Carnivores tout comme, par exemple, l ours ou le blaireau. Au sein de cet ordre, le Raton laveur est classé dans la famille américaine des Procyonidés qui regroupent une quinzaine d espèces et dont font partie les Coatis et le Kinkajou. D OÙ VIENNENT LES DIFFÉRENTS NOMS DU RATON LAVEUR? Comme nous l avons dit dans la Fiche Nature, le nom français de raton laveur qualifie cette sorte de gros rat qui lave ses aliments. En Guadeloupe, on l appelle aussi par son nom américain racoon qui viendrait du mot arakum d une tribu d Amérindiens - les Algonquins - et qui signifierait celui qui gratte avec ses mains. On le nomme aussi par son nom créole rina qui vient sans doute du français renard. Les scientifiques pour être sûrs de parler de la même espèce, ont attribué à chaque espèce animale et végétale un nom scientifique en latin valable dans tous les pays du monde. Ainsi le Raton laveur de Guadeloupe se nomme Procyon minor. Procyon est son nom de genre et minor son nom d espèce. D OÙ VIENT LE RATON LAVEUR DE GUADELOUPE? En 1911, Miller a décrit pour la première fois le Raton laveur de Guadeloupe. Considérant qu il était plus petit que le Raton laveur d Amérique du Nord - Procyon lotor - il en a fait une espèce spécifique de notre île. De ce fait notre Raton laveur a longtemps été considéré comme une espèce endémique de la Guadeloupe. Mais son origine géographique et la façon dont il a pu arriver en Guadeloupe restent des énigmes. Plusieurs études tendent cependant à montrer qu il est probablement très proche du Raton laveur d Amérique du Nord : - Les fouilles archéologiques des sites amérindiens en Guadeloupe n ont pas révélé d ossements de Raton laveur alors que des restes d autres animaux, comme l Agouti, ont été retrouvés. Par ailleurs, les premiers colons européens ne donnent aucune description du Raton laveur dans leurs chroniques alors qu ils font des descriptions remarquables et très détaillées de la nature qui les entoure. Il semble peu probable que, si le Raton laveur existait à leur époque, il soit passé inaperçu. Il est donc probable que le Raton laveur ait été introduit en Guadeloupe, accidentellement ou non, depuis l Amérique du Nord, après le début de la colonisation des Amériques par les Européens.
- En 1999, une étude génétique comparative a été réalisée entre les Ratons laveurs de Guadeloupe et ceux des États-Unis. Elle a révélé que les Ratons laveurs de Guadeloupe sont plus proches des Ratons laveurs de la côte Est des États-Unis que ces derniers ne le sont des Ratons laveurs de la côte Ouest des États-Unis. Or, tous les Ratons laveurs nord américains sont décrits sous le même nom d espèce Procyon lotor. Il semblerait donc que le Raton laveur ait été introduit en Guadeloupe à une époque plutôt récente (à partir du XV ième siècle) et qu il soit de la même espèce que le Raton laveur d Amérique du Nord : Procyon lotor. Ce qui n empêche pas qu il devienne peut-être un jour - dans quelques milliers d années - une espèce réellement endémique s il continue à être isolé des Ratons laveurs nord américains. EXISTE-T-IL D AUTRES ESPÈCES DE RATON LAVEUR? Le Raton laveur d Amérique est présent au Canada, aux États-Unis (sauf dans les Rocheuses) et dans beaucoup de pays d Amérique centrale. S il s agit de Procyon lotor dans toutes ces régions, sa corpulence et la couleur de son pelage varient beaucoup d une région à l autre. Quatre autres espèces sont disséminées dans la région des Caraïbes (voir carte). Il s agit de : - Procyon gloveralleni à la Barbade (en voie d extinction si ce n est éteint à l heure actuelle), - Procyon maynardi à Nassau Island (Bahamas), - Procyon pygmaeus à l Ile de Cozumel (Mexique), - Procyon insularis aux îles Tres Marias (Mexique). Ces quatre espèces pourraient aussi avoir été introduites et seraient alors également à désigner sous le nom de Procyon lotor mais des études génétiques comparatives doivent encore être réalisées pour le confirmer.
Procyon insularis Iles de Tres Maria CARTE DE REPARTITION DES RATONS LAVEURS DANS LA CARAÏBE. Procyon pygmaeus Île de Cozumel Procyon maynardi Île de Nassau (Bahamas) N Procyon minor Guadeloupe Procyon gloveralleni La Barbade
OÙ PEUT-ON VOIR LE RATON LAVEUR EN GUADELOUPE? Dans l Archipel guadeloupéen, le Raton laveur est présent aussi bien en Basse Terre qu en Grande Terre, à Marie Galante, à la Désirade et à St Martin. Comme c est un animal nocturne, il est assez difficile à voir. Cependant, en forêt humide, en Basse Terre où les activités humaines sont réduites, il peut vous arriver de le voir en plein jour surtout près des cours d eau. QUELLE EST LA BIOLOGIE DU RATON LAVEUR? Dans la Fiche Nature, nous avons apporté un certain nombre de données générales concernant la biologie de l animal (alimentation, reproduction). Mais en fait, très peu d études scientifiques ont été réalisées sur le Raton laveur en Guadeloupe. De ce fait, nos connaissances de son comportement à l état sauvage sont incomplètes et parfois extrapolées du comportement du Raton laveur d Amérique du Nord. Des études seraient nécessaires pour confirmer ou infirmer certaines données notamment sur sa reproduction (période de reproduction, nombre de petits par portée, soins aux petits par la femelle seule ), son régime alimentaire et son comportement social. QUELLES MENACES PÈSENT SUR LE RATON LAVEUR ET QUELLES SONT LES MESURES PRISES POUR Y REMÉDIER? En raison de l absence d études scientifiques sur cet animal, le nombre de Ratons laveurs qui peuplent la Guadeloupe n est pas connu. Pour certains, à la vue des dégâts causés aux cultures (canne à sucre, melon) et au regard de son expansion assez récente vers certaines dépendances, ils seraient abondants. Le Raton laveur est protégé par l arrêté de la police de la chasse de 1954 et l arrêté de protection de 1989 ; ce qui signifie qu il est strictement interdit de le tuer, capturer, enlever, mutiler ou naturaliser et, qu il soit vivant ou mort, de le transporter, colporter, utiliser, vendre ou acheter. Cependant le Raton laveur est toujours braconné en Guadeloupe au moyen de pièges et de chiens spécialement dressés à cet effet. Une étude scientifique serait nécessaire pour clarifier sa biologie et évaluer son niveau de population avant d éventuellement modifier ou au contraire de conforter son statut d espèce protégée. VOUS VOULEZ EN SAVOIR PLUS? La Grande encyclopédie de la Caraïbe Édouard BENITO-ESPINAL Tomes 3 et 4 : Faune 1 et 2 Édition Sanoli 1990 Inventaire et statut des mammifères des Antilles françaises
(hors Chiroptères et Cétacés) Olivier LORVELEC, Michel PASCAL, Claudie PAVIS Rapport AEVA n 27 Octobre 2001 Magasine Gwadloup Natures N 5 Édition Association Grenn Sab Guadeloupe 2001 Association pour l Étude et la protection des Vertébrés et des végétaux des petites Antilles (AEVA) C/o Claudie PAVIS Hauteurs Lézarde 97170 PETIT BOURG Tél. : 05 90 94 04 36 Courriel : pavis@wanadoo.fr